ArticlePDF Available

Les collectivités locales comme acteurs intermédiaires de la territorialisation de la transition énergétique : l’exemple de la méthanisation

Authors:

Abstract and Figures

Alors que les politiques publiques appellent à un développement de la méthanisation sur les territoires, les projets de dimension industrielle peinent à voir le jour. Plusieurs arguments sont souvent soulevés tels que la complexité dans les procédures administratives ou encore la question de l'acceptabilité sociale et des conflits d'usage. Dans ce cadre, les collectivités territoriales (notamment les communes et établissements publics de coopération intercommunale) doivent mettre tout en oeuvre pour favoriser les différents types de proximités entre acteurs (géographique et organisée). A partir d'entretiens semi-directifs réalisés auprès des parties prenantes de la méthanisation, nous avons dégagé les principales fonctions d'intermédiation que pouvaient jouer les collectivités pour favoriser le déploiement des projets et leur adhésion et leur ancrage local. Abstract While public policies call for the development of biogas plants on territories, industrial projects are struggling to be built. Besides the complexity of administrative procedures, the issue of social acceptability and associated conflicts of land use is often discussed. In this context, local authorities (especially municipalities and public institutions of inter-municipal cooperation) must make every effort to promote different types of proximies between stakeholders (geographical and organized). Based on semi-structured interviews with biogas plant project's stakeholders, we identified the main intermediation functions that local territories could play to promote the deployment of projects and their local anchoring.
Content may be subject to copyright.
Article accepté pour la revue Géographie, Economie, Société
1
LES COLLECTIVITES LOCALES COMME
ACTEURS INTERMEDIAIRES DE LA
TERRITORIALISATION DE LA TRANSITION
ENERGETIQUE : LEXEMPLE DE LA
METHANISATION
Sébastien Bourdin*, Fabien Nadou et François Raulin
Laboratoire Métis, Ecole de Management de Normandie
*Auteur correspondant : sbourdin@em-normandie.fr
Résumé
Alors que les politiques publiques appellent à un développement de la méthanisation sur les territoires, les
projets de dimension industrielle peinent à voir le jour. Plusieurs arguments sont souvent soulevés tels que
la complexité dans les procédures administratives ou encore la question de l’acceptabilité sociale et des
conflits d’usage. Dans ce cadre, les collectivités territoriales (notamment les communes et établissements
publics de coopération intercommunale) doivent mettre tout en œuvre pour favoriser les différents types de
proximités entre acteurs (géographique et organisée). A partir d’entretiens semi-directifs réalisés auprès des
parties prenantes de la méthanisation, nous avons dégagé les principales fonctions d’intermédiation que
pouvaient jouer les collectivités pour favoriser le déploiement des projets et leur adhésion et leur ancrage
local.
Mots-clefs
Méthanisation, collectivité territoriale, proximités, intermédiation territoriale
Abstract
While public policies call for the development of biogas plants on territories, industrial projects are
struggling to be built. Besides the complexity of administrative procedures, the issue of social acceptability
and associated conflicts of land use is often discussed. In this context, local authorities (especially
municipalities and public institutions of inter-municipal cooperation) must make every effort to promote
different types of proximies between stakeholders (geographical and organized). Based on semi-structured
interviews with biogas plant project’s stakeholders, we identified the main intermediation functions that
local territories could play to promote the deployment of projects and their local anchoring.
Key-words
Anaerobic digestion, local territory, proximities, territorial intermediation
2
Introduction
La transition énergétique est aujourd’hui considérée par les institutions nationales, européennes et
internationales comme incontournable (ONU, 2018). Dans son dernier rapport sur la Cohésion
économique, sociale et territoriale, la Commission européenne (2017) insiste sur la nécessité de
lutter contre le changement climatique et opérer la transition environnementale par le biais
notamment du développement des énergies renouvelables. Parallèlement, la Stratégie Europe 2020
fixe des objectifs précis : (i) réduire de 20 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux
niveaux de 1990, (ii) faire passer la part des sources d’énergie renouvelable à 20 % et (iii) accroître
de 20 % l’efficacité énergétique par rapport à la consommation projetée d’énergie en 2020. En
France, le ministère de la transition écologique et solidaire pousse vers une accélération de la
transition énergétique tout en insistant sur la méthanisation comme solution durable, locale et
circulaire (MTES
1
, 2018).
Ceci rejoint l’idée développée par un nombre croissant de chercheurs selon laquelle la stratégie
d’affranchissement des énergies fossiles repose en partie sur une intensification de l’effort de
recherche dans les biotechnologies sur la méthanisation (Zerrouki et al., 2017). Dans le cadre du
mix énergétique souhaité par la France et compte-tenu de la volonté d’un nombre croissant de
territoires d’arriver à une autonomie énergétique locale, la valorisation des résidus organiques
(générés par l’élevage, les cultures, et les déchets verts produits et/ou collectés par les collectivités
territoriales) semble donc être une réponse adéquate. L’orientation vers une plus grande autonomie
énergétique est d’autant plus cruciale que les collectivités locales sont aujourd’hui confrontées à
des contraintes budgétaires fortes (Torre et Bourdin, 2015) et à une gestion des déchets toujours
plus onéreuse et difficile à organiser.
D’un point de vue académique, alors que l’on recense une multiplication très significative des
articles en sciences de l’ingénieur sur cette technologie verte, côté sciences humaines et sociales,
la littérature est encore relativement pauvre à ce sujet. Pourtant, identifier et comprendre (i) les
enjeux organisationnels ainsi que sociaux du développement des bioénergies et (ii) les processus
d’ancrage local ainsi que les impacts socio-économiques et environnementaux de la valorisation
des déchets verts, semble nécessaire. À ce jour, nous ne recensons que quelques travaux sur les
systèmes énergétiques territoriaux (Barthe, 2009 et Tritz, 2012 sur la valorisation du bois ; Fléty,
2014 sur la mise en place d’un observatoire pour la territorialisation de l’énergie) mais pas
spécifiquement sur la méthanisation. Pourtant, cette dernière permet (i) une production et une
1
Ministère de la transition écologique et solidaire
3
consommation locale de l’énergie à partir de ressources du territoire et (ii) de constituer une forme
de production décentralisée d’énergie durable, et ce, à plus ou moins grande échelle : exploitation
individuelle de type « à la ferme » avec un méthaniseur intégré à l’exploitation agricole, projet de
dimension industrielle porté par des coopératives agricoles ou des entreprises de l’énergie.
Pour autant, ces projets de méthanisation ne sont pas sans poser quelques controverses. A l’inverse
des projets « à la ferme », les unités de méthanisation de dimension industrielle suscitent souvent
des craintes de la part des riverains et de l’opinion publique locale (Zemo et al., 2019). En effet, si
la population locale interrogée est bien souvent d’accord sur le principe de la nécessité de lutter
contre le changement climatique au niveau local (écologisation des pratiques), cette dernière n’est
souvent pas prête à accueillir sur son territoire des installations destinées à y parvenir
(territorialisation de la transition énergétique), encore moins lorsqu’elles sont situées à proximité
de chez elle. Le rejet exprimé par les populations locales et des associations de riverains des
territoires accueillants les projets de méthanisation s’articule le plus souvent autour de questions
relatives aux nuisances olfactives et sonores et sur le possible encombrement des routes par les
camions pour acheminer les matières premières jusqu’au méthaniseur. Le risque de dépréciation
du prix des valeurs immobilières situées en proximité fait aussi partie des craintes et pousse les
riverains à réagir contre les projets. Une étude récente sur l’implantation des projets de
méthaniseurs en milieu rural au Danemark (Zemo et al., op.cit. ) a montré, qu’au-delà des
phénomènes de NIMBY (not in my back yard)
2
, les impacts négatifs sur la valeur immobilière de
plus de onze mille transactions de résidences sont davantage causés par la taille des projets que par
la localisation de ces derniers : les grandes installations de production de méthanisation ont un
impact négatif et significatif sur la valeur des propriétés résidentielles rurales, tandis que les
installations de production de méthanisation à la ferme ont un impact positif et significatif. Tous
ces arguments peuvent jouer en faveur de certaines discussions et de pressions mises sur les élus
locaux pour retarder, voire rejeter, les projets d’installations sur leur territoire. Il en résulte parfois
que le maire, qui était favorable au projet, finalement ne le soutienne plus du fait d’associations de
riverains qui rejettent le projet. On retrouve ici le phénomène NIMEY (not in my electoral year).
En outre, il existe aussi un certain nombre d’autres controverses qui ne concernent pas directement
le phénomène NIMBY. Par exemple, la méthanisation n’est pas sans poser des problèmes de
pollutions liées au digestat (Aissani et al., 2013 ; Nkoa, 2014) et, avec les changements d’utilisation
2
En français « pas derrière chez moi », néologisme pour exprimer le rejet des projets porteurs de nuisances éventuelles
à proximités des résidences
4
des sols à des fins de production énergétique, cela produit une altération sur la teneur en carbone
organique des sols et des émissions de gaz à effets de serre ou de particules fines. Toutefois, les
impacts réels directs et indirects sont encore difficilement mesurables (Harris et al., 2015). Une
autre controverse concerne la question de la concurrence pour les ressources entre les méthaniseurs
ou avec d’autres filières en particulier l’industrie agroalimentaire avec une production de
matières premières agricoles dédiée exclusivement aux méthaniseurs (Wilkinson, 2011 ; Srirangan
et al., 2012). Or, une étude met en lumière une augmentation des prix du foncier pour ces terres
arables utilisées pour la production énergétique et alimentaire (Rathmann et al, 2010)
3
. D’un autre
côté, les défenseurs des cultures énergétiques expliquent que ce sont des terres marginales qui
doivent être utilisées, trop pauvres et inappropriées pour la culture alimentaire, voire pas encore
défrichées dans certains pays du sud (Shortall et al. 2019).
Dans un contexte où la méthanisation est loin de faire l’unanimité, il n’est pas étonnant que 20% à
30% des projets de méthanisation (ADEME 2014) soient abandonnés en raison des difficultés à
mettre sur pied une stratégie permettant de lever les problèmes soulevés dans les controverses.
D’autres obstacles peuvent également expliquer la lenteur du déploiement des projets tels que le
manque d’adhésion, les problèmes de coordination entre acteurs et de mise en œuvre de dispositifs
de gouvernance territoriale adéquats. Dès lors, on peut s’interroger sur la place que pourrait jouer
les collectivités locales pour favoriser le développement de la méthanisation en France. Aussi, notre
proposition vise à analyser dans quelle mesure les collectivités locales favorisent-elles le
développement de la méthanisation. Nous faisons l’hypothèse de la capacité des collectivités
locales à changer les manières de penser et à infléchir des conduites sociales liées à la méthanisation
(écologisation des pratiques) en se plaçant comme véritables acteurs intermédiaires. Nous émettons
également l’hypothèse qu’elles facilitent l’ancrage territorial de la filière en mobilisant des déchets
issus de la biomasse (territorialisation de la transition énergétique). De ce fait, nous interrogerons
à la fois les freins et les leviers à son ancrage local et son déploiement sur les territoires en
mobilisant la grille de lecture des proximités territoriales (Torre et Beuret, 2012).
Pour ce faire, nous avons procédé à la réalisation dentretiens semi-directifs auprès de 53 parties
prenantes
4
de projets ou d’unités existantes de méthanisation ayant accepté de répondre à notre
3
Notons également que le coût d’opportunité à utiliser ces terres pour produire de l’alimentation augmente avec les
rémunérations liées à la production énergétique, ce qui fait s’inquiéter certains sur la quantité de nourriture disponibles
à terme pour nourrir la population.
4
La campagne d’entretiens (entièrement retranscrits) a été menée auprès de quatorze interlocuteurs territoriaux
(Chambre d’Agriculture, ADEME, etc.), onze riverains de projets de méthanisation collective, six associations (pro et
5
étude, à l’échelle territoriale du Grand-Ouest français
5
entre juillet 2016 et mars 2018. Le protocole
d’entretien a reposé sur une trentaine de questions, regroupées autour de trois grandes thématiques,
axées sur (i) les freins et leviers au projet, (ii) les questions de proximité entre les acteurs et les
collaborations entre eux (iii) et la perception de l’économie circulaire et de la transition énergétique
et de ses enjeux.
Notre article présente tout d’abord le cadre théorique et empirique mobilisé pour répondre à notre
problématique, puis la seconde partie présente les principaux résultats autour de la place et du rôle
de la collectivité comme acteur intermédiaire favorisant le déploiement de la méthanisation sur les
territoires.
1. La méthanisation : entre changements des pratiques et ancrage local
Dans une première partie, il est mis en évidence en quoi la biomasse constitue une ressource
territoriale à valoriser dans le contexte de la transition énergétique. Puis, il est présenté le rôle de
la collectivité comme acteur intermédiaire pour le déploiement de la méthanisation sur les
territoires.
1.1. La biomasse comme ressource territoriale pour la transition énergétique
1.1.1. Des intérêts de mobiliser la biomasse
L’interdépendance des processus territoriaux et énergétiques incite à un changement de paradigme
et à la considération du contexte territorial (Fléty, 2014). Le discours dominant et par ailleurs
assez récent indique notamment que la transition énergétique passe par le développement et la
mise en œuvre de l’écologie industrielle et territoriale (Buclet, 2013 ; Brullot et al., 2017) et de
l’économie circulaire dans les territoires (Brullot et Gobert, 2014). En France, les intervenants de
la Conférence environnementale sur le Développement Durable de 2012
6
insistaient sur la nécessité
anti-méthanisation), huit entreprises (porteur de projet et partie prenante), sept élus (maire, président de communauté
de communes et député) et sept agriculteurs (porteur de projet et partie prenante).
5
Notre zone d’étude s’étend sur trois régions administratives françaises, à savoir la Normandie, la Bretagne et les Pays
de la Loire. Depuis 2004, 91 projets de méthanisation collective avec une valorisation exclusive ou partielle de déchets
issus de la biomasse ont émergé dans le Grand-Ouest français au 1er Juillet 2018. Les projets sur lesquels des entretiens
semi-directifs ont été menés : Agrigaz Vire à Vire-Normandie (14), Géotexia au Mené (22) Biogaz de Gaillon à Gaillon
(27), Percy Biogaz à Percy en-Normandie (50), le Lycée agricole à Coutances (50), Fertiwatt à Fougerolles du Plessis
(53), Agrimaine Méthanisation à Charchigné (53), Oudon Biogaz à Livré la Touche (53) et Méthamaine à Meslay du
Maine (53).
6
Ce cycle de Conférences annuelle des 14 et 15 septembre 2012 a fait suite au Grenelle 2 de l’Environnement organisé
en 2010.
6
de réfléchir à une réforme des modes de production et de consommation de l’énergie afin de
promouvoir les énergies renouvelables et les dynamiques d’innovation qui leur sont associées.
Dans ce cadre, les territoires et les industries sont amenés à réfléchir à des solutions technologiques
permettant (i) un traitement plus économe et plus efficace des déchets, (ii) ainsi que de produire de
l’énergie par et pour le territoire. Parmi les technologies actuelles, nous nous intéresserons plus
spécifiquement à la méthanisation comme source de développement économique et territorial qui
permet également une protection environnementale. Comme le souligne Barthe (2009), les espaces
ruraux peuvent être considérés comme des « générateurs de bioressources ». Ils constituent des
facteurs de maintien, de relance ou de création d’activités pour les dynamiser. Lambert et
Georgeault (2014) rappellent à cet effet que la problématique de la gestion des ressources n’est
plus cantonnée à un public d’écologistes et d’académiques. Elle a maintenant des répercussions au
niveau économique et ses impacts sont particulièrement concrets. L’État, la recherche, les
entreprises, les citoyens et les décideurs politiques perçoivent l’importance du sujet et les enjeux
environnementaux, économiques et sociétaux qu’il induit. On comprend dès lors pourquoi le
MTES (2018) s’y intéresse plus particulièrement en ce moment, et ce malgré les controverses
présentées dans l’introduction de l’article.
Pour les collectivités territoriales, les avantages sont multiples : (i) réalisation d’économies, (ii)
création de nouvelles filières énergétiques durables et (iii) développement demplois locaux
(ADEME, 2015). Par exemple, Guenther-Lübbers et al. (2016) analysent les effets de
l'augmentation de la production de biogaz sur l'emploi et la valeur ajoutée dans les zones rurales
en Basse-Saxe et identifient un impact positif et significatif de la méthanisation sur les territoires
étudiés. Il souligne qu’il s’agit d’une manière efficace d’associer la recherche et l’innovation
sociale en créant de la valeur ajoutée dans le respect de l’environnement, de transformer et de
valoriser les déchets, de créer une nouvelle source d’énergie et de limiter la consommation
d’énergies fossiles au profit d’énergies vertes alternatives.
Pour les agriculteurs, faire de la biomasse une bioressource signifie d’une part, une réduction de la
dépendance énergétique puisque la cogénération et l’injection permettent d’alimenter
l’exploitation ou le réseau en électricité, en chaleur et en gaz et d’autre part, une diminution de
la dépendance aux engrais minéraux car il est possible d’utiliser le digestat comme fertilisant pour
les sols agricoles. Ainsi, cette énergie renouvelable est particulièrement intéressante à analyser car
elle est par nature ancrée localement et peut-être considérée, de ce point de vue, comme une forme
7
de système productif local, constitué par la mobilisation de ressources spécifiques et la mise en
synergies d’acteurs locaux autours d’un projet de dimension territoriale.
1.1.2. Mobiliser la biomasse par la mise en place d’un système énergétique territorial
La littérature scientifique sur la concentration spatiale d’unités productives spécialisées dans un
secteur d’activité (districts industriels, clusters et autres systèmes productifs) est abondante. Plus
spécifiquement, de nombreux chercheurs se sont attachés à étudier les Systèmes Productifs Locaux
(SPL) comme des formes organisationnelles ancrées localement (Pecqueur, 1989 ; Courlet et
Pecqueur, 1993 ; Colletis et al., 1999 ; Courlet, 2002 et 2013) et répondant à une logique territoriale
de proximité. Plus récemment encore, des travaux ont abordé ces questions sous l’angle de
l’énergie (Tritz, 2012 ; Fléty, 2014) menant à l’apparition du concept de Système Energétique
Territorial (SET). Nous pouvons définir ce dernier comme un système pluri-acteurs et
multifonctionnel ancré localement et destiné à produire de l’énergie à partir de différents types de
ressources (y compris des bioressources). Ce SET va alors chercher à mobiliser les ressources
territoriales pour mettre en œuvre la transition énergétique au niveau local. L’installation de
digesteurs anaérobie permettra ensuite de les utiliser comme une ressource offrant plusieurs
avantages environnementaux
7
, agricoles et socio-économiques
8
(Holm-Nielsen et al., 2009 ; Tritz,
2013). La notion de ressource territoriale s’est développée au travers de la recherche de solutions
à la crise du modèle fordiste. On part alors de l’idée que les handicaps (apparents ou pointés) des
territoires en particulier les plus en difficultés (ruraux, périphériques, de montagne, …)
pouvaient développer des projets à partir de leur milieu et des ressources spécifiques (Lamara,
2009). D’un point de vue économique, les ressources identifiées, fruits au final des interactions
sociales entre acteurs, constituent ainsi de nouvelles forces et atouts qu’il faut ensuite réussir à
valoriser : la ressource territoriale apparaît comme « une caractéristique construite d’un territoire
spécifique et ce, dans une optique de développement. » (Pecqueur et Gumuchian, 2007). La
reconnaissance du territoire comme objet économique permet d’en faire ressortir les ressources qui
vont le rendre alors spécifique. Aujourd’hui, l’injonction du développement durable et d’éco-
responsabilité des projets de développement, impose une réflexion et des synergies entre acteurs
7
Notons que plusieurs travaux utilisant des Analyses de Cycle de Vie insistent sur les conséquences écologiques à la
fois positives mais aussi négatives de la méthanisation, celles-ci variant beaucoup en fonction du contexte
environnemental (Aissani et al., 2013 ; Laurent F., 2015).
8
À la faveur de l'amélioration de la qualité des engrais du fumier, à la réduction considérable des odeurs et à
l'inactivation des agents pathogènes et, enfin et surtout, à la production de biogaz, une énergie renouvelable
8
pour la valorisation des ressources à l’échelle locale et de leur apport dans la chaîne de valeur des
systèmes productifs.
La question de l’utilisation de déchets pour en faire des ressources territoriales locales par la mise
en œuvre d’un SET fait ainsi explicitement référence au concept praxéologique d’économie
circulaire dont l’appropriation et la discussion d’un point de vue académique est récente
(Arnsperger et Bourg, 2016). On est dans la rencontre de la ressource (matières premières par
exemple, ou résidu de matières) avec un système de production (Keïbir, 2006). L’économie
circulaire est présentée comme un nouveau modèle économique permettant de concilier croissance
économique et protection de l’environnement (Zhu et al., 2011 ; ADEME, 2014 ; Sauvé et al.,
2016). Elle vise à optimiser l’usage des ressources territoriales, la réduction des déchets et
l’amélioration de la qualité de vie des populations (Yuan et Moriguichi, 2006 ; Zhijun et Nailing,
2007 ; Esposito et al., 2015). De ce point de vue, nous pouvons considérer la méthanisation comme
une forme d’économie circulaire dans le sens où les déchets verts suivent un cycle et sont utilisés
in fine comme une ressource à vocation économique et écologique.
Comme le remarquent Durand et al. (2012), depuis les années 1990, la gestion des déchets a changé
et l’on cherche désormais à minimiser leurs flux en cherchant à imposer le principe de proximité.
Ce dernier rejoint les principes de l’économie circulaire qui met en avant le cadre territorial local
(Bahers et al., 2017). Pourtant, dans sa définition, le concept d’économie circulaire n’intègre guère
une dimension spatiale. Aussi, dans notre article, nous avons souhaité interroger l’importance que
les parties prenantes de la méthanisation accordaient à la notion de proximité dans la mise en place
des projets, qu’elle soit géographique (dimension spatiale faisant référence à la distance et donc à
la territorialisation de cette énergie renouvelable) ou organisée (dimension relationnelle faisant
référence à la capacité d’une organisation à faire interagir ses membres au service d’un projet et
donc aux pratiques d’acteurs par rapport à cette énergie verte). Plus spécifiquement, nous avons
analysé quelle place occupaient les collectivités territoriales pour favoriser les proximités
géographiques et organisées et dans quelle mesure elles favorisaient l’intermédiation territoriale
(Nadou, 2013), autrement dit, comment elles endosseraient le rôle de facilitatrices des projets de
méthanisation et de territorialisation des pratiques d’écologisation des territoires.
1.2. L’intermédiation comme facteur de territorialisation de la méthanisation et
d’écologisation des pratiques
1.2.1. Créer des proximités géographiques et organisées pour développer la méthanisation
9
La question de la proximité est très prégnante dans les projets de méthanisation car la valorisation
de la biomasse implique nécessairement un ancrage territorial local fort, conduisant à des relations
entre acteurs d’ordre géographique (plus ou moins proches, de manière contrainte ou non) et
organisationnels (existence de rapports conventionnels, institutionnels, formalisés ou non). Aussi,
nous pensons que la grille théorique et méthodologique de la Proximité (Rallet et Torre, 1999 ;
Pecqueur et Zimmerman, 2004 ; Torre et Rallet, 2005) tant dans ses dimensions géographiques
(Torre, 2009) que de son activation par la gouvernance territoriale (Torre, 2014) est pertinente pour
caractériser l’émergence d’un Système Énergétique Territorial et en comprendre le
fonctionnement.
Dans ce cadre, les travaux sur la proximité ont donné lieu à de nombreuses définitions et
déclinaisons, aussi bien sur des questions économiques et d’innovation, que concernant d’autres
champs disciplinaires (aménagement, sociologie, sciences de gestion). On distingue deux grandes
catégories que sont la proximité géographique et la proximité organisée (Torre, 2009). Le
croisement de ces deux types de proximité aboutit au concept de proximités territoriales (Torre et
Beuret, 2012). L’analyse de ces dernières est en particulier mobilisée lorsqu’il s’agit d’aborder les
conflits d’usage des espaces, permettant ainsi de cristalliser les difficultés dans les rapports de
coordination entre acteurs. Les projets de méthanisation concentrent ces aspects où les dimensions
spatiales et d’acceptation sociale jouent un rôle fondamental dans les relations entre les parties
prenantes des projets. Le conflit met au cœur des discussions et des décisions des acteurs qui ne
sont pas toujours inclues initialement et peuvent rebattre les cartes des proximités et des relations
entre les acteurs territoriaux (Nadou et Demazière, 2018) intéressés par le projet.
1.2.2. Entre proximité géographique choisie et subie
Même si la notion de proximité géographique révèle avant tout un rapport de distance entre
individus ou activités et s’attache à en étudier les ressorts, elle peut recouvrir aussi des analyses sur
cherchant à analyser si cette proximité est choisie/recherchée ou subie (Torre, 2009). De ce point
de vue, lorsque les acteurs souhaitent volontairement s’éloigner ou se rapprocher, on peut parler de
proximité géographique choisie. Elle correspond à la volonté de la part de certains acteurs de
chercher à se rapprocher ou se mettre à distance d’autres acteurs, de ressources, de lieux spécifiques
ou d’objets techniques. À l’inverse, la proximité géographique peut être vécue comme subie dès
lors que les individus se trouvent confrontés dans leur espace proche à une infrastructure, à un lieu,
à un autre acteur pour lequel ils ne souhaitent pas être localisés à proximité. Le cas s’est
fréquemment posé dans des territoires où le développement des éoliennes terrestres proches
10
d’habitations ou maritimes proches du littoral a entrainé des conflits. L’infrastructure porte alors
atteinte, selon les opposants, à la quiétude des lieux (nuisances sonores des pales et turbines), à la
beauté des paysages ou encore à la baisse de la valeur immobilière des habitations. La perception
d’une proximité géographique subie varie en fonction de dimensions sociales telles que l’âge, le
genre, la profession, l’environnement de la personne, etc.
Notons qu’à côté de ces deux modes de proximité géographique dite « permanente », on relève
aussi un autre type de proximité appelée « temporaire ». La nécessité d'une proximité géographique
temporaire n'exige pas une délocalisation des activités car elle peut être satisfaite par une mobilité
de durée variable. Par exemple, dans le cadre d’un processus de mise en place d’une démarche
participative pour le développement d’un projet de méthanisation, les acteurs du territoire peuvent
être amenés à se déplacer en un même lieu pour, le temps d’une réunion publique, échanger
ensemble sur le projet ; on parlera alors d’activation ponctuelle et simultanée de la proximité
géographique et de la proximité organisée.
1.2.3. La proximité organisée comme levier de la gouvernance territoriale des projets de
méthanisation
En dehors du rapport géographique, la proximité apparaît aussi comme organisée entre les acteurs
et repose sur deux logiques que sont l’appartenance et la similitude (Torre, 2010 ; Torre et Beuret,
2012). L’appartenance décrit le fait que les acteurs appartiennent au même réseau de relations, qu’il
soit professionnel ou bien personnel comme au sein de clubs, d’associations culturelles et sportives
ou bien de réseaux sociaux divers. Ces relations peuvent se faire de manière directe ou être
facilitées par un intermédiaire. La proximité organisée sera ainsi plus ou moins grande selon le
degré de connexion des acteurs entre eux, celui-ci pouvant varier dans le temps. L’autre logique
sur laquelle repose la proximité organisée est celle de la similitude. Elle exprime le fait que les
acteurs se reconnaissent dans des projets partagés et adhèrent à des valeurs et des normes
communes et/ou un langage commun. On insiste alors sur les relations cognitives entre les
individus qui peuvent également s’établir sur des communications ou liens plus tacites, mais qui
s’appuient sur des références similaires. Ces deux logiques d’appartenance et de similitude
s’inscrivent dans un mouvement perpétuel en fonction des adhésions de chacun et des rencontres
et relations qui se construisent et se décomposent dans le temps et dans l’espace. Ce sont bien les
socles cognitifs de partage qui unissent les acteurs qui constituent des opportunités à la construction
des coordinations et des proximités. Ces socles peuvent évoluer en fonction du temps et du rythme
11
auquel se rencontrent les individus. L’émergence d’un projet (Torre et Wallet, 2011) peut tout aussi
bien constituer une base de partage tout comme être une source de conflits. Dans un premier temps,
des freins à la construction de coordinations peuvent apparaître. Par exemple, si le projet est conçu
à partir d’une perception des parties prenantes d’un manque de concertation et de consultation,
alors le sentiment d’une proximité géographique subie face au projet augmente ; et ce sentiment
s’accroît d’autant plus qu’il n’existe aucune logique de similitude. Par exemple, des néo-ruraux,
parce qu’ils n'ont pas la même perception de la campagne que les ruraux d’origine, seront moins
enclins à voir se construire proche de leur habitation une unité de méthanisation portée par des
agriculteurs par défaut de systèmes de représentations cognitifs de l’espace rural communs. Mais
d’un autre côté, le conflit d’usage peut aussi participer à une dynamique locale positive contribuant
à l’expression de revendication et à une meilleure structuration des liens et rapports sociaux entre
acteurs d’un territoire (Torre et Caron, 2005).
1.2.4. Une intermédiation territoriale à construire
Le rapprochement d’acteurs, à la fois géographique et organisé, que nécessitent les projets de
méthanisation, tant dans la gestion et l’usage de l’espace que du développement économique des
projets proprement, cristallise et met à l’épreuve les mécanismes de coordination. Les enjeux de
faisabilité, voire de rentabilité financière, d’externalités positives et négatives, sont autant de
paramètres qui vont influencer la gouvernance des projets et les relations sur le territoire. Ainsi,
dans la conduite, le montage et le suivi des projets, il semble nécessaire qu’un acteur puisse être
facilitateur de cette coordination du système et de l’adhésion au projet. De ce point de vue, le
territoire en tant qu’espace de relations, de constructions et de représentations sociales entre
individus, sert d’intermédiation (Lacour et Nadou, 2018). Lorsque l’on parle de territoire de
nombreux acteurs qui le composent peuvent apparaître, publics et privés. Dans la perspective d’une
volonté, d’une stratégie ou d’une politique de territorialisation des pratiques liées à la
méthanisation, on émet l’hypothèse que l’acteur intermédiaire qui peut prendre en charge cette
fonction de facilitation est la collectivité locale qui accueille sur son territoire les projets. Celle-ci
est en capacité de mettre en relation les acteurs et parties prenantes et faciliter leur communication,
la diffusion des informations et mettre en place des dispositifs d’accompagnement au service du
projet. La fonction d’intermédiaire consiste aussi parfois à sélectionner et à introduire des
partenaires susceptibles de fournir, à la fois, des connaissances et des ressources inexistantes sur
un territoire donné (Leroux et al., 2014). Une grande attention a été accordée aux intermédiaires
dans la littérature sur l’analyse des réseaux sociaux (voir notamment Howell, 2006 ou Burt, 2009).
Plus spécifiquement, en science régionale, de nombreuses études ont été menées sur les réseaux
12
d'innovation et le rôle spécifique des brokers comme acteurs transférant des connaissances entre
des organisations/acteurs qui ne sont pas directement lié(e)s (Nooteboom, 2003). Ces
intermédiaires peuvent favoriser (i) la mise en lien d’acteurs, (ii) la communication et de la
reconnaissance mutuelle entre des groupes autrement largement isolés/oubliés (Diani, 2003).
L'établissement de ces liens entre les parties prenantes du projet peuvent avoir une incidence sur
les litiges environnementaux locaux (Devine-Wright, 2012). La référence à l’intermédiation
territoriale est à mettre en relation avec celles de proximités. En effet, elle peut être définie comme
la médiation d’acteurs dans le but de favoriser les proximités pour mener à bien un projet ayant
une dimension territoriale. Ces acteurs intermédiaires ont la particularité d’avoir une légitimité qui
est d’ailleurs indispensable à la mise en œuvre d’une quelconque gouvernance pour développer des
projets de développement territorial (Joyal et Nadou, 2018)
2. La collectivité locale comme acteur de l’écologisation des pratiques et de la
territorialisation de la transition énergétique
Au travers de l’analyse de nos entretiens semi-directifs et de deux cas d’étude, il a été analysé la
place et le rôle que la collectivité jouait en tant que mobilisateur des ressources sur son territoire
mais également d’acteur intermédiaire entre les porteurs de projet, les apporteurs de déchets et les
riverains des unités. Notre étude permet de dégager plusieurs fonctions qu’assurent les collectivités
locales en tant qu’acteur intermédiaire (facilitateur, acteur neutre et pédagogue) pour enclencher
une dynamique de proximité territoriale et favoriser la réussite des projets.
2.1. La collectivité comme mobilisateur des ressources locales
La méthanisation confère à la collectivité deux principaux rôles afin de répondre aux objectifs de
transition énergétique sur son territoire : un apporteur de ressources primaires et un apporteur de
ressources financières. Pour développer nos propos, nous nous appuierons principalement sur deux
exemples de projets d’unités de méthanisation collective (Gaillon et Vire-Normandie) parmi les
neuf que nous avons étudiés.
Premièrement, la collectivité peut inciter les acteurs de son territoire à développer un ou plusieurs
projets de méthanisation collective par l’apport de ses déchets méthanisables (tontes de pelouse,
restes de repas, etc.). Cette écologisation des pratiques, encouragée par la législation et les
13
politiques publiques de développement durable au niveau local, régional ou national
9
, incite en
retour les acteurs territoriaux (agriculteurs, entreprises, industries) à valoriser leurs déchets en
biogaz. Dans le cadre du projet de méthanisation collective à Gaillon dans le département de l’Eure
(figure 1), c’est la communauté de communes qui a initié et piloté le projet. En 2012, cette dernière
avait deux enjeux environnementaux à solutionner : l’agrandissement de la station d’épuration et
celui du centre aquatique intercommunal dans une démarche de développement durable. Le choix
de la méthanisation s’est donc imposé car elle permet, d’une part, de traiter et valoriser les boues
de station d’épuration (STEP) et, d’autre part, de chauffer l’eau d’un bassin aquatique via la
construction d’un réseau de chaleur. Par la suite, c’est un industriel Victoria Group, dont le siège
social est situé dans une commune proche de Gaillon, qui a été choisi par la collectivité pour
exploiter l’unité via son entreprise Biogaz de Gaillon mais aussi gérer le transport des déchets via
son autre entreprise SAS Maillot. Les boues de station d’épuration (49% de la totalité des intrants),
les déchets industriels et ménagers (30% des intrants) et les effluents d’élevage d’agriculteurs
locaux (21% des intrants) sont traités et valorisés en biogaz, et sont également transformés (i) en
électricité via la cogénération et revendue à EDF, ainsi (ii) qu’en chaleur, servant à chauffer la
piscine extérieure du centre aquatique et le collège voisin. La proximité géographique des parties
prenantes et les bonnes relations (décrites par les personnes interviewées avec un sentiment de
coopération et de confiance constante) qu’ont su entretenir les différents acteurs ont largement
facilité cette synergie.
Figure 1. Economie circulaire et acteurs territoriaux du projet de méthanisation collective de
Gaillon
9
Comme des démarches Territoire à Énergie POStitive (TEPOS), Territoire à Énergie Positive pour la Croissance
Verte (TEPCV), Projet d'Aménagement et de Développement Durable, Plans régionaux de gestion des déchets, etc.
14
La collectivité peut également contribuer financièrement à un projet de méthanisation. Elle peut le
faire de manière directe comme certaines Régions ou certains Départements qui proposent de
subventionner des projets de méthanisation collective sur dossier (Conseil régional de Bretagne,
Conseil département de la Mayenne, etc.) ; mais aussi de manière indirecte : par exemple, dans le
cadre du projet de méthanisation à Vire-Normandie dans le département du Calvados (figure 2), la
commune dans la perspective de créer une nouvelle déchèterie a décidé de construire un Pôle
Environnement (avec le SEROC
10
) en regroupant sur un même site la déchèterie, une plate-forme
de compostage et un quai de transfert des déchets. La collectivité a proposé aux porteurs de projet
de l’unité de méthanisation collective Agrigaz Vire, laquelle regroupe un collectif d’une
quarantaine d’agriculteurs plusieurs industriels locaux, de localiser leur usine au sein du futur Pôle
Environnement afin de répondre à leurs difficultés de trouver un terrain adéquat pour leur projet
proximité d’un réseau de distribution de gaz pour l’injection de biogaz, éloigné des premières
habitations, etc…). Le terrain désiré appartenant à un lycée agricole a été acheté par la commune
en contrepartie de la vente de terres humides lui appartenant, prisées par ledit lycée. Cette
10
Syndicat mixte de traitement et de valorisation des déchets ménagers de la Région Ouest Calvados.
15
mutualisation des coûts a donc permis aux porteurs de projet de se libérer d’un achat de terrain et
d’aménagements annexes beaucoup plus coûteux que s’ils avaient été seuls.
Figure 2. Economie circulaire et acteurs territoriaux du projet de méthanisation collective de Vire-
Normandie
2.2. La collectivité comme acteur intermédiaire : une proximité géographique nécessaire mais
non suffisante
La collectivité locale joue également le rôle d’acteur intermédiaire dans certaines situations. En
effet, la collectivité a pour mission d’appliquer des politiques de développement local sur son
territoire et est donc, par définition, un acteur de proximité auprès des habitants et pour les projets
initiés. Au regard des différents projets analysés dans notre étude, la collectivité joue pleinement
son rôle d’acteur intermédiaire en favorisant la conjonction entre les proximités géographique et
organisée afin de faciliter le développement et lacceptabilité des projets de méthanisation au sein
de la population locale. À partir de verbatim issus de notre campagne d’entretiens semi-directifs
auprès des acteurs de la méthanisation et en mobilisant le cadre d’analyse des proximités, nous
pouvons dégager plusieurs situations d’intermédiation organisées par les collectivités, à savoir le
rôle de facilitateur, d’acteur neutre, de pédagogue.
16
Une première consiste à jouer le rôle de facilitateur en organisant les proximités cognitives.
L’objectif est alors d’associer un maximum de personnes au projet pour le légitimer (associations
environnementales, financeurs, riverains, etc.). Les élus sont bien souvent très connus localement
et disposent d’un réseau qui leur permet de mettre en relation les porteurs de projets avec les
« bonnes » personnes. Or, lorsque ceux-ci ne sont pas issus du territoire, ils ont un besoin important
en intermédiation pour connaître les parties prenantes locales avec lesquelles ils devront travailler
par la suite. Cette aide peut être également cruciale dans la recherche de partenaires en amont de
la filière (apporteurs de matières premières de type biomasse) qu’en aval (consommateurs
potentiels d’électricité, de chaleur et/ou de biogaz). Par ailleurs, dans la plupart des cas, les
collectivités locales jouent ce rôle de facilitateur, aussi bien dans la mise en relation avec les acteurs
du territoire que dans la mise à disposition et l’appui à l’ingénierie des projets, notamment d’un
point de vue cadastral et urbanistique. Ils accompagnent également les porteurs dans la recherche
d’un terrain propice à accueillir un digesteur (mobilisation de ressources territoriales) ou encore
les aident dans les démarches administratives.
« Je me suis dévoué pour faire la paperasse […] Parfois ils se font des nœuds à la tête quand
même quand ils nous pondent tous ces documents à remplir et à fournir ! » (Agriculteur faisant
partie du projet de Vire-Normandie)
Deuxièmement, l’étude approfondie des interviews met en lumière la difficulté de la mise en œuvre
des projets de méthanisation, en particulier lors ce qu’il est question d’acceptabilité sociale. On
retrouve ici le phénomène NIMBY qui a déété montré dans la littérature (ADEME, 2002 ;
Maillebouis, 2003) dans le contexte de la construction d’éoliennes terrestres ou off-shore par
exemple. En particulier, sur plusieurs territoires d’étude, on identifie une forme de proximité
géographique subie.
« J’étais là avant eux […] On n’a jamais demandé à avoir une usine comme ça à côté de nous,
c’est pas juste » (riverain de l’unité de Livré-la-Touche)
« Ça sent beaucoup ! c’est ça le bémol…mais c’est par moment, selon le sens du vent en fait ! »
(Riverain de l’unité Geotexia au Mené, Côtes d’Armor)
De fait, les habitants situés à proximité immédiate d’une unité de méthanisation peuvent se sentir
lésés, avec un sentiment de ne pas avoir été consultés avant pour décider de la localisation. Ce
sentiment d’injustice renvoie à la perception subjective d’équité dans le processus de mise en place
des usines de biogaz. Elle est liée à des aspects tels que le choix du site (sa localisation) et la
procédure de permis, les possibilités de démarches participatives, la quantité d’informations
disponibles, etc. Les perceptions de justice et d’équité sont inhérentes au bien-être d’une
17
communauté locale. Des situations perçues comme inéquitables peuvent mener à des protestations
et à des conflits entre acteurs, en particulier lorsque des décisions semblent avantager certains
acteurs aux dépens d’autres. Ce fut le cas sur plusieurs de nos terrains d’études comme à Craon
(Mayenne) ou encore à Percy-en-Normandie (Manche) où les projets ont été abandonnés. Ainsi, si
les communautés locales perçoivent que des intérêts extérieurs monopolisent la plupart des
bénéfices de l’énergie générée ou si elles ne sont pas impliquées dans les processus de
développement, elles pourraient nourrir le sentiment d’être injustement traitées et prendre part à un
activisme d’opposition. Or, lorsque l’on compare les projets subissant une forte opposition locale
ou, au contraire, n’ayant pas connu de pressions de la part des riverains notamment, on remarque
que la consultation de la population a fait la différence. Dans ces cas-ci, la collectivité locale a
participé activement à l’information et à la communication (permanence en mairie, publicité,
organisation de réunions publiques, etc.). Lorsque la proximité organisée n’est pas mobilisée ou
bien trop tardivement, autrement dit quand les parties prenantes du projet n’ont pas été associées
dans sa construction, les projets font l’objet de problèmes avec les habitants. Nos résultats
rejoignent les travaux de Soland et al. (2013) qui montrent qu’un déficit d’informations et d’un
manque de démocratie participative pouvait expliquer les hostilités locales.
« Le dossier était presque fini quand, nous, on en a entendu parler ! On ne pouvait pas se laisser
faire » (riverain du projet de méthanisation Agrigaz à Vire-Normandie, Calvados)
A l’inverse, plusieurs projets ont eu l’adhésion des riverains et des autres acteurs locaux car ils ont
fait l’objet d’un large processus de concertation, de communication et d’explication. En particulier,
dans ces situations, l’accompagnement de la collectivité locale dans ce processus a souvent été
décisif.
« C’est pour ça que l’on a joué la carte de la transparence dès le départ, en expliquant les choses,
en allant voir les gens, leur disant ce qui allait se passer, et cetera. On a organisé des visites
d’unités situées sur d’autres territoires […] Enfin, il y a plein de choses qui ont été faites en termes
d’information, de sensibilisation » (maire de Vire-Normandie, Calvados).
« On a donc pris la compétence « réseau de chaleur comme il y avait deux clients à proximité de
l’unité de méthanisation : la piscine et le collège » (présidente de la Communauté de Communes
Eure Madrie et Seine, Eure).
Il ressort de manière très explicite dans nos entretiens que l'information (entendue comme les
connaissances sur le projet, leur degré d’expertise et leur fiabilité) est au cœur de la controverse.
Les processus d'interprétation par lesquels les acteurs concernés tentent de comprendre leur
situation sont fortement tributaires des connaissances, de l'information et de leur degré d’expertise.
18
Les processus de concertation peuvent jouer un rôle crucial dans la diffusion d'informations fiables,
y compris des preuves et des données à l’appui. Dans les cas étudiés le projet a abouti, la
collectivité a joué un rôle essentiel en fournissant aux habitants des informations (inaccessibles au
public) sur les risques prévalents ou à venir, l'expertise nécessaire pour agir et en formulant les
questions environnementales d'une manière qui légitime les préoccupations locales et politise les
perspectives locales. En l’espèce, bien souvent, l’élu rappelait à ses concitoyens l’intérêt de la
construction d’un digesteur afin d’atteindre les objectifs stratégiques fixés par les documents de
planification en termes d’objectifs de développement durable et de transition énergétique.
Troisièmement, en tant qu’acteur intermédiaire, les collectivités ont également soutenu les
communautés locales en représentant parfois les populations affectées directement par
l’installation d’une unité de méthanisation et en défendant leurs revendications auprès des porteurs
de projet. Ainsi, tout en restant neutre, la collectivité peut proposer des pistes d’exploration
d’évolution du projet, notamment en cas d’opposition. Dans nos entretiens, on remarque souvent
que certains élus faisaient remonter les interrogations des habitants et arrivaient ainsi à négocier
des modifications dans le projet. Le porteur de projet était, en général, enclin à proposer des
améliorations pour le bien-être des habitants. Cela lui évitait ainsi la constitution d’une association
anti-méthanisation (proximité géographique subie) si les riverains n’avaient pas eu le sentiment
d’avoir été entendus lors des réunions publiques (proximité géographique temporaire).
Quatrièmement, la circulation d’informations sur les actions litigieuses et les problèmes liés au
biogaz dans d'autres territoires peuvent modifier la perception qu'ont les riverains de la menace et
des opportunités liées à la méthanisation. Or, ceci peut influencer à la fois l'apparition et le mode
d'action des habitants vis-à-vis de cette énergie. En particulier, cette connaissance (parfois pointue,
parfois erronée de manière volontaire ou involontaire) peut être essentielle pour mobiliser la
controverse. De fait, de nombreuses collectivités ont organisé de la proximité géographique
temporaire via des visites de digesteurs en fonctionnement localisés sur d’autres territoires afin de
« rassurer » les riverains et leur délivrer une information juste. Il n’est pas rare qu’elles mobilisent
des experts faisant autorité et jouant un rôle crucial dans la « certification » de l'information. Lors
de ce type d’actions, la collectivité joue le rôle de pédagogue en tant qu’acteur intermédiaire
territorial. L'information doit être validée pour être crédible tant au sein des communautés affectées
(riverains en particulier) qu'aux yeux du grand public, étant donné que les litiges en matière
d'environnement dépendent fortement d’« experts neutres » ou de personnalités publiques
influentes pour interpréter les questions en jeu d'une manière crédible.
19
Dans les neuf cas d’étude (projets ou unités existantes enquêtés), on relève le rôle joué par la
collectivité comme créateur de confiance et de transparence. Lorsqu’elle est à l’initiative ou quand
elle accompagne de manière active le porteur du projet, les projets semblent faire l’objet de moins
voire aucune opposition majeure pouvant entraîner l’arrêt définitif du projet. De ce point de vue,
on considère que la collectivité joue le rôle d’acteur neutre, et bien souvent permet de rassurer les
citoyens car il y a un portage politique fort et une confiance dans l’élu qui appuie le projet.
Au regard de l’analyse des différents entretiens, nous avons identifié différentes formes
d’intermédiation (tableau 1) que peuvent offrir les collectivités qui visent à favoriser le déploiement
de la méthanisation collective sur les territoires. Plus spécifiquement, il a été relevé les rôles de
facilitateur, d’acteur neutre et de pédagogue pour favoriser les proximités et ainsi faciliter
l’émergence de projets.
Tableau 1. Les différentes formes d’intermédiation territoriale dans un projet
Forme
d’intermédiation
Intervention
Moment d’intervention
Facilitateur
Mise à disposition de parcelles (anticipation
éventuelle dans les documents d’urbanisme)
Avant la mise en place des projets
Facilitateur
Aide dans la recherche de parcelles
Phase de diagnostic
Facilitateur
Acteur neutre
Repérer les consommateurs de chaleur de son
territoire (industries, infrastructures
(inter)communales…) pour un éventuel partenariat
Avant la mise en place des projets,
pendant l’étude de faisabilité
Facilitateur
Veiller au respect des distances règlementaires (vis-
à-vis des riverains surtout)
Pendant la phase des démarches
administratives
Facilitateur
Pédagogue
Veiller à l’information en matière de
règlementations urbanistiques auprès des porteurs
Sur sollicitation du porteur, ou
phase des démarches
administratives ou de diagnostic
Pédagogue
Aide à l’organisation d’évènements grand public
(de type portes ouvertes d’une unité déjà en
fonctionnement)
Durant l’enquête publique ou dès la
phase d’émergence
Pédagogue
Facilitateur
Information et communication autour des projets
auprès de la population (permanences en mairie,
publicité, articles dans les journaux…)
Dès le début
Acteur neutre
Facilitateur
Soutenir le projet en cas d’opposition tout en restant
neutre, explorer les pistes légitimant l’opposition
En cas d’opposition
Facilitateur
Mise à disposition de moyens humains et/ou
matériels pour accompagner les porteurs de projet
ou les aider dans la mise en place de leur projet
(salles, minibus pour les visites…)
Dès le début et tout au long du
projet
Pédagogue
Être disponible en cas de besoin d’informations
Sur sollicitation des porteurs ou dès
le début du projet
Facilitateur
Acteur neutre
Mise en relation avec les interlocuteurs intervenant
tout au long de la vie du projet (financeurs, services
de l’Etat, etc.)
Dès le début et tout au long du
projet
20
Facilitateur
Jouer un rôle de facilitateur dans les démarches
administratives et à la compréhension de celles-ci
Au moment des démarches
administratives ou dès le début du
projet
Acteur neutre
Facilitateur
Associer un maximum de personnes au projet pour
le légitimer (associations environnementales,
financeurs…)
Tout au long des étapes du projet
Source : auteurs
Conclusion
Dans le cadre systémique qui caractérise les sociétés actuelles, les institutions et nombre de
chercheurs identifient la transition énergétique comme l'unique voie permettant de faire coexister
croissance économique, équité sociale et préservation environnementale. Aussi, la méthanisation
constitue un moyen pour les territoires de travailler à leur transition et leur autonomie énergétique
ainsi qu’à leur résilience. Du fait qu’elle utilise des ressources territoriales locales, elle permet de
mettre en place les conditions d’un ancrage local des activités (proximité géographique). Pourtant,
elle fait l’objet de revendications, notamment des populations locales qui adoptent un principe de
NIMBY. Bien souvent, ces dernières ne sont pas contre les projets visant à développer les énergies
renouvelables mais contre la localisation des installations (proximité géographique subie). Dès lors,
nous nous sommes interrogés sur le rôle que pouvaient jouer les collectivités territoriales dans le
dialogue et la confiance entre les différentes parties prenantes, ainsi que dans l’organisation de
proximités relationnelles favorables à l’acceptabilité sociale des projets de méthanisation
(proximité organisée).
Nos résultats montrent que le rôle d’acteur intermédiaire qu’occupent les collectivités locales est
déterminant dans la réussite des projets. Cette intermédiation se caractérise par différents rôles :
facilitateur, acteur neutre, pédagogue. Ainsi, les acteurs intermédiaires territoriaux permettent (i)
d’être garant des proximités géographiques, (ii) d’installer une confiance avec les acteurs locaux
en étant garant des proximités organisées et (iii) d’avoir un rôle d’incitateur (et donc
d’écologisation des pratiques) car cela pérennise les approvisionnements et l’achat des outputs
(énergie).
Une enquête plus large à destination des populations (connaitre leurs trajectoires et mobilités
résidentielles, recueil de données socio-économiques, etc.) permettrait d’identifier un éventuel
différentiel entre les urbains et les ruraux à propos de l’acceptation des projets, notamment chez
les néo-ruraux qui ont quitté la ville pour fuir ses nuisances (sonore, visuelle, etc.). L’hypothèse
21
d’une perception d’une proximité géographique subie qui varie selon la dimension sociale (âge,
genre, profession, etc.) pourrait être également étudiée dans des travaux futurs.
Références bibliographiques
ADEME, 2012. Synthèse du sondage sur la perception de l’énergie éolienne en France, rapport
d’études.
ADEME, 2014. Notion à la une : économie circulaire, Rapport de synthèse
ADEME, 2014. Analyse du risque porte par les projets de méthanisation et propositions de bonnes
pratiques préventives, rapport de synthèse, Décembre 2014
ADEME, 2015. Methanisation. Fiche Technique.
Aissani, L., Collet, A., & Béline, F., 2013. Détermination de l'intérêt environnemental via l'analyse
du cycle de vie du traitement des effluents organiques par méthanisation au regard des contraintes
territoriales. Sciences Eaux Territoires, (3), 78-85.
Arnsperger C., Bourg D., 2016. Vers une économie authentiquement circulaire: Réflexions sur les
fondements d’un indicateur de circularité, Revue de l’OFCE, 145(1), p. 91.
Bahers J. B., Durand M., Beraud H., 2017. Quelle territorialité pour l’économie circulaire?
Interprétation des typologies de proximité dans la gestion des déchets. Flux, (3), 129-141.
Barthe L., 2009. Les espaces ruraux de faible densité, générateurs de bioressources. DIACT, Paris.
Bollon J., Le-Hyaric R., Benbelkacem H., Buffiere P., 2011. Development of a kinetic model for
anaerobic dry digestion processes: Focus on acetate degradation and moisture content. Biochemical
Engineering Journal, 56(3), 212-218.
Brullot S., Gobert, J., 2014. L’EIT, une stratégie innovante pour la transition écologique des
territoires et des entreprises. Communication lors du Colloque interdisciplinaire sur l'écologie
industrielle et territoriale COLEIT 2014.
Brullot S., Junqua G., Zuindeau B., 2017. Écologie industrielle et territoriale à l’heure de la
transition écologique et sociale de l’économie. Revue d’Économie Régionale & Urbaine, (5), 771-
796.
Buclet N., 2013. L'écologie industrielle et territoriale: vers une économie de la rareté. In Vivien, F.
D., Lepart, J., & Marty, P. L'évaluation de la durabilité: une mise en perspective. Editions Quæ,
pp. 153-173.
22
Burt R. S., 2009. Structural holes: The social structure of competition. Harvard university press.
Commission européenne, 2017. Septième rapport sur la cohésion économique, sociale et
territoriale, Bruxelles
Courlet C., 2002. Les systèmes productifs localisés. Etudes et Recherches sur les Systèmes
Agraires et le Développement, INRA Editions, 27-40.
Courlet C., 2013. Du développement économique situé. Critique économique, (18).
Courlet C., Pecqueur, B., Soulage, B., 1993. Industrie et dynamiques de territoires. Revue
d'économie industrielle, 64(1), 7-21.
Devine-Wright P., 2012. Fostering public engagement in wind energy development: the role of
intermediaries and community benefits. In Learning from Wind Power (pp. 194-214). Palgrave
Macmillan, London.
Diani M., 2003. Leaders or brokers? Positions and influence in social movement networks. In
McAdam, M. D. D. 2003. Social movements and networks: Relational approaches to collective
action. Oxford University Press, 105-122.
Durand M., 2012. La gestion des déchets dans une ville en développement: comment tirer profit
des difficultés actuelles à Lima?. Flux, (1), 18-28.
Esposito M., Tse, T., Soufani, K., 2017. Is the Circular Economy a New Fast‐Expanding Market?.
Thunderbird International Business Review, 59(1), 9-14.
Fléty Y., 2014. Vers une mise en observation des systèmes énergétiques territoriaux: une approche
géographique pour territorialiser l'énergie, Thèse de doctorat, Université de Franche-Comté
Guenther-Lübbers W., Bergmann H., & Theuvsen L., 2016. Potential analysis of the biogas
productionas measured by effects of added value and employment. Journal of cleaner production,
129, 556-564.
Harris Z.M., Spare R., Taylor G., 2015. Land use change to bioenergy: A meta-analysis of soil
carbon and GHG emissions, Biomass and Bioenergy, 82, p.27-39
Holm-Nielsen J. B., Al Seadi T., & Oleskowicz-Popiel P., 2009. The future of anaerobic digestion
and biogas utilization. Bioresource technology, 10022, 5478-5484.
Howells J., 2006. Intermediation and the role of intermediaries in innovation. Research policy, 355,
715-728.
23
Joyal A., Nadou F., 2018. L'intermédiation territoriale au service de l'entrepreneuriat. Illustrations
à partir des " arrangements " de production locaux au Brésil, in B. Pecqueur et F. Nadou,
Dynamiques territoriales et mutations économiques, Transition, intermédiation, innovation,
L'Harmattan, Paris, pp. 197-223.
Keïbir L., 2006. Ressource et développement régional, quels enjeux ?, Revue d'Economie
Régionale & Urbaine, (5), 701-723.
Lacour C., Nadou F., 2018. Le triomphe du territoire, mais quelle victoire ?, in B. Pecqueur et F.
Nadou, Dynamiques territoriales et mutations économiques, Transition, intermédiation,
innovation, L'Harmattan, Paris, pp. 31-51.
Lamara H., 2009. Les deux piliers de la construction territoriale : coordination des acteurs et
ressources territoriales, Développement durable et territoires [En ligne], Varia (2004-2010)
Lambert F. M., Georgeault, L., 2014. Les axes majeurs du développement d'une politique
d'économie circulaire. In Annales des Mines-Responsabilité et environnement (No. 4, pp. 19-22).
ESKA.
Laurent, F. (2015). Évaluation des performances environnementales de l'insertion d'une filière de
méthanisation centralisée au sein d'un territoire, Thèse de doctorat, Rennes 1.
Leroux I., Muller P., Plottu B., Widehem C., 2014. Innovation ouverte et évolution des business
models dans les pôles de compétitivité : le rôle des intermédiaires dans a création variétale végétale,
Revue d'économie industrielle, 146, 115-151.
Maillebouis C., 2003. NIMBY ou la colère des lieux. Le cas des parcs éoliens. Natures, Sciences,
Sociétés, 11(2), 190-194.
Menozzi M-J., Flipo F., Pecaud D., 2009. Energie et société. Sciences, gouvernance et usages.
Edisud, Aix-en-Provence.
MTES (2018), Plan de libération des énergies renouvelables, Groupe de travail" méthanisation",
Paris
Nadou F., 2013. Intermédiation territoriale et spatialisation des activités économiques: cohérences
et contradictions de l'action publique locale: investigation par la planification stratégique, Thèse de
doctorat, Université de Tours.
24
Nadou F., Demazière C., 2018. L'aménagement à la rencontre des proximités. Application à la
planification spatiale et à la coopération intercommunale en France, Revue d'Economie Régionale
& Urbaine, (5-6), 1235-1260
Nations Unies (2018), Global Trends in Renewable Energy Investment 2018 report, UN
Environment Programme (UNEP)
Nkoa R., 2014. Agricultural benefits and environmental risks of soil fertilization with anaerobic
digestates: a review. Agronomy for Sustainable Development, 342, 473-492.
Nooteboom B., 2003. Inter-firm collaboration, learning and networks: An integrated approach.
Routledge.
Pecqueur B., Gumuchian H., 2007. La ressource territoriale, Economica, Paris
Pecqueur B., 1989. Milieu économique et nouvelle industrialisation. Revue Tiers Monde, 423-432.
Pecqueur B., Zimmermann, J. B., 2004. Les fondements d’une économie de proximités. Economie
de proximités, Paris, Editions Lavoisier, 13-41.
Rallet A., 2002. L'économie de proximités. Etudes et Recherches sur les Systèmes Agraires et le
Développement, INRA Editions, 11-25.
Rallet A., Torre, A., 1999. Is geographical proximity necessary in the innovation networks in the
era of global economy?. GeoJournal, 49(4), 373-380.
Rathmann R., Szklo A., Schaeffer R., 2010. Land use competition for production of food and liquid
biofuels: An analysis of the arguments in the current debate, Renewable Energy, 35, 14-22.
Sauvé S., Normandin, D., McDonald, M., 2016. Économie circulaire. Une transition
incontournable, Les Presses de l’université de Montréal
Shortall O.K., Anker Helle Tegner, Sandøe Peter, Gamborg Christian., 2019. Room at the margins
for energy-crops? A qualitative analysis of stakeholder views on the use of marginal land for
biomass production in Denmark, Biomass and Bioenergy, 123, 51-58
Soland M., Steimer N., & Walter G., 2013. Local acceptance of existing biogas plants in
Switzerland. Energy Policy, 61, 802-810.
Srirangan K., Akawi L., Moo-Young M., & Chou C.P., 2012. Towards sustainable production of
clean energy carriers from biomass resources. Applied energy, 100, 172-186.
Torre A., 2009. Retour sur la notion de proximité géographique, Géographie, économie, société,
11 (1), 63-75.
25
Torre A., 2010. Jalons pour une analyse dynamique des Proximités. Revue d’Économie Régionale
& Urbaine, (3), 409-437.
Torre A., 2014. Proximity relation at the heart of territorial development processes : from clusters,
spatial conflicts and temporary geographical proximity to territorial governance, in A. Torre et F.
Wallet (eds), Regional development and proximity relations, Cheltenham, UK, Elgar Edward.
Torre A., Beuret, J. E., 2012. Proximités territoriales: construire la gouvernance des territoires,
entre conventions, conflits et concertations. Economica.
Torre A., Caron A., 2005. Réflexions sur les dimensions négatives de la proximité : le cas des
conflits d’usages et de voisinage, Economie et Institutions, (6-7), 183-219
Torre A, Aznar O, Bonin M, Caron A, Chia E, Galman M, Guérin M, Jeanneaux Ph, Kirat Th,
Lefranc Ch, Melot R, Paoli J.-C, Salazar M.-I, Thinon P., 2006. Conflits et tensions autour des
usages de l’espace dans les territoires ruraux et périurbains. le cas de six zones géographiques
françaises, Revue d’économie régionale et urbaine (3), 415-453.
Torre A., Bourdin, S., 2015. Big Bang Territorial: La réforme des régions en débat. Armand Colin.
Torre A., Rallet A., 2005. Proximity and localization, Regional Studies, 39(1), 47-60.
Torre A., WalleT F., 2011. La gouvernance territoriale au service des processus et des politiques
de développement des territoires, in Resmini L., Torre A. (eds), " Competitivita Territoriale:
Determinanti e Politiche ", Franco Angeli, Milan.
Tritz Y., 2012. Le Système énergétique agri-territorial: les bioénergies comme outil de
développement local. Géographie, économie, société, 14(1), 31-52.
Tritz Y., 2013. Mieux valoriser les ressources rurales pour la production d'énergies renouvelables
en développant des démarches intégrées à l'échelle des territoires. Pour, 2, 197-205.
Wilkinson K. G., 2011. A comparison of the drivers influencing adoption of on-farm anaerobic
digestion in Germany and Australia. Biomass and bioenergy, 355, 1613-1622.
Yuan Z., Bi, J., Moriguichi, Y., 2006. The circular economy: A new development strategy in China.
Journal of Industrial Ecology, 10(1‐2), 4-8.
Zemo K. H., Panduro T. E., & Termansen M, 2019. Impact of biogas plants on rural residential
property values and implications for local acceptance. Energy Policy, 129, 1121-1131
Zerrouki S., Rihani, R., Bentahar, F., 2017. Etude de la digestion anaérobie des effluents issus de
l’industrie agroalimentaire. Nature & Technology, (17).
26
Zhijun F., Nailing, Y., 2007. Putting a circular economy into practice in China. Sustainability
Science, 2(1), 95-101.
Zhu Q., Geng, Y., Lai, K. H., 2011. Environmental Supply Chain Cooperation and Its Effect on
the Circular Economy Practice‐Performance Relationship Among Chinese Manufacturers. Journal
of Industrial Ecology, 15(3), 405-419.
... En lien avec leur mission de mise en oeuvre des politiques de développement local, « les collectivités territoriales sont des acteurs de proximité par définition » (Bourdin et al, 2019). En effet, l'inscription de l'alimentation dans leur agenda, notamment par le biais de diverses politiques publiques (Plan Barnier 2009, LAAAF 2014, Egalim 2018, a renforcé les approches partenariales coordonnées par ces collectivités sur leurs territoires. ...
Thesis
A partir d’un postulat qui considère les collectifs (groupes) comme acteurs du changement, la thèse a interrogé les modalités de construction et de fonctionnement des initiatives collectives en circuits agroalimentaires de proximité d’une part. Elle a d’autre part questionné la place et le rôle des collectivités territoriales dans l’émergence et la coordination de ces initiatives dans les territoires. En mobilisant «l’économie des proximités » et la « sociologie économique », l’analyse s’est appuyée sur les données qualitatives issues d’enquêtes auprès des membres de cinq initiatives en Nouvelle-Aquitaine. Les principaux résultats notre analyse sont regroupés en quatre points. Le premier point montre que l’inertie interne des collectifs étudiés repose fortement sur des réalités sociales autres que les cadres formels de régulation, la conséquence étant une coexistence des modes de gouvernance formels et informels qui s’auto-renforcent dans le temps. Plutôt que d’appréhender la place et le rôle des collectivités à partir de leurs compétences comme ce qui est fait jusqu’ici, nous avons fait le choix de donner directement la parole aux porteurs de ces initiatives. A partir de cette approche, le deuxième point montre que les collectivités bénéficient d’une perception globalement positive de la part de tous les acteurs. Ces derniers ont identifié une diversité de rôles que jouent (ou peuvent jouer) les collectivités territoriales que nous avons résumés en deux types : (i) mettre au tour d’une même table tous les acteurs gravitant autour des questions agricoles dans une perspective de gouvernance alimentaire territoriale ; (ii) soutenir financièrement les initiatives collectives afin qu’elles contribuent à structurer l’offre agricole locale pour la faire correspondre à la demande alimentaire du territoire(troisième point). Cependant, si les collectivités parviennent à jouer le premier rôle en mettant les acteurs autour de la table, le quatrième point montre qu’elles n’arrivent pas à créer de valeurs communes permettant de concilier les différentes normes et valeurs poursuivies par les initiatives collectives selon qu’elles s’inscrivent dans des modèles agricoles différents. Partant du constat que ces divergences de valeurs conduisent à des inefficacités dans les tentatives de coordination, l’une de nos recommandations pour les collectivités est de prioriser des actions permettant de concilier ces divergences, en fléchant par exemple certaines de leurs interventions.
... S'ensuivront plus de 3 heures d'échanges houleux relevant plutôt de l'invective, du « dialogue de sourds », voire de l'intimidation que du débat démocratique. » (Compte rendu d'observation de Fabrice Raffin de la réunion publique du 23 septembre 2020, organisée dans la cour de l'école de la commune.) 1 L'opposition des élus locaux et des populations à l'implantation d'usine de production de gaz méthane à partir de la fermentation de matières organiques (appelées ici unités ou usines de méthanisation) est aujourd'hui fréquemment observée (Bourdin et al., 2019 ;Kortsch et al., 2015). En se référant à l'un de ces projets d'implantation dans une petite commune située à une soixantaine de kilomètres de Paris, ce texte propose d'aborder « de l'intérieur » certains aspects de ces oppositions, en insistant sur la constitution de formes d'argumentation politique des protagonistes. 2 Pour ce faire, cet article se fonde sur une méthodologie participative que nous avons construite durant plus d'un an en tant que membre d'un cabinet d'études. ...
Article
This article proposes to analyse the landscape as a process relating to a collective action mobilising various human, quasi-human, and non-human groups (Akrich et al., 2006), with crossed, conflicting, and converging interests evolving over time, but who are also in situations of competition, indifference, accommodation, and even assimilation (Grafmeyer and Joseph, 2009). A definition of the landscape that therefore involves at the same time the actor-network theories and the sociological interactionist approach (Le Breton, 2012). Using ethnographic participative observation based on our role in the collective action, the aim is to analyse the process of the implementation of a development project contributing to the production of a landscape : the installation of a biogas plant 60 km from Paris. The article focuses on the omnipresence of environmental factors in the organisation of public debate and more precisely on the role of anthropized biodiversity as a framework. The notion of biodiversity is constructed through a systematically anthropomorphic or human-referenced perspective, through the mobilisation of science for the purposes of argumentation. It then intervenes in the constitution of audiences (Céfaï, 2015) and of problematic situations relating to land use planning, which are implicitly part of a struggle to maintain a landscape in its existing state.
... Sur le rôle de facilitateur de projets, de dialogue et/ou de mise en connaissance entre acteurs, de nombreuses initiatives sur les territoires existent et se développent, à l'instar de ce que nous montre le rôle des collectivités territoriales en matière de développement de solutions innovantes en économie circulaire et d'utilisation des déchets comme celles actuellement avec la méthanisation. La collectivité apparaît comme facilitateur de la mise en discussion des acteurs locaux autour des projets de méthanisation aux prises avec la territorialisation des politiques de transitions énergétiques (Bourdin et al., 2019). ...
... Par ailleurs, le fait que certains agriculteurs aient d'ores et déjà choisi de se positionner dans la filière de la méthanisation en tant que simples apporteurs de matière rappelle que l'industrialisation de cette filière risque de conduire les agriculteurs à renoncer au statut de porteurs de projet et aux potentielles plus-values qui vont avec. Ceci est d'autant plus vrai que l'insertion de l'UM dans un projet agricole ou de territoire accentue les risques d'effet NIMBY (voir Bourdin et al. 2019), que les industriels pourraient gérer via des projets certes plus imposants mais aussi plus éloignés des habitations. ...
Article
Full-text available
Comptant aujourd’hui plus de 700 unités de méthanisation (UM), la filière de la méthanisation se structure en France depuis une dizaine d’années à la faveur du soutien des politiques publiques, en s’appuyant sur une diversité grandissante des modèles économiques de méthanisation. L’article propose une revue de littérature des classifications existantes d’UM en montrant qu’elles s’appuient principalement sur des critères techniques et juridiques. Pour aller audelà, l’article s’appuie sur 53 entretiens semi-directifs menés auprès d’agriculteurs du GrandEst, de l’Ile-de-France et de la Nouvelle Aquitaine et 40 entretiens conduits auprès d’acteurs institutionnels. Il présente de nouvelles classifications basées sur les stratégies et les motivations des acteurs, des connaissances plus subjectives et qualitatives, permettant de mieux appréhender l’évolution de la filière. L’article se termine alors sur une discussion sur le devenir des différents modèles d’UM dans le contexte de reconfiguration en cours de la filière.
... Bien souvent, il est nécessaire de faire appel à un acteur intermédiaire territorial pour favoriser l'implication des acteurs et l'acceptabilité sociale. Dans le cadre de la méthanisation, les collectivités territoriales semblent jouer ce rôle (Bourdin et al., 2019a ;Bourdin et Nadou, 2020). ...
Article
Full-text available
Les projets d’énergies renouvelables sont loin de faire l’unanimité au niveau local alors qu’ils sont en général soutenus dans l’opinion publique comme moyens de lutter contre le changement climatique. L’attitude NIMBYiste est souvent relevée comme un facteur expliquant ces oppositions locales. Or, nous pensons qu’il existe d’autres déterminants plus importants et que l’acceptabilité sociale est un phénomène bien plus complexe. L’objectif de l’étude est donc d’identifier les facteurs expliquant les différences en termes d’acceptabilité sociale. Pour cela, nous nous appuyons sur le cas du déploiement de la méthanisation en France, au travers de l’analyse d’entretiens semi-directifs menés auprès de 49 parties prenantes de projets. Nous mettons en évidence le rôle de la gouvernance territoriale mais aussi de l’attachement au lieu comme paramètres majeurs permettant d’expliquer une plus ou moins grande acceptabilité locale. Loin d’être perçues comme freinant un projet, les oppositions citoyennes doivent être appréhendées comme faisant partie intégrante de la gouvernance territoriale, appelant la mise en place de démarches plus participatives.
Article
The remanence of the principles of the Republic in the public funding of start-ups The purpose of this article is to show the capacity of a socially responsible investor to institutionalise its values in the organisational field. It is about going beyond the financial aspect of this type of investment to focus on the societal aspect. When he leaves the Company’s capital, it is not certain that a trace of the practices and beliefs he wished to institutionalise remains. The concept of discursive institutional work is mobilised to study the institutionalisation of values in the field. We apply it to the study of the dissemination of the priorities set out in the charter of the “Banque publique d’investissement” (Bpifrance) in the field of start-ups that it finances. Bpifrance is an agency of the French State. The lexicometric study of a corpus of 300 texts is carried out by the Iramuteq software and the result shows that institutionalization is primarily linked to the sector of activity.
Article
Full-text available
In this paper, we investigate the impact of large- and farm-scale biogas plants on the rural residential property values. We use data from 11,279 rural housing transactions in the period 2007–2015 and trace spatial effects of biogas plants on the local property market. Our results show that large biogas plants have a significant negative impact on rural residential property values while farm-scale biogas plants have a significant positive impact. The findings suggest that preferences for or against biogas plants cannot be explained by either a NIMBY or a PIMBY phenomenon and the paper explores potential reasons for the observed disparity in valuation of farm- and large-scale biogas plants. An economic impact assessment of the choice of facility type, based on a concrete case study, indicates that the impact on residential property values may tip the scale in favor of farm-scale biogas plants. Based on these results, policy implications for planning and expansion of biogas production are discussed.
Article
Full-text available
Ce travail expérimental effectué à l'échelle laboratoire révèle les principaux résultats relatifs à l'étude du processus de la digestion anaérobie des effluents issus de l’industrie agroalimentaire. Dans notre cas, il s’agit d’un effluent composé essentiellement de jus d’orange et d’abricot. Pour cela, nous avons suivi les paramètres qui influencent directement le processus de fermentation à savoir : la croissance de la flore microbienne, la demande chimique en oxygène, le pH. Le volume total de biogaz récupéré après une fermentation de 552 heures en milieu acide est de 23055NmL. La dégradation de la matière organique a conduit à un taux d’abattement de 60%. Par ailleurs, les quantités de méthane produites et analysées par GC/MS sont satisfaisantes (71%). La cinétique de production de biogaz a été modélisée avec le modèle de Gompertz modifié. Un bon accord entre ce modèle et les données expérimentales a été obtenu.
Article
Full-text available
Si l’économie circulaire structure aujourd’hui le débat public autour des questions de maîtrise des flux de matière dans le cadre de la transition socio-écologique, la question de sa territorialité n’est pas véritablement posée publiquement. L’une des façons de comprendre ces enjeux est de cibler l’un des trois grands domaines qui la composent, le plus ancien et le plus structuré : la gestion des déchets. En effet, les logiques spatiales se complexifient, avec comme cadre de référence l’application du « principe de proximité ». Pour autant, rien n’indique ni l’échelle ni les modalités de cette proximité. Elle semble être à géométrie très variable en fonction du type d’acteur qui la prend en charge, du type de déchets et de la structuration des filières. Cet article cherchera donc à comprendre l’opérationnalisation du principe de proximité en fonction des acteurs de la gestion des déchets, afin d’analyser comment ces acteurs s’approprient les enjeux territoriaux de l’économie circulaire. While the notion of a circular economy structures public debate regarding socio-ecological transitions of material flows, the issue of its territoriality has not been greatly discussed. One way to understand these issues is to focus the analysis on one of the main and oldest domains: waste management. Indeed, spatial approaches become more complex within the framework of a proximity principle. However, there is no definition of the geographical scale or modalities of this proximity. It is implemented in different ways according to the types of waste, the stakeholders in charge and the organisation of the industrial chain. This article analyses therefore the implementation of proximity, in order to understand how the territorial issues of a circular economy are appropriated.
Article
Greater production of agricultural biomass for energy generation means a greater overlap between the energy and agricultural value chains. The production of biofuels from food crops was previously criticised as conflicting with food production. Use of so-called 'marginal land' is proposed to overcome previous controversies. Using interviews and document analysis, this paper explores the meaning of 'marginal land' for non-food energy crop production in Denmark and conflicts that arose over its proposed use. In Denmark there was a different conception of marginal land-environmentally sensitive land where intensive cultivation causes impacts. Policies were put in place to promote the use of this 'environmentally marginal land'. However, competing environmental objectives for this land-for different types of biodiversity, ecosystems services and aesthetic preferences meant these policies were repealed. The paper shows how discussions of biomass production on agricultural land, and particularly marginal land, reflect the nuances of competing land uses in agriculturally intensive countries like Denmark. It is not only a matter of trade-offs between different types of agricultural production, such as food and fuel, or between environmental benefits and production, but over the optimal environmental use of the land to achieve multi-functional benefits. As well as questions of equity, access and practicality, the marginal land debate in agriculturally intensive countries needs to include questions of appropriate and desired environmental outcomes and means of stakeholder engagement to establish these.
Article
Planning to meet the Proximities Spatial planning and territorial co-operation of intercommunal type constitute a set of key practices of today's territorial action, made of relations of various actors and constrained, more or less, to work together on a given geographical perimeter and medium-term strategic development objectives. The reading grid offered by the work of the "proximity school" is interesting to analyze the coordination and governance behaviors between territorial actors. They are at the same time instigators of the development and planning schemes with strategic scope and regulation, and carrying out approaches for inter-municipal co-operation. At a time when the territorial reform is changing these cooperation, we can point to forms of geographical and organized proximity, even territorial, diversified according to territories.
Article
Territorial and industrial ecology at the time of the socio-ecological transition of the economy Industrial and territorial ecology ( Ite ) give rise to numerous research issues in various disciplines ranging from engineering to human and social sciences. The works carried out in France in this field focus on the territory, its stakes and its actors, as an object of study or as dimensions to consider in the implementation of Ite initiatives. To facilitate the emergence of a multidisciplinary scientific community around the Ite and the development of interdisciplinary works, two symposia has been organized by the University of Technology of Troyes and the Imt Mines Alès in Troyes in 2012 and 2014. This article aims to introduce the special issues resulting from the second edition of the symposium ( Coleit 2014), dealing with the problem of the contribution of the Ite to the ecological and social transition of the economy.
Chapter
In land-use planning, how developers engage with local residents is a crucial element in shaping public acceptance of large-scale renewable energy projects (Devine-Wright 2011). This chapter compares two UK offshore wind energy projects (Lincs and Gwynt y Mor) that were associated with contrasting levels of public acceptance. Data from in-depth interviews with key stakeholders were analysed to investigate how mechanisms and strategies of community engagement were constructed and practiced. These reveal the contrasting ways that development organisations with weak local ties seek to embed themselves in places affected by development proposals, through the strategic use of intermediaries and the provision of community benefits. In the Lincs case, which had low levels of public objection, the developer employed an intermediary early in the consultation process who can be characterised as playing a locally-based, education-oriented, ‘info-mediary’ (Fischer and Guy 2009) role. By contrast, in the Gwynt y Mor case that was associated with high levels of public objection, the developer employed an intermediary following the consultation process who can be characterised as playing a regionally based, passive, ‘PR’, representative role.
Article
Inter-firm relations are not new. But fast developments in technology and globalization have led to increased opportunities for international alliances, and an upsurge in the interest in inter-organizational relations. With the time ripe for a unified theory of collaboration, Inter-firm Collaboration, Learning and Networks surveys the current field, connects differing perspectives and answers questions about who should collaborate, why, and how. Emphasizing learning and innovation, this book offers an integrated account of the key issues in the design and management of inter-firm relations and networks. It takes a uniquely interdisciplinary approach, bringing together perspectives from economics, sociology and management to offer a new kind of book on this subject. Supporting theory, the book includes illustrative case examples taken from a variety of firm, network and industry types. Coherent and wide-reaching, Inter-firm Collaboration, Learning and Networks provides students and academics in economics, business, sociology, social psychology and economic geography with the tools required to understand this topical and highly relevant subject.