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Syntaxe et sémantique des noms abstraits statifs : des propriétés verbales ou adjectivales aux propriétés nominales.

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Abstract

Le but de ce travail est d'examiner les propriétés sémantiques et morphosyntaxiques des noms abstraits apparentés à des prédicats verbaux ou adjectivaux. D'un point de vue sémantique, nous montrons que la notion d'aspect, généralement réservée au domaine verbal, est pertinente dans le domaine nominal et que les 'noms abstraits intensifs' (Van de Velde 1995 et Flaux & Van de Velde 2000) forment une classe aspectuelle homogène puisque tous partagent le trait [-DYNAMIQUE]. En nous fondant sur l'hypothèse que le caractère statif commun à ces noms permet une analyse unifiée, nous proposons une étude de leurs différents emplois et montrons notamment qu'outre une acception stative, ces noms peuvent avoir une seconde lecture et dénotent alors des occurrences. Dans la seconde partie, nous nous intéressons au comportement syntaxique des noms statifs, i.e. le nombre et la détermination, mais aussi la modification adjectivale. Ceci nous permet de dégager deux comportements morphosyntaxiques distincts, corrélés à la distinction entre les deux lectures mise en évidence dans la première partie. Dans leur lecture stative, ces noms ont un comportement proche de celui des noms massifs concrets et fonctionnent comme des noms relationnels : ils nécessitent un argument avec lequel ils entrent dans une relation syntaxique de prédication. Inversement, dans leur lecture d'occurrence, ces noms se comportent comme des noms comptables concrets et ne sont pas intrinsèquement relationnels. L'analyse des noms statifs que nous proposons tend à montrer que ceux-ci partagent leurs propriétés sémantiques avec certains types de prédicats verbaux et adjectivaux, et leurs propriétés syntaxiques avec diverses classes de noms concrets.

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... This paper is part of our ongoing work about nominalizations coming from adjectives, which adds to the growing body of literature around this understudied area of the grammar (Roy 2010;Alexiadou & Martin 2012, and references therein). We argue that, although it is commonly assumed that deadjectival nouns denote qualities (wisdom, beauty) or states (sadness, perplexity), there is a group of deadjectival nominalizations that exhibit a behavior closer to those which are properly deverbal, as they are able to refer to occurrences of events (Beauseroy 2009). Examples of such cases are imprudence or cruelty, whose eventive-like behavior can be observed, for instance, in constructions with event support verbs: Bill committed two imprudences. ...
... I.have witnessed the beauties/ wisdoms of.the presidentWe will dub the deadjectival nominalizations able to refer to instantiations or occurrences of eventualities as Occurrential Deadjectival Nominalizations (ODNs), followingBeauseroy (2009). ...
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In this paper we examine the elements, structure and formation process of derived categories, by analyzing the properties of nouns derived from adjectives. We will discuss the event structure underlying them and argue that, although it is commonly assumed that deadjectival nouns denote qualities (wisdom, beauty) or states (sadness, perplexity), there is a group of deadjectival nominalizations (imprudence, cruelty) that refer to occurrences of events (Beauseroy, 2009). We show that such occurrential nominalizations are possible only when derived from evaluative adjectives. This is due, we argue, to the fact that such adjectives can be predicated of events in addition to the sentient individual (Stowell, 1991). Finally, we furthermore show that the existence of a structure of origin with the relevant properties does not guarantee the existence of the derived category, leaving what seem to be gaps in the universe of possible derivations.
... We put forth an analysis that establishes the limits among all the types of deadjectival nominalizations in a principled way, based on the properties of their syntactic structure (the adjective at the root and the functional projections present), along the lines of the approaches by Alexiadou (2001), Borer (2005Borer ( , 2013, , a.o. Drawing on evidence mainly from Spanish, we will defend the generalization that the only deadjectival nominalizations that can make reference to events are those that derive from dispositional evaluative adjectives (DEAs), going beyond Beauseroy's (2009) observation for French that these nominalizations can refer to instantiations of events. The nominalizations under study here are illustrated for Spanish in (1a) and the adjectives they derive from are listed in (1b). ...
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This paper offers a principled account for the nominalizations of dispositional evaluative adjectives. On the descriptive side, the paper shows that (i) in addition to the largely studied deverbal nominalizations, (Chomsky 1970, Grimshaw 1990, Marantz 1997, Alexiadou 2001, Borer 2013), certain deadjectival nominalizations can also refer to events; (ii) the types of adjectives that enable eventive denotation are of a specific sort, namely, those deriving from Dispositional Evaluative Adjectives (e.g., imprudent). At the theoretical level, this paper argues that (i) dispositional deadjectival nominalizations introduce an event description not in a head but in a specifier position, as their subject of predication, along the lines of Stowell's (1991) proposal for these adjectives; (ii) in order for a word to have functional structure of the sort associated to verbs an event description is not enough: functional projections must form a head-sequence with the event-descriptive heads; without this configuration, the merge of a fully-fledged verbal functional structure is blocked, which explains the limitations regarding temporal modification. (iii) The event present in the dispositional deadjectival nominalizations is a partial event description consisting of a head referring to the Process subevent, as described in Ramchand 2018.
... Le corpus constitué dans ce cadre regroupe 850 articles de 68 numéros de cette revue publiés entre 1997 et 2014 (voir section 2.1.).Nous nous intéressons ici aux verbes employés pour introduire difficulté(s)(L'Homme, 2012). Plus spécifiquement, nous cherchons à savoir si ce nom est bien introduit par les verbes supports répertoriés dans la littérature(Anscombre, 1995, Van de Velde 1995, Flaux, Van de Velde 2000, Beauseroy, 2009, s'il existe des tendances à l'emploi de certains verbes, et si le choix entre les verbes disponibles permet au scripteur de modaliser et de nuancer son discours. Puis nous examinons les verbes les plus employés devant le nom difficulté(s), afin de voir lesquels, parmi ceux qui ne sont pas des verbes supports, sont également fréquents et ce que leur distribution révèle de la perception et de l'usage du nom difficulté(s) par les orthophonistes. ...
... Un refroidissement important dénote une situation dans laquelle une entité refroidit beaucoup, mais un mariage important ne dénote pas une situation où l'on se marie beaucoup, une aggravation extraordinaire dénote une situation dans laquelle un état s'aggrave beaucoup, mais une conversation extraordinaire ne dénote pas une situation où l'on converse beaucoup, etc.La possibilité d'exprimer l'intensité constitue un point de rapprochement entre les noms événementiels sous (3) et les noms statifs intensifs, ces derniers validant l'ensemble des tests mobilisés ci-dessus (cf.Van de Velde 1995, Flaux & Van de Velde 2000, Beauseroy 2009, Goossens 2011. L'interprétation intensive des déterminants et des épithètes se retrouve en effet dans : ...
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L’expression de l’intensité, dans le domaine nominal, est généralement considérée comme une propriété distinctive des noms abstraits statifs (e.g. courage, tristesse). Il existe cependant des noms intensifs d’aspect dynamique (e.g. ralentissement, effort), qui ont la particularité de pouvoir combiner l’interprétation intensive et la dénotation d’actions ou d’événements (e.g. Un grand ralentissement de l’activité économique a eu lieu l’année dernière). Nous nous interrogeons dans cet article sur les conditions sémantiques qui permettent d’associer lexicalement les traits d’intensité et d’événementialité, et tentons de cerner les propriétés des noms d’événements intensifs par comparaison avec les autres noms d’événements. Dans le cas où les noms d’événements intensifs sont des nominalisations, les propriétés de leurs bases morphologiques sont analysées, ainsi que l’éventuelle transmission de l’intensivité dans les opérations de dérivation successives (e.g. moderne > moderniser > modernisation). Nous étudions également les corrélats aspectuels de l’expression de l’intensité dans le domaine actionnel, certains noms d’événements intensifs présentant une forme de télicité variable, caractéristique des « achèvements graduels » (e.g. la dégradation de la situation (en / pendant) trois ans). Différentes constructions de l’intensité dans le domaine nominal sont ainsi mises en évidence, selon que l’intensité décrite repose sur un changement d’état gradable (e.g. refroidissement, détérioration, diversification), sur l’action d’une force (e.g. frottement, poussée, impact) ou sur une situation mixte d’état-événement (e.g. pagaille, scandale, malaise).
... Le cas des noms statifs en lien avec des prédicats verbaux apparaît comme plus marginal, quoiqu'il fasse l'objet d'une attention particulière dans plusieurs travaux récents (cf. Anscombre, 2003, Kelling, 2003, Meinschaefer, 2003, Beauseroy, 2009, Fradin, 2009, Haas, 2009). Nous souhaitons aborder l'analyse de ces noms en nous demandant si, à l'image de ce qu'on observe pour les déadjectivaux, il existe une forme de transfert aspectuel entre verbe et nom statif apparenté. ...
Conference Paper
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Parmi les noms dérivés statifs, certains ont des correspondants morphologiques dans le domaine verbal (e.g. possession-posséder, admiration-admirer, énervement-énerver, amusement-amuser). Les verbes qui leur sont apparentés ne sont pas systématiquement statifs : si un ensemble restreint de noms dérivés peuvent être associés à des verbes statifs, la plupart des nominalisations ont pour corrélats des verbes dynamiques (verbes d'activité ou d'accomplissement). L'étude des noms dérivés statifs doit alors déterminer si les nominalisations en question sont déadjectivales, leurs propriétés aspectuelles étant directement héritées d'un participe passé adjectival, ou s'il est possible de postuler une dérivation déverbale, hypothèse qui implique un changement de catégorie aspectuelle. Des considérations morphologiques (productivité du schéma dérivationnel, restrictions de sélection imposées par les suffixes) mènent à postuler qu'un ensemble de noms statifs, en particulier les noms suffixés par -ment et -(t)ion, sont dérivés de verbes dynamiques, et non d'adjectifs. L'hypothèse d'une dérivation déverbale remet en question l'idée que les propriétés aspectuelles sont préservées, lors du passage du verbe au nom. S'il existe un décalage aspectuel, comment l'expliquer, et comment peut-on rendre compte du fait que tout verbe dynamique ne peut être associé à une nominalisation stative ? L'hypothèse avancée est qu'un nom statif peut être dérivé d'un verbe dynamique dès lors qu'un trait statif est présent, et saillant, dans l'entrée lexicale du verbe initial -- un argument du prédicat pouvant aisément être conçu comme un expérienceur. Ainsi l'examen des différents noms statifs dérivés de verbes dynamiques nous conduit à penser que les variations d'aspect induites par le processus de nominalisation ne sont pas arbitraires, mais motivées par certaines spécificités des unités de base.
... Although our discussion has focused exclusively on Dutch, adjective-based constructions that refer specifically to humans, to maximal sums of stuff bearing the adjectival properties, and/or to the properties themselves exist in a number of other languages. Without going far afield we find such constructions in French (Lauwers 2008, Beauseroy 2009, Borer & Roy 2010), Spanish (Villalba 2009, Villalba & Bartra-Kaufmann 2010), Greek (Giannakidou & Stavrou 1999, Alexiadou 2011), Serbo-Croatian (Arsenijevic 2011), Slovak (Richtarcikova 2014), German, Italian (Marzo & Umbreit 2013), and Romanian (Alexiadou & Iordachioaia 2013), in addition to English, as mentioned in section 1. As there is considerable variation across languages in the syntax-semantics interface of these constructions and their use, it would be impossible to discuss them all there. ...
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Many languages offer a surprisingly complex range of options for referring to entities using expressions whose main descriptive content is contributed by an adjective, such as Dutch de blinde 'the blind', het besprokene, 'the (matters) discussed', or het ongewone van het niet roken 'the strange (thing) about not smoking'). In this paper, we present a case study of the syntax and compositional semantics of three such constructions in Dutch, one of which we argue has not previously been identified in the literature. The data and the analysis will shed light on our understanding of how reference using adjectives differs from that using nouns in languages that have the two categories, as well as on the differences between reference to entities via their properties vs. reference to properties themselves. Finally, we briefly discuss related work and indicate directions for future study of the typological variation found in this rich and highly understudied corner of natural language.
... Villalba & Bartra-Kaufmann 2010), Greek (Giannakidou & Stavrou 1999, Alexiadou 2011a) or Dutch (McNally & de Swart 2012), where a distinctive neuter article heads the nominalization: 3 (8) a. la bondad (de Juan) the.F goodness(F) of John 'John's goodness' b. lo bueno (de Juan) the.N good.M of John 'the good thing about John' [Bosque & Moreno 1990: fn. 5] (9) a. i kalo-sin-i tu Jani the.F good-ness-F the.GEN John 'John's goodness' b. to kal-o tu Jani the.N good-N the.GEN John Lit. 'the good thing about John' [Alexiadou 2011a] (10) a. het vreemde van dit boek the.SG.N strange.SG.N of this book 'the strange thing about this book' b. het gezonde van biologisch voedsel the.SG.N healthy.SG.N of biological food 'the healthy thing about biological food' [McNally & de Swart 2012] Quite similar examples have been reported with the masculine article in languages lacking a neuter one, as French (see Lauwers 2008, Beauseroy & Knittel 2007, Beauseroy 2009, Roy 2010) or Catalan (Solà 1994): ...
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In this paper the behavior of deadjectival nominalizations in Spanish is studied regarding the presence of an eventuality reading. It is shown that whereas abstract nominalizations (la belleza del libro ‘the beauty of the book’) clearly encode an eventuality according to standard tests, neuter nominalizations (lo bello del libro ‘the beautiful part of the book’) lack any eventuality reading altogether. It is argued that the difference lies in the different kind of nominalization process involved. As for abstract nominalizations, after the nominalizer is merged, the nominal functional head Classifier will encode the stative eventuality derived from the adjective root. In the case of neuter nominalizations, we lack any nominal functional structure, but rather the AP is directly selected by the neuter determiner, which, following a suggestion by McNally & de Swart (2012), is the syntactic realization of Chierchia’s (1982) ‘cap’ operator, which shifts a property into its entity correlate. Moreover, a slight modification of this semantic operation allows a simple and principled analysis of the difference between the two main neuter deadjectival nominalizations.
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Dans cette étude nous nous intéressons aux noms désignant les humains comme agents d’une activité ludique (bridgeur, gamer, rôliste) ou sportive (nageur, badiste, judoka). En prenant comme point de départ les difficultés linguistiques de délimitation des deux classes ainsi que celles, méthodologiques, de constitution de leur inventaire, l’objectif de ce travail est triple. D’abord, il s’agit de fournir un premier échantillon des noms de joueurs et de sportifs, puis de proposer une description plurifactorielle de ce lexique et, enfin, d’interroger leur fonctionnement en tant que noms d’agents. Ce dernier point sera l’occasion pour nous non seulement d’examiner de plus près la notion d’agent dispositionnel, mais aussi de rendre compte de la construction des différentes lectures agentives (épisodique/dispositionnelle) pour les noms déverbaux et dénominaux.
Thesis
Le but de ce travail est d'examiner les propriétés sémantiques et morphosyntaxiques des noms abstraits apparentés à des prédicats verbaux ou adjectivaux. D'un point de vue sémantique, nous montrons que la notion d'aspect, généralement réservée au domaine verbal, est pertinente dans le domaine nominal et que les 'noms abstraits intensifs' (Van de Velde 1995 et Flaux & Van de Velde 2000) forment une classe aspectuelle homogène puisque tous partagent le trait [-DYNAMIQUE]. En nous fondant sur l'hypothèse que le caractère statif commun à ces noms permet une analyse unifiée, nous proposons une étude de leurs différents emplois et montrons notamment qu?outre une acception stative, ces noms peuvent avoir une seconde lecture et dénotent alors des occurrences. Dans la seconde partie, nous nous intéressons au comportement syntaxique des noms statifs, i.e. le nombre et la détermination, mais aussi la modification adjectivale. Ceci nous permet de dégager deux comportements morphosyntaxiques distincts, corrélés à la distinction entre les deux lectures mise en évidence dans la première partie. Dans leur lecture stative, ces noms ont un comportement proche de celui des noms massifs concrets et fonctionnent comme des noms relationnels : ils nécessitent un argument avec lequel ils entrent dans une relation syntaxique de prédication. Inversement, dans leur lecture d'occurrence, ces noms se comportent comme des noms comptables concrets et ne sont pas intrinsèquement relationnels. L'analyse des noms statifs que nous proposons tend à montrer que ceux-ci partagent leurs propriétés sémantiques avec certains types de prédicats verbaux et adjectivaux, et leurs propriétés syntaxiques avec diverses classes de noms concrets.
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Le travail présenté dans cette thèse traite les séquences nominales en français écrit employées seules en dehors des énoncés verbaux, munies cependant d’une référence au monde. Dans le but d’apporter un nouvel éclairage sur de telles séquences nominales, traitées traditionnellement dans le cadre de la phrase, i.e. d’une relation prédicative entre deux termes, nous les appelons énoncés nominaux et adoptons la perspective de la grammaire japonaise qui n’est que partiellement influencée par la logique occidentale. Dans la théorie des Jutsu-tai/ Kan-tai (énoncés verbaux/ énoncés nominaux) de YAMADA Yoshio 山田孝雄 (1936), l’un des précurseurs de la grammaire japonaise, à laquelle nous recourons particulièrement, l’énonciation nominale s’explique, et ainsi s’oppose à l’énonciation verbale, par son mode d’embrayage particulier ; alors que la référence au monde des Jutsu-tai (énoncés verbaux) se définit au plan sémantico-syntaxique par la présence d’un verbe saturé et conjugué, les Kan-tai, les énoncés composés d’une séquence nominale qui n’a en soi aucune prédilection pour une fonction syntaxique spécifique, acquièrent leur énonçabilité en énonciation, par le mode même de l’énonciation. Ce mode, « Yobikake shij-suru yôtai (mode de désigner par appellation) » (YAMADA), que nous traduisons plutôt « désignation in situ », se caractérise par la mise en relation in situ entre l’énonciateur et l’entité désignée par la séquence nominale. Ce qui distingue l’énonciation nominale d’avec l’énonciation verbale qui n’est autre chose qu’une mise en relation prédicative entre deux termes du même niveau sémantico-syntaxique.
Article
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Ce travail examine les noms terminés par la forme ance (dorénavant Nance) construits sur des bases verbales (appartenance), adjectivales (élégance), ou relevant potentiellement de ces deux catégories (méfiance). Nous nous intéressons aux propriétés des Nance eux-mêmes, en particulier leurs spécificités syntaxiques et sémantiques. En tant que noms déverbaux, ils sont susceptibles de décrire des évenances et de posséder une structure argumentale similaire à celle du verbe de base ; en tant que noms désadjectivaux, la dénotation prioritairement attendue est celle de propriété. Nous soulevons la question de l’analyse des formes apparentées à la fois à un verbe et à un adjectif, afin de déterminer quelle est la base effective de la forme nominale, ou bien s’il existe deux Nance formellement identiques, l’un déverbal, l’autre désadjectival. Enfin, nous examinons la relation entre les Nance déverbaux et les participes présents, formellement proches.
Article
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The article examines semantico-syntactic properties of nouns corresponding to behavior evaluation adjectives (BEA), such as amabilité ‘kindness’, imprudence ‘carelessness’ or courage ‘courage’. Even though all these nouns denote qualities attributed on the basis of some type of behavior, the relationship established between the denoted qualities and the behavior itself is not uniform and the differences in this relationship are reflected in syntax. On the basis of these differences, we can distinguish at least three semantic types of behavior evaluation nouns : two already established noun classes corresponding to two BEA classes, represented respectively by amabilité ‘kindness’ and imprudence ‘carelessness’, and a separate semantic class linked to adjectives like courageux ‘courageous’. Indeed, on the one hand, there are nouns like amabilité ‘kindness’ or imprudence ‘carelessness’, which denote qualities in direct basic relation to actions and the evaluating subject does nothing else but infer them. On the other hand, there are nouns like courage ‘courage’, which denote qualities that despite their close relation to actions have autonomous existence and are considered as prior to actions.
Article
Cet article traite des noms dérivés en français de verbes « d'achèvement graduel » (e.g. refroidir, élargir, moderniser). Ces verbes, qui décrivent des changements d'états gradables, sont connus pour poser problème à la classification vendlerienne, en raison de leur télicité variable. L'étude porte sur l'éventuelle transmission de leurs spécificités aspectuelles aux noms qui en dérivent. Il est montré que ces noms héritent de la structure scalaire caractéristique de leurs bases verbales, se distinguant ainsi des autres nominalisations événementielles. Les noms d'achèvement graduel ont en outre la particularité de dénoter des événements intensifs, et d'avoir dans certains cas une interprétation stative. L'existence, comme dans le domaine verbal, de deux classes d'achèvements graduels, selon qu'ils sont construits sur des échelles ouvertes ou fermées (e.g. ralentissement vs séchage), est également mise en évidence.
Article
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Les unités lexicales simples ne font que rarement l’objet d’études en morphologie dérivationnelle, bien qu’elles soient le point de départ des mécanismes qui la sous-tendent. Nous nous proposons dans cet article d’élaborer et d’analyser un important corpus de noms simples du français. L’objectif est de vérifier l’hypothèse de Croft (1991) selon laquelle les noms simples dénotent prototypiquement des objets, contrairement aux noms construits, qui renvoient principalement à des actions ou à des propriétés, selon qu’ils sont dérivés de verbes ou d’adjectifs. Nous constituons dans un premier temps un corpus de noms simples, ce qui présuppose de définir cette notion, plus problématique qu’elle ne le paraît d’emblée. Nous proposons dans un second temps une annotation sémantique des quelque 3500 noms simples retenus, en noms d’objet, d’action ou de propriété, et nous détaillons la série de tests linguistiques employés pour établir cette classification. Il ressort de notre étude qu’environ un quart des noms simples ne dénotent pas (ou pas uniquement) des objets. Certains d’entre eux relèvent de classes nominales plus spécifiques, non réductibles aux trois catégories initialement considérées.
Article
Cet article compare les propriétés sémantiques et distributionnelles de deux classes de noms apparentés à des prédicats : les noms de qualité, apparentés à des adjectifs, et les noms d'activité, apparentés à des verbes d'activité. Après avoir caractérisé ces deux classes, nous montrons qu'elles présentent le point commun de comporter des noms prédicatifs, qui apparaissent dans un nombre restreint de contextes, notamment les phrases génériques et la position objet de verbes-support ; dans ce second cas, ces noms sélectionnent l'interprétation du sujet des verbes dont ils dépendent. Nous mettons également en évidence le fait que les noms étudiés sont non-référentiels, et que leur ancrage spatio-temporel passe nécessairement par celui d'un autre élément. Nous examinons ensuite les noms de qualité et d'activité en lecture d'occurrence, qui apparaît lorsque les noms en question sont en emploi comptable, et nous montrons que leurs propriétés sont distinctes de celles qu'ils présentent en emploi de qualité ou d'activité strict.
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Of the 24 mathematically possible orders of the four elements demonstrative, numeral, adjective, and noun, only 14 appear to be attested in the languages of the world. Some of these are unexpected under Greenberg's Universal 20. Here it is proposed that the actually attested orders, and none of the unattested ones, are derivable from a single, universal, order of Merge (Dem > Num > Adj > N) and from independent conditions on phrasal movement.
Article
Il existe en français un petit nombre d'adjectifs dont la fonction est d'introduire une relation de temps relatif, alors que d'autres adjectifs, sans doute plus nombreux, sont utilisés pour se référer à un temps absolu. Ces adjectifs de temps relatif, au nombre d'une trentaine environ, s'emploient comme modifieurs de noms qui désignent des entités très diverses : des unités de temps, des événements ou des états, mais également, pour certains, des entités matérielles concrètes. Nous nous intéressons plus particulièrement ici à huit d'entre eux (regroupés sous le nom de « Groupe8 ») qui apparaissent comme les meilleurs représentants de la catégorie, pour montrer ce qui fait leurs caractéristiques tant sur le plan syntaxique que sémantique. There is a small number of French adjectives which have the function to establish a relative time reference instead of an absolute one. There are about 30 of these « relative time Adjectives » which can be used with nouns denoting various types of entities : time measure units, events or states, but also, possibly, concrete material entities. We will focus on eight of these Adjectives (identified as « Group8 ») selected as the best representatives of the category, and we will examine and present their most characteristic features, that is, both the syntactic and the semantic properties that specify them.
Article
Cet article traite des noms de qualité, qui sont des noms abstraits apparentés à des adjectifs. Nous nous concentrons plus précisément sur l'étude des noms résultant de nominalisations d'adjectifs. Nous présentons une analyse selon laquelle ces noms ont deux lectures, chacune d'entre elles couplée à une série de propriétés morphosyntaxiques, distributionnelles et interprétatives distinctes. En lecture d'occurrence, ces noms, qu'ils renvoient à des référents abstraits ou concrets, sont toujours comptables. Au contraire, lorsqu'ils sont interprétés comme des propriétés, ils sont dépourvus de projection du nombre, et fonctionnent comme des noms massifs. Ils présentent en outre le fonctionnement de noms relationnels, et sont caractérisés par la nécessaire présence au niveau syntaxique de leur argument externe. Ceci les distingue des noms événementiels, dont l'argument interne est nécessaire au plan sémantique seulement.
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The argument-modifier distinction is less clear in NPs than in VPs; nouns do not typically take arguments. The clearest cases of arguments in NPs are in certain kinds of nominalizations which retain some "verbal" properties (Grimshaw 1990). The status of apparent arguments of non-deverbal relational nouns like sister is more controversial. Genitive constructions like John's teacher, team of John's offer a challenging testing ground for the argument-modifier distinction in NPs, both in English and cross-linguistically. On the analyses of Partee (1983/97) and Barker (1995), the DP in a genitive phrase (i.e. John in John's) is always an argument of some relation, but the relation does not always come from the head noun. On those "ambiguity" analyses, some genitives are argument -like and some are modifier-like. Recent proposals by Jensen and Vikner and by Borschev and Partee analyze all genitives as argument-like, a conclusion we are no longer sure of. In this paper we explore...