ChapterPDF Available

LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664

Authors:

Abstract and Figures

RÉSUMÉ : Durant la campagne en 1664, Louis XIV envoya une armée auxiliaire de 6000 hommes et plusieurs jeunes nobles volontaires en Hongrie à la demande de l’empereur Léopold Ier. Le commandant de l’armée française était le comte Jean de Coligny-Saligny. Cette force se joignit à l’armée principale sous la direction de Raimondo Montecuccoli à Saint-Gotthard où elle contribua à la bataille victorieuse du 1er août 1664. Les témoignages des participants résument bien les évènements et nous donnent également des détails culturels intéressants de leur séjour dans la Hongrie occidentale. SUMMARY: During the campaign of 1664, Louis XIV sent a 6,000-strong French auxiliary army and several volunteering young noblemen to Hungary upon the request of Emperor Leopold I. The commander of the French army was Count Jean de Coli- gny-Saligny. This force joined the main army under Raimondo Montecuccoli’s high command at Szentgotthárd and contributed to the victorious battle on August 1st, 1664. The participants’ reports summarize the events and give some interesting cultural details about the stay of the French participants in the western part of Hungary.
Content may be subject to copyright.
317
ART, ARCHÉOLOGIE ET HISTOIRE
LES FRANÇAIS EN HONGRIE
EN 1664
Ferenc TÓTH*
RÉSUMÉ : Durant la campagne en 1664, Louis XIV envoya une armée auxiliaire de
6 000 hommes et plusieurs jeunes nobles volontaires en Hongrie à la demande de
l’empereur Léopold Ier. Le commandant de l’armée française était le comte Jean de
Coligny-Saligny. Cette force se joignit à l’armée principale sous la direction de
Raimondo Montecuccoli à Saint-Gotthard où elle contribua à la bataille victorieuse du
1er août 1664. Les témoignages des participants résument bien les évènements et nous
donnent également des détails culturels intéressants de leur séjour dans la Hongrie
occidentale.
SUMMARY: During the campaign of 1664, Louis XIV sent a 6,000-strong French
auxiliary army and several volunteering young noblemen to Hungary upon the request
of Emperor Leopold I. The commander of the French army was Count Jean de Coli-
gny-Saligny. This force joined the main army under Raimondo Montecuccoli’s high
command at Szentgotthárd and contributed to the victorious battle on August 1st, 1664.
The participants’ reports summarize the events and give some interesting cultural details
about the stay of the French participants in the western part of Hungary.
À la mémoire de Péter Sahin-Tóth
La campagne de 1664 en Hongrie fut un événement exceptionnel dans
l’histoire des guerres turques. Non seulement elle se termina, sur les champs
Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, tome 31, 2018, p. 317-337.
*  Membre de l’Académie de Touraine. Professeur des Universités, conseiller scientique 
au Centre de Recherches en Sciences humaines de l’Académie hongroise des sciences.
318 Ferenc TÓTH
de Saint-Gotthard le premier août 1664 1, par une première victoire importante
sur l’armée ottomane en rase campagne, mais elle fut célèbre par la partici-
pation des troupes françaises aux côtés des forces alliées rassemblées à la
demande de l’empereur Léopold Ier, ce qui fut un moment bien rare dans
l’histoire de la lutte contre les Ottomans du siècle classique.
LES PRÉPARATIFS DE LA CAMPAGNE DE 1664
Présence militaire française en Hongrie
Pourtant de tels exemples militaires existaient depuis très longtemps.
Sans remonter aux temps reculés du Moyen Âge, nous pouvons trouver de
nombreux cas de présence militaire française en Hongrie. Malgré l’alliance
franco-turque qui reste un des principaux éléments de la politique étrangère
française de l’époque moderne, les guerres turques en Hongrie attirent un
grand nombre de volontaires français qui, dans l’esprit des croisades
anciennes, se distinguent dans les rangs de l’armée impériale contre les « in-
dèles ». Nous connaissons l’exemple de nombreux Français ou Wallons qui
formèrent un contingent important en Hongrie pendant la guerre de Quinze
Ans, autrement la Longue Guerre (1595-1606), admirablement décrits par le
regretté Péter Sahin-Tóth dans ses études consacrées à ce sujet 2. L’autre
période glorieuse fut la deuxième moitié du XVIIe siècle, lors des guerres de
reconquête de la Hongrie sur les Turcs. Les noms français des illustres chefs
de la reconquête de la Hongrie résonnent encore aujourd’hui dans les musées
historiques hongrois et autrichiens : Souches, Villars, Eugène de Savoie,
Charles de Lorraine pour ne mentionner que les plus célèbres… Quelles
étaient les raisons de leur présence dans l’armée impériale, à une époque où
les conits franco-impériaux se montraient particulièrement virulents ? Hormis 
les raisons personnelles, comme dans le cas d’Eugène de Savoie, nous
pouvons y voir une certaine curiosité envers la façon qu’avaient les Turcs de
1. Voir à ce sujet : TÓTH (Ferenc), Saint-Gotthard 1664, Une bataille européenne,
Lavauzelle, Panazol, 2007.
2.  SAHIN-TOTH (Péter),  « Amis ou ennemis ? Français en Hongrie pendant la  guerre de 
Quinze Ans (1595-1606) », dans TRINGLI (Zita) et TOTH (Ferenc ) (dir.), Millle ans de contacts
II, Relationns franco-hongroises de l’an mil à nos jours, Szombathely, 2004. p. 21-40.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 319
faire la guerre, peu connue à l’ouest de l’Europe, à laquelle se mêlait le
souvenir encore vivant des croisades parmi les familles nobiliaires en parti-
culier. Participer à la guerre de reconquête signiait indubitablement un pres-
tige militaire et les escarmouches et embuscades et toutes les opérations de
« petite guerre » en particulier furent plus prisées par les jeunes Français, qui
voulaient se distinguer par leur valeur personnelle, que les grands mouvements
des corps d’armée disciplinés et les guerres de sièges sur le front occidental.
D’autre part, les champs de bataille hongrois fournissaient également
un terrain d’exercice pour les armes françaises qui recherchaient encore en
1664 l’occasion de campagnes de prestige contre les indèles. Les campagnes 
militaires occasionnelles contre les Turcs en Hongrie et en Candie et contre
les pirates barbaresques constituaient ainsi des parties intégrantes de la poli-
tique hégémonique de Louis XIV, même si les rapports franco-turcs devenaient
plus complexes durant les guerres avec la maison de Habsbourg. En tout état
de cause, l’armée de Louis XIV devint un modèle européen. Comme l’a
montré Olivier Chaline dans son tableau historique de la France de Louis XIV,
l’armée française par ses dimensions, par son organisation et par son efcacité 
devient une puissance extraordinaire et jamais vue auparavant en Europe 3.
Cette machine militaire imposante bien combinée avec une diplomatie opéra-
tionnelle transforma les relations franco-hongroises en un élément important
du système d’alliance de revers de la France en Europe orientale.
Guerre turque de 1661-1664
L’épisode mentionné appartient à la guerre turque de 1661-1664 provo-
quée par la campagne néfaste du prince transylvain Georges II Rákóczi en
Pologne en 1658 sans l’autorisation de la Sublime Porte. Les représailles
turques en Transylvanie provoquèrent une nouvelle guerre entre Impériaux et
Ottomans en 1661 dont les débuts furent caractérisés par la victoire des armes
turques (g. 1).
En 1663, une place forte importante dans la Haute-Hongrie, Érsekújvár,
tomba, ouvrant  une voie  directe vers Vienne. Dans  cette situation  difcile, 
après de longues hésitations, l’empereur envoya le comte Strozzi à la cour de
3. Cf. CHALINE (Olivier), Le règne de Louis XIV, Paris, 2005.
320 Ferenc TÓTH
Fig. 1 : Carte de la guerre turque en Hongrie et Transylvanie, 1658-1664.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 321
Louis XIV pour lui demander un secours militaire. Strozzi arriva à Paris le
12 janvier 1664. Louis XIV, membre actif de la Ligue du Rhin personnelle-
ment intéressé à une politique de prestige, promit au comte d’envoyer des
troupes en Hongrie. Un recueil de documents concernant l’envoi du corps
expéditionnaire français parle d’un corps de 6 000 hommes de troupes régu-
lières, ainsi que de volontaires appartenant à la jeune noblesse de Cour :
[…] le Roy comme Comte d’Alsace s’obligea de fournir huit Compa-
gnies, & quarante Cornettes de Cavalerie, qui devoient faire un corps
de six mille hommes, défrayés pendant tout la Campagne aux despens
de sa Majesté. Monsieur le Comte de Coligny en eut le commandement,
& sous luy Messieurs de la Feüillade, & de Bodvvis Mareschaux de
Camp. Toute la jeunesse de la Cour s’offrit à l’envy de faire le voyage,
les uns pour plaire au Roy, les autres par inclination, & quelques-uns
par l’exemple, qui estoit passé en une espece de necessité, dont il estoit
difcile aux jeunes gens de s’exempter. 4
Les troupes de secours envoyées par les princes de l’Empire et la
France n’arrivèrent en Hongrie qu’en 1664. La campagne de cette année
commença par une attaque surprise du comte Nicolas Zrínyi, célèbre poète,
grand capitaine et ban de Croatie contre le pont d’Eszék 5 (g. 2).
La campagne d’hiver de Zrínyi réussit à détruire ce pont stratégique,
mais provoqua une riposte redoutable des Ottomans qui se lancèrent directe-
ment vers Vienne. L’armée ottomane et celle des alliés chrétiens sous le
commandement de Montecuccoli se rencontrèrent près de la ville de Saint-
Gotthard 6 sur la rivière Rába, le 1er août 1664. Les opérations se déroulèrent
autour d’une tête de pont construite par les janissaires que les alliés réussirent
à éliminer, tournant la bataille en une victoire décisive. (g. 3 et 4) La victoire 
ne fut exploitée ni militairement ni politiquement car l’Empereur décida de
conclure en septembre un traité de paix à Vasvár, qui se révélerait très désa-
vantageux pour les intérêts hongrois.
Durant les opérations militaires de 1664 en Hongrie, le résident impé-
rial Simon Reniger von Renigen était continuellement auprès du grand
4. Recueil historique contenant diverses pieces curieuses de ce temps, Cologne, 1666. p. 61.
5. Aujourd’hui Osijek en Croatie.
6. Aujourd’hui Szentgotthárd en Hongrie.
322 Ferenc TÓTH
Fig. 2 : Carte de la guerre turque en Hongrie occidentale, 1664.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 323
Fig. 3 : Plan de la première phase de la bataille de Saint-Gotthard.
Fig. 4 : Plan de la seconde phase de la bataille de Saint-Gotthard.
324 Ferenc TÓTH
vizir 7. Il assista à la bataille de Saint-Gotthard et put ainsi mesurer son impact
sur l’armée ottomane, mais il ignorait les conséquences de la bataille sur
l’armée impériale et ses alliés. Les négociations reprirent immédiatement après
la bataille et aboutirent très rapidement à la signature du traité de paix à
Vasvár, petite ville hongroise à une vingtaine de kilomètre à l’est de Saint-Got-
thard. Le traité fut signé par le résident Reniger et le grand vizir Ahmed
Köprülü, le 10 août 1664. En ce qui concerne le contenu du texte, le traité de
paix de Vasvár passe pour une véritable défaite diplomatique. Il prévoyait la
cession par l’Empereur des places stratégiques conquises par l’armée ottomane
depuis 1660 (surtout les forteresses de Nagyvárad, Érsekújvár et Zrínyi-Újvár).
Léopold Ier reconnaissait la tutelle de la Sublime Porte sur la Transylvanie et
surtout les progrès des occupations stratégiques turques. Malgré la défaite
militaire de l’armée ottomane à Saint-Gotthard, le pouvoir de l’Empire
ottoman se renforçait en Europe centrale et sa menace devint d’autant plus
grave que les places stratégiques facilitaient désormais les campagnes contre
la Transylvanie via Nagyvárad, ou bien contre Vienne via Érsekújvár. En
contrepartie, la maison des Habsbourg reçut l’autorisation de bâtir une
nouvelle forteresse en face d’Érsekújvár et quelques concessions commer-
ciales. Le traité de paix de Vasvár conserva ainsi les lignes de forteresses qui
constituaient la zone de « frontière militaire » entre les deux puissances 8.
Bataille de Saint-Gotthard
La bataille de Saint Gotthard, le premier août 1664, souvent mentionnée
comme un exemple de la solidarité européenne à l’époque moderne, mérite
l’attention des chercheurs à plusieurs égards (g. 5 et 6). D’une part, elle se 
déroule à une époque où les armées et la guerre connaissent des changements
considérables. Le concept de « révolution militaire » en Europe traduit bien
ces changements, dont les résultats furent testés d’une manière spectaculaire
sur une puissance qui ne semblait pas adopter alors les mêmes transformations.
7. Voir son rapport publié : VELTZÉ (Hauptmann), « Die Hauptrelation des kaiserlichen
Residenten in Constantinopel, Simon Reniger von Renigen 1649-1666 » dans Mitteilungen des K. u.
K. Kriegsarchivs, 1900, p. 57-170.
8. Voir : NOUZILLE (Jean), Histoire de frontières. L’Autriche et l’Empire ottoman, Paris
et La Haye, Berg International, 1991.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 325
9. Abrégé historique et iconographique de la vie de Charles V duc de Lorraine dédié à Son
Altesse Royale Leopold I. son digne successeur (Bibliothèques de Nancy).
Fig. 5 : Bataille de Saint-Gotthard 9.
326 Ferenc TÓTH
10. LECLERC (Sébastien), Les actions glorieuses de S. A. S. Charles [V], duc de Lorraine.
(Bibliothèques de Nancy)
Fig. 6 : Bataille de Saint-Gotthard 10.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 327
D’autre part, il s’agissait d’un moment historique où les intérêts des puis-
sances européennes les plus importantes s’accordaient sur la position à adopter
face au péril turc. La politique étrangère pacique du jeune Louis XIV favo-
risait cette alliance chrétienne 11.
L’impact de la « révolution militaire » était beaucoup plus complexe.
En général, les effectifs des armées se multiplièrent et les mercenaires étran-
gers dotèrent les armées des grandes puissances d’une dimension internatio-
nale. Le phénomène fut général au cours de la guerre de Trente ans où de
grands chefs de guerre comme le comte Wallenstein enrôlaient massivement –
sans distinction d’origine, de religion ou de langues – des mercenaires dans
les rangs des armées belligérantes. Comme l’a bien montré Olivier Chaline
dans son ouvrage sur la bataille de la Montagne Blanche, les historiographies
nationales ont  rétrospectivement  sacrié les  faits historiques  en créant  des 
mythes nationaux tout en ignorant ce caractère international des armées 12.
Néanmoins, les sources historiques ne cachent pas ces vérités. Dans la
plupart des relations de la bataille de Saint Gothard, la question des différentes
composantes nationales de l’armée chrétienne apparaît nettement. L’exemple
le plus connu est certainement la lettre, datée du premier août, du comte de
Coligny-Saligny annonçant la victoire à Le Tellier :
Nous avons aujourdhuy pû voir deux choses fort opposées, la valeur
des François, et la poltronnerie des ces troupes cy, aujourdhuy les
François ont sauvé l’Empire, et se sont sauvez aussy eux mesme, car
la boucherie que Bajazet t faire de la noblesse qui s’étoit croisée
avec le Duc de Nevers n’eust rien esté au prix de celle que je vous
parle, si les François n’avoient regagné le poste que les Turcz avoient
occupé 13.
11. Voir à ce sujet le texte de la communication de Lucien Bély : « Les fondements de la
politique étrangère de la France au temps de la bataille de Saint Gothard », dans TÓTH (Ferenc) et
ZAGORDHIDI CZIGANY (Balázs) (sous la dir.), Szentgotthárd-Vasvár 1664, Szentgotthárd, 2004,
p. 84-100.
12. Voir à ce sujet : CHALINE (Olivier), La bataille de la Montagne Blanche, Un mystique
chez les guerriers, Paris, 1999.
13. SHD (Service Historique de la Défense, Vincennes), série A1-190 A1-190 Recueil des
lettres escrites a M. Le Tellier et de Louvois, sur le secours de troupes que le Roy a envoyé en
Hongrie, pour l’Empereur contre les Turcz, en l’année mil six cens soixante quatre. Seconde volume
fol. 176vo.
328 Ferenc TÓTH
Il s’agit là d’un tournant dans l’histoire de l’Europe centrale, puisque
c’était la première victoire des armées chrétiennes sur les forces ottomanes à
l’époque moderne et qu’elle inaugura une série de campagnes visant à la recon-
quête de la Hongrie. L’événement mérite d’autant plus notre attention que les
troupes impériales combattirent ensemble avec le contingent français envoyé
par Louis XIV, ennemi implacable des Habsbourg quelques années plus tard.
TÉMOIGNAGES DES PARTICIPANTS
Les événements de 1664 en Hongrie sont immortalisés dans les
mémoires de plusieurs personnages célèbres de la n du XVIIe siècle. Dans
nos investigations, nous avons limité nos recherches sur les sources les plus
importantes, et nous nous sommes intéressés tout particulièrement aux
mémoires de Raimondo Montecuccoli 14, chef suprême des armées impériales
(g. 7), et à ceux du comte de Coligny-Saligny 15, chef du contingent français,
pour analyser la vision qu’ils pouvaient avoir du commandement.Nous avons
également confronté cette vision à une relation de l’abbé Le Maistre, qui y
participa et qui nous en donna un point de vue personnel, et à celle d’Evliya
Celebi, illustre voyageur et chroniqueur ottoman, également très enrichissante
car elle montrait le point de vue de l’adversaire sur la coopération des troupes.
Montecuccoli et Coligny-Saligny
Le commandement d’une grande armée composée de différentes natio-
nalités présentait  un certain  nombre d’inconvénients  et de  difcultés, dont 
principalement celle de la communication. À cette époque, on utilisait souvent
une sorte de lingua franca militaire dans l’armée impériale. À côté de
l’allemand, de l’italien, du français, voire de l’espagnol, le latin fut également
14. Voir à ce sujet : GARAPON (Jean), « Les Mémoires de Coligny-Saligny, ou le dilemme
d’un aristocrate du XVIIe siècle » dans TÓTH (Ferenc) et ZÁGORHIDI CZIGÁNY (Balázs), La
bataille de Saint-Gotthard et la paix de Vasvár. Expansion ottomane-coopération européenne,
Budapest, 2017, p. 155-167.
15. Voir à ce sujet : TÓTH (Ferenc), Les Mémoires de Montecuccoli dans Cahiers Saint-
Simon, no 40, 2012, p. 69-79.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 329
une langue de commandement dans les unités hongroises 16. Comme les troupes
furent réunies peu de temps avant la rencontre avec les Turcs, les problèmes
linguistiques devaient être considérables au niveau des coopérations entre unités
de différentes nationalités. En ce qui concerne la communication entre Monte-
cuccoli et le corps français, nous savons que le chef d’armée employa des
envoyés francophones pour assurer une plus rapide transmission des ordres 17.
Outre les différences linguistiques, il faut également prendre en consi-
dération une autre forme de mésintelligence, surtout fondée sur la méance 
entre les chefs de corps. Les difcultés de Coligny s’expliquent certainement 
par ce phénomène d’incompréhension. Dans ses mémoires, Coligny, ne cache
pas son mécontentement concernant la disposition des corps et accuse le grand
militaire italien de protéger son armée au détriment des autres troupes :
16. CHALINE (Olivier), La bataille de la Montagne Blanche. Un mystique chez les
guerriers. Paris, 1999, p. 55.
17. Mémoires de Montecuculi, généralissime des troupes de l’empereur. Paris, 1740, p. 478-479.
Fig. 7 : Portrait de Raimondo Montecuccoli (Collection privée).
330 Ferenc TÓTH
Les François faisoient l’aîle gauche de l’armée, et j’avois esté chargé,
par Montécuculli, de garder la ville et le cloistre de Saint-Godart, qui
ne valent rien, et un grand espace de païs, jusques aux troupes de
l’armée de l’alliance ; l’armée de l’empire estoit au milieu et devoit
deffendre ce poste que les Turcs attaquèrent, derrière lequel il y avoit
un petit village, d’environ trente maisons, nommé Grostorff, qui estoit
séparé d’une rue qui alloit à la rivière et y faisoit un grand gué, dont
les bords estoient fort abattus. L’armée de l’Empereur, qui estoit à la
droite, devoit conserver un assez grand pays, mais où il y avoit fort
peu de passages ; il y avoit même un grand ruisseau, qui séparoit
l’armée de l’Empereur d’avec celle de l’empire et des alliés, ce qui
faisoit qu’encore que ces deux dernières eussent esté taillées en pièces,
celle de l’Empereur se pouvoit retirer sans grand danger et se mettre
en sûreté. Les gens déliés et spéculatifs ont jugé que, le jour de ce
grand combat, Montécuculli se conduisit en homme qui vouloit
conserver son armée, et ne se soucioit pas trop des autres 18.
Coligny et Montecuccoli voyaient différemment les raisons de la dispo-
sition des corps d’armée. Ce dernier s’explique en expert militaire :
Cette distribution étoit conforme à la raison de guerre, & elle est
conrmée par l’usage des Hollandois & des Espagnols, qui séparent
les nations dans l’ordre de bataille, an qu’une louable émulation
rallume leur courage, & les excite à s’entre surpasser : C’est peut-être
ce que l’Empire eut en vüe, quand il demanda, en accordant des
troupes, que chaque corps agît à part. Cela vint bien à propos dans
cette occasion, où l’on mit sur les aîles les vieilles troupes de l’Em-
pereur & de la France, parce que c’est par-là que commence d’ordi-
naire la perte ou le gain des batailles, & celles de l’Empire, qui étoient
des troupes ramassées, furent mises au centre, où il y a moins à
craindre 19.
Mettre les vieilles troupes sur les ailes était un choix raisonnable qui
fut conrmé également par les événements. Néanmoins, le comte de Coligny 
18. Mémoires du comte de Coligny-Saligny. Paris, 1841, p. 93-94.
19. Mémoires de Montecuculi […], op. cit., p. 474-475.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 331
reproche à  plusieurs reprises  au généralissime  d’avoir  sacrié les  Français, 
pour nalement approuver sa décision :
Dans cette pressante nécessité, il fut résolu unanimement de faire un
dernier effort, et de périr ou de chasser les ennemis ; en effet, il n’y
avoit point d’autre ressource que celle-là, l’armée de l’empire estoit
en fuite, la pluspart des soldats espouvantés, point d’espérance de
retraite contre une armée, où il y avoit plus de cinquante mille
chevaux. Il fallut donc que les François se sacriassent pour le salut
de tous, aussi bien ne pouvoient-ils éviter de se trouver enveloppés
dans la perte commune. Je mis mes troupes en bataille, pour aller aux
ennemis 20.
Un peu plus loin, Coligny accuse même Montecucculi d’avoir joué un
rôle malveillant à l’égard des Français à qui il attribue la victoire de la
bataille :
D’autre part, ce vieux renard de Montécuculli eut bien voulu, sans
préjudice des intérêts de son Maistre, que les troupes de France eussent
reçu quelque grand échec, principalement après le combat, où elles
acquirent une très grande gloire, et donnèrent une grande jalousie à
l’Empereur et à ses troupes, lequel Empereur eut une très forte joye de
se voir délivré de nous par les ordres que le Roy nous envoya de
retourner en France 21.
Le Maistre
Après les témoignages des chefs militaires, voyons maintenant l’opinion
d’un ecclésiastique, l’abbé Charles Le Maistre (g.  8), qui accompagnait le 
duc de Brissac pendant la campagne de Hongrie. En racontant les événements
de la bataille, il ne peut s’empêcher de porter un regard très critique et acerbe
sur la préparation et le commandement de la campagne. Il se plaint particu-
lièrement du ravitaillement en munitions et en vivres, et décrit en termes très
sévères la conduite des Impériaux :
20. Mémoires du comte de Coligny[…], op. cit., p. 97-98.
21. Ibid., p. 99.
332 Ferenc TÓTH
C’est ici que je ne puis pas me dispenser de faire remarquer le mauvais
ordre qu’il y avoit dans l’armée chrétienne, que l’Empereur ou ses
ministres laissèrent dans un besoin de toutes choses. Il sembloit que
ces gens fussent d’intelligence avec les Turcs pour nous faire périr, tant
toutes choses estoient mal ordonnées 22.
En ce qui concerne la bataille, il souligne également le rôle décisif joué
par les Français auquel il oppose la lâcheté des Allemands. En décrivant le
combat détruisant la tête de pont turque, il en attribue entièrement la gloire aux
Français 23. Il montre également de l’indignation à l’égard des tortures et
cruautés commises par les Allemands sur les prisonniers turcs, dont certains
furent même écorchés vifs après le combat dans le village de Nagyfalu
(Mogersdorf). À la n de la bataille, il résume ainsi ses sentiments sur ce sujet :
Les Allemands, quoy que fort envieux de la gloire des François, lesquels
avoient déjà battu les Turcs au pont de Kermen, ne purent pas
s’empescher de publier la grande action qu’ils venoient de faire dans
ce dernier combat. Le généralissime Montecuccully vint luy-même à la
teste de nos régimens, remercier M. de Coligny nostre général, les
mareschaux de camp, ofciers et soldats, disant tout haut qu’ils avoient,
ce jour-là, sauvé l’Empire 24.
22. LE MAISTRE (Charles), Voyage en Allemagne, Hongrie et Italie 1664-1665, Paris, éd.
L’insulaire, 2003, p. 158.
23. Ibid., p. 164.
24. Ibid., p. 165-166.
Fig. 8 : Signature autographe de Charles Le Maistre
(Bibliothèque nationale Széchenyi, Budapest).
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 333
Evliyâ Tchélébi
Enn, le regard de l’ennemi est non moins intéressant, comme le prouve 
le témoignage, extrêmement précieux, d’Evliyâ Tchélébi. Dans sa description,
il compare l’armée chrétienne à un troupeau de porcs. En détaillant les diffé-
rentes forces ennemies, il distingue les différentes nationalités :
À gauche, apparurent les soldats français tous vêtus de rouge, comme
s’ils étaient trempés dans du sang. En plus de vêtements rouges, ils
portaient des velours verts et arboraient des drapeaux blancs. (…)
Suivirent ensuite les cavaliers des familles de Zrini, de Bekan, de Nedar,
de Keyan, les Slovènes et les soldats de Mekemurya. Bref, les soldats de
sept duchés paradèrent et se placèrent sur la rive droite de la Rába. (…)
Ensuite, les quarante à cinquante mille fantassins autrichiens passèrent
en groupe avec leurs canons de gros calibre derrière les ministres, Zuza
et Mantikukole, et leurs commandants. Puis apparurent les soldats du
roi des Tchèques et l’armée du Royaume de la Fille (…) 25.
Au cours du combat, il voit avec surprise les volontaires français, ces
« jeunes lles » aux cheveux frisés et sans barbe et sans moustaches combattre 
comme des lions. Il cite en français leur mot prononcé dans le moment décisif
de la bataille : « bien, bien… » 26.
APRÈS LA BATAILLE DE SAINT-GOTTHARD
Conséquences politiques et militaires
La bataille de Saint-Gotthard, cette grande manifestation de la solidarité
chrétienne, marque un tournant dans l’histoire des conquêtes turques en
Europe. Battues pour la première fois en rase campagne, les troupes ottomanes
perdirent leur prestige d’invincibilité. Bien que la menace turque restât encore
réelle en Hongrie, pays coupé en trois et dont une partie était toujours occupée
25. TCHELEBI (Evliyâ), La Guerre des Turcs, éd. de Faruk Bilici, Paris, 2000, p. 140-141.
26. KOSÁRY (Dominique), « Français en Hongrie 1664 », dans Revue d’histoire comparée,
Paris, 1946. p. 42.
334 Ferenc TÓTH
par les Ottomans, Léopold Ier, empereur et roi de Hongrie, s’intéressait davan-
tage à la rivalité avec la France de Louis XIV pour l’hégémonie en Europe.
Au lieu de poursuivre la guerre jusqu’à la reconquête totale de la Hongrie, Il
préfère signer à la hâte un traité de paix avec la Porte. La paix de Vasvár, très
favorable aux Turcs vaincus, interrompra pour longtemps le processus de
reconquête. Le principe de la solidarité chrétienne fut foulé aux pieds et la
nouvelle dérouta l’opinion publique en Europe. Les Hongrois furent parti-
culièrement choqués par la conclusion de cette paix ; même les aristocrates
les plus dèles à la dynastie se sentirent désappointés 27.
Au lendemain de la victoire de Saint-Gotthard, les tensions existaient
déjà entre les alliés. La source des problèmes résidait alors dans les difcultés 
logistiques et en particulier dans le manque de ravitaillement. Dans sa lettre
du 14 août 1664 écrite dans la ville de Szombathely 28, Coligny se plaignit
ainsi à Montecuccoli de l’état de ses troupes :
[…] il tombe tous les jours tant de soldats malades qu’il est impossible
de vous pouvoir dire positivement ce qu’on peut avoir parce qu’a tous
moments il nous tombe des malades et depuis hier au soir il y a plus
de deux cents malades dans la cavallerie et dans l’infenterie de sorte
que si Votre Excellence n’a la bonté de mettre les trouppes en quelque
lieu ou elles puissent demeurer sept ou huit jours en repos et ou elles
se puissent remettre il y a aparance que tous nos ofciers et soldats
tomberont malades et les malades qui le sont deja ne gueriront pas 29.
Le désaccord entre les Français et Impériaux se renforça après la publi-
cation du contenu du traité de paix signé le 10 août 1664 à Vasvár, qui choqua
les participants français de la bataille et dérouta l’opinion publique en Hongrie.
Comme écrivit le comte de Coligny dans une lettre ultérieure à Bussy-
Rabutin : « Nous avons été si sots que nous avons fait la paix d’Hongrie… ».
27. WAGNER (Georg), Der Wiener Hof, Ludwig XIV. und die Anfänge der
Magnatenverschwörung 1664-1665, dans Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs, Wien,
1963. Le texte du traité se trouve dans l’annexe de l’étude.
28. Sabaria en latin dans la lettre de Coligny qui fait référence au lieu de naissance de Saint
Martin de Tours.
29. Österreichische Staatsarchiv, Kriegsarchiv (Vienne, Autriche) Alte Feldakten 1664 –
Karton 163 (Türkenkrieg VIII) fol. 713-714.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 335
D’après le journal de Montecuccoli, dès le 14 août, les Français et les
Hongrois commencèrent à critiquer vivement la politique impériale 30. Il en
résulta par la suite une coopération active entre les Mécontents hongrois et la
Cour de Versailles qui fonctionna avec des ruptures jusqu’au début du
XVIIIe siècle. Les chefs des volontaires français appro-chèrent Zrínyi à Vienne
au sein de la cour impériale. Il a été prétendu que le marquis de Guitry lui
avait même proposé le poste de gouverneur de Hongrie en échange de ses
services pour l’élection de Louis XIV comme roi de Hongrie 31.
Autres conséquences
Hormis les faits militaires et politiques les témoignages des participants
français de la campagne de Hongrie en 1664 nous fournissent des informations
générales très intéressantes aussi. Les militaires français ayant pour la plupart
une culture classique et chrétienne s’intéressaient à l’histoire du pays où ils
découvrirent des similitudes culturelles avec celle de leur propre patrie. Parmi
celles-ci, peut-être le lieu de naissance de saint Martin de Tours, l’ancienne
ville romaine de Sabaria et la ville hongroise de Szombathely pouvaient les
surprendre le plus. D’après les sources, les Français stationnèrent après la
bataille près de la ville, non loin du village de Szentmárton, lieu présumé de
la naissance de l’Apôtre de la Gaule. Dans la campagne de 1664, avant la
bataille décisive de Saint-Gotthard, la ville de Szombathely était une cible de
l’armée ottomane dans sa tentative pour traverser la Rába. Après la victoire
sur les Turcs, le comte Coligny-Saligny séjourna à Szombathely et, dans sa
lettre du 14 août 1664 en choisissant la forme latine Sabaria, il se réfère
explicitement au lieu de naissance de saint Martin de Tours 32. Un autre témoin
30. « Stein am Anger 14 agosto 1664 – 1° Miniferisce l’abate F. Martino /: e prima l’aveva
detto Nadasti:/ che li Francesi spargono fra gli Ungheri che essi Francesi sono i difensori
dell’Ungheria; che gli Alemanni cercano di oppimerli, e che non combattono bene; che gli Alemanni
vivono sul paese; ma che, Francesi spendono del loro; et che senza dispendio della patria possono
sempre gli Ungheri esser difesi dalla Francia. » Österreichische Staatsarchiv, Kriegsarchiv Alte
Feldakten 1664 – Karton 156 (Türkenkrieg, Journale und Memoires) no 149.
31. PAULER (Gyula), Wesselényi Ferenc nádor és társainak összeesküvése 1664-1671 (La
conjuration du palatin Wesselényi Ferenc et de ses complices 1664-1671) Tome I, Budapest, 1876. p. 20.
32. Österreichische Staatsarchiv, Kriegsarchiv, Wien, Alte Feldakten 1664 – Karton 163
(Türkenkrieg VIII) fol. 713–714.
336 Ferenc TÓTH
français, l’abbé Charles Le Maistre, de l’entourage du duc de Brissac nota
également que les troupes françaises se dirigèrent vers le village de saint
Martin après la bataille 33. Ces références au saint célèbre européen ne sont
certainement pas fortuites dans le contexte de la guerre contre les Ottomans.
La saint-Martin est une date importante dans le cycle calendaire tradi-
tionnel avec des conséquences notables sur l’activité guerrière. Généra-lement,
c’était la n des campagnes militaires et le début de la période civile, pacique 
et hivernale. La période des combats militaires durait ainsi du mois de mars –
Mars, le dieu de la guerre ! – jusqu’à la saint-Martin – Martinus venant de
Mars aussi ! – et pour des raisons pratiques (manque d’herbe pour le fourrage,
problèmes météorologiques etc.), il y avait très peu de campagnes en hiver.
Avec l’été de la saint-Martin les opérations militaires s’arrêtèrent. Les
quelques rares campagnes d’hiver, comme celle de Zrínyi en 1664 et celle de
Turenne en 1674-1675 furent des exceptions. Ce tournant de l’année avait
une grande importance même pour les Turcs. Le grand penseur militaire
italien, Raimondo Montecuccoli remarque ainsi dans ses Mémoires que
l’armée turque « se retire dès l’automne, c’est-à-dire vers la saint-Martin, ce
qui est chez lui une espèce de loi établie par la coutume 34 ».
Par ailleurs, un manuscrit curieux intitulé Description exacte et curieuse
des contrées et païs que parcoure le Danube, depuis sa source jusqu’à son
embouchure, conservé à la Bibliothèque de l’Institut de France, nous permet
de comprendre le lien entre les deux phénomènes. Dans cet ouvrage, l’auteur,
un certain chevalier de Rozen, décrit le cours du Danube et ses afuents en 
racontant les principaux événements historiques des pays parcourus et en
particulier les événements des guerres turques. L’auteur mentionne les événe-
ments dans un ordre logique selon les conuences des rivières :
Dans le lieu ou se joignent le Gunz et le Rekniz est sçituée la tres
ancienne ville de Sabarie, appellée des Hongrois Szomsbatshelis. Ce
lieu est remarquable pour la naissance de St. Martin. (…) Dans le lieu
ou se rencontrent le Lausniz et le Raab, est située la petite ville de St.
Godhard, ou l’an 1664 le premier d’aoust, le grand vizir vient fondre
33. LE MAISTRE (Ch.), Voyage en Allemagne, op. cit., p. 180.
34. MONTECUCCOLI (Raimondo), Mémoires ou Principes de l’art militaire, éd. Ferenc
TÓTH, Budapest-Paris, 2017, p. 212.
LES FRANÇAIS EN HONGRIE EN 1664 337
avec grande furie sur l’armée imperiale à l’abord duquel les regimens
de Franconie, de Kielmansek et de Schmid furent presque entierement
reversées et defaits. Mais ils furent par après repoussées par les Fran-
çois commandez par Monsieur de Lafeüillade, ayant perdus plusieurs
de ses bachas, et près de huit mille spahis et jennissaires, qui furent ou
noyées dans le Raab ou qui demeureront sur le champ de bataille 35.
CONCLUSION
Au terme de notre étude, nous pouvons constater que d’après les
sources examinées la participation française à la campagne de Hongrie de
1664 fut un moment historique particulièrement important dans l’histoire des
relations franco-hongroises. La Hongrie occupée depuis plus d’un siècle par
les Ottomans était pour les voyageurs français un territoire beaucoup moins
fréquenté qu’au Moyen Âge. Les guerres turques présentaient alors une
nouvelle possibilité de redécouverte du pays grâce aux campagnes militaires
internationales. Malgré les bonnes relations franco-ottomanes durant l’époque
moderne, nous connaissons les cas de beaucoup de participants français ou
francophones dans les guerres turques. Le seul exemple d’une coopération
européenne avec la participation active de la France se déroula en 1664 avec
un contingent français important en Hongrie qui contribua activement à la
victoire de Saint-Gotthard. Le témoignage de Français nous éclaire non seule-
ment sur le détail des décisions militaires, mais nous montre aussi comment
ils redécouvrirent les anciens liens culturels entre les deux pays sur les pas
de saint Martin de Tours.
35. Bibliothèque de l’Insitut de France, série Ms 545 Santences tirées des Saints Pères
(mélanges de ms). Description exacte et curieuse des contrées et païs que parcoure le Danube, depuis
sa source jusqu’à son embouchure. Avec une courte et veritable chronologie de ce qui s’est passé de
plus remarquable entre l’Empire des Turcs et le Royaume de Hongrie p. 586-588.
ResearchGate has not been able to resolve any citations for this publication.
ResearchGate has not been able to resolve any references for this publication.