ArticlePDF Available

Une expérience d'implantation des sites des soins communautaires en République Démocratique du Congo [ Integrated community case management: An experience from the Democratic Republic of Congo ]

Authors:

Abstract and Figures

Background: Mortality under 5 in sub-Saharan Africa remains very high. Interventions implemented including community support through the establishment of community care sites aim to improve access to care. The study evaluates the implementation of community care management in the Kabare health zone that be fully supported by International Rescue Committee. Methodology: The study followed a framework based on standards of the DR Congo Health Ministry about the functioning of community care sites. It has used review literature, data analysis from the health information system and mothers interviews. Results: Community care management through care sites improves access to health care. Strict compliance with the Ministry of Health guidance during the implementation of the community care sites is observed. Two constraints facing these directions are identified: the abandonment of some health community workers with closure of their sites as a consequence and the limited funding of the sites; the process didn't meet all the input requirements. Conclusion: The study identifies the health community worker as a key player in the implementation of community care and advocates strengthening the mechanism of his recruitment, his formation, his supervision, his estate and the maintenance of motivation. The study proposes actions to improve the operation and sustainability of community care sites.
Content may be subject to copyright.
International Journal of Innovation and Applied Studies
ISSN 2028-9324 Vol. 20 No. 1 Apr. 2017, pp. 42-51
© 2017 Innovative Space of Scientific Research Journals
http://www.ijias.issr-journals.org/
Corresponding Author: Hermès Karemere 42
Une expérience d’implantation des sites des soins communautaires en République
Démocratique du Congo
[ Integrated community case management: An experience from the Democratic
Republic of Congo ]
Hermès Karemere
1
, Félicien Malyra
2
, Liévin Bangali
2
, Pascal Ngoy
2
, and Lara Ho
2
1
Ecole régionale de Santé Publique,
Université catholique de Bukavu,
Bukavu, Sud-Kivu, RD Congo
2
Département de la santé,
International Rescue Committee,
RD Congo
Copyright © 2017 ISSR Journals. This is an open access article distributed under the Creative Commons Attribution License,
which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited.
A
BSTRACT
:
Background: Mortality under 5 in sub-Saharan Africa remains very high. Interventions implemented including
community support through the establishment of community care sites aim to improve access to care. The study evaluates
the implementation of community care management in the Kabare health zone that be fully supported by International
Rescue Committee. Methodology: The study followed a framework based on standards of the DR Congo Health Ministry
about the functioning of community care sites. It has used review literature, data analysis from the health information
system and mothers interviews. Results: Community care management through care sites improves access to health care.
Strict compliance with the Ministry of Health guidance during the implementation of the community care sites is observed.
Two constraints facing these directions are identified: the abandonment of some health community workers with closure of
their sites as a consequence and the limited funding of the sites; the process didn’t meet all the input requirements.
Conclusion: The study identifies the health community worker as a key player in the implementation of community care and
advocates strengthening the mechanism of his recruitment, his formation, his supervision, his estate and the maintenance of
motivation. The study proposes actions to improve the operation and sustainability of community care sites.
K
EYWORDS
:
Access to care, community care sites, community participation, primary care, Kabare, South Kivu, Democratic
Republic of Congo.
R
ESUME
:
Introduction : La mortalité des moins de 5 ans en Afrique sub-saharienne demeure très élevée. Des interventions
mises en place dont la prise en charge communautaire au travers l'implantation des sites des soins communautaires visent
l’amélioration de l'accessibilité aux soins. L’étude évalue l’implantation de la prise en charge communautaire dans la Zone de
santé de Kabare, une intervention entièrement appuyée par International Rescue Committee. Méthodologie : L’étude est
basée sur un cadre de référence s’inspirant des normes du ministère de la santé sur le fonctionnement des sites des soins
communautaires. Elle a recouru à la revue documentaire, à l’analyse des données du système d’information sanitaire et à des
entrevues auprès des mères. Résultats: La prise en charge communautaire au travers les sites des soins améliore
l'accessibilité aux soins de la population. Le respect rigoureux des orientations du ministère de la santé lors de l’implantation
des sites des soins communautaires est observé. Deux contraintes face à ces orientations sont identifiées : l’abandon de
certains relais des sites communautaires avec comme conséquence la fermeture de leurs sites et ensuite le financement
limité des sites ne répondant pas à la totalité des besoins en intrants. Conclusion : L’étude identifie le relais du site des soins
Hermès Karemere, Félicien Malyra, Liévin Bangali, Pascal Ngoy, and Lara Ho
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 43
communautaires en tant qu’acteur clé dans l’implantation de la prise en charge communautaire et préconise de renforcer le
mécanisme de son recrutement, de sa formation, de sa supervision, du maintien de sa motivation et de sa relève. L’étude
propose des actions susceptibles d’améliorer le fonctionnement et la pérennité des sites des soins communautaires.
M
OTS
-C
LEFS
:
Accès aux soins, Sites des soins communautaires, participation communautaire, première ligne des soins,
Kabare, Sud-Kivu, République démocratique du Congo.
1 I
NTRODUCTION
Les services de santé constituent un des moyens pour améliorer la santé de la population. Ils visent à organiser la prise en
charge des malades, la prévention des maladies et de leurs conséquences et la promotion de mesures favorables à la santé
individuelle et collective. L'accès aux services de santé est généralement défini par ses aspects physiques, financiers et
culturels [1, 2]. Les pays en voie de développement font face aux barrières d’accès aux soins dont les conséquences sur la
prise en charge sont dramatiques, notamment en milieu rural et particulièrement chez les enfants [3]. Selon les statistiques
sanitaires mondiales [4], le taux de mortalité des moins de 5 ans reste éledans la région africaine (95 décès pour 1000
naissances vivantes) par rapport à la moyenne mondiale ( 48 décès pour 1000 naissances vivantes) en 2012. Les moins de 5
ans y décèdent principalement du paludisme, des infections respiratoires aiguës et des maladies diarrhéiques[5].
En République démocratique du Congo (RDC), le taux de décès des moins de 5ans a été de 146 décès pour 1000
naissances vivantes en 2012 [4]. En effet, malgré la mise en œuvre de la stratégie des soins de santé primaires depuis 1982,
l’utilisation des services de santé en général, et celle des services de survie de l’enfant de moins de cinq ans en particulier
demeure faible [6]. Près de 80 % des décès surviennent à domicile, dont 75 % concernent les enfants de 2 à 59 mois [7] .
L’atteinte de l’objectif 4 du millénaire (réduire la mortalité infantile) a été ainsi compromise. La stratégie nationale mise en
place visant la réduction de cette mortalité a introduit le volet de la prise en charge communautaire des maladies les plus
meurtrières de l’enfant en RDC à savoir le paludisme, la pneumonie et les maladies diarrhéiques. Les activités préconisées
sont préventives, promotionnelles et curatives. Elles impliquent non seulement les structures de santé mais aussi la
communauté dont la participation active s’avère indispensable.
La prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME), comme stratégie prioritaire de réduction de la mortalité
infantile et infanto-juvénile, a été progressivement introduite en RDC à partir de 1999. Elle met un accent sur la promotion
des pratiques-clés dans la communauté (exemple : allaitement exclusif durant au moins les 4 premiers mois de vie, suivi du
calendrier vaccinal) et sur l’organisation des soins des enfants. C’est dans cette perspective que la RDC a adopté la mise en
place de la prise en charge communautaire (PCC) à travers les sites des soins communautaires (SSC). Dans plusieurs pays sub-
sahariens, l’évaluation de la PCC a montré des résultats variables sur l’accessibilité aux soins et l’utilisation des services [8-
11].
Le but du présent travail est d’évaluer l’implantation des sites des soins pour la PCC dans la zone de santé rurale de
Kabare par rapport aux étapes d’implantation préconisées par le Ministère de la santé publique en RDC, à la perception de la
population et à l’utilisation des services .
2 C
ADRE
T
HEORIQUE
La Zone de Santé (ZS), niveau opérationnel du système de santé en RDC, comprend un certain nombre de centres de
santé et une structure hospitalière de référence. Une équipe cadre coordonne l’ensemble des activités des structures
sanitaires. Le centre de santé, porte d’entrée du système sanitaire congolais, offre un paquet d’activités curatives,
préventives et promotionnelles. C’est à ce niveau qu’est organisée l’interaction avec la communauté. Afin d’améliorer
l’accessibilité aux premiers soins, la PCC a été renforcée au travers l’implantation des SSC ; une approche particulière,
innovante et différente de l’organisation de la participation communautaire dans d’autres pays africains [12, 13]. Un SSC est
en effet une aire géographique bien définie dans laquelle un ou plusieurs villages d’accès difficile bénéficient des prestations
des soins fournis par deux relais volontaires formés et supervisés par l’infirmier titulaire de l’aire de santé. Le SSC vise à
assurer les premiers soins adéquats aux populations; la référence des cas avec signes de danger vers le centre de santé; la
disponibilité des médicaments essentiels génériques de qualité ainsi que leur utilisation rationnelle ; la notification des cas de
maladies ; la surveillance épidémiologique à base communautaire ainsi que les pratiques clés en rapport avec la survie de
l’enfant [14, 15]. Un comité de gestion du SSC (COGESITE), émanant des villages couverts par le SCC est installé, comprenant
deux relais de site des soins communautaires (RECOSITE) et l’infirmier titulaire (IT) qui les encadre. En RDC, le guide de mise
en œuvre des SSC du ministère de la santé publique définit 10 étapes pour l’implantation d’un SSC [15]. Ces étapes
Une expérience d’implantation des sites des soins communautaires en République Démocratique du Congo
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 44
comprennent (1) la commande des médicaments et des intrants pour le futur SSC, (2) l’orientation des équipes cadres aux
niveaux provincial et opérationnel sur l’encadrement des SSC, (3) l’identification et la sélection des SSC, (4) la sélection des
relais communautaires ( agents de santé communautaire) et des membres du conseil de gestion du site pour la
sensibilisation et la participation communautaire à la prise en charge de sa santé sur base des critères définis , (5) la
formation des formateurs et encadreurs au niveau opérationnel (ZS et IT), (6) la formation des relais des sites,
(7)l’orientation des comités de gestion des SSC sur le fonctionnement et l’encadrement des sites, (8) l’installation officielle
des relais des sites, (9) les suivis post-formation et (10) l’assurance qualité de mise en œuvre. Avant l’implantation des SSC
dans une ZS donnée, la situation de départ de la zone est analysée.
Figure 1. Cadre théorique de l’étude
3 M
ÉTHODOLOGIE
3.1 D
ESCRIPTION DU SITE D
ÉTUDE
La ZS de Kabare, localisée dans la province du Sud-Kivu en RDC, a une population estimée à 164550 habitants en 2010.
Elle comprend un hôpital général de référence, quinze centres de santé avec quatre postes de santé répartis dans 15 aires de
santé [16] . L’appui à l’implantation des SSC par International Rescue Committee (IRC) fait partie d’un appui global qu’apporte
cette organisation à la ZS au travers le financement du Department for International Development (DFID) du gouvernement
britannique. Le tableau 1 présente les aires de santé ainsi que les structures et les SSC disponibles.
Hermès Karemere, Félicien Malyra, Liévin Bangali, Pascal Ngoy, and Lara Ho
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 45
Tableau 1. Aires de santé et SSC dans la ZS de Kabare en 2012
3.2 T
YPE D
ÉTUDE
Il s’agit d’une étude évaluative réalisée dans la ZS de Kabare entre mai et décembre 2013. Elle est basée sur des principes
qui s’appuient sur un ensemble de procédures globales relatives à l’analyse inductive. Ces principes préconisent la définition
des objectifs et questions de recherche, la lecture à plusieurs reprises des données brutes et leur interprétation, des résultats
provenant directement de l’analyse des données brutes et non de réponses souhaitées par les chercheurs, un
développement des éléments nouveaux à partir des données brutes devant être intégrés dans un cadre de référence ou un
modèle, des résultats construits à partir de la perspective et de l’expérience des chercheurs et la confiance dans les critères
de rigueur des résultats [17].
3.3 C
OLLECTE ET ANALYSE DES DONNEES
L’étude a recouru à la revue documentaire, à l’analyse des données du système d’information sanitaire de la ZS de Kabare
et aux entrevues individuelles auprès des mères.
3.3.1 R
EVUE DOCUMENTAIRE
Elle a porté sur les rapports de la ZS des années 2007 à 2012, les comptes rendus des réunions de l’équipe cadre de la ZS
(ECZS) et les rapports de supervision des SSC. Les modalités de déroulement de chaque étape d’implantation des SSC ont été
analysées à l’aide d’un guide élaboré à partir des directives du ministère de la santé publique relatives à l’implantation et à la
gestion des SSC [15]. Les informations issues de la revue documentaire ont été comparées aux directives nationales en vue
de dégager des écarts et des contraintes.
3.3.2 A
NALYSE DES DONNEES DU SYSTEME D
INFORMATION SANITAIRE
La PCC remonte en 2004 avec la supplémentation en zinc dans la diarrhée aiguë de l’enfant au niveau communautaire.
Cependant, la PCC intégrée de trois maladies (paludisme, pneumonie et diarrhée) ne commence qu’en 2008. Ainsi, les
données collectées et analysées concernent les années 2007 à 2012. Les variables prises en compte sont : la population
totale de la ZS ; le nombre total des consultations pour paludisme, pneumonie et diarrhée chez les moins de 5 ans, le nombre
des supervisions des SSC par l’ECZS et le nombre des réunions des COGESITE. Les données, analysées avec le logiciel Excel,
ont permis de construire et d’analyser des courbes d’évolution dans le temps de nouveaux cas de 3 pathologies meurtrières.
Aires de santé Sites des Soins Communautaires
1 Bugobe Mukaba
2 Bwirembe Mosho III
3 Cibingu Bubinzi
4 Cirunga Karambi et Mbonombono
5 Citungano Lugerero
6 Kalulu Mungocha
7 Kinjuba Cikoma
8 Ludaha Kashugushugu et Ngakwa
9 Mbiza Kadaku
10 Mbobero Mufuma
11 Mukongola Irambo et Cidjo III
12 Mulege Mulege I
13 Mulengeza Mugurhu
14 Mushweshwe Cisirwe et Lugusha
15 Nshanga
TOTAL 18
Une expérience d’implantation des sites des soins communautaires en République Démocratique du Congo
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 46
3.3.3 E
NTREVUES INDIVIDUELLES AUPRES DES MERES
La perception de la population bénéficiaire des SSC a été évaluée grâce aux entrevues individuelles. Une liste des mères a
été élaborée à partir des listes des moins de 5ans soignés pour fièvre, diarrhée ou toux dans l’ensemble des SSC en 2012. A
partir de cette nouvelle liste, au moins deux mères étaient choisies par SSC en fonction de leur accessibilité et de leur
disponibilité pour l’entrevue. De manière délibérée, 50 mères ont été retenues en tant qu’informatrices clés dans les 15 aires
de santé de la ZS de Kabare. L’entrevue était conduite à l’aide d’un questionnaire ouvert, portant sur la connaissance des
rôles des SSC et des tâches des RECOSITE, les causes de recours aux SSC, la participation aux activités organisées par les
RECOSITE et les propositions d’amélioration du fonctionnement des SSC. Les informations issues des entrevues ont été
encodées dans un fichier Excel avant leur analyse.
3.4 C
ONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES
Le protocole d’étude a été présenté et approuvé à deux niveaux, d’abord à l’ECZS de Kabare et ensuite au bureau d’étude
et de planification de la division provinciale de la santé du Sud- Kivu. Le consentement verbal éclairé des personnes
interrogées a été systématiquement obtenu.
4 R
ESULTATS
4.1 É
TAPES DE LA MISE EN PLACE DES SITES DES SOINS COMMUNAUTAIRES DANS LA
ZS
DE
K
ABARE
4.1.1 S
ITUATION DE DÉPART
Le personnel de l’International Rescue Committee (IRC) a encadré techniquement l’équipe cadre de la zone de Santé
(ECZS) de Kabare durant le processus de l’implantation des SSC pour la PCC, de 2007 à 2012. Au 31 décembre 2007, il existe
dans la ZS 570 relais communautaires (RECO) en soutien aux activités des soins de santé primaires. Les nombres des
nouveaux cas de paludisme, pneumonie et maladies diarrhéiques sont respectivement de 1268, 3528, 8759 en 2007 chez les
enfants de moins de 5 ans dans la ZS de Kabare.
4.1.2 P
RÉPARATION DE L
IMPLANTATION
Une réunion d’orientation de l’ECZ, des IT et des présidents des comités de développement des aires de santé a eu lieu
(11 avril 2007). Elle a déclenché l’élaboration des cartographies des aires de santé par les équipes des centres de santé (12
avril au 25 juin 2007) et leur présentation par les IT (26 au 29 juin 2007) à la réunion de validation au bureau central de la
zone de santé (BCZ). Au total 78 SSC ont été proposés. Les membres du BCZ ont ensuite visité les SSC proposés (juillet à
septembre 2007). Seulement 33 SSC ont été validés à l’issue des visites, sur base de deux critères : la densité démographique
et la difficulté d’accès aux soins dans les centres de santé respectifs. Les leaders et les populations des villages des sites
validés ont été sensibilisés. Des élections organisées ont donné lieu à une équipe de 66 RECOSITE dans la ZS de Kabare dont
34 femmes, soit 52 %.
4.1.3 I
MPLANTATION PROGRESSIVE DES
SSC
Les formateurs de la ZS au nombre de 9 ont été formé sur les SSC (29 novembre au 1er décembre 2007). La formation de
30 encadreurs de sites (2 au 3 décembre 2007) a été suivie de celle des 66 RECOSITE (4 au 8 décembre 2007). Une réunion
d’orientation des membres des 33 COGESITE et des leaders locaux a été organisée (9 décembre 2007). Outre les
médicaments essentiels, des intrants pour le démarrage de 33 SSC ont livrés aux centres de santé par IRC (31 janvier 2008).
Ces intrants sont : 170 minuteurs, 33 balances Salter, 33 registres de supervision (A4), 33 registres de consultations au site
(A4), 33 registres de réunions mensuelles des Comités de gestion des sites (A4), 33 Registres d'Utilisation des Médicaments
Essentiels et des Recettes (RUMER) , 33 cahiers de dettes au site, 33 armoires de sites avec fermetures à clé, 33 carnets de
commande, 33 lampes torches, 33 paires de piles GF, 66 signes distinctifs de RECOSITES (Badges), 33 bidons de 20 litres pour
eau potable, 66 gobelets métalliques pour 1ère prise de médicaments, 66 cuillères à soupe, 66 cuillères à café, 2000 fiches
individuelles de prise en charge, 792 fiches de rapport du site, 1650 fiches de suivi-supervision, 1980 bons de référence, 33
fiches de consultation préscolaire plastifiées pour l’interprétation du poids et 33 classeurs des fiches et rapports.
La cérémonie de l’installation officielle des RECOSITE est intervenue par site (entre le 5 janvier et le 15 juillet 2008). Le
calendrier pour le suivi post-formation et la supervision des sites a été élaboré. Après installation de trois premiers sites
Hermès Karemere, Félicien Malyra, Liévin Bangali, Pascal Ngoy, and Lara Ho
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 47
(Cisirwe à Mushweshwe, Ngakwa et Kashugushugu à Ludaha), une grande hésitation de l’ECZS à poursuivre l’installation
d’autres SSC a été observée. La préférence d’installation progressive, afin d’identifier les problèmes des sites au vu du
fonctionnement des premiers sites installés et le scepticisme sur la disponibilité permanente de médicaments et sur la
capacité de supervision d’un nombre important des SSC, motivaient cette hésitation. L’accompagnement technique de l’ECZS
par IRC a facilité la poursuite d’ouverture progressive d’autres SSC. Au 12 décembre 2012, 18 SSC étaient fonctionnels.
4.1.4 F
ONCTIONNEMENT DES
SSC
ET CONTRAINTES OBSERVEES
Les fréquentes réunions des comités de gestion (8 réunions par mois en 2012) et supervisions (12 supervisions par mois
en 2012) des SSC ont assuré l’accompagnement de leur fonctionnement.
L’étude a identifié deux contraintes :
D’abord l’insuffisance des armoires ; une seule armoire des médicaments et intrants décrits plus haut était en effet
fournie par SSC, pour les deux RECOSITE. Le relais qui ne disposait pas d’armoire chez lui semblait moins actif et moins
motivé, devant se déplacer pour accéder aux médicaments et autres intrants. Le travail dans le village où l’armoire du SSC
était installée a été privilégié.
Ensuite, l’abandon des RECOSITES dans certains SSC. En effet, un SSC à Lulamboluli, installé officiellement à Mulengeza,
n’a pas fonctionné car les deux RECOSITES n’ont pas été à la hauteur des tâches, jugées par eux exigeantes. Pour pallier à ce
disfonctionnement, un autre SSC a été installé en mars 2009 dans la même aire de santé, dans un village avoisinant
(Mugurhu). De même, le SSC de Cisirwe dans l’aire de sande Mushweshwe a été feren novembre 2011 à la suite du
départ de deux RECOSITE qui s’étaient brusquement orientés vers des professions mieux rémunérées, les obligeant à
déménager loin de la ZS de Kabare.
4.2 U
TILISATION DES
SSC
PAR LES MOINS DE
5
ANS DANS LA
ZS
DE
K
ABARE ENTRE
2007
ET
2012
Les nombres de nouveaux cas du paludisme, de pneumonie et de diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans sont passés
respectivement de 1268, 3528, 8759 en 2007, à 908,950 et 3740 en 2012. Les tendances sont représentées par la figure 2.
Figure 2. Évolution de nouveaux cas de paludisme, de pneumonie et de diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans dans la ZS de
Kabare entre 2007 et 2012
4.3 P
ERCEPTION DES MERES SUR LES
SSC
A
K
ABARE ET PROPOSITIONS D
AMELIORATION
L’administration des soins apportés à la population en cas de maladie à tout moment, y compris la nuit ou durant le
travail d’accouchement, constitue le rôle des SSC le plus cité par les mères interrogées ( n=22), suivi de l’administration des
2007 2008 2009 2010 2011 2012
Tendances de nouveaux cas entre 2007 et 2012
dans la ZS de Kabare
Fièvre ( nombre de cas) Pneumonie ( nombre de cas) Diarhée ( nombre de cas)
Une expérience d’implantation des sites des soins communautaires en République Démocratique du Congo
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 48
soins préventifs et promotionnels dont les CPN, CPS, PF, Hygiène, etc. (n=12), la sensibilisation pour le changement de
comportement (n=8), la facilitation du transfert au centre de santé (n=5) et l’offre d’équipement et de matériel roulant à la
communauté (n=1). La sensibilisation de la communauté (prévention et promotion de la santé en lien avec la consultation
préscolaire, la consultation prénatale, l’hygiène, la consommation d’eau potable, l’utilisation des moustiquaires imprégnées
d’insecticide ou la planification familiale) est la tâche des RECOSITE la plus citée par les mères interrogées (n=36), suivi de la
vaccination des enfants (n=6), de l’administration des soins aux patients (n=2), de la réalisation des travaux communautaires
(n=2), de la collecte d’information dans la communauté (n=1), du transport des médicaments (n=1), du plaidoyer en faveur
de la population (n=1) et de l’orientation des patients vers le centre de santé (n=1). Le tableau 2 résume les suggestions
proposées par les mères interrogées en vue d’améliorer le fonctionnement des SSC.
Tableau 2. Suggestions pour améliorer le travail des relais et des SSC
Actions Fréquence de
citation (n=50)
1. Multiplier les séances de CCC (y compris la sensibilisation porte à porte) 29
2. Renforcer les compétences des RECOSITE 17
3. Rendre disponible les médicaments et intrants des SSC 16
4. Augmenter le nombre des SSC – plus proches de la population 15
5. Motiver les RECOSITE (payer les relais correctement) 7
6. Impliquer les membres de la communauté aux initiatives locales 5
7. Doter les SSC d’une ambulance 4
8. Améliorer l’attitude des RECOSITE (simplicité, gentillesse, amour du travail) 3
9. Réduire les tarifs des soins dans les centres de santé 3
10. Réaliser le plaidoyer au profit de la population 3
5 D
ISCUSSION
5.1 L
IMITES DE L
ÉTUDE
La présente étude ne permet pas d’analyser l’évolution de la morbidité ni de la mortalité de la population cible faute de
données complètes. Certaines études cependant ont démontré le lien entre l’utilisation des services de PCC et la réduction
de la morbidité [9, 18-21] . Aussi, des acteurs importants n’ont pas pu être interrogés lors de l’évaluation de l’implantation
des SSC pour compléter les explications factuelles sur les éléments observés. C’est notamment les membres de l’ECZS, les IT
et les RECOSITES.
L’étude soulève des points de discussion suivants :
Une phase d’implantation inachevée
Des 78 SSC identifiées, 33 étaient choisies et seulement 18 SSC ont été implantées malgré l’approvisionnement du
matériel et la formation des RECOSITES pour 33 SSC. La faible implantation des SSC est associée au départ de l’assistance
technique de IRC, à la faible implication des autorités administratives et sanitaires, à l’affectation des matériels destinés aux
SSC aux besoins des centres de santé et à la faible implication des IT dans les activités communautaires. Ces facteurs
corroborent ceux observés dans d’autres études en lien avec les barrières à la PCC [12]
Une phase de fonctionnement avec des contraintes
Deux contraintes auraient pu être prévenues. Premièrement des armoires pour la gestion des médicaments et d’autres
intrants ont été insuffisantes par rapport au nombre des RECOSITE, obligeant ces derniers à parcourir une certaine distance
pour accéder aux médicaments. Cette contrainte est d’ordre financière et hypothèque la pérennité des SSC. Ensuite,
l’abandon de certains RECOSITE par inadaptation aux tâches (travail plus exigeant) ou pour la recherche d’un travail mieux
rémunéré dans une zone très éloignée du SSC. La sélection des RECOSITE constitue ainsi un des facteurs clé du succès de
l’intervention et devrait être priorisée. Des critères devraient être formalisées, incluant la représentativité des femmes, le
niveau d’étude, le travail préalable en tant que bénévole ou les capacités à être formé [12]. Aussi, face au caractère bénévole
du RECOSITE, des mesures efficaces pourraient être prises afin de maintenir la motivation initiale et la qualité des prestations
des RECOSITES [19, 22]. Parmi ces mesures, les cadres de la ZS pourraient accompagner la communauté à identifier et à
appliquer des incitants adaptés au contexte en vue de motiver les RECOSITE. Ces cadres soutiendraient également
l’appropriation des interventions au niveau communautaire en aidant chaque RECOSITE à identifier et à former à son tour
Hermès Karemere, Félicien Malyra, Liévin Bangali, Pascal Ngoy, and Lara Ho
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 49
son successeur [23], ce qui minimiserait les risques de fermeture d’un SSC en cas d’abandon, comme cela a été observé dans
deux villages de la ZS de Kabare.
Une perception offrant plus de pouvoir aux RECOSITES qu’ils n’en ont en réalité
L’étude note une attente démesurée de certaines mères face aux RECOSITES et aux SSC. L’administration des soins
d’urgence ou l’offre d’équipement et de matériel roulant à la communauté ne constituent pas la mission des RECOSITES. Les
urgences devront être orientées vers les centres de santé ou l’hôpital de référence selon le cas pour une meilleure prise en
charge.
Une plus-value de la PCC par l’utilisation des SSC
En considérant le point de départ, le résultat de la figure 3 montre un effet d’amélioration nette en ce qui concerne
l’évolution de nouveaux cas de paludisme, de pneumonie et de diarrhée, pouvant être attribuée à une meilleure utilisation
des SSC. Cela corrobore d’autres études conduites en Afrique [10, 18, 19, 22, 24]. Nous ne disposons cependant pas de
preuves que l’amélioration observée est uniquement associée aux SSC même si les RECOSITE ont fortement sensibilisé les
mères à l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide, à l’hygiène des mains, à l’assainissement des milieux et à
l’utilisation des services de santé , y compris les SSC. L’adhésion de la population au changement ou aux traitements
proposés est capitale pour l’atteinte des résultats escomptés [25].
Une amélioration est encore possible au niveau de la PCC à Kabare
Afin d’améliorer les rôles des SSC et le travail des RECOSITE, dix activités sont citées dont 4 plus importantes par ordre de
fréquence de citation (voir tableau 2). D’abord la multiplication des séances de sensibilisation pour le changement de
comportement avec passage porte à porte des RECOSITE. Des thèmes de sensibilisation sont variables et doivent répondre
aux besoins réels de la population. Ensuite le renforcement des compétences des RECO, passant par leur formation continue
et leur supervision [22, 26], y compris en technologie de communication [11, 19, 27].Le recours aux tablettes pour l’encodage
des données, aux vélos et motos pour le transport, aux téléphones, révolutionnent la transmission de l’information et
contribue efficacement à la prise en charge de la santé des communautés [28, 29]. L’approvisionnement permanent des SSC
en médicaments et autres intrants constitue la 3
ème
activité. Cette activité nécessite des ressources additionnelles et
régulières [30]. Le financement des services et des soins demeure un des goulots d’étranglement à l’accessibilité aux soins de
santé de qualité dans les pays dits à faible revenu.
6 C
ONCLUSION
La présente étude évaluative a le mérite de démontrer que l’implantation de la PCC par le SSC améliore l’accès aux soins
et in fine l’utilisation des services préventifs, curatifs et promotionnels de la ZS. L’étude démontre également le respect
rigoureux des orientations du ministère de la santé lors de l’implantation des SSC et fait ressortir les limites de ces
orientations face essentiellement à deux contraintes : l’abandon des RECOSITE avec comme conséquence la fermeture des
SSC et ensuite le financement limité des SSC ne répondant pas à la totalité des besoins en intrants. L’étude identifie le
RECOSITE en tant qu’acteur clé dans l’implantation des SSC et préconise de renforcer le mécanisme de son recrutement, de
sa formation, de sa supervision, du maintien de sa motivation et de sa succession. Enfin, l’étude confirme les rôles des SSC et
les tâches reconnues aux RECOSITE, sauf celles bureaucratiques dont la surveillance épidémiologique et la notification des
maladies au niveau communautaire non identifiées par les mères interrogées. L’implantation d’un SSC nécessite un
financement et une méthodologie éprouvée, à l’instar de celle définie par le ministère de la santé en RDC. La limite de cette
méthodologie d’implantation est qu’elle n’anticipe pas les contraintes. L’étude propose des actions susceptibles d’améliorer
le fonctionnement et la pérennité des SSC.
R
EMERCIEMENTS
Nous remercions Dr Mignon Bugandwa, Médecin chef de Zone de santé de Kabare et Monsieur Mugisho, superviseur de
la zone de santé pour leur implication dans la collecte des informations.
Une expérience d’implantation des sites des soins communautaires en République Démocratique du Congo
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 50
R
EFERENCES
[1] O'Donnell, O., Access to health care in developing countries: breaking down demand side barriers. Cadernos de Saúde
Pública, 2007. 23(12): p. 2820-2834.
[2] Haddad, S., A. Nougtara, and V. Ridde, Les inégalités d’accès aux services de santé et leurs déterminants au Burkina
Faso. Santé, société et solidarité, 2004. 3(2): p. 199-210.
[3] Shaw, B., et al., Access to integrated community case management of childhood illnesses services in rural Ethiopia: a
qualitative study of the perspectives and experiences of caregivers. Health policy and planning, 2015: p. czv115.
[4] OMS, Statistiques sanitaires mondiales 2014. Organisation mondiale de la santé, 2014.
[5] Strachan, C., et al., Integrated community case management of malaria, pneumonia and diarrhoea across three african
countries: a qualitative study exploring lessons learnt and implications for further scale up. Journal of global health,
2014. 4(2).
[6] MSP, Rapport du Programme national de lutte contre les maladies diarrhéiques. Ministère de la sanpublique - RDC,
2010.
[7] MSP, Plan national de développement sanitaire 2011-2015. Ministère de la santé publique - RDC, 2010: p. 21-85.
[8] Marsh, D.R., et al., Introduction to a special supplement: Evidence for the implementation, effects, and impact of the
integrated community case management strategy to treat childhood infection. The American journal of tropical
medicine and hygiene, 2012. 87(5 Suppl): p. 2-5.
[9] Mukanga, D., et al., Integrated community case management of fever in children under five using rapid diagnostic tests
and respiratory rate counting: a multi-country cluster randomized trial. The American journal of tropical medicine and
hygiene, 2012. 87(5 Suppl): p. 21-29.
[10] Druetz, T., et al., Utilization of community health workers for malaria treatment: results from a three-year panel study in
the districts of Kaya and Zorgho, Burkina Faso. Malaria journal, 2015. 14(1): p. 71.
[11] Oliphant, N.P., et al., Multi–country analysis of routine data from integrated community case management (iCCM)
programs in sub–Saharan Africa. Journal of global health, 2014. 4(2).
[12] George, A., et al., iCCM policy analysis: strategic contributions to understanding its character, design and scale up in sub-
Saharan Africa. Health policy and planning, 2015. 30(suppl 2): p. ii3-ii11.
[13] Dunia, G.M., [Implementation of community care sites in the Democratic Republic of Congo: consecration of a double
standard in access to care]. Pan Afr Med J, 2013. 14: p. 158.
[14] Prasad, B.M. and V. Muraleedharan, Community health workers: a review of concepts, practice and policy concerns. A
review as part of ongoing research of International Consortium for Research on Equitable Health Systems (CREHS),
2007.
[15] RDCongo, Guide de mise en oeuvre des sites des soins communautaires. Ministère de la santé publique, 2007.
[16] Kabare, Z., Rapport annuel 2010. 2010.
[17] Blais, M. and S. Martineau, L’analyse inductive générale: description d’une démarche visant à donner un sens à des
données brutes. Recherches qualitatives, 2006. 26(2): p. 1-18.
[18] Miller, N.P., et al., Integrated community case management of childhood illness in Ethiopia: Implementation strength
and quality of care. The American journal of tropical medicine and hygiene, 2014: p. 13-0751.
[19] Guenther, T., et al., Routine monitoring systems for integrated community case management programs: Lessons from 18
countries in sub–Saharan Africa. Journal of global health, 2014. 4(2).
[20] Schneider, H., H. Hlophe, and D. van Rensburg, Community health workers and the response to HIV/AIDS in South Africa:
tensions and prospects. Health policy and Planning, 2008. 23(3): p. 179-187.
[21] Heggenhougen, K., et al., Community health workers: the Tanzanian experience. 1987: Oxford University Press.
[22] Laínez, Y.B., et al., Insights from community case management data in six sub-Saharan African countries. The American
journal of tropical medicine and hygiene, 2012. 87(5 Suppl): p. 144-150.
[23] Strachan, D.L., et al., Interventions to improve motivation and retention of community health workers delivering
integrated community case management (iCCM): stakeholder perceptions and priorities. The American journal of
tropical medicine and hygiene, 2012. 87(5 Suppl): p. 111-119.
[24] Mugeni, C., et al., Nationwide implementation of integrated community case management of childhood illness in
Rwanda. Global Health: Science and Practice, 2014. 2(3): p. 328-341.
[25] Gerstl, S., et al., High adherence to malaria treatment: promising results of an adherence study in South Kivu,
Democratic Republic of the Congo. Malaria journal, 2015. 14(1): p. 414.
[26] Ameha, A., et al., Effectiveness of supportive supervision on the consistency of integrated community case management
skills of the Health Extension Workers in 113 districts of Ethiopia. Ethiop Med J, 2014. 52: p. 65-71.
[27] Haq, Z. and A. Hafeez, Knowledge and communication needs assessment of community health workers in a developing
country: a qualitative study. Human resources for health, 2009. 7(1): p. 59.
Hermès Karemere, Félicien Malyra, Liévin Bangali, Pascal Ngoy, and Lara Ho
ISSN : 2028-9324 Vol. 20 No. 1, Apr. 2017 51
[28] Braun, R., et al., Community health workers and mobile technology: a systematic review of the literature. 2013.
[29] Källander, K., et al., Mobile health (mHealth) approaches and lessons for increased performance and retention of
community health workers in low-and middle-income countries: a review. Journal of medical Internet research, 2013.
15(1).
[30] Manongi, R.N., T.C. Marchant, and I.C. Bygbjerg, Improving motivation among primary health care workers in Tanzania:
a health worker perspective. Human resources for health, 2006. 4(1): p. 6.
... identified, related to seeking care for children under 5 suffering from malaria for years HZ Bagira to s has seen knowledge of antimalarial treatments instead of knowledge, method of payment for care, patient follow-up, distance from health facilities, number of sick children under 5 in a household, severity of the disease, age of sick children under 5. Parents who know antimalarial drugs would use more, for the care of their children, the public health center, hospital and private 178 Determinants of Using the Modern Health Care in the Bagira Health Zone: Cases of Children Under 5 Years Old with Malaria Citation: Hermès Karemere., et al. "Determinants of Using the Modern Health Care in the Bagira Health Zone: Cases of Children Under 5 Years Old with The additional improvement in the quality of care according to household perceptions in terms of reception, waiting time, efficiency and availability of drugs at the public health center and at the hospital increases their likelihood of recourse (24.80% and 7.55%) to the detriment of private dispensaries and private healthcenters. This is linked to the fact that quality allows the use of care and is one of the principles of organization of health services (improvement of services, acceptability and availability)[32,33]. The high attendance at dispensaries is thought to be the result of the deterioration in quality in public health facilities[34].When a health structure monitors patients at home, it is the most used, since it is observed that when the private dispensary offers monitoring of sick children during and after treatment, the probability of seeking care increases by 99.70% in to the detriment of other health facilities that do not carry out this monitoring. ...
Article
Full-text available
Introduction: Bagira Health area is characterized by a decline in the rate of use of curative health care between 2014 and 2018 while the prevalence of malaria was on the rise. This statement justifies the present study, which identified the specific determinants of the use of malaria-related children under 5 years in the Health area. Methodology: This is a cross- sectional analysis conducted in the Bagira Health area. An investigation was conducted with 303 households from the systematic, two-degree, systematized random sampling technique. The Data analysis used descriptive statistics and the Logit multinomial model. Results: The specific determinants identified in the use of health care in the case of malaria in the less than five years in the health area of Bagira are: the orphan parental status (19.70% of the probability of access to the public health center); the knowledge of antimalaria by parents (24% of the probability of access to public health cent e rs); follow-up at home (70.30% probability of use of the private health center) and the method of payment including the per-slice package (73.40% of the probability that private centers are used). Conclusion: The continued improvement of the quality of care, taking into account the determinants identified with a particular focus on the follow-up of sick children during and after treatment, should be strengthened in order to increase the use of curative care in Bagira.
... In this health area, men and women marry early due to lack of schooling (23% illiterate and 43% have not yet reached primary school level). The percentage of 53% of our surveyed househoulds who have between 5 and 8 people corroborate other results in Democratic Republic of Congo [9] andis explained by the fact that the health area of Kavumu, which is from a developing country only have between 6 and 8 people in households as stipulated in the WHO standards showing that the size of the household should vary between 6 and 8 people in countries sending development [1]and the big size households have the tendency of being poor [10,11]. In the Kavumu health area, as in the whole of the Democratic Republic of Congo and Africa, women are homeholders while men are the ones who take care of activities that produce family income. ...
Article
Full-text available
Background: Access to water supply services in a healthy environment continues to be a problem in many neighborhoods in the DRC. This is the case of the Kavumu health area where these services are defective and cause episodes of diarrheal diseases. The purpose of this study is to analyze the water, hygiene and sanitation situation in Kavumu health area and propose strategies for its improvement. Methods: This study, a descriptive cross-sectional, was carried out in the Kavumu health area. It is a prospective approach supported by documentation and the interview. The survey questionnaire was sent to 287 householders, from September 2016 to February 2017. Results: The study reveals that 86.8% of respondents are married, where women represent 66.2% and 73.2% of households have at least 5 members. The literacy rate is 23.3% for men and 30.3% for women. The Kavumu health area has 13 spring waters in 10 villages out of a total of 25. Nearly 6% of householders live in houses built of durable materials and 65.5% have unhygienic latrines. 39.7% of households produce household waste and 60.3% of households produce agricultural waste. 32.8% of households store waste in their yards. Conclusion: The water, hygiene and sanitation situation in the Kavumu health area remains rudimentary. In view of results of this study, the elaboration of a plan for the improvement of water, hygiene and sanitation services is essential in this health area.
Article
Introduction: The Katana Rural Health Zone has experienced several events including looting of health centers, the cessation of funding or the instability of nursing staff, which could have hindered the functioning of its health structures. These structures have continued to operate in this unfavorable context, thus showing themselves to be resilient. This study aims to identify the adaptive mechanisms put in place by the Katana health zone in the face of adverse events. Methodology: The study is a mixed cross-sectional study covering the period from 2014 to 2018. It is based on the identification of events that occurred in the Katana Health Zone, the analysis of the evolution of cases and deaths linked to malaria and the perceptions of key players on the nature of the events, their link with the number of cases. The study used a documentary review and individual interviews targeting 8 key players. Results: The main destabilizing events identified are related to the management of human resources, the use of health services, the breakdown of funding, the availability of curative or preventive inputs, community participation and security and safety issues. Infrastructure. The trend of the evolution of new cases with malaria is similar for all age categories. On the other hand, the evolution of deaths is different. Health services continued to provide care thanks to the coping mechanisms developed. Conclusions: The study demonstrates the precariousness of a health system heavily dependent on humanitarian aid, the interruption of which can generate dysfunction with effects on mortality, including infant mortality; the weak involvement of the government in supporting structures facing the misdeeds of disasters such as the earthquake and looting; the poverty of the population making it inaccessible to health care despite the reduction in prices and the resilience of health centers following the establishment of endogenous adaptation mechanisms..
Article
Full-text available
Background: In 2010, Ethiopia began scaling up the integrated community case management (iCCM) of childhood illness strategy throughout the country allowing health extension workers (HEWs) to treat children in rural health posts. After 2 years of iCCM scale up, utilization of HEWs remains low. Little is known about factors related to the use of health services in this setting. This research aimed to elicit perceptions and experiences of caregivers to better understand reasons for low utilization of iCCM services. Methods: A rapid ethnographic assessment was conducted in eight rural health post catchment areas in two zones: Jimma and West Hararghe. In total, 16 focus group discussions and 78 in-depth interviews were completed with mothers, fathers, HEWs and community health volunteers. Results: In spite of the HEW being a core component of iCCM, we found that the lack of availability of HEWs at the health post was one of the most common barriers to the utilization of iCCM services mentioned by caregivers. Financial and geographic challenges continue to influence caregiver decisions despite extension of free child health services in communities. Acceptability of HEWs was often low due to a perceived lack of sensitivity of HEWs and concerns about medicines given at the health post. Social networks acted both to facilitate and hinder use of HEWs. Many mothers stated a preference for using the health post, but some were unable to do so due to objections or alternative care-seeking preferences of gatekeepers, often mothers-in-law and husbands. Conclusion: Caregivers in Ethiopia face many challenges in using HEWs at the health post, potentially resulting in low demand for iCCM services. Efforts to minimize barriers to care seeking and to improve demand should be incorporated into the iCCM strategy in order to achieve reductions in child mortality and promote equity in access and child health outcomes.
Article
Full-text available
Pneumonia, diarrhoea and malaria remain leading causes of death for children under 5 years of age and access to effective and appropriate treatment for sick children is extremely low where it is needed most. Integrated community case management (iCCM) enables community health workers to provide basic lifesaving treatment for sick children living in remote communities for these diseases. While many governments in sub-Saharan Africa recently changed policies to support iCCM, large variations in implementation remain. As a result, the collaboration represented in this supplement examined the policy processes underpinning iCCM through qualitative case study research in six purposively identified countries (Niger, Burkina Faso, Mali, Kenya, Malawi and Mozambique) and the global context. We introduce the supplement, by reviewing how policy analysis can inform: (a) how we frame iCCM and negotiate its boundaries, (b) how we tailor iCCM for national health systems and (c) how we foster accountability and learning for iCCM. In terms of framing, iCCM boundaries reflect how an array of actors use evidence to prioritize particular aspects of child mortality (lack of access to treatment), and how this underpins the ability to reach consensus and legitimate specific policy enterprises. When promoted at national level, contextual health system factors, such as the profile of CHWs and the history of primary health care, cannot be ignored. Adaptation to these contextual realities may lead to unintended consequences not forseen by technical or managerial expertize alone. Further scaling up of iCCM requires understanding of the political accountabilities involved, how ownership can be fostered and learning for improved policies and programs sustained. Collectively these articles demonstrate that iCCM, although often compartmentalized as a technical intervention, also reflects the larger and messier real world of health politics, policy and practice, for which policy analysis is vital, as an integral component of public health programming.
Article
Full-text available
In resource-poor settings, treatment adherence is a major determinant of response to anti-malarial drugs as most are taken at home without medical supervision. Evidence on adherence to artemisinin-based combination therapy (ACT) is limited. The study aimed to measure adherence and identify reasons for non-adherence to a 3-day, fixed-dose combination (FDC) of artesunate–amodiaquine (ASAQ), the first-line treatment for uncomplicated malaria in the Médecins Sans Frontières project in the Shabunda Health Zone, South Kivu, Democratic Republic of Congo, a highly malarious and conflict-affected area. The study took place in the health centres/outpatient departments of the Shabunda general hospital, the quarter Mbangayo, and participant households. Patients prescribed FDC ASAQ were visited at home on the day after their regimen finished and asked to complete an adherence questionnaire. Patients/caretakers were also interviewed when exiting the outpatient department to understand their attitude towards FDC ASAQ and assess the quality of the prescribing process. 148 patients/caretakers completed the adherence questionnaire: 11.5 % (17/148, 95 % CI 7–17) had ≥1 tablet left at the time of the home visit and were defined as certainly non-adherent; 13.5 % (20/148, 95 % CI 8–19) were probably non-adherent; thus total non-adherence was 25.0 % (37/148, 95 % CI 18–32). 75 % (111/148, 95 % CI 68–82) were defined as probably adherent. In exit interviews, 87.5 % (105/120) knew they had malaria or could name the correct signs/symptoms. 89 % (107/120) could identify FDC ASAQ as anti-malarials among all tablets given and correctly repeat the intake instructions given at the outpatient department. This is the first study to assess adherence to an FDC of ACT under real treatment conditions in a context of high instability. High quality prescribing of anti-malarials at health centre level and patient adherence to the correct intake of ACT were possible in this setting. Adherence to treatment regimen requires careful and constant monitoring which might be better guaranteed at health centre rather than community level. It could, nevertheless, be a precondition to the successful introduction of home- or community based management of malaria.
Article
Full-text available
Consistency in the adherence to integrated Community Case Management (iCCM) protocols for common childhood illnesses provided by Ethiopia's Health Extension Program (HEP) frontline workers. One approach is to provide regular clinical mentoring to the frontline health workers of the HEP at their health posts (HP) through supportive supervision (SS) following the initial training. To Assess the effectiveness of visits to improve the consistency of iCCM skills (CoS) of the HEWs in 113 districts in Ethiopia. We analyzed data from 3,909 supportive supervision visits between January 2011 and June 2013 in 113 districts in Ethiopia. From case assessment registers, a health post was classified as consistent in managing pneumonia, malaria, or diarrhea cases if the disease classification, treatment, and follow-up of the last two cases managed at the health posts were consistent with the protocol. We used regression models to assess the effects of SS on CoS. All HPs (2,368) received at least one supportive supervision visit, 41% received two, and 15% received more than two. During the observation period, HP management consistency in pneumonia, malaria, and diarrhea increased by 3.0, 2.7 and 4.4-fold, respectively. After controlling for secular trend and other factors, significant dose-response relationships were observed between number of SS visits and CoS indicators. The SS visits following the initial training were effective in improving the CoS.
Article
Full-text available
Malaria is holo-endemic in Burkina Faso and causes approximately 40,000 deaths every year. In 2010, health authorities scaled up community case management of malaria with artemisinin-based combination therapy. Previous trials and pilot project evaluations have shown that this strategy may be feasible, acceptable, and effective under controlled implementation conditions. However, little is known about its effectiveness or feasibility/acceptability under real-world conditions of implementation at national scale. A panel study was conducted in two health districts of Burkina Faso, Kaya and Zorgho. Three rounds of surveys were conducted during the peak malaria-transmission season (in August 2011, 2012 and 2013) in a panel of 2,232 randomly selected households. All sickness episodes in children under five and associated health-seeking practices were documented. Community health worker (CHW) treatment coverage was evaluated and the determinants of consulting a CHW were analysed using multi-level logistic regression. In urban areas, less than 1% of sick children consulted a CHW, compared to 1%-9% in rural areas. Gaps remained between intentions and actual practices in treatment-seeking behaviour. In 2013, the most frequent reasons for not consulting the CHW were: the fact of not knowing him/her (78% in urban areas; 33% in rural areas); preferring the health centre (23% and 45%, respectively); and drug stock-outs (2% and 12%, respectively). The odds of visiting a CHW in rural areas significantly increased with the distance to the nearest health centre and if the household had been visited by a CHW during the previous three months. This study shows that CHWs are rarely used in Burkina Faso to treat malaria in children. Issues of implementation fidelity, a lack of adaptation to the local context and problems of acceptability/feasibility might have undermined the effectiveness of community case management of malaria. While some suggest extending this strategy in urban areas, total absence of CHW services uptake in these areas suggest that caution is required. Even in rural areas, treatment coverage by CHWs was considerably less than that reported by previous trials and pilot projects. This study confirms the necessity of evaluating public health interventions under real-world conditions of implementation.
Article
Full-text available
There is strong research evidence that community case management (CCM) programs can significantly reduce mortality. There is less evidence, however, on how to implement CCM effectively either from research or regular program data. We analyzed monitoring data from CCM programs supported by the International Rescue Committee (IRC), covering over 2 million treatments provided from 2004 to 2011 in six countries by 12,181 community health workers (CHWs). Our analysis yielded several findings of direct relevance to planners and managers. CCM programs seem to increase access to treatment, although diarrhea coverage remains low. In one country, the size of the catchment area was correlated with use, and increased supervision was temporally and strongly associated with improved quality. Planners should use routine data to guide CCM program planning. Programs should treat all three conditions from the outset. Other priorities should include use of diarrhea treatment and insurance of adequate supervision.
Article
Full-text available
Numerous studies highlight the effectiveness of an integrated approach for the management of malaria, pneumonia and diarrhoea at the community level. There has however been little study on lessons learnt from implementation in practice and stakeholder experiences which could inform future programmatic planning and evaluation frameworks. A participatory, qualitative evaluation was conducted in the three varied settings of South Sudan, Uganda and Zambia, which have seen the scale up of integrated community case management (iCCM) over the last five years. All key in-country stakeholders were consulted on study design, with a particular focus on scope and methodology. Data collection methods included stakeholder consultations (key informant interviews, focus group discussions), and a review of project and Ministry of Health documentation. Data analysis followed the Framework Approach. Results suggest that iCCM implementation generally followed national pre-agreed guidelines. Overarching key programmatic recommendations included: collaboration with implementing partners in planning stages to positively impact on community acceptance and ownership; adoption of participatory training methods adapted to low literacy populations; development of alternative support supervision methods such as peer support groups; full integration of community level data into the health management information system and emphasizing data analysis, use and feedback at all levels; strengthened supply chains through improved quantification and procurement of commodities in conjunction with the national distribution network; community engagement to establish a support system for community health workers to increase their motivation; enhanced sensitisation and behaviour change communication to raise awareness and usage of appropriate health services; and advocacy at the national level for funding and logistical support for the continuation and integration of iCCM. This qualitative study is a valuable contribution in understanding the 'hows' of iCCM implementation with key insights for improved feasibility and acceptability. Main findings show how community support to iCCM and community health workers is necessary for sustained health benefits coupled with a focus on strengthening and 'enabling' the public health system. The participatory study design and methodologies used enabled the scope of the research enquiry to effectively capture various stakeholder perspectives.
Article
Like many countries of the South, over the last decade, Burkina Faso has implemented an ambitious health reform to improve the accessibility of health services. This article examines the inequalities in access to health services that exist several years after the implementation of the reform. The analyses are based on data from a survey of 1 604 households (12,775 people) in three regions of the country. The results reveal considerable differences in access to public health posts. Over 50% of ill people from households in the highest income quintile used the public services before the end of the first week of an episode of illness, whereas fewer than one out of four people from the poorest households did so. Two weeks after the onset of their illness, one out of two men went to a public health post to obtain care while fewer than one out of two women did so. All things being equal, the propensity to use the services of a health professional during an episode of illness is almost three times greater among families in the highest income quintile than among families in the lowest income quintile. Undeniable progress has been made to improve health coverage and geographical accessibility. However, inequalities in access to health care are still striking and financial accessibility of public services is still limited, in particular for groups such as women, the poorest and rural people.