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Le patrimoine partagé d'Emmanuel Macron. Un projet de restitution d'art africain. Macrons geteiltes Kulturerbe - zur Restitution afrikanischer Kunstwerke.

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32 Kunst & Kontext # 14 Februar 2018 Politik
ce qui se veut, ce qui est attendu, ce qui est nécessaire » et
cela « sans filtre, sans intermédiaire, sans concession ». Le
discours prononcé à Ouagadougou devant de jeunes étu-
diants avait pour but de proposer « une relation nouvelle,
repensée à la bonne échelle, où l’Union Européenne saura
parler et construire avec l’Union Africaine et avec l’Afrique
toute entière. »
Emmanuel Macron marque dès les premières mi-
nutes sa volonté de rompre avec ses prédécesseurs : « Je ne
suis pas venu ici vous dire quelle est la politique africaine
de la France comme d’aucuns le prétendent. Parce qu’il
n’y a plus de politique africaine de la France ! ». Il insiste
ensuite longuement sur son appartenance à « une généra-
tion qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent
colonisé » et qui « ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle a à
faire ». Il donne ensuite sa vision de l’Afrique qu’il qualifie
« d’un continent pluriel, multiple, fort, et comme d’un
continent où se joue une partie de notre avenir commun ».
Il insiste sur l’importance du continent à l’international :
« C’est en Afrique que se jouera une partie du bascule-
ment du monde (…). Si nous échouons à relever ces défis
ensemble, alors l’Afrique tombera dans l’obscurité, c’est
possible. Elle régressera, elle reculera. Mais avec elle l’Eu-
rope aura les mêmes difficultés, parce que s’ouvrira une
longue période de migration, de misère, des routes de la
nécessité et de la douleur plus encore qu’aujourd’hui ».
Le président propose d’ « inventer une amitié pour
agir » et c’est au nom de cette amitié qu’il énonce des « -
rils qui peuvent emporter, de manière irréversible, la sta-
bilité de l’Afrique mais aussi avec elle de l’Europe. » : La
traite des êtres humains en Libye, le terrorisme, les
conflits politiques, l’obscurantisme et l’extrémisme reli-
gieux, une forte démographie3 et le changement clima-
tique. Emmanuel Macron propose en réponse à ces « me-
naces » de développer la mobilité des étudiants
condition qu’ils rentrent en Afrique à la fin de leurs
études)4 ainsi que l’innovation et l’entreprenariat par des
investissements dans le domaine du numérique, de l’agri-
culture, et dans des infrastructures de transport et de
Le 18 décembre 2017, Mnyaka Sururu Mboro et Christian
Kopp, membres de l’association allemande « Berlin Post-
kolonial » ont rédigé une lettre ouverte1 à la chancelière
allemande Angela Merkel dans laquelle il est écrit : « Nous
saluons l’action du gouvernement français qui souhaite
proposer d’ici à cinq ans une coopération avec les pays
africains concernés par des ‹ restitutions temporaires ou
définitives du patrimoine africain ›. Nous apprécions
également l’annonce d’Emmanuel Macron de restituer à
l’Algérie les ossements humains qui ont été acquis de ma-
nière illégale pendant la colonisation. » Les signataires de
cette lettre demandent à la chancelière « de se position-
ner sur l’initiative historique du président français pour
le début de l’Année Européenne du Patrimoine Culturel
2018, placée sous le titre ‹ Sharing Heritage › ».
Le thème de la « restitution d’ossements humains » et
celui de la « restitution du patrimoine africain » dont il
est question dans cette lettre font référence à deux dis-
cours d’Emmanuel Macron : l’un au Burkina Faso, le 28
novembre 2017 et l’autre en Algérie, le 6 décembre 2017.
Lors de sa visite à Alger, Emmanuel Macron se dit prêt à
rendre « les crânes des martyrs [Algériens] » conservés au
Musée de l’Homme mais à la condition que le gouverne-
ment algérien autorise les harkis à retourner en Algérie.
C’est à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou qu’il
a annoncé, en près de 3 minutes seulement, sa volonté de
réunir d’ici à 5 ans les conditions pour des restitutions du
patrimoine africain en Afrique. Cette intervention, qui a
fait couler beaucoup d’encre, ne représente pourtant
qu’un court chapitre du discours2 de 90 minutes du pré-
sident français et il est intéressant de comprendre le sens
du propos au cours duquel il a été prononcée.
Cette visite au Burkina Faso lors de laquelle il a égale-
ment inauguré la centrale solaire de Zagtouli s’inscrit
dans le cadre d’une tournée africaine qui s’est poursuivit
en Côte d’Ivoire et au Ghana. Lors de ces visites, il a été ac-
compagné du Conseil présidentiel pour l’Afrique, créé le
29 août 2017 qui d’après les mots du président lui-même,
est chargé de lui restituer « ce qui se dit, ce qui se ressent,
Le patrimoine partagé
d’Emmanuel Macron -
Un projet de restitution d’art africain
33 Kunst & Kontext # 14 Februar 2018 Politik
gleitet wurde der Präsident von den Mitgliedern des am
29. August 2017 gegründeten »Conseil présidentiel pour
l’Afrique«, einem Beratungsgremium, das nach seinen
Worten damit beauftragt ist, ihm zu vermitteln, »was
man sagt, was man empfindet, was man will, was man erwartet
und was notwendig ist« – und dies »ohne Filter, ohne Zwischen-
träger und ohne Konzessionen.« In besagter Rede präsen-
tierte er seine Idee »einer neuen Beziehung, neu gedacht auf
einer angemessenen Ebene, über die die Europäische Union mit
der Afrikanischen Union sowie ganz Afrika sprechen und die
man gemeinsam konstruieren wird.«
Die ersten Minuten nutzte Macron dazu, sich von sei-
nen Vorgängern abzusetzen: »Ich bin nicht hierher gekom-
men, um euch zu sagen, wie sich die Afrikapolitik Frankreichs
gestaltet [...] Denn es gibt keine Afrikapolitik Frankreichs
mehr!« Er betonte in seiner Einführung, dass er zu »einer
Generation gehört, die Afrika nie als kolonisierten Kontinent
kannte«, und dass er »Afrika nicht sagen wird, was es zu tun
hat.« Er bezeichnete Afrika als einen »Kontinent der Vielfalt
und Stärke«, als einen Kontinent, »auf dem sich ein Teil un-
serer gemeinsamen Zukunft abspielen wird.« Sodann betonte
Macron die internationale Bedeutung dieses Kontinents:
»Afrika wird ein Wendepunkt für die Welt sein. […] Wenn es uns
nicht gelingt, die Herausforderungen gemeinsam zu meistern,
dann wird Afrika in Dunkelheit versinken; das ist möglich. Afri-
ka könnte nach hinten fallen und sich rückwärts bewegen. Doch
dann bekäme Europa die gleichen Schwierigkeiten, weil Migra-
tion, Armut, Not und Schmerz die Folge wären. Noch mehr als
heute.«
Der Präsident schlug deshalb in seiner Rede vor, »eine
Freundschaft im Handeln zu etablieren«, und benannte »Ge-
fahren, die auf irreversible Weise die Stabilität Afrikas, aber
auch Europas bedrohen«: Sklavenhandel in Libyen, Terro-
rismus, politische Konflikte, Obskurantismus und religi-
öser Extremismus, starkes Bevölkerungswachstum3 und
Klimawandel. Seine Mittel gegen diese »Bedrohungen«:
Förderung der Mobilität von Studenten, die allerdings
nach dem Studienabschluss Frankreich wieder verlassen
sollen4, Digitalisierung, Investitionen in Unternehmen,
Am 18. Dezember 2017 veröffentlichten Mnyaka Sururu
Mboro und Christian Kopp, Mitglieder des Vereins Berlin
Postkolonial1, einen offenen Brief an Bundeskanzlerin An-
gela Merkel, in dem es heißt: »Wir begrüßen, dass die fran-
zösische Regierung innerhalb der nächsten fünf Jahre in Zusam-
menarbeit mit den betroffenen afrikanischen Ländern eine
‚zeitweilige oder dauerhafte Rückgabe des afrikanischen Erbes‘
ermöglichen will. Wir würdigen zudem Emmanuel Macrons
Ankündigung, menschliche Gebeine, die einem kolonialen Un-
rechtskontext entstammen, nach Algerien zu restituieren.« Die
Unterzeichner ersuchten die Bundeskanzlerin ferner,
sich »zu Beginn des Europäischen Kulturerbejahres 2018, das
unter dem programmatischen Titel Sharing Heritage steht, […]
zur historischen Initiative des französischen Präsidenten zu po-
sitionieren.«
Die im offenen Brief genannten Ankündigungen Ma-
crons zu den beiden Themen Rückgabe von menschlichen
Gebeinen und Restitution von afrikanischem Erbe beziehen
sich auf zwei Reden des Präsidenten: Die eine hielt er am
28. November 2017 in Burkina Faso, die andere am 6. De-
zember 2017 in Algerien.
Während seines Besuches in Algier kündigte er an, die
»Schädel der Märtyrer« zurückzugeben – jedoch nur un-
ter der Bedingung, dass die harkis (algerische Soldaten,
die aufseiten der französischen Armee im Algerienkrieg
kämpften und dann aus ihrem Land fliehen mussten)
wieder nach Algerien zurückkehren dürfen.
Vor Studenten der Joseph Ki-Zerbo-Universität von
Ouagadougou äußerte Macron gegen Ende einer etwa
90-minütigen Rede2 die Absicht, in den nächsten fünf
Jahren die Bedingungen für Restitutionen nach Afrika zu
schaffen. Dieser nur etwa dreiminütige Exkurs des fran-
zösischen Präsidenten erfuhr eine solche Beachtung in
den internationalen Medien, dass es von Interesse er-
scheint, dessen Hintergründe zu beleuchten.
Der Besuch Burkina Fasos, wo unter anderem die Ein-
weihung eines Solarkraftwerks in Zagtouli anstand, war
Bestandteil einer Tour durch Westafrika, die Macron
auch nach Ghana und in die Elfenbeinküste führte. Be-
Macrons geteiltes Kulturerbe
- zur Restitution afrikanischer Kunstwerke
34 Kunst & Kontext # 14 Februar 2018 Politik
Il est clair que la culture n’est pas le point principal de
cette visite. Emmanuel Macron, qui se positionne en tant
qu’ « ami », liste dans son discours toute une série de pro-
blèmes dont l’Afrique serait victime et justifie l’interven-
tion de la France par des objectifs de « maintient de la paix
» et de « développement » ayant pour but de limiter l’im-
migration et d’inciter les Africains à rester en Afrique.
C’est dans ce contexte que la culture est annoncée comme
un « remède ». Le président français propose donc de par-
tager le patrimoine africain en organisant d’ici à cinq ans
les « conditions » de restitutions, dont il est à ce jour im-
possible de savoir si elles seront temporaires ou défini-
tives. Ce projet doit être réalisé en coopération avec
l’Afrique mais quelles sortes de relations peuvent être dé-
veloppées quand un président français suggère ce qu’il
serait bon pour l’Afrique et comment devra fonctionner
un musée ? Pourquoi les œuvres africaines auront-elles la
possibilité d’être partagées alors qu’il sera toujours aussi
difficile pour un Africain - très souvent soupçonné de
vouloir rester en Europe - d’obtenir un visa pour visiter un
musée européen ?
La politique culturelle d’Emmanuel Macron en terme
de patrimoine africain n’est pas plus développée dans
d’autres discours. L’association « Berlin Postkolonial » sa-
lue l’action du gouvernement français mais aucune infor-
mation n’est disponible à ce sujet sur le site internet du
gouvernement. Il est probable qu’il ne s’agisse à ce jour
que d’une idée proposée par le Conseil présidentiel pour
l’Afrique, créé très récemment dans le but d’informer le
président sur les besoins du continent. Seul le compte
personnel Tweeter d’Emmanuel Macron affichait le jour
même de sa visite : « Aujourd’hui nous sommes orphelins
d’un imaginaire commun : le patrimoine africain ne peut
pas être prisonnier de musées européens ». Ce message
semble s’adresser directement au Musée du Quai Branly
qui conserve et expose près de 300.000 objets. Le 23 no-
vembre 2017, soit quelques jours seulement après son
voyage à Ouagadougou, le président Macron déclarait
dans l’amphithéâtre de ce même musée : « Ce que l’on a
présenté souvent comme les passions privées de Jacques
Chirac sont devenues publiques, lorsqu’elles ont pris le vi-
sage d’un musée unique en son genre, riche de collections
inouïes dont je voudrais qu’elles soient le trait d’union
entre notre culture et les autres, parce que ce musée n’a à
cet égard rien d’anecdotique, est celui qui porte au-
jourd’hui le nom de Jacques Chirac, traduit cette volonté
qu’il a constamment eu à travers sa politique étrangère et
l’énergie afin d’« apporter les 450 millions d’emplois dont
l’Afrique aura besoin d’ici 2050 ».
Emmanuel Macron termine son discours sur sa volon-
té de reconstruire un « imaginaire commun ». Il propose
d’y travailler grâce à la culture (restitution de patrimoine
africain, création d’une Saison des cultures africaines en
France en 2020, soutient à la production cinématogra-
phique africaine), grâce au sport (dans le cadre des Jeux
Olympiques de 2024) et grâce à la langue (renforcer la
francophonie et faire du français la première langue du
monde5).
C’est en tant que « remède » aux « conflits [et aux]
traumatismes » qui enfermeraient l’Afrique et l’Europe
que Macron a prononcé la résolution suivante : « je ne
peux accepter qu’une large part du patrimoine culturel de
plusieurs pays africains soit en France. Il y a des explica-
tions historiques à cela mais il n’y a pas de justification va-
lable, durable et inconditionnelle, le patrimoine africain
ne peut pas être uniquement dans des collections privées
et des musées européens. Le patrimoine africain doit être
mis en valeur à Paris mais aussi à Dakar, à Lagos, à Coto-
nou, ce sera une de mes priorités. Je veux que d’ici cinq
ans les conditions soient réunies pour des restitutions
temporaires ou définitives du patrimoine africain en
Afrique. » Il précise que ces restitutions seront accompa-
gnées d’un partenariat scientifique et muséographique
car « ce sont parfois des conservateurs africains qui ont
organisé le trafic et ce sont parfois des conservateurs eu-
ropéens ou des collectionneurs qui ont sauvé ces œuvres
d’art africaines pour l’Afrique en les soustrayant à des tra-
fiquants africains ». Emmanuel Macron indique que ces
partenariats s’accompagneront de la formation de
conservateurs, d’engagement académiques et d’État à
État afin de protéger ce patrimoine partagé6.
Le discours ne comporte pas plus de précisions sur ce
projet. Aucun partenaire n’est cité concrètement et les ob-
jets qui seront concernés par ces restitutions ne sont pas
clairement définis. Les questions des étudiants qui ont
été posées après le discours du président Macron concer-
naient l’intervention de la France en Libye, la forte pré-
sence militaire française en Afrique de l’Ouest, le Franc
CFA7, l’accessibilité aux archives concernant l’assassinat
de Thomas Sankara et l’arrestation de François Compao-
ré, les problèmes d’électricité au Burkina Faso, la démo-
graphie, l’immigration, la formation professionnelle et
les Maisons de la Jeunesse. Les demandes de restitutions
n’ont pas été abordées lors de ces interventions.
35 Kunst & Kontext # 14 Februar 2018 Politik
ausbildung und die Jugendhäuser. Rückgabeforderungen
waren für die Studenten kein Thema.
Die Kultur war eindeutig nicht das Hauptanliegen die-
ses Besuches. Emmanuel Macron, der »als Freund« kam,
zählte in seiner Rede eine Reihe von Problemen auf, die
Afrika betreffen, und rechtfertigte die Intervention Fran-
kreichs zur »Friedenssicherung« und »Entwicklung«,
indem er als Erklärung angab, die Immigration nach
Frankreich begrenzen und die Afrikaner zum Bleiben er-
muntern zu müssen. Kultur wird in diesem Kontext zur
»Medizin« gegen diese Probleme. Der französische Prä-
sident schlägt vor, das afrikanische Kulturerbe zu teilen,
indem innerhalb von fünf Jahren die »Konditionen«für
dessen Restitution geschaffen werden, wobei er aber of-
fen lässt, ob und welche Rückgaben »temporär« oder
»endgültig« erfolgen sollen.
Das Projekt soll in Kooperation mit Afrika realisiert
werden. Doch welche Beziehungen können sich entwi-
ckeln, wenn ein französischer Präsident suggeriert, was
gut für Afrika ist und wie ein Museum dort zu funktionie-
ren hat? Und warum das Angebot, nur die afrikanischen
Werke zu teilen, während es für die Bürger afrikanischer
Länder immer noch schwierig ist, ein Touristenvisum für
den Besuch europäischer Museen zu erhalten? (Und die
meist verdächtigt werden, in Europa bleiben zu wollen.)
Auch in seinen weiteren Reden hat Emmanuel Macron
seine Kulturpolitik im Hinblick auf das kulturelle Erbe
Afrikas nicht detaillierter dargelegt.
Die Vereinigung »Berlin Postkolonial« hat diese Sätze
als Aktion der »französischen Regierung« begrüßt, je-
doch findet sich auf der Internetseite der Regierung
nichts zu diesem Thema. Es handelt sich wohl derzeit le-
diglich um einen Vorschlag des eingangs erwähnten Con-
seil présidentiel pour l’Afrique. Nur eine persönliche Twitter-
Nachricht von Emmanuel Macron meldete am Tag seines
Besuches: »Heute sind wir Waisen eines gemeinsamen Be-
wusstseins: Das afrikanische Kulturerbe kann nicht in europä-
ischen Museen eingesperrt sein.« Diese Nachricht scheint
sich direkt an das Musée du quai Branly gerichtet zu ha-
ben, das derzeit etwa 300.000 außereuropäische Objekte
bewahrt. Am 23. November 2017, nur wenige Tage vor sei-
ner Afrikareise, hatte derselbe Präsident in einem Vor-
tragsraum dieses Museums anlässlich einer Preisverlei-
hungsfeier der Stiftung Chirac gesagt: »Das, was oft als
private Leidenschaft von Jacques Chirac dargestellt wurde, ist
nun öffentlich in Form dieses einzigartigen Museums, reich an
unglaublichen Sammlungen. Und ich möchte, dass dieses Muse-
Landwirtschaft, Verkehrs- und Energieinfrastruktur, um
»450 Millionen Arbeitsplätze, die Afrika bis 2050 brauchen
wird, zu schaffen.«
Macron beendete seine Rede mit der Absichtsbekun-
dung, erneut ein »gemeinsames Bewusstsein« (»imagi-
naire commun«) aufzubauen – mithilfe der Kultur, d. h.
der Restitution afrikanischen Kulturerbes, der Förde-
rung zeitgenössischer afrikanischer Kunst durch eine
»Saison des Cultures Africaines« in Frankreich im Jahr
2020 und der weiteren Förderung afrikanischer Filmpro-
duktionen, des Sports (im Rahmen der Olympiade 2024
in Paris) sowie der Sprache (Frankophonie fördern, die
französische Sprache zur wichtigsten der Welt machen).5
Ein »Heilmittel« zur Behandlung »unserer Konflikte
und manchmal auch Traumata« sei die Kultur: »Ich kann
nicht akzeptieren, dass ein großer Teil des Kulturerbes mehrerer
afrikanischer Länder in Frankreich ist. Es gibt historische Er-
klärungen dafür, aber es gibt keine echte, dauerhafte und un-
abänderbare Rechtfertigung, dass sich afrikanisches Kulturerbe
nur in privaten Sammlungen und europäischen Museen befin-
det. Afrikanisches Kulturerbe soll in Paris zur Geltung gebracht
werden, aber auch in Dakar, in Lagos und in Cotonou – das wird
eine meiner Prioritäten sein. Ich will, dass in den nächsten fünf
Jahren die Bedingungen für die temporäre oder endgültige Res-
titution von afrikanischem Kulturerbe nach Afrika geschaf-
fen werden.« Diese Rückgaben seien wissenschaftlich und
museologisch zu begleiten, denn »es waren manchmal die
afrikanischen Kuratoren, die den illegalen Verkauf organisier-
ten, und manchmal die europäischen Kuratoren oder die Samm-
ler, welche die afrikanischen Kunstwerke für Afrika retteten, in-
dem sie diese dem illegalen Markt entzogen.« Macron führte
aus, dass parallel dazu eine Ausbildung von Kuratoren,
die wissenschaftliche Zusammenarbeit sowie Vereinba-
rungen zwischen den beteiligten Staaten erfolgen müss-
ten, um den Schutz des geteilten Kulturerbes zu gewähr-
leisten.6
Präzisere Aussagen zu diesem Projekt waren in der
Rede nicht enthalten. Macron benannte weder konkre-
te Partner noch gar Objekte, die von den Restitutionen
betroffen sein könnten. Die anschließenden Fragen der
Studenten betrafen die Intervention Frankreichs in Li-
byen, die starke Präsenz des französischen Militärs in
Westafrika, die dortige Währung (Franc CFA),7 den Zu-
gang zu Archivmaterial in Bezug auf den Mord an Tho-
mas Sankara, die Verhaftung von François Compaoré, die
Probleme mit der Stromversorgung in Burkina Faso, die
Bevölkerungsentwicklung, die Immigration, die Berufs-
36 Kunst & Kontext # 14 Februar 2018 Politik
notes
1 Cette lettre a été signée par différents réseaux, groupes, associations
et initiatives qui luttent contre le racisme, le post-colonialisme et la dis-
crimination, ainsi que diverses personnes privées.
2 Toutes les citations suivantes sont extraites du discours d’Emmanuel
Macron à Ougadougou sauf indications contraires.
3 Quand celle-ci empêche l’accès à l’éducation pour les jeunes filles et
les femmes ainsi qu’à la santé pour tous.
4 Il précise : « Je vois trop souvent des jeunes africains qui viennent
étudier ou en fait, demander un visa d’étudiant pour rester en France,
ça n’est pas une bonne voie, ça n’est pas une bonne méthode, et la
France, dans la durée, ne peut pas les accueillir. »
5 À Ouagadougou il annonce : « Le français, ce sera la première langue
de l’Afrique et peut-être du monde. » Lors de son voyage à Pékin le 9
janvier 2018, il dit au président chinois Xi Jinping : « Je rêve que la pre-
mière langue étrangère de vos petits-enfants soit le français ».
6 « Donc ces partenariats prendront aussi toutes les précautions pour
qu‘il y ait des conservateurs bien formés, pour qu‘il y ait des engage-
ments académiques et pour qu‘il y ait des engagements d’État à État
pour protéger ces œuvres d‘art, c‘est-à-dire votre histoire, votre patri-
moine et, si vous m’y autorisez, le nôtre. »
7 À la question d’un étudiant de Koudougou sur le Franc CFA, Emma-
nuel Macron lui répond que chaque président africain souhaitant chan-
ger le nom de la monnaie ou sortir de la zone Franc est libre de le faire.
8 Cette longue phrase est tirée du discours du Président à la cérémonie
de remise de prix de la fondation Chirac. Les incohérences grammati-
cales sont celles du discours et de la transcription officielle publiée sur
le site de l’Élysée.
sources
- elysee.fr : Discours du Président de la République Emmanuel Macron
à l’université Ouaga I, professeur Ki-Zerbo, à Ouagadougou, le
28.11.2017. Transcription publiée le 29.11.2017.
- elysee.fr : Discours du Président de la République Emmanuel Macron
à la cérémonie de remise de prix de la fondation Chirac, le 23.11.2017.
Transcription publiée le 24.11.2017.
- elysee.fr : Conférence de presse du Président de la République au
Grand Palais en Chine, le 12.1.2018. Transcription publiée le 12.1.2018.
- dz.ambafrance.org : Discours du Président de la République Emma-
nuel Macron à l’occasion de la réception donnée devant la Communau-
té française à Alger, le 6.12.2017. Vidéo publiée le 28/12/2017.
- gouvernement.fr : Les actions du gouvernement. 6.2.2018
- Twitter : @EmmanuelMacron
- Offener Brief von Berlin Postkolonial e.V. an die Bundeskanzlerin,
Dr. Angela Merkel, vom 18.12.2017 : Restitution von Kulturschätzen und
menschlichen Gebeinen aus Afrika.
son action d’entretenir ce dialogue constant entre notre
culture, notre histoire et ces altérités parce qu’elles n’ont
vécu et ne se sont construites que dans ce dialogue per-
manent.8 »Et il ajoute : « C’est pour cette raison sans
doute que le multilatéralisme était si cher à Jacques
Chirac, car il est le visage, en matière diplomatique, de ce
respect de l’autre et du désir de paix qui naissent de la
connaissance de l’Autre. Et à ce titre, je peux dire avec
beaucoup d’humilité que c’est bien dans ses pas que je
tente d’inscrire mon action ».
Le discours d’Emmanuel Macron au Quai Branly et ce-
lui prononcé à quelques jours d’intervalle à l’Université
Joseph Ki-Zerbo semblent proposer des définitions diffé-
rentes de ce « patrimoine partagé ». À Paris, il dit vouloir
s’inscrire sur les pas de Jacques Chirac dont il loue la di-
plomatie et le rôle du musée dans la construction d’un
dialogue interculturel. À Ougadougou, il se proclame
d’une autre génération et ne souhaite plus voir les œuvres
africaines « prisonnières » des musées européens.
Qu’attend le président Macron du Musée du Quai Branly
(et des autres musées) pour répondre à son projet de res-
titutions ? Quels objets feront partie de ces restitutions et
qu’en est-il des collections privées ? Quelles institutions
ou quels scientifiques africains ont été consultés ? Com-
ment seront-ils impliqués dans ce projet ?
Texte Audrey Peraldi
37 Kunst & Kontext # 14 Februar 2018 Politik
anmerkungen
1 Unterschrieben wurde der Brief von verschiedenen Netzwerken, Ar-
beitskreisen, Gesellschaften und Initiativen, die sich gegen Rassismus,
Postkolonialismus und Diskriminierung engagieren, sowie von eini-
gen Privatpersonen.
2 Alle Zitate im folgenden Text sind der Rede Macrons in Ouaga-
dougou entnommen. Zitate aus anderen Quellen sind im Text benannt.
3 Soweit dieses den Zugang zur Bildung für Mädchen und Frauen so-
wie den Zugang aller zur Gesundheitsversorgung verhindert.
4 Nur wenige Sätze später heißt es dann: »Ich sehe zu oft junge Afrikaner,
die zum Studieren kommen oder ein Studentenvisum beantragen, um in Frank-
reich zu bleiben; das ist nicht der richtige Weg, das ist keine gute Methode, und
Frankreich kann sie auf Dauer nicht aufnehmen.«
5 Die entsprechende Passage der Rede lautete: »Französisch wird die
erste Sprache Afrikas und vielleicht der Welt.« Am 9. Januar 2018 in Peking
sagte Macron während einer Pressekonferenz zum chinesischen Präsi-
denten Xi Jinping: »Ich träume davon, dass die erste Fremdsprache eurer En-
kelkinder Französisch sein wird.«
6 »Deshalb werden mit diesen Partnerschaften auch alle Vorsichtsmaß-
nahmen getroffen, um die Kuratoren gut auszubilden, um wissenschaftliche
Zusammenarbeit zu fördern und durch ein Engagement von Staat zu Staat die
Kunstwerke – sozusagen eure Geschichte, euer Kulturerbe und, wenn ihr mich
dazu ermächtigt, unser Kulturerbe – zu schützen.«
7 Zur Frage eines Studenten zum Franc CFA antworte Macron, dass es
jedem afrikanischen Präsidenten freigestellt sei, den Namen der Wäh-
rung zu ändern oder den Währungsverbund zu verlassen.
um ein Bindeglied zwischen den Kulturen darstellt, [... ] Es trägt
heute den Namen von Jacques Chirac und ist Ausdruck seiner
damaligen Außenpolitik: seines Bemühens um einen dauer-
haften Dialog zwischen unserer Kultur, unserer Geschichte und
derjenigen der anderen, weil man nur im permanenten Dialog
miteinander leben und sich weiterentwickeln kann«. Und er
fügte hinzu: »Wohl aus diesem Grund ist der Multilateralis-
mus so wichtig für Jacques Chirac, denn im Bereich der Aus-
landsdiplomatie steht er für den Respekt vor anderen [...] Und so
kann ich mit großer Demut sagen, dass ich mein Handeln in sei-
nen Spuren zu verankern suche.«
Diese Rede Macrons im Musée du quai Branly und
diejenige, welche er nur wenige Tage später in der Uni-
versität Joseph Ki-Zerbo hielt, waren von unterschied-
lichen Vorstellungen eines »geteilten Kulturerbes« ge-
prägt. In Paris schien er auf den Spuren Chiracs zu
wandeln und lobte dessen Beitrag zum interkulturellen
Dialog durch die Realisierung eines Museums. In Ouaga-
dougou gehörte er einer anderen Generation an und
wünschte, dass die afrikanischen Werke nicht länger
»Gefangene« in europäischen Museen sein mögen.
Was erwartet Präsident Macron nun tatsächlich
vom Musée du quai Branly und den anderen Museen?
Welche Objekte sollen »rückgeführt« werden, und was
geschieht mit Privatsammlungen? Welche afrika-
nischen Wissenschaftler und Institutionen werden ge-
gebenenfalls vorher mit einbezogen und um ihre Mei-
nung gefragt?
Text Audrey Peraldi
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AUSSTELLUNGSSOCKEL, VITRINEN, RESTAURIERUNGEN
KONTAKT: HERMANN BECKER
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This article concerns the report written by Felwine Sarr and Bénédicte Savoy at the request of the french president Emmanuel Macron. On Emmanuel Macron's restitution project, see also: - Emmanuel Macrons Restitutionsprojekt afrikanischer Kulturgüter oder das Streben Frankreichs seine Präsenz in Afrika zu festigen: http://audreyperaldi.com/txt/2021_Peraldi_Emmanuel_Macrons_Restitutionsprojekt_afrikanischer_Kulturgueter.pdf - La restitution des biens culturels du Bénin "En Marche" - Une mission d'Emmanuel Macron et un projet économique de Patrice Talon. Benins Kulturerbe in Frankreich "En Marche" - zwischen Macrons Mission und Talons wirtschaftlichem Projekt. http://audreyperaldi.com/txt/2018_macron_talon_restitution_dbl.pdf - Le patrimoine partagé d'Emmanuel Macron. Un projet de restitution d'art africain. Macrons geteiltes Kulturerbe - zur Restitution afrikanischer Kunstwerke. http://audreyperaldi.com/txt/2018_macron_afrique.pdf
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En novembre 2017, le président français Emmanuel Macron avait tenu un discours à Ouagadougou, au Burkina Fasso, lors duquel il avait entre-autres affiché sa volonté de réunir d’ici à cinq ans les conditions pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. En mars 2018, il nomme deux personnes chargées de rendre des propositions concrètes pour le retour des biens culturels africains. Au Bénin, la question de la restitution est inscrite dans la loi depuis 1991. En juillet 2016, le gouvernement béninois avait adressé à la France une demande de retour d’objets. Pourtant, ce projet qui touche à la culture laisse étonnamment peu la parole aux responsables culturels et place les objets eux-même en arrière-plan… Im November 2017 verkündete der französische Präsident in einer Rede in Ouagadougou (Burkina Faso) seinen Willen, in den folgenden fünf Jahren die Bedingungen für temporäre oder endgültige Rückgaben afrikanischen Kulturerbes nach Afrika zu schaffen. Im März 2018 berief er dann zwei Verantwortliche, die konkrete Vorschläge zu den Modalitäten einer Restitution kultureller Güter nach Afrika erarbeiten sollen. In Benin gibt es seit 1991 ein Gesetz, das sich auch mit dem Thema Restitution befasst, und im Juli 2016 war die Regierung Benins mit entsprechenden Forderungen an Frankreich herangetreten. Doch nur wenige spezialisierte Wissenschaftler sind in dieses Projekt einbezogen, und das Interesse an den Objekten erscheint gering…
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