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"Les larmes de la reine" : myrrhes et encens dans la Corne de l'Afrique

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Il y a très longtemps de cela, une reine vivait
dans la Corne de l’Afrique. Un jour, son
royaume fut attaqué de toutes parts à la
fois. Elle réussit à échapper à ses ennemis par
miracle et alla se réfugier dans les montagnes
du nord-somali. Là, en larmes, elle supplia son
dieu de lui offrir un cadeau qui la consolerait de
la perte de ses enfants et de ses terres. Alors,
partout où ses larmes étaient tombées, des
arbres aux gommes odorantes se mirent à pous-
ser. » Mythe somali d’origine de l’encens
(MOHAMED ABDI et PANNOUX, 1993 : 169).
De nos jours, les myrrhes et encens n’évoquent
pas seulement un passé légendaire et glorieux.
Leurs usages sont toujours quotidiens. La pro-
duction régionale continue d’alimenter des filiè-
res internationales et demeure pour les terres
arides une ressource écologiquement adaptée et
économiquement essentielle.
La Corne de l’Afrique recèle au sein de ses
régions les plus inhospitalières des trésors
recherchés depuis la plus haute Antiquité : des
résines dotées de subtils arômes, la myrrhe
(Commiphora) et l’encens – ou oliban –
(Boswellia). Objets d’un commerce ancien,
elles embaument à travers le monde les édifices
religieux, entrent dans la composition de cos-
métiques et de médicaments plus ou moins éla-
borés, ou encore sont mâchées pour parfumer
l’haleine. Si leurs usages sont relativement
connus, ainsi que l’histoire des fameuses « rou-
tes de l’encens », peu de recherches se sont
intéressées aux communautés humaines qui
exploitent ces plantes. Nous tenterons ici de
faire le point des connaissances actuelles sur
les myrrhes et les encens de la Corne de
l’Afrique et d’éveiller la curiosité du lecteur sur
les aspects qui restent encore à explorer.
189
Chapitre 11
« Les larmes de la reine »
Myrrhes et encens
dans la Corne de l’Afrique
Esther KATZ
© B. Roussel
Un arbre à myrrhe de l’espèce Commiphora africana.photo >
«
Myrrhes et encens :
un complexe d’espèces
végétales
Dans la famille des Burséracées, les Commi-
phora et les Boswellia sont les plus illustres des
plantes aromatiques. Elles fréquentent les zones
arides de l’Asie occidentale et de l’Afrique. Les
espèces sont particulièrement nombreuses
dans le sud de la péninsule Arabique, où elles
forment des peuplements plus ou moins den-
ses. Il arrive souvent que les deux genres parta-
gent le même territoire avec divers Acacia à
gomme (COPPEN, 1995 ; CHIKAMAI et al., 2000).
On trouve aussi des Boswellia et des
Commiphora dans toutes les régions de la
Corne de l’Afrique, mais en moins grand nom-
bre au-dessous de 700 m d’altitude. En Éthio-
pie, certaines espèces montent jusqu’à 2 000 m
(GÖTTSCH, 1986). Dans la péninsule Arabique
comme en Somalie, les peuplements concentrés
de Boswellia se trouvent sur les piémonts à
quelques kilomètres de la côte, où ils sont arro-
sés par les moussons (MONOD, 1979 ; THULIN et
WARFA, 1987). Ils se prolongent en Érythrée,
dans la province éthiopienne du Tigré et au
Soudan. Des Boswellia se mêlent aux
Commiphora dans l’Ogaden éthiopien et aux
abords du Kenya, les seconds étant prédomi-
nants vers la Somalie (ANSEL, 2002).
« Les résines connues sous les noms de Myrrhe et
d’encens ne proviennent pas d’une seule espèce
mais de plusieurs groupes d’espèces. La floraison
de ces arbres (hauts d’une dizaine de mètres au
maximum) est généralement discrète et fugace
et leur feuillage tombe souvent très rapidement
sous l’effet de la sécheresse. C’est pourquoi ils
sont difficiles à identifier. » (MONOD, 1979). Leur nomenclature comporte de nombreuses obscuri-
tés et synonymies. Des débats de spécialistes sur
l’identité botanique de telle ou telle résine sont
fréquents. On sait maintenant que Boswellia
sacra et B. carteri ne sont qu’une seule et même
espèce (THULIN et WARFA, 1987), mais l’identité
botanique de la myrrhe douce ne fait toujours pas
l’unanimité (THULIN et CLAESON, 1991).
LE RIFT EST-AFRICAIN
190
L’encens est une résine provenant
de diverses espèces de Boswellia ;
la myrrhe de diverses espèces
de Commiphora.
?
DJIBOUTI
Répartition du Boswellia d'après échantillons d'herbier
(THULIN et WARFA, 1987)
Répartition approximative
des Boswellia et Commiphora
Berbera
Djibouti
Mombasa
Sanaa
Al Mukalla
Saylac (Zeila)
Mits'wa (Massawa)
Asmara
Addis-Abeba
Muqdisho
Port Soudan
La Mecque
Aden
Nairobi
B. sacra
B. frereana
B. sacra
Commiphora
ÉRYTHRÉE
SOMALIE
SOUDAN
YÉMEN
ÉTHIOPIE
ARABIE SAOUDITE
KENYA
Mer Rouge
Golfe d'Aden
OCÉAN INDIEN
Tigré
Hadramaout
Ogaden
Lac
Turkana
Lac
Victoria
Commiphora
B. papyfera
B. rivae (?)
B. ogadensis
Figure 1
Boswellia et Commiphora
dans la Corne de l’Afrique.
Encens (écorce de Boswellia)
Encens (résine de Boswellia) Myrrhe Myrrhe (résine de Commiphora)
© N. Hirsch
Commiphora myrrha et Boswellia sacra
sont la myrrhe et l’encens véritables. La résine
de Commiphora myrrha est appelée myrrhe
amère, pour la distinguer de C. guidottii,la
myrrhe douce (ou bdellium, commercialisée
sous le nom d’opopanax. Boswellia sacra, dit
« oliban Aden » sur les marchés internatio-
naux, se distingue difficilement de B. papy-
fera, dit « oliban Érythrée », aux caractéristi-
ques proches, et plus clairement de B. fre-
reana, l’encens à mâcher. Commercialement,
la résine de chaque espèce est mêlée à des rési-
nes d’espèces mineures aux caractéristiques
similaires.
« LES LARMES DE LA REINE »
191
Espèce principale Localisation Noms communs Noms locaux Espèces mineures
ou commerciaux associées
Boswellia sacra
Yémen, Oman Encens (d’Arabie)
Beyo
(arbre :
moxor madow
) (S)
B. bhau-dajiana
(
beyo
)
(syn.
B. carteri
) Somalie N Oliban Aden
Lubân
(arbre :
mughur
) (Ar) (arbre :
moxor add
)
Boswellia frereana
Somalie N Encens (à mâcher)
Meydi
(arbre :
yegcar
) (S)
Lubân lami
(Ar)
Boswellia papyfera
Éthiopie, Encens
Yä- Tigray etan B. rivae
Érythrée, Soudan Oliban Érythrée (arbre :
yä-etan zaf
) (Am)
B. pirotae
Commiphora myrrha
Yémen, Somalie, Myrrhe amère
Mal-mal
(arbre :
dhidin
) (S)
C. africana
Éthiopie, Kenya
Heera bol
(I)
Mur
(Ar)
C. abyssinica
Kerbe
(Am)
C. schimperi
Commiphora guidottii
Somalie Myrrhe douce,
Xabak xadi
(S)
C. holtziana
(
habak hagar
)
(ou
C. erythrea
bdellium, opopanax (prononcé
habak hadi
)
C. kataf
var.
glabrescens
?)
Bissa bol
(I)
Tableau 1
Espèces commerciales de myrrhes et d’encens.
I = langue de l’Inde Ar : arabe (sud-arabique), Am : amharique, S = somali
Somalie Érythrée Éthiopie Soudan Kenya
Boswellia carteri ( = sacra) +
B. frereana +
B. ogadensis ++
Commiphora myrrha ++
C. guidottii +
Boswellia papyfera +++
B. rivae (yä-Borena etan ++
B. pirotae +
B. neglecta ++
B. microphylla ++
C. africana +
C. abyssinica +
C. schimperi +
C. kua +
C. kataf +
Commiphora holtziana +
B. bhau -dajiana +
C. erythrea var. , glabrescens +
Tableau 2
Production par pays d’espèces commerciales de myrrhes et d’encens.
Sources : MONOD (1979) ; THULIN et WARFA (1987) ; THULIN et CLAESON (1991) ; GÖTTSCH (1986) ; FARAH (1994) ; COPPEN (1995) ;
MUGAH et al. (1997) ; CHIKAMAI et al. (2000) ; Ansel (2002).
Myrrhes, encens
et pastoralisme :
la manne des terres
les plus inhospitalières
L’arbre à encens est considéré au nord de la
Somalie comme un don de Dieu, une compensa-
tion au manque de ressources de la région
(FARAH, 1994). En général, dans toute la Corne
de l’Afrique, les Commiphora et les Boswellia
poussent spontanément dans des zones arides,
souvent difficiles d’accès et impropres à l’agri-
culture, qui sont le domaine des pasteurs
(MUGAH et al., 1997). Ces arbres sont rarement
plantés : les Somali pensent qu’il ne faut pas
ajouter à l’œuvre de Dieu (FARAH, 1994). À l’in-
verse, au Tigré, des peuplements naturels de
Boswellia papyfera sont enrichis par des plan-
tations afin d’augmenter la production (ANSEL,
2002). De façon générale, la présence ou l’abon-
dance de ces arbres dépend en partie de
l’homme, car ils sont protégés et entretenus, ou
au contraire négligés, voire endommagés par les
animaux lorsqu’ils ne sont pas ou mal exploités.
Les principales espèces de Boswellia sont géné-
ralement gemmées, Commiphora myrrha l’est
parfois, mais les espèces secondaires le sont
rarement, le produit de leur exsudation natu-
relle ou accidentelle étant simplement récolté
(FARAH, 1994 ; CHIKAMAI et al., 2000). Le gem-
mage et la récolte de la résine sont souvent asso-
ciés à la surveillance des troupeaux, notamment
de dromadaires, qui se nourrissent des feuilles et
des fruits de ces mêmes arbres. La liaison entre
résines odorantes et élevage camelin est partout
forte. La « route de l’encens », traversée du
désert d’Arabie, n’aurait d’ailleurs jamais existé
sans les camélidés (GROOM, 1981). Au nord de la
Somalie, où les seules ressources exportables
sont les dromadaires et l’encens, les forêts de
Boswellia sont comparées à un troupeau et la
résine au lait de chamelle (FARAH, 1994).
L’appropriation
des arbres à résine
En Somalie, les arbres à encens sont hautement
valorisés, et le prix de leur résine est relative-
ment élevé. Les arbres à myrrhes, Commiphora,
beaucoup plus communs et répartis sur un plus
LE RIFT EST-AFRICAIN
192
Tronc d’une espèce de Boswellia
du Rift éthiopien (région de Yabelo).
© B. Roussel
large territoire, n’atteignent pas la même valeur.
Au cours du XIXesiècle, certains patrilignages
dont la subsistance dépendait de la collecte de
l’oliban car ils étaient moins bien dotés en trou-
peaux (le patrimoine mobile, nool) se sont
répartis le territoire nord-somali en « champs
d’encens » (xiji, le patrimoine fixe, mood). Les
arbres ne sont gemmés et récoltés que par les
hommes du lignage propriétaire, qui mènent
cette exploitation collectivement, tandis que les
résines exsudées naturellement peuvent être
récoltées par les pasteurs qui les trouvent les
premiers (FARAH, 1994).
Les arbres de toute espèce servent d’ailleurs de
repère dans l’espace somali. C’est sur leur tronc
qu’est gravée la marque du clan ou du lignage
qui a pris possession du territoire. L’arbre sym-
bolise à la fois la vie et la descendance des hom-
mes. Un même terme, beyo, signifie à la fois
l’encens, la sève, le sperme et la pluie (MOHAMED
ABDI et PANNOUX, 1993).
À partir de 1971, le régime révolutionnaire éta-
bli en 1969 imposa l’exploitation de l’encens par
des coopératives, tentant de mettre fin au mode
d’appropriation lignager. Or, les coopératives ne
parvinrent à obtenir que les plus basses qualités
d’encens tandis que les meilleures passaient, de
manière informelle, à Aden et Djibouti. Le com-
merce revint officiellement aux mains des
entreprises privées après la fin de ce régime, en
1991 (FARAH,ibid.). En Éthiopie, l’exploitation
de l’encens, au Tigré du moins, est sous le
contrôle des entreprises qui le traitent et l’ex-
portent (ANSEL, 2002).
Les techniques
d’extraction
Les techniques d’extraction semblent relative-
ment semblables d’un bout à l’autre de la Corne
de l’Afrique (FARAH, 1994 ; CHIKAMAI et al., 2000 ;
ANSEL, 2002). Soit les résines issues d’une exsu-
dation naturelle sont simplement collectées, soit
l’arbre à encens est gemmé à l’aide d’un outil
appelé en Éthiopie et en Somalie mengaf, une
sorte de couteau à deux lames, dont l’une sert à
entailler l’écorce et l’autre à racler la résine écou-
lée sur le tronc. Le gemmeur entaille l’écorce en
divers endroits situés de part et d’autre du tronc
entre 1 et 2 m du sol. Il en détache à chaque
emplacement une bandelette de quelques milli-
mètres de large sur quelques centimètres de
long. La saison d’exploitation, sa durée et l’espa-
cement entre les gemmages varient selon les
espèces. À chaque récolte, le gemmeur ravive
l’entaille en l’élargissant légèrement. La première
résine, de qualité médiocre, s’écoule au bout de
15 à 40 jours. Les récoltes suivantes, étalées sur
plusieurs mois, sont de bonne qualité.
Des caravanes
de l’encens aux filières
contemporaines
Vers 1500 avant J.-C., la reine égyptienne
Hatshepsout envoya une importante expédition
navale au mystérieux Pays de Pount (la Corne
de l’Afrique), pour ramener des arbres et de la
résine de myrrhe, employée à la momification.
Selon la Bible, myrrhe et encens faisaient partie
des présents de la mythique reine de Saba au roi
Salomon et des Rois Mages à l’Enfant Jésus. Le
Périple de la Mer Érythrée réalisé par les
Romains vers 50 après J.-C. atteste la présence
de la myrrhe et l’encens, dont ils étaient de
grands consommateurs, dans les ports des deux
rives de la mer Rouge. La fameuse « route de
l’encens » qui reliait le sud de la péninsule
Arabique à la Méditerranée était déjà alimentée
en grande partie par la Corne de l’Afrique. Dès
le Ier siècle avant J.-C., beaucoup de marchands
naviguaient déjà entre cette région et l’Inde. La
Chine commença à se fournir en myrrhes et
encens dès le Moyen Âge (PANKHURST, 1961). Au
XIXesiècle, Massawa, sur la côte érythréenne,
Zeila et Berbera, sur la côte somalienne, étaient
les grands ports de commerce des myrrhes et
encens, ensuite envoyés sur Aden (VAUGHAN,
1852), qui en est encore aujourd’hui, avec
Djibouti, le principal port de transit (FARAH,
1994). Les résines de l’Ogaden éthiopien étaient
écoulées par Mogadiscio (ibid.), mais depuis la
guerre civile somalienne, une partie de la pro-
duction de ce pays passe par le Kenya.
De nos jours, l’Éthiopie et la Somalie restent de
loin les plus gros producteurs de myrrhes et
d’encens (suivis par le Soudan et le Kenya) et en
consomment une bonne partie. Localement, plu-
sieurs espèces de Boswellia et de Commiphora
sont mâchées, divers Commiphora servent à
éloigner les moustiques ou les tiques et sont
employés comme encre ou comme savon. Ces
résines sont largement utilisées dans la pharma-
copée, mais surtout comme parfums à brûler
pour le corps et pour la maison (FARAH, 1994 ;
MUGAH et al., 1997 ; CHIKAMAI et al., 2000).
L’emploi quotidien et rituel de parfums à brûler
est une caractéristique culturelle de la Corne
de l’Afrique, qui transcende les appartenances
« LES LARMES DE LA REINE »
193
ethniques et religieuses (E. Chouvin, comm.
pers.). Son contexte reste encore à étudier.
Cependant, les meilleures qualités sont expor-
tées. Les myrrhes et encens sont employés
comme parfums à brûler en Orient comme en
Occident. Ces gommes-oléo-résines, après avoir
été transformées en huiles essentielles, absolus
et résinoïdes, sont également utilisées en parfu-
merie et cosmétique. Elles rentrent aussi dans
certaines pharmacopées, notamment la phar-
macopée chinoise. Enfin, de grandes quantités
d’encens à mâcher sont exportées au Moyen-
Orient (COPPEN, 1995).
De nos jours, les myrrhes et encens de la Corne
de l’Afrique n’évoquent pas uniquement l’his-
toire et les mythes. Leur usage est encore quo-
tidien. Les Burséracées qui les produisent sont
partie intégrante du paysage des zones arides.
L’exploitation de ces arbres à usages multiples
qui contribuent toujours aux revenus des habi-
tants de ces zones offre une intéressante alter-
native aux coûteuses cultures irriguées. Elle est
totalement adaptée au contexte et repose sur
des ressources résistantes à la sécheresse et qui
ne nécessitent que peu d’intrants. Ce potentiel
mérite encore d’être reconnu et valorisé
(MUGAH et al., 1997).
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MUGAH J. O., CHIKAMAI B. N., MBIRU S. S., CASADEI E.,
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Rome/Nairobi, FAO/Kefri/TWAS/Aidgum/GTZ.
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LE RIFT EST-AFRICAIN
194
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Article
Two species of frankincense trees are recognized in N Somalia and S Arabia: Boswellia sacra Flückiger in South Yemen (Hadhramaut), Oman (Dhofar) and northern Somalia, and B. frereana Birdwood in northern Somalia. Descriptions, synonymy and distribution maps are provided for both species, and several names are lectotypified. The seedlings of the two species are briefly described and the hypocotyledonary nature of the characteristic swelling at the base of the trunk (particularly of B. frereana) is pointed out. The somatic chromosome number 2n=22 is reported for both B. sacra and B. frereana.
Article
It is concluded that the botanical origin of scented myrrh (bissabol or habak hadi), a major article for export from Somalia since ancient times, isCommiphora guidottii (Burseraceae) and notC. erythraea as generally has been presumed. The reasons for the previous confusion are discussed, andan updated synonymy and distribution map forC. guidottii are given. Die Stammpflanze der süsse Myrrhe (scented myrrh, bissabol oder habak hadi), ein wichtiger Ausfuhrartikel aus Somalia seit alters her, istCommiphora guidottii (Burseraceae) und nichtC. erythraea als allgemein vermutet ist. Die Gründe der eher Verwirrung sind diskutiert, und eine erneuerte Synonymik und Verbreitungskarte fürC. guidottii sind vorgelegt.
Report of the meeting of the Network for Natural Gums and Resins in
CHIKAMAI B. N., MBIRU S. S., CASADEI E., eds, 2000 – Report of the meeting of the Network for Natural Gums and Resins in Africa (NGARA) (Nairobi, Kenya, 29th-31st May 2000). Rome/ Nairobi, Kefri/FAO/Aidgum.
-« Vie-mort, humide-sec ou comment passer de l'homme à l'arbre
  • Mohamed Abdi
  • M Pannoux S
MOHAMED ABDI M., PANNOUX S., 1993 -« Vie-mort, humide-sec ou comment passer de l'homme à l'arbre. » In Mohamed Abdi M., éd. : Anthropologie somalienne. Besançon, Annales littéraires de l'université de Besançon : 157-176.
  • Monod Th
MONOD Th., 1979-Les arbres à encens (Boswellia sacra Flückiger, 1867) dans le Hadramaout (Yémen du Sud). Bull. Mus. nat.. hist. nat., 4 e série, 1 : 131-169.
1997-Conservation, management and utilization of plant gums, resins and essential oils
  • Mugah J O N Chikamai B
  • S S Mbiru
MUGAH J. O., CHIKAMAI B. N., MBIRU S. S., CASADEI E., eds, 1997-Conservation, management and utilization of plant gums, resins and essential oils.
-Flavours and fragrances of plant origin
  • J J W Coppen
COPPEN J. J. W., 1995 -Flavours and fragrances of plant origin. Rome, FAO.