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Salle de consommation à moindre risque: Les généralistes majoritairement favorables à l'expérimentation

Authors:
Avis, réserves et oppositions
Salle de consommation à moindre risque
Les généralistes majoritairement favorables à l’expérimentation
Virgile Clergue-Duval1, Grégoire Cleirec1, Vanina Taroni2, Julien Azuar3,4
1 Département de Médecine Générale, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, F-75018 Paris. 2 Département de Médecine Générale, Université Paris Est Créteil, F-94010 Créteil.
3 Service de Médecine Addictologique, Hôpital Fernand Widal, AP-HP, Paris, France. 4 Faculté de Médecine, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, Paris, France.
Contact : virgile.med@clergue-duval.net / Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en rapport avec cette étude.
oPopulation cible : 331 médecins généralistes libéraux des 9ème, 10ème, 18ème et
19ème arrondissements de Paris.
oQuestionnaire par courriel, courrier, ou par téléphone (juin-octobre 2015).
oOpinion sur l’expérimentation de la SCMR renseignée par une question fermée.
oQuestion ouverte pour détailler leurs avis.
oRecueil du type d’exercice, âge et genre.
oAnalyses réalisées avec le logiciel R (test du Khi-2 et régression logistique).
oExpérimentation en France des salles de consommation à moindre risque
(SCMR) depuis octobre 2016, au sein du dispositif de réduction des risques et
des dommages (RdRD) [1].
oA Paris, implantation dans le 10ème arrondissement en bordure de l’hôpital
Lariboisière et gestion par l’association Gaïa à l’expertise reconnue [2].
oLes médecins généralistes (MG) du territoire sont concernés en tant qu’acteurs
du dispositif de soins. Leur avis fait aussi référence pour une partie de la
population locale.
Objectif principal : connaître l’opinion les médecins généralistes libéraux du
territoire avoisinant sur l’ouverture de la SCMR parisienne.
Objectifs secondaires : rechercher les facteurs socio-professionnels associés à
une opinion favorable sur la SCMR et relever les opinions et réserves
concernant la SCMR.
Introduction
Méthodes
Résultats
Conclusion Références bibliographiques
oUne majorité de MG libéraux, avec une opinion, favorable à l’expérimentation de la SCMR.
oLes jeunes générations de MG, ayant débuté leur exercice professionnel depuis les années 90
et le développement de la RdRD, ont davantage une vision positive de la SCMR [3,4].
oMG prescripteurs de TSO favorables, comme les autres professionnels de l’addictologie [3,5,6].
oLa priori positif sur la nécessité d’intervenir pour réduire les risques et les dommages n’efface
pas les interrogations sur ce dispositif particulier [7,8].
oRéserves comparables à celles relevées dans les pays des SCMR ont été expérimentées :
un doute sur l'efficacité et la crainte de nuisances à la communauté, notamment concernant
la sécurité [8,9,10,11].
oPersistance d’une critique de la RdRD dans une logique inchangée depuis les années 80
[4,12,13]. Trente ans après les début de la RdRD en France et malgré son efficacité démontrée
[9,14], la même opposition éthique persiste.
oPrincipales limites de l’enquête : biais de réponse différentiel, biais de désirabilité sociale et
biais d’acquiescement
oUne réévaluation plusieurs mois après la mise en place de la SCMR est nécessaire.
111 MG répondeurs (33,5%)
Echantillon comparable à la population cible : âge médian : 57 ans; femmes :
36%; secteur 1 : 82,9%;, cabinet individuel : 57,3% ; adhésion à l’ancien réseau
Paris-Nord : 37,4%
18% « sans opinion »
61,5% favorables [IC95% 50,8-71,6], chez les exprimés, dont 39,3% avec
réserve(s)
38,5% défavorables
En analyse univariée, facteurs associés à une opinion favorable :
âge 50 ans (p=0,014),
être prescripteur de TSO (traitement de substitution aux opiacés) (p=7,9x10-3)
exercer en cabinet de groupe (p= 4,7x10-3)
avoir été adhérent à l’ancien réseau Paris-Nord (p=0,019).
En analyse multivariée, facteurs associés à une opinion favorable :
âge 50 ans : OR 7,47 [IC95% : 1,37-50,1]
être prescripteur de TSO : OR 3,96 [IC95% 1,2-15,3].
1. Article 43 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016.
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Contexte. Louverture de la première salle de consommation à moindres risques (SCMR) en France a eu lieu en octobre 2016 à Paris dans le 10ème arrondissement.
Les médecins généralistes libéraux (MG) du nord de Paris sont concernés en tant qu’acteurs du territoire de soins.
Objectif. Recueillir l’opinion des MG libéraux du nord de Paris sur l’expérimentation de la SCMR.
Méthodes. Tous les MG libéraux des 9ème, 10ème, 18ème et 19ème arrondissements de Paris ont été contactés par téléphone et un questionnaire a été adressé à
ceux qui l’acceptaient.
Résultats. Cent-onze MG ont répondu (âge médian 57 ans, 36 % de femmes, 57,3 % en cabinet individuel) soit 33,5 %. Une majorité des avis exprimés (61,5 %) sont
favorables à l’ouverture de la SCMR (p = 0,036), dont 39,3 % d’entre eux avec des réserves. 18 % de l’échantillon reste sans opinion sur la question. En analyse
multivariée, les facteurs significativement associés à un avis favorable sont l’âge inférieur à 50 ans et le fait d’être prescripteur de traitements de substitution aux
opiacés. Les principales réserves exprimées concernent la sécurité des quartiers environnants.
Conclusion. Les MG sont donc majoritairement favorables à une expérimentation de qualité de la SCMR sur leur territoire, notamment ceux formés à la réduction
des risques depuis les années 90. Cependant ils sont en attente des résultats de son évaluation concrète. Ces résultats méritent d'être réévalués plusieurs mois après
la création de la SCMR.
Résumé
Encore faut-il que
l’encadrement ne soit pas
confié à n'importe qui.
Le risque
d'infection VIH
n'est plus un
problème, les
seringues ne sont
pas chères en
pharmacie.
Pas n'importe où,
peut-être dans une
salle au sein d'un
hôpital.
S'il est prouvé dans
d'autres pays qui ont
ouvert des salles de
shoot que ça favorise
l'accès aux soins.
Non car pour les habitants c'est
catastrophique, ça va ruiner leur
quartier […]; ou alors créer ce centre à
côté des ministères comme ça ces nantis
pourraient juger que c'est très "sympa"
d'avoir ces centres à proximité.
Nécessite
des
soignants
disponible.
C'est cautionner le
fait de se droguer.
L'acceptation, pour la
population mitoyenne de
l'établissement SCMR, paraît
difficile. Qui a envie de voir
autour de chez lui une
concentration de gens dont la
consommation n'est pas
stabilisée?
Ça pose des problèmes avec les
habitants. Ils ont peur pour leurs
enfants. Je fais déjà beaucoup de
certificats de « coup et blessure » à
cause d'agressions dans le quartier.
Impression de "soutenir" la
toxicomanie, de "participer" à
un trafic d'une certaine façon.
Il faut les soigner, pas
leur donner des
substituts
Il faut traiter les
patients par la
psychothérapie pour les
sevrer et les guérir de
leur maladie.
si […] ca n'augmente pas la
dangerosité aux abords de la structure.
Cela élude le
problème de la
pauvreté de la prise
en charge actuelle.
Permet-on aux
diabétiques de
manger des
gâteaux très
sucrés?
Je suis un peu réservée sur les conséquences à
long terme concernant la fréquentation des
quartiers concernés et leur niveau de sécurité .
Si cela permet aux
personnes
fréquentant les
scmr de diminuer
les risques.
Peut aider à resocialiser
les usagers, à limiter des
risques infectieux et
peut-être à décrocher?
Loin de mon cabinet…!
Article
Full-text available
Background On the brink of the opening of the first French drug consumption room in Paris, the general opinion of the local involved health care professionals and drug users was not known. The objective of this study was to determine their expectations and to search for influencing factors. Method We carried out a quantitative cross-sectional study. A multiple choice questionnaire was proposed to the surrounding willing general practitioners (GPs) and pharmacists, to the emergency doctors of Lariboisière hospital, and to the professionals of the harm reduction facilities and their drug users (PWUD). For each question, there was a choice between seven answers, from “− 3” (very negative impact) to “+ 3” (very positive impact). The influence of the characteristics of each group on its mean answers was explored by Mann-Whitney, Kruskal-Wallis, and Spearman’s tests. Results The median expectations among the groups of responding GPs (N = 62), other health care professionals (N = 82), and PWUD (N = 57) were mainly positive. They thought that the drug consumption room (DCR) would improve the health of PWUD, reduce their at-risk behaviors, would not increase drug use or drug dealing in the neighborhood, and would reduce nuisance in the public space. Only the group of GPs expressed that the DCR could decrease the quietness of the neighborhood, and only the group of PWUD had higher expectations that the DCR would decrease the number of arrests and the number of violent behavior. GPs’ expectations were significantly better in terms of health improvement of PWUD and reducing their precariousness if they had a previous experience in addiction medicine (Mann-Whitney, p = 0.004 and p = 0.019), with a longer practice (Spearman’s rho, p = 0.021 and p = 0.009), and if they were currently prescribing opioid substitution treatments (Mann-Whitney, p = 0.030 and p = 0.002). Among non-GPs, those who were working in addiction medicine centers had significantly better expectations than pharmacists, and the professionals of the local emergency department had intermediate expectations. Conclusions Health care professionals and drug users had a positive opinion of the to-be-created Parisian drug consumption room. Experience in addiction medicine influenced positively health professionals’ expectations.
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