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LA FLORE FOSSILE DU SYSTÈME TRAVERTINEUX DU SERRE DE MONTDENIER (ALPES DE HAUTE PROVENCE, FRANCE) : UN NOUVEAU JALON DANS L'HISTOIRE DE LA VÉGÉTATION HOLOCÈNE DES ALPES DU SUD

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LA FLORE FOSSILE DU SYSTÈME TRAVERTINEUX DU SERRE DE MONTDENIER (ALPES DE HAUTE PROVENCE, FRANCE) : UN NOUVEAU JALON DANS L'HISTOIRE DE LA VÉGÉTATION HOLOCÈNE DES ALPES DU SUD

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LA FLORE FOSSILE DU SYSTÈME
TRAVERTINEUX DU SERRE DE MONTDENIER
(ALPES DE HAUTE PROVENCE, FRANCE) : UN
NOUVEAU JALON DANS L’HISTOIRE DE LA
VÉGÉTATION HOLOCÈNE DES ALPES DU SUD
Paul Roiron, Adam Ali, Jean-Louis Guendon, Marie-Eve Migueres, Serge
Muller, Vincent Ollivier
To cite this version:
Paul Roiron, Adam Ali, Jean-Louis Guendon, Marie-Eve Migueres, Serge Muller, et al.. LA FLORE
FOSSILE DU SYSTÈME TRAVERTINEUX DU SERRE DE MONTDENIER (ALPES DE HAUTE
PROVENCE, FRANCE): UN NOUVEAU JALON DANS L’HISTOIRE DE LA VÉGÉTATION
HOLOCÈNE DES ALPES DU SUD. Quaternaire, Centre National de la Recherche Scientique, 2006.
<hal-01766599>
LA FLORE FOSSILE DU SYSTÈME TRAVERTINEUX DU SERRE
DE MONTDENIER (ALPES DE HAUTE PROVENCE, FRANCE) :
UN NOUVEAU JALON DANS L’HISTOIRE DE LA VÉGÉTATION
HOLOCÈNE DES ALPES DU SUD
Paul ROIRON1, Adam A. ALI1, Jean-Louis GUENDON2, Marie-Eve MIGUERES1,
Serge D. MULLER3& Vincent OLLIVIER2
RÉSUMÉ
Le système travertineux du Serre de Montdenier (alt. 1200 m) présente des massifs contenant des macrorestes végétaux (empreintes foliai-
res et charbons) et une tourbière minérotrophe alcaline. L’analyse des séquences travertineuses datées par U/Th et 14C a permis de reconstituer la
structure et la composition de la flore ligneuse locale au début de l’Holocène. Le paysage du vallon de Mouresse se présentait alors sous la forme
d’une mosaïque de chênaies caducifoliées mésophiles, de zones ouvertes à Amelanchier ovalis et Berberis vulgaris, et de ripisylves à Alnus glutino-
sa,Salix spp. et Vitis vinifera subsp. sylvestris. Plusieurs de ces espèces ont disparu de la végétation locale, actuellement caractérisée par des mator-
rals à Buxus sempervirens et des reboisements de Pinus nigra subsp. nigra. La tourbière minérotrophe, qui recouvre la partie sommitale du système
travertineux, se développa il y a environ 400 ans, probablement à la suite de modifications de l’hydrologie de la partie amont du ruisseau de Mou-
resse. Les données polliniques traduisent des apports lointains et révèlent un paysage asylvatique antérieurement aux reboisements RTM de la fin
du 19esiècle.
Mots-clés : travertin, empreintes de feuilles, pollen, feu, Pré-Alpes françaises, Holocène, reboisement, pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp.
nigra)
ABSTRACT
NEW DATA ON THE HOLOCENE VEGETATION IN THE SOUTHERN ALPS: THE FOSSIL FLORA OF THE SERRE DE MONTDENIER
TRAVERTINE (ALPES DE HAUTE PROVENCE, FRANCE)
The travertine system of the Serre de Montdenier (alt. 1200 m) presents formations containing plant macroremains (plant imprints and
charcoals) and an alkaline minerotrophic peatland (fen). The analysis of travertine sequences dated by U/Th and 14C allowed us to reconstruct the
composition and the structure of the local ligneous flora at the beginning of the Holocene. The landscape of the Mouresse valley was then formed by
a mosaic of mesophilous deciduous oak forests, of open zones with Amelanchier ovalis and Berberis vulgaris, and of riparian forests with Alnus
glutinosa,Salix spp. and Vitis vinifera subsp. sylvestris. Most of these species have disappeared from the local vegetation, presently characterized
by matorrals of Buxus sempervirens and afforestations of Pinus nigra subsp. nigra. The fen covering the higher part of the travertine system devel-
oped ca. 400 years ago, probably as a result of changes in the hydrology of the higher part of the Mouresse stream. Pollen data reveal a long transport
and an asylvatic landscape prior to the RTM reforestation of the end of the 19th century.
Key words: travertine, leaf imprints, pollen, wildfire, French Pre-Alps, Holocene, plantation, Pinus nigra subsp. nigra
1 - INTRODUCTION
Le bassin méditerranéen est considéré comme l’un
des grands centres mondiaux de la biodiversité
végétale (Davis et al., 1994 ; Quézel, 1995). Le
développement des activités humaines au cours des
derniers millénaires a considérablement modifié la
végétation et la répartition des espèces (Beaulieu et al.,
1987 ; Barbero et al., 1990 ; Quézel & Médail, 2003).
Dans le sud de la France, la reforestation des jachères
suite à la déprise agricole de la fin du 19ème siècle, ainsi
que les nombreuses plantations forestières réalisées
depuis pour protéger les sols de l’érosion (Restauration
des Terrains en Montagne : RTM), ont notamment con-
tribué à perturber profondément les écosystèmes fores-
tiers. La prise de conscience, d’abord écologique puis
Quaternaire,17, (2), 2006, p. 69-77
Manuscrit reçu le 13/02/2006, accepté le 26/04/2006
1Centre de BioArchéologie et Ecologie, UMR 5059, Université de Montpellier 2, Institut de Botanique, 163 rue A. Broussonet, 34090 Montpellier,
France
2MMSH, UMR 6636, 5 rue du Château de l’Horloge, 13094 Aix-en-Provence, France
3Institut des Sciences de l’Evolution, UMR 5554, Université de Montpellier 2, place E. Bataillon, 34095 Montpellier, France
politique, s’est traduite par l’élaboration récente de
directives internationales sur la conservation de la bio-
diversité (conférences de Rio en 1992 et de Paris en
2005). Il devient en effet urgent d’élaborer et de mettre
en place des stratégies centrées sur la prévention et la
conservation des espèces et basées sur des études scien-
tifiques pluridisciplinaires.
Les compositions et structures passées de la végéta-
tion peuvent servir de référence, en témoignant en par-
ticulier de la paléodiversité des écosystèmes végétaux
avant l’emprise de l’Homme. Les études paléoécologi-
ques, généralement mises en oeuvre pour révéler les
phénomènes climatiques ou anthropiques impliqués
dans l’évolution de la végétation, permettent égale-
ment d’évaluer la paléorichesse végétale qui peut être
considérée comme une première approximation de la
paléobiodiversité (Odgaard, 1999).
Les flores et végétations holocènes des Alpes fran-
çaises du Sud sont aujourd’hui relativement bien
connues, grâce aux travaux de Beaulieu (1977),
Wegmüller (1977), Coûteaux (1982), Clerc (1988),
Talon (1997), Fauquette & Talon (1995), Nakagawa
(1998), Muller et al. (2000), Pothin (2000) et Ali et al.
(2005). Dans la région méditerranéenne française, les
archives naturelles sont plus rares : quelques études ont
été réalisées depuis une trentaine d’années dans les
étangs littoraux (Triat-Laval, 1979, 1982 ; Planchais &
Parra Vergara, 1984), dans des marais (Triat, 1975 ;
Nicol-Pichard, 1987 ; Nicol-Pichard & Dubard, 1988 ;
Andrieu-Ponel et al., 2000), ainsi que dans des traver-
tins (Ali et al., 2003). Ces travaux ont permis de mettre
en évidence la dégradation générale des écosystèmes
forestiers caducifoliés au profit des matorrals et des
pinèdes. Les données disponibles ne permettent toute-
fois pas encore d’avoir une idée précise des structures
et de la composition des végétations passées des
régions méditerranéennes françaises.
Nous présentons ici l’étude de la macroflore et de la
flore pollinique du système travertineux de Mouresse,
situé sur le Serre de Montdenier (Alpes de Haute-Pro-
vence, France), dont la richesse en empreintes végéta-
lespermetderendrecomptedelafloreetdela
végétation ligneuses de ce massif au début de l’Holo-
cène. Ce travail s’inscrit dans un programme d’étude
des systèmes travertineux de moyenne et de haute mon-
tagne du sud-est de la France dont le principal objectif
est de caractériser l’incidence des variations climati-
ques et des activités anthropiques sur la structuration et
la dynamique de la végétation au cours de l’Holocène
(Ali et al., 2003, 2005). L’étude pollinique d’une tour-
bière minérotrophe développée sur la partie supérieure
du massif de travertin a été réalisée dans le but d’appor-
ter des données complémentaires à l’étude macrofos-
sile. L’enregistrement pollinique s’est avéré ne
recouvrir que les quatre derniers siècles : il est suscep-
tible de rendre compte des modifications récentes de la
végétation du vallon et d’informer sur les modalités de
l’initiation et du développement de la tourbière, qui
abrite une espèce protégée au niveau national (Carex
limosa L.).
2 - ZONE D’ÉTUDE
Situé dans les Préalpes calcaires, à proximité du
canyon du Verdon, le Serre de Montdenier culmine à
1750 m d’altitude (fig. 1). Le climat régional, de type
méditerranéen, est caractérisé par de forts contrastes
saisonniers : les précipitations annuelles moyennes
sont comprises entre 700 et 900 mm, avec un maximum
automnal (90 mm en moyenne en octobre) et une saison
sèche estivale (minimum de 41 mm en moyenne en juil-
let). La moyenne annuelle des températures est de 13oC
(données de la station météorologique de Moustiers-
Sainte-Marie, alt. 635 m).
La végétation du massif appartient à l’étage supra-
méditerranéen, dominé en région méditerranéenne
française par la chênaie caducifoliée à Quercus pubes-
cens et par ses faciès de dégradation (pinèdes de Pinus
sylvestris et matorral à Buxus sempervirens, essentiel-
lement). Au cours du dernier siècle, de nombreuses
plantations de Pinus nigra subsp nigra ont été réalisées
dans cette zone, dans le cadre du programme de Res-
tauration des Terrains en Montagne (RTM) à des fins de
sylviculture et de protection des sols contre l’érosion.
Le vallon de Mouresse (43o52’N, 6o15’E), au sein
duquel s’est formé le système travertineux, incise le
Serre de Montdenier vers le sud-ouest en direction du
plateau de Valensole. Les versants du massif sont cou-
vertspardesmatorralsàbuis(Buxus sempervirens),
résultant vraisemblablement, comme partout en Médi-
terranée septentrionale, de l’action conjuguée depuis
plusieurs millénaires du pâturage et du feu (Quézel &
Médail, 2003). Ces formations végétales ouvertes abri-
tent, outre le buis, de nombreuses espèces ligneuses
pour la plupart arbustives : Amelanchier ovalis, Acer
campestre, Cotoneaster integerrima,Crataegus mono-
gyna,Genista cinerea, Juniperus phoenicea, Pinus syl-
vestris, Pistacia terebinthus, Prunus mahaleb, Quercus
pubescens, Rosa canina,Sorbus aria et Ulmus glabra.
La présence de jeunes individus de chênes blancs
(Quercus pubescens) atteste toutefois la dynamique
forestière actuelle de ces matorrals, qui devraient théo-
riquement évoluer vers des chênaies caducifoliées
70
Fig. 1 : Carte de situation.
Fig. 1 : Location map.
telles que celles que l’on peut encore observer près du
village de St Jurs, au pied du massif.
Les rives du ruisseau de Mouresse sont occupées par
une ripisylve discontinue constituée de saules (Salix
alba, S. caprea, S. cinerea, S. eleagnos, S. purpurea),
de noisetiers (Corylus avellana), de sureaux (Sambu-
cus nigra) et de quelques peupliers blancs (Populus
alba).
Quatre édifices travertineux se sont développés sur le
trajet du cours d’eau (Nevière, 1996). Le plus haut
(S0), situé à environ 1300 m d’altitude, est aujourd’hui
recouvert par un complexe tourbeux minérotrophe
alcalin à Carex paniculata,C. davalliana,C. limosa
(espèce protégée au niveau national), Molinia caerulea
et Schoenus nigricans. Les trois massifs encore visi-
bles actuellement ont été nommés S1, S2 et S3. Le mas-
sif S1, édifié à 1260 m d’altitude au niveau d’une
rupture de pente, constitue un barrage aujourd’hui inci-
sé par le cours d’eau. Le massif S2 (1200 m), extrême-
ment riche en empreintes foliaires, a fait l’objet de
l’étude dont les résultats sont présentés ici. Enfin, le
massif S3 est développé dans la partie inférieure du
vallon, à 1025 m d’altitude.
3 - STRATIGRAPHIE ET ÂGE
Les dépôts travertineux S1 et S2 sont composés de
faciès construits homogènes, sans niveaux détritiques,
ce qui traduit des conditions environnementales relati-
vement stables pendant le processus de travertinisa-
tion. Par contre le dépôt inférieur S3 est constitué à la
fois de niveaux construits et de faciès détritiques qui
témoignent de phases d’érosion.
Le log stratigraphique de la séquence S2 (fig. 2)
montre une alternance de faciès construits à empreintes
et de petits niveaux crayeux contenant de rares frag-
ments de charbons de bois. Trois fragments de traver-
tins ont été datés par 234Uranium/230Thorium (IFM-
GEOMAR, Kiel, Allemagne). D’autre part, deux char-
bons de bois (niveaux 6 et 10) ont donné des dates AMS
14C (Poznan, Pologne) de même qu’un fragment de
bois prélevé à la base de la carotte provenant de la tour-
bière. Nous disposons également d’une date 14C qui
avait déjà été obtenue dans la séquence S3 (Nevière,
1996). L’ensemble des résultats est regroupé dans le
tableau 1.
4 - MATÉRIELS ET MÉTHODES
Les blocs contenant des empreintes et des charbons
ontéextraitsàlaidedemassettesetdeburinspuis
les fossiles dégagés au laboratoire. Les mieux préser-
vés ont été photographiés ou dessinés à l’aide d’un
microscope stéréoscopique équipé d’une chambre
claire (fig. 3). Les identifications ont été réalisées par
comparaison avec des échantillons d’herbier (collec-
tion de l’UMR 5059 et de l’Herbier de l’Université de
Montpellier). Les caractères de la morphologie foliaire
permettent en général d’obtenir une identification au
niveau de l’espèce. Par contre, en ce qui concerne
71
Fig. 2 : Stratigraphie de la séquence S2.
Fig. 2 : Stratigraphy of the S2 sequence.
Echantillons Matériel Lab. no. Age Méthodes Age cal. BP. (2 )
PBL1 Bois Poz-10802 340 ± 30 BP AMS 310-480
S2L10 Charbon Poz-5069 8580 ± 50 BP AMS 9470-9630
S2L6 Charbon Poz-5068 8480 ± 50 BP AMS 9470-9630
S3L2 Charbon Gif-8930 7760 ± 80 BP Conventionnel 8390-8760
S2L2 Calcite IFM-GEO 9780 ± 200 BP U/Th 9580-9980
S2L8 Calcite IFM-GEO 8860 ± 180 BP U/Th 8680-9040
S2L10 Calcite IFM-GEO 9080 ± 220 BP U/Th 8860-9300
Tab. 1 : Datations U/Th et 14C AMS.
Tab. 1: U/Th and 14C AMS dates.
l’identification de la cinquantaine de charbons de bois
récupérés au sein du travertin, les caractères anatomi-
ques n’ont le plus souvent autorisé qu’une
identification au niveau du genre.
Il en est de même pour l’analyse palynologique, sou-
vent limitée à la famille ou au genre. Les comptages
polliniques ont été réalisés sur des échantillons sédi-
mentaires de 1 cm3, extraits sur une carotte prélevée au
carottier russe et préalablement traités chimiquement
selon la méthode conventionnelle (Faegri & Iversen,
1989).
5 - RÉSULTATS
En dépit d’une légère inversion chronologique cor-
rigée par l’intervalle d’incertitude (entre L8 et L10), les
dates U/Th indiquent que la séquence travertineuse S2
s’est développée au début de l’Holocène pendant une
période d’environ mille ans. Bien que provenant de
niveaux différents, les deux charbons de la séquence S2
donnent des âges quasiment identiques et correspon-
dent vraisemblablement au même épisode de feu inter-
venu vers 9500 cal. BP. Ceci montre que la durée du
72
Fig. 3 : Feuilles fossiles de la séquence S2 du travertin de Mouresse.
Fig. 3 : Fossil leaves of S2 Mouresse travertine
1: Acer opalus
2 : Alnus glutinosa
3 : Amelanchier ovalis
4 : Berberis vulgaris
5 : Populus alba
6 : Quercus pubescens
7 : Rhamnus alpina
8 : Salix caprea
9 : Salix purpurea
10 : Sorbus aria
11 : Tilia sp.
12 : Vitis vinifera subsp. sylvestris
transport des charbons depuis une même zone de feu
jusqu’au ruisseau peut être très variable, certains res-
tant enfouis dans la litière ou le sol beaucoup plus long-
temps que d’autres. Ces charbons isolés inclus dans des
faciès travertineux sont en conséquence susceptibles
d’entraîner des incohérences chronologiques. Acon
-
trario, les charbons de bois regroupés et stratifiés dans
des niveaux détritiques intercalés entre des faciès cons-
truits constituent un meilleur matériel pour réaliser des
datations 14C, bien que là aussi des remaniements
soient possibles.
Les charbons de bois extraits des niveaux 6, 8 et 10
de la séquence S2 sont de petite taille et très friables.
Leur étude anatomique a toutefois permis d’identifier :
Niveau 10 : 15 Quercus caducifolié ; 1 Monocotylé-
done, 5 indéterminés
Niveau 8 : 6 Pinus type sylvestris
Niveau 6 : 12 Quercus caducifolié ; 2 Pinus type syl-
vestris, 4 Dicotylédone, 5 charbons calcifiés
indéterminables.
L’échantillonnage des empreintes foliaires a permis
de dégager environ 300 spécimens, le plus souvent
fragmentaires. Une vingtaine de taxons dont la liste est
indiquée dans le tableau 2, ont été identifiés. Il s’agit
uniquement d’espèces ligneuses car les feuilles des
espèces herbacées ne sont généralement pas assez co-
riaces et se décomposent avant d’avoir pu laisser une
empreinte.
Les taxons les mieux représentés sont Quercus pu-
bescens,Tilia sp., Amelanchier ovalis, Acer opalus,
Alnus glutinosa,Salix purpurea et Salix eleagnos. Des
aiguilles et des charbons de bois de Pinus type sylves-
tris ont aussi été identifiés dans les niveaux supérieurs.
La comparaison avec la flore actuelle du vallon de
Mouresse montre que plusieurs espèces présentes au
début de l’Holocène (Acer opalus, Alnus glutinosa,
Berberis vulgaris, Rhamnus alpina, Tilia sp. et Vitis vi-
nifera subsp. sylvestris) ne sont pas retrouvées dans la
flore locale. Inversement d’autres espèces ligneuses
qui se développent aujourd’hui à proximité du travertin
ne sont pas représentées dans la flore fossile.
La tourbière a une origine beaucoup plus récente (en-
viron 400 ans) et recouvre une ancienne zone traverti-
neuse (S0) qui a peut-être fonctionné jusqu’à cette
époque. Les dépôts stériles compris entre 175 et
110 cm sont vraisemblablement issus d’une ou de plu-
sieurs phases érosives du travertin en amont. La pré-
sence de fragments de travertin au sein de l’ensemble
de la séquence indique la permanence des apports dé-
tritiques. Le spectre pollinique de surface met enfin en
73
Taxons Niveau 2 Niveau 4 Niveau 6 Niveau 8 Niveau 10
Gymnospermes
Pinus sylvestris-type c c, ++ ++
Dicotylédones
Acer campestre +
Acer opalus ++ ++ +++ ++
Alnus glutinosa ++
Amelanchier ovalis ++ ++
Berberis vulgaris +
Populus alba +
Quercus caducifolié c c
Quercus pubescens ++ ++ ++
Quercus robur ++
Rhamnus alpina +
Rhamnus frangula +
Rubus sp. +
Salix caprea +
Salix cinerea +
Salix eleagnos ++ +
Salix fragilis +
Salix purpurea ++
Sorbus aria ++++
Tilia sp. ++ +++ +++ ++
Vitis vinifera subsp. sylvestris +
Monocotylédones
cf. Phragmites +++
Nombre d’empreintes 77 122 39 36 23
Tab. 2 : Liste des espèces identifiées dans la séquence travertineuse S2 du vallon de Mouresse.
+ présence ; ++ fréquent ; +++ abondant ; c charbon
Tab. 2: List of taxa identified within S2 travertine sequence at Mouresse.
+ presence ; ++ frequent ; +++ abundant ; c charcoal
évidence la prédominance du pollen de Pinus type syl-
vestris, qui marque les reboisements récents en Pinus
nigra subsp. nigra.
6 - DISCUSSION
6.1 - DYNAMIQUES PALÉOENVIRONNEMENTALES
DU DÉBUT DE L’HOLOCÈNE
La séquence S2 du travertin de Mouresse témoigne
de l’existence entre 10000 et 9000 cal. BP d’une flore
ligneusedifférentedelactuelle.Laprésencepasséede
taxons héliophiles comme Amelanchier, Rubus et Ber-
beris et d’espèces forestières comme Quercus pubes-
cens, Acer opalus et Tilia sp. indique une végétation en
mosaïque en relation avec le sol ou l’exposition. Les
pentes rocheuses devaient être colonisées par Pinus
type sylvestris, Berberis vulgaris, Rubus sp. et Amelan-
chier ovalis, les abords du ruisseau par Alnus glutinosa,
Salix purpurea,Salix eleagnos et Populus alba, tandis
que Quercus pubescens, Acer opalus, Sorbus aria et
Tilia constituaient probablement des peuplements
forestiers sur sols profonds.
Le développement et la suprématie de la chênaie
caducifoliée mixte à partir du Boréal est un phénomène
bien connu dans le sud-est de la France, depuis les
Alpes méridionales (Beaulieu, 1977 ; Digerfeldt et al.,
1997 ; Nakagawa, 1998) jusqu’au plaines provençales
(Triat-Laval, 1979 ; Nicol-Pichard, 1987 ; Nicol-Pichard
& Dubard, 1988). Les données obtenues au Serre de
Montdenier mettent en évidence la complexité des pay-
sages des Alpes provençales au début de l’Holocène,
qui apparaissent caractérisés par une mosaïque de
zones forestières et de zones ouvertes. L’abondance
des charbons de bois permet de supposer un rôle impor-
tant des incendies dans le maintien de cette hétérogé-
néité paysagère. Les empreintes foliaires de la
séquence S2 attestent en outre la présence locale de
Tilia entre 10000 et 9000 cal. BP, et confirme les études
palynologiques régionales qui datent l’apparition du
tilleul vers 10500 ans cal. BP et son développement
optimal aux alentours de 9000 cal. BP (Beaulieu,
1977 ; Digerfeldt et al., 1997 ; S.D. Muller, données
non publiées).
Des informations plus récentes sur l’évolution du
paysage sont fournies par la séquence aval (S3), mal-
heureusement dépourvue d’empreintes végétales
(fig. 4). La base de ce dépôt a livré des charbons de bois
datés d’environ 8600 cal. BP, associés à un dépôt sablo-
détritique (Nevière, 1996). Ces charbons témoignent
d’un ou de plusieurs épisodes de feu ayant potentielle-
ment ouvert le milieu et favorisé l’érosion des versants.
Les blocs de calcaire et de travertins présents dans la
partie médiane de la séquence S3 traduisent des phéno-
mènes érosifs postérieurs à 8600 cal. BP et pourraient
provenir de l’érosion des travertins amonts (S0, S1 et
S2) qui sont fortement incisés. Il est à souligner que
les deux épisodes de feu enregistrés dans les séquences
S2 et S3 coïncident avec des périodes de faibles
précipitations matérialisées par la baisse du niveau du
lac de Saint-Léger (Digerfeldt et al., 1997).
L’absence de restes végétaux identifiables dans les
différentes séquences postérieurement à 9000 cal. BP
empêche toute reconstitution paléoécologique locale,
notamment à propos de la mise en place du matorral
actuel à Buxus sempervirens. L’analyse anthracolo-
gique réalisée à Unang dans le Vaucluse (alt. 150 m)
montre que le Buis y apparaît vers 7000 cal BP, en asso-
ciation avec le Chêne vert et parallèlement au déclin de
la chênaie caducifoliée (Thiébault, 1988). Cette dyna-
mique paléoenvironnementale, par ailleurs observée
dans l’ensemble de la région méditerranéenne (Triat,
1975 ; Heinz & Thiébault, 1998), est interprétée
comme le résultat de l’exploitation du milieu par
l’Homme. Buxus n’est jamais très bien représenté dans
les analyses palynologiques. Son apparition régionale
est toutefois enregistrée postérieurement à 8000 cal.
BP à Tourves (Nicol-Pichard, 1987) et vers 5200 cal.
BP à Saint-Léger (Digerfeldt et al., 1997) en relation
avec la régression de la chênaie mixte, ce qui confirme
l’origine anthropique de son développement.
6.2 - DYNAMIQUES PALÉOENVIRONNEMENTALES
DES QUATRE DERNIERS SIÈCLES
La tourbière minérotrophe alcaline du vallon de
Mouresse est développée sur le massif travertineux le
plus élevé, en dessous d’un replat actuellement coloni-
sé par un bois de Fraxinus excelsior, dont le développe-
ment semble dater de 100-150 ans. L’origine de la zone
humide est probablement liée à une modification de
l’utilisation des sols en amont, qui aurait entraîné un
changement de l’hydrologie du ruisseau. En dépit de
son origine récente et probablement anthropique, la
tourbière du vallon de Mouresse est intéressante sur le
plan floristique : elle abrite en effet plusieurs espèces
tourbicoles, dont le rare Carex limosa. L’enregistre-
ment constant de plusieurs taxons indicateurs
74
Fig. 4 : Stratigraphie de la séquence S3.
Fig. 4: Stratigraphy of the S3 sequence.
75
Fig. 5 : Diagramme pollinique simplifié de la tourbière du Serre de Montdenier (profil SM1).
Fig. 5: Simplified pollen diagram of the fen of the Serre de Montdenier (profile SM1).
d’anthropisation (Castanea,Olea,Juglans,Plantago,
Cerealia,Centaurea,Chenopodiaceae) atteste l’im-
portance des activités agropastorales dans la région
depuis au moins quatre siècles (fig. 5). Il est cependant
très vraisemblable que si le pastoralisme a dû se déve-
lopper sur les pentes du Serre de Montdenier, les activi-
tés agricoles devaient y être très réduites. Les pollens
d’arbres cultivés présents dans la tourbière ont été
transportés par le vent sur de grandes distances et pou-
vaient provenir du plateau de Valensole ou de zones
plus éloignées. Cela est attesté en particulier par l’enre-
gistrement pollinique du châtaignier (Castanea),
espèce acidiphile et calcifuge (Rameau et al., 1993), et
donc n’ayant jamais pu se développer dans la zone cal-
caire du Serre de Montdenier. Les peuplements impor-
tants les plus proches sont localisés sur une bande de
sables et de grés du Crétacé supérieur qui traverse les
bassins d’Apt et de Forcalquier, et dans la région de
Banon-Vachères à environ 50 km à vol d’oiseau du
Serre de Montdenier (Lieutaghi, 2005). Les pourcenta-
ges polliniques relativement importants de Castanea
traduisent peut-être aussi les vaines tentatives pour
l’introduire sur la commune de Vinon-sur-Verdon
(Piégay, 1996), à environ 40 km au sud-ouest du Serre
de Montdenier.
Le diagramme pollinique de la tourbière de Mou-
resse ne renseigne que peu sur les dynamiques de végé-
tation régionales. Il témoigne cependant du caractère
fortement asylvatique de la végétation avant les reboi-
sements en pins noirs d’Autriche de la fin du 19esiècle,
marqués par la hausse des pourcentages de Pinus type
sylvestris dans le niveau de surface. Ces reboisements,
réalisés dans le cadre des travaux de Restauration des
Terrains en Montagne (RTM), ont permis la constitu-
tion de vastes peuplements de résineux, qui ralentissent
fortement la régénération des chênaies caducifoliées.
Par ailleurs dans les écosystèmes méditerranéens où le
feu est un des facteurs écologiques majeurs (Carcaillet
et al., 1997), ces reboisements en résineux très inflam-
mables augmentent le risque de destruction de la
végétation par des incendies de grande ampleur.
7 - CONCLUSION
L’étude du système travertineux du vallon de Mou-
resse a permis de caractériser la flore diversifiée qui se
développait sur le Serre de Montdenier au début de
l’Holocène. Les empreintes foliaires permettent de
reconstituer un paysage hétérogène, caractérisé par des
zones de chênaies mixtes caducifoliées, des milieux
ouverts au moins en partie liés à l’occurrence d’incen-
dies et des ripisylves bordant les ruisseaux. A l’heure
actuelle, une végétation ouverte dominée par le buis a
remplacé les écosystèmes forestiers. Plusieurs espèces
caducifoliées initialement présentes (Acer opalus,
Alnus glutinosa, Berberis vulgaris, Rhamnus alpina,
Tilia sp. et Vitis vitifera subsp. sylvestris) ont
aujourd’hui disparu de la flore locale, vraisemblable-
ment à l’issue de l’ouverture anthropique du milieu.
L’abandon des activités agropastorales depuis la fin du
19esiècle pourrait favoriser le retour de boisements à
chênes pubescents et tilleuls. L’introduction massive
du Pin noir d’Autriche, espèce envahissante, risque
d’entraver cette dynamique naturelle, perceptible dans
de nombreuses zones méditerranéennes sur sol
profond.
Les résultats présentés ne révèlent l’histoire de la
végétation locale que sur de courtes périodes de temps,
au début et à la fin de l’Holocène. Ils apportent cepen-
dant des informations importantes sur la structure et la
composition de la végétation dans une région clima-
tique peu favorable à la préservation d’archives sédi-
mentaires.Lesud-estdelaFranceestricheen
séquences travertineuses holocènes à fort potentiel
paléoécologique (Vaudour, 1994), dont l’étude est sus-
ceptible d’apporter des données complémentaires.
REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient les deux relecteurs anonymes dont les
remarques ont contribué à améliorer le texte de cet article.
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77
Article
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Tufas bearing plant macroremains are uncommon in the Causses Basin (southern France). Here, we report a new fossiliferous tufa deposits at Mende, in Lozère. This palaeontological site is the first Quaternary tufa from the northern part of the Causses Basin that yields such an abundance of plant macroremains. The radiocarbon dating shows that these Holocene deposits are related to the Atlantic period. Geomorphology and mineralogy show that the plant-bearing deposit is a calcareous tufa only composed by calcite, deposited near to an outlet of cool water, linked to the karstic hydrological system of the Causse de Mende. The flora exposed in this article is dominated by angiosperms. Leaves and reproductive structures were assigned to Acer platanoides, Corylus sp., Hedera sp., Salix cf. cinerea, and Tilia cordata. This new palaeobotanical data complements our scarcely knowledge of the Atlantic floras from the Causses Basin. During the Atlantic period, and in the northern part of the basin, whereas Pinus-dominated forests and oak groves were probably well-developed, valleys were locally inhabited by diversified wet angiosperm-dominated forests.
Article
Lac de Saint-Léger is located in the transitional region between Central Europe and the Mediterranean. The reconstruction of the past lake-level changes was based on plant macrofossil and mollusc analyses of two stratigraphic transects correlated by pollen analysis. Past changes in lake level were quantitatively reconstructed from changes in the recorded level of overgrowth.In the beginning of the Holocene the lake level was high; however, a progressive lowering occurred from about 7500 B.P. Between about 4500 B.P. and 4000 B.P. there was a moderate rise in lake level. Subsequently the lowering was continued and culminated between about 3300 B.P. and 2500 B.P. From the reconstruction there then occurred a progressive rise in lake level until the present.The lake-level changes recorded in Lac de Saint-Léger are compared with a compilation of lake-level data from southern France. The major long-term changes can be supposed to be regionally significant and related to climatic changes. To obtain a basis for paleoclimatic interpretation of the changes in lake level, the reference pollen diagram from Lac de Saint-Léger was used for a quantitative reconstruction of paleoclimate. During the middle and later part of the Holocene there is a reasonable consistency between the recorded pattern of lake-level changes and the paleoclimatic reconstruction. During the earlier part of the Holocene there are some disagreements, which may be explained by the shortage in adequate modern pollen analogues. The paleoclimatic reconstruction indicates that the major changes in lake level were mostly related to changes in precipitation.
Reconstruction and paleoclimatic interpretation of Holocene lake-level changes in Lac de Saint-Leger
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Analyses polliniques de sédiments lagunaires et côtiers en Languedoc
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