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• Illo Humphrey | Ph. D.-HDR | Colloquia Aqutiana V - 2018 | « Notarius–Exceptor–Librarius–Scriba–Amanuensis–Secretarius (Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine) » | 25-IX-2017 •

Authors:

Abstract

Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • Colloquia Aquitana V – 3, 4, 5 août 2018 | Sainte-Foy des Vignes | 24100 Bergerac | France : • Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne • « Notarius – Exceptor – Librarius – Scriba – Puer – Amanuensis – Secretarius » (Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine) • § 1 Cette étude est consacrée à l'ancien métier de scribe-secrétaire privé ou scribe-fonctionnaire, en rapport avec la sténographie latine . L’étude est divisée en 8 capitula : ¶ I – Introduction, ¶ II – Historique, ¶ III – Sources, ¶ IV – Studium tironianum, ¶ V – Pratique épistolaire, ¶ VI – Glossaire-Lexique proto-philologique des termes relatifs à l’ancien métier de scribe-secrétaire, ¶ VII – Conclusion, ¶ VIII – Bibliographie. Sa fourchette chronologique se situe entre Ier siècle avant l’ère chrétienne et le Xe siècle carolingien, comprenant la période romaine, la période ecclésiastique latine, la période post-romaine médio-latine. La fonction ancienne de notarius met en relief le rapport étroit entre orator et scriptor, entre oratio et scriptura, entre traditio et verbum scriptum, et relève, comme il se doit, de l’ars dictaminis, ou, plus précisément, de l’ars rhetorica, la septième discipline du canon des septem artes liberales. Notons que les arts libéraux constituaient le programme d’études de base dans l’Antiquité gréco-romaine , dont les concepts latins : « artes liberales », « liberales disciplinæ », « liberalia studia », proches de paideia, humanitas, eruditio, furent proposés par Marcus Tullius Cicero, puis explicités chez Aulus Gellius par l’expression « …eruditio institutioque in bonas artes… » • • § 2 Durant la période romaine, post-romaine et jusqu’à la Renaissance incluse, on constate que le rapport entre tradition orale et tradition écrite reste très subtil et très fragile, fragilité qui est illustrée par l’expression latine bien connue « verba volant• scripta manent ». Ainsi, le métier de scribe-secrétaire, jouant un rôle primordial dans la gestion et l’évolution des cultures, des langues et des civilisations, apparaît comme une fonction sociétale indispensable qui assure le maintien de la mémoire du patrimoine matériel et immatériel de l’humanité dans toute sa diversité. Enfin, cette étude sur le métier de notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius a trois objectifs : (a) faire quelques observations sur l’origine, le développement, l’apprentissage et la pratique de la sténographie latine (cf. ¶ II, III, IV, V), (b) passer en revue une terminologie de base sur le métier de scribe-secrétaire (cf. ¶ VI), (c) proposer un catalogue de manuscrits et de travaux relatifs aux notes tironiennes et à l’ars dictaminis (cf. ¶ III, VI, VIII) • • IH | ih | Explicit •
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 1 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Planche 1
• cf. infra : ¶ III – Sources §(b) •
Psaume I, 1 : « Bea-tus vir qui non abi-it in-consilio impi-orum »
• Paris, Bibliothèque nationale de France, nouvelle acquisition latine 442 | Tours ? | IXe s. | feuillet 1r° | Ps. I : 1 •
• Psautier « gallican » complet avec ses 16 Cantica | écrit entièrement en sténographie latine (notes tironiennes) •
• (Parmi les 8 psautiers tironiens connus, BnF, n.a.l. 442 est le seul qui soit complet ; il ne contient aucune division liturgique) •
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc71166v
Anciens possesseurs | Anciennes cotes :
• Jean Bouhier de Savigny (*1673 – †1746) E 150 | Montpellier, Bibliothèque de la Faculté de Medecine H 449 •
• Guglielmo Brutus Icilius Timeleone Libri-Carucci dalla Sommaja (*1803 – †1869) 94 •
Lord Bertram Ashburnham IV (*1797 – †1878) s.c. : http://www.arlima.net/mss/collections_particulieres/ashburnham/
• BnF, R. C. 8070(59)
Codicologie :
• Parchemin | 98 feuillets | 2 colonnes | 19 lignes | 12 quaterniones | 184 mm x 143 mm | Justification: 120 mm x 95 mm •
Bibliographie :
ILLO HUMPHREY, « La sténographie latine (notes dites “tironiennes”), état de la question (histoire et tradition
manuscrite, transcription et édition critique, pratique) », dans Colloquia Aquitana I 2005. Études médiévales : Patrimoine
matériel et immatériel, (Actes du colloque tenu à Duras, France – 47120, 5 et 6-VIII-2005), éd. Illo Humphrey, Paris
(Éditions Le Manuscrit), ISBN: 2-7481-4750-2, 2006, p. 99-152 ; voir p. 110-112
https://u-bordeaux3.academia.edu/IlloHumphrey/Papers
https://u-bordeaux3.academia.edu/IlloHumphrey/Notes-Tironiennes
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• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
I Introduction Cette étude est consacrée au métier de scribe-secrétaire privé ou scribe-fonctionnaire, en
rapport avec la sténographie latine1. L’étude est divisée en 8 capitula : I – Introduction, ¶ II – Historique,
III Sources, IV Studium tironianum, V Pratique épistolaire, VI Glossaire-Lexique proto-philologique,
VII Conclusion, VIII Bibliographie. Sa fourchette chronologique se situe entre Ier siècle avant l’ère
chrétienne et le Xe siècle carolingien, comprenant la période romaine, la période ecclésiastique latine, la
période post-romaine médio-latine. La fonction ancienne de notarius met en relief le rapport étroit entre
orator et scriptor, entre oratio et scriptura, entre traditio et verbum scriptum2, et relève, comme il se doit, de l’ars
dictaminis3, ou, plus précisément, de l’ars rhetorica, la septième discipline du canon des septem artes liberales4.
Notons que les arts libéraux constituaient le programme d’études de base dans l’Antiquité gréco-
romaine5, dont les concepts latins : « artes liberales », « liberales disciplinæ », « liberalia studia », proches de
paideia, humanitas, eruditio, furent proposés par Marcus Tullius Cicero, puis explicités chez Aulus Gellius
par l’expression « …eruditio institutioque in bonas artes… »6.
1 La sténographie latine est appelée communément « notes tironiennes » depuis le début du XVIIe ; cf. : Janus Gruter, Notae
Romanorum veterum quibus litera verbum facit Tullii Tyronis Ciceronis liberti, et Annaei Senecae, erutæ nunc primum è Bibliotaphiis
editæque Iano Grvtero, Heidelberg, (Ex Officina Commeliniana), MDCIII (1603), 1616, in-folio ; Janus Gruter, Giuseppe Giusto
Scaligero, Marcus Welser, Inscriptiones antiquae totius orbis Romani in corpus absolutissimum Redactae, Heidelbergae, Amstelaedami, 1707,
in-folio ; Illo Humphrey, « La sténographie latine (notes dites “tironiennes”), état de la question… », 2006, p. 99-152.
2 Le rapport cognitif subtil entre oratio et scriptura fut bien analysé par Philippe de Morany : « …Scriptura tradita, vne escriture
enseignee de bouche ; Scriptura, l’escriture pareillcment [sic] Traditio scripta, une doctrine premierement enseignee de bouche, &
puis baillee par escrit. » ; cf. Philippe de Mornai Seigneur du Plessis-Marli, Traitté de l’Eglise ; avquel sont disputees les principales
qvestions meuës sur ce poinct en nostre temps, 1578, 1595, Genève (Jean le Preux), 1599, La Rochelle (Hierosme Havltin), 1600 : p. 99.
3 Martin Camargo, Ars dictaminis - Ars dictandi. Typologie des sources du Moyen Âge occidental, n° 60, Turnhout (Brepols), 1991.
4 Le canon des 7 arts libéraux est divisé en deux parties distinctes : quadruvium [sic] (ars arithmetica, ars musica, ars geometrica, ars
astronomica), et trivium (ars grammatica, ars dialectica-ars logica, ars rhetorica) • Nota bene (1) : « Quadruvium » C’est Manlius Boethius
lui-même, dès le début de son traité De institutione arithmetica, qui emploie pour la première fois au sens figuré le terme
« quadruvium », s’inspirant du terme « bivium ». « Quadruvium » est la traduction de l’expression grecque « αἱ τέσσαρες μέθοδοι »,
cf. Νικόμαχος Γερασηνός, Ἀριθμητικὴ εἰσαγωγή (Nikómachos Gerasinós, IIe s. ca. 100 apr. J.-C., Arithmetikì eisagogí,
éd. R. Hoche, Leipzig, 1864, p. VI, p. 9 : I [IV], 1). Manlius Boethius emploie aussi l’expression « quattuor matheseos
disciplinae » pour désigner les quatre disciplines du quadruvium basées sur le raisonnement des nombres, spécifiant leur
ordre hiérarchique : arithmetica, musica, geometria, astronomia, cf. Boethii De institutione arithmetica libri duo, Prohœmium (fin) ; I, 1 :
Paris, BnF, Fonds latin 14 064, f. 2v-3v : 2-4 ; éd. G. Friedlein, 1867, p. 9 : 28-29, p. 10 : 1 ; éd. J.-Y. Guillaumin, 1995, p. LV, p.
8, § 7 ; éd. I. Humphrey, 2007, f. 2v-3v : 2-4 ; « quadruvium », au sens propre, voir : Caius Valerius Catullus, Verona (vers -54),
Catulli Carmina, LVIII, 4, « …in quadriuiis et angiportis. », éd. L. Müller, Leipzig, 1885, p. 28, puis Decimus Iunius Iuvenalis
(Aquinum Latium, *ca. 60 ca. 130), Satirae I, 63-64, « nonne libet medio ceras implere capaces quadruvio », cf. éd C. F. Hermann, D.
Iunii Iuvenalis Satirarum libri quinque accedit Suplicae Satira, Leipzig, 1888, p. 3 • Nota bene (2) : « Trivium » Ce terme semble avoir
été introduit tardivement au VIIIe-IXe siècle, peut-être sous l’influence d’Alcuin d’York ; cf. P. Rajna, « Le denominazioni
Trivium e Quadrivium con un singolare accessorio », in Studi Medievali, N.S. 1, 1928, p. 4-36 ; H.-I. Marrou, « Les arts libéraux
dans l'Antiquité classique », pp. 6–27, in Arts libéraux et philosophie au Moyen Âge, Paris (Vrin), 1969, pp. 18–9 ; Illo Humphrey,
Boethius. His Influence on the European Unity of Culture from Alcuin of York (†804) to Thierry of Chartres (†1154), Prologue, page 44 ;
chap. 1 : « Boethius and Alcuin of York...», p. 50-51 (n. 17-20) ; http://www.colloquiaaquitana.com/?page_id=754.
5 Il est utile de savoir que les sept arts libéraux ne furent pas toujours un canon fixe de sept disciplines. Appelés en grec « αἱ
ἐλευθέριοι τέχναι », les arts libéraux formaient un ensemble de disciplines « dignes d’un être libre » (Πλούταρχος
Χαιρωνεύς Ὑγιεινὰ παράγγελλματα I [Ploútarchos Chaironeús, ca.
120 apr. J.-C.], Recommandations sur la santé I, éd. F.
Dübner, Plutarchi Scripta moralia, t. II, Paris, 1856 ; Σέξτος ὁ Ἐμπειρικός ΨπϚʹ, Séxtos Empeirikós, IIIe s., §686 ; H.
Mutchmann, J. Mau (éds.), Leipzig, vol. 2 : 1914 [sic], vol. 1 : 1958 [sic], vol. 3 : 1961, avec Indices, par K. Janáček, 1963;
Ilsetraut Hadot, Arts libéraux et philosophie dans la pensée antique, Paris (CNRS), 1984, p. 272, 275, n. 69). Ils étaient en rapport étroit
avec le concept « ἐγκύκλιος παιδεία », cycle d’études pour l’acquisition d’une culture complète
(Πλάτωνος ἡ Πολιτεία ἢ περὶ Δικαίου Λʹ, Pláton, *ca.
-570 – ca.
-348-347, La République ou à propos de la Justice en 30 Livres,
III, 412c ; VII, 534d ; Πλάτωνος Τίμαιος ἢ περὶ Φύσεως Мɸɸɸɸ, Pláton Tímaios ou à propos de la nature en 40 Livres, §44, §86b,
§88b ; Πλάτωνος Νόμοι Νομοθεσίαι, Pláton Les Lois ou la législation, III, 701d ; VII,788-790), qui incluaient des disciplines
telles la poésie, l’éthique, le droit, la médecine, la stéréométrie, mais aussi l’architecture : Marcus Vitruvius Pollio, *ca. -80-70 - †ca.
-25, De architectura I, 1:12, « Cum autem animadverterint omnes disciplinas inter se coniunctionem rerum et communicationem habere, fieri posse
faciliter credent; encyclios enim disciplina uti corpus unum ex his membris est composita… ». Le nombre d’arts libéraux était donc variable
jusqu’au IVe-Ve siècle, semble-t-il. Le canon fixe de 4 + 3 disciplines, quadruvium et trivium, est dû, peut-être, au philosophe
Πορφύριος ὁ Τύριος (Μάλχος), Εἰσαγωγή, Porphýrios Týrios (Malchos), *ca. 234-†ca. 305, Eisagogí, éd. A. Busse, Berlin,
1887, p. 1: 5-6 ; RISM [grecque], éd. T. Mathiesen, München, 1988, B-XI, p. 278. Ensuite, ce canon de 7 disciplines fut adopté par
Aurelius Augustinus (*354 †430) dans son De ordine, II, 7, 8, 12, puis par Martianus Capella (*ca. 360 – †ca. 420) dans son De
nuptiis Philologiae et Mercurii libri IX. Ainsi, sous l’autorité de ces deux maîtres, le canon des sept arts libéraux devint fixe et entra
dans la Tradition du savoir post-romaine ; cf. Ilsetraut Hadot, Arts libéraux…, p. 100, 187-188, 263-293 ; Ileana Tozzi « L’eredità
varroniana raccolta da Severino Boezio per il riordino delle Disciplinae liberales », Colloquia Aquitana II Boèce, ([Boethius], Rome, ca.
480 - Pavie, 524) l'homme, le philosophe, le scientifique, son oeuvre et son rayonnement, éd. Illo Humphrey, Paris (Éditions Le Manuscrit),
2009, vol. I, 337-362 ; Illo Humphrey, Boethius. His Influence…, chap. 1 : « Boethius and Alcuin of York... », 2012, p. 51 (n. 19-21).
6 Marcus Tullius Cicero, *-106 – †-43, De oratore, I, III, 11 ; III, 32 [127] ; Aulus Gellius, *125 – †180, Noctes atticae XIII, 17 ; cf.
Eckhard Kessler, « Renaissance Humanism: the Rhetorical Turn », Toronto, 2003 : http://www.phil-hum-ren.uni-
muenchen.de/php/Kessler.
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 3 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Durant la période romaine, post-romaine et jusqu’à la Renaissance incluse, on constate que le
rapport entre tradition orale et tradition écrite reste très subtil et très fragile7, fragilité qui est illustrée par
l’expression latine bien connue « verba volant scripta manent ». Ainsi, le métier de scribe-secrétaire, jouant un
rôle primordial dans la gestion et l’évolution des cultures, des langues et des civilisations, apparaît comme
une fonction sociétale indispensable qui assure le maintien de la mémoire du patrimoine matériel et
immatériel de l’humanité dans toute sa diversité. Enfin, cette étude sur le métier de notarius-exceptor-
librarius-scriba-amanuensis-secretarius a trois objectifs : (a) faire quelques observations sur l’origine, le
développement, l’apprentissage et la pratique de la sténographie latine (cf. ¶ II, III, IV, V), (b) passer en
revue une terminologie de base sur le métier de scribe-secrétaire (cf. VI), (c) proposer un catalogue de
manuscrits et de travaux relatifs aux notes tironiennes et à l’ars dictaminis (cf. ¶ III, VI, VIII).
¶ II – Historique
(a) Généralités
Notre étude, nous l’avons dit, traite la période entre le Ier siècle avant l’ère chrétienne jusqu’à la
fin de la dynastie carolingienne du Xe siècle, période pendant laquelle le sténographie latine faisait partie
intégrante de la panoplie des compétences des scribes-secrétaires de langue latine. À partir du Xe siècle, on
observe que la sténographie latine tombe peu à peu en désuétude et ne semble plus faire partie des
compétences exigées des scribes et copistes. Les manuscrits qui retiennent l’attention de cette étude sont
avant tout des glossaires-lexiques de sténographie latine, dont les deux plus anciens connus sont datables
respectivement du VIIIe et du IXe siècle, en l’occurrence : le Codex Cassellanus, Gesamthochschule, Ms.
philol. 2, et le Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 8. L’origine de ces deux manuscrits semble être l’abbaye
bénédictine de Saint-Amand-en-Pévèle (auj. Saint-Amand-les-Eaux, Nord, 59230), qui faisait partie de
l’ordo palatii 9, c’est-à-dire le réseau royal d’abbayes et de cathédrales en Neustria.
Ces deux manuscrits contiennent chacun un commentarius (glossaire-lexique de notes tironiennes), à
peu près identique, d’environ 14 000 signes sténographiques, lesquels incluent un précis de grammaire, un
syllabaire, puis l’ensemble du vocabulaire latin romain et ecclésiastique. La pratique de la sténographie
latine est attestée par de très nombreux manuscrits et documents d’archives mérovingiens et carolingiens
issus des scriptoria de la Neustria faisant partie de l’ordo palatii. Les manuscrits qui conservent les textes et
gloses en sténographie latine sont de types très variés. On y trouve des textes scientifiques,
philosophiques, littéraires, théologiques, bibliques, liturgiques, musicaux, des psautiers, des recueils de
lettres et de diplômes, originaires des scriptoria des abbayes de : Saint-Amand-en-Pévèle, Saint-Pierre de
Corbie, Saint-Riquier, Saint-Bertin de Sithiu (Saint-Omer), Saint-Corneille-et-Saint-Cyprien de
Compiègne, Saint-Rémi de Reims, Saint-Denis-en-France, Sainte-Croix–Saint-Georges–Saint-Etienne de
Chelles, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Benoît-sur-Loire (Fleury-sur-Loire), Saint-Germain d’Auxerre,
Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Ferrières-en-Gâtinais, Saint-Martin de Tours, du double monastère pour
femmes Sainte-Marie et Saint-Jean de Laon, de la schola palatina d’Aix-la-Chapelle, dirigée par Alcuin
d’York (*ca. 730-735 – 804) entre 782 et 796, de la schola palatina de Laon, dirigée par l’irlandais Iohannes
Scottus Eriugena (*ca. 810 ca. 877) vers l’an 84510, etc. À noter que certains de ces établissements, en
matière de science, philosophie, théologie, liturgie, musique, littérature, puis en matière de production de
manuscrits enluminés, sont devenus dès la fin du VIIIe siècle des écoles supérieures et des centres
7 Pieter J. J. Botha, Orality and Literacy in Early Christianity: Biblical Performance Criticism 5, Eugene, Oregon, 2012, chap. 6 :
« Memory, Performance, and Reading Practices », p. 89-112, chap. 6 : « Authorship in Historical Perspective », p. 113-131, p. 120.
8 Codex Cassellanus : Kassel, Gesamthochschule, Ms. philol. 2, vers l’an 799, cf. édition-facsimilé de Ferdinand Ruess, Die Kasseler
Handschrift der tironischen Noten, samt Ergänzung aus der Wolfenbütteler Handschrift, Lipsiae (G. B. Teubner Verlag), 1914), f. 1v ;
Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4 (IXe s.), f. 1r : « In Christi Nomine Incipiunt Notae Senecae ».
Nota bene (3) : Il existe de nombreux autres lexiques tironiens, parmi lesquels : Bern, Burgerbibliothek, Codex 359 (IXe s.,
origine : Fleury[?]), Bern, Burgerbibliothek, Codex 668 (IXe et Xe s., origine : Fleury[?]), Leiden UB, Voss. 0 94 (IXe-Xe s., origine :
Metz[?]), London, BM, Add. 21164 (Xe s., origine : [?]), Paris, BnF, Fonds latin 190 (IXe s., origine : [?]), Paris, BnF, Fonds latin
(IXe s., origine : Fleury[?]), Paris, BnF, Fonds latin 7493 (IXe-Xe s., origine : [?]), Paris, BnF, Fonds latin 8778 (IXe s., origine :
Corbie[?]), Paris, BnF, Fonds latin 8779 (IXe s., origine : Fleury[?]), Paris, BnF, Fonds latin 8780 (IXe s., origine : Reims[?]), Paris,
BnF, Fonds latin 1597 A (IXe-Xe s., origine : [?]), Rome, BAV latin 3799, (IXe-Xe s., origine : [?]), etc. ; voir infra ¶ VIII.
9 J. Heuclin, « Les abbés des monastères neustriens 650-850 », La Neustrie…, éd. H. Atsma, t. I, 1988, p. 331, 334, 335, cf. p.
337, carte géographique : ‘L’Ordo Palatii’ en Neustrie.
10 Bernhard Bischoff, Manuscripts and Libraries in the Age of Charlemagne, édition et traduction anglaises : M. Gorman, Cambridge,
UK, (CUP), 1994,1995, 2007, p. 1-114 ; Illo Humphrey, Boethius. His Influence…, chap. 1 : « Boethius and Alcuin of York (*ca.
730-735 – †804)... », p. 49-59 ; chap. 4 : « Boethius and Iohannes Scottus Eriugena (*ca. 810 – ca. †877)... », p. 79-89.
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
d’érudition carolingiens, dirigées par des savants de haut niveau et dotés de fonds de bibliothèque
prestigieux11, faisant ainsi la fierté du réseau royal carolingien de l’ordo palatii.
L’un des derniers témoins connus de sténographie latine se trouve dans les gloses abondantes
sténographiées qui accompagnent le traité De musica d’Aurelius Augustinus conservé dans le manuscrit
Paris, Bibliothèque nationale de France, Fonds latin 723112. Ce manuscrit, qui date du premier quart du
XIe siècle, est originaire de l’abbaye bénédictine de Saint-Martial de Limoges, qui fut fondée en 848 sous
le haut patronage de Carolus Calvus (Charles II, dit « le Chauve », *823 – †877), petit fils de Charlemagne,
roi d’Aquitaine, et plus tard empereur de 875 à 87713. L’écriture de ce manuscrit est attribuée au moine
Ademarus Cabanensis ou Ademarus Engolismensis14.
(b) à propos du métier de Notarius-Exceptor-Librarius-Scriba-Amanuensis-Secretarius
Le métier de scribe-secrétaire professionnel ancien faisait appel à de multiples facettes du processus
cognitif. Tel le métier d’interprète simultané, il exigait une virtuosité d’exécution précise, une bonne
oreille musicale et une bonne mémoire associative. Il impliquait à la fois la fabrication et la conservation
des documents produits, et présupposait souvent une aisance dans plusieurs domaines : la fabrication
d’atramentum (encre), la fabrication des calami, styli et pennæ (calames, stylets, plumes), le maniement des
supports d’écriture, tels les : volumina (rouleaux parchemin ou de papyrus), tabellæ (tablettes de cire ou de
bois), tabulæ (tablettes de cire ou de bois), membranæ tabellæ (tablettes de parchemin), ostraka (fragments de
terre cuite)15. Formés très jeunes, les scribes-secrétaires, garçons et filles, semble-t-il, devenaient plus tard des
fonctionnaires et apprariteurs subalternes de justice, de l’administration publique, de l’administration
militaire, rattachés tantôt à un senator (sénateur), tantôt à un quæstor (officier chargé des finances), tantôt à
un magistratus (magistrat, fonctionnaire, élu), tantôt à un minister (officier civil, agent de l’état,
fonctionnaire), tantôt à un præpositus militum (officier militaire)16, etc. Ce métier donc, pour ce qui est de la
11 André Vernet (dir.), Les bibliothèques médiévales du VIe siècle à 1530, Tome 1, Paris (Promodis • Éditions de Cercle de la Librairie),
1989 (relié), 2008 (broché), cf. Louis Holz, « Des bibliothèques antiques aux bibliothèques médiévales », p. 2-13 (3 planches) ;
Pierre Riché, « De la haute époque à l’expansion du réseau monastique », p. 14-27 (4 pl.) ; Marco Mostert, The Library of Fleury. A
provisional list of Manuscripts, Hilversum, 1989, p. 15-44, 46, 48, 51, 88, 161, 184, etc.; Rosamond McKitterick, The Carolingians and
the written word, Cambridge University Press, 1990, p. 179-182, 199 ; Pierre Riché, Les écoles et l'enseignement dans le haut Moyen Âge,
Paris (Picard), 1979, 1989, 1999, 471 pages, cf. p. 47-102, 173, 184, 190 ; Illo Humphrey, Boethius. His Influence…, chap. 1:
Boethius and Alcuin of York..., p. 49-59 ; https://bibliologiemedievale.wordpress.com/bibliotheques-medievales-bibliograhie/.
12 cf. http://gallica.bnf.fr/arkbtv1b9068428w/f169.image.r=Latin%207231 ; http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc66421x Le
manuscrit Paris, Fonds latin 7231 serait un autographe de la main d’Adhémar de Chabannes lui-même. Ce codex contient, entre
autres, le traité Augustini De musica, aux feuillets 62 à 83v inclus. Les gloses abondantes interlinéaires et marginales en
sténographie latine se trouvent aux feuillets 62 à 66v ; Illo Humphrey, « Studia tironiana 2 (inédit), Paris, BnF, Fonds latin
7231 (XIe s.), transcription intégrale des gloses en notes tironiennes attribuées à Adhémar de Chabannes », Paris, BnF (Richelieu),
juin 1988 : à noter que cette étude a été commanditée par Jean Vezin, directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes IVe
Section-Sorbonne pour Richard Landes, à l’époque professeur d’histoire médiévale à l’Université de Boston ; Jean Vezin, « Un
manuscrit autographe d’Adémar de Chabannes, Paris, 1965, Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, séance du 24
février, pages 44-54, planches, facsimilés ; Richard Landes, Relics, Apocalypse, and the Deceits of History. Ademar of Chabannes, 989–
1034, Harvard Historical Studies 117, Cambridge, Massachusetts (Harvard University Press), 1998 ; Pascale Bourgain, Adhémar de
Chabannes, Chronique, Turnhout (Brepols), 2003.
13 Illo Humphrey, Boethius. His Influence…, chap. 3 : Boethius and Charles II, “the Bald” (*823-877), p. 71-78 : https://u-
bordeaux3.academia.edu/IlloHumphrey/Bookshttps://www.researchgate.net/profile/Illo_Humphrey/publications ; Jean-
François Boyer, « Élites carolingiennes autour des couronnement et sacre de Charles l’Enfant comme roi d’Aquitaine à Limoges
en 855 », Siècles [En ligne], 38, 2013, mis en ligne le 13 octobre 2014, consulté le 21 février 2017. URL :
http://siecles.revues.org/2341 ; Janet Nelson, Charles le Chauve, Paris (Aubier, Collection Histoire), 1994 ; traduit de l’anglais
Charles the Bald, Londres (Longman Group Limited), 1992 ; Alain Petit, Président du Centre de la Culture du Limousin Médiéval :
http://www.limousin-medieval.com/abbaye-saint-martial.
14 Adhémar de Chabannes, ou Adhémar d’Angoulême, fut moine bénédictin à Saint-Martial de Limoges et à Saint-Cybard
d’Angoulême ; il est vers 986 à Chabannes (auj. Chabanais [?], Nouvelle-Aquitaine, Département de la Charente, 16150 ou
bien Chabannes Saint-Pierre-de-Fursac [?], Nouvelle-Aquitaine, Département de la Creuse, 23290), il est mort à Jérusalem [?]
vers 1034. Nota bene (4) : L’état actuel de nos connaissances ne nous permet pas d’affirmer que l’auteur des gloses en notes
tironiennes fut Adhémar de Chabannes lui-même; il se peut, en effet, que les gloses sténographiées aient été déjà présentes dans
l’exemplaire du Du musica d’Aurelius Augustinus sur lequel fut copié le manuscrit Paris, BnF, Fonds latin 7231, et que celles-ci
aient été tout simplement recopiées avec le texte principal.
15 cf. infra ¶ VI – Glossaire-Lexique proto-philologique ; cf. Béatrice Bakhouche, Béatrice Beys, Daniel Delattre, Charles Guérin, Trung
Tran, Université Paul-Valéry - Montpellier 3, Université Ouverte des Humanités (UOH), Montpellier, mise en ligne 2010 : « Le
volumen et le scribe » ; « Les outils du copiste » : http://www.univ-montp3.fr/uoh/lelivre/sommaire/index.html ; Robert Marichal,
« Les ostraca de Bu Njem » [Lybie, à partir de l’an 201], dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
123 année, n° 3, 1979, pages 436-452 ; http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1979_num_123_3_13630.
16 A. Lebastard-Delisle, Précis de l'administration de la justice criminelle chez les romains, Valognes (Cartette-Bondessein), 1841, chap. III,
« Officiers inférieurs de justice. Appariteurs », p. 30-31 ; Reynolds (L. D.), Wilson (N. G.), Scribes ans Scholars. A Guide to the
Transmission of Greek and Latin Literature, Oxford (Clarendon Press), 3e edition 1991, cf. chap. I – Antiquity : p. 1-43, chap. III –
The Latin West : p. 79-121, chap. IV – The Renaissance : p. 122-163 ; cf. 4e édition, Oxford (Oxford University Press), 2014.
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
langue latine, remonte à l’administration romaine, et fut fortement influencé par l’œuvre de Marcus
Tullius Cicero, *Arpinum, ca. 106 †Formies, ca. 43 av. J.-C., notamment par son traité Dialogi tres de
oratore et par ses divers recueils de correspondance : Epistulæ ad Atticum libri XVI, Epistolæ ad familiares libri
XVI, Epistulae ad Quintum Fratrem libri IV, Epistulæ ad Brutum libri II.
Par la suite, le métier de scribe-secrétaire a été fortement influencé dès le Ier siècle par la civilisation
chrétienne naissante, et ce via la rédaction des livres et épîtres du Nouveau Testament et celle des
multiples copies, traductions et commentaires des Écritures Saintes, l’Ancien et le Nouveau Testament, y
compris τὰ Ἑξαπλά réalisés par Ὠριγένης Ἀδαμάντιος (Hexaples d’Origène « l’Homme d’acier »),
rédigés vers l’an 243-244, via la Biblia Sacra Vulgata, réalisée par Eusebius Sophronius Hieronymus
Stridonensis (saint Jérôme de Stridon) entre l’an 390 et l’an 40517, et enfin, à partir du IIe-IIIe siècle, via
l’administration ecclésiastique et les écrits patristiques, et ce aussi bien en Europe qu’en Numidie.
À l’instar de la tradition romaine, on observe dans l’administration ecclésiastique que les scribes-
secrétaires, hommes et femmes, semble-t-il, appelés parfois pueri notarii ou pueri exceptores18, furent formés
très jeunes, et, une fois le métier acquis, furent affectés aux divers services de l’église : chancelleries des
papes, des cardinaux, des achevêques, des évêques, des abbayes, des cathédrales, etc. Au IVe-Ve siècle, on
sait, par exemple, que l’évêque d’Hippo Regius, Aurelius Augustinus, avait à son service plusieurs notarii-
exceptores qui transcrivaient quotidiennement sur le vif ses sermons en sténographie latine19.
L’évolution de ce métier, en rapport avec la sténographie latine, se poursuit dans l’administration
mérovingienne des Ve, VIe et VIIe siècles, puis dans l’administration carolingienne entre le VIIIe et Xe
siècle, attestée par de nombreux formulaires et manuels de l’ars dictaminis20, c’est-à-dire l’art de la
composition des lettres, diplômes, chartes, contrats, testaments et autres documents officiels, par un très
grand nombre de documents d’archives, de cartulaires21, et par de nombreuses gloses et de nombreux
glossaires-lexiques dans des manuscrits littéraires, atteignant son âge d’or dans le réseau monastique de
l’ordo palatii en Neustria au IXe siècle carolingien22.
Bien que la pratique des notes tironiennes soit tombée en désuétude dans le courant du Xe siècle,
l’art d’être scribe-secrétaire, toujours bien enraciné dans la langue et la culture latines, a poursuivi son
évolution atteignant son apogée à la Renaissance dans l’œuvre épistolaire de Francesco Petrarca et, plus
tard, dans les deux traités d’ars dictaminis
/
d’ars dictandi de Francesco Negro et de Francesco Sansovino23.
17 T. Michael Law, « A History of Research on Origen’s Hexapla: From Masius to the Hexapla Project », dans BIOSCS 40 (2007),
p. 30–48 ; Alison Salvesen (éd..), Origen's hexapla and fragments. Papers presented at the Rich Seminar on the Hexapla, Oxford Centre for
Hebrew and Jewish Studies, 25th July – 3rd August 1994 (Texts and studies in ancient Judaism, vol. 58). Tübingen (Mohr Siebeck), 1998 ;
Bernard de Montfaucon, (1655-1741), Hexaplorum Origenis quae supersunt, multis partibus auctiora quam a Flaminio Nobilio et Joanne
Drusio edita fuerint [Texte imprimé], ex manuscriptis et ex libris editis eruit et notis illustravit D. Bernardus de Montfaucon, Paris, L.
Guérin, 1713, 2 volumes in-folio p. : https://books.google.fr/books?id=cOLe3-a4ytMC&dq=hexaplorum.
18 C. Sotinel, « Le personnel épiscopal… », Rome, 1998, p. 107-110 ; Orazio Marucchi, Christian Epigraphy: An Elementary Treatise
with a Collection of Ancient Christian Inscriptions Mainly of Roman Origin, Cambridge University Press Archive, 1912, traduit de l’italien
par J. A. Willis, cf. Part II, chap. IX, p. 368-374 ; ici, Orazio Marucchi conteste l’idée que « puer exceptor » signifie enfant sténographe.
19 Karl Jaspers, « Introduction », dans Saint Augustin, Garry Wills (éd.), traduction française de Richard Dubois, Bibliothèque
nationale du Québec (Fides), 2002, p. 8-9 ; D. Ohlmann, « Die Stenographie im leben des heiligen Augustinus », dans Archive für
Stenographie, Nr. 56, 1905, p. 273-279, 312-319 ; cf. Augustinus, Enarratio in Psalmum LI (Sermo ad populum : David figura Christi §1).
20 A. Giry, Manuel de Diplomatique, Paris (Hachette), 1894, p. 479-492 : http://miroir.mrugala.net/Arisitum/textes/diplom/form.htm ;
M. Camargo, op. cit. ; F. J. Worstbrock, M. Klaes, J. Bütten : Repertorium der Artes Dictandi des Mittelalters, Bd. 1: Von den Anfängen bis
um 1200, Münstersche Mittelalter-Schriften 66, München 1992 ; S. Scalfati, « Les formulaires toscans d’ars notaria », Paris, École
nationale des chartes, 2012 : http://elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part8 ; voir aussi à bon escient : B. Grévin, A.-M. Turcan-Verkerk,
(éds.), Le dictamen dans tous ses états. Perspectives de recherche sur la théorie et la pratique de l’ars dictaminis (XIe-XVe s.), Turnhout, 2015.
21 cf. la série des Chartae latinae antiquiores, facsimile-edition of the Latin charters prior to the ninth century, Albert Bruckner and
Robert Marichal (éds.). Part XIII-XIV, France I-II, Hartmut Atsma, Jean Vezin (éds.). Dietikon (Zürich) : Urs Graf-Verl., 1981-
1982, in-folio, XI- 99 et IX-86 pages.
22 Illo Humphrey, Boethius. His Influence…, p. 40-112 ; Illo Humphrey, Boethius De institutione arithmetica libri duo. Édition proto-
philologique intégrale princeps d’un manuscrit du IXe siècle (Paris, Bibliothèque nationale de France, Fonds latin 14064), Institute of Medieval
Music, vol. LXXXVI, Ottawa, 2007, 267 pages, cf. glossaiare tironien : p. 203-230.
23 Francesco Petrarca (*1304–†1374) : 24 libri di Epistole Familiari, 17 libri di Epistole Senili, cf. L. Hermand-Schebat, Pétrarque
épistolier et Cicéron. Étude d’une filiation, Paris, (PUPS : Rome et ses renaissances), 2011, 577 pages ; C. Carraud, F. La Brasca, A. Longpré
(éds.), Notes de Ugo Dotti, Pétrarque. Lettres familières. Tome II : Livres IV-VII / Rerum Familiarium. Libri IV-VII, Paris (Belles
Lettres : Classiques de l’Humanisme), 2002, 576 pages ; Pierre Laurens (dir.), Pétrarque, Lettres de la Vieillesse (livres IV-VII),
Introduction : U. Dotti, Texte : P. Laurens, E. Nota, traduction : F. Castelli, F. Fabre et A. de Rosny, L. Hermand-Schebat, Paris
(Belles Lettres : Classiques de l’Humanisme), 2003, 608 pages ; http://www.arlima.net/eh/francesco_petrarca.htmlPescennio
Francesco Negro (*ca. 1450 – †ca. 1510), Opusculum scribendi epistolas, Venise (Hermannus Liecthenstein), 1488 • Francesco
Tatti da Sansovino (*1521 – †1586), Del Secretario, Venise (Rampazetto), 1564 • cf. Maria Cristina Panzera, « L’école de
l’épistolier. Modèles et manuels de lettres de Pétrarque à Sansovino », dans Les usages politiques des correspondances en Italie, Rennes
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Poursuivons à présent notre étude en retraçant l’origine et le développement des notes tironiennes,
qui remontent, selon la tradition, à Marcus Tullius Tiro, le « libertus ab epistulis » du sénateur romain
Marcus Tullius Cicero.
(c) Marcus Tullius Tiro (*105 - 104 av. J.-C. – †4 av. J.-C)
La sténographie latine, aujourd’hui appelée communément « notes tironiennes », est désignée ainsi
d’après son légendaire inventeur Marcus Tullius Tiro, dont l’existence est attestée par plusieurs
générations d’écrivains romains de l’Antiquité, à commencer par Marcus Tullius Cicero lui-même24,
jusqu’à Aulus Gellius, mort vers l’an 18025. D’après le témoignage de Πλούταρχος ὁ Χαιρωνεύς
(Ploútarchos Chaironeús, mort vers 120 ap. J.-C.), Tiro fut le « libertus ab epistulis » de Marcus Tullius
Cicero26, c’est-à-dire son affranchi scribe-secrétaire et intendant du célèbre sénateur romain27. Étant, semble-
t-il, de trois années plus jeune que son maître, Tiro serait dans la même localité que Marcus Tullius
Cicero, savoir Arpinum, vers l’année de Rome 649 650 (l’an 105 104 av. J.-C.), et mourut à Puteoli
vers l’année de Rome 749 – 750 (l’an 4 av. J.-C.), à l’âge de cent ans. Tiro, dont nous savons relativement
peu, fut « libertus ab epistulis » (c’est-à-dire esclave affranchi chargé de l’enregistrement, la gestion et
l’archivage du patrimoine littéraire), ayant obtenu sa liberté vers l’an 701 de Rome (l’an 53 av. J.-C.). Il fut
vraisemblablement d’origine grecque ; toutefois, sur ce point, nous ne possédons aucune information
précise. Il aurait accompagné Marcus Tullius Cicero en Cilicia (province romaine d’Anatolie méridionale,
aujourd’hui la province d’Adana, Turquie) pendant que ce dernier y fut gouverneur à partir de l’année de
Rome 703 (l’an 51 av. J.-C.). Il aurait été mandaté par Marcus Tullius Cicero d’élaborer un système de
tachygraphie à partir de l’écriture grecque, dans le but d’enregistrer simultanément ses discours prononcés
au sénat. Il avait ainsi la charge de la gestion des écrits de son maître, et aurait lui-même, après la mort
de Marcus Tullius Cicero, organisé et édité l’ensemble du patrimoine littéraire de son maître.
Toutefois, il faut préciser que la désignation moderne, « notae tironianae », ne se rencontre jamais
dans les manuscrits pré-carolingiens et carolingiens, en effet, celle-ci est une invention des humanistes du
XVIIe siècle. Avant le XVIIe siècle, la sténographie latine est connue sous plusieurs vocables différents,
en l’occurrence : notæ28, notæ Ciceronis29, notæ Senecae30, Vulgares Notæ Romanorum31. En effet, le nom de Tiro
n’est associé à la sténographie latine qu’à partir du début du XVIIe siècle, semble-t-il, dans le milieu des
humanistes français, néerlandais et allemands, tels : Janus Gruter et ses amis, collègues et collaborateurs
Giuseppe Giusto Scaligero et Marcus Welser32. Dans l’Antiquité, la sténographie latine fut appelée soit
notæ, soit vulgares notae Romanorum, soit notaria.
(PUR), 2009, p. 23-41 ; Maria Cristina Panzera, L'exemplarité épistolaire, Bordeaux (PUB), 2014 ; Cécile Lignereux, « L’art
épistolaire de l’âge classique comme champ d’application du savoir rhétorique », dans Exercices de rhétorique [En ligne], n° 6, 2016 :
https://rhetorique.revues.org/441 ; Déborah Roussel, « Compte rendu du colloque Epistulae Antiquae V, l’épistolaire antique et
ses prolongements européens, Tours, 6-8 septembre 2006 », Anabases 5 [En ligne], 2007, mis en ligne le 1-I-2012, URL :
http://anabases.revues.org/3209 ; Carol Poster, Linda C. Mitchell, éds. Letter-Writing Manuals and Instruction from Antiquity to the
Present. Historical and Bibliographic Studies, Columbia, South Carolina (University of South Carolina Press), 2007 ; Arthur Giry, op.
cit., pages 479 à 492 : http://miroir.mrugala.net/Arisitum/textes/diplom/form.htm ; Axel Erdmann, Alberto Govi, Fabrizio
Govi (éds.), Ars Epistolica: Communication in Sixteenth Century Western Europe: Epistolaries, Letter-writing Manuals and Model Letter Books
1501-1600, Préface : Judith Rice Henderson, Luzern (Gilhofer & Ranschburg), Modena (Libreria A. Govi di Fabrizio Govi Sas),
2014, 1 vol., XXV-771 pages : ill., fac-sim.
24 cf. Epistolarum ad Atticum VII, 2 : §3 ; VII, 5 : §2 ; Epistolae ad Familiares, Liber XVI : epistolae I-XXVII.
25 cf. Noctes Atticae, Liber I, 7 : 1 ; V1, 3 : 8 ; VII, 2 ; XIII, 9 : 1 et 21[20] : 16 ; XV, 6 : 2.
26 cf. Plutarque, *Χαιρώνεια, ca. 45 – Χαιρώνεια, ca. 120 apr. J.-C., Βίοι Παράλληλοι, Βίος Κικέρωνος, (Vies parallèles,
Cicéro), éd. C. Sintenis, Leipzig, 1853, vol. IV, p. 279 : 20, XLI : § 881. Marcus Tullius Tiro fut un esclave affranchi de Marcus
Tullius Cicero, « ὁ τοῦ Κικέρωνος ἀπελεύθερος » : « ὡς δὲ Τίρων ὁ τοῦ Κικέρωνος ἀπελεύθερος γέγραφεν, εὐπορίας
ἕνεκα πρὸς διάλυσιν δανείων ».
27 Armando Petrucci, Breve storia della scrittura Latina, Roma (Bagatto Libri), 1989, 1992, p. 71 ; David Ganz, « On the Histoiry of
Tironian Notes », dans Tironische Noten : Vorträge…, Peter Ganz, éd., Wiesbaden (O. Harrassowitz), 1990, p. 35.
28 cf. Paris, BnF, Fonds latin 8777, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84790068/f10.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc11403s
29 cf. Codex Cassellanus : Kassel, Gesamthochschule, 2° Ms. philol. 2 (IXe s.), cf. édition-facsimilé, Ferdinand Ruess, 1914), f. 1v ;
Wolfenbüttel, Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4 (IXe s.), f. 1r : « In Christi Nomine Incipiunt Notae Senecae » ; Johann von Heidenberg
von Trittenheim (i.e. Johannes Tritthemius, 1516), Polygraphiae libri sex, Oppenhemii, 1518 (2 parties en 1 volume, in-quarto), p.
Qvi-recto et Qvi-verso : “…Psalterium notis Ciceronis descriptum”.
30 Paris, BnF, Fonds latin 8779, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84267924/f14.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc114058
31 cf. Paris, BnF, Fonds latin 7493, Manuscrit composite, Glossaire tironien, f. 105r-167v (IXe s., origine [?]):
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84789937/f213.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc20900w
32 Janus Gruterus | Jan de Gruytere (*Antwerpen, Belgique, 1560 – †Bierhelderhof [bei Heidelberg], Allemagne, 1627), Giuseppe
Giusto Scaligero (*Agen, France, 1540 - †Leiden, Pays-Bas, 1609) et Marcus Velserus (*Augsburg, Allemagne, 1558 – †Augsburg,
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Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Comme le montre clairement laterminologie du glossaire-lexique (voir infra VI Glossaire-
Lexique proto-philologique), le métier de notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius professionnel
trouve ses origines, comme indiqué plus haut, dans l’administration romaine, et se poursuit tout
naturellement dans l’administration ecclésiastique. On observe que la pratique courante de la
sténographie latine semble faire partie systématiquement des compétences du scribe-secrétaire professionnel
pendant toute la période romaine impériale, pendant toute la période dite patristique, jusqu’au Xe siècle
carolingien inclu.
Passons en revue maintenant les différentes attestations historiques sur la pratique de la
sténographie latine à partir du Ier siècle avant notre ère. Ces attestations, à travers l’étude des notes
tironiennes, mettent en évidence le puissant trait d’union administratif et culturel entre la période romaine
et les périodes post-romaines (mérovingienne, carolingienne, et post-carolingienne), dont la renaissance
carolingienne aux VIIIe et IXe siècles est un témoin éloquent.
(d) Attestations sur la pratique de la sténographie latine
L’utilisation courante de la sténographie latine est attestée abondamment par plusieurs
générations de philosophes, hommes d’état, théologiens, écrivains et historiens grecs et latins de la haute
et la basse Antiquité jusqu’à la Renaissance : par Marcus Tullius Cicero33, par Πλούταρχος
Χαιρωνεύς34, par Lucius Annaeus Seneca35, par C. Suetonius Tranquillus36, par Aulus Gellius37, par
Lucius Claudius Cassius Dio38, par Thascius Caecilius Cyprianus39, Genesius Arelatensis40 Eusebius
Sophronius Hieronymus Stridonensis41, Aurelius Prudentius42, Aurelius Augustinus43, Georgius
Florentius Gregorius Turonensis44, Isidorus Hispalensis45. Délaissée depuis le Xe siècle, la sténographie
Allemagne, 1614) : Notae Romanorum veterum quibus litera verbum facit Tullii Tyronis Ciceronis liberti, et Annaei Senecae, erutæ nunc
primum è Bibliotaphiis editæque Iano Grvtero, Heidelberg, (Ex Officina Commeliniana), MDCIII (1603), 1616, in-folio ; Notae
Tyronis Ciceronis Q., ac Senecae, inscriptiones antiquae totius orbis Romani, Heidelbergae, ex officina Commeliniana [i.e. le célèbre
imprimeur heidelbergois Jerome Commelin], Amstelaedami, 1707, in-folio.
33 Marcus Tullius Cicero (*Arpinum, ca. 106 †Formies, ca. 43 av. J.-C.), Epistolarum ad Atticum VII, 2 : §3 ; VII, 5: §2 ; XIII, 3 :
§2, éd. R. Klotz, Leipzig, 1885, p. 490... ; David Ganz, « On the Histoiry of Tironian Notes », op. cit., pages 35-39.
34 cf. Βίοι Παράλληλοι, Βίος Κικέρωνος, xli : § 881 ; cf. supra note 26.
35 Sénèque, *Cordoue, ca. -4 – †Rome, 65, Ad Lucilium epistularum moralium ad Lucilium liber quartus decimus et quintus decimus, XC, 25,
éd. Hense, Leipzig, 1898, p. 376 : 8 – 10.
36 Suétone, *Rome [?], ca. 69-71, - †122-135, De uitis Caesarum, VIII, 3 : Divus Titus, C. I. Roth (éd.), Leipzig, 1886, p. 236 : 28
32 ; L.Traube, Die Geschichte des tironischen Noten bei Suetonius und IsidorusI, dans Archiv für Stenographie, 53e année, 1901, p. 191- 208,
37 Aulu-Gelle, *Rome [?], ca. 125 – †Rome [?] après 180, Noctes Atticæ, éd. C. Hosius, Leipzig, 1903, t. I, Liber I, 7 : 1, p. 54 : « In
oratione Ciceronis quinta in Verrem in libro spectatae fidei Tironiana cura atque disciplina facto scriptum fuit: » ; VI, 3 : 8, p. 245 : « Tiro autem
Tullius M. Ciceronis libertus sane quidem fuit ingenio homo eleganti et haudquaquam rerum litterarumque veterum indoctus eoque ab ineunte aetate
liberaliter instituto adminiculatore et quasi administro in studiis litterarum Cicero usus est » ; t. II, XIII, 9 : 1, p. 62 : « Tullius Tiro M Ciceronis
alumnus et libertus adiutorque in litteris studiorum eius fuit » ; XIII, 21 [20]: 16, p. 81 : « hoc enim scriptum in uno atque in altero antiquissimae
fidei libro Tironiano repperi » ; XV, 6 : 2, p. 134 : « Quamorbem non tam id mirabamur errasse in ea re Marcum Tullium quam non esse
animadversum hoc postea correctumque uel ab ipso uel a Tirone liberto eius diligentissimo homine et libertum patroni sui studiosissimo ».
38 Dion Cassius, *Nicée, Bythynie, ca. 155 – † Nicée, ap. 235, Historia Romana LV, 7.
39 Saint Cyprien, évêque de Carthage, martyr, *Carthage, ca. 200 †Carthage, ca. 255-258, cf. Pontius Diaconus (†Carthage, ca.
Après 258), Vita et passio Caecilii Cypriani, éd. P. L. Schmidt (1997) « Pontius, Vita Cypriani » 433-5 (§472.10), dans Die Literatur des
Umbruchs von den römischen zur christlichen Literatur 117 bis 284 n. Chr., K. Sallmann (éd.), München (Beck), 1997 ; R. Herzog et P. L.
Schmidt (éds.), Handbuch der lateinischen Literatur der Antike, vol. IV, München (Beck), 1989 ; M. B. Parkes, Their Hands Before Our
Eyes: A Closer Look at Scribes, Aldershot, 2008, Part 1 – Scribes and their Environments, chap. 1 « Before 1100 », pages 3-13.
40 Saint Genès [Geniès, Geniez, Genest] d’Arles, †ca. 303-308, notarius-exceptor-scriba-amanuensis-secretarius, saint patron des notaires
et des secrétaires, mort en martyr sous Gaius Aurelius Valerius Diocletianus (312) pour avoir refusé de prendre la dictée en
sténographie latine du texte de loi ordonnant la persécution des chrétiens, puis pour avoir jeté tabulas et stylum (tablettes de cire et
stylet) avec fracas aux pieds du magistrat impérial ; Genesius Arelatensis est fêté octavo kalendas septembris, c’est-à-dire le 25 août ;
cf. Analecta Bollandiana, t. 65, 1947, p. 282 ; Samuel Cavalla, « Saint Genès le notaire », dans Eranos Lôfstedrianus, t. 43, Upsal,
1945, pages 150-175, fac-similé ; https://www.heiligenlexikon.de//BiographienG/Genesius_von_Arles.html.
41 Saint Jérôme (*347 †420), Chronicon CXCIIII Olymp, éd. Rudolf Helm, Eusebius Werke, 7. Band, Die Chronik des Hieronymus.
Hieronymi Chronicon, Berlin, 1913, 1956, 1984, p. 168 : « Marcus Tullius Tiro Ciceronis libertus qui primus notas commentatus est, in
Puteolano praedio usque ad centesium annum consencscit » ; M. B. Parkes, Their Hands Before Our Eyes…, pages 4-5.
42 Prudence (*Calahorra, ca. 348 Rome, ca. 405), Peristephanon Hymnus IX, Passio sancti Cassiani Forocorneliensis, éd. J.-P.
Migne, Patrologia latina,, t. 60, col. 432 – 443, éd. M. P. Cunningham, Turnholti, (Brepols), 1966, p. 326 – 329 : « Plagas mille gerens
totos lacerata per artus Ruptam minutis praeferens punctis cutem Innumer circim pueri, miserabile visu Confossa parvis membra figebant stylis,
Unde pugillares soliti percurrere ceras Scholare murmur adnotantes scripserant… ».
43 Saint Augustin (*Thagaste, 354 – †Hippone, 430), Enarratio in Psalmum LI (Sermo ad populum : David figura Christi §1), éd. Migne,
Patrologia latina, t. 36, col. 599 600 ; http://www.augustinus.it/latino/esposizioni_salmi/index2.htm : «quandoquidem placuit
fratribus non tantum aure et corde sed et stylo excipienda quae dicimus ut non auditorem tantum, sed et lectorem etiam cogitare debeamus… ».
44 Gregoire de Tours (*Clermont-Ferrand, 538 – †Tours, 594), Gregorii Turonensis opera, Liber X, 19, éd. W. Arndt, M.G.H.,
Scriptores rerum merovingicorum, Hannovrae, 1885, p. 432 : 17 – 19, « Sed puer eius familiaris adfuit qui haec notarum titulis per thomus
chartarum comprehensa tenebat unde non dubium fuit ressidentibus haec ab eodem directa ».
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
latine a connu un bref regain d’intérêt au XIIe siècle grâce à Thomas Beckett46, et plus tard, au XVIe
siècle, grâce à Johannes Trithemius47, mais c’est surtout grâce aux humanistes J. Gruterus, G. S. Scaligero
et M. Velserus des XVIe-XVIIe siècles que le grand renouveau des notes tironiennes eut lieu. Ce grand
renouveau des XVIe-XVIIe siècles fut le point de départ de nombreux travaux sur la sténographie latine à
l’époque moderne.
Ainsi, on observe que les notes tironiennes ont été utilisées couramment dans toutes les facettes de
l’administration de la Rome impériale, puis, à partir de l’époque de saint Cyprien de Carthage, semble-t-il,
(*ca. 20 ca. 255-258), dans toute l’administration ecclésiastique et aussi dans l’administration gallo-
romaine. Ensuite, leur utilisation est attestée abondamment dans les documents diplomatiques et
administratifs mérovingiens, provenant notamment de Saint-Martin de Tours48. Mais, c’est à la fin du
VIIIe siècle et durant la majeure partie du IXe siècle, que les notes tironiennes ont connu une véritable
renaissance, surtout en territoire de Neustria. Ainsi, du IXe siècle il nous reste de très nombreux
manuscrits contenant des textes, gloses, glossaires, diplômes et documents de tout genre (bibliques,
liturgiques, diplomatiques, littéraires, scientifiques, philosophiques, musicaux, etc.), écrits en sténographie
latine. Ce renouveau d’intérêt pour la sténographie latine correspond, sans doute, à la grande « correctio »
ou « renovatio » entreprise sous l’impulsion de Charlemagne, avec le concours d’Alcuin d’York et de ses
proceres (nobles) et missi dominici (envoyés spéciaux royaux), aboutissant le 23 mars 789 à la promulgation
du célèbre Capitularium XXII intitulé « Admonitio generalis », article 72. « Sacerdotibus Et ut scolae legentium
puerorum fiant Psalmos notas cantus compotum [computum] grammaticam per singula monasteria vel episcopia et
libros catholicos bene emendate [emendatos] ») ; à propos du capitulaire « Admonitio generalis », cf. l’édition d’A.
Boretius49.
45 Saint Isidore de Séville (*Cartagena, ca. 560 – †Sevilla, 636), Etymologiarum, I, 22, éd. Migne, P.L., t. 82, col. 98 99, éd. J.
Fontaine, Origines, Paris, 1983 (2e ed.), p. 80 – 84 ; L. Traube, Die Geschichte des tironischen Noten bei Suetonius und IsidorusI, dans Archiv
für Stenographie, 53e année, 1901, p. 191- 208 : « De Notis Vulgaribus [1] Vulgares notas Ennius primus mille et centum invenit Notarum
usus erat ut, quidquid pro con[ten]tione aut [in] iudiciis diceretur librarii scriberent conplures simul astantes divisis inter se partibus quot quisque
verba et quo ordine exciperet Romae primus Tullius Tiro Ciceronis libertus commentus est notas sed tantum praepositionum [2] Post eum
Vipsanius Philargius et Aquila libertus Maecenatis alius alias addiderunt Deinde Seneca contractu omnium digestoque et aucto numero opus
efficit in quinque milia Notae autem dictae eo quod verba vel syllabas praefixis characteribus notent et ad notitiam legentium revocent quas qui
didicerunt proprie iam notarii appellantur • ».
46 Thomas Beckett, (*1118 – †1170), archevêque de Cantorbéry de 1162 à 1170 ; cf. David A. King, The Ciphers of the Monks. A
forgotten Number-Notation of the Middle Ages, (collection Boethius 44), Stuttgart (Frantz Steiner Verlag) 2001, 506 pages, voir p. 61,
chap. II, « The English Ciphers ». Section 3.2 – « The tironian Notes ».
47 Johann von Heidenberg von Trittenheim (*1462 †1516), abbé bénédictin de l’abbaye de Sponheim en Rhénanie-Palatinat ;
Polygraphiae libri sex, Oppenhemii, 1518, in-quarto, p. Qvi-recto et Qvi-verso : « Superscriptio aut ab ignaro mysterii talis fuerat extrinsecus
posita Psalterium in armeica lingua Doctorem adbibui falsitatem ostendi ita rescribendum admonui Psalterium notis Ciceronis descriptum…».
48 P. Gasnault, J. Vezin, D. Muzerelle, Documents comptables de Saint-Martin deTours, Paris, 1975, p. 190-191 ; H. Atsma et J. Vezin,
éds., Chartae latinae antiquiores, t. XIII-XIX (France t. I-VII), Dietikon-Zurich, 1981-1987, cf. n° 659 ; cf. le cartulaire Paris,
Bibliothèque nationale de France, NAL 2654, VIIe s., 31 feuillets : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc708313 ;
David Ganz, « On the Histoiry of Tironian Notes », op. cit., page 40 (note 22).
49 cf. Boretius (Alfredus), éd., Capitularia regum Francorum, tome I, Monumenta Germaniae Historica, Legum sectio II (t. I), Hannoverae,
1883 (réimpression 1984) ; le Capitularium XXII, « Admonitio generalis », daté de l’an 789 m[ense] Martio 23, p. 52-62, contient 82
articles, voir article 72. « Sacerdotibus », p. 59-60 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k952388/f72.image. Nota bene (5) : Ce
capitulaire n° 22, émanant de Charlemagne lui-même, nous permet de découvrir en deux courtes phrases tirées de l’article 72, le
vaste programme scolaire prévu dans le cadre de la grande « correctio » ou « renovatio » (réforme, restauration) de la culture générale.
Voici liste des sources des Capitularia de Charlemagne que nous propose A. Boretius : Guelferbytanus [Wolfenbuttel, Herzog
August Bibliothek], (Helmstadiensis) 496 ; Eporedia [Ivrea, Italia], Biblioteca Capitulare , XXXIII (4), 125v-133v ; Eporedia [Ivrea,
Italia], BCap., XXXIV.[cat. 5] 3r-13r ; Eporedia [Ivrea, Italia], BCap., XXXIV (5), Iv ; Sangallensis [Sankt Gallen, Stiftsbibliothek]
733, p. 15 ; Paris, BnF, Fonds latin 10758 (IXe s., origine : Saint-Rémi de Reims), Capitularium « Admonitio generalis », voir page 50 :
lignes 15-19 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8423828c/f62.image ; http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc34715m ; Paris,
BnF Fonds latin 4613, Xe s., Capitularium « Admonitio generalis », voir f. 73
/
p. 147, voir f. 79v
/
p. 162 : lignes 1-4 « … aut
scolegentium puerorum fiant uectes cantuit conpotum gramaticam, per singula monasteria vel episcopia et libros canonicos bene emendate… » [sic],
dans ce manuscrit, il manque les Capitularia 9, 11, 26, 27 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9066866b/f1.image ;
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc634592 ; Paris, BnF, Fonds latin 4628 A, f. 59 v°, Xe s. :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc634787 ; München, BSB, clm : 14468, f. 98, 19416, Mutin. Cath. D. I. 2, f. 160,
Goth. 84 f. 214, Guelferbytanus [Wolfenbuttel, HAB], inter Blanck. 130.52, f. 73, Bruxelles, [BRB], 8654-9672, Wien, Bibl. Pal.
Can. 128, f. 92 : preface (1ère partie), Capitularia : 37-54, 60-70, préface (2e partie), Capitularia : 1-36 (il y manque les Capitularia
55-59, 71-82), Leiden, [UB], Voss. Q. 119, f. 136, Capitularia : 61-69, 71, 74, 81, 82, 1-5, 15, 16, 21, 22, 56 ; cf. Pierre Riché, Les
écoles et l'enseignement dans le haut Moyen Âge, Paris, 1999, p. 71, 323, 404. Nota bene (6) : Par ailleurs, a l’instar de l’Admonitio
generalis, il existe deux diplômes, notamment : « Epistola de litteris colendis » (Boretius, p. 78-79), et « Epistola generalis » (Boretius, p.
80), qui émanent de Charlemagne et contiennent aussi des precisions concernant les réformes scolaires, culturelles et cientifiques
instituées par ce dernier. Ces deux epistolae sont datables entre l’an 786 et l’an 800. Parmi ces 3 documents qui définissent la
politique socioculturelle de Charlemagne, seule l’« Epistola generalis » mentionne explicitement les arts libéraux comme étant à la
base du programme scolaire carolingien : « et ad pernoscenda studia liberalium artium » ; cf. éd. A. Boretius, M.G.H., Legum sectio
II, Hannover, 1883, p. 80 ; cf. Luitpold Wallach, Alcuin and Charlemagne, Cornell University Press, Ithaca (New York, USA), 1959,
p. 198-230, (2e ed. 1967). Cet ouvrage contient une étude critique du diplôme de Charlemagne adressé à Baugulf abbé de Fulda,
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Traduction française : « Générale Admonition », « Article 72 À l’intention des Prêtres : et afin que les écoles
deviennent [un endroit ] les enfants [apprennent] à lire les psaumes [ ils apprennent à lire et à écrire] les
notes [tironiennes, c’est-à-dire la sténographie latine],[ils apprennent les] chants [« grégoriens » de toute l’année liturgique]
[où ils apprennent] le comput [c’est-à-dire l’art de calculer les dates et les jours de fêtes mobiles du calendrier, et en particulier
la fête de Pâques] [ils apprennent] la grammaire [de base de tous les sept arts libéraux c’est-à-dire le Quadruvium [sic]
: ars arithmetica, ars musica, ars geometrica, ars astronomica, et le Trivium : ars grammatica, ars dialectica uel logica, ars
rhetorica][et ce] dans toutes les écoles monastiques et toutes les écoles cathédrales de [l'Ordo Palatii] [utilisant les] livres
catholiques [qui, pour les enfants, ont été] bien corrigés »
Découvrons à présent les Gesta Conlationis Carthageniensis anno 411, auxquels Aurelius Augustinus,
l’évêque d’Hippo Regius, a contribué activement. Cet ensemble de documents nous fournit des
renseignements abondants et détaillés sur la pratique de la sténographie latine et sur le métier de notarius-
exceptor au début du Ve siècle. Étant donc un témoignage-clé sur l’usage des notes tironiennes, les Gesta
Conlationis Carthageniensis méritent ici une mention à part.
(e) Gesta Conlationis Carthageniensis anno 411(Paris, BnF, Fonds latin 1546, IXe s.)
Les Gesta Conlationis Carthageniensis anno 411 (Concilium Carthaginense 411)50 constituent un
ensemble d’archives et les actes du procès-verbal de la célèbre conférence de Carthage tenue en trois
séances le 1er, le 3 et le 8 juin de l’an 411. Cette conférence, organisée sous l’égide du commissaire de
l’empereur romain Flavius Honorius (395-423), en l’occurrence Flavius Marcellinus (†413), uir clarissimus,
tribunus et notarius, opposait deux épiscopats chrétiens numidiens d’origine berbère, c’est-à-dire la partie
des 7 évêques catholiques romains orthodoxes (Catholici), dont le chef de fil fut Aurelius Augustinus
(†430), évêque d’Hippo Regius (auj. Anaba, Algérie), et la partie des 7 évêques catholiques donatistes
(Donatistas), un mouvement chrétien séparatiste qui prônait une extrême rigueur en matière de pureté et
de discipline du clergé, dont le chef spirituel historique fut Donatus Magnus (†ca. 355), consacré évêque
de Carthago (auj. Carthage, Tunisie), et Primat de la Numidie, en 313, et dont le chef de fil fut
Primmianus, évêque de Carthage et Primat de la Numidie en l’an 411. Les Gesta sont divisés en trois
documents distincts : Capitula Gestorum Marcelli, Gesta Conlationis, Breviculus Conlationis Augustini, dont le
troisième, un compte rendu sommaire, fut rédigé par l’évêque Aurelius Augustinus lui-même. Selon nos
connaissances actuelles, la tradition manuscrite des Gesta Conlationis Carthageniensis est conservé dans le 4
manuscrits différents, dont le plus ancien et le plus complet est le manuscrit Paris, BnF, Fonds latin
154651, écrit, semble-t-il, vers 845 dans le scriptorium de Lorsch [?]52 sous l’abbatiat de Samuel (837-857),
évêque de Worms.
intitulé « Epistola de litteris colendis », qui fournit des détails sur la politique éducative et culturelle émanant de Charlemagne, dont
l’apprentissage des notae Ciceronis faisait partie intégrante ; cf. Illo Humphrey, Boethius. His Influence…, p. 45-46 (n. 10), p. 58 (n.
41) ; cf. Universität Leipzig, Reges Francorum Capitularia : http://home.uni-leipzig.de/jurarom/manuscr/Can&RomL/titles/10657.htm.
50 Le plus ancien témoin des Gesta Conlationis Carthageniensis (Concilium Carthaginense 411) est conservé dans le manuscrit Paris,
Bibliothèque nationale de France, Fonds latin 1546, Anciennes cotes : Colbert 601, Regius 3776b ; Concilium Carthaginense Gesta
Collationis Habitae Cartagini inter Catholicos et Donatistas P. C. / P. O. [ ?] Varianis, Parchemin ; Date : entre 825 et 850 ; origine :
scriptorium de Lorsch [?], 143 feuillets ; Dimensions : 295 x 235 mm. Manuscrit intégral et notice BnF en ligne :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8572192f/f5.image ; http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc59491p ; Dixit
Archivesetmanuscrits.bnf.fr : « IXe siècle Rubriques en capitale mêlée d'onciale. Explicits et incipits en capitale. — Au f. 143v, notes
ou essais de plume. Au f. 1 : « Liber oblatus ad altare Sancti Stephani, voto Fulcherii canonici », peut-être la cathédrale de
Lyon, cf. Delisle, Cab. des mss., II, 381 ; — Notes de la main de Pierre Pithou : « Monsieur Mondin, advocat, me l'a baillé en
eschange du code Henry, en feb. 1594 » et signature : « P. Pithoei » ; — Passa ensuite à J.-A. de Thou, dont le nom se trouve au
même feuillet. Parchemin ; 143 ff., 295 × 235 mm., reliure parchemin, traces de lanières ». Les Gesta Conlationis Carthageniensis
sont réunis en une seule édition critique intitulée : Gesta Conlationis Carthaginiensis, anno 411 accedit sancti Augustini Breviulus
Conlationis cum Donatistis, (Corpus Christianorum Series Latina CXLIX A), Serge Lancel (éd.), Turhout (Brepols), 1974, Préliminaires
(Avant-Propos, Introduction) : V-XXXIV pages, édition : 340 pages ; cf. pages 4-52 : Capitula Gestorum Marcelli ; pages 53-257 :
Gesta Conlationis (1er, 3, 8 juin l’an 411) ; pages 261-306 : Breviculus Conlationis Augustini [Patrologiae cursus completus. Series latina, éd.
Jacques-Paul Migne, Tome 43, colonne 613]. Cet ouvrage constitue le n° CXLIX A (149 A) du Corpus Chistianorum Series Latina
(CCSL), et le n° 194 dans Les Sources Chrétiennes (LSC), Éditions du Cerf, 1972.
51 cf. Serge Lancel (éd.), Gesta Conlationis Carthaginiensis, Introduction, pages XIX-XXIII. Les trois autres témoins des Gesta
Conlationis Cathageniensis sont les suivants : Biblioteca Apostolica Vaticana, Reginenis latin 993 et Reginenis latin 1032, tous deux
écrits sur papier datable du XVIe s., puis Grenoble, Bibliothèque municipale manuscrit 198 (cote actuelle), datable du XIIIe s., et,
dans le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. VII, Paris, 1889, p. 71, le même manuscrit porte la cote
197 ; l’ancienne cote de ce codex est : Gratianopolitanus 152 ; cf. Serge Lancel (éd.), Gesta Conlationis Carthaginiensis, anno 411, p.
XXIII-XXV. Depuis le XVIe s., de nombreux travaux et éditions ont été éffectués sur la Conférence de Carthage de l’an 411, cf.
Serge Lancel (éd.), Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XXV-XXXIII, et XXXIII-XXXVI.
52 Lorsch (D-64653, Allemagne, Land : Hesse, District : Darmstadt, Arrondissement Bergstrasse. L’abbaye de Lorsch, fut
fondée en 764 ; son premier abbé fut Chrodegang, évêque de Metz ; cf. Heinrich Diehl, Reinhard Diehl, Lorsch : Geschichte und
Geschichten. Lorsch (Laurissa), 290 pages, 1991 ; http://www.bibliotheca-laureshamensis-
digital.de/fr/kloster/bibliothek_skriptorium.html ; cf. Gesta Conlationis Carthaginiensis, éd. Lancel, Introduction, pages XIX-XXV.
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Notarius –
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(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
L’ensemble du dossier des Gesta est fait de deux types d’écrits distincts : (a) 20 documents
d’archives comprenant un édit impérial, des édits proconsulaires, des lettres synodales, des mandats
épiscopaux, des souscriptions épiscopales, etc., (b) le procès-verbal des actes de la conférence de
Carthage, qui nous fournit des renseignements abondants et détaillés sur la pratique de la sténographie
latine, sur la hiérarchie des fonctions des notarii et exceptores, sur le protocole auquel sont soumis les
sténographes dans la mise au net finale des notae en vue de l’editio, enfin, sur les supports d’écriture
(volumen schaedae membranaceum) utilisés à l’époque, et ce aussi bien du côté impérial qu’ecclésiastique. En
effet, le commissaire Flavius Marcellinus arrive à Carthage avec son propre officium administratif
(chancellerie) de 4 notarii-exceptores (sténographes-greffiers-secrétaires), lesquels sont complétés par un
officium de 4 notarii-exceptores ecclésiastiques des deux parties opposées. Au cours de l’enregistrement du
procès-verbal sténographié, les notarii-exceptores sont encadrés par les custodes chartarum (des évêques
gardiens des chartes), qui veillent sur le bon déroulement du processus de la mise au net53. Dans ces
Gesta, nous trouvons donc une terminologie précise qui concerne directement les activités de notarius-
exceptor-scriba, par exemple : charta, codex, edtio, exceptor, membrana, nota, notaria, notarius, sceda, scrinium,
subscriptio, sigillum, tabula, tribunus, volumen, etc. ; cette terminologie est repértoriée, infra, dans le ¶ VI
Glossaire-Lexique proto-philologique de la présente étude.
Les procès-verbaux sténographiés de cet évènement important, qui furent enregistrés tantôt sur
tabulæ (tablettes de cire) à l’aide de styli (stylets), tantôt sur volumina scedæ membranacea (rouleaux de
parchemin) à l’aide de calami (calames, roseaux à écrire) et d’atramentum (encre), ne nous sont
malheureusement pas parvenus. Toutefois, l’editio (la rédaction finale) des Gesta Conlationis Carthageniensis
anno 411, à laquelle participa activement l’évêque d’Hippo Regius Aurelius Augustinus, fut publiée sous
l’autorité impériale par son ami proche Flavius Marcellinus, vir clarissimus tribunus et notarius. Ces Gesta
demeurent donc un monument incontournable dans l’archéologie de la sténographie latine, et dans
l’histoire du métier de notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius au sein de l’administration
romaine, de l’administration ecclésiastique et de l’administration royale mérovingienne et carolingienne.
Abordons à présent le problème délicat d’une reconstitution hypothétique de ce que l’on peut
appeler « l’alphabet tironien », en examinant de près l’archéologie des différentes couches
paléographiques que l’on observe au sein du système sténographique latin.
(f) Alphabet tironien reconstituté
La reconstitution de l’alphabet tironien présuppose une analyse paléographique hypothétique des
divers éléments constitutifs qui entrent dans la facture de la sténographie latine. En effet, un examen
attentif des éléments graphiques des notes tironiennes révèle la convergence de trois influences principales :
(a) l’alphabet grec, (b) l’écriture cursive latine observée dans les tablettes à encre à partir du Ier siecle
avant Jesus-Christ54, puis dans les tablettes de cire55, enfin, (c) l’écriture dite « onciale primitive » que l’on
rencontre dans le célèbre fragment de parchemin daté de l’an 100 de notre ère, connu sous le nom de
Fragmentum de Bellis Macedonicis56. Certes, on peut déceler d’autres influences visiblement présentes dans ce
système sténographique : toutefois, les origines de celles-ci restent encore incertaines. Enfin, faut-il
ajouter, l’hypothèse concernant le rapport entre l’écriture cursive du Ier siècle de notre ère et certains
signes de sténographie latine avait déjà été formulée en 1892 par le philologue allemand Karl
Zangemeister57. L’étude comparative de ces écritures est illustrée dans le tableau synoptique ci-après.
53 Gesta Conlationis Carthaginiensis, Introduction, pages VII-X, XI (n. 7), XII-XIX.
54 cf. R. Birley, Vindolanda : a Roman Frontier Post on Hadrian’s Wall. New Aspects of Antiquity, Londres, 1977, ch. VIII : « Writing
Tablets », p. 132-157 ; Jan-Olof Tjader, « Bibliotheque de Vindolanda », dans Eranos, t. 75, 1977, p. 83 ; A. K. Bowman, J. D.
Thomas, Vindolanda : the Latin Writing-Tablets, Volume I, Londres, 1983, p. 19-74, p. 151-152 ; Volume II, The Vindolanda Writing
Tablets : Tabulae Vindolandenses II, Londres (British Museum Press), 1994 : http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/ ;
http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/tablets/TVI-2-2.shtml ; http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/tablets/TVeditions.shtml ;
http://www.thebritishmuseum.ac.uk/education/romanbritain/army.html.
55 cf. Henry Bartlett Van Hoesen, Roman cursive Writing, Princeton, 1915, p. 27-31, 225-241 et Tableaux : A, B, C, D, lesquels
constituent 38 figures et 10 planches ; http://www.worldcatlibraries.org/wcpa/top3mset/c6b735a24f998e56.html.
56 cf. London, British Library, Pap. 745 : http://www.bl.uk/manuscripts/FullDisplay.aspx?ref=Papyrus_745 ; voir facsimile E. A.
Lowe, Codices latini antiquiores, II2 n° 207, ainsi que dans le papyrus dit « d’Aberdeen » daté du IIe IIIe siècle de notre ère, cf.
Bibliothèque de l’Université d’Aberdeen, 2c ; voir facsimile E. A. Lowe, Codices latini antiquiores, 2 : n° 120.
57 cf. Karl Zangemeister « Zur Geographie des romischen Galliens und Germanien nach den tironischen Noten », dans Neue
Heidelberger Jahrbücher, II, 1892, p. 31 et suivantes ; Karl Zangemeister, né à Gotha en 1837 et mort à Heidelberg en 1902, fut, de
1873 a 1902, Oberbibliothekar à la Bibliothèque universitaire à Heidelberg ; http://www.ub.uni-
heidelberg.de/wir/geschichte/zangemeister.html.
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(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
ALPHABET TIRONIEN RECONSTITUÉ
Alphabet greca Alphabet latinb Alphabet latinc Alphabet tironiend
(dans le désordre) (Tablettes de bois) (onciale primitive) (alphabet reconstitué)
(Tablettes de cire) « Fragmentum de Bellis Macedonicis »
(Bois : 1er s. av. J.-C.) (ca. l’an 100)
(Cire : 1er et IIe s.)
Colonne a | Colonne b | Colonne c | Colonne d
Planche 2
• © Ce tableau, Alphabet tironien reconstitué, fut conçu et réalisé par Illo Humphrey, Paris, France •
die iouis pridie idus aprilis anno Domini A M° DCCCC° XCV° (jeudi 12 avril 1995) •
(a) Alphabet grec : cf. S. E. le Cardinal Eugène Tisserant, « Les Ecritures », Papyrus de Timothée de Milet au
Berliner Staatsmuseum (tableau synoptique des écritures grecques : IVe s. av. J.-C. a. D. 1073), Homélies de Saint
Basile sur les Psaumes, Biblioteca Apostolica Vaticana, Reginensis gr. 18, dans Initiation biblique, sous la direction de
A. Robert et A. Tricot, Paris, 1939, chapitre 4, p. 77 ; cf. aussi Laon, Bibliothèque municipale, ms. 444, origine :
Laon (?), IXe s.
(b) Tablettes de bois à encre : cf. R. Birley, Vindolanda : a Roman Frontier Post on Hadrian’s Wall…, Londres, 1977,
chapitre VIII : « Writing Tablets », p. 132-157 ; Tablettes de cire : B. Bischoff, Paléographie de l’Antiquité romaine et du
Moyen Âge occidental, Paris, 1985, p. 62-63. En 1875, furent découvertes à Pompei 127 tablettes de cire dans la
maison du banquier et adjudicataire Caecilius Iucundus ; ces tablettes datent de l’an 15 à l’an 62 ap. J.-C. et sont
conservées au Musée national de Naples. Entre 1788 et 1855, dans les mines d’or de Veraspatak en Roumanie
(Transylvnie), furent trouvées une quantité importante de tablettes de cire dites « daciennes », dont une vingtaine est
conservée au Musée de Budapeste. Les tablettes « daciennes » datent de l’an 131 à l’an 167 ap. J.-C. ; Corpus
Inscriptionum latinarum, III, pars II, Inscriptionum Illyrici partes VI. VII. Res gestae divi Augusti. Edictum Diocletiani de pretiis
rerum. Privilegia militum veteranorumque. Instrumenta Dacica, Edidit Theodor Mommsen, Otto Hirschfeld, A.
Domaszewski, 1873, impr. iter. 1958, ISBN 3-11-003190-6 ; cf. James Chidester Egbert, Jr., Introduction to the Study of
Latin inscriptions, New York, Cincinnati, Chicago, 1895, p. 382-286 ; cf. H. B. Van Hoesen, Roman cursive Writing,
Princeton, 1915, p. 27-31, 225-241 et Planches : A, B, C, D, cf. Planches : A – D ; Giulia Bologna, Merveilles et
splendeurs des livres du temps jadis, Milano, 1988, p. 15.
(c) Onciale primitive : Fragmentum de Bellis Macedonicis (P.Oxy. 1.30), vers l’an 100, fragment de parchemin conservé
à Londres, British Library, Papyrus [sic] 745 (10 lignes d’écriture), cf. B. Bischoff, op. cit., p. 76, Pl 2b ; E. A. Löwe,
Codices latini antiquiores, vol. II-2, 207 ; Alexander Kouznetsov, « A Rhythmical Arrangement of the Fragmentum
De bellis Macedonicis” », dans The Bulletin of the American Society of Papyrologists, Vol. 47, 2010, pp. 117-130; cf
http://www.bl.uk/manuscripts/FullDisplay.aspx?ref=Papyrus_745.
(d) Alphabet tironien : cf. E. Chatelain, Introduction à la lecture des Notes tironiennes, Paris, 1900, réimpression N. Y.,
1964 ; Illo Humphrey, « Trois Homélies attribuées à Heiric moine de Saint-Germain d’Auxerre : leur écriture en
notes tironiennes. Manuscrit Bamberg Patristique 46 Q.VI, 32 », dans, Bulletin de la Société des Fouilles archéologiques et
des monuments historiques de l’Yonne, n° 13, année 1996, p. 25-48, (11 Planches hors-texte), cf. Planche 11.
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
¶ III – Sources
Dans cette étude sur les sources manuscrites, nous ciblons surtout les glossaires-lexiques
tironiens, dont le plus ancien connu, nous l’avons dit, est daté de la fin du VIIIe siècle vers 799,
notamment le manuscrit dit « Codex Cassellanus » conservé à Kassel en Allemagne à la bibliothèque
universitaire appelée Gesamthochschule, sous la cote Gesamthochschule, Ms. philol. 2 ; bien que son
origine ne soit pas tout à fait certaine, on pense qu’il a été écrit au monastère royal du nord de la Neustria
faisant partie de l’ordo palatii. Il s’agit du Monasterium Elnonensis : c’est-à-dire l’abbaye bénédictine de Saint-
Amand-en-Pévèle situé sur le fleuve Elnone. Le monastère de Saint-Amand fut fondé vers 639 par le
moine aquitain Amandus (†661), et richement doté, semble-t-il, par le roi Dagobert 1er (né vers 600, roi
de Neustria en 628, †le 8 avril 639). Appelé « Saint-Etienne » du VIIe au Xe siècle, puis « Saint-Amand » à
partir du XIe siècle, le monastère se situait dans la forêt de Pévèle et de Vicoigne, d’où : « Saint-Amand-
en-Pévèle », qui, au IXe siècle, dépendait du diocèse de Tournai (Belgique) ; aujourd’hui, il s’agit de la
commune de Saint-Amand-les-Eaux (Région : Hauts-de-France, Département du Nord 59230, arr.
Valenciennes, chef-lieu du canton, à proximité de la Scarpe et de l’Elnone, affluents de l’Escaut).
Le vocabulaire que l’on trouve dans les glossaires-lexiques tironiens englobe, comme il se doit,
tous les domaines d’activités de la société romaine et s’avère donc un excellent point de départ pour une
étude proto-philologique de la sténographie latine. Par ailleurs, doté d’un syllabaire complet de toutes les
consonnes de l’alphabet latin (par exemple : ba, bas, be, bes, bi, bis, bo, bos, bu, bus, borum, barum, etc.), le
système des notes tironiennes permet en effet d’écrire syllabiquement tous les phonèmes qui ne sont pas
répertoriés dans le glossaire-lexique, en l’occurrence des mots et des noms propres étrangers.
Pour les besoins de cette étude, nous signalons six sources différentes, manuscrites et imprimées,
qui sont représentatives de l’ensemble des sources et travaux connus des périodes médiévale et moderne
contenant des textes consignés en sténographie latine, que voici, précédés de leurs sigles:
(a) Commentarius notarum tironianarum :
• CC = Codex Cassellanus (Kassel, Gesamthochschule, 2° Ms. philol. 2) : ca. 799, (Saint-Amand ?) •
• WCG = Wolfenbüttel, Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4° : IXe s. (850-860), (Saint-Amand ?) •
• K-2 = Ulrich F. Kopp, Paleographia Critica, tome 2, Mannheim, 1817-1829 •
• CNT = Commentarii notarum tironianarum, 2 vol., Leipzig, 1893, édition : Wilhelm Schmitz •
• EC = Émile Chatelain, Introduction à la lecture des notes tironiennes, Paris (chez l’Auteur), 1900 •
(b) Le Psautier tironien :
• N.a.l. 442 = Paris, Bibliothèque nationale de France, NAL 442 : Psautier, IXe s., (Tours ?) •
Wolfenbüttel, HAB, Codex Guelferbytanus 3025, 13, 4°, Bern, BB, 668, London BM, Add. 9046, Paris,
BnF, Fonds latin : 190, 1327, 13160, 17960 •
Les six sources indiquées ci-dessus ont été choisies pour leur ancienneté et leur fiabilité. Il s’agit
de trois sources manuscrites et de trois éditions critiques imprimées. Un compte rendu de chaque source
est donné, suivi d’une courte bibliographie. Avant d’aborder la description des sources choisies, il
convient en premier lieu de définir le concept de glossaire en matière de sténographie latine, glossaire qui
porte le nom de « Commentarius », c’est-à-dire « recueil de notes », « aide-mémoire ».
(a) Le Commentarius notarum tironianarum
(Liber notarum Vulgares Notæ Romanarum Notæ Ciceronis Notæ Senecae Notæ)
Un Commentarius [ou Commentarium] tironien est un glossaire-lexique de sténographie latine qui est
élaboré tantôt par ordre thématique, tantôt par ordre alphabétique, et qui peut comporter jusqu’à 14000
signes. Dans la tradition manuscrite carolingienne, les Commentarii notarum tironianarum sont désignés, selon
les scriptoria : Notæ, Notæ Ciceronis58, Notæ Senecae59, Liber notarum60, Vulgares Notæ Romanarum61. Les signes
de ce système d’écriture sont pour la plupart des abréviations soit par suspension (i.e. la réduction
extrême de la graphie à un radical), soit par contraction (i.e. la compression extrême d’une graphie à deux
58 Paris, BnF, Fonds latin 8779, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84267924/f14.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc114058
59 Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4°, Glossaire tironien, f. 1r (IXe s., Saint-Amand [?]) :
http://diglib.hab.de/?db=mss&list=ms&id=9-8-aug-4f&catalog=Heinemann&image=00205
Paris, BnF, Fonds latin 8779, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84267924/f14.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc114058
60 Paris, BnF, Fonds latin 8777, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84790068/f2.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc11403s
61 Paris, BnF, Fonds latin 7493, Manuscrit composite, Glossaire tironien, f. 105r-167v (IXe s., origine [?]):
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84789937/f213.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc20900w
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de ses éléments) accompagnés soit d’une terminaison flexionnelle (i.e. une désinence casuelle ou verbale),
soit d’un point. Le point, en effet, peut entrer dans la composition des sténogrammes de plusieurs parties
du discours (verbes, adverbes, adjectifs, noms, pronoms, prépositions, conjonctions) ; toutefois, il est
employé le plus souvent en composition avec certains substantifs (quel que soit leur genre). Le rôle
essentiel du point, pour ce qui concerne les substantifs, est d’indiquer le nominatif singulier ainsi que
l’emplacement des terminaisons flexionnelles auprès du radical ; en outre, il entre dans la composition de
toutes les désinences des substantifs féminins en
-tas
, y compris, parfois, avec celle du nominatif singulier
(par example le signe pour le mot
æstas
). Par ailleurs, la sténographie latine prévoit un syllabaire complet
de
A
à
Z
permettant ainsi un système d’écriture syllabique des mots dont on ignore le sténogramme, ou
bien des mots non répertoriés dans les Commentarii, ou encore, nous l’avons dit, des mots d’origine
étrangère. La composition des mots par syllabes sténographiques est accompagnée souvent, mais pas
obligatoirement, d’un s
ɸ
u
ɸ
rl
ɸɸ
ig
ɸɸ
n
ɸ
e
ɸɸɸɸ
m
ɸ
e
ɸ
n
ɸ
t
ɸ
complet ou partiel, indiquant ainsi qu’il s’agit là d’un sténogramme
syllabique. L’utilisation du s
ɸ
u
ɸ
rl
ɸɸ
ig
ɸɸ
n
ɸ
e
ɸɸɸɸ
m
ɸ
e
ɸ
n
ɸ
t
ɸ
signifie soit que le sténogramme du mot en question n’existe pas,
soit que le scribe ne connaissait pas le sténogramme correspondant au mot. Enfin, les sources que nous
avons choisies parmi les Commentarii notarum tironianarum, manuscrits et éditions, correspondent aux
références indiquées ci-après.
1. (CC) Codex Cassellanus (Kassel, Gesamthochschule, 2° Ms. philol. 2) :
(http://diglib.hab.de/?db=mss&list=ms&id=9-8-aug-4f&catalog=Heinemann&image=00205 )
Le Codex Cassellanus, écrit dans le Nord de la France à Saint-Amand, semble-t-il, vers l’an 799,
constitue le plus ancien des grands glossaires carolingiens connus de sténographie latine. Il est conservé
aujourd’hui à Kassel en Allemagne dans le complexe de bibliothèques réunies connu sous le nom de
Gesamthochschule ; il fut reproduit en fac-similé en 1914 par Ferdinand Ruess. Ce codex mesure environ
275 mm x 190 mm et referme 147 feuillets en parchemin écrits recto-verso sur deux colonnes, dont le
feuillet 1-recto est resté vierge. Au feuillet 1-verso on lit l’inscription : « Chrismon In Christi Nomine Incipiunt
Notae Senecae », suivie du début du glossaire, dont les trois premiers signes, Ab Ad Con • ont été
calligraphiés en style dit « franco-saxon » avec entrelacs. CC contient environ 11640 signes sténographiques
répartis sur 6 Commentarii. Les 6 Commentarii sont divisés à leur tour en un nombre très variable de
chapitres. L’organisation des signes fut effectuée non par ordre alphabétique mais par ordre thématique,
à l’unique exception des signes du 5e Commentarium (f. 139v°-a - f. 145-a), lesquels ont été classés par
ordre alphabétique.
Par rapport aux autres grands lexiques « tironiens » du IXe siècle, le Codex Cassellanus accuse une
lacune de 76 + 400 signes, lesquels correspondent à la perte, en deux endroits, de six feuillets entiers.
Cette lacune intervient en début de codex aux feuillets 6 et 7. La foliotation actuelle, qui se suit dans un
ordre normal, ne laisse pas deviner cette lacune. L’édition en fac-similé de Ferdinand Ruess, qui a été
utilisée ici, est très commode en ce qu’elle présente sur chaque page en titres courants les Tabulae
correspondantes dans CNT (i.e. l’édition critique de Wilhelm Schmitz), et là CC est lacunaire (i.e. f. 6
= CNT Tabula 4, 94 à Tabula 5, 69 ; f. 7 = CNT Tabula 6, 46 à Tabula 10, 55), Ferdinand Ruess comble la
lacune en ajoutant à la fin de son édition les 476 signes empruntés au WCG.
BIBLIOGRAPHIE : cf. Ferdinand Ruess, éd., Die Kasseler Handschrift der tironischen Noten, samt Ergänzung aus der
Wolfenbütteler Handschrift, Lipsiae, Teubner Verlag, 1914 ; Bernhard Bischoff, Die südostdeutschen Schreibschulen und
Bibliotheken in der Karoligerzeit, tome 2, Wiesbaden, Otto Harrassowitz, 1980, p. 64 ; Hartmut Broszinski, Kasseler
Handschriftenschätze, Pretiosa Cassellana, Kassel, Johannes Stauda Verlag, 1985, pages 117-121) ; Hartmut Broszinski,
und Konrad Wiedermann, « ‘Ein alt verrunzelt buchlin’ - Johannes Trithemius Vorbesitzer der Kasseler Tironischen
Noten », dans De captu lectoris, Festschrift für Wieland Schmidt, Berlin (de Gruyter), 1986.
2. (WCG)Wolfenbüttel, Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4
Le Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4° est originaire du Nord de la France, de Saint-Amand
également, semble-t-il. Datable vers le milieu du IXe siècle, il est conservé aujourd’hui à la Herzog August
Bibliothek à Wolfenbüttel en Allemagne. Ce codex mesure environ 240 mm x 155 mm et renferme 98
feuillets de parchemin. Il fut écrit par deux mains différentes (1ère main : f. 1-69, 2e main : f. 70-98). Il
contient environ 13000 signes sténographiques écrits dans l’ensemble sur trois colonnes, mais aussi, par
endroit, sur deux colonnes. Au feuillet 1-recto on découvre la même inscription qui se trouve au début de
CC : « In Christi Nomine Incipiunt Notae Senecae », suivie du début du glossaire, dont les trois premiers
signes, ab, ad, con ont été également calligraphiés en style « franco-saxon » avec entrelacs. À l’instar de CC,
ce glossaire fut organisé par ordre thématique, divisé en Commentarii et subdivisé en chapitres. Vu la
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(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
similitude entre les deux manuscrits, il n’est pas impossible que CC ait servi de modèle au Codex
Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4.
BIBLIOGRAPHIE : cf. O. V. Heinemann, Handschriften der Wolfenbütteler Herzog August Bibliothek, tome IV : 2e partie,
p. 146, n° 2989 ; David Ganz, « On the History of Tironian Notes », dans Tironische Noten. Vortäge…, éd. Peter
Ganz, Wiesbaden (Otto Harrassowitz), 1990, pages 35-51, cf. page 44.
3. (K-2) Ulrich F. Kopp, Paleographia Critica, tome 2
K-2
est un glossaire de sténographie latine qui contient environ 13 000 signes. Les signes y sont
classés, tantôt par ordre alphabétique, tantôt par ordre morphologique. Cette méthode de double
classement par ordre alphabétique et morphologique confère à
K-2
une très grande utilité, rendant ainsi
les recherches plus aisées. En effet, lorsqu’on tombe sur un vocabulaire qu’on ne connaît pas, on est
souvent obligé de chercher les sténogrammes selon leur classement morphologique (c’est-à-dire selon
leurs formes sténographiques et leurs genres phonétiques, e.g. desum : p. 338, fors : p. 258, versus : p. 144) ;
c’est alors que le double classement dans
K-2
est d’un réel secours. Pour ce qui concerne les verbes, les
glossaires donnent souvent la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif ; quant aux
substantifs, ils donnent le plus souvent et le nominatif et le génitif singulier. Le nominatif, quel que soit
son genre, est souvent indiqué par un point, lequel nous signale l’emplacement des désinences ; il s’ensuit
que, lorsqu’il n’y a ni point ni terminaison flexionnelle pour indiquer l’emplacement précis des désinences,
on est obligé de chercher des précédents dans d’autres textes sténographiés. Enfin, il faut signaler un petit
défaut chez
K-2
, à savoir : la fonte des caractères utilisés dans l’édition ne permit pas une reproduction
fidèle de certains signes par rapport à leurs modèles carolingiens, si bien que parfois l’on reconnaît mal tel
radical ou telle désinence. K-2 est doté d’un index, en faisant ainsi un outil de travail très pratique.
BIBLIOGRAPHIE : cf. Ulrich F. Kopp, Paleographia Critica. Tachygraphia veterum, 2 volumes, Mannheim, 1817-1829 ;
Bernhard Bischoff, éd., Lexicon tironianum, Nachdruck aus U.F. Kopp’s Paleographia critica, (Mannheim, 1817-1829),
Osnabrück (Otto Zeller Verlag), 1965.
4. (CNT) Wilhelm Schmitz, Commentarii notarum tironianarum
Les
CNT
, édition critique en deux volumes réalisée par Wilhelm Schmitz en 1893, c’est un outil
de travail des plus précieux. Le volume I contient une introduction, suivie de l’appareil critique qui est
divisé en 132 sections, lesquelles correspondent aux 132 Tabulae du tome II. À la suite de l’appareil
critique se trouve l’index du tome II, lequel contient 5 erreurs d’omission (
fex
→101 : 12,
notabili
s
64 : 72,
notariu
s 64 : 71,
notat
64 : 65,
vos
18 : 40), ainsi que plusieurs erreurs d’indexation
(e.g. :
constat
24 : 41 et non 40 : 41,
futurum
4 : 99 et non 4 :100
Johannis
132 : 163 et non
162 :163). Le volume II renferme 132 Tabulae de sténographie latine, dont les 120 premiers
correspondent parfaitement à l’intégralité du
CC
, abstraction faite, bien sûr, de ses 76 + 400
sténogrammes manquants. Les
CNT
contiennent entre 13000 et 14000 signes et furent constitués à partir
d’un ensemble de vingt-cinq sources manuscrites et imprimées, dont le témoin principal n’est autre que
CC
(cf. sigle
K
pour Kassel). Les 132 Tabulae du tome II comptent chacune, en moyenne, une centaine de
signes. À l’instar du Codex Cassellnus, les
CNT
classent les signes non par ordre alphabétique (sauf, bien
sûr, le Commentarium n° 5 : cf. Tabulae 114 : 63 à 119 : 10), mais par ordre thématique (par jargon),
commençant par un précis de grammaire : cf. Tabulae 1-16 : 53, suivi du syllabaire : cf. Tabulae 16 : 54 -19 :
91. Ensuite entre Tabulae 19 : 92 et 120 : 78 se déroule le vocabulaire courant, lequel englobe tous les
divers aspects de la vie romaine (administratif, économique, politique, militaire, agricole, médical,
scientifique, intellectuel, artistique, etc.). À titre d’exemple voir Tabulae : 61 (les chiffres), 62 (tout le
jargon du calendrier romain), 76 (le jargon des scribes et notarii), 78 (tout ce qui concerne le corps
humain), 84 (noms de pays, de régions, de villes), 104-105 (médecine, herboristerie, agriculture), 107
(instruments de musique), etc. Par ailleurs, Tabulae : 55, 60, 121-132 donnent en abondance le
vocabulaire biblique et ecclésiastique.
BIBLIOGRAPHIE : cf. Wilhelm Schmitz, Commentarii notarum tironianarum cum prolegomenis adnotationibus criticis et
exegeticis notatumque indice alphabetico, Lipsiae (B. G. Teubner Verlag), 1893, Tome I, page 4 : Compendiorum
explicatio, page 5 : I. De codicibus commentariorum notarum tironianarum, page 10 : II. De origine et
compositione commentariorum notarum tironianarum, page 12 : III. Adnotationes criticae et exegeticae ad
commentarios notarum tironianarum. Nota bene (7) : l’Appareil critique, comme indiqué plus haut, est suivi de
l’index du tome II ; Tome II : 132 Tabulae ; Ludwig Traube, « Ein altes Schülerlied » dans Neues Archiv der Gesellschaft
für ältere deutsche Geschichtskunde..., XXV,1900, pages 618-626, voir pages 625-626 ; réimprimé dans Ludwig Traube,
Vorlesungen und Abhandlungen, tome 3, München, 1920, chapitre XLIV : « Ein altes Schülerlied », pages 191-198, voir
pages 197-198.
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(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
5. (EC) Le manuel d’Émile Chatelain
Le manuel d’Émile Chatelain, publié en 1900 par l’auteur lui-même, constitue une étude
approfondie sur les différents aspects de la sténographie latine. En début de traité, l’auteur propose une
bibliographie de soixante-huit ouvrages et publications par vingt-six auteurs, puis une courte analyse de
l’alphabet sténographique reconstitué (p. 1-3), suivie d’un glossaire (p. 4-48) et un traité de grammaire (p.
48-105). Après un chapitre sur les « Conseils pour le déchiffrement » (p. 106-111), il recense les pratiques
sténographiques régionales en Italie (Vérone : p. 112-116, Bobbio : p. 117-120), en Gaule (Gellone : p.
120, Tours : p. 121-125, Limoges : p. 126, Orléans : p. 126-129, Paris : p. 129-133, Beauvais : 133-135,
Corbie : 136-138, Saint-Amand : 138-139, Laon : 139-141, Reims : 141-142, Autun : 143-144), ensuite il
donne un extrait du syllabaire des Commentarii (p. 145-152), et passe en revue les « tachygraphies »
syllabiques régionales (italienne : p.152-160, française : p. 161-167, espagnole : p. 168-176). Ensuite, un
chapitre important est consacré à la diplomatique ; y sont étudiées cinquante chartes, allant du roi
mérovingien Thierry III (i.e. Theodericus III : 679-690) jusqu’à l’archevêque de Tours Theotolon : 940-
945 (p. 177-208). Enfin, pour clore le manuel, l’auteur propose dix-huit planches hors-texte avec
transcriptions (p. 209-234). Nota bene (8) : Étant donné que l’auteur, E. Chatelain, ne s’est pas servi
d’une plume à pointe biseautée permettant de tracer des pleins et des déliés, on distingue difficilement
dans ce manuel la différence entre les désinences ti et et ; is, it et am ; as et um ; i et ta ; ae et es. Ce défaut
non négligeable oblige les utilisateurs nouvellement initiés à se référer toujours aux sources manuscrites et
imprimées les plus fiables, afin d’éviter des erreurs de lectures.
BIBLIOGRAPHIE : cf. Émile Chatelain, Introduction à la lecture des notes tironiennes, Paris, 1900 ; réimpression New
York : Lenox Hill Publishing and Distributing Corporation, 235, East 44th Street, 10017, New York., New York,
1964, ISBN : 0 8337-0549-0, 1964.
(b) Psautier « tironien », Paris, BnF, Nouvelles acquisitions latines 442
Les psautiers écrits en sténographie latine, psautiers dits « tironiens », sont parfois d’un grand
secours lorsque la signification d’un signe n’est donnée nulle part ailleurs. Le Psautier « tironien » Paris,
Bibliothèque nationale de France, NAL 442 est le seul des 8 Psautiers « tironiens » connus qui soit
absolument complet sans la moindre lacune ; il contient, en effet, les 150 Psaumes et les 16 Cantica dans
leur intégralité. Il est datable de la première moitié du IXe siècle, vers l’an 840 ; il provient de Saint-
Martin de Tours, son origine, en revanche, est incertaine. Comme témoignent ses anciennes cotes
(Bouhier E 150, Faculté de Médecine de Montpellier H 449, Guiliemo Bruto Timolente Libri-Carrucci
94, Lord Ashburnham s.c., B.n.F. R. C. 8070(59) ), le manuscrit eut une histoire très mouvementée avant
son acquisition par la Bibliothèque nationale de France entre 1868 et 1888. Ce petit codex mesure environ
184 mm x 135 mm et renferme 98 feuillets, tous écrits sur deux colonnes, sauf f. 98, lequel a 23 longues
lignes. Au feuillet 1-recto on découvre l’unique lettrine du manuscrit, une enluminure du Psaume I : 1 Bea-
tus uir qui non abi-it in-consilio impi-orum (cf. supra Planche 1). Il s’agit d’une lettrine pleine page aux entrelacs
dorés rehaussés de rouge, lesquels émanent du ductus de la lettre « B » du sténogramme pour le mot
« Bea-tus ». La lettrine, peinte sur fond rose ponctué de petites fleurs, est entourée de fleurons verts, noirs
et dorés formant un cadre rectangulaire. J’émets l’hypothèse que le manuscrit aurait pu être écrit de la
main d’Amalarius de Metz, si l’on en croit l’anagramme A-ma-La
-rius
qui figure deux fois dans le codex,
respectivement aux feuillets 14r (marge supérieure) et 78v (marge inférieure).
Le manuscrit fut écrit par deux mains différentes, semble-t-il, (sans doute par le maître scribe et
son apprenti). Toutes les inscriptions (i.e. les titres des Psaumes) ont été écrites en écriture dite « capitale
rustique », et tous les Psaumes et Cantica, sans exception, ont été entièrement sténographiés. Dans
l’ensemble, le manuscrit est bien écrit et relativement facile à lire. Quant au texte, il s’agit de la version du
Psautier dit « gallican » (version officielle de la Vulgate depuis les papes Sixtus V : 1585-1590 et Clémens
VIII : 1592-1605), mises à part quelques « incursions » çà et de versets provenant des versions dites
« romaine » et « hébraïque » du Psautier. On n’y trouve, faut-il le signaler, aucune indication de divisions
liturgiques. Véritable mine lexicographique, les 150 Psaumes (e.g. Psaumes : II, VI, XVIII, XXI, XXIIII,
XXX, XXXIIII, L, LIIII, LXXII, CII, CXXXIIII, CXLVI, CXLVIII, entre autres), ainsi que les 16
Cantica (cf. Symbolum, i.e. «
Credo
», f. 95v°-b : 8 →
descend-it
, 10
ascend-it
;
Fides catholica
Athanasii episcopi
, f. 97-b : 9 →
crea-tus
), offrent un vocabulaire très riche qui peut dépanner le
chercheur en quête désespérée de la signification d’un signe non répertorié dans les lexiques. Étant
rigoureusement conforme à la tradition sténographique conservée dans les Commentarii, le Paris, B.n.F.,
n.a.l. 442 est donc parfaitement fiable, et peut, de ce fait, servir de lexique de référence.
BIBLIOGRAPHIE : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc71166v ; cf. L. Delisle, Catalogue des Manuscrits
des fonds Libri et Barrois, Paris, 1888, page 5 (n° III) ; É. Chatelain, Introduction à la lecture des notes tironiennes, Paris (chez
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 16 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
l’auteur), 1900, pages 102-105, 224, planche X ; E. K. Rand, A Survey of the Manuscripts of Tours, tome 1, Cambridge,
Massachusetts, U.S.A., 1929, pages 159-160 : n° 122; A. Boeckler, Abendländische Miniaturen…, Berlin,1930, p. 37,
41,109 ; Victor Leroquais, Les Psautiers, manuscrits latins des Bibliothèques publiques de France, t. I, Macon, 1940,
Introduction ; t. II, Macon, 1941, p. 135 ; Illo Humphrey, « La sténographie latine (notes dites “tironiennes”), état
de la question… », dans Colloquia Aquitana I – 2005. Études médiévales : Patrimoine matériel et immatériel, éd. Illo
Humphrey, Paris (Éditions Le Manuscrit), 2006, p. 110-112.
Les sept autres psautiers dits « tironiens » connus sont comme suit :
• 1. Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Codex Guelferbytanus, 3025, 13, 4°, IXe s., provenance Saint-Amand ?,
accuse deux lacunes : Psaume « 151 », i.e. le premier des 16 cantiques Pusilus eram, et l’hymne Te Deum laudamus
• 2. Bern, Burgerbibliothek, Codex Bongarsiana, 668, IXe s., provenance Fleury ?, très lacunaire •
• 3. London, British Museum, Add. 9046, IXe s., provenance : Reims ?, très lacunaire •
• 4. Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 190, IXe s., provenance incertaine, très lacunaire,
contient un fragment de lexique « tironien » du mot praetexta au mot tenuis
• 5. Paris, BnF, Fonds latin 1327, IXe s., provenance incertaine, très lacunaire •
• 6. Paris, BnF, Fonds latin 13160, IXe s., provenance Saint-Faron de Meaux ?, lacunaire :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90726050/f5.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc74245s
7. Paris, BnF, Fonds latin 17960, XVIIe s., ce manuscrit provient de Saint-Corneille de Compiègne ; il s’agit d’une
copie sur papier du manuscrit précédent Paris, BnF, Fonds latin 13160. À propos du manuscrit Paris, BnF, Fonds
latin 17960, cf. Victor Leroquais, Les Psautiers…, t. II, Macon, 1941, p. 34, 73, 115 •
Nota bene (9) : À propos du Psautier, souvenons-nous du Capitularium XXII de Charlemagne
promulgué en 789, « Admonitio generalis », ¶72. « Sacerdotibus» (supra note 48), qui décrétait que dans toutes
les écoles monastiques et cathédrales, tous les enfants, garçons et filles, devaient apprendre le cycle
complet des Psaumes de toute l’année liturgique (Officium et Missa), les notes tironiennes, le chant dit
« grégorien », le comput (calcul du calendrier romain), et la grammaire. L’apprentissage du latin et de
l’écriture des notae commença, en effet, par le livre des Psaumes. Ainsi, pour les carolingiens, le Psautier
jouait un double rôle, l’un spirituel, l’autre hautement pédagogique.
Nous procéderons à présent à l’examen d’un Studium tironianum, qui constitue une analyse
sommaire et une transcription partielle d’un acte privé, c’est-à-dire la fin de l’acte appelée « subscriptio ».
L’acte choisi fut établi dans le diocèse de Tours vers l’an 940, pendant le pastorat de Théotolon,
archevêque de Tours, et sous le règne du roi Louis IV d’Outremer (936-954).
¶ IV – Studium tironianum
Entre 1988 et 2004, j’ai eu l’honneur de rendre de multiples services à de nombreux collègues
médiévistes de par le monde62, en déchiffrant ou en transcrivant, à leur demande, une grande variété de
textes pluridisciplinaires consignés en notes tironiennes et conservés dans des maunscrits pré-carolingiens,
carolingiens et post-carolingiens63. La charte ci-après émane de Théotolon, archevêque de Tours, sous le
règne du roi Louis IV d’Outremer (936-954).
Il s’agit d’un acte privé sous forme d’emphytéose (bail à long terme) d’un arpent de terre arable
acensé (loué) à 3 frères moyennant un census (cens, loyer) annuel. La « souscription » ou l’« authentification » de
l’acte contient, comme il se doit, les signatures des principaux personnages autorisés à céder le terrain
arable en question, suivis de leur qualité et fonction au sein de l’hiérarchie de l’évêché de Tours. Ces
personnages, qui constituent en partie l’étude prosopographique de ce document privé, sont comme suit :
62 Jean Vezin (1988, 1989), Richard Landes (1988), Hartmut Atsma (1989), Jan Hendrick Prell (1989), Elisabeth Lalou (1990),
Jean-Pierre Laporte (1990), Michel Huglo (1990-2004), Calvin Bower (1990), Michael Bernhard (1991), Pierre Petitmengin
(1991), Philippe Depreux (1991, 1995), Michèle Courtois (1992), Pascale Bourgain (1994), Olivier Guyotjeannin (1990, 1995),
Michael I. Allen (1998), Richard et Marie Rouse (1998), etc.
63 Bamberg, Staatsbibliothik, Patr. 46 Q. VI, 32, Homilies d’Heiricus Autissiodorensis, f. 41-45v (IXe s., origine : Auxerre [?] •
Leiden, Universiteitsbibliotheek, Vossianus Latinus 94, Regula Chrodegangi (IXe-Xe s., origine : Saint-Arnoulf de Metz [?]) Paris,
Archives nationales, charte n° (K 17 n° 1) : lignes 20, 25, datée d’août 943, cf. Musée de l’Hisoire de France (AE II) n° 80 • Paris,
BnF, Collection Lorraine vol. 980 n° 2, sexto kalendas ianuarii DCCC° XL° VIII° [27 décembre 848], (Origine : Saint-Arnoulf de
Metz) • Paris, BnF, Fonds latin 2718, Diplômes sténographiés, f. 72-76, 78-80, etc. (ca. 830, origine : Saint-Martin de Tours [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105000058/f153.image ; http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc60514s • Paris,
BnF, Fonds latin 2858, Lettres de Lupus Ferrariensis, voir feuillets 8, 8v, 15, 20, 24v, 26v, 29v, 34v, 37v, 38, 38v, 45, 45v, 46v
(IXe s., origine : Ferrières [?], Fleury-sur-Loire [?], Ripoll[?]) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10318625w/f6.image ;
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc606590 Paris, BnF, Fonds latin 6370, Macrobius Ambrosius Theodosius,
Commentarii in somnium Scipionis (f. 1-111v), voir f. 42, 61v, 68, 72v, 75v, 81, 85v (IXe s., origine : Saint-Martin de Tours [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc34030m ; http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84262858/f87.image • Paris,
BnF, Fonds latin 7200, Boethii De institutione musica libri quinque (IXe s., origine : Fleury [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc663827 ; http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9067035b • Paris, BnF, Fonds
latin 7231, Augustini De musica, f. 62-83v, etc. (IXe s., origine : Saint-Martial de Limoges) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9068428w ; http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc66421x
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ligne 26 : Θηωθωλω [sic] [THEOTHOLO] (misericordia omnipotentis Dei Turonorum humilis archiepiscopus subscripsit) •
ligne 27 : Guarno (presbyter hanc auctoritatem fieri deprecatus est et ipse subscripsit) •
ligne 28 : Badilo (decanus atque archiclavis siue abbas subscripsit), Otbertus (archidiaconussubscripsit) •
ligne 29 : Rotbertus (archidiaconus subscripsit), Otgerius (diaconus atque præcentor subscripsit), Odo (diaconus subscripsit) •
ligne 30 : Item Rotbertus (archidiaconus subscripsit) • Erbernus (licet indignus acolytus subscripsit),
ligne 35 : Erbernus [?] (sacerdos diaconus præsens fuit rogatus scripsit et subscripsit), etc.
Voici donc un exercice de transcripton de notes tironiennes dans un dipôme daté du milieu du Xe
siècle, justement la période, pendant laquelle la sténographie latine est tombée en désuétude.
Paris, BnF, Fonds latin 11834
• Cartulaire, document n° 2 • Date : quinto kalendas augusti DCCCC° XL° [?] (28 juillet 940 [?]) •
Θηωθωλω [sic] [THEOTHOLO] Turonensis Archiepiscopus, lignes 26-29, 3564
Planche 3
l. 26 : Θηωθωλω misericord-ia omnipoten-tis dei turon-orum humilis archieposcopus subscripsit
l. 27 : GUARNO presbyter Hanc auctoritatem fieri deprecatus est et ipse subscripsit
Otbertus
l. 28 : BADILO DECANUS atque archiclavis[?] siue abbas scripsit Ὠθβηρθους archidiaconus subscripsit
l. 29 : ROTBERTUS archidiaconus subscripsitOTGERIUS diaconus atque præcentor subscripsit
ODO diaconus subscripsit
l. 35 : EBERNUS [?] sacerd-os diaconus præsens fu-it roga-tus subscripsit
Nota bene (10) :
Dans la transcription d’un document quelconque en notes tironiennes, voici les 5 principes de base à respecter :
• (1) Reproduire avec précision les graphies •
• (2) Transcrire ce qui est écrit •
• (3) Transcrire tout ce qui peut être lu (désinences, terminaisons, préfixes, etc.) •
(4) En cas de maladresses ou fautes manifestes de la part du scribe, reproduire fidèlement la graphie telle
quelle, puis indiquer la correction, soit en note, soit entre crochets carrés, soit dans un glossaire-lexique
critique annexe •
• (5) Copier intégralement à la main le texte étudié, dans la mesure du possible, ce qui permet une
connaissance intime du texte et du scribe d’origine •
64 cf. Pierre Gasnault, Henri-Jean Martin, « Une nouvelle charte de Théotolon », dans Bulletin de la Société Archéologique de Touraine,
Tome XXXV, 1967, p. 91, 92, 92-bis, 92-ter, 93-96 ; André Salmon, « Notice historique sur l’abbaye de Saint-Loup près de
Tours », dans Bibliothèque de l’école des chartes, 1844, p. 436-446, 446-bis, 447, 448, 447-bis, 449-453.
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• Glossaire tironien • Paris, BnF, Fonds latin 11834 • document n° 2 • Théotolon de Tours ca. 940 •
Notæ : Transcriptio : Commentarii 65 :
Planche 4
Nota bene (11) : À la différence de ce diplôme du Xe siècle, qui ne contient que très peu de sténographie latine à la
fin du document dans la subscriptio, il existe de nombreux diplômes écrits intégralement en notes tironiennes, par exemple
la charte qui émane de Saint-Arnoulf de Metz : « Donativum atque testamento quem fecit An-sel-mus in pago Hi-do-ni-in-se in
fine Ga-an-gp-ni-a uel ad patrem sancti Ar-nul-fi »66, et le recueil de diplômes qui commencent par la célèbre formule
mérovingienne et carolingienne « Not-um sit omn-ibus fidel-ibus nostris præsen-tibus scilic-et futur-is quia qualiter … »67.
65 Sigles des Commentarii: CC : Codex Cassellanus : Kassel, Gesamthochschule, 2° Ms. philol. 2, VIIIe s., origine : abbaye de Saint-
Amand-en-Pévèle [?], vers 799, cf. édition-facsimilé, Ferdinand Ruess, Die Kasseler Handschrift der tironischen Noten, samt Ergänzungen
aus der Wolfenbüttler Handschrift, Leipzig, 1914, IV p., 150 planches, in-folio (WCG) Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Codex
Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4, IXe s., origine : abbaye de Saint-Amand-en-Pévèle [?], vers 850-860 CNT : Wilhelm Schmitz,
Commentarii notarum Tironianarum, cum prolegomenis, adnotationibus criticis et exegeticis notarumque indice alphabetico, Leipzig, 1893, Vol. 1 :
Appareil critique, 117 p., Vol. 2 : Glossaire de notes tironiennes, 132 Tabulae, in-folioK-2 : Ulrich F. Kopp, Paleographia Critica, 4
vol., in-quarto, Commentaire sur les notes tironiennes, Glossaire de notes tironiennes, Paléographie hébraïque, paléographie grecque,
paléographie latine, cf. Vol. 2 (Glossaire de notes tironiennes) ; Lexicon Tironianum : Nachdruck aus Kopps « Palaeographia critica » von
1817, mit Nachwort und einem Alphabetum Tironianum von Bernhard Bischoff, Osnabrück, 1965, XVI-664-III pages.
66 Paris, BnF, Collection Lorraine vol. 980 n° 2, sexto kalendas ianuarii DCCXLVIII° [27 décembre 848], origine : Saint-Arnoulf
de Metz, cf. Julien Havet, « Charte de Metz accompagnée de notes tironiennes. 27 décembre 848 » BEC, XLIX, p. 95-101, 144 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k12424r/f95.image.
67 Paris, BnF, Fonds latin 2718, manuscrit composite contenant des diplômes sténographiés, f. 72-76, 78-80, 84v-85v, 111v, 118-
119v, 125-134v etc. (ca. 830, origine : Saint-Martin de Tours [?]) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105000058/f153.image ;
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¶ V – Pratique épistolaire
Planche 5
« Amicitia uera plus ualet quam scientia• plus quoque quam diuitiae resque pretii magni• »
Entre 1988 et 2004, j’ai eu le bonheur d’entretenir une correspondance régulière avec certains de
mes collègues médiévistes et latinistes68, pour lesquels j’avais effectué des travaux de déchiffrement, de
lecture et de transcription de notes tironiennes. Ces services rendus en matière de déchiffrement de notes
tironiennes ont occasionné une correspondance personnelle abondante, aboutissant à un corpus de plus de
70 épîtres tironiennes, rédigées directement en sténographie latine, avec toujours la transcription latine en
clair dans l’interligne. Cette activité épistolaire s’est étendue essentiellement sur 16 années entre 1988 et
2004. Il s’agit d’une correspondance à la fois scientifique et amicale, dont l’ensemble du corpus est
composé de lettres, de cartes postales, tantôt sur papier, tantôt sur parchemin. Ci-après, j’en propose un
seul exemple rédigé sur papier utilisant de l’encre rouge et de l’encre noire, à l’aide d’un stylo de
calligraphie, en l’occurrence un Rotring ArtPen, qui permet de faire des pleins et des déliés, indispensables
à la bonne écriture des notes tironiennes. Mes épîtres tironiennes respectent, dans l’ensemble, les six divisions
traditionnelles de l’ars dictaminis, c’est-à-dire : salutatio, captatio benevolentiae, narratio, divisio, petitio, conclusio.
Cette épître tironienne, calligraphiée sur une feuille de papier de format A3, fut rédigée selon le
modèle épistolaire de Marcus Tullius Cicero, *106 †43 av. J.-C., notamment ses Epistulae ad Familiares,
Liber sextus decimus, Ad Tironem ; le document comporte 19 longues lignes. Dans mes épîtres tironiennes, la
date, suivi du proverbe « Amicitia vera», la salutatio, et les débuts de phrases sont systématiquement
rubriqués ; sont rubriqués également les noms propres et les noms d’ouvrages, la subscriptio et la phrase
qui clôture l’épître : « Haec est epistola LVIIa ». Celle-ci, en effet, constitue ma 57e épître tironienne, elle fut
adressée à Pr. Dr. Reinhard Strohm, directeur de la Faculté de Musique de l’Université d’Oxford, à
l’occasion de mon séjour en tant que Visiting Research Fellow à l’Université d’Oxford en 199869.
Nota bene (11) : Parmi les recueils de lettres carolingiens parvenus jusqu’à nous, figurent celui
d’Alcuinus Euboricensis70 et celui de Lupus Servatus Ferrariensis71, recueils épistolaires qui sont à tous
égards représentatifs du haut niveau de la renaissance carolingienne aux VIIIe et IXe siècles.
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc60514s ; Karl Zeumer, Formulae Merowingici et Karolini Aevi. Accedunt Ordines
Iudiciorum Dei (Monumenta Germaniae historica), Hanover, 1886, Cambridge Library Collection – Medieval History, 2010 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95249x.r=Karl%20Helfferich?rk=64378;0.
68 Dominique Iogna-Prat (1989), James Grier (1989), David Ganz (1989), Anselme Davril (1990), Michel Huglo (1990-2004),
Calvin Bower (1990), Elisabeth Lalou (1990), Léon Pressouyre (1990), Wolfgang Milde (1990), Werner Taergert (1990), Jean-
Pierre Laporte (1990), Pierre Petitmengin (1991), Philippe Depreux (1991, 1995), Patrick Leboeuf (1992), Edouard Bouyé (1992),
Michèle Courtois (1992), Grégoire Eldin (1994), Olivier Guyotjeannin (1990, 1995), Janet Nelson (1995), Jean Dufour (1995),
Erika Einsenlohr (1995), Virginia Brown (1995), Paolo Radiciotti (1995), Werner Paravicino (1995), Florentine Mütherich (1997),
Reinhard Strohm (1998), Richard et Marie Rouse (1998), Matthias Martin Tischler (2004), etc.
69 Cf. Illo Humphrey, Ph. D.-HDR | Visiting Research Fellow at Oxford University | Faculty of Music | Boethius :
https://u-bordeaux3.academia.edu/IlloHumphrey/Visiting-Research-Fellow-%7C-Oxford-University-%7C-UK
70 Alcuin d’York (*Yorkshire, ca. 730-735 – †Tours, 804), savant britannique, praeceptor de l’École cathédrale d’York de 767 à 782,
praeceptor de l’École palatine d’Aix-la-Chapelle de 782 à 796, abbé de Saint-Martin de Tours de 796 à 804 ; D. Dales, Alcuin: His
Life and Legacy, Cambridge, UK (Clarke & Co.), 2012 ; Christiane Veyrard-Cosme, « Bède dans les Lettres d’Alcuin: de la source à
l’exemplum » dans Bède le Vénérable. Entre tradition et postérité, S. Lebecq, M. Perrin, O. Szerwiniack (éds.), Lille, 2005, p. 223-230 ; D.
Bullough, Alcuin: Achievement and Reputation, Leiden (Brill), 2004, p. 43-110 ; S. Allott, Alcuin of York, c. a.D. 732 to 804 : His Life
and Letters, York, 1974 ; R. B. Page, The letters of Alcuin, New York (Columbia University), 1909, 2011 ; E. Dümmler, u. a. (éds.),
Epistolae (II), MGH, Berlin, 1895, 1994, p. 1-493 ; I. Humphrey, Boethius. His Influence…, chap. 1 : « Boethius and Alcuin of
York...», p. 50-51 ; https://www.arlima.net/ad/alcuin.html ; http://www.colloquiaaquitana.com/?page_id=754.
71 Loup Servat de Ferrières (*ca. 805 – †ca. 862, théologien augustinien, abbé de l’abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Ferrières-
en-Gâtinais) : cf. Paris, BnF, Fonds latin 2858, Lettres de Lupus Ferrariensis, etc. (IXe
/
XIe s., origine : Ferrières [?], Fleury-sur-
Loire [?], Ripoll [?] : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10318625w/f6.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc606590 ;
Marco Mostert, The Library of Fleury…, 1989, p. 205 ; Michael I. Allen, « Les Lettres de Loup de Ferrières : le pourquoi et le
comment d’une nouvelle édition », dans Ecdotique, Lyon, HiSoMA-Sources Chrétiennes, le 19 février 2015 :
https://ecdotique.hypotheses.org/684 ; I. Humphrey, « Trois homélies attribuées à Heiric, moine de Saint-Germain
d’Auxerre...», 1996, planche 7 ; Peter K. Marshall (éd.), Servati Lupi Epistulae, Leipzig, 1984 ; P. K. Marshall, « The Codex
Bernensis of the letters of Servatus Lupus, abbot of Ferrières », Revue bénédictine, 91, 1981, p. 164–169 ; P. K Marshall, « The
learning of Servatus Lupus: some additions », Mediaeval Studies, 41, 1979, p. 514–523 ; P. K. Marshall, « The epistulae of Servatus
Lupus, abbot of Ferrières: some textual notes », Revue bénédictine, 89, 1979, p. 183–187 ; E. Pellegrin, « Les manuscrits de Loup de
Ferrières », [à propos du ms. Orléans 162 (139) corrigé de sa main.], dans Bibliothèque de l'école des chartes, Paris, 1957, tome 115. pp.
5-31 : http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1957_num_115_1_449558 ; F. Vercauteren, « Loup de Ferrières. Correspondance »,
dans Revue belge de philologie et d'histoire, tome 7, fasc. 3, 1928. pp. 1124-1127 : http://www.persee.fr/doc/rbph_0035-
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»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Illo Humphrey – Épître tironienne n° LVII
adressée à Professeur Reinhard Strohm, Oxford, Faculté de Musique
https://u-bordeaux3.academia.edu/IlloHumphrey/Notes-Tironiennes
https://www.researchgate.net/profile/Illo_Humphrey/publications
Die sabbato septimo kalendas maias anno Domini millesimo nongentesimo nonagesimo octauo
• (Samedi, 7e jour avant les calendes de mai, i. e. le 25 avril, l’an de grâce 1998) •
Planche 6
• Modèle épistolaire : Marcus Tullius Cicero, *-106 – †-43, Epistulae ad Familiares, Liber sextus decimus, Ad Tironem
0818_1928_num_7_3_6542_t1_1124_0000_3 ; L. Levillain. « Etude sur les lettres de Loup de Ferrières », dans Bibliothèque de l'école des
chartes, Paris, 1901, tome 62. pp. 445-509 : http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1901_num_62_1_448075 ;
https://www.arlima.net/il/loup_de_ferrieres.html ; G. Desdevises du Dézert, Lettres de Servat Loup, abbé de Ferrières, (Bibliothèque
de l’École des Hautes Études), Paris (F. Vieweg), 1888, 237 pages : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4234b/f7.image.
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 21 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
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Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
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(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Illo Humphrey – Épître tironienne n° LVII
Transcription latine adressée au Professeur Reinhard Strohm
(Directeur de la Faculté de Musique, St. Aldate’s, à l’Université d’Oxford)
https://u-bordeaux3.academia.edu/IlloHumphrey/Notes-Tironiennes
https://www.researchgate.net/profile/Illo_Humphrey/publications
(1)
Die sabbato
septimo kalendas maias
anno Domini
M°CM°XC°VIII°
(Samedi, 7e jour avant les calendes de mai, i. e. le 25 avril, l’an de grâce 1998)
(2)
Amicitia vera plus valet quam Scientia
plus quoque quam divitiae resque pretii magni
(3) Dilecto Reinhardo Strohmo, viro inlustro, clarissimo, doctissimoque, Musico magno,
Professori Universitate Civitatis Oxoniensis.
(4) HUMILLIMUS amicus tuus, Cantor Musicus Notariusque, id est ego, tibi salutem benignam
dicit. Ut vales optime Reinharde ?
(5) AMICE, si vales, bene est, ego valeo, familia quoque mea. Perlibenter opusculum tuum
« De dignitate effectibus Musicae »
(6) Regis collegii, id est duo saeculi quintodecimo tractatus Egidii Carlerii Iohannis
Tinctorisquqe, cum tua nuncupatione benigna,
(7) acceptum legique. Tibi gratias autem ago multas propter erga me benignitatem tuam. Ita
vero benevolentia tua mihi sensus magno inflexit.
(8) LIBELLUS tuus, quem, cum cura collegae sociique tui : Donaldo Cullingtono, editum est,
immo vero utillimus est eru-
(9) ditissmusque, eum legique ab initio usque ad finem. Didici autem multum, tua opera, id est
tuo gratia, potuique in
(10) horto intellecto Carlerii Tinctorisque cum gaudio deambulare. Feliciter dico vobis ex
animo, feliciter praeclareque!
(11) IGNOSCE, precor, silentium longum meum, id non fuit lentitudinis causa, sed veni, in
intervallo, [ in partem ]
(12) Colloquii septimi « Cantus Firmus intinerariaque eius », quod Unversitate Parisiensis
IIIIa apud Sorbonnam hebdomada
(13) Superiore die Mercurii Iovisque decimo nonoque kalendas Maias evenit. Colloquium enim
utillimum erat, eventus eius felix fuit.
(14) Ecce autem index cum omnibus participibus. Participatio mea fuit, ut vides, « Cantus
firmus cantilenaque hymnus ‘Te Deum laudamus
(15) in fragmento manuscripti Cantabrigiensis Gonville et Caius Collegio CCCti XXXta
IIIIor DCCti XXta VIItem (saeculi XIVmi ineunter) ».
(16) QUOD ad meam perigrinationem primam Universitate Oxoniensis pertinet, constituo enim
in praesenti iter meum inter mense Maii, id est,
(17) a die Mercurii tertiodecimo kalendas usque ad diem dominicam pridie kalendas Iunias. De
hospitio meo, prandi[is]que, mihi naturaliter placat apud campum Universitatis
(18) manere. Quid tibi videtur ? exspecto autem tuum responsum consiliaque tua. Silent nunc
calami mei, tibi optoque eorum lectionem bonam.
(19) CURA te diligenter optime Reinharde, Vale, tu tuique omnes. Ab amico tuo, Illo
Humphrey, Cantor, Musicus, Notarius,
Scripsi et subscripsi
.
Haec est epistola LVIIa
• Modèle épistolaire : Marcus Tullius Cicero, *-106 – †-43, Epistulae ad Familiares, Liber sextus decimus, Ad Tironem
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 22 -
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
¶ VI – Glossaire-Lexique proto-philologique
Un glossaire-lexique est un instrument proto-philologique par excellence. Il montre une étape
archéologique précise et vivante d’une discipline donnée, et constitue un état linguistique figé dans le
temps et dans l’espace sonore et phonétique. De plus, un glossaire-lexique proto-philologique sert à
mettre l’esprit dans l’ambiance, à exciter le processus cognitif, à stimuler la mémoire associative, et, avant
tout, il cible l’objet de la recherche. Un glossaire-lexique est donc toujours le bienvenu dans une étude
qui traite de l’ars notariae, l’ars dictaminis, l’ars dictandi, l’ars epistolica72, c’est-à-dire l’ars rhetorica, la 7e discipline
du canon des septem artes liberales.
Dès l’Antiquité romaine, la terminologie associée au métier de notaire-scribe-secrétaire, qui évolue
selon les époques et selon les auteurs, est très précise et très variée. Nous passons en revue ci-après une
partie de cette terminologie, afin que les lecteurs puissent se familiariser avec les multiples facettes de ce
métier ancien, en liaison étroit avec plusieurs corps du métier tels : les fabricants de papyrus, fabricants de
parchemin, fabricants d’encre, fabricants de pigments, fabricants de tabelletes de cire, fabricants de
tabelletes de bois, fabricants de reliures, fabricants de papier, enlumineurs et miniaturistes, etc.73.
L’objectif de cet instrument est d’aider les lecteurs à mieux comprendre la profession de scribe-
secrétaire, puis à se représenter l’activité de celui-ci, ou de celle-ci, dans l’accomplissement de ses tâches au
quotidien. Il fournit les noms de toute une panoplie d’outils, d’objets, de concepts et de fonctions que
l’on rencontre dans une étude sur ce métier, en l’occurrence : ars dictaminis, ars dictandi, amanuensis,
atramentum, calamus, cera, charta, codex, epistola, exceptor, libellus, librarius, membrana, nota, notarius, ostraca, pagina,
palimpsestus, papyrus, pergamena, puer notarius, pugillares, rotulus, schæda, scrinium, stylus, tabella, tabula, tribunus,
ubilicus, volumen, etc. En somme, notre glossaire-lexique cherche à restituer l’archéologie de l’ensemble des
faits et gestes de l’ancien scribe-secrétaire, en rapport avec la sténographie latine, signalant les diverses
professions annexes qui furent indispensables au bon fonctionnement de ce métier polyvalent, et
auxquels ce métier passionnant fut indispensable.
Notre glossaire-lexique contient un ensemble de 65 entrées qui couvrent les divers aspects du
métier de notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius. Chaque terme est défini, daté et référencé,
plusieurs termes sont accompagnés de leurs équivalents grecs. Dans un certain nombre de cas, nous
ajoutons aussi des références bibliographiques pertinentes. Enfin, les termes, dont il existe des
sténogrammes latins correspondants, sont accompagnés de références dans les Commentarii (glossaires-
lexiques de notes tironiennes), indiquées par les sigles : CC • CNT • K-2 74.
(1)
actuarius, -i
: sténographe, Caius Suetonius Tranquillus, *ca. 70 – ca. 122, Divus Iulius LV : « ab
actuaris exceptam » ; « Actuarius. Agilis, velox. Item Notarius acta cito scribens, in Amalthæa. In Glossis Lat.
Græc. » : Actuarius efficax, agilis, πρακτικός », cf. Charles du Fresne, sieur du Cange [*1610 – †1688], et
alia, Glossarium mediæ et infimæ latinitatis. Niort (L. Favre), 1883-1887, édition augmentée, t. I, colonne
065a : http://ducange.enc.sorbonne.fr/actuarius
72 Axel Erdmann, Alberto Govi, Fabrizio Govi (éds.), Ars Epistolica: Communication in Sixteenth Century Western Europe: Epistolaries,
Letter-writing Manuals and Model Letter Books 1501-1600, Preface: Judith Rice Henderson, Luzern (Gilhofer & Ranschburg),
Modena (Libreria A. Govi di Fabrizio Govi Sas), 2014, 1 vol., XXV-771 pages : ill., fac-sim.
73 Elisabeth Baras, Jean Irigoin, Jean Vezin, La reliure médiévale. Trois conférences d’initiation, Paris (P.E.N.S.), 1981 (2e édition) ; Léon
Gilissen, La reliure occidentale antérieure à 1400 d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale Albert ler à Bruxelles, Turnhout (Brepols),
Collection Bibliologia l, 1983, in-4°, 181 pages, 17 figures, 75 planches ; Jean Glenisson (dir.), Le livre au moyen âge, Paris (CNRS),
1988, cf. : Colette Sirat, « Du rouleau au codex », p. 14-21 ; « Le parchemin », p. 22-23 ; Jeanine Fohlen, « le palimpseste », p. 24-
26 ; Wladimir Vodof, « Les écrits sur écorce de bouleau », 27-29 ; Elisabeth Lalou, « Les tablettes de cire », p. 30-31 ; Colette
Sirat, « le papier », p. 32-33 ; Monique Zerdoun, « Les encres », p. 34-37 ; Monique Peyrafort, « Les scriptoria ecclésiastiques dans
le monde occidental du Ve au XIIe siècle », p. 43-53 ; Carl Nordenfalk, L’enluminure au moyen âge, Genève (Édition d’art Albert
Skira), 1988 / 2008, 139 pages, 61 planches ; Marie-Aange Doizy, Pascal Fulacher, Papier et moulins, des origines à nos jours,
Argenton-sur-Creuse (Éditions Technorama), 1989, 278 pages ; Jean-Pierre Nicolini, « Le parchemin d’aujourd’hui dans une
fabrication de type médiéval », dans Colloquia Aquitana I – 2005 Etudes médiévales : Patrimoine matériel et immatériel, Paris (Éditions Le
Manuscrit), 2006, p. 213-228 ; Monique Zerdoun, Les encres noires au Moyen Age: jusqu'à 1600, Paris (CNRS), 1983 (relié) / 2003
(broché), p. 31, 147, 360 : « atramentum tectorum » (encre, pigment noir des peintres), « atramentum sutiorum » (encre, produit qui sert
à noircir) ; Monique Zerdoun Bat-Yehouda, Les papiers filigranés médiévaux. Essai de méthodologie descriptive, avec la collaboration de
Georges Korobelnik, (Bibliologia 7, 8), Turnhout (Brepols), 1989, 2 volumes, p. 1-142-143-270 ; Monique Zerdoun Bat-
Yehouda, Monique-Cécile Garand, « Les papiers filigranés médiévaux. Essai de méthodologie descriptive », avec la collaboration
de Georges Korobelnik, 1989, (Scriptorium, Tome 45 n°1), 1991, pages 131-132) ; Charles-Moïse Briquet, Les Filigranes.
Dictionnaire historique des marques du papier, dès leur apparition vers 1282 jusqu'en 1600, avec 39 figures dans le texte et 16 112 fac-similés
de filigranes. Genève, Paris (Alphonse Picard et fils), 1907, 4 volumes, grand in-4°, 836 pages.
74 cf. supra note 65 CC : Codex Cassellanus : Kassel, Gesamthochschule, Ms. philol. 2, VIIIe s. CNT : Wilhelm Schmitz,
Commentarii notarum Tironianarum K-2 : Ulrich F. Kopp, Paleographia Critica, vol. 2.
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 23 -
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
(2)
amanuensis, -is
(
exceptor
,
-is
) : secrétaire, sténographe, scribe, « aut amanuensibus exceptis… » :
Caius Suetonius Tranquillus, *ca. 70 – ca. 122, Vita Neronis, XLIV •
(3)
ars dictaminis
(
ars dictandi
ars espistolandi
ars arengandi
ars notariae
)
: dictamen, l’art de
rédiger des lettres, diplômes, chartes, contrats, testaments, et autres documents officiels ; cf. Malcolm
Richardson, « The Ars Dictaminis. The Formulary, and the Medieval Epistolary Pratice », dans Letter-
Writing Manuals and Instruction from Antiquity to the Present. Historical and Bibliographic Studies, Carol Poster,
Linda C. Mitchell (éds.), Columbia, South Carolina (University of South Carolina Press), 2007, p. 52-66 ;
Franz J. Worstbrock, Monika Klaes, Jutta Bütten : Repertorium der Artes Dictandi des Mittelalters, Bd. 1: Von
den Anfängen bis um 1200, Münstersche Mittelalter-Schriften 66, München 1992 ; Marina Marietti,
Claudette Perrus (éds.), La science du bien dire: rhétorique et rhétoriciens au Moyen Âge, 2002, cf. J. Bartuschat,
« Notes », p. 52 ; Arthur Giry, Manuel de Diplomatique, Paris (Librairie Hachette et Cie.), 1894, p. 479-492 •
Nota bene (12) : La mise au point de l’ars dictaminis, l’ars dictandi est attribuée à Alberico di Montecassino
(*1030 – †1088), puis développé par Alberto di Morro : Pape Grégoire VIII (*1100 – †1187), et ensuite à
Bologne par Adalbert de Samarie (Precepta dictaminum, ca. 1115) et par Bernard de Bologne (Summa
dictaminum, ca. 1144-1145) ; Bernard de Meung (Flores dictaminum, ca. 1187) ; cf. Martin Camargo, Ars dictaminis
- Ars dictandi. Typologie des sources du Moyen Âge occidental, n° 60, Turnhout (Brepols), 1991 ; Gillian Knight, The
Correspondence Between Peter the Venerable and Bernard of Clairvaux: A Semantic and Structural Analysis, Aldershot, UK et
Burlington, Vermont, USA, (Ashgate), 2002 ; Anne-Marie Turcan-Verkerk, « Destins croisés de l’ars dictandi et de
l’ars versificatoria : Bernard de Bologne et la renaissance du XIIe siècle» Paris (IRHT – Ædilis, Actes 12), 6-IV-2006,
mise à jour 4-IX-2015 : https://irht.hypotheses.org/288 ; A.-M. Turcan-Verkerk, HAL archives-ouvertes.fr4 | avril
2007 : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00139943/document ; Nota bene (13) : d’après C. R. Smith,
Rhetoric and Human Consciousness: A History, 2013, Part II, ch. 6, p. 188 (note 140), la tradition de l’ars dictominis
divise la lettre en plusieurs parties distinctes : salutatio, captatio benevolentiae, narratio, divisio, petitio, conclusio
(4)
atramentum, -i
/
color, -is (τὸ
μέλαν, τοῦ μέλανος τὸ
χρῶμα, -ατος) : encre, pigment, teint ;
Marcus Tullius Cicero, * 106 av. J.-C. †43 av. J.-C., Epistulæ ad Quintum Fratrem II, 15 ; Gaius Plinius
Secundus, *37 †79, Naturalis Historia XXXV, XXV, 41 ; XXVII, 52 : « atramentum librarium » ; Isidorus
Hispalensis, *ca. 560 – †636, Etymologiae XIX, De navibus, ædificiis et vestibus, XVII (De coloribus), 17-21 ; A.
P. Montague, « Writing Materials and Books among the ancient Romans », in Writing Materials and Books, (The
American Anthropologist, Volume III, Number 4), October, 1890, pages 331-340 :
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1525/aa.1890.3.4.02a00040/pdf ; CC : 90v, CNT: 76, 28, K-2 : 59 •
(5)
calamus, -i
( κάλαμος, τοῦ κάλαμου τγραϕεῖον) : instrument pour écrire, calame, stylo,
crayon, canne, roseau, roseau à écrire, chalumeau, flûte ; Marcus Tullius Cicero, Epistulæ ad Atticum VI,
8,1 ; « calamum et chartas et scrinia posco » : Quintus Horatius Flaccus, *ca. 65 – 8 av. J.-C., Epistulae II, 113 ;
« scriptorius calamus » : calame, roseau pour écrire, Aulus Cornelius Celsus, Ier s., De arte media, V, 28, 12; VI,
4 ; A. P. Montague, « Writing Materials…», p. 331-340 ; CC : 128, CNT : 105, 78, K-2 : 53
(6)
calligraphia,
(
καλλιγραϕία, τῆς καλλιγραϕίας) : calligraphie, l’art de la belle écriture à
l’aide de calames, roseaux à écrire, plumes à écrire, pinceaux à écrire, stylets, etc. ; Πλούταρχος ὁ
Χαιρωνεύς, *Χαιρώνεια, ca. 45 – Χαιρώνεια, ca. 120 apr. J.-C., Τὰ σωζόμενα συγγράμματα,
Γαμικὰ παράγγελματα (fin)
(7)
cancellarius, -ii / amanuensis, -is / tabellio, -nis
: greffeir, sténographe, scribe, Codex Theodosianus
VI, 27 ; Magnus Aurelius Cassiodorus Senator, *ca. 480 – †ca. 585, Variae XI, 6 ; « tabellio uero qui
amanuensis nunc vel cancellarius dicitur » : Friedrich Karl von de Savigny, Histoire du droit au Moyen Âge,
Tome 1, traduit de l’allemand par Charles Genoux, Paris (Hingray), 1839, p. 60, 61 (n. m) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64656028
(8)
cera,
( κηρός, τοῦ κηροῦ) : cire, tablette de cire, page • Nota bene (14) : « cera prima » :
première page ; « primae duae cerae » : les deux premières pages, « cera ultima » : dernière page, « extrema
cera » : le bas de la page, « cera circumlinere » : enduire de cire, Marcus Tullius Cicero, Tusculanae Disputationes
I, 18 ; Marcus Fabius Quintilianus, ca. 30 apr. J.-C., De institutione oratoria X, 3, 31 : « scribi optime ceris », les
tablettes de cire sont optimales pour écrire ; CC : 107v, CNT : 89, 84, K-2 : 80 •
(9)
cerarius, -i
: scribe administratif (homme ou femme), sténographe, écrivain publique qui écrit sur les
tablettes de cire : IVe Ve s. ; Corpus Glossariorum latinorum, éd. Georg Goetz, 1884, V, 566, 14 ; cf. R.
Birley, Vindolanda : a Roman Frontier Post on Hadrian’s Wall…, Londres, 1977, chap. VIII : « Writing
Tablets », p. 132-157 ; B. Bischoff, Paléographie de l’Antiquité romaine et du Moyen Âge occidental, p. 62-63 •
(10)
charta, -æ
(ὁ χάρτης, τοῦ χάρτου) : feuille de papyrus préparée pour recevoir l’écriture, rouleau
de papyrus, papier, feuille de papier ; par extension, archives, volumes en forme de rouleaux, tablettes en
bois ; Marcus Valerius Martialis, *40 – †102-104, Epigrammaton Apophoreta XIV, 10 : « chartae maiores », 11 :
« chartae epistulares » ; « calamum et chartas et scrinia posco » : Quintus Horatius Flaccus, *ca. 65 8 av. J.-C,
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 24 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
Epistulae II, 113 ; Caius Suetonius Tranquillus, *ca. 69 – †ca. 126 apr. J.-C., Vita Neronis XX, 1 :
« plumbea charta », feuille de plomb ; le plus fin et le plus beau, Gaius Valerius Catullus, *ca. 84 – †ca. 54 av.
J.-C., I, 6, « chartae regiae » : papyrus royal ; XIX, 6 ; Gesta Conlationis Carthaginiensis, XI (n. 7) ; CC : 90v,
CNT : 76, 26, K-2 : 201-202 •
(11)
chirographum, -i
(τὸ
χειρόγραϕον, -ου) : diplôme, charte, précepte, document officiel d’un
souverain ou d’un prince, authentifié et corroboré par des souscriptions faites à la main propre ; IXe s. :
« Apud Hincmarum de Divortio Lotharii. Chirographi Regum, non semel. Chirographum Regium, apud Ingulfum pag.
861. 883. », cf. Charles du Fresne, sieur du Cange [*1610 †1688], et alia, Glossarium mediæ et infimæ
latinitatis, t. II, colonne 308b : http://ducange.enc.sorbonne.fr/chirographum
(12)
codex, -icis
(
caudex, -icis
) : tablettes de bois reliées, recueil de notes sténographiées, registre,
écrit, feuilles de parchemin reliées, manuscrit, livre ; Marcus Tullius Cicero Orationes in Verrem, I, 1, 119 ;
Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XI (n. 7) ; CC : 114v, CNT : 95, 35, K-2 : 77 •
(13)
custos, -odis chartarum
: évêque-archiviste, littéralement « gardien des archives » : Gesta Conlationis
Carthaginiensis, p. XI (n. 7) ; « custos » : CC : 55, CNT : 47, 107 ; 48, 8, K-2 : 89 •
(14)
editio, -nis
: publication-diffusion d’un document ; Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XII (n. 10),
XIII ; CC : 10, CNT : 12, 64 ; 17,78, K-2 : 117 •
(15)
epistola, -ae
/
epistula, -ae
(
ἐπιστολή, τῆς ἐπιστολῆς) : épître, lettre, missive, courrier, envoi,
etc. ; Cicero Ad Quintum Fratrem, Epistulae ad Familiares, etc., passim Nota bene (15) : « libertus ab
epistulis » : esclave affranchi, scribe-secrétaire, chargé de la gestion du patrimoine littéraire du maître :
Publius Gaius Cornelius Tacitus [Senator], *ca. 56 – ca. 117-120, Annales, XV, 35 ; rescrit impérial :
Iustiniani Institutiones, VIe s., éd. P. Krüger, Berlin, 1908, I, 2, 6 ; CC : 20, CNT : 20, 26, K-2 : 125 •
(16)
epistularis, pl. epistulares
: scribe, secrétaire impérial (homme ou femme) ; Codex Theodosianus cum
perpetuis commentariis, VI, XXX • Nota bene (16) : le Codex dit Theodosianus fut rédigé entre l’an 435 et l’an
438 et promulgué à Constantinople en 438 par l’empereur d’orient Theodosius II, 408-450 •
(17)
exceptor, -is
/
exceptrix, -cis
/
exceptor officii
/
puer exceptor
: sténographe, greffier, greffière,
scribe-secrétaire-fonctionnaire, préposé au greffe qui écrit sur les tablettes de cire et des tablettes de bois
à encre, clerc, enfant-scribe-esclave ; Corpus Inscriptionum Latinarum, IX, 5828, 1, 3 (IIe s.) ; Domitius
Ulpianus, *Tyr, ca. 170 - †ca. 223-228, 32 ; « puer exceptor » : Allen Brent, Hyppolytus and the Roman Church in the
Third Century : Communities in Tension before the Emergence of a Monarch-Bishop, Leiden, New York, Köln (Brill), 1995,
chap. 6, p. 370-371 ; « exceptrices et librariae Iovis » : Mythographus Latinus Vaticanus III (IXe-XIe s.[?]), 6, 23, cf.
BAV, Reg. latinus 1401, IXe – XIe s., éd. A. Mai, Rome, 1931, t. 3 ; « exceptores officii » : Gesta Conlationis
Carthaginiensis, p. X, XI (n. 1) ; Codex Theodosianus, 438-439, VIII, II, Commentarius ; Codex Iustinianus
(Corpus Iuris Civilis RomaniDigesta seu Pandectae), 528-534, XII, 19, 5 ; CC : 8, CNT : 10, 70, K-2 :132 •
(18)
libellus,-
i : petit ouvrage, petit écrit, petit manuscrit à 1 seul cahier, livret, petit livre, petit traité,
opuscule, petit journal etc. ; M. T. Cicero, De oratore, I, 94 ; Marcus Valerius Martialis, *40 – †102-104 apr.
J.-C., Epigrammaton. Liber spectaculorum, I, 1, 2, 4, 25, 29, 35, 45, 53 ; CC : 90v, CNT : 76, 20, K-2 : 207 •
(19)
liber, -bri
(ἡ βύβλος, -ου) : partie intérieure vivante de l’écorce d’un arbre utilisée comme support
d’écriture, par extension, livre, papier, ouvrage, traité, écrit, division d’un ouvrage, etc. ; A. P. Montague,
« Writing Materials and Books among the ancient Romans », p. 331-340 ; Marcus Tullius Cicero Epistolae ad
Atticum, VIII, 12, 6 ; CC : 90v, CNT : 76, 19, K-2 : 206
(20)
librarius, -i
/
libraria, -ae
: scribe-secrétaire, sténographe, copiste de manuscrits, gardien/gardienne
de bibliothèque, etc., Marcus Tullius Cicero, De lege argaria II, 13 ; Epistolae ad Atticum, VIII, 12, 40, 1 ;
« scriptor librarius » : Quintus Horatius Flaccus, *ca. 65 – 8 av. J.-C, Ars poetica 354 ; « atramentum librarium »
(encre de scribe-secrétaire) : Gaius Plinius Secundus, *37 – †79, Naturalis Historia XXVII, 52 ; « exceptrices
et librariae Iovis » : Mythographus Latinus Vaticanus III (IXe s.), 6, 23 ; CC : 90v, CNT : 76, 21, K-2 : 207
(21)
litterati milites, -um
: sténographe, scribe, secrétaire militaire qui écrit sur les tablettes de cire et des
tablettes de bois à encre ; Publius Flavius Vegetius Renatus, IVe –Ve s., Epitoma institutorum rei militaris [De
re militari] 2.19 ; A. Bowman, D. Thomas, Vindolanda: the Latin writing tablets London, 1983, p. 71-72 ;
http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/tablets/TVIIcat-shand.shtml ; H. C. Teitler, Notarii and exceptores…, 1985, p. 44-49
(22)
manuscriptum, -i
: manuscrit ; Charles du Fresne, sieur du Cange [*1610 †1688], t. V, colonne
253b : http://ducange.enc.sorbonne.fr/MANUSCRIPTIO#MANUSCRIPTIO-2
(23)
manuscriptura, -æ
: écriture faite à la main, cf. Charles du Fresne, sieur du Cange [*1610 – †1688],
t. V, colonne 253b : http://ducange.enc.sorbonne.fr/MANUSCRIPTIO#MANUSCRIPTIO-2
(24)
membrana, -æ
/
membranula, -æ
(ἡ μεμβράνα, -ας διϕθέρα, -ας) : parchemin, peau, peau
de mouton, peau de vache, peau de chèvre, etc., préparées pour recevoir l’écriture, parchemin ; Marcus
Tullius Cicero Epistulae ad Atticum IV, 4a, 1 ; Marcus Fabius Quintilianus, ca. l’an 30, De institutione oratoria
X, 3, 31 ; Marcus Valerius Martialis, *40 – †102-104, Epigrammaton Apophoreta XIV, 7 : « pugillares
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 25 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
membranei » ; Aulus Cornelius Celsus, Ier s., De arte media, VIII, 4 ; Gaius Plinius Secundus, *37 †79,
Naturalis Historia, XIII, 21 ; XIII, 70 : « supprimente chartas Ptolemaeo, idem Varro membranas Pergami tradit
repertas » ; Marcus Valerius Martialis, *40 †102-104, Epigrammaton. Librer spectaculorum, I, 2 : « membrana
tabellis » ; Eusebius Sophronius Hieronymus, *347 – †420, Vulgata Biblia, Paulus Apostolus Ad Timotheum
II, 4, 13 ; Isidorus Hispalensis, *ca. 560 †636, Etymologiae VI, 11, 1 ; A. P. Montague, « Writing Materials
… », p. 331-340 ; « volumen scedae memmbranaceum » : Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XII (n. 10) •
(25)
nota, -æ
(τὸ σημεῖον, -ου) : sténographie latine, signe sténographique, sténogramme, abréviation,
etc. : « …quia διὰ σημεῖον scripseram… » : Marcus Tulius Cicero, Epistolae ad Atticum XIII, 32 ; Lucius
Annaeus Seneca, *Cordoue, ca. 4 av. J.-C. – †Rome, 65, Ad Lucilium epistularum moralium, Epistola XV, 25 ;
Caius Suetonius Tranquillus, *ca. 70 – †ca. 122, Vita Tiberii, III ; « Notas non novimus… » : Gesta Conlationis
Carthaginiensis, p. XII (n. 8) ; « Et ut scolae legentium puerorum fiant. Psalmos, notas, cantus, compotum [computum],
grammaticam, per singula monasteria vel episcopia et libros catholicos bene emendate [sic] [emendatos (?)] ;… » : A. Boretius
(éd.), Capitularia regum Francorum, tome I, Monumenta Germaniae Historica, Legum sectio II (t. I), Hannoverae,
1883
/
1984, éd. A. Boretius, cf. Capitularium n° 22 : « Admonitio generalis », l’an 789 m[ense] Martio 23, p.
52-62 (contient 82 articles), voir article 72. Sacerdotibus, p. 59-60 ; ce capitularium, rédigé sans doute par
Alcuin d’York, émane directement de Charlemagne Nota bene (17) : À partir du IXe-Xe siècle, le
terme « nota » va progressivement prendre la signification de note de musique : A. M. Bautier-Régnier, « À
propos des sens de neuma et de nota en latin médiéval », Revue Belge de Musicologie, Bruxelles, 1964, n. 18,
facsimilé 1-4, p. 1-9 ; CC : 76, CC : 14v, CNT : 66, 66, CNT : 16, 1, K-2 : 244 •
(26)
notare
: sténographier, écrire en utilisant des abréviations, Marcus Fabius Quintilianus, ca. l’an 30, De
institutione oratoria I, 7 ; IV, 5, 22 ; XI, 2,19 ; Caius Suetonius Tranquillus, *69 – ca. †130, Vita Galbae, V •
(27)
notaria, -æ
: note sténographiée, note judiciaire, notification, acte écrit : Augustinus, *354 – kk 430,
Epistulae 160 ; sténographie : F. P. Fulgentius, *ca. 467 – †533, Mythologiae III, 10 ; copie d’un document :
Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. VIII, IX ; CC : 76, CC : 14v, CNT : 66, 66, CNT : 16, 1, K-2 : 244, 246
(28)
notæ tironianæ
: notes tironiennes, sténographie latine, tachygraphie latine ; cf. Janus Gruter,
Giuseppe Giusto Scaligero, Marcus Welser, Inscriptiones antiquae totius orbis Romani in corpus absolutissimum
Redactae, cum indicib. XXV ingenio ac cura Iani Gruteri : auspiciis Ios. Scaligeri ac M. Velseri. Accedunt
notae Tyronis Ciceronis L. Ac Seneca, Heidelbergae, éd.1 1602-1603, éd.2 1616, éd.3 Amstelaedami, 1707,
in-folio : https://archive.org/details/inscriptionesant11grut
(29)
notarius, -i / notaria, -æ
: sténographe, scribe-secrétaire (homme ou femme), qui écrit en notae sur
les tablettes de cire et des tablettes de bois à encre ; Lucius Annaeus Seneca, *Cordoue, ca. 4 av. J.-C.
†Rome, 65, Apocolonytosis divi Claudii, IX, 5 ; Marcus Fabius Quintilianus, ca. l’an 30, De institutione oratoria
XII, 7, 2 : 24 ; Marcus Valerius Martialis, *40 †102-104, Epigrammaton. Liber spectaculorum, XIV
Apophoreta, CCVIII : « Notarius : Currant verba licet, manus est velocior illis: Nondum lingua suum, dextra peregit
opus » ; Plinius Caecilius Secundus, *63 – †ca. 113, Epistolarum libri decem III, 5 : 15 ; VIIII, 36 : 2 ; Aurelius
Augustinus, *354 – †430, Epistulae, CCXIII, 2 ; Possidius Calamensis, *ca. 370 – †437, Vita Augustini VII ;
Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. VIII, IX, XI (n. 3), XII, XXIX ; Domenco Magri, Hierolexicon…, Venise,
éditions 1712 et 1735 : p. 388-389, édition 1765 : p. 460-461 : « pueri notarii » ; M. B. Parkes, Their Hands
Before Our Eyes: A Closer Look at Scribes..., 2008, Part 1 : Scribes and their Environments, chap. 1 « Before
1100 », pages 3-13 ; CC : 76, CNT : 66, 72, K-2 : 246
(30)
ostracon /
ostrakon,
pl.
ostraca / ostraka
(τὸ
ὄστρακον, -ου, pl. τὰ ὄστρακα) : fragments
de coquille, de céramique, de terre cuite, de poterie, de pierres plates, etc., utilisés comme support
d’écriture ; cf. Hilla Halla-aho, « Epistolary Latin », dans A Companion to the Latin Language, James Clackson
(éd.), Chichester, UK (Wiley-Backwell), 2011, chap. 24, page 426 ; Robert Marichal, « Les ostraca de Bu
Njem » [Lybie, à partir de l’an 201], dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
123 année, N. 3, 1979, pages 436-452 ; http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1979_num_123_3_13630
(31)
pagina, -æ
:
feuille
de papyrus, page, écrit, ouvrage, lettre ; Marcus Tullius Cicero, De finibus IV, 53 ;
Epistulae ad Quintum Fratrem I, 20, 10 ; Epistualae ad Familiares XVI, 4, 1 ; CC : 90v, CNT : 76, 23, K-2 : 276
(32)
palimpsestus, -i
(ὁ παλίμψηστος, -ου) : parchemin lavé et graté en vue d’une réutilisation ;
Marcus Tullius Cicero, Epistulae ad Familiares VII, 18 ; Caius Valerius Catullus, *Verona, 84 – ca. †54 av. J.-
C., XXII, Ad Varum ; A. P. Montague, « Writing Materials and Books among the ancient Romans », p. 331-340 •
(33)
papyrus, -i
(
cypreus papyrus
/
πάπυρος, -ου βύβλος, -ου) : plante, roseau, utilisé dans
la fabrication de papier, vêtements, cordes, etc., papier, feuille de papyrus préparée pour recevoir
l’écriture ; A. P. Montague, « Writing Materials and Books among the ancient Romans », p. 331-340 ; Decimus
Iunius Iuvenalis, Ier-IIe s., Saturae, IV, 24 ; VII, 101 ; CC : néant, CNT : 117, 71, K-2 : 288 •
(34)
penna, -æ
/
pinna, -æ
: plume à écrire, stylo, calame ; Isidorus Hispalensis, Etymologiae VI : XIV, 3
– De librariis et eorum instrumentis : « Instrumenta scribae calamus et pinna Ex his enim verba paginis infiguntur
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 26 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
sed calamus arboris est pinna avis… » ; « Calamus, quo in scribendo utimur, cujus usum ad principatum Ludovici Pii
revocari posse docet Mabillonius in Supplemento Diplom. pag. 51. Johannes in Vita S. Odonis lib. 1. num. 20 : Vidit
veluti more scriptoris super auriculam ejus hærentem Pennam», etc., cf. Charles du Fresne, sieur du Cange [*1610
– †1688], et alia, Glossarium mediæ et infimæ latinitatis, t. 6, colonne 257b : http://ducange.enc.sorbonne.fr/PENNA2
(35)
pergamena, -æ
(περγαμηνή, -ης διϕθέρα, -ας) : feuile de parchemin, support d’écriture
provenant d’un traitement à la chaux vive et à l’eau des peaux d’animaux (de mouton, de vache, de
chèvre), etc. ; A. P. Montague, « Writing Materials », p. 331-340 ; Isidorus Hispalensis, *ca. 560 †636,
Etymologiae VI, 11, 1 ; CC : 90v, CNT : 76, 25, K-2 : 327
(36)
pluteus, -i
: pupitre, planchette, tablette, étagère en bois pour poser des manuscrits : Decimus Iunius
Iuvenalis, *ca. 60 – †ca. 130 Saturae [Satires] II, 7 •
(37)
puer, -is
(
puer exceptor
,
puer
notarius
) : enfant-scribe-esclave-sténographe, serviteur-sténographe ;
Sancti Ambrosii Mediolanensis Episcopi opera omnia, anno 388, cf. Vita Sancti Ambrosii Mediolanensis Episcopi
[anno 422], Paulino Diacono, eius notarius, ad beatum Augustinum conscripta, éd. J.-P. Migne, Patrologia cursus
completus. Series latina, Paris, 1845, t. XIV, p. 98, §96-C « …ut puer notarius deduceretur ad Ambrosium… » ;
Aurelius Prudentius (Calahorra, *ca. 348 – †Rome, ca. 405), Peristephanon Hymnus IX, 15 : Passio sancti
Cassiani Forocorneliensis ; Domenco Magri, Hierolexicon…, Venise, éditions 1712 et 1735 : p. 388-389,
édition 1765 : p. 460-461 : « pueri notarii » ; H. A. G. Houghton, Augustine's Text of John: Patristic Citations
and Latin Gospel Manuscripts, Oxford (OUP), 2008, p. 30 ; CC : 37v, CNT : 34, 13, K-2 : 264 •
(38)
pugillares, -ium
(τὸ γραμματεῖον οἱ πίνακες τπινάκιον) : tablettes à écrire, tablettes de
cire, tablettes de parchemin, tablettes d’ivoire, portefeuille agenda, carnet, etc. ; Marcus Valerius Martialis,
*40 †102-104, Epigrammaton Apophoreta XIV, 3 : « pugillares citrei », 5 : « pugillares eborei », 7 : « pugillares
membranei » ; Gaius Plinius Caecilius Secundus, Epistulae I, 6, 1 ; VI, 5, 6 ; Suetonius Augustus XXXIX ;
Decimus Magnus Ausonius Burdigalensis, *310 – †395, Opuscula, VII [146], éd. Peiper, p. 12 ; Aurelius
Prudentius Clemens, *ca. 348 – †405-410, Peristephanon IX, 15 : Passio sancti Cassiani Forocorneliensis ; A. P.
Montague, « Writing Materials … », p. 331-340 Nota bene (18) : «
pugillares cerae
» : tablettes de cire,
«
pugillariarius
» : fabricant de tablettes de cire : Corpus Inscriptonum Latinarum Selectarum amplissima collectio
ad illustradam Romanae Antiquitatis, éd. C. Hagenbuch, C. Orelli, 1828, n° 4270 ; K-2 : 275, K-2 : 277
(39)
rotula, -æ
: rouleau, volume écrit ; Lucius Iunius Moderatus Columella, Ier s., De re rustica, XI, 3, 52 •
(40)
rotulus, -i
: rouleau de parchemin ou de papyrus, support d’écriture attaché à un ou deux ombilics ;
A. P. Montague, « Writing Materials … », p. 331-340 ; Calpurinius Siculus, IIe s., VII, 51 ; CNT : 112, 61,
K-2 : 312 •
(41)
scapus, -i
: rouleau, cylindre sur lequel on roule les manuscrits, rouleau de volume assemblé,
manuscrit de feuilles de papyrus ou de parchemin ; Marcus Terentius Varro, *116 – †27 av. J.-C.,
Sarturarum Menippearum fragmenta 58 ; Plinius Caecilius Secundus, Naturalis Historia, XIII, 77 •
(42)
scæda, -æ / sceda, / schæda, -æ / scheda, / scida, / schida,
(ἡ σχέδη, -ης) :
rouleau de papyrus, rouleau de parchemin, volume écrit, tablette à écrire, archive ; Gaius Plinius
Secundus, *37 – 79, Naturalis Historia, XIII, 77 : « tabulae schida » ; Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XII
(n. 10) ; CC : 98v, CNT : 82, 66, K-2 : 343 •
(43)
scriba, -æ
[
ab epistulis
]
/ scriba officii
: scribe-secrétaire-fonctionnaire, copiste, sténographe
(homme ou femme) ; Marcus Tullius Cicero, Epistulæ ad familiares, V, 20 ; Titus Livius, *ca.-64 – -59 – †17,
Ab urbe condita libri CXLII, Livre 45 ; « scribae et exceptores » : Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. X ; M. B.
Parkes, Their Hands Before Our Eyes: A Closer Look at Scribes..., 2008, Part 1 : Scribes and their
Environments, chap. 1 « Before 1100 », pages 3-13
(44)
scrinium, -i / scriniolum, -i
: étui, cassette, boîte cylindrique en peau, osier, bois, métal, pour
ranger des documents, lettres, rouleaux ; salle d’archives, bibliothèque, trésor, etc. ; « calamum et chartas et
scrinia posco » : Quintus Horatius Flaccus Epistulae II, 113 ; Marcus Valerius Martialis, *40 †102-104,
Epigrammaton. Liber spectaculorum, I, 2, « …quos artat breuibus membrana tabellis: scrinia da magnis, me manus una
capit », 3 : « …cum tibi, parve liber, scrinia nostra uacent. » Nota bene (19) : « sacra scrinia » chancelleries
ecclésiastiques, bureaux annexes, antichambres voisines de la salle d’audience s’effectuaient les mises
au net des notes sténographiques des exceptores : « scrinia officii » (chancelleries, impériale ou proconsulaire),
« sacra scrinia » (chancelleries épiscopales) : Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. VIII, IX, XVI ; CC : 122v,
CNT : 101, 19, K-2 : 343 •
(45)
scripsi
et subscripsi
: « j’ai écrit et j’ai souscrit
/
j’ai signé et j’ai soussigné », signature manuelle à la
fin d’un document ; « scripsit et subscripsit » (il/elle a écrit et il/elle a souscrit il/elle a signé et il/elle a
soussigné) : Wolfenbüttel, Guelferbytanus, 9, 8 Aug. 4° : f. 6 ; CNT : 6, 97 ; 7, 7, K-2 : 365 ; 329 •
(46)
scriptor, -is
: scribe-secrétaire, écrivain, copiste, historien ; Marcus Tullius Cicero, De oratore I,
136,158 ; M. Parkes, Their Hands Before Our Eyes..., chap. 1 Scribes and their Environments, « Before 1100 », p. 6
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 27 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
(47)
scriptorium, -i
: (a) stylet métallique pour écrire sur tablettes de cire ; Isidorius Hispalensis,
Etymologiæ VI, 9, 2 ; par extension, écritoire, c’est-à-dire un petit coffret renfermant tout l’équipement du
scribe (stylets, roseaux, couteaux, encre, etc.) ; ou bien une salle, où l’on effectue les travaux de scribe, un
atelier, où l’on effectue les travaux d’enluminure ; « scriptoria, -ae » : pupitre, armoire-bibliothèque pour la
lecture de manuscrits ; cf. Charles du Fresne, sieur du Cange, et alia, Glossarium mediae et infimae latinitatis,
vol. 7, colonnes 370a-370b ; http://ducange.enc.sorbonne.fr/SCRIPTORIUM1
(48)
secretarium, -i
: salle annexe, salle de réunion des seanteurs, des juges et magistrats, etc., sacristie ;
Sulpicius Severus, *ca. 363 – †ca. 425, Dialogi II, 1 ; Charles du Fresne, sieur du Cange, et alia,
Glossarium mediae et infimae latinitatis, t. 7, col. 386b.
(49)
secretarius, -i
: secrétaire, scribe, copiste, sacristain • Nota bene (20) : D’après Hans C. Teitler, le
terme «
secretarius
», signifiant scribe-scrétaire, est attesté pour la première fois en l’an 451, cf. H.
Teitler, Notarii and Exceptores…, Amsterdam (Gieben), 1985 •
(50)
sigillum, -i
:
sceau, empreinte d’un sceau, cachet ; Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XI (n. 7), XII (n.
12) : cf. Gesta I, 132, 133, 223 ; II, 53 ; CC: 53v, CNT : 46, 80, K-2 : 342 •
(51)
stilus, -i / stilum, -i / stylus, -i
(τὸ γραϕεῖον) : stylet, stylo, tige pointue, poinçon métallique
servant à écrire sur tablettes de cire ; Marcus Tullius Cicero, De oratore, II, 101 ; « stilus est dicendi opifex » : le
stylo est l’artisan du dire : Marcus Tullius Cicero, Epistulae ad Familiares VII, 25, 2 ; Augustinus, *354-†430
Ennaratio in Psalmos LI (sermo ad populum), début, Migne, P.L., t. 36, col. 599-600 : « …quandoquidem placuit
fratribus, non tantum aure et corde, sed et stylo excipienda quae dicimus… » ; A. P. Montague, « Writing Materials and
Books among the ancient Romans », pages 331-340 ; CC : 91, CNT : 76, 48, K-2 : 345 •
(52)
subscriptio, -nis /
suprascriptio, -nis
/
suscriptio, -nis
: signature manuelle d’authentification
apposée au début ou à la fin d’un document ; Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. VIII, IX, XXIX, XXX ;
« scripsit et subscripsit » (il / elle a écrit et il / elle a souscrit il / elle a signé et il / elle a soussigné) :
Wolfenbüttel, 9, 8 Aug. 4° : f. 6 ; CNT : 6, 97 ; 7, 7, K-2 : 365 ; 329 •
(53)
tabella, -æ
(τὸ πίναξ, -ακος, pl. οἱ πίνακες τὸ πινάκιον) : planchette en bois, ais de bois,
berceau en bois, tablette, souvent en diptyque, triptyque, etc., enduite de cire, ou bien un support
d’écriture à l’encre, lettre, billet, testament, contrat, acte, registre, bulletin de vote, suffrage, sentence, etc. ;
A. P. Montague, « Writing Materials and Books among the ancient Romans p. 331-340 ; Marcus Fabius
Quintilianus, De institutione oratoria I, 1, 27 ; Marcus Valerius Martialis, *40 – †102-104, Epigrammaton. Liber
spectaculorum, I, 2 ; XIV, : « membrana tabellis » Nota bene (21) : « tabellae cerae » : tablettes de cire,
« tabellae falsae » : faux testament, « tabellae publicae » : actes officiels ; CC : 69v, CNT : 59, 48, K-2 : 371
(54)
tabellio, -onis
/ cancellarius, -ii / amanuensis, -is / notarius, -ii
(ὁ Ταβελλίων, -ωνος) :,
tabellion, scribe administratif, sténographe, fonctionnaire, homme ou femme, dirigé/e par un Primicerius,
qui écrit sur des planches en bois enduites de cire ou des tablettes de bois à encre ; Ulpianus, X ; Codex
Iustinianus (Digesta seu Pandectae), l’an 528-533, XLVIII, 19, 9, 4 ; « tabellio uero qui amanuensis nunc vel
cancellarius dicitur » : cf. Friedrich Karl von de Savigny, Histoire du droit au Moyen Âge, Tome 1, traduit de
l’allemand par C. Genoux, Paris, 1839, p. 61 (n. m) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64656028
Nota bene (22) : Le terme « primicerius », est attesté à partir de l’an 285, qui marque le début du
« Dominat » romain ; Charles du Fresne, sieur du Cange, et alia, Glossarium mediae et infimae latinitatis, t. VIII,
colonne 002c : http://ducange.enc.sorbonne.fr/TABELLIO
(55)
tabula, -æ æ
(τὸ γραμματεῖον πίναξ, -ακος, pl. οἱ πίνακες τὸ πινάκιον) :
planchette en
bois, ais de bois, porte en bois, tablette, souvent en diptyque, triptyque, etc., enduite de cire ou bien un
support d’écriture à l’encre, écrit, lettre, recueil de notes sténographiées, archives, registre, loi, décret, liste
électorale, bulletin de vote, affiche, testament, contrat, carte géographique, tableau sur bois, peinture sur
bois, ex-voto, table de jeu, etc. ; A. P. Montague, « Writing Materials and Books among the ancient Romans »,
pages 331-340 ; Marcus Tullius Cicero, De Officiis III, 89 ; De re publica, II, 54 ; cf. R. Birley, Vindolanda : a
Roman Frontier Post on Hadrian’s Wall…, Londres, 1977, ch. VIII : « Writing Tablets », p. 132-157 ; B.
Bischoff, Paléographie de l’Antiquité romaine et du Moyen Âge occidental, Paris, 1985, p. 62-63 ; Gesta Conlationis
Carthaginiensis, anno 411, p. XI (n. 7) • Nota bene (23) : Tabula rasa : « tablette de cire vierge, ou tablette
de cire dont l’écriture fut effacée par le côté spatule du stylet ») ; CC : 69v, CNT : 59, 46, K-2 : 371 •
(56)
tabula cerata
: planchette en bois, ais, souvent en diptyque, triptyque, etc., enduite de cire, support
d’écriture • Nota bene (24) : Les tabellæ, tabulæ furent fabriquées à partir de plusieurs essences de bois ou
de matières premières, en l’occurrence : buis, hêtre, érable, ivoire, métaux divers, os, et plus rarement en
corne ou en ardoise ; cf. Artisan Cirier - Esprit et Matière, « tabula cerata » :
http://cerata.ch/content/83/34/notre-etal/tabula-cerata, cf. Cerata.CH, 2006-2007 ; Wachstafel :
https://de.wikipedia.org/wiki/Wachstafelhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Tablette_de_cire http://classes.bnf.fr/dossisup/usages/art8ci.htm
(57)
tabularia, -æ
: dépôt d’archives ; Codex Iustinianus VII, 9, 3 •
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 28 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
(58)
tabularium, -i
: archives publiques ; Marcus Tullius Cicero, De natura deorum III, 74 •
(59)
tabularius, -i
(ταβουλλάριος, -ου) :
notarius
, scribe administratif, sténographe, fonctionnaire
dirigé par un primicerius, qui écrit sur les tablettes de cire ; L. Annaeus Seneca, *Cordoue, ca. 4 av. J.-C.–
†Rome, 65 apr. J.-C., Ad Lucilium epistularum moralium, Epistola LXXXVIII, 10, Ulpianus, XI, 6, 7, 4, Codex
Iustinianus, I, 55, 9 :1 ; CC : 69v, CNT : 59, 47, K-2 : 371 •
(60)
tachygraphia, -æ
(ταχυγραϕία, -ας
/
ἡ στενογραϕία, -ας) : tachygraphie, sténographie des
anciens, cf. Palaeographia critica. Tachygraphia veterum : Ulrich Friedrich Kopp, Mannheim, 1817, 2 volumes :
vol. 1 Commentaire, vol. 2 Glossaire tironien •
(61)
Tiro
(
Marcus Tullius
)
: Tiron, légendaire inventeur des notae tironianae ; Marcus Tullius Cicero,
Epistolarum ad Atticum XIII, 32 ; Epistulae ad Familiares XVI, 10 ; Πλούταρχος Χαιρωνεύς,
*Χαιρώνεια, ca. 45 – Χαιρώνεια, ca. 120 apr. J.-C., Βίοι Παράλληλοι, Βίος Κικέρωνος xli : §881 :
« ὁ τοῦ Κικέρωνος ἀπελεύθερος
» ; CC : 90v, CNT : 75, 80, K-2 : 382 •
(62)
tribunus, -i
: officier-scribe administratif civil, responsable de bibliothèques publiques, etc. ; Marcus
Tullius Cicero, De republica II, 58 ; De legibus III, 16 ; Titus Livius, *59 †17 av. J.-C., Livre 2, Livre 3 •
Nota bene (25) : « Marcellinus vir clarissimus tribunus et notarius » : Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. VII, IX,
XXIX, passim ; CC : 41, CNT : 36, 60, K-2 : 367 •
(63)
tomus, -i
: ouvrage, écrit, manuscrit, volume, livre ; Hieronymus, Epistolae XXII, 38 ; LXXXII, 7
(64)
umbilicus, -i
: nombril, cordon ombilical, par extension, ombilic (bâton autour duquel on roule les
volumes de rouleaux) ; Quintus Horatius Flaccus, *65 †8 av. J.-C, Epodon, XIV, 8 ; Marcus Valerius
Martialis, *40-43 ca. 103, Epigrammaton Libri I, 66, 11 ; II, 6, 11 ; A. P. Montague, « Writing Materials
and Books among the ancient Romans », pages 331-340 ; CC : 94, CNT : 78, 96, K-2 : 391 •
(65)
volumen, -inis
: rouleau, manuscrit, ouvrage, volume, livre ; Marcus Tullius Cicero, Epistolae ad
Familiares III, 7, 2 ; Epistolae ad Atticum, IX, 10, 4 ; De divniatione II, 115 ; « volumen scedae memmbranaceum » :
Gesta Conlationis Carthaginiensis, p. XII (n. 10) ; CC : 90v, CNT : 76, 15, K-2 : 397
¶ VII – Conclusion
Une réflexion sur le métier de notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius met en relief le
lien étroit entre orator et scriptor, en rapport avec la sténographie latine et avec l’ars dictaminis et l’ars
rhetorica75. L’Historique (capitulum II) de notre étude retrace en effet l’origine et le développement des notes
tironiennes, et nous ramène à la racine de nos réflexions, en l’occurrence : Marcus Tullius Cicero. Ensuite,
l’étude des Sources (capitulum III), consacrée essentiellement à deux types de manuscrits : (a) aux glossaires
tironiens, dont le plus ancien connu est le Codex Casselanus76, glossaires qui contiennent le « Commentarius »
(recueil de notæ, aide-mémoire) carolingien des quelque 14 000 sténogrammes77, lesquels couvrent un large
évantail des mots de la langue et de la culture latines, (b) aux 8 Psautiers tironiens connus, dont le seul
absolument complet est le codex Paris, BnF, NAL 44278. Le Studium tironianum (capitulum IV), quant à lui,
nous a donné un aperçu de ce que l’on rencontre lors d’une enquête approfondie et une transcription
paléographique d’une charte, d’un diplôme, d’un document d’archive contenant des notes tironiennes79. La
Pratique épistolaire (capitulum V) nous a permis de participer à la mise en application, presque en directe,
d’un exercice de l’ars dictaminis, suivant les modèles épistolaires de Marcus Tullius Cicero, et le modèle
paléographique de son célèbre notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius, Marcus Tullius Tiro. Il
s’agit de la rédaction et de la calligraphie, au demeurant très fatigantes et très éprouvantes80, d’une épître
tironienne complète, respectant la structure salutatio, captatio benevolentiæ, narratio, divisio, petitio, conclusio de l’ars
epistolica81. Le Glossaire-Lexique proto-philologique (capitulum VI) a mis en évidence un vocabulaire précis, daté
et référencé, dont la signification des termes et leurs nuances évoluent subtilement dans le temps ; celui-ci
nous permet de mieux saisir l’ambiance et l’archéologie de certains faits et gestes au quotidien de l’ancien
notarius-exceptor-librarius-scriba-amanuensis-secretarius, en rapport avec la sténographie latine et en liaison
étroite avec les divers corps des métiers auxiliaires, par exemple la fabrication des différents instruments à
écrire : calami (calames), styli (stylets), pennæ (plumes à écrire), et les différents supports d’écriture : tabellæ,
tabulæ (tablettes de cire ou de bois, tablettes métalliques, tablettes d’os, etc.), membranæ tabellæ (tablettes de
75 cf. supra notes : 3, 4, 5, 20, 71 ; cf. ¶ VI – Glossaire-Lexique proto-philologique., n° (3) ars dictaminis.
76 cf. supra note 8.
77 cf. supra note 8.
78 Paris, BnF, NAL 442, Psautier tironien (IXe s., origine [?]) : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc71166v.
79 cf. supra ¶ IV – Studium tironianum.
80 Pour réussir une épître calligraphiée de cette dimension, il faut compter environ 6 heures de travail en trois étapes (1) la
rédaction d’un brouillon au crayon, (2) la mise en page à l’aide d’une feuille lignée, (3) la calligraphie finale à l’encre, lente et
délibérée, afin d’éviter des erreurs et des coulées intempestives d’encre.
81 cf. supra n. 23 et 71 ; A. Erdmann, A. Govi, F. Govi, (éds.), Ars Epistolica…, op. cit. ; Craig R. Smith, Rhetoric…, op. cit., p. 188.
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 29 -
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«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
parchemin), volumina scedae memmbranacea (rouleaux de parchemin), pergamenæ, papyri, ostraca (fragments de
céramique, terre cuite, poterie, pierres plates, etc.) ; bref, une mine de renseignements précieux.
On observe donc que la pratique courante de la sténographie latine est attestée abondamment
entre le Ier et le Xe siècle, l’attestation la plus probante avant la 1ère renaissance carolingienne étant, me
semble-t-il, les Gesta Conlationis Carthaginiensis, anno 411, rédigés en partie par Aurélius Augustinus,
l’évêque d’Hippo Regius. On observe également que les notes tironiennes furent utilisées dans l’écriture de
multiples genres littéraires (textes et gloses) de l’Antiquité et du haut Moyen Âge, notamment, le genre :
administratif, diplomatique, épistolaire, scientifique, grammatical, philosophique, historique,
ecclésiastique, liturgique, musical, etc., avant de tomber en désuétude dans le courant du Xe siècle. La
Bibliographie (capitulum VIII), ci-après, divisée en deux parties : Manuscrits et Travaux, fournit aux lecteurs
et lectrices les sources, les éditions et monographies essentielles, ainsi que des liens correspondants sur
Internet, en rapport avec l’histoire et l’utilisation de la sténographie latine et avec l’ars dictaminis.
Voilà, quelques observations sur la pratique des notes tironiennes par les scribes-secrétaires anciens et
modernes. Il s’agit d’une branche de la paléographique latine qui mérite notre pleine attention, dont les
connaisseurs actuels sont relativement peu nombreux82 Illo Humphrey, Ph. D.-HDR | Université
Bordeaux Montaigne – EA 4593 CLARE – Laboratoire LaPRIL | Scripsi et subscrispi | Explicit
¶ VIII – Bibliographie (Manuscrits et Travaux)
(A) Catalogue des 49 Manuscripts cités :
• Bamberg, Staatsbibliothik, Patr. 46 Q. VI, 32, Homilies d’Heiric Auxerre, f. 41-45v (IXe s., origine : Auxerre [?]) •
• Bern, Burgerbibliothek, Codex 668, Psautier tironien, fragment (IXe s., origine : Fleury-sur-Loire)
• Bern, Burgerbibliothek, Codex 359, Glossaire tironien (IXe s., origine : Fleury-sur-Loire [?]) •
• Bern, Burgerbibliothek, Codex 668, Glossaire tironien (IXe et Xe e s., origine : Fleury-sur-Loire [?]) •
• Grenoble, Bibliothèque municipale 198, Gesta Conlationis Carthaginiensis anno 411 (XIIIe s., origine : [?]) •
• Ivrea [Eporedia], Biblioteca Capitolare, XXXIII (4), « Admonitio generalis » : 125v-133v (Xe s., origine : Italie, nord [?]) :
http://www.mirabileweb.it/manuscript/ivrea-(torino)-biblioteca-capitolare-xxxiii-(4)-manuscript/23958
http://www.leges.uni-koeln.de/en/mss/codices/ivrea-bc-xxxiii-4/
• Ivrea [Eporedia], Biblioteca Capitolare, XXXIV (5), « Admonitio generalis » : 1v, 3r-13r (ca. 830, origine [?]) :
http://www.leges.uni-koeln.de/en/mss/codices/ivrea-bc-xxxiv-5/
• Laon, Bibliothèque municipale Suzanne Martinet, ms. 444, Glossaires grecs-latins, cf. 275v (IXe s. origine : Laon [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84921401/f12.image http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc947012
• Leiden, Universiteitsbibliotheek, Voss. Latinus 94, Regula Chrodegangi (IXe-Xe s., origine : Saint-Arnoulf de Metz [?]) •
• London, British Library, Add. 9046, Psautier tironien, fragment (IXe s., origine : Saint-Rémi de Reims [?]) •
• London, British Library, Add. 21164, Glossaire tironien (Xe s., origine [?]) •
• London, British Library, Papyrus [sic] 745, parchemin, « Fragmentum de Bellis Macedonicis » (ca. l’an 100, origine [?]) •
• Kassel, Gesamthochschule, 2° Ms. philol. 2, Glossaire tironien (VIIIe s., ca. 799, origine : St.-Amand [?]) •
• Paris, Archives nationales, n° (K 17 n° 1) : l. 20, 25, Musée de l’Hisoire de France (AE II) n° 80 (l’an 943) •
• Paris, BnF, Collection Lorraine 980 n° 2 (janvier 848, origine : Saint-Arnould de Metz) •
• Paris, BnF, Fonds latin 190, Glossaire-Psautier tironien, fragment (IXe s., origine [?]) •
• Paris, BnF, Fonds latin 1327, Glossaire-Psautier tironien, fragment (IXe s., origine [?]) •
Paris, BnF, Fonds latin 1546, Gesta Conlationis Carthaginiensis anno 411(IXe s., 825-850, origine : Lorsch [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8572192f/f5.image http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc59491p
• Paris, BnF, Fonds latin 1597 A, Glossaire tironien (IXe - Xe e s., 882-900, origine : Saint-Rémi de Reims [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8479002m/f11.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc11311b
• Paris, BnF, Fonds latin 2718, Diplômes sténographiés, f. 72-76, 78-80, etc. (ca. 830, origine : Saint-Martin de Tours [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105000058/f153.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc60514s
• Paris, BnF, Fonds latin 2858, Lettres de Lupus Ferrariensis, etc. (IXe
/
XIe s., origine : Ferrières [?], Fleury-sur-Loire [?],
Ripoll [?] : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10318625w/f6.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc606590
• Paris, BnF Fonds latin 4613, Capitularium « Admonitio generalis », f. 73
/
p. 147, f. 79v
/
p. 162 : l. 1-4 (Xe s., origine [ ?] :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9066866b/f1.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc634592
• Paris, BnF Fonds latin 4628 A, f. 59 v°, Capitularium « Admonitio generalis » (Xe e s., origine [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc634787
• Paris, BnF, Fonds latin 6370, Macrobius Ambrosius Theodosius, Commentarii in somnium Scipionis (f. 1-111v), voir f.
42, 61v, 68, 72v, 75v, 81, 85v (IXe s., origine : Saint-Martin de Tours [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc34030mhttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84262858/f87.image
82 Denis Muzerelle (France : https://independent.academia.edu/DenisMuzerelle), David Ganz (Grande Bretagne :
https://nd.academia.edu/DavidGanz), Martin Hellmann (Allemagne : https://independent.academia.edu/MartinHellmann),
Michael Idomir Allen (États-Unis d’Amérique : https://chicago.academia.edu/MichaelAllen), Illo Humphrey (France :
https://u-bordeaux3.academia.edu/IlloHumphreywww.researchgate.net/profile/Illo_Humphrey/publications).
• Illo Humphrey, Ph. D.-HDR • - 30 -
• Colloquia Aquitana V – 2018 – Notes tironiennes. Histoire – Manuscrits – Paléographie : Bassin méditerranéen | Renaissance carolingienne •
«
Notarius –
Exceptor – Librarius – Scriba – Amanuensis – Secretarius
»
(Observations sur le métier de scribe-secrétaire en rapport avec la sténographie latine)
• Paris, BnF, Fonds latin 7200, Boethii De institutione musica libri quinque (IXe s., origine : Auxerre ou Fleury [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc663827http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9067035b
• Paris, BnF Fonds latin 4613, Capitularium « Admonitio generalis », f. 73
/
p. 147, f. 79v
/
p. 162 : l. 1-4 (Xe s., origine [ ?] :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9066866b/f1.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc634592
• Paris, BnF Fonds latin 4628 A, f. 59 v°, Capitularium « Admonitio generalis » (Xe s., origine [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc634787
• Paris, BnF, Fonds latin 7200, Boethii De institutione musica libri quinque (IXe s., origine : Fleury [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc663827http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9067035b
• Paris, BnF, Fonds latin 7231, Augustini De musica, f. 62-83v, etc. (IXe s., origine : Saint-Martial de Limoges) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9068428w http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc66421x
• Paris, BnF, Fonds latin 7493, Manuscrit composite, Glossaire tironien, f. 105r-167v (IXe s., origine [?]):
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84789937/f213.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc20900w
• Paris, BnF, Fonds latin 8777, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) : •
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84790068/f10.image http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc11403s
• Paris, BnF, Fonds latin 8778, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8478992t/f9.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc20994q
• Paris, BnF, Fonds latin 8779, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84267924/f14.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc114058
• Paris, BnF, Fonds latin 8780, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Rémi de Reims [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8479005v/f9.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc20995z
• Paris, BnF Fonds latin 10758, p. 50 : l. 15-19 : Capitularium « Admonitio generalis » (IXe s., origine : Saint-Rémi de Reims) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8423828c/f62.image http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc34715m
• Paris, BnF, Fonds latin 11834, Cartulaire, charte n° 2 : Theotolo Turonensis Archiepiscopus (ca. 940, origine : Tours) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc73263k/cd0e504
• Paris, BnF, Fonds latin 13160, Psautier tironien, fragment (IXe s., origine : Saint-Faron de Meaux [?]) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90726050/f5.imagehttp://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc74245s
• Paris, BnF, Fonds latin 14 064, Boethii De institutione arithmetica libri duo (IXe s., origine : Saint-Pierre de Corbie [?])
• Paris, BnF, Fonds latin 17960, papier, Psautier tironien, copie du BnF, Fonds latin 13160 (XVIIe s., origine : Saint-
Corneille de Compiègne) : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc68924s
• Paris, BnF, NAL 442, Psautier tironien (IXe s., provenance : Saint-Martin de Tours, origine [?]) :
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc71166v
Paris, BnF, NAL 2654, Cartulaire, VIIe s., 31 feuillets : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc708313 ;
(1) : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc708313/cd0e87 (2) : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc708313/cd0e130
• Sankt Gallen, Stiftsbibliothek, Sangallensis 733, « Admonitio generalis » : p. 15 (IXe s., origine : Allemagne, sud-ouest) :
http://www.e-codices.unifr.ch/en/list/one/csg/0733
• Vaticano, BAV, Reginensis latinus 993 (papier), Gesta Conlationis Carthaginiensis anno 411 (XVIe s., origine [?]) •
• Vaticano, BAV, Reginensis latinus 1032 (papier), Gesta Conlationis Carthaginiensis anno 411 (XVIe s., origine [?]) •
• Vaticano, BAV, Reginensis latinus 1401, Mythographi Latini Vaticani 1-3, (IXe – XIe s., origine [?]) •
• Vaticano, BAV, Reginensis latinus 3799, Glossaire tironien (IXe -Xe s., origine [?]) •
• Wolfenbüttel, HAB, Codex Guelferbytanus 9, 8 Aug. 4°, Glossaire tironien (IXe s., origine : Saint-Amand [?]) :
http://diglib.hab.de/?db=mss&list=ms&id=9-8-aug-4f&catalog=Heinemann&image=00205
• Wolfenbuttel, Herzog August Bibliothek, Codex Guelferbytanus (Helmstadiensis) 496, Capitularia de charlemagne,
cf. « Admonitio generalis » (ca. 800, origine : Fulda) : http://diglib.hab.de/?db=mss&list=ms&id=496a-helmst
Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Codex Guelferbytanus, 3025, 13, 4°, Psautier tironien, (IXe s., origine :
Saint-Amand [?]) : http://diglib.hab.de/?db=mss&list=ms&id=13-aug-4f&catalog=Heinemann&lang=en
(B) Catalogue des Travaux :
ATSMA (Hartmut), éd., La Neustrie. Les pays au nord de la Loire de 650 à 850, Colloque historique international,
(Beihefte der Francia, 16 : 1 u. 2), tomes 1 et 2, Sigmaringen (Jan Thorbecke), 1989, T. 1 : 593, T. : 2 543 pages •
ATSMA (Hartmut), VEZIN (Jean), (éds.), Chartae latinae antiquiores (ChLA), Part XIII-XIV : France I-II, facsimile-
edition of the Latin charters prior to the ninth century, (sous la direction d’Albert Bruckner et Robert Marichal),
Dietikon, Zürich, (Urs Graf-Verlag), 1981-1982, in-folio, XI-99 et IX-86 pages •
ATSMA (Hartmut), VEZIN (Jean), « Autour des actes privés du chartier de Cluny », dans Bibliothèque de l'École des
Chartes, n° 155, 1997, p. 45-60, voir p. 51 (n. 31) •
• ATSMA (Hartmut), VEZIN (Jean), « Originaux et copies : la reproduction des éléments graphiques des actes des Xe
et Xie siècles dans les cartulaires de Cluny », dans Charters, Cartularies and Archives. The Preservation and Transmission of
Documents in the Medieval West, A. J. Kosto, A. Winroth (éds.), Toronto, Pontifical Institute of Mediaeval Studies,
2002, p. 113-126 •
• BIRLEY (R.), Vindolanda : a Roman Frontier Post on Hadrian’s Wall. New Aspects of Antiquity, Londres, 1977, ch. VIII :
« Writing Tablets », p. 132-157 •
BISCHOFF (Bernhard), Lexicon Tironianum : Nachdruck aus Kopps « Palaeographia critica » von 1817, mit Nachwort und
einem Alphabetum Tironianum von Bernhard Bischoff, Osnabrück, 1965, XVI-664-III pages •