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Les infections sexuellement transmissibles bactériennes en France : situation en 2015 et évolutions récentes

Authors:
  • French Institute for Public Health Surveillance (InVS)

Abstract and Figures

Introduction – Les infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes augmentent en France depuis la fin des années 1990. Cet article présente les tendances épidémiologiques récentes jusqu'en 2015, ainsi que les caractéristiques des patients diagnostiqués pour une IST. Méthode – La surveillance des IST repose sur des réseaux volontaires de médecins et de biologistes. Le réseau de surveillance des IST « RésIST » recueille auprès des cliniciens des données démographiques, cliniques, biologiques et comportementales pour les syphilis précoces et les gonococcies. Un réseau coordonné par le Centre national de référence (CNR) des infections à Chlamydiae collecte le même type de données pour les lymphogranulomatoses vénériennes (LGV) rectales et les infections rectales à Chlamydia non L. Les réseaux de laboratoires « Renachla » et « Rénago » recueillent des données démographiques et biologiques pour les chlamydioses et les gonococcies. Les tendances 2013-2015 sont décrites en considérant le nombre de cas déclarés par les sites ayant participé de façon constante sur cette période. Résultats – En 2015, le nombre de syphilis précoces, d'infections à gonocoque et de LGV a continué d'aug-menter. Cette progression est particulièrement marquée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH). Une hausse du nombre de syphilis et de gonococcies est également observée chez les hétéro-sexuels, malgré un nombre de cas relativement faible. Conclusion – La syphilis précoce, l'infection à gonocoque et la LGV progressent en France, notamment chez les HSH. Cette progression reflète une augmentation des comportements sexuels à risque décrite par les études comportementales menées dans cette population. Un dépistage précoce des patients et de leurs partenaires, suivi d'un traitement rapide, est indispensable pour interrompre la transmission des IST, dans un contexte de prévention du VIH qui s'est élargie à d'autres outils que le préservatif seul.
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738 | 29novembre2016 | BEH 41-42 Journée mondiale du sida, 1er décembre2016
ARTICLE // Article
LES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLESBACTÉRIENNES ENFRANCE:
SITUATION EN2015 ETÉVOLUTIONS RÉCENTES
// BACTERIAL SEXUALLY TRANSMITTED INFECTIONS INFRANCE: RECENT TRENDS ANDCHARACTERISTICS IN2015
NdeindoNdeikoundam Ngangro1 (ndeindo.ndeikoundam@santepubliquefrance.fr), DelphineViriot1, NellyFournet1,
BertilleDeBarbeyrac2, AgatheGoubard3, NicolasDupin4, MichelJanier5, IsabelleAlcaraz6, MichelOhayon7,
NathalieSpenatto8, ChantalVernay-Vaisse9, les référents des Cire*, JosianePillonel1, FlorenceLot1
1 Santé publique France, Saint-Maurice, France
2 Centre national de référence des Chlamydiae, Bordeaux, France
3 Centre national de référence du gonocoque, Institut Alfred Fournier, Paris, France
4 Centre national de référence de la syphilis, Paris, France
5 AP-HP, Hôpital Saint-Louis, Paris, France
6 Centre hospitalier Dron, Tourcoing, France
7 Le 190, Centre de santé sexuelle, Paris, France
8 Centre hospitalier universitaire, Toulouse, France
9 Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Marseille, France
*Référents des Cire (Cellules d’intervention de Santé publique France en région): Alexis Armengaud, Bertrand Gagnière, NoëllieGay,
Anne Guinard, Guillaume Heuze, Christine Meffre, Bakhao N’Diaye, Nathalie Nicolay, Frédéric Pages, Laurence Pascal,
Marie-Eve Raguenaud, Lauriane Ramalli, Cyril Rousseau, Gérard Roy, Asma Saidouni-Oulebsir, Véronique Servas,
Guillaume Spaccaferri, Jeanine Stoll, Sabrina Tessier, Alexandra Thabuis, Jenifer Yai.
Soumis le 26.09.2016 // Date of submission: 09.26.2016
Résumé // Abstract
Introduction– Les infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes augmentent en France depuis la
n des années 1990. Cet article présente les tendances épidémiologiques récentes jusqu’en 2015, ainsi que
lescaractéristiques des patients diagnostiqués pour une IST.
thode– La surveillance des IST repose sur des réseaux volontaires de médecins et de biologistes. Le réseau
de surveillance des IST « sIST» recueille auprès des cliniciens des données démographiques, cliniques,
biologiques et comportementales pour les syphilis précoces et les gonococcies. Un réseau coordonné par le
Centre national de référence (CNR) des infections à Chlamydiae collecte le même type de données pour les
lymphogranulomatoses vénériennes (LGV) rectales et les infections rectales à Chlamydia non L.Les réseaux
de laboratoires «Renachla» et «Rénago» recueillent des données démographiques et biologiques pour les
chlamydioses et les gonococcies. Les tendances 2013-2015 sont décrites en considérant le nombre de cas
déclarés par les sites ayant participé de façon constante sur cette période.
Résultats– En 2015, le nombre de syphilis précoces, d’infections à gonocoque et de LGV a continué d’aug-
menter. Cette progression est particulièrement marquée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les
hommes (HSH). Une hausse du nombre de syphilis et de gonococcies est également observée chez les hétéro-
sexuels, malgré un nombre de cas relativement faible.
Conclusion– La syphilis précoce, l’infection à gonocoque et la LGV progressent en France, notamment chez
les HSH.Cette progression reète une augmentation des comportements sexuels à risque décrite par les études
comportementales menées dans cette population. Un dépistage précoce des patients et de leurs partenaires,
suivi d’un traitement rapide, est indispensable pour interrompre la transmission des IST, dans un contexte
deprévention du VIH qui s’est élargie à d’autres outils que le préservatif seul.
Background Bacterial sexually transmitted infections (STIs) increase and remain a public health concern in
France since their resurgence in the late 1990’s. This article presents recent epidemiological trends until 2015
and the characteristics of patients diagnosed with an STI.
Method Surveillance of STIs is based on a voluntary clinicians and biologists networks. The clinicians’ network
’RésIST’ collects demographic, clinical, biological and behavioural data for early syphilis and gonorrhea. The
LGV network coordinated by the National Reference Centre (NRC) for Chlamydiae collects the same type of data
for rectal lymphogranuloma venereum (LGV) and non-L chlamydial rectal infections.The laboratory networks
’RENACHLA’ and ’RENAGO’ collect demographic and biological data for chamydial infections and gonorrhea.
Trends between 2013and 2015are described by considering the number of cases reported by the regulary
participating sites over the study period.
Results – In 2015, the number of early syphilis, gonorrhea and LGV cases has been increasing. This trend
is dramatically sharp among men who have sex with men (MSM). Nevertheless, an increase of syphilis and
gonorrhea cases is also observed among heterosexual population, despite a smaller number of reported cases.
>
Ndeindo Ndeikoundam etcoll.
Santé publique France, Saint-Maurice, France
Journée mondiale du sida, 1er décembre2016 BEH 41-42 | 29novembre2016 | 739
Conclusions Early syphilis, gono rrhea and LGV are increas ing in France, in par ticular among MSM. This situation
reflects a rise in highly risky behaviors reported by several behavioral studies performed in this population. Early
screening of patients and their partners, followed by rapid treatment, is essential to interrupt STIs transmission
in a context of HIV prevention which has expanded beyond the exclusive use of thecondom.
Mots-clés: IST, Infection sexuellement transmissible, Chlamydiose, Syphilis, Gonococcie, Épidémiologie, HSH
// Keyword s: STI, Sexually transmitted infections, Chlamydia, Syphilis, Gonorrhea, Epidemiology, MSM
Introduction
Les infections sexuellement transmissibles (IST)
bactériennes progressent en France depuis la
recrudescence de la gonococcie en 1998, la résur-
gence de la syphilis en 2000 et l’émergence de la
lymphogranulomatose vénérienne (LGV) en 2003 1. En
raison de leur fréquence, de leur transmissibilité, de
leurs complications et de leur rôle dans la transmis-
sion du VIH, une surveillance épidémiologique des
IST a été mise en œuvre an de contribuer à l’orien-
tation et à l’évaluation des actions de prévention.
Lobjectif de cet article est de décrire les tendances
épidémiologiques jusqu’en 2015 et les caractéris-
tiques des patients diagnostiqués pour une IST.
Méthodes
La surveillance épidémiologique des IST bactériennes
biologiquement conrmées repose sur des réseaux
volontaires de surveillance (gure 1), depuis la suppres-
sion de la déclaration obligatoire en 2000 en raison d’une
exhaustivité et d’une représentativité insufsantes
1
.
Le réseau de cliniciens « RésIST », coordonné par
Santé publique France, contribue à la surveillance
des syphilis précoces (datant de moins d’un an et
correspondant aux stades primaire, secondaire ou
latente précoce) et des gonococcies. Le recueil de
données démographiques, cliniques, biologiques
et comportementales repose sur différents lieux de
diagnostic (Centres de dépistage anonyme et gratuit
(CDAG), Centres d’information, de dépistage et de
diagnostic des infections sexuellement transmissibles
(CIDDIST) (1), consultations hospitalières de derma-
tologie, de maladies infectieuses ou de médecine
interne, cabinets de médecine libérale…). Ceréseau
s’appuie sur l’expertise du Centre national de réfé-
rence (CNR) de la syphilis et du CNR desgonocoques.
Les LGV rectales (infections dues à une souche
particulièrement invasive de Chlamydia trachomatis,
de sérovar L) et les infections rectales à Chlamydia
non L sont surveillées via un réseau de laboratoires
coordonné par le CNR des infections à Chlamydia,
qui recueille des données biologiques et démo-
graphiques. Ces informations sont complétées
(1) Les CDAG et les CIDDIST ont fusionné au 1erjanvier2016 pour former
les CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic
des infections par le virus de l’immunodéficience humaine, les hépatites
virales et les infections sexuellement transmissibles).
Figure 1
Organisation de la surveillance des infections sexuellement transmissibles en France
RésIST
Réseau de cliniciens (122 sites)
LGV
Réseau de laboratoires (89 labos.)
+ cliniciens
Syphilis, gonococcie
CNR
Syphilis
CNR
Chlamydia
CNR
Gonocoque
Chlamydia
Santé publique France
Cire
Santé publique France
Saint-Maurice
Saisie
en ligne (SoLIST)
Gonocoque
Rénachla
Réseau de laboratoires (35 labos.)
Rénago
Réseau de laboratoires (111 labos.)
LGV
: lymphogranulomatose vénérienne.
Cire : Cellule d’intervention en région, Santé publique France ; CNR : Centre national de référence.
Informations sociodémographiques,
cliniques,
biologiques et comportementales Âge, sexe, informations biologiques
Âge, sexe, informations biologiques
et cliniques
Âge, sexe, informations biologiques
740 | 29novembre2016 | BEH 41-42 Journée mondiale du sida, 1er décembre2016
auprès des cliniciens prescripteurs par des données
cliniques et comportementales.
Enn, les réseaux de laboratoires « Renachla » et
«Rénago», coordonnés par Santé publique France,
dont les taux d’exhaustivité ont été estimés à 18%
et à 23% en 2012 2, concourent respectivement à
la surveillance des infections à Chlamydia et des
gonococcies, en transmettant des données démo-
graphiques et biologiques des cas diagnostiqués.
Le CNR des gonocoques joue un rôle majeur dans
la surveillance des résistances, en étant destinataire
des souches de gonocoques identiées par une
partie des laboratoires du réseau Rénago.
Les tendances récentes, sur la période 2013-2015,
sont décrites en considérant le nombre de cas
déclarés par les sites ayant participé durant les trois
dernières années, an de prendre en compte les uc-
tuations de participation.
Résultats
Infections àChlamydia
Entre 2013 et 2015, le nombre d’infections à Chlamydia
déclarées a augmenté de 10%. Cette augmentation
est plus importante chez les hommes (progression
de 19% versus 8% chez les femmes) (gure2) et plus
marquée dans les autres régions métropolitaines
(augmentation de 15%) comparativement à l’Île-de-
France, où le nombre de cas diagnostiqués a diminué
de 1,5% au cours de la même période. Parmi les cas
pour lesquels on dispose de l’information (36%), la
proportion de diagnostics chez des patients asymp-
tomatiques a diminué, passant de 58% en 2013
à46% en 2015 (et de 60% à 45% chez les femmes).
En 2015, la majorité des patients diagnostiqués pour
une infection à Chlamydia étaient des femmes (64%).
Les classes d’âge les plus concernées étaient les
15-24 ans chez les femmes (65%) et les 20-29 ans
chez les hommes (61%). La proportion de patients
asymptomatiques était d’environ 45%, mais variait
selon les lieux de consultation (de 22% en consul-
tation de gynécologie hospitalière à 74% en CDAG/
CIDDIST). Les principaux sites de prélèvement ayant
conduit au diagnostic sont urinaires (76%) pour les
hommes et cervico-vaginaux pour les femmes (82%).
Toutes ces proportions sont stables sur les trois
dernières années.
Lymphogranulomatoses vénériennes rectales
Le nombre de LGV rectales a augmenté de 47% et
celui des infections rectales à Chlamydia non L de
92% entre 2013 et 2015 (gure 3). L’épidémie touche
quasi-exclusivement des hommes ayant des rapports
sexuels avec des hommes (HSH), qui représentaient
98% des cas de LGV et d’infections rectales non L
en2015. Aucune femme n’a été déclarée pour une
LGV rectale et une quarantaine l’ont été pour une
infection rectale non L en 2015.
Les classes d’âge les plus touchées étaient les
30-49ans pour les cas de LGV (66%) et les 20-39ans
pour les infections rectales non L (71%).
Figure 2
Évolution du nombre d’infections uro-génitales à Chlamydia selon le sexe. Réseau Rénachla, France, 2000-2015
1 000
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Nombre de cas d'infections à Chlamydia
Femmes, tous laboratoires
Femmes, sites constants sur trois ans
Hommes, tous laboratoires
Hommes, sites constants sur trois ans
Journée mondiale du sida, 1er décembre2016 BEH 41-42 | 29novembre2016 | 741
Le niveau de co-infections par le VIH reste très élevé
depuis le début de la surveillance des LGV: 76%
des patients déclarés en 2015 étaient des séropo-
sitifs connus. Les co-infections VIH et infections
rectales non L étaient également très fréquentes,
malgré une forte diminution entre 2007 et 2015
(de70% à 30%).
Gonococcies
Entre 2013 et 2015, le nombre de gonococcies a
augmenté d’environ 100% chez les HSH, de 32%
chez les femmes hétérosexuelles etde8% chez les
hommes hétérosexuels (gure 4). Laugmentation
estobservée aussi bien en Île-de-France que dans
les autres régions métropolitaines.
Parmi les gonococcies rapportées en 2015, 68%
concernaient des HSH. Les classes d’âges les plus
touchées étaient les 20-29 ans chez les femmes(57%)
et les 20-39 chez les hommes (76%). Lâge médian au
diagnostic était de 29ans chez les HSH, de 25ans
chez les hommes hétérosexuels et de 21ans chez les
femmes hétérosexuelles.
La proportion de co-infections par le VIH, de l’ordre
de 11% en 2015, est restée stable et élevée depuis
plusieurs années. Elle était toutefois plus importante
chez les HSH (17%).
En 2015, le niveau de la résistance des souches à
la tétracycline (45%) ou à la ciprooxacine (40%) est
resté très élevé. La proportion de souches résistantes
au céxime a diminué entre 2013 (1,7%) et 2015
(0,3%). La concentration minimale inhibitrice (CMI)
moyenne de la ceftriaxone (traitement de référence),
stabilisée entre 2011 et 2014, a diminué en 2015.
Aucune souche résistante à cet antibiotique n’a été
isolée en France depuis 2011.
Syphilis précoces (de moins d’unan)
Le nombre de syphilis précoces a augmenté de
56% chez les HSH entre 2013 et 2015 (gure 5).
Chez les hétérosexuels, malgré des effectifs rela-
tivement faibles, une augmentation du nombre
de cas est aussi observée au cours de la même
période (+85% chez les femmes et +75% chez les
hommes). Laugmentation du nombre de cas est
très marquée dans les régions métropolitaines hors
Île-de-France, quelle que soit l’orientation sexuelle
des patients.
La répartition des stades de la syphilis (25%
de syphilis primaires, 37% de secondaires et
38% de latentes précoces) est stable depuis le
début de la surveillance. Parmi les patients déclarés
pour une syphilis précoce en 2015, 84% étaient des
HSH, les femmes ne représentant que 5% des cas
rapportés. Les hommes de 20-49 ans étaient les
plus concernés (78%), quelle que soit l’orientation
sexuelle, tandis que la majorité des femmes avaient
moins de 29ans (53%).
Le niveau de co-infections par le VIH reste très élevé
malgré une diminution observée en 2015, la part de
Figure 3
Évolution du nombre de lymphogranulomatoses vénériennes (LGV) rectales et de rectites à souche non L. CNR Chlamydiae,
France, 2004-2015
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Nombre de cas de rectite
Rectite à souche non L
Rectite non L - Sites constants
LGV
LGV - Sites constants
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Figure 4
Évolution du nombre de gonococcies selon l’orientation sexuelle. Réseau RésIST, France, 2004-2015
0
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Nombre de cas de gonococcie
Hommes homo-bisexuels Hommes hétérosexuels
Femmes hétérosexuelle
sS
ites constants sur trois ans
Figure 5
Évolution du nombre de cas de syphilis récente selon l’orientation sexuelle. Réseau RésIST, France, 2000-2015
0
Hommes homo-bisexuels Hommes hétérosexuels
Femmes hétérosexuelles Sites constants sur trois ans
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Nombre de cas de syphilis
Journée mondiale du sida, 1er décembre2016 BEH 41-42 | 29novembre2016 | 743
patients co-infectés par une syphilis et le VIH étant
d’environ un quart en 2015contre un tiers en 2014.
La majorité des patients co-infectés par le VIH était
déjà informée de leur séropositivité, 2% seulement
l’ayant découverte lors du diagnostic de la syphilis.
Ces co-infections étaient plus fréquentes chez les
HSH (25% versus respectivement 12% et 2% chez
les hommes et femmes hétérosexuels en 2015).
Discussion
La surveillance des IST bactériennes est basée sur
des réseaux sentinelles volontaires et ne permet pas
de connaitre le nombre total de cas diagnostiqués en
France. Néanmoins, des données d’incidence ont pu
être estimées en 2012grâce à une enquête spécique
réalisée auprès de l’ensemble des laboratoires d’ana-
lyses médicales
2. Lincidence annuelle de l’infection
à Chlamydia trachomatis a été estimée à environ
77000cas, soit un taux de 257/100000personnes
de 15 à 49ans, et celle des gonococcies à environ
15000 cas en France, soit un taux d’incidence de
39/100000personnes de 15 à 59ans
2.
Malgré une surveillance non exhaustive, les données
disponibles permettent de suivre les tendances
épidémio logiques au niveau national de manière able.
Les données montrent que les IST continuent d’aug-
menter, particulièrement chez les HSH. Une hausse
dunombre de cas est également constatée chez les
hétérosexuels depuis 2012, quel que soit leur sexe,
même si le nombre de cas reste relativement faible.
Chez les HSH, l’augmentation observée entre2013 et
2015concerne non seulement les infections àgono-
coques et les infections rectales à Chlamydia nonL
(doublement du nombre de cas), mais également
la syphilis et les LGV. Malgré l’hétérogénéité des
dispositifs de surveillance, les données de surveil-
lance européennes aboutissent aux mêmes constats 3.
AuRoyaume-Uni par exemple, la diffusion des IST est
très importante chez les HSH, avec une augmentation
de 95% des cas de syphilis et de 105% des gono-
coccies entre 2012 et 2015, et une augmentation de
81% du nombre de LGV entre 2012 et 2014 4,5.
Le niveau élevé de co-infections par le VIH chez les
HSH présentant une infection rectale à Chlamydia,
une syphilis ou une gonococcie reète une utilisation
insufsante du préservatif chez les HSH séroposi-
tifs, observée dans les études comportementales
depuis plusieurs années
6. Lexistence de chaines de
transmission rapide d’IST, via des réseaux sexuels
comportant des HSH séropositifs, pourrait contribuer
à la situation singulière observée dans cette popula-
tion 4. Cela souligne l’importance du dépistage des
partenaires et la nécessité d’investiguer les agrégats
spatio-temporels pour interrompre la transmission
des IST.
Chez les femmes et hommes hétérosexuels, une
augmentation du nombre de syphilis et de gono-
coccies est également observée respectivement
depuis 2013 et 2008, malgré un nombre de cas
encore faible. Les cas de gonococcie concernent
particulièrement les jeunes, d’où l’importance d’un
dépistage dans cette population, compte tenu notam-
ment des conséquences potentielles en termes de
fertilité. Concernant les infections à Chlamydia, les
laboratoires ne recueillant pas les données comporte-
mentales des patients, il n’est pas possible de décrire
la distribution des cas selon l’orientation sexuelle.
Néanmoins, la forte représentation des femmes
parmi les cas déclarés laisse supposer que l’infec-
tion se transmettrait davantage dans le cadre de
rapports hétérosexuels, ce qui correspondrait à la
situation européenne où 88% des cas déclarés sont
des hétérosexuels 3.
L’infection à Chlamydia est la seule IST où la part
des femmes prédomine parmi les cas diagnostiqués.
Le nombre d’infections à Chlamydia augmente chez
l’homme, comme chez la femme, depuis 2006. Les
femmes diagnostiquées sont majoritairement âgées
de 15 à 24ans, ce qui reète en partie l’application
des recommandations du dépistage systématique
des jeunes femmes dans les centres dédiés 7. Ce
dépistage opportuniste des jeunes femmes est
moins systématique en médecine libérale, ce qui
explique une proportion de portages asymptoma-
tiques moins importante que celle observée dans les
centres de dépistage où la gratuité est appliquée.
Par ailleurs, la proportion d’infections asympto-
matiques chez les femmes tend à diminuer sur les
trois dernières années, ce qui pourrait reéter une
diminution du nombre de dépistages. Le dépistage
opportuniste ne ciblant pas les HSH et le nombre
de sites anatomiques prélevés étant contraint par
le remboursement des actes biologiques, une
sous- représentation de cette population, et notam-
ment des localisations extra- génitales, ne peut être
écartée. Une approche globale du dépistage des
IST en cas de comportements sexuels à risque, une
facilitation des prélèvements anatomiques multi-
sites et une promotion des initiatives en faveur de
l’auto- prélèvement et du dépistage communautaire
pourraient contribuer à la lutte contre les IST 4. Le
suivi régulier mis en place dans le cadre de la pres-
cription d’une prophylaxie pré-exposition au VIH
(PrEP) permettra un dépistage plus fréquent des IST
pour les HSH ayant recours à cette nouvelle offre
de prévention, ce qui pourrait éventuellement induire
une augmentation du nombre de cas diagnostiqués.
Au niveau européen, le nombre de cas incidents de
chlamydiose est stable depuis 2009 3. Les caracté-
ristiques des patients (prédominance des femmes
et des 15-24 ans) reètent les recommandations
en vigueur, notamment celles des pays déclarant
un grand nombre de cas 3,4,8. Au Royaume-Uni, une
diminution du nombre de cas, en lien avec une réduc-
tion du nombre de dépistages communautaires, est
observée depuis 2014 3,4. Néanmoins, une augmen-
tation de 52% des cas d’infections à Chlamydia est
notée chez les HSH entre 2012 et 2015 4.
Concernant le gonocoque, la diminution de la
sensibilité aux céphalosporines de troisième
génération (C3G, céxime ou ceftriaxone) reste
modérée en France. La CMI moyenne des C3G
744 | 29novembre2016 | BEH 41-42 Journée mondiale du sida, 1er décembre2016
continue de diminuer et aucune souche résistante
à la ceftriaxone n’a été isolée depuis 2011. Bien que
ces constats conrment une tendance favorable
observée depuis plusieurs années, la surveillance
de la sensibilité du gonocoque, associée à l’appli-
cation de la recommandation du traitement par la
ceftriaxone en première intention, reste indispen-
sable pour prévenir la diffusion de souches multi-ré-
sistantes dans un contexte de transmission de plus
en plus fréquente des gonococcies, notamment
chez les HSH 2,4,6,9-11. Ainsi, une vigilance particulière
doit être accordée à la poursuite de la prescription
de cultures et d’antibiogrammes, dans un contexte
de montée en charge de la PCR.
Conclusion
Les IST continuent d’augmenter en France d’une
manière particulièrement importante chez les HSH,
en lien avec une augmentation des comportements
sexuels à risque dans cette population 3.
Face à ces constats et dans un contexte de préven-
tion différenciée vis-à-vis du VIH, où le préservatif
n’est plus le seul outil de prévention, un dépistage
précoce des patients et de leurs partenaires suivi
d’un traitement rapide est indispensable pour inter-
rompre la transmission des IST.
Par ailleurs, la diversication de la prévention contre
le VIH nécessite d’adapter les modalités de la
surveillance épidémiologique an d’en mesurer les
effets sur la dynamique des IST. Un renforcement de
la surveillance épidémiologique et de l’investigation
des agrégats spatio-temporels au niveau régional
pourrait également contribuer à mieux évaluer
les besoins en matière de lutte contre les IST.
Une systématisation du recueil des données des
CeGIDD (Centre gratuit d’information, de dépistage
et de diagnostic), associée au maintien des réseaux
volontaires, à l’exploitation des bases de données
médico-administratives et à la conduite d’enquêtes
spéciques, pourrait ainsi concourir à la production
d’indicateurs régionaux robustes. Une informati-
sation de tous les CeGIDD est cependant l’un des
leviers nécessaires à cette évolution du dispositif de
surveillance des IST.
Références
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31 décembre 2014. [Internet]. Saint-Maurice: Santé publique
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correlates of culture-positive infection with Neisseria gonor-
rhoeae in England: a review of sentinel surveillance data. Sex
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[11] UnemoM, Shafer WM.Antimicrobial resistance in Neisseria
gonorrhoeae in the 21st century: past, evolution, and future.
Clin Microbiol Rev. 2014;27(3):587-613.
Remerciements
Nous remercions vivement pour leur contribution à la surveil-
lance des I ST les participa nts aux réseaux volont aires (Rénago,
Rénachla, RésIST, Lymphogranulomatoses vénériennes),
notamment les médecins, les biologistes, quel que soit leur
lieu d’exercice (en CeGIDD, en consultations hospitalières, en
cabinet libéral, en laboratoires) et les CNR du gonocoque, des
Chlamydiae et de la syphilis.
Citer cet article
Ndeikoundam N, Viriot D, Fournet N, De Barbeyrac B,
GoubardA, Dupin N, eta l. Les infections sexuell ement transmis-
sibles bactériennes. en France: situation en 2015 et évolutions
récentes. Bull Epidémiol Hebd. 2016;(41-42):738-44. http://
invs.santepubliquefrance.fr/beh/2016/41-42/2016_41-42_1.html
... Entre 2013 et 2018, une baisse significative du nombre de découvertes de séropositivité chez les HSH nés en France est observée ; alors que chez les HSH nés à l'étranger la tendance est à la hausse (4). Par ailleurs, depuis la fin des années 1990, une augmentation des autres infections sexuellement transmissibles (IST) est observée chez les HSH (gonococcie, syphilis, lymphogranulomatose vénérienne) (5,6). (6). ...
Technical Report
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L'enquête European MSM Internet Survey 2017 (EMIS-2017) sur les comportements des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes avait pour objectif de collecter des données en vue de guider la planification des programmes de prévention et de traitement du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST). L'enquête EMIS-2017 a été coordonnée par le groupe de recherche SIGMA Research de la London School of Hygiene and Tropical Medicine. L'enquête EMIS-2017 a été réalisée dans 50 pays. L'édition française d'EMIS-2017 est le fruit d'un partenariat entre les associations AIDES, Coalition PLUS et de Santé publique France. EMIS-2017 est une enquête transversale dont les données ont été collectées au moyen d'un questionnaire en ligne, auto-administré et anonyme. L'enquête s'est déroulée du 19 décembre 2017 au 30 janvier 2018. Le questionnaire abordait principalement, les comportements sexuels et préventifs vis-à-vis du VIH et des autres IST, les consommations de drogues, la santé physique et mentale. Le recrutement des répondants a été réalisé via les plateformes et applications de rencontre gays, les sites d'associations LGBT+ et les réseaux sociaux. En France, 10 996 HSH ont participé à l'enquête et 9 782 ont été retenus pour les analyses. L'échantillon des répondants de l'enquête EMIS-2017 est composé quasi exclusivement d'hommes cis genres, majoritairement nés en France, d'un âge médian de 38 ans en médiane, urbains, éduqués, en emploi et ne rencontrant pas de difficultés financières aiguës. Ils se déclaraient majoritairement homosexuels et leur entourage connaissait leur orientation sexuelle. Plus d'un tiers des répondants indiquait avoir une relation stable, dont la majorité avec un homme. Concernant la connaissance du statut VIH des répondants et de leur recours au dépistage, 12% rapportaient être séropositifs, les 3/4 avaient fait au moins un test VIH au cours de leur vie et déclaraient être séronégatifs alors que 12% n'avaient jamais reçu les résultats d'un dépistage. La majorité des répondants vivant avec le VIH (94%) déclarait avoir une charge virale indétectable. Parmi les répondants ayant déclaré ne pas avoir reçu de diagnostic de VIH au moment de l'enquête, 9% avaient indiqué avoir déjà eu recours à la PrEP. En termes de sexualité, les répondants étaient majoritairement sexuellement actifs. Dans les 12 derniers mois, prêt de la moitié (48 %) rapportait avoir eu des relations sexuelles avec un ou plusieurs partenaires masculins stables et une large majorité (84%) avec un ou plusieurs partenaires masculins occasionnels. Parmi ces derniers, 52% avaient eu 10 partenaires et plus sur la période. Seuls 9% des répondants déclaraient avoir eu dans l'année des relations sexuelles avec une ou plusieurs femmes. Les comportements préventifs, variaient selon le type de partenaire et le statut VIH déclaré. Si 3/4 des répondants déclaraient ne pas avoir utilisé de préservatif lors de leurs rapports sexuels avec leur partenaire stable, la moitié des répondants ayant des rapports sexuels avec des partenaires occasionnels étaient dans ce cas. Les répondants séropositifs pour le VIH et ceux dont le dernier test était négatif sous PrEP indiquaient majoritairement ne pas utiliser de préservatif lors de leurs rapports sexuels que ce soit avec leur partenaire stable (respectivement 81 % et 86 %), ou partenaires occasionnels (respectivement 82% et 87%) ; le préservatif laissant la place à la prévention biomédicale (Tasp pour Traitement comme prévention et PrEP). Pour les répondants non-usagers de PrEP dont le dernier test était négatif et ceux n'ayant jamais fait de test, le non-usage du préservatif avec des partenaires stables étaient respectivement de 74% et 63% et avec les partenaires occasionnels il s'élevait à 47% pour les deux groupes. Les consommations de produits psychoactifs étaient importantes. Pour ce qui concerne le tabac, près de la moitié des répondants indiquaient avoir fumé dans l'année. L'alcool était le produit le plus expérimenté, le plus souvent consommé dans l'année et dans les quatre dernières semaines. À l'échelle du CAGE-4, près de 17% des répondants obtenaient des scores qui les plaçaient dans la catégorie des personnes à risque de dépendance à l'alcool. Par ailleurs, près d'un tiers des répondants rapportait avoir consommé du cannabis et presque 10% de l'ecstasy ou du GHB dans les 12 derniers mois. Quant à la pratique du Chemsex dans les 12 derniers mois, elle avait été rapportée par 14% des répondants. Les indicateurs concernant la santé mentale décrivent des situations problématiques. Si une faible proportion des répondants présentait des " signes forts" d'anxiété (6%), près d'un quart déclaraient avoir eu des idées suicidaires dans les quinze derniers jours. Le niveau d'homophobie intériorisée était faible. En revanche, 68% des répondants déclaraient avoir été victimes d'actes homophobes au cours de leur vie et près d'un tiers au cours des 12 derniers mois. Bien que des limites méthodologiques inhérentes à ce type d'enquêtes basées sur le volontariat, ne permettent pas de généraliser les résultats à l'ensemble de la population des HSH, les données recueillies par EMIS-2017 sont précieuses pour l'élaboration d'actions et campagnes de prévention et promotion de la santé sexuelle des HSH : de nombreux défis restent à relever.
... The prevalence of sexually transmitted infections (STIs) has been on the rise in France in the last decades [1]. In particular, Mycoplasma genitalium (MG) is now recognised as an emerging STI responsible for nongonococcal urethritis in men and for vaginitis, cervicitis and pelvic inflammatory disease in women [2]. ...
Article
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Background Mycoplasma genitalium (MG) is an emerging sexually transmitted infection (STI) for whose management remains controversial. We aimed to assess the prevalence and risk factors of MG infection in patients attending an STI clinic in Reunion Island. Methods Between January 2017 and December 2018, all patients attending the Saint-Pierre STI clinic in Reunion Island were screened for MG, Chlamydia trachomatis (CT) and Neisseria gonorrhoeae (NG). Urogenital, pharyngeal and/or anal samples were collected based on sexual behaviour and analysed by triplex PCR. Risk factors were identified using a Poisson regression for binary outcome. Results Among 2069 screened subjects, the overall prevalence of MG was 4.88% [95% Confidence Interval (CI) 3.98–5.93]. The prevalence of urogenital MG was 4.38%, with women being more affected than men (5.33% vs 3.22%, prevalence ratio (PR) 1.66, p = 0.02 ). The prevalence of anal MG was 3.06% and that of pharyngeal MG was 0.61%, with men being more affected in both cases. Infection with MG was independently associated with multiple partners (6–10 partners: adjusted prevalence ratio-aPR 2.55, p < 0.048 ; > 10 partners: aPR 4.33, p < 0.004 ), previous history of STI (aPR 1.89, p = 0.026 ), non-use of condoms (aPR 2.56, p < 0.003 ) and co-infection with CT (aPR 2.56, p < 0.017 ). Conclusion Compared to other countries, the prevalence of MG is high in Reunion Island, especially in women aged under 25 years, and co-infection with CT is common. Routine MG screening and treatment should be performed in at-risk women and co-infection with MG should be considered when deciding on treatment for CT, particularly in regions where azithromycin is still in use.
... La incidencia de gonococias en 2012, subestimada porque se basa únicamente en los casos confirmados biológicamente, era de 39 por 100.000 personas de 15-59 años (intervalo de confianza [IC] del 95%: 36,5-41,5). Más recientemente, de 2013 a 2015, las infecciones por gonococo han continuado avanzando, sobre todo en los varones que tienen relaciones con varones (VSV), debido a un aumento de los comportamientos sexuales de riesgo: incremento del número de gonococias del 100% en los VSV, del 32% en las mujeres heterosexuales y del 8% en los varones heterosexuales [6] . El 68% de las gonococias registradas en 2015 afectaban a los VSV. ...
Article
Resumen Las uretritis son infecciones de transmisión sexual cuyo tratamiento debe ser rápido, idealmente de urgencia, para romper la cadena de contaminación e impedir las complicaciones, en especial la epididimitis e incluso la orquiepididimitis aguda. Los microorganismos responsables suelen ser Neisseria gonorrhoeae y Chlamydia trachomatis. El diagnóstico biológico se ha simplificado considerablemente con la aplicación de las técnicas de amplificación genómica para la búsqueda de C. trachomatis y Mycoplasma genitalium. Sin embargo, el cultivo de N. gonorrhoeae es necesario para la búsqueda de resistencias a los antibióticos. Los tratamientos antibióticos de las uretritis están bien codificados, pero evolucionan a medida que lo hacen las resistencias a los antibióticos, en particular del gonococo.
... Our findings also build upon studies showing the positive association between MSM-TS and STI diagnosis, fitting with the trend of a higher STI burden among MSM in France. 3,14 In our study, Chlamydia and HSV were specifically associated with transactional sex: prevalence was 9.48 and 4.31%, respectively. To put the Chlamydia prevalence in context, the landmark IPERGAY trial reported an overall Chlamydia prevalence over 20%. ...
Article
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To understand the HIV epidemic among men who have sex with men who engage in transactional sex (MSM-TS) in Paris, France, we sought to examine the association between engagement in transactional sex and HIV risk behaviors among MSM in Paris, France. Users of a geosocial-networking application in Paris were provided an anonymous web-based survey (N = 580), which included questions about transactional sex and behavioral risk factors for HIV along with sexually transmitted infection (STI)/HIV status. Multivariate analyses showed that engagement in transactional sex was associated with condomless receptive and insertive anal intercourse (adjusted relative risk [aRR] = 1.34, 95% confidence interval [CI] = 1.04–1.72 and aRR = 1.41, 95% CI = 1.04–1.91, respectively). MSM-TS were more likely to have engaged in substance use before or during sex (aRR = 1.35, 95% CI = 1.13–1.62), to have participated in group sex (aRR = 1.37, CI = 1.13–1.62), and to have had an STI during the last year (aRR = 1.68, 95% CI = 1.16–2.45). Transactional sex was not associated with HIV status. MSM-TS in Paris engaged in higher HIV risk behaviors, however, did not have higher rates of HIV infection. Sexual health interventions should continue to target MSM-TS; however, future studies should characterize the social, cultural, and structural factors that interact with individual behaviors to elevate HIV risk for MSM-TS.
... Dans un contexte épidémiologique de forte recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST), une difficulté supplémentaire dans la prise en charge des IUM est son intrication avec les atteintes génitales des IST pour lesquelles les stratégies diagnostiques et thérapeutiques sont différentes 25 . ...
Article
Urinary tract infections (UTIs) in males range from paucisymptomatic cystitis-like clinical forms to prostatitis and severe urosepsis. A urine dipstick positive for leukocytes and/or nitrates can confirm the clinical suspicion but does not obviate the need for a urine cytology test. In the presence of fever, poor tolerance, or acute urinary retention, treatment should be introduced without delay. Paucisymptomatic UTIs in males should be documented and the patients should be reevaluated; the introduction of antibiotics should be shifted. A 14-day course of Ciprofloxacin or Levofloxacin is the standard treatment irrespective of the acuteness of the UTI. Ofloxacin should not be prescribed first due to an increase in resistance in primary care.
Article
Riassunto La perdita uretrale è un motivo di consultazione che può essere preso in gestione dal medico di famiglia, a condizione che la prescrizione degli esami complementari sia precisa e dettagliata, specificando i microrganismi da ricercare e le tecniche da utilizzare. È inoltre fondamentale trattare in maniera presuntiva prima dei risultati degli esami complementari. La chiave di volta di questa cura è, oltre alla competenza del medico prescrittore, la qualità del laboratorio prescelto. I centri gratuiti di informazione, di screening e di diagnosi delle infezioni sessualmente trasmissibili (in francese CeGIDD) hanno il vantaggio di coniugare la qualità della piattaforma tecnica, la gratuità e l’anonimato.
Article
Resumen La secreción uretral es un motivo de consulta que es posible atender de forma ambulatoria, siempre que la prescripción de las pruebas complementarias sea precisa y detallada, especificando los microorganismos que deben buscarse y las técnicas que hay que utilizar. Es además indispensable instaurar un tratamiento empírico antes de disponer de los resultados de las pruebas complementarias. La piedra angular del tratamiento es, además de la competencia del prescriptor, la calidad del laboratorio elegido. En Francia, los centros gratuitos de información, detección precoz y diagnóstico de las infecciones de transmisión sexual (CeGIDD) tienen la ventaja de combinar la calidad de los medios técnicos, la gratuidad y el anonimato.
Article
The objective of this study was to describe stakeholders’ perspectives on the acceptability of WeFLASH© (AADISS, Paris, France), a digital smartphone sexually transmitted infection (STI) patient notification (PN) tool to be launched among French HIV pre-exposure prophylaxis users (PrEPers). In Paris, Lyon, and Nice, we conducted 2-hour focus group discussions with PrEPers (n = 21) and community mediators (n = 10), and one-on-one interviews with PrEP-prescribing physicians (n = 5) and HIV/STI management decision-makers (n = 4). Recordings were transcribed. The analysis focused on perceived benefits and risks. Concerning benefits, participants mentioned that WeFLASH© could provide: improved PN and STI screening, by refining the notification of anonymous partners; customized linkage-to-care, by providing users with tailored information on care; and transferable epidemiological data, by filling a need for real-time data. Participants anticipated risks for: privacy and confidentiality and suggested specific security settings to protect users’ identity; sexual behavior and suggested game-like functions to improve the integration of the tool in sexual contexts; and fairness and emphasized the importance of making WeFLASH© accessible to all men who have sex with men. WeFLASH© could facilitate PN for an increasing proportion of anonymous partners met online, and empower users, including notified partners, on questions of confidentiality and consent, access to STI prevention and screening services, and access to data.
Article
Las infecciones de transmisión sexual (ITS) han ido en aumento desde principios de la década de 2000 debido a la relajación de la prevención contra el virus de la inmunodeficiencia humana (VIH). Los tratamientos antivirales eficaces han transformado el pronóstico de la infección por VIH en una enfermedad crónica y no mortal. Con la reciente disponibilidad de un tratamiento profiláctico previo a la exposición para el VIH, se puede esperar un nuevo aumento de las ITS como un efecto inesperado. Además, se subestima en gran medida el riesgo de contaminación por las relaciones orogenitales. En la práctica, la conducta práctica cuando se trata de una ITS depende de la presentación clínica: uretritis con o sin secreción, ulceración genital, balanitis, lesión sugestiva de verruga genital, prurito genital. Cualquier uretritis debe recibir un tratamiento activo contra Chlamydia trachomatis, sea cual sea el resultado del examen directo. Un antibiograma es indispensable frente a cualquier uretritis por Neisseria gonorrhoeae para adaptar el tratamiento a las resistencias del gonococo a muchos antibióticos. Mycoplasma genitalium es una causa emergente de uretritis que debe ser investigada y tratada si es necesario. En presencia de cualquier ulceración genital aguda, que es a priori sexualmente transmisible, se debe administrar un tratamiento presuntivo de la sífilis con bencilpenicilina benzatina intramuscular. La linfogranulomatosis venérea aguda debe buscarse de forma sistemática en presencia de úlceras genitales en un varón que tiene relaciones sexuales con varones. Los papilomavirus causan lesiones benignas, a menudo molestas, como los condilomas, pero también lesiones displásicas que pueden transformarse en carcinoma de pene. Por lo tanto, cualquier lesión sospechosa debe biopsiarse.
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United Kingdom (UK) national data show a sharp increase in diagnoses of lymphogranuloma venereum (LGV) since 2012. Most cases are in men who have sex with men (MSM) living in London, with high rates of co-infection with HIV and other sexually transmitted infections. In light of these data, and the recent finding that one quarter of LGV infections may be asymptomatic, clinicians should be vigilant in testing for LGV, including in asymptomatic HIV-positive MSM. © 2015, European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). All rights reserved.
Article
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To better understand the diversity of practices and behaviours to prevent HIV with casual partners, data from a large convenience sample of men who have sex with men (MSM) in France were categorised into different prevention profiles: no anal intercourse, consistent condom use during anal intercourse, risk-reduction practices (serosorting, seropositioning) and no discernible prevention practice (NDPP). Categories were applied to HIV-positive respondents with controlled (CI; n=672) and uncontrolled infection (UI; n=596), HIV-negative (n=4,734) and untested respondents (n=663). Consistent condom use was reported by 22% (n=148) of HIV-positive-CI respondents, 13% (n=79) of HIV-positives UI, 55% (2,603) of HIV-negatives, and 50% (n=329) of untested (p<0.001). Corresponding figures for NDPP were 45% (n=304), 55% (n=327), 21% (n=984) and 34% (n=227) (p<0.001). Logistic regressions showed that, regardless of respondents' serostatus, NDPP was associated with regularly frequenting dating websites, drug use, exposure to sperm during oral sex, and with HIV diagnosis after 2000 for HIV-positive respondents (CI and UI), with age <30 years for HIV-positive-CI, and with low education for HIV-negatives. Risk-taking remains high, despite implementation of risk-reduction practices. A global health approach should be central to prevention programmes for MSM, to include target behavioural intervention, promotion of condom use, and encouragement of regular HIV testing and early initiation of ART.
Article
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Surveillance of sexually transmitted diseases in France is based on voluntary networks of laboratories and clinicians. Despite the importance of incidence data in improving knowledge about the national context and in international comparisons, such data were not previously available. During nationwide quality control of laboratories, mandatory for all laboratories, we conducted a survey in June 2013 to estimate the incidence rates of gonococcal and chlamydial infections for 2012 and to estimate the proportion of diagnoses performed (coverage) by the country’s two laboratory-based sentinel networks for these diseases. Estimated incidence rates for 2012 were 39 per 100,000 persons aged 15to 59 years for gonorrhoea and 257 per 100,000 persons aged 15 to 49 years for chlamydia. These rates were consistent with the average levels for a group of other Western countries. However, different estimates between countries may reflect disparate sources of surveillance data and diverse screening strategies. Better comparability between countries requires harmonising data sources and the presentation of results. Estimated coverage rates of the gonococcal and chlamydial infection surveillance networks in France in 2012 were 23% and 18%, respectively, with substantial regional variations. These variations justify improving the representativeness of these networks by adding laboratories in insufficiently covered areas. © 2015 European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). All rights reserved.
Article
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Resistance to cephalosporins may lead to untreatable gonococcal infections. We describe the results of the sentinel surveillance of gonococcal infections and the evolution of the resistance of Neisseria gonorrhoeae to antibiotics in France from 2001 to 2012. We also analyse the factors associated with decreased susceptibility to third generation cephalosporins. In France, surveillance of gonococcal infections is conducted through a network of voluntarily participating laboratories. Strains are sent to the national reference laboratory to determine the minimum inhibitory concentration (MIC) for six antibiotics. During the study period, the number of gonococcal infections increased steadily. The susceptibility of 8,649 strains was studied for this period. The proportion of strains with decreased susceptibility to cefixime (MIC>0.125 mg/L) quadrupled between 2011 (0.7%:10/1,521) and 2012 (3.0%: 33/1,093; p<0.001). Between 2001 and 2012, only two of the 8,649 strains, both collected in 2010, had a MIC>0.125 mg/L for ceftriaxone. Decreased susceptibility to cephalosporins increased with older age and was more common in pharyngeal strains. Decreased susceptibility to cefixime may indicate that the national recommendation to use ceftriaxone as a first line treatment for cases of urethritis and cervicitis has not been fully implemented. Enhanced surveillance of pharyngeal strains is strongly suggested.
Article
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Neisseria gonorrhoeae is evolving into a superbug with resistance to previously and currently recommended antimicrobials for treatment of gonorrhea, which is a major public health concern globally. Given the global nature of gonorrhea, the high rate of usage of antimicrobials, suboptimal control and monitoring of antimicrobial resistance (AMR) and treatment failures, slow update of treatment guidelines in most geographical settings, and the extraordinary capacity of the gonococci to develop and retain AMR, it is likely that the global problem of gonococcal AMR will worsen in the foreseeable future and that the severe complications of gonorrhea will emerge as a silent epidemic. By understanding the evolution, emergence, and spread of AMR in N. gonorrhoeae, including its molecular and phenotypic mechanisms, resistance to antimicrobials used clinically can be anticipated, future methods for genetic testing for AMR might permit region-specific and tailor-made antimicrobial therapy, and the design of novel antimicrobials to circumvent the resistance problems can be undertaken more rationally. This review focuses on the history and evolution of gonorrhea treatment regimens and emerging resistance to them, on genetic and phenotypic determinants of gonococcal resistance to previously and currently recommended antimicrobials, including biological costs or benefits; and on crucial actions and future advances necessary to detect and treat resistant gonococcal strains and, ultimately, retain gonorrhea as a treatable infection.
Article
Objectives Reference laboratories are increasingly using more sensitive rapid molecular techniques, such as nucleic acid amplification tests (NAATs), to diagnose infections with Neisseria gonorrhoeae. We determined the proportion of patients at sentinel genitourinary medicine clinics in England whose NAAT-positive diagnoses were also culture-positive for N. gonorrhoeae, and investigated whether they differed from those that were not. Methods Behavioural and clinical data from all NAAT-positive patients reported from 23 clinics included in the Gonoccocal Resistance to Antimicrobials Surveillance Programme from July to September 2012 were included in this analysis. Unadjusted and adjusted associations between patient characteristics and culture-positive infection with N. gonorrhoeae were determined. Results Of 3076 NAAT-positive patients, 46.4% had culture-positive infections. Most NAAT-positive patients were <35 years old (73.0%), white (67.9%), and men who had sex with men (60.1%). Women and men who had sex with men were less likely than heterosexual men to have culture-positive infections (adjusted OR (95% CI) 0.53 (0.41 to 0.68), p<0.001; and 0.74 (0.59 to 0.93), p=0.010, respectively), while those who were symptomatic (4.61 (3.92 to 5.42), p<0.001), and those presenting with infection at multiple sites (2.15 (1.76 to 2.62), p<0.001) were more likely to have culture-positive infections. Conclusions Although gonococcal isolates were available from almost half of the NAAT-positive patients, culture was not attempted or may have failed in the remainder. Patients with culture-positive isolates were not representative of all NAAT-positive patients. Routine culture is necessary for monitoring emerging antimicrobial resistance and to inform gonorrhoea treatment guidelines.
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Sexually transmitted infections and chlamydia screening in England
  • Public Health England
Public Health England. Sexually transmitted infections and chlamydia screening in England, 2015. Health Protection Report. 2016;10(22):1-27. https://www.gov.uk/government/ uploads/system/uploads/attachment_data /file/534601/ hpr2216_stis.pdf