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L’institutionnalisation du Fauteuil Tout Terrain en France (1990-2015) - ‘Un sport de partage et de mixité par excellence’.

Authors:
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L’institutionnalisation du Fauteuil Tout Terrain en France (1990-2015) : ‘Un sport de
partage et de mixité par excellence’.
Gaël Villoing
gael.villoing@univ-ag.fr
Actes EA 3596, Université des Antilles, Guadeloupe, France
Perera Eric
Santesih EA4614, Université de Montpellier, Montpellier, France
Nathalie Le Roux
Santesih EA4614, Université de Montpellier, Montpellier, France
Résumé
Le mouvement handisport connaît, en France, depuis les années 1980, une diversification de
ses pratiques, notamment avec l'arrivée progressive des activités physiques de pleine nature
(Marcellini et Villoing, 2014). L'accès aux espaces naturels (montagneux, maritimes, aériens)
est aujourd’hui devenu possible grâce aux progrès technologiques, et à une aspiration de plus
en plus grande des personnes handicapées à accéder à des espaces réputés inaccessibles. La
pratique du fauteuil tout terrain (FTT), apparue en France en 1991, est un exemple de
pratiques nées de l’initiatives de passionnés qui, après un accident, bricolent ‘au fond de leur
garage’ du matériel sportif afin de retrouver une pratique d’avant. Les pionniers du FTT, à
qui nous avons donné la parole (2 entretiens d'histoire de vie) dans ce travail, ont trouvé dans
cette pratique un moyen de retrouver des sensations passées en milieu montagnard mais
également une activité touristique via des expéditions dans des pays étrangers. Cette activité
va se développer grâce à la collaboration entre ces ‘passionnés’, ces ‘bricoleurs’, des acteurs
fédéraux et politiques locaux, puis des industriels. Ce travail a pour objet de présenter les
conditions d’institutionnalisation et de ‘sportivisation’ (Guay, 1993) du FTT en France qui
semble être devenu aujourd’hui un véritable outil de participation sociale.
Mots clés : fauteuil tout terrain, handisport, pionniers, bricoleurs, institutionnalisation,
sportivisation.
Abstract
The parasports movement has been marked, in France since the 1980s, by a diversification of
practices, notably with the gradual development of physical nature activities. Access to
natural spaces (mountainous, maritime, aerial) has become possible through technological
progress and an ever-growing yearning by disabled people to access these spaces, which are
reputed to be inaccessible. Off-Road Wheelchair (ORWC), which started in France in 1991, is
an example of the
practices stemming from the initiative of enthusiasts who, after an accident, ‘mess around in
their workshop’ with sporting equipment in order to rediscover their former practice. The
pioneers of ORWC, to whom we gave voice (2 life history interviews) in this work, found in
this practice a way to reclaim not only their one-time sensations in a mountainous setting, but
also a more touristic activity through expeditions to foreign countries. This activity was able
to develop thanks to collaboration between these enthusiasts, the handymen, local federal and
political protagonists, and some manufacturers. The aim of this work is to present the
conditions of institutionalization and ‘sportivization’ of ORWC in France, turning it into what
is nowadays a true tool of social participation
Keywords : Off-road Wheelchair, Handisport, pioneers, handymen, electric off-road
wheelchair.
2
Introduction
Depuis les années 1980, le mouvement sportif français de personnes handicapées
physiques connaît de profondes transformations d’un point de vue organisationnel et culturel.
Initié en 1954 par la création d’une association de mutilés de guerre (l’Association Sportive
des Mutilés de France, ASMF), le mouvement promeut à l’origine le sport dans une logique
de rééducation fonctionnelle et de réadaptation sociale (Ruffié et Ferez 2013). Au cours du
XXème siècle, celui-ci glisse progressivement vers un modèle compétitif lui permettant de se
rapprocher du système sportif ordinaire, et plus particulièrement du mouvement international
olympique (id. : 113-114). Toutefois, depuis les années 1980, en plus de la gestion du sport de
compétition, la Fédération Française Handisport (FFH)1, créée en 1977, s’attache à intégrer de
nouvelles activités sportives, témoins des nouvelles aspirations des personnes dites
handicapées dans le domaine des loisirs. Le développement des activités physiques de pleine
nature à l’intention des personnes ayant des déficiences motrices ou sensorielles illustre cette
nouvelle conjoncture. En 2008, ‘plus de 40% des licenciés, près de 500 clubs impliqués, et
200 manifestations annuelles, sont tournés vers les sports de nature’ (HM, n°132, 2008 : 43).
Cet engouement conduit Gérard Masson, Président de la FFH, à déclarer que ‘les sports de
nature doivent trouver toute leur place dans le nouveau projet sportif fédéral’ (HM, n°137,
2009 : 20). Ces pratiques ont été parmi les premières investies par les acteurs à l’origine du
mouvement sportif français pour « handicapés physiques » (Ferez et al. 2013). Les
personnages clés de l’association fondatrice, Philippe Berthe ou Pierre Volait2, étaient des
skieurs ‘debouts3, et ont fait du ski l’une des pratiques phares du mouvement aux côtés du
basket-ball en fauteuil roulant, de la natation, de l’athlétisme ou du tennis de table. Après être
allé se former auprès de skieurs autrichiens amputés, Berthe organise, dès 1955, des stages de
ski debout puis des rencontres internationales à Chamonix à partir de 1959. Il milite
également pour la création de stages de formation des encadrants bénévoles (Ruffié et Perera
2013). Aujourd’hui, avec l’expansion des sports ‘fun’ (Loret 1995), de nouvelles pratiques
adaptées voient le jour (ski-assis, voile, canoë-kayak, surf). Qu’elles soient développées au
sein de centres de rééducation, tel que le kayak au centre de Kerpape en Bretagne ou le ski
assis au centre de Saint-Hilaire du Touvet à Grenoble, ou nées d’initiatives individuelles
comme le surf ou le fauteuil tout terrain (FTT), ces nouvelles pratiques attirent de plus en plus
de licenciés de la Fédération française handisport. Selon les propos de Cédric Garreau, actuel
Directeur Technique National à la FFH, chargé des sports de nature, en plus des 5000
licenciés annuels pour les sports de pleine nature, soit environ un tiers du nombre des
3
licenciés de la FFH (17 025 en 2012), ‘les APPN représentent 80% des licences temporaires
de l’année’ (Marcellini et Villoing 2014, 135).
L’émergence des activités de pleine nature témoigne des enjeux dominants de cette
période. Dans un premier temps, à partir des années 1980, le modèle compétitif de la FFH est
remis en question en raison de ‘la dispersion des cultures et des usages sportifs’ (Ruffié et
Ferez 2013, 201) marquant cette époque. L’arrivée de nouveaux publics puis le
développement d’événements sportifs alternatifs et autonomes remettent progressivement en
cause le modèle olympique, poursuivi jusque-là par le mouvement fédéral. Dans un deuxième
temps, les avancées dans le domaine des politiques nationales en faveur de la participation
sociale des personnes handicapées entrent davantage dans un processus de lutte pour
l'accessibilité aux activités ordinaires. Dès lors, ‘l’innovation et la créativité s’affirment
(davantage) chez les élus, les cadres, les adhérents actuels et potentiels de la FFH lorsqu’il
s’agit de répondre à l’aspiration (des personnes handicapées) à la pratique des activités
physiques de pleine nature’ (Marcellini et Villoing 2014, 23).
L’institutionnalisation de la pratique du FTT en France, entre les années 1990 et 2015,
que nous proposons d’aborder dans cet article, se situe dans la logique historique de cette
évolution du mouvement handisport. A l’image de ce qui a été observé pour le ski ‘assis’
(Le Roux, Haye et Perera 2014), la pratique du FTT est d’abord restreinte à quelques
personnes accidentées et devenues tétra ou paraplégiques qui cherchent à retrouver un espace
de pratiques antérieures qui leur semble a priori difficile d’accès. Le FTT est aujourd’hui
reconnu et encadré au sein de la FFH. Dès lors, comment le FTT, impulsé par des passionnés,
s’est-il institutionnalisé pour devenir un outil de participation sociale à travers l’accès à la
montagne ?
Ainsi, nous chercherons à mettre au jour l’émergence de la pratique du FTT en France
à partir d’entretiens réalisés avec les pionniers de l’activité que sont Jean François Porret
(JFP) et Gilles Bouchet (GB), premiers pratiquants de FTT en France. Il a été demandé à ces
pionniers de retracer leur histoire personnelle et plus particulièrement la période concernant
leur pratique du FTT. Il s’agit, ici, d’effectuer un travail exploratoire de l’histoire du FTT en
France à partir de discours ‘venant d’en bas’ (Ferrarotti 1983). Ces entretiens de type ‘histoire
de vie’4 favorisent ainsi l’émergence d’une ‘micro-histoire’ (Revel 1996) grâce à l’analyse de
l’expérience des individus à travers les traces, les discours voire les indices que les acteurs ont
laissés. Nous complèterons ces discours avec les revues Handisport Magazine et Handisport
4
Le Mag 5 (référencé HM et Hlm dans la suite du texte), consulté de 1990 à 2015, pour mettre
en évidence les étapes de l’intégration du FTT au sein du mouvement fédéral handisport.
1. L’arrivée du Fauteuil tout terrain en France (1990) : ‘retrouver sa pratique
d’avant’.
Le FTT apparaît en France à l’été 19906 lorsque Jean-François Porret, alors âgé de 45
ans, atteint d’une tétraplégie, rapporte un fauteuil ‘Cobra’ des Etats-Unis afin de pratiquer de
la randonnée sportive en montagne. A l’origine, ce fauteuil est conçu par l’américain John
Castellano, diplômé du MIT (Massachussets institut of technology) et ingénieur à la NASA, à
la fin des années 1980. Ce dernier s’est inspiré de la technologie du ‘mountain bike’ et des
fauteuils d’athlétisme afin de développer un engin permettant de ‘combler les limitations
(fonctionnelles) des traditionnels fauteuils (roulants) de ville’ (HM n°99, 1999 : 40). Porret
était alors ingénieur informatique à Hewlett Packard et travaillait en Californie aux Etats-
Unis. Passionné de sport de montagne, il fut victime d’un accident de parapente en 1989.
C’est au cours de son séjour en centre de soins qu’il rencontre Castellano venu faire la
démonstration de son nouveau fauteuil. Il découvre alors un extraordinaire enginqui lui
permettrait de continuer ‘sa pratique d’avant’, la randonnée en montagne, mais également
l’alpinisme et ‘l’himalayisme’. A son retour en France, un an après son accident, grâce au
Cobra7 que lui ont offert ses ‘copains’, il devient le premier pratiquant de FTT8 en France.
Au cours des années 1990, Porret réalise de nombreuses sorties en France en
compagnie de proches, randonneurs ou vététistes, qui peuvent le tracter dans les montées pour
qu’il puisse ensuite réaliser des descentes en autonomie. Dans le même temps, il s’attache à
prendre des notes sur tous les ‘paramètres de sorties avec, à l’esprit, l’idée de pouvoir
partager tout ça’. Ces notes lui permettront de réaliser une cartographie de l’ensemble des
parcours accessibles au FTT qu’il diffusera sur son site internet à partir des années 20009. Le
souhait de Porret est de voir se développer la randonnée sportive en FTT en France, activité
qu’il est, pour l’instant, le seul ‘alien’ à pratiquer. L’objectif devient ainsi de « démocratiser »
la pratique de la randonnée aux personnes vivant en fauteuil roulant en permettant un
rapprochement avec la nature.
Au delà de l’activité de randonnée en montagne, Porret souhaite également revenir à
une autre forme de pratique qui se rapproche davantage du trekking10. Pour lui, ces
‘expéditions’, autrement plus complexes à mettre en œuvre, représentent une ultime étape vers
5
une vie antérieure retrouvée. Il projette de partir à l’étranger partout où les reliefs lui
paraissent ‘FTTisables’, même les plus reculés comme ceux du Tibet. L’Himalaya est un
voyage qu’il avait déjà préparé avant son accident et pour lequel il avait effectué les
démarches administratives nécessaires auprès des autorités chinoises. Avec son handicap, la
logistique étant plus lourde, il décide de tester peu à peu sa capacité physique et mentale à
résister aux conditions de vie en extérieur et en autonomie, ainsi que celle de son ‘Cobra’. En
1991, une première petite expédition dans le nord de l’Espagne, dans le parc naturel de la
Sierra de Guara, est réalisée. Après ce premier essai satisfaisant, une deuxième expédition est
organisée au Maroc en avril 1992, dans le sud du massif du Toubkal, qui sollicite davantage
l’organisme et le matériel, car il faut, entre autres, dormir chez l’habitant sur des tapis au sol
avec les risques d’escarres que cela comporte, réaliser de longues traversées sur des terrains
accidentés, et se faire tracter par des animaux (mules, chameaux). Lors de ces premières
expéditions, il voyage avec sa femme et des amis, et s’entoure de médecins et/ou
d’infirmières. En 1993, soit quatre ans seulement après son accident, Porret demande et
obtient à nouveau l’autorisation des autorités chinoises pour partir en expédition au Tibet. Le
principal frein vient alors du corps médical. La crainte de certains médecins, provenant
essentiellement de leur méconnaissance sur les capacités de résistance des personnes atteintes
de tétraplégie aux conditions extrêmes liées à l’altitude, le conduit à se rapprocher d’un
laboratoire de recherche dans le domaine de la physiologie du sport. Il sert de « cobaye » en
participant à un protocole de recherche mis en place à cette occasion afin de tester les effets
de l’altitude sur les capacités physiologiques des personnes tétraplégiques.
[] Pour cette expédition au Tibet, il y avait un gros paramètre : Est ce que les « tétras »
peuvent vivre en altitude ? Et donc un des médecins rééducateurs m'a dit que je ne survivrai
pas, que c'était impossible quoi, donc j'avais quand même cet enjeu. Et sur cet aspect-là, j'ai
essayé de l'aborder en cherchant quelqu'un qui soit d'accord et j'ai pu avoir le soutien de
deux profs, le professeur M. et le professeur G., qui lui m'a beaucoup aidé, il avait un labo de
physiologie sportive. Et donc ils m'ont fait toute une batterie de tests, capacité respiratoire,
etcetera, et ils avaient mis au point une préparation en altitude, ensuite ils m'ont envoyé ici
des ballons d'altitude pour travailler avec la secrétaire de mon kiné, car mon kiné ne voulait
pas, pensant que je n'allais pas survivre. On est allé à l'Aiguille du Midi ensuite où ils ont fait
plein de tests aussi pour voir comment ça se passait et finalement, il m'a donné son feu vert
pour partir.’ (JFP).
6
Ce passage nous évoque le rôle, facilitateur ou limitant, que peuvent jouer les
institutions médicales sur la pratique sportive des personnes ayant des déficiences motrices.
En France, contrairement à l’histoire anglaise, le mouvement sportif de personnes
handicapées motrices ‘ne doit pas son existence au monde médical, ni à celui de la
rééducation’ (Ferez et al., 2013, 41). Il y trouve toutefois un espace de recrutement essentiel à
son développement (centre de rééducation) et est également soumis à son pouvoir de décision
dans les instances internationales (catégorisation des athlètes par exemple). Aujourd’hui, les
limitations à la pratique sportive imposées par le secteur médical se heurtent à la volonté
croissante des personnes handicapées à pratiquer des activités extrêmes comme l’alpinisme.
Pour Jean-François Porret, la reconquête des espaces naturels représente les limites sociales,
et médicales, à surmonter permettant de re-constituer une identité à soi. Cette reconquête
passe toutefois par le soutien de tiers, amis ou médicaux, qui permettent d’accéder à ces
espaces accidentés.
Lors de cette expédition au Tibet, sur le massif du Kula Kangri (7.554 mètres
d’altitudes), réalisée en mai 1993, Porret réussit à atteindre 5600 mètres d’altitude (image 1).
Accompagné de deux amis alpinistes, d’un médecin, d’une infirmière et d’un géologue11, il
est tiré jusque là-haut par un ‘petit cheval tibétain’. Il reste bivouaquer pendant une dizaine de
jours dans un camp de base situé à 4400 mètres d’altitude grâce à du matériel de camping
bricolé et adapté (double tente pour lutter contre le vent, matelas pneumatique pour éviter les
escarres, combinaison en duvet contre le froid), testé lors des précédentes expéditions. Pour
finir, il réalise une ‘magnifique descente tout seul, en FTT, (…) beaucoup plus vite que les
autres à pied (…)’. Cette première ‘vraie expédition’ est une réussite et sera le point de
départ de nombreuses autres. Depuis, Porret repart quasiment chaque année vers une nouvelle
destination (Equateur, Chine, Jordanie, Cap-Vert, Sénégal…).
7
Image 1 : (Porret au Tibet en 1993, source : ftt.free.fr)
Si l’organisation de ces expéditions se fait ‘pour lui’, il en est également le concepteur
et le responsable. C’est lui le ‘chef d’expé’ qui doit prévoir la logistique12 et qui est en charge
des relations avec les autorités locales13. Pour Porret, toutes les expéditions doivent avoir ‘une
dimension handi’ et ‘une dimension alpinisme avec les copains’. Porret refuse la
médiatisation même si celle-ci permettrait d’apporter les financements nécessaires aux
expéditions coûteuses. Les médias semblent être en dehors de la logique principale : celle de
vivre une aventure conviviale permettant de ‘retrouver les sensations passées’. Le FTT,
présentée comme une pratique conviviale, permet également à la personne de se reconstruire
après un accident ayant entrainé une déficience motrice importante.
A travers ses activités, Jean-François Porret explique vouloir promouvoir une
alternative à la logique ‘compétitive’ du FTT qui s’est développée jusqu’alors aux Etats-Unis.
La référence mondiale du FTT se fait à travers les performances de l’américain John Davis
qui est, selon le pionnier français du FTT, le premier ‘para’ à avoir ‘osé lancer son Cobra dans
les descentes VTT valides’ (HM, n°99, 1999 : 40)14. La médiatisation de ces exploits semble
alors favoriser la promotion d’une pratique compétitive et spectaculaire du FTT en Amérique
du Nord, attirant ainsi le milieu économique qui favorise en retour son développement d’un
point de vue institutionnel15 et également technologique16. A cette orientation, Porret oppose
une ‘activité plus ludique (…) tournée vers la randonnée sportive et la recherche de
l’autonomie en pleine nature’ (id. : 41), confirmant ainsi une volonté de démocratisation de la
pratique. Toutefois, le coût du matériel et les besoins logistiques importants limitent l’accès à
la pratique.
8
La même année de l’expédition au Tibet, le développement de l’activité va connaître
une nouvelle direction lorsque Porret fait la rencontre de Gilles Bouchet, un ‘montagnard’ âgé
de 37 ans, atteint d’une paraplégie trois années après lui. Grâce à un réseau professionnel issu
du milieu sportif et politique, ce dernier apporte une dimension ‘économique’ et
technologique’ au développement du FTT.
2. La rencontre avec Gilles Bouchet : De l’innovation matérielle du FTT à
l’encadrement adapté.
Au moment de son accident en hélicoptère au sommet du Mont-blanc le 6 septembre
1991, Gilles Bouchet est Directeur adjoint de l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme
(ENSA)17 de Chamonix depuis 4 ans, et également accompagnateur de moyenne montagne. Il
est passionné de randonnée et de VTT. Devenu paraplégique, l’accident est vécu comme ‘une
bombe atomique’ après quoi tout est à ‘reconstruire’. Poursuivre ses activités précédentes lui
semble impossible : ‘à un moment donné, je me suis dit, le plein air c’est cuit’. Au cours de
son passage en centre de rééducation, à Saint-Hilaire du Touvet, près de Grenoble, il est
encadré par deux ‘profs de gym (…) orientés plein air’, Pierre Martin et Jacques Lagarde, qui
le sensibilisent aux activités de pleine nature adaptées aux personnes handicapées. Ils lui
affirment qu’il ‘remontera sur des skis’ (ce qu’il fera en janvier 1992) car le centre, implanté
en pleine montagne, a développé le ‘ski assis’18.
Durant sa rééducation, Gilles Bouchet rencontre Jean-François Porret et son Cobra qui lui
font réaliser ‘que tout n’est pas foutu’, ‘qu’il y a encore des choses à faire et surtout qu’il va
‘pouvoir fréquenter la montagne, mais autrement’. Bouchet se fixe alors le projet de pratiquer
à nouveau ses passions : ‘(…) dans ma tête je me suis dit même si j’en fais dix pour cent, la
vie a encore du sens’. Avec un ami, Bernard Laviolette, conseiller technique départemental de
Voile dans le département du Rhône, et également spécialiste de l’optimisation du matériel
sportif, ils travaillent à la conception et la fabrication d’équipements adaptés au handicap
moteur pour la montagne. Ils créent et fabriquent, dans un premier temps, une luge de ski de
fond ‘avec des bouts de tube à souder’. Le matériel est ensuite testé, avec ‘parfois des
échecs’, sur les sommets de Tignes. Dans la continuité du travail effectué sur la luge, Bouchet
et Laviolette s’intéressent au FTT, d’autant que la production du Cobra de Castellano s’arrête
en 1995. La question de la fabrication du matériel adapté aux activités de montagne, que ce
soit pour le ski assis ou le FTT, est une problématique importante que Bouchet cherche à
solutionner. Avec Bernard Laviolette, qui mobilise l’Institut National des Sciences
9
Appliquées de Lyon (INSA), plus précisément des étudiants-ingénieurs ayant le statut de
sportif de haut-niveau, Gilles Bouchet se rapproche également de la section ‘génie
mécanique’ de l’IUT d’Annecy, pour concevoir un FTT. On sort du bricolage ‘au fond d’une
cave, d’un garage’ pour développer du matériel plus sophistiqué dans ‘un atelier
d’apprentissage du Lycée Boisard à Vaulx-en-Velin’19. Ils créent le ‘Dahu’ inspiré du ‘Cobra’
de Castellano. ‘On l’a appelé le Dahu parce son nom symbolise « le bancal » (…) à la fois
avec la pente, et à la fois avec le Handi. Et puis c’est un animal mythique, aux longueurs de
pattes inégales, et que l’on ne voit jamais’. Le Dahu est plus robuste et plus grand que le
Cobra20 (photo 2). Outre la question de la fabrication, le coût du matériel est également un
obstacle à prendre en compte. Le Dahu doit être moins onéreux et donc plus accessible que le
Cobra. L’idée étant de fabriquer un FTT ‘plus facile à faire avec du matériel de vélo
standardisé (…) des pièces plus faciles à changer, des soudures plus robustes (…)’ (GB).
1) Cobra de Jean-François Porret 2) Dahu de Gilles Bouchet
Image 2 : Photos prises par Eric Perera en décembre 2014
Ils parviennent à atteindre leur objectif en fabriquant 10 prototypes du Dahu. Les
fonds nécessaires au projet sont obtenus auprès de financeurs comme le Conseil Régional de
Rhône-Alpes ou encore la Fédération Handisport, via les comités régionaux de l’Isère, de la
Savoie et de la Haute-Savoie qui acquièrent quelques modèles afin de les proposer aux
associations affiliées. En 1994, Gilles Bouchet fait partie des 6 lauréats de la Fondation
Georges Poirier qui, ‘sous l’égide de la Fondation de France, aide des personnes individuelles
handicapées physiques à réaliser leurs projets’ (HM, n°82, 1994 couv. int.). Il obtient ce prix
en tant que ‘créateur du fauteuil roulant tout terrain ou FTT’ en France (id).
Au-delà du développement technologique, en tant qu’inspecteur du Ministère de la
Jeunesse et des Sports, Bouchet sollicite également son réseau politique et sportif pour
10
promouvoir les activités de pleine nature : ‘(…) ça ferait peut être bouger les choses. Parce
qu'il se trouve que je suis le gars qui est impliqué, qui est à la montagne, qui avait un bon
réseau, qui connaissait les pros, qui était proche du ministère’. Il mobilise les acteurs
politiques (notamment des conseillers généraux et régionaux) pour financer du matériel
adapté aux activités de pleine nature21. Les comités régionaux handisports et les associations
locales participent à la diffusion de ces activités et permettent ainsi de ‘faire évoluer l’image
du handicap physique avec la nature’. Gilles Bouchet comprend que les activités de pleine
nature vont occuper davantage l’espace du monde handisport au détriment des activités
‘classiques’, comme le basket-ball en fauteuil roulant par exemple. Les Jeux paralympiques
d'hiver de 1992, qui se déroulent à Tignes, suscitent l’intérêt des collectivités locales sur
l’accès des personnes handicapées aux activités de plein air, notamment la région Rhône-
Alpes. Les conseillers techniques départementaux (CTD) Handisport de Savoie (avec Bernard
Thiévenaz) et d'Isère (avec Patrick Heydt) participent et impulsent la mise en place de stages
dédiés aux activités de loisirs (le ski alpin ou de fond par exemple). Toutefois, Bouchet ne
souhaite pas promouvoir uniquement une pratique fédérale : c'est peut-être le refus de la
stigmatisation, donc j'étais plutôt sur l'idée de trouver le matériel et les aménagements pour
que je puisse y aller en famille plutôt qu'(avec) une association refermée sur le handicap. Je
voulais sortir de l'assistanat. Il faut qu'il y ait des hôtels adaptés, des matériaux adaptés
corrects et des professionnels compétents. L'objectif était donc de s’insérer dans la logique
économique’.
Pour cela, Bouchet contribue à la formation du personnel encadrant compétent comme
les moniteurs de ski et de VTT ou les guides de montagne. Avec les Présidents des syndicats
des professionnels de la montagne, ils proposent des formations continues gratuites
permettant d'encadrer le public handicapé. Il s'agit de considérer la personne handicapée
comme ‘un client avec des spécificités’. En parallèle, la région Rhône-Alpes investit dans du
matériel couteux (FTT, luge de fond et ski assis), suivie par le Conseil Général des Hautes-
Alpes, dotant la plupart des écoles du ski français22. Ces investissements offrent la possibilité
de découvrir des activités de plein air avec du matériel adapté et encadré par du personnel
compétent sans surcout lié au matériel et sans dépendre uniquement de structures spécialisées
comme l'APF ou les associations Handisport.
A la fin des années 1990, il existe huit types de FTT recensés par Porret. Six sont
d’origine nord-américaine tandis que deux sont fabriqués en France : le ‘Dahu’ de Gilles
Bouchet et Bernard Laviolette et le ‘Lozère’23, fabriqué par l’école des Mines à Saint-Etienne.
11
Un début d’industrialisation se profile dont l’objectif est d’occuper un marché innovant grâce
à une pratique qui s’inscrit dans les sports de nature, domaine qui attire de plus en plus de
personnes handicapées. Parallèlement, une politique de mise en accessibilité des espaces de
loisirs et de tourisme en faveur des personnes handicapées est menée au niveau national à
partir des années 2000. La démarche de Porret s’inscrit ainsi dans une logique globale
d’accessibilité des territoires, telle qu’elle sera envisagée plus tard dans le cadre des politiques
de labélisation « Tourisme et Handicap » à partir des années 2000, puis « Destination pour
tous » à partir de 2011 (Amiaud 2012).
3. Institutionnalisation et sportivisation du FTT en France (2000): ‘un sport de partage et
de mixité par excellence’
Comme nous l’avons vu, la pratique du FTT se développe hors du système fédéral, par
l’intermédiaire de ‘montagnards’ qui souhaitent poursuivre leurs passions. Ils développent
ainsi le FTT dans le but de randonner en montagne en famille et avec des ‘copains’, ou de
partir en expédition en petit groupe, style routard’ (JFP). Parallèlement à ces initiatives, nous
observons un projet fédéral de développement des activités de pleine nature adaptées. D’abord
porté localement par les comités départementaux et régionaux (Rhône-Alpes, Isère, Pyrénées),
ce projet va s’étendre au niveau national avec le développement des formations des
professionnels du secteur des loisirs sportifs et du tourisme qui commencent à être de plus en
plus confrontés aux sollicitations des personnes atteintes de déficiences (Reichhart, 2011).
Lorsque Gérard Dejonghe prend ses fonctions au sein de la FFH en tant que
responsable du développement des APPN, en 1983, l’objectif de la fédération est de
promouvoir les activités de plein air dans une perspective de loisirs, en complément du
versant compétitif qui dominait jusqu’alors. En appui des initiatives locales24 qui se
multiplient en proposant des événements ponctuels, des stages ou de la pratique régulière, la
fédération engage un processus de formation de l’encadrement et de labellisation afin de
soutenir et d’encourager la mise en accessibilité de ces pratiques en faveur du public
handicapé. La mise en place des certificats de qualification handisport (CQH) en 1996,
permettant d’apporter une formation complémentaire aux professionnels du sport (Brevet
d’Etat), puis la création du label ‘Espace Loisir Handisport’ (ELH), en 1998, créent ainsi les
conditions d’un accueil adapté aux publics handicapés au sein des principales structures
proposant des pratiques sportives de pleine nature. Outre le recensement et développement
des structures d’accueil, ces dispositifs ont pour objectif d’encadrer ces nouvelles activités qui
12
suscitent de plus en plus d’engouement et qui nécessitent la mise en place de cadres de
sécurité et d’un encadrement adapté. En 2001, le label ‘Tourisme & Handicap’, créé par le
ministère chargé du Tourisme, et plus particulièrement l’association Tourisme et Handicaps
(ATH), dans le cadre de la politique d'accès aux vacances pour tous et d'intégration des
personnes handicapées, impulse le développement de l’accessibilité des sites naturels aux
personnes handicapées. Selon Mai-Anh Ngo et Anne Marcellini (2014), ce processus de
labellisation est à relier aux ‘modifications engendrées par des politiques publiques, non
directement centrées sur le sport’ (pp.144), notamment la loi n°2005-102 du 11 février 2005
pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées qui constitue un véritable tournant. Pour les pratiques sportives de pleine nature,
les auteures montrent également comment ‘l’apparition du développement durable dans les
politiques publiques favorise l’intérêt suscité au sein de la FFH’ (id.: 147).
Dans cette conjoncture, le FTT bénéficie d’une certaine attention au niveau fédéral. La
multiplication d’articles au sujet du FTT dans la revue Handisport Magazine à partir des
années 2000, mais également dans certaines revues spécialisées (Revue Trek de Mars 2000),
témoigne de cet engouement. Dès lors, comment la pratique évolue-t-elle durant cette
période? Assiste-t-on à sa ‘sportivisation’ (Guay, 1993), c’est à dire à sa mise en compétition,
à l’image de ce qui semble se produire aux Etats Unis et qui affecterait dès lors la logique de
discrétion et de convivialité des pionniers français ? Lors de l’analyse des revues produites
par la FFH, nous avons recensé l’ensemble des évènements dans lesquels du FTT était
proposé. Nous avons pu, dans un premier temps, identifier différentes formes d’évènements :
des raids multi-sports, des initiations, des randonnées organisées par des associations et enfin
des stages de formation à l’attention des professionnels des loisirs sportifs en montagne. Dans
un deuxième temps, nous pouvons noter que le FTT est considéré comme un engin innovant,
favorisant l’ouverture et la convivialité. Ces atouts correspondent bien à la volonté des
comités départementaux de ‘promouvoir les sports de loisirs’ qui constituent ‘l’un des axes
principaux de leur développement’ (HM, n°97, 1998 : 55). On assiste dès lors au début d’un
processus d’institutionnalisation du FTT. En 2001, le terme ‘éftétiste’ apparaît pour la
première fois et sa pratique est définie. Le ‘éftétiste’, grâce à son engin ‘équipé de roues de
VTT et de puissants freins à disque’, accède à des ‘chemins de montagne habituellement
inaccessibles’ grâce à une assistance (humaine ou mécanique) pour ‘s’offrir le grand bonheur
d’une descente en toute autonomie’ (HM, n°105, 2001 : 20). Un guide de ‘bonnes pratiques’
et ‘une lettre d’expert’ sont édités afin de prévenir des risques et des précautions à prendre
13
(id.: 21-22). La pratique seul est proscrite et la présence de deux accompagnateurs ou de
professionnels qualifiés et reconnus (via le certificat de qualification handisport), au sein de
‘structures agréées’ (labellisées) est vivement recommandée pour garantir une pratique en
toute sécurité. Si ces précautions favorisent naturellement la mixité dans la pratique (valides
en VTT ou à pied accompagnant les pratiquants de FTT), on insiste toutefois sur la nécessité
de mettre en place une ‘démarche pédagogique d’autonomisation du sportif. Pour que le
randonneur handicapé soit acteur de son activité !’ (HM, n°128, 2007 : 26). L’autonomie du
pratiquant doit être au centre des préoccupations comme le promeut la FFH. Dès lors, quelles
sont les formes de pratiques de FTT que l’ont peut observer actuellement en France ? Assiste
t-on à une forme spécifiquement française du développement de cette pratique ?
Contrairement à ce qui semble se produire aux États-Unis, la FFH s’interdit de vouloir
développer une pratique compétitive et spectaculaire25, ‘essentiellement pour des raisons
d’assurances et de sécurité’ (HM, n°105, 2001 : 22). Souhaitant plutôt démocratiser une
pratique de loisirs, les acteurs institutionnels indiquent à ceux qui souhaitent pratiquer que le
‘FTT n’est absolument pas un sport extrême’ (HM, n°128, 2007 : 27). Toutefois, il arrive que
certains comités départementaux handisports organisent des compétitions sous la forme de
slaloms chronométrés ou des ‘raids multisports’, au cours desquels des équipes mixtes se
défient à travers de multiples activités de plein air (FTT, Kayak, Tir-à-l’arc, Voile). Les
‘raids’ ou ‘challenges’ sont les formes de compétition les plus médiatisées par la revue
Handisport Magazine, répondant peut-être davantage à la logique de mixité et
d’autonomisation des sportifs handisports promue par la FFH. Lors de la description de ces
raids mixtes, il est question d’‘esprit sportif, d’‘effort physique’, d’‘entraide’, de ‘solidarité’
et de ‘convivialité’ (HM, n°130, 2007 : 36-37), un ensemble de valeurs qui témoignent d’un
processus de sportivisation. Toutefois, la FFH préfère accompagner les acteurs locaux dans
une démarche de développement de la randonnée qui correspond davantage aux
préoccupations locales. Le 2 décembre 2007, une commission nationale de randonnée est
mise en place. Elle regroupe l’ensemble des acteurs associatifs et institutionnels qui
développent cette activité (HM, n°128, 2007 : 26) afin d’organiser la pratique sur le territoire
national à travers la formation des encadrants (CQH) et la mise en place de collaborations
avec les acteurs locaux (associations, représentants des comités ? et du tourisme, etc). En
2008, via la commission, la FFH s’associe à la fédération française de randonnée pédestre
(FFRP), lorsqu’elle décrète l’année de la ‘randonnée pour tous’ afin de participer à la
réflexion autour de l’aménagement des parcours de randonnée aux personnes handicapées et à
14
la formation des encadrants (HM, n°132, 2008 : 42-43). Le projet vise notamment la
promotion de la pratique du FTT pour tous qui apparaît limitée à une poignée de privilégiés
principalement à cause de son coût élevé. L’aide au secteur associatif semble alors le principal
moyen de diffusion de cette pratique au plus grand nombre.
Au final, à cette période, l’activité du FTT se développe dans deux directions à la fois
distinctes et complémentaires. D’un côté, celle des ‘pionniers’, prônant une pratique du FTT
‘autonome’, et dont les expéditions apparaissent comme la principale finalité. D’un autre côté,
celle des associations sportives en lien avec le mouvement fédéral, mais aussi avec le milieu
politique, qui proposent une pratique régulière encadrée par des moniteurs diplômés. Somme
toute, quelle que soit la direction prise, la pratique du FTT se conçoit généralement comme
‘un sport de partage et de mixité par excellence’ (HM, n°128, 2007 : 27). Principes également
repris par les pionniers dans le cadre des expéditions : ‘Le fait qu'il y ait des handis et des
valides, il y avait une super ambiance, de l'entraide, ça c'est magique. Il y a toujours une
ambiance formidable’ (JFP). Les projets d’expéditions de Porret, puis de Bouchet,
s’apparentent à d’autres formes d’exploits que ceux réalisés par Davis et de ses successeurs
aujourd’hui26 : ‘Les expéditions sont des aventures humaines, et le FTT est le moyen de les
réaliser. L'objectif, ce n’est pas le raid FTT, c'est de vivre quelque chose et le FTT permet
d’atténuer la différence et permet de le vivre’. Toutefois, leur pratique veut se distinguer de
‘la logique APF, la logique handisport compétitif, structurée’ et revendique une ‘pratique
plus libre, familiale, avec les copains’ qui permet de ‘fusionner avec la nature’27. Ici, des
pratiques pouvant être interprétées comme des stratégies de ‘résilience’28 se réalisent dans le
cadre de pratiques qui symbolisent la ‘contre-culture’ sportive par excellence. Les sports
‘californiens’ (Pociello 1981) ou ‘fun’ (Loret 1995) sont, par nature, opposés au modèle
compétitif, à toute normalisation, et promeuvent l’empathie avec l’environnement. Ainsi, les
pionniers du FTT témoignent d’une volonté de développer une pratique qui permette de
repousser les barrières environnementales. Les principes de liberté et d’autonomie poursuivis
par les acteurs, et maintes fois repris par les acteurs fédéraux (Hlm, n°142, 2011 : 44),
peuvent-il se retrouver dans la politique sécuritaire menée par la FFH ? La règle du ‘jamais
seul’ (id.) semble aller à l’encontre de la logique d’auto-organisation des expéditions.
Logique qui a pour objectif ‘de changer l’image du handicap’ (GB) et de la personne
handicapée. L’engagement collectif qui s’organise pour hisser les personnes en FTT en haut
des sommets les plus escarpés pour les dévaler ensuite en toute autonomie, offre la possibilité
de vivre une expérience pour ensuite la partager avec les autres. Ainsi, l’expérience collective
15
du handicap au travers la participation aux expéditions se présentent tels ‘des arènes
institutionnalisés de nouvelles expérimentations du corps, du mouvement et de l’espace,
d’élaboration et de transmission de savoir-faire et de normes’, permettant et permettent ainsi
de ‘figurer comme un ‘interactant valable‘, d’ ‘éduquer les valides’, voire de les séduire (…)’
(Ville, Fillion et Ravaud, 2015 :125).
Conclusion : L’institutionnalisation du FTT, une pratique pour soi et pour tous.
Développé à partir des années 1990, en France, par des passionnés qui, après leur
accident, décident de bricoler du matériel sportif au ‘fond du garage’, le FTT semble s’être
aujourd’hui institutionnalisé, notamment grâce aux nombreuses possibilités qu’il propose
(randonnée, descente, tourisme). Apparu comme une activité permettant un ‘retour à une vie
antérieure’, le percevant d’ailleurs comme une ‘paire de chaussures de montagne’ (G.B.). Par
la suite, le FTT est progressivement reconnu comme une pratique permettant le partage, la
mixité handi-valide, l’accès aux espaces naturels et l’autonomie, principes qui sont promus
par la FFH dans son projet de développement et d’ouverture à tous les publics. A partir des
années 2000, le FTT devient une activité fédérée, donnant lieu à la création de la commission
randonnée et à la nomination d’un directeur sportif en charge de son développement en 2007.
On assiste alors à la codification progressive de sa pratique : règles de sécurité, technicisation,
formations des encadrants. Défendu comme une pratique ‘sauvage’ par les pionniers, le FTT
se conforme aux exigences fédérales. Son développement est aussi le fait d’une politique
nationale en faveur de la participation sociale des personnes handicapées encourageant
l’accessibilité aux espaces naturels et le développement des pratiques de pleine nature
adaptées.
Le processus d’institutionnalisation du FTT ne semble pourtant pas avoir atteint ses
limites. Présenté comme une activité favorisant l’autonomie, les progrès technologiques, qui
accompagnent son développement, ont pour objectif d’augmenter celle-ci. Récemment, avec
l’émergence du FTT électrique, on ‘change de paradigme’ selon Jean-François Boury, un
pratiquant régulier ayant connu les débuts du FTT, qui s’implique dans le projet innovant
d’un FTT électrique. ‘ A travers la motorisation et l’assistance, c’est l’autonomie complète ’.
Il permet d’élargir les possibilités de la pratique avec moins d’aide humaine , à tel point que
les pionniers du FTT comme Porret et Bouchet, en font l'acquisition. ‘Maintenant, il y a une
évolution radicale avec les FTT électriques. On change de terrain. Moi j'en ai acheté un,
parce qu’ il n’y a plus la contrainte d'être coincé par une remontée de 200m. Avec le FTT
(électrique), on découvre de nouveaux domaines et avec l'évolution des batteries, je fais des
16
sorties de 30-40 km à 900m de dénivelé sans avoir d'assistance ni d'aide. Alors qu'avant il
fallait une logistique assez lourde.’ (GB). Il n'y a donc plus besoin d'être tracté par des
personnes ou des animaux, l’autonomie est valable tant pour la descente que pour la montée.
Le FTT électrique permet de se libérer de la dépendance vis-à-vis des accompagnateurs
valides, voire de rivaliser avec les vététistes valides : ‘Les VTT ont même du mal à suivre’
(GM). Ainsi, l'autonomie complète qu'offre le FTT électrique semble pouvoir transformer
cette pratique et ouvrir de nouvelles manières de pratiquer la montagne pour les personnes à
mobilité réduite. La déclinaison électrique du FTT semble ouvrir la voie à de nouvelles façons
de pratiquer, qui peut-être, pourraient attirer de nouveaux publics mais surtout transformer la
logique initiale de l’activité axée sur le partage et la mixité. Jusqu’alors, cette approche met en
exergue la relation d’interdépendance (échanges, liens, solidarités) qui se créée entre le
« ftétiste » et ses différentes aides utiles à la pratique (moyens de tractages par exemple). Les
acteurs institutionnels mettent également en avant cette spécificité comme un élément
essentiel pour le développement du FTT, c’est à dire en tant que pratique favorisant
l’intégration au niveau de la société et de l’aménagement du territoire via l’accès aux activités
touristiques (tels que la randonnée).
L’évolution technologique du fauteuil roulant vers l’électrique a pour conséquence de
développer les possibilités de mobilité des utilisateurs, et de transformer leur rapport au
monde. Les possibilités d’une plus grande autonomie, qui semble toutefois relative, souvent
appréhendée comme un synonyme de liberté, d’indépendance, renvoyant à une situation dans
laquelle le sujet, le groupe ou la société se donnerait ses propres règles, se gouvernerait selon
ses propres lois (auto nomos), ne vont elle pas transformer en profondeur la logique initiale ?
Ne va-t-on pas finalement se rapprocher de la pratique nord-américaine visant l’exploit
individuel plutôt que le partage et le rapprochement avec la nature ? L’innovation
technologique nécessaire à son développement ne pervertie- t-elle pas le lien social qui régule
l’activité ? Nous nous retrouvons limités dans l’analyse pour répondre à ces questions sans
davantage de données empiriques de premières mains. L’observation d’expéditions en FTT
permettrait d’intégrer les discours et comportements in situ susceptibles d’éclairer les
(inter)relations et les subjectivités des acteurs.
17
Notes
1 La FFH naît de la réunion de la Fédération Française de Sport pour les Handicapés
Physiques (FFSHP) et de la Fédération Française Omnisport pour les Handicapés Physiques
(FFOHP) (Ruffié et Ferez 2013).
2 Philippe Berthe a été président de l'Amicale sportive des mutilés de France (ASMF) créée en
mai 1954, puis président de la Fédération sportive des handicapés physiques de France
(FSHPF) le 10 août 1963 (date de sa reconnaissance officielle) ; Pierre Volait lui succédera en
novembre 1966 ‘à la tête de la FSHPF avec pour objectif de renforcer les méthodes de gestion
et la structure financière de celle-ci’ (Ruffié et Perera 2013, 63).
3 La pratique ‘debout’, possible dans certains cas d’amputation de membres inférieurs, est en
opposition au ski ‘assis’, pratique inventée pour des personnes paraplégiques et/ou
tétraplégiques.
4 Les discours produits lors des entretiens seront signalés dans le corps de l’article entre
guillemets et en italique.
5 La revue Handisport Magazine parait en 1982. Elle fait suite à la série de cinq revues
publiées par les différentes associations qui ont fédéré le mouvement handisport en France des
années 1950 aux années 2000: la Revue des mutilés de France (1955-1959), l’ASMF
Magazine (1959-1963), le Second Souffle (1964-1981), le FFHOP Magazine (1972-1977) et
la revue Handisport Magazine (à partir de 1982). Depuis 2011, le nouveau nom de la revue est
Handisport Le Mag.
6 Avant l’apparition du FTT, on pouvait identifier la ‘Joëlette’ ou la ‘Joëlle’. Elle est conçue
par un accompagnateur en montagne, Joël Claudel, qui souhaitait emmener en balade son
neveu myopathe. Il fonde l'Association Handi Cap Evasion dans les Hautes-Alpes en 1988. Il
s’agit d’un ‘ fauteuil tout terrain mono roue, capable de passer partout, mais nécessite la
présence de deux porteurs accompagnateurs ’ (HM, n°99 ,1999: 42).
7 Le Cobra (20kg 125 cm x 75 cm x 90 cm) est un FTT, ‘très maniable, léger et d’une
robustesse à toute épreuve (...) il offre une adaptation (aux) tétra(plégiques) performante ’
(HM, n°99, 1999: 42).
8 Porret associe sa pratique à celle du VTT et conçoit ainsi le terme FTT.
9 Le site Ftt.free.fr a été créé en juillet 2000. Actuellement, plus de 200 parcours praticables,
en France et à l’étranger, y sont répertoriés.
10 Grande randonnée pédestre dans des régions montagneuses associée au concept
d’autonomie et de durée. Les modes d’hébergement sont variables : tente, refuge, chez
l’habitant, gîtes, hôtel. Cette activité, en constant développement, est considérée aujourd’hui
comme un mode de voyage à part entière.
11 Porret explique vouloir apporter également un caractère scientifique à l’expédition afin
d’appuyer la demande d’autorisation auprès des autorités chinoises.
12 Les expéditions d’un mois, regroupant 6 personnes, nécessitaient la location de deux
véhicules tout-terrain et d’un camion pour transporter le matériel et les vivres.
13 ‘(…) j'ai tenu ce rôle parce que j'étais à peu près le seul à parler Anglais. Mais c'était
lourd, parce qu’il fallait faire les réunions, les points chaque soir, il y avait un commissaire
politique. Le soir, il y a les soins donc c'est pas facile. Par contre elle était pleine
d'expériences extraordinaires’.
14 Extrait du premier article sur le FTT qui paraît dans la revue Handisport Magazine. Il est
intitulé “Le Fauteuil tout terrain. Un sport en pleine expansion” et est signé par Jean-François
Porret lui-même.
18
15 Selon Porret, trois épreuves de FTT sont organisées en 1999 au sein de la NORBA (ligue
nord-américaine de VTT): la descente, le slalom parallèle et le cross-country (HM, n°99,
1999: 41).
16 Au cours des années 1990, plusieurs autres types de FTT à trois ou quatre roues voient le
jour aux États Unis: le Buzzard, l’Enduro, le Phoenix, le DHX-1, le One-off (HM, n°99, 1999:
42).
17 Ecole de formation des guides de montagne et des moniteurs de ski.
18 Les premiers prototypes de ski ‘assis’ ont été réalisés au sein du centre de Saint- Hilaire du
Touvet (Le Roux, Haye et Perera 2014).
19 Il s'agit d'un lycée professionnel qui lui permet de fabriquer et de pérenniser du matériel
accessible sans rentrer dans une logique commerciale (dépôt de brevets).
20 Le Dahu fait 25 kilogrammes (140 cm x 85cm x 70 cm) contre 20 kilogrammes pour le
Cobra (125 cm x 75 cm x 90 cm).
21 Selon Gilles Bouchet, la région Rhône-Alpes a été la première à développer le ski assis et le
FTT.
22 Des actions de ce type seront également menées dans les Pyrénées et les Alpes Maritimes.
23 Le Lozère ’, conçu par la société BFP Electronique, est décrit comme un fauteuil de
promenade intermédiaire entre un fauteuil de ville et un véritable engin tout terrain ’ (HM,
n°99, 1999: 42).
24 Gilles Bouchet créée l’association ‘Sports Loisirs Tourisme Développement Handi-
challenge’ en 1993 à Annecy afin de promouvoir le tourisme pour les personnes handicapées,
par ‘la mise au point de produits, matériels ou activités adaptés à ce public’. L’association
propose de ‘mettre en œuvre des journées de découverte du Dahu et des stages’ (HM, n°99,
1999: 43). D’autres associations proposent du FTT dans le cadre de ‘raids multisports’ ou de
‘journées de découvertes’ d’activités de pleine nature.
25 Selon Porret, le championnat américain de FTT attire de nouveaux pratiquants venus du
Japon (cf. Site internet ftt.free.fr-rubrique news ftt)
26 Stacy Kohut, un ancien vététiste canadien devenu paraplégique, ‘est l’un des riders les plus
emblématiques de la scène FTT free style’ selon le site The Rider Post, spécialiste des sports
extrèmes. http://www.theriderpost.com/dirt/stacy-kohut-detruit-le-bikepark-de-whistler-en-
ftt/, consulté le 04 janvier 2016.
27 Moi ce que je voulais, c'est de dire: la nature on y touche pas, par contre on prévoit les
adaptations qui permettent au handicap d'accéder à cette nature pas touchée. Pour moi le
Dahu, c'est ça, et la nature on y touche pas ’ (JFP).
28 Terme utilisé à l’origine en physique des matériaux, il est repris dans le domaine de la
psychologie pour nommer la capacité de l’individu à sortir vainqueur d’une épreuve qui aurait
pu être traumatique avec une force renouvelée. Pour l’analyse de ce processus dans le cadre
sportif, Anne Marcellini (2005) montre comment celui-ci est un moyen de redéfinition de soi
et de dépassement du handicap.
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sciences sociales. Paris : Librairie des Méridiens.
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Le Roux, Nathalie, Haye, Lisa, et Perera, Eric. 2014. « Les innovations pour le ski handisport
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handisport au XXIème siècle. Lectures sociologiques. Edited by Marcellini, Anne et
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mouvement handisport (1954-2008). Edited by Ruffié, Sébastien et Ferez, Sylvain.
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sociologie du handicap. Histoire, politiques et expérience. Louvain-la-Neuve : De
Boeck.
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Article
Since 2001 public authorities, through the label “Tourisme & Handicap” contribute to promote an integration of disabled persons through an improvement of the accessibility of equipements and tourist places. Furthermore, since the beginning of 2011, a new state label, “Destination pour tous”, is undergoing a test period. The touristic strategy consists of going further than the labellisation of tourist places to identify territories, in order to structure a global offer adapted. To meet the challenge of social inclusion, it’s essential that facilities are not designed as mere adaptations but developed from the paradigm of design for all. This is the trend adopted by local authorities on the French Atlantic coast between Nantes and Bordeaux that wish to link planning, social cohesion, local developments and tourism and disability policy to improve design of facilities and access to territorial resources. By being integrated to urban strategies, the accessibility of tourist territories answers the needs of tourists with disabilities, to the problems of travelling for inhabitants with reduced mobility raised during consultations, and the socio-demographic challenges, like the ageing of the people.
cm x 75 cm x 90 cm) est un FTT, 'très maniable, léger et d'une robustesse à toute épreuve (...) il offre une adaptation (aux) tétra(plégiques) performante ' (HM, n°99
  • Le Cobra
Le Cobra (20kg -125 cm x 75 cm x 90 cm) est un FTT, 'très maniable, léger et d'une robustesse à toute épreuve (...) il offre une adaptation (aux) tétra(plégiques) performante ' (HM, n°99, 1999: 42).
Actuellement, plus de 200 parcours praticables, en France et à l'étranger, y sont répertoriés
  • Ftt Le Site
Le site Ftt.free.fr a été créé en juillet 2000. Actuellement, plus de 200 parcours praticables, en France et à l'étranger, y sont répertoriés.
trois épreuves de FTT sont organisées en 1999 au sein de la NORBA (ligue nord-américaine de VTT): la descente
  • Selon Porret
Selon Porret, trois épreuves de FTT sont organisées en 1999 au sein de la NORBA (ligue nord-américaine de VTT): la descente, le slalom parallèle et le cross-country (HM, n°99, 1999: 41).
est décrit comme ' un fauteuil de promenade intermédiaire entre un fauteuil de ville et un véritable engin tout terrain
  • Le ' Lozère
  • Electronique
Le ' Lozère ', conçu par la société BFP Electronique, est décrit comme ' un fauteuil de promenade intermédiaire entre un fauteuil de ville et un véritable engin tout terrain ' (HM, n°99, 1999: 42).
est l'un des riders les plus emblématiques de la scène FTT free style' selon le site The Rider Post, spécialiste des sports extrèmes
  • Stacy Kohut
Stacy Kohut, un ancien vététiste canadien devenu paraplégique, 'est l'un des riders les plus emblématiques de la scène FTT free style' selon le site The Rider Post, spécialiste des sports extrèmes. http://www.theriderpost.com/dirt/stacy-kohut-detruit-le-bikepark-de-whistler-enftt/, consulté le 04 janvier 2016.
Terme utilisé à l'origine en physique des matériaux, il est repris dans le domaine de la psychologie pour nommer la capacité de l'individu à sortir vainqueur d'une épreuve qui aurait pu être traumatique avec une force renouvelée. Pour l'analyse de ce processus dans le cadre sportif
Terme utilisé à l'origine en physique des matériaux, il est repris dans le domaine de la psychologie pour nommer la capacité de l'individu à sortir vainqueur d'une épreuve qui aurait pu être traumatique avec une force renouvelée. Pour l'analyse de ce processus dans le cadre sportif, Anne Marcellini (2005) montre comment celui-ci est un moyen de redéfinition de soi et de dépassement du handicap.
Amicale sportive des mutilés de France (1954-1963), in Corps, Sport, Handicaps. Tome 1. L'institutionnalisation du mouvement handisport
  • Ferez
  • Sylvain
  • Julie Thomas
  • Et Ruffié
  • L ' Sébastien
Ferez, Sylvain, Thomas, Julie et Ruffié, Sébastien, L'Amicale sportive des mutilés de France (1954-1963), in Corps, Sport, Handicaps. Tome 1. L'institutionnalisation du mouvement handisport (1954-2008). Edited by Ruffié, Sébastien, et Ferez, Sylvain (dir.), 31-48. Paris : Téraèdre.