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LE PAYSAGE OLFACTIF — Ces représentations mentales façonnées par les ambiances olfactives

Abstract

La réalité de l'environnement est modelée en partie par le terrain mouvant de notre mémoire olfactive qui nous entraîne sur une diversité de rythmes temporels qui font irradier l'instant en une myriade de moments. Car du fait qu'elle encode nos expériences, nos rencontres et autres associations vécues à différents moments, notre mémoire olfactive nous permet non seulement de retenir dans ses filets autant de paysages olfactifs qu'il y a de moments mémorables, mais également de ramener l’un ou l’autre dans le moment présent pour soit y rajouter de nouvelles teintes olfactives suite à une expérience similaire, soit pour simplement insérer l’amplitude de son empreinte sur le lieu où nous nous trouvons.
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LE PAYSAGE OLFACTIF
CES REPRÉSENTATIONS MENTALES FAÇONNÉES PAR LES
AMBIANCES OLFACTIVES
Une présentation donnée le 3 mai 2017 dans le cadre de la Journée montréalaise des sciences
cognitives à Montréal. Le thème : Représentations cognitives.
Le visuel de cette présentation est ici : www.natalieb.ca/talks/natalieb_20170503_JMSC_visuel.pdf
La part intangible de l'environnement est telle une mer sensorielle dont les flots
viennent inlassablement lécher notre corps. Que nous soyons assoupi, éveillé et
alerte, ou inattentif, cette mer nous amène d'innombrables indices pour comprendre
le milieu dans lequel nous nous trouvons, libre à nous d'y porter attention et de les
retenir dans les filets de notre mémoire.
Ces indices, nous les interprétons selon nos attentes et nos motivations (Merleau-
Ponty, 1945); et les émotions ressenties sur le moment teintent naturellement chacun
d'eux (Feldman Barrett, 2017). Ne percevant jamais le monde tel qu’il est mais tel
qu'on est disposé à le comprendre, ce que nous encodons dans notre mémoire
dépend donc de ce que nous sommes.
Si notre conscience n’est pas un réceptacle contenant des images mais un ensemble
d’actes d'approche (Husserl, 1929), le processus perceptuel est alors l'action
d'amener une collection d'esquisses perceptives à se compléter les unes les autres
en une activité de constitution du sens des choses. La réalité est ainsi une structure
subjective qui peut varier grandement d'un individu à un autre. Par ailleurs, notre
cerveau recevrait de plus nombreux inputs de l'interne que du monde extérieur
lorsque nous sommes dans l'instant, cela veut dire que les structures du monde
édifiées par notre esprit est celui dans lequel nous vivons la plupart du temps. Pour la
vision par exemple, seule une faible fraction (10%) des connexions entrant dans le
cortex visuel primaire fournit une information visuelle du monde qui est là devant nous
au moment où nous y sommes; contre 90% venant de prédictions des neurones
s'activant en différentes parties du cortex (Feldman-Barrett , 2017:61). Comment cela
se traduit-il pour l'odorat?
Contrairement à la vision dont les voies transitent par le néo-cortex avant d'atteindre
l'amygdale, notre système olfactif a une connexion directe avec ce dernier qui est une
structure cérébrale qui irrigue les systèmes de mémorisation quand une émotion
intervient (Canli et al, 2000; Cahile et al, 1995). Par conséquent une odeur perçue
provoque en premier lieu une émotion pré-conceptuelle, alors que ce qui est perçu
visuellement entraîne immédiatement une analyse cognitive.
LE THÉÂTRE DE LA MÉMOIRE OLFACTIVE
Soulignons déjà que nous ne sentons jamais une pure odeur mais un mélange,
volatil, dont la complexité est en constante fluctuation, formant ainsi une fragrance
unique sur le moment. Une ou deux notes prédominera certainement, ce qui vous
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fera dire « ça sent le chocolat » par exemple, mais cette odeur de chocolat est
chargée d'innombrables nuances olfactives, provenantme jusqu'à l'intérieur de la
bouche. (Martin, 2013).
Une odeur est également liée à un contexte où de nombreux inputs sensoriels (sons,
sensations haptiques, couleurs, etc.) ont été captés au même instant. Notre
perception des odeurs est ainsi influencée par autant d'autres signaux sensibles
présents au même moment, ceux émanant de la vue ayant probablement l'emprise la
plus importante. Une relation étroite s'établit entre la vue et l'odorat. Cette emprise
s'explique peut-être par le fait que les odeurs sont liées à un système complexe de
représentations mentales où chacune, esquissée par une collection d'expériences
vécues, a un certain poids narratif. Nous apprenons également dès notre plus jeune
âge à saisir le monde principalement par la vue, et, à moins d'être aveugle de
naissance, c'est ainsi un acte naturel de se référer à une correspondance visuelle
pour faire sens de ce que nous percevons par les autres sens.
Notre vision a une telle influence sur notre perception qu'elle peut nous amener à
croire qu'une odeur, non présente dans l'environnement, est là parce qu'elle est tout
simplement liée, pour une raison quelconque, aux signaux qui définissent notre réali
du moment. Ou encore, nous pousser à imaginer des scènes plausibles pour mettre
en contexte l'origine d'une odeur que nous percevons mais dont la liaison visuelle
avec une source plausible de l'émanation est introuvable; nous poussant même
parfois jusqu'à nous faire douter de sa réelle présence (Bouchard, 2013).
Ces observations coulant d'une étude sur le terrain réalie à Montréal en 2012
(Bouchard, 2013) corroborent la théorie de l'esprit prédictif (Hohwy, 2013; Friston &
Stephan, 2007), ainsi qu'à l'idée que notre cerveau reçoit de plus nombreux inputs de
l'interne que du monde extérieur. C'est-à-dire que nous tendons des liens vers
l'extérieur de nous-même pour faire concorder notre entendement du monde, et c'est
lorsque ça ne colle pas que notre attention nous sort de nous même, de nos
prédictions, pour explorer ce qui est là.
Les paysage olfactifs ont ainsi un impact important sur notre réalité. Qu'est-ce que
j'entends par paysage olfactif (smellscape)? Précisons d'abord qu'il y a une distinction
à faire entre paysage olfactif et ambiance olfactive. L'un est une expression mentale
d'une sensation vécue suite à une expérience dans l'environnement, tandis que
l'autre est une mer odorante occupant l'espace. L'un est en nous, nous baignons
dans l'autre.
Le paysage olfactif (smellscape) est un terme crée par le géographe Daniel Gade qui,
prenant une petite île de l'Océan Indien, tentait de démontrer (1984) qu'un lieu peut
également être définit par ses paramètres odorifiques. Pour Gade l'odeur est le
paysage olfactif.1 J.D. Porteous ajoutera par la suite (1990) que le smellscape est ce
qui est à la portée de notre nez oui, mais il est également fragmenté dans l'espace et
1 Odor, or the 'smellscape,' is an intriguing dimension of place ignored by geographers. A small island in the
Indian Ocean provides an empirical example of a smell-defined space. […] Olfaction, the most subtle yet
enduring of human senses, can transmit geographical information in plate characterization, landscape
reconstruction and atmospheric quality. Gade D., 1984. Redolence and Land Use on Nosy Be, Madagascar,
Journal of Cultural Geography, (4)2, 29.
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épisodique dans le temps.2 Pour ma part le paysage n'est pas la morphologie de
l'environnement; c'est plutôt une entité relative et dynamique, nature et société,
regard et environnement sont en constante interaction.3 Le paysage est infusé de la
subjectivité de l'observeur, ce qui le distingue de l'étoffe dynamique de l'ambiance qui
elle est composée de signaux physiques. Bref, si le paysage est le fruit esthétique
d'une reconnaissance purement intellectuelle (Rogers, 1997), le paysage olfactif est
alors un univers composé de multiples impressions mnémiques en continuelle
mutation qui témoignent d'harmonies intangibles. Et ce dans la mesure les
ambiances olfactives sont ces harmonies dont la gamme de notes olfactives que
nous percevons nous permet d’évoluer, par projection mentale consciente ou
distraite, entre les plans virtuels de la mémoire d'innombrables lieux.
La alité de l'environnement est ainsi modelée en partie par le terrain mouvant de
notre mémoire olfactive qui nous entraîne sur une diversité de rythmes temporels qui
font irradier l'instant en une myriade de moments. Car du fait qu'elle encode nos
expériences, nos rencontres et autres associations vécues à différents moments
(Plailly, 2005), notre mémoire olfactive nous permet non seulement de retenir dans
ses filets autant de paysages olfactifs qu'il y a de moments mémorables, mais
également de ramener l’un ou l’autre dans le moment présent pour soit y rajouter de
nouvelles teintes olfactives suite à une expérience similaire, soit pour simplement
insérer l’amplitude de son empreinte sur le lieu où nous nous trouvons.
Un autre concept définit par Michel Foucault en mars 1967 rejoint bien l'idée de
paysage. Il est intéressant à souligner car il définit des lieux en rupture avec le temps
réel. Lors d'une conférence donnée au Cercle d'études architecturales à Paris,
Foucault introduit le terme hétérotopie pour parler d'espaces concrets mais structurés
par l'imaginaire. Du grec hétéro (autre), et topos (lieu), une hétérotopie est un lieu
régit par des conventions autres que celles de la société dans laquelle elle s'insère.
Au contraire de l'utopie qui est un emplacement sans lieu réel, l'hétérotopie est une
sorte d'utopie effectivement réalisée dans laquelle l'emplacement réel […] est hors de
tous les lieux, bien que pourtant il soit effectivement localisable.4
Comme le paysage peut l'être, l'hétérotopie est un lieu aux rythmes insolites. C'est là
où de nouveaux imaginaires sont façonnés, où de nouvelles relations entre les
espaces sont structurées. Dans l'hétérotopie, des espaces pourtant incompatibles
dans l'espace concret peuvent même s'annexer en un seul et même lieu.
Sans référence à Foucault, Henri Lefebvre utilisera le mot hétérotopie en lien avec
l’urbanité5. Pour Lefebvre l'urbain est un mouvement utopique qui rassemble et unit
les différences, c'est-à-dire les hétérotopies. Même dans cette définition, l'hétérotopie
reste un lieu où le paysage peut se définir également. Un lieu dont nous avons
intellectualisé les structures en réponse à un environnement que nous avons
effectivement perçu, expérimenté.
2 any conceptualization of smellscape will be non-continuous, fragmentary in space and episodic in time, and
limited by the height of our noses from the ground, where smells tend to linger Porteous J.D., 1990.
Landscape of the mind: worlds of sense and metaphor, University of Toronto Press, 25.
3 Berque A., 1994. In Cinq propositions pour une théorie du paysage, Seyssel: Éditions Champ Vallon, 6.
4 Foucault M., 1984. Des espaces autres - conférence au Cercle d'études architecturales donné le 14 mars 1967,
Architecture, Mouvement, Continui, 5, Octobre, 47.
5 Lefebvre H., 1974. La production de l’espace, Paris: Éditions Anthropos.
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Dès lors nous pouvons nous demander, par quels moyens créer des hétérotopies qui
s'adressent spécifiquement à notre système olfactif? Par quels moyens mettre en
scène le paysage olfactif?
METTRE EN SCÈNE LE PAYSAGE OLFACTIF
Façonnées par l'environnement géographique, les conditions climatiques, les
pratiques économiques et l'activité humaine, les odeurs occupent un espace de
propagation ayant une certaine qualité dans l’instant. Elles tracent une topographie
mouvante offrant à chacun une forme de circulation dans l’épaisseur temporelle de
l'espace. Entre les mains d'un concepteur habile elles peuvent devenir un outil
d’intervention stratégique pour reconfigurer l'expérience dun lieu. La problématique
est : comment un architecte, un designer de l'environnement ou un urbaniste doit-il s'y
prendre pour incorporer la dynamique des odeurs au projet? Car c'est déjà tout un
défi pour un designer de tenir compte de la diversité humaine lors de la conception
d'un espace ou d'un bâtiment. L'âge, les capacités physiques, l'acuité sensorielle, les
habiletés mentales, de même que la finesse des rouages moriels sont
des facteurs qui varient d’un individu à un autre. Comment s'y prendre donc pour
créer des espaces olfactifs s'adressant à tous? Il faut déjà tenir compte de différents
paramètres que je ne définirai pas ici mais qui sont présenté dans un autre texte.6
Je concluerai en disant qu'une approche où le concepteur compose avec la
potentialité olfactive des matériaux utilisés en construction est je crois la clé. Le but
de l'architecte du paysage olfactif n'est pas de statufier une signature olfactive en
diffusant un parfum, mais de mettre en scène une narration dynamique dans l'espace.
Autrement dit, d'offrir à l'usager une expérience cinétique où les notes olfactives
jouent chacune leur rôle dans la symphonie odorifique qu'il propose.
Natalie Bouchard
3 mai 2017
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6 La part (fantasm)odorifique de l'environnement. Envisager la mise en scène d'ambiances
olfactives https://www.researchgate.net/publication/316451795_LA_PART_fantasmODORIFIQUE_DE_L%27E
NVIRONNEMENT_Envisager_la_mise_en_scene_d%27ambiances_olfactives
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Supplementary resource (1)

... The term shifted to a more structured definition since Gade but, with the desire to encompass everything to which it is bound, became more ramified instead of being more rigorously refined. Because of this, the expression is often used to mean either the smells that are present in the environment as a whole (Frasnelli & Proulx, 2019;O'Meara & Majid, 2016;Niedenthal, 2012;Diaconu, 2011), the mental expression of an intimate recognition triggered by smells (Bouchard, 2013(Bouchard, , 2017 or both (Belkayali & Ayan, 2017;Young, 2017). ...
Chapter
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Smells seem to offer a great opportunity to restructure the reality of the individual. Yet, the olfactory dimension is rarely part of design strategies in architecture, urban planning or landscape urbanism. As designers, we learn to compose mainly with shapes, shapes whose full scale and effects on our senses we will experience only when constructed. However, we should be primarily concerned with creating spaces that not only open the imagination of the individual but also allow positive moods to thrive. In this scheme, all the senses should be called, not just our vision, as is too often the case. The fields of architecture and environmental design must evolve and train professionals capable of conceptualizing both tangible and intangible forms. In this logic, architectural structures offer a way to call upon our own mindscapes; and within the discipline of design a new field of specialization exists: smellscaping.
... The term shifted to a more structured definition since Gade but, with the desire to encompass everything to which it is bound, became more ramified instead of being more rigorously refined. Because of this, the expression is often used to mean either the smells that are present in the environment as a whole (Frasnelli & Proulx, 2019;O'Meara & Majid, 2016;Niedenthal, 2012;Diaconu, 2011), the mental expression of an intimate recognition triggered by smells (Bouchard, 2013(Bouchard, , 2017 or both (Belkayali & Ayan, 2017;Young, 2017). ...
Chapter
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Excerpt from my contribution to a collective work whose theme is 'Encounters between smell and architecture.' Will be published by the end of 2019. Scientific editors are Xavier Bonnaud & Victor Fraigneau, Groupe d'Études et de Recherches Philosophie, Architecture, Urbain (GERPHAU), Paris, France.
Article
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Although vision is the de facto model system of consciousness research, studying olfactory consciousness has its own advantages , as this collection of articles emphatically demonstrates. One advantage of olfaction is its computational and phenomenologi-cal simplicity, which facilitates the identification of basic principles. Other researchers study olfactory consciousness not because of its simplicity, but because of its unique features. Together, olfaction's simplicity and its distinctiveness make it an ideal system for testing theories of consciousness. In this research topic, the results of recent research into olfactory consciousness are presented.
Article
Our perception of the world builds upon dynamic inputs from multiple senses with different temporal resolutions, and is threaded with the passing of subjective time. How time is extracted from multisensory inputs is scantly known. Utilizing psychophysical testing and electroencephalography, we show in healthy human adults that odors modulate object visibility around critical flicker-fusion frequency (CFF)-the limit at which chromatic flickers become perceived as a stable color-and effectively alter CFF in a congruency-based manner, despite that they afford no clear environmental temporal information. The behavioral gain produced by a congruent relative to an incongruent odor is accompanied by elevated neural oscillatory power around the object's flicker frequency in the right temporal region ~150-300 ms after object onset, and is not mediated by visual awareness. In parallel, odors bias the subjective duration of visual objects without affecting one's temporal sensitivity. These findings point to a neuronal network in the right temporal cortex that executes flexible temporal filtering of upstream visual inputs based on olfactory information. Moreover, they collectively indicate that the very process of sensory integration at the stage of object processing twists time perception, hence casting new insights into the neural timing of multisensory events.
Chapter
In everyday life, odorous sensations are a multisensory experience. In other words, odors are perceived before, during, or after inputs of other sensory systems like the visual, gustatory, auditory and tactile system. Thus, multisensory processing of olfactory cues should be assumed as a realistic stimulation for the perception of odors. Odors are perceived through two main pathways: orthonasal and retronasal routes and odors are processed in a different manner depending on the pathway. Therefore, before reviewing effects of other sensory cues on olfactory perception, both orthonasal and retronasal olfactory systems are discussed at psychophysical, cortical electrophysiological and neuroanatomical levels. This chapter introduces cross-modal correspondence between olfactory and other sensory cues; it also features the effects of other sensory inputs, such as visual, gustatory, auditory, trigeminal and tactile cues, on olfactory perception, with a focus on key modulators in cross-modal integration. Overall, most of the cross-modal integration between olfactory and other sensory cues appears to occur at a central nervous level. Many studies have emphasized the role of congruency between bimodal cues in cross-modal integration. The modulatory effect of congruency was found to be influenced by many factors such as odor delivery route (orthonasal and retronasal pathways), selective attention, experience (associative learning), cultural background, type of given task (analytical versus synthetic) and characteristics of a given stimulus.
Article
Smell and taste are our most misunderstood senses. Given a choice between losing our sense of smell and taste, or our senses of sight and hearing, most people nominate the former, rather than the latter. Yet our sense of smell and taste has the power to stir up memories, alter our mood and even influence our behaviour. In The Neuropsychology of Smell and Taste, Neil Martin provides a comprehensive, critical analysis of the role of the brain in gustation and olfaction. In his accessible and characteristic style he shows why our sense of smell and taste do not simply perform basic and intermittent functions, but lie at the very centre of our perception of the world around us. Through an exploration of the physiology, anatomy and neuropsychology of the senses; the neurophysiological causes of smell and taste disorders, and their function in physical and mental illness, Neil Martin provides an accessible and up-to-date overview of the processes of gustation and olfaction. The Neuropsychology of Smell and Taste provides a state-of-the-art overview of current research in olfactory and gustatory perception. With sections describing the effect of odour and taste on our behaviour, and evaluating the contribution current neuroimaging technology has made to our understanding of the senses, the book will be of interest to researchers and students of neuropsychology and neuroscience, and anybody with an interest in olfaction and gustation.
Article
We see the city, we hear the city, but above all: we smell the city.nbsp;Scent has unique qualities: ubiquity, persistence, and an unparalleled connection to memory, yet it has gone overlooked in discussions of sensory design. Whatnbsp;scents shape the city? How doesnbsp;scent contribute to placemaking? How do we design smell environments in the city? Urban Smellscapesnbsp;makes a notable contribution towards the growing body of literature on the senses and design by providing some answers to these questions and contributing towards the wider research agenda regarding how people sensually experience urban environments. It is the first of its kind in examining the role of smell specifically in contemporary experiences and perceptions of English towns and cities, highlighting the perception of urban smellscapes as inter-related with place perception, and describing odour's contribution towards overall sense of place. With case studies from factories, breweries, urban parks, and experimental smell environments in Manchester and Grasse, Urban Smellscapes identifies processes by which urban smell environments are managed and controlled, and gives designers and city managers tools to actively use smell in their work.
Article
Can perceptual presence be explained by counterfactually-rich predictive models linking perception and action? Considering an unusually rich range of responses to this idea has led me to (1) re-emphasize the core conceptual commitment of "predictive processing of sensorimotor contingencies" (PPSMC) to predictive model-based perception, (2) reconsider the relationship between presence and objecthood, and (3) refine the phenomenological target by differentiating between perceptual presence and the phenomenology of absence-of-presence, or "phenomenal unreality." It turns out that this requires blue-sky thinking.
Book
A new theory is taking hold in neuroscience. It is the theory that the brain is essentially a hypothesis-testing mechanism, one that attempts to minimise the error of its predictions about the sensory input it receives from the world. It is an attractive theory because powerful theoretical arguments support it, and yet it is at heart stunningly simple. Jakob Hohwy explains and explores this theory from the perspective of cognitive science and philosophy. The key argument throughout The Predictive Mind is that the mechanism explains the rich, deep, and multifaceted character of our conscious perception. It also gives a unified account of how perception is sculpted by attention, and how it depends on action. The mind is revealed as having a fragile and indirect relation to the world. Though we are deeply in tune with the world we are also strangely distanced from it. The first part of the book sets out how the theory enables rich, layered perception. The theory's probabilistic and statistical foundations are explained using examples from empirical research and analogies to different forms of inference. The second part uses the simple mechanism in an explanation of problematic cases of how we manage to represent, and sometimes misrepresent, the world in health as well as in mental illness. The third part looks into the mind, and shows how the theory accounts for attention, conscious unity, introspection, self and the privacy of our mental world.
Article
Odor, or the "smellscape," is an intriguing dimension of place ignored by geographers. A small island in the Indian Ocean provides an empirical example oj a smell-defined space. The central odor there is a mixture of redolent ingredients dominated by the fragrant blossoms of ylang-ylang. Horticultural specialization on this plant provides an essential oil made from the flowers and exported for use in perfume. Olfaction, the most subtle yet enduring of human senses, can transmit geographical information in plate characterization, landscape reconstruction and atmospheric quality.