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Vidéos filmées en cours d’ostéopathie par les étudiants : Étude mixte exploratoire sur les pratiques sociales des VFEC et conséquences sur l’enseignement

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Abstract

Les étudiants en ostéopathie profitent de leurs smartphones pour filmer les démonstrations des cours de pratique ostéopathique. Ces vidéos filmées en cours (VFEC) sont plus ou moins partagées, postées et échangées en fonction des classes et des promotions. Il apparait une organisation parfois riche et développée autour de ces vidéos, qui dépend de la volonté de quelques étudiants œuvrant bénévolement pour leurs camarades. Ils adoptent alors des rôles bien distincts en fonction de leurs compétences personnelles en ressources humaines et numériques (organisateurs, créateurs de vidéos, etc.).
INTRODUCTION
Les étudiants en ostéopathie profitent de leurs smart-
phones pour filmer les démonstrations des cours de pra-
tique ostéopathique. Ces vidéos filmées en cours
(VFEC) sont plus ou moins partagées, postées et échan-
gées en fonction des classes et des promotions. Il appa-
rait une organisation parfois riche et développée autour
de ces vidéos, qui dépend de la volonté de quelques étu-
diants œuvrant bénévolement pour leurs camarades. Ils
adoptent alors des rôles bien distincts en fonction de
leurs compétences personnelles en ressources hu-
maines et numériques (organisateurs, créateurs de
vidéos, etc.).
Vidéos lmées en cours d’ostéopathie par les étudiants :
Etude mixte exploratoire sur les pratiques sociales des VFEC et
conséquences sur l’enseignement
APPORTS THEORIQUES
- Le microlearning :
Le concept de microlearning correspond aux informa-
tions et aux formations de moins de 15 minutes principa-
lement en format numérique. Comme nous l’avions mis
en évidence dans une précédente étude, le microlear-
ning est très utilisé par les étudiants en ostéopathie, mais
peu conscientisé (1).
- L’institut de formation en ostéopathie comme
exemple d’organisation capacitante (2):
Les compétences des formateurs et des étudiants sont
des ressources pour une organisation. Pour les mobili-
ser, celle-ci doit mettre en place un environnement capa-
citant en menant préalablement une reflexion sur les dif-
férentes pratiques. Dans le cadre des VFEC, il est perti-
nent que les centres de formation cherchent à évaluer
scientifiquement l’intérêt potentiel de cette pratique pour
éclairer les choix formatifs des formateurs et des étu-
diants.
- 6 profils :
Guide d’entretien
16 entretiens semi-directifs ont permis de saturer les don-
nées. Il ont été menés après une prise de rendez-vous par
mail une fois les profils identifiés par les délégués de pro-
motion.
La méthodologie d’analyse choisie pour les entretiens est
l’analyse thématique des unités de sens des différentes ré-
ponses. Les questionnaires ont permis l’analyse descrip-
tives des données.
Cette étude empirique mixte bicentrique s’inscrit dans
une épistémologie constructiviste. L’expérimentation a
été réalisée au collège ostéopathique de Bordeaux et à
Eurostéo à Aix-en-Provence d’abord à partir d’entretiens
dont la passation s’est déroulée sur une durée de trois
mois (mars à fin mai 2018) puis à l’aide d’un question-
naire en ligne Google Form en juin 2018. Les entretiens
ont nécessité la participation de 17 étudiants de forma-
tion initiale (FI n=11) et continue (FP n=6) répartis dans
différentes promotions elles-mêmes parfois divisées en
classes (1 FI de 5e année ; 5 FI de 4e année dont 2 de
FI4A et 3 de FI4B ; 5 FI de 1re année dont un de chaque
classe de A à E ; 3 FP de 1ère année et 3 FP de 4ème
année ). 183 questionnaires ont été récupérés (FI n=127
; FP n=56). On compte 104 personnes inscrites en pre-
mière année en FI1, 60 en en FI4, 37 en FP1 et 42 en
FP4. Un entretien exploratoire auprès d’un étudiant de
5ème année a permis la mise en évidence de 6 profils
plus ou moins indépendants puis la création d’un guide
d’entretien.
MATERIEL & METHODES
Les vidéos sont le plus souvent renommées puis stoc-
kées sans aucune retouche sur un espace de stockage
en ligne quand elles sont partagées dans un groupe or-
ganisé (Facebook, Google drive, dropbox, etc.). Sinon ,
elles sont stockées sur l’ordinateur personnel ou un
disque dur externe.
La plupart des étudiants organisent le classement de
vidéos dans leur espace de stockage en commençant
par l’année pour faciliter les révisions mêmes si comme
le dit ET 5 en FI « même si au final le jour où on exerce
tout est mélangé ».
L’organisation autour des VFEC est un sujet complexe et
sensible qui se présente sous une extrême variabilité
dans les différentes promotions et classes. Cela peut
aller d’aucune organisation où tout le monde filme pour
soi et doit se battre pour obtenir un bon angle de vue
pour avoir sa vidéo (ET 16 : « c'était la guerre du Vietnam
»). À l’organisation parfaitement huilée avec uniquement
2 personnes qui filment pour limiter le risque de ne pas
avoir de vidéos en cas de problème technique (ET4 : «
du coup on est deux et on est vraiment que 2 »).
Les étudiants affirment que les écoles ne sont jamais
vraiment intervenues dans la gestion des VFEC. Pour
certains, une aide technique ou organisationnelle serait
utile pour bien démarrer la première année. Par exemple,
au début de la scolarité pour bien commencer à filmer
dès les premiers cours de première année. Pour
d’autres, c’est inutile dans le sens où cela les regarde
uniquement eux et les enseignants. À la question de
donner des vidéos de référence prises en cours dans les
années précédentes ET8 répond que ce serait béné-
fique. Cependant globalement, les étudiants des groupes
non organisés paraissent plus enclins à cette possibilité,
à la différence des groupes organisés. Ces derniers pré-
fèrent se projeter dans leurs propres cours pour ap-
prendre plus facilement et pensent qu’ils auront les
vidéos en retard comme c’est souvent le cas pour leurs
supports de cours.
Les groupes organisés autour des vidéos permettent de
diminuer le nombre de personnes qui filment en même
temps pendant le cours. Cela a pour conséquence
d’améliorer l’attention des étudiants pendant les explica-
tions pratiques et souvent d’obtenir de l’enseignants des
commentaires perçus comme de meilleur qualité du fait
qu’il soit filmé. A l’inverse les groupes qui ne sont pas or-
ganisés peuvent non seulement être moins attentif et
amener l’enseignant à répéter des explications déjà ap-
portée, mais aussi le contraindre à demander que le
cours ne soit plus filmé pour préserver l’attention des étu-
diants.
Après la passation de ces différents entretiens et le traite-
ment des questionnaires, il semble particulièrement ap-
parent que les VFEC est un outil qui parait indispensable
aux étudiants pour leur apprentissage des techniques
ostéopathiques. Ils cherchent à obtenir une vidéo la plus
courte possible et créent leur propre support pédago-
gique. Ainsi, ils entrent effectivement dans le cadre d’une
formation en microlearning (3).
On remarque que l’intérêt individuel autour des VFEC ne
suffit pas à mobiliser toute une classe ou une promotion
dans une organisation qui pourrait servir à tous. De l’ex-
térieur il apparait pourtant évident que le partage du tra-
vail autour de ces VFEC permettrait de limiter l’essouffle-
ment de certains et aussi d’améliorer la qualité à la fois
de prise de vue et de contenu.
RESULTATS ET DISCUSSION
La presque totalité de étudiants interrogés utilisent les
VFEC pour réviser ou pour apprendre les démonstra-
tions pratiques réalisées par les enseignants.
ET5 en FI1 pense « que pour toutes personnes qui a un
examen, ou qui a besoin […] de réviser, euh la vidéo est
indispensable ». Ils révisent à 68,9% sur ordinateur por-
table et 17,5% sur smartphone. 48,6% des étudiants ne
filment jamais en cours de pratique tandis que 16,9% le
font systématiquement.
73,77 % (n=135) pensent qu’une VFEC devrait durer
entre 2 et 6 minutes maximum.
Plus de la moitié des étudiants estiment que filmer en
cours peut modifier la qualité des explications de l’ensei-
gnant en bien ou en mal. Et 49,7% avouent que filmer en
cours peut diminuer l’attention de celui qui filme.
Bibliographie :
1. Burguete E, Gorski L, Scribans C, Nourry J. Les représentations sociales nouvelles des adultes en formation sur le microlearning. Rev Ostéopathie. 2017;19(3):21-30.
2. Oudet SF. Concevoir des environnements de travail capacitants :l’exemple d’un réseau réciproque d’échanges des savoirs. Form Empl Rev Fr Sci Soc. 10 sept 2012;(119):7-27.
3. Torgerson C. The microlearning guide to microlearning. Kalamazoo, Michigan: Torgerson Consulting; 2016. 181 p.
Influence perçue par les étudiants de filmer en cours sur les explications
de l’enseignant
institut de recherche en sciences ostéopathiques
et andragogie
Emmanuel Burguete, Cédric Scribans
Mathieu Joyon, Florent Brière
Gérald Emmanuelli, Sophie Pigot
Jérôme Nourry
CONTACT : laboratoire@recherche-osteopathie.org
IRSOA
1 - les organisateurs
2 - les créateurs de vidéos
3 - les utilisateurs actifs
4 - les personnes consommatrices
5 - les indépendants
6 - les étudiants qui n’utilisent pas
les vidéos
Questionnaire
(post entretiens)
11 questions rapides pour gé-
néraliser certaines opinions.
QUELQUES PERSPECTIVES :
Les étudiants auraient tout intérêt à s’organiser dès la
première année pour filmer en cours.
Ils auraient un meilleur angle de vue lors du métrage et
pourraient être plus attentifs et concentrés pendant les
phases pratiques. La mutualisation du stockage en
ligne serait possible et faciliterait les échanges des
vidéos.
Les enseignants et l’institution auraient la possibilité de
valider et d’utiliser les vidéos des étudiants comme sup-
port pédagogique.
La presque totalité des étudiants filmant en cours
2 étudiants seulement filmant en cours
Septembre 2018
... L'intégration de la caméra dans les objets du quotidien (smartphone, ordinateur portable) a conduit à l'émergence de nouveaux comportements, banalisant la production audiovisuelle. Burguete et al. (2018) ont mis en exergue la manière dont les étudiants en ostéopathie filmaient les démonstrations réalisées en formation, par leurs pairs ou leur formateur, pour se constituer une banque de courtes séquences vidéo en appui à leurs acquisitions. Répandue mais peu conscientisée chez les élèves-ostéopathes (Burguete et al., 2017), cette pratique s'inscrit dans le courant du microlearning (Krüger, 2012), lequel consiste en l'assimilation rapide de connaissances à partir d'unités pédagogiques synthétiques comme les tutoriels vidéo. ...
Article
Depuis plus de 50 ans, la vidéoformation s’est progressivement déployée dans les cursus de formation d’adultes au gré des évolutions technologiques, au point de devenir aujourd’hui quasi incontournable, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la santé. Constituant une opportunité de faire entrer le métier dans les cursus de formation, la vidéoformation se révèle d’une grande complexité dès lors que l’on souhaite en saisir les intérêts, les bénéfices, mais aussi les limites et les précautions inhérentes à sa mise en œuvre, tant pour les concepteurs-formateurs que pour les apprenants. Cette note de synthèse se propose de faire le point sur la vidéoformation en formation d’adultes. Elle présente en premier lieu une réflexion sur les évolutions historiques et les développements technologiques qui ont accompagné son déploiement. Par la suite, à partir d’un examen de la littérature scientifique internationale, elle s’attache à présenter les différentes conceptions épistémologiques ainsi que les approches et les usages qui en découlent. Elle se conclut par une brève réflexion relative aux nécessaires précautions éthiques qu’implique le recours à l’image.
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