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Concevoir autrement la politique de cohésion de l'Union européenne : la spécialisation intelligente comme approche davantage territorialisée ?

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Abstract

La politique de Cohésion de l'Union européenne est le principal outil de modernisation économique et sociale dans les pays et régions moins développés, notamment en Europe centrale et orientale. Elle a connu une profonde réforme pour la période de programmation 2014-2020. Elle est le résultat de décisions assymétriques entre les Etats d’une Europe à deux vitesses. A travers l’analyse des documents produits par les acteurs de l’UE et une revue de littérature approfondie, nous montrons le changement paradigmatique à l’œuvre vers une politique plus territorialisée se concentrant sur le capital territorial de chaque région, et laissant une plus grande place aux acteurs locaux dans la construction de la stratégie de développement.
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Titre : CONCEVOIR AUTREMENT LA POLITIQUE DE COHESION DE L’UNION
EUROPEENNE : LA SPECIALISATION INTELLIGENTE COMME APPROCHE
DAVANTAGE TERRITORIALISEE ?
Résumé français :
La politique de Cohésion de l'Union européenne est le principal outil de modernisation
économique et sociale dans les pays et régions moins développés, notamment en Europe
centrale et orientale. Elle a connu une profonde réforme pour la période de programmation
2014-2020. Elle est le résultat de décisions assymétriques entre les Etats d’une Europe à deux
vitesses. A travers l’analyse des documents produits par les acteurs de l’UE et une revue de
littérature approfondie, nous montrons le changement paradigmatique à l’œuvre vers une
politique plus territorialisée se concentrant sur le capital territorial de chaque région, et
laissant une plus grande place aux acteurs locaux dans la construction de la stratégie de
développement.
Mots-clefs : politique de Cohésion, territoires, réforme
English title : AN ANOTHER DESIGN OF THE EUROPEAN COHESION POLICY:
SMART SPECIALIZATION AS A MORE TERRITORIALIZED APPROACH?
Abstract :
The EU Cohesion policy is the main tool for economic and social modernization in less
developed countries and regions, particularly in Central and Eastern Europe. It has undergone
a major reform for the programming period 2014-2020. It is the result of asymmetrical
decisions between the states of a two-speed Europe. Through the analysis of the documents
produced by the EU actors and a thorough literature review, we show the paradigmatic shift
towards a more territorialized policy focusing on the territorial capital of each region, and
leaving more room for local actors in the design of the development strategy.
Keywords : Cohesion policy, territories, reform
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Depuis bientôt quarante ans, avec la création de la politique régionale, l’UE cherche à réduire
les déséquilibres régionaux et l'écart entre les niveaux de développement des diverses régions.
Initialement, la politique de Cohésion et les rapports sur la cohésion1 qui en découlent
résultent du constat que les effets des logiques libérales, au sein de l’Union européenne, et les
objectifs affichés de justice sociale et d’équité territoriale ne concordent pas. C’est le
dépassement de cette contradiction apparente qui, selon Willem Molle (2007), fixe à la
politique de Cohésion la finalité de réduire les disparités et de créer les conditions de
l’intégration. Les moyens à mettre en œuvre pour ce dépassement ont d’ailleurs fait l'objet de
propositions divergentes (rapport Sapir2 en 2003 et Barca3 en 2009). Très représentative du
modèle européen de redistribution et de solidarité entre les Etats-membres, cette politique
s’inscrit dans une volonté de faire coïncider l’amélioration des conditions de fonctionnement
du marché européen afin de renforcer sa compétitivité internationale tout en assurant une
équité globale par des mesures de redistribution territoriale qui seraient le pendant
géographique des politiques sociales de l’Etat providence (Elissalde et al., 2013).
Aussi, depuis la création de cette politique de Cohésion, les régions « en retard de
développement » ont largement bénéficié des Fonds structurels européens dit de
« convergence » pour un résultat en deçà des attentes imaginées par la Commission
européenne (Farole et al., 2011). Avec leur intégration dans l’espace communautaire, les
régions d’Europe centrale et orientale ont perçu des Fonds européens, cependant, on constate
aujourd’hui que seules six d’entre elles ont un PIB/hab. supérieur à la moyenne de l’UE.
Parallèlement au bilan mitigé de l’efficacité des Fonds distribués, pour sortir de la crise
économique, l’Union européenne a souhaité mettre en place une croissance intelligente,
durable et inclusive4 dans le cadre de la stratégie commune « Europe 2020 ». Aussi, elle
propose une stratégie d’envergure pour l’innovation européenne, telle que décrite dans le
1 Le dernier rapport en date sur la cohésion économique, sociale et territoriale a été publié par la Commission
européenne le 23 juillet 2014 (6ème rapport).
2 Le rapport Sapir (2003) conclue que les politiques régionales et structurelles auraient des effets contre-productifs
et ne participeraient pas à la croissance globale de l’UE. Selon les experts de ce rapport, les Fonds structurels et les
autres interventions communautaires ne contribuent pas de manière aisément mesurable à la convergence
économique et les résultats obtenus par les pays de l’UE restent tributaires de leur bonne gouvernance. Ce qui les
amène à écrire la recommandation suivante : « there is a solid argument for the new EU convergence policy to focus
on countries, rather than on régions ». Compte-tenu des contraintes budgétaires européennes, le rapport
recommande une réduction importante des Fonds destinés à la politique de cohésion et une recentralisation de la
gestion des Fonds européens à l’échelle des Etats, laissant peu d’autonomie aux régions. Ce rapport prône davantage
la libre concurrence entre celles-ci avec une faible intervention des Fonds structurels.
3 Comme nous le verrons plus loin, ce rapport laisse une large place aux régions dans la gestion des Fonds et prône
un maintien du budget actuel.
4 Cf. La contribution de la politique régionale à une croissance intelligente (Commission européenne, 2010)
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document « Innovation Union » publié en octobre 20105. L’accent est placé sur
l’investissement dans la recherche, l’innovation et l’esprit d’entreprise dans chaque État-
membre et région de l’UE, de sorte à tirer au mieux parti des potentialités de l’Europe.
De fait, les nouvelles orientations de la politique de Cohésion 2014-2020 ont été redéfinies
dans la droite ligne de la Stratégie « Europe 2020 ». L’objectif est de concentrer les aides
européennes, non plus sur la base d’un zonage des territoires éligibles, mais selon des
priorités thématiques devant permettre d’améliorer la compétitivité des régions européennes
et leur intégration dans un contexte de concurrence internationale accrue (Rodriguez-Pose et
Crescenzi, 2008 ; Capello and Nijkamp, 2009) selon un principe de spécialisation intelligente.
Ce dernier se concentre davantage sur le capital territorial (Camagni, 2007 ; 2017) de chaque
région, s’adapte au contexte économique et spatial, et a pour but de favoriser l’émergence de
politiques régionales intégrées construites par les acteurs locaux en leur donnant un poids plus
important. Ce changement dans la conception de la politique de Cohésion et des moyens pour
la mettre en œuvre a fait l’objet de nombreux débats. A partir d’une revue de littérature
approfondie et de l’analyse des documents issus des instances européennes, l’objectif de cet
article est de proposer une lecture des discussions (théoriques et empiriques) qui ont animé la
réforme de cette politique sur 2014-2020 à l’aune du contexte de crise et des conditions dans
lesquelles celles-ci se sont déroulées. Il s’agira ensuite d’expliquer le changement
paradigmatique qui s’est opéré avant d’en présenter sa traduction concrète et son implication
dans les territoires européens.
1. Agglomération, concentration, compétitivité : les facettes de la spécialisation
intelligente
Le concept de spécialisation intelligente est désormais un moteur majeur du nouveau
programme « Innovation Union » de la Commission européenne et des réformes de la
politique de Cohésion de l'UE. L'objectif de l'initiative «Union pour l'innovation» est de
favoriser la diffusion et la réalisation d'économies d'échelle dans les secteurs de haute
technologie et à forte intensité de connaissance, tandis que la politique de Cohésion de l'UE
vise à promouvoir le développement de nombreuses régions en difficultés socio-économiques.
L'approche par la spécialisation intelligente offre une série d'avantages dans la conception de
politiques d'innovation appropriées, tout en tenant compte la nature évolutive et variée des
économies régionales. Diverses théories l’économie et de la science régionale peuvent être
5 A cela viennent s’ajouter chaque année un « Innovation scoreboard » dont le principe est d’évaluer le niveau d’un
État-membre ou d’une région en termes d’innovation et d’économie de la connaissance.
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mobilisées pour éclairer la notion de spécialisation. L’approche proposée par la Commission
européenne résulte d’une combinaison de diverses natures de spécialisation (l’agglomération
et la concentration) et de mécanismes qui traduisent la spécialisation régionale en
compétitivité, l’innovation en développement territorial.
1.1. Comprendre les causes de la spécialisation d’un point de vue théorique
La spécialisation, conçue comme processus stratégique, vise à accroître la productivité, la
compétitivité et accélérer le rythme de l'innovation. Les différentes théories diffèrent
principalement par les différentes façons d'expliquer les causes de la spécialisation, en
soulignant les différents facteurs qui peuvent conduire à la spécialisation. Ces théories
peuvent être divisées entre celles qui prennent en compte la dimension spatiale (les schémas
de localisation des activités économiques) et celles qui n'incluent pas cet aspect (les règles du
commerce international).
Traditionnellement, dans de nombreuses études, la spécialisation des pays et la concentration
des industries dans les régions et les pays sont considérées comme les deux faces d'une même
pièce (Krugman 1991). Dans la littérature, les modèles expliquant la spécialisation
proviennent principalement de la théorie du commerce, tandis que les modèles expliquant la
concentration provenaient de la théorie de la localisation. La théorie du commerce explique la
spécialisation des produits par l'abondance des facteurs existant dans le pays, tandis que la
théorie de la localisation explique la concentration en discutant des raisons de l'agglomération
et de la dispersion des facteurs. Le concept de spécialisation se nourrit à la fois de l’idée de la
spécialisation des produits considérés au niveau national celle de la spécialisation régionale
basée sur des caractéristiques spécifiques de l'économie régionale et locale. Dans les théories
économiques traditionnelles, les avantages absolus et comparatifs (théorie classique) qui
conduisent à la concentration industrielle dans un pays jouent un rôle déterminant dans
l'orientation de la spécialisation dans le commerce international. Dans la théorie néoclassique
de la localisation, la spécialisation régionale joue un rôle dans les économies
d'agglomération matérialisées par la proximité des entreprises, des institutions et leurs liens
avec les aménités urbaines et régionales.
Aujourd’hui, Krugman (2008) nous explique qu’il est possible de faire le lien entre les trois
concepts de spécialisation, de concentration et d'agglomération. Dès lors, la spécialisation
intelligente prônerait une approche davantage territorialisée en mêlant différentes perspectives
théoriques (théorie classique (avantages absolus et comparatifs), théorie néoclassique
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(théorie de la localisation, dotations factorielles), théorie de la croissance endogène (rôle des
ressources locales et de leur valorisation), économie évolutionniste (régions apprenantes)).
1.2. La compétitivité régionale comme discours dominant
Depuis les années 1990, le concept de compétitivté régionale a pris part dans un discours
hégémonique au sein des politiques publiques dans les pays développés (Bristow, 2005 ;
Camagni, 2017). Ce concept a été adopté avec enthousiasme comme un objectif politique de
la Commission européenne (Commission européenne, 2008, 2010a et 2014b ; Forum
économique mondial, 2014) et des gouvernenements nationaux à travers l’Europe. La plupart
des documents de politique générale de l’UE le présente comme un attribut bénéfique d’une
économie locale ou régionale (Martin, 2005). La compétitivité est présentée comme induisant
la croissance économique, les orientations des exportations régionales et la source de
rendements croissants (Porter, 2000). Un développement économique est alors attendu si une
région surpasse ses compétitrices directes. L’impératif stratégique consiste alors pour les
institutions régionales/nationales à prendre les mesures nécessaires pour attirer et maintenir (i)
des entreprises innovantes, (ii) une main d’œuvre formée avec des compétences spécifiques,
tout en mettant en avant les particularités et les ressources territoriales locales sur lesquelles
les firmes vont prospérer.
L’émergence de la compétitivté régionale comme objectif politique a engendré le
développement d’indicateurs qui permettent aux praticiens et politiques de pouvoir mesurer,
et analyser la performance compétitive de régions, et déterminer les « gagnants » et les
« perdants » (Benko et Lipietz, 2000 ; Huggins, 2010). Lancé en 2010 par la Commission
européenne, l’indice de compétitivté régionale (Annoni et Kozovska, 2010) permet de réaliser
de telles comparaisons. Pourtant, la littérature académique a été très critique a l’égard de ce
type de parrangonage (Cortright et Mayer, 2004). L’aggrégation d’indicateurs peut cacher des
différences importantes et les régions ne sont pas toutes en compétition entre elles sur les
mêmes secteurs/marchés. Ceci amène Thissen et al. (2013) a parler davantage de
« compétition révélée » comme un indicateur pour mesurer la compétitivité interrégionale, en
déterminant quelles régions sont en compétition avec quelles autres, sur quoi et où.
Dans un contexte où (i) une politique de trajectoires internationales de compétitivité régionale
(Rodrigues, 2009) initiée par l’Agenda de Lisbonne (2000) puis reprise par la Stratégie
Europe 2020 est poursuivie et que (ii) le principe de solidarité entre les Etats-membres
continue d’être inscrit dans ces documents, la Commission européenne envisage un futur
commun pour les politiques de compétitivité et de cohésion. En 2004, elle indiquait déjà son
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souhait de « renforcer la compétitivité régionale au moyen d’investissements bien ciblés dans
toute l’Union et fournir des opportunités économiques qui aident les personnes à utiliser
leurs compétences étayera le potentiel de croissance de l’économie de l’UE dans son
ensemble au bénéfice de tous ». Cette stratégie trouve donc une suite logique au travers de
l’approche dévelopée par Barca (2009) sur les stratégies de développement « placed based »
puis reprise et étendue au concept de spécialisation intelligente. Cette nouvelle initiative de
l’UE tente de construire une politique économique basée sur l’innovation et la croissance,
soulignant au passage la complexité des systèmes régionaux et des réseaux économiques
(McCann et Ortega-Argiles, 2013b et 2015 ; McCann, 2015) et insistant sur les spécificités
des économies régionales. Explictement, cette approche part du principe que toutes les
régions – avec le potentiel dont chacune dispose – peuvent jouer un rôle dans l’amélioration
de la croissance économique de l’UE, et pas seulement les régions dites du « centre » (OCDE,
2009 a et b, 2011, 2012).
2. Des débats sous tension autour de la politique de Cohésion
Alors que depuis plusieurs décennies l’UE a connu des changements profonds (socio-
économiques et territoriaux), la politique de Cohésion a quant à elle peut évoluer tant d’un
point de vue de son architecture que de sa logique sur les vingt-cinq dernières années entre
1988 et 2013 (McCann, 2015). Or, deux questions importantes ont été soulevées récemment.
Tout d’abord, l’aspect distributionnel et de solidarité entre les Etats-membres est remis en
cause. En d’autres termes, la politique de Cohésion doit-elle se focaliser principalement sur
les régions les plus défavorisées ou ne devrait-elle pas s’adresser à toutes les régions, voire se
concentrer sur les plus performantes en comptant sur des effets d’entraînement sur les régions
voisines. Ensuite, la réforme de la politique de Cohésion interroge dans quelle mesure l’UE
doit s’adresser aux gouvernements nationaux ou bien directement aux localités et instances
décentralisées. Derrière ces problématiques, se dessinent des lignes de fractures que nous
avons identifiées et qui sont à l’origine de la profonde réforme de la politique de Cohésion
engagée pour 2014-2020.
2.1. La règle des 75 % : une ligne qui divise
Avoir un PIB par habitant inférieur à 75% de la moyenne de l'UE signifie qu'une région est
considérée comme « moins développée » et, qu’en-deçà de ce seuil, elle est censée davantage
profiter de la politique de Cohésion. On distingue alors l'Europe centrale et orientale (et donc
les nouveaux membres de l'UE qui ont été admis après 2004) et une partie de l’Europe
Méditerranéenne « en retard de développement » d’une part, et les parties occidentales et
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septentrionales du continent plus développées d’autre part. En vérité, ce seuil semble
simplement diviser les « riches » des « pauvres », et coïncidemment aussi le centre et les
périphéries (pays de l'Est et du Sud). Or, cette fameuse règle des 75% représente la ligne de
démarcation séparant les positions sur la réforme de la politique de Cohésion entre les pays et
régions les plus développés (contributeurs nets6 au budget de l'UE) et les moins développés ;
une partie des premiers remettant en cause le principe de solidarité, les seconds insistant sur
l’utilité des Fonds et la nécessité de les renforcer. Sur ce dernier point, la littérature est très
controversée puisque plusieurs études démontrent que la politique de Cohésion a des effets
globalement positifs sur la croissance régionale (i.e. Cappelen et al., 2003 ; Beugelsdijk et
Eijffinger, 2005 ; Becker et al., 2010 ; Mohl et Hagen, 2010 ; Bouayad-Agha et al., 2013 ;
Gagliardi et Percoco, 2017 ; Bourdin, 2018) tandis que d’autres chercheurs concluent à un
impact nul/insignifiant (ie. Garcia-Milà et McGuire, 2001 ; Dall’erba et Hewings, 2008 ;
Dall’erba et Le Gallo, 2008) voir négatif (i.e. Dall’erba et Le Gallo, 2007). Dans la littérature,
on retrouve une problématique récente autour de l’impact de la qualité des pouvoirs publics
sur l’efficacité des Fonds structurels européens (Garcilazo et Rodriguez-Pose, 2013 ;
Iammarino et al., 2018). Cette nouvelle question porte sur la nécessité d’améliorer la qualité
du gouvernement (corruption, finances publiques) plus que sur celle de mettre en œuvre des
investissements publics supplémentaires. Elle ouvre donc de nouvelles perspectives sur la
place des institutions régionales/nationales dans la gestion des Fonds et leur « bonne »
utilisation. A cet effet, le dernier rapport sur la Cohésion (Commission européenne, 2017)
insiste sur la nécessité d’améliorer les institutions car « une faible qualité des administrations
publiques nuit au développement économique et limite l’effet des investissements publics, y
compris ceux cofinancés par la politique de Cohésion ».
Lorsque l’on se focalise sur les objectifs stratégiques des régions situées de part et d’autre de
ce seuil, on retrouve une seconde ligne de fracture, cette fois-ci dans l’utilisation des Fonds
européens eux-mêmes. En effet, dans les régions les moins développées, les investissements
dans les périodes de programmation précédentes ont été principalement réalisés dans la
construction des infrastructures de base (transports, télécommunications et énergie). En
revanche, dans les régions les plus développées, les enveloppes ont eu davantage tendance à
être utilisées pour favoriser le développement du capital humain, l'esprit d'entreprise et
l'économie de la connaissance (McCann et Ortega-Argil, 2013a ; Commission européenne,
2008 et 2014a). Cette hétérogénéité dans la façon dont sont dépensés les Fonds européens est
6 Le groupe des contributeurs nets comprend l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la
Suède, la Belgique, le Danemark, l'Autriche, la Finlande et le Luxembourg.
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particulièrement visible entre les Etats-membres de l'Europe centrale et orientale et le reste de
l'UE. Or, les études empiriques démontrent que les efforts inégaux en termes de recherche-
développement et d’innovations technologiques sont à l’origine des disparités régionales de
croissance sur le long terme (i.e. Crescenzi, 2005 ; De Groot et al., 2009 ; Cooke et al., 2011 ;
Camagni et Capello, 2013). Cette question est donc cruciale puisqu’elle permet de rendre
compte du fossé qui existe entre les régions « en avance » et les régions « en retard de
développement ». Dès lors, chercher à réduire ce fossé et donc accélérer le processus de
convergence passe par des investissements dans la R&D et l’économie de la connaissance
(Cappelen et al., 2003 ; Bilbao-Osorio et Rodriguez-Pose, 2004). Les travaux issus de la
Science régionale ont largement montré le cercle vertueux qui existe entre l’innovation et les
dynamiques de croissance (Ederveen et al., 2006 ; Molle, 2007 ; Bachtler et Gorzelak, 2007 ;
Farole et al., 2011 ; Rodríguez-Pose et Novak, 2013 ; McCann et Ortega-Argil, 2013a)7. Dans
ce contexte, il parait alors indispensable que les régions en retard de développement
s’attachent prioritairement à développer ce point, à condition que ces investissements
s’intègrent dans des stratégies régionales intégrées liant institutions publiques, entreprises et
enseignement supérieur & recherche pour reprendre le concept de la triple ellipse développé
par Leydesdorff et Etzkowitz (1996 ; 1998). De plus, les résultats montrent que l’efficacité de
ces politiques est conditionnée par de nombreux facteurs comme (i) la nécessité d’atteindre un
niveau minimal de recherche, (ii) l’existence de rendements croissants dans les
investissements de R&D, ou encore (iii) la nécessité de conditions socio-économiques
minimales dans ces régions pour générer l’innovation (Camagni et Capello, 2012).
Graphique 1. Répartition de l’allocation des ressources de la politique de Cohésion :
comparaison entre quelques pays de l’UE (source : DG Regio, calculs de l’auteur)
7 A ce titre, il est important de noter qu’aujourd’hui, ces innovations ne sont plus exclusivement « hard » (tels que
les brevets) mais aussi « soft » (innovations organisationnelles), et les deux sont aussi déterminantes dans le
développement régional (Torre et Wallet, 2014).
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Le graphique 1 montre bien comment les Fonds issus de la politique de Cohésion pour la
période de programmation 2007-2013 ont été utilisés entre différents pays. Il permet de mettre
en évidence cette ligne de démarcation dans les orientations des investissements consentis.
Alors que les régions des pays les plus en avance dépensaient principalement leur enveloppe
dans le capital humain et le marché du travail, les régions des pays les moins développés
construisaient ou modernisaient leurs infrastructures de base8. Ces priorités peuvent
8 Une partie de la littérature met en évidence que les régions les plus accessibles ont un marché potentiel plus élevé
et sont davantage susceptibles de polariser les activités économiques et d’être plus attractives pour les investisseurs.
Par conséquent, elles peuvent connaître des taux de croissance plus élevés (Krugman, 1991). Dans le même temps,
d’autres auteurs ont montré dans le cas européen que la construction d’infrastructures est une condition nécessaire
mais non suffisante à la croissance (Vickerman et al., 1999 ; Crescenzi et Rodriguez-Pose, 2008 et 2012). Les
régions ayant de bonnes infrastructures de transport et qui sont bien connectées à des régions ayant des dotations
similaires ont tendance à croître plus rapidement cas des régions plutôt développées). Cependant, les investissements
dans les infrastructures dans les régions périphériques les rendent plus vulnérables à la concurrence. En étudiant
l’impact des Fonds européens au titre de l’Obj. 1 sur la convergence, Rodriguez-Pose et Fratesi (2004) montrent que
malgré la concentration des Fonds sur les infrastructures de transport, les rendements par rapport aux engagements
consentis ne sont pas à la hauteur.
Ainsi, l’effet des infrastructures de transport sur la croissance régionale est très controversé dans la littérature.
Certains économistes (les plus radicaux) vont même jusqu’à expliquer que l’on construit des autoroutes dans les
régions en développement par lesquelles les personnes y habitant fuient pour rejoindre la capitale par le jeu des
forces économiques centripètes.
De plus, l'impact positif de la dotation en infrastructures sur la croissance a tendance à diminuer rapidement et est
plus faible que celui, par exemple, du niveau de capital humain. Il y a peu de preuves que le pari sur les
infrastructures de transport en tant que mécanisme entraînant une croissance économique régionale de long terme a
porté ses fruits en Europe. C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’une inflexion importante a été opérée pour la
Politique de Cohésion 2014-2020 qui finance beaucoup moins celles-ci. Les réflexions en cours sur le budget de
l’UE après 2020 semblent confirmer cette inflexion.
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déclencher un effet sur la demande dans les économies les plus faibles et impulser à court
terme une croissance de la consommation et de l'emploi. En revanche, pour assurer une
croissance de long terme, l'amélioration de la compétitivité des économies locales
(Rodriguez-Pose et Fratesi, 2004 ; Dotti, 2013) par des investissements dans l’éducation et la
R&D sont determinants. Cette répartition des Fonds européens peut également conduire à une
division du travail permanente en Europe, les régions riches seraient spécialisées dans
l'économie de la connaissance et les régions périphériques baseraient leur compétitivité sur
des coûts de main-d'œuvre et de production moins élevés (Grosse, 2010 ; Jauhiainen, 2014),
renforçant dès lors les inégalités régionales.
La crise économique qui a traversé l’UE n'a pas entraîné de changements significatifs dans ce
domaine même si, pour la période 2014-2020, la politique de Cohésion s’est davantage
orientée vers le développement de l'entrepreneuriat et l'innovation dans toutes les régions
européennes (McCann et Ortega-Argil, 2013a). 44,5% du financement total des régions
développées est flêché sur cette thématique alors qu’il ne s’élève qu’à hauteur de 35% dans
les pays moins développés. Cette disparité entre les pays au-dessus et en dessous du seuil des
75% du PIB/hab. est encore plus importante en ce qui concerne les dépenses dans le capital
humain (plus de 41% dans les pays riches contre environ 26% dans les pays pauvres). Dans ce
dernier groupe, les investissements dans les infrastructures sont encore très courants. Ils
représentent 40 % du total des Fonds contre seulement 15 % pour les pays les plus développés
(Commission européenne, 2014a)9.
2.2. Le contexte de la crise : un alibi pour repenser la politique de Cohésion
La crise a influé sur la solidarité européenne et a eu des conséquernces sur la politique de
Cohésion. Au cours des années 2010-2015, l'Union économique et monétaire (UEM) a connu
de graves problèmes économiques et politiques qui semblaient menacer son existence même,
ce qui a naturellement conduit à d'importantes transformations institutionnelles et a entraîné
des changements dans les méthodes de gestion. La crise de la zone euro a touché toute l'Union
européenne renforçant l’idée d’une « Europe à deux vitesses ».
Cette crise de la zone euro a en partie justifié une limitation du budget de l’UE, y compris les
Fonds destinés à la politique de Cohésion. Bien que cette tendance était déjà visible plus tôt,
la crise a apporté des arguments supplémentaires aux contributeurs nets au budget européen,
9 Notons que ces rapports sont à nuancer car ils intègrent uniquement les dépenses des Fonds européens, il n’est pas
fait mention ici des investissements des collectivités locales/régionales qui peuvent abonder/compléter les dépenses
et être orientées différemment. Par ailleurs, il est fait uniquement mention ici des dépenses en pourcentage et non en
valeurs absolues.
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qui voulaient que leurs contributions soient réduites. La nécessité d'introduire des mesures
d'austérité dans la plupart des pays de l'UE, résultant à la fois de problèmes économiques et
des recommandations de l'UE elle-même, a accru les pressions des pays les plus riches pour
réduire l'ampleur du financement européen. Dans le nouveau cycle budgétaire qui a débuté en
2014, la Commission européenne a introduit un certain nombre de conditions (Parlement
européen, 2013). Les nouvelles règles mettent l'accent sur les économies budgétaires et la
nécessité de faire des réformes difficiles, principalement dans le secteur public. Ces réformes
s'inscrivent dans la nouvelle logique qui s'est manifestée au cours de la crise visant à éliminer
le problème de la dette publique excessive et les déséquilibres budgétaires. Dans ce cadre, la
menace de suspendre les paiements des Fonds structurels européens est censée être
l'instrument le plus important pour discipliner les Etats-membres en matière de mise en œuvre
des objectifs politiques. Or, ces nouvelles mesures vont à l’encontre des finalités de la
politique de Cohésion spécifiées dans le Traité de Rome, car au lieu de contribuer à la
cohésion en Europe, elles peuvent en réalité empêcher les pays et les régions les plus en
difficulté de rattraper ceux/celles qui sont en avance en terme de développement. L'accent mis
sur l'austérité budgétaire pousse les décideurs dans une direction totalement opposée à une
politique d'investissement par la relance, qui nécessite de consentir des dépenses dans les
budgets nationaux. Selon Grosse (2012), étant donné que ces nouvelles conditions seront
associées à de nouvelles procédures et à des charges bureaucratiques, elles pourraient entraver
inutilement la mise en œuvre de la politique de Cohésion et réduire l'absorption des Fonds.
Une autre conséquence de la crise a été de placer les Fonds de la politique de Cohésion sous
une supervision et une surveillance beaucoup plus fortes de Bruxelles (McCann et Ortega-
Argil, 2013a)10. L'initiative de cette approche a été initiée par la Commission qui y voyait une
occasion d'améliorer l'efficacité de sa politique devant une consommation des enveloppes très
inégale en fonction des pays (voir Tableau 1). En Bulgarie (mais c’est aussi vrai pour d’autres
pays), Boulineau (2011) avance que le déficit d’absoption des Fonds s’expliquent à la fois par
un décalage entre les objectifs posés par la Commission européenne et les réalitiés territoriales
(économie de la connaissance versus logique de rattrapage) mais aussi par les déboires et
difficultés dans leur gestion (corruption, retards dans les délais à tenir, irrégularités dans la
passation des marchés). En conséquence, les contributeurs nets au budget de l'UE ont voulu
10 Notons que les Fonds européens reçus peuvent représenter une part très faible ou au contraire non négligeable du
budget de certains Etats. Par conséquence, au moment de la crise, la pression exercée par l’UE sur les réformes
attendues dans plusieurs pays n’était pas la même. De fait, alors qu’officiellement l’argument financier prévalait,
certains Etats-membres ont déplorés qu’il y avait des logiques politiques (voire idéologiques) qui étaient sous-
jacentes.
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augmenter leur contrôle et éliminer les irrégularités dans les dépenses et leurs paiements.
Dans le même temps, ils ont cherché à faire en sorte que les Fonds non dépensés et/ou les
Fonds mal utilisés par les bénéficiaires retournent au budget européen, voire aux budgets
nationaux des contributeurs nets. Cette demande des contributeurs nets est évidente dans les
conclusions du Conseil européen qui ont été acceptées après de longues négociations entre les
Etats membres sur les finances de l'UE : «Les instruments financiers ne peuvent être mis en
œuvre que s'ils remplissent les conditions strictes énoncées dans le nouveau règlement
financier » et « Il convient par conséquent de faire un usage aussi efficace que possible de
tous les instruments de financement. Les efforts visant à mieux dépenser les fonds de l'Union
doivent porter, entre autres, sur une meilleure gouvernance des politiques, y compris en
termes de conditionnalité, et sur la concentration et le ciblage des fonds sur les domaines qui
contribuent le plus à la croissance, à l'emploi et à la compétitivité, […] » (Conseil européen,
2013).
Tableau 1. Le taux d’aborption des Fonds de la politique de Cohésion sur la période 2007-
2013 (bilan à la fin de l’année 2014) (Source : Eurostat, calculs de l’auteur)
Il en résulte que la politique de Cohésion pour 2014-2020 introduit la conditionnalité dite ex-
ante définissant les conditions nécessaires qui doivent être satisfaites dans certains pays et
régions avant d’entamer la mise en œuvre de la politique. Adopté par le Parlement européen et
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le Conseil en décembre 2013 sur la base de la proposition de la Commission de 2011, ce
dispositif de conditionnalité macroéconomique introduit la possibilité de suspendre les Fonds
dans le cadre de la procédure de déficit excessif de certains Etats membres. La Commission
européenne a également introduit de nouvelles réglementations plus strictes pour les rapports
et le suivi de progrès des programmes. Elles ne se limitent pas aux indicateurs financiers et au
montant des actions effectivement achevées mais surtout aux résultats. Il s’agit alors d’évaluer
l'impact des actions prises sur la mise en œuvre des objectifs et l'amélioration du
développement socio-économique sur un territoire donné (article 113 du règlement
1303/2013). De plus, les décideurs ont accru la centralisation de la programmation de la
politique de Cohésion au niveau européen et identifié un certain nombre d'objectifs communs
(dits « objectifs thématiques ») se réfèrant directement à la stratégie de l'UE susmentionnée
(Mendez, 2013). L'augmentation de cette centralisation conduira probablement à rendre le
processus plus rigide et ne sera pas nécessairement le mieux adapté aux spécificités locales et
aux besoins de développement. Cette recrudécence de la surveillance et du suivi de la
Commission pourrait également conduire à une augmentation des formalités administratives,
entraînant des difficultés pour atteindre les objectifs et créant des obstacles potentiels à
l'absorption des Fonds structurels (Porras-Gómez, 2014).
Au total, la situation qui en découle peut être qualifiée de crise de solidarité, principe pourtant
fondateur de l’UE. L'une des conséquences les plus importantes des difficultés prolongées
dans la zone euro a été la réticence croissante des pays les plus riches de l'UE à couvrir les
coûts de la crise pour les économies les plus vulnérables. Les négociations sur les perspectives
financières pour 2014-2020 se sont déroulées à un moment particulièrement défavorable. Il en
résulte une redéfinition complète des lignes budgétaires du cadre financier pluriannuel pour
2014-2020 par rapport à la période précédente.
2.3. Redéfinir les lignes budgétaires de la politique régionale : les « Amis de la
Cohésion » versus les contributeurs nets
Dans ce cadre ainsi posé, on comprend pourquoi les négociations financières ont été difficiles,
et en quoi la nouvelle répartition des plus grands contributeurs nets et des principaux
bénéficiaires revêtait une importance particulière. Ce dernier groupe est souvent appelé les
«Amis de la politique de Cohésion»11 au regard de l’intérêt qu’ils portent pour cet instrument
11 Le groupe comprend la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Grèce, l'Espagne, la Lituanie, la Lettonie,
Malte, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie et la Croatie (qui a un statut
d’observateur compte-tenu de son accession récente). Dans certains cas, ce groupe a bénéficié du soutien de l'Italie,
de la Belgique et du Luxembourg.
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financier. Or, à l’opposé d’eux, les contributeurs nets ne sont pas seulement les pays les plus
riches de l'UE, ils sont en général aussi les plus influents. En raison de leur situation
géographique et de leur rôle politique, ils sont souvent considérés comme essentiels à la prise
de décision dans l'UE. En particulier, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les pays scandinaves
ont été les plus exigeants en termes de réduction du budget de la politique de Cohésion. Les
pays scandinaves ont en outre insisté sur la nécessité de transférer les Fonds de la politique de
Cohésion vers la stratégie de « l’Union pour l’Innovation12 » dont ils sont les plus grands
bénéficiaires – et de redéfinir la politique de Cohésion de manière à renforcer l'économie de la
connaissance. L'influence politique de ce groupe des contributeurs nets est démontrée par le
fait que le budget de la politique de Cohésion pour 2014-2020 a été diminué (Tableau 2). Il
s’agit de la première réduction dans l'histoire de l'intégration européenne. De plus, un
nouveau plafond restrictif a été ajouté qui précise que le niveau maximum de l'aide de l'UE ne
peut désormais dépasser 2,35% du PIB du pays bénéficiaire (Conseil européen, 2013). Une
autre manifestation de l'influence des pays les plus riches a été l'augmentation des allocations
pour les régions dites en transition (dont le PIB se situe entre 75% et 90% de la moyenne de
l'UE). Ce groupe comprend certaines régions d'Allemagne, du Royaume-Uni, de France, des
Pays-Bas et d'Italie. Par rapport à la programmation 2007-2013, les régions en transition ont
bénéficié d’une augmentation spectaculaire de leur enveloppe pour 2014-2020 (+42,7% – voir
tableau 2). Les Fonds destinés aux régions les plus développées de l'UE ont également
augmenté (passage de de 12,5% à 16,3%). Dans le même temps, les régions les plus
vulnérables – qui devraient en théorie recevoir le soutien le plus important de la politique de
Cohésion – ont reçu moins de Fonds, passant de 57% à 48,2% du budget total de la politique
de Cohésion. Il convient également de noter que les Fonds pour les pays d'Europe centrale et
orientale (PECO) ne représentent qu’environ la moitié du budget de la politique, alors que ces
Etats membres sont en moyenne beaucoup moins développés que leurs voisins occidentaux.
Ainsi, le financement de cette politique a été sensiblement réduit pour la Grèce, l'Espagne,
Chypre et le Portugal, dans une moindre mesure pour l'Italie et l'Irlande, et pour les pays les
plus touchés par la déstabilisation de la zone euro. Parmi les nouveaux États membres qui ont
rejoint l'UE après 2004 l'exclusion de la Croatie), seules la Roumanie et la Slovaquie ont
reçu une plus grande allocation de Fonds comparé à la période 2007-2013 (Fesus, 2014).
12 Cette stratégie part du constat que l'UE est derrière les Etats-Unis et le Japon en termes d’innovation. Elle
n'investit que 0,8% de son produit intérieur brut en matière de recherche et développement (R&D). L'initiative
prévoit entre autres de mettre en place un système de capital-risque transfrontalier doublé d'un mécanisme de
financement élargi par la Banque européenne d'investissement (BEI).
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Tableau 2. Les régions qui gagnent, les régions qui perdent : comparaison de l’allocation des
Fonds de la politique de Cohésion entre 2007-2013 et 2014-2020 (Source : Commission
européenne, DG Regio, calculs de l’auteur)
Ainsi, la politique de Cohésion a non seulement fait l'objet de réductions, mais est aussi
devenue l'instrument de l'application du principe du juste retour en ce qui concerne les
contributions les plus importantes au budget de l'UE. Alors que les contributeurs nets
s’accordaient dans les négociations, il était plus difficile de reconnaître un bloc commun de
l'Europe centrale et orientale. La coopération de ces pays s'est même affaiblie au cours des
négociations financières, surtout lorsqu’il s'est avéré que certains États perdaient plus de
Fonds que d'autres (Bourdin, 2014). Par exemple, la Pologne a plaidé pour que les Fonds
soient dirigés pour l'ensemble de l'UE – conformément à ce que recommandaient les pays les
plus riches afin d'accroître l'intérêt de ces derniers à continuer de financer la politique de
Cohésion… dont elle est la principale bénéficiaire (Conseil européen, 2013).
3. Vers une approche plus territorialisée de la politique de Cohésion ?
Le cadre théorique, empirique et le contexte politique ayant été posés, il s’agit à présent de
s’interroger sur les changements dans la conception de la politique de Cohésion et de voir
dans quelle mesure on peut dire qu’elle se dirige vers une approche davantage territorialisée.
3.1. Le changement paradigmatique
Depuis le dernier quart du 20ème siècle, les politiques de développement traditionnelles ont été
critiquées à différents niveaux. D’abord, Wolfe (2011) a mis en lumière le manque de
cohérence et de coordination entre les politiques de développement régional et les politiques
sectorielles. Il a également été montré le manque de prise en compte du « lieu » dans les
politiques traditionnelles, comme en témoignent les travaux critiquant les mêmes solutions
appliquées à des problèmes analogues dans différents endroits (Barca et al., 2012) ou le «one
size fits all» (Tödtling, 2010). Enfin, la prise de décision de la Commission européenne dans
une logique descendante ignorant généralement les approches intégrées et/ou « bottom-up »
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(Wolfe, 2011 ; Barca et al, 2012) a également été remise en cause. En réponse à la critique du
développement régional basée sur une logique « top-down », les gouvernements régionaux et
nationaux ont adopté progressivement une démarche plus complexe prenant en compte les
spécificités locales (De Bruijn et Lagendijk, 2005 ; Tödtling, 2010 ; Crescenzi et Rodriguez-
Pose, 2013 ; Hassink et Marques, 2016).
De même, l'expertise sur la politique régionale a évolué et, à la fin de la première décennie du
nouveau millénaire, un certain nombre de rapports très convaincants quant à l'intervention de
la politique sur le développement régional ont été publiés par des organisations internationales
importantes telles que l’OCDE (OCDE, 2009 a et b, 2012), la Banque mondiale (Banque
mondiale, 2008 et 2009) et la Commission européenne (Barca, 2009). Ces rapports ont révélé
deux points de vue opposés et un débat animé sur la politique régionale (Tomaney et al.,
2010 ; Barca et al, 2012).
D'une part, il est émis l’idée d’une politique de développement régional « space-neutral »13.
Suivant la Nouvelle Economie Géographique, elle met l'accent sur les avantages
d'agglomération et les retombées découlant de la concentration géographique (Gill, 2010). Le
rapport prône des améliorations dans les institutions, une stabilité macro-économique,
l’assurance de services de base tels que l’éducation et la santé, la régulation du marché du
travail, du marché foncier et de la propriété. Ces différentes politiques sont conçues pour être
« spatially-blind », autrement dit, elles ne s’adressent pas à des territoires spécifiques. Elles
sont mises en place afin de faciliter les mobilités du capital et du travail en fonction des
conditions du marché (Banque mondiale, 2009).
D'autre part, une approche territoriale (dite « place-based ») qui suppose que la prise en
compte du contexte géographique en particulier le rôle des institutions, l'importance des
connaissances locales, les caractéristiques socio-économiques est indispensable (Garcilazo
et al., 2010 ; McCann, 2015). On retrouve cette approche dans le rapport de l’OCDE (2005 et
2009b) ou encore celui de l’UE (Barca, 2009). Il y est mis en évidence la nécessité
d’interventions territorialisées le marché a échoué. Par ailleurs, il est souligné que les
comportements sociaux et économiques sont ancrés dans l’espace et sont de facto soumis au
contexte social, économique, culturel et institutionnel local. Mettre en œuvre une telle
politique ne consisterait plus à rechercher une convergence régionale mais plutôt à maximiser
les potentiels de développement et de croissance locaux.
13 L’espace géographique ne joue aucun rôle. Pour la politique de Cohésion, cela signifiait peu de changements
dans sa philosophie.
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Dans ce contexte, trois tendances ont orienté de nouveaux développements sur la politique
régionale (Bachtler et al., 2003). Premièrement, la mondialisation et l’argumentation
développée par Porter en 1990 selon laquelle « l’avantage concurrentiel est créé et soutenu
par un processus très localisé » a forcé à s’interroger sur les spécificités locales. Il en a
découlé une réflexion sur les facteurs spécifiques à l’origine d’avantages compétitifs tels que
la qualité du capital humain, la présence d’infrastructures liées à la connaissance ou encore
l’existence de réseaux et clusters (Rodriguez-Pose and Crescenzi, 2008 ; Capello and
Nijkamp, 2009 ; Baumont et Guillain, 2013 ; Thissen et al., 2013 ; McCann, 2015). Tous ces
facteurs ont renforcé l’idée que les politiques régionales devaient être pensées au niveau
régional (Lagendijk, 2011). Deuxièmement, on assiste à une tendance générale à la
décentralisation des différents types de politiques de développement en particulier en termes
de recherche et de développement dans les pays de l’UE (OCDE, 2011). Troisièmement,
l'influence des politiques de l'UE a joué un rôle clé dans le développement des méthodes plus
stratégiques en vue de faciliter le développement économique régional (Raines, 2001). En
l’espèce, le programme de développement régional via l’instauration du FEDER (Fonds
européen de développement économique et régional) en 1975 a connu un processus évolutif
continu réorientant au fil du temps les actions prioritairement financées (Manzella et Mendez,
2009 ; Elissalde et al., 2013).
Ainsi, on distingue très nettement un changement dans le « paradigme de la politique
régionale ». Il inclut désormais une dimension davantage territorialisée qui implique de i) se
concentrer sur les avantages locaux endogènes et la connaissance, ii) concevoir et adapter les
interventions aux contextes spécifiques et à leurs liens spatiaux, iii) stimuler les choix et
orientations des acteurs locaux (Barca, 2009). Il nécessite également de donner un poids plus
important aux niveaux infranationaux (Leornardi, 2005).
3.2. La réforme de la politique de Cohésion dans les faits
L’hétérogénéité spatiale du développement régional (Ertur et Koch, 2005 ; Bourdin, 2011,
2013 et 2018) renforce l’idée de mener une territorialisation des politiques publiques
européennes. C’est ce qui amènent Guy Baudelle et Jean Peyrony (2005) à dire qu’« équité
territoriale et polycentrisme font, au moins implicitement, partie du modèle européen ; c’est
probablement ce que signifie l’ajout de la cohésion territoriale parmi les objectifs de l’Union
dans le projet de Traité constitutionnel ». D’ailleurs, l’Agenda territorial 2020 lancé sous la
présidence de la Hongrie (2011) insiste sur l’idée que la cohésion territoriale doit permettre
aux citoyens et aux entreprises une égalité d’opportunités pour développer leurs potentiels,
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peu importe ils sont localisés dans l’espace communautaire. Ce document ajoute que la
cohésion territoriale complète les mécanismes de solidarité par une approche qualitative
clarifiant les opportunités de développement spécifiques à un territoire. C’est donc
logiquement que les Fonds de la politique de Cohésion ont été repensés afin qu’ils soutiennent
davantage ces transformations cherchant à valoriser les ressources locales et les potentiels
régionaux.
Pour la politique de Cohésion, ce nouveau paradigme correspond à l'approche de la «
spécialisation intelligente » (Foray et al., 2011). Cette dernière a lancé un débat académique
considérable concernant la spécialisation et la diversification (Boschma, 2009 ; Asheim et al.,
2011 ; Asheim, 2013 ; Morgan, 2013). Malgré ce débat et les défis à relever d’un point de vue
opérationnel qu’il pose (Lagendijk, 2011 ; Camagni et Capello, 2013), ce concept a pris de
l'importance politique dans l’UE (Commission européenne, 2010b et 2011 ; McCann et
Ortega-Argilés, 2013b, 2015 ; McCann, 2015). En fait, alors que de nombreuses parties du
monde montrent un intérêt dans l'approche de la politique de spécialisation intelligente
(OCDE, 2012), c’est l'Europe qui a pris le leadership dans le déploiement de cette stratégie.
La spécialisation intelligente est alors conçue et définie comme « un processus d'élaboration
d'une vision, d’identification d’avantages concurrentiels, d'établissement de priorités
stratégiques et d'utilisation des politiques intelligentes pour maximiser le potentiel de
développement de la connaissance de toutes les régions, fort ou faible, high-tech ou low-tech
» (site de la plate-forme S3 - Smart Specialisation Strategy).
La nouvelle architecture de la politique de Cohésion rompt ainsi avec les projets soutenus
auparavant par les Fonds européens14. Elle s’attache davantage à renforcer les capacités de
recherche et d'innovation des régions15. C’est dans ce contexte que la Commission européenne
a invité chacune des régions à présenter ses points forts et à bâtir sa propre stratégie de
recherche, d’innovation et de spécialisation intelligente (dite RIS3). Chaque région doit
identifier les domaines vers lesquels seront fléchés prioritairement les Fonds. En se
concentrant sur les aspects qui sont à la base des meilleures potentialités concurrentielles
14 Il s’agissait alors de financer davantage les « anciens » leviers macroéconomiques liés aux investissements
orientés vers le développement des infrastructures lourdes visant à désenclaver les régions (routes, voies navigables
et ferrées) et aux actions ponctuelles en faveur du développement économique des régions en difficulté.
15 Notons que la discussion sur la pertinence du niveau régional comme échelle de mise en œuvre de la politique de
cohésion réformée ne semble pas avoir été évoquée dans les débats. Or, rappelons qu’à la fin des années 80, il
existait un réel ciblage géographique de l’action publique européenne où certains territoires en difficulté (zonage sur
base communale à partir d’indicateurs socio-économiques) et au travers des PO régionaux qui ne portaient que sur
ces zones (du moins pour les régions de l’objectif 2b) pouvaient bénéficier de Fonds structurels. Il s’agit là d’un
élément de débat.
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d’une région, la « spécialisation/différenciation » intelligente contribue à positionner les
régions dans des marchés/niches mondiaux et des chaînes de valeur internationales
spécifiques (Foray et Van Ark, 2007 ; Foray et al. 2009 ; Foray, 2012). Elle ne dépend pas
uniquement de ses dotations en infrastructures matérielles mais également de la formation de
son capital humain et de la capacité de son environnement institutionnel à mettre en place de
telles politiques basées sur l’économie de la connaissance.
Les Fonds ainsi distribués sont censés être plus ciblés en fonction des besoins particuliers des
régions suivant la logique de concentration des aides sur un nombre limité de priorités en lien
avec l’agenda de l’Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive
(Commission européenne, 2010) décliné en onze sous-priorités (Tableau 3). On passe ainsi
d’une logique de convergence à une logique de compétitivité, d’une logique sectorielle à une
logique territorialisée.
Tableau 3. L’agenda Europe 2020 et les objectifs thématiques
Le modèle de spécialisation intelligente offre un cadre de travail avec lequel les décideurs
peuvent formuler leur politique de long terme de leur territoire concernant le développement
régional et l’innovation. La démarche stratégique de conception des politiques régionales
offerte par la spécialisation intelligente constitue un système de pensée moderne prenant en
considération le rôle crucial de l’innovation dans la croissance économique locale et
l’importance accordée aux spécificités géographiques, institutionnelles et socio-économiques
ainsi que le contexte politique (Lanbadaso et Mouton, 2005 ; Camagni et Capello, 2013 ;
Landabaso, 2014). La logique de spécialisation intelligente implique également que les
priorités choisies peuvent différer en fonction des régions renforçant l’idée d’une plus
grande territorialisation avec une automisation progressive des régions dans leur conception
en lien avec la stratégie de la Commission européenne – ou tout du moins le poids qui leur est
accordé. Les financements des programmes et projets régionaux devraient refléter les
différences de structures industrielles et productives et de trajectoires d’innovation. De
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nombreuses études désormais prônent cette opérationnalisation de la spécialisation
intelligente dans la politique de Cohésion (Annoni et Dijkstra, 2013 ; Athanasoglou et
Dijkstra, 2014). Dans le même temps, opérationnaliser ce concept nécessite de mettre en place
des systèmes de suivi et d’évaluation des politiques (Bourdin et Ragazzi, 2018 ; Colletis-
Wahl, 2018 ; Elouar-Mrizak et Picard, 2018) que l’on pourrait considérer comme des
« mécanismes apprenants ». Les futures recherches devront s’attacher à identifier les limites
et formaliser les trajectoires d’ajustement de cette politique de Cohésion réformée (Capello et
Kroll, 2017 ; Crescenzi et al., 2018).
Conclusion et éléments de discussion
Cet article a tenté (i) d’identifier les grands cadres théoriques sous-jacents au débat en cours
sur la réforme de la politique de Cohésion et (ii) d’analyser les conditions dans lesquelles se
sont déroulés les débats sur le futur de celle-ci pour finir par (iii) s’interroger sur le
changement paradigmatique en cours qui s’opère. Il en ressort que l’on observe une évolution
récente et significative de la conception de la politique régionale, que nous pouvons ici
considérer comme l’expression d’un débat en cours entre le passage d’une logique davantage
descendante à une logique qui serait plus ascendante. Ce passage progressif d’une forme
« top-down » et distributive à une logique prônant un développement basé sur les capacités
régionales laisse penser que l’on s’oriente vers une approche davantage territorialisée de cette
politique publique européenne de développement territorial.
Cette politique « place-based » souligne l’importance des interactions entre l’économie locale
et le contexte institutionnel, ce dernier ayant été mis en avant dans la littérature comme un
facteur déterminant dans l’explication des inégalités de développement aujourd’hui, dans
l’inégale mobilisation des Fonds européens et dans leur efficacité hétérogène. Notons
également que ces améliorations en termes d’institutions et de gouvernance doivent avoir lieu
aussi bien au niveau européen qu’au niveau local. Cela passe par des réflexions sur la
conception même de la politique et sa stratégie, la hiérarchisation des priorités politiques, des
moyens en face, une mise en œuvre, un monitoring, une évaluation, une concertation des
différents acteurs du territoire. Or, même si ces exigences sont aujourd’hui déterminantes, il
n’en reste pas moins que leur application reste complexe, font l’objet de résistance et/ou ne
sont pas « ancrées dans les mœurs » dans certain(e)s pays/régions.
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Aujourd’hui, une attention toute particulière doit être portée aux régions des PECO dont le
défi consiste à mettre en place une politique de développement orientée vers l’innovation et la
compétitivité en plus des politiques de relance de l’emploi, de restructuration et de
reconversion de leurs économies et de construction des infrastructures lourdes nécessaires à
leur développement et attractivité régionale. Pour ces pays, la priorité doit être d’abord de
travailler sur l’amélioration de la qualité des administrations publiques. Selon un rapport
récent de la Banque Mondiale (2017), il est indispensable pour les institutions locales de
gagner en efficacité et en transparence afin de favoriser l’attractivité des territoires et de
proposer un climat favorable aux entreprises. La Commission européenne (2017) ajoute que
« Les capacités institutionnelles affectent la réalisation des objectifs stratégiques à long
terme ainsi que l’aptitude à appliquer des réformes structurelles susceptibles de favoriser la
croissance et l’emploi ». C’est donc à cette condition que les stratégies de spécialisation
intelligente mises en place dans ces régions centre-orientales pourront créer des effets
d’entraînement sur leur économie et améliorer la qualité de vie des populations.
Les discussions sur la période de programmation 2021-2028 ont déjà commencé. La
commissaire européenne à la Politique régionale, la Roumaine Corina Cretu, a d’ores et déjà
affirmé l'idée d'une politique de Cohésion qui continue à s'adresser à toutes les régions
d'Europe, considérant qu’elle doit rester une politique d’investissement européenne. Pour
autant, les négociations à venir s'annoncent difficiles et de nombreuses régions se demandent
si elles pourront continuer à bénéficier des aides après 2020. En effet, la commissaire n’a pas
exclu l’idée de supprimer les catégories de régions (plus développées, en transition et moins
développées). Par ailleurs, si le budget continue d’être contraint, il sera difficile de satisfaire
tous les besoins. D’où l’idée qui commence à se répandre à Bruxelles de combiner la politique
de Cohésion au Plan Juncker (qui propose des instruments financiers de type prêts, garanties,
participations). A cela vient s’ajouter le Brexit qui fait peser une pression supplémentaire sur
le budget européen. Les débats actuels et futurs sur l’après 2020 sont loin d’être terminés.
.
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Article
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This article reviews the successive reforms of the European Union Cohesion Policy. We study the economic and political context, the nature and logic of EU cohesion policy reforms and reflect on the concept of cohesion and its involvement in terms of European public policies. The paper highlights a paradigmatic change that has gradually moved towards more territorialization. Particular emphasis is placed on the concept of smart specialization and its use to facilitate the implementation of a policy that takes more into account local peculiarities. The article also opens a reflection on the future budget of the Cohesion Policy for 2021-2027 and its stakes in a Brexit context. Cet article examine les réformes successives de la Politique de Cohésion de l'Union européenne. Nous étudions le contexte économique et politique, la nature et la logique des réformes de la politique de cohésion de l'UE et réfléchissons sur le concept de cohésion et son implication en termes de politiques publiques européennes. Le papier met en évidence un changement paradigmatique qui s’est peu à peu opéré vers davantage de territorialisation. Il est particulièrement mis l’accent sur le concept de spécialisation intelligente et son utilisation pour faciliter la mise en place d’une politique prenant davantage en compte les spécificités locales. L’article ouvre également une réflexion sur le futur budget de la Politique de Cohésion pour 2021-2027 et ses enjeux dans un contexte de Brexit.
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