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Numérique, bien-être et attractivité des territoires ruraux

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Abstract

Cet article met en évidence l'intérêt d'appréhender l'attractivité territoriale à l'aune du bien-être. Il révèle ainsi que cela permet de mettre en exergue les facteurs softs de l'attractivité. Il se focalise également sur le rôle joué par le numérique comme élément de bien-être et facteur d'attractivité territorial dans les territoires ruraux.
Publié dans LES DIALOGUES DE LA RECHERCHE « Smart village : comment le numérique peut-il contribuer à un
développement territorial durable » 2020 (mars-avril), CNFPT, INSET de Dunkerque
Numérique, bien-être et attractivité des territoires ruraux
Lise Bourdeau-Lepage
Professeur de géographie à l’Université Jean Moulin Lyon 3 (UMR EVS)
lblepage@gmail.com
De l’intérêt d’appréhender l’attractivité territoriale à l’aune du bien-être
Appréhender l’attractivité des territoires ruraux à l’aune du bien-être et se focaliser sur le rôle
du numérique comme élément de bien-être peut paraître à première vue un peu décalé par
rapport aux travaux qui sont généralement menés sur les territoires ruraux. Cependant cette
approche se justifie à plusieurs égards, en particulier par la récente expérience que nous avons
faite, celle que certains appellent the great lock-down, le grand confinement (Gita Gopinath,
14 avril 2020). Cette période si spéciale a révélé le rôle important joué par la proximité
virtuelle
1
dans le maintien des relations sociales (échanges familiaux et amicaux), le bien-être
des confinés et la poursuite de lactivité économique via le télétravail et le travail à domicile,
etc. Cette approche par le bien-être présente également un certain nombre d’avantages.
D’abord, elle permet aux acteurs territoriaux de dépasser l’approche classique de l’attractivité
territoriale qui se concentre principalement sur ce que nous nommons les facteurs hard
d’attractivité comme la croissance du PIB, l’accessibilité au marché, la disponibilité en capital
humain (qualification et volume, diversité, productivité des travailleurs), le niveau et la densité
d’équipements, les infrastructures de transport, l’immobilier d’entreprise
2
(prix, qualité et la
disponibilité de surfaces de différents types), la présence d’autres activités (activités de
service), ou encore le cadre institutionnel, etc.
Ensuite, elle leur permet de penser l’attractivité territoriale comme « la capacité d’un
territoire à offrir aux agents économiques : ménages, entreprises, institutions…, les éléments
qui les décident à se localiser en son sein plutôt que dans un autre territoire » (Bourdeau-
Lepage, 2015, 25) et surtout à y atteindre un niveau de bien-être ou de profit satisfaisant les
décidant à y rester. Par conséquent, en prenant comme entrée le bien-être des personnes, il
s’agit pour les acteurs territoriaux d’identifier les facteurs déterminant le choix de localisation
des personnes en partant de leurs préférences en matière d’éléments de bien-être. Cette
approche introduit donc un certain nombre d’éléments dits softs d’attractivité qui jusque-là
été peu considérés : les aménités naturelles comme les espaces de nature et de récréation,
les paysages, les environnements dépourvus de nuisances, les aménités sociales comme la
1
La proximité virtuelle se définit comme « la facilité multidimensionnelle : monétaire, temporelle et cognitive, de
communiquer à distance grâce aux TIC. Elle peut paraître a priori indépendant de la géographie, mais ce n’est pas
le cas car certains coûts dépendent clairement de la distance entre les sites, comme c'est le cas des coûts des
câbles à fibres optiques » (Bourdeau-Lepage et Huriot, 2009, Proximités et interactions : une reformulation,
Géographie, économie, société, 2009/3, Vol. 11, pp. 233-249, https://www.cairn.info/revue-geographie-
economie-societe-2009-3-page-233.htm).
2
Sont aussi pris en considération comme critères en termes d’immobilier d’entreprise, la demande placée, le
volume d’investissement, le taux de disponibilités du parc, la valeur locative prime haut de gamme (John Lang La
salle).
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présence d’associations, de manifestations culturelles, ou encore les aménités historiques
comme le patrimoine typique (Cf. Tableau 1).
Enfin, au-delà de la mise en évidence de la variabilité des préférences entre personnes ou
groupes de personnes, mobiliser les protocoles méthodologiques centrés sur le bien-être pour
faire un diagnostic de territoire permet de comprendre comment se construit le bien-être
d’une personne ou d’un ensemble de personnes sur le territoire. Cette approche peut donc
conduire les acteurs territoriaux à penser autrement l’aménagement de l’espace habité et à
saisir de nouveaux leviers à leur disposition pour rendre plus attractif leur territoire d’action.
Par conséquent, cette entrée par le bien-être conduit à porter un regard nouveau sur les
territoires ruraux et sur les freins à leur développement. Elle nous amène aussi à nous
interroger sur le rôle joué par le numérique dans la constitution du bien-être au sein des
territoires ruraux et par conséquent dans l’attractivité de ces territoires. L’accès aux NTIC est-
il un élément nécessaire dans la constitution du bien-être ? Les habitants des zones
rurales désirent-ils avoir un bon accès aux NTIC ?
A travers ces deux interrogations apparaissent deux voies de réponses. La première provient
de la littérature scientifique sur le bien-être. Comme nous le verrons les approches normatives
du bien-être considèrent l’accès aux NTIC comme un élément essentiel pour le bien-être. La
seconde voie est celle de l’observation. Les travaux empiriques que nous avons menés
mettent en évidence que l’accès à un seau internet et téléphonique de bonne qualité est
considéré par les habitants despaces ruraux rhônalpins comme un élément important pour
leur bien-être. Ainsi, théorie et empirie se rejoignent et plaident pour considérer l’accès au
numérique comme un facteur d’attractivité.
Bien-être et numérique en milieu rural : quand l’enclavement géographique s’accompagne
d’un enclavement virtuel
Le bien-être se définit de différentes manières. Il peut être hédoniste, subjectif, eudémonique,
objectif
3
. Foisonnantes et diverses, les recherches conduites sur le bien-être sont le fruit de
disciplines variées. Nous pouvons les distinguer par lapproche qu’elles privilégient : objective,
subjective, universaliste, capabiliste, contextualisée, etc. Les travaux qui appréhendent le
bien-être de manière normative tentent de saisir les différentes dimensions du bien-être et
de proposer une mesure du bien-être objectif. Ils se penchent sur les éléments constitutifs
objectivement au bien-être de tout individu (Erikson et Uusitalo, 1987 ; Sen, 1985 ; Maslow,
1968). De cette manière, le niveau de bien-être est évalué à partir d’un ensemble d’éléments
jugés essentiels, sans consulter les personnes. Le bien-être est donc défini par un ensemble
d’éléments précis.
Parmi les mesures existantes, l’indice de bien-être OppChoVec est particulièrement
intéressant car il opérationnalise l’approche du bien-être d’Amartya Sen (1985). Il reprend
trois des quatre éléments clefs du bien-être chez Sen : 1) le bien-être comme liberté nommée
les opportunités, 2) la liberté de choix et 3) le vécu, c’est-à-dire les réalisations effectives. Le
quatrième élément, les valeurs et la moralité, composantes de la liberté d’agence chez Sen -
avec le bien-être comme liberté est laissé de côté face à la difficulté d’en donner une
traduction en indicateurs statistiques spatialisés (Bourdeau-Lepage et Tovar 2013). De ce fait,
l’indice OppChoVec se compose de trois dimensions : les opportunités (Opp) qui sont offertes
3
Cf. en particulier les conceptions de : Epicure, Bentham, Pareto, Aristote, Socrate, Platon, Spinoza, Maslow, Sen.
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aux personnes, la liberté de choix (Cho) que détiennent les personnes et le vécu (Vec) des
personnes. Chacune de ces dimensions est traduite par plusieurs éléments qui sont jugés
indispensables pour le bien-être de toute personne. Ils sont ensuite convertis en indicateurs
et variables statistiques.
L’étude des éléments qui sont nécessaires aux personnes pour leur bien-être dans cette
approche normative et sénienne montre que le numérique est un élément constitutif d’une
des dimensions du bien-être objectif (Bourdeau-Lepage, 2020b). En effet, avoir accès à un
réseau internet et téléphonique de bonne qualité est une variable qui traduit les opportunités
(Opp) qui sont offertes aux personnes, ou l’univers des possibles des personnes, d’une
certaine manière. Aujourd’hui, sans la possibilité d’être présents sur Internet via notamment
les réseaux sociaux virtuels et d’utiliser les NTIC pour communiquer, les personnes sont
restreintes dans leur possible. Cette restriction peut avoir de multiples effets, notamment sur
la recherche d’un emploi, les possibilités de télétravailler, d’être informé, de faire circuler de
l’information et des connaissances, de maintenir des liens sociaux à distance, d’avoir accès à
des services de santé, administratifs, de se former, de communiquer en visio etc. Certains de
ces effets sont cumulatifs. Ainsi, si une personne n’a pas la possibilité de compléter sa
formation par des cours en ligne ou des exercices, ses opportunités seront réduites. Elle aura
un niveau de formation moins élevé par rapport à quelqu’un qui a pu compléter sa formation
via le numérique. Ses opportunités et ses chances d’être embauchée seront probablement
réduites (Unédic, 2019). Dans bien des cas, sans accès aux réseaux virtuels, les opportunités
et le niveau de bien-être d’une personne sont plus faibles que pour les autres personnes qui
y ont accès.
Les résultats obtenus dans le cas de la Région Rhône-Alpes montrent que l’élément de la
dimension Opportunité du bien-être objectif « avoir accès aux NTIC » (Opp4) est
particulièrement faible dans les communes rurales (Carte 1). Il en est de même pour l’élément
Opp3 « avoir les moyens de la mobilité minimale » de cette même dimension (Carte 2).
Carte 1
Carte 2
Notes : OPP4 mesure l’accès aux NTIC. C’est la moyenne de la couverture locale pour le réseau Internet et la 4G.
Ainsi 
  avec : , part de la population de chaque commune i couverte par la technologie mobile
la plus avancés dont le déploiement soit assez avancé : la 4G et , part de la population couverte pour chaque
commune i par un réseau dont le débit théorique de téléchargement de l’information est supérieur à 30Mbit/s.
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OPP3 est l’élément « avoir accès à la mobilité minimale ». C’est la proportion de la population disposant
d’une voiture et/ou ayant accès à un réseau de transport en commun. Ainsi  de la population de la commune
i varie de 0 (mobilité potentielle nulle) à 1 (mobilité potentielle parfaite) et s’écrit 
  avec : ,
proportion dans la population de la commune i des ménages disposant au moins d’une voiture et    ,
paramètre qualitatif égal à 1 si la commune possède au moins un accès à un réseau de transport en commun
(train, tram, métro, bus, car) et égal à 0 sinon.
Ainsi, dans le cas des territoires ruraux, l’enclavement géographique (qui inclut la topographie
du site, certaines difficultés d’accès saisonnières, etc.) peut s’accompagner d’un enclavement
virtuel. Aux difficultés de se rencontrer en face-à-face s’ajoutent celles d’interagir à distance
et de profiter des nombreux avantages du numérique. La peine est double pour les habitants
de ces territoires.
L’accès aux NTIC est donc un élément important de l’équité sociale et territoriale. Au même
titre que certaines infrastructures comme les réseaux routiers, ferroviaires et/ou aériens, les
NTIC sont un facteur important de l’attractivité territoriale, de la formation du bien-être et du
développement économique d’un territoire. Les enquêtes de terrain menées en Rhône-Alpes
confirment ces conclusions, comme nous allons le voir.
Ce que nous apprend l’enquête de terrain : services de santé, aménités naturelles et
accessibilité aux TIC sont les éléments les plus importants pour le bien-être en milieu rural
rhônalpin
Dans le cadre du projet européen BRRISE (Bien-être, attractivité des territoires ruraux et
inégalités socio-spatiales), au printemps 2017, nous avons interrogé les habitants rhônalpins
de plusieurs localités rurales isolées et urbaines denses, sur les éléments qu’ils considèrent
comme les plus importants pour leur bien-être. A cette fin, nous avons utilisé l’outil TELL_ME
élaboré par nos soins en 2015. Il comprend un jeu de 29 cartes représentant chacune un
élément contribuant potentiellement au bien-être d’un individu sur un territoire et un
questionnaire. Les 29 cartes ont été choisies en mobilisant les enseignements de l’économie
urbaine, le rôle des aménités, la question de la liberté, du vécu et des opportunités sur le bien-
être des individus (Tableau 1).
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Tableau 1 : Les 29 éléments potentiellement constitutifs du bien-être sur un territoire
Aménités naturelles
Paysage naturel
Environnement sain et sans nuisance
Protection contre les risques naturels et
technologiques
Protection et mise en valeur des espaces naturels
Accessibilité aux espaces naturels de loisirs
Aménités sociales
Niveau de sécurité
Diversité des professions des habitants
Espaces communs où les gens se rencontrent et
partagent des activités
Associations et clubs où l'on peut s'investir et
rencontrer du monde
Manifestations locales, marchés, brocantes…
Prise de décision et participation au projet territorial
Possibilité de rencontrer un compagnon ou une
compagne sur le territoire
Aisance des habitants
Niveau d'éducation
Source : Bourdeau-Lepage 2020b.
Nous avons interrogé 180 habitants des communes rurales de Dieulefit, Bellecombe-Tarendol
et Saint-Basile en matière d’éléments constitutifs du bien-être. Notre échantillon de 60
personnes par commune était représentatif en genre et en âge. Chaque personne, interrogée
dans la rue, a été invitée à choisir, parmi les 29 cartes du jeu présentées sur un plateau devant
elle, les dix les plus importantes pour que son niveau de bien-être soit le plus élevé possible.
Puis, il lui a été demandé d’ordonner les dix cartes retenuesde la plus importante à la moins
importante. Enfin, cent jetons représentant son niveau de bien-être lui ont été donnés et il lui
a été demandé de les répartir sur chacune des 10 cartes retenues en respectant la hiérarchie
qui avait été établie préalablement.
Les choix exprimés en matière d’éléments de bien-être par ces 180 personnes dans les trois
communes rurales isolées de la Drôme et de l’Ardèche mettent en évidence des préférences
très marquées pour l’accessibilité aux services de santé, pour les aménités naturelles (un
paysage naturel, un environnement sain et sans nuisance) et pour la qualité de la couverture
réseau internet et téléphonique (Illustration 1). Cette dernière carte a obtenu reçu 6,1% de
l’ensemble des points attribués par les 180 personnes enquêtées, arrivant en quatrième
position parmi les 29 proposées.
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Illustration 1 : Les préférences des habitants de Dieulefit, Bellecombe-Tarendol, Saint-Basile en
matière d’éléments constitutifs du bien-être (printemps 2017)
Lecture du graphique en barres groupées : Il s’agit du nombre de points accordés à chacune des 29 cartes
[représentant les 29 éléments potentiellement constitutifs du bien-être] par les 180 personnes enquêtées,
exprimé en pourcentage du total des points. On trouve de haut en bas les aménités historiques, puis les aménités
naturelles et enfin les aménités sociales. Ainsi, la carte « couverture réseau internet et téléphone de bonne
qualité » a reçu 6,1% de l’ensemble des points attribués par les 180 personnes enquêtées et celle de l’accessibilité
aux services de santé 9,8%.
Notre enquête de terrain révèle donc que la qualité de la couverture des réseaux Internet et
téléphonique est un des premiers éléments considérés comme essentiels par les ruraux
rhônalpins pour leur bien-être sur leur territoire de vie. Elle sera prise en considération lors
des choix de localisation des ménages, devenant ainsi un facteur d’attractivité que les acteurs
territoriaux doivent intégrer lors de l’élaboration de leur politique de développement. Le
déploiement des infrastructures numériques devient, d’une certaine manière, un enjeu
territorial. Or, nous l’avons vu précédemment, les territoires ruraux ne sont pas tous bien
dotés en NTIC comme c’est le cas de ceux rhônalpins. Il existe une fracture numérique en
France dont nous savons quelle sera difficilement résorbable. Dans de nombreux cas, cet
enclavement virtuel accompagne un enclavement géographique, réduisant les trajectoires
possibles de développement.
Pour autant, la proximité virtuelle est-elle un gage de développement pour les territoires
ruraux ? Une autre voie de développement n’est-elle pas envisageable ?
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La faible proximité virtuelle, un atout pour certains territoires ruraux ?
En observant un peu ce qui se passe dans les zones urbaines denses, nous pouvons apporter
quelques premiers éléments de réponse. En ville, les habitants sont en surcharge
environnementale, exposés à de trop nombreux stimuli. Nous le savons, ce fait n’est pas
nouveau. Cette surcharge conduit les citadins à réduire leur altruisme et l’attention qu’ils
portent aux autres. Elle les amène également à prendre conscience de leur perte de contact
avec la nature et à exprimer un désir de nature dans leur espace de vie.
Au cours des dernières décennies, un autre phénomène a émergé, induit par le déploiement
et l’introduction des NTIC dans tous les domaines de la vie. C’est ce que nous nommons la
surcharge virtuelle. Les NTIC
4
ont permis aux personnes de recevoir et de répondre à un
message n’importe quand, n’importeet dans n’importe quelle circonstance. Elles ont
conduit en quelque sorte l’individu à être en relation continue avec d'autres mais également
en représentation et tenu de répondre aux demandes faites. « Lhomme est devenu
hypermoderne » (Aubert, 2006) et sa socialisation et son intimité se sont reconfigurées. Les
citadins ont subi de plein fouet ce phénomène. Confrontés à l’urgence, à la culture de
l’immédiateté, vivant à l’ère de l’éphémère et du zapping, les citadins ont particulièrement
enregistré une accélération de leur rythme de vie. Certains ont alors exprimé le besoin de
ralentir et leur désir de nature. L’expérience du grand confinement a confirmé ces aspirations
de la part de nombreux citadins.
Cette demande de ralentissement d’une frange des habitants des grandes villes peut être,
selon nous, une opportunité pour un petit groupe de territoires ruraux, en particulier ceux
disposant d’aménités naturelles. La qualité médiocre de leur réseaux internet et téléphonique
ne devrait pas être un véritable obstacle à leur développement.
Bibliographie
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Bourdeau-Lepage L., 2020a, Le confinement et ses effets sur le quotidien, Premiers résultats bruts des 2e & 3e
semaines de confinement en France, Lyon, https://www.researchgate.net /publication/340917664
_Le_confinement_et_ses_effets_sur_le_quotidien_Premiers_resultats_bruts_des_2e_3e_semaines_de_confin
ement_en_France
Bourdeau-Lepage L. (dir), 2020b, Evaluer le bien-être sur un territoire. Comprendre pour agir sur les facteurs
d’attractivité territoriaux, Lyon : VAA Conseil, https://www.researchgate.net/publication /341708960_
Evaluer_le_bien-etre_sur_un_territoire_Comprendre_pour_agir_sur_les_facteurs_d'attractivite_territoriaux
Bourdeau-Lepage L. 2015, Repenser l’attractivité des territoires : Globalisation, durabilité et aménités in
Bourdeau-Lepage L. et V. Gollain, Attractivité et compétitivité des territoires : Théories & Pratiques, Paris : CNER,
pp. 24-39, https://www.researchgate.net/publication/280737629_Repenser_l'attractivite_des_territoires_
Globalisation_durabilite_et_amenites
Bourdeau-Lepage L. et E. Tovar, 2013, Quelle fracture socio-spatiale à l’heure du Grand Paris ? Le cœur de l’Île-
de-France à la dérive, Revue d’Economie Régionale et Urbaine, 2013-3, pp. 491-521.
Erikson R. and H. Uusitalo, 1987, The Scandinavian Approach to Welfare Research' in R. Erikson, E. J6rgen, H. Stein
Ringen and H. Uusitalo (eds), The Scandinavian Model: Welfare States and Welfare Research. Armonck : M.E.
Sharpe.
Maslow A-H., 1954, Motivation and Personality, New-York: Harper & Row.
4
Au-delà des interactions à très longue distance et de l’extension des réseaux sociaux.
Publié dans LES DIALOGUES DE LA RECHERCHE « Smart village : comment le numérique peut-il contribuer à un
développement territorial durable » 2020 (mars-avril), CNFPT, INSET de Dunkerque
Sen A.K., 1985, Well-being, agency and freedom the Dewey lectures 1984, Journal of Philosophy, 82, pp. 169-
221.
Unedic, 2019, Les demandeurs d’emploi face au numérique, Eclairages, Paris, mai, 15 pages, https://www.une
dic.org/publications/les-demandeurs-demploi-face-au-numerique
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Dans le contexte actuel de crise écologique et sociale, il est crucial de penser autrement l’aménagement de l’espace habité afin de mener des politiques publiques ciblées sur l’humain et son environnement. Les méthodes de diagnostic centrées sur le bien-être permettent justement d’opérer ce changement et de renouveler les modes d’action des acteurs territoriaux. Ce guide méthodologique invite le lecteur à placer la notion de bien-être au coeur de l’action collective et à considérer que l’information sur les territoires est aussi produite par les habitants. Les quatre outils complémentaires de diagnostic territorial proposés se différencient par : 1) leur approche : participative ou non ; 2) leur échelle spatiale d’application : le foyer, le quartier, la commune, … ; 3) leurs formes : indices statistiques, cartes, maquette-foyer, jeu de cartes mais aussi par 4) la dimension du bien-être qu’ils privilégient. Chaque outil fait l’objet d’une présentation rapide, d’un exposé des étapes de construction de l’outil et d’un mode d’utilisation avec un déroulé très précis. Sont aussi fournis des exemples concrets, une boite à outils, les points de vigilance et les points d’intérêt. Le lecteur est ainsi guidé pas à pas dans la mise en oeuvre d’un diagnostic territorial à l’aune du bien-être.
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Quelles adaptations de la part des habitants de France, aux contraintes qui leur sont imposées depuis le confinement lié au coronavirus ? Quels changements dans le quotidien et les habitudes de vie des Français ? Quelles conditions de vie au cours du confinement ? Quelles stratégies déployées pour maintenir les liens sociaux ? Quels impacts du confinement sur l'état psychologique des confinés ? Quel ressenti au cours du confinement ? Quels effets du confinement sur le bien-être des habitants de France ? Quelles aspirations après cette crise sanitaire ? Voici les questions auxquelles cherche à répondre ce rapport fruit d'une enquête menées du 23 mars 2020 au 7 avril 2020 (2 et 3e semaine du confinement) en France.
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Les demandeurs d'emploi face au numérique
  • Unedic
Unedic, 2019, Les demandeurs d'emploi face au numérique, Eclairages, Paris, mai, 15 pages, https://www.une dic.org/publications/les-demandeurs-demploi-face-au-numerique