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Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin : caractérisation, origine et interprétation.

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Revue éditée par le Comité
pour la diusion de la recherche
en archéologie gallo‑romaine
Tijdschrift uitgegeven door het Comité
voor de verspreiding van het onderzoek
in de Gallo‑Romeinse archeologie
SIGNA
2020 9
Comité de lecture / Leescomité
Britt C
,
Catherine C, Guido C, Wim D C, ClaireM, NicolasP, Alain
V,
Soe V, Bart V,
Fabienne V
Secrétariat de rédaction / Redactionele secretaris
Nicolas P (CReA-Patrimoine, Université libre de Bruxelles),
Soe V (Agentschap Onroerend Erfgoed, Vlaamse Overheid),
Fabienne V (
CRAN,
Uclouvain
)
Mise en page / Vormgeving
Nathalie B (CReA-Patrimoine, Université libre de Bruxelles)
Couverture / Voorblad
Nathalie B, Nicolas P (CReA-Patrimoine, Université libre de Bruxelles)
Étendard de Flobecq / Standaard van Flobecq © Musées royaux d’Art et d’Histoire / Koninklijke Musea voor
Kunst en Geschiedenis (Bruxelles - Brussel)
Abraham Ortelius, Belgii Veteris Typus, 1594 © Museum Plantin-Moretus (Antwerpen)
Comité pour la diusion de la recherche en archéologie gallo‑romaine /
Comité voor de verspreiding van het onderzoek in de gallo‑romeinse archeologie
Britt C, Koninklijke Musea voor Kunst en Geschiedenis – Musées royaux d’Art et d’Histoire
Catherine C, AWaP – Agence wallonne du Patrimoine / Faculté de philosophie, arts et lettres, Uclouvain
Guido C, Gallo-Romeins Museum Tongeren
Wim D C, Historical Archaeology Research group, Ghent University (Gent)
Ann D, Service public régional Bruxelles, Urbanisme et Patrimoine – Gewestelijke overheidsdienst
Brussel Stedenbouw en Erfgoed
Nicolas P, Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine, Université libre de Bruxelles (Bruxelles)
Alain V, Agentschap Onroerend Erfgoed, Vlaamse Overheid
Soe V, Agentschap Onroerend Erfgoed, Vlaamse Overheid
Bart V, Department of Archaeology, KULeuven
Fabienne V, Centre de Recherches d’Archéologie nationale, Uclouvain
Contact
Nicolas P, Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine (CReA-Patrimoine) CP133 - Université
libre de Bruxelles, 50 av. F. Roosevelt, B-1050 Bruxelles, nicolas.paridaens@ulb.ac.be
Impression / Drukkerij
Presses Universitaires de Bruxelles a.s.b.l. - Université libre de Bruxelles, 42 av. Paul Héger, B - 1050 Bruxelles
http://signaromana.wordpress.com
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ISSN 2034-8746
SOMMAIRE / INHOUD
Campagnes de fouille et de prospection géoradar à la villa gallo‑romaine de Mageroy en 2019 5
Jean-François Baltus, François Casterman, Sébastien Lambot & Vinciane Schockert
Landschap, bosontginning en houtskoolproductie in de Romeinse tijd: Gallo‑Romeinse houtskoolmeilers te
Hooglede – Honzebrouckstraat (prov. West‑Vlaanderen) 11
Floris Beke, Arno Van Den Dorpel & Willem Hantson
Een sleuf dwars door Vlaanderen: overzicht van de Romeinse sporen langs het Fluxys tracé, lot 4: Alveringem,
Poperinge, Vleteren, Lo‑Reninge en Staden (prov. West‑Vlaanderen) 19
Floris Beke, Arno vandenDorpel & Annelies Claus
Le mausolée de Vervoz en cité des Tongres 37
CatherineCoquelet, Jean-LucSchütz & FabienneVilvorder, avec la collaboration de ÉricGoemaere
Het Menapisch varken: de terugkeer van een lang verdwenen huisdier? 41
Bea DeCupere, Anton Ervynck & Wim DeClercq
Twee vondstcomplexen uit de 2de eeuw te Asse‑Putberg (prov. Vlaams‑Brabant) 45
Koen De Groote, Jan Moens, Anton Ervynck & An Lentacker
Een pottenbakkersoven uit het laatste derde van de 1ste eeuw aan de Achttiende‑Oogstwal in Tongeren
(prov. Limburg) 63
Natasja De Winter
Een Romeins grafveld te Damme Stakendijke: voorlopige inzichten (prov. West‑Vlaanderen) 71
Jasper Deconynck & Pieter Laloo
Voorkomen van wit zand in de ondergrond van Atuatuca Tungrorum: natuurlijk of antropogeen?
(prov. Limburg) 79
Roland Dreesen, Johan Matthijs, Alain Vanderhoeven, Patrick Reygel, Dirk Pauwels, Natasja De Winter,
Geert Vynckier & Guido Creemers
An exceptional leather nd at Oudenburg Bellerochelaan: a new shoe style Belleroche‑Ua
(prov. West‑Vlaanderen) 89
Tina Dyselinck, Marquita Volken, Carol van Driel-Murray & Sarah Schellens
L’ établissement rural germanique de Baelen «Nereth». Nouvelles données et chronologies relatives 93
Heike Fock
Vroeg‑Romeinse aanwezigheid te Willebroek, Bezelaervelden (prov. Antwerpen) 101
Ilse Gierts, Tina Dyselinck & Lina Cornelis
Puzzelstukjes van twee villaterreinen langs de Bosbeek te Leerbeek (prov. Vlaams‑Brabant) 105
Peter L.M. Hazen
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin: caractérisation, origine et interprétation 111
Nicolas Paridaens, Kevin Salesse, Regine Müller, Sabine Klein, Christophe Snoeck & Nadine Mattelli
De Priapus van Tongeren (prov. Limburg) 125
Patrick Reygel
Nederzettingssporen uit de Romeinse periode te Drongen – Begraafplaats (prov. Oost‑Vlaanderen) 129
Christine Swaelens & Gunter Stoops
Een Germaanse gemeenschap op het spoor: een petrograsche studievan Germaans aardewerk
uit Bachte‑Maria‑Leerne (prov. Oost‑Vlaanderen) 135
Vince Vanienen, Adelheid DeLogi, Jana VanNuel & Wim DeClercq
Romeinse landindeling in Gallië na een grootschalige opmeting. Het oudste infrastructuurwerk
en getuige van de verovering van Gallië 147
Luc Vermeiren
Auteurs 155
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin:
caractérisation, origine et interprétation
Nicolas P, Kevin S, Regine M, Sabine K, Christophe S & Nadine M
Depuis la découverte d’un trésor de statères en
1980, l’oppidum de uin fait l’objet de pillages
récurrents au détecteur de métaux1. C’est dans ce
cadre qu’une première série de balles de fronde a été
découverte. Conées au Musée de Tongres, elles ont
été sommairement publiées en 2012 dans l’ouvrage
de N. Roymans, S.Scheers et G. Creemers2. Leur
présence a amené ces mêmes chercheurs à reconnaitre
à uin le lieu du siège de l’oppidum des Atuatuques
par César en -57, les balles de fronde en plomb étant
interprétées comme une arme de jet typiquement
romaine3.
Le «Bois du Grand Bon Dieu» se présente comme
un promontoire de 13ha surplombant la Biesmelle,
un auent de la Sambre qui encercle l’éminence
au sud-est, au sud et à l’ouest (g. 1). Défendue
naturellement par des versants abrupts sur quatre de
ses cinq côtés, la fortication est barrée à l’est par
un rempart rectiligne, orienté nord-sud, constitué
d’un fossé et d’une levée de terre de 3m de haut
encore conservée sur 40 m. L’entrée se situe côté
nord tandis qu’un autre accès est envisageable à l’est,
à l’emplacement du chemin actuel4.
Depuis 2018, l’Université libre de Bruxelles conduit
un programme de recherche visant l’interprétation,
la valorisation et la protection de cet oppidum
celtique. Lors des fouilles, sept nouvelles balles de
fronde en plomb ont été découvertes à l’intérieur
de la fortication5. Cet article vise à caractériser le
plomb utilisé pour la confection de ces armes et à en
déterminer l’origine. La question de la datation sera
également abordée.
1 Pour l’historique des recherches sur Thuin voir paridaens &
paquet 2019.
2
roymans, Creemers & sCheers 2012.
3
roymans & sCheers 2012 et plus récemment roymans 2019.
4
paridaens2020.
5 Pour des raisons éthiques, nous n’avons illustré que les
sept exemplaires issus de recherches menées sous couvert
d’une autorisation de fouille. Pour les balles découvertes
anciennement voir roymans, Creemers & sCheers 2012, g. 14,
p.23 et g.4, p.76.
Description
Les balles sont toutes comparables mais leur forme
n’est pas standardisée : de petite taille, elles se
présentent soit sous forme d’olive, soit d’amande
ovalaire de 2 à 3cm de longueur (tabl. 1). Certaines
ont un prol biconique. Elles présentent toutes un
diamètre circulaire6. Les extrémités sont parfois
elées mais le plus souvent tronquées (g. 3).
On note également des coups portés sur plusieurs
exemplaires, pouvant être interprétés comme des
coups de martelage7 ou la trace du choc au moment
de l’impact du projectile. Elles montrent une surface
blanche poudreuse légèrement rugueuse, typique
d’un état corrodé du plomb (g. 2). Sur certains
exemplaires, des petits trous de 2mm de diamètre
sont visibles à l’une de leur extrémité. Ces cavités ont
été repérées sur d’autres lots, notamment en Écosse
où elles sont interprétées comme des trous destinés à
produire un siement lors du vol8.
Échantillonnage, chimie et méthode d’analyse
des isotopes du plomb
Les prélèvements ont été réalisés à l’aide d’un foret
pour métal de 1 mm de diamètre monté sur une
mini-perceuse de type Dremel®. Approximativement
40mg furent prélevés par projectile. Les copeaux de
forage ont été conservés dans des microtubes propres.
La chimie et les mesures isotopiques du plomb ont été
menées à l’unité de recherche G-time du Département
des Sciences de la Terre et de l’Environnement de
l’ULB. Les échantillons ont été préparés sous hotte à
ux d’air vertical liminaire de classe 100 située dans
une salle blanche de classe 1000, en février 2019
(THU.029, 224, 250, 326 et 365) et février 2020
(THU.433 et 434). Environ 25mg de plomb pour
chaque projectile ont été dissous dans des acons
6 Les exemplaires de Thuin se rapprochent donc des types I
à III de VöLLing 1990.
7
kieLb zaaraoui et al. 2018, p.63.
8
reid 2016.
SIGNA 9 2020
111
en Téon Savillex® capuchonnés, remplis avec 6mL
d’une solution de HNO3 2 M et HCl 12 M (v/v
= 2:1), et déposés sur plaque chauante à 110°C
durant 48h. Les échantillons ont été ensuite séchés,
avant d’être repris dans 2mL de HBr0,5M pour
éliminer toute traces résiduelles de HCl, puis séchés à
nouveau. Les échantillons ont été nalement dissous
dans 4 mL de HBr 0,5 M sur plaque chauante
à 90°C durant 2h, dont seul 1mL a été utilisé en
chromatographie ionique. La séparation du plomb a
été achevée par additions successives de HBr0,5M et
HCl6M sur des colonnes remplies de 0,2mL d’une
résine anionique AG1-X8 (100-200 mesh). Une
fois les solutions de plomb pur éluées évaporées, les
acons en Téon Savillex® contenant les échantillons
ont été stockés. Les mesures des rapports isotopiques
du plomb (208Pb/204Pb, 207Pb/204Pb, 206Pb/204Pb,
208Pb/206Pb,207Pb/206Pb) ont été réalisées sur un MC-
ICP-MS (Multi-Collector Inductively Coupled
Plasma Mass Spectrometer) Nu Plasma I. Ces mesures
ont été menées durant deux sessions analytiques, en
mars 2019 et février 2020. Préalablement aux analyses
isotopiques, les échantillons ont été repris dans 20µL
de HNO3 concentré. Les solutions évaporées, les
résidus ont été redissous dans 2ml de HNO3 0,05M.
Les solutions ont ensuite été chauées à 100°C
pendant 20min, puis agités par ultrasons pendant
20 min, pour nalement être transférées dans des
0 100 200 300 m
B
AC
Num. inventaire Long. Larg. /
Diam. Masse
Indice
Long./
Larg.
THU.18.GBD.029 21 13 22,09 1,6
THU.18.GBD.224 27 14 36,13 1,9
THU.18.GBD.250 23 12 25,19 1,9
THU.18.GBD.326 21 14 29,01 1,5
THU.18.GBD.365 23 18 39,16 1,2
THU.19.GBD.433 29 18 41,01 1,6
THU.19.GBD.434 22 15 27,93 1,4
THU.ANC.DÉC.1 40 18 43,14 2,2
THU.ANC.DÉC.2 28 16 29,78 1,7
THU.ANC.DÉC.3 28 15 27,56 1,8
THU.ANC.DÉC.4 28 15 20,01 1,8
THU.ANC.DÉC.5 24 17 31,48 1,4
THU.ANC.DÉC.6 23 16 7,92 1,4
THU.ANC.DÉC.7 23 19 30,63 1,2
THU.ANC.DÉC.8 22 17 28,55 1,2
THU.ANC.DÉC.9 24 17 35,53 1,7
THU.ANC.DÉC.10 23 15 23,49 1,5
THU.ANC.DÉC.11 21 17 28,59 1,2
THU.ANC.DÉC.12 28 17 37,41 1,6
Total = 19
Moyenne = 25,12
mm
15,88
mm 29,16 g 1,6
Fig.1. Plan du site de Thuin avec l’emplacement du « Bois du Grand Bon Dieu» (A), du «Bois de Luiseul» (B) et de
la nécropole gallo‑romaine du «Petit Paradis» (C) ; en gris foncé, les levées de terre protohistoriques; en jaune, les
balles de fronde découvertes en 2018‑2019; en orange, localisation approximative des découvertes anciennes d’après
roymans et al. 2012 (©Université libre de Bruxelles).
Fig.2. Balles de fronde découvertes à Thuin en 2018 et 2019. On remarque les coups sur la surface et les trous percés
aux extrémités (cliché S.Byl ©Université libre de Bruxelles).
Tabl.1. Dimensions, masse et indice longueur/largeur des balles de fronde en plomb anciennement découvertes à
Thuin et de celles mises au jour en 2018‑2019.
1
2
SIGNA 9 2020
112 NICOLAS PARIDAENS et al.
microtubes propres. Ceux-ci sont alors centrifugées
et les surnageants collectés. L’introduction des
échantillons dans l’instrument se réalise en phase
liquide (HNO3 0,05 M). La reproductibilité
analytique et le biais instrumental de l’instrument
sont contrôlés à partir d’une série de mesures répétées
du standard de référence NIST SRM 981 à chaque
début de sessions. Les analyses sont ensuite faites
selon la méthode du «standard-sample bracketing»,
consistant à mesurer le standard NIST SRM 981 en
alternance avec les échantillons, à raison d’un passage
de standard tous les deux échantillons. Les valeurs
isotopiques sont alors calculées en normalisant
les valeurs des échantillons par rapport à la valeur
théorique du standard de référence. Régulièrement,
le standard interne «QC Peat Mix » est également
analysé pour évaluer les conditions de mesure. An
de corriger le biais de masse instrumental, une
solution de thallium, dont la composition isotopique
est connue, est ajoutée à tous les standards et
THU-GBD19-433
THU-GBD18-250 THU-GBD19-434
THU-GBD18-365
THU-GBD18-224
THU-GBD18-326
THU-GBD18-029
05 cm
Fig.3. Balles de fronde découvertes à Thuin en 2018 et 2019 (dessin A.Huybrechts; DAO N.Bloch ©Université libre
de Bruxelles).
SIGNA 9 2020
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin 113
échantillons, de manière à obtenir un rapport Pb/
Tl d’environ 6:1. Les analyses de plomb ont été
conduites avec une intensité minimum du signal
du 204Pb de 130 mV et un faisceau total de ~10V.
L’intensité du faisceau du 202Hg, continuellement en
dessous de 0,15 mV, était contrôlée an de corriger
les très faibles interférences isobariques entre 204Hg
et 204Pb. Au cours des deux sessions analytiques, les
standard NIST SRM 981 (n = 46) ont produits des
valeurs moyennes de 36,6767 ± 0,0064, 15,4878
± 0,0024, 16,9361 ± 0,0019, 2,1656 ± 0,0001, et
0,9145 ± 0,0000, respectivement pour 208Pb/204Pb,
207Pb/204Pb, 206Pb/204Pb, 208Pb/206Pb et 207Pb/206Pb.
Ces résultats montrent une parfaite reproductibilité
des analyses entre les diérentes sessions d’analyses
eectuées en 2019 et 2020 au sein du laboratoire. De
même, ces résultats sont en accord avec les données
reportées par Weis9. La reproductibilité des mesures
du standard interne en 2019 et 2020 indique une
bonne stabilité au cours du temps avec des valeurs
moyennes de 38,2736 ± 0,0148, 15,6241 ± 0,0047,
18,2339 ± 0,0058, 2,0990 ± 0,0003 et 0,8569 ±
0,0001, respectivement pour 208Pb/204Pb, 207Pb/204Pb,
206Pb/204Pb, 208Pb/206Pb et 207Pb/206Pb.
9 weis et al. 2006.
Num. inventaire
208Pb/204Pb 2σ(abs.) 207Pb/204Pb 2σ(abs.) 206Pb/204Pb 2σ(abs.) 204Pb/206Pb 208Pb/206Pb 2σ(abs.) 207Pb/206Pb 2σ(abs.)
THU.18.
GBD.029 39,0526 0,0022 15,6888 0,0009 18,7426 0,0012 0,05335 2,0836 <0,0001 0,8371 <0,0001
THU.18.
GBD.224 39,0634 0,0020 15,6931 0,0008 18,7474 0,0010 0,05334 2,0837 <0,0001 0,8371 <0,0001
THU.18.
GBD.250 39,0298 0,0032 15,6878 0,0012 18,7250 0,0013 0,05340 2,0844 <0,0001 0,8378 <0,0001
THU.18.
GBD.326 39,0552 0,0014 15,6895 0,0005 18,7455 0,0006 0,05335 2,0835 <0,0001 0,8370 <0,0001
THU.18.
GBD.365
39,0501 0,0032 15,6883 0,0012 18,7447 0,0015 0,05335 2,0833 <0,0001 0,8370 <0,0001
39,0425 0,0022 15,6884 0,0007 18,7375 0,0009 0,05337 2,0837 <0,0001 0,8373 <0,0001
THU.19.
GBD.433
38,8767 0,0016 15,6732 0,0006 18,6072 0,0007 0,05374 2,0893 <0,0001 0,8423 <0,0001
38,8759 0,0016 15,6735 0,0006 18,6070 0,0007 0,05374 2,0893 <0,0001 0,8423 <0,0001
THU.19.
GBD.434
38,5056 0,0018 15,6367 0,0007 18,3182 0,0007 0,05459 2,1020 <0,0001 0,8536 <0,0001
38,5032 0,0018 15,6359 0,0008 18,3159 0,0009 0,05460 2,1022 <0,0001 0,8537 <0,0001
ARC779 PB (1) 38,3584 0,0102 15,6187 0,0034 18,2315 0,0037 0,054850 2,1039 0,00029 0,8566 0,00006
ARC780 PB (3) 38,9920 0,0116 15,6777 0,0045 18,7189 0,0045 0,053421 2,0830 0,00024 0,8375 0,00007
ARC781 PB (5) 38,9966 0,0112 15,6791 0,0038 18,7217 0,0038 0,053413 2,0829 0,00028 0,8374 0,00005
ARC782 PB (8) 39,0036 0,0153 15,6783 0,0048 18,7296 0,0060 0,053391 2,0824 0,00056 0,8370 0,00013
ARC783 PB (9) 39,0180 0,0107 15,6799 0,0037 18,7386 0,0039 0,053365 2,0821 0,00028 0,8367 0,00007
ARC784 PB
(12) 38,4340 0,0116 15,6249 0,0041 18,2900 0,0043 0,054674 2,1013 0,00024 0,8542 0,00006
Tabl.2. Résultats des analyses isotopiques du plomb des balles de fronde de Thuin («abs.» est utilisé comme abréviation
pour «valeurs absolues»).
SIGNA 9 2020
114 NICOLAS PARIDAENS et al.
Résultats isotopiques du plomb
Les rapports 208Pb/204Pb, 207Pb/204Pb, 206Pb/204Pb,
208Pb/206Pb et 207Pb/206Pb des sept balles de fronde
sont présentés dans le tableau 2. Les données des
balles découvertes anciennement (ARC779-784)
ont été ajoutées10. Au total, 16 échantillons ont donc
été analysés. Les principaux rapports isotopiques
du plomb ont été comparés aux valeurs isotopiques
disponibles pour les principales zones de production
de plomb des Provinces occidentales de l’Empire11.
Par souci de cohérence avec la fourchette
chronologique fournie par le site de uin, n’ont
été retenus que les gisements orant soit des preuves
archéologiques et/ou historiques d’une activité
minière à la même époque, soit des valeurs qui
coïncident fortement avec les données des projectiles
retrouvés sur l’oppidum12. Les gisements en question
comprennent les zones minières espagnoles d’Almeria
et de Murcie13 ainsi que Linares et la Sierra Morena14
en Espagne, des Cévennes15 en France et de Toscane16
en Italie (g.10). Notons que la région de l’Eifel,
zone minière la plus proche et grande productrice
de plomb durant l’Antiquité17 peut être d’emblée
écartée au regard des rapports isotopiques du plomb
qu’elle présente (g.4-6).
En outre, les districts miniers qui étaient soit
sans importance, soit non exploités à l’Époque
républicaine18 ou ceux dont les corpus de mesures
10 Les balles de fronde numérotées ARC 779 ‑ 784 ont été
échantillonnées et analysées en 2018 au Geochemical clean
laboratory de l’Institute of Geosciences, Goethe University
Frankfurt. La méthode d’analyse est la même que celle décrite
dans müLLer et al. 2015.
11 La base de données des isotopes du plomb utilisée ici est
celle mise au point par Sabine Klein au Deutsches Bergbau
Museum, Bochum.
12 An d’envisager toutes les éventualités, les données
relatives issues de Thuin ont été comparées aux gisements de
minerai ne correspondant pas à ces critères. Cependant, pour
des raisons de meilleure lisibilité des diagrammes, ces régions
n’ont pas été représentées ici.
13
stos-gaLe et al. 1995; arribas & tosdaL 1994; hermanns 2010.
14
santos zaLdegui et al. 2004; kLein et al. 2009.
15
Le guen et al. 1991.
16
stos-gaLe et al. 1992; stos-gaLe et al. 1995.
17
raepsaet, demaiffe & raepsaet-CharLier 2015.
18 Comme Aditurri au Pays Basque et les gisements
germaniques qui n’ont été exploités qu’à partir de l’époque
d’Auguste, müLLer 2018, p.73 ; haneL & rothenhöfer 2007, p.44;
bode et al. 2007, p.108‑110 et 114.
étaient trop petits, ou les valeurs isotopiques trop
dispersées dans les diagrammes binaires19 n’ont pas
été pris en compte20. Les données sont présentées
dans des diagrammes binaires et exprimées par les
rapports 207Pb/206Pb versus 208Pb/206Pb, 207Pb/206Pb
versus 204Pb/206Pb, et 206Pb/204Pb versus 207Pb/204Pb21.
Les projectiles THU.029, 224, 250, 326 et 365
ne posent pas de problème et forment un groupe
homogène présentant des signatures isotopiques
semblables aux gisements plombifères de la région de
Murcie, au sud-est de l’Espagne, voire de la région
toscane, en Italie centrale (g.4-6).
Deux autres projectiles sont plus diciles à
interpréter : le premier, THU.433, se place entre
les domaines isotopiques des données de Toscane,
du sud-est de l’Espagne (Murcie) et du centre de
l’Espagne (Sierra Morena et Linares) (g.4-6). Ce
positionnement pourrait être expliqué par le recours
à un modèle de mélange, mixant des matériaux
d’origines diérentes et aux valeurs isotopiques
distinctes22. Ainsi, la balle de fronde THU.433
pourrait être fabriquée à partir de lingots ou de
rebuts provenant des deux zones minières : les
districts miniers de Murcie et centro-ibériques.
D’autres balles de fronde républicaines provenant de
sites espagnols tels que Numantia, Monzon, Osuna
(Espagne) ainsi qu’Ascoli (Italie) s’avèrent également
être le résultat de mélanges23 ; des exemplaires
d’Ascoli24, de Monzon et d’Osuna présentent
notamment des signatures très proches du projectile
de uin THU.433. Le contexte archéologique et
les estampilles sur ces projectiles permettent de les
attribuer à l’Époque républicaine, entre la guerre
sociale (91-88 av. J.-C.) et les campagnes de César
contre Pompée en Espagne (49/46-45 av. J.-C.),
et dès lors très probablement fabriqués à partir de
plomb espagnol. Par conséquent, l’exemplaire de
uin, issu d’un contexte archéologique datant lui
aussi de l’Époque républicaine, pourrait également
être interprété comme étant fabriqué à partir de
métal brut espagnol mélangé.
19 P. ex. la Zone de Ossa Morena, kLein et al. 2009, p.65, g.4.
20 Par rigueur méthodologique, ils ont été comparés aux données
de Thuin dans les diagrammes binaires, mais en raison des limites
du cadre des diagrammes, ils n’ont pas pu être illustrés ici.
21 Ces rapports sont ceux les plus fréquemment utilisés en
archéométrie, voir bode et al. 2007; guenette-beCk & furger 2004.
22
bode 2008, p.116‑117; boni et al. 2000, p.201‑207.
23
müLLer et al. 2015; müLLer 2018, p.70‑74.
24 Concernant ces découvertes voir müLLer 2018, p.66.
SIGNA 9 2020
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin 115
Fig. 4. Comparaison
des valeurs de
207Pb/204Pb et
208Pb/206Pb mesurées
sur les projectiles
de Thuin à celles
disponibles pour les
principales zones
de production de
plomb des provinces
occidentales de
l’Empire (l’erreur
analytique est
inférieure à la taille
des symboles utilisés
dans le graphique).
Fig. 5. Comparaison
des valeurs de
207Pb/206Pb et
204Pb/206Pb mesurées
sur les projectiles
de Thuin à celles
disponibles pour les
principales zones
de production de
plomb des provinces
occidentales de
l’Empire (l’erreur
analytique est
inférieure à la taille
des symboles utilisés
dans le graphique).
Fig. 6. Comparaison
des valeurs de
206Pb/204Pb et
207Pb/204Pb mesurées
sur les projectiles
de Thuin à celles
disponibles pour les
principales zones
de production de
plomb des provinces
occidentales de
l’Empire (l’erreur
analytique est
inférieure à la taille
des symboles utilisés
dans le graphique).
4
5
6
SIGNA 9 2020
116 NICOLAS PARIDAENS et al.
La balle de fronde THU.434 se démarque également
très nettement du reste du corpus, avec des rapports
208Pb/204Pb, 207Pb/204Pb et 206Pb/204Pb plus élevés
et des valeurs 208Pb/206Pb et 207Pb/206Pb plus faibles
(tabl.2). Elle se positionne ainsi en marge ou à côté
des champs isotopiques des gisements de Sierra
Morena, de Linares et d’Almería en Espagne, des
Cévennes en France, ainsi que de l’Eifel (g.4-6).
Notons que cet échantillon présente des rapports
isotopiques relativement proches de ceux de deux
autres balles de fronde découvertes anciennement
à uin (ARC779 et ARC784, tabl. 2). Pris
ensemble, ces trois artefacts forment un groupe
relativement cohérent, s’inscrivant alors clairement
dans la variabilité isotopique du plomb extrait dans
la région de Sierra Morena en Espagne (cf.g.4).
Une comparaison avec des projectiles républicains
d’Espagne et d’Italie25 d’une part et des projectiles
augustéens de Suisse et d’Allemagne du Sud, liés à
la Campagne des Alpes en 15av.J.-C.26 d’autre part,
montre un phénomène similaire : les projectiles
se rapprochent pour la plupart principalement
des champs isotopiques espagnols, mais certains
spécimens s’en détachent (notamment à Cerro de
Balas, Poggibonsi et au col de Septimer27), avec des
signatures isotopiques proches de celle de l’exemplaire
434 de uin (g.7-9). Notons que les projectiles
de Poggibonsi et de Septimer coïncident plutôt
–surtout dans la gure9– avec le champ d’isotopes
des Cévennes, où l’exploitation minière romaine du
plomb est connue depuis l’Époque républicaine28.
Discussion à propos des variations isotopiques
du plomb
En raison du chevauchement de certains champs
isotopiques de gisements européens, notamment les
régions de Murcie et de Toscane, des doutes subsistent
quant à la provenance des matériaux utilisés pour
confectionner les balles de uin. Quelques sources
historiques et archéologiques, ainsi que l’intégration
des données anciennes restées inédites (ARC779-784,
tabl. 2), permettent de renforcer nos interprétations.
25 müLLer 2018, p.70‑71 et p.129.
26
rageth, zanier & kLein 2010; kLein 2015.
27 Cerro de Balas, inscription LEG XIII (Mü04‑17); Poggibonsi,
inscription incertaine (MZ 07), müLLer 2018, p. 127 et 129 ;
Septimer, inscription LEG III (ARC 323), kLein 2010, Table 3.
28
bode et al. 2007, p.111‑112; domergue 2008, p.85‑86.
Les sources anciennes sont relativement peu prolixes
quant aux activités minières dans la péninsule
italienne durant l’Époque républicaine. Ceci tient
sans doute au fait, comme le souligne Pline l’Ancien
au 1ers. apr.J.-C. dans son Histoire naturelle, et déjà
relevé entre autres par DeMartino29, qu’un décret
les avait interdites an de préserver les richesses
minérales d’Italie (III, 24 ; XXXIII, 21), dont le
plomb faisait assurément partie. L’interdiction
d’extraction de minerais est d’ailleurs à nouveau
évoquée en toute n de son ouvrage (XXXVII, 77).
Toutefois, toutes les terres italiennes ne semblaient
pas concernées par cette loi, ou du moins, tous les
métaux n’étaient pas visés. Pline nous informe ainsi
que l’île d’Elbe sur les côtes italiennes produisait
du fer (XXXIV, 41), et que le cuivre était fabriqué
dans diérentes régions du pays (XXXIV, 2 et 20).
Les sables aurifères du Pô en Italie du Nord étaient
également exploités par orpaillage (XXXIII, 21).
En revanche, si l’auteur mentionne que l’ensemble
ou presque des provinces romaines fournissaient
de l’argent (XXXIII, 31), aucune précision n’est
donnée pour la péninsule. Or, les Romains savaient
extraire le plomb argentifère. Aussi, si quelconque
mine d’argent avait été en activité en Italie durant
cette période, du plomb aurait sans nul doute été
produit. Pourtant, dans son long passage traitant
du plomb (XXXIV, 47-54), l’Italie est absente.
Le silence de Pline pourrait suggérer qu’aucune
exploitation à grande échelle du plomb en Italie
n’ait eu lieu à cette époque. Tout au plus, pouvons-
nous extrapoler que si ce dernier était produit, il
ne devait servir qu’à des activités métallurgiques
limitées et locales30. Les preuves archéologiques
dont nous disposons jusqu’à présent suggèrent que
l’exploitation de plomb en Italie ne s’est déroulée
qu’à l’époque étrusque31. De nouvelles investigations
archéologiques (e.g. fouilles de sites miniers
toscans), archéo-métallurgiques (e.g. identication
de lingots estampillés ou d’artefacts provenant
d’Italie), ou encore biochimiques (e.g.minerais ou
scories modernes ou antiques) seraient utiles pour
appréhender plus amplement cette problématique.
Sur base des éléments disponibles à ce jour (sources
anciennes et archéologiques), il apparaît donc peu
probable que le plomb toscan ait été utilisé pour la
fabrication des projectiles de uin.
29 de martino 1985.
30
müLLer et al. 2015.
31
meier 1995; domergue 2008.
SIGNA 9 2020
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin 117
Fig. 7. Diagramme
présentant les
rapports 207Pb/204Pb
et 208Pb/206Pb des
balles de fronde en
plomb découvertes
dans les provinces
occidentales du
monde romain.
(l’erreur analytique est
inférieure à la taille
des symboles utilisés
dans le graphique).
Fig. 8. Diagramme
présentant les
rapports 207Pb/206Pb
et 204Pb/206Pb des
balles de fronde en
plomb découvertes
dans les provinces
occidentales du
monde romain.
(l’erreur analytique est
inférieure à la taille
des symboles utilisés
dans le graphique).
Fig. 9. Diagramme
présentant les
rapports 206Pb/204Pb
et 207Pb/204Pb des
balles de fronde en
plomb découvertes
dans les provinces
occidentales du
monde romain.
(l’erreur analytique est
inférieure à la taille
des symboles utilisés
dans le graphique).
7
8
9
SIGNA 9 2020
118 NICOLAS PARIDAENS et al.
Le recours au plomb espagnol est moins surprenant.
Pline nous informe en eet dans son Histoire
naturelle que la péninsule ibérique comptait parmi
les principales régions à produire du plomb blanc
(XXXIV, 47) et noir (XXXIV, 49). De même, il
existe pour l’Espagne des preuves archéologiques
convaincantes 1) d’une exploitation et 2) d’une
exportation de plomb d’ampleur durant la
période romaine32. De surcroît, K. Rosman et ses
collaborateurs ont magistralement pu démontrer
en étudiant les particules de plomb piégées dans les
glaces du Groenland qu’une pollution atmosphérique
précoce par ce métal toxique avait eu lieu, et que ce
dernier avait pour principales sources les districts
miniers du sud de l’Espagne33. Ils ont ainsi apporté
une preuve sans équivoque de l’importance de
ces gisements de l’Empire. Enn, au cours de la
conquête de la Gaule, lors du siège de Bibrax, César
évoque l’engagement massif de renforts constitués,
notamment, de frondeurs des Baléares (BGII, 2),
dont on peut supposer qu’ils utilisaient, du moins en
partie, de l’armement issu de leur région d’origine.
En conclusion, on peut dire avec certitude que le métal
brut des treize balles de fronde analysées provient
des zones minières espagnoles. Un doute demeure
à propos de quelques spécimens qui présentent des
valeurs légèrement excentrées, mais ces dernières
ne contredisent toutefois pas cette hypothèse. La
comparaison avec d’autres lots échantillonnés montre
des variations similaires et permet donc d’envisager
pour l’ensemble des balles de uin une origine
espagnole du métal, majoritairement du sud-est de
l’Espagne, à Murcie et Almería (g.10).
Datation
De quels éléments disposons-nous pour aboutir à
une fourchette chronologique able à propos de ces
projectiles en plomb, tout en veillant à s’extraire du
raisonnement circulaire qui ne verrait dans ces balles
que les témoins du siège de -57?
Nous ne referons pas ici la synthèse –brillamment
développée par M. Poux34– à propos des balles de
fronde romaines utilisées lors de la conquête de la
32 bode et al. 2009; trinCherini et al. 2009; müLLer et al. 2015.
33
rosman et al. 1997.
34 poux 2007, p. 365‑371. Voir aussi VöLLing 1990 et
dernièrement bruLet & Lepot 2018.
Gaule et à la période tardo-républicaine. Nous
savons que les Gaulois n’utilisent pas le plomb pour
fabriquer leurs projectiles35. Les balles de fronde en
plomb (glandes plumbeae) sont donc typiquement
romaines et étaient largement utilisées par des unités
spécialisées36. Il n’y a dès lors pas lieu de dater les
spécimens de uin d’avant la Guerre des Gaules. Si
elles sont anépigraphes –ce qui est notre cas– deux
moyens supplémentaires nous viennent en aide pour
leur datation : l’analyse du contexte archéologique
direct et les comparaisons par critères typologiques.
Hormis les vestiges néolithiques, l’oppidum du
«Bois du Grand Bon Dieu» ne semble pas avoir été
fréquenté très longtemps. Le rempart lui-même n’est
illustré que par une seule phase de construction datée
par radiocarbone du 1er s. av. J.-C.37. L’ensemble
du mobilier découvert lors des fouilles fournit une
fourchette chronologique relativement cohérente
limitée à l’horizon LT D2a-D2b38 même si quelques
objets pourraient supposer une occupation plus
ancienne39. Une réexion de synthèse devra encore
être menée à propos du monnayage retrouvé
anciennement et lors des fouilles récentes, tant sur
la fortication du «Bois du Grand Bon Dieu» que
35 poux 2007, p.367.
36
Cadiou 2008, p.265.
37 Lv 1287 = 2020 +‑ 50 BP = 90 BC 52 AD (68.2 %) ;
167BC ‑ 74AD (95.4%), bonenfant&huyseCom1982.
38
paridaens2020.
39
paquet2019.
Fig. 10. Carte des principales zones de production de
plomb mentionnées dans le texte.
SIGNA 9 2020
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin 119
dans ses environs immédiats ; mais ce numéraire
semble
d’ores et déjà livrer une image assez similaire
au reste du mobilier et à la datation du rempart
(75-25 av.J.-C.).
À l’autre bout de la fourchette chronologique,
l’absence de matériel augustéen apparaît comme un
critère prépondérant pour xer la n de l’occupation
du site de uin. De façon générale, dans cette partie
de la Gaule, les premières importations romaines,
hormis les amphores, ne semblent pas se diuser, au
plus tôt, avant le second voyage d’Agrippa en Gaule
en 20-18 av. J.-C. et la prise en charge administrative
et logistique de ces territoires par le pouvoir romain.
L’uniformité du monnayage retrouvé sur l’oppidum
ne plaide pas non plus pour une occupation au-delà
du dernier quart du 1er s. av.J.-C.: sur le plateau du
«Grand Bon Dieu», les monnaies ne sont représentées
que par des statères à l’epsilon-Scheers 29. En
revanche, le «Bois de Luiseul», situé directement au
sud de l’oppidum, a livré un monnayage en bronze et
potin légèrement plus récent, qui pourrait s’étaler sur
toute la seconde moitié du 1er s. av. J.-C.40. Mais les
découvertes, réalisées par des amateurs, sont éparses
et peu ables. À ce stade de la recherche, la question
de la n de l’occupation reste donc très délicate et doit
probablement être nuancée d’un secteur à l’autre. En
tout cas, dire que l’ensemble du mobilier se limite à
l’année 57 av.J.-C. semble audacieux.
Confrontées au corpus rassemblé dans P 2007,
les balles de fronde de uin apparaissent comme
peu standardisées et relativement petites. Cet auteur
a bien insisté sur les limites d’une telle analyse
métrologique41. Avec une longueur ne dépassant
guère les 29mm et une masse de 30g en moyenne,
les exemplaires de uin semblent néanmoins se
démarquer du corpus lié à la guerre des Gaules. Nos
projectiles se rapprochent davantage de sites datés du
Principat, comme le Dünsberg ou Windridge Farm.
Mais les exemples récemment découverts à Haltern
nous rappellent que chaque série apparait comme
diérente, selon les moules confectionnés42.
On notera que l’absence d’estampille plaide
également pour une datation plus tardive que
l’Époque républicaine.
40 sCheers, Creemers et al. 2012, p. 75‑78.
41
poux 2007, p. 368.
42
runkeL & tremmeL 2015.
Enn, l’origine méditerranéenne du plomb pourrait
s’avérer un bon terminus ante quem, les balles de
fronde de Haltern43 indiquant clairement l’utilisation
du plomb local une fois la Germanie conquise44.
Malheureusement, on ignore complètement l’origine
du plomb des balles de fronde trouvées sur les autres
sites de Gaule.
Les balles de fronde de Thuin: les témoins d’un
épisode de bataille
Toutes découvertes confondues, une trentaine de
balles de fronde est actuellement recensée pour la
fortication de uin. Ce petit nombre ne détonne
guère avec les autres sites qui ont livré de tels objets:
dicilement repérables en raison de leur petite taille
et de leur éparpillement, ces projectiles ne sont jamais
retrouvés en quantité45. La carte de répartition des
balles de uin reste très lacunaire. Tout au plus peut-
on dire qu’elles se répartissent plutôt dans la partie
orientale de la fortication, autour de la levée de terre
(g.1). Un exemplaire a d’ailleurs été trouvé sur le
rempart même en 2019. Cette répartition spatiale
voudrait signier qu’elles ont été tirées depuis l’est,
depuis le plateau attenant, ce qui parait en somme le
plus logique en cas d’attaque.
Face à ce constat, comment interpréter cet ensemble
de glandes plumbeae? N.Roymans a lié ces armes à
la conquête césarienne et veut reconnaitre à uin
l’oppidum des Atuatuques46. Les arguments sont
convaincants, notamment la longueur du rempart et
la chronologie générale de l’occupation. Néanmoins,
la localisation même de uin au sein du territoire
nervien47 et l’absence de monnayage atuatuque
constituent des obstacles à cette interprétation48.
L’argument a silentio considérant qu’il n’y a pas
d’autre candidat sérieux pour la place forte atuatuque
parmi les oppida connus dans la région nous semble
également un peu léger49.
43 runkeL & tremmeL 2015.
44 Ce que d’autres travaux conrment par ailleurs: raepsaet,
demaiffe & raepsaet-CharLier 2015.
45
poux 2007, p.367.
46
roymans & sCheers 2012, p. 20‑24.
47
deru 2009.
48
martin 2017.
49
roymans & sCheers 2012, p. 84.
SIGNA 9 2020
120 NICOLAS PARIDAENS et al.
uin apparait plutôt comme un centre militaire,
civique et religieux nervien du 1ers. av. J.-C. Ni les
vestiges archéologiques ni le mobilier ne semblent à
ce stade des recherches reéter un oppidum habité de
façon pérenne50.
Ces balles sont-elles susantes à elles seules pour
attester d’une attaque romaine alors que le site n’a
fourni aucune autre arme ou élément romains51 ?
La surface fouillée est limitée, certes, mais depuis
la reprise des recherches en 2018 des prospections
systématiques au détecteur de métaux ont été
étendues à l’ensemble du site. L’argumentaire est
donc fragile, d’autant que, comme le rappelle très
justement M.Reddé, au lendemain de la conquête
«l’armée romaine ne pouvait être partout à la fois
mais avait toujours la ressource d’armer des auxiliaires
indigènes qui assuraient une présence supplétive pour
le contrôle du territoire»52.
En conclusion, les balles de fronde de uin, dont
nous avons pu prouver l’origine hispanique, sont-elles
les témoignages d’un épisode de bataille lié à la guerre
des Gaules que César n’aurait pas pris la peine de
mentionner ? Éventuellement lors de la campagne
de -57 ? Ou plutôt d’une attaque postérieure à la
conquête envers un centre communautaire resté
«trop» gaulois et qui aurait dérangé l’administration
romaine occupée à pacier les territoires conquis?
Voire d’un conit post-césarien entre populations
locales, les unes utilisant des armes romaines contre
les autres?
En eet, on le sait, le Bellum Gallicum est loin d’avoir
pacié la Gaule. Comme le rappelle G.Raepsaet, à
l’issue de celui-ci, en -51, «beaucoup de populations
indigènes retrouvent leur espace de vie, dans une
relative cohérence géographique et dans un cadre de
pouvoir proche de l’époque de l’Indépendance»53.
Dix ans se passent entre le départ de César et la
première prise en charge de la Gaule par Agrippa, en
40 av. J.-C. En -37, Rome rappelle Agrippa mais la
Gaule n’est pas pour autant calmée: les sources font
mention du triomphe du gouverneur C.Carrinas en
-28 après une victoire sur les Morins et les Suèves, de
Nonius Gallus matant une révolte trévire en-29, et de
50 paridaens 2020.
51 On se méera des découvertes faites par les détectoristes
amateurs, dont la localisation et l’origine sont souvent sujettes
à caution.
52
reddé 2018.
53
raepsaet 2013, p. 111.
Valerius Messala Corvinus devant refaire campagne
en -28 et -27 contre les Aquitains54. En -19, la
question militaire reste préoccupante, les Gaulois
se querellant entre eux et subissant les attaques des
Germains (Dion Cassius, LIV, 11).
Ces quelques exemples susent à eux seuls pour
illustrer cette période troublée qui a suivi la conquête
césarienne. Notre propos n’est pas de rattacher les
témoins archéologiques de uin à l’un ou l’autre
évènement historique, mais plutôt d’ouvrir le champ
d’interprétation jusqu’à présent limité à l’épisode du
siège de -57. En attendant la découverte d’ensemble-
clos ou d’arguments chronologiques supplémentaires,
une approche prudente et diachronique du mobilier
archéologique découvert sur la fortication du
« Bois du Grand Bon Dieu » s’impose. La clé de
compréhension demeure dans la très délicate datation
de ces balles de fronde et de l’occupation générale
de la fortication, pour laquelle nous demeurons
quelque peu démunis. Espérons que la poursuite des
fouilles, notamment le rempart dès l’été 2020, vienne
étayer ce passionnant dossier.
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SIGNA 9 2020
Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin 123
AUTEURS
Jean‑François Baltus
Arc‑Hab
villa.mageroy@gmail.com
Floris Beke
Ruben Willaert bvba
orisbeke@hotmail.com
François Casterman
Arc‑Hab
francoiscasterman@hotmail.com
Catherine Coquelet
AWaP – Agence wallonne du Patrimoine / Faculté
de philosophie, arts et lettres, Uclouvain
catherine.coquelet@awap.be
Lina Cornelis
BAAC Vlaanderen bvba
lina.cornelis@baac.be
Annelies Claus
BAAC Vlaanderen bvba
annelies.claus@baac.be
Guido Creemers
Gallo‑Romeins Museum Tongeren
guido.creemers@stadtongeren.be
Wim De Clercq
Universiteit Gent
w.declercq@ugent.be
Bea De Cupere
Koninklijk Belgisch Instituut voor
Natuurwetenschappen
bdecupere@naturalsciences.be
Koen De Groote
Agentschap Onroerend Erfgoed
koen.degroote@vlaanderen.be
Adelheid De Logi
De Logi & Hoorne bvba
adelheid@dl‑h.be
Natasja De Winter
Aron bv
natasja.dewinter@aron‑online.be
Jasper Deconynck
Gate Archaeology
jasper.deconynck@gatearchaeology.be
Roland Dreesen
Gallo‑Romeins Museum Tongeren
roland.dreesen@telenet.be
Tina Dyselinck
BAAC Vlaanderen bvba
tina.dyselinck@baac.be
Anton Ervynck
Agentschap Onroerend Erfgoed
anton.ervynck@vlaanderen.be
Heike Fock
Service public de Wallonie ‑ AWaP
heike.fock@awap.be
Ilse Gierts
BAAC Vlaanderen bvba
ilse.gierts@baac.be
Éric Goemaere
Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique
eric.goemaere@naturalsciences.be
Willem Hantson
RADAR
willem@bieradar.be
Peter L.M. Hazen
VEC
p.hazen@vlaamserfgoedcentrum.be
Sabine Klein
Deutsches Bergbau‑Museum Bochum
Sabine.Klein@bergbaumuseum.de
Pieter Laloo
Gate Archaeology
pieter.laloo@gatearchaeology.be
Sébastien Lambot
UCLouvain
sebastien.lambot@uclouvain.be
SIGNA 9 2020
155
An Lentacker
Agentschap Onroerend Erfgoed
ann.lentacker@vlaanderen.be
Nadine Mattelli
Université libre de Bruxelles
nmattiel@ulb.ac.be
Johan Matthijs
Vito‑Flemish Institute for Technological Research
NV
johan.matthijs@vito.be
Jan Moens
Agentschap Onroerend Erfgoed
jan.moens@vlaanderen.be
Regine Müller
SPAU GmbH
mueller@spau‑gmbh.de
Nicolas Paridaens
Université libre de Bruxelles
nicolas.paridaens@ulb.ac.be
Dirk Pauwels
Stad Tongeren
dirk.pauwels@stadtongeren.be
Patrick Reygel
Aron bv
patrick.reygel@aron‑online.be
Kevin Salesse
Université libre de Bruxelles
Kevin.Salesse@ulb.be
Sarah Schellens
BAAC Vlaanderen bvba
sarah.schellens@baac.be
Vinciane Schockert
Arc‑Hab
Jean‑Luc Schütz
Le Grand Curtius
jean‑luc.schutz@liege.be
Christophe Snoeck
Vrije Universiteit Brussel
Christophe.Snoeck@vub.be
Gunter Stoops
Stadsarcheologie en Monumentenzorg Gent
gunter.stoops@stad.gent
Christine Swaelens
BAAC Vlaanderen bvba
christine.swaelens@baac.be
Arno Van Den Dorpel
Ruben Willaert bvba
arnovddorpel@live.nl
Carol van Driel‑Murray
Universiteit Leiden
c.van.driel@arch.leidenuniv.nl
Jana Van Nuel
De Logi & Hoorne bvba
jana@exsitu.be
Vince Van ienen
Universiteit Gent
vince.vanthienen@ugent.be
Alain Vanderhoeven
Agentschap Onroerend Erfgoed
aain.vanderhoeven@vlaanderen.be
Luc Vermeiren
lvrmrn@cs.com
Fabienne Vilvorder
Université Catholique de Louvain
(Louvain‑la‑Neuve)
fabienne.vilvorder@uclouvain.be
Marquita Volken
Gentle Craft Shoe Museum
Gentle.craft@vtxnet.ch
Geert Vynckier
Agentschap Onroerend Erfgoed
geert.vynckier@vlaanderen.be
SIGNA 9 2020
156
... The slinger (sphendonetes, funditor) was generally employed as a skirmisher and in scouting parties, raids, and sieges, as the stone, ceramic, or lead missiles (molybdaina, glandes fundae) were more lethal at greater distances than arrows, and the high angles of the shot allowed the projectiles to pass over walls. Lead sling bullets are now much sought after in archaeological finds, as they pinpoint the locations where both famous and previously unknown battles were fought: examples of the former are Olynthos and Perusia (Lee 2001;Benedetti 2012); of the latter, the battle at Andagoste (northern Spain) and the attack at the oppidum of Thuin, in Belgium (Unzueta Portilla 2006; Paridaen et al. 2020). Moreover, the custom of engraving slingshots with the commanding general's name, or that of a particular army unit, allows us to trace and date campaigns and other military operations. ...
Article
The sling (sphendone, funda) is an inexpensive tool made from a leather patch with strings attached on two opposite sides. The most ancient examples were recovered from Egyptian tombs, but it was in use from the Neolithic Age. Hunting was probably its main purpose; it was the Greeks and Romans who turned slingshots into a regular military weapon when they introduced trained soldiers and lead missiles.
Article
Full-text available
Roman lead sling bullets (glandes) have been found at Windridge Farm near St Albans in Hertfordshire since the 1970s. A previous study suggested these missiles could have originated from a plough-disturbed hoard of Roman lead objects. More recent discoveries of glandes from other sites throughout Europe have enhanced our understanding of depositional characteristics, morphology and lead sources for Roman sling bullets and this paper offers an alternative explanation for their loss. Their atypical form (for Britain), and the prospect of a continental origin of the lead ore for their manufacture, suggest an early date of deposition. We also argue that the number of bullets and the pattern of their dispersal are indicative of an episode of conflict. After review of attested early military engagements that could have taken place in the vicinity, we propose that the projectiles may relate to one of two events: Claudius's invasion under the auspices of Aulus Plautius in a.d . 43 or Caesar's second incursion of 54 b.c .
Article
Full-text available
The paper presents lead and copper isotope analyses of 51 copper ore samples from the Sierra Morena, South of Spain. They are from ancient mines of the Iberian Peninsula collected by Claude Domergue during various field campaigns in the central Sierra Morena from 1965 to 1975. Most samples consist of copper oxide minerals such as malachite, azurite and chrysocolla and stem from the surficial sections of the ore deposits. The aim of the study was to supplement the existing reference data bank on lead isotopic compositions of ancient copper mines from the Iberian Peninsula. This is particularly important for the Sierra Morena for which data exist mostly for lead-zinc but not for copper ores. The lead isotope ratios range from 18.165 to 19.712 (206Pb/204Pb), 0.797 to 0.859 (207Pb/206Pb) and 1.955 to 2.108 (208Pb/206Pb). Two separate fields can be distinguished with a major field intermediate between the ore deposits from SW and SE Spain and a second at higher 208Pb/206Pb values. Copper isotopes were analysed additionally to provide further constraints for provenance studies. The copper isotope ratios δ65Cu of the copper oxide samples are mostly positive and higher on average than those of sulphide minerals. They are a potential tool to distinguish between either sulphide ore or oxide ore deposit derived artefacts.
Article
Full-text available
Forty-two lead objects (mainly sling bullets) from archaeological sites in Spain and Italy, dating into the late Roman Republican period, two ore samples from Portman (Cartagena region) and one further ore sample from a deposit on Ibiza were analysed for their lead isotope ratios by multicollector inductively coupled plasma mass spectrometry (MC ICP-MS). The objective of the present study was to answer questions, which cannot be solved by conventional archaeological methods alone but require further information on the materials composition. For this, MC ICP-MS as a modern and fast analytical method to obtain both chemical and isotopic information paired with very low material consumption is a helpful analytical tool to answer archaeological and technological considerations and questions like (a) on the origin of the raw metals used for the objects, (b) if individual production sites used more than one metal source and (c) if certain metal mining areas were preferred during particular periods in time. The results of this study, which were obtained by combining lead isotope analysis with common archaeological methods, clearly demonstrate that Late Republican sling bullets and some other lead objects of other usage from Menorca originate from ore minerals that were predominantly mined on the Iberian mainland. Mixing relationships also show that a number of them were manufactured from reprocessed material. This is also true for single Italian lead sling bullets. Additionally, some of the objects have lead isotope signatures interpreted as mixing relationships, which point towards a manufacturing from reprocessed material.
Article
The creation of the Civitas Tungrorum between the Caesar's conquest of Northern Gaul and the reign of Augustus is not so easy to understand as it is for the civitates of the Gallia Belgica. The destruction of the Eburones, the conquest of Germania east of the Rhine, and the creation of the new Province imply the need for original solutions and mechanisms. The ethnogenesis of the civitates Batavorum and Ubiorum provide us with useful models for an institutional creation of the Civitas Tungrorum integrated into the Province of Germania between 12 and 7 BCE, some years later than the civitates of Gallia Belgica.