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PRATIQUE DES CULTURES MARAÎCHÈRES SUR LES BERGES DU LAC DANG À NGAOUNDÉRÉ (NORD- CAMEROUN): QUELS ENJEUX SOCIOENVIRONNEMENTAUX ET SANITAIRES?

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Les cultures maraîchères sont en expansion considérable sur les berges du Lac Dangsitué à proximité de l’Université de Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua auCameroun. Ces cultures représentent des enjeux socio-économiques importants au regardde la forte communauté estudiantine à nourrir et à laquelle il faudrait ajouter lespopulations autochtones. Toutefois, il est à noter que la pratique de ces cultures estinfluencée par le climat et le système cultural mis en œuvre par les producteurs. Lesobservations directes et les enquêtes menées auprès des producteurs, montrent quel’influence du couplage climat-système culturale entraîne des transformations sur les rivesdu lac Dang dont les conséquences socio environnementales et sanitaires (érosion desberges, assèchement du Lac, rareté des ressources halieutiques, modification du calendriercultural, mobilités des hommes et les maladies) sont significatives. Des esquisses desolutions s’avèrent indispensables pour sauver ce Lac sans interférer sur la nécessité deproduction maraîchère indispensable pour les besoins vitaux des populations.
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ANALELE Universităţii „Ştefan cel Mare” Suceava SECŢIUNEA GEOGRAFIE ANUL XIX - 2010
PRATIQUE DES CULTURES MARAÎCHÈRES SUR LES
BERGES DU LAC DANG À NGAOUNDÉRÉ (NORD-
CAMEROUN): QUELS ENJEUX SOCIO-
ENVIRONNEMENTAUX ET SANITAIRES?
Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
Mots clés : Pratique culturale, cultures maraîchères, le Lac Dang, enjeux socio-
environnementaux, risques sanitaires, Nord-Cameroun.
Cuvinte cheie : practici culturale, culturi legumicole, Lacul Dang, mize socio-economice,
riscuri sanitare, Camerunul de nord
RESUMÉ:
Les cultures maraîchères sont en expansion considérable sur les berges du Lac Dang
situé à proximité de l’Université de Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua au
Cameroun. Ces cultures représentent des enjeux socio-économiques importants au regard
de la forte communauté estudiantine à nourrir et à laquelle il faudrait ajouter les
populations autochtones. Toutefois, il est à noter que la pratique de ces cultures est
influencée par le climat et le système cultural mis en œuvre par les producteurs. Les
observations directes et les enquêtes menées auprès des producteurs, montrent que
l’influence du couplage climat-système culturale entraîne des transformations sur les rives
du lac Dang dont les conséquences socio environnementales et sanitaires (érosion des
berges, assèchement du Lac, rareté des ressources halieutiques, modification du calendrier
cultural, mobilités des hommes et les maladies) sont significatives. Des esquisses de
solutions s’avèrent indispensables pour sauver ce Lac sans interférer sur la nécessité de
production maraîchère indispensable pour les besoins vitaux des populations.
1. Introduction
Les hommes ont toujours été assujettis à la nature pour répondre à leurs
besoins vitaux. Dès lors, ils vont pratiquer les activités agricoles dont les
retombés peuvent entraîner des transformations socio-environnementales et
sanitaires importantes. Ainsi, pour mieux gérer ces exigences liées aux besoins
agricoles des populations de plus en plus croissantes et s'adapter aux conditions
de vie difficiles, les paysans ont développé des stratégies pour surmonter les
contraintes de cette nature. De ce fait, les espaces de culture vont s'étendre aux
dépens de la jachère et des zones sensibles à l'érosion telles que les berges des
lacs, en l’occurrence, celui du Lac de Dang. Les producteurs agricoles, la plupart
des immigrés venant de la région de l’Ouest Cameroun, vont se ruer sur les berges
de ce lac en adoptant des systèmes de culture de billonnage et de polyculture. En
plus de l'originalité de ce système cultural, ces maraîchers utilisent aussi bien les
produits chimiques que les matières organiques qui permettent d'améliorer leurs
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Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
rendements. Cependant, le dosage élevé et intense des intrants occasionne des
dommages négatives au lac et, partant sur les consommateurs. Depuis quelques
années, les abords du lac connaissent des transformations significatives. On
observe donc des changements sur ses flore et faune aquatiques, des sols et même
du micro-climat ambiant local. Ces observations amènent à s’interroger si les
modifications observées sur les abords du lac de Dang sont exclusivement dues
aux changements climatiques ou par d’autres facteurs ?
2. Objectifs
Le Lac de Dang offre des conditions favorables à la pratique du
maraîchage. Malgré ses retombées économiques, il se pose à long terme le
problème de l’équilibre environnemental et des risques sanitaires pour les
consommateurs à cause de l’utilisation abusif des intrants. Il s’agit donc dans cet
article d’analyser ce problème.
3. Cadre conceptuel et méthodologique
Nous allons focaliser notre attention sur le maraîchage, le climat et les
enjeux socio-environnementaux et sanitaires. A cet effet, les recherches portant
sur la pratique des cultures maraîchères ont fait l’objet de plusieurs études.
Le développement de l’Afrique serait si évident si les investissements
prioritaires actuels s’opèrent en Afrique dans le secteur agricole (Almeida, 2007).
D’ailleurs Beauvilain (1983) et Seignobos (1990), partagent ce point de vue en
insistant sur l’apport économique de des cultures maraîchères dans la province de
l’Extrême-Nord du Cameroun. Pour eux, le maraîchage dans le grand- Nord est
un bel exemple de développement spontané à travers l’instauration d’une logique
commerciale qui guide son extension et facilite la diffusion de l’innovation. Ce
type d’agriculture laisse présager que les changements dans ce domaine de
production passeront par la logique exprimée dans la production des cultures
maraîchères. Sur l’Adamaoua par exemple, les producteurs agricoles valorisent
des bas-fonds qui, liée à la conjoncture économique consécutive à la dévaluation
du FCFA et la rareté des ressources monétaires. Ces deux problèmes ont poussé
les citadins vers la pratique de l’agriculture périurbaines intensive réalisée dans
les bas-fonds de la vallée inondable (cas par exemple de Marza) où le maraîchage,
la céréaliculture et l’arboriculture se discutent l’espace aux détriments de la
végétation naturelle (Tchotsoua, 2005). C’est dans ce sens que Wakponou (2005)
considère la vallée de la Bini comme un vaste couloir encastré entre les massifs
montagneux propices à la pratique de l’agriculture.
Ainsi, des problèmes causés par l’agriculture, figurent en bonne place :
l’érosion ou la dégradation des terres, la pollution du lac et parfois même des
risques sanitaires à long terme comme les Embryologiques, mutagène, anomalies
cérébrales et congénitales comme le prise Sonchieu (2002) cité par Simeu (2008).
Ces problèmes constituent donc des impacts socio-environnementaux et sanitaires
traités dans le cadre de ce travail.
De ces travaux, il faut retenir que l’agriculture a toujours été une
préoccupation pour les pays africains qui ont chacun développé des stratégies
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Pratique des cultures maraîchères sur les berges du Lac Dang (Nord-Cameroun)
propres. S’inscrivant dans la même logique que ces auteurs, il s’agit de traiter de
la production maraîchère comme la tomate, le poivron et les légumes dont la
pratique est intensive sur les bords du lac de Dang. Ces cultures maraîchers sont
tellement développés que la production n’est pas seulement distribuée au niveau
régional ou sur l’ensemble du territoire Camerounais, mais aussi, vers les pays
frontaliers comme le Tchad et la République Centrafricaine. Son apport est donc
très significatif pour les paysans. Cependant, au de là de ces aspects positifs,
soulignons que ce maraîchage laisse aussi des empreintes négatives sur ce
microenvironnement lacustre. C’est d’où la question de savoir : Quels sont les
enjeux socio-environnementaux et sanitaires de la pratique des cultures de
tomates, poivron et légumes sur les abords du Lac de Dang ?
4. Méthode
Ce travail est la résultante d’une observation directe de cet environnement
lacustre et des enquêtes auprès des paysans que nous avons interrogés à partir
d’un tirage aléatoire. En effet nous avons tiré au hasard 97 maraîchers pour
comprendre comment se pratique le maraîchage sur les berges de ce Lac. Dans cet
échantillon, on dénombre 63 hommes et 34 femmes. Sur les 97 maraîchers, 26
travaillaient en couple et parfois même accompagnés de leurs enfants. Les enfants
aident les mères à garder les plus petits qui généralement allaitent encore. Les
observations directes nous permis de voir l’impact immédiat des activités
agricoles sur le sol avec des espaces rendus nus par l’action anthropique et des
racines des arbres exposées à l’air libre par le ruissellement de l’eau suite à la
technique de billonnage. Pour voir l’impact environnemental et sanitaire nous
nous sommes aussi appuyés sur les travaux de recherches produites au
Département des Sciences alimentaires et nutritionnelles de l’INSA I sur la
localité de Bini-Dang, notre site d’étude et des articles produits sur le maraîchage
à Ngaoundéré donc les recherches mettaient l’accent sur les contraintes de
production et risques sanitaires. Il exploite aussi les résultats de deux rapports de
terrains menés par les étudiants du Département de Géographique de l’Université
de Ngaoundéré durant l’année académique 2007/2008 dont les thèmes traitaient
de l’impact socio-économiques de la localité de Bini-Dang. Les données
pluviométriques de la station pluviométrique de Ngaoundéré de 1979 à 2000 ont
également été prises en compte dans ce travail.
5. Resultats
5.1. Bini et les abords du Lac de Dang : un cadre aux caractéristiques physiques et
humaines propices à la production du maraîchage
Depuis le décret présidentiel N° 2007 / 115 du 13 avril 2007 portant
création des communes au Cameroun, Bini site du présent travail, fait partie
intégrante de l’arrondissement de Ngaoundéré III ème, petite localité située entre
7° 20' et 7°25' de latitude Nord et entre 13° 30' et 13°35' de longitude Est. Il est
limité au Nord par le lac de Dang au Sud par Manwi et Mbi-Djoro, à l'Est par le
campus Universitaire et à l'Ouest par la rivière dite « Bini (Figure1). Cette zone
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Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
immerge dans un climat tropical soudanien d'altitude où l'humidité est importante
(Bring, 2005). Il a deux saisons : une longue saison de pluie qui dure d'avril
jusqu'au mois d'octobre et une saison sèche qui va novembre à mars.
Les précipitations sont abondantes avec environ 1500mm de pluies par an.
C’est ce qui amène Bring (2005) à qualifier le climat de la région d’une instabilité
séculaire et fait une analyse du temps par les paysans. Pour Tsaléfac (1979), le
Nord-Cameroun est régulièrement soumise aux aléas climatiques : sécheresse,
inondations, qui en font l’une des régions à haut risque climatique pour le
Cameroun. Pris dans son ensemble, le plateau de l’Adamaoua présente des
altitudes élevées. Ce qui lui donne un climat relativement frais compris entre 22 et
25 degrés.
La végétation caractéristique est la savane arborée ou arbustive. Le lac qui
se trouve à l'extrémité de Bini constitue une étendue d'eau intarissable où les
habitants pratiquent les activités économiques, notamment l’agriculture et la
pêche (Figure1). Sur cette figure, nous avons au centre le Lac et tout autour se
présente une auréole e demi-cercle, constituant les espaces de pratiques du
maraîchage.
En effet, les berges des cours d'eau très fertiles et toujours humides,
offrent la possibilité aux habitants de pratiquer les cultures vivrières qui
ravitaillent toute la localité pendant la saison sèche. Ce terroir de Bini est
caractérisé par des sols ferralitiques de couleur rouge brun foncé avec pour
matériel type le granite et le basalte. (Tchotsoua, 2005) et (Ngounounou ,2001)
révèlent aussi que la fertilité de ces sols est liée à l’aptitude des cendres
volcaniques à assurer la libération des éléments minéraux nutritifs des plantes sur
plusieurs années. Ainsi, grâce à ces atouts physiques issus de la particularité des
sols et surtout la présence du Lac de Dang (Fig.1), se sont développé les cultures
maraîchères (tomates, poivrons, légumes, patates et maïs) qui constituent
aujourd’hui un appoint socio-économique important.
Ce lac situé au Nord du Campus de l’Université de Ngaoundéré est à
N°7,42692° de latitude Nord et à E0 13,55386° de longitude Est. C’est sur les
bords de ce Lac que les paysans vont se mettre à l’œuvre pour valoriser les
cultures maraîchères (tomates, poivrons et légumes) dont les conditions
pluviométriques sont favorables (Fig. 2).
5.2. L’agriculture maraîchère aux abords du Lac Dang, un enjeu socio-
économique important pour les populations et pour le dynamisme des maraîchers
Le maraîchage sur les rives du Lac de Dang est l’œuvre d’une tranche
dynamique de la population non estudiantine. Les principaux acteurs sont des
immigrants Bamoums (originaires de l’ouest-Cameroun) qui représentent les 95%
des 97 des paysans enquêtés. Or jusqu’en 1982, Bini était un village modestement
peuplé d’environ 200 habitants selon les archives de la sous –préfecture de
Ngaoundéré de 1982. Le véritable essor s’est amorcé en 1982 avec le début des
travaux de construction du centre universitaire de Ngaoundéré. Ainsi la
population de Bini n’a cessé de croître dès lors à cause de l’immigration de la
main d’œuvre pour les travaux de construction et le personnel du centre
universitaire, sans omettre de souligner les activités parallèles.
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Pratique des cultures maraîchères sur les berges du Lac Dang (Nord-Cameroun)
Fig. 1. Site d’étude.
(Source : Laboratoire de Géomatique, Université de Ngaoundéré, 2009)
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Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
0
500
100 0
150 0
2000
2500
3000
197 9 19 8 0 19 81 1982 198 3 19 8 4 198 5 19 9 0 19 91 1992 199 3 19 9 4 20 00
ANNEE
Précipitations
Moyenne
Fig. 2. Courbe d’évolution des précipitations de Ngaoundéré, des années 1979 à 2000.
(Source : Relevés pluviométriques à la fin 2006, SODECOTON)
De 294 habitants non -estudiantins en 1982, elle est passée à 874 habitants
en 1996, 981 habitants en 1998, 3073 en 2003 et à 4320 habitants en 2007
(Tableau 1) d’après les rapports statistiques(2007) de l’ex-commune rurale de
Ngaoundéré.
Tableau 1. Evolution de la population non estudiantine de Bini-Dang de 1982 à 2007.
Année 1982 1996 1998 2003 2007
Population non
estudiantine
294 874 981 3073 4320
Source : Archives de la sous-préfecture de Ngaoundéré et Mairie de Dang, 2008
Les cultures maraîchères comme la tomate, le poivron et les légumes se
sont développées sur les bords du Lac par l’apport du savoir faire d’un peuple
très dynamique, constitué des paysans venus des grassfields. Dès lors le système
agricole à Bini va entrer dans l’agriculture de marché avec une production tournée
vers la satisfaction non seulement des populations locales non agricoles
composées d’étudiants de plus en plus nombreux, tout le Grand-Nord du
Cameroun, mais aussi du Tchad et de la République centrafricaine. Les tomates,
poivrons et légumes (solanum nigrun) qui occupent une place de choix, sont plus
cultivés parce qu’ils ont un cycle de maturation assez court.
En effet, la tomate arrive en maturité après deux mois de gestation
(photo1). C’est pourquoi les paysans la cultivent trois fois dans l’année. Le climat
n’est pas un facteur limitant pour cette plante qui profite du microclimat dû à la
proximité du Lac. Cependant, le poivron (photo 2), contrairement à la tomate dure
un peu plus longtemps entre 9 et 10 mois. Tout comme le Solanum nigrun encore
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Pratique des cultures maraîchères sur les berges du Lac Dang (Nord-Cameroun)
appelé « zoum » ou « Woula hada » en langue locale qui ne prend qu’un mois et
demi pour être récolté.
Photo 1. Champ de tomates sur les
berges du La de Dang, juin2008.
Photo 2. Champ de Poivrons sur les
berges du Lac de Dang, juin 2008.
Pour y parvenir, les paysans ont combiné les techniques modernes de
fertilisation des sols et les techniques traditionnelles basées sur le billonnage. La
jachère est très peu utilisée par les paysans qui préfèrent l’assolement parce que
les abords du Lac sont exploitables presque toute l’année. Ce qui à long terme
porte préjudice au sol qui va se dépouiller de toutes ces substances nutritives.
95% des maraîchers connaissent les phénomènes d’assolement tous les deux ans.
Pour les paysans interrogés, cette technique de rotation de culture impacte sur les
rendements agricoles.
D’autant plus que les plantes ne tirent pas les mêmes nutriments du sol, et
peuvent alors récupérer les qualités originelles entre deux passages d’une plante.
Pour ce qui est de l’usage des fertilisants modernes comme les engrais, les
paysans utilisent du NPK 20 10 10. Ces engrais sont adéquats pour le maraîchage
(Sonchieu Jean, 2002). En principe, pour lui, l’engrais NPK 20 10 10 dont les
caractéristiques sont les suivantes : contenant du soufre NPK 20-10-10 (+18
SO3), 20 % d'azote (N) total, 10 % d'anhydride phosphorique (P2O5) soluble,
dans le citrate d'ammonium neutre et dans l'eau, 10 % d'oxyde de potassium
(K2O) soluble dans, l'eau, 18 % d'anhydride sulfurique (SO3) total, dont 9 %
d'azote (N) ammoniacal, dont 11 % d'azote (N)uréique, dont 9 % d'anhydride
phosphorique (P2O5) soluble dans l'eau, Densité : 1.00 +/- 0.05, est
indispensable à la croissance des plantes.
Pour lutter contre les attaques (insectes et vers de terres) de ces cultures
maraîchères, les paysans administrent aux plantes une pulvérisation contenant un
mélange du Cypercal 12 et du Planineb 80wp. Toutefois certains paysans utilisent
les intrants naturels généralement issus des déchets ménagers, de la bouse animale
ou de la fiente de la petite volaille. Ces cultures maraîchères se pratiquent suivant
un calendrier bien défini pour éviter toute anticipation ou retard dans la mise sous
terre des plants comme le précise le tableau 2. Ce tableau montre comment se
déroule une saison de production maraîchère sur une durée de 12 mois.
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Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
Tableau 2. Calendrier annuel de la pratique de la culture maraîchère sur les berges du Lac
de Dang
(Source : Enquête de terrain, juin 2008)
Culture/mois J F M A M J J A S O N D
Tomate X x X x / / / / x x x X
Poivron X X X X X x / / / x x x
Solanum x X x X x X x x x x x x
Nous notons par (X) la plante cultivé et par (/) la plante non cultivé. La
période allant par exemple de juin à septembre montre que la tomate, les poivrons
et la Solanum négrum sont rares et cette période correspond au moment où les
pluies sont abondantes. Le niveau des eaux atteint les berges du Lac et détruit les
récoltes, excepté le zoum qui résiste souvent à ce phénomène d’inondation.
Toutefois, la difficulté majeure des paysans se situe au niveau de
l’acquisition des intrants devenus extrêmement chers. D’après les paysans, un
sachet du NPK 20 10 10 coûte t à 22 000 Fcfa, celui du cypercal 12 à 3000 Fcfa,
celui du Plantinèb 80wp et Manèb à 5000Fcfa. Ce qui fait que la grande partie de
la récolte est destinée à ces dépenses. Néanmoins les paysans estiment trouver
leurs comptes. En effet en termes de gains, ces cultures maraîchères sont
productives. Lorsque la saison de pluies est abondante, les prix grimpent sur le
marché. Pendant la période allant d’Août à septembre, le prix moyen d’un carton
de tomates est estimé entre de 7000 et 7500 Fcfa, celui du poivron à 3000 Fcfa.
Pendant la période allant d’octobre à avril, moment où la production est élevée, le
prix moyens du carton de tomate oscille entre 2500 et 3000Fcfa. Le tableau
synoptique suivant nous précise davantage les gains résultants de la pratique de
ces cultures sur les berges du Lac de Dang en fonction des superficies, des prix
moyen par carton ou en sac. Notons que ces superficies n’ont pas été
systématiquement levées, mais estimées à partir des descentes sur le terrain et des
déclarations des maraîchers interrogés.
Tableau 3. Productions, rendements et revenus annuels des paysans
(Source : enquête de terrain, juillet 2008)
Culture
maraîchère
Superficie
en m2
Rendements par
Carton ou Sac
Prix moyen
par Sac ou
carton
Gains
Tomates 1000 150 cartons 7000Fcfa 1050000Fcfa
Poivrons 150 11 cartons 3000Fcfa 330000Fcfa
Solanum
nigrum 100 10 sacs de 50 Kg 2500Fcfa 250000Fcfa
Nous notons à la lumière de cette grille que la culture maraîchère sur les
bords de ce Lac est productrice des richesses, car sa commercialisation ne se
limite pas seulement à Bini et ses environs, mais va au delà des frontières
nationales (Tchad, RCA).
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Pratique des cultures maraîchères sur les berges du Lac Dang (Nord-Cameroun)
Photo 3. Tomates et poivrons sur le
marché de Dang-Bini.
Photo 4. Chargement des tomates et poivrons
dans une voiture en partance pour le Nord.
Ces produits maraîchers sont très prisés par la population locale composée
en grande partie par les étudiants. Ce qui est une motivation supplémentaire pour
les maraîchers qui, parfois n’attendent même plus que les plantes atteignent leur
maturité pour les récoltés.
5.3. Les conséquences socio-environnementales et sanitaires liées à la pratique du
maraîchage sur les berges du Lac de Dang
L’exploitation intense des abords du Lac Dang par les maraîchers a conduit
à des effets néfastes sur le sol, le lac et les populations. C’est essentiellement les
effets de l’érosion et de la pollution du Lac. Ces effets de l’érosion ont causé la
dégradation et l’appauvrissement des sols. Ces rives où se cultivent les produits
maraîchers sont particulièrement prédisposées à l’érosion hydrique en raison de la
nature des sols qui sont meubles et du relief qui est accidenté. En effets, les
paysans exploitent les pentes pour l’agriculture en aménageant des billons et
sillons tout en débarrassant le tapis végétal du sol qui s’y trouve. Les sols nus
subissent alors les effets des gouttes de pluie, puis que le climat jusque là, est
encore favorable avec des précipitations abondantes. Les premières gouttes
s’infiltrent dans le sol plus aisément d’autant plus qu’il est meuble et que sa
porosité est élevée. A la suite de cette phase, s’accompagnent le déplacement des
particules et le tassement du sol. Alors on peut constater une accumulation de
terre en dessous des arbres, une exposition à l’air des racines d’arbres. Ce qui
entraîne une dispersion des terres arables. Les inondations répétées entre les mois
d’août et septembre en sont une illustration. Ces inondations sont provoquées par
les eaux de ruissellement suite à la réduction de la capacité d’infiltration des sols
dégradés. Et cela pourrait à la longue causer des préjudices aux maraîchers.
L’appauvrissement du sol n’est pas en reste. Il est dû à la surexploitation
des berges cultivables et à l’usage abusif des intrants. Les paysans exploitent les
terres rendant alors leurs propriétés hydriques très faibles. Une fraction
importante de la pluie ruisselle et n’est plus utilisable par la plante. Ce qui réduit
la productivité. Parallèlement, ce ruissellement accentue la diminution de la
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Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
76
teneur du sol en humus et éléments nutritifs. Ainsi la capacité de rétention en eau
diminue et la stabilité structurale du sol décroît.
En outre, les observations de terrain nous montrent que l'emploi des
intrants dans la culture maraîchère à Bini est important. Son effet positif ne se
limite pas seulement à la hausse des rendements, mais contribue dans une large
mesure à améliorer la qualité des aliments tout en établissant les bases du
développement agricole de cette localité. Par ailleurs, l'engrais entraîne la
fertilisation et l'amélioration des sols. L'utilisation normale de cette dernière
contribue à rendre le sol plus friable, plus apte à la culture et permet d'avoir une
forte capacité de rétention en eau. Il renforce également l'efficacité de
l'exploitation tout en améliorant la qualité des cultures.
L'usage d'engrais aura un impact favorable sur la culture et sa maturité, sur
la consistance et sur les caractéristiques de certaines cultures maraîchères. La
fertilisation en engrais conserve l'eau et stimule la purification de l'air. Un champ
stimulé par la fertilisation est synonyme de plus d'air frais pour l'homme. Ainsi,
l'efficacité d'utilisation de ce dernier par les cultures ne doit pas dépasser 50%,
sinon le surplus ne sera que source des dégâts. Cependant, il est à noter que les
intrants ont des conséquences importantes. Ils ralentissent les capacités du sol à se
réguler et perturbe ainsi le cycle biogéochimiques de l’azote et du phosphore qui
sont essentiels pour les tomates, les poivrons et les légumes (Anderson, 2008).
Ainsi de l’avis des chercheurs de l’IRAD 1 les intrants utilisés par les paysans de
Bini dans le maraîchage, à savoir les NPK 20 10 10, le planineb ou Cypercal
renferment des traces de nombreux métaux et métalloïdes toxiques qui parfois
s’accumulent dans des horizons supérieurs du sol en l’empêchant de respirer.
Généralement comme Dang est en milieu humide, les sols connaissent une
prolifération des micro-organismes, ennemis des cultures; les paysans traitent les
plantes avec un taux élevé de pesticides en faisant fi des normes à respecter. Or il
faut toujours amender le sol corriger les déséquilibres du sol par des
amendements agissant sur la structure physique du sol. Les engrais ou fertilisants
1 Institut de recherche agricole pour le développement au Cameroun
Photo 5. Sols rendus nus par l’action de
l’homme.
Photo 6. Racines d’un arbre exposées à
l’air libre par le ruissellement de l’eau.
Pratique des cultures maraîchères sur les berges du Lac Dang (Nord-Cameroun)
77
ne viendront tout simplement que pour modifier la structure chimique afin de
permettre aux plantes d'absorber les éléments nutritifs. Une fois la terre améliorée,
on peut fertiliser si nécessaire et les plantes vont donc puiser leur alimentation
dans ce sol rééquilibré. Il n'est donc pas nécessaire d'apporter de l'engrais tant que
les cultures n'auront pas épuisé la terre. Ce qui n’est pas le cas dans notre site
d’étude où ces principes de bases ne sont pas du tout respectés. D’ailleurs les
maraîchers n’acceptent pas les conseils de l’encadrement technique agricole selon
les responsables du poste agricole et d’élevage de Dang. Cela se justifie par le fait
que les immigrants bamoums, promoteurs de cette culture viennent généralement
déjà avec leurs semences, leurs outils de travail, les pesticides pour la pratique de
cette agriculture. Leur déplacement n’est pas un fait du hasard, mais une
destination bien ciblée pour la pratique du maraîchage. Ainsi ils restent fermés à
toute tentative d’encadrement technique. Or, le manque de précisions dans l’usage
des produits de synthèse induit des effets néfastes pour la santé des populations
consommatrices. Par exemple un champ de tomate traité au Plantinèb devrait faire
deux semaines avant d’être récolté. Or, c’est la chose la moins partagée à Bini, car
le paysan parfois impatient n’attend pas ce délai. Une étude menée par un
chercheur de l’ENSAI2 (Sonchieu Jean, 2002) cité par (Simeu et Fifiri, 2008),
montre « une concentration élevée de manèb dans les tomates non lavées (6,20
ppm2) et moyenne dans les tomates lavées (5,98 ppm) au 14
ème
jour du délai de
carence. Ces deux valeurs restent supérieures à la norme FAO (1995) qui est de 5
ppm. La consommation des tomates produites à Dang présente ainsi des risques
d’intoxication, et pourtant la tendance est à la généralisation de la pratique auprès
des producteurs de la ville ». Ce qui n’est pas du tout intéressant pour les
consommateurs qui l’ignore. Elles peuvent être nous l’avons dit, sources des
problèmes de santé car selon Agrodock pesticides (1989), cité par Simeu et Fofiri
(2008), Plantinèb 80 WP, Manèb 80% entraine à long terme des Embryologiques,
mutagène, anomalies cérébrales et congénitales. Il en n’est de même de la
pollution du lac.
La pollution du Lac de Bini n’est certes pas liée exclusivement à la
pratique des maraîchers sur les berges du Lac. Mais, elle est aussi due aux eaux
souillées de la cité universitaire située en amont de ce lac. Toutefois, ce qui est
important ici, c’est de noter que les paysans, après les récoltes déversent
entièrement les déchets des champs sur les berges du lac entraînant alors la
souillure des eaux. Certes, des études pointues n’ont pas encore été menées à
notre connaissance sur les eaux du lac. Mais, ce lac reçoit une importante quantité
de déchets, des pesticides et des intrants utilisés du fait de ruissellements des eaux
de pluie. Car, ces eaux transportent de nombreuses particules chargées
d’éléments polluants et qu’en plus du sable, du limon et de l’argile, l’eau se
charge des blocs de terre contenant aussi des fertilisant qu’elle dépose au fond de
ce lac. Ce qui pourrait avoir des enjeux néfastes sur la flore et la faune aquatiques
de ce Lac (photo 7et 8). Comme le dit Von Humboldt: «Tout ce qui va à
l’encontre de la nature est injuste, mauvais et ne résiste pas au temps». Donc la
2 Ecole Nationale Supérieure des sciences agro-industrielles.
Daniel Valérie BASKA TOUSSIA, Violeta PUŞCAŞU
78
situation est encore saisissable pour le cas du Lac de Dang, si tous les acteurs
comprennent la nécessité de le préserver.
ts des
réco juin 2008
Photo 8. Quelques poisons, produits du
Lac de Dang, juin 2008.
Phot
6. Perspective et conclusion
En conclusion, les maraîchers œuvrant sur les berges du Lac de Dang se
devraient de comprendre les longanimités de l’environnement lacustre dans lequel
ils pratiquent leurs activités agricoles avec pour nécessité, la limitation des
conséquences socio-environnementales et sanitaires. Puis que le climat est très
favorable à la pratique du maraîchage, les paysans doivent limiter l’usage abusif
des intrants chimiques qui constituent des dangers pour l’environnement lacustre
de Bini et des risques sanitaires pour les consommateurs. Les autorités locales
doivent sensibiliser davantage les paysans à faire un usage à bon escient des
abords du Lac en attirant l'attention sur les techniques de billonnage et être à
l’écoute des techniciens agricoles chargés de les accompagner pour améliorer les
productivités comme le précise les documents de stratégiques nationales relatifs
aux activités agricoles. Notamment, la mise en valeur des terres en supposant au
préalable la connaissance de ces sols à une échelle appropriée de façon à affecter
des unités de sol aux utilisations pour lesquelles elles sont le plus aptes. Ce qui
n’est pas toujours le cas et peut donner lieu à des dégradations de toute nature.
L’objectif global étant de contribuer à l’augmentation de la production maraîchère
par une gestion restauratrice et conservatrice de la productivité des sols les plus
sensibles, y compris les berges des environnements lacustres et les bas-fonds.
Ceci passe par un renforcement de la couverture pédagogique du territoire,
notamment celui du Nord-Cameroun.
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Daniel Valérie BASKA TOUSSIA,
ENS-Université de Maroua, Cameroun
E-mail: baskatoussia@yahoo.fr
Violeta PUȘCAȘU
Université «Dunărea de Jos», Roumanie
E-mail: violeta.puscasu@ugal.ro
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Article
Le maraîchage, introduit dans le Nord-Cameroun par les Bornouans, était d'abord limité à la production du tabac, du piment et de l'oignon. L'amélioration des voies de communication et la croissance urbaine ont été à l'origine d'une diversification et d'un développement des cultures maraîchères dans les environs de Maroua : l'oignon puis les "plantes à sauce" et les légumes européens. Le maraîchage fournit un bel exemple de développement spontané, qui sait s'adapter très rapidement aux conditions du marché. (Résumé d'auteur)
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