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L’élevage des moutons de race Ladoum dans la commune de Thiès, Sénégal : caractéristiques socioéconomiques et techniques

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Résumé L’étude est réalisée à Thiès, qui est une ville située à 70 km de Dakar la capitale du Sénégal, en vue de caractériser au plan socioéconomique et technique l’élevage des moutons de race Ladoum. Les données sont collectées à partir d’enquêtes auprès de 84 éleveurs et traitées avec les logiciels SPSS Statistic 20 et R version R 3.0. Les éleveurs sont essentiellement de l’ethnie ouolof (79,76 %). Ils sont des pluriactifs et majoritairement composés de commerçants (57,14 %) et de fonctionnaires (17,85 %). Ils ont un âge moyen de 51 ± 8,8 ans. La durée dans l’activité d’élevage varie entre 2 et 40 ans avec une moyenne de 12,14 ± 8,52 ans. Les troupeaux ont un effectif de 1 à 33 ovins avec une moyenne de 9,02 ± 4,20. Les raisons de l’élevage sont l’amélioration des revenus (78,57 %), l’attachement aux animaux (23,1 %) et le prestige social (8,33 %). La saillie est contrôlée chez 78,79% des élevages enquêtés. Les mâles sont mis en reproduction à 10 mois d’âge et les femelles entre 7 et 10 mois. L’âge au premier agnelage se situe entre 16 et 18 mois chez 96 % des élevages. Les naissances sont simples (63 %), doubles (26,5 %) ou triples (0,5 %). Les pneumopathies, les diarrhées et la pasteurellose sont les principales affections. Les marges brutes varient de 370000 à 1444400 FCFA chez les différents éleveurs. Les contraintes sont le coût élevé de l’aliment, les pathologies et la commercialisation des ovins. L’élevage des moutons Ladoum mérite une meilleure attention des pouvoirs publics qui doivent s’impliquer pour stabiliser génétiquement la race. Abstract The breeding of Ladoum sheep in the municipality of Thies, Senegal : socioeconomic and technical characteristics Sheep breeding of Ladoum species is the topic of this study in the city of Thies (Senegal). Data were collected from 84 breeders and analyzed with SPSS 20 and R (version 3.0.3) statistic software. Breeders belong primarily to the ouolof ethnic group (79, 76 %). They have more than one job and are for the majority, composed of tradesmen (57, 14 %) and civil servants (17, 85 %). They are married for the majority (96, 4 %) and are educated, and 76, 19 % of them reach the secondary level of studies, with an average age of 51 ± 8, 8 years. The duration in the activity of breeding varies between 2 and 40 years with an average of 12, 14 ± 8, 52 years. The herds have between 1 and 33 sheep with an average of 9, 02 ± 4, 20. The breeding objectives are primarily the improvement of the incomes (78, 57 %), fondness of these animals (23, 1 %) and social prestige (8, 33 %). The reproduction is controlled in 78, 79 % of the surveyed sheep. Males are put in reproduction at 10 months of age while females are generally getting reproduction between 7 and 10 months. The age at the first lambing ranges between 16 and 18 months for 96 % of breeders. Births can be simple (63 %), double (26, 5 %) or triple (0, 5 %). Pneumonias, diarrheas and pasteurellosis are the most frequent diseases. The gross margins vary from 370000 to 1444400 F CFA according to the size of the herds. The constraints are the high cost of food, pathologies and sheep selling. The breeding of Ladoum sheep deserves more attention from the authorities who must be involved for a genetic stabilization of the breed.
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Afrique SCIENCE 13(4) (2017) 140 - 150 140
ISSN 1813-548X, http://www.afriquescience.info
Abdou Khadre FALL et al.
L’élevage des moutons de race Ladoum dans la commune de Thiès, Sénégal :
caractéristiques socioéconomiques et techniques
Abdou Khadre FALL 1 *, Abdoulaye DIENG 2 et Saliou NDIAYE 2
1 Université de Thiès, Institut Supérieur de Formation Agricole et Rurale (ISFAR, ex ENCR),
BP 54 Bambey, Sénégal
2 Université de Thiès, Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA), BP 967 Thiès, Sénégal
_________________
* Correspondance, courriel :
akfall@univ-thies.sn
Résumé
L’étude est réalisée à Thiès, qui est une ville située à 70 km de Dakar la capitale du Sénégal, en vue de
caractériser au plan socioéconomique et technique l’élevage des moutons de race Ladoum. Les données sont
collectées à partir d’enquêtes auprès de 84 éleveurs et traitées avec les logiciels SPSS Statistic 20 et R version
R 3.0. Les éleveurs sont essentiellement de l’ethnie ouolof (79,76 %). Ils sont des pluriactifs et
majoritairement composés de commerçants (57,14 %) et de fonctionnaires (17,85 %). Ils ont un âge moyen
de 51 ± 8,8 ans. La durée dans l’activité d’élevage varie entre 2 et 40 ans avec une moyenne de
12,14 ± 8,52 ans. Les troupeaux ont un effectif de 1 à 33 ovins avec une moyenne de 9,02 ± 4,20. Les raisons
de l’élevage sont l’amélioration des revenus (78,57 %), l’attachement aux animaux (23,1 %) et le prestige
social (8,33 %). La saillie est contrôlée chez 78,79% des élevages enquêtés. Les mâles sont mis en
reproduction à 10 mois d’âge et les femelles entre 7 et 10 mois. L’âge au premier agnelage se situe entre 16
et 18 mois chez 96 % des élevages. Les naissances sont simples (63 %), doubles (26,5 %) ou triples (0,5 %).
Les pneumopathies, les diarrhées et la pasteurellose sont les principales affections. Les marges brutes
varient de 370000 à 1444400 FCFA chez les différents éleveurs. Les contraintes sont le coût élevé de l’aliment,
les pathologies et la commercialisation des ovins. L’élevage des moutons Ladoum mérite une meilleure
attention des pouvoirs publics qui doivent s’impliquer pour stabiliser génétiquement la race.
Mots-clés :
mouton, Ladoum, effectif, conduite, pathologie, marges brutes.
Abstract
The breeding of Ladoum sheep in the municipality of Thies, Senegal : socioeconomic
and technical characteristics
Sheep breeding of Ladoum species is the topic of this study in the city of Thies (Senegal). Data were collected
from 84 breeders and analyzed with SPSS 20 and R (version 3.0.3) statistic software. Breeders belong primarily
to the ouolof ethnic group (79, 76 %). They have more than one job and are for the majority, composed of
tradesmen (57, 14 %) and civil servants (17, 85 %). They are married for the majority (96, 4 %) and are
educated, and 76, 19 % of them reach the secondary level of studies, with an average age of 51 ± 8, 8 years.
The duration in the activity of breeding varies between 2 and 40 years with an average of 12, 14 ± 8, 52
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years. The herds have between 1 and 33 sheep with an average of 9, 02 ± 4, 20. The breeding objectives are
primarily the improvement of the incomes (78, 57 %), fondness of these animals (23, 1 %) and social prestige
(8, 33 %). The reproduction is controlled in 78, 79 % of the surveyed sheep. Males are put in reproduction at
10 months of age while females are generally getting reproduction between 7 and 10 months. The age at the
first lambing ranges between 16 and 18 months for 96 % of breeders. Births can be simple (63 %), double
(26, 5 %) or triple (0, 5 %). Pneumonias, diarrheas and pasteurellosis are the most frequent diseases. The
gross margins vary from 370000 to 1444400 F CFA according to the size of the herds. The constraints are the
high cost of food, pathologies and sheep selling. The breeding of Ladoum sheep deserves more attention from
the authorities who must be involved for a genetic stabilization of the breed.
Keywords :
sheep, Ladoum, number of heads, habit, pathology, gross margins.
1. Introduction
Le Sénégal est un pays agricole avec un sous-secteur de l’élevage qui concerne au moins 213060 ménages
qui en dépendent. L’élevage participe au PIB national à hauteur d’environ 4,6 % et sa contribution au PIB du
secteur primaire est d’environ 29 % [1]. La valeur du cheptel sur pied est estimée à 847,48 milliards de FCFA dont
près de 585 milliards pour le seul cheptel ruminant [2]. Le Sénégal compte 6081000 ovins qui représentent
41,33 % des ruminants. Les ovins ont produit 24102 tonnes de viande soit 13,49 % de la production totale
nationale en 2013 [1]. Les ménages sénégalais possédant du bétail sont de 90 % en milieu rural et 52 % au
niveau des centres urbains [2]. Les besoins du Sénégal pour la fête de la tabaski sont estimés à 742 000 moutons
et entre 1996 et 2015, les importations de moutons de tabaski sont passées de 29 697 à 378 018 têtes soit une
augmentation de 11,48 % [3]. Les élevages urbains fournissent près de 20 % des montons de Tabaski à
Dakar [4]. Depuis plus de trois décennies, l’élevage du mouton surtout des races importées (Ladoum, Bali-Bali,
Azawack, etc.) gagne du terrain au niveau des grandes villes du Sénégal. Depuis quelques années des éleveurs
détiennent des moutons qui sont appelés Ladoum. L’origine du mouton dit Ladoum est un peu controversée. Il
serait introduit au Sénégal à partir de Kayes au Mali. Son origine réelle semble être la Mauritanie qui n’a que des
moutons touabires. Il serait issu d’une longue sélection effectuée par un éleveur de la ville de Thiès depuis les
années 70 à partir de son troupeau de mouton Touabire. Une étude sur la caractérisation génétique des races
ovines sahéliennes confirme que le mouton dit Ladoum est une sous population du mouton touabire [5]. L’élevage
des moutons de race dite Ladoum, considéré par certains comme une activité de prestige, devient de plus en plus
attractive pour certaines catégories socioprofessionnelles [6]. Il n’y a aucune publication sur ces moutons dits
Ladoum dont l’élevage attire de plus en plus des éleveurs au niveau du Sénégal, les fabricants d’aliment de bétail
et les organisateurs de foires d’exposition. L’objectif de cette étude est de contribuer à la connaissance des
élevages de moutons Ladoum au niveau de la commune de Thiès au Sénégal. Il s’agit de faire :
l’identification et la caractérisation sociale des éleveurs;
la caractérisation technique et économique des élevages de moutons Ladoum ;
l’identification des principales contraintes.
2. Matériel et méthodes
2-1. Zone d’étude
L’étude s’est déroulée dans la commune de Thiès qui est située à l’est et à 70 Km de la capitale du Sénégal,
Dakar précisément entre 16° 55’ 29’’de longitude Ouest et 14° 47’ 26’’ de latitude Nord. La commune de Thiès
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créée en 1904, comprend 51 quartiers et sa population est estimée à 344850 habitants [7] dont les 51,23 %
sont des femmes. Le transport ferroviaire, les mines, la filature, le commerce et l’agriculture sont les
principales activités économiques.
2-2. Aperçu sur le mouton Ladoum
Le mouton Ladoum est un animal hypermétrique et longiligne. Il a une hauteur au garrot moyenne de
105 ± 3,56 cm chez le mâle et 88,8 ± 6,11 cm chez la femelle. La longueur du corps est de 93,5 ± 2,08 cm
pour le mâle et de 83,2 ± 8,07 cm pour la femelle. La robe dominante est la couleur noire et blanche. Les
femelles présentent souvent des cornes et des mamelles fortes [8].
2-3. Collecte des données
La collecte des données est faite à partir d’enquêtes informelles (échanges, pré typologie) et formelles
(administration d’un questionnaire). L’étude a concerné 84 éleveurs de mouton Ladoum de la commune de
Thiès. En l’absence de statistiques et de bases de sondage, les enquêtés ont été choisis au hasard à partir de
"dire d’acteurs". Les principaux centres d’intérêts du questionnaire d’enquête ont traits aux caractéristiques
socioéconomiques des éleveurs (sexe, âge, ethnie, niveau d’études, profession, type d’habitat, raison
d’élevage, durée dans l’activité, origine de animaux), aux données zootechniques et économiques (effectif
départ, effectif actuel, composition du troupeau, paramètres de reproduction, charge de travail et financière).
Les paramètres de reproduction calculés sont les taux de fécondité, de prolificité, d’avortement, de mortalité,
le nombre de naissance par agnelage et le sex-ratio.
2-4. Traitement des données
Les données collectées sont traitées avec le logiciel SPSS, version IBM SPSS Statistic 20 (analyse descriptive,
tableau de croisé dynamique, moyenne, écart-type, fréquence, minima, maxima, test de X2 d’indépendance
sur tableaux croisés). Une analyse multivariée est faite avec le logiciel R. version R 3.0.3 pour la classification
structurale des élevages (typologie structurelle) à partir de 14 variables.
3. Résultats
3-1. Caractéristiques socioéconomiques des éleveurs
L’élevage des moutons de race Ladoum est exercé par des hommes (83,34 %) et des femmes (16,66 %) qui
appartiennent à plusieurs ethnies
(Tableau 1)
dont la plus importante est celle Ouolof (79, 76 %).
Tableau 1 :
Répartition des éleveurs selon l'ethnie et le genre
Genre
Ethnie
Total
Bambara
Halpular
Sérère
Femmes
0
3
0
14
Hommes
5
2
7
70
Total
5
5
7
84
Pourcentage
5,95
5,95
8,33
100
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L’âge des éleveurs varie entre 26 et 71 ans avec une moyenne de 51 ± 8,8 ans. Les éleveurs sont des mariés
(96,4 %), des célibataires (2,4 %) et des veufs (1,2 %). Le genre a une influence sur le niveau d’étude
(p < 0,001) et l’appropriation du logement (p < 0,001). Les éleveurs sont propriétaires à 78,57 % de leurs
logements qui sont dans 90,47 % en dur. Tous les éleveurs sont instruits et ceux qui ont accédé au niveau de
l’enseignement secondaire et supérieur sont respectivement de 76,19 et 11,9 %. Les éleveurs, essentiellement
des commerçants (57,14%) et des fonctionaires (17,85%) sont tous des pluriactifs
(Figure 1)
.
Figure 1 :
Différentes catégories socioprofessionnelles des éleveurs
Les toitures des maisons des éleveurs sont en terrasse (90,47 %) ou en zinc (9,53 %). Il n’y a pas de différence
significative entre le genre et le type d’habitat (p = 0,184).
3-2. Caractéristiques zoo-sanitaires
3-2-1. Origine, appropriation et effectifs des animaux
Les moutons sont nés dans le troupeau (85,5 %), achetés (13,75 %) auprès d’autres éleveurs, reçus en don
(1,27 %) ou confiés (0,5 %). Les animaux appartiennent pour la plupart au chef d’exploitation (93 %) qui n’est
pas toujours le responsable de la concession ou carré tandis que certains (7 %) sont partagés entre les
membres de la famille et confiés à des tiers. L’effectif des ovins des troupeaux enquêtés (N = 84) est de 1010
têtes. La taille du troupeau varie entre 3 et 33 sujets avec une moyenne de 12,02 ± 6,99 ovins
(Tableau 2)
.
Tableau 2 :
Effectif par catégorie animale de l’échantillon
déterminant
catégorie
brebis
bélier
agneau
antenais
antenaise
total
effectif
471
101
229
86
123
1010
moyenne
5,61
1,20
2,73
1,02
1,46
12,02
Ecart type
3,47
1,07
2,13
0,81
1,25
6,99
Minimum
1
0
0
0
0
3
maximum
15
5
11
3
6
33
Les brebis et les antenaises font 58,81 % des effectifs
(Figure 2)
.
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Figure 2 :
Structuration catégorielle des troupeaux ovins
L’effectif de début d’élevage varie entre 1 à 3 femelles avec une moyenne de 1,87 ± 0,83.
Figure 3 :
Troupeau de brebis Ladoum
3-2-2. Raisons d’élevage, habitats et équipements
Les trois raisons déclarées qui guident les éleveurs à faire l’élevage de moutons Ladoum sont l’amélioration
des revenus (78,57 %), l’amour et l’attachement aux animaux (13,1 %) et le prestige social (8,33 %). Le genre
a une influence sur les raisons d’élevage (p = 0,015) tandis que l’activité professionnelle n’en a pas
(p = 0,877). L’habitat des moutons Ladoum est constitué par une ou plusieurs bergeries qui peuvent être
compartimentées. La superficie de la bergerie peut varier de 6 à 300 m2. Les bergeries sont aménagées à
l’intérieur des concessions et sont situées au niveau des arrière-cours (88 %), des jardins (3 %) et sur les
terrasses (8,4 %). Elles sont toutes construites en dur mais les toitures sont à 98 % en zinc et / ou fibrociment.
Les équipements sont constitués de mangeoires (bac, fût, caisse) d’abreuvoirs (bassine, seau) de râteaux, de
pelles et de brouettes.
3-2-3. Typologie, conduites alimentaires
La durée dans l’activité d’élevage peut varier entre 2 et 40 ans avec une moyenne de 12,14 ± 8,52 ans. Le
genre n’a pas d’effet sur la durée dans l’activité d’élevage (p = 0,651). Cependant, il y a une différence
significative entre activité principale et durée dans l’activité d’élevage (p = 0,030). La stabulation totale est
le seul mode de conduite alimentaire. Il y a une différence significative entre situation matrimoniale et type
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d’élevage (p = 0,008). Il en est de même de l’activité principale (p = 0,011) par rapport à la conduite
alimentaire. L’abreuvement des animaux se fait généralement le matin et à la mi-journée. Cependant, 20 %
des éleveurs mettent l’eau à disposition des moutons d’une manière permanente. L’eau de rinçage du riz est
utilisée par certains éleveurs. Ainsi 84,85 % des éleveurs utilisent l’eau de robinet qu’ils distribuent à volonté
contre 15,15 % qui donnent à la fois l’eau de robinet et de lavage de riz. Les principaux intrants alimentaires
utilisés par les éleveurs sont constitués par les fanes d’arachide, la paille de brousse, les graines de blé, du
pain sec, les feuilles de baobab
(Adansonia digitata)
vertes, le son de blé, le sorgho, les graines de niébé
(Vigna unguiculata)
, le tourteau d’arachide d’extraction artisanale, la farine de poisson, le complément
minéral et vitaminée (CMV) et des aliments concentrés d’origine industrielle. Il y a trois types d'éleveurs de
moutons Ladoum comme le montre la
Figure 4
qui donne les cartes de regroupement.
Figure 4 :
Typologie structurelle de l’élevage des moutons Ladoum
Le premier groupe contient presque la totalité des éleveurs (N = 74 soit 91,67 %). Les éleveurs sont presque
tous propriétaires de leurs lieux d’habitat et ont fait des études secondaires. Ils ont un âge moyen de
53,33 ± 7,3 ans, une durée dans l’activité d’élevage de 12,28 ± 8,6 ans. Le nombre de brebis par troupeau
est de 5,36 ± 3,26. Le deuxième groupe est composé de 5 éleveurs (5,95 %) qui sont tous des hommes. Ils
ont un âge qui est compris entre 29 et 41 ans avec une moyenne de 34,8 ± 5,49 ans. Ils habitent chez leurs
parents et ont fait tous des études secondaires. L’effectif moyen du troupeau est de 10,66 ± 3,29. Le nombre
moyen de brebis est de 4,66 ± 1,03. Le troisième groupe est représenté par 2 éleveurs (2,38 %) qui sont
tous de l’ethnie Ouolof et ont comme activité principale l’emploi salarié (fonction publique). Les motivations
de ce groupe sont surtout d’ordre commercial. Ils ont les effectifs de mouton les plus élevés (61 têtes) et les
brebis par troupeau sont respectivement de 24 et 29. Les bergeries sont localisées au niveau de la cour.
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3-2-4. Pratiques de reproduction et de sélection
La saillie est contrôlée et / ou assistée chez 78,79 % des élevages enquêtés. Les éleveurs qui n’ont pas de
géniteurs (22,61 %) font recours aux services d’autres troupeaux moyennant la prise en charge alimentaire
et / ou une somme qui peut varier entre 25 000 et 100 000 FCFA. Les femelles sont mises à la reproduction
entre 7 à 10 mois d’âge tandis que le mâle l’est à 10 mois. L’âge au premier agnelage se situe entre 16 et 18
mois chez 96 % des éleveurs. Le taux de naissance est simple (63 %), double (26,5 %) ou triple (0,5 %).
Cependant, 73,2 % des éleveurs déclarent avoir eu au moins une naissance double ou triple durant les 12
derniers mois. Le taux de fertilité apparente est de 93 %. Le taux moyen de prolificité est de 132 % tandis
que le sex-ratio est de 0,86. L’écart entre deux mises-bas varie de 225 à 235 jours.
3-2-5. Pratiques d’hygiène et de santé
Les éleveurs vaccinent contre la pasteurellose, la peste des petits ruminants, la clavelée, l’entéro-toxémie et
font une prévention contre le tétanos néonatal (78 %) durant le dernier tiers de gestion des brebis. Cependant,
les agneaux sont systématiquement vaccinés à leur naissance contre le tétanos et le cordon ombilical est
désinfecté avec l’alcool iodé. La litière (coque d’arachide ou copeaux de bois) est utilisé par 75 % des éleveurs
qui nettoient systématique la bergerie chaque semaine. Le fumier récolté est donné gratuitement aux
maraichers (43 %), versé dans les poubelles (35 %) ou amené aux champs (22 %). Les pathologies les plus
rencontrées
(Tableau 3)
sont les diarrhées (31,80 %) et les pneumopathies (20,29 %). L’écornage est
pratiqué par 95,15 %. Ceux qui font le parage des onglons couplé avec l’écornage représentent 66,67 %.
Tableau 3 :
Principales affections rencontrées
pathologie
nombre de cas
pourcentage
pneumopathie
152
34,3
diarrhée
97
21,9
piétin
37
8,4
blessure accidentelle
28
6,3
toxémie
21
4,7
tétanos
21
4,7
fracture
15
3,4
déformation genou
15
3,4
conjonctivite
13
2,9
cornes cassées
12
2,7
mammites
11
2,5
pica
6
1,4
perte de poils
5
1,1
peste des petits ruminants
5
1,1
clavelée
3
0,7
pasteurellose
2
0,5
total
443
100,0
3-3. caractéristiques économiques
Les éleveurs vendent le plus souvent des agneaux et des antenais dont les prix varient entre 250000 et 600000
FCFA. Les béliers qui ne sont pas issus de mâles et femelles dits champions se commercialisent entre 300000 et
1200000 FCFA. Les animaux qui sont issus des « ovins champions » se vendent au moins à 1000000 FCFA. Les
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dépenses alimentaires sont pour les bergeries qui ont entre 3 et 10 ovins, 10 et 20 ovins et plus de 20 sujets
respectivement de 93,42 %, 92,36 % et 77,68 % des charges. Les marges brutes annuelles des bergeries
varient de 370000 à 1444400 FCFA
Tableau 4 :
Compte d'exploitation annuelle à partir des effectifs d’ovins
3-4. Contraintes
Les trois premières contraintes exprimées par les éleveurs sont le coût de l’aliment, l’écoulement des béliers
et le manque d’espace pour abriter des bergeries au sein des concessions. Cependant, certains éleveurs
soulignent des tares comme la déformation des genoux et le vol de bétail.
4. Discussion
4-1. Caractérisation socio-économiques des éleveurs
L’élevage des petits ruminants transcende au niveau de la commune de Thiès les âges, les ethnies, le genre
et mobilise plus les hommes qui ont plus de pouvoir financier et de force physique que les femmes. Cette
tendance se vérifie au niveau des villes de Saint-Louis [9] et de Kaolack [10] au Sénégal, de Maradi au
Niger [11], dans l’ouest du Cameroun [12], à Brazzaville en République du Congo [13 - 15] et dans la zone
sahélienne et soudanienne du Tchad [16]. L’âge des éleveurs est justifié en partie par leur état matrimonial.
L’âge moyen des éleveurs qui a été trouvé est supérieur à d’autres résultats [6] dans la même commune de
Thiès. Cette différence d’âge peut s’expliquer par la taille de l’échantillon de ce dernier [6] qui est beaucoup
plus petite et son étude a ciblé des éleveurs d’une seule organisation. L’âge des éleveurs de mouton est plus
bas à Kaolack au Sénégal [10] et au Tchad [16] contrairement à l’ouest du Cameroun, l’âge moyen des éleveurs
est plus élevé [12]. La diversité professionnelle des éleveurs se justifie car l’élevage des moutons Ladoum
est une activité secondaire [6] dont la présence des commerçants s’explique par le pouvoir d’achat de ces
Désignation
3 à 10 têtes
10 à 20 têtes
plus de 20 têtes
Rubrique
montant FCFA
%
montant FCFA
%
montant FCFA
%
aliments fourrage
450 000
56,96
640 000
53,74
856 000
42,68
aliments concentrés
288 000
36,46
460 000
38,62
702 000
35,00
médicaments
30 000
3,80
52 000
4,37
72000
3,59
pierre à lécher
15 000
1,90
20 000
1,68
45 000
2,24
électricité
0
0,00
0
0,00
12 000
0,60
litière
0
0,00
7000
0,59
3600
0,18
eau
7 000
0,89
12 000
1,01
15 000
0,75
main d'œuvre
0
0,00
0
0,00
300000
14,96
total des charges
790 000
100
1 191 000
100
2 005 600
100
amortissement matériel
7 500
40,54
11 000
39,29
17 000
42,50
amortissement bergerie
11 000
59,46
17 000
60,71
23 000
57,50
total des amortissements
18 500
100
28 000
100
40 000
100
recettes vente ovin
960 000
99,02
1 700 000
77,27
2 700 000
78,24
reproduction
200 000
17,24
500 000
22,73
700 000
20,28
recettes vente fumier
0
0
0
0
51000
1,48
recette totale
1 160 000
100
2 200 000
100
3 451 000
100
marge brute annuelle
370 000
1 009 000
1 445 400
Afrique SCIENCE 13(4) (2017) 140 - 150 148
Abdou Khadre FALL et al.
derniers qui est assez élevé et le prestige social qui est recherché à travers l’activité. Cette diversité
professionnelle des éleveurs d’ovins au niveau urbain est confirmée par d’autres auteurs [6, 9, 10, 12, 14 - 17].
Cependant, la diversité professionnelle des éleveurs à Bobo-Dioulasso [19] est différente de celle trouvée à
Thiès où les employés du secteur informel sont les plus nombreux. La généralisation de l’instruction au niveau
des éleveurs est en corrélation avec les activités qui sont exercées par ces derniers et la place qu’occupe la
commune de Thiès au niveau du système éducatif sénégalais. Ces résultats sont contraires à ceux trouvés à
Brazzaville [13 - 15], à l’ouest du Cameroun et à Maradi au Niger [11]. Les motivations économiques qui
dominent chez les éleveurs sont dues aux importants investissements consentis par ces derniers
contrairement à la commune de Saint-Louis [9] au Sénégal les raisons d’élevage sont plus d’ordre
socio-culturel et religieux. Cependant, d’autres motivations ont été révélées à Thiès chez les éleveurs de
mouton Ladoum [6] et à Brazzaville [13] comme la préparation de la retraite, l’occupation du temps, le
chômage, la recherche de fumier pour les champs des éleveurs.
4-2. Caractérisation zootechnique des élevages
4-2-1. Mode acquisition du bétail
L’appropriation des moutons Ladoum au niveau du foyer s’explique par le caractère mondain de cet élevage
qui mobilise plus des éleveurs qui ont une stabilité sociale. Le peu d’ovins Ladoum qui font l’objet de confiage
est au caractère très exotique de l’animal et le coût de l’alimentation qui est assez élevé. La constitution
d’un troupeau à partir du noyau possédé est une stratégie qui permet l’amélioration génétique de ses propres
animaux et la minimisation des dépenses contrairement à la ville de Saint-Louis du Sénégal [9] les ovins
sont plus achetés.
4-2-2. Effectifs
La stratégie qui consiste à démarrer l’élevage des moutons Ladoum plus avec des femelles permet
d’augmenter assez rapidement son troupeau et de pouvoir choisir son noyau reproducteur. La taille et la
catégorisation du troupeau de démarrage sont confirmées dans la même ville [6]. Cependant le nombre de
femelles reproductrices est plus important à Maroua au Cameroun [19] et au Tchad [16]. La taille des
troupeaux est justifié par l’investissement, la recherche de gain et la professionnalisation de plus en plus
marquée des éleveurs, par le caractère commercial et prestigieux de l’élevage des moutons Ladoum malgré.
Cependant l’espace (habitat) est une contrainte majeure comme dans la ville de Kaolack au Sénégal [10].
4-2-3. Conduite alimentaire
La variabilité de l’alimentation est motivée par le pouvoir financier des éleveurs, les objectifs d’élevage, la
disponibilité et l’accessibilité des divers aliments sur le marché. Cette diversité de l’alimentation des petits
ruminants est confirmée au niveau de certaines villes du Sénégal comme à Kaolack [10], dans la région de
Thiès [20] La complémentation qui est une pratique générale est retrouvée au niveau du plateau central et
du nord du Burkina-Faso [17] et à Abidjan en République de Côte d’Ivoire [21].
4-2-4. Reproduction et santé
Le taux de prolificité s’explique par les naissances doubles et triples car les éleveurs ont tendance à ne retenir
dans leurs troupeaux que les femelles qui donnent des naissances jumelaires. Le taux de prolificité trouvé à
Thiès est supérieur à celui obtenu dans la même ville [6] mais t identique à celui qui est rencontré dans les
hauts plateaux du Cameroun [19]. Cet écart peut s’expliquer par le fait que les éleveurs [6] enquêtés sont
149 Afrique SCIENCE 13(4) (2017) 140 - 150
Abdou Khadre FALL et al.
assez jeunes et n’ont pas eu temps de faire une sélection et une amélioration génétique de leurs animaux.
L’écart entre deux mises-bas est à la qualité de l’alimentation et au suivi régulier des cycles œstraux.
L’âge assez bas des brebis à la première mise-bas est le faite d’une bonne alimentation. Le taux de mortalité est
assez faible à cause des soins qui sont prodigués par les éleveurs et le recours fréquent aux vétérinaires. Le taux
de mortalité observé au niveau des agneaux est très inférieur à celui qui a été trouvé [6] dans la même ville car
les nouveaux nés sont pris en charges par des soins vétérinaires (désinfection du cordon ombilical et vaccination
contre le tétanos).Ces pratiques de soins vétérinaires sont confirmées à Maroua au Niger [19].
4-3. Caractéristiques économiques
L’alimentation est la principale source de dépenses des éleveurs. Les dépenses en alimentation semblent être
très exagérées car les éleveurs font indirectement de l’embouche parce que tenant à l’appréciation corporelle
de leurs animaux. Les marges brutes dégagées au niveau des moutons Ladoum restent assez faibles malg
les prix de vente des animaux qui sont très élevés. Cependant, plus le troupeau est nombreux, plus les marges
financières dégagées augmentent. L’élevage des moutons Ladoum est une activité de prestige à cause des
prix qui y sont pratiqués. Il faut avoir 5 brebis pour pouvoir dégager des marges positives [6].
5. Conclusion
Au niveau de la commune de Thiès, l’élevage des moutons Ladoum est pratiqué dans les domiciles par des
pluriactifs qui sont des commerçants, des ouvriers, des fonctionnaires. Ils ont un âge très variable et sont
plus des adultes dont la majorité est constituée par des hommes mariés. Les motivations bien qu’étant
multiples restent dominées par la recherche de revenus complémentaires. L’élevage du mouton Ladoum est
le faite d’une classe d’éleveurs qui ont pu par la sélection, améliorer le génotype et le phénotype des animaux
(taille, forme, poids, couleur de la robe, etc.). Les effectifs des animaux sont très variables d’un troupeau à
un autre et dépendent de la catégorie professionnelle des éleveurs et de leurs revenus. Les taux d’agnelage
simples et doubles sont les plus rencontrées. Les pathologies les plus rencontrées sont les diarrhées et les
pneumopathies. Les charges alimentaires constituent les principales dépenses des éleveurs. Les revenus tirés
sont très variables et dépendent de la taille du troupeau. La rentabilité économique de l’élevage des moutons
Ladoum est très discutable car les marges brutes sont assez faibles et mérite une étude plus fine. Une étude
verticale doit être menée pour inventorier les principales maladies et les pratiques qui les engendrent afin
de proposer un programme de prophylaxie adapté à chaque système de conduite. Cependant, quand est-ce
que les prix des moutons Ladoum vont se stabiliser ?
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Agronomie Africaine,
22 (1)
(2010) 77 - 84
... As for sheep farming, it is mainly practised by male householders who own 66.70%of the production units. Moreover, this type of predominance of men in the sheep production of the city of Thies had already been noted [38]. ...
... found, as such, monthly nand margins (50521to72417 FCFA) of a poultry farmer in the city of Thies that are above the professional minimum wage (36243 FCFA) guaranteed in Senegal. Fal., et al. [38]. claim the annual gross margins of Ladoum sheep farmers range from 370,000 to 1444400 FCFA in the same city. ...
Article
Full-text available
from a lack of consideration in African cities. In this respect, this study aims to contribute to a better knowledge of urban livestock farming in Ziguinchor. To do this, the study relied mainly on surveys of 246 agro-pastoralists and interviews at the level of the State’s technical services. Geolocation and surface surveys of the main livestock units were carried out using a GPS. The study shows that this production system is practiced by 61.10% of the agricultural households in the city, while women represent the majority of farmers (62.60%). Ethnically, diolas (44.90%) constitute the dominant group (44.90%). Livestock is composed of 10 animal species distributed in 9 zoological families. Family poultry in the poultry farm is more represented with 46.15% of the breeding units. The Néma Kadior cattle fattening farm (0.5 ha) and the Kandé Sibenck small ruminant livestock farm (1.1 ha) are the most important livestock farming units. The mode of rearing is essentially semi-intensive, characterized by the straying of cattle in search of food or herds to pasture. A farmer earns, on average, 773506 CFA francs a year. 73.10% of this income is used for the purchase of foodstuffs and school fees for children. However, this farm is mainly affected by epizootics, theft and poor feed. The development of this production system, which is a strategic axis of urban development, remains linked to a better control of food, livestock management, adequate prophylaxis against diseases and the development of favora
Article
Full-text available
Une étude a été menée à Maradi (Niger) pour déterminer les caractéristiques socio-économiques et les contraintes techniques de l’élevage urbain et périurbain de petits ruminants. Elle a montré que 60,9 p. 100 des ménages urbains et 81,1 p. 100 des ménages périurbains pratiquaient cet élevage. L’insécurité alimentaire dans les ménages, les vols, le manque d’intérêt et l’aspect contraignant de l’activité ont été les raisons évoquées par ceux qui ne le pratiquaient pas. Les chefs de ménages pratiquant l’élevage étaient en majorité des agroéleveurs non scolarisés et âgés de plus de 40 ans. Ce type d’élevage était surtout recherché pour la sécurité qu’il représentait (45,5 p. 100 en zone urbaine et 61,7 p. 100 en zone périurbaine) et pour son utilité lors d’événements socioreligieux (43,2 p. 100 en zone urbaine et 31,6 p. 100 en zone périurbaine). Trois types de troupeaux ont été observés (ovins, caprins et mixtes), avec moins de troupeaux ovins en zone périurbaine. Le type de troupeau était principalement déterminé par sa fonction sociale pour le ménage. La stabulation permanente durant toute l’année a été le mode de conduite le plus répandu en zone urbaine (50,4 p. 100), tandis qu’en zone périurbaine, la stabulation et le gardiennage pouvaient être combinés. La divagation était aussi courante, notamment en saison sèche, et concernait surtout les caprins. Le coût élevé des aliments et leur rareté ont constitué les principales contraintes alimentaires, notamment en période de soudure. L’exploitation des animaux a été dominée par la vente des animaux sur pied (50 et 63,4 p. 100 des effectifs, respectivement en zone urbaine et en zone périurbaine) et l’autoconsommation (24,1 et 15,5 p. 100 des effectifs, respectivement en zone urbaine et en zone périurbaine). Le maintien de ce type d’élevage socialement important dépend d’actions visant à tenir compte des contraintes citadines.
Article
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Farmers' Practices and Strategies for Ruminants' Supplementation in Mixed Crop-livestock Farming Systems in the Central Plateau and North of Burkina Faso. With the purpose to understand the farmers' practices and strategies for ruminants supplementation, mixed crop-livestock farms have been surveyed in three agro-ecological zones of Burkina Faso. The results obtained indicated that lactating females' supplementation is almost permanent whatever be the period of the year, but the objectives vary according to the seasons. In general, animal supplementation during the dry season deals with four major objectives: (i) incomes generation, (ii) care of draught animal, (iii) productivity, and (iv) risks management for animal losses (thefts and mortalities). When the nutritional stress becomes important, incomes generation gives up progressively the ground to the risk management. The supplementation strategy relies on a maximum valorization (70-80% of the cases) of feeds produced in the farm or collected in the bush. Farmers also purchase feeds (salt, cereals bran, agro-industrial by-products) in cash and, livestock remains the frequent source of funds. The results of the study suggest that the development of feeding systems for these mixed crop-livestock farms would focus on alternatives considering the variability of farmers' objectives by the time, and being built on feed that can be easily mobilized by farmers, and offering a low cash cost price, for example green forage and fruit of shrubs rich in energy and nitrogen.
Article
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Urban agriculture and household subsistence in a post-confl ict zone in Central Africa. This study presents an analysis of the technical and socio-economic specifi cities of urban agriculture in a post confl ict region in Central Africa, based on a survey in Brazzaville (Congo) in 2002. Hereby 710 households have been randomly selected from a previous survey data base containing 2 800 urban households. About one third of the Brazzaville households are involved in urban agriculture with 29.5% households reporting crop production activities and 8.8% animal production activities. Within animal production, aviculture activities are dominant. Gardening and vegetable production play also an important role. The confl ict situation of 1997 affected negatively urban agricultural production in particular the animal production. Although, urban agriculture is present among different social and professional categories, there is a clear dominance of subsistence and poor households, especially those already active in agriculture before. In contrast to crop production, mainly practised for subsistence reasons, the motivation for animal production is driven more by the income than by the own consumption possibilities. The results also indicate that assuring a sustainable and equitable urban development is possible by a good balance between those practising urban agriculture and those not. This requires the limitation of the negative effects (odour and other nuisances) but also the removal of certain constraints limiting the productivity of urban farming, most importantly the provision of inputs, the theft of animals and soil degradation.
Article
Une étude a été menée pour déterminer l'alimentation, les lieux et contraintes d'approvisionnement des aliments des ovins présents sur les marchés à bétail dans la ville d'Abidjan. Elle a été réalisée à partir d'enquêtes et d'inventaires floristiques effectués sur les marchés à bétail. Il ressort de cette étude que les fourrages constitués, par ordre d'importance, des espèces telles que : Panicum maximum Jacq. (Poaceae), Chloris pilosa Schumach. (Poaceae), Brachiaria lata (Schumach.) Hub (Poaceae) ; Mariscus cylindristachyus Steud. (Cyperaceae), Cyperus longibracteatus (Cherm.) Kuk (Cyperaceae) sont les plus consommées par les animaux. Les lieux de collecte de ces fourrages sont les jachères, les abords de routes et les bas fonds de la ville. Certaines contraintes telles que : (i) manque de liquidité financière, (ii) retard dans les livraisons des fourrages, (iii) absence de structures adaptées à cette activité, (iiii) manque de moyens adéquats pour le prélèvement des fourrages rendent difficile le bon déroulement de l'approvisionnement de ces fourrages. Enfin le développement urbain, commande que l'on mette en place des structures spécialisées dans l'alimentation des ovins et identifie des lieux appropriés à l'approvisionnement en ces fourrages.Mots clés : Marché, ovins, fourrages, Côte d'Ivoire.
Article
Socio-Economic Characteristics of Small Ruminant Rearing in the West Province of Cameroon. Between March and August 2003, a survey was carried out to assess the socio-economic characteristics of small ruminant rearing in the West Province of Cameroon (LN 3' 5°, LE 8' 20°). A total of 55 farms were investigated through direct interviews and observations. The main results indicate that: Socioeconomically, small ruminant rearing is a male activity (90%). Farmers are more than 40 years old (75%). The majority are married (95%), polygamist (63%) and have more than 3 wives (50%). Few of them are Christians (8%), while one fifth is illiterate but 40% have more than 10 years of experience in animal rearing. The majority of the farmers (90%) use family labour. They raise animal mostly for market (78%), despite the fact that small ruminant rearing contributes only for 4% to the household annual income. Farmers invest very little on animals. Zootechnically, herd are made of West African Dwarf Goat, Djallonke sheep and Merinos crossbred. Goat and sheep herds represent 80% and 5% respectively. Goat herd varies from 1 to 5 for 85% of the farmers, 67% of whom house animal in the kitchen. Feeding is mainly on pasture. Complementary diet is provided by 74% with 44 and 20% of them using kitchen and agricultural wastes respectively. As concern the types of births; 56, 38 and 6% are simple, double and triple respectively. Before weaning mortality is 28%. The main diseases are diarrhoea (80%) and respiratory complications (70%). The main constraints as indicated by 64, 32, 47 and 35% of farmers are theft, mortality, shortage of credit and lack of pasture respectively. Respectives to their perspectives, farmers would like to increase the herd (58%), access easily to pharmaceutical products (53%), build separate houses for animals (11%) and improve the pasture (5%).
Article
Evaluation of the Productivity of the Periurban Sheep at Maroua in the Far North of Cameroon. From 1995 to 1998, 1019 sheep belonging to about forty flocks within a radius of 0.5 - 10 km from Maroua centre were followed up. The main results show that in the various flocks females represent 70-80% of the population. The average litter size and annual reproduction rate are respectively 1.3 and 1.8 . The age at the first lambing is 16.5 ± 2.5 months. The average interval between two lambings is 251 ± 98 days. The average weight at the first lambing is 25 ± 3 kg and the average daily weight gain is equal to 66 ± 39 g. The flocks productivity calculated from a global index is equal to 702 ± 293 g of weaned lambs per kilogram of ewe per year. It varies inversely with the size of the flock. The high exploitation rate shows that the capitalisation is not the main objective of the periurban sheep owners and brings out the great importance of the sacrifice of tabaski or feast of the ram.
Ministère de L'Economie et des Finances
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