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Enquête de couverture vaccinale des enfants de 18 à 24 mois en Fédération Wallonie-Bruxelles (Bruxelles exceptée) 2015. E. Robert et B. Swennnen, Provac-ULB, Ecole de Santé Publlique ULB. Rapport 2015

Authors:

Abstract and Figures

Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB-Provac – 2015
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Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB-Provac 2015
Emmanuelle Robert
Béatrice Swennen
PROVAC-ULB - ÉCOLE DE SANTÉ PUBLIQUE
Route de Lennik 808 1070 Bruxelles
Emmanuelle Robert Tél. : 02 555 40 24 emrobert@ulb.ac.be
Béatrice Swennen Tél. : 02 555 40 76 bswennen@ulb.ac.be
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Remerciements
Nos remerciements s’adressent tout d’abord aux nombreux parents qui ont accepté de participer à l’enquête et d’avoir
reçu à domicile un enquêteur. Nous remercions les 49 collèges échevinaux qui nous ont fait parvenir le listing d’enfants
domiciliés dans leur commune.
Cette enquête n’aurait pu être réalisée sans la collaboration de l’ONE et de ses nombreux travailleurs médico-sociaux
qui se sont déplacés au domicile des parents pour récolter les informations.
Le financement a été assuré par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Liste des différentes abréviations et noms de vaccins utilisés
BDMS Banque de données médico- sociales de l’ONE
CSS Conseil supérieur de la santé
DS Déviation standard
DTPa Vaccin Diphtérie-Tétanos-Coqueluche acellulaire
FWB Fédération Wallonie Bruxelles
Hib Vaccin Haemophilus Influenzae de type b
IC 95% Intervalle de confiance à 95%
IPV Vaccin Polio injectable
MénC Vaccin contre les infections à Méningocoque C
n Nombre de cas
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONE Office de la Naissance et de l’Enfance
PMI Protection maternelle et infantile
Pn Vaccin Pneumocoque conjugué
RRO Vaccin Rougeole, Rubéole, Oreillons
TMS Travailleur(se) médico-social(e)
ULB Université libre de Bruxelles
VHB Vaccin hépatite B
Vaccin tétravalent Vaccin contre 4 maladies : diphtérie, tétanos, coqueluche et poliomyélite (DTPa-IPV)
Vaccin hexavalent Vaccin contre 6 maladies : diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite B, poliomyélite et Hib
( DTPa-VHB-IPV-HiB)
Vaccin pentavalent Vaccin contre 5 maladies : diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite et Hib
(DTPa-IPV-HiB)
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Contenu
1. INTRODUCTION 5
2. OBJECTIFS DE L’ÉTUDE 7
3. MÉTHODOLOGIE ET POPULATION CIBLE 7
3.1 DONNÉES DÉMOGRAPHIQUES LOCALES 7
3.2 ÉCHANTILLONNAGE 8
3.3 CADRE INSTITUTIONNEL DE LENQUÊTE 8
3.4 ENQUÊTEURS 8
3.5 DÉROULEMENT DE LÉTUDE 8
3.6 QUESTIONNAIRE 9
3.7 TRAITEMENT STATISTIQUE DES DONNÉES 9
3.8 CALENDRIER DE LENQUÊTE EN 2015 9
4. CALENDRIER VACCINAL DES NOURRISSONS EN FWB EN 2010 9
5. RÉSULTATS 11
5.1 DESCRIPTION DE LÉCHANTILLON ET TAUX DE PARTICIPATION 11
5.2 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES PARENTS 12
5.3 DOCUMENT VACCINAL 15
5.4 COUVERTURE VACCINALE 15
5.4.1 Couvertures vaccinales par maladie et seuils critiques d’immunité collective 15
5.4.2 Couvertures vaccinales et types de vaccins utilisés 17
5.4.3 Vaccination complète selon le schéma recommandé par la FWB 17
5.4.4 Évolution des couvertures vaccinales entre 2012 et 2015 18
5.4.5 Couvertures vaccinales comprenant les refus 18
5.5 RESPECT DES DATES ET RAISONS DE NON-VACCINATION 19
5.5.1 La vaccination Hexavalente 19
5.5.2 La vaccination Pneumocoque 20
5.5.3 Proportion d’enfants vaccinés et respect du calendrier pour Hexa1, Pn1 et Hexa3, Pn2 21
5.5.4 La vaccination contre la Rougeole, la Rubéole et les Oreillons 22
5.5.5 La vaccination contre le Méningocoque C 23
5.5.6 Rotavirus 25
5.5.7 La vaccination varicelle 25
5.6 VACCINATEURS DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES 25
5.7 SIMULTANÉITÉ DES INJECTIONS 26
5.8 ANALYSE DES COUVERTURES VACCINALES EN FONCTION DE DIVERSES VARIABLES 27
5.8.1 Couverture vaccinale en fonction du niveau d’études de la mère 27
5.8.2 Couverture vaccinale en fonction de la nationalité d’origine de la mère et âge de la mère 27
5.8.3 Couverture vaccinale en fonction de la parité 28
5.8.4 Couverture vaccinale en fonction des revenus familiaux 28
5.8.5 Couverture en fonction du temps de travail de la mère 28
5.8.6 Couverture et fréquentation d’une consultation ONE 28
5.8.7 Couverture complète et prédicteurs 29
5.8.8 Suivi des vaccinations Hexavalente et Pneumococcique 29
5.9 RECOURS MÉDICAL POST-VACCINAL POUR RÉACTIONS INDÉSIRABLES 30
5.10 ESTIMATION DE LIMPORTANCE DU REFUS DE VACCINATION 31
5.11 OPINIONS ET CONNAISSANCE DES PARENTS SUR LA VACCINATION 33
5.12 TAUX DE PÉNÉTRATION DES DOCUMENTS « VACCINER ? MIEUX COMPRENDRE POUR DÉCIDER » ET « LES RENDEZ-
VOUS DES VACCINS » 33
5.13 CONSULTATION POUR ENFANTS (ONE) 34
B/ DIVERS 35
5.14 SUIVI DE GROSSESSE EN PROTECTION MATERNELLE ET INFANTILE 35
5.15 INFECTIONS AYANT NÉCESSITÉ UNE NUITÉE À LHÔPITAL 36
5.16 PRÉVALENCE DE LALLAITEMENT MATERNEL POUR LES ENFANTS NÉS EN 2013 37
6. DISCUSSION 38
7. RECOMMANDATIONS 42
7.1 AMÉLIORER LA SIMULTANÉITÉ DES INJECTIONS ET LE RESPECT DU CALENDRIER 42
7.2 PARLER EN TERMES DE SEMAINES ET NON EN TERMES DE MOIS 42
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7.3 MEILLEUR SUIVI DES DOSES À ADMINISTRER APRÈS LÂGE DE 12 MOIS 42
7.4 MEILLEURE COMMUNICATION AUX PARENTS 42
8. LIMITES ET DIFFICULTÉS RENCONTRÉES 43
8.1 LA CONSTITUTION DE LÉCHANTILLON 43
8.2 LE CHOIX DES ENQUÊTEURS ET LEUR ADHÉSION AU PROJET 43
9. LES POINTS ESSENTIELS DE L’ENQUÊTE 45
10. INDEX DES TABLEAUX 46
11. INDEX DES FIGURES 47
12. ANNEXE 47
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1. Introduction
La couverture vaccinale des nourrissons est l’un des indicateurs principaux qui permet de suivre de près l’évolution et
l’adéquation du programme de vaccination. Les données présentées dans ce rapport sont issues de la dixième en-
quête réalisée depuis 1989. Cette enquête a pour principal objectif d’évaluer la couverture vaccinale des enfants âgés
de 18 à 24 mois résidant en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les objectifs secondaires visent d’une part la mise en
évidence éventuelle de l’existence de sous-groupes d’enfants dont la couverture vaccinale serait moins bonne et
d’autre part la recherche d’éléments opérationnels permettant d’améliorer la qualité du suivi du calendrier vaccinal
recommandé.
Dans cette logique, suite aux constatations faites lors de l’enquête idoine réalisée en 2012, une première recomman-
dation faite visait l’amélioration du suivi des doses administrées après l’âge de 12 mois. En effet, un effondrement de
couvertures entre les 3ème et 4ème doses de vaccins hexavalent et pneumoccocique avait été constaté. Cette déperdi-
tion clairement identifiée comme liée à des raisons opérationnelles et non à un refus ne trouvait pas d’explication
particulière si ce n’est l’hypothèse de négligence et de moindre attention tant de la part des parents que des profes-
sionnels de santé. Nous verrons si cette déperdition, impactant sur le niveau de couverture complète, se confirme
cette année.
Dans le même sens, l’amélioration du respect de la simultanéité des injections prévues lors d’une même séance était
recommandée car trop souvent les vaccins tout particulièrement ceux des 4ème et 5ème séances n’étaient pas adminis-
trés lors de la même visite médicale. Ce constat touchait plus particulièrement la médecine privée. Nous verrons dans
quelle mesure cet objectif d’une meilleure adéquation entre le schéma recommandé (en respectant les écarts inter-
doses et le nombre de séances prévues) et la pratique des médecins est atteint. Car en effet, l’un des risques quand
la simultanéité n’est pas respectée est de voir augmenter le nombre d’oublis ou de reports de rendez-vous et par
conséquent, d’entraîner des schémas incomplets qui pourraient être assez simplement évités. L’étalement du schéma
par l’augmentation du nombre de rendez-vous entraîne à la fois un non-respect du calendrier recommandé mais aussi
un surcoût tant pour les parents que pour la sécurité sociale.
En 2012, les enfants suivis par l’ONE présentaient une meilleure couverture vaccinale que ceux suivis en médecine
privée. Cet indicateur était d’ailleurs le plus discriminant de tous ceux relevés dans l’enquête. Car en effet, depuis
plusieurs années, les indicateurs sociodémographiques ne montrent pas de différence de couverture en fonction d’un
gradient socio-économique. Autrement dit, la vaccination des jeunes enfants ne semble plus depuis quelques années
influencée par le milieu dont ces enfants sont issus. Ce constat indique que le programme mis en place depuis plu-
sieurs décennies est probablement arrivé à gommer les inégalités sociales en matière de vaccination. Ce constat
réalisé alors se pérennise-t-il ?
Étant donné la stabilité du schéma vaccinal - celui-ci n’ayant plus subi d’introduction ou de déplacement de vaccins
depuis 2009 - il est plus facile de mettre en évidence l’existence de schémas « particuliers ». Ceux-ci sont, en général,
dus au rejet de l’un ou l’autre vaccin faisant partie d’un vaccin combiné (nous pensons principalement à l’hépatite B
dans le vaccin hexavalent). En 2012, nous avions établi que les parents choisissant une vaccination « à la carte »
appartenaient plus souvent à un milieu favorisé (financier ou scolaire), souvent plus à même à se forger une opinion
personnelle sur les questions sanitaires. Cette enquête est l’occasion de confirmer ou d’infirmer ces différents com-
portements en fonction des caractéristiques socio-démographiques ou en fonction des différents types de vaccinateurs
fréquentés.
Depuis quelques années, et certainement depuis la crise de la grippe A H1 N1 de 2009, un vent de méfiance souffle
sur la vaccination en général. De plus en plus de parents semblent être à la recherche d’informations rigoureuses et
surtout indépendantes des firmes pharmaceutiques. Différents fascicules s’adressant aux parents sont édités par la
FWB et distribués par les différents types de vaccinateurs. Or, lors des enquêtes précédentes, nous constations que
très peu de parents avaient reçu ces différents documents et se plaignaient d’un manque d’information claire sur la
vaccination. La brochure « Vacciner ? Mieux comprendre pour décider » n’avait été vue en 2012 que par 18% des
parents. En 2013, 45.000 exemplaires de la brochure mise à jour, ont été imprimés, dont 25.000 remis à l’ONE pour
diffusion auprès des consultations et des milieux d’accueil. Il nous a paru, par conséquent, utile de mesurer si les
parents recevaient plus souvent des informations de la part des professionnels de santé sur la vaccination dans son
ensemble et si celles-ci les satisfaisaient.
Lors des précédentes enquêtes, la réelle opposition aux vaccinations était très faible, qu’en est-il aujourd’hui ? Au
travers de différentes questions, nous allons essayer de mieux cerner une éventuelle résistance à ceux-ci. Il nous a
semblé opportun d’essayer d’investiguer les opinions réfractaires qui circulent à propos de la vaccination dans la
population générale.
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Peu d’études représentatives de l’ensemble de la population fournissent des données concernant le suivi prénatal, il
nous a semblé pertinent d’introduire quelques questions sur cette thématique d’autant plus que la vaccination touche
depuis peu la future mère. En effet, vu la recrudescence de la coqueluche dans la population depuis quelques années,
la vaccination de la femme enceinte et la vaccination cocoon sont recommandées afin de protéger le nourrisson avant
qu’il ne puisse être protégé par sa propre vaccination (après ses 2 premières doses de vaccin). Cette enquête nous a
fourni l’opportunité de mesurer ces différents taux de couverture tant chez la (future) mère que chez le (futur) père.
De la même façon nous avons pu savoir qui sont les médecins qui préconisent et/ou vaccinent le plus souvent contre
cette maladie pendant toute la période périnatale.
Enfin, la question de l’allaitement maternel à la naissance et à la maternité a été envisagée de sorte à se situer par
rapport aux objectifs définis par l’ONE en termes de prévalence.
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2. Objectifs de l’étude
Le principal objectif de l’enquête est de déterminer la couverture obtenue en 2015 pour chacune des doses de vaccins
recommandés dans le calendrier vaccinal, ainsi que le respect de l’âge d’administration de ces doses.
Les objectifs secondaires, quant à eux, sont :
Identifier la répartition des différents vaccinateurs
Vérifier si selon le type de vaccinateur le respect de l’âge d’administration des vaccins et la simultanéité d’ad-
ministration sont observés
Établir les raisons de non-vaccination pour les différentes doses de vaccins ainsi que celles de refus ou de
retard de vaccination
Documenter l’opinion « vaccinale » des parents de façon générale
Mesurer l’impact des données socio-économiques sur la couverture vaccinale
Évaluer la vaccination cocoon
Mesurer rétrospectivement la durée de l’allaitement maternel
Établir le taux de pénétration de la brochure « Vacciner ? Mieux comprendre pour décider » et du feuillet « Les
rendez-vous des vaccins »
Fournir des recommandations en vue d’améliorer les couvertures tant au niveau qualitatif que quantitatif
3. Méthodologie et population cible
L’enquête est basée sur un échantillonnage en grappes avec probabilité de tirage proportionnelle à la taille des com-
munes de la Fédération Wallonie-Bruxelles (à l’exception de Bruxelles). La population est définie par tous les enfants
dont l’âge est compris entre 18 et 24 mois au moment de l’enquête, c’est-à-dire les enfants nés entre le 31 mai et 30
novembre 2013 et résidant en FWB à l’exclusion de la Région de Bruxelles-Capitale. Les enfants non inscrits au
registre de la population ne font donc pas partie de l’étude.
La localisation des grappes s’est faite à partir d’une base de sondage constituée par la liste cumulée des enfants de
0 à 4 ans habitant la Région wallonne au 1 janvier 2014. Cette liste a été fournie par la Direction générale statistique
et information économique (DGSIE).
3.1 Données démographiques locales
Une demande d’obtention de la liste des enfants nés entre le 31 mai et le 30 novembre 2013 et résidant dans les
communes tirées au sort a été adressée aux différents bourgmestres. Une commune a refusé l’enquête et a été
remplacée.
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3.2 Échantillonnage
L’échantillon a été calculé sur base de la couverture vaccinale du Méningocoque C de l’enquête de 2012 (89.6%). Il
est constitué de 55 grappes de 9 enfants chacune. Pour garantir l’obtention du nombre désiré d’enfants, le nombre
d’enfants par grappe a été augmenté d’un nombre de sujets calculé sur le taux de contacts non établis de l’enquête
précédente (13%). Finalement, au sein de chaque grappe, 13 enfants ont été sélectionnés de façon aléatoire sur base
des listes d’enfants fournies par les administrations communales. La taille initiale de l’échantillon est de 715 enfants.
Tableau 1. Communes tirées au sort et participant à l’enquête (entre parenthèses le nombre de grappes in-
cluses quand supérieur à 1)
Ans
Durbuy
Jodoigne
Rixensart
Antoing
Eghezée
La Louvière
Rochefort
Ath
Embourg (Chaudfon-
taine)
Liège (4)
Sambreville (refus)
Bièvre
Etalle
Marchin
Seneffe
Binche
Flémalle
Messancy
Seraing
Bouillon
Frameries
Momignies
Silly
Braine-le-Comte
Frasnes-les-Anvaing
Mons (2)
Sprimont
Braives
Gembloux
Mont-de-l'Enclus
Stavelot
Charleroi (4)
Gerpinnes
Mouscron
Tournai
Chaumont-Gistoux
Herstal
Namur (2)
Verviers
Colfontaine
Herve
Orp-Jauche
Walcourt
Courcelles
Jemeppe sur sambre
Oupeye
Waterloo
Au total, l’enquête s’est déroulée dans 47 communes : 4 grappes ont été tirées au sort respectivement dans la popu-
lation de Charleroi et celle de Liège, 2 grappes à Namur et Mons et 1 grappe dans les autres communes à l’exception
de Sambreville qui a refusé de participer.
3.3 Cadre institutionnel de l’enquête
L’enquête a été coordonnée et réalisée par Provac-ULB dans le cadre d’une convention spécifique avec la Direction
Générale de la Santé de la FWB en collaboration avec l’ONE.
3.4 Enquêteurs
L’enquête a été réalisée par une cinquantaine de travailleurs médico-sociaux (TMS) qui ont été choisis par les inspec-
trices régionales de l’ONE, en fonction de la localisation des grappes issues du tirage aléatoire. Afin de standardiser
le plus possible la collecte des informations par les enquêteurs, une formation leur a été dispensée. Deux séances ont
été organisées au centre de formation de l’ONE à La Hulpe au mois d’avril et de mai 2015. Une enquêtrice indépen-
dante a été engagée pour compléter 4 grappes dont le nombre minimum d’enfants n’avait pas été atteint et pour
réaliser l’entièreté de 15 grappes pour lesquelles l’ONE n’a pu trouver de TMS volontaire ou réaliser l’enquête.
3.5 Déroulement de l’étude
L’enquête s’est déroulée entre le 1er mai et le 15 juillet 2015. La liste des enfants tirés au sort a été fournie aux
enquêteurs. Une lettre de présentation de l’enquête “ sur la petite enfance a été envoyée aux parents quelques jours
avant la visite de l’enquêteur. Sur cette lettre figurait un numéro de téléphone que les parents pouvaient joindre soit
pour poser des questions à propos de l’enquête, soit pour prendre un rendez-vous. Provac se chargeait, par la suite,
de contacter la TMS de la commune pour lui communiquer l’accord et le numéro de téléphone des parents concernés.
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Pour le premier contact, les TMS se sont rendues au domicile de l’enfant. Avant de renoncer à l’enquête chez un
enfant, les TMS se sont assurées d’avoir fait 3 tentatives de visites à des moments différents de la journée.
Si l’enfant a déménagé et habite toujours au sein de la même commune, alors l’enquête se poursuit à la nouvelle
adresse.
Si, au total, trois enfants d’une grappe sont injoignables soit parce qu’inconnus à l’adresse indiquée par la commune
et/ou qu’ils aient déménagé dans une autre commune, ces enfants sont remplacés.
3.6 Questionnaire
Par rapport à l’enquête de 2012, le questionnaire a été revu en fonction des objectifs secondaires.
Le questionnaire de 2015 comporte 57 questions, portant notamment sur :
les raisons d’un refus éventuel de l’enquête
le type de document vaccinal consulté
les dates de vaccination et le type de vaccinateur
les raisons de non-vaccination des vaccins Hexavalent, RRO, Méningocoque, Pneumocoque et Rotavirus
l’éventuelle hospitalisation de l’enfant pour infection
la nécessité d’une consultation médicale pour effets indésirables post-vaccinal
les refus vaccinaux
la réalisation de la vaccination contre la coqueluche pendant la période périnatale
la pénétration de la brochure « Vacciner ? Mieux comprendre pour décider » et du feuillet informatif « les
rendez-vous des vaccins »
l’allaitement maternel y compris la durée de celui-ci
le suivi de grossesse dans une consultation PMI
les caractéristiques socio-économiques familiales de l’enfant.
3.7 Traitement statistique des données
Le masque de saisie et l’encodage des données ont été réalisés avec le logiciel EPI-info version 6.04d, ensuite les
données ont été transférées dans SPSS version 23 afin d’effectuer l’analyse statistique.
3.8 Calendrier de l’enquête en 2015
Janvier-mars Déclaration à la Commission de la Vie Privée
Tirage au sort des communes
Obtention des autorisations communales
Préparation des documents pour les parents
Revue de la littérature
Conceptualisation du questionnaire
Avril Tirage au sort des enfants et encodage de l’échantillon
Envoi de la lettre aux parents
Préparation de la logistique de l’enquête
Formation des enquêtrices
Mai-juin Récolte des données sur le terrain
Masque de saisie
Précodage, vérification qualité de remplissage
Juillet-Août Précodage/Encodage
Septembre-Novembre Analyse des résultats
Rédaction et discussion du rapport
4. Calendrier vaccinal des nourrissons en FWB en 2010
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Le tableau ci-dessous présente le calendrier qu’ont suivi les enfants de l’enquête.
Tableau 2. Calendrier vaccinal 2010
Séance
2010
1
DTPa-IPV-Hib-VHB1 + Pneumo1 + (Rotavirus)
2
DTPa-IPV-Hib-VHB2+ (Rotavirus)
3
DTPa-IPV-Hib-VHB3 + Pneumo2+ (Rotavirus)
4
RRO + Pneumo3
5
DTPa-IPV-Hib-VHB4+ MénC
Depuis 2007, un enfant est considéré comme complètement vacciné à l’âge de 15 mois s’il a reçu :
- 4 doses de vaccin Hexavalent
- 3 doses contre le Pneumocoque
- 1 dose de vaccin contre la Rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO)
- 1 dose de vaccin contre les infections à Méningocoque C (MénC).
Une vaccination complète peut être réalisée par 9 injections étalées sur 5 consultations médicales.
Le vaccin contre le Rotavirus, contrairement aux autres, n’est pas disponible gratuitement même s’il est remboursé
en partie. Les parents doivent donc l’acheter en pharmacie et payer le ticket modérateur (11,80 la dose en 2013).
Celui-ci est administré lors de la première séance de vaccination à 2 mois et la deuxième dose à 3 mois, une troisième
dose à 4 mois est nécessaire pour l’un des deux vaccins (Rotateq®).
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5. Résultats
5.1 Description de l’échantillon et taux de participation
713 questionnaires ont été distribués à une cinquantaine d’enquêteurs professionnels de la petite enfance. Un contact
a été établi avec 88.4% de l’échantillon, soit 630 parents. Dans 83 cas (11.6%) aucun contact n’a pu être établi, soit
pour cause de déménagement hors de la commune, départ en vacances ou personnes introuvables. Une fois le con-
tact établi, le taux d’acceptation concerne 89.2% des parents (562). Pour 68 enfants, l’enquête a été refusée (10.8%).
Autrement dit, le taux de participation est de 78.8%. 97.1% (546) des parents ont pu fournir un document vaccinal.
Figure 1: Distribution de l'échantillon
713
Questionnaires
630 contacts
établis
68 refus 562 enquêtes
acceptées
546
documents
consultés
16 documents
introuvables
83 contacts
non établis
11.6%
89.2%
10.8%
88.4%
97.1%
2.8%
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5.2 Caractéristiques sociodémographiques des parents
Afin de pouvoir vérifier si la couverture dépend ou non des caractéristiques sociodémographiques des parents, il a été
posé des questions sur l’âge de la mère, le temps de travail du ménage, sur les revenus, le niveau d’instruction et sur
la nationalité d’origine et actuelle de la mère de l’enfant, ainsi que sur la composition familiale. Le tableau ci-dessous
présente les caractéristiques socio-économiques de l’échantillon des enfants qui ont participé à l’enquête.
Quand les enfants sont âgés de 18 à 24 mois, l’âge moyen des mères est de 31 ans et 5 mois (DS : 5.3 ans) avec
comme minimum 17 ans et maximum 46 ans. 50% des mères ont moins de 31 ans.
Tableau 3. Caractéristiques de l’échantillon
n
%
Nationalité d’origine de la mère de l’enfant
Belge
414
74.2
Française
19
3.4
Afrique du Nord
32
5.9
Afrique subsaharienne
26
4.7
Autre Europe
35
6.3
Autre
31
5.6
542
Études de la mère
Aucune étude
4
0.7
3.1
Primaire
17
Secondaire inférieur
72
13.0
31.9
Secondaire supérieur
177
Supérieur non universitaire
181
32.6
18.4
Universitaire
102
Autre
2
0.4
Total
555
100
Études du père
n
%
Aucune étude
5
0.9
Primaire
13
2.4
Secondaire inférieur
93
17.4
Secondaire général
201
37.5
Supérieur non universitaire
120
22.4
Universitaire
101
18.8
Autre
3
0.6
Total
536
100
Temps de travail de la mère au moment de l’enquête
Temps plein salarié
152
27.2
Temps partiel salarié
159
28.5
Indépendant
23
4.1
Chômage/CPAS/Invalide/Congé maladie
78
14.0
Congé parental/Pause carrière/congé de maternité
35
6.3
Sans revenu de remplacement
100
17.9
Autre
11
1.9
Total
558
100
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13
Temps de travail de la mère (à 6 mois d’âge de l’enfant)
Temps plein salarié
130
23.3
25.6
4.8
10.8
Temps partiel salarié
143
Indépendant
27
Congé parental/Pause carrière/congé de maternité
60
Chômage/CPAS/Invalide/Congé maladie
87
15.6
18.8
Sans revenu de remplacement
105
Autre
6
1.1
Total
558
100
Revenus familiaux
Un revenu professionnel
87
15.6
Deux revenus professionnels
318
57.0
Un revenu professionnel + un revenu de remplacement
67
12.0
Uniquement avec un ou des revenus de remplacement
79
14.2
Pas de revenu fixe (professionnel ou de remplacement)
4
0.7
Inconnu
-
-
Refus de répondre
3
0.5
Total
558
100
Composition familiale
Couple avec un enfant
165
29.6
Couple avec plusieurs enfants
339
60.9
Seul(e) avec un enfant
14
2.5
Seul(e) avec plusieurs enfants
25
4.5
Autre
18
2.6
Total
557
100
Rang de l’enfant
1
222
39.8
2
192
34.4
3
83
14.9
4 ou supérieur
61
10.9
Total
558
Sexe de l’enfant
Masculin
291
51.9
minin
270
48.1
Total
561
Trois quarts des mères sont d’origine belge. La proportion de mères qui travaillent temps plein (27.2%) est la même
que celles qui sont à temps partiel (28.5%). 14.0% des mères qui sont inactives et bénéficient d’une source de reve-
nus de remplacement. 18% de mères sont sans revenu de remplacement. 57% des enfants vivent dans une famille
qui a deux revenus professionnels alors que 15% des enfants vivent dans une famille qui n’a aucun revenu profes-
sionnel. Au niveau des études, un tiers des mères a terminé le secondaire supérieur. Plus de 50.0% des mères ont
un niveau d’études universitaires ou supérieur. Près de 90% de ces enfants âgés de 18 à 24 mois vivent auprès
d’un couple d’adultes. 7.0 % des familles sont monoparentales. 40% des enfants de l’échantillon sont les premiers
enfants de la mère.
A titre de comparaison, les données du Cepip disponibles en Wallonie sur la période 2008-2012 montrent : 75% de
mères de nationalité belge d’origine, 3,1% de mères ayant un niveau d’études primaires, 14,3% de secondaire infé-
rieur, 39,5% de secondaire supérieur, 27,3% de supérieur non universitaire, 14,2% d’universitaire et 0,6 d’autres. Le
temps de travail de la mère à la naissance : 58,8% de mères actives, 14,9% de chômeuses, 24,4% de mères sans
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
14
profession et 1,9% étudiantes. 81,6% vivent en union et 18,4% vivent seules. Un rang de parité 1 est relevé dans
43,3 %, dans 48,4 rang 2-3 et dans 8,4% rang 4. Le sexe de l’enfant est masculin dans 51,1% des cas.
1
Par rapport aux données du Cepip, notre échantillon comporte un plus grand nombre de mères ayant un niveau
d’études supérieures.
Parmi les parents qui ont répondu positivement à l’enquête, il existe, par rapport à l’enquête de 2012, une légère
surreprésentation des mères possédant un niveau d’études supérieur universitaires ou non. Cependant, il n’y a pas
de sous-représentation des mères n’ayant fait aucune étude ou n’ayant qu’un niveau d’études primaires. Ce sont donc
les femmes ayant un niveau d’études secondaires qui sont sous-représentées. Pour les autres paramètres, la repré-
sentativité de l’échantillon est satisfaisante.
Avertissement
Toutes les mesures exprimées en pourcentages devraient être accompagnées de leurs intervalles de con-
fiance pour permettre d’inférer les valeurs observées dans l’échantillon à la population cible. Toutefois, ceci
alourdit considérablement la lisibilité des tableaux. Par conséquent, ils ne seront donc présentés que pour
les résultats principaux.
1
Leroy Ch, Van Leeuw V, Minsart A-F, Englert Y.
Données périnatales en Wallonie Années 2008-2012. Centre d’Épidémiologie Périnatale, 2014
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
15
A/ Vaccination
Les enfants étant nés entre le 31 mai et 30 novembre 2015, le calendrier vaccinal recommandé en 2010 a été pris
comme référence pour établir les couvertures vaccinales et calculer le respect de l’âge de l’enfant lors de l’adminis-
tration des différentes doses de vaccins.
5.3 Document vaccinal
Parmi les enquêtes acceptées, les parents déclarent posséder un document vaccinal pour 99.8% (561) des enfants.
Celui-ci se trouve au domicile des parents dans 95.2% des cas (534), dans les autres cas ce document se trouve soit
à la crèche, chez un autre membre de la famille ou avec l’enfant parti en voyage.
Il a été possible soit par contact avec le médecin de l’enfant soit par contact avec la crèche d’obtenir un document
pour 546 enfants, soit 97.1% des enquêtes complétées. Le document le plus fréquemment présenté aux enquêteurs
est le carnet de l’enfant (98.5%).
5.4 Couverture vaccinale
Différents dénominateurs peuvent être utilisés pour l’évaluation des couvertures vaccinales.
Pour établir le taux de vaccination, les 546 enfants avec documents vaccinaux sont pris en compte.
Un deuxième dénominateur comporte, quant à lui, en plus les 68 enfants pour lesquels l’enquête a été refusée, soit
un effectif de 614 enfants. En effet, l’OMS recommande de considérer un enfant dont les parents refusent l’enquête,
comme non vacciné.
Les statistiques issues de l’ensemble des documents vaccinaux des enfants peuvent nous donner différents types
d’informations. Du point de vue de la protection d’une population, l’information la plus importante consiste dans la
proportion de cette population qui est correctement vaccinée contre les différentes maladies évitables par la vacci-
nation. Ces couvertures par maladie sont comparées au seuil critique d’immunité collective. Celui-ci, quand il est
connu, établit pour les maladies transmises de personne à personne le niveau de couverture à atteindre pour élimi-
ner la maladie dans la population. Par contre, du point de vue plus opérationnel et qualitatif pour le programme de
vaccination, les couvertures par types de vaccins combinés administrés est utile.
5.4.1 Couvertures vaccinales par maladie et seuils critiques d’immunité collective
Pour les infections transmises de personne à personne, l’impact attendu par une vaccination peut être quantifié par le
« ratio de reproduction efficace » (Re) qui correspond au nombre de personnes que peut infecter un cas index dans
une population dont une proportion d’individus a été vaccinée. Il tiendra compte de la susceptibilité à l’infection d’un
individu vacciné et de l’infectiosité chez une personne vaccinée qui a été infectée.
Une couverture vaccinale critique (pc) peut alors être définie comme étant celle au-delà de laquelle le potentiel épidé-
mique disparaît et que donc le Re est < 1. Le niveau de couverture critique sera d’autant plus élevé que le ratio de
reproduction de base pour cette infection est grand. Dans la littérature, différents seuils critiques ont été ainsi définis
pour les maladies évitables par les vaccinations.
Pour chaque vaccin, le seuil critique d’immunité collective varie fort selon la littérature. L’intervalle peut être important.
Le Tableau 4 présente les seuils critiques maladie par maladie. Le Tableau 5, quant à lui, montre les couvertures
vaccinales par maladie obtenues en 2015.
Pour l’élimination de la Polio, l’OMS considère qu’il faut atteindre 90% de couverture. D’une façon globale, l’OMS
recommande d’atteindre pour le vaccin DTPa le seuil de 90%.
Pour les infections à Haemophilus Influenzae de type b, la littérature montre une protection à 95%.
Pour le Méningocoque C, le seuil critique peut être approché indirectement par le taux de couverture qui a permis de
stopper l’épidémie enregistrée en Angleterre (87%) car on sait que le taux de reproduction est fort bas. De même, la
couverture de 66%, ayant permis aux USA d’induire un effet d’immunité de groupe pour le Pneumocoque, peut être
considéré comme un minimum à atteindre.
De façon générale, néanmoins, les taux de protection ne sont pas éloignés des objectifs de l’OMS.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
16
Tableau 4. Seuil critique d’immunité collective par maladie
Maladies
Seuil critique d’immunité
collective (%)
Source
Poliomyélite
80-93
Anderson, 1990- Fine 2004
Diphtérie
80-85
Anderson, 1990- Fine 2008, WHO 2006
Tétanos
Non applicable
Coqueluche
92-95
Anderson, 1990- Fine 2008
Hib
95
Eskola, 1995
Hépatite b
Inconnu
Rubéole
85-87
Anderson, 1990
Rougeole
92-95
Anderson, 1990, WHO Measles 2004
Oreillons
90-92
Anderson ,1990
MenC
87
Balmer 2002
Pneumocoque
66-70
Black 2004
Rotavirus
Non applicable
Alors que tous les enfants, pour lesquels un document vaccinal a été consulté, ont entamé la vaccination contre la
polio, la vaccination complète ne concerne plus que 93% des enfants. Ce dernier taux est identique pour tous les
vaccins hormis le RRO qui couvre près de 96% des enfants et le méningocoque C 91%. Quant à la vaccination
complète contre le rotavirus, elle atteint 87%.
Tableau 5. Couvertures vaccinales selon les maladies contre lesquelles les enfants sont protégés
Vaccin (n=546)
1ère séance
2ème séance
3ème séance
4ème séance
5ème séance
8 sem
12 sem
16 sem
12 mois
15 mois
Polio
100 (546)
99.5 (543)
98.8-100
99.1 (541)
98.3-100
92.9 (507)
90.7-95.0
Diphtérie
Tétanos
Coqueluche
99.6 (544)
99.1-100
99.3 (542)
98.6-100
98.9 (540)
98.0-99.8
92.9 (507)
90.7-95.0
Haemophilus
Influenzae de type b
99.6 (544)
99.1-100
99.3 (542)
98.6-100
98.7 (539)
97.8-99.7
92.7 (506)
90.5-94.9
Hépatite B
99.1 (541)
98.3-99.9
98.7 (539)
97.8-99.7
98.2 (536)
97.0-99.3
92.3 (504)
90.1-94.5
Pneumocoque
97.6 (533)
96.3-98.9
96.9 (529)
95.4-98.3
92.9 (507)
90.7-95.0
Rougeole
Rubéole
Oreillons
95.6 (522)
93.9-96.4
Méningocoque C
91.2 (498)
88.8-93.6
Rotavirus
90.5 (494)
88.0-92.9
87.2 (476)*
84.4-90.0
* la couverture vaccinale complète pour le Rotavirus : les sujets ayant reçu soit 2 doses de Rotarix® soit trois doses de Rotateq®
Vaccination complète
Pour la Polio, la Diphtérie et la Coqueluche les taux obtenus atteignent les seuils critiques d’immunité collective. Par
contre pour l’Haemophilus Influenzae de type b, le seuil n’est pas atteint.
Le seuil inférieur de l’intervalle de confiance du RRO atteint 94%.
Pour le Pneumocoque, les couvertures atteintes sont largement supérieures à celles ayant induit une protection col-
lective aux USA de même que pour le Méningocoque C par rapport aux couvertures rapportées en Angleterre. Ce-
pendant, ces seuils ne sont pas encore confirmés dans la littérature internationale et doivent donc être pris avec
prudence.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
17
5.4.2 Couvertures vaccinales et types de vaccins utilisés
Contrairement au tableau précédent qui présentait les couvertures protégeant contre les maladies mentionnées, le
tableau ci-dessous montre la répartition du nombre de doses administrées selon le type de vaccin.
Les quatre premières lignes du tableau représentent la couverture selon le schéma recommandé et réalisé avec les
types de vaccins distribués par la FWB. Plus de 98% des enfants reçoivent le vaccin Hexavalent. Plus de 97% des
enfants ont reçu leur première dose de Pneumocoque. Tout comme l’hexa, le pneumo complet obtient un taux de
couverture de 92%. Cette diminution observée entre la première et la dernière dose est moindre qu’en 2012. Pour les
vaccins Rotavirus, trois quarts des enfants vaccinés l’ont été avec le Rotarix®, un quart entame néanmoins la vacci-
nation avec le Rotateq®. Le Rotarix® montre une augmentation de 3% pour la première dose et de 5% pour la deu-
xième par rapport à l’étude précédente.
Tableau 6. Couverture vaccinale selon le type de vaccin disponible en Fédération Wallonie-Bruxelles
Vaccin (n=546)
1ère séance
2ème séance
3ème séance
4ème séance
5ème séance
8 sem
12 sem
16 sem
12 mois
15 mois
Hexavalent
98.8 (540)
98.0-99.8
98.5 (538)
97.5-99.5
98.2 (536)
97.0-99.3
92.3 (504)
90.1-94.5
Pneumocoque
97.6 (533)
96.3-98.9
96.9 (529)
95.4-98.3
92.9 (507)
90.7-95.0
RRO
95.6 (522)
93.9-96.4
Méningocoque
91.2 (498)
88.8-93.6
Rotarix®
69.0 (377)
65.2-72.9
67.0 (366)
63.1-71.0
Rotateq®
21.2 (116)
17.8-24.7
20.3 (111)
17.0-23.7
20.1 (110)
16.8-23.5
Peu d’enfants dans l’enquête ont reçu un schéma différent de celui recommandé par la FWB. Nous notons que les
vaccins Tétravalent, DTP et Hib sont administrés chez moins de 1% des enfants. Ce taux reste stable par rapport à
l’enquête de 2012.
Tableau 7. Couverture vaccinale avec vaccins autres que ceux recommandés par la FWB
Vaccin (n=546)
Dose 1
Dose 2
Dose 3
Dose 4
Tétravalent
0.7 (4)
0-1.2
0.7 (4)
0-1.2
0.7 (4)
0-1.2
0.5 (3)
0-0.9
Haemophilus In-
fluenzae de type b
0.7 (4)
0-1.2
0.7 (4)
0-1.2
0.5 (3)
0-0.9
0.4 (2)
0-0.5
DTP
-
-
-
-
Poliomyélite IPV
0.4 (2)
0-0.5
0.2 (1)
0-0.4
0.2 (1)
0-0.4
0.2 (1)
0-0.4
Hépatite B
0.2 (1)
0-0.4
0.2 (1)
0-0.4
-
-
5.4.3 Vaccination complète selon le schéma recommandé par la FWB
Le schéma complet recommandé (hexa4+rro+menc+pn3) est réalisé chez 86.4% (83.6-89.3) des enfants (n= 472),
soit une augmentation statistiquement significative de 4.6% (*) par rapport à l’enquête précédente. En incluant la
vaccination complète de Rotavirus, 79.3% (75.9-82.7) des enfants sont couverts totalement (n=433), soit une aug-
mentation de 9.2% par rapport à 2012(**).
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
18
5.4.4 Évolution des couvertures vaccinales entre 2012 et 2015
Toutes les couvertures des vaccins faisant partie du circuit sont restées stables par rapport à l’enquête précédente.
Une petite exception est à noter, cependant, pour le Pneumocoque qui enregistre une légère augmentation de 3.5%
et significative au seuil de 5%. Le rotavirus, quant à lui, enregistre une augmentation de 7% (**). Ceci représente la
plus grande variation de couverture entre les enquêtes de 2012 et de 2015. Les schémas complets, quant à eux, ont
augmenté de façon significative de 5% et 9%.
Tableau 8. Évolution des couvertures vaccinales entre 2012 et 2015
2012 (n=519)
2015 (n=546)
n
%
IC 95%
n
%
IC 95%
Polio 4 doses
469
90.4
87.8-92.9
507
92.9
90.7-95.0
DTP 4 doses
469
90.4
87.8-92.9
507
92.9
90.7-95.0
Hib 4 doses
464
89.4
86.8-92.1
506
92.7
90.5-94.9
VHB 4 doses
463
89.2
86.5-91.9
504
92.3
90.1-94.5
RRO
490
94.4
92.4-96.4
522
95.6
93.9-97.3
Méningocoque C
465
89.6
87.0-92.2
498
91.2
88.8-93.6
Pneumocoque
463
89.2
86.5-91.9
507
92.9
90.7-95.0*
Rotavirus
416
80.2
76.7-83.6
476
87.2
84.4-90.0**
Schéma complet ss rota
425
81.8
78.6-85.2
472
86.4
83.6-89.3*
Schéma complet + rota
364
70.1
66.2-74.1
433
79.3
75.9-82.7**
5.4.5 Couvertures vaccinales comprenant les refus
Pour établir les couvertures vaccinales, il a été tenu compte jusqu’à présent des enfants dont les vaccinations sont
établies sur base de la carte de vaccination. En incluant toutes les enquêtes y compris les refus (n=68), et en consi-
dérant chaque refus comme enfant non vacciné, les couvertures diminuent automatiquement. Le dénominateur de-
vient 614 (546+68). Ces couvertures de 10% inférieures sont les plus pessimistes. La réalité se situe plus que proba-
blement entre ces deux marges.
2015 (614)
n
%
Polio 4 doses
507
82.6 (79.6-85.6)
DTP 4 doses
507
82.6 (79.6-85.6)
Hib 4 doses
506
82.4 (79.4-85.4)
VHB 4 doses
504
82.1 (79.1-85.1)
RRO
522
85.0 (82.2-87.8)
Méningocoque C
498
81.1 (78.0-84.2)
Pneumocoque
507
82.6 (79.6-85.6)
Rotavirus
476
77.5 (74.2-80.8
En effet, le nombre de refus (68) ne doit pas être considéré de façon trop stricte comme une absence de vaccination.
Entre la maman qui « refuse » l’enquête car elle vient de rentrer de la maternité pour la naissance d’un autre enfant,
celle qui dit clairement être opposée à la vaccination, ou encore celle qui donne un rdv et ne répond pas le jour venu,
il n’est pas toujours facile d’estimer s’il s’agit d’un refus d’enquête ou d’une personne injoignable. Des parents disaient
manquer de temps et refusaient l’enquête mais signalaient l’enfant vacciné. Pour d’autres, par contre, les paroles des
parents semblaient aller dans le sens d’une non vaccination et semblaient bien être la raison du refus d’enquête mais
sans être mentionné en tant que telle.
Il est important de signaler ce type d’ambiguïté car le statut vaccinal que l’on va considérer ne sera pas le même selon
que l’on estime être face à un refus ou face à un enfant injoignable. Concrètement, un enfant injoignable sera remplacé
alors qu’un refus d’enquête - celui-ci non remplacé -, compte comme enfant non vacciné comme nous l’avons dit plus
haut. Par conséquent, donner le même poids à tous ces types de refus ne semble pas toujours justifié. Vu le nombre
d’enquêteurs, il n’a pas toujours été très facile de déterminer clairement le statut de certaines enfants (injoignable ou
refus).
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
19
Un autre point important à signaler est la difficulté d’accès aux données vaccinales dans certaines familles. En effet,
il est arrivé que des parents promettaient de retrouver le carnet et ne l’ont jamais fourni alors que des questions de
l’enquête nous poussaient à croire que ces enfants pourraient être non vaccinés ou a minima. Étant donné qu’aucun
document n’a pu être fourni dans ces cas, les dossiers font partie de la catégorie « pas de documents disponibles »
et par conséquent sont exclus des analyses portant sur la Couverture vaccinale.
5.5 Respect des dates et raisons de non-vaccination
Étant donné le nombre anecdotique d’enfants (<7 selon la dose) n’ayant pas suivi le schéma recommandé avec le
vaccin Hexavalent, nous ferons les analyses statistiques de respect du calendrier uniquement sur les enfants ayant
reçu les vaccins recommandés par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
5.5.1 La vaccination Hexavalente
Respect des dates et écarts inter-doses
Le tableau présenté ci-dessous a pour but de montrer à quel(s) moment(s) dans le schéma, le respect de l’âge mini-
mum d’administration ou l’écart inter-doses semble poser problème. Les dernières colonnes présentent quant à elles,
les âges médians et moyens d’administration de ces doses avec les âges minimum et maximum ainsi que l’âge re-
commandé pour chaque dose.
Tableau 9. Respect du calendrier du vaccin Hexavalent et âges moyen et médian d’administration
Dose
Age min
pour
cette
dose
n*
%
Age Vac
age
min
Intervalle
min avt
dose sui-
vante
% ne res-
pectant pas
cet inter-
valle
Age recom-
mandé
Age moyen
sem. ou
mois (DS)
Age médian
(min-max)
Hexa1
6 sem
537/540
99.4
4 sem
3.4 (1.8-4.9)
8 sem
10.0 s (3.4)
9.4 s (3.0-56.3)
Hexa2
10 sem
536/538
99.6
4 sem
4.3 (2.6-6.0)
12 sem
15.2 s (4.2)
14.1 s (8.0-67.0)
Hexa3
14 sem
534/536
99.6
6 mois
2.8 (1.3-4.2)
16 sem
21.1 s (6.6)
19.1 s (13.0-80.6)
Hexa4
12 mois
488/503
97.0
15 mois
15.2 m (4.2)
15.1 m (4.6-27.0)
* le dénominateur varie en fonction des doses car pour ce calcul seuls les enfants avec une date de vaccination sont pris en compte
Un nombre anecdotique d’enfants (0.6%) entament la vaccination trop tôt, donc à un âgela réponse immunitaire
n’est pas optimale. Moins de 4.5% d’enfants ne respectent pas les écarts inter-doses recommandés entre les 3 pre-
mières doses. Par contre, l’âge médian d’administration des trois premières doses est supérieur aux recommanda-
tions. Le retard est cumulatif et donc si pour la première dose l’âge médian est d’une semaine en retard, il est de de
plus de 3 semaines pour la 3ème dose. Les âges médian et moyen pour l’Hexa4 sont semblables. Il y a peu de disper-
sion pour cette dose.
L’âge minimum d’administration et l’âge recommandé sont différents. Le premier est l’âge en-dessous
duquel la vaccination ne protège pas de façon idéale. Celui-ci a priori est invariable. Cet âge est une
donnée scientifique. Par contre, l’âge recommandé est l’âge fixé par les autorités fédérales tenant compte
notamment du rythme fixé pour les consultations de nourrissons, c’est cet âge qui est repris
dans le calendrier vaccinal.
Raisons de non-vaccination avec le vaccin Hexavalent
Pour les 6 enfants n’ayant pas reçu la première dose d’Hexavalent, les raisons invoquées par les parents sont pré-
sentées dans le tableau ci-dessous.
Tableau 10. Raisons de non-vaccination par le vaccin Hexavalent
Raisons
n
Refus
3
Ne voit pas l’intérêt de l’hépatite B
1
Hépatite B non obligatoire
1
Réponse manquante
1
Total
6
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
20
Les raisons de non-vaccination avec la première dose d’Hexavalent reposent uniquement sur un refus du vaccin de
la part des parents. L’administration du vaccin hexavalent a été refusée par 1.1% des parents. (5/546). Ce refus
semble encore être lié au rejet de la vaccination hépatite B par certains parents.
Raisons de non-administration de la dernière dose de vaccin hexavalent
La dose qui complète le schéma n’a pas été administrée à 36 enfants. Ces derniers, par conséquent, ne sont pas
totalement immunisés. Pour 21 enfants nous obtenons une raison à cette vaccination incomplète.
Tableau 11. Raisons de non-administration de la dernière dose d’hexavalent
Raisons
n
Enfant ou maman malade le jour du rdv
8
Non fait mais prévu, sera fait bientôt
5
Manque de temps
2
Oubli
1
Rupture de stock chez le médecin
1
Allergies aux protéines de lait et d’œuf
1
Hiver : problème d’allergie
1
Peur des effets secondaires
1
Terrain eczémateux et réactif
1
Total
21
Les raisons invoquées sont pour plus de moitié liées au fait que l’enfant était malade le jour du rdv, ou alors que le rdv
a été oublié ou encore que le vaccin était indisponible chez le vaccinateur. Ces raisons sont donc vulnérables dans la
plupart des cas.
5.5.2 La vaccination Pneumocoque
Les deux premières doses sont données à temps. Les intervalles qui séparent les doses sont bien respectés. De façon
systématique, les médianes d’administration sont trop tardives par rapport aux recommandations qui sont dose par
dose : 8 semaines, 16 semaines et 12 mois.
Pour être correctement vaccinés, il est important que les enfants aient reçu la troisième dose de vaccin après l’âge de
12 mois. Nous notons ici que ce n’est pas le cas pour 8.7% des enfants.
Tableau 12. Respect du calendrier du vaccin Pneumocoque et âge moyen d’administration
Dose
Age min
de l’enfant
pour cette
dose
N*
% Age
Vac
âge min
Inter. min.
avant
dose sui-
vante
% d’enfants
ne respectant
pas cet inter-
valle
Age re-
com-
mandé
Age moyen
(DS)
Age médian
(min-max)
Pn1
6 sem
530/532
99.6
4 sem
0.4 (0-0.9)
8 sem
10.4 s (4.4)
9.4 s (0.9-61.1)
Pn2
10 sem
527/528
99.8
6 mois
4.3
16 sem
20.5 s (5.3)
19.1 s (9.3-69.7)
Pn3
12 mois**
460/503
91.3
12-13m
13.3 m (2.1)
12.7 m (4.1-23.1)
* le dénominateur varie en fonction des doses car pour ce calcul seuls les enfants avec une date de vaccination sont pris en compte
** 50 semaines comme seuil d’acceptation
Raisons de non-vaccination contre les infections à Pneumocoque
Pour les 13 enfants (2.4%) n’ayant pas reçu la première dose de vaccin contre les infections à Pneumocoque, 12
parents donnent les raisons suivantes de ne pas avoir fait vacciner leur enfant :
Tableau 13. Les raisons de non-vaccination contre les infections à Pneumocoque
Raisons
n
Ne voit pas l’intérêt, non obligatoire, refus
8
Oubli
1
Ne sait pas
1
Effet indésirable quand est administré avec l’Infanrix®
1
Peur des effets secondaires
1
Total
12
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
21
Pour presque chaque enfant (10) c’est un choix délibéré de ne pas faire le vaccin car non nécessaire ou non obligatoire
ou clairement lié un refus à ce vaccin.
On peut estimer selon les réponses fournies un taux de refus à 1.8% (10/546).
Raisons de non-administration de la dernière dose de vaccin contre les infections à Pneumocoque
Parmi les 26 enfants (4.8%) n’ayant pas reçu la dernière dose de vaccin alors que la vaccination a été entamée, les
parents donnent les raisons suivantes pour seulement 16 enfants:
Tableau 14. Les raisons de non-vaccination contre les infections à Pneumocoque (dernière dose)
Raisons
N
Enfant ou maman malade le jour du rdv
3
Non fait mais prévu, sera fait bientôt
5
Manque de temps
1
Oubli
2
Rupture de stock chez le médecin
1
Allergies aux protéines de lait et d’œuf
1
Ne sait pas
1
On ne nous a pas dit de le faire
2
Total
16
Comme pour la dernière dose de vaccin hexavalent, les raisons invoquées sont principalement liées à des contin-
gences et non à un refus.
5.5.3 Proportion d’enfants vaccinés et respect du calendrier pour Hexa1, Pn1 et Hexa3, Pn2
En examinant la proportion des enfants vaccinés en fonction du respect du calendrier proposé pour les séances 1 et
3; on peut constater que près de 65% des enfants initialisent leur schéma vaccinal à l’âge proposé (entre 8 et 10
semaines) et que moins de 9% le font avec plus d’un mois de retard soit après 12 semaines de vie. Pour 25% d’enfants
on observe un léger retard qui en soi peut paraître insignifiant. Cependant, ce retard, même aussi léger soit-il, est non
récupérable puisque les espaces inter-doses minimum doivent être respectés quelles que soient les doses considé-
rées. Le risque est donc important de voir le taux de retard augmenter au fil des séances de vaccination.
Tableau 15. Respect du calendrier des premières doses de vaccin Hexavalent et Pneumocoque
Dose
<8semaines
Entre 8 et 10 se-
maines
Entre 10 et 12 se-
maines
>12 semaines
Hexa1 (539)
2.0 (11)
64.9 (350)
26.2 (141)
6.9 (37)
Pn1 (532)
2.1 (11)
63.5 (338)
25.4 (135)
9.0 (48)
Étant donné l’accumulation des retards possibles pour chaque dose, pour ce qui est des doses Hexa3 et Pn2, la
proportion d’enfants vaccinés qui respectent le calendrier est nettement moindre que pour la première dose puisque
moins de 22% d’entre eux reçoivent ces doses entre 16 et 18 semaines. Près de 40% les reçoivent au-delà de 20
semaines. Ce pourcentage est le même que celui calculé en 2012.
Tableau 16. Respect de la troisième dose d’Hexavalent et de la deuxième dose de Pneumocoque
Dose
<16semaines
Entre 16 et 18 se-
maines
Entre 18 et 20 se-
maines
>20 semaines
Hexa3 (535)
0.2 (1)
21.1 (113)
42.1 (225)
36.6 (196)
Pn2 (496)
2.2 (11)
21.8 (108)
37.9 (188)
38.1 (189)
Age idéal d’admi-
nistration
Age idéal d’ad-
ministration
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
22
Les retards cumulés de calendrier pris par les enfants retardent d’autant le moment où ils auront acquis une protec-
tion contre les maladies invasives (Hib et Pn) ainsi que la coqueluche.
5.5.4 La vaccination contre la Rougeole, la Rubéole et les Oreillons
La vaccination est constituée d’une seule dose à administrer 12 et 13 mois. L’âge d’administration médian est de 12.7
mois. Comme souhaité, le pic de vaccination (le mode) se situe à 12 mois.
Il est important de signaler que 9.1% (46) des enfants ont reçu le RRO avant l’âge de 12 mois. La précocité de cette
vaccination pourrait entraîner chez ces enfants une moins bonne réponse immunologique et devrait nécessiter
l’administration d’une deuxième dose de vaccin au-delà de l’âge de 12 mois.
Cette vaccination plus précoce n’est pas le fait d’un type de vaccinateur particulier.
Figure 2 : Histogramme de distribution temporelle du vaccin RRO
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
23
Raisons de non-vaccination RRO
24 enfants n’ont pas reçu la vaccination RRO. Les raisons données par les parents se répartissent de la sorte :
Tableau 17. Raisons de non-vaccination RRO
Raisons
n
Raison de santé, enfant malade le jour prévu
4
Non fait mais prévu, oubli, sera fait bientôt
7
Ne voit pas l’intérêt, refus, raison philosophique
5
Autisme si trop de piqure à cet âge
1
Manque de temps
1
On ne nous a pas dit de le faire
1
Se questionne par rapport à ce vaccin
1
Peur des effets secondaires
1
À partir de lecture, disent que c’est trop tôt pour vacciner, faut attendre un an
1
Terrain eczémateux et réactif
1
Total
23
23 parents donnent une raison particulière à la non-vaccination de leur enfant. Par rapport à l’enquête de 2012, il
semblerait y avoir plus de parents donnant des raisons liées à un refus
Le taux de refus du RRO sur le total global d’enfants de l’enquête est donc de 1.8% (10/546) (1.3% en 2012).
5.5.5 La vaccination contre le Méningocoque C
Pour rappel, depuis l’introduction du Pneumocoque dans le schéma, l’âge recommandé pour le Méningocoque C a
reculé et est passé de 12-13 mois à 15 mois. Les âges d’administration moyen et médian sont de 14.9 mois (2.2) avec
un pic à 14-16 mois comme nous pouvons le constater sur l’histogramme ci-dessous. Le changement de l’âge de la
vaccination MenC à 15 mois est recommandé depuis 2007, les enquêtes successives montrent que le respect de cette
recommandation s’améliore : par rapport à l’enquête de 2012, le recul moyen d’administration est d’un demi mois et
dun mois par rapport à 2009.
4.5% (22) des enfants n’ont pas reçu de dose après 12 mois.
Pour quelques enfants, un schéma a été initié avant l’âge d’un an sans être complété par la dose prévue dans ce cas
après 1 an (schéma spécifique en fonction de l’âge applicable pour les vaccins conjugués qui nécessitent non seule-
ment le respect du nombre de doses en fonction de l’âge auquel la vaccination est initiée mais également l’adminis-
tration d’une dose après 12 mois). Cette vaccination plus précoce n’est pas le fait d’un type de vaccinateur particulier.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
24
Figure 3 : Histogramme de distribution temporelle du vaccin Méningocoque C
Raisons de non-vaccination contre les infections à Méningocoque C
Pour les 48 enfants (8.8%) n’ayant pas reçu le vaccin contre les infections à Méningocoque C. 40 parents donnent les
raisons suivantes de ne pas avoir fait vacciner leur enfant :
Tableau 18. Les raisons de non-vaccination contre le Méningocoque C
Raisons
n
Raison de santé, enfant malade le jour prévu
5
Non fait mais prévu, oubli, sera fait bientôt
7
Ne voit pas l’intérêt, refus, raison philosophique, pas obligatoire
18
Médecin ne préconisait pas vaccins en même temps
1
Manque de temps
1
On ne nous a pas dit de le faire
1
Allergie aux œufs, hiver problèmes d’allergie
2
Ne sait pas
1
Incidence méningite faible
1
Peur des effets secondaires
1
À partir de lecture, disent que c’est trop tôt pour vacciner, faut attendre un an
1
Terrain eczémateux et réactif
1
Total
40
Les raisons les plus fréquemment évoquées semblent plutôt de l’ordre du refus. Le taux d’opposition affirmée sur
l’échantillon total est donc de 4.0% (22/546) et représente par conséquent le vaccin du circuit qui est le plus souvent
refusé. Ce taux est en augmentation par rapport à 2012 (2.3%).
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
25
5.5.6 Rotavirus
Le Rotavirus est recommandé mais il ne fait pas partie du circuit de distribution de vaccins de la FWB. Deux vaccins
sont commercialisés en Belgique, le Rotarix® qui nécessite deux doses et le Rotateq®, trois doses. Comme nous
l’avons mentionné au niveau des couvertures vaccinales, c’est principalement le Rotarix® qui est administré aux en-
fants. Le choix du vaccin est lié au prescripteur : la proportion de vaccinateurs choisissant le Rotateq® est plus impor-
tante chez les vaccinateurs privés (voir chapitre suivant). La couverture vaccinale complète est actuellement de 87.2%
(84.4-90.0). En 2012, elle était de 80.2% (76.7-83.6) et en 2009 de 77% (73.7-81.0). Cette vaccination augmente fort
au fil du temps.
Tableau 19. Les raisons de non-vaccination contre le Rotavirus
Raisons
n
On s’y est pris trop tard (enfant âgé de plus de 6 mois)
2
Refus, ne voit pas l’intérêt, non obligatoire en crèche, ne couvre pas tous les rotavirus,
pas nécessaire, raison philosophique
21
Voyage
1
On ne nous a pas dit de le faire
7
Enfant gardé à la maison
8
Pas conseillé en France
1
Sera fait bientôt
1
Nouveau vaccin
1
Peur des effets secondaires
1
À partir de lecture, disent que c’est trop tôt pour vacciner, faut attendre un an
1
Total
46
Pour ce vaccin qui n’est pas intégré dans le circuit, les raisons les plus souvent évoquées pour ne pas avoir fai t
vacciner son enfant sont liées à la non-obligation, ou le fait que ce vaccin n’est pas nécessaire. Ramené à un déno-
minateur de 546, ce taux de refus approche les 4.4%(24/546).
5.5.7 La vaccination varicelle
9.0% (6.6-11.4) soit 49 enfants ont reçu une première dose de vaccin varicelle, 1.1% (0.02-2.0) ont reçu deux doses.
Une augmentation de 5.1% est constatée depuis 2012 (3.9% en 2012). Ce vaccin ne fait pas partie du schéma re-
commandé. Ce vaccin est non remboursé par l’INAMI et coûte près de 50€ la dose. Il est plus souvent administré par
le pédiatre que par l’ONE.
5.6 Vaccinateurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Le tableau ci-dessous présente la « part de marché » des différents types de vaccinateurs de la FWB pour certains
vaccins. On peut retenir que, pour les vaccins du circuit de la FWB, près de 2 tiers de l’effectif sont vaccinés à l’ONE
et un tiers chez le pédiatre.
En ce qui concerne les vaccins contre le rotavirus, pour le Rotarix®, la ventilation est la même que pour les vaccins
du circuit, a contrario, la médecine privée utilise plus souvent le Rotateq® que le Rotarix®. Pour rappel, la vaccination
complète avec le Rotateq® comporte 3 doses alors que celle avec le Rotarix® n’en comporte que deux. Deux points
sont à pointer concernant le Rotateq® :
- 43.2% des vaccinations avec ce vaccin sont réalisées à l’ONE, même si ce taux est inférieur à celui de
2012, il reste néanmoins élevé.
- Près de 13% de vaccinations sont réalisées dans un service hospitalier, ce taux est en nette progression
par rapport à 2012
En ce qui concerne le vaccin contre la varicelle, l’ONE vaccine proportionnellement plus d’enfants qu’en 2012, l’effectif
reste néanmoins fort réduit (n total=39).
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
26
Tableau 20. Vaccinateurs en Fédération Wallonie-Bruxelles
Hexa1 (%)
Hexa4 (%)
RRO (%)
Rotarix1 (%)
Rotateq1 (%)
Varicelle (%)
O.N.E.*
56.4
53.4
54.5
61.4
43.2
41.0
Pédiatre
32.5
35.3
33.3
28.4
41.4
51.3
Généraliste
3.2
4.4
5.0
4.3
2.7
0
Service hospitalier
7.4
6.3
5.8
5.1
12.6
7.7
À l’étranger
0.4
0.4
0.8
0.8
0
Non identifiable
0
0.2
0.6
0
0
* Crèche ou PMI, les médecins de crèche sont inclus dans ces chiffres
Excepté pour la varicelle, on constate un léger tassement à un peu moins de 60% pour ce qui est de la part prise dans
la vaccination par l’ONE par rapport à l’enquête de 2012.
5.7 Simultanéité des injections
Le calendrier de vaccination prévoit lors de chaque séance l’administration simultanée de vaccin. Chaque dose de
vaccin Hexa est administrée lors de la même séance que le Pneumocoque ou le Rotavirus par exemple.
Pour calculer la simultanéité nous avons inclus dans le dénominateur les enfants ayant eu uniquement les différents
vaccins concernés. Étant donné que le vaccin contre le Rotavirus n’est pas inclus dans le circuit, il n’est pas pris en
considération dans cette analyse.
Tableau 21. Simultanéité des dates de vaccination
Vaccins simultanés
Séance
n
(%) Enquête 2012
Hexa1/Pn1
1
434/532
86.4 (83.4-89.4)**
Hexa3/Pn2
3
451/527
78.2 (74.6-81.9)**
RRO/Pn3
4
347/500
59.4 (54.9-93.9)***
Hexa4/MénC
5
324/486
55.6 (51.0-60.2)**
Les concordances se sont nettement améliorées par rapport à la dernière enquête pour ces quatre séances de vacci-
nation. Les différences sont statistiquement significatives. Nous observions déjà ces améliorations entre 2009 et 2012.
Cependant, pour les 4ème et 5ème séances les taux de concordances ne dépassent pas 70%. Une tendance à une
meilleure simultanéité apparaît quand le vaccinateur reste le même au fil du temps mais celle-ci est non statistique-
ment significative.
Par rapport à la PMI, la simultanéité des injections est inférieure pour toutes les séances réalisées en médecine pri-
vée. Cependant, depuis 2012, la simultanéité s’est améliorée tant en PMI qu’en médecine privée. Dans le tableau ci-
dessous les données de 2012 sont rappelées. L’écart se réduit entre les deux types de vaccinateurs depuis la der-
nière enquête.
Tableau 22. Simultanéité comparée selon le type de vaccinateurs (PMI vs médecine privée)
Type de vaccinateur
Séance 1
Séance 3
Séance 4
Séance 5
% 2015
% 2012
% 2015
% 2012
% 2015
% 2012
% 2015
%2012
PMI
96.1
89.5
90.5
81.2
76.1
65.0
71.9
62.2
Privé
88.6
84.4
85.1
73.8
64.2
50.0
62.7
42.4
p values
0.05
NS
NS
NS
0.01
<0.05
0.05
<0.001
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
27
5.8 Analyse des couvertures vaccinales en fonction de diverses variables
De façon générale, les croisements avec les caractéristiques socio-économiques des parents ne montrent que peu
de différence statistiquement significative pour les vaccins recommandés.
Nous n’illustrerons dans les tableaux que les vaccins pour lesquels il existe une différence significative (ou presque).
Tous les croisements pour les doses dHexavalent 1 et 4, le RRO, le Méningocoque C, Pneumo et Rotavirus sont
présentés dans un tableau récapitulatif en annexe.
Pour l’âge de la mère et la situation de vie (vit seule ou en couple) jamais aucune différence de couverture n’apparaît.
5.8.1 Couverture vaccinale en fonction du niveau d’études de la mère
En isolant les mères qui ont lenseignement secondaire inférieur comme dernier diplôme obtenu de celles qui ont
étudié plus longtemps, on s’aperçoit de quelques différences de couverture à la limite du seuil de signification de 5%.
C’est le cas pour la dernière dose de vaccin hexavalent. Pour les vaccins contre le rotavirus, le Rotarix® est plus
souvent administré chez les mères ayant moins étudié, l’inverse s’observe pour le Rotateq®. Pour les vaccins qui ne
montrent pas de différence significative il est difficile de parler de tendance générale. En effet, certains vaccins sont
plus fréquemment administrés quand la mère a moins longtemps étudié tandis que pour d’autres, c’est l’inverse qui
est observé. Pour le suivi hexa, on observe le pourcentage d’enfants qui, ayant entamé la vaccination hexavalente,
reçoivent l’hexa 4.
Tableau 23. Couverture vaccinale en fonction du niveau de scolarisation de la mère
Études des mères
Hexa4
Rotarix®1
Rotateq®3
Suivi hexa
Primaires + secondaires <
87.2
77.9
12.8
87.2
secondaires > + supérieures
93.1
67.3
21.9
94.4
p values
0.06
0.05
0.05
0.01
En isolant les mères universitaires de toutes les autres, on observe une tendance intéressante qui montre une moindre
vaccination avec l’hexa1 et le pneumo1 (différence significative au seuil de 7 et 8%). Étant donné que tous les enfants
de l’échantillon sont vaccinés contre la polio, nous pouvons facilement conclure que cette tendance à la remise en
question du vaccin hexavalent est plus fréquente chez les mères universitaires.
Si l’on observe le profil des parents qui ont refusé une vaccination pour leur enfant, le seul prédicteur de ce compor-
tement est le niveau d’études des parents. 9.9% des mères universitaires ont refusé au moins un vaccin alors que
4.4% des mères ayant étudié moins longtemps ont eu cette attitude. Cette différence est d’autant plus marquée quand
il s’agit du niveau d’études du père. Les chiffres sont alors respectivement 12.1% vs 3.9% (p=0.001).
5.8.2 Couverture vaccinale en fonction de la nationalité d’origine de la mère et âge de la mère
Quand on analyse les couvertures en fonction de la nationalité d’origine de la mère, les enfants de mères belges ont
soit une tendance à être mieux vaccinés que les autres soit une couverture identique, ceci dépend du vaccin envisagé.
La seule différence significative observée concerne l’hexa4 plus souvent administrée chez les enfants dont la mère
est d’origine belge.
Tableau 24. Couverture vaccinale en fonction de la nationalité d’origine de la mère
Nationalité des mères
Hexa4
Belge
93.8
Non belge
87.9
p value
0.02
Dans cette enquête, l’âge de la mère n’a influencé de manière statistiquement significative aucune des vaccinations
de l’enfant.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
28
5.8.3 Couverture vaccinale en fonction de la parité
Au contraire des années précédentes, la parité ne montre pas de différence de couverture vaccinale en isolant le
premier enfant des suivants. En opérant une autre classification, on observe une moins bonne couverture pour certains
vaccins chez les enfants de rang 3 ou supérieur à celui-ci, c’est notamment le cas des dernières doses de Pneumo et
de Rota.
Tableau 25. Couverture vaccinale en fonction du nombre d’enfants dans la famille
Pn3
Rota2
1-2
94.1
89.1
3+
89.1
82.6
p value
0.05
0.05
5.8.4 Couverture vaccinale en fonction des revenus familiaux
La catégorisation la plus discriminante est celle qui sépare la catégorie qui additionne deux revenus professionnels
+un revenu professionnel et un revenu de remplacement comparée à toutes les autres catégories regroupées. Hormis,
l’hexa1, 2, 3, tous les autres vaccins sont plus fréquemment administrés quand le revenu déclaré de la famille est en
principe le plus élevé. Le seuil de signification est atteint pour l’hexa4, le Pn3, le RRO et le schéma complet.
Tableau 26. Couverture vaccinale en fonction du nombre et du type de revenus du ménage
Revenu
Hexa4
RRO
PN3
VC*
2 revenus du travail, 1 revenu prof +1 rev de remplacement
94.2
96.8
94.2
88.7
Pas de rev fixe, 1 rev profes, uniquement rev de remplace-
ment
87.6
93.2
89.4
81.4
p values
0.009
0.05
0.05
0.02
*VC= vaccination complète càd : Hexa4+RRO+MenC+Pn3
5.8.5 Couverture en fonction du temps de travail de la mère
L’unique catégorie qui se distingue par une moindre couverture est celle constituée par les mères au foyer. La caté-
gorie constituée par les mères chômeuses, au CPAS, invalides ou en incapacité de travail ont des taux de couverture
identiques aux femmes qui travaillent. Hormis, l’hexa1, le méningocoque C et le pneumocoque (doses 1 et 2) tous les
autres vaccins sont moins fréquemment administrés quand la mère est au foyer. À titre d’exemple nous donnons
l’hexa4, le RRO et le pneumo3, les autres vaccins sont présentés dans le tableau final figurant à la fin du rapport.
Tableau 27. Couverture vaccinale en fonction du nombre et du type de revenus du ménage
Revenu
Hexa4
RRO
Pn3
Mères au foyer
86.3
90.2
88.2
Autre (Temps plein, partiel, chômeuse, indépendante, CPAS, ...)
93.5
97.0
93.8
p values
0.01
0.002
0.05
Les mères au foyer sont pourtant plus nombreuses à fréquenter la PMI et ne sont pas particulièrement opposées à la
vaccination. On constate qu’à l’exception du MenC qui n’est pas significativement différent, il s’agit de tous les vaccins
recommandés au-delà de l’âge de 12 mois.
5.8.6 Couverture et fréquentation d’une consultation ONE
De façon générale les enfants suivis à l’ONE, même de façon irrégulière, sont mieux vaccinés que ceux qui n’ont
jamais été suivis en PMI. Les différences de couverture sont significatives pour toutes les doses des 4 premières
séances (hormis le pneumo3 significatif au seuil de 7%). Par contre, la séance de 15 mois qui comprend l’hexa4 et le
Méningocoque C ne présente pas de différence entre les 2 catégories de vaccinateurs. Par conséquent, la vaccination
complète (avec ou sans rotavirus) et le suivi vaccinal (hexavalente et pneumococcique) ne sont pas différents entre
les enfants suivis à l’ONE et les autres.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
29
Tableau 28. Couverture vaccinale en fonction d’une fréquentation ONE
ONE
(%)
Hexa 1
Hexa4
RRO
MénC
Pn1
Pn3
Rota2
VC**
VC
(+rota)
Suivi
hexa
Suivi
pneumo
Oui
100
93.5
98.4
92.5
99.4
94.8
90.9
87.7
81.2
93.5
95.4
Non*
97.4
91.7
92.6
91.3
95.2
90.8
84.3
86.9
79.0
94.2
95.4
p values
0.004
NS
0.001
NS
0.002
0.07
0.02
NS
NS
NS
NS
*Oui=toujours depuis la naissance ou de façon régulière. Non=non, jamais ou de façon irrégulière
** Vaccination complète càd : Hexa4+RRO+MénC+Pn3
Les résultats de ce tableau sont différents par rapport à ceux de 2012 en plusieurs points. Le clivage ONE vs non
ONE est moins marqué qu’auparavant. Ceci principalement grâce à une meilleure vaccination en médecine privée en
2015 (pour l’hexa4, en 2012 respectivement 95% vs 82.8%). De façon globale ce prédicteur (« enfant suivi à l’ONE »)
qui était le plus discriminant depuis plusieurs années, ne l’est cette fois plus pour la dernière séance de vaccination et
a fortiori pour les vaccinations complètes et pour le suivi vaccinal.
5.8.7 Couverture complète et prédicteurs
Pour rappel le schéma complet (Hexa4 + RRO + Menc + Pn3) est réalisé chez 86.4% (83.6-89.3) des enfants (472).
Cette vaccination complète est moins souvent atteinte chez les enfants dont la mère est au foyer (quand l’enfant avait
6 mois) par rapport à toutes les autres catégories de temps de travail (79.4% vs 88.0%) (0.02). Aucun autre prédicteur
n’impacte la vaccination complète (avec ou sans rotavirus) si ce n’est les revenus familiaux l’on observe 10%
d’enfants complètement vaccinés en moins quand la famille vit sans aucun revenu fixe, uniquement avec des revenus
de remplacement ou encore avec un seul revenu professionnel. 81.4% vs 88.7% (0.02) et 72.8% vs 82.6% (0.002) en
introduisant le rotavirus.
5.8.8 Suivi des vaccinations Hexavalente et Pneumococcique
Une autre façon d’analyser les données consiste à étudier la qualité du suivi vaccinal. Pour ce faire, nous avons créé
une nouvelle variable à deux catégories, la première représente les enfants ayant reçu les schémas complets de
vaccination Hexavalente et Pneumococcique, l’autre catégorie concerne les enfants qui ont entamé ces vaccinations
mais sans les avoir achevées (petit n dans cette catégorie).
Tableau 29. Proportion d’enfants ayant achevé (suivi) leur vaccination entamée en fonction de différents pré-
dicteurs socio-économiques
Suivi hexa (%)
Suivi Pneumo
(%)
Études mères
Primaires, secondaires inférieures
87.2
94.1
Sec sup/Sup/Universitaires
94.4
95.2
p value
0.01
NS
Rang de l’enfant
1-2
94.5
96.4
3+
89.8
91.1
p value
0.06
0.01
Temps de travail qd enfant a 6 mois
Mère au foyer
88.0
91.8
Autre
94.4
95.8
p value
0.02
NS
Type et nombre de revenus
Pas de rev fixe, 1 rev profes, uniquement rev de remplacement
88.7
91.7
2 revenus du travail, 1 revenu prof +1 rev de remplacement
95.2
96.5
p value
0.006
0.02
Comme pour la couverture de l’hexa4, le niveau d’études des mères et le temps de travail ainsi que le nombre de
revenu influencent la qualité du suivi. Les mères les plus précaires ont un moins bon suivi que les autres.
La grande majorité des enfants initient le programme de vaccination avec le vaccin hexavalent et le vaccin Pneumo
et peu de facteurs discriminants sont mis en évidence entre les vaccinés et non-vaccinés lors de la première dose de
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
30
vaccin. Par contre, il est de constater qu’in fine, l’influence de la précarité financière et éducative des mères ne s’inscrit
qu’en fin du parcours vaccinal du nourrisson comme un facteur influençant négativement celui-ci.
5.9 Recours médical post-vaccinal pour réactions indésirables
Afin d’apprécier la fréquence de survenue d’effets indésirables, le recours nécessaire à un médecin dans les premiers
jours qui suivent la vaccination a été documenté. 6.1% des parents (34) disent qu’ils ont consulter dans les 48
heures suivant une vaccination. Vu la simultanéité recommandée des vaccins, il est difficile de savoir quel est le vaccin
qui a entraîné une consultation. Cependant, on a demandé aux parents quel était le vaccin incriminé selon le médecin
consulté. Dans 26% des cas, les parents ne donnent aucune réponse. Le RRO est cité pour 51% des consultations,
le pneumocoque, l’hexavalent et le rotavirus chacun d’eux pour 13.8% des consultations et le méningocoque C pour
6.9% des cas restants.
Vaccination contre la coqueluche chez les parents
Depuis 2009, la vaccination « cocoon » contre la coqueluche est recommandée. Elle concerne l’ensemble des
membres de la famille entourant un jeune enfant (père, mère et fratrie n’ayant pas reçu les vaccinations de rappel)
(accès au remboursement du vaccin en catégorie B avec contrôle a priori de maximum un conditionnement par per-
sonne). Cette vaccination concernait donc l’ensemble des parents des enfants de l’échantillon.
La période de gestation pour les enfants de l’enquête se situe entre août 2012 et février 2013. À cette époque, la
vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche n’avait pas encore été formulée par le CSS (avis fin 2013).
Quelques questions ont été posées sur la pratique concernant la vaccination contre la coqueluche pendant la gros-
sesse et la vaccination cocoon. Nous avons essayé d’établir si cette vaccination avait été proposée et surtout réalisée.
Ces questions portaient chacune sur trois moments, à savoir : la grossesse, le séjour à la maternité et après le retour
à domicile. Ces dernières concernaient à la fois la mère et le père de l’enfant.
o Vaccination contre la coqueluche chez la mère de l’enfant
En considérant les trois moments cités plus haut, la vaccination contre la coqueluche a été réalisée chez 37.2% (33.0-
41.4) des mères de l’échantillon.
Plus précisément, durant leur grossesse, 20.8% des futures mères se sont vues proposer le vaccin et parmi elles,
31.7% ont accepté de se faire vacciner à cette période.
Autrement dit, les 6,5% des mères des enfants de l’échantillon disent avoir été vaccinées au cours de leur grossesse
à un moment où cette vaccination n’était pas encore recommandée.
24.6% des mères de l’échantillon ont été vaccinées à la maternité, alors que près de 29.1% des mères s’étaient vues
proposer la vaccination.
6.1% des mères de l’échantillon ont été vaccinées après la maternité, alors que 7.8% des mères se sont vues con-
seiller la vaccination après être sorties de la maternité.
Au total la vaccination cocoon pour les mères serait de 30,7% (24,6%+6,1%).
o Vaccination contre la coqueluche chez le père de l’enfant.
Les données concernant la vaccination cocoon pour le père démontrent des taux de proposition et de réalisation plus
faibles. En effet, on peut estimer que la vaccination contre la coqueluche a été réalisée chez 24.2%(20.6-27.8) des
pères de l’échantillon. Cette vaccination a été proposée à 16.2% des pères pendant la grossesse. Parmi ceux-ci 45.5%
l’ont réalisée pendant cette période. Autrement dit, ce sont 7.3% des pères sur le total de l’échantillon qui ont été
vaccinés pendant la grossesse de leur compagne.
Près de 20% des pères se sont vus proposer la vaccination à la maternité où ce sont 5.6% des pères de l’échantillon
qui ont été vaccinés.
6.5% des pères se voient conseiller la vaccination après la sortie de l’enfant de la maternité. 11.3% des pères de
l’échantillon se sont fait vacciner après la maternité.
Au total pour cet échantillon d’enfants nés en 2013, 24.2% des pères ont été vaccinés : 7.3% pendant la gesta-
tion+5.6% à la maternité +11.3% après la maternité.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
31
La figure ci-dessous montre la répartition des vaccinateurs qui ont réalisé la vaccination (quel que soit le moment)
chez la mère et chez le père. Ce sont les sages-femmes qui vaccinent plus de 50% et les gynécologues plus de 23%
des mères alors que ce sont principalement les médecins généralistes qui vaccinent les (futurs) pères.
Figure 4. Vaccinateurs « coqueluche » des parents pour les enfants nés entre mai et novembre 2013
5.10 Estimation de l’importance du refus de vaccination
Pour estimer les refus de vaccination deux approches ont été suivies. D’une part, l’analyse de la réponse des parents
à la question « Avez-vous refusé une ou plusieurs vaccinations pour votre enfant ? » et d’autre part, l’analyse des
raisons de non-vaccination pour chaque vaccination incomplète. La première estimation est plus directe puisque la
question est posée de façon franche alors que la deuxième appréciation vient du constat d’une non-vaccination
l’on cherche à en connaître la cause. Le tableau ci-dessous présente les réponses fournies à la question la plus
directe.
Tableau 30. Vaccinations recommandées refusées catégoriquement par les parents (517)
Vaccins cités
n
%
Polio
1
0.2
DTP
1
0.2
HIB
1
0.2
VHB
7
1.3
Méningocoque C
15
2.7
RRO
8
1.4
Pneumo
11
2.0
Total
44
Rotavirus
14
2.5
Ce tableau révèle ainsi que parmi les parents ayant refusé une vaccination pour leur enfant, le Méningocoque C est
mentionné dans 2.7% des cas, en 2012 le MénC était déjà la vaccination la plus souvent refusée. Le Pneumo atteint
2% de refus. Le VHB et le RRO sont refusés dans moins de 2% des cas, le polio, DTP et Hib le sont quant à eux de
façon anecdotique.
Le Rotavirus est moins souvent cité qu’en 2012. Il est refusé pour 14 enquêtes contre 29 en 2012. Soit avec le déno-
minateur de 555, dans 2.5% des cas (5.6% en 2012). Cependant, ce vaccin n’est pas un vaccin faisant partie du circuit
vaccinal et n’est pas, par conséquent, gratuit. Ce constat est cohérent par rapport à la couverture qui a augmenté de
façon significative depuis 2012.
50,8
23,2 21,0
3,9 1,1
2,3 7,8
77,5
2,3
10,1
0,0
10,0
20,0
30,0
40,0
50,0
60,0
70,0
80,0
Sage-femmes,
infirmière Gynécologue Médecin
généraliste Pédiatre Autre
Mères
Pères
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
32
Par la méthode la moins directe, on estime que le vaccin hexavalent est refusé pour 1,5% des enfants, le Pn, 2.6%,
le RRO 1,8 %, le MenC 3.9% et le Rota dans 5.7% des cas.
Il n’est pas étonnant de voir les taux de refus plus nombreux par cette seconde approche puisque les parents doivent
justifier la non-vaccination de leur enfant suite au constat par l’enquêteur des dates manquantes dans le carnet de
leur l’enfant. Nous relevons ici des incohérences dans le discours puisque certains parents peuvent ne pas mentionner
de refus à la question directe alors qu’ils donneront comme raison de non-vaccination la non-obligation ou le manque
d’intérêt du vaccin qu’ils peuvent considérer parfois comme un vaccin de confort ou pas utile car il ne couvre pas
toutes les souches du pathogène. Nous avons considéré ces réponses comme des refus vaccinaux. Nous pensons
que l’estimation des refus vaccin par vaccin par ce biais est plus fiable que celle issue de la question qui demande
quel a été le vaccin refusé de façon plus directe. Certains parents osant peut être moins exprimer leur opinion sur le
sujet.
Les réponses s’apparentant à des refus ainsi que leur fréquence, vaccin par vaccin, sont présentées dans le tableau
ci-dessous.
Tableau 31. Raisons de refus ventilées selon le vaccin
Hexa1
RRO
MénC
Pn1
Rota1
Enfants n’ayant pas reçu le vaccin
6
24
48
13
53
Enfants pour lesquels une réponse a été donnée
8
24
40
13
56
Nombre de refus
8 (100%)
10 (41.7%)
21 (43.8%)
14 (100%)
31 (58.5%)
Extrapolation sur le total de l’échantillon
1.5
1.8
3.9
2.6
5.7
Raisons évoquées :
Ne voit pas l’intérêt de ce vaccin
1
1
3
1
4
Hépatite B non obligatoire
1
Non obligatoire (NO)/ NO en crèche
2
1
2
Refus
3
3
8
6
7
A un an pas le moment de donner car autisme si trop
de piqûres
1
Pas nécessaire (vaccin de confort)
1
1
4
4
5
Enfant gardé à la maison
1
8
Raison philosophique
1
1
1
Se questionne par rapport à ce vaccin
1
Ne couvre pas tous les rotavirus
1
Nouveau vaccin
1
Incidence de méningite faible
1
Peur des effets secondaires
1
1
1
1
1
Lecture dit que c’est trop tôt pour vacciner faut at-
tendre un an
1
1
1
1
1
Après analyses des deux approches, on peut conclure que quelle que soit la manière d’aborder les refus de vaccina-
tion, ceux-ci restent faibles, ils avoisinent le plus souvent 2%. Le Rotavirus, quant à lui, concerne entre 2.5% et 5.7%
des enfants et étonnamment le Méningocoque C entre 2.7% et 3.9% des enfants. Ce dernier vaccin montrait déjà en
2012 un taux de refus plus élevé que les autres. Même si les taux de refus sont relativement faibles, il est important
de signaler qu’ils accusent une légère hausse.
Le graphique suivant présente les évolutions des refus pour les 4 dernières enquêtes de couvertures vaccinales réa-
lisées entre 2006 et 2015.
Alors que le refus de la vaccination Pneumocoque après avoir fortement diminué suite à l’introduction du vaccin dans
le circuit a tendance à remonter (2,6%), les refus pour l’hépatite B et le RRO restent inférieurs à 2% mais sont en
légère croissance, celui du MenC montre une nette tendance à la hausse et celui du rotavirus reste stable mais à près
de 6%.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
33
Figure 5. Évolution des refus de vaccination entre 2006 et 2015
5.11 Opinions et connaissance des parents sur la vaccination
Pour approcher l’opinion des parents concernant la vaccination en général, il leur a été demandé de se positionner
par rapport à plusieurs questions ou propositions sur le sujet.
9.2% (10.3%) des parents disent être gênés par l’obligation vaccinale. 7.6% (8.6%) des parents trouvent que les
enfants gardés en milieux d’accueil ne devraient pas être vaccinés suivant le schéma recommandé par les autorités
sanitaires.
Les chiffres entre parenthèses sont ceux issus de l’enquête de 2012. Les résultats sont parfaitement comparables et
aucune évolution n’est à mentionner depuis la dernière enquête.
56.4% des parents disent avoir reçu des informations sur la vaccination des enfants de la part d’un professionnel de
santé. Parmi ceux qui ont reçu ces informations, 92.6% des parents s’en disent satisfaits. C’est un constat positif de
savoir que l’information reçue satisfait un maximum de parents. Par contre, pour près d’un enfant sur deux les parents
estiment n’avoir pas reçu d’information sur la vaccination. Ce constat est cohérent par rapport à l’idée qui circule dans
la population que trop peu d’informations émanant de professionnels indépendants de firme pharmaceutique n’ex-
plique les enjeux de la vaccination. Par conséquent, ce manque est bien souvent rempli par les lobbies anti-vaccination
qui semblent prendre de plus en plus de place et malheureusement d’autorité sur le sujet, notamment sur Internet.
L’information « neutre » cependant existe mais elle ne circule apparemment pas suffisamment puisqu’elle n’arrive pas
jusqu’à la principale population cible. Des feuillets informatifs édités par la FWB existent mais comme nous le verrons
ci-dessous ils ne sont que très peu distribués.
5.12 Taux de pénétration des documents « Vacciner ? Mieux comprendre pour décider »
et « les rendez-vous des vaccins »
La brochure « Vacciner ? Mieux comprendre pour décider » réalisée en 2006 et mise à jour en 2013 est principalement
destinée à remettre aux parents qui souhaitent des informations complémentaires sur les vaccinations. Le tirage initial
de cette brochure a été de 75.000 exemplaires. En 2013, 45.000 exemplaires ont été réimprimés et 25.000 exem-
plaires ont été remis à l’ONE pour diffusion auprès des consultations et des milieux d’accueil.
Les vaccinateurs privés en ont reçu quelques exemplaires et ont pu les recommander.
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016
Evolution des refus de vaccination entre 2006 et 2015
VHB Pn MenC RRO Rota
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
34
Seuls 15.3% (18.7%) des parents disent avoir vu la brochure. Ce qui fait 3.4% de moins qu’en 2012. Quant au feuillet
informatif « les rendez-vous des vaccins » 16.8% des parents disent l’avoir vu (9%).
Pourtant quand les enquêteurs montrent ces brochures, beaucoup de parents demandent où ils peuvent se les pro-
curer et semblent réellement intéressés par les documents.
5.13 Consultation pour enfants (ONE)
En six ans, on constate une augmentation de la fréquentation de la PMI en Wallonie. Le plus frappant dans le tableau
ci-dessous est le pourcentage d’enfants qui ne sont jamais allés à l’ONE qui est en diminution constante.
Tableau 32. Consultation ONE (autre que la consultation ONE de la crèche)
Consultation ONE
2009
2012
2015
n
%
n
%
n
%
Toujours depuis la naissance de l’enfant
193
37.8
197
37.5
201
36.4
De façon régulière
56
11.0
84
16.0
112
20.3
De façon irrégulière
80
15.7
100
19.0
124
22.5
Non, jamais
182
35.6
144
27.4
115
20.8
Total
511
100
525
100
552
100
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
35
Pour dresser le profil des parents qui font suivre leur enfant dans une consultation ONE nous avons regroupé d’une
part, ceux qui ont été suivis toujours ou de façon régulière par l’ONE et d’autre part, ceux qui ne l’ont jamais ou
occasionnellement. Le tableau ci-dessus présente les suivis pourcentages de fréquentation de l’ONE en fonction de
différents critères socio-économiques des parents.
Tableau 33 : Profil des parents en fonction du type de suivi en consultation ONE
Comme on peut le voir, les consultations de l’ONE sont plus souvent fréquentées par les mères ayant étudié moins
longtemps, par les mères non actives sur le marché de l’emploi, les plus jeunes, d’origine étrangère et par les enfants
de premier rang.
B/ Divers
5.14 Suivi de grossesse en protection maternelle et infantile
14.7% (11.6-17.8) des mères de notre échantillon déclarent avoir fait suivre leur grossesse dans une consultation
prénatale ONE. Parmi celles-ci, 93.2% étaient suivies dans une consultation hospitalière. Selon l’ONE, 24.2% des
futures mères sont suivies en CPN de l’ONE en Wallonie. (Calculé en fonction du rapport BDMS de 201 ??). Entre les
données de l’ONE et celles de l’enquête de CV une différence de 10% existe. Cette valeur semble assez élevée. Nous
pouvons faire plusieurs hypothèses qui expliqueraient cette différence.
Cette différence pourrait également s’expliquer par un biais anamnestique et également par une ignorance des mères
pour ce qui des CPN hospitalières qui ne sont peut-être pas toujours identifiées comme des consultations ONE.
85.4% (82.3-88.5) des mères disent avoir eu la visite de l’ONE à la maternité, 3% ne savent pas répondre à la question
De façon plus précise, nous savons que les mères ont fait suivre leur grossesse, majoritairement par un gynéco-
logue. Plus d’un quart des mères sont suivies par une sage-femme, plus de 10% des mères consultent pour leur
grossesse un médecin généraliste ou l’ONE. Ce résultat concernant l’ONE confirme les 14.7% (11.6-17.8) mention-
nés plus haut.
Consultation ONE
Valeur de p
%
Études mères
Aucune, primaire, sec <
71.0 (66)
Sec >, supérieur et universitaire
53.7 (244)
0.002
Revenu ménage
2 revenus professionnel, 1 rev pro+1rev de remplacement
50.5 (193)
Autre
71.3 (119)
<0.001
Situation professionnelle mère quand enfant avait 6 mois
Active
49.9 (178)
Non active
69.3 (131)
<0.001
Nationalité d’origine
Belge
53.6 (222)
Non belge
65.9 (91)
0.01
Age mère
16-29
63.6 (124)
30-33
51.9 (84)
33-46
53.7 (101)
0.05
Rang de l’enfant
1
61.5 (136)
1+
53.5 (177)
0.06
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
36
Figure 6. Distribution des professionnels consultés pour le suivi de grossesse (%)
5.15 Infections ayant nécessité une nuitée à l’hôpital
Depuis leur naissance, 18.% (105) des enfants de l’enquête 2015 versus 17.2% dans l’enquête 2012 ont passé au
moins une nuit à l’hôpital pour une infection (période néonatale exclue). Sur base de l’anamnèse des parents, la liste
ci-dessous présente les différentes infections répertoriées.
Tableau 34. Infection ayant nécessité une hospitalisation d’au moins une nuit
n
%
Bronchiolite
25
4,5 (5.5)
Gastro-entérite
24
4,3 (2.9)
Pneumonie
13
2,3 (3.3)
Infections urinaires
11
2,0 (1.1)
Bronchite
7
1,3 (0.8)
Otite
5
0,9 (0.4)
Virus non définis
4
0,7 (0.2)
Echolite pathogène
2
0,4
Méningite virale
2
0,4
Gros rhume
2
0,4
Rhinite
1
0,2
Roséole
1
0,2
Rhinopharyngite
1
0,2
Grippe
1
0,2 (0.4)
Sinusite
1
0,2
Total
100
Autre
12
2.2
Ne sait pas
9
1.6
Total
121
Les infections respiratoires ont occasionné près de 10% des nuits d’hospitalisations des enfants de l’échantillon, les
gastro-entérites 2.9%.
96,0
27,5 13,4 11,1 4,5
0,0
20,0
40,0
60,0
80,0
100,0
Gynécologue Sage-femme Médecin
généraliste Consultation
ONE Autre (Kiné,
ostéo, ..)
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
37
C/ Allaitement maternel
5.16 Prévalence de l’allaitement maternel pour les enfants nés en 2013
L’objectif concernant l’allaitement maternel à la maternité définit par l’ONE (Prévention et petite enfance, ONE) est
l’atteinte d’un allaitement maternel exclusif (AME) de la naissance à la sortie de la maternité d’au moins 75%.
Le tableau ci-dessous présente la ventilation des taux d’AME, d’allaitement partiel et d’administration de lait artificiel
à la naissance et à la sortie de la maternité.
Tableau 35. Comparaison des taux d’allaitement maternel à la naissance à la sortie de la maternité
Allaitement à la naissance
Allaitement à la sortie de la maternité
n
%
n
%
412
74.0 (70.3-77.6)
382
68.6 (64.7-72.4)**
43
7.7 (5.5-9.9)
46
8.3 (6.0-10.5)
102
18.3 (15.1-21.5)
129
23.2 (19.7-26.7)
557
100
557
100
Ce tableau montre une diminution de près de 6% de l’allaitement exclusif entre la naissance et la sortie de la maternité.
Cette diminution est statistiquement significative (**). De façon globale, 81.7% (78.5-84.9) et 76.8% (73.3-80.3) des
enfants sont respectivement allaités à la naissance et à la sortie de la maternité, la diminution de cet allaitement total
est de 4.9% et est significative (*).
Le pourcentage d’enfants qui ne sont plus du tout allaités et donc nourris totalement avec du lait commercial passe
de 18.3% à 23.2% (+4.9%) durant cette même période.
Au vu de ces résultats l’objectif de l’ONE qui semble être atteint à la naissance ne l’est plus à la sortie de la
maternité. L’intervalle de confiance ne recouvre pas l’objectif de 75%.
Qu’il s’agisse d’AM total, d’AME, de l’allaitement à la naissance ou à la maternité, ces résultats sont parfaitement
identiques à ceux observés dans l’enquête de 2012 se rapportant aux enfants nés en 2010.
Dans notre étude, 22.7% enfants sont nés par césarienne.
Nous n’avons pas mis en évidence de différence de fréquence d’hospitalisation entre les enfants allaités ou non.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
38
6. Discussion
Les communes ont réagi assez positivement à l’enquête, seule l’une d’entre elles n’a pas accepté la réalisation de
l’étude sur son territoire, elle a facilement été remplacée.
Par contre, les enquêteurs se sont plaints de la grande difficulté à joindre les parents. Ces derniers semblaient être
peu présents au moment du passage des enquêteurs. Par conséquent, il a fallu remplacer un nombre plus important
d’enfants qu’à l’accoutumée. Une plus grande méfiance vis-à-vis des enquêtes en général semble être l’une des rai-
sons possibles.
Tenant compte de ce qui vient d’être dit et en rappelant qu’il a fallu plus souvent remplacer des enfants injoignables,
le taux de participation des parents atteint pour cette enquête 88.4%. 89.2% de ceux-ci ont accepté de recevoir un
enquêteur à domicile. 97.1% des parents ont fourni un document vaccinal qui a permis de recopier les dates de
vaccinations des enfants, éléments essentiels pour ce genre d’étude. Le carnet de l’enfant est le document de loin le
plus fréquemment utilisé. 98.5% des parents l’ont présenté.
Depuis la précédente enquête de 2012, il n’y pas eu de changement dans le calendrier vaccinal. En effet, les vaccins
et les âges recommandés de vaccination n’ont pas changé, aucun nouveau vaccin n’a été introduit dans le schéma.
On peut, par conséquent, mesurer la stabilisation du calendrier et du schéma recommandés depuis 2007. Toutes les
couvertures des vaccins faisant partie du circuit sont restées stables par rapport à l’enquête précédente. Une petite
exception est à noter pour le Pneumocoque qui enregistre une légère augmentation de 3.5% et significative au seuil
de 5%. Le rotavirus, quant à lui, à 87.2% enregistre une augmentation de 7% (**). Ceci représente la plus grande
variation de couverture entre les enquêtes de 2012 et de 2015. En ne tenant compte que des vaccins gratuits pour les
parents, les couvertures complètes en 2015 atteignent toutes 91% et celle du RRO 95%.
Le nombre d’enfants qui ont reçu l’entièreté des vaccins recommandés est en nette progression puisque 86.4% de
ceux-ci ont reçu à la fois l’hexa4, le RRO, le MénC et le Pneumo3 et près de 80% ces mêmes vaccins avec les deux
doses de vaccin contre le rotavirus, soit respectivement une progression de 4.6% et 9.2%.
De façon générale, les couvertures vaccinales sont maintenues depuis 2012 avec une hausse significative pour le
pneumocoque (+3.5%) et le rotavirus (+7%).
De telles couvertures protègent-elles la population contre d’éventuelles épidémies ? Nous pouvons le penser pour la
plupart des maladies visées par les vaccinations infantiles. En effet, les taux de couverture obtenus contre la Polio, la
Diphtérie et la Coqueluche atteignent les seuils critiques d’immunité collective. Il en est de même pour les trois mala-
dies couvertes par le vaccin RRO et pour le Pneumocoque. Par contre, la vaccination contre l’Haemophilus Influenzae
de type b à 92.7% n’atteint pas encore le seuil idéal de 95%.
L’une des recommandations émises lors de l’enquête de 2012 visait une amélioration des taux de concordance d’in-
jections vaccinales lors du même rendez-vous médical. Depuis lors, les concordances se sont nettement améliorées.
Pour chaque séance de vaccination, la différence est statistiquement significative allant jusqu’à 11% de gain de simul-
tanéité dans le cas de l’hexa4 et du méningocoque C. Cependant, même si une nette amélioration est constatée, le
gradient de déperdition de concordance au fil des séances est toujours observé passant de 91.5% pour les premières
injections de 8 semaines à 66.7% pour les dernières injections administrées à l’âge de15 mois. Par conséquent, l’effort
doit être maintenu, principalement pour les doses de 12 et 15 mois. Même si la simultanéité reste plus fréquente en
PMI qu’en médecine privée, une nette amélioration de la part de tous les types de vaccinateurs est mesurée. Ces
évolutions très favorables ne doivent pas occulter le fait qu’un enfant sur trois ne reçoit pas sa dose de méningocoque
C en même temps que sa dose de vaccin hexavalent en médecine privée. Le risque lié au fait de ne pas réaliser les
vaccinations lors d’une même séance est celui de voir les vaccinations postposées de façon inutile et même dans
certains cas de ne pas du tout être réalisées. Les retards cumulés pris par la réalisation de la vaccination mènent à
une protection plus tardive des enfants contre les maladies invasives (Hib et Pn) ainsi que contre la coqueluche. Ainsi,
les vaccinations hexavalente et pneumococcique sont initiées chez un enfant sur trois avec un retard de 2 à 4 se-
maines au moins. Les retards s’accumulant de séance en séance, in fine, à 15 mois, seuls 20% des enfants seront
vaccinés à l’âge recommandé.
Au niveau du respect du calendrier Hexavalent, peu d’enfants (0.4%) reçoivent la première dose précocement, autre-
ment dit quand la réponse immunitaire ne sera pas optimale. Le respect de l’âge minimum d’administration des autres
doses est tout à fait correct et les espace interdoses sont dans l’ensemble bien respectés (au pire 4.3% de non-respect
entre la première et deuxième dose). L’âge médian d’administration du RRO est de 12.7 mois, 12 mois étant l’âge
attendu.9.1% des enfants reçoivent le vaccin avant l’âge de 12 mois, ce qui est trop tôt pour induire une protection
suffisante. En ce qui concerne le MénC, l’âge d’administration médian est de 14.9 mois, le pic d’administration se situe
à 13-15 mois, il était à 11 mois en 2009. Cependant, l’élément le plus important à montrer est le fait que 4.5% des
enfants sont vaccinés avant l’âge de 12 mois (baisse de 3% par rapport à 2012). Or, il est montré qu’avec les vaccins
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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conjugués, pour induire une réponse immunitaire de qualité, la dose unique doit être réalisée au cours de la deuxième
année de vie.
Ces quelques vaccinations précoces sont parfois le fait de dates difficilement interprétables. Autrement dit, peu d’en-
fants vaccinés, pourraient ne pas être protégés de façon optimale par la vaccination faute de non-respect des recom-
mandations d’âge minimum.
L’ONE reste le premier vaccinateur en Wallonie. Un peu plus de 50% des enfants y sont vaccinés même si une
diminution avoisinant les 5% est constatée depuis la dernière enquête. Un tiers des enfants sont vaccinés par le
pédiatre. Un plus grand nombre d’enfants qu’auparavant sont vaccinés dans un service hospitalier.
Les couvertures vaccinales peuvent varier en fonction de certains critères sociodémographiques des parents. De cette
façon on observe une tendance à une meilleure couverture quand la mère a étudié plus longtemps, parfois la diffé-
rence peut s’avérer légèrement significative (p=0.05, 0.06). Les parents de niveau universitaire sont ceux qui ont plus
facilement tendance (n=6) à ne pas entamer la vaccination Hexavalente. La caractéristique « universitaire », encore
plus marquée quand il s’agit du père, est la seule qui « prédit » une tendance à refuser au moins un vaccin du schéma
recommandé. Les enfants dont la maman est belge ont tendance, pour certains vaccins, à être plus fréquemment
vaccinés que les enfants de mères d’origine étrangère. L’âge de la mère et la situation maritale n’influencent nullement
la couverture. Par contre, l’indicateur le plus discriminant concerne les revenus et/ou le temps de travail dans le mé-
nage. Quand la mère est au foyer ou quand il n’y a pas (ou un seul) revenu professionnel dans le ménage les vaccins
des 4ème et 5ème séances sont moins fréquemment administrés. Alors qu’en 2012, le fait de fréquenter l’ONE était un
facteur de loin favorisant une meilleure vaccination, les données actuelles ne montrent plus de telles différences avec
la médecine privée, surtout pour les deux dernières séances et de facto pour les vaccinations complètes qui ne mon-
trent plus de différences statistiquement significatives. En effet, les vaccinations complètes en 2012, n’atteignaient
jamais 90% quand elles étaient réalisées en médecine privée, ce qui pourtant est le cas actuellement. L’ONE continue,
cependant, à administrer plus souvent les premières doses (hexa1 et pneumo1) et le RRO.
Tous les enfants pour lequel un document vaccinal a pu être consulté ont reçu le vaccin obligatoire contre la polio.
Parmi ceux-ci, une toute petite minorité a eu, un autre vaccin que celui proposé dans le circuit, 4 enfants ont reçu le
vaccin tétravalent et deux l’Imovax®. Pour ces 6 enfants, il s’agissait d’un refus ferme de la part des parents, pour l’un
ou l’autre des vaccins regroupés dans l’hexavalent.
À propos des refus vaccinaux, plusieurs voies ont été utilisées afin d’estimer leur fréquence. La première façon con-
sistait à poser la question aux parents de façon directe (avez-vous refusé une vaccination pour votre enfant ?) et
l’autre approche se basait sur les réponses données aux raisons de non-vaccination après le constat de celle-ci dans
le carnet de l’enfant. Il est probable que la question directe sous-estime la réalité car certains parents ne sont pas à
l’aise d’oser dire en face-à-face leur opposition à certains vaccins. Par contre, la deuxième approche est une interpré-
tation des raisons données par les parents comme pouvant s’apparenter à des refus. Cette façon comporte donc un
côté subjectif ou arbitraire de décider si l’une ou l’autre raison est assimilable ou non à un refus vaccinal. Ces deux
méthodes permettent d’avoir une estimation du nombre de refus vaccinaux. Ces estimations ne doivent pas être con-
sidérées comme un absolu. De cette façon, il est montré que les refus restent faibles, et avoisinent le plus souvent
2% (plutôt 1% en 2012). Le Rotavirus, quant à lui, concerne entre 2.5% et 5.7% des enfants et étonnamment le
Méningocoque C entre 2.7% et 3.9% des enfants (2.1-2.3 en 2012). Ce dernier vaccin montrait déjà en 2012 un taux
de refus plus élevé que les autres. Même si ces taux sont relativement faibles, il est important de signaler que ceux-
ci augmentent légèrement au fil des enquêtes, hormis le refus du rotavirus qui semble rester stable.
Moins de 10% (9.3 en 2012) des parents disent être gênés par l’obligation vaccinale. 7.6% trouvent que les enfants
gardés en milieux d’accueil ne devraient pas être vaccinés suivant le schéma recommandé par les autorités sanitaires.
Les résultats sont parfaitement comparables et aucune évolution n’est à mentionner depuis la dernière enquête.
6.1% des enfants ont dû consulter un médecin dans les 48 heures suivant une vaccination. Vu la simultanéité recom-
mandée des vaccins il est difficile de savoir quel vaccin a entraîné la consultation. Selon le médecin, le vaccin incriminé
serait dans 51% des cas lié au RRO, le pneumocoque, l’hexavalent et le rotavirus chacun d’eux pour 13.8% des
consultations et le méningocoque C pour 6.9% des cas restants.
Pour la première fois, les données sur la vaccination contre la coqueluche pendant la période périnatale ont été récol-
tées. Cette vaccination a été réalisée chez 37.2% (33.0-41.4) des mères. (6.5% des femmes enceintes se sont fait
vacciner au cours de leur grossesse. 24.6% des mères de l’échantillon ont été vaccinées à la maternité et 6.1% des
mères de l’échantillon ont été vaccinées après la maternité).
Il semble étonnant que 6.5% des mères disent avoir été vaccinées contre la coqueluche pendant leur grossesse car
il n’existait pas encore de recommandation dans ce sens à l’époque. La vaccination cocoon des mères atteint à peine
30%.
24.2%(20.6-27.8) des pères de l’échantillon ont été vaccinés pendant ces trois périodes.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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Moins de 30% des parents des enfants de l’échantillon ont été vaccinés contre la coqueluche dans le cadre d’une
vaccination « cocoon », ce qui montre bien la difficulté opérationnelle de cette stratégie. A ce niveau de couverture un
faible impact peut être attendu sur la protection des nourrissons.
18% (17.2% en 2012) des enfants de notre échantillon ont passé une nuit au moins à l’hôpital pour une infection. Les
infections respiratoires sont les causes les plus fréquentes. Parmi les enfants de notre étude, sur les 18 à 24 premiers
mois de vie, 4.5% sont admis pour bronchiolite, 2.3% pour Pneumonie et 4.3% pour gastro-entérite. Les autres raisons
sont moins fréquentes : 2.0% pour infections urinaires, 1.3 pour bronchite, 0.2% pour grippe. Ces données corroborent
parfaitement celles trouvées en 2012.
Malgré le fait que les enquêtes de 2009 et de 2012 ont montré le faible taux de pénétration et recommandaient une
meilleure distribution des deux documents « Vacciner, mieux comprendre pour décider » et « les rendez-vous des
vaccins », seuls 15.3% des parents disent avoir vu la brochure. Ce taux est encore plus faible que celui de l’enquête
précédente. Quant au feuillet informatif, seuls 16.8% des parents disent l’avoir vu. D’après les enquêteurs, les parents
semblent néanmoins très intéressés par ces documents, beaucoup le réclament en le voyant. Quand les parents
reçoivent des informations sur la vaccination, la toute grande majorité de ceux-ci (92.6%) s’en disent satisfaits. Ce-
pendant, trop peu de parents en reçoivent puisque seuls 56.4% disent avoir été informés par un professionnel de
santé. Malgré les multiples possibilités actuelles de s’informer, les parents souhaitent recevoir plus d’information de
professionnels de la santé indépendants des firmes pharmaceutiques. Par conséquent, des efforts en termes de com-
munication restent toujours à faire par le programme de vaccination auprès des parents.
La qualification de chaque questionnaire en « refus d’enquête » ou en «enfant injoignable » s’est avérée plus difficile
à établir cette fois- ci que lors des enquêtes précédentes.
La norme établie était de ne pas remplacer les « refus d’enquête » mais bien ceux qui n’étaient pas joignables dès
que leur nombre atteignait 3.
Les injoignables étaient en principe identifiés comme ceux pour lesquels aucun contact n’avait pu être établi à trois
reprises, ceux qui n’habitaient plus à l’adresse reçue soit en raison d’un déménagement dans une autre commune ou
à une adresse inconnue.
Cette classification n’a pu être respectée lors de diverses situations :
Certains parents acceptaient l’enquête, fixaient un rendez-vous et le moment venu n’ouvraient pas leur porte,
étant même parfois présents au domicile (télévision allumée..). : refus ? infructueux ? à ne pas remplacer ? à
remplacer ?
Débordées par un accouchement imminent ou par un retour de la maternité pour un autre enfant, certaines
mamans ont refusé l’enquête par manque de temps mais ce questionnaire a néanmoins été remplacé.
Certaines TMS n’ont pas documenté clairement leurs 3 tentatives de contact ni des raisons de refus mais ont
rentré des grappes incomplètes. Il a été impossible de compléter le statut de ces questionnaires et donc il a
fallu les remplacer alors que tous n’auraient sans doute pas l’être car étaient de vrais refus.
Vu le manque de collaboration à la fois de certains parents mais aussi d’enquêteurs qui n’ont pas respecté les con-
signes du nombre d’enfants minimum à atteindre ou qui n’ont pas prévenu à temps des difficultés rencontrées ou
encore qui ont renvoyé les questionnaires non remplis trop tardivement, les difficultés de mise en place pour cette
enquête ont été très importantes. Par conséquent, une enquêtrice qui s’est rendue dans toutes les communes pour
lesquelles le nombre minimum d’enfants n’était pas atteint a être engagée. De cette façon, la taille minimum de
l’échantillon a été atteinte mais beaucoup plus tardivement que prévu.
L’accumulation de difficultés - enfants remplacés plusieurs fois, remplacements plus fréquents, visites le soir et le we,
visites en juillet - expliquerait probablement en partie la non-représentativité de l’échantillon sur certains critères socio-
économiques, notamment une légère surreprésentation des mères possédant un niveau d’études supérieur universi-
taire ou non au détriment des femmes ayant un niveau d’études secondaires.
Théoriquement, l’OMS considère un enfant, pour lequel l’enquête a été refusée, comme non vacciné. Du point de vue
du terrain cette position n’est pas tenable car, en effet, dans certaines communes cela reviendrait à dire que 50% des
enfants étaient non vaccinés. Une TMS peut savoir un enfant complètement vacciné (quand il est suivi dans sa con-
sultation) et les parents refuser l’enquête (sans toujours le justifier), selon l’OMS cet enfant serait non vacciné. Dans
des cas comme celui-là nous avons préféré remplacer l’enfant. A contrario, nous imaginons bien que des parents anti-
vaccination seraient assez enclins à tout faire pour éviter l’enquête sans pour autant mentionner un refus ferme, en-
quête pour laquelle l’enfant, sera dès lors remplacé, probablement par un enfant vacciné. Par conséquent, le statut
des enfants injoignables et des enfants pour lesquels un refus a été mentionné devient plus fréquemment discutable.
En effet, nous savons que la vaccination est plus souvent remise en question dans les milieux sociaux plus favorisés
bobos »), que certains adjuvants sont décriés, que la presse relègue certains messages parfois alarmistes. Il avait
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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été montré lors des deux enquêtes précédentes que la crise de la grippe A H1N1 avait impacté l’image de la vaccina-
tion en général. Difficile donc de dire si la complexité à trouver les parents est liée au sujet de l’enquête ou si c’est un
rejet, un désintérêt général de répondre à des enquêtes quel que soit finalement le sujet abordé.
Nous concluions les rapports précédents par le constat d’une confiance de la population sur le sujet de la vaccination
des nourrissons, il n’est pas facile de savoir si celle-ci se maintient ou au contraire, si elle commence à s’effriter. En
effet, au travers de ce rapport différents éléments peuvent alimenter la réflexion sur le sujet. Tout d’abord qui sont tous
ces parents qui ont refusé l’enquête ? Un plus grand nombre de refus et/ou de famille injoignable voudrait-il dire un
rejet plus important de la vaccination ? Nous n’avons pas de réponse à ce stade. Deuxièmement, les refus vaccinaux
même s’ils restent dans la limite du raisonnable sont en train d’augmenter. Ceux-ci semblent émaner plus fréquem-
ment d’une frange de la population plus instruite qui au fil des années donne le ton de nouveaux comportements
pouvant faire tache d’huile. Cependant, aucune diminution de couverture n’est à déplorer que du contraire pour le
pneumo et le rota. Malgré de faibles taux de refus, l’intérêt de la protection vaccinale semble subir une remise en
question.
Par l’une ou l’autre question, il a été tenté de mieux cerner le problème. Il est clair cependant, que ce genre d’enquête
n’est pas propice à créer un climat de confiance pour les parents non-vaccinant, ceux-ci passent donc probablement
entre les mailles du filet en évitant ce type d’enquête. Révéler que son enfant n’est pas vacciné contre la polio, s’est
automatiquement se mettre en porte à faux par rapport à l’obligation vaccinale.
Notre méthodologie n’est pas adaptée à quantifier ce phénomène, qui reste probablement marginal à l’heure actuelle.
Il semblerait pourtant opportun de développer de nouvelles approches pour essayer de quantifier les pratiques alter-
natives allant jusque dans le pire des cas à produire des faux en écriture à propos des dates vaccinales. Il pourrait
peut-être être pertinent de s’intéresser à certaines pratiques développées par les parents pour éviter l’obligation vac-
cinale légale ou en crèche. Il est plus que probable que des regroupements d’enfants sous-vaccinés existent en Wal-
lonie, probablement dans certains villes ou villages du Brabant wallon. Un autre type d’enquête serait nécessaire pour
mesurer de tels clusters.
L’étude a été l’occasion de poser quelques questions sur l’allaitement maternel. Les taux d’allaitement maternel, ex-
clusif et total, tant à la naissance qu’à la sortie de la maternité, sont identiques à ceux trouvés en 2012. À savoir,
74.0% d’allaitement exclusif à la naissance et 68.6% à la sortie de la maternité, cette diminution reste significative.
Cette dernière valeur montre que l’objectif de l’ONE d’un allaitement exclusif à la sortie de la maternité de 75% n’est
pas atteint. En totalisant l’allaitement exclusif et partiel, 81.7% et 76.8% des enfants sont allaités en Wallonie. Autre-
ment dit, aucune évolution n’est apparue depuis le dernier rapport de 2012. Ces taux restent parmi les plus faibles
des pays européens.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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7. Recommandations
Au terme de cette enquête, des recommandations pour le programme peuvent être formulées. Elles concernent à la
fois l’action des vaccinateurs et celle des responsables de la communication du programme.
7.1 Améliorer la simultanéité des injections et le respect du calendrier
Il reste encore un effort à faire pour persuader les vaccinateurs, surtout privé, du bien-fondé de l’administration simul-
tanée des vaccins particulièrement pour les 4èmes et 5ème séances. Cette simultanéité renforcerait les couvertures en
diminuant les risques de non-vaccination par report ou oubli des rendez-vous.
Les craintes ou réticences des vaccinateurs à réaliser deux vaccinations simultanément devraient être mieux étudiées
afin de pouvoir faire l’objet d’une communication plus ciblée tant auprès des vaccinateurs que des parents.
7.2 Parler en termes de semaines et non en termes de mois
Au fil des séances, l’écart entre les âges recommandés et les âges de vaccination se creusent. Nous constatons qu’il
s’agisse du carnet de l’enfant (CE), des étiquettes autocollantes du CE, du « rendez-vous des vaccins », de calendriers
vaccinaux, toutes les séances vaccinales sont proposées en mois. Il serait plus pertinent de parler en termes de
semaines pour les trois premières séances. Ce vocabulaire plus précis influencerait probablement les comportements
vers un plus grand respect des périodes recommandées de vaccination.
7.3 Meilleur suivi des doses à administrer après l’âge de 12 mois
Comparées aux couvertures atteintes pour les 3 premières séances de vaccination, celles des 4ème et 5ème séances
de vaccination marquent un retrait qui est lié à des causes vulnérables et opérationnelles et non à des refus de vacci-
nation. L’utilisation d’échéancier et de modalités de rappel des enfants ne se présentant pas aux rendez-vous vacci-
naux mériteraient d’être mieux documentées et préconisées.
La perte de couverture vaccinale pour le suivi de l’hexa particulièrement plus importante chez les enfants de mères
au foyer ou peu instruites permet d’identifier une sous-population d’enfants plus à risque de ne pas terminer le schéma
vaccinal de base. Dans ce cas, les structures préventives de PMI ne parviennent pas à effacer les inégalités sociales
de santé.
7.4 Meilleure communication aux parents
Les outils d’information préparés par le programme pour les parents sont insuffisamment ou mal utilisés. Les modalités
d’utilisation devraient être mieux clarifiées auprès des vaccinateurs.
Le taux de refus des vaccinations est certes faible mais le programme doit être attentif aux craintes exprimées par les
parents et aux questions soulevées par certaines campagnes médiatiques.
Les enjeux collectifs et individuels de la prophylaxie vaccinale restent des messages importants à mieux exposer
auprès des parents.
Les recommandations de la vaccination « cocoon » pour la protection des nourrissons contre la coqueluche commen-
cent à être connues par les parents. Cependant, il reste important de maintenir l’attention de toutes les parties con-
cernées afin de protéger au mieux les plus jeunes enfants.
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8. Limites et difficultés rencontrées
8.1 La constitution de l’échantillon
Le traitement de la demande d’obtention des listes d’enfants introduite auprès des communes tirées au sort a été très
varié : si la plupart des communes ont rapidement accepté de fournir ces listes, d’autres ont soit mis longtemps pour
répondre ou même ont refusé de répondre.
Il est de constater que certaines communes n’ont finalement communiqué leur liste qu’au cours du mois de mai, ce
qui a retardé le tirage des enfants dans les grappes.
Une seule commune, Sambreville, a refusé de participer à l’enquête.
Malgré notre lettre envoyée au mois de février aux 50 communes devant faire partie de l’échantillon, certaines d’entre
elles ont mis plus de 5 mois à nous fournir les listes. Ceci malgré de nombreux rappels par courrier papier, mails ou
fax expliquant clairement les raisons d’une date butoir. L’enquête, a par conséquent, commencé en retard de plus
d’un mois et demi à Charleroi après renvoi de 4 dossiers complets au Collège des Échevins et Bourgmestre.
D’une façon générale, au fil des enquêtes, nous avons de plus en plus de difficultés à obtenir les listes d’enfants, soit
à cause de refus des communes, soit de dossiers qui se « perdent » au sein de l’administration communale.
La méthode d’accès aux listes des enfants pourrait être revue et la possibilité d’un accès plus centralisé via une
demande directe au registre national devrait être étudiée.
8.2 Le choix des enquêteurs et leur adhésion au projet
Comme lors de chaque enquête de couverture vaccinale, une collaboration a lieu avec les travailleurs médico-sociaux
de l’ONE qui sont les enquêteurs.
Le choix des TMS est fait au sein des équipes travaillant dans les communes tirées. Notre demande était d’avoir 2
enquêteurs par grappe au maximum (une grappe = 13 enfants).
Une matinée de formation obligatoire a été organisée pour les TMS enquêtrices pour leur présenter tous les aspects
méthodologiques et pratiques de l’enquête (deux dates possibles). L’ensemble du questionnaire a été exposé.
Cette année, le questionnaire dans l’ensemble a été rempli de façon plus adéquate que pour la précédente enquête,
le choix d’avoir deux enquêteurs au plus par communes a été respecté dans la majorité des grappes. Cependant,
deux problèmes majeurs ont eu lieu au niveau de la récolte des données.
Premièrement, pour 15 grappes aucune TMS volontaire ne s’est proposée. Il a donc fallu recruter une enquêtrice
extérieure pour réaliser l’étude dans ces différentes communes.
Deuxièmement, certaines TMS ont rencontré des difficultés pour établir le contact avec les parents des enfants et
n’ont pas contacté rapidement les chercheurs afin de tirer des enfants de remplacement. Au contraire ce n’est qu’au
retour des enquêtes (pour certaines début juillet) qu’il a fallu constater que le nombre d’enquêtes rentrées n’étaient
pas suffisant. Ainsi pour une dizaine de grappes n’obtenant pas 9 questionnaires remplis, nous avons renvoyer
des questionnaires aux enquêteurs, quand c’était possible, afin de compléter la grappe, pour obtenir le nombre voulu
de questionnaires. Malgré l’envoi de nouvelles adresses dans certaines communes le nombre d’enfants joignables
n’avait toujours pas été atteint (trop souvent les enquêteurs se rendent au domicile des parents aux mêmes heures
de la journée) sans toujours prévenir. Par conséquent, pour plusieurs grappes, on s’est retrouvé devant le fait accompli
d’un manque d’enfants le 15 juin avec l’impossibilité pour l’enquêteur de poursuivre l’étude pour diverses raisons.
Par conséquent, l’enquêtrice engagée par nos soins a complété toutes les grappes où le nombre d’enfants minimum
n’était pas atteint. Au total elle a dû réaliser, à elle seule, plus d’une centaine d’enquêtes dans toute la Wallonie entre
le 15 juin et le 15 juillet, entraînant un surcoût financier non prévu au départ. Si les taux de contacts établis et le
nombre de documents consultés restent stables par rapport à 2012 et 2009 c’est grâce au rattrapage réalisé en mois
de juin et juillet.
Pour toutes ces raisons, l’analyse de la base de données a commencé avec 30 jours de retard.
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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Au terme de cette enquête, il serait utile d’interroger les TMS enquêteurs afin de mieux mesurer le positif et le négatif
qu’ils retirent de leur participation et de mieux cerner les difficultés rencontrées pour pouvoir envisager des solutions
ou d’autres modalités de collecte des données.
Cette année pour la première fois, nous avions une enquêtrice indépendante qui a réalisé un grand nombre d’en-
quêtes. Elle a pointé la difficulté de pouvoir choisir entre l’item « de façon irrégulière » et « non jamais » pour le suivi
des enfants par l’ONE notamment pour ceux dont les parents ont eu pour seul contact avec l’ONE la visite à domicile
au retour de la maternité. Nous n’avions pas envisagé ce cas de figure. Averties par cette enquêtrice, nous avons jugé
opportun de considérer ces cas comme faisant partie de la catégorie « jamais ». Cependant, il est impossible de savoir
comment les TMS ont, elles, classé les enfants dans ce même cas de figure. Pouvons-nous faire l’hypothèse que la
catégorie de façon irrégulière augmente au fil du temps grâce à la systématisation des visites à domicile des nourris-
sons et à un classement de ces cas dans une autre catégorie?
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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9. Les points essentiels de l’enquête
Les couvertures sont stables par rapport à 2012 avec une augmentation significative du
pneumo de 3.5% et du rota de 7.0%
Les couvertures complètes (Hexa4 + RRO + nC + Pneumo3) sont de 86.4%(83.6-89.3)
et de 79.3% (75.9-82.7) en incluant la deuxième dose de rotavirus, soit en augmentation de
4.6% et de 9.2%
Les seuils d’immunité collective sont atteints pour toutes les maladies sauf pour le Hib
Seuls 21% des enfants reçoivent l’hexa4 et le pneumo3 à l’âge idéal, c’est-à-dire entre 16 et
18 semaines
La concordance de dates pour chaque séance a augmenté de façon significative depuis 2012
(entre 5% et 10% selon la séance)
1.2% (n=6) n’ont pas reçu la première dose de vaccin hexavalent
La médecine privée a gagné au niveau qualitatif (meilleure simultanéité des vaccins depuis
2012) et quantitatif (augmentation du nombre d’enfants vaccinés)
37.8% (33.0-41.4) des mères et 24.2%(20.6-27.8) des pères ont été vaccinés contre la co-
queluche en vue de protéger leur nourrisson. Moins de 30% des parents l’ont édans le
cadre d’une vaccination « cocoon » ce qui montre bien la difficulté opérationnelle de cette
stratégie
Moins de 10% des parents se disent gênés par l’obligation vaccinale
Le refus de la vaccination reste faible sous 2% mais augmente néanmoins pour certains vac-
cins, le Pneumo et MenC. Il est le plus élevé à 5,7% pour le Rotavirus
6.1% des enfants ont dû consulter un médecin pour effets indésirables dans les 48h suivant
une vaccination, dans 50% des cas c’est le RRO qui est incriminé
La brochure « Vacciner, mieux comprendre pour décider » a été insuffisamment diffusée,
15.3% des parents l’ont vue.
En 2009, 64.4% (60.2-68.5) des enfants fréquentaient la PMI, en 2012, 72.5% (68.8-76.4),
et en 2015, 79.2% (75.8-82.6) soit une augmentation significative de 14.8% par rapport à
2009 et de 6.7% par rapport à 2012
81.7% des enfants allaités à la naissance (dont 74.0% de façon exclusive) et 76.8% des
enfants allaités à la sortie de la maternité (dont 68.6 de façon exclusive)
Robert E., Swennen B. Enquête de couverture vaccinale en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bruxelles excepté, Bruxelles, ULB Provac 2015
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10. Index des tableaux
Tableau 1. Communes tirées au sort et participant à l’enquête (entre parenthèses le nombre de grappes incluses
quand supérieur à 1) 8
Tableau 2. Calendrier vaccinal 2010 10
Tableau 3. Caractéristiques de l’échantillon 12
Tableau 4. Seuil critique d’immunité collective par maladie 16
Tableau 5. Couvertures vaccinales selon les maladies contre lesquelles les enfants sont protégés 16
Tableau 6. Couverture vaccinale selon le type de vaccin disponible en Fédération Wallonie-Bruxelles 17
Tableau 7. Couverture vaccinale avec vaccins autres que ceux recommandés par la FWB 17
Tableau 8. Évolution des couvertures vaccinales entre 2012 et 2015 18
Tableau 9. Respect du calendrier du vaccin Hexavalent et âges moyen et médian d’administration 19
Tableau 10. Raisons de non-vaccination par le vaccin Hexavalent 19
Tableau 11. Raisons de non-administration de la dernière dose d’hexavalent 20
Tableau 12. Respect du calendrier du vaccin Pneumocoque et âge moyen d’administration 20
Tableau 13. Les raisons de non-vaccination contre les infections à Pneumocoque 20
Tableau 14. Les raisons de non-vaccination contre les infections à Pneumocoque (dernière dose) 21
Tableau 15. Respect du calendrier des premières doses de vaccin Hexavalent et Pneumocoque 21
Tableau 16. Respect de la troisième dose d’Hexavalent et de la deuxième dose de Pneumocoque 21
Tableau 17. Raisons de non-vaccination RRO 23
Tableau 18. Les raisons de non-vaccination contre le Méningocoque C 24
Tableau 19. Les raisons de non-vaccination contre le Rotavirus 25
Tableau 20. Vaccinateurs en Fédération Wallonie-Bruxelles 26
Tableau 21. Simultanéité des dates de vaccination 26
Tableau 22. Simultanéité comparée selon le type de vaccinateurs (PMI vs médecine privée) 26
Tableau 23. Couverture vaccinale en fonction du niveau de scolarisation de la mère 27
Tableau 24. Couverture vaccinale en fonction de la nationalité d’origine de la mère 27
Tableau 25. Couverture vaccinale en fonction du nombre d’enfants dans la famille 28
Tableau 26. Couverture vaccinale en fonction du nombre et du type de revenus du ménage 28
Tableau 27. Couverture vaccinale en fonction du nombre et du type de revenus du ménage 28
Tableau 28. Couverture vaccinale en fonction d’une fréquentation ONE 29
Tableau 29. Proportion d’enfants ayant achevé (suivi) leur vaccination entamée en fonction
de différents prédicteurs socio-économiques 29
Tableau 30. Vaccinations recommandées refusées catégoriquement par les parents (517) 31
Tableau 31. Raisons de refus ventilées selon le vaccin 32
Tableau 32. Consultation ONE (autre que la consultation ONE de la crèche) 34
Tableau 33 : Profil des parents en fonction du type de suivi en consultation ONE 35
Tableau 34. Infection ayant nécessité une hospitalisation d’au moins une nuit 36
Tableau 35. Comparaison des taux d’allaitement maternel à la naissance à la sortie de la maternité 37