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Abstract and Figures

Dans le souci d’améliorer la santé de la population et d’améliorer la qualité des soins et des services délivrés par le système de santé, une des voies prometteuses est l’engagement des patients à tous les niveaux du système de santé ainsi que dans la formation des professionnels de la santé. Depuis 2010, un nouveau modèle relationnel, basé sur le partenariat entre les patients et les professionnels de la santé, a été développé à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Ce modèle de partenariat patient s’appuie sur la reconnaissance des savoirs expérientiels du patient, issus de la vie avec la maladie, et complémentaires des savoirs scientifiques des professionnels de la santé. Il s’inscrit dans un continuum d’engagement des patients et peut s’appliquer dans les milieux de soins, de la formation des professionnels, de l’enseignement et de la recherche. Nous exposerons dans cet article, les fondements théoriques du partenariat patient, puis comment ce nouveau modèle peut être mis en œuvre aux niveaux clinique, organisationnel et systémique et quels en sont les facteurs de réussite tant du côté des patients que des professionnels de la santé. Le « Montreal Model », en rendant le patient un partenaire incontournable pour toutes les décisions qui le concernent et comme expert de l’organisation des soins, offre aujourd’hui des perspectives pertinentes pour la gestion des maladies chroniques. Cette approche devrait avoir un impact important sur la santé des populations en améliorant la santé physique, psychologique et le bien-être des personnes. Dans ce cadre, plusieurs programmes de recherches sont actuellement en cours pour en évaluer l’impact.
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LE « MONTREAL MODEL » : ENJEUX DU PARTENARIAT
RELATIONNEL ENTRE PATIENTS ET PROFESSIONNELS DE LA
SANTÉ
Marie-Pascale Pomey et al.
S.F.S.P. | Santé Publique
2015/HS - S1
pages 41 à 50
ISSN 0995-3914
Article disponible en ligne à l'adresse:
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
http://www.cairn.info/revue-sante-publique-2015-HS-page-41.htm
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour citer cet article :
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Pomey Marie-Pascale et al.,« Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel entre patients et professionnels
de la santé »,
Santé Publique, 2015/HS S1, p. 41-50.
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Santé publiquevolume 27 / N° 1 Supplément - janvier-février2015 s41s41
1re partie – Nouveaux rôles et compétences des patients
Synthèse des connaissances
Le « Montreal model » : enjeux du partenariat relationnel
entre patients et professionnels de la santé
The Montreal model: the challenges of a partnership relationship between
patients and healthcare professionals
Marie-Pascale Pomey1, Luigi Flora2, Philippe Karazivan1, 3, Vincent Dumez4, Paule Lebel5, Marie-Claude Vanier6,
Béatrice Débarges4, Nathalie Clavel7, Émmanuelle Jouet2, 8
û Résumé
Dans le souci d’améliorer la santé de la population et d’améliorer
la qualité des soins et des services délivrés par le système de santé,
une des voies prometteuses est l’engagement des patients à tous
les niveaux du système de santé ainsi que dans la formation des
professionnels de la santé. Depuis 2010, un nouveau modèle rela-
tionnel, basé sur le partenariat entre les patients et les profession-
nels de la santé, a été développé à la Faculté de médecine de
l’Université de Montréal. Ce modèle de partenariat patient s’appuie
sur la reconnaissance des savoirs expérientiels du patient, issus
de la vie avec la maladie, et complémentaires des savoirs scienti-
continuum
d’engagement des patients et peut s’appliquer dans les milieux de
soins, de la formation des professionnels, de l’enseignement et de
la recherche. Nous exposerons dans cet article, les fondements
théoriques du partenariat patient, puis comment ce nouveau
modèle peut être mis en œuvre aux niveaux clinique, organisa-
tionnel et systémique et quels en sont les facteurs de réussite tant
du côté des patients que des professionnels de la santé. Le
« Montreal Model », en rendant le patient un partenaire incontour-
nable pour toutes les décisions qui le concernent et comme expert
de l’organisation des soins, offre aujourd’hui des perspectives
pertinentes pour la gestion des maladies chroniques. Cette
approche devrait avoir un impact important sur la santé des popu-
lations en améliorant la santé physique, psychologique et le
bien-être des personnes. Dans ce cadre, plusieurs programmes de
recherches sont actuellement en cours pour en évaluer l’impact.
Mots-clés : Partenariat patient ; Relations professionnel de santé-
patient ; Transfert ; Participation du patient ; Savoirs expérien-
tiels, pratiques collaboratives, patient partenaire, patient-expert,
patient-formateur, patient-ressource, patient-chercheur.
û Summary
A promising approach to improve the population’s health and the
quality of care and services provided by the health system consists
of patient engagement at all levels of the health system together
with training of health professionals. Since 2010, a new rational
model based on the partnership between patients and healthcare
professionals has been developed at the University of Montreal’s
Faculty of Medicine. This patient partnership model is based on
the recognition of the patient’s experiential knowledge gained
from living with a disease, which is complementary to the

This partnership is part of a continuum of patient engagement
and can be applied in healthcare, professional training, education
and research settings.
This article describes the theoretical basis for patient partnerships
and how this new model can be implemented in clinical,
organizational and systemic levels, as well as the success factors
in both patients and healthcare professionals.
The Montreal Model provides relevant outlooks for chronic disease
management by making patients essential partners in all decisions
affecting them and by treating them as experts in the organisation
          
population’s health by improving physical, psychological health,
as well as the patient’s well-being.
As part of this new framework, several research programs are
currently underway to evaluate the impact of this model.
Keywords: Patient partnership; Professional-patient relations;
Patient participation; Transfer (psychology); Experiential
knowledge, collaborative practices, partner patient, expert-
patients, trainer-patients, contact-patient, researcher-patient.
1  
Succ. « Centre-ville » – H3C 3J7 Montréal Québec – Canada.
2  
publique – Université de Montréal – Québec – Canada.
3  Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Montréal – Université de Montréal – Montréal Québec – Canada.
4  Direction collaboration et partenariat patient – Centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé – Faculté de médecine – Université de
Montréal – Québec – Canada.
5  Département de Médecine familiale et médecine d’urgence – codirectrice de la Direction collaboration et partenariat patient – Centre de pédagogie
appliquée aux sciences de la santé – Faculté de médecine – Université de Montréal.
6  Faculté de Pharmacie – présidente du Comité inter-facultaire opérationnel de formation à la Collaboration et au partenariat de soins – Université de Montréal
– CSSS de Laval.
7  École de santé publique – Université de Montréal – Montréal – Canada.
8  Laboratoire de recherche en psychiatrie sociale – Établissement public de Santé Maison Blanche.
Correspondance : M.-P. Pomey Réception : 01/05/2014 – Acceptation : 07/11/2014
marie-pascale.pomey@umontreal.ca
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Santé publiquevolume 27 / N° 1 Supplément - janvier-février2015
M.-P. Pomey, L. Flora, P. Karazivan et al.
s42
Introduction
Construits entre les années 1940 et 1970, les systèmes
de santé se sont structurés autour des soins aigus et haute-
ment spécialisés, offerts dans des établissements de santé.
Or, on constate qu’au cours de ces 30 dernières années, les
besoins ont considérablement changé dû à l’augmentation

Celles-ci sont actuellement la principale cause de morbidité
         
 

       
tendance ne fera que s’accentuer au cours des prochaines

rapport publié en 2010, le Commissaire à la santé et au
bien-être du Québec mettait en évidence que ces mutations
-
tudes de vie, un renforcement de l’autogestion par les
patients, une accessibilité accrue aux professionnels de
la santé, une meilleure continuité et coordination des soins
et des services. Aussi, dans le souci d’améliorer la santé
de la population et d’améliorer la qualité des soins et
des services délivrés, une des voies prometteuses réside
dans l’engagement des patients à tous les niveaux du

un continuum dans l’engagement des patients, tel celui de
Carman et al.
cation. Toutefois, aucun ne va aussi loin que celui mis en
place par la Faculté de médecine de l’Université de Montréal
(UdM) que l’on nommera dans cet article le Montreal
model 
Nous présenterons tout d’abord les fondements théo-
riques du partenariat patient sur lesquels s’appuient les
différents secteurs d’application : en milieu de soins, de
l’enseignement et de la recherche. Nous déclinerons égale-
ment comment ce partenariat peut se mettre en œuvre aux
niveaux clinique, organisationnel et systémique et quels
sont ses facteurs de réussite. Nous conclurons par la présen-
tation des perspectives actuelles et des recherches en cours
pour évaluer l’impact de ce nouveau modèle sur la santé
de la population.
Les fondements théoriques du partenariat
patient : un nouveau de paradigme
La perspective du partenariat patient propose de consi-
dérer le patient comme un soignant et un membre à part
        
une vingtaine d’années, les approches paternalistes des
soins ont laissé progressivement la place aux approches
centrées sur le patient qui prennent en considération les
       
Partout dans le monde, les organisations de soins, les insti-
tutions et les universités redoublent d’efforts pour impli-
quer les patients et rendre leur participation de plus en plus


  
  
toutefois le monopole du rôle de soignant. La perspective
du partenariat de soins et de services du Montreal model
franchit un pas de plus en considérant le patient comme un
acteur de soins à part entière dont le statut de soignant

une rupture et s’affranchit donc de l’approche centrée

généralement pas être guéries complètement, avec
lesquelles les personnes doivent vraisemblablement
composer pour le reste de leur vie et dont l’évolution est
intimement liée aux habitudes de vie, l’expérience devient
une source riche de savoirs, essentielle pour la prise de
  Montreal model s’appuie sur le savoir
   
patient, issus du vécu de ses problèmes de santé ou psycho-
sociaux, de son expérience et de sa connaissance de la
trajectoire de soins et services, ainsi que des répercussions
de ces problèmes sur sa vie personnelle et celle de ses

Ainsi, dans la perspective d’un partenariat, une décision
et des actes de soins de qualité reposent sur les connais-
-
 
Le patient doit pouvoir faire valoir son expérience, ses

concernant et exercer un certain niveau de leadership, au
même titre que les professionnels apportent leur expertise

actions avec les professionnels dépend en partie de son
niveau d’expérience dans sa maladie (savoirs expérientiels
qu’il acquiert au fur et à mesure de la vie avec la maladie)
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Santé publiquevolume 27 / N° 1 Supplément - janvier-février2015
LE PARTENARIAT PATIENT EN SANTÉ PUBLIQUE
s43
mais aussi du niveau de développement de ses compé-
tences relationnelles (capacités de communiquer ses

et les intervenants suppose aussi de la part des profession-
nels la responsabilité d’informer mais surtout d’entretenir

ci développe la compréhension de sa maladie, de ses déter-
minants et de son traitement pour lui permettre de devenir
progressivement autonome et actif dans la dynamique de

la pleine compréhension permet de revoir comment consi-
dérer le traitement des maladies chroniques.
À l’échelle internationale, des expériences pionnières de
partenariat patient ont eu lieu, notamment aux États-Unis
où un programme de formation vise à outiller les patients
dans le développement de leur capacité de soins pour gérer
   
dans le cadre de l’approche de soins Expert patients
programmes 
à développer les compétences d’autogestion chez des
patients atteints de maladies chroniques. En France, la
Faculté de médecine Pierre et Marie Curie – Sorbonne
Université, a créé un diplôme universitaire et un master où
des professionnels de la santé et des patients sont formés

Une autre initiative s’est organisée en santé mentale et en
dépendance à l’initiative du Centre Collaborateur de l’Orga-


comme cela se fait déjà en Amérique du Nord. Dans toutes
ces initiatives, il s’agit d’accompagner une transformation
des représentations et comportements en considérant le
patient comme un sujet apprenant qui s’insère dans une
organisation de soins, laquelle devient elle-même appre-
nante dans le but d’améliorer la qualité de vie des malades
atteints de maladies chroniques et la qualité des soins
-

Au Canada, le Ministère de la santé de la Colombie-
Britannique a implanté, en 2007, l’approche patients as
partners, qui favorise l’implication et la prise de décision
des patients dans leur processus de soins en leur permet-
tant de développer des capacités/compétences et en les
impliquant dans l’amélioration continue de la qualité de
-
riat patient dans le système de santé s’est diffusée depuis
2011 dans les établissements de santé, sous l’impulsion de
la Direction collaboration et partenariat patient (DCPP) de
la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, laquelle
a été la première faculté à l’échelle internationale à recruter
-
ment dans les soins mais aussi dans l’enseignement et la
   
-
cement de l’Agence de la santé et de services sociaux (ASSS)
de Montréal par le biais d’un appui méthodologique de la
DCPP, ont été initiées. Ces programmes de partenariat de
soins et de services se sont concentrés sur les maladies
chroniques et des établissements de santé mais s’inté-
ressent à présent aussi aux soins de ville.
Vers un nouveau modèle : le Montreal model
L’engagement des patients proposé par l’Université de
Montréal permet de développer un modèle multidimen-
sionnel du continuum de l’engagement du patient inspiré
des travaux de Carman et al.
faire au niveau des soins, de l’organisation de services et de

La dispensation directe des soins
Ce niveau réfère aux interactions entre les professionnels
de la santé et les patients. Elles peuvent se faire dans le
cadre du colloque singulier entre un patient et un profes-
sionnel mais également au sein d’une équipe de profession-
nels de la santé incluant le patient. Dans ce cadre d’activité,
sont intégrées pour chaque intervenant ses valeurs et ses
expériences qui peuvent aussi bien toucher à la promotion,
la prévention que le diagnostic, le traitement et les soins

prend en considération sa santé, choisit ses professionnels
de la santé et est couvert ou pas pour son risque maladie.
À ce niveau de participation, les patients peuvent recevoir
Figure 1 : Le modèle « patient partenaire » et ses prédécesseurs
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M.-P. Pomey, L. Flora, P. Karazivan et al.
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des documents comprenant de l’information sur leur
maladie (information), être amenés à porter un jugement
sur les soins (consultation) voire discuter avec les
pro fessionnels de la santé des décisions les concernant
(collaboration).
Dans le cas du partenariat de soins du Montreal model,
le patient est impliqué tout au long du processus qui
le concerne comme lors de son plan de soins, les décisions
étant prises en fonction de ses savoirs, ses propres valeurs
et ses objectifs de vie. Par exemple, dans le cas d’un patient
atteint d’un cancer, le patient est présent au cours de la
réunion interdisciplinaire et participe activement à la prise
de décision le concernant. Sa parole est considérée au
même titre que celle des autres personnes présentes, le
patient peut être accompagné d’un proche ou d’un patient-
ressource pour pouvoir être plus à même d’exprimer ses
choix. Pour favoriser cette participation, et sachant qu’il
n’est pas facile pour une personne qui doit faire face à des
situations complexes en lien avec sa santé de s’exprimer,
des patients-ressources ou encore des pairs-aidants dans le
domaine de la santé mentale sont de plus en plus déployés

particularité d’avoir traversé les mêmes parcours thérapeu-
tiques et peuvent aider individuellement des personnes à
passer au travers de ces épreuves (encadré 1).
De plus, le partenariat de soins demande aux profes-
sionnels une ouverture d’esprit, des habiletés à travailler
en équipe et la capacité de partager l’information avec
tous les membres de l’équipe, incluant le patient. Cela peut
aussi se traduire par le partage du dossier médical, tenu
conjointement par le patient et les professionnels de la

Figure 2 : Cadre théorique du continuum de l’engagement des patients inspiré de Carman et al. (2013)
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LE PARTENARIAT PATIENT EN SANTÉ PUBLIQUE
s45
Encadré 1 : Le rôle des patients-ressources dans le programme
d’amputation de la main au Centre hospitalier universitaire
de Montréal (CHUM)
Depuis 2010, le Centre d’expertise en réimplantation ou
revascularisation microchirurgicale d’urgence (CEVARMU) fait appel,
sur une base ponctuelle, à d’anciens patients ayant terminé
leur processus de réadaptation afin d’accompagner et de soutenir
les patients nouvellement arrivés au Centre dans leur propre
processus de soins. Considérés comme des partenaires à part entière
de l’équipe, ils sont invités à venir rencontrer les patients
hospitalisés ou qui sont en processus de réadaptation au CEVARMU
sur une base bénévole afin de témoigner de leur expérience
mais aussi de s’assurer que les plans de traitement proposés
aux patients soient bien compris par ces derniers et qu’ils répondent
à leurs besoins.
L’organisation des services et la gouvernance
dans les établissements de santé
La participation des patients peut aussi se faire au niveau
organisationnel, que cela soit dans le cadre de l’organisa-
tion des programmes et des services que dans la gouver-
  
médicaux, d’établissements de moyen et long séjour,
de centres de réadaptation, etc. À ce niveau, l’expérience
des patients devient une source d’informations précieuses
pour améliorer l’intégration et la continuité des soins et

la plus harmonieuse du point de vue du patient. Les patients
peuvent participer avec les gestionnaires ou les adminis-
trateurs à des projets d’amélioration continue de la qualité
       
l’offre et l’évaluation de soins et de services. Au niveau de
la gouvernance, les patients peuvent être présents dans
les comités d’usagers ou les conseils d’administration,
ils peuvent également être impliqués dans le recrutement
de personnels, la formation et le développement de
compétences.
Lors d’un engagement de type partenariat au niveau de
l’organisation des programmes et des services, les patients
co-construisent les décisions en étant inclus aux différentes
étapes de conduite du projet (diagnostic, implantation de
changement, transfert d’expertise et d’outils, réévaluation
      
du soutien de la DCPP qui a structuré un programme
Partenaires de soins et de services (PSS). Ce programme
débute par une sensibilisation de la direction au change-
ment culturel qu’une telle démarche va entraîner et l’obten-
tion de son engagement formel. Ensuite, les services, qui
sont volontaires pour s’engager dans l’amélioration de
leurs pratiques collaboratives basées sur le PSS, mettent
en place un comité d’amélioration continue du partenariat
de soins et de services. Ces comités sont constitués de

secrétaires, assistantes sociales ou autres personnes) et de
patients (deux au moins). Les patients, présents sur ces
comités, sont considérés comme des patients-ressources,
c’est-à-dire qu’ils ne sont plus dans un épisode aigu de soins
mais ont été soignés dans le programme où s’inscrit le
   
ayant pris du recul sur ce qu’ils ont vécu et partager leur
vision des dysfonctionnements ou lacunes qu’ils ont pu
-

leurs besoins. Les critères de sélection de ces patients-
ressources portent en particulier sur la richesse de l’expé-
rience de soins, la capacité à s’exprimer et à prendre leur
place au sein d’un comité et la motivation de s’engager
à améliorer les services/programmes pour l’ensemble
des patients. Ces patients sont préalablement formés par la
DCPP avant de participer à ces comités et sont accompa-
gnés jusqu’à leur autonomie. En complément, pour favo-
riser un travail harmonieux entre les membres du comité,

   
des soins et des services qui peuvent être mis en place
         
de pratique visibles rapidement. Les actions pour parvenir

soutien de l’organisation et de la DCCP. Une évaluation
régulière de l’atteinte des objectifs est ensuite réalisée.

Québec, se sont impliquées dans ce programme entre 2011
et 2014. Ces équipes sont en médecine générale, soins à
domicile, soins de longue durée, soins spécialisés (santé
mentale, cancérologie, diabète, réadaptation, etc.). Des

Au niveau de la gouvernance, il n’existe actuellement pas
au Québec de partenariat à proprement parler, excepté
ceux mis en œuvre par certains comités d’usagers dont
les membres élus travaillent en étroite collaboration avec
des patients-ressources qui peuvent alimenter leurs

L’élaboration des politiques de santé
La participation peut concerner aussi le développement,
l’implantation et l’évaluation des politiques et programmes
mis en œuvre par les Agences régionales de santé ou le
Ministère de la santé. L’engagement à ce niveau peut être
réalisé soit par des patients, soit par des citoyens ou le grand
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M.-P. Pomey, L. Flora, P. Karazivan et al.
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public. C’est ainsi que des représentants peuvent collaborer
avec des décideurs pour trouver des solutions dans la
    
priorités de santé ou d’allocation de ressources. À ce niveau,
l’engagement peut être individuel ou s’exercer via des asso-
ciations représentatives de patients ou de groupes, ou de

-
tiques publiques sur le modèle du partenariat. Cependant,
le Ministère de la santé soutient l’approche patient parte-
naire     
depuis 2011 sur la grande région de Montréal, le ministère
-
taine d’établissements ou de réseaux de santé sur l’ensemble
de la province du Québec dans la structuration de l’enga-
gement et de la participation des patients ainsi que la
conception de transferts de méthodologies, de connais-
sances et de compétences à destination de ces sites.
Les enjeux de réussite du partenariat
L’engagement des patients aux différents niveaux
du système de santé et à différents moments du continuum

communs à tous les modes d’engagement.
Les facteurs généraux
Dans l’article de Carman et al.
sont mis en évidence et sont corroborés par les travaux
menés par la DCPP au niveau des soins directs et de l’orga-
 
du patient : ses valeurs, ses connaissances, ses attitudes,
ses croyances et ses expériences antérieures sont autant de

comme son niveau d’éducation, son état de santé, sa

de santé, l’engagement des patients est dépendant de la
culture institutionnelle qui est plus ou moins ouverte et
réceptive aux points de vue du patient et de ses proches. En
fonction aussi des politiques et des pratiques, les organisa-
tions peuvent rendre plus ou moins facile la participation
active des patients. Les normes sociales peuvent aussi être
plus ou moins favorables à la participation des patients et
des citoyens et entraîner un impact sur la perception de la
valeur ajoutée de leur engagement aux différents niveaux.
De plus, les modalités de rémunération des professionnels,
des établissements et des patients peuvent favoriser ou pas

Les facteurs spécifiques
 
simultanée des patients et des professionnels à cette

évidence que la parole des patients a du mal à se construire
     
surmonter l’asymétrie de connaissances, de faire valoir leur
point de vue devant l’absence d’intérêt des professionnels,
de se confronter aux relations de dépendance et de
     
toujours à l’aise avec l’idée de partager l’information, de
cerner l’apport des patients et de remettre en question leur
pratique. Souvent, la participation des patients est vue comme

La formation des patients

qui ont à interagir auprès de personnes dans le système de
santé, il est important de mettre à disposition des patients
de l’information de qualité que cela soit par l’intermédiaire
de sites internet, de documents écrits ou de centres de
documentation comme les espace de rencontres et d’infor-
mation qui ont été mis en place dans les centres de lutte


et l’État a un rôle important à jouer pour s’assurer que cette
information réponde aux besoins, au niveau de littératie
  
valides.
Au niveau des services, et plus particulièrement de l’im-
plication des patients dans des groupes d’amélioration
continue de la qualité ou de co-construction de programmes
de santé publique, il est important de prendre en considé-
ration que tous les patients ne peuvent être présents sur ce
type de groupes de travail. Le but de ces comités est de
trouver des solutions pour faire en sorte que le système

est fondamental que les personnes qui y participent ne
soient pas dans un processus aigu de soins ou encore une
démarche de revendication de droits mais plutôt qu’ils
soient présents en raison de leur capacité à poser un regard
    
même si le recrutement de patients paraît parfois complexe,
des critères de sélection sont à respecter et de gages de
  
des patients eux-mêmes. Ensuite, il est nécessaire que

comprendre le contexte dans lequel ils sont amenés à
intervenir et ce qui est attendu de leur contribution. Cette
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Santé publiquevolume 27 / N° 1 Supplément - janvier-février2015
LE PARTENARIAT PATIENT EN SANTÉ PUBLIQUE
s47
formation devrait idéalement être assurée par des patients-
formateurs      
rencontres avec des patients, de s’assurer qu’ils sont satis-

réajuster les modalités de leur participation pour maintenir

participent à des activités de formation à l’UdM.
La DCPP développe actuellement une école du partena-

patients qui souhaitent participer à des activités dans les

La formation des professionnels
La formation initiale
Pour soutenir ces changements majeurs de pratiques
dans les soins et les organisations de santé, les nouvelles
générations de professionnels de la santé doivent être
prêtes à pratiquer dans des contextes de pratiques collabo-
ratives et contribuer au déploiement du partenariat dans
les milieux cliniques. C’est ainsi qu’à l’Université de
Montréal, depuis 2011, des patients sont intégrés à des
cours visant le développement progressif des compétences
de collaboration interprofessionnelle et de partenariat
 
de 13 disciplines différentes des sciences de la santé et
sciences psychosociales. Dès la première année d’étude,
les étudiants de ces programmes sont réunis et explorent
ensemble le concept au travers d’exemples personnels et
de témoignages de patients. Lors de la deuxième année,
ils sont amenés à se familiariser avec le déroulement d’une
   -
rentes professions et appliquer le concept de partenariat

troisième année, les étudiants intègrent le concept de
partenariat lors d’une simulation de réunion d’équipe
interprofessionnelle d’élaboration d’un Plan d’intervention
   -
lisée. Chaque cours regroupe environ 1 400 étudiants. Des
patients-formateurs ont été graduellement intégrés dans
ces trois cours et ce, depuis l’année académique 2012-
2013. Les données d’évaluation de ces cours par les
  -
dèrent que l’expérience partagée par le patient a enrichi les
discussions en classe et que la co-animation profession-

  
partenariat de soins dans leur pratique future. En plus de
ces cours, des activités interprofessionnelles en stage et de

Le développement professionnel continu

  
pratiques collaboratives et le partenariat. L’utilisation de
matériel pédagogique commun dans les cours de formation
initiale et les activités de développement professionnel
continu permet d’assurer une cohérence entre le milieu
académique et les milieux cliniques. De plus, le recrutement
de tuteurs pour les cours inter facultaires dans les milieux
cliniques favorise le transfert des connaissances lors du
retour des cliniciens dans leur équipe clinique. À ces
équipes, se sont ajoutés les professionnels impliqués

et des services sociaux et qui, jusqu’à présent, n’incluaient
pas de manière systématique des patients. Aussi, ce
nou veau programme permet de former les professionnels
et les patients qui travaillent dans des démarches Lean au

en santé pour structurer l’engagement patient dans les
établissements concernés.
Le partenariat en recherche
L’implication des patients à la recherche



des patients dans l’élaboration des priorités de recherche
et dans la réalisation des recherches. C’est ainsi que depuis
l’automne 2013, des groupes de deux à trois patients cher-
cheurs sont régulièrement sollicités pour donner leur avis

plus, depuis 2013, un projet de structuration de l’engage-
ment des patients et des citoyens est en cours d’élaboration
à l’échelle nationale pour accompagner les équipes de
recherche qui désirent intégrer des patients chercheurs
  
dans les meilleures conditions. La nouvelle Stratégie de
        
d’ailleurs que l’engagement des patients ainsi que des clini-


Les travaux de recherche en cours

valeur les effets du partenariat patient sur les populations
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M.-P. Pomey, L. Flora, P. Karazivan et al.
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Tableau I : Cours Collaboration en sciences santé (CSS) année académique 2013-2014
Cours Première année (CSS1900) Deuxième année (CSS2900) Troisième année (CSS3900)
Objectifs pédagogiques Découvrir la collaboration
et le partenariat de soins. Appliquer les concepts de
collaboration et de partenariat
de soins.
Intégrer les concepts de collaboration
et de partenariat de soins.
Activité pédagogique
reliée au partenariat Partie 1 : Discussion en petit groupe
en alternance avec plénière
sur le partenariat de soins
et partage d’expériences de soins
vécues par eux ou leurs proches.
Partie 2 : Découverte des
professions en petites équipes.
Partie 1 : Visionnement de la vidéo
sur réunion d’équipe
interdisciplinaire, discussion
en équipe et plénière.
Partie 2 : Discussion en petit groupe
pour identifier les besoins,
les interventions possibles
et clarifier les rôles entre
les intervenants pour une situation
clinique ambulatoire de pédiatrie.
Simulation d’une réunion clinique
interprofessionnelle visant à produire
un plan d’intervention
interdisciplinaire (PII) pour un patient
âgé hospitalisé pour un accident
vasculaire cérébral.
Rôle spécifique des
patients-formateurs,
en plus de la
co-animation,
lors de l’atelier
interfacultaire
Partage son expérience de soins
et discussion sur les enjeux
du partenariat de soins
pour un patient.
Donne de la rétroaction
aux étudiants lors de la discussion
sur les expériences de soins vécues.
Répond aux questions des étudiants
lors de la partie de la découverte
des professions.
Partage son point de vue de patient
sur sa présence et participation à
une réunion interprofessionnelle.
Participe aux discussions
avec les étudiants et le tuteur.
Assure la représentation
des objectifs et intérêts de la jeune
patiente et de ses parents
dans le contexte de la situation
clinique fictive.
Participe aux discussions
avec les étudiants et le tuteur.
Assure la représentation des objectifs 
et intérêts du patient de la situation
clinique lors de la discussion
interprofessionnelle visant à produire
un plan d’intervention
interdisciplinaire.
Nombre d’étudiants 1 555 1 467 1 295
Nombre de tuteurs
professionnels
de la santé
31 75 68
Nombre de patients
formateurs 35 72 63
Programmes de provenance des étudiants  inscrits  à ces cours : audiologie, ergothérapie, kinésiologie, médecine, médecine dentaire, nutrition,
optométrie, orthophonie, pharmacie, physiothérapie, psychologie, sciences infirmières, travail social.
de leur utilité sociale en contribuant à l’amélioration des
soins et services de santé et les intervenants ont retrouvé
le sens fondamental de leur engagement professionnel

Le troisième analyse l’impact de différentes stratégies
d’implantation de PSS sur les équipes de cancer et de
santé mentale sur les patients (expérience de soins,
qualité et sécurité), les équipes professionnelles (satis-
   -

Le quatrième étudiera la perception des patients, des
intervenants et des gestionnaires sur la co-construction
du partenariat au travers de programmes de prévention
et de gestion des maladies chroniques au sein des Centres
  
processus de co-construction et son impact sur les
populations visées en termes d’accessibilité, d’adhésion
au traitement et de qualité de vie.
atteintes de maladies chroniques, un certain nombre de
projets de recherche sont en cours.
Le premier consiste à appréhender les pratiques mises
en œuvre par les patients qui participent aux activités
 
pratiques mises en œuvre pour construire un partenariat

Le deuxième porte sur les milieux de soins et leur trans-
      
DCPP. Un premier bilan a mis en évidence une améliora-
tion de la qualité aux différentes étapes du processus de
soins (accueil, annonce du diagnostic, informations trans-
mises aux patients, mécanismes de communication, acti-

   
service à un autre) ainsi qu’une amélioration des
pratiques collaboratives et de la culture du partenariat
avec le patient. Les patients ont ressenti un renforcement
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Santé publiquevolume 27 / N° 1 Supplément - janvier-février2015
LE PARTENARIAT PATIENT EN SANTÉ PUBLIQUE
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Conclusion
L’engagement des patients est vu depuis plusieurs années
comme une des voies prometteuses pour améliorer la santé
de la population et les problèmes auxquels sont confrontés
-
rientiels constituent une richesse inestimable pour identi-
       
évaluées jusqu’à présent. Le Montreal Model, développé
à l’Université de Montréal par la DCPP, illustre comment
l’expertise de la vie avec la maladie des patients peut être
patients-ressources
qui contribuent à l’amélioration de la qualité des soins et
de la qualité de vie tant des patients que des profession-
nels ; au niveau de l’enseignement des professionnels
de santé et du psychosocial avec les patients-formateurs
et au niveau de la recherche par l’implication de
patients-chercheurs.
Le succès de l’engagement et le niveau de participation
des patients dans les différentes strates du système de
santé, et la satisfaction rencontrée par l’ensemble des
acteurs ayant fait l’expérience de cette approche de parte-
nariat, permettent d’envisager à terme une amélioration
des pratiques et de l’état de santé des populations atteintes
de maladies chroniques ; plusieurs programmes de
recherche en cours devraient en démontrer plus largement
  -
mène et ses conséquences tant sur l’individu que sur l’orga-

Le partenariat patient part donc de l’expérience des indi-
vidus avec la maladie, les seuls dans l’organisation actuelle
à être détenteurs d’une vue systémique, pour la mettre à
disposition d’autres patients, de la formation de profession-
nels, actuels et futurs, des organisations et de travaux
de recherche. C’est la combinaison de la participation
des patients aux milieux de soins, comme l’ont démontrée
Boivin et al.
la santé des populations atteintes de maladies chroniques
et de créer les milieux de pratiques et d’enseignement de
demain plus humanistes.
Aucun conflit d’intérêt déclaré
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier chaleureusement Linette
Saul-Cohen pour la relecture de l’article.
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Figure 3 : L’engagement des patients en santé
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Santé publiquevolume 27 / N° 1 Supplément - janvier-février2015
M.-P. Pomey, L. Flora, P. Karazivan et al.
s50
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de recherche axée sur le patient au Canada. Améliorer les résultats
de santé par des soins basés sur des données scientifiques. Ottawa,
ON : IRSC, 2011. [Consulté le 15 avril 2014]. Disponible en ligne :
<http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/41204.html>.
36. Pomey MP, Ghadiri DP, Karazivan P, Fernandez N, Clavel N.
The Patient-Health Care professional Partnership in Practice:
The Patients’ Perspectives. Soumis à Implementation Science. MS ID:
2146391757128312.
37. Pomey MP, Pelletier M, Karazivan P, Beaulieu MD, Dubois CA, Ross B,
et al. Partenariat de soins sur l’amélioration de la qualité et la
sécurité des soins, Ottawa : Instituts de recherche en santé du
Canada, programme PASS ; 2014.
38. Boivin A, Lehoux P, Lacombe R, Burgers J, Grol R. Involving patients
in setting priorities for healthcare improvement: a cluser randomized
trial. Implement Sci. 2014;9:24.
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... Information materials used for mass SARS-CoV-2 testing in Montreal included a variety of documents and government resources for the general population in terms of locating a testing clinic, auto-assessing symptoms, and measures to follow while waiting for the test result [15]. These resources were available to the public online or in a paper format at health centers. ...
... Comparative summary of key testing characteristics across the four cities (Montreal, Bamako, Paris, Recife, 2020)[11][12][13][14][15][16][17][18][19][20][21][22].• In all cities, testing priorities continuously evolved according to the epidemiological situation, testing capacity, and the availability of resources • Testing was initially reserved for symptomatic individuals with flu-like symptoms and travelers • Testing eventually opened to asymptomatic contacts a few months into the pandemic when testing capacity increased ...
Article
Objective: The aim of this descriptive article was to compare mass testing for SARS-CoV-2 during the first wave of the COVID-19 pandemic in Montreal, Canada; Bamako, Mali; Paris, France; and Recife, Brazil. Methods: Data was collected through interviews with key informants involved in the testing response and a review of the grey literature. The TIDieR-PHP checklist was then used to provide the basis of the intervention descriptions and to compare the data between cities. Results: Descriptive comparisons revealed that the type of test, the testing process, and materials used were similar between the cities during the first wave of the pandemic. In addition, all cities experienced similar material and personnel resource shortages, directly affecting testing accessibility and capacity. The main differences were related to testing capacity and implementation timelines, which were dependent on the state of the health care systems, governance, and access to resources. Conclusion: Results of this study highlight the similarities and differences in testing between the cities and demonstrate the importance of comprehensive intervention descriptions to highlight lessons learned, increase knowledge sharing, and inform policy decisions.
... MdlV is grounded in a partnership approach which entails mutual recognition of expertise between participants and facilitators (11,12). The partnership is facilitated through the online discussions following the sessions and participants reaching out by email to share their feedback, experience, and advice to the facilitators as well as questions to gain additional knowledge regarding voice (e.g., physiology). ...
... Patient education (e.g., through explanations of voice production and modeling of exercises) may have increased participants' knowledge, improved their selfefficacy and fostered their uptake of behaviors (e.g., practicing speech exercises, engaging in conversations) (19, 20) conducive of improved speech function and communication. In addition, a raised awareness of oneself and increased knowledge may have supported participants' self-management of their symptoms (11,12) and promoted their wellbeing (4). ...
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Article
The COVID-19 related confinement and social distancing had negative consequences on the health of individuals living with Parkinson's Disease (PD). In collaboration with a non-profit organization, we developed and implemented a daily online vocal stimulation group named “Musculation de la Voix” (MdlV) in April 2020. To better understand the potential of MdlV to diversify existing services available to people with PD experiencing vocal symptoms, this study aimed to explore participants' experience and perception of MdlV in terms of participation, motivations, feelings, perceived changes, and appreciation. The 45 individuals who registered to the Summer 2020 Semester of MdlV were invited to complete an online ten-question survey. Responses to the four close-ended questions were analyzed using descriptive statistics while statements provided in response to the six open-ended questions were subjected to an inductive qualitative content analysis. Thirty seven participants completed the survey. Results revealed that the sample of respondents was mostly constituted of individuals who were engaged in this activity since its very beginning (62,2%), participated daily (59,5%), intended to keep participating in the activity (97,3%), and had never received speech-language therapy (SLT) services before (72,97%). The qualitative analysis yielded one theme relating to prior services: “Previous SLT services are variable and perceived as beneficial but with limitations,” and three themes pertaining to MdlV: “Seeking improvement and support as initial motivations to engage in MdlV,” “Unanticipated benefits and desired gains catalyzing motivation to participate in MdlV,” and “Perceived limitations of MdlV and persisting needs.” Our study participants' engagement and motivation toward MdlV as well as the benefits they perceived in relation to this activity suggest that an online vocal stimulation group may be a promising complement to currently limited SLT services. As limitations and persisting needs were also identified, future studies are required to elucidate what aspect of MdlV works, for whom and how.
... Profils des patient-e-sOn se réfère ici aux différents profils de patient-e-s partenaires tels que proposés dans le Modèle de Montréal(Pomey et al., 2015). Comme au point précédent, on constate de manière réjouissante que le partenariat investit toujours davantage les différents champs possibles audelà du plus évident (figure 5) : le colloque singulier entre patient-e et professionnel-le dans la relation thérapeutique. ...
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Conference Paper
Constituant l'une des bases méthodologiques de la thèse de doctorat en management de la santé défendue avec succès par le directeur du RSRL en septembre 2021 sous le titre « Le partenariat de soins, une évidence écosystémique », deux enquêtes (2020, 2021) par questionnaires, administrées sur le logiciel spécialisé Sphinx Déclic, ont été conduites auprès des professionnel-le-s de la santé ainsi que des patient-e-s ou de leurs représentant-e-s au sein du réseau. Identifiées comme une « piste pour futures recherches », les enquêtes par questionnaires sur l'état du partenariat de soins au sein du réseau sont appelées à se répéter annuellement et fournir ainsi un « baromètre » permettant de suivre de manière longitudinale l'évolution des représentations, des connaissances et des pratiques, ainsi que la qualité de la mise en oeuvre de ce partenariat. C'est ainsi que cette enquête a été reconduite en 2022 auprès du même public. La présentation permettra de présenter les résultats des trois années consécutives et de discuter sur la manière d'implanter durablement ce « baromètre » afin de guider le déploiement et l'évolution des pratiques liées au partenariat de soins.
... Experiential knowledge is a form of specific, non-experimental knowledge based "on direct contact with realities and phenomena" (our translation of 11]. In the specific biomedical context, experiential knowledge can be defined as "knowledge drawn from experience of people's health problems, their knowledge of the trajectory of care and services and the impact of these problems on their personal lives and those of their relatives" [12]. It constitutes a "real parallel cultural system" [13] which cannot therefore be reduced to a mere component of scientific and medical knowledge. ...
Article
Patients’ experiential knowledge is increasingly recognised as valuable for biomedical research. Its contribution can reveal unexplored aspects of their illnesses and allows research priorities to be refined according to theirs. It can also be argued that patients’ experiential knowledge can contribute to biomedical research, by extending it to the most organic aspects of diseases. A few examples of collaboration between medicine and patient associations are promising, even if there is no single, simple methodology to apply. This article provides feedback on a project involving the experiential knowledge of electrohypersensitive persons with a view to developing an experimental protocol to study their condition. It presents the participatory approach with focus groups that was implemented and reflects on ways to take advantage of experiential knowledge. It also demonstrates the complexity of the electrohypersensitivity syndrome and reflects on the difficult transition between the experiential knowledge and the experimental design of provocation studies. • KEY MESSAGES • Experiential knowledge is a valuable source of information for research and the design of investigation protocols. • The participatory approach allows co-designing protocols by drawing on experiential knowledge. • The controversial dimension of EHS reveals the complexity of translating experiential knowledge into an experimental protocol.
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Thesis
Au Québec, l’implantation du dossier de santé électronique personnel (DSE-P) fait l’objet d’une expérimentation dans le cadre du projet Ma Première Ligne Numérique en Santé (MPLNS). Cependant, peu de données sont actuellement disponibles sur les conditions d’implantation, de fonctionnement, d’adoption et d’utilisation du DSE-P dans les organisations de soins au Québec ainsi que sur ses impacts potentiels. Principalement, l’adoption du DSE-P constitue une importante préoccupation de mise en oeuvre. En effet, malgré leurs avantages potentiels avancés, la littérature note que le taux d'adoption de ces systèmes demeure encore très faible. Également, les études explorant l’adoption du DSE-P se sont principalement focalisées sur la perspective des patients et peu de recherche s’est intéressée à celles des professionnels et des organisations. De ce fait, l’objectif principal de cette étude est de décrire, analyser et comprendre les facteurs influençant l’adoption par les utilisateurs potentiels, les patients et les professionnels, d’un DSE-P pour le suivi et la gestion des maladies chroniques dans le contexte de la première ligne de soins au Québec selon les perspectives des patients, des professionnels et celle des gestionnaires. Une recherche par étude de cas avec méthodologie mixte, à prédominance qualitative, a été réalisée dans une organisation de première ligne qui a implanté le DSE-P dans le cadre du projet MPLNS, financé par le gouvernement du Québec en partenariat avec des partenaires privés. Les stratégies de collecte de données privilégiées dans cette recherche étaient : 1) une enquête quantitative réalisée en phase de préimplantation du projet auprès de la clientèle d’un groupe de médecine de famille, 2) des entrevues individuelles semi-structurées auprès des patients, des professionnels et des gestionnaires et 3) le recours à des sources documentaires afin de mieux décrire le contexte et l’évolution du projet. Nous avons principalement mené une analyse statistique descriptive des données quantitative et une analyse de contenu des données collectées lors des entrevues et celles issues des documents consultés. iv Cinquante-sept participants ont rempli le questionnaire dans le cadre de l’enquête en préimplantation et nous avons réalisé des entrevues individuelles auprès de quarante-trois personnes des trois groupes d’acteurs impliqués dans l’implantation du DSE-P : vingt-neuf patients soient dix-huit utilisateurs et onze non-utilisateurs, onze professionnels et trois gestionnaires. Notre étude a permis d’identifier un ensemble de thèmes principaux regroupant des facilitateurs ou des barrières à l’adoption du DSE-P par les patients et les professionnels, et à son intégration dans la pratique clinique. Il s’agit des caractéristiques individuelles des patients et des professionnels; de la qualité de la relation patients-professionnels et du contexte de la pratique clinique en première ligne; des caractéristiques de la technologie offerte et des conditions et du soutien organisationnels offerts aux utilisateurs : patients et professionnels. La nouveauté et l’apport de notre recherche se situent à deux niveaux. En premier, nous avons pu identifier et discuter les conditions les plus saillantes pouvant influencer l’adoption du DSE-P auprès des patients et des professionnels et vérifier leur pertinence pour la gestion des maladies chroniques dans le contexte particulier de la première ligne au Québec. Également, nous avons pu appliquer, pour la première fois, un nouveau cadre conceptuel à l’analyse des conditions organisationnelles influençant l’adoption du DSE-P par les professionnels selon une nouvelle approche pragmatique qui lie l’adoption sur le plan organisationnel à des précurseurs de l’efficacité de l’implantation. En conclusion, le DSE-P peut représenter un outil prometteur pour soutenir un rôle plus actif des patients atteints de maladies chroniques dans la gestion de leur état de santé et de leurs soins en collaboration avec l’équipe clinique de première ligne. Ainsi, le DSE-P semble avoir une place importante en première ligne de soins au Québec. Cependant, l’implantation et l’adoption d’un tel outil sont à envisager dans le cadre de nouveau modèle organisationnel impliquant la participation du patient et sa collaboration avec son équipe clinique, dont il constitue la principale prémisse. Néanmoins, une telle approche doit v s’appuyer sur un changement de culture et requiert de repenser plusieurs processus cliniques et organisationnels et une redéfinition des rôles et des responsabilités des différents acteurs dans le réseau pour un nouveau partenariat patient-équipe clinique où les TIC doivent aussi être adaptées pour soutenir de nouvelles pratiques et une réorganisation des services. Ceci conduirait alors à privilégier le développement et l’intégration d’outils informationnels et communicationnels novateurs beaucoup plus imprégnés des réalités cliniques et organisationnelles. Le DSE-P peut ainsi être complémentaire au dossier médical électronique, outil de travail des professionnels de la première ligne, avec lequel il constituerait un même ensemble d’outils informationnels. Mots clés : Dossier de santé électronique personnel, Adoption, Implantation, Gestion des maladies chroniques, Première ligne de soins, Étude de cas, Québec.
Article
Résumé L’incertitude est inhérente à tous les aspects de la pratique médicale. Le concept d’incertitude dans le soin reste largement à explorer, et l’étude des déterminants et fondements mêmes de cette incertitude pourrait bénéficier de l’éclairage de disciplines telles que l’épistémologie, la sociologie, les mathématiques, ou encore la philosophie. Au vu de l’urgence, bien illustrée par la pandémie actuelle, à mieux former les médecins à naviguer dans cette incertitude, le concept de tolérance à l’incertitude a été proposé. Ainsi, nous proposons dans un premier temps, de présenter le modèle conceptuel de la tolérance à l’incertitude selon Hillen et al. Ensuite, sur un plan pédagogique, nous discutons quelques pistes de réflexions sur la manière dont pourrait-être pensée la tolérance à l’incertitude, dans une perspective d’approche par compétence, et comment cette démarche pourrait s’appuyer sur plusieurs dispositifs de formation, déjà mis en œuvre dans d’autres pays.
Article
Résumé L’approche par le tango est présentée comme stratégie de formation des soignants afin qu’ils puissent expérimenter des notions telles qu’avancer au rythme de l’autre, la construction du lien, le partenaire, la connexion. Ces éléments font partie, souvent implicitement, du suivi du patient porteur d’une maladie chronique. L’augmentation du nombre de personnes vivant avec une affection chronique met les soignants dans une situation d’accompagnement de maladie complexe qui ne répond plus au paradigme de prise en soin de la maladie aiguë. Les soins chroniques impliquent le patient comme l’acteur principal de ses soins journaliers, gérant son état émotionnel et les complications liées à ses maladies.
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Article
Context: Patients and community members are engaged in nearly every aspect of health systems. However, the engagement literature remains siloed and fragmented, which makes it difficult to connect engagement efforts with broader goals of health, equity and sustainability. Integrated and inclusive models of engagement are needed to support further transformative efforts. Methods: This article describes the Ecology of Engagement, an integrated model of engagement. The model posits that: (1) Health ecosystems include all members of society engaged in health; (2) Engagement is the 'together' piece of health and healthcare (e.g., caring for each other, preventing, researching, teaching and building policies together); (3) Health ecosystems and engagement are interdependent from each other, both influencing health, equity, resilience and sustainability. Conclusion: The Ecology of Engagement offers a common sketch to foster dialogue on engagement across health ecosystems. The model can drive cooperative efforts with patients and communities on health, equity, resilience and sustainability. Patients and public contribution: Three of the authors have lived experiences as patients. One has a socially disclosed identity as a patient partner leader with extensive experience in engagement (individual care, education, research, management and policy). Two authors have significant experience as patients and informal caregivers, which were mobilized in descriptive illustrations. A fourth author has experience as an engaged citizen in health policy debates. All authors have professional lived experience in health (manager, researcher, health professional, consultant and educator). Six patient and caregiver partners with lived experience of engagement (other than the authors) contributed important revisions and intellectual content.
Chapter
Over the past two decadesDecades, patient-centeredPatient‐centered approaches have gradually been adopted to engage patientsPatients as a partnerPartner in the decisionDecision-making process and take into account their specificitiesSpecificities, valuesValue, and experiencesExperience. The Montreal ModelMontreal model combined with the DisabilityDisabilitiesCreationCreation Process (DCP) ModelModels is an innovative way of building a real professional-patientProfessional‐patientlearning interactionLearning interaction and partnershipPartnership for addressing disabilityDisabilities as a component of the environmentEnvironment. As regards deafnessDeafness, in particular, cochlear implantsCochlear implant have become the principal way of supporting people who are severely deafDeaf. With the aid of cochlear implantsCochlear implant, a kind of electronic processorElectronic processor, it would be possible for these people to detect soundSound better. This chapter aims to demonstrate, through a few concrete examples (e.g., the Atomic Box projectAtomic box project), to what extent the combinationCombination of art and scienceArt and science makes it possible to develop socially innovative responsesSocially innovative responses (based on the two modelsModels mentioned above), and thus to assist the adoption of implants by hearing-impaired usersHearing‐impaired users. AtomicAtomic box: ArtisticArtistic and designDesigncreativeCreative process The code of this chapter is 01101110 01100100 01101110 01100101 01010101 01110010 01100001 01100100 01100111 01110011 01101110 01110100 01101001 00100000.
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Article
The UN High-Level Meeting on Non-Communicable Diseases (NCDs) in September, 2011, is an unprecedented opportunity to create a sustained global movement against premature death and preventable morbidity and disability from NCDs, mainly heart disease, stroke, cancer, diabetes, and chronic respiratory disease. The increasing global crisis in NCDs is a barrier to development goals including poverty reduction, health equity, economic stability, and human security. The Lancet NCD Action Group and the NCD Alliance propose five overarching priority actions for the response to the crisis—leadership, prevention, treatment, international cooperation, and monitoring and accountability—and the delivery of five priority interventions—tobacco control, salt reduction, improved diets and physical activity, reduction in hazardous alcohol intake, and essential drugs and technologies. The priority interventions were chosen for their health effects, cost-effectiveness, low costs of implementation, and political and financial feasibility. The most urgent and immediate priority is tobacco control. We propose as a goal for 2040, a world essentially free from tobacco where less than 5% of people use tobacco. Implementation of the priority interventions, at an estimated global commitment of about US$9 billion per year, will bring enormous benefits to social and economic development and to the health sector. If widely adopted, these interventions will achieve the global goal of reducing NCD death rates by 2% per year, averting tens of millions of premature deaths in this decade.
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Article
La direction Collaboration et partenariat patient (DCPP) de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, codirigée par un patient, monsieur Vincent Dumez, et un médecin, docteure Paule Lebel, a pour mission de développer et d’intégrer l’approche du partenariat de soins et de services dans les soins, les processus d’amélioration continue de la qualité et la gouvernance des établissements de santé et de services sociaux. La direction a aussi pour mandat l’enseignement, la recherche et le développement des savoirs populaires en santé. Ce partenariat se fonde sur une approche de co-construction qui permet la synergie de l’expertise de la vie avec la maladie des personnes âgées et de leurs proches avec l’expertise sur le vieillissement et les maladies chroniques des intervenants de la santé et des services sociaux. Les personnes âgées et leurs proches, autant que les intervenants, les gestionnaires, les enseignants et les chercheurs, ont à développer progressivement des compétences spécifiques et partagées pour assurer un partenariat optimal. Différents projets en cours en milieu universitaire et clinique permettent d’illustrer concrètement ces formes de partenariat et de préciser les enjeux liés à leur implantation. Une École de partenariat en santé (EPS), sous l’égide de la DCPP, permettra d’accompagner dans l’action les diverses institutions dans cette transformation.
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Article
Université de Montréal implemented an interprofessional education (IPE) curriculum on collaborative practice in a large cohort of students (>1,100) from 10 health sciences and psychosocial sciences training programs. It is made up of three one-credit undergraduate courses (CSS1900, CSS2900, CSS3900) spanning the first 3 years of training. The course content and activities aim for development of the six competency domains identified by the Canadian Interprofessional Health Collaborative. This paper describes the IPE curriculum and highlights the features contributing to its success and originality. Among main success key factors were: administrative cooperation among participating faculties, educators eager to develop innovative approaches, extensive use of clinical situations conducive to knowledge and skill application, strong logistic support, close cooperation with health care delivery organizations, and partnership between clinicians and patients. A distinguishing feature of this IPE curriculum is the concept of partnership in care between the patient and caregivers. Patients' representatives were involved in course planning, and patients were trained to become patients-as-trainers and cofacilitate interprofessional discussion workshops. They give feedback to students regarding integration and application of the patient partnership concept from a patient's point of view.
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Article
Patients are increasingly seen as active partners in healthcare. While patient involvement in individual clinical decisions has been extensively studied, no trial has assessed how patients can effectively be involved in collective healthcare decisions affecting the population. The goal of this study was to test the impact of involving patients in setting healthcare improvement priorities for chronic care at the community level. Design: Cluster randomized controlled trial. Local communities were randomized in intervention (priority setting with patient involvement) and control sites (no patient involvement). Setting: Communities in a canadian region were required to set priorities for improving chronic disease management in primary care, from a list of 37 validated quality indicators. Intervention: Patients were consulted in writing, before participating in face-to-face deliberation with professionals. Control: Professionals established priorities among themselves, without patient involvement. Participants: A total of 172 individuals from six communities participated in the study, including 83 chronic disease patients, and 89 health professionals. Outcomes: The primary outcome was the level of agreement between patients' and professionals' priorities. Secondary outcomes included professionals' intention to use the selected quality indicators, and the costs of patient involvement. Priorities established with patients were more aligned with core generic components of the Medical Home and Chronic Care Model, including: access to primary care, self-care support, patient participation in clinical decisions, and partnership with community organizations (p < 0.01). Priorities established by professionals alone placed more emphasis on the technical quality of single disease management. The involvement intervention fostered mutual influence between patients and professionals, which resulted in a 41% increase in agreement on common priorities (95%CI: +12% to +58%, p < 0.01). Professionals' intention to use the selected quality indicators was similar in intervention and control sites. Patient involvement increased the costs of the prioritization process by 17%, and required 10% more time to reach consensus on common priorities. Patient involvement can change priorities driving healthcare improvement at the population level. Future research should test the generalizability of these findings to other contexts, and assess its impact on patient care. The Netherlands National Trial Register #NTR2496.
Article
L’émergence des « savoirs expérientiels des malades » est au coeur de la présente contribution. La figure d’un patient acteur s’est imposée avec la survenue de la pandémie de sida dans les années 1980. Dans la mesure où les associations de malades du VIH/sida étaient plus militantes que caritatives, et où, comme la plupart des associations de malades de l’époque en France, elles étaient dirigées non pas par des médecins mais par des malades, elles ont modifié la place des associations dans la gestion du système de santé et aussi le paradigme de la gestion du monopole du savoir médical. L’émergence de ce nouveau tissu associatif a initié de nouvelles pratiques dans le domaine du soin, mais aussi dans celui de la communication publique et de l’éducation des malades au sens large, par le biais de l’inscription de la place des malades dans le droit, notamment en termes d’information et de droits des patients et des usagers du système de santé. Il va de soi que, dans le cadre d’une telle réforme sociale à l’initiative des malades du sida, la déclinaison des stratégies éducatives allait changer de visage, au moins dans les pathologies liées à des maladies sensibles parce que touchant à des publics en situation de transgression sociale. Il a néanmoins fallu attendre la convergence d’autres volontés pour faire basculer le paradigme soignant de l’éducation thérapeutique qui, lui, a émergé non pas dans les lieux de lutte contre le sida mais dans le diabète, maladie touchant des publics « moins remuants politiquement » (Tourette-Turgis, 2010).
Article
Cet ouvrage est le résultat d'une étude menée pendant quatre ans sur les échanges entre médecins et malades et sur la nature des informations transmises à l'intérieur de la relation médicale. Il résulte d'une observation et d'une fréquentation de malades et de médecins dans le cadre de la médecine hospitalière, dans le contexte du cancer et d'autres pathologies. Il met en évidence non seulement des pratiques de rétention de l'information et de soustraction de la vérité, mais aussi, par delà ce qu'il est convenu d'appeler le "mensonge par omission", l'existence de véritables pratiques mensongères de la part des médecins comme des malades.
Article
Quebec, since the 1970s, and France, starting twenty years later, have strived to give greater consideration to the lay opinion of users in the healthcare system, and more particularly in healthcare institutions. This desire, which is translated in different ways at the institutional level on either side of the Atlantic, has had highly contrasted effects. Although patients’ associations have existed longer in Quebec, they have had difficulty developing and getting mobilized. The impact of their action has thus been weak, even though the mechanism for public representation in healthcare institutions has expanded in recent years. In France, with the agitation caused among healthcare professionals and politicians by the AIDS outbreak and the various resulting health scandals, patient associations quickly established themselves as the major interlocutors of public authorities.