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Abstract

La construcción de espacios para el almacenamiento de cereal data entre las primeras cuestiones técnicas que el ser humano hubo de resolver con el fin de garantizar su alimento. Así, desde Mesopotamia hasta el siglo XVIII se ensayaron múltiples soluciones que sucumbieron ante los novedosos avances tecnológicos y constructivos que la revolución industrial trajo de la mano a finales del S.XIX en parte del continente americano y europeo. En escasas décadas, se pasó del almacenaje horizontal a los grandes depósitos verticales que exploraban los límites físicos de ladrillo, acero y hormigón armado. Arranca la era de los silos de almacenamiento vertical. No ocurrirá lo mismo en una España inestable política, económica y socialmente que, a la postre, sufrió lo que en este país ha venido a llamarse "industrialización tardía". El régimen dictatorial de corte autárquico instaurado en 1939 hizo frente al grave problema alimentario que arrastraba el país, para lo cual planificó un sistema de almacenamiento de cereal claramente condicionado por la realidad nacional: dispersión territorial y precariedad de recursos económicos y técnicos. Nace en 1945 la Red Nacional de Silos con una propuesta inicial de construir 437 unidades en un breve período de tiempo, cantidad que alcanzará finalmente las 667 unidades 1 entorno a 1990. La proyección y construcción seriada de la red se ha convertido a la postre en un hecho paradigmático, tal vez solo equiparable a las sociedades nacionales ferroviarias, afrontado desde la optimización de los recursos técnicos, económicos y humanos, desencadenando soluciones técnicas de prefabricación y seriación constructiva en sus estructuras, cerramiento, carpinterías, instalaciones y maquinarias. De este modo puede decirse que la Red supuso un pequeño laboratorio constructivo para los ingenieros españoles, que dejaron un legado de hasta 20 tipologías oficiales 2 que recogen la evolución sufrida a través de sus operatividad, costes de construcción, capacidad de almacenaje, mecanización, materiales, uso de patentes, aparejos, etc.
Les silos, un patrimoine à inventer
174
Hôtel Tximista, Estella (Espagne). Vue extérieure (cliché : Gorka Marcuerquiaga).
175
Introduction
Parler de patrimoine industriel comme
du marqueur de l’histoire sociale, technique
et économique dune communauté associé aux
paysages et aux activités productives1 n’est plus,
fort heureusement, une chimère, mais bien un fait
réel, que l’on peut constater à travers la diversité des
recherches en cours, la sensibilité de plus en plus
armée de la population et de ses dirigeants, ainsi
qu’à travers des initiatives, de plus en plus nombreuses,
de reconversion des espaces industriels obsolètes.
En architecture et en gestion, des réalisations
exceptionnelles peuvent être citées : l’usine Pompeia,
au Brésil ; New Lanark au Royaume-Uni ; la halle de
La Villette, à Paris, en France ; le Lingotto à Turin,
en Italie ; le parc Nord de Duisburg, en Allemagne ;
le haut-fourneau n° 3 de Monterrey, au Mexique
etc. Ces exemples témoignent de la sensibilité d’une
société qui reconnaît le patrimoine industriel à
travers des objets identiables (conteneurs, machines,
infrastructures), le transmet à travers un héritage
technologique (traités, expérimentations) et vibre
au diapason des expériences qui ont pu en modier
l’idiosyncrasie locale (religion, culture, coutumes).
Cependant, cette situation favorable ne doit
pas cacher l’abandon et la méconnaissance dans
lesquels se trouvent la plupart des biens issus de
1 Loi du patrimoine historique d’Andalousie (2007), art. 65.
l’industrialisation, peut-être du fait de leur caractère
auxiliaire, leur faible habitabilité, leur obsolescence
récente, ou encore du fait de la faiblesse de l’attrait
qu’ils ont pu exercer sur les chercheurs. Ce n’est qu’en
de rares occasions que l’on a pu relever un travail
de mise en valeur de ce patrimoine oublié. Lun des
exemples le plus frappant est le legs photographique
de Bernd et Hilla Becher, dans lequel nous trouvons
les édices qui sont l’objet de cette publication : les
silos, ces édices qui ont servi de stockage vertical
pour les céréales.
Ce type de construction qui a passionné les
sociétés industrialisées2 dès son apparition au milieu
du XIXe siècle, parvient tardivement en Espagne
(1941) en tant que structure dun réseau public de
conception autarcique baptisé « Réseau National de
Silos et Greniers »3. Après moins d’un demi-siècle de
vie, l’ouverture des marchés, en 1986, condamne la
plus grande partie de ses 672silos à la fermeture. Des
chercheurs espagnols ont traité le sujet avec succès,
à travers un petit nombre de publications4 qui font
l’inventaire de leur architecture, de leurs principes
de construction, de planication et de gestion.
Cependant, comme on ignorait les alternatives
possibles et le futur de ces édices, ainsi que les
critères sur lesquels travailler, force est de constater
la carence d’un corps théorique qui aurait guidé
l’intervention patrimoniale sur ces ensembles aux
caractéristiques si singulières.
2 Pour plus d’informations, voir : AZCÁRATE GÓMEZ C.A.,
Catedrales Olvidadas. La Red de Silos en España, 1949-1990,
Pamplona, T6 Ediciones, 2009. BANHAM R., La Atlántida
del hormigón : edicios industriales de los Estados Unidos y
arquitectura moderna europea 1900-1925, Madrid, Nerea,
1989.
3 Plus d’information sur www.silosygraneros.es
4 Voir : BARCIELA LÓPEZ C., Ni un español sin pan : La Red
Nacional de Silos y Graneros, Zaragoza, Prensas Universitarias
de Zaragoza, 2007.
StratégieS dintervention Sur leS SiloS
CarloS Mateo CaBalloS
grupo de inveStigaCión SiloSygraneroS.eS (eSpagne)
Centre Culturel « el Silo », Fuentes de Andalucía
(España). Section par silo et vue de la rampe
d’exposition (cliché : Fábrica de Arquitectura SL).
Les silos, un patrimoine à inventer
176
D’où l’intérêt de notre recherche sur lanalyse
systématique de cas concrets d’intervention sur
des structures industrielles de stockage vertical :
comprendre les stratégies5 qui ont été mises en œuvre
face à l’objet et à son environnement6, produire un
transfert de connaissances qui se concrétisera dans
le futur, par un répertoire d’exemples d’intervention
sur les silos du RNSG, et grâce à cette publication,
dialoguer au niveau international.
1. thodologie
La méthodologie de travail a consisté dans
une première recherche d’exemples d’intervention
en patrimoine industriel à travers diérentes sources
documentaires, la sélection, ensuite, des références
relatives au stockage vertical suivant des critères que
nous allons commenter plus loin, et nalement, la
réalisation d’une analyse comparative qui permette
l’établissement de stratégies d’intervention. Celles-ci
tiennent compte des caractéristiques historiques,
architecturales, demplacement et de demande
socio-économique.
Nous allons présenter successivement les
caractéristiques du bien sélectionné pour être
analysé, la structure de la che d’analyse et les
stratégies d’intervention qui en découlent.
Les critères de sélection des exemples sont les
suivants :
Constructions représentatives de tous les
secteurs de la production qui correspondent
au concept de stockage vertical, chaque fois
qu’il existe des similitudes typologiques,
spatiales, structurelles, iconographiques et
technologiques : le silo, mais aussi les châteaux
5 Il ne s’agit pas de déterminer si les nouveau x usages sont valables
pour le silo, mais comment ces usages ont été matérialisés.
6 Entendu comme son environnement physique et humain,
c’est-à-dire la société qui a généré la formation, l’usage et
l’obsolescence de ce patrimoine.
d’eau, les gazomètres, les entrepôts portuaires,
les grands moulins…
Pas de limites chronologiques.
Pas de limites géographiques, mais une
simple classication en quatre grandes aires :
Amérique, Europe, Espagne et Autres non
inclus dans les groupes précédents.
Exercices théoriques d’intervention, issus
des concours, des expositions ou encore de
recherches.
Initiative publique ou privée.
Édices singuliers pour leur typologie, leur
style, leur impact ou leur construction.
Le relevé, sous une même che de travail,
de chacun des presque 50 exemples qui ont été
sélectionnés dans un premier temps7 a facilité leur
analyse objective et leur classication ultérieure,
suivant une série de stratégies d’interventions
communes détectées. Les relevés sont évalués
d’abord individuellement, suivant les bonnes ou
mauvaises pratiques patrimoniales observées, pour
ensuite les regrouper avec l’évaluation d’ensemble de
chaque stratégie, suivant les critères des diérentes
chartes internationales du patrimoine, l’expérience
acquise en la matière au cours d’autres recherches
semblables8 et lexpérience professionnelle acquise
comme architecte spécialisé dans la réhabilitation9.
Tableau 1 : « Liste des exemples sélectionnés,
organisés géographiquement et classés suivant les
stratégies d’intervention » (Carlos Mateo Caballos).
La che de travail utilisée est opératoire,
descriptive, intuitive et comparative, en même temps
7 La première phase a été terminée début 2011, bien que la
méthodologie rende possible la modication de cette base
de données au fur et à mesure que l’on prend en compte de
nouveaux exemples remarquables.
8 « Projet pour la valorisation du patrimoine industriel espagnol
et l’élaboration d’une Charte de restauration architecturale des
biens générés durant le processus de la révolution industrielle »
dirigé par Julián Sobrino Simal, 2009.
9 Développés par l’entreprise Fábrica de Arquitectura SL (www.
fabricadearquitectura.es).
qu’elle approfondit l’intervention patrimoniale
jusqu’à mettre en lumière le processus de changement
subi par le bien. Elle est organisée suivant quatre
sections :
Données générales : identication de base
à travers les données fournies par l’aire
géographique et le numéro de registre de
la construction, sa dénomination, l’année
d’intervention, les données de la localisation,
la photographie de référence et une brève
description.
Données spéciques : l’état précédant
l’intervention, l’évolution chronologique, et la
relation avec sa période de vie, le contexte et
les valeurs patrimoniales identiables suivant
les catégories suivantes :
Données du projet original : surfaces, coûts,
secteur productif, initiative, etc.
Chronologie : évolution du bien depuis
son utilisation d’origine jusqu’à la mise en
place d’une nouvelle utilisation. La période
chronologique dans laquelle il s’inscrit
renforce sa dénition par rapport à d’autres
biens contemporains.
Valeurs patrimoniales détectées :
architecturales, historiques, de témoignage,
territoriales, d’authenticité, etc.
Caractéristiques de réhabilitation : Elles
constituent le gros de la che :
Données du projet de réhabilitation :
nouveaux usages et niveau de conservation
de l’activité, c’est-à-dire degré daltération de
l’activité à l’origine du bien en question :
Transformation de l’usage industriel :
consolidation de l’activité industrielle après
l’intervention d’un même secteur productif
ou d’un autre.
Muséalisation de l’activité industrielle.
Stratégies dintervention sur les silos
177
Transformation globale de l’usage : abandon
de l’activité industrielle pour la remplacer
par un nouvel usage.
Restauration : intervention sur le bien pour
garantir sa permanence, en réparant les
dommages subis jusqu’à lui rendre son état
original, sans qu’il y ait changement d’usage
ou retour à l’usage original.
Contexte : spatial, social, historique et
économique dans lequel se situe le bien.
Objec tifs : nalité économique, sociale ou
politique qui donne du sens à l’intervention.
Inclut la rédaction des grandes lignes pour
l’atteindre.
Éva luati on : elle permet de connaître en
profondeur les aspects qui dépassent la vision
architecturale pour aborder la programmation
et la gestion et souligner l’intérêt de son
transfert à la société. Elle conclut sur une
évaluation globale à travers les bénéces et
les principaux problèmes rencontrés, tout en
dessinant une idée d’ensemble.
Transfert de connaissances : les bonnes
et mauvaises pratiques observées dans
l’intervention, entendues comme processus et
non seulement comme résultat.
Documentation : bibliographie, liens sur
la toile, archives iconographiques, et autres
sources de référence.
2. Stratégies d’intervention
L’analyse des exemples sélectionnés a donné
comme résultat l’identication de douze stratégies
d’intervention que l’on peut grouper en trois grandes
fam illes :
Intervention sur le contenu : c’est-à-dire ce
qui, dans le bien identié, est délimité par
l’enveloppe. Inclut les stratégies qui privilégient
l’action sur le traitement conceptuel de l’espace
intérieur de l’édice en le divisant, le vidant,
le remplissant ou en le laissant intact. Les
stratégies d’intervention qui appartiennent
à cette famille sont la muséalisation, la
division spatiale, l’évacuation interne, le
remplissage.
Intervention sur le contenant : c’est-à-
dire sur l’enveloppe qui délimite le contenu.
Elle comprend les stratégies qui privilégient
le traitement conceptuel de l’enveloppe de
l’édice, soit pour en tirer parti comme une
partie du paysage, ou pour l’utiliser comme
base sur laquelle on appuie ou on adosse une
nouvelle structure. Les stratégies concernées
sont : le soubassement, le silo-paysage, le
nouvel épiderme, la fossilisation.
Intervention de régénération : on emploie
ce terme pour une démarche de récupération
d’un mécanisme dont des éléments ont été
perdus ou détériorés. Englobe les stratégies
qui, plus qu’à l’objet se consacrent à l’origine
ou la motivation qui donne le sens à l’objet, s’il
est toujours debout. Les stratégies en question
sont la régénération urbaine, économique,
environnementale et socioculturelle.
La classication de chaque exemple en une
seule et unique stratégie n’est en rien facile, car il
est fréquent de rencontrer plusieurs stratégies dans
un même exemple. Ceci dit, on peut discerner des
priorités dans les actions entreprises.
La description de chacune de ces stratégies
vient à la suite :
2.1. Muséalisation
Sous ce néologisme, on retrouve les pratiques
visant à rendre visitable et accessible un immeuble
ou un gisement, en le transformant en un lieu
d’exposition stable, comme s’il s’agissait d’un
musée10. Atteindre cet objectif signie mener une
recherche préalable, restaurer les biens meubles et
immeubles et les exposer ensuite, suivant des critères
muséographiques. Cette stratégie patrimoniale
consolidée a été appliquée, avec des nuances, à
des patrimoines industriels tels que les Salines
royales d’Arc-et-Senans, en France ou le Mill City
Museum (Minnesota), en générant un bagage de
connaissances appréciable.
Éva luation :
Points faibles :
Toute l’archéologie industrielle n’est pas
susceptible d’être muséalisée.
La muséalisation requiert un fort
investissement économique initial et de
maintenance, habituellement à la charge de
l’administration publique.
Points forts :
Elle garantit le transfert culturel le plus
complet aux générations futures au travers de
la recherche, la conservation et l’exposition.
Une bonne muséographie provoque la prise de
conscience citoyenne autour de ce patrimoine.
2.2. Division spatiale
Mettre en place un programme fonctionnel
sur un silo, un gazomètre ou un entrepôt est un
grand dé, du fait de la verticalité absolue de ses
espaces intérieurs, en totale opposition avec notre
manière d’utiliser l’espace, compte tenu de nos
capacités physiques et les contraintes que donnent le
travail, les relations, les loisirs, etc.
La division spatiale peut se matérialiser de
beaucoup de façons, sur les cylindres ou les cellules
en parallélépipèdes, comme s’il s’agissait d’un jeu
10 LASHERAS JOSÉ A. et HERNDEZ PRIETO M.,
Explicar o contar. La selección temática del discurso histórico en
la musealización, Zaragoza, 2004.
Les silos, un patrimoine à inventer
178
d’enfants. Cependant, de ce jeu à la réalité, les
solutions deviennent beaucoup plus complexes, du
fait de la nécessité de répondre à un programme
fonctionnel concret, une solution architecturale
nouvelle, ou la re-création d’ambiances industrielles
auxquelles on n’avait pas pensé. La solution la plus
fréquente est de diviser l’espace vertical en « plateaux »
ou niveaux d’étages horizontaux qui rentabilisent au
maximum le volume total, avec de nouveaux usages.
Éva luation :
Points fa ibles :
Perte de vert ica lité intérieure, et par conséquent
des relations spatiales antérieures.
L’adaptation à un programme fonctionnel
concret peut conduire à la perte de la logique
fonctionnelle et structurelle propre au silo,
repoussant ainsi la dimension pédagogique
propre au projet d’intervention.
Nécessité de ménager des ouvertures de façade
pour permettre l’habitabilité de l’intérieur. Le
caractère hermétique nécessaire au stockage
ne le favorise pas.
Dicile réversibilité de l’intervention.
Points forts :
Rentabilité maximale du programme
fonctionnel, en multipliant au préalable la
surface habitable.
Les axes verticaux peuvent être soulignés par
une occupation partielle en étage.
Les modèles de surfaces réticulées les plus
utilisées dans les silos pour les cellules de
stockage peuvent ressembler à ceux qui sont
utilisés pour les résidences, les administrations
ou les magasins.
Il n’est pas nécessaire de renforcer la structure
de support pour le nouvel usage, du fait que les
charges dorigine sont bien supérieures à celles
qui sont nécessaires à une nouvelle structure.
2.3. Évacuation interne
Il s’agit de vider l’intérieur, sans rien conserver,
c’est-à-dire altérer tout le sens des édices de
stockage vertical, ainsi qu’une grande partie de leur
capacité structurelle. L’évacuation, par dénition
implique une totalité, c’est-à-dire laisser libre tout
l’intérieur, pour ensuite le remplir suivant d’autres
critères, libérés de la rigidité initiale. Du concept
général on peut faire découler des alternatives qui
visent à une évacuation partielle, et génèrent des
espaces intermédiaires singuliers pouvant provoquer
des relations verticales, pour une meilleure
compréhension.
Éva luation :
Points fa ibles :
Perte de légitimité, qui génère un faux
historique.
Aucune réversibilité possible de l’intervention.
Surcoût économique et environnemental qui
trahit une rupture entre le nouvel usage et
celui que l’édice pouvait accueillir suivant
des caractéristiques architecturales.
Vue générale du Macro Musée, Rosario (Argentine). Son allure extérieure change tous les deux ans selon
les résultats d’un concours artistique (cliché : Castagnino+macro).
Stratégies dintervention sur les silos
179
Points forts :
Liberté du design spatial et structurel.
Flexibilité dans le choix de l’utilisation.
2.4. Remplissage
Le remplissage implique le retour à un
stockage, mais cette fois, pas forcément de grain,
d’eau ou de gaz. Le remplissage peut se réaliser
avec une autre matière première ou simplement se
borner à quelques interventions ciblées. Le niveau de
conservation de l’activité oscille de la transformation
de l’usage industriel jusqu’à la transformation globale
de l’utilisation. Deux alternatives existent alors :
Remplissage solide : le secteur agroalimentaire
est le plus fréquent, car on peut avoir besoin de
réutiliser les silos ou les entrepôts pour emmagasiner
à nouveau des matériaux solides tels que semences,
aliments pour bétail, etc. Le stockage d’autres biens
produits par la société de consommation peut s’avérer
utile, même dans les aires urbaines denses. Avec les
systèmes actuels de stockage par palettes, on peut
entreposer toutes sortes dobjets, depuis les restes
archéologiques jusqu’aux caisses de bière, en passant
même par les véhicules entreposés en hauteur.
Remplissage liquide : la capacité des entrepôts,
silos et gazomètres, d’encaisser les tensions qui
s’exercent sur leurs murs pourrait le permettre. Le
seul exemple que nous avons rencontré est celui du
Tauchgasometer converti en centre de plongée le
plus important du continent.
Remplissage gazeux : il serait possible d’utiliser
les cellules des silos comme tours de réfrigération,
patios illuminés, aires jardinées ou ce qui serait
encore plus simple, une simple activité d’escalade,
danse verticale ou création artistique.
CMCdoc2 : Vue générale du Macro Musée,
Rosario (Argentine). Son allure extérieure change
tous les deux ans selon les résultats d’un concours
artistique (cliché : Castagnino+macro).
Éva luation :
Points fa ibles :
L’ancienneté des installations exige une
modernisation pour implanter un nouvel
usage.
La localisation fréquente dans des aires
résidentielles consolidées rend impossible la
réutilisation vers d’autres ns industrielles.
Points forts :
Cohérence maximale avec la Charte de
Nizhny Tagil, dont l’article 5.5 dit « Continuer
à adapter et à utiliser les édices industriels
évite de gaspiller l’énergie et contribue au
développement durable ».
Réduction des investissements puisque
l’on s’attache au plus grand rendement des
possibilités structurelles. Permet l’entreposage
massif de biens produits en aires consolidées
avec peu d’espace disponible. Permet
l’investissement privé.
2.5. Le soubassement
Utiliser le socle a eu historiquement la
fonction d’élever une pièce sculptée au-dessus
du sol, pour diérencier l’humain du divin. Ce
concept a été aussi adopté par larchitecture, avec
l’usage du soubassement et il a été appliqué jusqu’au
néoclassicisme. Le rapport de proportion entre le
socle et l’objet ore un jeu visuel et conceptuel très
riche, un recours muséographique fréquent. Comme
c’est le cas pour la statue de la Liberté, la distorsion
de ce concept du fait de son échelle, pour un silo,
un entrepôt ou un gazomètre, ore bien plus que
ce jeu visuel : il s’agit alors d’une valeur territoriale
ajoutée. De cette façon, la relation dimensionnelle
entre le socle et l’objet exposé est le facteur principal
que conditionne l’évaluation postérieure, bien que
cela ne suse pas toujours à assurer un écho social
ou économique. Le soubassement est une stratégie
ambitieuse, qui permet de souligner, d’équilibrer
ou d’annuler des valeurs de paysage déterminées,
inhérentes au bien, aussi est-elle intimement liée au
lieu.
Éva luation :
Points fa ibles :
Dangers d’abîmer un paysage culturel
consolidé.
Le désir de monumentalité peut annuler la
valeur de paysage inhérente au silo, à l’entrepôt
ou au gazomètre.
Points forts :
Contrôle visuel du territoire.
Flexibilité dans le choix des usages.
Bonne utilisation de la grande capacité
structurelle originelle.
Flexibilité stratégique.
2.6. Silos-paysages
Lindustrie a été un objet de réexion
artistique dans de nombreuses circonstances, du
fait de sa propre activité ou inactivité, son espace et
sa matérialité, sa contamination et sa régénération.
Il y a un siècle déjà, les grands architectes de la
modernité ont célébré les volumes simples et nets
du silo, qu’ils ont converti en paysage lui-même.
Il peut paraître ingénu de parler d’une stratégie
d’intervention paysagère sur un bien qui lui-même
est passé à la catégorie de paysage11, mais pourquoi
la même stratégie ne pourrait-elle pas renforcer la
valeur paysagère d’un objet ou dun site industriel ?
À travers cette brève réexion, la stratégie se
dénit comme l’intervention sur le silo qui aspire
à consolider son image urbaine et territoriale, tout
en l’améliorant à travers le projet architectural ou
artistique. Cette intervention conserve une relation
11 Convention européenne du Paysage (Florence, 20.X.2000),
art.1.
Les silos, un patrimoine à inventer
180
étroite avec lenvironnement du bien, puisque c’est
lui qui détermine l’interaction visuelle observateur-
objet-paysage. Aussi est-il évident que la stratégie du
silo-paysage a une plus grande répercussion sur des
biens localisés sur des fronts d’eau, des collines, des
vallées ou des perspectives visuelles articielles, fruit
de l’action urbaine.
Éva luation :
Points fa ibles :
Limpact volumétrique des silos, entrepôts et
gazomètres rencontre de fortes oppositions.
Atteindre le dialogue urbain à travers le projet
est une opération délicate qui ne peut être
conée qu’à des professionnels.
Points forts :
Renforce la skyline urbaine. L’intervention
donne un sens nouveau en fournissant de
nouvelles icônes, de nouveaux repères.
Ore une deuxième vie à des constructions
industrielles qui n’ont pas toujours été bien
accueillies par les citoyens, du fait de trop
grands écarts esthétiques, environnementaux
ou encore sociaux, en leur temps.
Contribue à la requalication urbaine à travers
une amélioration du paysage.
S’adapte facilement aux autres stratégies
d’intervention.
2.7. Nouvel épiderme
Il s’agit de poser une peau nouvelle, qui
supplante la précédente, en générant une nouvelle
image. Ce n’est pas une opération de substitution,
mais une superposition d’une nouvelle peau sur la
peau d’origine. La plus simple de ces opérations
passe par l’injection extérieure d’un autre matériau,
ainsi qu’on le voit ci-dessous, où l’on ajoute une
fonction technique à ce nouvel épiderme avec
la pose de plaques photovoltaïques. Une autre
alternative, encore plus transgressive, est obtenue
par l’augmentation de l’épaisseur de cette injection,
jusqu’à rendre le silo habitable, soit parce que l’on
va l’utiliser de façon concrète (résidence, bureaux)
ou comme espaces de communication. Le schéma
d’occupation des deux silos cylindriques proposé
pour la résidence Gemini, de Copenhague, exprime
parfaitement ce critère.
Éva luation :
Points fa ibles :
Possible préjudice causé à l’image de la ville,
assumé par la population.
Risque de reconstructions a-critiques qui
posent la question de l’authenticité.
Points forts :
Renforce le concept de vide intérieur sous-
jacent à ces édices.
Facilite la réversibilité des interventions.
Renouvelle dans certaines occasions, une
image insubstantielle extérieure, partiellement
ou totalement, en lui donnant une deuxième
opportunité pour améliorer l’image urbaine
ou du territoire.
Régénération environnementale dans les cas
où la technologie utilisée améliore la durabilité
de l’intervention.
2.8. Fossilisation
La nature particulière du patrimoine industriel
s’identie, par ses constructions, résidus, machines,
infrastructures, quartiers ouvriers, etc. La taille et
la supercie qu’atteignent ces ensembles interdisent,
une fois l’activité abandonnée, leur conservation, et
l’exposition avec des critères identiques à ceux de
l’archéologie traditionnelle. Compte tenu de cela,
nous adoptons la dénition de l’UNESCO12 sur le
concept du paysage-vestige ou fossile : « un paysage
évolué organiquement dans lequel le processus
évolutif s’est arrêté à un moment donné du passé,
mais où ses traits caractéristiques sont toujours
visibles matériellement ». On peut alors dénir
la stratégie de fossilisation comme « celle où les
machines, les édices et les sites industriels, dues
leurs caractéristiques particulières, sont conservés et
exposés in situ, conscients de leur processus évolutif
passé et de sa déchéance naturelle future ».
Cette stratégie a été mise en œuvre pour la
première fois avec le Gas Works Park (Seattle). Depuis
d’autres exemples couronnés de succès ont vu le jour,
comme l’Emscher Park, en Rhénanie-Westphalie. À
propos des silos, le cas le plus intéressant est sans
doute l’intervention de Ricardo Boll sur les silos de
ciment de Sant Just Desvern (Barcelone).
Éva luation :
Points fa ibles :
La complexité de ces opérations urbaines
requiert une implication totale des partenaires
sociaux, politiques et économiques.
Ces stratégies s’inscrivent dans la durée, ce
qui parfois est un obstacle à leur achèvement,
compte tenu des processus de régénération
environnementale.
Points forts :
12 Convention sur le Patrimoine Mondial de l’UNESCO (1992).
Résidence Gemini, Copenhague, Danemark,
(cliché : http://www.mvrdv.nl).
Stratégies dintervention sur les silos
181
Stratégies applicables sur des sites industriels
qui autrement n’auraient que de rares garanties
de conservation.
Améliore les qualités de l’environnement, en
favorisant leur visite et leur mise à disposition
pour la population, en orant une nouvelle
opportunité et un regard plus serein sur une
activité industrielle.
Lintervention achevée, son succès est plus
probable du fait du nombre d’agents impliqués.
Améliore l’accessibilité des sites industriels.
2.9. Régénération urbaine
La rapidité de l’évolution des changements
techniques, additionnés à des politiques de marché
global ont provoqué dans les dernières décennies
l’apparition de vastes zones industrielles obsolètes,
territoires involontaires d’archéologie industrielle
(silos, entrepôts, ateliers, embarcadères, tracés
ferroviaires, quartiers résidentiels annexes, bureaux,
archives et documents, etc.)13. Quand la localisation
est exceptionnelle par rapport à la ville historique ou
aux grandes infrastructures terrestres et maritimes,
les entités publiques développent des projets de
régénération urbaine, capables de renforcer sa
cohésion, en la dotant de nouveaux équipements
et, pourquoi pas, d’impulser de nouveaux secteurs
économiques qui renouvellent le modèle industriel
caduc. Léchelle des réalisations va du projet d’État
comme HafenCity à Hambourg à des projets locaux
comme la bibliothèque publique de Carmona
(Andalousie).
Il ne s’agit pas dune stratégie indépendante,
car elle interagit avec les autres, tout en achant sa
diérence puisque son objectif est de rééquilibrer une
zone urbaine, en convertissant le silo en un signal
fort de sa régénération. L’un des plus grands dés en
13 Sans mentionner les aspects immatériels acquis à travers
plusieurs générations.
cours issus de cette stratégie est l’intervention sur le
site industriel des silos de Bualo (New York), sur
lequel l’Université de Bualo développe des études
depuis 2001.
Évaluation :
Points fa ibles :
Limplication d’agents économiques peut
faire pencher la balance vers une proposition
urbaine où la rentabilité économique prime
sur les objectifs de rééquilibre urbain, la
conservation et la réutilisation du patrimoine
industriel, l’amélioration des infrastructures
et la qualité environnementale.
Requiert un investissement économique élevé.
Points forts :
Capacité de réactiver de grandes aires urbaines.
Stabilité émotionnelle pour les communautés
qui sont confrontées à une n dactivité.
Permet d’assumer dans le design urbain
l’héritage industriel, à travers ses édices,
ses machines, les axes de circulation, les
perspectives historiques, etc.
Elb Philarmonie, Hambourg (Allemagne). Photographie prise pendant l’évidement de la structure
intérieure et la consolidation de la façade (cliché : B. Kuhn / HafenCity Hamburg GmbH).
Les silos, un patrimoine à inventer
182
La préservation in situ doit être considérée
comme prioritaire (Charte de Nizhny Tagil).
Sa planication stratégique permet une
maturation de l’idée primitive, à travers le
dialogue de tous les agents.
2.10. Régénération économique
Toute opération de régénération urbaine,
socio-culturelle ou environnementale du patrimoine
industriel dépend de facteurs économiques décisifs
qui en garantissent la viabilité. Linitiative privée y a
trouvé des opportunités et les exemples détectés sont
parlants. Quand l’initiative est publique, les projets
sont plus complexes et leur période d’amortissement
plus longue, en grande partie parce que l’intensité de
l’usage proposé est inférieur et que l’intérêt social est
supérieur à l’intérêt économique.
Évaluation :
Points fa ibles :
Souvent, un usage intensif au-delà du
raisonnable pour le patrimoine industriel,
ceci an d’amortir rapidement un fort
investissement initial.
Points forts :
Implication de l’initiative privée dans les
processus de conservation et de diusion du
patrimoine.
Nouvelles possibilités de travail, qui apportent
une stabilité psychologique et sociale dans les
zones déprimées après la fermeture des usines.
Diversité des usages proposés pour réutiliser
le patrimoine an de s’adapter à la variabilité
du marché, rompant en cela avec le modèle
classique de tourisme et culture.
2.11. Régénération environnementale
Les conséquences environnementales dérivées
de l’industrialisation, en particulier dans des
périodes chronologiques précises, sont parvenues
jusqu’à aujourd’hui, non seulement comme des
pertes irrémédiables mais aussi par l’impact direct
ou indirect qu’elles ont pu avoir sur la santé de la
population en contact avec l’activité industrielle en
cause. Il ne sut plus que les silos, gazomètres et
autres entrepôts obsolètes soient dotés dun nouvel
usage, comme il paraissait logique, il y a encore
quelques années, il faut aussi leur attribuer un
traitement spécique, pour être intégrés dans la ville
dans des conditions environnementales minimales
et leur appliquer les techniques de réduction des
pollutions.
Deux alternatives, dans ce cas : soit la
régénération environnementale des ensembles
industriels par la végétalisation, le nettoyage des lits
des rivières et la récupération d’une faune autochtone.
L’exemple le plus remarquable c’est, bien sûr, ce qui a
été fait pour l’Emscher Park.
Soit des interventions ponctuelles qui sans être
un parangon technologique durable sont un référent
dans le territoire où ils s’insèrent, un véritable attrait
d’activité responsable, comme tourisme écologique.
C’est le cas de l’Observatoire de Senillosa.
Vue historique des silos de Bualo, EE.UU., (coll.privée).
Stratégies dintervention sur les silos
183
Éva luation :
Points fa ibles :
Planication stratégique à long terme, avec
l’implication de plusieurs administrations.
Requiert du temps pour visualiser les résultats.
Points forts :
Amélioration de l’environnement qui se
répercute directement sur la population
laquelle avait dû supporter, de près, lactivité
nocive.
Renforcement du sentiment identitaire pour
le patrimoine, en laissant de côté les souvenirs
négatifs liés à l’insalubrité.
Amélioration de l’image urbaine.
Augmentation des surfaces jardinées des villes.
2.12. Régénération socio-culturelle
« Durant les 30 dernières années, les eorts
réalisés pour transformer les villes industrielles en
économies basées sur les services ont été accompagnés
par un intérêt croissant pour l’utilisation de la culture
comme outil de régénération urbaine »14, ratiant
ainsi le principe de régénération impulsé par l’art
né dans les villes de lAmérique du Nord à partir
des années 1970 et qui atteignit l’Europe à partir
des années 1990. Ce modèle est toujours en vigueur,
avec des nuances. Il s’étudie et s’applique dans de
nombreuses villes, à diérents niveaux :
Local : petites interventions qui améliorent
les services culturels de base des petites et
moyennes agglomérations.
Régional : interventions qui dotent de services
culturels développés une aire géographique
large, mais qui ne transparaissent pas sur la
scène internationale.
14 GARCÍA Beatriz, « Política cultural y regeneración urbana
en las ciudades de Europa occidental : lecciones aprendidas
de la experiencia y perspectivas para el futuro », Revista de
investigaciones cientícas y sociológicas 7, n° 1, 2008, p. 111-125.
International : grandes interventions, dans le
cadre de projets stratégiques qui positionnent
la ville dans des circuits internationaux
et génèrent une image de marque de
« destination » touristique15.
Outre cette propension culturelle, peut-être
du fait de sa plus grande implication médiatique,
il faut aussi souligner les autres interventions qui
se font en direction du logement social, des centres
sociaux et sportifs, etc.
Éva luation :
Points fa ibles :
Initiatives liées surtout à des nancements
publics.
Ils ne sont pas liés à une évolution à long terme
des héritages culturels qui se transmettent aux
générations futures.
On a imité des modèles caducs, sans prendre
en compte les vrais risques pour le patrimoine,
l’importance de l’investissement, ni la
rentabilité étalée sur plusieurs étapes.
Points forts :
Émergence de nouvelles activités économiques
liées à la culture de façon directe ou indirecte.
Amélioration des équipements locaux et
renforcement du sentiment identitaire du lieu
de vie de la population.
Exportation d’une image renouvelée.
La dimension spatiale, dans cette typologie
verticale peut répondre aux demandes
d’espaces culturels.
Conclusions
Pour rendre cette recherche opératoire, nous
avons puisé dans les exemples internationaux avec
15 TIBBOT R., « Culture Club. Can culture lead urban
regeneration ? » Locus destination review, n° 9, Autumm, 2002,
p. 71-73.
un intérêt plus marqué pour le cas espagnol, qui
est notre champ d’expérimentation habituel. Tout
en recherchant une sélection équilibrée quant
aux secteurs et aux usages proposés, il n’a pas été
tout à fait possible d’y parvenir. La zone la mieux
représentée et la plus hétérogène est l’Europe, avec
une grande qualité dans ses interventions, suivie de
l’Amérique du Nord, aux exemples dune grande
valeur expérimentale16. L’Espagne, avec 35 % de cas
théoriques, ne permet pas une analyse complète du
processus régénératif. Une seule mention d’un cas
« autre » conrme la faiblesse de notre parcours du
patrimoine industriel ailleurs.
L’Espagne est également décitaire quant à
la variété des usages auxquels on destine ces silos,
entrepôts et gazomètres analysés, avec plus de 50 %
dédiés à la culture, à l’opposé des cas européens et
nord-américain où la diversité d’usage est le résultat
d’un équilibre raisonnable entre l’initiative publique
et privée. Cependant, d’autres usages seraient à
considérer, compte tenu de l’étendue de la typologie,
à savoir les usages sportif, touristique, de loisir,
religieux, mais aussi dautres types de stockage et
de parking en hauteur. En général, pour toutes les
zones géographiques, l’usage culturel et résidentiel
dominent, représentant eux-mêmes deux types
d’initiatives,respectivement publique et privée.
Quand l’analyse se réfère à l’intensité de
l’usage, le graphique révèle que les stratégies de
division spatiale et de nouvel épiderme sont plus
rentables, et par conséquent, plus alléchantes pour
l’investissement privé. D’autres sont moins attirantes
et leur développement implique l’investissement
public. Rares sont les stratégies (remplissage et
soubassement) qui orent un équilibre nuancé et
rentable pour les deux types d’initiatives.
La stratégie de « division spatiale » présente dans
un pourcentage élevé d’exemples apparaît comme
rentable en termes économiques et fonctionnels,
16 Certaines d’entre elles remontent aux décennies 1970 et 1980.
Les silos, un patrimoine à inventer
184
mais non du point de vue patrimonial s’il doit se
solder par la perte de ses éléments constitutifs les plus
signicatifs17. Malgré tout, cette stratégie donne des
résultats assez bons pour être tenus comme référents.
Certains rencontrent des dicultés, malgré tout et
se tournent vers l’évacuation intérieure comme la
solution de toute approche spatiale et fonctionnelle,
avec évidemment un coût patrimonial, économique
et environnemental élevé. Ceci nous conduit à
la juger la moins cohérente par rapport au bien à
conserver. Comme alternative, nous proposons
le « remplissage », un concept qui met à prot la
capacité et la formalisation des édices, une façon
de comprendre le patrimoine en accord avec la
Charte de Niznhy Tagil. De plus cette démarche
favorise l’initiative privée et la gestion en réseau,
17 Nous nous référons à la verticalité de ses espaces, à l’opacité de
l’enveloppe, la logique fonctionnelle, etc.
c’est-à-dire l’application à des systèmes territoriaux
de logistique ou d’implantation de marque ou de
produit. Malheureusement, elle a été peu employée
et nous ne pouvons conclure sur son intérêt.
Jusqu’à présent, l’évaluation s’est centrée sur
les critères d’usage, d’économie et de patrimoine,
laissant de côté, à tort, des disciplines qui, comme
l’écologie ou le paysagisme, ont un poids important
en ce qui concerne le « contenu ». Nous demandons
la plus grande prudence sur les futures interventions
pour éviter des blessures dans le paysage culturel
d’une communauté comme cela a été le cas pour
l’Elb Philarmonie, et nous orons à travers cette
étude une vision positive de l’usage prudent des
diérentes stratégies.
Le groupe « régénération » est né de la nécessité
de faire connaître d’autres phénomènes étrangers au
projet de l’architecte, avec une forte charge en ce qui
concerne les processus sociaux de réactivation de
zones ou d’édices dégradés. Pour garantir le succès
du projet régénératif, il est crucial que celui-ci se
développe au sein dune démarche d’identité nale
planiée ; cela signie la promotion non seulement
d’éléments séparés (silo, entrepôt ou gazomètre) mais
la mise en évidence des relations qu’ils entretiennent
avec les infrastructures historiques (arrêts de trains,
quais, usines, etc.) ou nouvellement créés pour
atteindre la notion de lieu, une vraie connexion avec
le cœur des citoyens locaux ou visiteurs étrangers.
L’exposé de ce travail et ses conclusions ne
veut ni altérer ni inuencer lexpérimentation de
projet et de gestion autour du silo, mais a souhaité
présenter des choix, des modèles de gestion identiés,
des expériences positives ou négatives associées à
chaque situation. Le parcours et l’évaluation nale
de chaque expérience, avec un certain recul, seront
l’unique outil qui nalement permettra dapprécier
le travail réalisé. Le débat est ouvert et nous serons
heureux de recevoir, dans l’avenir, de nouveaux
exemples d’intervention18.
18 Courriel : info@silosygraneros.es
0 20 40 60 80 100
muséalisation
division spatiale
évacuation interne
remplissage
soubassement
Silo-paysage
nouvel épiderme
fossilisation
urbaine
économique
environnementale
socioculturelle
Investissements
privés
Investissements
publics
Pourcentages comparés selon le type de stratégie employée (Carlos Mateo Caballos).
Stratégies dintervention sur les silos
185
Maison de Moagem, Fundao, Portugal (cliché : www.amoagem.com.pt).
... se constata un aumento reciente del interés que estos edificios están suscitando dentro de la comunidad universitaria, los colectivos ciudadanos de muchas ciudades y algunas instituciones públicas. Se observa una mayor sensibilización y son numerosos los municipios que perciben ya estos edificios industriales como una oportunidad de mejora del los equipamientos locales, ya sea desde la visión turística u cualquiera de las otras que se están observando en el ámbito nacional e internacional (Mateo, 2014). Confiamos que traigan a este tipo de foros de debate sus casos para poder compartir, desde las primeras etapas, la problemática individual de cada caso, y ofrecemos desde aquí nuestro asesoramiento. ...
Conference Paper
Full-text available
El paisaje de campiña cerealista como un medio físico en continua transformación salpicado de cortijos, haciendas, conjuntos urbanos, iglesias, conventos y palacios, da un vuelco sin precedente a partir de 1944 con la incorporación de un nuevo estrato de escala incomparable; estamos hablando de la infraestructura de almacenamiento de trigo por excelencia en España, su “Red Nacional de Silos”. La puesta en valor de uno de estos 687 silos, concretamente el de Fuentes de Andalucía (Sevilla), como mirador, centro de recepción de visitantes y espacio para la interpretación, supone para este pequeño municipio de 7.400 habitantes una firme apuesta de revalorización del paisaje local a través de un elemento industrial como referente turístico. Se crea una nueva atalaya, la más alta, desde la que reconocer su propia evolución histórica a través del paisaje observado desde las azoteas del silo. La experiencia de la visita turística se ha resuelto por Fábrica de Arquitectura y Espiral Animación de Patrimonio mediante un recorrido interpretativo basado en la circulación del grano por el silo: recepción (acceso visitantes), torre de elevación (ascensor), distribución y terrazas exteriores (mirador turístico) y celdas de almacenamiento (área expositiva). Exteriormente, una ligera marquesina sobre la terraza mirador que recoge la escalera de evacuación perfila sutilmente este renovado icono de contemporaneidad, recordando una vez más que soluciones creativas con ajustado presupuesto pueden ayudar a dinamizar económicamente áreas rurales e industriales no explotadas en términos turísticos. Esta apuesta del Ayuntamiento de Fuentes de Andalucía ha conseguido el máximo reconocimiento en la 2ª edición (2013) de los premios de la Fundación Patrimonio Industrial de Andalucía.
Article
En este artículo se propone la puesta en valor de uno, de los muchos posibles itinerarios a lo largo del territorio agrario español sobre los edificios industrializados para almacenamiento de grano del país. Dicha propuesta se lleva a cabo en base a un estudio de investigación de más de 10 años por el grupo silosygraneros.es, que cuenta con intervenciones ejecutadas en algunas unidades, propuestas a numerosas entidades locales para reutilización o intervención y un sinfín de intervenciones y aportaciones a jornadas, congresos y encuentros sobre Patrimonio Industrial.
Conference Paper
Full-text available
La experiencia adquirida entorno a la rehabilitación y museografía del silo de Fuentes de Andalucía como mirador turístico cierra parcialmente un primer ciclo de investigación y puesta en práctica iniciada años atrás por el grupo de investigación SilosyGraneros.es y quienes aquí escriben este artículo. Hasta la fecha, la participación en congresos se restringió a la transferencia del "saber" entorno a este patrimonio agroalimentario, pero es recientemente que se cierra una etapa mediante la disposición pública a la sociedad de nuestro "saber-hacer" entorno a la refuncionalización de silos.
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