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APPROCHES MÉTHODOLOGIQUES SYNTHÉTISÉES DES ÉTUDES D’ETHNOBOTANIQUE QUANTITATIVE EN MILIEU TROPICAL

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Abstract

Le souci de rendre comparable et reproductible les résultats en ethnobotanique par des inférences, a entraîné l’apparition de beaucoup d’outils quantitatifs dans les recherches en ethnobotanique quantitative ces deux dernières décennies. Ce travail de synthèse bibliographique vise à identifier les approches méthodologiques les plus utilisées en ethnobotanique quantitative à travers (i) les questions de recherche (ii) les techniques d’échantillonnage et de collecte de données et (iii) les outils quantitatifs d’analyse de donnée. La démarche méthodologique a consisté à utiliser des mots clés dans le moteur de recherche Google scholar afin de sélectionner les articles qui ont fait une synthèse bibliographique et/ou ceux qui ont fait des analyses critiques d’approches méthodologiques en ethnobotanique quantitative. Cette investigation a été faite de décembre 2014 à Janvier 2015. Trois catégories de questions de recherche ont été les plus investiguées en ethnobotanique quantitative : les questions de recherche des études ethnobotaniques descriptives, des études ethnobotaniques de causalité et des études ethnobotanique de diagnostic. Bien que l’échantillonnage n’a pas été considéré de façon prioritaire dans beaucoup d’études ethnobotaniques, d’autres ont commencé par accorder d’importance à la technique d’échantillonnage aléatoire avec une estimation de la taille de l’échantillon. Cinq indices ethnobotaniques ont été repérés comme étant les plus utilisés dans les études ethnobotaniques quantitatives : le Facteur Consensuel de l’Informateur (FCI), le Niveau de Fidélité (NF), l’Indice Relatif d’Importance (IR), la Valeur d’Usage (VU), l’Indice Culturel d’Importance (IC). Cette synthèse d’approches méthodologiques des études ethnobotaniques quantitatives, est un outil d’aide pour les étudiants et jeunes chercheurs des pays d’Afrique francophone.
Annales des Sciences Agronomiques 20 - spécial Projet Undesert-UE : 187-205 (2016) ISSN 1659-5009
Publié en mai 2015
APPROCHES MÉTHODOLOGIQUES SYNTHÉTISÉES DES ÉTUDES
D’ETHNOBOTANIQUE QUANTITATIVE EN MILIEU TROPICAL
D.T. HOUÉHANOU*,**, A. E. ASSOGBADJO *, F. J. CHADARE***, S. ZANVO*
& B. SINSIN*
* Laboratoire d’Écologie Appliquée, Faculté des Sciences Agronomiques, Université
d’Abomey Calavi - Cotonou, République du Bénin- Email : assogbadjo@gmail.com
**École Nationale Supérieure des Sciences et Techniques Agronomiques de Djougou,
Université de Parakou
*** École des Sciences et Techniques de Conservation et de Transformation des
Produits Agricoles, Université d’Agriculture de Kétou
RÉSUMÉ
Le souci de rendre comparable et reproductible les résultats en ethnobotanique par des inférences, a
entraîné l’apparition de beaucoup d’outils quantitatifs dans les recherches en ethnobotanique quantitative
ces deux dernières décennies. Ce travail de synthèse bibliographique vise à identifier les approches
méthodologiques les plus utilisées en ethnobotanique quantitative à travers (i) les questions de recherche
(ii) les techniques d’échantillonnage et de collecte de données et (iii) les outils quantitatifs d’analyse de
donnée. La démarche méthodologique a consisté à utiliser des mots clés dans le moteur de recherche
Google scholar afin de sélectionner les articles qui ont fait une synthèse bibliographique et/ou ceux qui ont
fait des analyses critiques d’approches méthodologiques en ethnobotanique quantitative. Cette
investigation a été faite de décembre 2014 à Janvier 2015. Trois catégories de questions de recherche ont
été les plus investiguées en ethnobotanique quantitative : les questions de recherche des études
ethnobotaniques descriptives, des études ethnobotaniques de causalité et des études ethnobotanique de
diagnostic. Bien que l’échantillonnage n’a pas été considéde façon prioritaire dans beaucoup d’études
ethnobotaniques, d’autres ont commencé par accorder d’importance à la technique d’échantillonnage
aléatoire avec une estimation de la taille de l’échantillon. Cinq indices ethnobotaniques ont été repérés
comme étant les plus utilisés dans les études ethnobotaniques quantitatives : le Facteur Consensuel de
l’Informateur (FCI), le Niveau de Fidélité (NF), l’Indice Relatif d’Importance (IR), la Valeur d’Usage (VU),
l’Indice Culturel d’Importance (IC). Cette synthèse d’approches méthodologiques des études
ethnobotaniques quantitatives, est un outil d’aide pour les étudiants et jeunes chercheurs des pays
d’Afrique francophone.
Mots clés
: Ethnobotanique, Méthodes, Indice, Biodiversité, Afrique francophone
SYNTHETIZED METHODOLOGICAL APPROACHES OF QUANTITATIVE
ETHNOBOTANY IN TROPICAL COUNTRIES
ABSTRACT
With increasing interests in the use of statistics tools on ethnobotany data, more indices have been
developed and used in quantitative ethnobotany these two decades. The present work aims to synthesize
the most used methodological approachesin quantitative ethnobotany by highlighting(i) the researches
questions, (ii) the sampling and data collection technics and (iii) the quantitative tools used for data
analysis. Quantitative ethnobotanical papers were selected from December, 2014 to January, 2015 through
google scholar research tool with some key words. Selected papers (research papers or analytical review
papers) have been analyzed regarding the methodological approaches used. Three categories of research
questions were observed in quantitative ethnobotany: research questions for descriptive ethnobotany,
Houéhanou et al.
188
causality ethnobotany, and diagnostic ethnobotany. Sampling was not really observed in most of
ethnobotany researches; however some of them started using arandom sampling with an estimation of
sample size. Five ethnobotanical indices were observed as the most used in quantitative ethnobotany. They
are: Informant Consensus Factor (ICF), Fidelity Level (FL), Relative Importance Index (RI), Use Value
(UV) and Cultural Importance Index (CI). This synthesis of methodological approaches of quantitative
ethnobotany studies is a helpful tool for students and early career researchers in Africa French-speaking
countries.
Key words
: Ethnobotany, Indices, Sampling, Biodiversity,
INTRODUCTION
Background
L’ethnobotanique est une science qui fut définie à l’origine comme étant
l’étude des plantes utilisées par les peuples indigènes (Harshberger, 1895 ;
Ritter
et al.
2015). Sa définition s’est élargie par la suite et devient de nos
jours la science qui étudie les relations entre la diversité végétale et culturelle
de même que les perceptions, usages et gestions des plantes (Albuquerque &
Hanazaki, 2009). Elle est une branche de l’ethnobiologie qui connait un
regain d’intérêt ces deux dernières décennies. En effet, d’une part la
convention sur la diversité biologique a reconnu le rôle et l’importance des
connaissances endogènes dans la conservation de la diversité biologique
(CBD, 1994). D’autre part, avec le souci d’utiliser des outils quantitatifs pour
rendre comparable et reproductible les résultats en ethnobotanique par des
inférences, la quantification en ethnobotanique a entraîné l’apparition de
beaucoup d’outils techniques et par conséquent une augmentation
considérable des recherches en ethnobotanique quantitative.
L’ethnobotanique est une science interdisciplinaire (Bridges & Lau, 2006).
Elle est à cheval entre la botanique et les sciences sociales. Son domaine
d’étude implique une large gamme de disciplines telles que la conservation de
la biodiversité, la génétique de la conservation, l’ethnopharmacologie, la
technologie alimentaire, l’écologie, etc. Ainsi, l’ethnobotanique se révèle être
une science importante pour le développement socioéconomique en tant que
discipline de base à plusieurs autres sciences.
L’importance de l’ethnobotanique a été davantage prouvée dans les pays en
développement de plus en plus d’intérêts sont accordés à cette discipline
ces dernières années. Cependant, les outils quantitatifs utilisés sont encore
variés et discutés. Ceci pose un problème d’approches méthodologiques aux
étudiants et jeunes chercheurs en début de carrière. C’est évidemment l’une
des raisons fondamentales qui justifient la rédaction du présent document
méthodologique dans le but de faciliter à ces derniers le choix des outils pour
des études en ethnobotanique quantitative. En effet, le manque d’analyse et
Houéhanou et al.
189
d’appréciation de la littérature, justifié par la difficulté de beaucoup
d’étudiants et jeunes chercheurs à accéder aux documents scientifiques dans
les pays en développement a été soulevé comme un facteur principal de
l’utilisation erronée des méthodologies et de la mauvaise interprétation des
résultats des travaux de recherche (McClatchey, 2006 ; Albuquerque &
Hanazaki, 2009).
L’ethnobotanique bien qu’ayant commencée dans les pays occidentaux, est
devenue actuellement une science importante dans les pays en
développement. En effet, vu que les recherches ethnobotaniques nécessitent
moins de moyens financiers et que les populations de ces pays détiennent de
riches connaissances traditionnelles sur leurs flore et faune, l’ethnobiologie
en général, et l’ethnobotanique en particulier émergent comme un moyen de
développement durable des pays à ressources limitées. Ainsi, ce document se
veut être un outil d’information sur certaines questions de recherche et les
outils méthodologiques pour la bonne conduite des études en ethnobotanique
quantitative par les étudiants et jeunes chercheurs du continent Africain.
Concepts clés
Certains mots sont couramment utilisés en ethnobotanique quantitative en
général et donc leur compréhension s’avère indispensable avant toutes
investigations. La littérature révèle l'importance d’expliquer deux mots clés à
savoir l’informateur et « l’informant consensus ».
Le mot informateur est plus utilisé par les ethnobiologistes et
ethnobotanistes pour désigner l’individu avec lequel vous développez une
relation pendant un temps donné en vue d’avoir des informations recherchées
dans sa culture (Albuquerque
et al.,
2014).
Aussi l’expression désignée en Anglais par « Informant Consensus » apparaît-
il comme un concept clé dans les études en ethnobotanique quantitative.
« L’informant consensus » est une expression qui désigne un groupe de
techniques quantitatives utilisées en ethnobotanique quantitative (Phillips &
Gentry, 1993 : I and II) et qui mesurent le degré de consensus des réponses
obtenues des informateurs (Phillips, 1996). Le concept dérive de la théorie du
consensus culturel développé par les anthropologistes dans les années 1980 et
a été introduit pour la première fois en ethnobotanique par Phillips & Gentry
(1993 : I and II).
Houéhanou et al.
190
QUESTIONS PRINCIPALES DE RECHERCHE EN ETHNOBOTANIQUE
La question de recherche est le point de départ de toute recherche
scientifique. Dans ce chapitre, les questions de recherche les plus abordées de
nos jours en ethnobotanique ont été synthétisées puis regroupées en trois
catégories au sens de Albuquerque & Hanazaki (2009) comme suit :
* les études ethnobotaniques descriptives qui regroupent des études qui
rapportent les différents usages de plantes ou connaissances sur la plante
pour un groupe culturel donné ;
* les études ethnobotaniques de causalité qui concernent des études
ethnobotaniques qui déterminent les facteurs pouvant expliquer la variation
des usages ou des connaissances sur les plantes ;
*les études ethnobotaniques de diagnostic qui étudient l’efficacité ou la
validité de certaines techniques ou méthodes utilisées en ethnobotanique.
Les caractéristiques de chaque catégorie sont résumées dans le tableau 1. Les
études ethnobotaniques descriptives et de causalité sont quelques fois
investiguées ensemble et concernent la majorité des investigations
ethnobotaniques conduites jusqu’à ce jour en Afrique tropicale. Par contre les
études ethnobotaniques de diagnostic (Tardío & Pardo-de-Santayana, 2008)
ont été conduites souvent dans les pays du Nord.
Pour chaque catégorie d’étude les questions de recherche majeures
investiguées sont synthétisées comme suit :
Études ethnobotaniques descriptives
* Quels sont les usages alimentaires et non alimentaires de la plante pour les
communautés?
* Quelles sont les perceptions des peuples sur la plante ?
* Quelles sont les connaissances traditionnelles écologiques sur la plante
dans un milieu donné ?
* Quelles sont les plantes utilisées dans une communauté donnée pour traiter
une affection donnée ?
Études ethnobotaniques de causalité
* Quels sont les facteurs sociaux (groupe socio culturel, sexe, âge, taille du
ménage, niveau de revenu du ménage, niveau d’instruction, etc.) qui
influencent l’utilisation de la plante ou la connaissance sur la plante ?
Houéhanou et al.
191
* Comment varie l’utilisation des plantes en fonction des facteurs
environnementaux (disponibilité de la plante, facteurs climatique etc.) et
socio-culturels?
* Comment varient les connaissances traditionnelles écologiques en fonction
des facteurs sociaux et environnementaux ?
Études ethnobotaniques de diagnostic
* Laquelle des méthodes d’échantillonnage non aléatoire (ou non
probabilistique) et aléatoire (ou probabilistique) est plus efficace pour évaluer
l’importance d’une plante pour une communauté ?
* Quel est l’effet de la taille de l’échantillon sur l’évaluation de l’importance
d’une plante pour une communauté ?
* Quels sont les indices ethnobotaniques les plus convenables pour évaluer
l’importance d’une plante pour une communauté ?
* Quels sont les indices qui évaluent au mieux les usages préférentiels des
plantes à usages multiples ?
* Est-ce que les connaissances des peuples sur les usages des plantes sont
réellement les usages de ces plantes dans la communauté (autrement jusqu’à
quel point les usages passifs expliquent les usages actifs des plantes dans les
communautés)?
* Comment les connaissances des peuples sur les plantes peuvent être
utilisées comme un indicateur de la biodiversité ?
* Est-ce que l’importance d’une plante dans une communauté permet de
prédire la disponibilité de la plante dans le milieu ?
* Parmi les différents usages de la plante lesquels prédisent plus la
disponibilité de la plante dans le milieu?
* Est-ce que les connaissances traditionnelles ou les perceptions sur les
plantes sont expliquées par des variations morphologiques et/ou génétiques
des plantes concernées?
Houéhanou et al.
192
Tableau 1. Caractéristiques comparatives des différentes catégories d’études
ethnobotaniques
Légende : FC : Fréquence de Citation, FR : Fréquence Relative de Citation, NU : Nombre d’Usage, UR :
Nombre d’Usages Rapportés, NF : Niveau de Fidélité, FCI : Facteur Consensuel de l’Informateur, VU :
Valeur d’Usage, IC : Indice d’Importance Culturel, IR : Indice d’Importance Relative
TECHNIQUES D’ÉCHANTILLONNAGE EN ETHNOBOTANIQUE
QUANTITATIVE
La question d’échantillonnage n’a pas été considérée de façon prioritaire dans
beaucoup d’études ethnobotaniques. Cela s’explique par le fait que
l’ethnobotanique ait ses racines dans les sciences sociales. Mais avec le souci
croissant de rendre reproductibles et comparables les résultats d’une part et
de faire des inférences dans les études ethnobotaniques d’autre part,
l’échantillonnage a commencé par se vouloir être nécessaire pour les études
ethnobotaniques en général et celles d’ethnobotanique quantitative en
particulier.
Catégorie d’étude
ethnobotanique
Caractéristiques
Etudes ethnobotaniques descriptives
Etudes ethnobotaniques de causalité
Etudes ethnobotaniques de diagnostic
Technique
d’échantillonnage
Techniques d’échantillonnage non aléa-
toire : échantillonnage par quota, par
commodité ou par boule de neige
Techniques d’échantillonnage aléatoires :
échantillonnage aléatoire simple, aléatoire stratifié,
aléatoire systématique et aléatoire par grappe
Technique d’échantillonnage aléatoires :
échantillonnage aléatoire simple, aléatoire
stratifié, aléatoire systématique et aléatoire par
grappe
Technique de collecte
de données
Entretien semi-structuré, free Listing,
observation participante, discussion de
groupe
Entretien structuré, semi-structuré, discussion de
groupe
Entretien structuré, semi-structuré
Méthodes d’analyse
des données
Tableaux, histogramme, diagramme
circulaire
Utilisation des indices : FC, FR, NU, UR,
NF, FCI.
Test des corrélations entre variables, Tests
statistiques inférentiels, analyses multivariées,
régression simple ou multiple, utilisation des
indices : VU, IC, IR
Test statistiques inférentiels, analyses
multivariées, régression simple ou multiple
Les apprenants indi-
qués du système LMD
Appropriées pour les travaux de niveau
Licence
Appropriées plus pour les investigations de niveau
Master Professionnel et accessoirement le niveau
Master de recherche
Appropriées plus pour le niveau de Master de
recherche et accessoirement le niveau Master
professionnel
Avantages
Pratique, collecte de donnée massive,
facilite un inventaire rapide des plantes
utilitaires dans une zone
Test d’hypothèses hypothético déductive
Test d’hypothèses hypothético déductive,
évaluation des méthodologies, évaluation des
indices
Limites
Les résultats ne peuvent pas être
généralisés, les inférences ne sont pas
possibles
Les résultats peuvent être généralisés sur la
population si l’estimation de la taille de
l’échantillon est bien faite
Risque de mauvaise comparaison
Houéhanou et al.
193
L’échantillonnage est le processus par lequel une inférence est faite sur une
unité entière à partir d’une partie de l’unité. Globalement deux catégories de
techniques d’échantillonnage sont utilisées en ethnobotanique :
l’échantillonnage probabilistique ou aléatoire et l’échantillonnage non
probabilistique ou non aléatoire. Dans les études ethnobotaniques, les
techniques d’échantillonnage non probabilistiques les plus utilisées
sont l’échantillonnage par commodité, l’échantillonnage par quota et
l’échantillonnage par boule de neige (Cochran, 1977). L’échantillonnage par
commodité consiste à utiliser n’importe quel sujet qui soit disponible lors de
l’étude.
L’échantillonnage par quota est fait en divisant la population en des groupes
ou strates à l’intérieur desquels un échantillonnage non aléatoire est
appliqué.
L’échantillonnage non aléatoire par boule de neige consiste à identifier un
informateur compétent pour le sujet d’étude puis cet informateur après être
enquêté indique à son tour un autre informateur compétent de la même
communauté. Ce processus se poursuit jusqu’à l’investigation de tous les
informateurs experts compétents pour le sujet d’étude.
Toutes les techniques d’échantillonnages non aléatoires évoquées ci-dessus ne
sont pas souvent représentatives des populations et ne permettent pas
surtout de faire des inférences sur la population (Espinosa
et al
., 2014). Elles
ne peuvent donc pas être utilisées pour des études ethnobotaniques dans
lesquelles il faut répondre à des questions de recherche par des inférences.
Mais, elles peuvent être utilisées dans des études exploratoires en
ethnobotanique quantitative (Espinosa
et al
. 2014). Donc les étudiants qui ne
conduisent pas une étude ethnobotanique approfondie avec des inférences à
effectuer ou des hypothèses à tester, peuvent utiliser ces méthodes
d’échantillonnage non aléatoires et peu représentatives des populations
d’étude.
Le deuxième groupe de technique d’échantillonnage utilisé en ethnobotanique
quantitative est celui des techniques d’échantillonnage probabilistiques ou
aléatoires. Quatre méthodes d’échantillonnage de cette catégorie sont aussi
utilisées en ethnobotanique quantitative à savoir: l’échantillonnage aléatoire
simple, l’échantillonnage aléatoire stratifié, l’échantillonnage aléatoire
systématique et l’échantillonnage aléatoire par grappes (Levy & Lemeshow,
2008). Pour mieux comprendre la description de ces différentes méthodes
d’échantillonnage nous recommandons au lecteur qui éprouve un tel besoin à
lire les documents de statistique en la matière tels que Cochran (1977), Levy
Houéhanou et al.
194
& Lemeshow (2008) ou Albuquerque
et al
. (2014). Les techniques
d’échantillonnage aléatoire permettent d’accorder le même degré de chance à
tous les éléments de la population et sont de ce fait plus représentatives de la
population avec plus de robustesse (Espinosa
et al
. 2014). Elles conviennent
donc pour les études ethnobotaniques dans lesquelles des inférences
statistiques sont utilisées.
Généralement le choix d’une méthode d’échantillonnage parmi toutes celles
évoquées, dépend des objectifs de l’étude. Mais après lecture de la description
des méthodes d’échantillonnage aléatoire il est suggéré aux lecteurs une
combinaison de technique d’échantillonnage aléatoire simple avec celle
aléatoire stratifié ou aléatoire par grappes, vu les conditions de moyens
limités.
La méthode d’échantillonnage aléatoire simple consiste à sélectionner un
échantillon de taille n lié à une variable X dans une population finie de N
unités de manière à ce que chaque échantillon ait la même probabilité d’être
sélectionné et que tous les éléments de la population aient la même chance
d’appartenir à l’échantillon (Cochran, 1977 ; Scheaffer, 2006). Ainsi défini, le
défi majeur de réussite de cette technique demeure dans l’estimation
préalable de la taille
n
de l’échantillon qui permettra d’atteindre la précision
souhaitée. Nous pouvons donc utiliser la formule ci-dessous(Dagnelie, 1998 ;
Levy & Lemeshow, 2008) qui permet d’estimer la taille de l’échantillon à
considérer :
Avec
n
la taille de l’échantillon à utiliser; p la proportion d’informateurs lié à
une variable donnée (déterminée lors d’une phase exploratoire); U1−α/2 la
valeur obtenue de la table standard de distribution de la loi normale, cette
valeur est de 1, 96 (avec α = 5 %) ; d est la marge d’erreur de l’estimation qui
doit être fixée à une valeur selon la précision souhaitée (sa valeur peut être
entre 5 % et10 %). Cette méthode a été déjà utilisée dans plusieurs travaux
ethnobotaniques en Afrique de l’Ouest (Chadaré
et al
. 2008 ; Dadjo
et al
.
2011 ; Koura
et al
. 2011 ; Assogbadjo
et al
., 2012).
La technique d’échantillonnage aléatoire simple n’est pas toujours facile à
réaliser car elle demande une énumération préalable de tous les éléments de
la population et ainsi ne reflète pas quelques fois une représentativité très
précise de la population (Albuquerque
et al
, 2014). Par exemple si la taille
estimée de la population est de 100 alors que cette population est composée de
Houéhanou et al.
195
75 % d’une ethnie A, 20 % d’une ethnie B et 5 % d’une ethnie C, cette dernière
ethnie aura une faible probabilité d’être sélectionnée. Ce qui peut affecter la
représentativité de l’échantillon au sein de la population. Pour pallier à cette
difficulté il serait souhaitable dans un cas similaire d’appliquer
l’échantillonnage aléatoire simple à chaque groupe d’ethnie. C’est l’une des
raisons pour lesquelles, nous avons suggéré plus haut de combiner la
technique d’échantillonnage aléatoire simple avec celle aléatoire stratifiée.
La technique d’échantillonnage aléatoire stratifiée consiste à identifier dans
la population des groupes ou strates selon des critères (ethnie, sexe, âge,
activité économique etc.). Ensuite, nous pourrions appliquer dans chaque
strate la technique d’échantillonnage aléatoire simple.
La technique d’échantillonnage aléatoire systématique exige une liste
complète de tous les éléments de la population; ce qui est un peu difficile dans
les conditions de vie en Afrique Tropicale. Par conséquent, cette technique est
très rarement utilisée.
TECHNIQUES DE COLLECTE DE DONNEES ENETHNOBOTANIQUE
L’ethnobotanique étant une science du domaine des sciences sociales, utilise
les techniques de ces dernières pour la collecte des données. Les études
ethnobiologiques utilisent principalement les techniques d’entretien pour la
collecte des données. Dans ce cas la fiabilité des données a été discutée par
certains auteurs (Miranda
et al.,
2007 ; Albuquerque
et al
., 2014) et
dépendrait de l’interviewer, de l’environnement et de la durée de l’entrevue.
Outre la technique d’entretien qui se révèle être la plus simple et convenable
en Afrique tropicale, plusieurs autres techniques sont utilisées mais avec un
degré d’utilisation un peu faible à cause de leurs exigences. Parmi ces
techniques nous pouvons citer entre autres les techniques de Free Listing, de
tour de guide, d’observation participante, de discussion de groupe etc.
La technique « Free Listing » consiste à demander à l’informateur une liste de
termes liés à un domaine culturel donné (Quinlan, 2005), par exemple lui
demander «quelles sont les plantes médicinales utilisées dans la
communauté ? ». Dans ce cas, l’informateur se met à lister toutes les plantes
qui lui sont familières. Selon Quinlan (2005) cette technique permet de
colter une masse d’information importante et d’identifier les experts
spécialistes d’un domaine donné mais elle ne permettrait pas à l’informateur
de répondre à des questions plus spécifiques.
La technique de Tour de guide consiste à faire une visite de terrain avec un
ou des membre (s) de la communauté qui a une compétence et une habileté
Houéhanou et al.
196
dans la détermination des noms des espèces de plante. Cela permet de valider
les noms vernaculaires des espèces de plantes inventoriées lors d’une Free
Listing ou d’une entrevue en les identifiant directement (Albuquerque
et al.,
2014).
L’observation participante est une technique appropriée pour explorer les
réalités d’une communauté à travers les vécus quotidiens au sein de la
communauté pour collecter des informations nécessaires. Dans ce cas
l’investigateur doit maîtriser plus son domaine d’investigation et être capable
de mémoriser les événements vécus ou entendus dans une chronologie donnée
(Bernard, 2006). Les données collectées par cette technique sont souvent
qualitatives et rarement quantitatives.
La discussion de groupe est une stratégie de collecte de données qui priorise
l’interaction et la discussion entre un groupe et son investigateur. Elle permet
de généraliser une information reçue par rapport à un sujet d’étude bien
définie ou d’évaluer une stratégie de collecte de données ou de recevoir
l’interprétation du groupe face à un fait observé lors de l’étude (Albuquerque
et al
., 2014).
Les techniques de collecte telles que celles de Free Listing, de Tour de guide,
d’observation participante ou de discussion de groupe sont souvent combinées
avec la technique d’entretien en vue d’une validation des données dans les
études ethnobotaniques.
Par ailleurs, l’entretien exige que l’investigateur maîtrise préalablement bien
les questions de recherche à investiguer (Albuquerque
et al
., 2014). Cette
technique de collecte de donnée favorise la codification et la catégorisation des
données en vue d’une bonne analyse statistique. Cependant l’interviewé est
plus limité dans ses réponses.
Plusieurs approches d’entretien sont utilisées pour collecter les données en
ethnobiologie. Nous ne pourrons pas détailler chacune d’elles mais nous les
citerons car elles sont plus enseignées en sciences sociales. Les approches
d’entretien utilisées sont entre autre l’entretien structuré, non structuré,
semi-structuré et informel.
THODES QUANTITATIVES D’ANALYSE DES DONNÉES :
UTILISATION DES INDICES EN ETHNOBOTANIQUE QUANTITATIVE
Bien que l’idée d’ethnobotanique soit plus ancienne, les méthodes
quantitatives d’analyses des données en ethnobotanique ont reçu plus
d’attention de la part des chercheurs seulement dans ces deux dernières
Houéhanou et al.
197
décennies (Albuquerque, 2009 ; Galeana, 2000). Ainsi, une gamme variée
d’outils quantitatifs ont été élaborés. Cependant, ces outils ne sont pas
toujours convenables pour toutes les études ethnobotaniques et donc leur
utilisation dépendrait des objectifs poursuivis. Même pour un objectif d’étude
bien défini, plusieurs outils quantitatifs ont été élaborés et cela peut susciter
des interrogations ou des doutes au niveau de l’étudiant ou du chercheur en
début de sa carrière. L’une des interrogations la plus évidente serait quel
outil choisir dans cette gamme large d’outils. Cela a déjà attiré l’attention de
beaucoup de chercheurs qui ont élaboré des revues de synthèse analytiques
sur les indices utilisés en ethnobotanique quantitative (Hoffman and
Gallaher, 2007 ; Medeiros
et al
, 2011). Par contre d’autres chercheurs ont
analysé les forces et faiblesses de certains indices couramment utilisés
(Tardio & Pardo-de -Santayana 2008) pour faire des recommandations.
Par ailleurs la majorité des indices utilisés en ethnobotanique quantitative a
pour but d’évaluer l’importance relative des plantes pour une communauté
donnée.
En synthétisant les résultats issus des travaux de synthèse et d’analyse des
indices (Medeiros
et al
., 2011 ; Tardio & Pardo-de-Santayana, 2008,
Albuquerque
et al
., 2014), il est suggéré quelques indices importants à
utiliser dans les études ethnobotaniques à cause de leur objectivité
apparente. Ainsi, ces indices sont largement utilisés en ethnobotanique
quantitative. Le tableau 2 fait la synthèse des indices les plus utilisés dans
les études ethnobotaniques quantitatives avec des cas d’application par la
suite (voir les encadrés). Les indices les plus utilisés, incorporent
généralement dans leur calcul d’autres indices qui sont des paramètres
quantitatifs primaires ou indices de base. Il s’agit de la fréquence de citation
(FC), la fréquence relative de citation (FR), le nombre d’usage (NU) de
l’espèce et le nombre d’usage rapporté de l’espèce (UR). L’encadré 1 présente
un cas d’application sur ces indices primaires.
Encadré 1. Exemple d’application sur les indices primaires ou indices de base
Pour une plante A dont 20 informateurs ont été investigués, 5 informateurs ont cité son usage
médicinal, 7 informateurs son usage alimentaire et 6 informateurs son usage pour le bois de feu.
La fréquence de citation est donc 5, 7 et 6 respectivement pour l’usage dicinal, alimentaire et
l’usage pour le bois de feu.
La fréquence relative de citation sera 5/20, 7/20 et 6/20 respectivement pour l’usage médicinal,
alimentaire et l’usage pour le bois de feu.
Le nombre d’usage de l’espèce est 3 alors que le nombre d’usage rapporté serait 5 + 7 + 6 = 18
Houéhanou et al.
200
Encadré 3a. Exemple d’application sur l’indice culturel d’importance (CI) de Tardio & Pardo-
de-Santayana (2008)
Dans une enquête ethnobotanique avec 45 informateurs, 7 informateurs ont mentionné
l’usage technologique de l’espèce A, 3 informateurs ont mentionné l’usage alimentaire de A, 2
informateurs l’usage comme bois de feu et 1 informateur l’usage comme fourrage.
= 7 ; = 3 ; = 2 ; = 1 et
= 0,15+ 0,06 +0,04 + 0,02
Cette valeur traduit l’importance chiffrée de la plante dans un tel milieu. Les valeurs 0,15 ;
0,06 ; 0,04 ; 0,02 traduisent respectivement l’importance chiffrée de chaque catégorie
d’utilisation dans le milieu et montrent que c’est l’utilisation technologique de l’espèce A qui
est plus importante dans le milieu.
Le Facteur Consensuel de l’Informateur (FCI) ;
(Heinrich
et al.,
1998)
FCI =
Nur :
le nombre de fois qu’une catégorie particulière p d’affection a été
mentionnée
: le nombre de plante(s) mentionnée(s) pour le traitement de cette affection
particulière p
C’est un indice qui est souvent utilisé pour les usages médicinaux des plantes.
Mais son utilisation peut être élargie à d’autres catégories d’usages qui
peuvent être subdivisés en des sous- catégories d’usages. Par exemple l’usage
du bois (subdivisé en usage du bois pour le feu, le charbon, la technologie, la
construction etc.) ; l’usage alimentaire (subdivisé en usage alimentaire des
fruits, des feuilles, des fleurs etc.). L’encadré 4 présente un exemple
d’application de cet indice.
Encadré 3b. Exemple d’application sur l’indice culturel d’importance (CI) de Tardio & Pardo-
de-Santayana (2008)
Pour une enquête ethnobotanique de 20 informateurs, l’espèce A a été mentionnée par 5
informateurs pour le traitement de la fièvre, 3 informateurs pour le traitement de la toux et
1informateur pour le traitement des troubles digestives.
= 5/20 + 3/20 + 1/20
= 0,45. Donc la valeur indiquant l’importance médicinale de l’espèce A est de 0,45.
Houéhanou et al.
201
Encadré 4. Exemple d’application sur l’indice du facteur consensuel de l’informateur (FCI) de
Heinrich et al, (1998)
Dans une enquête ethnomédicinale la fièvre a été mentionnée 20 fois pour 5 espèces utilisées
dans son traitement. Quant aux maladies gastro-intestinales elles ont été mentionnées 5 fois
pour 4 espèces de plante utilisées dans leurs traitements.
= 20 ; = 5
= 0,789 > 0,5 => degré élevé de consensus sur ladite information
= 5 ; = 4
= 0,25 < 0,5 => faible degré de consensus sur ladite information
Niveau de Fidélité (NF); (
Friedman
et al,
1986)
: le nombre d’informateurs qui mentionnent une espèce pour un certain
usage p
: le nombre d’informateurs qui mentionnent l’espèce pour n’importe quel
usage.
Cet indice s’utilise dans le même domaine des usages médicinaux que le
précédent. Donc son utilisation aussi peut être élargie à d’autres usages tels
que l’usage alimentaire et l’usage du bois. L’encadré 5 montre un cas
d’application de l’indice de niveau de fidélité.
Encadré 5. Exemple d’application sur l’indice de niveau de fidélité (FL) de Friedman et al,
(1986)
Pour une enquête ethnomédicinale8 informateurs sur 10 utilisent l’espèce A pour traiter la
fièvre pendant que les 2 autres l’utilisent pour traiter les maladies gastro-intestinales.
= 8 ; = 10
= (8/10) *100
= 80 % => l’utilisation de l’espèce A pour traiter la fièvre a un fort degré de consensus.
Houéhanou et al.
202
L’indice d’importance relative ; Bennett & Prance (2000)
IR = (NSC + NP)/2 ;
NCS = NCSS/NCSV, NP = NPS/NPSV
NCS = Nombre relatif de système corporel. Il est calculé en divisant le
nombre de systèmes corporel traité par une espèce donnée (NCSS) par le
nombre total de système corporel traité par l’espèce la plus versatile (NCSV).
NP= Nombre de propriétés pharmacologiques. Il est calculé en divisant le
nombre de propriétés attribué à une espèce donnée (NPS) par le nombre de
propriétés attribuées à l’espèce la plus versatile (NPSV). L’encadré 6 présente
un cas d’application de cet indice ethnobotanique.
Encadré 6. Exemple d’application sur l’indice d’importance relative (RI) de Bennett & Prance
(2000)
Une espèce x est la plus versatile en médicine traditionnelle dans une communauté avec 10
propriétés pharmacologiques répartie dans 3 systèmes corporels de maladies (les maladies du
système respiratoire, les maladies du système digestif et les maladies génitales). Une espèce y
est citée pour 6 propriétés pharmacologiques dans deux systèmes corporels de maladies
(maladies du système digestif et maladies du système respiratoire).
IR = (2/3 + 6/10)/2 = (0,66 + 0,6)/2 = (1,26)/2 = 0.63
Rapporté en pourcentage, IR = 63 %. Cela implique que l’espèce y n’est pas moins versatile. En
effet IR = 100 % pour l’espèce la plus versatile.
QUELQUES CAS D’ÉTUDES ETHNOBOTANIQUES QUANTITATIVES
Après avoir synthétisé certains outils méthodologiques en ethnobotanique
quantitative il est proposé quelques cas de questions de recherche et les outils
qu’il convient d’utiliser en vue d’illustrer les démarches méthodologiques
proposées. Le tableau 3 rend compte de façon comparative desdites questions
de recherche et les outils méthodologiques correspondants.
Houéhanou et al.
203
Tableau 3. Démarches méthodologiques comparatives de quelques cas de question de
recherche en ethnobotanique quantitative
CONCLUSION
Dans toute recherche scientifique l’une des grandes difficultés est toujours
relative au choix d’une démarche méthodologique pour de meilleurs résultats.
Ce document offre donc pour les apprenants et chercheurs en début de
carrière, des outils méthodologiques pour des études ethnobotaniques
quantitatives. Bien que le débat entre l’ethnobotanique quantitative et la
quantification en ethnobotanique subsiste encore et est d’actualité, le
développement socioéconomique des pays en voie de développement
dépendrait de l’un ou l’autre. Ce document étant resté juste dans la lumière
de la littérature présente sur le sujet, les lecteurs ayant un fort désir pour ce
domaine de science peuvent consulter les références utilisées à cet effet d’une
part. D’autre part les outils méthodologiques synthétisés dans le présent
document peuvent faire l’objet de modification dans le futur car c’est un
domaine de science qui est en phase de développement de théories cette
dernière décennie.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ALBUQUERQUEU.P., RAMOSA. M., PAIVA DE LUCENA R. F.& NELSON LEAL ALENCAR N. L. 2014.
Methods and Techniques Used to Collect EthnobiologicalData:15-38.
In
: Albuquerque
et al.
(eds.),
Methods and Techniques in Ethnobiology and Ethnoecology, Springer Protocols Handbooks,
Humana Press.
Caractéristiques
Questions
de recherche
Objectifs de l’étude
Catégorie
d’étude ethno-
botanique
Technique
d’échantillonnage
Technique de
collecte de données
Indice
ethnobotanique
Analyse statistique des
données
Quels sont les perceptions des
communautés Ditamari sur
Adansonia digitata
au Bénin ?
Inventorier les
perceptions des
Ditamari sur la plante
et ses organes
Etude
ethnobotanique
descriptive
Echantillonnage
non aléatoire :
échantillonnage
par quota, par
commodité ou par
boule de neige
Entretien
structuré, semi-
structuré,
discussion de
groupe, observation
participante
Le calcul d’un
indice
ethnobotanique
n’est pas nécessaire
Tableaux, Histogramme,
diagramme circulaire
Comment les communautés
Ditamari du Bénin utilisent
Adansonia digitata
?
Déterminer le patron
d’utilisation de la
plante dans cette
communauté
Evaluer les variations
en fonction des facteurs
sociaux
Etude
ethnobotanique
descriptive/de
causalité
Echantillonnage
aléatoire avec
estimation de la
taille de
l’échantillon
Entretien
structuré, semi-
structuré
FC, FR, NU, UR,
(VU ou IC)
Test non paramétriques
(Man Whitney, Kruskal-
Wallis, Wilcoxon,
Spearman correlation),
Analyses en
Composantes Principales
Quelles sont les plantes utilisées
en milieu Nagot pour traiter le
diabète
Evaluer la diversité des
plantes utilisées
Evaluer leur
importance pour le
traitement du diabète
Etude
ethnobotanique
descriptive/de
causalité
Echantillonnage
aléatoire avec
estimation de la
taille de
l’échantillon
Entretien
structuré, semi-
structuré, tour de
guide
FC, FR, NU, UR, IR
Analyses en composantes
principales, Classification
numérique hiérarchisée
Quel est l’effet de la variation
inter et intra culturelle sur les
usages de
A. digitata
en Afrique
de l’Ouest ?
Inventorier les usages
de
A. digitata
en
Afrique de l’Ouest
Evaluer les variations
inter et intra culturelles
Evaluer la prédiction de
l’usage des facteurs
sociaux
Etude
ethnobotanique
de Causalité
Technique
d’échantillonnage
aléatoires :
échantillonnage
aléatoire simple
avec une
estimation de la
taille de
l’échantillon
Entretien structuré
et ou semi
structuré
FC, FR, NU, UR,
(IC ou VU)
Test non paramétriques
(Man Whitney, Kruskal-
Wallis, Wilcoxon,
Spearman), Analyses en
Composantes Principales
(usages x sous-groupe*),
Régression simple ou
multiple
Houéhanou et al.
204
ALBUQUERQUE U P., LUCENA R. F. P., CUNHA L. V. F. C. & ALVE, R. R. N. 2014. Methods and
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... Supplementary data was collected through field visits and group discussions. The field visit was implemented as described by [32] and permitted to identify the plant species elicited by the herders during the survey. The herders were asked to provide local names of the mangrove plant species used as feedstuffs and medicine, the diseases or disorders treated with them, and the plant organs used. ...
Article
Full-text available
In the Republic of Benin, mangroves are an essential resource for the coastal populations who use them for firewood, salt production, and ruminant feeding. However, little information exists on livestock keepers’ particular threats to mangroves. This study aims to understand the use of mangrove species by ruminant keepers to identify sustainable actions for mangroves conservation in the coastal area of Benin. Ethno-botanical and socio-economical surveys were conducted on ninety (90) ruminant farmers in fifteen (15) villages close to mangroves along the coastal belt using a semi-structured questionnaire. The herders provide their animals with different mangrove plant species for feeding and health care. Rhizophora racemosa, Avicennia africana, Paspalum vaginatum, Zanthoxylum zanthoxyloides and Blutaparon vermiculare were the primary species used for ruminants. Local communities of herders were aware of the need to restore and ensure the sustainable use of mangrove ecosystems. The main restoration and conservation strategy suggested was planting the true mangroves plant species. Others strategies were rational use of mangroves resources and avoiding burning mangroves. These strategies varied with the ethnical group of the herder and the mangrove status (degraded or restoring) in their location. The study also revealed the willingness of ruminant breeders to participate in actions to conserve mangroves. This participation in mangrove restoration was influenced by the ethnical group and age of the herder. Therefore, it is important to involve more ruminant farmers in activities and projects for mangroves restoration. Further study could evaluate whether grazing could enhance the other ecosystem services of mangroves.
... Seventeen villages were randomly selected in the three study sites following a random sampling scheme: seven villages in CAD, five around TWRB and five around GRN. The selection of informants was stratified, based on sociocultural groups (Dagara, Pougouli, Mossi, Kassena) and sex [28]. The Mossi were immigrants and the other ones indigenous (Table 1). ...
Article
Full-text available
Context In Burkina Faso, Sudanian savannas are important ecosystems for conservation of plant diversity. Due to desertification and insecurity, population migration from the North has increased human density and anthropogenic pressure on southern savannas. This study aims to investigate knowledge of local populations on ecosystem services (ES) and perception of their conservation. Method Individual semi-structured interviews about knowledge on ES and ecosystem conservation issues were conducted. Informants were selected according to sociocultural groups and sex in three areas of different land use intensity: the communal area of Dano (CAD), the Total Wildlife Reserve of Bontioli (TWRB) and the Game Ranch of Nazinga (GRN). The use value and vulnerability index of each plant species were determined. A cluster analysis and a principal component analysis were carried out to identify the particular knowledge of different ethnic groups. Results Overall, 163 plant species were cited for fifteen ES. Provisioning services were most frequently cited (100%), regulating services second most frequently (92.47%). Entire plants were exclusively used for ES with non-material benefits (protection against wind, for shading, soil fertility, erosion prevention, tourism and religion). The ten species contributing most to ES provision were Vitellaria paradoxa , Parkia biglobosa , Diospyros mespiliformis , Adansonia digitata , Lannea microcarpa, Faidherbia albida , Khaya senegalensis , Afzelia africana, Ficus sycomorus , Pterocarpus erinaceus. Seven of them were identified as highly vulnerable. Around GRN, migrants and natives shared the same knowledge, while migrants in TWRB used the ES only to a small extent due to restricted contact with the native population. Migrants and natives of GRN had more knowledge on tourism and crafts services while the natives of CAD and TWRB made use of the services that sustain the quality of the agricultural land and meet their primary needs. To reduce further degradation, different communities suggested unanimously raising awareness of the importance of biodiversity and ecosystem conservation. The most quoted motivations to preserve ecosystems were vegetation sustainability and village development. Conclusion This study documented important local knowledge-based information to guide cultivation of local multipurpose species and initiation of communities to practice best management strategies for sustainable conservation of biodiversity.
... To assess the importance of the forms of use of the organs of avenue trees, the use value formula, often used in ethnobotanical studies [23,24] is used. This value is based on the number of organ uses and the number of people who cited a form of organ use. ...
Article
Full-text available
The plant needs of city dwellers sometimes force them to make use of the local plant diversity of which the avenue trees are a part. In the municipality of Sèmè-Podji, avenue trees provide social and environmental advantages to residents in daily practices. However, they are poorly valued and subjected to anthropogenic pressures. The objective of this study is to analyze the contribution of avenue trees in the provision of ecosystem services to the populations along roadways of the municipality of Sèmè-Podji. The methodological approach used is based on counting the forms of harvesting from the different species of trees over 26 kilometers of developed streets. Then, semi-structured interviews are carried out with 260 peoples, divided into 4 socio-professional categories. The Pearson correlation test was used to assess the agreement between the opinions of the respondents, then the prioritization matrix and the factorial correspondence analysis were used to assess the involvement of species and organs in the availability of ecosystem services. The results obtained reveal 7 forms of use classified into 4 categories of ecosystem services, confirmed by the opinions of the socio-professional categories with high degree of consensus between traders and craftsmen (r = 0.955; p = 0.001). The usage values vary between 0.53 (regulation service) and 0.04 (support service). However, supply services are the most cited and come from the species Coccoloba uvifera, Terminalia catappa, Cocos nucifera, Manguifera indica and Eleais guineensis. Taking into account the information provided by the populations on ecosystem services could facilitate the integration of alignment plantations in the sustainable development of this city.
... Les données ont été collectées au moyen d'un questionnaire administré individuellement sous forme d'interviews semi-structurées. La sélection des enquêtés s'est faite de façon stratifiée et aléatoire (HOUEHANOU et al., 2016). Trois niveaux de stratification ont été considérés Vol. ...
Article
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La compréhension des rapports des populations locales aux ressources naturelles est utile pour orienter les stratégies de gestion durable de ces dernières. L'objectif de cette étude est d'évaluer la variation des savoirs et connaissances endogènes des populations locales sur l'annone sauvage, Annona senegalensis Pers., au sein de différentes communautés le long d'un gradient phytogéographique du Nord-ouest au Sud-ouest du Burkina Faso. Un échantillonnage stratifié et aléatoire a été adopté pour enquêter 285 personnes appartenant à huit groupes socioculturels et reparties dans trois secteurs phytogéographiques. Les données obtenues à travers des interviews semi-structurées ont permis de calculer des indices ethnobotaniques sur la base desquels les groupes ont été comparés. Les résultats révèlent que la pulpe, les feuilles et les racines ont des Fréquences Relatives de Citations, respectivement de 84,2%, 79,4% et 63,9%. Les domaines de la pharmacopée (86,25%) et de l'alimentation (85,22%) ont enregistré les Fréquences Relatives de Citations les plus élevées. Les valeurs d'Usage (VU) varient significativement suivant les secteurs phytogéographiques (p<0,05) et les caractéristiques socioculturelles. L'Indice de Vulnérabilité (IV) révèle que l'annone est très vulnérable du fait de la pression anthropique. Au regard de son importance dans la société, il est impératif que des mesures urgentes soient prises pour sa gestion durable.
... Pour connaître les différentes utilisations faites des espèces végétales par la population riveraine de la FCK, la pression exercée sur les ressources forestières et les stratégies d'adaptation face à la perte de diversité floristique, une enquête ethnobotanique a été menée auprès de la population des villages de Nasso et de Kokorowé. L'enquête a été faite suivant un échantillonnage aléatoire stratifié (Houéhanou et al., 2016) avec un questionnaire direct à questions ouvertes et semi-structurées. Elle a été conduite auprès de 60 foyers dont 30 par village. ...
Article
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RESUME La problématique de la déforestation est importante dans les régions arides et semi-arides de l'Afrique. Les politiques de gestion des forêts excluant les besoins réels des populations font qu'elle persiste. Cette étude vise à améliorer la gestion participative et durable des forêts classées au Burkina Faso. Une enquête ethnobotanique impliquant 60 ménages des villages riverains de la Forêt Classée du Kou et un inventaire floristique sur 36 placettes ont été réalisés. L'indice de vulnérabilité des espèces a été calculé et des analyses statistiques multidimensionnelles ont été effectuées. Les résultats montrent que la forêt comporte 206 espèces dont 80 utilisées pour l'alimentation (100%), la médecine (96,7%), l'artisanat (88,71%), la construction (88,7%), la bioénergie (75,81%) et le fourrage (64,52%). Les produits recherchés sont : fruits (100%), feuilles (95,16%) et bois (93,55%). Le V-test et l'ACM révèlent une utilisation influencée par la profession, le sexe et le niveau académique. Des espèces utilisées, 68,75% sont vulnérables et 53,75% sont sur la liste rouge de l'UICN. Comme stratégies d'adaptation, 58,82% des enquêtés proposent l'agroforesterie et 41,18% proposent la substitution des espèces menacées. Il est indéniable que cette forêt classée couvre les besoins essentiels des populations riveraines qui doivent s'imposer une exploitation rationnelle de ses ressources. ABSTRACT The problem of deforestation is important in the arid and semi-arid regions of Africa. Forest management policies that exclude the real needs of the population justify the persistence of deforestation. This study aims to improve the participatory and sustainable management of classified forests in Burkina Faso. An ethnobotanical survey involving 60 households in the villages bordering the Kou Classified Forest and a floristic inventory on 36 plots were carried out. The species vulnerability index was calculated and multivariate statistical analyses were performed. The results show that the forest contains 206 species, 80 of which are used for food (100%), medicine (96.7%), handicrafts (88.71%), construction (88.7%), fuelwood (75.81%) and fodder (64.52%). The C. R. YAOVI et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 15(3): 1140-1157, 2021 1141 products sought are: fruits (100%), leaves (95.16%) and wood (93.55%). The V-test and the MCA reveal a use influenced by profession, gender and academic level. Of the species used, 68.75% are vulnerable and 53.75% are on the IUCN Red List. As adaptation strategies, 58.82% of the respondents propose agroforestry and 41.18% propose the substitution of threatened species by those available. It is undeniable that this classified forest covers the essential needs of the riparian populations who must impose themselves a rational exploitation of its resources.
... Pour évaluer l'importance socioculturelle de L. multiflora suivant les groupes socio-culturels, les paramètres ethnobotaniques suivants ont été calculés. Il s'agit de la fréquence d'utilisation appropriée, du niveau de crédibilité global des usages de la plante, de la fréquence d'usage de la plante, de la valeur d'indice liée aux organes utiles, de l'indice de connaissance globale, des indices de diversité et d'équitabilité de l'enquêté, de la valeur consensuelle des types d'utilisation, la valeur d'usage ethnobotanique du facteur de consensus informateur et l'indice de vulnérabilité de la plante (Lougbegnon et al., 2015;Houehanou et al., 2016;Akabassi et al., 2017;Amouzoun et al., 2019;Ngbolua, 2020 ...
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L’étude avait pour but de documenter les connaissances des populations locales sur l’intérêt socioéconomique et médicinales de Haematostaphis barteri dans les localités de Bidzar, Figuil, Boula-ibbi and Lagam, au Nord-Cameroun. Elle s’est déroulée entre septembre et novembre 2018 et a impliqué 93 personnes de trois groupes ethniques (Guidar, Peulh et Guiziga) et choisies de façon aléatoire. Constitués d’hommes, de femmes, de jeunes, des personnes âgées et des tradithérapeutes. La collecte des données a été faite par des entrevues semi-structurées. Ces entretiens ont été conduits en langues française et locale, avec recours parfois à un interprète. Des paramètres ethnobotaniques comme la valeur d’usage et consensuelle, le taux de réponse, l’indice culturel d’importance, le niveau de fidélité et le degré de consensus sur la médication ont été utilisés pour évaluer l’importance de H. barteri dans les localités étudiées. Les résultats obtenus révèlent sur le plan ethnique et genre, une forte participation des Guidars et une dominance du genre masculin. Ces enquêtés pour la plupart étaient analphabètes et exerçaient comme activité principale l’agriculture (68,82%) soutenue par un système d’entraide appelé « Sourgha ». Le nom local de H. barteri variait d’une ethnie à l’autre et était, soit une combinaison de la saveur des fruits et de sa disposition sur l’arbre, ou alors un assemblage couleur et nombre de fruits par grappe. Cette espèce est employée dans quatre (04) domaines d’utilisations, avec un large consentement pour les usages alimentaires (4 UV) et médicinaux (3UV). Le faible consentement (1,33UV) est enregistré pour son utilisation sous forme de bois d’énergie. Les fruits sont majoritairement utilisés dans l’alimentation (37%) et sa vente procure aux ménages des moyens de subsistance ; alors dans la catégorie médicinale, ce sont les feuilles, les écorces et les racines sous forme de décoction qui sont sollicitées pour traiter dix (10) affections ; dont l’anémie, la fièvre, le mal de ventre, la typhoïde, le mal d’estomac et le paludisme comme maladies les plus traitées. Pour booster l’effet du phytomédicament, H. barteri est parfois associée à Tamarindus indica, Acacia nilotica et au miel. Aucune mesure de gestion durable et rationnelle de l’espèce n’a été déclarée par nos enquêtés, toutefois, ils disent avoir mis en place des stratégies comme la multiplication des champs et la diversification de cultures et l’abandon des terres pauvres au profit de nouvelles terres fertiles, pour faire face aux impacts négatifs des changements globaux. Les multiples utilisations et très variées, associées à l’absence de mesures adéquates de gestion soutenable et aux effets du changement climatique affectent les individus de cette espèce dans les localités investiguées ; ainsi des mesures de préservations s’imposent.
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The authors carried out an ethnobotanical survey on the uses of medicinal plants at the level of the wilaya of Tamanrasset (Algerian Central Sahara). This survey was conducted with 41 informants through a direct interview. The results show that women prevail with 63.4%. They are the holders of ancestral therapeutic knowledge and the custodians of Saharan ethnobotanical information. Age groups over 50 years predominate with 61%. It is an index of better knowledge on traditional medicinal uses of plants by older people. Traditional healers are the primary source of ethnomedicinal information for the local population (68.3%). The local population surveyed reported 27 plants having current medicinal interests. These plant species belong to 15 botanical families, of which the Asteraceae and the Fabaceae are dominant. These medicinal plants can treat 58 illnesses and symptoms, of which rheumatism and constipation are the most frequently treated. The leaves and aerial parts prepared in decoction or infusion in water are considered the most common preparations. Concerning the other uses (food, fodder, artisanal, veterinary), 17 medicinal plants also have a fodder interest, 15 are used as human food, nine have artisanal interests, and three are used to care for livestock (notably the dromedary). There is still a great wealth of ethnobotanical and especially ethnomedicinal information among the Tuareg ethnic group from Tamanrasset. The preservation of this ethnoflora is necessary for the sustainability of this traditional medicine in the Algerian Sahara.
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Context: In Burkina Faso, Sudanian savannas are important ecosystems for plant diversity conservation. However, population migration from the north due to desertification and insecurity has increased human density and caused an intensification of anthropogenic pressure on southern savannas. This study aims to investigate local population's knowledge on ecosystem services (ES), and perception on their conservation. Method: Individual semi-structured interviews focused on informants’ knowledge on ES and ecosystem conservation issues were conducted. Informants were selected according to the sociocultural groups and sex in three land use intensity levels: the communal area of Dano (CAD), the Total Wildlife Reserve of Bontioli (TWRB) and the Game Ranch of Nazinga (GRN). The use value and vulnerability index of each plant species were determined. Cluster analysis and principal component analysis were conducted to identify the particular knowledge of the different groups. Results: Overall, 163 plant species were cited for fifteen ES. Provisioning services were the most cited (100%) followed by regulating services (92.47%). Entire plants were exclusively used in conservation services (protection against wind, for shading, soil fertility, erosion prevention, tourism and religion). The ten species which contribute most to ES were Vitellaria paradoxa, Parkia biglobosa, Diospyros mespiliformis, Adansonia digitata, Lannea microcarpa, Faidherbia albida, Khaya senegalensis, Afzelia africana, Ficus sycomorus, Pterocarpus erinaceus. Seven of them were identified as highly vulnerable. Migrants and natives around the GRN share the same knowledge, while migrants in the TWRB used the ES only to a small extent due to restricted contact with the native population. Migrants and natives of GRN have more knowledge on crafts services while the native of CAD and TWRB exploit the services that sustain the quality of the agricultural land and insure their primary needs. To reduce further degradation, the different communities suggested unanimously raising awareness on the importance of biodiversity and ecosystem preservation. The most quoted motivations to preserve ecosystems were vegetation sustainability and village development. Conclusion: This study documented important local knowledge-based information to guide domestication of local multipurpose species and the initiation of communities to practice best management strategies for sustainable conservation of biodiversity.
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Measuring the “importance” of plants and vegetation to people is a central concern in quantitative ethnobotany. A common tool to quantify otherwise qualitative data in the biological and social sciences is an index. Relative cultural importance (RCI) indices such as the “use values” developed by Prance et al. (1987) and Phillips and Gentry (1993a, 1993b) are applied in ethnobotany to calculate a value per folk or biological plant taxon. These approaches can provide data amenable to hypothesis-testing, statistical validation, and comparative analysis. The use of RCI indices is a growing trend in ethnobotanical research, yet there have been few attempts to compile or standardize divergent methods. In this review, we compare RCI indices in four broad categories and present a step-by-step guide to some specific methods. Important background topics are addressed, including ethnographic methods, use categorization, sampling, and statistical analysis. We are concerned here only with “value” as a non-monetary concept. The aspiring and veteran researcher alike should find this paper a useful guide to the development and application of RCI indices.
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This study aimed to define the current status of ethnobotanical research in Brazil based on published scientific articles and to detect current knowledge gaps in Brazil's ethnobotany. A database, including articles published in national and international scientific journals from 1988 to 2013, was gathered for this purpose. This report discusses the growing number of publications in ethnobotanical research and the main techniques used in the discipline. To identify current knowledge gaps, his report emphasizes the main focus of the different studies, target regions, and communities targeted or involved in the original study. Most publications focused on the northeast and southeast Brazil, and the most frequently studied biomes were the Caatinga and Atlantic forest. Further, the most frequently studied communities were located in rural areas, although the number of studies focused in urban areas has been steadily increasing. A lack of human resources in ethnobotanical research and a lack of current studies in the Amazon, Cerrado, Pampa, and Pantanal regions were the main identified gaps. These data provide a basis for future studies and investments aimed at strengthening ethnobotanical research in Brazil.
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Over the last few decades, local knowledge has begun to be studied by ethnobotanists using quantitative analyses to assess the relationship between biological and cultural diversity, and the relative importance of natural resources for the local population. A considerable number of published articles have proposed these quantitative analyses, necessitating discussion and analysis of the commonly employed quantitative techniques. This study examines two central issues: the nature of quantitative research in ethnobotany and the use of quantitative indices in ethnobotanical research. A literature review was completed consisting of books, reviews, articles and editorials in the main international periodicals in the areas of ethnobiology and ethnoecology. Scientific search sites were consulted, and a database was compiled and analyzed. The analysis of 64 papers and four books constituted the basis for this work. The United States produce the greatest number of publications in journals in this field (65%). A total of 87 different quantitative techniques was recorded. This work does not claim to provide a census of all the publications on the subject, but rather intends to present a panorama on the current state of quantification in ethnobotany.
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We present results of applying a simple technique to statistically test several hypotheses in ethnobotany, using plant use data from non-indigenous people in south-east Peru. Hypotheses tested concern: (1) the power of eight different variables as predictors of a plant's use value; (2) comparisons of ethnobotanical knowledge between informants; and (3) the relationship between informant age and knowledge of plant uses. Each class of hypothesis is evaluated with respect to all uses, and classes (1) and (3) are evaluated for each of the following subsidiary use categories: construction, edible, commerce, medicine, and technology. We found that the family to which a plant belongs explains a large part of the variance in species' use values. Each of the other factors analyzed (growth-form, density, frequency, mean and maximum diameter, mean and maximum growth rate) is also significantly predictive of use values. Age significantly predicts informant knowledge of (1) all uses, and (2) of medicinal uses. Plant medicinal lore is particularly vulnerable to acculturation.
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The intellectual property rights debate focuses on the flow of germplasm from developing tropical countries to developed temperate nations. Few investigators have addressed the converse. We discuss the abundance and importance of introduced plants in pharmacopoeias of northern South America. Introduced species commonly are employed as medicines throughout the region and include at least 216 Eurasian, North American, African, and Pacific species. Among the Shuar of lowland Ecuador, four introduced plants (Citrus aurantium, Cymbopogon citratus, Saccharum officinarum, and Zingiber officinale) are included in their most commonly prescribed remedies. The widespread use of introduced plants is due, in part, to the medicinal value of plants whose primary use is for food (e.g., Musa X paradisiacal Similarly, many introduced ornamentals also have therapeutic value (e.g., Hedychium coronarium). Other species have been introduced specifically as medicines (e.g., Aloe vera). Restrictions on the flow of germplasm and plant knowledge may protect the economic interests of governments and national industry. If applied bilaterally, however, constraints on the movement of plants will limit the continued evolution of traditional medicinal systems in areas where they are most needed.
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A quantitative ethnobotanical method based on structured interviews was used to evaluate local use-preferences and dynamics of practically all woody species in the Sahel of Burkina Faso. One hundred Fulani informants estimated the value of 56 woody species for food, firewood, construction, medicine, field trees, shade and fodder, as well as conservation priority, abundance and dynamics of each species. There was a large consistency in answers, but significant between-village differences existed. Gender and age of informants did not influence answers significantly. The present valuation method identified a large number of species important for local use and demonstrated a more varied plant use than seen from free-listing interviews. Furthermore, the Fulani informants described a decline of practically all woody species. The present valuation provided management-relevant information about plant use and vegetation change. The woody vegetation in the Sahel is currently without sufficient management to uphold a rational use of the vegetation, following the gradual disappearance of the traditional nomadic trekking routes that previously helped to ensure a rational use of the vegetation.
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Humans represent just one of many species that constitute the planet's biodiversity. Nevertheless, as the dominant species, humans have been the primary agent of the transformation of natural spaces. Therefore, the study of human interactions, biodiversity, and the environment that surrounds them is a basic tool for understanding the factors that bind human societies to natural resources. Within this context, ethnobiology is a promising discipline that can play a key role as a mediator of dialogue between different academic disciplines and traditional knowledge, a union essential in enabling contextualized and sustainable alternatives to exploitative practices and biodiversity management. Methods and Techniques in Ethnobiology and Ethnoecology introduces the basic techniques and methods traditionally used in ethnobiology and ethnoecology. Comprised of 28 chapters, the book covers the different qualitative and quantitative aspects of ethnobiology research methods, as well as methods from natural and social sciences that will be useful to both beginners and senior researchers. Written by internationally renowned experts in the fields, Methods and Techniques in Ethnobiology and Ethnoecology is a valuable resource for researchers and students interested in ethnobiology. Link: http://www.springer.com/br/book/9781461486350
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The listing task, a method used in social and behavioral sciences, is frequently used in ethnobotanical research to construct folk taxonomies and select relevant items for subsequent research. The objective of the present study was to determine whether visual stimuli are associated with responses to the theme “plants” or if context influences the answers. Interviews were conducted with 400 women in Rio Claro, São Paulo, Brazil, in four different locations: three with a visible presence of plants (a plant store, a supermarket, and a public plaza) and one with no plants (a street corner in the center of the city). The women were asked to name plants. Analysis indicates that visual stimuli influenced responses and that this is more marked in the plant store than in the other locations. The plants cited most often—roses, orchids, ferns, violets, and daisies—were, with little variation, the same in all the locales studied.