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Corrélats de la violence entre conjoints et en milieu familial chez les Canadiens âgés : une approche fondée sur les parcours de vie

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Abstract

Introduction La connaissance des corrélats personnels et interpersonnels de la violence chez les aînés canadiens est limitée. Cette étude établit les corrélats de la violence actuelle et passée infligée par un conjoint ou un membre de la famille chez les aînés canadiens résidant dans la collectivité, en tenant compte des conditions défavorables dans l’enfance. Méthodologie Nous avons procédé à une analyse de régression logistique des données de base d’une étude longitudinale sur des personnes de 65 à 74 ans résidant dans la collectivité à Kingston (Ontario) et à Saint-Hyacinthe (Québec). La violence familiale a été mesurée avec l’outil d’évaluation du risque Frapper-Insulter-Menacer-Crier (FIMC) (Hurt-Insult-Threaten-Scream, HITS). Les rapports de cotes (RC) ont été établis avec un intervalle de confiance (IC) à 95 %. Résultats Dix-huit pour cent des sujets de l’échantillon ont déclaré subir de la violence de nature psychologique. Les femmes présentaient un risque plus élevé que les hommes de subir ou d’avoir subi de la violence de la part d’un membre de leur famille (violence actuelle : RC ajusté ¼ 1,83; IC à 95 % : 1,02 à 3,30) et de la part d’un conjoint au cours de leur vie (RC ajusté ¼ 2,48; IC à 95 % : 1,40 à 4,37). Les facteurs de risque accumulés au cours de la vie associés systématiquement à la violence actuelle et passée sont d’avoir été témoin de violence domestique dans l’enfance (violence au cours de la vie infligée par un membre de la famille : RC ajusté ¼ 9,46; IC à 95 % : 5,11 à 17,52) ainsi que des relations de mauvaise qualité avec le conjoint, la famille et les amis. Conclusion Notre recherche documente les conséquences à long terme de conditions défavorables dans l’enfance sur la violence conjugale et familiale au Canada. Nos résultats isolent certains facteurs évitables associés à la violence psychologique actuelle et passée chez les personnes âgées résidant dans la collectivité au Canada.
Corrélats de la violence entre conjoints et en milieu familial
chez les Canadiens âgés : une approche fondée sur les parcours
de vie
M. Miszkurka, Ph. D. (1, 2); C. Steensma, M. Sc. (1, 2); S. P. Phillips, M. D. (3)
Cet article a fait lobjet dune évaluation par les pairs. Diffuser cet article sur Twitter
Résumé
Introduction: La connaissance des corre
´lats personnels et interpersonnels de la violence
chez les aı
ˆne
´s canadiens est limite
´e. Cette e
´tude e
´tablit les corre
´lats de la violence actuelle
et passe
´e inflige
´e par un conjoint ou un membre de la famille chez les aı
ˆne
´s canadiens
re
´sidant dans la collectivite
´, en tenant compte des conditions de
´favorables dans l’enfance.
Me
´thodologie: Nous avons proce
´de
´a
`une analyse de re
´gression logistique des donne
´es de base
d’une e
´tude longitudinale sur des personnes de 65 a
`74 ans re
´sidant dans la collectivite
´a
`Kingston
(Ontario) et a
`Saint-Hyacinthe (Que
´bec). La violence familiale a e
´te
´mesure
´eavecloutil
d’e
´valuation du risque Frapper-Insulter-Menacer-Crier (FIMC) (Hurt-Insult-Threaten-Scream,
HITS). Les rapports de cotes (RC) ont e
´te
´e
´tablis avec un intervalle de confiance (IC) a
`95 %.
Re
´sultats: Dix-huit pour cent des sujets de l’e
´chantillon ont de
´clare
´subir de la violence
de nature psychologique. Les femmes pre
´sentaient un risque plus e
´leve
´que les hommes
de subir ou d’avoir subi de la violence de la part d’un membre de leur famille (violence
actuelle : RC ajuste
´¼1,83; IC a
`95 % : 1,02 a
`3,30) et de la part d’un conjoint au cours
de leur vie (RC ajuste
´¼2,48; IC a
`95 % : 1,40 a
`4,37). Les facteurs de risque accumule
´s
au cours de la vie associe
´s syste
´matiquement a
`la violence actuelle et passe
´e sont d’avoir
e
´te
´te
´moin de violence domestique dans l’enfance (violence au cours de la vie inflige
´e
par un membre de la famille : RC ajuste
´¼9,46; IC a
`95 % : 5,11 a
`17,52) ainsi que des
relations de mauvaise qualite
´avec le conjoint, la famille et les amis.
Conclusion: Notre recherche documente les conse
´quences a
`long terme de conditions
de
´favorables dans l’enfance sur la violence conjugale et familiale au Canada. Nos
re
´sultats isolent certains facteurs e
´vitables associe
´sa
`la violence psychologique actuelle
et passe
´e chez les personnes a
ˆge
´es re
´sidant dans la collectivite
´au Canada.
Mots-cle
´s: violence interpersonnelle, personnes a
ˆge
´es, parcours de vie, adversite
´.
Introduction
Selon la de
´finition de l’Organisation mondiale
de la sante
´, la violence englobe toutes les
formes de maltraitance physique et psy-
chologique qui imposent un fardeau aux
personnes, aux familles et aux collecti-
vite
´s
1
. Ses formes courantes, outre la violence
physique, sont la ne
´gligence, la violence
verbale et l’exploitation financie
`re
2
et, dans
le cas de la violence conjugale, la violence
psychologique
3
. Les personnes a
ˆge
´es sont
davantage susceptibles de subir de la violence
conjugale et familiale. Pre
`sde7%desaı
ˆne
´s
canadiens ne vivant pas en institution de
´cla-
rent avoir subi une forme de maltraitance
4
.
La violence a des conse
´quencesgravessur
la sante
´des personnes a
ˆge
´es et elle constitue
un proble
`me de sante
´publique pour les
collectivite
´s.
La violence interpersonnelle de
´pend du
de
´veloppement de la personne, de ses
relations familiales et du soutien rec¸uetelle
adesconse
´quences ne
´gatives sur ces
Points saillants
Savoir ce qui conduit a
`la maltrai-
tance envers les aı
ˆne
´s peut aider a
`
de
´velopper des programmes cer-
nant, pre
´venant et re
´duisant la
violence. Cela va e
ˆtre de plus en
plus ne
´cessaire avec le vieillisse-
ment de la population canadienne.
Parmi les aı
ˆne
´sde65a
`74 ans vivant
dans la collectivite
´, 9,6 % ont
de
´clare
´avoir subi de la violence de
la part d’un membre de leur famille
et 18 % de la violence psychologi-
que de la part de leur conjoint au
cours des six derniers mois.
Davantage de femmes que d’hommes
ont de
´clare
´avoir subi de la violence
physique ou psychologique de la part
de leur conjoint ou d’un membre de
leur famille.
Les personnes ayant e
´te
´te
´moin de
violence domestique durant leur
enfance ou ayant de mauvaises rela-
tions avec leur conjoint, leur famille
et leurs amis sont davantage suscep-
tibles de subir ou d’avoir subi de la
violence au cours de leur vie.
Les mesures de pre
´vention dev-
raient tenter de briser le cycle de la
violence a
`ses premie
`res e
´tapes.
Rattachement des auteurs :
1. Direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, Montréal (Québec), Canada
2. Département de médecine sociale et préventive, Université de Montréal, Montréal (Québec), Canada
3. Faculté de médecine, Université Queen's, Kingston (Ontario), Canada
Correspondance: Malgorzata Miszkurka, 200, boul. René-Lévesque Ouest, Tour Est, Bureau 1102, Montréal (Québec) H2Z 1X4; tél. : 514-283-4081; téléc. 514-496-7012; courriel :
malgorata.goshia.miszkurka@phac-aspc.gc.ca
Vol 36, n° 3, mars 2016
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques
51
e
´le
´ments
5
. Les caracte
´ristiques associe
´es a
`la
sante
´et a
`l’a
ˆge, notamment le de
´ficit
cognitif, les maladies chroniques et le besoin
d’aide pour accomplir les activite
´sdelavie
quotidienne sont d’importants pre
´dicteurs
de maltraitance, ce qui est e
´galement le cas
des proble
`mes interpersonnels, en particu-
lier des conflits avec des membres de la
famille et des amis
6
.Lesfemmespre
´sentent
un risque plus e
´leve
´d’e
ˆtre victimes de
violence de la part d’un conjoint, celles
vivant avec un handicap courant un risque
particulie
`rement e
´leve
´de violence grave
7
.
L’ e x p o s i t i o n a
`la violence dans l’enfance
peut conduire a
`un mauvais e
´tat de sante
´,a
`
une de
´pendance a
`l’alcool et a
`de la violence
conjugale
8
.Deme
ˆme, le fait d’avoir ve
´cu
des expe
´riences de violence au cours de sa
vie est associe
´a
`un faible bien-e
ˆtre mental et
physique
9
et peut constituer un pre
´dicteur
du fait de subir des agressions
10
.Pourtant,
peu d’e
´tudes sur la violence envers les
personnes a
ˆge
´es ont adopte
´une approche
fonde
´e sur le parcours de vie, qui suppose
qu’une exposition pre
´coce a
`des conditions
de
´favorables ou a
`la violence soit un
pre
´dicteur de violence chez les personnes
a
ˆge
´es. De plus, il y a une lacune d’e
´tudes
originales sur les corre
´lats de la violence
chez les Canadiens a
ˆge
´senge
´ne
´ral ainsi que
d’analyses comparatives examinant la vio-
lence interpersonnelle inflige
´eparuncon-
joint ou un membre de la famille, en
particulier chez les personnes a
ˆge
´es. Ce type
d’information peut pourtant contribuer a
`
l’e
´laboration de politiques et de mesures
visant a
`cerner, pre
´venir et re
´duire la
violence chez les personnes a
ˆge
´es, ce qui
va e
ˆtredeplusenplusne
´cessaire avec le
vieillissement de la population canadienne.
Notre e
´tude examine les corre
´lats a
`la fois
personnels (comportement, sante
´et facteurs
socioe
´conomiques) et interpersonnels (rela-
tions avec le conjoint et les membres de la
famille) de la violence physique et psycho-
logique passe
´e et actuelle subie par les aı
ˆne
´s
canadiens, en tenant compte des conse
´-
quences a
`long terme des conditions de
´fa-
vorables ve
´cues dans l’enfance.
Méthodologie
Nous avons analyse
´les donne
´es de base
(2012) des deux sites Internet canadiens de
l’E
´tude internationale sur la mobilite
´au
cours du vieillissement (IMIAS) qui porte
sur des personnes de 65 a
`74 ans re
´sidant
dans la collectivite
´. Les participants ont e
´te
´
invite
´sa
`participer a
`l’IMIAS par une lettre
de leur me
´decin de famille. Environ 30 %
de ceux qui ont rec¸u un courrier ont
communique
´avec l’e
´quipe de chercheurs
soit de Kingston en Ontario (398 per-
sonnes; 186 hommes et 212 femmes) soit
de Saint-Hyacinthe au Que
´bec (401 per-
sonnes; 191 hommes et 210 femmes). Le
taux de participation a
`la suite de ce
premier contact a e
´te
´de 95 %. Les
participants pre
´sentant un risque e
´leve
´
d’e
ˆtre atteint de de
´mence a
`la suite d’un
test standardise
´ont e
´te
´exclus. Tous les
modules du questionnaire ont e
´te
´valide
´s
et traduits en franc¸ais. La formation de
l’enque
ˆteur et les directives du protocole
e
´taient identiques pour les deux sites.
Nous avons obtenu les approbations
de
´ontologiques de l’Universite
´Queen’s et
de l’Universite
´de Montre
´al.
Mesures
Variable re
´ponse : Nous avons e
´value
´la
violence familiale au moyen de l’outil
d’e
´valuation du risque Frapper-Insulter-
Menacer-Crier (FIMC) qui a d’abord e
´te
´
valide
´aupre
`s d’e
´chantillons de femmes et
d’hommes
11
. On a demande
´aux partici-
pants si, au cours de leur vie ou des six
derniers mois, un conjoint ou un membre
de leur famille avait crie
´sur eux, les avait
menace
´s, insulte
´s, de
´nigre
´s ou blesse
´s
physiquement. On a traite
´se
´pare
´ment les
re
´ponses sur la violence physique et
psychologique actuelle et passe
´e et selon
l’auteur des actes de violence (conjoint ou
membre de la famille). Pour cette e
´tude,
des cate
´gories dichotomiques de re
´ponse
ont e
´te
´cre
´e
´es comme suit : ont e
´te
´code
´es
)oui *les re
´ponses )parfois *,)assez
souvent *et )fre
´quemment *pour la
violence physique et les re
´ponses )assez
souvent *et )fre
´quemment *pour la
violence psychologique. A
`partir de la
`,
quatre regroupements ont e
´te
´faits :
violence psychologique actuelle exerce
´e
par un conjoint, violence psychologique
actuelle exerce
´e par un membre de la
famille et (en combinant violence physi-
que passe
´e et violence psychologique
passe
´e) violence au cours de la vie inflige
´e
par un conjoint et violence au cours de la
vie inflige
´e par un membre de la famille.
Caracte
´ristiques individuelles. Les carac-
te
´ristiques sociode
´mographiques e
´taient
l’a
ˆge, le statut vis-a
`-vis de l’immigration,
l’e
´tat matrimonial, le sexe, le niveau de
scolarite
´, la profession, le revenu annuel et la
suffisance du revenu pour les besoins de
base de
´clare
´e par le participant. Deux
mesures de l’e
´tat de sante
´ont e
´te
´utilise
´es :
l’indice de masse corporelle (IMC) et le
nombre cumulatif moyen de maladies chro-
niques importantes (hypertension arte
´rielle,
arthrite, oste
´oporose, maladie pulmonaire,
cancer, maladie du cœur, maladie ce
´re
´bro-
vasculaire et diabe
`te). On a identifie
´,gra
ˆce a
`
un indicateur des activite
´sdelaviequoti-
dienne, les personnes incapables de prendre
un bain, de s’habiller, d’assurer leur hygie
`ne
personnelle, de se de
´placer ou de s’alimenter
sans aide
12
. Le questionnaire Nagi a e
´te
´
utilise
´pour quantifier les limitations auto-
e
´value
´es de mobilite
´
13
et l’E
´chelle de con-
fiance dans la capacite
´d’e
´viter les chutes
(Falls Efficacy Scale International ou FES-I)
apermisdecalculerlenombredechutesau
cours des douze derniers mois
14
.Lescom-
portements lie
´sa
`la sante
´ont e
´te
´mesure
´s
par la consommation d’alcool, le tabagisme
et l’IMC.
Caracte
´ristiques interpersonnelles. Les
donne
´es de l’IMIAS fournissent les condi-
tions de logement (vivre seul, avec con-
joint seulement, avec des enfants et/ou un
conjoint et/ou d’autres personnes). Nous
avons de
´fini une cote d’activite
´s sociales
fonde
´e sur la fre
´quentation de centres
communautaires ou de loisirs, d’associa-
tions de personnes a
ˆge
´es, de magasins ou
centres commerciaux et sur la participa-
tion a
`des activite
´s religieuses au cours des
douze derniers mois, et nous avons
quantifie
´la qualite
´des relations a
`partir
de la satisfaction des relations avec les
amis et la famille. Une cote de qualite
´de
l’union a synthe
´tise
´les re
´ponses sur le
sentiment d’e
ˆtre aime
´et appre
´cie
´de son
conjoint, d’e
ˆtre e
´coute
´par lui et de compter
pour lui.
Expe
´riences de vie difficiles. L’IMIAS
e
´value les expe
´riences difficiles ve
´cues au
cours des 15 premie
`res anne
´es de vie en se
basant sur l’E
´tude sur la sante
´, le bien-e
ˆtre
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques Vol 36, n° 3, mars 2016
52
et le vieillissement (Survey on Health,
Well-Being and Aging, SABE)
15
. Nous
avons utilise
´des mesures de la pauvrete
´,
de la faim, du cho
ˆmage prolonge
´d’un
parent, du fait d’avoir e
´te
´te
´moin de
violence domestique, d’abus d’alcool ou
de drogue par un parent et du divorce des
parents durant l’enfance.
Analyses statistiques
La se
´lection des facteurs potentiels associe
´s
a
`la violence chez les aı
ˆne
´sae
´te
´oriente
´e
par un cadre d’environnement global pour
la pre
´vention de la violence
16
qui tient
compte de l’influence re
´ciproque complexe
des facteurs individuels, relationnels, col-
lectifs et socie
´taux. La cate
´gorisation de
certaines variables peut diffe
´rer le
´ge
`rement
entre les mode
`les, car les cate
´gories,
nombreuses, ont parfois e
´te
´regroupe
´es.
Nous avons utilise
´le test de Student et le
test du chi carre
´pour e
´tudier les diffe
´-
rences entre les hommes et les femmes
dans la re
´partition des caracte
´ristiques
personnelles et interpersonnelles et celles
de la violence. Afin de ve
´rifier la pertinence
de la prise en compte des expe
´riences de
violence au cours de la vie, nous avons cre
´e
´
un tableau croise
´de la violence actuelle et
passe
´e pour voir quelle proportion de
l’e
´chantillon de
´clarait subir ou avoir subi
de la violence. Nous avons utilise
´une
analyse de re
´gression line
´aire pour con-
firmer l’existence d’une coline
´arite
´entre les
variables inde
´pendantes, en faisant une
reque
ˆte de coline
´arite
´pour chaque mode
`le
de re
´gression multiple. L’e
´laboration du
mode
`le s’est faite en quatre e
´tapes princi-
pales. D’abord, des analyses de re
´gression
logistique bivarie
´eonte
´te
´re
´alise
´es afin de
ve
´rifier les associations entre les variables
inde
´pendantes personnelles et chacune des
quatre cate
´gories de violence. Les variables
associe
´es a
`la violence (po0,05) ont
ensuite e
´te
´inte
´gre
´es aux mode
`les multi-
varie
´s. On a tenu compte de l’a
ˆge en tant
que covariable, mais on ne l’a inte
´gre
´ni
aux mode
`les bivarie
´s ni aux multivarie
´s,
e
´tant donne
´qu’il exerce peu d’influence sur
eux et pre
´sente un faible inte
´re
ˆtdansle
contexte de la population a
`l’e
´tude, en
raison du faible e
´cart d’a
ˆge. Nous avons
e
´labore
´trois mode
`les de re
´gression logis-
tique multivarie
´s pour chacune des quatre
cate
´gories de violence. Le premier mode
`le
incluait toutes les caracte
´ristiques person-
nelles et interpersonnelles. Les variables
associe
´es aux expe
´riences de violence au
cours de la vie ont ensuite e
´te
´inte
´gre
´es
progressivement au deuxie
`me mode
`le, puis
les indicateurs de conditions de
´favorables
durant l’enfance ont e
´te
´inte
´gre
´sautroi-
sie
`me mode
`le. Afin d’examiner les diffe
´r-
ences entre les expe
´riences de violence
ve
´cues par les hommes et celles ve
´cues par
les femmes, nous avons ajoute
´a
`chaque
mode
`le des termes d’interaction entre le
sexe et les facteurs se
´lectionne
´spour
connaı
ˆtre leur importance statistique : nous
n’avons constate
´aucune interaction impor-
tante. Tous les mode
`les ont e
´te
´ajuste
´sen
fonction du lieu de naissance, du revenu
annuel, du niveau de scolarite
´et de la
profession. On a conside
´re
´les re
´sultats
comme statistiquement significatifs si la
valeur pe
´tait infe
´rieure a
`0,05. On a calcule
´
les rapports de cotes (RC) et les rapports de
cotes ajuste
´s (RCA) avec des intervalles de
confiance (IC) e
´tablis a
`95 %. Les analyses
ont e
´te
´effectue
´es a
`l’aide de la version 21
de SPSS (IBM, Chicago, Illinois, E
´.-U.).
Résultats
Les diffe
´rences entre les sexes dans les
caracte
´ristiques et les conditions de vie des
participants canadiens a
`l’IMIAS sont
pre
´sente
´es dans le tableau 1.
Au total, 18 % des participants ont de
´clare
´
avoir e
´te
´victimes de violence de la part
d’un conjoint au cours des six derniers mois
(tableau 2). On ne constate aucune diffe
´r-
ence entre les sexes dans les de
´clarations de
violence re
´cente de la part d’un conjoint.
Cependant, un plus grand nombre de
femmes que d’hommes ont de
´clare
´avoir
subi au cours de leur vie de la violence
conjugale psychologique (16,6 % contre
10, 3 % , po0,01) et physique (7,1 % contre
0,8 %, po0,0001). La violence psycholo-
gique passe
´eexerce
´e par un membre de la
famille e
´tait plus de deux fois plus fre
´quente
chez les femmes que chez les hommes
(12,1 % contre 4,8 %, po0,0001).
Les tableaux 3 a
`6 pre
´sentent les associa-
tions non ajuste
´es et ajuste
´es pour cha-
cune des quatre cate
´gories de violence :
violence psychologique actuelle exerce
´e
par un conjoint, violence passe
´e inflige
´e
par un conjoint, violence psychologique
actuelle exerce
´e par un membre de la
famille et violence passe
´e inflige
´e par un
membre de la famille.
Violence psychologique actuelle exercée par
un conjoint
Des difficulte
´simportantesa
`parcourir
400 me
`tres, avoir fait au moins deux chutes
au cours des douze derniers mois et une
consommation quotidienne d’alcool sont
des variables e
´troitement associe
´es a
`la
violence psychologique exerce
´eparun
conjoint au cours des six derniers mois
(tableau 3). Une expe
´rience de violence
passe
´edelapartdunconjointetavoire
´te
´
te
´moin de violence domestique durant
l’enfance sont aussi des variables e
´troite-
ment lie
´es a
`la violence psychologique
actuelle exerce
´e par un conjoint. A
`l’oppose
´,
le fait de vivre seul avec un conjoint (et non
avec des enfants ou d’autres personnes)
semble e
ˆtre un facteur de protection, de
me
ˆme que des relations de grande qualite
´.
Dans les mode
`les multivarie
´s, tous les
corre
´lats demeurent associe
´sdemanie
`re
inde
´pendante a
`la variable re
´ponse, a
`l’excep-
tion des chutes. L’expe
´rience de violence
passe
´edelapartdunconjointetles
difficulte
´sa
`marcher sont les corre
´lats inde
´-
pendants les plus importants de la violence
psychologique actuelle exerce
´e par un con-
joint. Les personnes ayant de
´clare
´avoir e
´te
´
victimes de violence de la part d’un conjoint
au cours de leur vie e
´taient plus de cinq fois
plus susceptibles d’avoir subi de la violence
psychologique de la part de leur conjoint au
cours des six derniers mois (RCA ¼5,29; IC
a
`95 % : 2,71 a
`10,33). Les personnes ayant
des difficulte
´sa
`parcourir 400 me
`tres sont
cinq fois plus susceptibles de subir de la
violence actuelle de la part d’un conjoint
(RCA ¼5,00; IC a
`95 % : 1,53 a
`16,29) que
celles qui n’ont aucune limitation de mobilite
´.
L’ e x p e
´rience de violence passe
´e inflige
´epar
un conjoint n’a qu’une faible valeur explica-
tive par rapport au lien entre consommation
importante d’alcool et violence psychologique
actuelle exerce
´e par un conjoint. L’ajout du
fait d’avoir e
´te
´te
´moin de violence domestique
durant l’enfance modifie peu les autres
associations mais demeure un facteur impor-
tant en soi.
Vol 36, n° 3, mars 2016
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques
53
TABLEAU 1
Répartition des caractéristiques individuelles et interpersonnelles selon le sexe
Caractéristiques Pourcentage (n) Valeur p
Ensemble (n ¼799) Hommes (n ¼377) Femmes (n ¼422)
Personnelles
État matrimonial
Célibataire (jamais marié) 4,6 % (37) 3,2 % (12) 5,9 % (25) 0,000
Marié/conjoint de fait 66,1 % (528) 77,5 % (292) 55,9 % (236)
Veuf ou veuve 10,6 % (85) 4,2 % (16) 16,4 % (69)
Séparé/divorcé 18,6 % (149) 15,1 % (57) 21,8 % (92)
Revenu considéré comme
Insuffisant 6,4 % (51) 4,0 % (15) 8,5 % (36) 0,009
Convenable 41,1 % (328) 39,3 % (148) 42,7 % (180)
Suffisant 52,6 % (420) 56,8 % (214) 48,8 % (206)
Maladies chroniques (nombre moyen) 1,79 1,65 1,92 0,004
Difficulté à parcourir 400 mètres 14,3 % (114) 11,5 % (43) 16,9 % (71) 0,056
Chute durant la dernière année 30,5 % (244) 28,6 % (108) 32,2 % (136) 0,154
Activités de la vie quotidienne : au moins une limitation 19,3 % (154) 16,2 % (61) 22,0 % (93) 0,087
Consommation d'alcool
Aucune 22,2 % (177) 16,8 % (63) 27,1 % (114) 0,000
Moins d'une fois par semaine 29,4 % (234) 24,5 % (92) 33,6 % (142)
Hebdomadaire 45,3 % (361) 53,5 % (201) 38,0 % (160)
Quotidienne 3,1 % (25) 5,3 % (20) 1,2 % (5)
Importance de la consommation d'alcool (nombre
moyen de consommations/occasion)
3,58 4,08 3,13 0,000
Fumeur 7,3 % (58) 7,7 % (29) 6,9 % (29) 0,661
Indice de masse corporelle
Poids insuffisant 2,8 % (22) 1,3 % (5) 4,0 % (17) 0,016
Normal 28,2 % (225) 24,9 % (94) 31,0 % (131)
Embonpoint 31,4 % (251) 34,2 % (129) 28,9 % (122)
Obésité 37,7 % (301) 39,5 % (149) 36,0 % (152)
Conditions défavorables dans l'enfance
Pauvreté 27,8 % (222) 29,4 % (111) 26,3 % (111) 0,181
Faim 5,0 % (40) 4,8 % (18) 5,2 % (22) 0,453
Parents au chômage 8,4 % (67) 9,3 % (35) 7,6 % (32) 0,443
Divorce des parents 3,4 % (27) 3,2 % (12) 3,6 % (15) 0,846
Toxicomanie parentale 14, 6 % (117) 13,0 % (49) 16,1 % (68) 0,230
Témoin de violence domestique 13,5 % (108) 9,3 % (35) 17,3 % (73) 0,001
Relations interpersonnelles
Contexte de vie
Vit seul 28,9 % (231) 17,5 % (66) 39,1 % (165) 0,000
Avec conjoint 55,4 % (443) 58,9 % (222) 52,4 % (221)
Avec conjoint et enfant 12,5 % (100) 21,5 % (81) 4,5 % (19)
Avec enfant 1,8 % (14) 0,5 % (2) 2,8 % (12)
Avec d'autres personnes 1,4 % (11) 1,6 % (6) 1,2 % (5)
Relations interpersonnelles (moyenne) 12,06 12,28 11,90 0,039
Cote de qualité de l'union (moyenne) 17,73 18,05 17,33 0,006
Cote d'activités sociales (moyenne) 5,18 4,99 5,35 0,035
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques Vol 36, n° 3, mars 2016
54
Violence au cours de la vie infligée par un
conjoint
Le fait d’e
ˆtre une femme, une consommation
quotidienne d’alcool, l’obe
´site
´,vivreavecdes
enfants, des difficulte
´senlienaveclamobilite
´
ou l’accomplissement des activite
´sdelavie
quotidienne, des chutes, une consommation
excessivedalcooloudedrogueparunparent
et le divorce des parents durant l’enfance sont
toutes des variables associe
´es de manie
`re
inde
´pendante a
`la violence inflige
´eparun
conjoint au cours de la vie ainsi qu’a
`des
mauvais traitements inflige
´sdanslepasse
´
par un membre de la famille (RC ¼4,16; IC
a
`95 % : 2,52 a
`6,85) (tableau 4).
Dans les analyses multivarie
´es, le sexe,
une consommation quotidienne d’alcool
(RCA ¼6,83; IC a
`95 % : 2,30 a
`20,23),
l’obe
´site
´,uneexpe
´rience de violence inflige
´e
parunmembredelafamilleouledivorce
des parents durant l’enfance demeurent des
variables associe
´es de manie
`re inde
´pen-
dante a
`la violence exerce
´e par un conjoint
au cours de la vie. Une expe
´rience de
violence psychologique passe
´eexerce
´epar
un membre de la famille semble expliquer
en partie l’association entre une consomma-
tion quotidienne d’alcool et la violence
inflige
´e par un conjoint au cours de la
vie (voir la diffe
´rence entre les mode
`les
multivarie
´s 1 et 2). Les expe
´riences ne
´ga-
tives ve
´cues durant l’enfance (divorce des
parents ou consommation par eux d’alcool
ou de drogues) expliquent aussi en partie
l’association entre la violence passe
´einflige
´e
parunmembredelafamilleetlaviolence
inflige
´e par un conjoint au cours de la vie
(voir la diffe
´rence entre les mode
`les multi-
varie
´s2et3).
Violence psychologique actuelle exercée par
un membre de la famille
Les corre
´lats personnels a
`la violence
psychologique exerce
´e par un membre de
la famille au cours des six derniers mois
TABLEAU 2
Répartition de la violence physique et psychologique actuelle et passée, selon le sexe
Forme de violence physique et psychologique Pourcentage (n) Valeur p
Ensemble
n¼799
Hommes
n¼377
Femmes
n¼422
1 épisode au moins de violence vécu au cours des six derniers mois
Violence psychologique exercée par un conjoint (n ¼533 ayant un conjoint) 18,0 % (96) 18,2 % (54
a
) 17,8 % (42
b
) 0,1
Violence physique infligée par un conjoint (n ¼533 ayant un conjoint) 0,4 % (1) 0,6 % (1
a
)0%(0
b
)
Violence psychologique exercée par un membre de la famille 9,6 % (77) 7,2 % (27) 11,8 % (50) 0,030
Violence physique infligée par un membre de la famille 0,4 % (3) 0,8 % (3) 0 % (0)
1 épisode au moins de violence vécu au cours de la vie
Violence psychologique exercée par un conjoint (assez souvent ou fréquemment) 13,6 % (109) 10,3 % (39) 16,6 % (70) 0,010
Violence physique infligée par un conjoint (parfois, assez souvent ou fréquemment) 4,1 % (33) 0,8 % (3) 7,1 % (30) 0,000
Violence psychologique exercée par un membre de la famille (assez souvent ou fréquemment) 8,6 % (69) 4,8 % (18) 12,1 % (51) 0,000
Violence physique infligée par un membre de la famille (parfois, assez souvent ou fréquemment) 6,4 % (51) 5,0 % (19) 7,6 % (32) 0,150
Remarque : Les proportions concernant la violence physique et psychologique exercée par un conjoint au cours des six derniers mois sont calculées pour les personnes ayant indiqué avoir un
conjoint, soit 533 (
a
hommes ¼297;
b
femmes ¼236).
TABLEAU 3
Rapports de cotes dans les modèles bivariés et multivariés pour les facteurs personnels et interpersonnels ayant une corrélation avec la
violence psychologique actuelle exercée par un conjoint
Rapport de cotes (intervalle de confiance à 95 %)
Modèles bivariés
(non ajustés)
Modèle 1
multivarié ajusté
Modèle 2
multivarié ajusté
Modèle 3
multivarié ajusté
Vit avec conjoint et enfants ou autres personnes 1,82** (1,09 à 3,03) 2,13** (1,21 à 3,76) 2,16** (1,19 à 3,86) 2,07** (1,14 à 3,76)
Qualité de l'union 0,88** (0,83 à 0,94) 0,83** (0,77 à 0,90) 0,84** (0,77 à 0,91) 0,84** (0,78 à 0,91)
Consommation quotidienne d'alcool 2,35*(1,13 à 4,88) 2,65*(1,14 à 6,20) 2,63*(1,10 à 6,31) 2,25** (1,07 à 6,15)
Difficulté à parcourir 400 mètres 4,13** (1,46 à 11,7) 5,45** (1,81 à 16,38) 5,01** (1,56 à 16,09) 5,00** (1,53 à 16,29)
Au moins deux chutes au cours des 12 derniers mois 2,02*(1,05 à 3,90) 1,25*(0,66 à 2,38) 1,67 (0,79 à 3,47) 1,71 (0,82 à 3,60)
Violence au cours de la vie exercée par un conjoint 5,87** (3,22 à 10,70) 5,36** (2,76 à 10,38) 5,29** (2,71 à 10,33)
Témoin de violence domestique dans l'enfance 2,06*(1,13 à 3,75) 2,10*(1,06 à 4,17)
Remarques : Les catégories de référence sont les suivantes : vit avec son conjoint seulement, aucune difficulté à parcourir 400 mètres, aucune consommation d'alcool, aucune chute au cours des
douze derniers mois, aucune violence conjugale passée, n'a pas été témoin de violence domestique dans l'enfance. Le premier modèle multivarié intègre de nombreuses caractéristiques
sociodémographiques et établit une corrélation entre l'état de santé et le comportement lié à la santé. Le deuxième modèle est basé sur le modèle 1 avec ajout de la violence au cours de la vie infligée
par un conjoint ou un membre de la famille. Le troisième modèle est basé sur le modèle 2 avec ajout des conditions défavorables durant l'enfance. Tous les modèles multivariés ont été ajustés pour
tenir compte du statut vis-à-vis de l'immigration (né à l'extérieur du Canada), du niveau de scolarité, de la profession et du revenu.
*po0,05; **po0,01.
Vol 36, n° 3, mars 2016
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques
55
sont le fait d’e
ˆtre une femme, l’autoe
´va-
luation d’un revenu insuffisant, vivre avec
un enfant, des relations de mauvaise
qualite
´avec les membres de la famille et
les amis et avoir e
´te
´te
´moin de violence
physique entre les membres de la famille
durant l’enfance (tableau 5). Le fait
d’avoir subi de la violence au cours de la
vie accroı
ˆte
´galement la probabilite
´d’e
ˆtre
victime de violence psychologique actuelle
de la part d’un membre de la famille
(RC ¼2,68; IC a
`95 % : de 1,54 a
`4,61).
L’association entre le fait de vivre avec un
enfant ou d’autres personnes et la variable
re
´ponse est conside
´rablement re
´duite dans
le mode
`le multivarie
´ajuste
´en fonction des
caracte
´ristiques personnelles ou interper-
sonnelles (mode
`le 1) et elle n’a plus
d’importance dans le mode
`le de
´finitif.
L’ajout des variables de l’expe
´rience de
violence passe
´e et des conditions de
´favor-
ables durant l’enfance n’a pas modifie
´les
associations entre les caracte
´ristiques
actuelles et la variable re
´ponse.
Violence au cours de la vie infligée par un
membre de la famille
Le fait d’e
ˆtre une femme, d’e
ˆtre veuve,
se
´pare
´eoudivorce
´e, l’autoe
´valuation d’un
revenu insuffisant, des difficulte
´senlien
TABLEAU 4
Rapports de cotes dans les modèles bivariés et multivariés pour les facteurs personnels et interpersonnels ayant une corrélation avec la
violence au cours de la vie infligée par un conjoint
Rapport de cotes (intervalle de confiance à 95 %)
Modèles bivariés
(non ajustés)
Modèle 1
multivarié ajusté
Modèle 2
multivarié ajusté
Modèle 3
multivarié ajusté
Femme 1,67*(1,10 à 2,54) 2,61** (1,49 à 4,53) 2,42** (1,38 à 4,25) 2,48** (1,40 à 4,37)
Vit avec un enfant 3,81*(1,28 à 11,39) 2,17*(1,13 à 4,18) 1,92 (0,99 à 3,75) 1,85 (0,95 à 3,63)
Difficulté à parcourir 400 mètres 6,57** (1,86 à 23,13) 0,70 (0,27 à 1,13) 0,67 (0,22 à 2,02) 0,70 (0,23 à 2,09)
Au moins une limitation dans les AVQ 3,08** (1,58 à 6,01) 2,72*(1,12 à 6,62) 2,30 (0,92 à 5,75) 2,14 (0,85 à 5,39)
Au moins deux chutes 2,51*(1,17 à 5,38) 1,38 (0,74 à 2,57) 1,40 (0,75 à 2,64) 1,40 (0,74 à 2,65)
Consommation quotidienne d'alcool 4,70** (1,88 à 11,74) 7,02** (2,43 à 20,29) 6,53** (2,21 à 19,26) 6,83** (2,30 à 20,23)
IMC : obésité 2,16** (1,23 à 3,80) 2,25** (1,27 à 4,00) 2,26** (1,97 à 6,40) 2,22** (1,23 à 4,00)
Violence au cours de la vie infligée
par un membre de la famille
4,16** (2,52 à 6,85) 3,55** (1,97 à 6,40) 3,07** (1,66 à 5,67)
Toxicomanie parentale 2,16** (1,33 à 3,52) 1,48 (0,82 à 2,67)
Divorce des parents dans l'enfance 3,32** (1,45 à 7,59) 2,79*(1,06 à 7,31)
Abréviations : AVQ, activités de la vie quotidienne; IMC, indice de masse corporelle.
Remarques : Les catégories de référence sont les suivantes : homme, jamais marié ou célibataire, vit avec le conjoint seulement, aucune difficulté à parcourir 400 mètres, aucune difficulté à
accomplir les activités de la vie quotidienne, aucune chute au cours des douze derniers mois, aucune consommation d'alcool, IMC normal, aucune violence au cours de la vie infligée par un membre
de la famille, n'a pas été témoin de consommation excessive d'alcool ou de drogues par les parents, pas de divorce des parents durant l'enfance.
Le premier modèle multivarié intègre de nombreuses caractéristiques sociodémographiques et établit une corrélation entre l'état de santé et le comportementlié à la santé. Le deuxième modèle est
basé sur le modèle 1 avec ajout de la violence au cours de la vie infligée par un membre de la famille. Le troisième modèle est basé sur le modèle 2 avec ajout des conditions défavorables durant
l'enfance. Tous les modèles multivariés ont été ajustés pour tenir compte du statut vis-à-vis de l'immigration (né à l'extérieur du Canada), du niveau de scolarité, de la profession et du revenu.
*po0,05; **po0,01.
TABLEAU 5
Rapports de cotes dans les modèles bivariés et multivariés pour les facteurs personnels et interpersonnels ayant une corrélation avec la
violence psychologique actuelle infligée par un membre de la famille
Rapport de cotes (intervalle de confiance à 95 %)
Modèles bivariés
(non ajustés)
Modèle 1
multivarié ajusté
Modèle 2
multivarié ajusté
Modèle 3
multivarié ajusté
Femme 1,74*(1,07 à 2,84) 2,00*(1,12 à 3,56) 1,84*(1,03 à 3,30) 1,83*(1,02 à 3,30)
Revenu considéré comme insuffisant 2,76** (1,31 à 5,83) 2,30 (0,97 à 5,48) 2,16 (0,90 à 5,18) 2,17 (0,90 à 5,24)
Vit avec enfants ou autres personnes 4,79** (1,48 à 15,47) 2,04*(1,06 à 3,92) 1,88 (0,97 à 3,64) 1,80 (0,92 à 3,50)
Relations de mauvaise qualité 2,11** (1,30 à 3,42) 2,06** (1,24 à 3,42) 2,01** (1,21 à 3,36) 1,95*(1,16 à 3,26)
Violence au cours de la vie infligée par un conjoint 2,68** (1,54 à 4,61) 2,34** (1,31 à 4,20) 2,29** (1,27 à 4,12)
Témoin de violence au foyer dans l'enfance 2,33** (1,33 à 4,09) 2,20*(1,19 à 4,07)
Remarques : Les catégories de référence sont les suivantes : homme, revenu considéré comme suffisant, vit avec conjoint seulement, très bonnes relations, aucune expérience antérieure de violence
infligée par un conjoint, n'a jamais été témoin de violence domestique. Le premier modèle multivarié intègre de nombreuses caractéristiques sociodémographiques et établit une corrélation entre
l'étatdesantéetlecomportementliéàlasanté.Ledeuxièmemodèleestbasésurlemodèle1avecajoutdelaviolenceaucoursdelavieinfligéeparunmembre de la famille. Le troisième modèle est basé sur
le modèle2 avec ajout des conditions défavorables durant l'enfance. Tous les modèles multivariés ont été ajustés pour tenir compte du statut vis-à-vis de l'immigration (né à l'extérieur du Canada), du niveau
de scolarité, de la profession et du revenu.
*po0,05; **po0,01.
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques Vol 36, n° 3, mars 2016
56
avec la mobilite
´ou l’accomplissement des
activite
´s de la vie quotidienne et enfin le
tabagisme sont toutes des variables qui
augmentent le risque d’e
ˆtre victime de
violence au cours de la vie de la part d’un
membre de la famille, tout comme une
pie
`tre qualite
´et une faible quantite
´de
relations (tableau 6). Des conditions e
´prou-
vantes ve
´cues durant l’enfance comme la
faim, le divorce des parents, la toxicomanie
parentaleetlefaitdavoire
´te
´te
´moin de
violence domestique sont d’importants pre
´-
dicteurs de violence au cours de la vie de la
part d’un membre de la famille. Dans le
mode
`le multivarie
´inte
´grant toutes les car-
acte
´ristiques actuelles (mode
`le 1), le fait
d’e
ˆtre une femme, d’avoir peu d’amis et des
relations de mauvaise qualite
´avec sa famille
etsesamisainsiquedeconnaı
ˆtre des
limitations dans les activite
´sdelavie
quotidienne sont toutes des variables asso-
cie
´es de manie
`re inde
´pendante a
`la violence
au cours de la vie inflige
´e par un membre de
la famille. Une expe
´rience de violence au
cours de la vie inflige
´e par un conjoint s’est
re
´ve
´le
´ee
´troitement lie
´ea
`la violence exerce
´e
parunmembredelafamilleaucoursdela
vie (RCA ¼3,58; IC a
`95 % : de 1,88 a
`
6,83). Le fait d’e
ˆtre te
´moin de violence
domestique durant l’enfance demeure le
plus important facteur de risque de subir
de la violence au cours de la vie de la part
d’un membre de la famille (RCA : 9,46; IC a
`
95 % : de 5,11 a
`17,52).
Analyse
Dans cette e
´tude canadienne sur les aı
ˆne
´s
re
´sidant dans la collectivite
´, nous rendons
compte des corre
´lats personnels et inter-
personnels de la violence en adoptant une
approche fonde
´e sur le parcours de vie.
A
`notre connaissance, il s’agit de la pre-
mie
`re e
´tude a
`utiliser un vaste e
´ventail
d’indicateurs lie
´sa
`des expe
´riences e
´prou-
vantes durant l’enfance pour de
´terminer
les corre
´lats de la violence envers les
ˆne
´s. Nos re
´sultats permettent de cerner
les facteurs de risque de violence poten-
tiellement modifiables. Nos estimations de
la fre
´quence de la violence donnent a
`
penser qu’un grand nombre de personnes
ayant e
´te
´victimes de violence physique et
psychologique par le passe
´continuent de
risquer de subir de la violence en vieillis-
sant. Nous avons constate
´des taux de
violence semblables a
`ceux rapporte
´s dans
la litte
´rature
6
, selon lesquels la violence
psychologique est plus fre
´quente que la
violence physique. En outre, la violence au
cours de la vie inflige
´e par un membre de
la famille s’est re
´ve
´le
´e plus re
´pandue que
la violence au cours de la vie exerce
´e par
un conjoint, alors que la violence actuelle
inflige
´e par un conjoint s’est re
´ve
´le
´e plus
fre
´quente que la violence actuelle inflige
´e
par un membre de la famille.
Nous avons repe
´re
´plusieurs facteurs
syste
´matiquement associe
´sa
`la violence
psychologique actuelle et a
`la violence au
TABLEAU 6
Rapports de cotes dans les modèles bivariés et multivariés pour les facteurs personnels et interpersonnels ayant une corrélation avec la
violence au cours de la vie infligée par un membre de la famille
Rapport de cotes (intervalle de confiance à 95 %)
Modèles bivariés
(non ajustés)
Modèle 1
multivarié ajusté
Modèle 2
multivarié ajusté
Modèle 3
multivarié ajusté
Femme 2,28** (1,41 à 3,69) 2,12** (1,17 à 3,82) 1,90*(1,05 à 3,45) 1,96*(1,02 à 3,78)
Veuve 2,34*(1,22 à 4,51) 1,64 (0,79 à 3,40) 1,61 (0,76 à 3,37) 1,79 (0,79 à 4,05)
Divorcée ou séparée 2,63** (1,55 à 4,44) 1,62 (0,89 à 2,96) 1,23 (0,65 à 2,32) 1,17 (0,58 à 2,36)
Revenu convenable 2,46** (1,51 à 4,01) 2,28** (1,31 à 3,97) 2,22** (1,27 à 3,88) 2,24*(1,19 à 4,22)
Revenu insuffisant 3,41** (1,55 à 7,53) 1,95 (0,71 à 5,31) 1,95 (0,71 à 5,36) 2,39 (0,76 à 7,46)
Peu de relations 4,51** (1,97 à 10,34) 4,22** (1,65 à 10,78) 4,28** (1,64 à 11,17) 3,92*(1,34 à 11,42)
Mauvaises relations 2,47** (1,54 à 3,97) 2,27** (1,34 à 3,84) 2,22** (1,30 à 3,78) 2,11*(1,15 à 3,86)
Difficulté à parcourir 400 mètres 3,01** (1,41 à 6,41) 1,07 (0,35 à 2,95) 1,01 (0,34 à 2,98) 1,08 (0,31 à 3,77)
Au moins une limitation dans les AVQ 4,70** (2,44 à 9,05) 2,48*(1,05 à 5,84) 2,13 (0,89 à 5,10) 1,53 (0,58 à 4,05)
Fumeur 2,90** (1,52 à 5,54) 2,15 (1,00 à 4,63) 2,16 (1,00 à 4,69) 1,94 (0,82 à 4,62)
Violence au cours de la vie infligée par un conjoint 4,16** (2,52 à 6,85) 3,48** (1,96 à 6,19) 3,58** (1,88 à 6,83)
Faim durant l'enfance 4,46** (2,20 à 9,01) 1,61 (0,58 à 4,44)
Toxicomanie parentale 4,03** (2,46 à 6,60) 1,57 (0,81 à 3,04)
Divorce des parents durant l'enfance 3,69** (1,57 à 8,71) 1,89 (0,60 à 5,97)
Témoin de violence domestique durant l'enfance 12,54** (7,63 à 20,6) 9,46** (5,11 à 17,52)
Abréviation : AVQ, activités de la vie quotidienne.
Remarques : Les catégories de références sont les suivantes : homme, marié, revenu suffisant, très bonnes relations, aucune difficulté à parcourir 400 mètres, aucune difficulté à accomplir les activités
de la vie quotidienne, aucune expérience de violence antérieure infligée par un conjoint, aucune faim durant l'enfance, pas de divorce des parents durant l'enfance, n'a pas été témoin de
consommation abusive d'alcool ou de drogues de la part des parents, n'a jamais été témoin de violence domestique.
Le premier modèle multivarié intègre de nombreuses caractéristiques sociodémographiques et établit une corrélation entre l'état de santé et le comportement lié à la santé. Le deuxième modèle
est basé sur le modèle 1 avec ajout de la violence au cours de la vie infligée par un membre de la famille. Le troisième modèle est basé sur le modèle 2 avec ajout des conditions défavorables
durant l'enfance. Tous les modèles multivariés ont été ajustés pour tenir compte du statut vis-à-vis de l'immigration (né à l'extérieur du Canada), du niveau de scolarité, de la profession et du
revenu.
*po0,05; **po0,01.
Vol 36, n° 3, mars 2016
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques
57
cours de la vie ainsi qu’un certain nombre
de facteurs associe
´sa
`l’une ou a
`l’autre.
A
`l’exception des risques associe
´sa
`la
violence psychologique actuelle exerce
´epar
un conjoint, les femmes participant a
`notre
e
´tude pre
´sentaient un risque plus e
´leve
´que
les hommes, constatations comparables a
`
celles d’autres e
´tudes selon lesquelles les
femmes pre
´sentent un risque plus impor-
tant de subir toutes les formes de mauvais
traitements
17
et des actes de violence
verbale et physique
18,19
.Deuxe
´tudes cons-
tatent que les hommes pre
´sentent un risque
accru de mauvais traitements
20,21
et une
autre ne de
´ce
`le aucune diffe
´rence selon le
sexe
22
, mais il est difficile d’interpre
´ter
leurs re
´sultats e
´tant donne
´que, dans
l’une
20
, les facteurs de confusion possible
comme la condition de vie et l’e
´tat de sante
´
n’ont pas e
´te
´ve
´rifie
´setque,dansune
autre
22
, on n’a sans doute pas e
´te
´en
mesure de de
´tecter un effet en raison de
la faible proportion d’hommes dans la
population a
`l’e
´tude. Chose inte
´ressante,
le fait d’e
ˆtre une femme est une variable qui
n’e
´tait pas associe
´eaurisquedeviolence
psychologique actuelle de la part d’un
conjoint. Cela s’explique peut-e
ˆtre par le
fait que les conflits relationnels se re
`glent
de plus en plus souvent par un divorce ou
une se
´paration ou encore par la mort au fur
et a
`mesure que nous vieillissons. Nous
avons aussi fait l’hypothe
`se que certains
risques associe
´sa
`la violence actuelle
inflige
´e par un conjoint s’appliquent indif-
fe
´remment aux hommes et aux femmes ou
sont plus courants chez les hommes (p. ex.
le stress lie
´a
`la cohabitation de la personne
soignante et de la victime, l’isolement
social, l’abus d’alcool ou d’autres drogues
par l’auteur des actes de violence, l’alte
´ra-
tion des fonctions mentales ou la de
´ficience
physique)
23
.
Plusieurs facteurs sont syste
´matiquement
associe
´sa
`la violence psychologique
actuelle et a
`la violence au cours de la
vie. Les aı
ˆne
´s participant a
`notre e
´tude
couraient un risque accru de vivre un
e
´pisode de violence physique ou psycho-
logique impliquant un membre de leur
famille s’ils avaient e
´te
´victimes de vio-
lence conjugale, e
´te
´te
´moins de violence
entre les membres de leur famille au cours
de leur enfance et eu de mauvaises
relations avec leur famille et leurs amis.
Ces risques de violence familiale e
´taient
pre
´sents que l’e
´pisode de violence se soit
produit au cours des six derniers mois ou
ante
´rieurement. Pour ce qui est de la
violence conjugale, la consommation quo-
tidienne d’alcool s’est re
´ve
´le
´le seul facteur
associe
´syste
´matiquement a
`des e
´pisodes
de violence actuelle et passe
´e de cette
nature. Cependant, une expe
´rience ante
´-
rieure de violence s’est re
´ve
´le
´e aussi e
ˆtre
un facteur commun, e
´tant donne
´que la
violence conjugale passe
´e est associe
´ea
`
la violence conjugale actuelle et que la
violence familiale passe
´e est associe
´ea
`la
violence conjugale au cours de la vie.
Nous avons e
´galement constate
´que l’e
´ta-
blissement et l’entretien de relations
e
´troites tout au long de la vie e
´taient
associe
´sa
`un taux plus faible de violence
conjugale et familiale.
A
`notre connaissance, notre e
´tude est la
premie
`re a
`traiter du ro
ˆle que joue la qualite
´
de la relation avec le conjoint dans la
violence a
`l’e
´gard des aı
ˆne
´s. Plusieurs
petites e
´tudes sur les pourvoyeurs de soins
aux aı
ˆne
´squine
´tablissent aucune diffe
´r-
ence entre les types de pourvoyeurs de soins
(conjoint ou une autre personne) constatent
que les personnes usant de violence verbale
sont plus susceptibles de faire e
´tat d’une
mauvaise relation avec la victime avant son
handicap que celles n’usant pas de vio-
lence
24
. La qualite
´de l’union des partici-
pants a
`notre e
´tude a e
´te
´e
´value
´epardes
questions abordant le sentiment de respect,
d’appre
´ciation et de compre
´hension de la
part du conjoint, et cette qualite
´de l’union
compte parmi les corre
´lats de violence
conjugale actuelle les plus importants. Cette
constatation rejoint celle d’autres e
´tudes
de
´montrant une augmentation importante
du risque de violence physique, psychologi-
que et ge
´ne
´rale chez les aı
ˆne
´sfaisante
´tat de
fre
´quentes disputes ou de mauvaises rela-
tions avec leur famille
6,17,21
.Cecimontre
bien que les relations entre conjoints sont
un facteur de pre
´occupation essentiel quand
on s’attaque a
`la violence conjugale, sachant
que cette association est inde
´pendante du
comportement individuel et de l’e
´tat fonc-
tionnel lie
´a
`la sante
´.
Nos re
´sultats re
´ve
`lent a
`quel point le
parcours de vie est un facteur important
d’explication des corre
´lats de la violence
conjugale et familiale chez les aı
ˆne
´s
canadiens. En fait, une expe
´rience de vio-
lence au cours de la vie et des conditions
de
´favorables durant l’enfance semblent e
ˆtre
de manie
`re inde
´pendante les corre
´lats de la
violence psychologique actuelle chez les
ˆne
´s les plus importants. Selon deux autres
e
´tudes canadiennes abordant la violence a
`
l’e
´gard des aı
ˆne
´sdansuneperspective
incluant le parcours de vie, une expe
´rience
ante
´rieure de violence augmente conside
´ra-
blementlerisquedeviolenceactuelle.
D’apre
`s une e
´tude sur les 55 ans et plus,
les personnes ayant de
´clare
´avoir e
´te
´vic-
times de mauvais traitements avant l’a
ˆge de
18 ans pre
´sentaient un risque plus important
de subir des mauvais traitements a
`un a
ˆge
avance
´,inde
´pendamment des autres fac-
teurs
22
.Deme
ˆme, d’apre
`sune
´chantillon
davantage repre
´sentatif de Canadiens de 65 a
`
80 ans re
´sidant dans la collectivite
´,les
personnes ayant de
´clare
´un incident d’agres-
sion sexuelle avant l’a
ˆge de 60 ans pre
´sen-
taient un risque accru d’avoir e
´te
´re
´cemment
victime d’une agression physique
7
.Selonles
recherches actuelles, avoir subi des agres-
sions durant l’enfance a une influence sur les
relations intimes ulte
´rieures et accroı
ˆtla
probabilite
´de subir des agressions plus tard,
surtout chez les femmes
25
.Commede
nombreux aı
ˆne
´ssontouonte
´te
´victimes
de violence familiale et conjugale au cours
de leur vie, les efforts de pre
´vention et les
politiques devraient viser a
`briser le cycle de
la violence a
`ses premie
`res e
´tapes.
Notre e
´tude est l’une des premie
`res a
`
documenter les conse
´quences a
`long terme
des circonstances e
´prouvantes en de
´but de
vie sur la violence conjugale et familiale
ulte
´rieure chez les aı
ˆne
´s canadiens. Au
sein de notre cohorte, les personnes ayant
vu leurs parents divorcer durant leur
enfance e
´taient pre
`s de trois fois plus
nombreuses a
`de
´clarer une expe
´rience de
violence conjugale au cours de leur vie, ce
qui donne a
`penser que l’e
´clatement
pre
´coce d’une famille est un indicateur
de difficulte
´sge
´ne
´rales durant l’enfance et
qu’il a des effets a
`long terme. En outre,
me
ˆme si la consommation d’alcool ou de
drogues par les parents pendant l’enfance
a peu d’importance par rapport a
`d’autres
facteurs, elle semble avoir des conse
´-
quences ulte
´rieures, accroissant ainsi le
risque d’exposition a
`la violence conjugale
et familiale au cours de la vie. En
particulier, le fait d’e
ˆtre te
´moin durant
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques Vol 36, n° 3, mars 2016
58
l’enfance de violence entre les membres de
la famille est le pre
´dicteur le plus important
de violence familiale a
`l’a
ˆge adulte.
D’autres e
´tudes ne portant pas sur des
ˆne
´s en particulier semblent renforcer ce
fait : les mauvais traitements subis durant
l’enfance ou le fait d’e
ˆtre te
´moin de
violence entre les parents sont e
´troitement
et de manie
`re inde
´pendante associe
´sa
`de la
violence physique et e
´motionnelle re
´cente
inflige
´e par un conjoint
26
. Nos constata-
tions sont conformes a
`celles d’une litte
´ra-
ture de plus en plus abondante qui de
´crit
bien comment le fait de vivre des expe
´ri-
ences difficiles durant l’enfance a des
conse
´quences cumulatives, persistantes et
ne
´fastes sur de nombreux aspects du bien-
e
ˆtre physique et mental des adultes
27
.
Notre e
´tude re
´ve
`le e
´galement un certain
nombre de corre
´lats inde
´pendants de la
violence psychologique actuelle et de la
violence au cours de la vie, dont les
conditions de logement et un mauvais e
´tat
de sante
´ou fonctionnel. Le fait d’habiter
avec un conjoint et des enfants et/ou
d’autres personnes constitue un corre
´lat
inde
´pendant de violence conjugale, ce qui
semble indiquer la pre
´sence de tensions
lie
´es aux espaces communs et une de
´pen-
dance e
´conomique des aı
ˆne
´s par rapport
aux autres membres du me
´nage. En fait,
les tensions associe
´es au couple, a
`la
famille et aux enfants ainsi qu’a
`la sante
´
comptent parmi les facteurs de stress les
plus fre
´quemment cite
´s comme e
´tant a
`
l’origine des agressions entre conjoints
28
.
De plus, les proble
`mes fonctionnels,
comme les chutes (plus de deux chutes
au cours des douze derniers mois) et les
proble
`mes de mobilite
´(difficulte
´a
`par-
courir 400 me
`tres) sont fortement corre
´le
´s
a
`la violence conjugale actuelle. Ces
re
´sultats donnent a
`penser que les e
´le
´-
ments de stress additionnels lie
´s aux
incapacite
´sde
´coulant du vieillissement
peuvent e
ˆtre e
´prouvants pour une relation.
Ces constatations sont appuye
´es par la
litte
´rature : les personnes vivant avec un
handicap, dont les aı
ˆne
´s, risquent ge
´ne
´-
ralement davantage de subir des agressions
que les personnes physiquement aptes.
Ainsi, les aı
ˆne
´s handicape
´s ou ayant besoin
d’aide pour accomplir les activite
´s de la vie
quotidienne pourraient e
ˆtre particulie
`re-
ment vulne
´rables a
`des agressions de la
part de leurs pourvoyeurs de soins, en
l’occurrence leur conjoint
29
. Cette associa-
tion entre l’e
´tat fonctionnel et la violence
peut indiquer que les e
´le
´ments de stress
inhe
´rents a
`l’incapacite
´peuvent se traduire
par de la violence conjugale. Trouver des
moyens d’atte
´nuer la pression sur le
pourvoyeur de soins pourrait donc avoir
un effet be
´ne
´fique et re
´duire le risque de
violence.
Limites
Nos me
´thodes d’e
´chantillonnage peuvent
avoir contribue
´a
`l’existence d’un biais le
´ger
a
`moyen de se
´lection dans l’e
´tude, entraı
ˆ-
nant une sous-estimation ou une surestima-
tion du degre
´d’association entre certaines
variables et la violence. Notre e
´chantillon,
compose
´de personnes volontaires, n’est
peut-e
ˆtre pas repre
´sentatif de la population
des aı
ˆne
´sre
´sidant dans la collectivite
´en ce
qui a trait aux variables mesure
´es. Par
exemple, les crite
`res d’exclusion fonde
´esur
l’e
´tat cognitif ont e
´carte
´de l’e
´tude les aı
ˆne
´s
souffrant d’un handicap grave. Pour ce qui
est du biais de non-re
´ponse possible, nous
pensons que le taux de re
´ponse a
`notre
e
´tude est plus e
´leve
´chez les personnes plus
instruites. Si les personnes moins instruites
de notre e
´chantillon avaient de
´clare
´plus
fre
´quemment avoir e
´te
´victimes de violence,
ces diffe
´rences dans le taux de re
´ponse
auraient effectivement joue
´sur nos estima-
tions. Les de
´clarations re
´trospectives de
violence au cours de la vie et d’expe
´riences
difficiles durant l’enfance pourraient aussi
avoir fait l’objet d’un biais de rappel, mais
l’exclusion des personnes susceptibles d’e
ˆtre
atteintes de de
´mence devrait l’avoir re
´duit
au minimum. La de
´sirabilite
´sociale menant
a
`une sous-de
´claration de la violence ne
peut e
ˆtreexclueenraisondelapossibilite
´
re
´elle que des participants n’aient pas voulu
re
´ve
´ler les comportements ne
´gatifs de leur
conjoint ou des membres de leur famille.
Nous avons du
ˆcombiner dans notre e
´tude
la violence physique et psychologique inter-
personnelle afin d’augmenter le nombre de
cas par cate
´gorie. Une revue syste
´matique
re
´cente donne a
`penserquedenombreux
facteurs de risque sont associe
´sa
`la violence
qu’elle qu’en soit la forme (psychologique,
physique, sexuelle, financie
`re ou ne
´gli-
gence)
30
.Ne
´anmoins,desrecherchesulte
´-
rieures devraient analyser soigneusement
les diffe
´rences potentielles dans les corre
´lats
spe
´cifiques a
`chaque forme de violence
interpersonnelle. La faible pre
´valence abso-
luedeviolencephysiquedansnosre
´sultats
devrait e
´galement e
ˆtre interpre
´te
´eavec
prudence.
De plus, en raison de la capacite
´limite
´ede
notre e
´tude, nous n’avons pas pu rendre
compte de l’effet des interactions entre les
corre
´lats de l’e
´tude sur les mesures
d’association estime
´es. Les autres facteurs
de
´terminants qui n’ont pas e
´te
´pris en
compte sont l’e
´tat de de
´pendance de la
victime a
`l’e
´gard de l’auteur d’actes de
violence (et vice versa), les caracte
´ris-
tiques de l’auteur d’actes de violence
(p. ex. sante
´mentale et stress associe
´a
`
la charge que repre
´sentent les soins) ainsi
que d’autres caracte
´ristiques personnelles
et socioculturelles
31
.
Conclusion
Le nombre de recherches canadiennes
traitant de la violence interpersonnelle
spe
´cifiquement chez les aı
ˆne
´s est faible.
Nous avons cre
´e
´une liste exhaustive, pour
les aı
ˆne
´s canadiens re
´sidant dans la
collectivite
´, des corre
´lats potentiels per-
sonnels et interpersonnels a
`la violence
interpersonnelle et nous avons mesure
´les
associations les plus constantes a
`la
violence actuelle et au cours de la vie
que les participants avaient de
´clare
´avoir
subie. De
´terminer quels facteurs agissent
sur les plans personnel et interpersonnel
pourrait aider a
`pre
´venir la violence
psychologique actuelle, par exemple en
usant de strate
´gies destine
´es a
`promouvoir
les attitudes, convictions et comporte-
ments permettant de re
´duire les conflits
et d’encourager les aptitudes a
`re
´soudre
les proble
`mes
16
. Le fait que certains aı
ˆne
´s
aient e
´te
´victimes de violence a
`la fois
conjugale et familiale au cours de leur vie
illustre l’existence de parcours de violence
cumulative. Comme Johannesen et LoGiu-
dice
32
l’affirment, les liens entre les types
de violence a
`diffe
´rentes e
´tapes du par-
cours de vie et les diffe
´rents modes de
maltraitance doivent e
ˆtre cerne
´s et mieux
compris afin d’e
´laborer des programmes
de pre
´vention approprie
´setdere
´aliser des
interventions adapte
´es aux enfants, aux
femmes et aux familles.
Vol 36, n° 3, mars 2016
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
Recherche, politiques et pratiques
59
Remerciements
Les auteurs tiennent a
`remercier les colla-
borateurs suivants de l’Agence de la sante
´
publique du Canada pour leur assistance
techniqueetleuraidea
`la conception de
l’e
´tude : Simone Powell, gestionnaire des
politiques sur les aı
ˆne
´s, Pamela Ponic,
analyste principale de la section Pre
´vention
des blessures et Suzanne Hindmarch, ges-
tionnaire de la section Politique, planification
et affaires intergouvernementales au bureau
re
´gional de l’Ontario. Cette recherche a e
´te
´
finance
´e par les instituts de recherche en
sante
´du Canada (IRSC). Nous tenons a
`
remercier tous les participants a
`l’e
´tude pour
leur engagement et le temps qu’ils ont
consacre
´a
`cette recherche.
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Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada
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Article
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The purposes of this study were to (a) derive prevalence estimates for elder mistreatment (emotional, physical, sexual, neglectful, and financial mistreatment of older adults [age 60 +]) in a randomly selected sample of South Carolinians; (b) examine correlates (i.e., potential risk factors) of mistreatment; and (c) examine incident characteristics of mistreatment events. Random Digit Dialing (RDD) was used to derive a representative sample in terms of age and gender; computer-assisted telephone interviewing was used to standardize collection of demographic, correlate, and mistreatment data. Prevalence estimates and mistreatment correlates were obtained and subjected to logistic regression. A total of 902 participants provided data. Prevalence for mistreatment types (since age 60) were 12.9% emotional, 2.1% physical, 0.3% sexual, 5.4% potential neglect, and 6.6% financial exploitation by family member. The most consistent correlates of mistreatment across abuse types were low social support and needing assistance with daily living activities. One in 10 participants reported either emotional, physical, sexual, or neglectful mistreatment within the past year, and 2 in 10 reported mistreatment since age 60. Across categories, the most consistent correlate of mistreatment was low social support, representing an area toward which preventive intervention may be directed with significant public health implications.
Article
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We estimated prevalence and assessed correlates of emotional, physical, sexual, and financial mistreatment and potential neglect (defined as an identified need for assistance that no one was actively addressing) of adults aged 60 years or older in a randomly selected national sample. We compiled a representative sample by random digit dialing across geographic strata. We used computer-assisted telephone interviewing to standardize collection of demographic, risk factor, and mistreatment data. We subjected prevalence estimates and mistreatment correlates to logistic regression. We analyzed data from 5777 respondents. One-year prevalence was 4.6% for emotional abuse, 1.6% for physical abuse, 0.6% for sexual abuse, 5.1% for potential neglect, and 5.2% for current financial abuse by a family member. One in 10 respondents reported emotional, physical, or sexual mistreatment or potential neglect in the past year. The most consistent correlates of mistreatment across abuse types were low social support and previous traumatic event exposure. Our data showed that abuse of the elderly is prevalent. Addressing low social support with preventive interventions could have significant public health implications.
Article
Although the past 20 years have seen many advances in understanding the etiology and the consequences of child abuse and violence against women, most research has taken a fairly narrow focus. Different types of abuse have been studied, often in isolation. This article asserts that a life course perspective on family violence is needed and that such an approach bolsters arguments for methods and practice that pay attention to the overlap of multiple types of violence. To develop appropriate prevention programs and interventions for women, children, and families, we must draw out the connections between types of violence (physical, sexual, child, partner), between violence at different stages of the life course, and between different patterns of abuse (sporadic, cyclical). This article discusses these ideas and makes recommendations for research and practice.
Article
Background: This paper provides the findings from a large pilot study, Defining and Measuring Elder Abuse and Neglect, a precursor to a national prevalence study to be conducted in Canada beginning in September 2013. One purpose of this study and the focus of this paper was to determine whether a life course perspective would provide a useful framework for examining elder abuse. The two-year pilot study, 2009-2011, examined the prevalence of perceptions of abuse at each life stage by type of abuse, the importance of early life stage abuse in predicting types of elder abuse, and early life stage abuse as a risk factor for elder abuse. Methods: Older adults who were aged ≥55 years (N = 267) completed a cross-sectional telephone survey, comprising measures of five types of elder abuse (neglect, physical, sexual, psychological, and financial) and their occurrence across the life course: childhood (≤17 years), young adulthood (18 to 24 years), and older adulthood (5 to 12 months prior to the interview date). Data analyses included descriptive statistics, bivariate correlations for abuse at the various life stages, and the estimation of logistic regression models that examined predictors of late life abuse, and multinomial logistic regression models predicting the frequency of abuse. Results: Fifty-five percent of the sample reported abuse during childhood, and 34.1% reported abuse during young adulthood. Forty-three percent said they were abused during mature adulthood, and 24.4% said they were abused since age 55 but prior to the interview date of the study. Psychological (42.3%), physical (26.6%), and sexual abuses (32.2%) were the most common abuses in childhood while psychological abuse was the most common type of abuse at each life stage. When the risk factors for abuse were considered simultaneously including abuse during all three life stages, only a history of abuse during childhood retained its importance (OR = 1.81, p = 0.046, CI = 1.01-3.26). Abuse in childhood increased the risk of experiencing one type of abuse relative to no abuse, but was also unrelated to experiencing two or more types of abuse compared to no abuse. Conclusions: Results suggest that a life course perspective provides a useful framework for understanding elder abuse and neglect. The findings indicate that a childhood history of abuse in this sample had a deciding influence on later mistreatment, over and above what happens later in life.
Article
Objective: to undertake a systematic literature review of risk factors for abuse in community-dwelling elders, as a first step towards exploring the clinical utility of a risk factor framework. Search strategy and selection criteria: a search was undertaken using the MEDLINE, CINAHL, EMBASE and PsycINFO databases for articles published in English up to March 2011, to identify original studies with statistically significant risk factors for abuse in community-dwelling elders. Studies concerning self-neglect and persons aged under 55 were excluded. Results: forty-nine studies met the inclusion criteria, with 13 risk factors being reproducible across a range of settings in high-quality studies. These concerned the elder person (cognitive impairment, behavioural problems, psychiatric illness or psychological problems, functional dependency, poor physical health or frailty, low income or wealth, trauma or past abuse and ethnicity), perpetrator (caregiver burden or stress, and psychiatric illness or psychological problems), relationship (family disharmony, poor or conflictual relationships) and environment (low social support and living with others except for financial abuse). Conclusions: current evidence supports the multifactorial aetiology of elder abuse involving risk factors within the elder person, perpetrator, relationship and environment.
Article
It is anticipated that older adults who seek professional intervention may be more at risk of abuse and neglect. This paper reports a prevalence study that focused on older adults who accessed health and social service organizations over a three month period. Respondents ranged from 55 to 100 with a mean age of 73.8 years. Over a quarter of the sample reported at least one form of violence during their lifespan. Higher prevalence rates than in the general population were found. Attempted material abuse was most frequent, followed by verbal abuse, physical abuse, unintentional neglect, actual material abuse, and intentional neglect.
Article
Accounts in both the scientific literature and popular media have brought about increased recognition of the reality of elder abuse. However, relatively little work has examined intimate partner victimization with respect to older adults. In this study, weighted data from cycles 13 (1999) and 18 (2004) of the General Social Survey are pooled to examine how factors uniquely influence the prevalence and risk of emotional, financial, and physical abuse among adults aged 60 and over. Considerations regarding elder abuse committed by spouses, versus abuse of older adults more broadly (by their children and other adults), are also discussed.
Article
Although there is an extensive research literature on individual and cultural risk factors for intimate partner violence (IPV), much less is known about the factors that victims and perpetrators of IPV perceive as playing a role in violent events. In part, lack of systematic research on perceived reasons for violence is due to the lack of a clear conceptual model and comprehensive measures of perceived reasons why partner violence occurs. In this paper, we provide a conceptual model for domains of factors influencing IPV and use this model to frame our review of existing research on victims' and perpetrators' explanations for IPV. We discuss differences in explanations for IPV in terms of gender and whether explanations refer to the respondents' own or their partners' use of violence. Our review findings suggest a need for more standardization of measurement and larger representative samples in order to identify more systematically reasons that are perceived by victims and perpetrators to be most the important contributors to IPV. Further research on perceived reasons for IPV also needs to address gender differences as well as differences related to self-partner attributions.
Article
this study aimed to perform a comprehensive validation of the 16-item and 7-item Falls Efficacy Scale International (FES-I) by investigating the overall structure and measurement properties, convergent and predictive validity and responsiveness to change. five hundred community-dwelling older people (70-90 years) were assessed on the FES-I in conjunction with demographic, physiological and neuropsychological measures at baseline and at 12 months. Falls were monitored monthly and fear of falling every 3 months. the overall structure and measurement properties of both FES-I scales, as evaluated with item response theory, were good. Discriminative ability on physiological and neuropsychological measures indicated excellent validity, both at baseline (n = 500, convergent validity) and at 1-year follow-up (n = 463, predictive validity). The longitudinal follow-up suggested that FES-I scores increased over time regardless of any fall event, with a trend for a stronger increase in FES-I scores when a person suffered multiple falls in a 3-month period. Additionally, using receiver-operating characteristic (ROC) curves, cut-points were defined to differentiate between lower and higher levels of concern. the current study builds on the previously established psychometric properties of the FES-I. Both scales have acceptable structures, good validity and reliability and can be recommended for research and clinical purposes. Future studies should explore the FES-I's responsiveness to change during intervention studies and confirm suggested cut-points in other settings, larger samples and across different cultures.
Article
Thesis (Ph. D.)--University of Minnesota, 2006. Major: Sociology Includes bibliographical references (leaves 178-197)