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Explorons la nature avec Beethoven

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Ludwig van Beethoven était un amoureux de la nature. Il aimait se promener en forêt pour explorer la faune et la flore environnante. Sa Sixième Symphonie Op. 68, composée en 1808, est une véritable célébration de la nature. Elle consiste en cinq mouvements qui portent toutes un titre évocateur, chose rare dans une symphonie. Ce sont ces thèmes qui ont valu à la symphonie son surnom de Pastorale. On peut déjà parler de musique à programme, où le titre d’un mouvement ou d’une œuvre évoque une narration, même si le terme est apparu quelques années plus tard. Beethoven voyait les choses différemment : son intention n’était pas de décrire un tableau ou de raconter la nature qui l’entourait mais d’exprimer les sentiments qu’il éprouvait lorsqu’il était en promenade en forêt. Cependant, un petit détail peut laisser penser le contraire : à la fin du second mouvement, intitulé "Scène au bord du ruisseau", le compositeur nomme les oiseaux dont il s’est inspiré pour sa mélodie. Il écrit dans sa partition que la flûte correspond au rossignol, le hautbois à la caille, et la clarinette au coucou. Publication : Cyrano Musique
Explorons la nature avec Beethoven
Par Diane Kolin
Pour Cyrano Musique
Inspiré de la série de Christiaan Kuyvenhoven pour le Festival Beethoven du Concertgebouw
d’Amsterdam.
Ludwig van Beethoven était un amoureux de la nature. Il aimait se promener en forêt pour
explorer la faune et la flore environnante. Il s’exprime également sur ce sujet dans sa
correspondance. En mai 1810, Beethoven écrit à Therese Malfatti :
« Quel plaisir alors de pouvoir errer dans les bois, les forêts, parmi les arbres, les herbes,
les rochers. Personne ne saurait aimer la campagne comme moi. Les forêts, les arbres, les
rochers nous rendent en effet l’écho désiré. »
Sa Sixième Symphonie Op. 68, composée en 1808, est une véritable célébration de la nature. Elle
consiste en cinq mouvements qui portent toutes un titre évocateur, chose rare dans une
symphonie :
- Éveil d'impressions agréables en arrivant à la campagne.
- Scène au bord du ruisseau.
- Joyeuse assemblée des paysans.
- Tonnerre Orage.
- Chant pastoral Sentiments joyeux et reconnaissants après l’orage.
Ce sont ces thèmes qui ont valu à la symphonie son surnom de Pastorale.
On peut déjà parler de musique à programme, où le titre d’un mouvement ou d’une œuvre
évoque une narration, même si le terme est apparu quelques années plus tard. Beethoven voyait
les choses différemment : son intention n’était pas de décrire un tableau ou de raconter la nature
qui l’entourait mais d’exprimer les sentiments qu’il éprouvait lorsqu’il était en promenade en
forêt.
Cependant, un petit détail peut laisser penser le contraire : à la fin du second mouvement, intitulé
"Scène au bord du ruisseau", le compositeur nomme les oiseaux dont il s’est inspiré pour sa
mélodie. Il écrit dans sa partition que la flûte correspond au rossignol, le hautbois à la caille, et la
clarinette au coucou.
Flûte : Nachtigall (Rossignol), Hautbois : Wachtel (Caille), Clarinette : Kuckuck (Coucou)
Extrait musical : https://youtu.be/IiONuZmUp8E?t=630 (10’30’’ à 10’50’')
Symphonie No. 6 de Beethoven, 2ème mouvement, par le Deutsche Kammerphilharmonie
Bremen, chef d’orchestre Paavo Järvi
Source : YouTube, DW Classical Music, Posté le 12 juin 2020
Voici une petite anecdote mystérieuse autour de ces notations, reportée par son secrétaire de
l’époque, Anton Schindler. On ne sait si cette conversation a réellement eu lieu ou pas. Alors qu’ils
se promenaient ensemble et parlaient de la Sixième Symphonie, Beethoven lui aurait affirmé que
ce second mouvement contenait quatre chants d’oiseaux et non trois : le rossignol, la caille, le
coucou et le bruant jaune (qui est une sorte de moineau au plumage jaune). Schindler lui aurait
alors demandé pourquoi il avait écrit dans sa partition les références aux trois premiers oiseaux
mais pas au quatrième. Beethoven aurait répondu qu’il l’avait fait, non par les mots mais par la
mélodie. Selon Beethoven, il s’agirait de cette partie à la flûte :
Extrait musical : https://youtu.be/IiONuZmUp8E?t=280 (4’40'' à 5’02'')
Symphonie No. 6 de Beethoven, 2ème mouvement, par le Deutsche Kammerphilharmonie
Bremen, chef d’orchestre Paavo Järvi
Source : YouTube, DW Classical Music, Posté le 12 juin 2020
Cependant, si dans l’imaginaire de Beethoven cet ensemble de notes représente le chant de cet
oiseau, en réalité il n’en est rien. Voici le chant du bruant jaune :
Extrait musical : https://youtu.be/nnve_OEuJck
Source : YouTube, Ornithologie, Posté le 11 nov. 2013
Des spécialistes se sont amusés à tenter de retrouver le quatrième oiseau qui a inspiré Beethoven.
Il se peut qu’il s’agisse d’un merle.
N’étant moi-même pas spécialiste de chants d’oiseaux, je ne peux pas participer au débat.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous une idée de l’oiseau mystère ?
Diane Kolin
Musicologue
Toronto, Canada
Publié sur Cyrano Blog le 12 novembre 2020
https://www.cyrano.musique.mediamags.info/2020/11/12/explorons-la-nature-avec-
beethoven/
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