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Evaluation des connaissances des femmes en âge de procréation sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans l'aire de santé d’Afia-Sake en République démocratique du Congo

Authors:
  • Institut Superieur de Techniques Medicales (ISTM-Kirotshe) , RDC

Abstract and Figures

Contexte : L’infection à VIH continue ses ravages dans le monde. Les femmes n’en sont pas épargnées dont celles enceintes, avec un faible niveau d’instruction ou d’information, transmettant le VIH à leurs enfants par voie verticale. La présente étude vise à évaluer le niveau de connaissances des femmes en âge de procréation sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH/SIDA dans l’aire de santé AFIA-Sake en République Démocratique du Congo. Méthode : Cette étude est descriptive ; elle a concerné 315 femmes âgées de 15-49 ans de l’aire de santé AFIA-SAKE. Les données recueillies par questionnaire ont été contrôlées, saisies et analysées. La fréquence des observations a été calculée et les proportions ont été comparées pour une précision lorsque l’IC est à 95%. Résultat : L’étude montre que seulement 10 % des femmes connaissent la prévention de la transmission mère-enfant du VIH. La consultation prénatale constitue le canal de communication par excellence. Parmi les femmes interrogées sur les antirétroviraux, 56 % ne connaissent pas le moment de leur administration chez la gestante diagnostiquée séropositive; 63% ignorent l’intérêt de leur administration et 78 % ne connaissent pas le moment de leur administration chez le nouveau-né. Conclusion : L’atteinte de l’objectif du développement durable visant une génération sans VIH, avec zéro nouvelle infection chez les enfants et sans décès liés au VIH passe par l’information des femmes en âge de procréation sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH à travers l’accroissement de la scolarisation des filles, l’introduction de l’éducation sexuelle ainsi que l’information sur le VIH en milieu scolaire et lors des consultations prénatales.
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International Journal of Innovation and Applied Studies
ISSN 2028-9324 Vol. 22 No. 2 Jan. 2018, pp. 207-219
© 2018 Innovative Space of Scientific Research Journals
http://www.ijias.issr-journals.org/
Corresponding Author: Hermès Karemere 207
EVALUATION DES CONNAISSANCES DES FEMMES EN AGE DE PROCREATION SUR LA
PREVENTION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH DANS L’AIRE DE SANTÉ
D’AFIA-SAKE EN REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
[ KNOWLEDGE ASSESSMENT OF WOMEN ON MOTHER-CHILD TRANSMISSION
PREVENTION OF HIV IN THE AFIA-SAKE HEALTH AREA IN THE DEMOCRATIC REPUBLIC
OF CONGO ]
Woolf Kapiteni
1
, Jean-Bosco Kahindo
2
, Prudence Mitangala
3
, and Hermès Karemere
3
1
Département de Santé Publique,
Institut des techniques médicales de Kirotshe,
Kirotshe, Nord-Kivu, RD Congo
2
Faculté de Médecine,
Université Libre des pays des Grands Lacs,
Goma, Nord-Kivu, RD Congo
3
Ecole Régionale de Santé Publique,
Université catholique de Bukavu,
Bukavu, Sud-Kivu, RD Congo
Copyright © 2018 ISSR Journals. This is an open access article distributed under the Creative Commons Attribution License,
which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited.
A
BSTRACT
:
Background: HIV infection continues to wreak havoc around the world. Women are not spared, especially pregnant
women, with low levels of education or information, transmitting HIV to their children. This study aims to assess the level of
knowledge of women in reproductive age on the prevention of mother-to-child transmission of HIV / AIDS in the AFIA-Sake
health area in the Democratic Republic of Congo. Method: This study is descriptive, involving 315 women aged 15-49 years
from the AFIA-SAKE health area. The data collected by questionnaire were checked, captured and analyzed. The frequency of
observations was calculated and the proportions were compared for accuracy when the CI was 95%. Results: The study shows
that only 10% of women are aware of the prevention of mother-to-child transmission of HIV. Antenatal consultation is the
excellent channel of communication. Among the women interviewed on antiretrovirals, 56% do not know when they will be
given to pregnant women diagnosed with HIV; 63% do not know the value of administering antiretrovirals and 78% do not
know when antiretrovirals will be given to the newborn. Conclusion: Achieving the goal of sustainable development for an HIV-
free generation, with zero new infections in children and no HIV-related deaths, involves informing women of reproductive
age about the prevention of mother-to-child transmission. HIV child through increased enrollment of girls, introduction of sex
education as well as information on HIV in schools and antenatal clinics.
K
EYWORDS
:
Assessment, Knowledge, Prevention, Transmission, Mother, Child, HIV, SAKE, RD-Congo.
R
ÉSUMÉ
:
Contexte : L’infection à VIH continue ses ravages dans le monde. Les femmes n’en sont pas épargnées dont celles
enceintes, avec un faible niveau d’instruction ou d’information, transmettant le VIH à leurs enfants par voie verticale. La
présente étude vise à évaluer le niveau de connaissances des femmes en âge de procréation sur la prévention de la
transmission mère-enfant du VIH/SIDA dans l’aire de santé AFIA-Sake en République Démocratique du Congo. Méthode : Cette
EVALUATION DES CONNAISSANCES DES FEMMES EN AGE DE PROCREATION SUR LA PREVENTION DE LA TRANSMISSION
MERE-ENFANT DU VIH DANS L’AIRE DE SANTÉ D’AFIA-SAKE EN REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
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étude est descriptive ; elle a concerné 315 femmes âgées de 15-49 ans de l’aire de santé AFIA-SAKE. Les données recueillies
par questionnaire ont été contrôlées, saisies et analysées. La fréquence des observations a été calculée et les proportions ont
été comparées pour une précision lorsque l’IC est à 95%. Résultat : L’étude montre que seulement 10 % des femmes
connaissent la prévention de la transmission mère-enfant du VIH. La consultation prénatale constitue le canal de
communication par excellence. Parmi les femmes interrogées sur les antirétroviraux, 56 % ne connaissent pas le moment de
leur administration chez la gestante diagnostiquée séropositive; 63% ignorent l’intérêt de leur administration des
antirétroviraux et 78 % ne connaissent pas le moment de leur administration chez le nouveau-né. Conclusion : L’atteinte de
l’objectif du développement durable visant une génération sans VIH, avec zéro nouvelle infection chez les enfants et sans décès
liés au VIH passe par l’information des femmes en âge de procréation sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH
à travers l’accroissement de la scolarisation des filles, l’introduction de l’éducation sexuelle ainsi que l’information sur le VIH
en milieu scolaire et lors des consultations prénatales.
M
OTS
-C
LEFS
:
Évaluation, Connaissance, Prévention, Transmission, mère, enfant, VIH, SAKE, RD-Congo.
1 I
NTRODUCTION
Le syndrome d'immunodéficience acquise est une infection causée par le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH) qui
affaiblit le système immunitaire entrainant des manifestations cliniques variables [1]. Avec cette maladie, environ 36,7 [34-
39,8] millions de personnes vivaient avec le VIH en fin 2015, dont 2,1 [1,8-2,4] millions de nouvelles infections dans le monde
[2]. En Afrique subsaharienne, 25,6 [23-28,8] millions de personnes vivaient avec le VIH en 2015, faisant de cette région la plus
touchée du monde par le VIH. Elle concentre également près des deux-tiers des nouvelles infections du monde [2]. Les sujets
féminins encourent 5 à 7 fois plus de risque de contracter le VIH par rapport aux hommes. Pendant qu’à l'échelle mondiale,
62 % des adolescents qui contractent le VIH sont des filles, en Afrique subsaharienne, ce taux est évalué à 71%[3]. La cause
majeure de la transmission du VIH chez l’enfant demeure celle de la mère à l’enfant ( transmission verticale) en Afrique [4].
Elle survient pendant le dernier trimestre de la grossesse, lors de l’accouchement et au cours de l’allaitement au sein
[5].
Concernant la République Démocratique du Congo (RDC), elle comptait 446 036 personnes vivant avec le VIH en 2013,
dont 224219 femmes âgées de 15 ans et plus et 66998 enfants de moins de 15 ans. Au cours de la même année, 25811
femmes séropositives ont accouché avec 9.8% des enfants infectés par le VIH [6]. Dans la province du Nord-Kivu, 76192 femmes
avaient été vues à la consultation prénatale parmi lesquelles 826 étaient dépistées séropositives pour le VIH. Au cours de la
même année, dans la même province, il avait été enregistré 666 enfants nés des mères séropositives [7]
Les efforts pour mettre fin à cette pandémie de VIH se font à travers diverses stratégies dont la Prévention de la
Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant (PTME) [8], une des stratégies gagnantes pour réduire le fardeau du VIH. La PTME
est l’ensemble des mesures qui concourent à la prévention du risque de la transmission du VIH d’une mère séropositive à son
enfant au cours de la grossesse, du travail, de l’accouchement ou de l’allaitement. Elle associe la prévention, les soins, et le
traitement de la mère et de l’enfant [9]. Cette stratégie est aujourd’hui un programme qui fait l’objet d’une attention toute
particulière à l’échelle internationale. Elle a pour but d’éradiquer la transmission mère-enfant et d’améliorer la santé et la
qualité de la vie de la mère et de l’enfant [2].
Les services de PTME, bien organisés et efficaces, peuvent avoir un impact positif sur la santé maternelle, néonatale et
infantile[10] . En l’absence du traitement préventif , le taux de transmission mère-enfant du VIH est de 15-45 %[11]; avec
le traitement préventif, le taux de transmission mère-enfant diminue à moins de 5% . Sans traitement, la moitié d’enfants
vivant avec le VIH meurent avant l’âge de deux ans[9], avec un pic de mortalité se situant entre l’âge de 2 à 3 mois pour les
nouveau-nés [12]. Le traitement du VIH chez la mère infectée et la prophylaxie post expositionnelle chez le nouveau-né
figurent parmi les stratégies de l’élimination de la transmission du VIH de mère à l’enfant [13].
Dans le contexte de l’Est de la RDC où les conflits armés récurrents avec leurs corolaires pourraient favoriser la
transmission du VIH, la mise en œuvre de la PTME serait une stratégie importante de prévention. La réussite d’une telle
stratégie de prévention passe par l’information des sujets cibles, en l’occurrence les femmes en âge de procréation et
l’appropriation de la stratégie par les concernées. La présente étude vise ainsi à évaluer les connaissances des femmes et
filles âgées de 15-49 ans de l’aire de santé AFIA-SAKE dans la province du Nord Kivu à l’Est de la RDC sur la prévention de la
transmission de la mère à l’enfant du VIH /sida dans la perspective de renforcer leur protection contre le VIH.
Woolf Kapiteni, Jean-Bosco Kahindo, Prudence Mitangala, and Hermès Karemere
ISSN : 2028-9324 Vol. 22 No. 2, Jan. 2018 209
C
ADRE THÉORIQUE DE L
ÉTUDE
Le programme de Prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME) est l'ensemble des programmes et
interventions mis en place par les différentes entités pour réduire la transmission du VIH de la mère à l'enfant (TME). Le but
est la réduction des risques de transmission du VIH de la mère à l'enfant. Dans l'ensemble, la PTME est un protocole« de prise
en charge familiale de l'infection à VIH. Elle cible la mère, l'enfant, le partenaire et la famille ». Cette prise en charge est basée
sur une approche globale et multidisciplinaire [14]. La PTME est basée sur des interventions, dont le succès dépend de la
réussite de chaque étape. Ces interventions concernent le conseil et le dépistage en matière de VIH; le traitement et la
prophylaxie antirétrovirale; les pratiques d'accouchement à moindre risque; les pratiques d’alimentation du nourrisson à
moindre risque et l'orientation des mères et nourrissons séropositifs vers des services de traitement, de soins et de soutien
comme cela est illustré dans la figure 1.
Figure 1. Composantes de la PTME
1.
L
E CONSEIL ET LE DÉPISTAGE
Le conseil et le dépistage interviennent généralement lors de la consultation prénatale qui constitue la porte d’entrée des
programmes de PTME. Le suivi prénatal de la femme enceinte lui permet de bénéficier de soins adaptés. Durant les visites
prénatales, la femme enceinte est sensibilisée aux modes de transmission du VIH et aux moyens de prévenir sa transmission.
Cette sensibilisation se fait en groupe. Ensuite, il y a le conseil individuel de la femme enceinte sur le dépistage du VIH [15]. Ce
conseil se fait en deux étapes. Tout d' abord, le pré-test propose le dépistage du test de VIH à la femme. Ensuite, le post-test
annonce les résultats du dépistage.
2.
T
RAITEMENT ET PROPHYLAXIE ANTIRÉTROVIRAUX POUR LA PRÉVENTION
La prise des ARV, soit en prophylaxie ou en traitement, réduit le risque de transmission du VIH de la mère à l'enfant [16].
Il existe deux façons de diminuer le risque de la TME par la prise d'antirétroviraux: en traitant la femme enceinte ou en lui
offrant une prophylaxie [9]. Avec un traitement antirétroviral efficace, le risque de transmission mère–enfant (TME) est
aujourd’hui inférieur à 1 % [17]. Le traitement antirétroviral précoce et à vie est privilégié selon les recommandations dans
plusieurs pays. Ainsi, la tendance actuelle pour les femmes infectées par le VIH est de prendre une trithérapie antirétrovirale
avant, pendant et après leurs grossesses. L’utilisation de traitements efficaces permet une modification progressive mais
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MERE-ENFANT DU VIH DANS L’AIRE DE SANTÉ D’AFIA-SAKE EN REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
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profonde des pratiques obstétricales. Lorsque la charge virale plasmatique maternelle est contrôlée (< 50 copies/ml), on peut
désormais autoriser des attitudes obstétricales se rapprochant de plus en plus de celles appliquées chez les des femmes non
infectées. La césarienne prophylactique reste recommandée lorsque la charge virale en fin de grossesse est supérieure à 400
copies/mL.[17]
3.
L'
ACCOUCHEMENT À MOINDRE RISQUE
Le risque de transmission du VIH de la mère à l'enfant est très élevé pendant l'accouchement. Plusieurs études ont
démontré que le risque de contamination est plus marqué à la rupture prématurée des membranes à l’instar de celle réalisée
au Togo[18] Dans les pays développés, la sarienne prophylactique est un des moyens privilégiés pour éviter la
contamination.
4.
L'
ALIMENTATION DU NOUVEAU
-
Plus d'un tiers des enfants contaminés par le VIH le sont par l'allaitement maternel [19-21]. Pendant plusieurs années,
l'OMS privilégiait soit l'allaitement maternel exclusif avec sevrage précoce, soit l'allaitement artificiel [20, 21]. Toutefois, les
recommandations de l'OMS favorisent l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois[9]. En effet, l'allaitement
maternel protégé est désormais privilégié; toutefois, la mère et l'enfant doivent être protégés par la prise d’antirétroviraux.
De plus, après les six mois d'allaitement, il faut intégrer des aliments solides à l'alimentation pour répondre aux besoins nutritifs
de l’enfant[14].
5.
L'
ORIENTATION DES MÈRES ET NOURRISSONS SÉROPOSITIFS VERS DES SERVICES DE TRAITEMENT
,
DE SOIN ET DE SOUTIEN
.
La mère infectée a besoin de soins pour l'aider à avoir une vie normale au-delà de sa séropositivité. Les programmes de
suivi des maladies opportunistes et la planification familiale sont des leviers importants faisant partie des suivis postnataux.
L'orientation de ces femmes vers les programmes communautaires doit s'intégrer dans le suivi. Parmi les services proposés par
l’OMS citons la prévention et traitement des infections opportunistes; le traitement antirétroviral lorsqu'il est indiqué et
disponible; le traitement des symptômes et soins palliatifs; le soutien nutritionnel; le soutien social et psychosocial; le soutien
par des organisations religieuses; les soins à domicile [14]
2 M
ETHODOLOGIE
D
ESCRIPTION DU TERRAIN D
ÉTUDE
L’étude a été menée entre le 1er janvier et le 30 juin 2015 dans l’aire de santé AFIA- SAKE, dans la zone de santé de
Kirotshe, à 27 Km à l’Ouest de la ville de Goma, dans la Province du Nord Kivu, en RDC. Elle est enclavée entre le parc des
Virunga au Nord-Est et le lac Kivu au Sud.
T
YPE D
ÉTUDE
,
POPULATION ET ÉCHANTILLONNAGE
L’étude transversale descriptive a été menée auprès d’un échantillon de 364 femmes et filles âgées de 15-49 ans
sélectionnées suivant une procédure en grappe étant donnée la configuration du milieu d’étude. L’échantillon était tirée d’une
population de 33.675 habitants l’aire de Santé AFIA-SAKE, dont 17.311 femmes parmi lesquelles 7.761 étaient âgées de15 ans
et plus. La taille avait été déterminée, selon la formule de lunch :
n = NZ
2
*p*q
Nd
2
+Z
2
*p*q
en prenant en compte la proportion de femmes en âge de procréer 21% [22] , la proportion théorique du phénomène
sous étude estimée à 50%, car non connue, un niveau de confiance de 95% et une marge d’erreur de 5%.
n = NZ
2
*p*q = 7072(1.96)2 *0.5*0.5 = 364
Nd
2
+Z
2
*p*q 7072*(0.05)
2
+(1.96)
2
*0.5*0.5
Sur cette base, l’enquête a été réalisée auprès de 364 sujets; mais seulement 315 questionnaires ont été considérés dans
cette étude, soit un taux de participation effective de 87%. Les questionnaires exclus n’avaient pas d’information complète.
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Les critères d’inclusion étaient : Être sujet féminin dont la tranche d’âge varie entre 15 et 49 ans et habitant l’aire de
santé AFIA-Sake et avoir accepté de manière volontaire de participer à l’enquête au cours de la période d’étude.
C
OLLECTE DES DONNÉES
L’enquête a été menée par 4 anciens étudiants des écoles d’infirmiers de Kirotshe après une formation sur la technique
d’enquête, en ciblant 364 ménages numérotés. Un pas de sondage variable a été appliqué, les ménages ayant été repartis en
grappes. Lors de l’enquête, si dans le ménage à enquêter il n’y avait aucune cible, le ménage suivant était considéré. Un
questionnaire semi-ouvert a été conçu, ciblant les caractéristiques socio-économiques des concernées (âge, niveau d’études,
profession, gestité), la connaissance de la PTME (conseil et dépistage en matière de VIH; traitement et prophylaxie
antirétrovirale; pratiques d'accouchement à moindre risque; pratiques d’alimentation du nourrisson à moindre risque et
orientation des mères et nourrissons séropositifs vers des services de traitement, de soins et de soutien). Une bonne
connaissance sur la PTME était définie comme étant la connaissance de 3 éléments suivants : (1) connaissance de 3 moments
de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (pendant la grossesse, pendant l’accouchement et au cours de l’allaitement) ;
(2) connaissance des moyens de prévention de la transmission verticale du VIH (réalisation précoce du dépistage, avant que
l’organisme ne soit affaiblie et prise à temps opportun des médicaments, directement après le diagnostic); (3) connaissance
du moment de l’administration des ARV chez les nouveau-nés (dans le 72h) ainsi que chez la gestante. Un total de 315 femmes
ont été interrogées.
A
NALYSE DES DONNÉES
Les données recueillies ont été contrôlées et analysées à l’aide du logiciel SPSS version 20. Les analyses étaient menées
en vue d’évaluer le niveau connaissance sur la PTME en fonction de différents paramètres incluant les paramètres
sociodémographiques des femmes dont le niveau d’études, l’état matrimonial, la profession, la gestité et l’âge variant de 15-
49 ans (tranche de la population activement sexuelle, touchée par le VIH/Sida et pouvant le transmettre pendant la grossesse,
l’accouchement et l’allaitement au nouveau-né) . Pour les données quantitatives, la fréquence des observations ont été
déterminées et les proportions ont été comparées en considérant une précision relative à l’IC de 95%.
C
ONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES
Le protocole d’étude a été approuvé par un comité de l’éthique de la division provinciale du Nord-Kivu. Un consentement
verbal éclairé a été préalablement requis systématiquement auprès de chaque participante à l’étude, avant l’administration
du questionnaire. L’anonymat et la confidentialité leur ont été assurés tout au long du processus de recherche.
3 R
ESULTATS
3.1 C
ARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES PARTICIPANTES
Tableau I. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
VARIABLE (n=315) % Moy (DS)
AGE 26 (7,8)
15-17 ans 8,6
18-24 ans 41,9
25-29 ans 16,5
30-34 ans 16,2
35-49 ans 16,8
NIVEAU D'ETUDES
Sans étude 26,0
Primaire 35,6
Secondaire 32,4
Universitaire 6,0
PROFESSION
Commerçante 37,5
Cultivateur 15,9
Élève 3,8
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Fonctionnaire 13,3
Ménagère 26,3
Professionnelle de sexe 2,2
Sans profession 1,0
GESTITE
0 17,5
1 34,6
2-4 23,2
>4 24,8
ETAT CIVIL
Célibataire 27,3
Divorcée 5,7
Mariée 63,8
Veuve 3,2
Tableau II: Répartition des enquêtes selon la gestiet l'État civil
La proportion de nulligeste parmi les célibataires est de 51,2%. La différence entre la gestité et le fait d’être célibataire
est statistiquement significative (p=0,000<0,001).
3.2 N
IVEAU DE CONNAISSANCE DU
C
ONSEIL ET DU
D
ÉPISTAGE EN MATIÈRE DE
VIH
Tableau III : Répartition des enquêtés selon l'occasion de dépistage de larologie VIH
Occasion de test de dépistage OR (IC à
95%)
p-value
Avoir fait le test de dépistage VIH Autres (à la demande et
jamais fait)
Volontaire Total
Non 61(100) 0(0,0) 61 +∞ 0,0000
Oui 69(27,2) 185(72,8) 254
TOTAL 130 185 315
Parmi les femmes interrogées 72,8% ont fait le test de dépistage du VIH volontairement. La différence entre faire le
dépistage volontaire du VIH ou le faire à la demande est statistiquement significative (p=0,0000<0,001).
Tableau IV: Répartition des enquêtes selon la connaissance d'administration de la nevirapine chez les nouveau-nées
PERIODE NEVIRAPINE NOUVEAU NÉ OR (IC à 95%) p-value
Avoir fait le test de dépistage VIH Dans le 72 h Ne sait pas TOTAL
Non
17(27,9) 44(72,1) 61 1,69(0,8-3,2) 0,0755
Oui
47(18,5) 207(81,5) 254
TOTAL 64 251 315
Gestité OR (IC à 95%) p-value
Etat civil 0 1->4 TOTAL
Autres (marié, veuve, divorcée) 6(2,6) 223(97,4) 229
Célibataire 44(51,2) 42(48,8) 86 0,03(0,01-0,07) 0,0000<0,001
TOTAL 50 265 315
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Parmi les femmes n’ayant pas fait le test de dépistage VIH, 72,1% ne savaient pas la période d’administration de la
Nevirapine chez les nouveau-né. La différence entre la connaissance de la de la PTME et le fait d’avoir fait le test de dépistage
VIH n’est pas significative (p=0,0755>0,05).
3.3 N
IVEAU DE CONNAISSANCE DE LA
TME
PAR LES ENQUÊTÉES
Figure 2. Répartition des enquêtée selon la connaissance du mode de transmission du VIH/sida de lare à l’enfant.
Seulement 10% des femmes interrogées connaissent le mode de transmission du VIH de la mère à l’enfant.
Tableau V: Répartition des participantes selon le niveau de connaissance de la TME par rapport aux caractères
sociodémographiques
PARAMETRE NIVEAU DE CONNAISSANCE DE LA TME
sans connaissance connaissance partiel connaissance complète
AGE
15-17 3(11.1%) 24(88.9%)
18-24 1(0.8%) 131(99.2%)
25-29
51(98%) 1(2%)
30-34
50(98%) 1(2%)
35-49
3(100%)
NIVEAU D'ETUDE
Sans niveau
80(97.6%) 2(2.4%)
Primaire 3(2.7%) 109(97.3%)
Secondaire 1(1%) 101(99%)
Universite
19(100%)
PROFESSION
Commercente 1(0.8%) 116(98.4%) 1(0.8%)
Cultivateur
49(98%) 1(2%)
Élève 3(25%) 9(75%)
Fonctionnaire 42(100%)
Ménagère
83(100%)
Professionnel de sexe 7 (100%)
Sans profession 3(100%)
GESTITE
0 4(7.3%) 51(92.7%)
1
108(99%) 1(1%)
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2-4
73(100%)
> 4
77(98.7%) 1(1.3%)
ETAT CIVIL
célibataire 4(4.7%) 82(95.3%)
divorcé
18(100%)
marie
199(99%) 2(1%)
veuve
10(100%)
Parmi les femmes interrogées, celles ayant une connaissance partielle sur la TME sont dans la tranche d’âges de 25 à 34
ans, sans niveau d’étude, cultivatrices et commerçantes, nulligestes et grande multipares et/ou mariées.
Figure 3 : Repartition des participantes selon la connaissance du mode de transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant selon
le canneau de comunication.
La consultation prénatale constitue le canal principal qui a véhiculé les connaissances sur la TME, et a constitué le canal
qui a donné l’information complète sur le mode de transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant.
0
20
40
60
80
100
120
atelier de formation
cdv
cpn
cs
ecole
eglise
jamais entendu
proche
radio
reco
Caneaux de communication
Effectifs
connaissance TME
CONNAISSANCE DE TME ET CANAUX DE
COMMUNICATION
au cour de l'allaitement au
sein
je ne sais pas
lors de l'accouchement
lors de l'accouchement + au
cour de l'allaitement au sein
lors de l'accouchement + au
cour de l'allaitement au sein +
pendant la grossesse
lors de l'accouchement et au
cour de l'allaitement
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3.4 N
IVEAU DE CONNAISSANCE DE LA PRÉVENTION DU
VIH
Tableau VI. Niveau de connaissance de la prévention de la TME.
MODE DE PREVENTION DE TME % (n=315)
Prise des médicaments juste après le diagnostic du VIH/SIDA 20,3
Dépistage avant que l’organisme ne soit affaibli 63,5
Dépistage avant que l’organisme ne soit affaibli + prise des médicaments juste après le diagnostic du
VIH/SIDA 2,9
Dépistage avant que l’organisme ne soit affaibli + prise des médicaments juste après le diagnostic du
VIH/SIDA + accouchement à l'hôpital 0,3
Ne sait pas 13,0
Période d’administration des ARV chez la femme enceinte % (n=315)
Administration ARV au début de travail 24,2
Administration pendant le travail 14,9
Ne sait pas 60,9
Période de l'administration des ARV chez les nouveau-nés % (n=315)
Administration dans les 72 h après la naissance 4,4
Administration au-delà des 72 h 17,2
Ne sait pas 78,4
L’ignorance complète des modes de prévention de la transmission verticale du VIH chez l’enfant est observée chez 13 %
des personnes interrogées. Des proportions des femmes qui ne connaissent pas la période d’administration des ARV chez la
femme enceinte et chez le nouveau-né respectivement de 60,9% et de 78,4 % chez des personnes interrogées.
3.5 R
ÉACTION DE L
ENTOURAGE DE LA FEMME ET LA JEUNE FILLE FACE AU DÉPISTAGE DANS LE CADRE DE LA
PTME
Figure 4 : Répartition des participantes selon laaction de leur partenaire vis-à-vis de la PTME
Seulement 49% des partenaires des femmes interrogées porte de l’intérêt vis-à-vis de la PTME.
il a porte de
l'interet a la
question
49%
indifferent
19%
manque de
l'interet
32%
INTERET PORTE PAR LES EPOUX VIS A VIS DE LA PTME
EVALUATION DES CONNAISSANCES DES FEMMES EN AGE DE PROCREATION SUR LA PREVENTION DE LA TRANSMISSION
MERE-ENFANT DU VIH DANS L’AIRE DE SANTÉ D’AFIA-SAKE EN REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
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Figure 5 : Répartition des participantes selon laaction de l’entourage vis-vis de test du VIH/sida dans le cadre de PTME
La stigmatisation est crainte par 79 % des femmes interrogées si elles doivent se soumettre au dépistage volontaire du
VIH.
4 D
ISCUSSION
L’étude avait pour objectif d’évaluer les connaissances des femmes âgées de 15-49 ans dans l’aire de sante AFIA-SAKE sur
la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) du VIH/Sida. Les principales limites de la présente étude sont la non
exploration des connaissances du PTME par des femmes séropositives, l’impossibilité de mesurer le degré d’adhérence des
gestantes séropositives aux médicaments et l’indisponibilité des données sur deux piliers de la PTME à savoir les pratiques
d'accouchement et d’alimentation du nourrisson à moindre risque.
Ainsi, nous discutons dans les paragraphes qui suivent, les caractéristiques sociodémographiques des participantes à
l’étude ainsi que leur niveau des connaissances sur trois des cinq piliers de la PTME dont le conseil et le dépistage en matière
de VIH; le traitement et la prophylaxie antirétrovirale et l’orientation des mères et nourrissons séropositifs vers des services
de traitement, de soins et de soutien.
1.
C
ARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES PARTICIPANTES
Les résultats ont montré que sur 315 femmes en âge de procréation interrogées la plupart étaient âgées de 18-24 ans
(41.9%) avec une moyenne d’âge de 26 ans ; elles étaient en majorité analphabètes (26%) ou de niveau primaire (35.6 %),
commerçantes (37.5 %), mariées (63.8 %) et primipares (34,6%). Les caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon de
la présente étude corroborent d’autres études dont celles menées à Goma (RD Congo) en 2010 sur la connaissance des femmes
sur la PTME [23] et au Togo sur la connaissances, attitudes et pratiques en matière de prévention de la transmission mère-
enfant du VIH chez la femme enceinte vue en consultation prénatale [24]. En effet, parmi les femmes interrogées dans l’étude
de Goma, 8,8% seulement avaient un niveau universitaire (6% dans la présente étude), la majorité des enquêtées avaient l’âge
de 19-24 ans soit 48%, les ménagères constituaient 61% de l’échantillon, les femmes mariées 68%. La plupart des participantes
à l’étude étaient de grandes multipares (43,8% de l’échantillon). Concernant l’étude menée au Togo, l’âge moyen de femmes
interrogées était de 25,9 ans avec une médiane de 25 ans; la tranche d’âge de 18 à 34 ans regroupait 90,5 % des femmes
interrogées, 94,8 % étaient dans une union conjugale monogame et 67 % des femmes avaient déjà eu un accouchement ou
plus [25].
21%
79%
Reaction de l'entourage face aux depistage de la
gestante et PTME
indifference stigmatisation
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N
IVEAU DES CONNAISSANCES SUR LE CONSEIL ET LE DÉPISTAGE EN MATIÈRE DE
VIH
L’enquête démographique sanitaire en RDC avait trouvé que seulement 22 % des femmes en âge de procréation avaient
effectuées le test de dépistages sur le VIH contre 78% qui n’ont jamais effectuée un test du VIH. Une étude mené au Brésil
avait trouvé que plus de 90% des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique et 80% des personnes
vivant avec le VIH étaient conscientes de leur infection [26]. Une autre étude, menée à Lubumbashi(RD Congo) avait trouvé
que 52,5 % des accouchées ignoraient leur statut sérologique VIH [27]. Dans la présente étude, 72,8% des femmes ont fait le
dépistage volontaire du VIH. Ce résultat corrobore les conclusions d’une étude menée à Bukavu, ayant démontré que 79 % des
femmes avait procédé au dépistage volontaire du VIH (28). Dans la même étude par contre, 21% des femmes avaient refusés
le test de dépistages du VIH ne sachant pas l’existence d’un service de PTME dans le centre de santé le plus proche [28]
N
IVEAU DES CONNAISSANCES SUR LE TRAITEMENT ET LA PROPHYLAXIE ANTIRÉTROVIRALE
La présente étude démontre que seulement 10 % des femmes connaissent la TME, parmi lesquelles 1 % ont une
connaissance complète du mode de transmission du VIH de la mère à l’enfant. La CPN constitue le canal de communication
par excellence. Dans l’étude menée au Togo par Tatagan A. et al[24], 27,1% femmes connaissaient le mode de transmission du
VIH de la mère à l’enfant. En Pologne, 15,4% des femmes enceintes interrogées avaient des connaissances sur les risques de
transmission de la mère à l’enfant du VIH/sida [29]
Pour J. Kambourou et al, 85.2% des femmes congolaises connaissaient le mode de transmission de la mère à l’enfant[30].
Une étude réalisée à Bukavu, avait montré que 79% des femmes ayant accepté le test de dépistages savaient que le VIH/SIDA
peut se transmettre de la mère à l’enfant[28].Une étude à Lubumbashi avait trouvé que la télévision était la source principale
d’information sur le SIDA [31]. Nos résultats ne corroborent pas nécessairement avec ceux des autres études, inscrits ainsi dans
un contexte différent dont il faut tenir compte lors des interventions visant la PTME dans la province du Nord Kivu.
Il découle de nos résultats que 56 % des enquêtes ne savent pas le moment qu’on administre les ARV chez la gestante
dans le cadre de la PTME diagnostiqué pour la première fois séropositif et 77.8 % de nos enquêtés ne savent pas le moment
qu’on administre les ARV chez les nouveau-né.
L’enquête démographique sanitaire en RDC avait montré que 32% de femmes savent que le risque de la transmission
materno-fœtale peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse chez une mère infectée
par le VIH [25]. Une étude menée au Togo avait trouvé que la prophylaxie antirétrovirale la plus utilisée dans 86 % des cas
chez la mère et/ou chez l’enfant était la virapine [32]. Dans une étude à Bukavu, plus de la moitié de gestantes savaient
qu’il existe le service de PTME dans leurs FOSA [28]. Une autre étude menée par UNAIDS a prouvé que l’achèvement de
l'enseignement secondaire favorise le développement des connaissances des filles et femmes sur la prévention du VIH.
N
IVEAU DES CONNAISSANCES SUR L
ORIENTATION DES MÈRES ET NOURRISSONS SÉROPOSITIFS VERS DES SERVICES DE TRAITEMENT
,
DE SOINS ET DE
SOUTIEN
L’orientation des mères et nourrissons séropositifs vers des services de traitement, de soins et de soutien dépend de la
réaction de l’entourage des femmes face aux VIH et notamment chez la femme enceinte. Les résultats de l’étude montrent
que 51 % des partenaires masculins ont une attitude négative par rapport à la PTME parmi lesquels 19 % sont indifférents et
32 % ne portent pas de l’intérêt à la question. Dans l’étude de Traore en Côte d’Ivoire, les pères étaient soucieux de la santé
de leurs enfants [33] ; de même que plus de la moitié de partenaires masculins avaient accepté le dépistage dans le cadre de
la PTME dans une autre étude menée en RD Congo [15].
L’étude note une attitude négative de l’entourage (79 % de stigmatisation et 21 % d’indifférence). Ce résultat s’éloigne de
celui de l’étude menée au Burkina Faso qui notait 40% de stigmatisation interpersonnelle [34], et de celui de Kra ( 14.4 % de
stigmatisation en Afrique noire) [35]. L’attitude négative de l’entourage face au VIH ne facilite pas l’orientation des personnes
atteintes de VIH et notamment des femmes et des enfants vers des services de traitement, de soins et de soutien. Un enfant
atteint de VIH devrait être pris en charge correctement et mis au courant de sa situation [36], [37].
5 C
ONCLUSION
La présente étude montre que la majorité des femmes en âge de procréation de l’aire de sante AFIA SAKE ne connaissent
pas la PTME. Ainsi, pour atteindre l’objectif du développement durable visant une génération sans VIH, avec zéro nouvelle
infection chez les enfants et sans décès liés au VIH, l’élargissement du dépistage du VIH dans le secteur sanitaire privé et
publique ainsi que le développement des prestations des services de VIH à base communautaire est nécessaire afin que toutes
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MERE-ENFANT DU VIH DANS L’AIRE DE SANTÉ D’AFIA-SAKE EN REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
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les personnes vivant avec le VIH reçoivent le traitement, la protection et l'appui médico-social[38]. L’accroissement de la
scolarisation des filles et l’introduction de l’éducation sexuelle ainsi que l’information sur le VIH en milieu scolaire sont d’une
importance capitale pour minimiser le risque de VIH chez la femme en âge de procréation.
C
ONFLIT D
INTÉRÊT
«Les auteurs déclarent qu'ils n'ont pas de relation financière ni personnelle qui pouvait les avoir influencée de manière
inappropriée en rédigeant cet article.»
C
ONTRIBUTION DES AUTEURS
W.K. a participé à toutes les phases (formulation, collecte des données, analyse des données, rédaction de l’article), JBK
et PM ont participé à l’analyse des données et à la révision de l’article. H.K. a participé à la conception du protocole de
recherche, à l’analyse des données et à la révision de l’article.
R
EFERENCES
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Article
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Cet article relate le bilan du programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant mené par le PNLS de 1999 à 2003 à Abidjan avec le soutien du Fonds de solidarité thérapeutique international (FSTI) et de la Fondation Glaxo Smith Kline (GSK). Après un conseil individuel pré et post test, les femmes enceintes de 4 centres PMI pouvaient être dépistées pour le VIH. Aux femmes séropositives était proposé un régime court AZT puis, pour celles qui le choisissaient, le financement de l'allaitement artificiel. Toutes ces activités étaient menées avec une forte coopération des membres d'associations. Sur la période considérée 22 466 tests ont été effectués et 18 116 femmes sont venues chercher leur résultat. Parmi les 1 829 femmes séropositives à qui l'intervention de PTME a été proposée, 667 ont bénéficié du régime court AZT. Le taux de transmission à 18 mois est de 16,2%. Par ailleurs 69 mères et 28 enfants éligibles au traitement ARV ont été mis sous tri thérapie. Les facteurs limitant, à chaque étape, l'efficacité de l'intervention ont été analysés.
Article
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L'épidémie du Virus de l'Immunodéficience Humaine en milieu pédiatrique est surtout le résultat de la transmission mère-enfant. Notre étude a pour objectif de décrire l'efficacité de la prévention de la transmission mère-enfant du Virus de l'Immunodéficience Humaine par le protocole OMS 2010 (Option A et trithérapie) au centre médical saint Camille de Ouagadougou. Nous avons mené une étude d'une cohorte d'enfants suivis dans le cadre de la prévention de la transmission mère-enfant du Virus de l'Immunodéficience Humaine au centre médical saint Camille de Ouagadougou sur une période de 2 ans allant du 1er Janvier 2012 au 31 Décembre 2013. Nous avons obtenu l'accord de 4900 femmes enceintes pour le dépistage de l'infection du Virus de l'Immunodéficience Humaine et 238 gestantes ont été diagnostiquées séropositives soit 4,86% de séroprévalence. Les femmes étaient surtout infectées par le Virus de l'Immunodéficience Humaine avec de type I (95,38%)). La majorité était sous trithérapie (74,3%) et (25,7%) sous prophylaxie (option A). Les nouveau-nés (92,5%) ont reçu un traitement antirétroviral à base de névirapine dans les 72 heures après la naissance. L'allaitement sécurisé a été appliquée dans 78% des cas. Le taux global de transmission mère-enfant du VIH était de 3,6% avec 3% de transmission chez les enfants nés de mères sous trithérapie antirétrovirale et 6,3% dans les cas de prophylaxie antirétrovirale. Le facteur de risque de transmission a été le long délai du début d'administration des antirétroviraux chez le nouveau-né. La mortalité infantile à un an était de 3,5%. Cette étude a révélé l'efficacité de l'Option A et conforté celle de la trithérapie, le passage à l'Option B+ serait donc plus bénéfique.
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Introduction: Beaucoup d'enfants vivant avec le VIH ont été infectés par leurs mères. Pour prévenir la transmission verticale les femmes doivent d'abord connaître leur statut sérologique VIH.L'objectif de cette étude était de déterminer la proportion de statut VIH inconnu à la naissance et d'identifier les facteurs associés. Méthodes: C'est une étude transversale réalisée dans 10 structures sanitaires de Lubumbashi de Juin à Septembre 2010. La taille de l'échantillon était de 602 accouchées. Les statistiques descriptives usuelles et la régression logistique ont été utilisées. Résultats: Parmi les accouchées, 52,5% ignoraient leur statut sérologique. Parmi elles, 62,9% accepteraient de faire le test VIH à la maternité. La proportion des femmes avec un statut sérologique VIH inconnu était significativement plus élevée chez celles qui n'avaient pas suivi de CPN (Odds Ratio ajusté (ORa) = 5,8; Intervalle de Confiance (IC) 95%: 1,7-19,8); chez celles qui avaient un bas niveau d'instruction (ORa = 1,5; IC 95%: 1,1-2,1) et chez celles qui ne savaient pas que la transmission verticale du VIH pouvaient se faire au moment de l'accouchement (ORa = 1,5; IC 95%: 1,0-2,4). Conclusion: La proportion de femmes qui accouchent sans connaître leur statut sérologique au VIH est encore importante, malgré le fait que le dépistage du VIH soit proposé lors des CPN. Dans les zones à haute séroprévalence de VIH, aucune femme ne devrait accoucher sans être dépistée au VIH. Ce serait une opportunité manquée.
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Young women may disproportionately experience unmet need for family planning for a variety of reasons. While the concept of unmet need is straightforward—women wanting to delay or limit childbearing but not using a contraceptive method—the calculation of the indicator has changed several times, most recently in 2012. This study applies this revised algorithm in a comparative analysis of unmet need among young women using DHS data from 142 surveys in 61 developing countries. Specifically, it calculates current levels and trends in total demand and unmet need for family planning and its components, namely exposure to risk of pregnancy through marriage or non-marital sexual activity, fertility preferences, and use or non-use of contraception. An estimated 31 million young married women in study countries experience unmet need. Unmet need is, on average, greater among unmarried young women than among married peers; demand in this population approaches 90% in all regions. Unmet need is often higher among younger women, rural women, women in poorer households, women with low education (except in Africa) and women who already have at least one child. Unmet need has declined over time for married and unmarried young women in most countries, except in West and Central Africa where trends are mixed. Over time, there generally has been an increase in the age at marriage but no clear increase in sexually activity among unmarried young women. Desired family size has decreased and use of modern contraceptive methods has increased in most countries.
Article
Human immunodeficiency virus (HIV1) mother-to-child transmission is estimated to 20 % without any preventive antiretroviral treatment and may occur at different moments during pregnancy : in utero, in the last weeks preceeding delivery (30 %), and intra partum, at delivery (70 %). We aimed at describing the different virological mechanisms involved in HIV1 mother-to-child transmission. At the placenta level, trophoblastic cells seem to be infectable but viral replication is limited. At delivery. viral transmission risks are cumulated : the newborn is highly exposed to the virus as feto-maternal blood exchanges are sustained ; moreover the child is directly exposed through the genital tract to the maternal blood and the cervicovaginal secretions that both contain free viral particles and/or infected cells. Different mechanisms are obviously involved in this plurifactorial transmission. Three main groups of factors have been identified : virological factors, maternal factors and child genetic susceptibility linked factors. The identification of these parameters allows the definition of therapeutical models of prevention that should reduce mother-to-child HIV transmission.
Article
This PhD thesis provides an anthropological analysis of children's lived experience of AIDS in the historical context of Burkina Faso's national access to antiretroviral treatments in the years 2000. It is underpinned at the crossroads of political anthropology of health and anthropology of childhood, taking children as social actors whose perspectives should be taken into account. Based on a twenty-month ethnographic investigation carried out in Bobo-Dioulasso among forty-four children, their parents and caregivers, it makes an original contribution to the epistemological and methods of ethnographic investigation with children. The socio-anthropological analysis of illness and treatment experience is organized around three main themes. The first theme discusses the way in which children have been taken into account in international policies for fighting AIDS. Retracing the social and historical process by which the category of "orphans and vulnerable children" has emerged and has been institutionalized at the end of the 1990s, the analysis describes the "political treatment at the margin", which children have been the object in the responses to the epidemic. The second theme addresses HIV disclosure to children in an institutional context of "double standard" and where procedures for disclosure to children are not standardized. From ethnography of what is unspoken and what is spoken to children about the illness the analysis highlights the violence of the conditions in which they discover their illness or are brought to suspect they live with HIV. Belonging to an "AIDS generation" for which the illness carries various meanings from biological, social and moral perspectives, children keep the secret in order to avoid being stigmatized. Moreover, whereas adults are reluctant to inform children - thinking they will disclose their own or their parents' HIV status -, children proved to be the trustworthy guardians of the secret. Finally, the third theme addresses the children's lived experience of the illness, which is shaped by the uncertainty associated with death, to treatment adherence or elsewhere, to the secrecy surrounding the illness. In watermark of the children's lived experience of the disease emerges the proactive role they play in the everyday 'care work' involved in managing the disease and its treatment. Children contribute by reminding parents about treatments' schedules, they take their medications in an autonomous way, and especially they keep the secret and actively engage in hiding the disease to third parties. Indeed, whereas secrecy is hardly perceived to be in children's reality, children show themselves as guardians of the secret about their disease and that of their parents.
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With effective antiretroviral therapy, the risk of mother to child transmission (MTCT) is now under 1%. The 2013 French guidelines emphasize early antiretroviral lifelong antiretroviral therapy. Thus, the current trend for women living with HIV is to take antiretroviral therapy before, during and after their pregnancies. A major issue today is the choice of antiretroviral drugs, to maximize the benefits and minimize the risks of fetal exposure. This requires interdisciplinary care. The use of effective therapies permits gradual but profound changes in obstetric practice. When maternal plasma viral load is controlled (<50 copies/ml), obstetrical care can be more similar to standards in HIV-negative women. Prophylactic cesarean section is recommended when the viral load in late pregnancy is above 400 copies/mL. Intravenous zidovudine during labor is recommended only if the last maternal viral load is > 400 copies/mL or in case of complications such as preterm delivery, bleeding or chorio-amnionitis during labor. In case of premature rupture of membranes before 34 weeks, a multidisciplinary decision should be made, based on gestational age and control of maternal viral load; if the woman is under antiretroviral therapy and especially if her viral load is undetectable, steroids and antibiotics should be offered and pregnancy can be continued except in case of signs or symptoms of chorio-amnionitis. Breastfeeding is not recommended in women living with HIV in France, as in industrialized countries. Prophylaxis in the newborn is usually zidovudine for 1 month. In case of significant exposure to HIV perinatally, in particular when, maternal viral load is > 1000 copies/mL, prophylactic combination therapy is recommended. Monitoring of the child is necessary to determine whether or not it is free of HIV infection and to monitor possible adverse effects of perinatal exposure to antiretroviral drugs.
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Objectives Evaluate the current situation and epidemiology of pediatric HIV in developing countries. The data show that 2.1 million children are living with HIV, 90% of those children live in limited income countries of Sub-Saharian Africa, Asia… Transmission In these countries, 30 to 40% of infected women transmit the virus to their child via pregnancy, delivery or breastfeeding. Other sources of contamination (rape, sexual abuse, blood transfusion) are less common. Prevention The most efficient and cost-effective way to tackle pediatric HIV globally is to reduce mother-to-child transmission (MTCT). However, every day there are nearly 420,000 new infections in children under 15 years of age, more than 90% of them occurring in the developing world and most being associated with MTCT. Without treatment, 80% of these children will die before five years. It is necessary to put an accent on prevention of mother-to-child transmission. Despite initiation of antiretroviral treatments, only 127,000 out of 690,000 children could be treated. Other measures Development of means of neonatal diagnosis is necessary to insure an early access to antiretroviral therapy for the infected ones. While waiting for the diagnosis, a prophylaxis with co-trimoxazole is started from six weeks to reduce the morbidity of opportunistic infections. WHO recommend early treatment of all confirmed infected children under 12 months. “CHER” assay has shown that the mortality is then reduced by 75%. Efforts have been made in the presentation of antiretroviral molecules for children. Efficacy of the treatment is followed, clinically and biologically. A particular accent has to be put on prevention, nutritional support, creation of units taking care of the entire family, gratuity for the children.