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Les proximités dans la pandémie du Covid 19

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Abstract

La pandémie du Covid 19, qui nous a trouvés largement démunis, nous a conduits à un confinement long et contraignant. La sortie qui s’en est suivie est celle de tous les dangers. Dans cette situation, la question de la proximité s’est imposée violemment, partout, et trouve une importance renouvelée avec la crise majeure qui arrive. Alors que l’inquiétude pour le futur s’amplifie, devant la prise de conscience que nous devons reprendre notre activité et qu’il nous faut maintenant nous interroger sur notre souveraineté, en particulier alimentaire, il faut revenir sur le rôle tout à fait central que les proximités jouent dans ce grand bouleversement. En effet, elles favorisent la propagation de la pandémie, réduisent les interactions humaines et sociales, contribuent à la reterritorialisation des productions, et permettent d’échanger et de garder le contact à distance.
Torre A., 2020, Les proximités dans la pandémie du Covid 19, in M. Dron, et Ph. Kim-Bonbled, Covid-
19 et agriculture : Une opportunité pour la transition agricole et alimentaire ? Presses des Mines,
Paris, 358p.
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Les proximités dans la pandémie du Covid 19
André Torre
Université Paris-Saclay, INRAE, Agroparistech
torre@agroparistech.fr
La pandémie du Covid 19, qui nous a trouvés largement démunis, nous a conduits à un confinement
long et contraignant. La sortie qui s’en est suivie est celle de tous les dangers. Dans cette situation, la
question de la proximité s’est imposée violemment, partout, et trouve une importance renouvelée
avec la crise majeure qui arrive. Alors que l’inquiétude pour le futur s’amplifie, devant la prise de
conscience que nous devons reprendre notre activité et qu’il nous faut maintenant nous interroger
sur notre souveraineté, en particulier alimentaire, il faut revenir sur le rôle tout à fait central que les
proximités jouent dans ce grand bouleversement. En effet, elles favorisent la propagation de la
pandémie, réduisent les interactions humaines et sociales, contribuent à la reterritorialisation des
productions, et permettent d’échanger et de garder le contact à distance.
Une proximité géographique qui redevient centrale
Une forte proximité géographique favorise visiblement la diffusion du Coronavirus et l’infestation des
personnes, par contact physique direct (toux, éternuements, postillons…) et indirect (toucher une
surface contaminée), ou par transmission aérienne. C’est la raison pour laquelle est prônée, depuis
les grandes épidémies du XXème Siècle, l’instauration d’une distanciation sociale, qui prend des
formes diverses et repose sur des techniques plus ou moins radicales, dont certaines nous sont
familières depuis le Moyen Age : port de masques, isolement des malades identifiés, mise en
quarantaine, fermeture des écoles, interdiction des rassemblement culturels, sportifs ou religieux,
confinement total de la population, interdiction absolue de sortir de son lieu de vie tout ce qui peut
nous permettre d’éviter de subir cette proximité géographique mortifère.
Notre perception de la proximité géographique se trouve bouleversée par le virus. La recherche de
proximité géographique explique la constitution des villes et des agglomérations urbaines, associée à
celle du contact, des interactions de la vie en société, qui relèvent d’un autre type de proximité,
organisée celle-là (Bourdeau-Lepage et Torre, 2020). Mais en temps de pandémie la causalité
habituelle se trouve renversée car le risque de diffusion devient bien plus important au cœur des
villes ou des cités. La proximité géographique, jusqu’alors recherchée pour ses bénéfices, devient une
source d’inconvénient majeur, au risque de la maladie et de la mort. On préfère, dans la mesure du
possible, se déplacer dans des espaces ruraux ou moins densément peuplés, qui subissent moins les
inconvénients des proximités géographiques en raison de leur concentration plus faible. C’est une
des causes de l’exode urbain, par la volonté de se retrouver dans un espace plus « sain » que la ville.
Du coup, apparait un intérêt renouvelé pour les espaces ruraux, et l’on évoque un possible « exode
urbain », qui verrait les citadins se diriger vers les campagnes, ou du moins vers les petites
agglomérations pas trop éloignées des grandes villes. C’est aussi le grand retour de l’agriculture. Au-
delà du succès des circuits courts ou de l’alimentation de proximité, qui ont connu un essor majeur
au cours des dernières années, il s’agit de nourrir la population française et d’éviter les famines et
restrictions alimentaires, et de reconquérir ainsi notre souveraineté aimentaire. Une grande partie
des produits consommés par les ménages français ont suivi des chaines de valeurs internationales
qui sillonnent de nombreux pays. Il est essentiel, au vu des risques de coupure des transports, de
préserver la souveraineté alimentaire de la nation, en re-territorialisant une partie des productions
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agricoles (Rastoin et Meynard, 2020). Sans exclure un commerce avec les autres pays, en particulier
européens, il est nécessaire de construire et de favoriser les systèmes agricoles, circuits courts,
usines de transformation et de conditionnement ou les chaines logistiques pour nourrir la
population. (Torre et Pham, 2015).
Le retour de la distanciation sociale
C’est en 1918, lors de la pandémie de grippe espagnole, que le médecin Max Starkloff a défini puis
mis en œuvre le principe de «social distancing», que nous traduisons maintenant par distance ou
distanciation sociale. Cette méthode, qui ne fait que reprendre et systématiser des pratiques
beaucoup plus anciennes, interdisant notamment les rassemblements de plus de vingt personnes, a
été appliquée à diverses reprises dans des cas d’épidémie. Des études menées dans la ville de Sydney
estiment qu’elles ont permis de sauver entre 100.000 et 260.000 vies à cette occasion, si bien que
l’on en déduit qu’elles jouent un rôle majeur dans la réduction de l’impact de l’épidémie en termes
de santé publique (Caley et al., 2006). D’autres travaux suggèrent qu’une distanciation sociale, aussi
sévère qu’elle soit, n’est efficace que face à des épidémies pas trop virulentes (Reluga, 2010), et que
rien ne remplace l’efficacité de la vaccination.
Distance ou distanciation sociale, le terme lui-même est ambigu, au point que le Premier Ministre,
dans sa première allocution à ce sujet, avait parlé de distanciation spatiale, et que le Ministère de la
santé évoque parfois la distanciation physique, une confusion qui a le mérite de mettre en évidence
toute l’ambivalence des termes. En effet, l’éloignement des êtres humains ainsi prescrit prend à la
fois une forme spatiale avec la séparation et la distance préconisée par rapport aux autres, mais aussi
une forme sociale puisqu’il empêche les interactions et nous isole de nos proches. La notion de
distanciation sociale s’avère ainsi judicieuse, puis qu’elle reflète à la fois la nécessité d’éloignement
physique (la distance), et le besoin de contact humain entravé par les différents types de mesures
barrières (Torre, 2020).
Les proximités inquiètent et fracturent
La proximité devient également un impitoyable révélateur des inégalités et fractures sociales. La
taille de l’habitation, le nombre de pièces et le nombre de personnes qui les occupent, la disposition
d’un jardin ou d’une terrasse, renvoient à une possibilité de distanciation sociale et de vie en
commun plus ou moins importantes en fonction des revenus. Il s’avère bien plus dangereux
d’imposer le confinement à l’intérieur des habitations pour des familles très nombreuses, qui seront
sans doute plus en sécurité et plus en possibilité de s’écarter si elles sont dehors, en particulier en
cas de port de masques. Au-delà du risque couru à attraper le corona, l’exiguïté du logement pour
une famille nombreuse rend le confinement difficile. Les proximités sont donc exacerbées et l’espace
dont chaque personne dispose est vraiment réduit. Le message du confinement a alors du mal à
passer, en particulier quand il s’agit d’économies émergentes, dans lesquelles un bonne partie de la
population vit d’activités informelles, qui nécessitent des contacts quotidiens, et ne dispose pas
d’une épargne ou de revenus suffisants pour pouvoir cesser toute activité pendant une période
même assez courte (Birane Faye, 2020). Sans oublier les bidonvilles ou les favelas
De la même manière la proximité géographique mortifère s’impose aux employés et aux ouvriers des
grandes villes, dans les pays développés. Continuant à exercer en première ligne leur activité de
soignants, de caissiers, d’éboueurs… contraints à la promiscuité dans les transports en communs
raréfiés, ils sont exposés au risque de la maladie, alors même qu’en France ils ne disposent souvent
pas des outils les plus simples de la distanciation sociale. On le constate avec les chiffres des décès et
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des personnes atteintes en Région parisienne, qui s’avèrent bien plus importants dans les territoires
de l’Est - populaires, avec une forte concentration de population - , que dans ceux de l’Ouest - ou les
activités peuvent se perpétuer ou s’arrêter à l’intérieur des habitations, quand les habitants ne sont
pas partis dans des lieux de villégiature plus accueillants.
Comment mettre de l’ordre dans ces proximités géographiques et ces distances sociales, et aussi
comment appréhender le fait que nous prenons maintenant toujours plus de temps à échanger à
distance, que les techniques de communications se multiplient, comme le télétravail, la
télémédecine ou l’enseignement à distance. Alors, de quoi allons-nous être privés ? Pour le
comprendre, il suffit de classer les proximités.
Les différentes catégories de proximités
Pour mettre un peu d’ordre dans ce foisonnement, il est nécessaire de classer les proximités.
La proxémie, développée par l’anthropologue culturel Edward Hall (1966) et les géographes Moles et
Rohmer (1978), nous permet de comprendre les souffrances provoquées par l’absence de contact
physique et social qui en découle et d’appréhender la notion de distanciation sociale et de zone de
confort autour de l’individu. Chaque personne possède autour d’elle une surface, sorte de bulle qui
constitue une zone émotionnellement forte ou encore un périmètre de sécurité individuel. Sa
dimension varie selon les cultures, mais recoupe quatre zones d’ampleur croissante. La distance
intime, qui s’accompagne d’une grande implication physique et d’un échange sensoriel élevé, est
utilisée pour embrasser, toucher, c’est celle de l’amour. La distance personnelle correspond aux
conversations particulières et aux interactions entre amis ou membres d’une même famille. La
distance sociale, qui concerne les interactions avec amis et collègues, s’applique particulièrement
bien dans le cadre du travail. Enfin, la distance publique s’impose quand on parle à des groupes. Il
résulte, de ces différentes distances, l’existence de territoires de l’individu, qui se définissent en
fonction du type d’interactions et des relations qu’il pratique et correspondent au territoire de
l’animal social qu’est l’être humain.
Et les relations à distance ? Elles substituent, petit à petit, une autre forme de proximité à la
proximité géographique (Torre et Talbot, 2018). Ces autres proximités, tout aussi sociales que cette
dernière, actent la séparation des corps et des personnes par le développement des technologies de
l’information et de la communication. Il s’agit de l’autre proximité, la proximité organisée, qui n’est
pas d’essence géographique mais relationnelle. Elle a toujours existé entre les personnes, décrivant
les gens que l’on aime, les amis, la famille avec qui l’on se sent proche parce que l’on partage les
mêmes origines, la même culture, les mêmes manières de voir le monde. Grâce au développement
des technologies de l’information et de la communication (TIC) comme Internet ou les réseaux
sociaux ces relations permettent d’échanger des connaissances et de travailler à distance, en
s’abolissant largement des contraintes de proximité géographique, donc de distance, en particulier.
Aujourd’hui, elles se développent toujours davantage et modifient notre vision de la société et notre
vie au jour le jour.
Conclusion : quelles proximités ?
Alors, pouvons-nous abdiquer notre proximité géographique et nous tenir soigneusement à
distance ? Certainement pas : le tenter nous ferait encourir de graves risques psychologiques, et
mettrait également à mal nos relations sociales. Il est possible de s’appuyer sur les ressources de la
proximité organisée pour fonctionner à distance et survivre en temps de pandémie, mais nous
sommes des animaux sociaux, qui ont aussi besoin de sentir, de toucher et d’embrasser. Par ailleurs,
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il est clair que le retour à l’alimentation et aux préoccupations agricoles implique un accroissement
des relations de proximité géographique dans la production, au détriment des chaines de valeurs
globalisées. Mais les achats en ligne ou la disposition des produits alimentaires dans des drive
spécialisés vont maintenir et développer l’importance des relations à distance. Une fois de plus, les
deux proximités s’avèrent indissociablement unies pour contribuer à la réussite de nos relations
sociales, au développement de notre économie et au maintien de notre souveraineté, ainsi qu’à l’art
de faire société.
Références
Birane Faye S.L., 2020, La distanciation sociale au Sénégal, un remède au Covid-19 qui a du mal à
passer, The Conversation, 29 Mars, https://theconversation.com/la-distanciation-sociale-au-senegal-
un-remede-au-covid-19-qui-a-du-mal-a-passer-134810
Bourdeau-Lepage L., Torre A., 2020, Proximity and agglomeration, two understanding keys of city, in
Glaeser E., Kourtit K. and P. Nijkamp (eds.) Urban Empires, Cities as Global Rulers in the New Urban
World, Routledge.
Caley P., Philp D.J., McCracken K., 2007, Quantifying social distancing arising from pandemic
influenza, Journal of the Royal Society Interface, October, https://doi.org/10.1098/rsif.2007.1197
Hall E.T., 1966, The Hidden Dimension. Anchor Books.
Moles A., Rohmer E., 1978, Psychologie de l’espace, Tournai, Casterman.
Rastoin J.L., Meynard J.M., 2020, L’urgence de systèmes alimentaires territorialisés, The
Conversation, 21 avril. https://theconversation.com/lurgence-de-systemes-alimentaires-
territorialises-136445
Reluga T.C., 2010, Game Theory of Social Distancing in Response to an Epidemic, PLoS Computational
Biology, May; 6(5): http://doi.org/10.1371/journal.pcbi.1000793
Torre A., 2020, Eloge de la distanciation sociale, Carnets de l’EHESS, Perspectives sur la Coronavirus,
Mai.
Torre A., Pham H.V., 2015, Des usines, des champs et des villes : maillage territorial et polarisation
régionale, in Rastoin J-L, Bouquery J-M (eds.), Les industries agroalimentaires en France, La
Documentation Française, Paris, 253 p.
Torre A., Talbot D., 2018, Proximités : retour sur 25 années d’analyse, 2018, Revue d’Economie
Régionale et Urbaine. 5-6, 917-936.
Ferretti L., Wymant C., Kendall M., Zhao L., Nurtay A., Abeler-Dörner L., Parker M., Bonsall D., Fraser
C., 2020, Quantifying SARS-CoV-2 transmission suggests epidemic control with digital contact tracing,
Science, DOI: 10.1126/science.abb6936
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Article
Full-text available
Instantaneous contact tracing New analyses indicate that severe acute respiratory syndrome–coronavirus 2 (SARS-CoV-2) is more infectious and less virulent than the earlier SARS-CoV-1, which emerged in China in 2002. Unfortunately, the current virus has greater epidemic potential because it is difficult to trace mild or presymptomatic infections. As no treatment is currently available, the only tools that we can currently deploy to stop the epidemic are contact tracing, social distancing, and quarantine, all of which are slow to implement. However imperfect the data, the current global emergency requires more timely interventions. Ferretti et al. explored the feasibility of protecting the population (that is, achieving transmission below the basic reproduction number) using isolation coupled with classical contact tracing by questionnaires versus algorithmic instantaneous contact tracing assisted by a mobile phone application. For prevention, the crucial information is understanding the relative contributions of different routes of transmission. A phone app could show how finite resources must be divided between different intervention strategies for the most effective control. Science , this issue p. eabb6936
Article
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After 25 years of research, we ask the question of the sustainability of the proximity approach, and of its recognition and its renewal capacity in the world of regional sciences, considering its impact on various disciplines of social sciences. This article aims to make an overview over 25 years of analyses, to shed light on the reasons of the success of the research program, and to make an assessment of its outputs but also its failures. We come back to the scientific pathway, its avenues and main bifurcations. We start with the main theoretical, societal and academic stakes at the birth of the Proximity School (I), before presenting the main analytical results, with their limits and their surprises (II). Then we assess about the final gains in academic and societal terms (III), to approach finally the dead angles of the research program and the work still remaining (IV). We conclude by some questioning on the future of the proximity analysis and its capacity to be renewed in an environment subjected to profound transformation, be there in the real world or in the world of ideas. Après 25 années de recherche, la question se pose de la pérennité de l'approche de la proximité, mais aussi de sa banalisation et de sa capacité à se renouveler dans le monde des sciences régionales, compte tenu de son impact dans différentes disciplines des sciences sociales. Cet article a pour objet de faire un retour sur ces 25 années d'analyses, afin d'éclairer les raisons de la réussite de ce programme de recherche, de faire le bilan de ses acquis mais aussi de ses échecs et de revenir sur le chemin parcouru, ses avenues et ses bifurcations. Nous commençons par expliciter les enjeux théoriques, sociétaux et académiques à la base de la naissance de l'École de la Proximité (I), avant de présenter les principaux résultats d'ordre analytique, avec leurs limites et leurs surprises (II), puis les acquis en termes académiques et sociétaux (III), pour aborder enfin les angles morts du programme de recherche et le travail restant encore à réaliser (IV). Nous concluons par quelques interrogations sur l'avenir de ce courant de pensée et sa capacité à se renouveler dans un environnement soumis à de profondes mutations dans le monde réel comme dans le monde des idées.
Article
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Social distancing practices are changes in behavior that prevent disease transmission by reducing contact rates between susceptible individuals and infected individuals who may transmit the disease. Social distancing practices can reduce the severity of an epidemic, but the benefits of social distancing depend on the extent to which it is used by individuals. Individuals are sometimes reluctant to pay the costs inherent in social distancing, and this can limit its effectiveness as a control measure. This paper formulates a differential-game to identify how individuals would best use social distancing and related self-protective behaviors during an epidemic. The epidemic is described by a simple, well-mixed ordinary differential equation model. We use the differential game to study potential value of social distancing as a mitigation measure by calculating the equilibrium behaviors under a variety of cost-functions. Numerical methods are used to calculate the total costs of an epidemic under equilibrium behaviors as a function of the time to mass vaccination, following epidemic identification. The key parameters in the analysis are the basic reproduction number and the baseline efficiency of social distancing. The results show that social distancing is most beneficial to individuals for basic reproduction numbers around 2. In the absence of vaccination or other intervention measures, optimal social distancing never recovers more than 30% of the cost of infection. We also show how the window of opportunity for vaccine development lengthens as the efficiency of social distancing and detection improve.
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Local epidemic curves during the 1918-1919 influenza pandemic were often characterized by multiple epidemic waves. Identifying the underlying cause(s) of such waves may help manage future pandemics. We investigate the hypothesis that these waves were caused by people avoiding potentially infectious contacts-a behaviour termed 'social distancing'. We estimate the effective disease reproduction number and from it infer the maximum degree of social distancing that occurred during the course of the multiple-wave epidemic in Sydney, Australia. We estimate that, on average across the city, people reduced their infectious contact rate by as much as 38%, and that this was sufficient to explain the multiple waves of this epidemic. The basic reproduction number, R0, was estimated to be in the range of 1.6-2.0 with a preferred estimate of 1.8, in line with other recent estimates for the 1918-1919 influenza pandemic. The data are also consistent with a high proportion (more than 90%) of the population being initially susceptible to clinical infection, and the proportion of infections that were asymptomatic (if this occurs) being no higher than approximately 9%. The observed clinical attack rate of 36.6% was substantially lower than the 59% expected based on the estimated value of R0, implying that approximately 22% of the population were spared from clinical infection. This reduction in the clinical attack rate translates to an estimated 260 per 100000 lives having been saved, and suggests that social distancing interventions could play a major role in mitigating the public health impact of future influenza pandemics.
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Chapitre 1, Première partie : Structure, Acteurs et Territoires
La distanciation sociale au Sénégal, un remède au Covid-19 qui a du mal à passer, The Conversation, 29 Mars
  • S L Birane Faye
Birane Faye S.L., 2020, La distanciation sociale au Sénégal, un remède au Covid-19 qui a du mal à passer, The Conversation, 29 Mars, https://theconversation.com/la-distanciation-sociale-au-senegalun-remede-au-covid-19-qui-a-du-mal-a-passer-134810
L'urgence de systèmes alimentaires territorialisés, The Conversation
  • J L Rastoin
  • J M Meynard
Rastoin J.L., Meynard J.M., 2020, L'urgence de systèmes alimentaires territorialisés, The Conversation, 21 avril. https://theconversation.com/lurgence-de-systemes-alimentairesterritorialises-136445