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L' éducation financière en France

Authors:
  • INSEEC Grande Ecole
  • Burgundy School of Business, Dijon, France
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La littératie financière est généralement considérée comme un facteur important permettant d'expliquer un ensemble plus large de comportements liés à l'investissement. Une enquête sur l'éducation financière du public en France laisse transparaitre le faible niveau de connaissance. Dans ce contexte de faible connaissance financière en France, notre article s'intéresse à la situation particulière de la génération Z (individus nés après 1995) et plus particulièrement aux étudiants en management susceptibles d'être amenés à prendre des décisions financières dans un avenir proche. Nos résultats indiquent que la connaissance financière est faible pour les étudiants qui ne suivent pas un parcours spécialisé en finance. Le parcours scolaire et universitaire est prépondérant dans l'éducation financière. Financial literacy is generally seen as an important factor explaining a broader set of investment behaviors. A survey on public financial education in France reveals the low level of knowledge. In this context of a weak financial knowledge in France, this article focuses on the particular situation of generation Z (individuals born after 1995) and more particularly management students likely to be involved in financial decisions taking in the near future. Our results indicate that financial knowledge is poor for students who do not follow a specialized course in finance. The secondary level education and the university path are predominant in financial education.
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1
L’éducation financière en France
LE FUR Eric, Professeur
INSEEC School of Business & Economics
H19 Quai de Bacalan
33070 Bordeaux Cedex
elefur@inseec.com
OUTREVILLE Jean-François, Professeur
Burgundy School of Business
21, Rue Sambin
21006 Dijon, France
Jeanfrancois.outreville@bsb-education.com
Résumé
La littératie financière est généralement considérée comme un facteur important permettant
d’expliquer un ensemble plus large de comportements liés à l’investissement. Une enquête sur
l’éducation financière du public en France laisse transparaitre le faible niveau de
connaissance. Dans ce contexte de faible connaissance financière en France, notre article
s’intéresse à la situation particulière de la génération Z (individus nés après 1995) et plus
particulièrement aux étudiants en management susceptibles d’être amenés à prendre des
décisions financières dans un avenir proche. Nos résultats indiquent que la connaissance
financière est faible pour les étudiants qui ne suivent pas un parcours spécialisé en finance. Le
parcours scolaire et universitaire est prépondérant dans l’éducation financière.
Abstract
Financial literacy is generally seen as an important factor explaining a broader set of
investment behaviors. A survey on public financial education in France reveals the low level
of knowledge. In this context of a weak financial knowledge in France, this article focuses on
the particular situation of generation Z (individuals born after 1995) and more particularly
management students likely to be involved in financial decisions taking in the near future.
Our results indicate that financial knowledge is poor for students who do not follow a
specialized course in finance. The secondary level education and the university path are
predominant in financial education.
Mots-clés: Education financière ; Etudes supérieures ; Génération Z.
Codes JEL: G53, C83, I20
2
L’éducation financière en France: un sondage auprès d’étudiants
1. Introduction
La notion d'éducation financière a suscité depuis quelques années un intérêt considérable en
lien avec le développement de l’innovation dans le domaine des instruments financiers. Dans
une enquête au niveau Européen, Habschick et al. (2007) suggèrent de regrouper les facteurs
ayant une incidence sur la prise de conscience de l’importance de l’éducation financière en
deux catégories : (1) les changements dans les besoins de gestion de portefeuille des individus
et (2) les changements survenus dans le secteur financier. L’éducation financière, nommée
aussi littératie financière, est ainsi définie comme un concept incluant connaissance, éducation
et sensibilisation. Ce concept détermine comment les individus prennent leurs décisions
financières (Remund, 2010). Sa pertinence a notamment été révélée par la crise financière de
2008 qui a montré l'irresponsabilité des ménages dans le domaine des finances générant des
risques macro-économiques considérables (Klapper et al., 2012).
La littératie financière est généralement considérée comme un facteur important permettant
d’expliquer un ensemble plus large de comportements liés à l’investissement. Par exemple,
les études empiriques montrent que les participants ayant une littératie financière élevée
prennent de meilleures décisions financières, telles que l'amélioration de l'épargne en vue de
la retraite (Lusardi et Mitchell, 2007a ; Van Rooij et al., 2012; Skimmyhorn, 2016), un
recours à l’assurance-vie (Luciano et al., 2016), la détention d'actions (Lusardi et Mitchell,
2007b ; Van Rooij et al., 2011), de meilleures décisions d'investissement (Guiso et Viviano,
2015) et un endettement raisonné (Stango et Zinman, 2006; Lusardi et Tufano, 2015).
Le rôle important joué par la littératie financière est lié au fait que les personnes prêtes à
satisfaire leurs comportements de placement cherchent à maximiser le rendement et le risque
associé et s’intéressent à des produits financiers de plus en plus complexes. Plusieurs études
menées dans plusieurs pays ont montré que les personnes les plus instruites et les plus
éduquées dans le domaine financier étaient également les plus susceptibles de participer à des
investissements plus sophistiqués (Christelis et al., 2010 ; van Rooij et al., 2011 ; Arrondel et
al., 2015). Des facteurs socio-économiques pourraient contribuer à expliquer, par exemple,
les écarts de taux de participation au marché boursier par pays (Hong et al., 2004 ;
Georgarakos et Pasini, 2011).
Une enquête sur l’éducation financière du public en France laisse transparaitre le faible niveau
de connaissance. Mené dans le cadre de la stratégie nationale d’éducation financière1 par un
1 Un comité stratégique d’éducation financière s’est tenu le 3 juillet 2018 à Bercy sous la présidence du ministre
de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, en présence de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education
nationale et de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France. Des initiatives ont déjà été
mises en place, par exemple le portail « Mes questions d’argent » qui est une porte d’entrée très grand public
pour qui veut s’informer sur les questions budgétaires, économiques ou financières. Il existe également en ligne
sur le site Eduscol des ressources utilisables au niveau élémentaire et en mathématiques au cycle 4. Au cours de
l’année scolaire 2018-2019 a été expérimenté dans une académie, un passeport d’éducation financière,
matérialisant une formation à dispenser en classe de 4ème.
3
institut d’études marketing (Audirep), pour le compte de la Banque de France, ce sondage
réalisé en juin 2018 auprès d’un échantillon de plus de 2000 personnes âgées de 18 ans et
plus, selon la méthode des quotas, montre que 77 % des Français estiment avoir un niveau de
connaissance moyen ou faible sur les questions financières (Banque de France, 2019). Dans
une étude réalisée par Allianz (2017) sur la culture financière dans dix pays européens, La
France se positionne à la dernière place du classement. Les principes d’inflation, de taux
d’intérêt et les concepts financiers de base tels que la relation entre risque et rendement, la
diversification des risques ou le risque de liquidité ne sont pas maîtrisés. Il en est de même
pour l’importance des investissements alternatifs tels que les produits structurés, les fonds de
couverture, les produits dérivés, les matières premières (World Wealth Report, 2016) ou
encore l’art, le vin et les voitures de collection (Le Fur, 2019a, 2019b ; Le Fur et Outreville,
2019).
Dans ce contexte de faible connaissance financière en France, notre article s’intéresse à la
situation particulière de la génération Z (individus nés après 1995) et plus particulièrement
aux étudiants en management susceptibles d’être amenés à prendre des décisions financières
dans un avenir proche. Cette génération Z également appelée Gen Z ou Digital natives Gen
est perçue comme une génération ambitieuse, qui bouscule les codes notamment dans le
monde du travail (Koulopoulos et Keldsen, 2014 ; Dimock, 2019). Nous cherchons donc à
déterminer l’état des connaissances de cette génération sur les facteurs d’escompte subjectifs
telles que la littératie financière et le niveau d’éducation. Pour cela, un questionnaire a é
distribué à l’automne 2019 à 260 étudiants inscrits en Licence 3 ne disposant pas de
connaissances financières spécifiques et à 41 étudiants en Master inscrits dans un programme
spécialisé en finance. Nos résultats indiquent en premier lieu que la connaissance financière
est faible pour les étudiants qui ne suivent pas un parcours spécialisé en finance. En second
lieu, le parcours scolaire et universitaire est prépondérant dans l’éducation financière. Notre
article contribue à la littérature académique en plusieurs points. Premièrement, cet article est
le premier à étudier la littératie financière de la génération Z et ses implications.
Deuxièmement, il permet aux futurs recruteurs de mieux appréhender les profils des futurs
embauchés par rapport aux missions qui leur seront proposées. Enfin, il sensibilise sur
l’importance de l’éducation financière dans la gestion budgétaire et patrimoniale des
ménages. Dans la suite de cet article nous présentons successivement le questionnaire, les
données ainsi que l’analyse empirique de ces résultats. Nous présentons quelques éléments de
réflexion en conclusion.
2. Questionnaire
Bien qu’il existe de nombreux travaux théoriques et empiriques sur l’économie de l’éducation
(voir Hanusheck et Woessman (2008) pour un examen des impacts économiques de la
scolarisation et du développement cognitif), les études empiriques sur les conséquences
comportementales de la littératie financière sont plus récentes (voir Jappelli et Padula, 2013,
et Lusardi et Mitchell, 2014, pour une analyse de la littérature). Les concepts sous-jacents à la
notion de littératie financière sont généralement classés en trois catégories : (1) calcul et
capacité à effectuer des calculs liés aux taux d'intérêt, tels que les intérêts composés ; (2)
compréhension de l'inflation ; et (3) compréhension des notions de risque et de diversification
des risques. Il existe également un décalage important entre les connaissances auto-évaluées
des personnes et leurs connaissances réelles, ces dernières étant mesurées par des réponses
correctes aux questions de littératie financière (Lusardi et Mitchell, 2014).
4
Notre questionnaire est basé sur les études de Lusardi et Mitchell (2008, 2011) qui permettent
une traduction des concepts précédents en mesures de la littératie financière ainsi que sur
l’étude de Barsky et al. (1997) pour la détermination de l’aversion au risque. Lusardi et
Mitchell ont ainsi conçu un ensemble standard de questions autour de ces concepts en les
appliquant dans de nombreuses enquêtes.
2.1. Questions sur les concepts sous-jacents à la notion de littératie financière
Une première partie est composée de dix questions et permet d’apprécier le niveau des
participants en matière de littératie financière. Les trois premières questions permettent de
vérifier la familiarité des participants avec les notions d’intérêts et d’inflation.
Q1. Calcul d’intérêt simple
Supposons que vous ayez 100 sur un compte d'épargne et que le taux d'intérêt soit de 2%
par an. Après 2 ans, combien pensez-vous avoir sur votre compte si vous ne retirez jamais
d'argent?
(i) Plus de 102 €.
(ii) Exactement € 102.
(iii) Moins de 102 €.
(iv) Je ne sais pas.
(v) Refuse de répondre.
Q2. Calcul d’intérêts composés
Supposons que vous disposiez de 100 € sur un compte d'épargne et que le taux d'intérêt soit
de 20% par an. Après 5 ans, combien aurez-vous sur ce compte au total si vous ne retirez
jamais d’argent?
(i) Plus de 200 €.
(ii) Exactement 200 €.
(iii) Moins de 200 €.
(iv) Je ne sais pas.
(v) Refuse de répondre.
Q3. Notion d’inflation
Imaginez que le taux d’intérêt de votre compte d’épargne est de 1% par an et que le taux
d’inflation est de 2% par an. Après 1 an, avec l’argent de ce compte, vous pourrez acheter :
(i) Plus qu'aujourd'hui.
(ii) La même chose.
(iii) Moins qu'aujourd'hui.
(iv) Je ne sais pas.
(v) Refuse de répondre.
Les trois questions suivantes concernent la connaissance des actifs financiers traditionnels.
Q4. Marché boursier.
Laquelle des affirmations suivantes décrit la fonction principale du marché boursier?
(i) Le marché boursier permet de prédire les bénéfices des actions.
5
(ii) Le marché boursier entraîne une augmentation du prix des actions.
(iii) Le marché boursier rassemble les personnes qui souhaitent acheter des actions
et celles qui souhaitent en vendre.
(iv) Aucune des réponses précédentes.
(v) Je ne sais pas.
(vi) Refuse de répondre.
Q5. Action.
Laquelle des affirmations suivantes est correcte?
Si quelqu'un achète une action de l'entreprise A en bourse :
(i) Il possède une partie de l'entreprise A.
(ii) Il a prêté de l'argent à l'entreprise A.
(iii) Il est responsable des dettes de l’entreprise A.
(iv) Aucune de ces réponses.
(v) Je ne sais pas.
(vi) Refuse de répondre.
Q6. Obligation.
Laquelle des affirmations suivantes est correcte?
Si quelqu'un achète une obligation de la firme B :
(i) Il possède une partie de l'entreprise B.
(ii) Il a prêté de l'argent à l'entreprise B.
(iii) Il est responsable des dettes de l’entreprise B.
(iv) Aucune de ces réponses.
(v) Je ne sais pas.
(vi) Refuse de répondre.
Enfin, les quatre dernières questions concernent les notions de diversification et de risque.
Q7. Risque lié à un actif.
Quel actif financier présente normalement les fluctuations les plus importantes dans le temps?
(i) Un compte d'épargne.
(ii) Les obligations.
(iii) Les actions.
(iv) Je ne sais pas.
(v) Refuse de répondre.
Q8. Prix d’une obligation.
Si les taux d'intérêt baissent, qu'adviendra-t-il normalement du prix des obligations?
(i) Il augmente.
(ii) Il diminue.
(iii) Il reste identique.
(iv) Aucune de ces réponses.
(v) Je ne sais pas.
(vi) Refuse de répondre.
Q9. Notion de diversification.
Lorsqu'un investisseur répartit son argent entre différents actifs, le risque de perdre de l’argent
(i) Augmente.
6
(ii) Diminue.
(iii) Reste le même.
(iv) Je ne sais pas.
(v) Refuse de répondre.
Q10. Mutualisation du risque.
L'achat d'actions d'une entreprise offre généralement un rendement plus sûr qu'un fonds
commun de placement en actions.
(i) Vrai.
(ii) Faux.
(iii) Je ne sais pas.
(iv) Refuse de répondre.
2.2. Données sur les participants
Finalement, d’autres caractéristiques telles que le genre, l’âge ou la religion affectent
également le degré d’aversion pour le risque (Lin, 2009 ; Dohmen et al., 2011 ; Almenberg et
Dreber, 2015 ; Outreville, 2015 ; Bannier et Neubert, 2016). Notre questionnaire considère le
genre, l’âge et le niveau d’éducation (baccalauréat et diplôme universitaire) acquis comme
variables discriminantes.
3. Les données
Le questionnaire a été distribué en deux temps à des étudiants français de l’INSEEC School of
Business & Economics. En septembre 2019, au moment de la rentrée universitaire, le
questionnaire a été distribué à 260 étudiants (48% de femmes) inscrits en Licence 3 et Master
1. L’âge médian est de 21 ans. 42% ont eu leur baccalauréat il y a deux ans et 38% il y a trois
ans. 40% ont obtenu un baccalauréat économique et social (E.S.), 30% un baccalauréat
technologique (27% pour le STMG (sciences et technologies du management et de la gestion)
et 3% pour le STI devenu en 2019 STI2D (sciences et technologies industrielles et du
développement durable)), 14% un baccalauréat scientifique (S), 5% un bac professionnel
(pro), 5% un baccalauréat européen, 2% un bac littéraire (L), 2% un baccalauréat
international, seulement deux étudiants un baccalauréat étranger et enfin un étudiant un
baccalauréat hôtelier. 41% ont poursuivi leurs études à l’université (29% en IUT, 12% en L2
et L3), 33% en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) et 26% en BTS. Ces étudiants
ne disposent pas d’une spécialisation en finance au contraire des 41 autres étudiants (44% de
femmes) inscrits en Master 1 Finance dont le questionnaire a été propodébut novembre
2019. L’âge médian est de 22 ans. Ces étudiants ne sont pas encore des spécialistes de la
finance mais sont supposés disposer de connaissances en matière de littératie financière
supérieures au premier panel d’étudiants. Ils ont par exemple commencé à aborder des notions
plus approfondies de finance d’entreprise, de gestion financière et de finance de marché.
4. Résultats et discussion
Dans cette section, nous présentons les résultats obtenus pour les deux panels étudiés
(étudiants spécialisés en finance et non spécialisés).
7
4.1 Les résultats pour le panel d’étudiants non spécialisés en finance
Pour l’ensemble des questions, le taux moyen de bonnes réponses est de 44%. Ce résultat est
largement inférieur au score de 53% trouvé par Chen et Volpe (1998) dans une des premières
études réalisées aux Etats-Unis auprès de 924 étudiants répartis sur 13 campus dans 6 Etats
différents mais proche du score de 47% trouvé par Beal et Delpachitra (2003) dans une
enquête similaire auprès de 789 étudiants australiens. Ce score n’est pas significativement
différent selon le genre. Aucun étudiant n’a trouvé plus de 7 bonnes réponses. Un peu plus de
45% des étudiants obtiennent un score de plus de 50% de bonnes réponses. 8% des étudiants
n’obtiennent qu’une seule bonne réponse. Ces résultats confirment les études précédentes
(Allianz, 2017 ; Banque de France, 2019) sur le faible niveau général de connaissances
financières des français et plus précisément dans notre cas pour les nouveaux étudiants en
management. Le tableau 1 présente les résultats pour chaque question. Les étudiants sont
familiers avec les notions basiques de calculs d’intérêts et d’inflation (plus de 60% de bonnes
réponses aux questions 1 à 3). Les notions de risque (Q7) et de diversification de portefeuille
(Q9) sont aussi moyennement connues. Cependant, leurs connaissances financières
deviennent beaucoup plus limitées quand sont abordés les marchés financiers. Ces résultats
sont en grande partie liés à la très faible part dans l’enseignement de la finance dans les
programmes scolaires et plus particulièrement des marchés financiers. L’économie n'est pas
considérée comme une matière clé dans les programmes scolaires et culturellement, le rapport
à l’argent, à l’environnement de la finance, reste un sujet tabou pour nombre de français.
Tableau 1 : Pourcentage de bonnes réponses pour les étudiants non spécialisés en
finance
Questions
Taux de bonnes
réponses
Q1 : Calcul d'intérêt simple
81,5%
Q2 : Intérêts composés
60%
Q3 : Effet de l'inflation
66,9%
Q4 : Définition de la bourse
31,5%
Q5 : Définition d'une action
36,9%
Q6 : Définition d'une obligation
16,2%
Q7 : Risque lié à un actif
51,2%
Q8 : Prix d'une obligation
18,5%
Q9 : Notion de diversification
54,6%
Q10 : Mutualisation des risques
22,3%
Si le genre et l’âge ne montrent pas de réelles différences significatives dans les réponses, le
tableau 2 nous renseigne sur les particularités en fonction du type de baccalauréat et de la
formation post-baccalauréat. Les étudiants ayant obtenu le baccalauréat STI sont ceux qui
présentent le plus fort taux de réussite. La croyance aurait pu nous laisser plutôt penser à un
meilleur taux de réussite des étudiants disposant d’un baccalauréat scientifique, souvent
reconnu comme le « meilleur » baccalauréat, ou les étudiants issus de STMG et de E.S. qui
disposent de notions financières dans leur cursus scolaire. Selon Grinblatt et al. (2011), les
individus ayant une capacité cognitive élevée font preuve de compétences supérieures en
matière d’investissements. Cependant, les filières généralistes sont celles qui présentent les
moins bons résultats. En premier lieu, le baccalauréat S, voie générale par excellence, est
8
caractéristique de la quasi absence de culture financière et économique de cette filière qui
forme de purs scientifiques. Les lycéens issus de cette filière méconnaissent les actifs
financiers et la notion de risque. En tant que scientifiques, ils maitrisent les calculs de base
des intérêts ainsi que la notion de diversification. Les lycéens qui ont poursuivis en classe
préparatoire aux grandes écoles présentent la même méconnaissance financière. Cette filière
est très généraliste, théorique, basée sur de la culture générale. Ces étudiants présentent
toutefois un meilleur résultat quant à la notion d’inflation. Ce dernier point est certainement
au cours d’économie prodigué dans leur filière. Les lycéens disposant de notions
financières (E.S. et STMG) maitrisent les calculs de base, le calcul économique, le risque et la
diversification mais comme tous les autres étudiants ils ont une faible connaissance des
marchés financiers. Les étudiants universitaires issus de filières non technologiques présentent
de meilleurs résultats.
9
Tableau 2 : Pourcentage de bonnes réponses par question pour les étudiants sans spécialisation en finance
FEMME
HOMME
23
ANS
BAC
STMG
BAC
EUROP.
BAC
L
BAC
INTER.
BAC
PRO
BAC
STI
BTS
CPGE
Q1
76
86,7
90,0
80
84,6
80
83,3
78,6
100
91,4
79,0
Q2
60
60
53,3
58,6
69,2
60
33,3
42,9
71,4
71,4
57,0
Q3
67,2
65,9
66,7
68,6
84,6
60
66,7
35,7
100
74,3
62,8
Q4
28,8
35,6
40
34,3
53,8
0
0
21,4
71,4
35,7
29,1
Q5
36
37,8
43,3
44,3
38,5
40
50
42,9
28,6
30
44,2
Q6
15,2
17,0
10
12,9
15,4
0
16,7
14,3
28,6
15,7
16,3
Q7
51,2
49,6
46,7
55,7
23,1
60
33,3
50
57,1
50
45,4
Q8
19,2
17,8
20
27,1
61,5
40
16,7
7,14
28,6
17,1
16,3
Q9
56
53,3
46,7
60
38,5
100
66,7
57,1
28,6
60
53,9
Q10
21,6
23,0
38,9
19
15,4
40
16,7
50
0
30,9
17,4
Total
43,4
44,4
44,7
45,9
48,5
48
38,3
40
51,4
44,6
41,9
10
4.2. Les résultats pour le panel d’étudiants spécialisés en finance
Le tableau 3 confirme les travaux de Peng et al. (2007) qui démontrent qu’il existe une
relation significative entre les connaissances financières des étudiants dans les universités
américaines et la spécialisation acquise durant leurs études universitaires. En effet, le taux
moyen de bonnes réponses passent de 44% pour les étudiants non spécialisés en finance à
66,3% pour ceux qui sont spécialisés en finance. L’amélioration des connaissances financières
est marquée dans les calculs financiers basiques, les marchés financiers et à un degré moindre
dans les notions de diversification et de risque. Etonnamment, la question sur la mutualisation
des risques présente un pourcentage plus faible de bonnes réponses.
Tableau 3 : Pourcentage de bonnes réponses pour les étudiants spécialisés en finance
Questions
Taux de bonnes
réponses
Q1 : Calcul d'intérêt simple
100%
Q2 : Intérêts composés
95,1%
Q3 : Effet de l'inflation
73,2%
Q4 : Définition de la bourse
63,4%
Q5 : Définition d'une action
65,8%
Q6 : Définition d'une obligation
61%
Q7 : Risque lié à un actif
56,1%
Q8 : Prix d'une obligation
39%
Q9 : Notion de diversification
56,1%
Q10 : Mutualisation des risques
53,6%
Le tableau 4 présente le détail des réponses par genre, âge et diplôme. Les femmes présentent
un taux de réussite plus élevé que les hommes, notamment pour les marchés financiers. Les
étudiants de 24 ans sont peu nombreux ainsi que ceux détenteurs d’un baccalauréat
professionnel ou international, leurs résultats sont par conséquent difficilement interprétables.
Pour les autres, l’âge a un effet modérateur sur le niveau des connaissances. Les baccalauréats
scientifiques sont encore les moins performants. Une partie importante de ces étudiants
poursuivent leurs études supérieures en classe préparatoire puis dans notre étude en première
année d’école de commerce où les notions financières ne sont pratiquement pas abordées.
Leur culture financière est par conséquent très faible. Ce résultat est corroboré par un taux de
réussite identique des étudiants issus de classe préparatoire aux grandes écoles. Les détenteurs
d’un baccalauréat économique et scientifique présentent un taux de réussite plus élevé
certainement dû aux notions financières découvertes au cours de leur scolarité. Les étudiants
détenteurs d’une Licence 3 en provenance de l’université obtiennent d’excellents résultats. La
plupart de ces étudiants sont issus de la filière sciences économiques ou de la filière
administration des entreprises et choisissent de poursuivre leurs études en école de commerce
dans une filière spécialisée en finance en accédant directement au Master 1. Ils possèdent
donc déjà des connaissances financières d’un bon niveau qui expliquent leur taux de réussite
très élevé.
11
Tableau 4 : Pourcentage de bonnes réponses pour les étudiants en spécialisation finance
FEMME
HOMME
20
ANS
21
ANS
22
ANS
23
ANS
24
ANS
BAC
E.S.
BAC
S
BAC
STMG
BAC
EUROP.
BAC
INTER.
BAC
PRO
BTS
CPGE
DUT
L2
L3
Q1
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
100
Q2
94
96
100
100
100
100
100
92,3
100
100
100
66,7
100
100
90,1
87,5
100
100
Q3
77,8
69,6
100
94,1
100
83,3
50
92,3
56
63,6
66,7
100
50
66,
7
72,7
87,5
75
66,
7
Q4
66,7
60,9
50
52,9
75
83,3
75
76,9
44,4
63,6
66,7
33,3
100
80
54,5
50
50
66,
7
Q5
72,2
60,9
50
70,6
66,7
83,3
100
76,9
66,7
63,6
66,7
33,3
50
66,
7
54,5
62,5
75
100
Q6
66,7
56,5
50
64,7
41,7
83,3
75
61,5
56,0
63,6
33,3
66,7
100
73,
3
54,5
37,5
50
100
Q7
55,6
56,5
100
58,8
58,3
33,3
75
61,5
44,4
54,5
66,7
33,3
100
66,
7
45,4
37,5
50
100
Q8
44,4
30,4
100
41,2
25
33,3
75
38,5
44,4
27,3
33,3
33,3
50
33,
3
36,4
37,5
25
100
Q9
55,6
56,5
100
58,8
58,3
33,3
75
61,5
44,4
54,5
66,7
33,3
100
66,
7
45,4
37,5
50
100
Q10
55,6
52,2
100
58,8
50
33,3
75
61,5
44,4
45,5
66,7
33,3
100
60
45,4
37,5
50
100
Total
69,4
63,9
85
77,1
63,3
63,3
80
73,1
60
63,6
66,7
53,3
85
71,
3
60
57,5
62,
5
93,
3
12
5. Conclusion
Cet article s’intéresse à la situation particulière de la génération Z et plus particulièrement aux
étudiants en management susceptibles d’être amenés à prendre des décisions financières dans
un avenir proche. L’analyse porte sur un sondage réalisé à l’automne 2019, par questionnaire,
auprès d’environ 300 étudiants inscrits en école de commerce.
Les résultats indiquent dans un premier temps un niveau faible de notions financières pour les
étudiants qui ne suivent pas un parcours spécialisé en finance. Ce résultat est corroboré par un
score plus élevé pour les détenteurs d’un baccalauréat économique dû aux notions financières
découvertes au cours de leur scolarité. Les étudiants détenteurs d’une Licence en provenance
de l’université obtiennent aussi d’excellents résultats. Le parcours scolaire et universitaire est
donc prépondérant dans l’éducation financière et confirme les travaux de Peng et al. (2007)
qui démontrent l’importance des connaissances acquises durant les études.
Cette recherche démontre aussi l’importance du comportement face au risque qui permet
d’expliquer que les étudiants ayant une appétence pour le risque sont aussi ceux qui ont le
plus haut niveau de connaissances financières. Ce résultat confirme les travaux de Robb et
Woodyard (2011) qui montrent que le niveau de connaissances financières a un impact
significatif sur les comportements financiers.
Ces résultats ont d’intéressantes implications pour les futurs recruteurs de cette génération Z.
Si l’âge n’est pas important et à un degré moindre le genre, le parcours scolaire et
universitaire est prépondérant. Certains étudiants détenteurs d’un Master 2 peuvent avoir
effectué la totalité de leur parcours scolaire et universitaire sans avoir suivi un seul
enseignement de finance, même le plus basique soit-il. Autrement dit, ces étudiants peuvent
se retrouver sur le marché du travail à gérer des budgets dans un environnement économique
dans lequel ils ne possèdent pas certains outils basiques de compréhension globale.
De même, la faible connaissance financière de la génération Z aura sans nul doute des
conséquences sur la manière de gérer leur patrimoine et sur la prise pertinente de décision
d’investissements. Des individus avertis, éduqués financièrement seront plus à même de
prendre des décisions d’investissement pour leur avenir et celui de leurs proches que ceux ne
disposant pas de connaissances et d’outils basiques. Ce faible niveau éducatif interroge sur la
réelle capacité des futures générations à prendre des décisions d’importances en matière
d’investissement mais également sa capacité à se projeter dans un monde concurrentiel et de
plus en plus complexe. C’est également un enjeu public majeur pour les prochaines années.
Le principe de la stratégie nationale d’éducation financière initié en 2018 montre la prise de
conscience étatique dans ce domaine. Cependant, le chemin à parcourir est encore très long
pour que les français disposent tous d’un minimum de connaissances financières susceptibles
de les aider à prendre des décisions en matière d’investissement et de gestion budgétaire. Une
partie de la solution passera très probablement par l’Education nationale et l’enseignement de
fondamentaux dans le domaine de la finance. Le travail préalable auprès des enseignants sera
le premier écueil à franchir. Les résultats des études de Lyon et al. (2006) et Mandell et Klein
(2009) jettent un doute sur la capacité de l’enseignement des concepts financiers en
secondaire à améliorer la littératie financière des étudiants. Il faut donc rester prudent sur
l’interprétation des résultats.
Cet article contribue à la littérature académique en plusieurs points. Premièrement, il est le
premier à étudier la littératie financière de la génération Z et ses implications. Deuxièmement,
il permet aux futurs recruteurs de mieux appréhender les profils des futurs embauchés par
13
rapport aux missions qui leur seront proposées. Enfin, il sensibilise sur l’importance de
l’éducation financière dans la lutte contre la pauvreté et la gestion budgétaire et patrimoniale
des ménages. Si l’âge n’est pas important et à un degré moindre le genre, le parcours scolaire
et universitaire est prépondérant. Certains étudiants détenteurs d’un Master 2 peuvent avoir
effectué la totalité de leur parcours scolaire et universitaire sans avoir suivi un seul
enseignement de finance, même le plus basique soit-il. Autrement dit, ces étudiants peuvent
se retrouver sur le marché du travail à gérer des budgets dans un environnement économique
dans lequel ils ne possèdent pas certains outils basiques de compréhension globale. Afin
d’infirmer ou de confirmer nos résultats, il serait intéressant d’effectuer une étude similaire
auprès d’un panel plus important d’étudiants issus d’autres écoles de commerce mais aussi
d’écoles d’ingénieurs et d’universités.
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