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Note sur les Coléoptères endémiques ou remarquables de l’Hérault : Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) (Tenebrionidae : Diaperinae)

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Le coléoptère Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) est présenté à travers une synthèse des connaissances actuelles. Des photos de son biotope, de son habitus, de l’organe génital du mâle ainsi qu’une carte de répartition viennent agrémenter quelques éléments de diagnose. The beetle Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) is presented through a synthesis of current knowledge. Photos of its biotope, its habitus, the genital organ of the male and a distribution map come to decorate some elements of diagnosis.
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Volume 157 Année 2018
ANNALES
de la
SOCIÉTÉ D’HORTICULTURE
et
D’HISTOIRE NATURELLE
de
L’HÉRAULT
Annales SHHNH - Vol. 157
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Note sur les Coléoptères endémiques ou remarquables de l’Hérault :
Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) (Tenebrionidae : Diaperinae)
Cédric Alonso
16, rue du Bourguet, F-34230 Le Pouget (entomo34@orange.fr)
Résumé
Le coléoptère Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) est présenté à travers une synthèse des connais-
sances actuelles. Des photos de son biotope, de son habitus, de l’organe génital du mâle ainsi qu’une
carte de répartition viennent agrémenter quelques éléments de diagnose.
Mots-clés : Coleoptera ; Tenebrionidae ; Pseudoseriscius pruinosus ; Hérault ; sabulicole.
Abstract
The beetle Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) is presented through a synthesis of current
knowledge. Photos of its biotope, its habitus, the genital organ of the male and a distribution map
come to decorate some elements of diagnosis.
Keywords : Coleoptera ; Tenebrionidae ; Pseudoseriscius pruinosus ; Hérault ; sabulicolous.
Introduction
L
e genre Pseudoseriscius a été initialement décrit comme sous-genre de Crypticus Latreille, 1817 par F.
Español [1949, 1955]. Il fut par la suite élevé au rang de genre sur la base de caractères morpholo-
giques tels que la pubescence fournie du corps et la symétrie de l’organe copulateur des mâles. Le
genre comprend à ce jour 14 espèces essentiellement paléarctiques [Löbl & Smetana, 2008]. Il s’agit
d’insectes fouisseurs, psammophiles, affectionnant principalement les terrains dunaires du littoral ou
les berges sablonneuses des grands cours d’eau. Les imagos se rencontrent enterrés à faible profon-
deur dans le sable au pied des plantes ou parfois au collet de celles-ci. Certaines espèces sont insulaires
et peuplent des iles ou des archipels (Canaries, Baléares, Madère, Chypre, Malte). De fait, alors
marquées par cet isolat géographique, celles-ci sont enclines à un endémisme prononcé. D’autres
espèces, au contraire, occupent de vastes aires de répartition continentales souvent discontinues et
morcelées en suivant les biotopes propices et favorables à leur éthologie.
C’est le cas de Pseudoseriscius pruinosus ( Fig. 1) qui est connu de l’Afrique du nord (Maroc, Lybie) et de
l’Europe (France, Espagne, Portugal).
Fig. 1 : Habitus de Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820).
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Historique et répartition
En France, les premiers spécimens de Pseudoseriscius pruinosus ont été découverts sur le littoral héraultais
en octobre 1994 par F. Soldati [1995]. Ils furent récoltés sur la plage du Lido à l’est de Marseillan-
Plage. Des recherches ultérieures permirent d’établir la présence de cette espèce sur l’ensemble de ce
mince cordon dunaire, entre Sète et Marseillan, bordé au sud par la méditerranée et au nord par l’étang
de Thau (Fig. 2). A ce jour, il s’agit de la seule localité française.
Liste des localités connues de Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) :
Systématique
Pseudoseriscius pruinosus est un Tene-
brionidae Diaperinae. Cette sous-
famille qui comprend une quaran-
taine d’espèces en France est carac-
térisée par l’avant dernier article
antennaire pas plus large que le
précédent, par les mâchoires vues
de dessous qui ne sont pas cachées
par le menton. Les épipleures des
élytres sont normaux, bien
distincts, sans faux épipleures au
dessus et étroits, soit en entier, soit
à partir du tiers ou du quart de
l’élytre. Les antennes sont au moins
aussi longues que la tête. Enfin,
chez les Diaperinae, l’épistome ne
présente pas d’échancrure flagrante
en son milieu et la tête est enfoncée dans le pronotum.
Au sein de cette sous-famille, le genre Pseudoseriscius se distingue par la tête visible de dessus, par ses
antennes simples et grêles, par la pubescence fournie sur les téguments et par la base du labre qui est
recouverte par l’épistome.
France :
-Sète : Plage du Lido entre Sète et Marseillan.
Portugal :
- Faro.
- Portimao.
Espagne :
- Barcelona Alrededores de la capital ; Farola del
Llobregat ; Prat del Llobregat.
- Tarragona : San Vicente de Calders ; Torre-
dembarra.
- Valencia : Alrededores de la capital ; Albufera ;
Palomar ; Los Valles.
- Alicante : Denia ; Torrevieja.
- Murcia : Cabo de Palos ; Cartagena.
- Almería : Alrededores de la capital.
- Málaga : Alrededores de la capital.
- Cádiz : Algeciras.
Maroc :
- Beni Snassen.
- Oujda.
- Melilla.
- Nador : Plage Cap de l’Eau.
- Al Hoceïma.
- Beni Urriagel.
Lybie : sans précisions.
Fig. 2 : Répartition en France de Pseudoseriscius pruinosus (Dufour,
1820).
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Diagnose
D’une longueur de 4-5 mm, le corps en ovale allongé, modérément convexe, d'un brun rougeâtre,
plus ou moins foncé est couvert d'une pubescence fine jaunâtre, toujours plus claire que les
téguments. Cette pubescence formant souvent des petites taches sombres, arrangées de façon irrégu-
lière, particulièrement sur les élytres (Fig. 3). La ponctuation est dense, fine et rugueuse. Les marges
élytrales et pronotonales présentent tout au plus une série de poils fins, court, à peine visibles.
Antennes assez robustes, sensiblement élargies à l'extrémité, dépassant un peu la moitié du pronotum,
avec les cinq ou six derniers articles presque aussi longs que larges. Les stries ponctuées des élytres
sont peu visibles dans la ponctuation générale. Les tibias antérieurs et moyens des mâles sont armés
dans l’angle apical interne d’une courte série d'épines, densément placées en forme de peigne.
L’organe copulateur des mâles, en vue
latérale, est faiblement courbé. Le bord
dorsal du lobe médian est légèrement
sinué vers le tiers basal. Les paramères
sont bien plus courts que le lobe médian
et recourbés en crochet à leur extrémité.
En vue ventrale, les bords latéraux du
lobe médian sont convexes et élargis
avant l’apex qui forme une pointe
émoussée traversée par un canal longitu-
dinal médian. Les paramères sont
recourbés en crochet formant un angle
droit à leur extrémité (Fig. 4).
Pseudoseriscius pruinosus présente quelques
variations intraspécifiques de taille, de
couleur de fond, de densité et d’appa-
rence de la pubescence.
Le dimorphisme sexuel est peu accusé,
les mâles portent quelques épines dispo-
sées en peigne à l’angle apical interne
des pro. et mésotibias, ils sont légère-
ment plus sveltes que les femelles et
leurs antennes à peine plus longues.
Éthologie
L’espèce affectionne le sable fin à très
fin des dunes vives (Fig. 5). Elle se
rencontre enterrée au pied des plantes
psammophiles ou parfois sous les débris
végétaux en avant-dune. Les imagos
sont actifs pratiquement toute l’année
mais montrent un très net pic d’activité
au printemps et à l’automne.
Dérangés, la majorité des individus
passe par un court instant de thanatose
avant de s’enterrer rapidement dans le sable.
Fig. 3 : Habitus de Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820).
Fig. 4 : Édeage de Pseudoseriscius pruinosus (Dufour, 1820) en
vue ventrale (a), vue dorsale (b) et vue latérale (c).
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Conclusion
La question posée par F. Soldati [1995] demeure, à savoir si cette population isolée est d’origine
relictuelle ou issue d’une importation accidentelle. Dans tous les cas, il s’agit à ce jour de la station la
plus septentrionale connue. L’espèce n’ayant jamais été rencontrée dans l’Aude dans les Pyrénées-
Orientales dont les plages offrent pourtant des biotopes similaires et à première vue favorables. La
plage du Lido de Sète, comme toutes les plages du littoral, subit une forte affluence touristique
pendant la belle saison. Son aménagement (parkings, piste cyclable…etc) et la fréquentation du site
rendent cette population extrêmement fragile et vulnérable. Les récents travaux de mise en défens et
l’installation de lignes de ganivelles visant à protéger et à revégétaliser ce mince cordon dunaire
montrant déjà des signes de faiblesses.
Bibliographie
Español F., 1949. Contribucion al conocimiento de los Crvpticus del grupo de pruinosus : el subgenero Pseudoseris-
cius Esp. (Col. Tenebrionidae). E.o.s. Madrid XXV : 199-239.
Español F., 1955. Los Crypticini palearcticos. E.o.s. Madrid XXXI : 7-38.
Löbl I. & Smetana A., 2008. Catalogue of Palaearctic Coleoptera, vol. 5. Stenstrup : Apollo Books, 670 pp.
Soldati F., 1995. Un genre et une espèce nouveaux pour la faune de France : Pseudoseriscius pruinosus Duftschmid
(Coleoptera Tenebrionidae). L'Entomologiste 51 (6) : 287-288.
Remerciements
Cette note ne serait pas sans la relecture attentive de MM. G. Duvallet, G. Martin et M. Crousilles de
la Société d'Horticulture et d'Histoire Naturelle de l'Hérault. Qu'ils veuillent bien trouver ici le
témoignage de ma profonde gratitude.
Fig. 5 : Biotope de Pseudoseriscius pruinosus (Dufour , 1820).
Sommaire
Le mot du président ………………………………..………………………..…...... 3
Distribution, écologie et devenir de la Pivoine officinale (
Paeonia officinalis
subsp. microcarpa Nyman) dans le Massif central - M. Debussche &
G. Debussche ………………………………………………………………….…….. 4
L’importance des champignons pour l’Homme : intérêts, dangers et pers-
pectives - F. Fons, S. Morel & S. Rapior …………………….….………………… 31
Note sur les coléoptères endémiques ou remarquables de l’Hérault :
Pseudoseriscius pruinosus
(Dufour, 1820) (Tenebrionidae : Diaperinae) -
C. Alonso ……………………………………………………………………..……… 52
Histoire de la collection de minéralogie de l’Université de Montpellier -
M. Brunet ……………………………………………………………………………. 56
Du Mexique au Groenland en passant par l’Aude et la Lozère : quelques
échantillons remarquables de la collection de minéralogie de l’Université de
Montpellier - V. Dubost …………………………………….………………………. 66
L’œuvre du naturaliste-médecin Hervé Harant (1901-1986) : un chapitre
d’histoire de la pensée biologique à Montpellier - P.O. Methot …………..…….. 77
Données climatiques de l’année 2017 - M. Crousilles ……………...……..……… 98
En première page de couverture : Une plante de Pivoine officinale, certainement âgée, porte cinq hampes flo-
rales et prospère dans les cailloutis calcaires des sommets de la montagne de la Séranne(crédit photographique :
Emilie Andrieu)
ISSN 0373-8701
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Groenland en passant par l'Aude et la Lozère : quelques échantillons remarquables de la collection de minéralogie de l
  • Du Mexique Au
Du Mexique au Groenland en passant par l'Aude et la Lozère : quelques échantillons remarquables de la collection de minéralogie de l'Université de Montpellier -V. Dubost …………………………………….………………………. 66