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• Illo Humphrey | Ph. D.-HDR | « Boèce (Boethius). l’Homme et son destin : Prosopographie | Hagiographie | Culte et vénération » • Colloquia Aquitana II-2006, Boèce, ([Boethius], Rome, ca. 480 - Pavie, 524) l'homme, le philosophe, le scientifique, son oeuvre et son rayonnement, Paris, 2009 (Éditions Le Manuscrit), Tome 1: Préliminaire VI, pages 49-112 •

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• Illo Humphrey | Ph. D.-HDR • • Boèce (Boethius). l’Homme et son destin : Prosopographie | Hagiographie | Culte et vénération • • Colloquia Aquitana II-2006, Boèce, ([Boethius], Rome, ca. 480 - Pavie, 524) l'homme, le philosophe, le scientifique, son oeuvre et son rayonnement, éd. Illo Humphrey, Paris (Éditions Le Manuscrit), 2009, Vol. 1 : Préliminaire VI : pages 49-112 • • Boèce (Roma, *ca. 480 - †Pavie, ca. 524-526), platonicien par excellence, fut l’un des puissants traits d’union entre l’Antiquité gréco-romaine et le Moyen Âge, et peut être considéré comme étant le père de la pensée scientifique-philosophique pour l’Occident médio-latin. Son œuvre scientifique-philosophique s’impose également comme modèle didactique et pédagogique, de par l’agencement externe de l’ensemble des matières étudiées, et par l’agencement interne des thèmes traités . Par ailleurs, nous savons qu’il était préoccupé aussi bien par Π – π = ἡ πρακτική, τῆς πρακτικῆς que par Θ – θ = ἡ θεωρητική, τῆς θεωρητικῆς (cf. Boethii Consolatio Philosophiæ, I, Prosa, 1, 4 ; Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 6639 (IXe siècle), feuillet 3-verso : lignes 16 et 17 « harum in extremo margine • Π • grecum• in supremo uero • Θ • legebatur in textum ; éd. R. Peiper, p. 4 ; Cassiodori Institutiones, II, III, 4, éd. R. Mynors, p. 110), et de ce fait qu’il maîtrisait les techniques de fabrication de la clepsydre (i.e. horloge à eau), et qu’il était non seulement spécialiste de l’ars musica, mais aussi musicien expérimenté, semble-t-il. Certes, dans la civilisation post-romaine et carolingienne en pleine évolution, l’enseignement de Boèce ne résout pas tous les problèmes scientifiques-philosophiques, ni dans le domaine mathématique, ni dans le domaine sensoriel, ni dans le domaine musical, ni non plus dans celui de l’acoustique. Toutefois, il nous permet d’accéder à une tradition du savoir, déjà millénaire, c’est-à-dire de saisir le vrai sens d’ ἡ ἐπιστήμη, -ης (res scientifica ou disciplina), ainsi que celui d’ ἡ Φιλοσοϕία, -ας (res philosophica) à travers l’enseignement des quattuor matheseos disciplinæ, en l’occurrence : arithmetica • musica • geometria • astronomia • • Mis au point grâce aux efforts des « pré-socratiques », tels Πυθαγόρας ὁ Σάμος (Pythagór.as o Sámos, *570 - †ca. 490 BCE), Φιλόλαος ὁ Κροτωνιᾱτις (Philólaos o Krotoniâtis, *ca. 470 -†ca. 400 – 390 BCE), Ἀρχύτας ὁ Ταραντῖνος (Archýtas o Tarantînos), *ca. 428 - †ca. 347 BCE) , ensuite perfectionné par Ἀριστοκλῆς dit « Πλάτων » (Aristoklîs, dit « Pláton », *ca. 427 - †ca. 347 a. J.) , ce concept d’enseignement ne fut attesté comme cycle pédagogique, semble-t-il, qu’à partir de l’architecte Vitruvius (avant l’an 31 a. J.) . Appelée ἡ ἐγκύκλιος παιδεία à partir des moyens-platoniciens grecs , cet ensemble de matières fut le fondement de la tradition du savoir scientifique et philosophique dont Boèce, mort sous la torture en 524 in agro Calventiano près de Pavia , était, pour la basse Antiquité latine, le dernier représentant en Occident • • Boèce fut pour son époque l’ « ὅλως σοϕός » (l’homme-université) par excellence . Il constituait, en effet, à lui seul une grande école, capable de former des disciples à partir de zéro de connaissances, et de les conduire à travers le programme préparatoire des quattuor matheseos disciplinæ (i.e. les quatre disciplines fondées sur le raisonnement arithmétique) jusqu’à l’étude de la philosophie , autrement dit, jusqu’à l’étude de l’ensemble des connaissances de base, et leur agencement spontané et naturel les unes aux autres. Homme de lettres et philologue maîtrisant parfaitement le latin et le grec, Boèce rédigea, entre l’an 500 et 510, des traités sur deux des quattuor matheseos disciplinæ, c’est-à-dire arithmetica, musica, mais aussi, semble-t-il, sur les deux autres : geometria et astronomia, lesquels furent perdus de bonne heure . Ces quatre disciplines (ou sciences) constituaient, selon l’expression du moyen-platonicien Νικόμαχος ὁ Γερασηνός dans Ἀριθμητικὴ εἰσαγωγή (Nikómachos o Gerasinós, IIe s. vers a.D.100, dans Eisagogí), αἰ τέσσαρες μέθοδοι. Ce terme, dont la traduction latine quadruvium fut employée pour la première fois au sens figuré, semble-t-il, par Boèce lui-même , signifie le « carrefour par lequel l’esprit plus excellent est conduit, à partir des sens, vers les choses plus sûres de l’intelligence » . Étant ainsi l’un des principaux dépositaires pythagoriciens et platoniciens de la culture scientifique et philosophique de l’Antiquité , Boèce légua, à son insu, une partie importante de l’héritage scientifique-philosophique aux carolingiens, très désireux de renouer avec la tradition du savoir • • La Prosopographie de Boèce • • La prosopographie de Boèce, s’étend du IVe au VIe siècle. Issu d’une gens patricia romana appelée Anicii, famille romaine noble d’une longue lignée de fonctionnaires de haut rang , Boèce est né à Rome vers 480 au début du règne de l’empereur Odoacre (476 - †Ravenna, 493), roi du peuple germain appelé les Hérules. La famille des Anicii fut convertie au christianisme au IVe siècle sous l’empereur Constantin 1er (empereur en 306, †337) . Le père de Boèce, Flavius Narius Manlius Boethius ou bien Flavius Nonius Arius Manlius Boethius • senator • præfectus Augustalis (i.e. préfet d’Égypte) en 475-476, semble-t-il, puis consul ordinarius l’année de sa mort en 487, figurait parmi les uiri inlustres de son époque . Certains détails sur la vie de Boèce-père nous sont confirmés grâce au diptyque consulaire qui porte son nom. Ce « monument » précieux constitue donc un maillon important de la chaîne prosopographique du philosophe Boèce, d’où l’excursus détaillé, ainsi que l’édition critique, qui lui sont consacrés dans le cadre de cette étude • • Le Diptyque Consulaire de Boèce-père • • Le célèbre diptyque consulaire de Boèce-père, composé de deux plaques d’ivoire, date, comme il se doit, du Ve siècle. Il est conservé actuellement en Italie du Nord à Brescia aux Musei d’Arte e Storia (i Civici Musei, Museo di Monastero Santa Giulia). Sur les deux faces recto se trouvent des inscriptions et des portraits consacrés à Boèce-père, qui ont été sculptés dans l’ivoire. Sur les deux faces verso, en revanche, on découvre deux enluminures chrétiennes accompagnées d’inscriptions. Ces enluminures, n’ayant aucun rapport ni avec Boèce-père, ni avec Boèce-philosophe, furent ajoutées au VIIe siècle. Les deux miniatures représentent, à gauche, la scène de la résurrection de Lazare (Jean XI : 43, 44), puis à droite, les saints Augustin, Jérôme et Grégoire I, identifiables grâce aux inscriptions au-dessus de leurs têtes. Juste au-dessous des deux miniatures, à cheval sur les deux volets, se trouve l’inscription en écriture monumentale : « QVO DEO | OFFERIMUS ». Ensuite, sur le volet gauche uniquement, on lit, en écriture onciale très effacée, une oraison funéraire de onze lignes : …« M[eme]nto Domine omnium de[functo]rum Pontif[icum]… . Le volet droit, au-dessous du mot « OFFERIMUS », n’a pas reçu d’écriture. Ces deux miniatures, qui occupent environ le tiers supérieur de chaque volet, sont légèrement plus grandes qu’un carré, ayant, à gauche, les proportions absolues de 1 par rapport à 1, 086206896552, et à droite, celles de 1 par rapport à 1, 013448275862 • • Le diptyque dit « de Brescia » nous renseigne avec précision sur la carrière politique du père de Boèce-philosophe, indiquant, en effet, que celui-ci fut préfet du prétoire (præfectus prætorio), préfet de la ville de Rome (præfectus urbis), consul ordinaire de Rome (consul ordinarius, i.e. la suprême distinction que pouvait recevoir un sénateur romain), enfin, patricien (patricius) • • L'Hagiographie de Boèce • • Boèce fut considéré de bonne heure, semble-t-il, comme saint et martyr par les habitants de Pavia. Il existe, en effet, à Pavia une via Severino Boezio, laquelle retracerait le trajet funéraire de la dépouille de Boèce depuis son lieu d’emprisonnement et d’exécution (i.e. l’ancienne Turris Fraudulenta ou bien Turris Boethii ou encore Torre di Boezio, détruite en 1584 : l’actuel emplacement de la Piazza Petrarca) , jusqu’au lieu de son inhumation dans la crypte de l’ancienne cathédrale du VIe siècle : « Boetius autem honorifice tumulatus est papie in cripta ecclesie » ; à cet endroit se trouve actuellement l’église San Gervasio et San Protasio. Par ailleurs, dans la via Severino Boezio, à mi-chemin entre ces deux lieux, se trouve une plaque commémorative, sur laquelle est inscrit le nom de Boèce, ainsi que l’année de sa mort : 525. Vers le début du VIIe siècle, les reliquiæ de Boèce (i.e. ses ossements) auraient été enlevées de la crypte de l’ancienne cathédrale de Pavia et transférées à l’église San Pietro in Ciel d’Oro • • Les plus anciennes mentions du martyre de Severinus Boethius datent du VIe siècle : il s’agit, d’une part, du Liber pontificalis, puis de l’Excerpta Valesiana II . Par ailleurs, dans les écrits hagiographiques du IXe siècle, on trouve une brève mention du martyre de Severinus Boethius et de son beau-père Symmaque dans la chronique, ainsi que dans la deuxième recension du martyrologe, de saint Adon . Sur la question du martyre de Severinus Boethius, voir à bon escient les études de Faustino Gianani • Catherine Morton • Luca Obertello • • IH | ih | Ph. D. | HDR | Explicit •
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 1 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
• http://sorbonne.academia.edu/IlloHumphrey/Books
Couverture
:
Boethii
De arithmetica |
Bamberg
|
Staatsbibliothek |
Class.
5
|
Tours |
ca.
844
|
f.
2
V
°
C
OLLOQUIA
A
QUITANA
II
-
2006
B
OECE
,
([B
OETHIUS
],
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,
CA
.
480
-
P
AVIE
,
524)
l'homme, le philosophe, le scientifique, son oeuvre et son rayonnement
2009
Éditions Le Manuscrit-Université | 20, rue des Petits-Champs 75002 Paris
Volume I : 535 pages
Livre imprimé : ISBN : 978-2-304-00564-6 | 13 : 9782304005646
Livre numérique : ISBN : 978-2-30400565-3 | 13 : 9782304005653
• http://www.manuscrit.com/Book.aspx?id=9415 •
• http://www.colloquiaaquitana.com/?page_id=28 • | • http://www.colloquiaaquitana.com/?cat=9 •
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Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 2 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
Boèce. l’Homme et son destin : prosopographie, hagiographie, culte et vénération
• par Illo Humphrey, Ph. D. | HDR •
(Colloquia Aquitana II-2006, éd. Illo Humphrey, Paris (Editions Le Manuscrit), 2009, Vol. 1 : Préliminaire VI : pages 49-112)
1. Boèce et les «
quattuor matheseos disciplinæ
»
[Actes | T. 1 | p. 49]
Boèce (*Roma, ca. 480 - Pavie, ca. 524-526), platonicien par excellence, fut
l’un des puissants traits d’union entre l’Antiquité gréco-romaine et le Moyen Âge, et peut être
considéré comme étant le re de la pensée scientifique-philosophique pour l’Occident médio-
latin
(
*
)
. Son œuvre scientifique-philosophique s’impose également comme modèle didactique et
pédagogique, de par l’agencement externe de l’ensemble des matières étudiées, et par
l’agencement interne des thèmes traités
1
. Par ailleurs, nous savons qu’il était préoccupé aussi bien
par Π – π = ἡ πρακτική, τῆς πρακτικῆς que par Θ θ = ἡ θεωρητική, τῆς
θεωρητικῆς
2
, et de ce fait qu’il maîtrisait les techniques de fabrication de la clepsydre (i.e.
horloge à eau), et qu’il était non seulement spécialiste de l’ars musica, mais aussi musicien
expérimenté, semble-t-il.
3
Certes, dans la civilisation post-romaine et carolingienne en pleine
évolution, l’enseignement de Boèce
[Actes | T. 1 | p. 50]
ne résout pas tous les problèmes
scientifiques-philosophiques, ni dans le domaine mathématique, ni dans le domaine sensoriel, ni
dans le domaine musical, ni non plus dans celui de l’acoustique. Toutefois, il nous permet
d’accéder à une tradition du savoir, déjà millénaire, c’est-à-dire de saisir le vrai sens d’
ἐπιστήμη, -ης (res scientifica ou disciplina), ainsi que celui d’
ἡ Φιλοσοϕία
, -ας (res philosophica)
à travers l’enseignement des quattuor matheseos disciplinæ, en l’occurrence : arithmetica • musica •
geometria • astronomia
4
.
Mis au point grâce aux efforts des « pré-socratiques », tels : Πυθαγόρας Σάμος
(Pythagór.as o Sámos, *570 - ca. 490 BCE), Φιλόλαος ὁ Κροτωνιᾱτις (Philólaos o
Krotoniâtis, *ca. 470 -ca. 400 390 BCE), Ἀρχύτας Ταραντῖνος (Archýtas o
Tarantînos), *ca. 428 - ca. 347 BCE)
5
, ensuite perfectionné par Ἀριστο
κ
λῆς dit
« Πλάτων » (Aristoklîs, dit « Pláton », *ca. 427 - ca. 347 a. J.)
6
, ce concept d’enseignement ne
fut attesté comme cycle pédagogique, semble-t-il, qu’à partir de l’architecte Vitruvius (avant l’an
31 a. J.)
7
.
Appelée
ἐγκύκλιος παιδεία à partir des moyens-platoniciens grecs
8
, cet
ensemble de matières fut le fondement de la tradition du
savoir
scientifique et philosophique dont
Boèce, mort sous la torture en 524 in agro Calventiano près de Pavia
9
, était, pour la basse
Antiquité latine, le dernier représentant en Occident
10
.
Boèce
fut pour son époque l’ « ὅλως σοϕός
» (l’homme-université) par excellence
11
. Il
constituait, en effet, à lui seul une grande école, capable de former des disciples à partir de zéro
de connaissances, et de les conduire à travers le programme préparatoire des quattuor matheseos
disciplinæ (i.e. les quatre disciplines
[Actes | T. 1 | p. 51]
fondées sur le raisonnement arithmétique)
jusqu’à l’étude de la philosophie
12
, autrement dit, jusqu’à l’étude de l’ensemble des
connaissances de base, et leur agencement spontané et naturel les unes aux autres. Homme de
lettres et philologue maîtrisant parfaitement le latin et le grec, Boèce rédigea, entre l’an 500 et
510, des traités sur deux des quattuor matheseos disciplinæ, c’est-à-dire arithmetica, musica, mais aussi,
semble-t-il, sur les deux autres : geometria et astronomia, lesquels furent perdus de bonne heure
13
.
Ces quatre disciplines (ou sciences) constituaient, selon l’expression du moyen-platonicien
Νικόμαχος Γερασηνός, Ἀριθμητικὴ εἰσαγωγή
(Nikómachos o Gerasinós, II
e
s. vers
a.D.100, dans Arithmitikì Eisagogí), αἰ τέσσαρες μέθοδοι
14
. Ce terme, dont la traduction
latine quadruvium fut employée pour la première fois au sens figuré, semble-t-il, par Boèce lui-
même
15
, signifie le « carrefour par lequel l’esprit plus excellent est conduit, à partir des sens, vers les choses plus
sûres de l’intelligence »
16
. Étant ainsi l’un des principaux dépositaires pythagoriciens et
platoniciens de la culture scientifique et philosophique de l’Antiquité
17
, Boèce légua, à son insu,
une partie importante de l’héritage scientifique-philosophique aux carolingiens, très désireux de
renouer avec la tradition du savoir.
.
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 3 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
2. La Généalogie intellectuelle de Boèce
La généalogie intellectuelle et culturelle de Boèce remonte au VI
e
-V
e
siècle avant Jésus-Christ et
se rattache à l’école des pythagoriciens
18
,
lesquels constituent les racines de son ritage. Cette
première couche de sa lignée scientifique-philosophique s’est sans cesse enrichie et affinée de
génération en génération, c’est-à-dire de maître à élève, jusqu’à ce qu’elle ait atteint un premier
point culminant dans le puissant tandem de
[Actes | T. 1 | p. 52]
Σωκρατης
(Sokrátis, v. 469 -† vers
399 a. J.)
Πλατων
(Pláton, 428 - † v. 347 a. J.)
19
, puis, par suite immédiate, dans la personne de
l’élève de Pláton, i.e. ɇΑριστοτελης
οʅ
Σταγειριτης (Aristotélis o Stageirítis 384 - 322 a. J.),
ainsi que dans la toute première génération des Πλατωνικοι, c’est-à-dire les disciples de
Pláton
20
. Ensuite, plusieurs siècles après la mort de Pláton, est apparue une lignée de
chercheurs, d’origines diverses (grecque, latine, alexandrine, proche orientale) appelés moyen-
platoniciens
21
, dont les œuvres vont préparer le cycle d’études pour l’acquisition de la culture
générale, cycle désigné selon les auteurs : εγκυκλιος παιδεια εγκυκλιος τεχνη λογικαι
τεχναιεγκυκλιος παιδευσις
εγκυκλιος µουσικηεγκυκλιος µαθησις
εγκυκλιος ϕιλοσοϕια
εγκυκλια µαθηµατα εγκυκλια παιδευµατα εγκυκλια
προπαιδευµατα etc.
22
. Enfin, la fixation définitive du cycle des « εγκυκλιοι τεχναι » au
nombre de sept est due au mouvement des néoplatoniciens
23
. Bien que la lointaine généalogie
intellectuelle de Boèce remonte jusqu’à Pythagóras, il faut préciser que son héritage direct
provient d’abord des moyen-platoniciens, tels Nikómachos
o
Gerasinós, Πλουταρχος
οʅ
Χαιρωνευς (
Ploútarchos de Chaironeús, a.D. v. 50 - v. a.D. 125
), et
Κλαυδιος Πτολεµα$ιος (Klaúdios Ptolemaîos v. a.D. 90 - 168)
24
, puis se poursuit à travers
plusieurs générations de néoplatoniciens, et en particulier par l’intermédiaire d’un deuxième
tandem, en l’occurrence Πλωτ$ινος (Plotînos 205 - † v. 270) Πορϕυριος οʅ Τυριος
(
Porphýrios o Týios v. 234 - † v. 305
)
25
, puis par l’illustre élève de ce dernier ɇΙαµβλιχος
οʅ
Χαλκιδευς (
Iámblichos de Chalkide
ú
s, v. 250
vers 330)
26
. C’est en effet chez Porphýrios que
l’on observe pour la première fois, semble-t-il, l’association des
[Actes | T. 1 | p. 53]
quatre matières
du quadruvium (i.e. arithmétique musique géométrie astronomie) avec les trois matières que l’on
appellera plus tard au IX
e
siècle le trivium (i.e. grammaire rhétorique dialectique)
27
. L’association du
quadruvium avec le trivium, observée donc chez Porphýrios, influencera directement le
néoplatonicien chrétien Aurelius Augustinus (354 - 430) lors de la rédaction de son traité De
ordine sur l’enseignement des « εʆλευθεραι τεχναι, ων (
αιʇ
) », i.e. « arts libéraux »
28
. Digne
successeur latin immédiat du néoplatonicien grec athénien Προκλος οʅ ∆ιαδοχος
(Próklos dit
« Diádochos », i.e. le « successeur » ou le « remplaçant », v. 412 - † v. 485)
29
,
Boèce reçut, grâce surtout à
son père adoptif et futur beau-père Symmaque
30
, la quintessence de cette tradition du savoir,
tradition qui avait bénéficié de quatre siècles de maturation depuis le moyen-platonicien
Nikómachos o Gerasinós. Boèce, en tant que platonicien, puisait abondamment dans cette
tradition, en acquit une grande maîtrise, puis devint la personnification de celle-ci pendant la
première moitié du IX
e
siècle
31
. Il est vrai que l’évolution de la tradition du savoir ne s’est pas faite
sans controverses, ni sans antagonismes entre les différentes générations et les différentes
« écoles » (τα µουσεια)
32
,
toutefois, dans le développement lent et conscient du cycle d’études
de la culture générale antique, l’ancêtre de l’ « εγκυκλιος παιδεια », on remarque une
étonnante homogénéité et cohérence durant les dix siècles qui séparent Pláton et Boèce. Cette
homogénéité intellectuelle s’observe non seulement dans toutes les civilisations du Proche- et
Moyen-Orient ayant subi d’abord l’influence hellénique
33
, puis hellénistique d’Alexándreia
34
, mais
aussi chez les romains surtout à partir du premier siècle avant Jésus-Christ, et en particulier chez
Cicéron († vers l’an -43)
35
, Varron († vers
[Actes | T. 1 | p. 54]
l’an -27)
36
et Vitruve († vers l’an -9)
37
.
Ainsi, sur le plan de la res scientifica (ηʆ επιστηµη), et la res philosophica (ηʆ ϕιλοσοϕια), le puissant
trait d’union que représente Boèce constitue, pour la civilisation gréco-latine, un aboutissement,
et pour la période post-romaine, carolingienne et post-carolingienne, le point de départ d’un
nouveau courant intellectuel et culturel, dont Anicius Manlius Torquatus Serverinus Boethius, vir
clarissimus et inluster, ex consule ordinario, ex magistro officiorum atque patricius
38
, fut l’un des «
priscæ
auctoritatis uiri », c’est-à-dire l’une des
principales sources.
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 4 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
P
LANCHE
1
[Actes | T. 1 | p. 55]
D
DD
Diptyque consulaire | Boèce-père | Face intérieure •
• Cliché | Civici Musei di Brescia | Italia •
Bene Eveniat [tibi] Feliciter [?] • Bene Eveniat [tibi] Feliciter [?]
NARius MANlius BOETHIVS Vir Clarissimus ET INLuster • EX Praefecto Praetorio
Praefectus Vurbi SECundo ORDinarius et PATRIcius
cf.
éd. J. G. Hagenbuch, p. 95 -- ; A. F. Gori, t. 1, p. 162-163, 182 ; R. Delbrück, Fasz. 2 : n° 7, J. R. Martindale, t. 2, p. 232-233
Diptyque consulaire en ivoire datable de l’année du consulat de Boèce – père : a.D. 487
Dimensions : 350 mm x 126 + 126 mm • soit une proportion absolue de 350 ÷252 = 1 1, 38
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 5 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
P
LANCHE
2
[Actes | T. 1 | p. 56]
D
DD
Diptyque consulaire | Boèce-père | Face extérieure •
• Cliché | Civici Musei di Brescia | Italia •
Miniatures chrétiennes datables du VII
e
s.
(à gauche) : Résurrection de Lazare [Jean XI : 43-44] • (à droite) : Saints Augustin • Jérôme • Grégoire I
« QVO • DEO | OFFERIMUS
M[
EME
]
NTO
D
OMINE OMNIUM DE
[
FUNCTO
]
ORUM PONTIF
[
ICUM
]
ME
[
ORUM PRÆCESSORUM
]
UEL OMNI
[
UM
]
X[
RISTIA
]
NORUM PRÆCIPU
[
E
]
[animorum nob]is [co]missarum [et] [/////] [////////////] [ipsis] omnipotens [Deus et omnibus in Xristo
quiescentibus locum refrigerii • lucis et pacis • ut indulgeas • deprecamur] » ; cf.
éd. A. F. Gori, t. 1, p. 200
[Actes | T. 1 | p. 54]
3. La Prosopographie de Boèce
La prosopographie
39
de Boèce, s’étend du IV
e
au VI
e
siècle. Issu d’une gens patricia romana appelée
Anicii, famille romaine noble d’une longue lignée de fonctionnaires de haut rang
40
, Boèce est né à
Rome vers 480 au but du règne de l’empereur Odoacre (476 - à Ravenna en 493), roi du
peuple germain appelé les Hérules. La famille des Anicii fut convertie au christianisme au IV
e
siècle sous l’empereur Constantin 1
er
(emp. en 306, † en 337)
41
. Le père de Boèce, Flavius Narius
Manlius Boethius ou bien Flavius Nonius Arius Manlius Boethius senator præfectus Augustalis
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 6 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
(i.e. préfet d’Égypte) en 475-476, semble-t-il, puis consul ordinarius l’année de sa mort en 487,
figurait parmi les uiri inlustres de son époque
42
. Certains détails sur la vie de Boèce-père nous sont
confirmés grâce au diptyque consulaire qui porte son nom. Ce « monument » précieux constitue
donc un maillon important de la chaîne prosopographique du philosophe Boèce, d’où l’excursus
détaillé, ainsi que l’édition critique, qui lui sont consacrés ici.
[Actes | T. 1 | p. 55]
4. Le Diptyque Consulaire de Boèce-père
Le célèbre diptyque consulaire de Boèce-père, composé de deux plaques d’ivoire, date, comme il
se doit, du V
e
siècle. Il est conservé actuellement en Italie du Nord à Brescia aux Musei d’Arte e
Storia (i Civici Musei, Museo di Monastero Santa Giulia). Sur les deux faces recto se trouvent des
inscriptions et des portraits consacrés à Boèce-père, qui ont été sculptés dans l’ivoire. Sur les
deux faces verso, en revanche, on découvre deux enluminures chrétiennes accompagnées
d’inscriptions.
[Actes | T. 1 | p. 57]
Ces enluminures, n’ayant aucun rapport ni avec Boèce-père, ni
avec Boèce-philosophe, furent ajoutées au VII
e
siècle. Les deux miniatures représentent, à
gauche, la scène de la résurrection de Lazare (Jean XI : 43, 44), puis à droite, les saints Augustin,
Jérôme et Grégoire I, identifiables grâce aux inscriptions au-dessus de leurs têtes. Juste au-
dessous des deux miniatures, à cheval sur les deux volets, se trouve l’inscription en écriture
monumentale : « QVO DEO | OFFERIMUS ». Ensuite, sur le volet gauche uniquement, on
lit, en écriture onciale très effacée, une oraison funéraire de onze lignes : …« M[eme]nto Domine
omnium de[functo]rum Pontif[icum]…
43
. Le volet droit, au-dessous du mot « OFFERIMUS »,
n’a pas reçu d’écriture. Ces deux miniatures, qui occupent environ le tiers supérieur de chaque
volet, sont légèrement plus grandes qu’un carré, ayant, à gauche, les proportions absolues de
1 1,
086206896552
, et à droite, celles de
1 1, 013448275862
44
.
Le diptyque dit « de Brescia » nous renseigne avec précision sur la carrière politique du
père de Boèce-philosophe, indiquant, en effet, que celui-ci fut préfet du prétoire (præfectus
prætorio), préfet de la ville de Rome (præfectus urbis), consul ordinaire de Rome (consul ordinarius, i.e.
la suprême distinction que pouvait recevoir un sénateur romain), enfin, patricien (patricius) :
[Actes | T. 1 | p. 58]
1
er
volet (Fronton de gauche) :
Bene Eveniat [tibi] Feliciter (?)
NARius MANlius BOETHIUS Vir Clarissimus ET INLuster
45
(Portrait de Boèce-père debout) ;
_________________________________
2
e
volet (Fronton de droite) :
Bene Eveniat [tibi] Feliciter (?)
EX Præfecto Praetorio Præfectus Vrbi SECundo CONSul ORDinarius et PATRICius
46
(Portrait de Boèce-père assis).
Composé de deux plaques rectangulaires en ivoire, les deux volets se plient l’un sur l’autre
grâce aux trois charnières, d’où le terme « diptyque » (διπτυχος, ος, ον | plié en deux). Déployé,
notre diptyque consulaire mesure environ 350 x 126 x 2 millimètres, ce qui donne des
proportions absolues de 1 1,38 soit 350 ÷ 252
47
. L’architecture des deux volets est identique. Il
s’agit d’une composition tripartite, avec, de haut en bas, un fronton logeant une inscription de
salutation, ensuite une inscription indiquant l’identité et le rang du personnage, enfin, le portrait
sculpté du personnage. Le fronton triangulaire, d’une hauteur d’environ 43,75 mm., est entouré
de fleurons, avec, au centre, des vœux, dont les lettres capitales BEF sont superposées les unes
sur les autres et entourées d’une gerbe parfaitement circulaire, laquelle est flanquée de deux
« rubans » ondoyants. L’inscription des titres et attributions, contiguë à la base du triangle du
fronton, est faite d’une série d’abréviations en capitales dites « rustiques », d’une hauteur
d’environ 17,5 millimètres. L’inscription commence sur le premier volet à gauche et se poursuit, à
la même hauteur, sur le volet de droite. Le portrait, de late aux pieds, occupe environ 79,4 %
de le surface du diptyque, soit une hauteur
[Actes | T. 1 | p. 59]
d’environ 288,75 millimètres. Sur
les deux volets, le personnage de Boèce-père est flanqué de deux colonnes corinthiennes ; il est
vêtu de sa toge triomphale de consul ordinarius avec des sandales lacées aux pieds. Il tient dans la
main gauche un sceptrum (l’insigne du pouvoir impérial), coiffé d’un aigle aux ailes déployées, et
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 7 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
dans la main droite, une mappa (une serviette employée au cirque pour signaler le début des jeux)
; à ses pieds se trouvent des branches de palmiers (2 à gauche, 1 seule à droite), ainsi que des
bourses de pièces de monnaie (2 à gauche, 3 à droite) destinées à l’aumône populaire. Sur le volet
de gauche, Boèce-père est debout avec la main droite baissée tenant la mappa, tandis que sur le
volet de droite, il est représenté assis sur sa sella curulis (siège de magistrat), la main droite levée
tenant la mappa. Chaque volet est bordé tout autour de fleurons
48
.
5. Travaux du XVIII
e
au XX
e
s. sur le Diptyque de Boèce-père
Au XVIII
e
siècle, entre 1742 et 1759, ce diptyque d’ivoire a fait l’objet d’une intense recherche,
qui donna lieu à des lectures multiples, divergentes, et parfois fantaisistes
49
. Dans un premier
temps, en raison des erreurs de lecture, certains historiens du XVIII
e
siècle crurent en effet qu’il
s’agissait du philosophe platonicien Boèce. Or, les travaux remarquables de Johann Gaspar
Hagenbuch (De diptycho brixiano…, Zürich, 1748)
50
, puis ceux d’Antonio Francesco Gori
(Thesaurus veterum diptychorum…, tome I, Florence, 1759)
51
, ont remis totalement en question ce
point de vue. Par la suite, les travaux de W. Meyer (München, 1879)
52
, W.F. Volbach (Mainz,
1916)
53
, R. Delbrück (
Berlin • Leipzig, 1927 et 1929)
54
, et, enfin, l’étude de J. R. Martindale
(Cambridge, G. B., 1980)
55
, laquelle reprend les
[Actes | T. 1 | p. 60]
conclusions de R. Delbrück,
ont montré sans équivoque qu’il s’agissait non de Boèce-philosophe mais de son père.
Ayant appartenu d’abord, semble-t-il, au monastère San Salvatore et de Santa Giulia de
Brescia jusqu’au premier quart du XVIII
e
siècle, notre diptyque est passé entre les mains de
plusieurs propriétaires successifs, à savoir : le magistrat brixien Ludovico Baitello
56
, puis la
famille noble brixienne les Barbisoni
57
, avant d’être confié entre 1750 et 1755 à la Biblioteca
Queriniana à Brescia, dont le fondateur fut le cardinal Angelo Maria Querini [ou Quirini] (Venise,
1680 - Brescia, 1755), évêque de Brescia (1727) et préfet de la Biblioteca Apostolica Vaticana
(1730-1751). Au sujet du diptyque, le cardinal Querini entretenait une correspondance
scientifique avec plusieurs historiens de sa génération, correspondance qui fut publiée à Rome en
1743 sous le titre Decas II Epistolarum latinarum
58
. Voici donc l’édition critique ponctuelle
intégrale du diptyque consulaire de Boèce-père, d’abord celle des vœux, d’après J.G. Hagenbuch
et A.F. Gori, puis celle des noms et titres.
1
er
volet (Fronton de gauche) = (g) :
(Vœux) B E [?] ou B E F [?]
(Noms) NAR MANL BOETHIUS VC ET INL
2
e
volet (Fronton de droite) = (d) :
(Vœux) B E [?] ou B E F [?]
(Titres) EX
PPP
V
SEC
CONS
ORD
ET
PATRIC
XVIII
e
Siècle :
[Actes | T. 1 | p. 61]
(Vœux)
BoEthii • Bonus Eventus [sit] • Bono Eventui [supplicamus] •
Bonum Eventum [precamur] • Bene Eveniat • BEne [Fiat] •
(cf. HAGENBUCH (Johann Gaspar), De diptycho Brixiano Boethii consulis epistola epigraphica, auspiciis
iussu et sumtibus principis. Eminentissime Angeli Mariae tit. S. Marci Cardinalis Quirini, summi
Bibliothecae Vaticanae praefecti episcopi Brixiani, cet edita a Iohanne Gasparo Hagenbuchio,
professore Turicensi et Sodali adlecto, ab Academiis Etrusca Cortonensi et Columbaria
Florentina, cum aenes tabulis Turici [i.e. Zürich] excudit Heideggerus et Socii, M°DCC°XL°VIII°
(1748), 3 + CCXXXXVI pages, 2 planches : page 0 = planche 1, diptyque consulaire de Boèce-
père, p. CLXXXII-bis = planche 2, p. LXXXXVIIII : §XXXIII ) ;
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 8 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
Bene Eveniat [subintellige annus] • Bonus [tibi] Eventus • Bono [annus] Eventu • Bene [annus]
Eveniat • Bene [tibi nobisque] Eveniat • Euge Bene - Bene Euge •
Bene ac Feliciter Eveniret • Bene Eveniat Feliciter • Bene Feliciterque Eveniat [subintellige
annus] •
Bene Feliciter Eveniat [tibi : hoc est consuli uel senatui populo romano] •
(cf. GORI (Antonio Francesco), Thesaurus veterum Diptychorum consularium et ecclesiasticorum tum
eiusdem auctoris cum aliorum lucubrationibus inlustratus ac in tres tomos divisus opus posthumum adcessere
Iohannis Baptistae Passeri Pisavrensis nobilis eugubini in postremum additamenta et in tomos singulos
praefationes. Florentinae [Florence] (ex typographia Caletani Albizzini, praesidum permissu), anno
M°DCC°LIX° (1759), cf. t. I, p. 170 : §V) ;
Bene Egredere Feliciter • Bene Eveniat [tibi] Feliciter • Bene Eventu [tibi nobisque] Feliciter •
[Actes | T. 1 | p. 62]
(cf. Antonio Francesco GORI, opus citatum, cf. t. I, p. 182) ;
(g) Vœux • Noms • (d) Vœux • Titres :
(g) 1. [néant]
(g) 1. A
NICIUS
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
IR
C
LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTER
(d) 1. [néant]
(d) 1. EX
P
RAEFECTUS
P
RAETORIO
P
RAEFECT
VS
E
T
C
OMES
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. QUERINI ou QUIRINI (Cardinal Angelo Maria), Decas II, Epistolarum latinarum quas
desumptis plerumque earum argumentis ex vaticanae Bibliothecae mss., ad eam lustrandam de
more quotannis Brixia accedens solivagas antea emiserat ejusdem praefectus S.R.E. Cardinalis
Bibliothecarius, Romae, excudebant Nicolaus, et Marcus Palearini ad theatrum Pompeii an. Rep.
Sal. M°DCC°XL°III° (1743), (Pontificatus sanctissimi Domini noster Benedicti XIV., anno III°),
cf. Epistola IV, p. XXV-XXVIII ; cf. J.G. Hagenbuch, op. cit., p. XXXV, LXXXVIIII ; A. F.
Gori, op. cit. t. I, p. 134) ;
(g) 2. [néant]
(g) 2.
N
OVO
A
NNO
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M
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B
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V
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LARISSIMUS
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(d) 2. [néant]
(d) 2.
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P
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RAEPOSIT
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T
C
OMES
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. GALEARDI (Paulo), TURRE (Philippus a), (Brescia, 1742-1745 ?) ; J.G. Hagenbuch, p.
VIII-VIIII, XXVII, XXXIII-XXXV, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 135 ; TURRE (Philippus a),
(Brescia, 1742-1745 ?), cf. J.G. Hagenbuch, p. VIII-VIIII, XXVII-XXXIII, XXXIII-XXXV,
LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 135) ;
(g) 3. [néant]
(g) 3.
N
ARIUS
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
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C
LARISSIMUS
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T
I
NLUSTER
(d) 3. [néant]
(d) 3.
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UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. MAZOCHIUS (Alexsis Symmachus) (i.e. Alessio Simmacho Mazzocchi), Ad
eminentissimum et reverendissimum dominum Angelum Mariam Quirinum S.R.E. Cardinalem
Bibliothecarium episcopum Brixiensem de diptycho Quiriniano et Brixiano epistola, de graeco
prophetarum codice chisiano, diatriba, de librorum bipatentium et convolutorum antiquitate
diatriba, s. l. n. d. (i.e. sans lieu, ni date), [Naples ?, entre 1740 et 1745 ?], cf. ch. III : « De
diptycho Brixiano Boethii consulis », p. XIX-XXV ; cf. J.G. Hagenbuch, p. XXXX,
LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, 154-160) ;
(g) 4. [néant]
(g) 4.
N
ARICIUS
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
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LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTER
(d) 4. [néant]
(d) 4)
EXP
P
RAE
P
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VS
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UNUCHORUM VEL
A
UGUSTALIS
C
UBICILI
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 9 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
(cf. MAZOCHIUS (Alexsis Symmachus) (i.e. Alessio Simmacho Mazzocchi), op. cit., cf. ch. III :
« De diptycho Brixiano Boethii consulis », p. XIX-XXV ; cf. J.G. Hagenbuch, p. XXXX,
LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, 154-160) ;
[Actes | T. 1 | p. 64]
(g) 5.
[
néant]
(g) 5.
N
ATALES
R
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M
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B
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V
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LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTER
(d) 5. [néant]
(d) 5.
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DIXIT
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), (Paris, dans sa lettre du 31, janvier 1743 adressée au Cardinal Angelo
Maria Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XI, XXXXIII, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 147) ;
(g) 6. [néant]
(g) 6.
N
ATALES
R
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M
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B
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V
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C
LARISSIMUS
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T
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(d) 6. [néant]
(d) 6. EXP
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UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), (Paris, dans sa lettre du 31, janvier 1743 adressée au Cardinal Angelo
Maria Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XI, XXXXVII, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 147) ;
(g) 7. [néant]
(g) 7. N
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M
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(d) 7. [néant]
(d) 7.
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), (Paris, dans sa lettre du 31, janvier 1743 adressée au Cardinal Angelo
Maria Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XI, XXXXVII, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 147) ;
[Actes | T. 1 | p. 65]
(g) 8. [néant]
(g) 8. N
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A
NNO
R
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M
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B
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C
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(d) 8. [néant]
(d) 8. EX
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SEC
UNDAE
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), (Paris, dans sa lettre du 31, janvier 1743 adressée au Cardinal Angelo
Maria Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XIIII, LIIII, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 147) ;
(g) 9. [néant]
(g) 9. A
NICIUS
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
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C
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E
T
I
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(d) 9. [néant]
(d) 9. EX
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V
IENNENSIS
SEC
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), (Paris, dans sa lettre du 31, janvier 1743 adressée au Cardinal Angelo
Maria Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XIIII, LIIII, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 147) ;
(g) 10. [néant]
(g) 10.
N
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A
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B
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V.
C.
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(d) 10. [néant]
(d) 10. EX
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CONS
UL
ORD
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ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), epistula citata, cf. J.G. Hagenbuch, p. XV, LXXII, LXXXVIIII ;
A.F. Gori, t. I, p. 147) ;
(g) 11. [néant]
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 10 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
[A
CTES
|
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|
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66]
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11.
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(d) 11. [néant]
(d) 11. EX
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UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOZE (Claude Gros de), (Paris, dans sa lettre du 31, janvier 1743 adressée au Cardinal Angelo
Maria Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XV, LXXII, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 147, p. 170 §V) ;
(g) 12. [néant]
(g) 12.
N
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M
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B
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(d) 12. [néant]
(d) 12. EX
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IUS
[Actes | T. 1 | p. 67]
(cf. LEICHIUS (Johannes Heinricus), De diptycho veterum, et de diptycho ementissimi
Quirini, S.R.E. Cardinalis, Bibliothecarii Apostolici, episcopi Brixiensis, diatribe, Lipsiae [Leipzig] (apud J.
F. Gleditschium), anno M°DCC°XL°III° (1743), cf. Sectio secunda : « De Brixiano Boetii
consulis et de ecclesiasticis diptychis », I, p. XXV-XXVI ; cf. J.G. Hagenbuch, p. LXXIII ; A.F.
Gori, t. I, p. 137-139, 147) ;
(g) 13. [néant]
(g) 13. N
ARONIUS
M
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B
OETHIUS
V
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T
I
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(d) 13. [néant]
(d) 13. EX
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V
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. BOUHIER (Jean), (Dijon, dans sa lettre du 29 mars, 1743 adressée au Cardinal Angelo Maria
Querini évêque de Brescia),
cf. J.G. Hagenbuch, p. XVI-XVII, LXXV ; A.F. Gori, t. I, p. 148-153) ;
(g) 14. BoEthii • Bonus Eventus [sit] • Bono Eventui [supplicamus] •
Bonum Eventum [precamur] • Bene Eveniat • BEne [Fiat] •
(g) 14-a. N
ARICIUS
M
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V
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(g) 14-a. F
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M
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B
OETHIUS
a. Cti ICLXXXVII
(d) 14. BoEthii • Bonus Eventus [sit] • Bono Eventui [supplicamus] •
Bonum Eventum [precamur] • Bene Eveniat • BEne [Fiat] •
(d) 14. EX
P
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P
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P
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V
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. HAGENBUCH (Johann Gaspar), De diptycho Brixiano Boethii consulis epistola epigraphica, auspiciis
iussu et sumtibus principis. Eminentissime Angeli Mariae tit. S. Marci Cardinalis Quirini, summi
Bibliothecae Vaticanae praefecti episcopi Brixiani, cet edita a Iohanne Gasparo Hagenbuchio,
professore Turicensi et Sodali adlecto, ab Academiis Etrusca Cortonensi et Columbaria
Florentina, cum aenes tabulis Turici [i.e. Zürich] excudit Heideggerus et Socii, M°DCC°XL°VIII°
(1748), 3 + CCXXXXVI pages, 2 planches (page 0 = planche 1, diptyque consulaire de Boèce, p.
CLXXXII-bis = planche 2 ), p. LXXXXV, LXXXXVII, LXXXVIIII
[Actes | T. 1 | p. 68]
vœux,
CIII, CXXII, CXXX ; cf. A.F. Gori, t. I, p. 161-164) ;
(g) 15. BoEthii • Bonus Eventus [sit] • Bono Eventui [supplicamus] •
Bonum Eventum [precamur] • Bene Eveniat • BEne [Fiat] •
(g) 15-a. A
NICIUS
A
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M
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B
OETHIUS
V
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C
LARISSIMUS
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I
NLUSTRIS
(g) 15-b. A
NICIUS
A
URELIUS
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
IR
C
LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTRISSIMUS
(d) 15. BoEthii • Bonus Eventus [sit] • Bono Eventui [supplicamus] •
Bonum Eventum [precamur] • Bene Eveniat • BEne [Fiat] •
(d) 15. EX
P
RAEFECTO
P
RAETORIO
P
RAEFECTUS
V
RBI
SEC
UNDUM
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. HAGENBUCH (Johann Gaspar), De diptycho Brixiano Boethii consulis epistola epigraphica, auspiciis
iussu et sumtibus principis. Eminentissime Angeli Mariae tit. S. Marci Cardinalis Quirini, summi
Bibliothecae Vaticanae praefecti episcopi Brixiani, cet edita a Iohanne Gasparo Hagenbuchio,
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 11 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
professore Turicensi et Sodali adlecto, ab Academiis Etrusca Cortonensi et Columbaria
Florentina, cum aenes tabulis Turici [i.e. Zürich] excudit Heideggerus et Socii, M°DCC°XL°VIII°
(1748), 3 + CCXXXXVI pages, 2 planches (page 0 = planche 1, diptyque consulaire de Boèce, p.
CLXXXII-bis = planche 2 ), p. LXXXXV, LXXXXVII, LXXXVIIII vœux, CIII, CXXII,
CXXX ; cf. A.F. Gori, t. I, p. 161-164) ;
(g) 16. Bene Egredere Feliciter • Bene Eveniat [tibi] Feliciter • Bono Eventu [tibi nobisque]
(g) 16. N
AR
(?)
[
SIC
]
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
IR
C
LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTRIS
(d) 16. Bene Egredere Feliciter • Bene Eveniat [tibi] Feliciter • Bono Eventu [tibi nobisque]
[Actes | T. 1 | p. 69]
(d) 16. EX
P
RAEFECTO
P
RAETORIO
P
RAEFECTUS
V
RBI
SEC
UNDO
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. GORI (Antonio Francesco), Thesaurus veterum Diptychorum consularium et ecclesiasticorum tum
eiusdem auctoris cum aliorum lucubrationibus inlustratus ac in tres tomos divisus opus posthumum adcessere
Iohannis Baptistae Passeri Pisavrensis nobilis eugubini in postremum additamenta et in tomos singulos
praefationes. Florentinae (ex typographia Caletani Albizzini, praesidum permissu), anno
M°DCC°LIX° (1759), cf. t. I, p. 182 vœux) ;
(g) 17. Bene Egredere Feliciter • Bene Eveniat [tibi] Feliciter • Bono Eventu [tibi nobisque]
(g) 17.
N
AR
(?)
[
SIC
]
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
IR
C
LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTRIS
d) 17. Bene Egredere Feliciter • Bene Eveniat [tibi] Feliciter • Bono Eventu [tibi nobisque]
(d) 17. EX
P
RAEFECTO
P
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P
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V
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. GORI (Antonio Francesco), Thesaurus veterum Diptychorum consularium et ecclesiasticorum tum
eiusdem auctoris cum aliorum lucubrationibus inlustratus ac in tres tomos divisus opus posthumum adcessere
Iohannis Baptistae Passeri Pisavrensis nobilis eugubini in postremum additamenta et in tomos singulos
praefationes. Florentinae (ex typographia Caletani Albizzini, praesidum permissu), anno
M°DCC°LIX° (1759), cf. t. I, p. 182) ;
[Actes | T. 1 | p. 70]
XIX
e
Siècle :
(g) Vœux • Noms • (d) Vœux • Titres
(g) 18. [néant]
(g) 18. N
ONIUS
A
RRIUS
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B
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V
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LARISSIMUS
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(?)
[
SIC
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(d) 18. [néant]
(d) 18. EX
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P
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P
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V
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UNDUM
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. MEYER (Wilhelm), Zwei antike Elfenbeintafeln der königlichen Staatsbibliothek in München : Festgabe
zum fünfzigjährigen Jubiläum des deutschen Archäologischen Instituts in Rom. (Im Auftrage der königlichen
bayerischen Akademie der Wissenschaften), München, 1879, p. 18-19, 56 : n° 5, 64 : n° 5) ;
XX
e
(g) Vœux • Noms • (d) Vœux • Titres
(g) 19. [néant]
(g) 19. N
ONIUS
A
RRIUS
M
ANLIUS
B
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V
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C
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E
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NLUSTRIS
(d) 19. [néant]
(d) 19. EX
P
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P
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P
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V
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CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. VOLBACH (Wolfgang Fritz), Elfenbeinarbeiten der Spätantike und des frühren Mittelalters,
(Kataloge des römisch-germanischen Zentralmuseum zu Mainz, Nr. 7), Mainz, 1916 / 2
e
édition :
Mainz, 1952, avec 260 figures réparties sur 68 planches, cf. p. 24 n° : 6, planche 2 : n° 6) ;
(g) 20. [néant]
(g) 20. N
ONIUS
A
RRIUS
M
ANLIUS
B
OETHIUS
V
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C
LARISSIMUS
E
T
I
NLUSTRIS
(d) 20. [néant]
[Actes | T. 1 | p. 71]
(d) 20. EX
P
RAEFECTO
P
RAETORIO
P
RAEFECTUS
V
RBI
SEC
UNDO
CONS
UL
ORD
INARIUS
ET
PATRIC
IUS
(cf. DELBRÜCK (Richard), Studien zur spätantiken Kunstgeschichte im Auftrage des deutschen
archäologischen Instituts, Faszikel 2 : Die Consulardiptychen und verwandte Denkmäler, 2. Lierferung,
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 12 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
herausgegeben von R. Delbrück und H. Leitzmann, Berlin / Leipzig, 1927 (Verlag : Walter de
Gruyter und Co.), n° 7 ; J.R. Martindale, The Prosopography of the later Roman Empire, t. II,
Cambridge (G.B.),
1980, p. 232).
6. A
NALYSE
L’examen attentif de l’édition critique du diptyque consulaire de Boèce-père met en évidence
plusieurs détails intéressants. Tout d’abord, on observe que les inscriptions du diptyque ont posé
des problèmes de lecture à plusieurs générations d’historiens et paléographes depuis le XVIII
e
siècle jusqu’à présent. Deuxièmement, comme il a été dit plus haut, certains historiens de la
première moitié du XVIII
e
siècle crurent qu’il s’agissait de Boèce-philosophe, alors qu’il est
question non du philosophe mais du père de celui-ci, mort en l’an 487. Troisièmement,
l’historien Johann Gaspar Hagenbuch (cf.
op. cit, Zürich 1748, p.
LXXXVIIII), semble être le
premier à se pencher sur la transcription des vœux qui arrivent en tête des deux tablettes d’ivoire ;
il en proposa six leçons possibles (voir n°s 14 et 15). Ensuite, depuis les travaux de l’historien
italien Antonio Francesco Gori (1759), la lecture de ces inscriptions est restée, pour l’essentiel,
inchangée. Pour ce qui concerne les vœux, Gori, quant à lui, en proposa une douzaine de
transcriptions possibles (voir n°s 16 et 17). On remarque ensuite que les historiens des XIX
e
[Actes | T. 1 | p. 72]
et XX
e
siècles, notamment : Wilhelm Meyer (1879), Wolfgang Volbach (1916 /
1952), Richard Delbrück (1927) et J.R. Martindale (1980), se sont tous appuyés sur l’édition
critique de Gori, et n’ont pas cherché, semble-t-il, à améliorer les transcriptions de ce dernier
pour ce qui concerne les noms et les titres. Par ailleurs, parmi tous les historiens cités ci-dessus,
A. F. Gori semble être le seul à avoir mentionné l’existence des deux miniatures chrétiennes
peintes au verso du diptyque et à en proposer une transcription du texte (cf. A.F. Gori, op. cit., t. I,
p. 200). Depuis les travaux de Gori, on constate qu’aucun des historiens cités n’a fait la moindre
allusion ni aux vœux «
Bene [annus] Eveniat [tibi] Feliciter [?] », (cf. A. F. Gori, op. cit, t. I, pages 170,
182),
qui se trouvent à l’intérieur des deux frontons situés dans la partie supérieure du diptyque, ni
aux enluminures du VII
e
siècle, lesquelles, accompagnées d’une oraison liturgique funéraire,
occupent le côté verso du diptyque.
Enfin, on trouvera dans la Bibliographie II (Prosopographie de Boèce) un guide raisonné
précis destiné aux historiens et aux enseignants, lequel permet en effet de suivre pas à pas
l’évolution de la recherche critique sur le diptyque consulaire de Boèce-père à partir de l’ouvrage
du Cardinal Angelo Maria Querini : Decas II…(Romæ, 1743, cf. Epistola IV, p. XXV XXVIII),
jusqu’à celui de J. R. Martindale, The Prosopography of the later Roman Empire, Cambridge, 1980, t. II
(a.D. 395-527), p. 232. La présente étude sur le diptyque consulaire de Boèce-père s’inscrit donc
dans la logique des travaux effectués depuis le XVIII
e
siècle, et en constitue une recherche
critique de synthèse, laquelle a l’avantage de réunir dans un même corpus l’ensemble des
principaux travaux sur ce « monument » prosopographique.
[Actes | T. 1 | p. 73]
7. Boèce : Vie et Carrière
Orphelin
vers l’âge de sept ans en 487, Boèce fut recueilli dans une autre gens inlustris romana, en
l’occurrence dans la famille de l’érudit Quintus Aurelius Memmius Symmachus (Symmaque, † en
525), patricius en 507 et incontestablement le chef de file des philosophes et philologues
platoniciens de sa génération
59
. Dès son plus jeune âge donc, Boèce évolua dans une ambiance où
la recherche scientifique, philosophique et philologique étaient de mise, dans un milieu le
maintien de l’εγκυκλιος παιδεια était de rigueur
60
. Ce milieu
très
restreint, composé de petits
réseaux de gentes cultivées, certains maîtrisant le grec, fut éparpillée dans plusieurs villes d’Italie,
notamment : Roma • Ravenna • Pavia • Milano
61
. Comparables à ce que l’on appellerait
aujourd’hui des « sociétés savantes », ces réseaux regroupaient des familles de hauts
fonctionnaires (préfets, sénateurs, consuls, etc.) soucieux de maintenir intacte la tradition du savoir
scientifique et philosophique gréco-latines, tradition qui justement au VI
e
siècle était en train de
disparaître
62
. Bénéficiant ainsi de ce milieu de gentes cultivées, savantes et bilingues (latin et grec)
63
,
le jeune Boèce baignait dans une atmosphère propice à éveiller son esprit précoce, et à l’orienter
vers une carrière de philosophe théoricien et praticien (i.e. une carrière de chercheur et
d’enseignant) jusqu’à la maîtrise de l’εγκυκλιος παιδεια
64
. Ayant commencé sa carrière de
chercheur vers l’an 500 vers l’âge de 20 ans, Boèce avait déjà achevé dix ans plus tard en l’an 510
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 13 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
ses deux premiers traités De institutione arithmetica libri duo et De institutione musica libri quinque,
(traductions personnalisées de deux traités de Nikómachos de Gerasinós), mais aussi, selon le
témoignage de Cassiodore
65
, deux
[Actes | T. 1 | p. 74]
autres traités, l’un sur l’ars geometrica et l’autre
sur l’ars astronomica, lesquels auraient été perdus de bonne heure
66
. Dans le contexte de la tradition
du savoir, ces deux traités très techniques, et essentiellement d’inspiration pythagoricienne et
platonicienne, constituent le point de départ normal d’une carrière de philosophe platonicien tel
Boèce. Pendant cette période d’activité intense scientifique, c’est-à-dire, entre 507 et 522-523,
Boèce menait de front parallèlement une vie de chercheur scientifique-philosophique, de
philologue et d’homme d’état. En effet, vers 507, il acquit le titre de vir inluster patricius, en
l’an 510 il fut nommé consul en Occident, devint par la suite clarissimus, i.e. sénateur, vers 512.
En l’an 522, alors que ses deux jeunes fils Symmachus (âgé de 8 ans) et Boethius (âgé de 3 ans)
furent nommés consules, Boèce eut l’honneur suprême d’être nommé par l’empereur Théodoric
le Grand (né vers 454 empereur en 497 - en 526) magister officiorum (i.e. maître des offices,
sorte de 1
er
ministre)
67
. L’ironie du sort a voulu qu’il tombe iniuste en disgrace un an plus tard, et
qu’il finisse sa vie tragiquement « … sub tormenta ad ultimum cum fuste occiditur »
68
. Parmi les
quelques vingt-et-un ouvrages de l’ opera omnia attribués à Boèce, dix-neuf seulement sont
parvenus jusqu’à nous
69
. Son opus ultimum, Consolatio Philosophiae libri V, « écrit » [?], « édité » [?] ou
« dicté » [?] « in carcere » durant les deux dernières années de sa vie (523-525[?]), est un récit
autobiographique rédigé en cinq livres sous forme de dialogue entre l’auteur lui-même et
Philosophia, dans un style désigné prosimetron (i.e. metrum et prosa en altérnance)
70
.
8. Severinus Boethius dans L’hagiographie :
(Martyre • Culte • Vénération)
[Actes | T. 1 | p. 75]
Les circonstances détaillées sur l’arrestation, l’incarcération et la mise à mort de
Boèce sont connues grâce surtout à un récit anonyme datable entre l’an 526 et 550. Il s’agit de la
célèbre chronique historique, découverte et publiée par le philologue français Henri de Valois en
1636 à Paris, connue sous le nom d’Anonymus Valesianus ou bien Excerpta Valesiana II. La lecture
du dit récit, dont je propose un extrait ci-après, suffit pour se rendre compte une fois de plus du
sempiternel antagonisme entre ueritatis amatores et potestatis amatores.
§ 85 : « Post haec cæpit aduersus Romanus rex subinde fremere inuenta occasioneCyprianus qui tunc
referendarius erat postea comes sacrarum et magister actus cupiditate insinuans de Albino patricio eo quod
litteras aduersus regnum eius imperatore Iustino misissetquod factum dum euocatus negaret tunc Boethius
patriciusqui magister officiorum erat in conspectu regis dixit ‘falsa est insinuatio Cypriani sed si Albinus fecit,
et ego et cunctus senatus uno consilio fecimus falsum est domnine rex’ » •
§ 86 : « Tunc Cyprianus haesitans non solum aduersus Albinum sed et aduersus Boethium eius defensorem
deducit falsos testes aduersus Albinum sed rex dolum romanis tendebat et quaerebat quemadmodum eos
interficeret plus credidit falsis testibus quam senatoribus » •
§ 87 : Tunc Albinus et Boethius ducti [sunt] in custodiam ad baptisterium ecclesiae rex uero uocauit Eusebium,
praefectus urbis Ticinum et inaudito Boethio protulit in eum sententiam quem mox in Agro Caluentiano ubi in
custodia habebatur misere fecit occidi qui accepta chorda in fronte diutissime tortus ita ut oculi eius creparent
sic sub tormenta ad ultimum cum fuste occiditur • »
§ 92 : « Sed dum haec aguntur Symmachus caput senatus cuius Boethius filiam [i.e. Rusticiana] habuit
uxorem dedicitur de Roma Ravenna Metuens uero rex ne dolore generi aliquid aduersus regnum eius tractaret
obiecto crimine iussit interfici • »
71
[Actes | T. 1 | p. 76]
Ce récit relate que Boèce, prenant la défense du sénateur Albinus, accusé
faussement par insinuation de crimen maiestatis, fut victime de la cupidité du référendaire (notaire-
en-chef, chancelier) Cyprianus et de la vengeance de l’empereur arien d’Occident Théodoric le
Grand († 526 à Ravenna) vis-à-vis du pouvoir de l’empereur chrétien orthodoxe d’Orient Justin I
(450 emp. 518 527) à Constantinople (ηʅ Κωνσταντινουπολις, εως). De même,
Symmaque, le beau-père de Boèce, ainsi que le pape Jean I
er
, de retour de son ambassade à
Constantinople vers l’an 526, furent tous deux exécutés par ordre de Théodoric
72
.
Boèce fut considéré de bonne heure, semble-t-il, comme saint et martyr par les habitants de
Pavia. Il existe, en effet, à Pavia une via Severino Boezio, laquelle retracerait le trajet funéraire de la
dépouille de Boèce depuis son lieu d’emprisonnement et d’exécution (i.e. l’ancienne Turris
Fraudulenta ou bien Turris Boethii ou encore Torre di Boezio, détruite en 1584 : l’actuel emplacement
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 14 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
de la Piazza Petrarca)
73
,
jusqu’au lieu de son inhumation dans la crypte de l’ancienne cathédrale du
VI
e
siècle : « Boetius autem honorifice tumulatus est papie in cripta ecclesie »
74
; à cet endroit se trouve
actuellement l’église San Gervasio et San Protasio. Par ailleurs, dans la via Severino Boezio, à mi-
chemin entre ces deux lieux, se trouve une plaque commémorative, sur laquelle est inscrit le nom
de Boèce, ainsi que l’année de sa mort : 525. Vers le début du VII
e
siècle, les reliquiæ de Boèce (i.e.
ses ossements) auraient été enlevées de la crypte de l’ancienne cathédrale de Pavia et transférées à
l’église San Pietro in Ciel d’Oro
75
.
[Actes | T. 1 | p. 77]
Les plus anciennes mentions du martyre de Severinus Boethius datent du VI
e
siècle : il s’agit, d’une part, du Liber pontificalis, puis de l’Excerpta Valesiana II
76
. Par ailleurs, dans les
écrits hagiographiques du IX
e
siècle, on trouve une brève mention du martyre de Severinus
Boethius et de son beau-père Symmaque dans la chronique, ainsi que dans la deuxième recension
du martyrologe, de saint Adon
77
. Sur la question du martyre de Severinus Boethius, voir à bon
escient les études de Faustino Gianani • Catherine Morton • Luca Obertello
78
.
Enfin, pour la commodité des lecteurs, voici un tableau synoptique regroupant vingt sources
hagiographiques sur le martyre, le culte ou la vénération de Severinus Boethius entre le VI
e
et le
XX
e
siècle. Ce tableau correspond aux 20 témoignages qui suivent ci-après.
[Actes | T. 1 | p. 78]
9. 20 Témoignages datés
sur le martyre, le culte et la vénération de Severinus Boethius
1. (VI
e
s. : 523 - 526) • Liber Pontificalis, éd. L. Duchesne, Paris, 1886, t. I, p. 275, notice LV : Iohannes
[1
er
] : « …Theodoricus rex hereticus tenuit suos senatores præclaros et ex consules, Symmachum et
Boethium, et occidit interficiens gladio. Eodem tempore reverentes Iohannes venerabilis papa et senatores
cum gloria, dum omnia obtinuissent a Iustino augusto, rex Theodoricus hereticus cum grande dolo et odio
suscepit eos, id est papam Iohannem et senatores, quos etiam gladio volui interficere ; … »
2. (VI
e
s. : 526 - 550) • ANONYMUS dit « VALESIANUS II » et EXCERPTA « VALESIANA II »,
(éd. Henri de VALOIS, seigneur d’Orcé, Editio et annotatio excerpta…, Paris, 1636 ; Th. Mommsen, M.G.H.,
Auctores antiquissimi IX, Chronica minora, Berlin, 1892, p. 333 § 85-87, 92 ; éd. J. Moreau, 1
ère
édition Leipzig,
1961, p. 24-26, §85-92 ; 2
e
éd. révisée par V. Velkov, Leipzig, 1968, p. 25, §87) : « Tunc Albinus et
Boethius ducti in custodiam ad baptisterium ecclesiae. Rex [i.e. Theodoricus] vero vocavit Eusebium,
praefectum urbis, Ticinum et inaudito Boethio protulit in eum sententiam. Quem mox in agro
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 15 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
Calventiano, ubi in custodia habebatur, misere fecit occidi. Qui accepta chorda in fronte diutissime tortus,
ita ut oculi eius creparent, sic sub tormenta ad ultimum cum fuste occiditur ».
3. (VI
e
s. : 573 - 594) • MARIUS, Episcopus Aventicensis (Marius, évêque d’Avenches : vers
530 à Marsannay-la-Côte, 21160 en Côte d’Or, évêque d’Avenches, Kanton Waadt [canton de
Vaud] : Suisse Romande, vers 573-574, mort le 31 décembre 593 ou 594), Chronicon, (éd. Th.
Mommsen, M.G.H., Auctores
[Actes | T. 1 | p. 79]
antiquissimi XI, Chronica minora s. IV VII, t. II,
Berlin, 1894, p. 234, 235) : p. 234 : « A[nno] 522 Symmacho et Boetio. », p. 235 : « A[nno] 524.
Eo anno interfectus est Boetius patricius in territorio Mediolanense. », « A[nno] 526. His conss.
occisus est Symmachus patricius Ravennae. » ; cf. Justin Favrod, La Chronique de Marius d’Avenches,
1991 ; C. Santschi, « La Chronique de l’évêque Marius d’Avenches », dans RHV, 1968, 17-34 ;
voir aussi à bon escient http://www.bautz.de/bbkl/m/marius_b_v_a.shtml.
4. (IX
e
s. : 839 - 846 ?) • AGNELLUS (Andreas) (né vers 805, évêque de Ravenne entre 839 et
846), (éd. O. Holder-Egger, M.G.H., Scriptores rerum langobardicarum et italicarum saeculi VI-IX,
Hannover, 1878, p. 304, lignes 6, 7), « anno 522 : Simmachus et Boetius patricii Theodorico
iubente carne propinqui civesque romani cum securibus capitibus amputati sunt ».
5. (IX
e
s.) • ADO sanctus, Archiepiscopus Viennensis in Gallia (s. Adon, archevêque de Vienne
en Gaule, né vers 800 - mort le 16 décembre 875), Chronicon in aetates sex divisum, (éd. Migne, P.L.,
t. 123, col. 107, Aetas sexta, [anno] 519 : « Quo tempore Symmachum atque Boethium
consulares viros pro catholicca pietate idem Theodoricus occidit. quique anno sequente subita
morte periit ».
6. (IX
e
s. : 865) • ADO sanctus, Archiepiscopus Viennensis in Gallia (s. Adon, archevêque de
Vienne en Gaule, vers 800 - mort le 16 décembre 875), Martyrologe, (éd. J. Dubois et G.
Renaud, Paris CNRS, 1984, p. XII-XXVI, p. 172), l’éloge du pape Jean I
er
, le 28 mai, voir 2
e
recension, où sont mentionnés le martyre de Boèce ainsi que celui de son beau-père Symmaque :
« Quo tempore Theodoricus rex duos senatores prae-
[Actes | T. 1 | p. 80]
claros exconsules
Symmachum et Boethium occidit ; qui nonagesimo octavo die postquam papa Iohannes
defunctus est, subito interiit et mortus est ».
7. (X
e
s.) • Éloge attribué à Gerbert d’Aurillac († 1003), cf. Trier, Stadtbibliothek, 1093, XI
e
s., f.
117v° ; éd. K. Strecker, dans M. G. H., Poetae latini, t. V, Leipzig, 1937, p. 474-475 ; P. Bourgain,
« L’hommage de Gerbert à Boèce », dans Autour de Gerbert d’Aurillac. Le pape de l’an mil, éd. O.
Guyotjeannin et E. Poulle, Paris (École des Chartes), 1996, p. 297-229 : « Roma potens dum jura
suo declarat in orbe, tu, pater et patriae lumen, Severine Boeti, consulis officio rerum disponis
habenas, infundis lucem studiis, et cædere nescis Grecorum ingeniis. Sed mens divina coercet
imperium mundi gladio bachante Gothorum, libertas romana perit ; tu consul et exul insignes
titulos praeclara morte relinquis. Nam [nunc] decus imperii, summas qui prægravat artes, tertius
Otto sua dignum te iudicat aula, aeternumque tui statuit monimenta laboris, et bene promeritum
meritis exornat honestis. ».
8. (XI
e
s.) • HERMANNUS CONTRACTUS Augiensis Monachus (Hermann Contract moine
de la Reichenau, mort vers 1054), Chronicon s. I – s. XI, cf. Hermanni Contracti Chronicon s. VI, (éd.
J.-P. Migne, P.L., t. 143, col. 110), [anno] 524 : « Theodoricus rex Gothorum et tyrannus
Romanorum inter alia 64 [sic] mala Boetium patricium et philosophum diu carceratum
occidit… ».
9. (XII
e
s.) • OTTO Episcopus Frisingensis (Otto évêque de Freising, Otto von Österreich, né entre 1111
et 1114, séjour à Paris en 1122, cistercien à Morimond en 1126, abbé de Morimond en 1136, évêque de
Freising en 1138, devient croisé et écrit sa Chronique en 1147, mort le 22 septembre 1158 à
Morimond, Chronicon Libri VIII, cf.
[Actes | T. 1 | p. 81]
Liber V, §1, §2, (éd. R. Williams, M.G.H.,
Scriptores rerum germanicarum, t. XX, Hannover, 1868, p. 214 : 38 à p. 215, §2),[anno] 524 : «
[Theodoricus] Cernens hoc clarissimus vir, consularis ordinis Anicius Manlius Boetius, ac rationis
intuitu animadvertens, dum tyrannidi eius obviare molitur, ab eo in exilium trusus, Papiae in
carcere ponitur, ubi de contemptu mundi philosophicum utile valde scripsit opus Simmachum
vero patricium ac Boetium senatorem nobilissimum, cuius supra mentionem feci, crudeliter ante
necaverat ».
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 16 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
10. (XII
e
s.) • THEODORICUS Monachus (Thierry, moine, vers 1191, Chronicon Epternacense
Libri II, (éd. L. Weiland, M.G.H., Scriptores rerum germanicarum, t. XXIII, Hannover, 1874, Liber I,
p. 41 §6 : 30), [anno] 524 : «… inter quos et Boetium virum clarissimum, insimulatum quod
contra eum imperatori scripsisset, Veronae dampnatum et accusatum, duobus filliis eius in
consulatu relictis, Papiae in turre quae dicitur Fraudulenta reclusit, ubi et librum de consolatione
phylosophiae dictavit. Symmachum etiam patricium Ravennae [Theodoricus] occidit… »
11. (1330) • OPICINO de CANISTRIS, l’Anonimo Ticinese, éd. Faustino Gianani, l’ « Anonimo
Ticinese » e la sua descrizione di Pavia (Biblioteca apostolica Vaticana, codex Palatinus latinus 1993),
Pavia, 1926, 2
e
éd. 1976, p. 193 : « …a loco decollationis usque ad prefatam ecclesiam [Sancti
Petri] caput suum [Boethii] inter ulnas portavit. »
12. (XIV
e
s.) • PETRUS CALO de Clugiensis O.P. (cf. B.H.L. : 9039) (alias : Pierre Calo, Pierre
de Chioggia, Petrus de Clugia, Petrus Scalo de Clausia, Petrus Calo de Culgia[sic], mort vers
1348), Légendier, (cf. notice
[Actes | T. 1 | p. 82]
761), (éd. P. Poncelet, « Le légendier de Pierre
Calo », dans Analecta Bollandiana, t. 29, 1910, notice 761, p. 100) : « De Severino Romano (id est
Boetio). Inc. Fuit alius Severinus Romanus, qui fecit librum de consolatione Philosophiae – Des.
Ut ipsemet dicit Boecius. »
13.
(XVI
e
s.) • MAUROLYCUS (Franciscus) (Francesco Maurolico), Martyrologium reverentis domini
Francisci Maurolyci abbatis Messanensis : Venetiis, in officina Lucae Antonii Iuntae, M°D°LX°VIII°
(1568), cf. 28 mai (l’éloge du pape Jean Ier) et 23 octobre (l’éloge consacré à Boèce : « Papiae
Severini Boetii philosophi, ac theologi celeberrimi, a Theodorico tyranno proscripti, ac deinde in
vinculis interfecti ; cum prius Symmachum socerum similiter peremptum, amisisset. . »).
14. (XVI
e
s.) • COENS (Maurice), « Un manuscrit perdu de Rouge-Cloître, décrit d’après les
notes d’Héribert Rosweyde [1569-1629] et d’Aubert le Mire [1573-1640] », dans Analecta
Bollandiana, t. 78, 1960, p. 53-83, cf. p. 71-72, et p. 72 : note 3. Cet article reproduit in extenso
l’éloge prolixe sur la passio et le martyre de Boèce, tel qu’il se trouvait dans le manuscrit perdu de
Rouge-Cloître ex manuscripto Rubeae Vallis » [sic]) ; cf. Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, manuscrit sur papier 8919 (XVII
e
s., dimensions : 326 mm x 210 mm), f. 88r° : (X°
kalendas novembris, i.e. 23 octobre) « Passio sancti Severini Boetii philosophi christianissimi.
Inccipit Boetius philosophus ». « Martyrium sancti Severini Boetii. Boetius philosophus, Anicius,
Mallius, Torquatus, patricius, Severinus ex consularis, ordinarius Romanorum, vir clarissumus,
illustris et conspicuus, conferendus uel praeferendus philosophis et saecularibus et ecclesiasticis ;
in utraque lingua, tam graeca quam latina, eruditissumus ; super omnes liberalium artium
[Actes |
T. 1 | p. 83]
libros, quos paene omnes de graeco in latinum transtulit, scripsit. Hic gloriosus
philosophus et martyr circa annum Domini quingentesimum duodecimum, tempore Iustini
senioris et Clodovei regis Francorum cum Symmacho patricio, cuius gener erat, Romae
rempublicam illustravit et auctoritatem Romani senatus contra Theodoricum, regem Gottorum,
iussu imperatoris Iustini suprascripti Italiam tunc regentem ac arriana haeresi depravatum,
iustitiae amore egregie defensavit quia, quando praefatus Thedoricus, rex Gottorum, Ramanorum
rempublicam armis invasit, Boetius plus omnibus ei restitit. Ac postmodum apud eum falso
accusatus quod sollicite laboraret ut senatum et rempublicam ex eius manibus eriperet, cum
pluribus aliis proscriptus atque in exilium missus, deinde Papiae in carcerem coniectus est. Ibique
in carcere positus, quasi de gravi gloriae ac rerum mutatione doloret, ut consolatorias
meditationes tanto dolori non tam sibi quam aliis quaereret, librum edidit De consolatione
pholosophiae, ostendens gloriam et dignitatem ceteraque terrena non vere bona sed nihil esse et iam
nulli appetenda, nec de eorum amissione dolendum uel adeptione gaudendum. Tandem vero
longo exilio fatigatus, ab ipso Theodorico in carcere propter iustitiam et fidem christi perimitur,
anno domini quingentesimo vicesimo primo. Unde quidam : Est quingentesimo vicesimo si quoque
primo || Mortuus exilio cruciante Boetius anno. Cuius sancti martyrii festum in die conceptionis
virginis Mariae ab ecclesia solemniter sub nomine Severini agitur. Theodoricus vero rex non
multum post a quodam sancto heremita subito visus est a beato Ioanne papa et Symmacho
patricio quos etiam occiderat, nudus et discalceatus, post mortem eius subitaneam in ollam
vulcani demergi, ut ait Gregorius papa in suo Dialogo [IV, c 3]. Haec Ysebrandus. »
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 17 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
[Actes | T. 1 | p. 84]
Nota bene :
Cet éloge très détaillé sur le martyre de Severinus Boethius est tiré d’une copie sur papier du
manuscrit perdu de Rouge Cloître ex manuscripto Rubeae Vallis » [sic]), copie qui fut réalisée au
XVII
e
siècle par les bollandistes ; cf. J. van den Ghyen, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque
royale de Belgique, t. V, Histoire – Hagiographie, Bruxelles, 1905, p. 501.
15. (XVII
e
s.) • FERRARI (i.e. F. Filippo Ferrari Alessandrino), Catalogus Sanctorum Italiae in
menses duodecim distributus. Mediolani, apud Hieronymum Bordonium, M.D.C.XIII. (1613) ; cf.
Index sanctorum : « Severinus Boetius martyr Ticini. 23 octobris, corpus in ecclesia s. Petri Coeli
Aurei ». Cf. p. 663, notice et éloge : « De s. Severino Boetio martyre Ticini »… « ex Baronio in
annalibus passus est 10 kal. Nov. anno sal. 526. » Annotatio : « Conditus est in aede s. Petri in
Coelo Aureo apud corpus s. Augustini, ubi corpus asservatur cum epitaphio marmore insculpo.
Cuius natalis hac die ab Ecclesia Ticinense. Celebratur ».
16
. (XVII
e
s.) • FERRARI (i.e. F. Filippo Ferrari Alessandrino), Catalogus Generalis Sanctorum, qui
in martyrologio romano non sunt…, Venetiis, apud Io. Guerilium. M°DC°XXV° (1625) ; cf.
Index sanctorum : « Severinus Boetius martyr Papiae 23 octobris ». Cf. p. 415, Octobris 23,
« Aptae in Gallia s. Theodoriti martyris. Ticini s. Severini Boetii martiris sub Theodorico
Gothorum rege… » ; « Baronius in annalibus ad annum 526 vbi Symmacho eius socero ad
eius tumulum hoc tetrastichon legitur • ‘mœnia• et latina lingua clarissimus ; et qui consul eram• hic per
hiems missus in exilium• ecquid mire rapuit ? Probatas me vexit ad auras• et nunc fama viget ‘maxima’ vivit
opus’ ? ».
[Actes | T. 1 | p. 85]
17. (XVII
e
s.) • ACTA SANCTORUM Maii, t. VI, éd. Daniel van Papenbroeck, Antverpiae,
1688, die XXVII maii [VI° kalendas iunias], p. 702-710, cf. p. 704, caput II : « Symmachi et
Boëtii hoc tempus vexatorum laus huius etiam capitivitas et scripta in carcere », col. 2 (§12), p.
706, caput III : « SS. Severini Boetii et Joannis[I] papae mors atque cultus », col. 2, p. 707, caput
III, col. 2 (§ 24), p. 707c, caput III, col. 2 : épitaphe en vers de Boèce.
18. (XIX
e
s.) • ACTA SANCTORUM Octobris, t. X, éd. J. van Hecke, B. Boussue, V. de Buck,
E. Carpentier, Bruxelles, 1861, p. 3, col. 1 B et C) : s. Boethius seu Severinus (die XXIII
octobris).
19. (XIX
e
s.) • PEIPER (Rudolf), éd. Anicii Manlii Severini Boetii Philosophiae Consolationis libri
quinque (p. 1-146, accedunt eiusdem atque incertorum Opuscula sacra (p. 149-163), Leipzig, 1871, p.
XXXV : « Boetius autem honorifice tumulatus est papie in cripta ecclesie• et uocatur sanctus
severinus• a prouintiablibus• quod ei prenomen fuit• ». Cette citation, rapportée ici par Peiper,
est tirée d’une vita conservée dans une glose marginale du manuscrit Rhedigerianus (Pologne,
Wrocław [Breslau], Bibliotheca Rhedigeriana zu St.-Elizabeth, i.e. Biblioteka Uniwersytecka we
Wrocławiu) S I, 4, 3 (XIII
e
s.), f. 32v°.
20. (XX
e
s.) • BIBLIOTHECA HAGIOGRAPHICA LATINA antiquae et mediae aetatis, novum
supplementum, (Série Subsidia Hagiographica, 70), éd. Heinrich Fros, Bruxelles, 1986, cf. p.
781-782 Severinus Boethius, mort en 524 – oct. 23 :
a
. (7646 m) Tempore Theodorici regis insignis auctor Boethius claruit… vel apud
Theodoricum insignis autem Boethius inclaruit… nec Virgilio in metro inferior fu(er)it (alibi
floriut ; alibi fuit) ;
[Actes | T. 1 | p. 86]
Bibliographie : cf. R. Peiper (supra, n° 19), p. XXX – XXXI ; M. Esposito, dans
Hermathena, 38 (1912), p. 111-112 ;
b. (7646 n,p) Iste Boethius consul fuit (alibi fuit consul) romanorum (sub) Theodorico duce…
gladiis interemptus est.. vel in Bobium (…) civitatem non longe a Ravenna ;
Bibliographie : cf. R. Peiper (supra, n° 19), p. XXXI – XXXII ;
c. (7646 q) Boethius iste de familia fuit Manlii Torquati (alibi Torquati Manlii)… conqueritur
de instabilitate et mutabilitate fortunae ;
Bibliographie : cf. R. Peiper (supra, n° 19), p. XXXI –XXXIII ; M. Esposito, dans Hermathena, 38
(1912), p. 110-111 ;
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 18 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
f. (7646 s) Boetius philosophus Anicius Mallius, Torquatus, patricius Severinus, ex
consularis… Cuius sancti martyrii festum in die conceptionis virginis Mariae… sub nomine
Severini agitur. Theodoricus uero… Haec Ysebrandus… ;
Bibliographie : cf. Bruxelles, Bibl. royale, manuscrit 8919, f. 88r°, (supra, n° 14) ; M. Coens, (supra,
n° 14), p. 71-72 ;
g. (7646 t) Boecius civis Romanus nobilis christianissimus, cuius Theodoricus rex gothorum
rem publicam premeret… causas doloris exaggerans ex collatione preteriti status et presentis.
Bibliographie : cf. A. Vernet, dans Scriptorium, 1 (1947), p. 251.
Nota bene :
Bien que la vénération de Boèce fût attestée de bonne heure en Italie du Nord à Pavia (Ticinum,
plus tard Papia), le culte local de celui-ci n’a été autorisé officiel-
[Actes | T. 1 | p. 87]
lement qu’à
partir du 15 décembre 1883 par la Sacrée Congrégation des Rites, puis confirmé par le successeur
du pape du Concile Vatican I (1869-1870) Pie IX (alias G. M. Mastai-Ferretti, né en 1792, pape :
1846-1878), à savoir Léon XIII (alias Vincenzo Gioacchino Pecci, en 1810, élu pape le 20
février 1878, consacré le 3 mars 1878, mort le 20 juillet 1903) ; cf. infra, 15, M. Coens, dans
Analecta Bollandiana, t. 78, 1960, p. 72, note 3. Enfin, il faut repréciser que Severinus Boethius est
commémoré aussi en l’église Santa Maria in Portico à Rome (dont la construction date de 1632), cf.
Dix mille saints. Dictionnaire hagiographique, rédigé par les Bénédictins de Ramsgate, Turnhout, 1991,
p. 95.
Afin de conférer à ce relevé une plus grande précision, il faut signaler également les
sources hagiographiques dans lesquelles on ne trouve aucun éloge et aucune mention sur le
martyre et le culte de Severinus Boethius, ni sexto ou quinto kalendas Iunias (i.e. le 27 ou le 28 mai :
la fête du pape Jean I), ni decimo kalendas novembres (i.e. 23 octobre : la fête de Severinus Boethius),
notamment : le martyrologe de Bède, l’Anonyme de Lyon, le martyrologe de Florus, VIII
e
-IX
e
siècle (cf. Bibliographie III : Hagiographie de Boèce, n° : 8) • le martyrologe d’Usuard, écrit entre
858 et 863[?] (cf. Bibliographie III: Hagiographie de Boèce, n° : 43) le martyrologe en vers de
Wandelbertus de Prüm, écrit vers 848 (cf. Bibliographie III: Hagiographie de Boèce, n° : 45) • le
Martyrologium romanum, paru en 1584 durant le pontificat du pape Grégoire XIII (cf. Bibliographie
III: Hagiographie de Boèce, n° : 31) • enfin, le Lignum Vitae de Dom Arnold Wion, paru à Venise
en 1595 (cf. Bibliographie III: Hagiographie de Boèce, n° : 46).
[Actes | T. 1 | p. 88]
10.
A
NALYSE
La lecture attentive des témoignages les plus anciens donne lieu à plusieurs observations,
notamment : 1) sur la date (i.e.l’année) de l’incarcération de Boèce • 2) sur le lieu de son
incarcération 3) sur la question si oui ou non son opus ultimum, c’est-à-dire son traité Consolatio
Philosophiæ, a été « écrit » de sa propre main ou bien « dicté » par lui • 4) sur la manière dont il fut
exécuté • 5) sur la date (i.e. l’année) de sa mort 6) sur son lieu de sépulture enfin, 7) sur la
date (i.e. le quantième du mois) à laquelle est attribuée la fête de Severinus Boethius dans les
martyrologes.
1) D’après le témoignage du Liber pontificalis (n° 1), de l’Excerpta Valesiana II (n° 2), de Marius,
évêque d’Avenches (n° 3), d’Agnellus (n° 4), d’Hermannus Contractus (n° 8), l’année de son
incarcération se situe entre 522 et 524. Le manuscrit de Rouge-Cloître (n° 14), en revanche,
rapporte que Boèce fut incarcéré dès 521 : « Tandem vero longo exilio fatigatus, ab ipso Theodorico in
carcere propter iustitiam et fidem christi perimitur [faire mourir], anno Domini quingentesimo vicesimo
primo… », puis la Chronique de saint Adon (n° 5) propose l’année 519 ; ces deux dates (519 et
521) sont, me semble-t-il, à exclure.
2) Quant au lieu de son incarcération, tous les témoignages ci-après, sauf un, sont unanimes pour
Ticinum ou Papia (i.e. Pavia), à savoir : l’Anonymus Valesianus II (n° 2 : « Ticinum… Quem mox in
agro Calventiano, ubi in custodia habebatur, misere fecit occidi… ») suivi d’une série de témoignages
tardifs, notamment : Otto, évêque de Freising (n° 9 : « Papiae in carcere ponitur… ») • Thierry,
moine d’Echternach (n° 10 : « Papiae, in turre quae Fraudulenta reclusit… ») • Matyrologium de F.
Maurolycus (n° 13 : « Papiae… ») Catalogus Sanctorum Italiae de F. F. Ferrari (n°s 15 : « De sancto
Severino Boetio martyre Tici-
[Actes | T. 1 | p. 89]
ni… Conditus est in aede sancti Petri in Caelo Aureo apud
corpus sancti Augustini… ») Catalogus generalis Sanctorum de F. F. Ferrari (n° 16 : « Severinus Boetius
martyr Papiae 23 octobris… Ticini sancti Severini Boetii martiris sub Theodorico Gothorum rege »). En
revanche, le témoignage de Marius, évêque d’Avenches (voir n° 3 : « anno 524. Eo anno interfectus
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 19 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
est Boetius patricius in territorio Mediolanense. »), moins précis et divergent par rappport aux plus
anciens témoignages, est, me semble-t-il, à exclure.
3) Pour ce qui concerne la question si oui ou non Boèce, in carcere, écrivit ou dicta son dernier
traité, on relève quatre témoignages tardifs divergents, à savoir celui d’Otto, évêque de Freising
(n° 9 : « ubi de contemptu mundi philosophicum utile valde scripsit opus… ») • celui de Thierry, moine
d’Echternach (n° 10 : « ubi et librum de consolatione phylosophiae dictavit… ») celui du manuscrit de
Rouge-Cloître, moins précis (n° 14 : « Ibique in carcere positus… librum edidit de consolatione
philosophiae… »), enfin, celui de Pierre Calo, plus vague encore, (n° 12 : « Fuit alius Severinus
Romanus, qui fecit librum de consolatione philosophiae… »). Pour ma part, en raison de la trop grande
divergence dans les témoignages tardifs, qui relèvent plutôt de la légende, la question, pour
l’heure, ne peut être tranchée.
4) Sur la manière dont Boèce fut mis à mort, on remarque également des divergences dans les
témoignages, d’abord celui du Liber Pontificalis (n° 1 : « …Theodoricus rex hereticus tenuit suos senatores
præclaros et ex consules, Symmachum et Boethium, et occidit interficiens gladio [i.e. par le glaive]. »), puis celui
de l’Anonymus Valesianus II (n° 2 : « Qui accepta chorda in fronte diutissime tortus, ita ut oculi eius creparent,
sic sub tormenta ad ultimum cum fuste [i.e. par gourdin] occiditur »), ensuite celui
[Actes | T. 1 | p. 90]
d’Agnellus (n° 4 : « … Simmachus et Boetius patricii Theodorico iubente carne propinqui civesque romani cum
securibus [i.e. aux haches] capitibus amputati sunt », enfin, celui du Martyrologium de F. Maurolycus
(n° 13 : « Papiae Severini Boetii philosophi, ac theologi celeberrimi, a Theodorico tyranno proscripti, ac deinde in
vinculis [enchaîné] interfecti… »). Là encore la trop grande divergence entre l’ensemble des
témoignages, interdit toute certitude quant à la manière dont fut mis à mort Boèce.
5) Pour ce qui est de l’année de sa mort, le témoignage du Liber Pontificalis : anno 523-526, semble
être le seul à prendre en considération.
6) À propos de son lieu de sépulture, on relève trois témoignages intéressants, en l’occurrence :
celui de R. Peiper (n° 19 : « Boetius autem honorifice tumulatus est papie in cripta ecclesie. »), provenant
d’une Vita Boethii conservée dans des gloses du XIII
e
siècle du manuscrit Pologne, Wrocław
[Breslau], Bibliotheca Rhedigeriana zu St.-Elizabeth (Biblioteka Uniwersytecka we Wrocławiu), S
I, 4, 3, f. 32v°, ensuite, celui de l’Anonimo Ticinese, (n° 11 : « …a loco decollationis usque ad prefatam
ecclesiam [Sancti Petri] caput suum [Boethii] inter ulnas portavit [« céphalophore »]. »)
79
, puis, enfin,
celui du Catalogus sanctorum italiae (n° 15 : « …corpus in ecclesia s. Petri Coeli Aurei… » ; « Conditus est
in aede s. Petri in Coelo Aureo apud corpus s. Augustini, ubi corpus asservatur cum epitaphio marmore
insculpo. »). Il faut préciser que le lieu exact de la sépulture de Boèce, immédiatement apès sa mort
au VI
e
siècle, est incertain. L’expression « papie cripta ecclesie » ne permet pas d’identifier le lieu de
manière sûre. Toutefois, d’après G. Bosisio
80
et Mgr. F. Gianani
81
, il ne serait pas impossible que
Boèce ait été inhumé d’abord dans la crypte de l’ancienne cathédrale de Pavia, puis, à une date
ulté-
[Actes | T. 1 | p. 91]
rieure incertaine, peut-être au début du VIIe siècle, ses reliquiæ auraient été
transférées soit « in ecclesia s. Petri Coeli Aurei » (i.e. dans l’église de San Petri in Ciel d’Oro), soit « in
aede s. Petri in Coelo Aureo » (au monastère de San Petri in Ciel d’Oro). La question pour l’heure reste
ouverte.
7) Enfin, à la lumière de certains témoignages tardifs, notamment : celui attribué à Gerbert
d’Aurillac (n° 7), celui d’Otto de Freising (n° 9), de Thierry, moine d’Echternach (n° 10), de
l’Anonimo Ticinese (n° 11), celui du Martyrologium de F. Maurolycus (n° 13), du manuscrit de Rouge-
Cloître (n° 14), du Catalogus Sanctorum Italiae de F. F. Ferrari (n° 15), et enfin,
celui du Catalogus generalis Sanctorum de F. F. Ferrari (n° 16) on peut en déduire, malgré leurs dates
tardives, que la vénération et le culte local de Severinus Boethius, en tant que saint et martyr,
étaient relativement développés à Pavia, et ce, semble-t-il, dès le X
e
siècle.
La lecture du dossier hagiographique sur Severinus Boethius, dont les témoignages tardifs
doivent être traités avec précaution, révèle ainsi la place de choix qu’occupait ce grand européen
dans la mémoire collective médio-latine, place dont il fut digne de par la mise en valeur, dans sa
brève existence, des quattuor virtutes animæ, en l’occurrence : prudentiaiustitiafortitudotemperantia
c’est-à-dire les summa bona diuina humanaque (cf. Paris, BnF, grec 1807, ca. 865, f. 157v°, texte et
gloses : Πλάτωνος Νόμοι ἢ Νομοθεσίαι
Μ
Μ Μ
ΜɸɸɸɸΓ
ΓΓ
Γɸɸɸɸɸɸɸɸ
ʹ
ʹʹ
ʹ : [Plátonos Nomoi i Nomothesiai 43 : Les
Lois ou Législations] 631-C; Ciceronis Partitiones oratoriae 76-79, Boethii Consolatio Philosophiae
III,2,10,12 ; Macrobii Commentarium in somnium Scipionis I,8, 8).
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 20 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
[Actes | T. 1 | p. 92]
11. La nouvelle branche carolingienne de la tradition du savoir
Charlemagne
82
, homme de pouvoir et homme de culture avisés
83
, avait compris de bonne heure,
dès le dernier quart du VIII
e
siècle, tout l’intérêt à renouer avec la tradition du savoir scientifique,
philosophique et philologique gréco-latine et chrétienne. En effet, entre le moment où il fut
couronné roi en 768 et son sacre comme empereur le 25 décembre l’an 800 à Rome, il a su
s’entourer d’hommes instruits
84
dans la tradition platonicienne des 7 arts libéraux, dont le chef de
file, à partir de l’an 782, fut incontestablement Alcuin d’York (730 – 804) « uir undecumque
doctissimus »
85
. En effet, lorsque Charlemagne promulgua à Aix-la-Chapelle son célèbre capitulaire
« Admonitio generalis », daté die Lunae decimo kalendas apriles, anno incarnationis septingentesimo octogesimo
nono (i.e. le lundi 23 mars l’an de grâce 789), préconisant pour chaque école monastique et
épiscopale per singula monasteria vel episcopia… »), un programme scolaire religieux et séculier de
base, il instituait officiellement sa politique de culturelle générale
86
. Le volet profane de ce
programme scolaire est indiqué ici par le terme « grammaticam »
87
, lequel, dans ce contexte,
sous- entend aussi, me semble-t-il, la partie de l’« εγκυκλιος παιδεια » qui est basée sur le
raisonnement arithmétique. Par ailleurs, il faut signaler un autre diplôme émanant de
Charlemagne, i.e. Epistola generalis, datable entre 786 et 800, dans laquelle il préconise
explicitement d’apprendre à fond les artes liberales
88
. Dans la réforme éducative entreprise par
Charlemagne dès 789, dont le mot d’ordre fut « correctio », l’enseignement scientifique et
philosophique présupposent l’existence d’un fonds de manuscrits bien déterminé constituant une
banque de savoir de base, c’est-à-dire une bibliothèque où auraient figuré déjà l’œuvre
[Actes | T. 1 | p.
93]
de Boèce
89
. Il est vrai que Boèce ne fut pas l’unique source intermédiaire de la tradition du savoir
scientifique entre l’Antiquité et le IX
e
siècle
90
, toutefois, vu la qualité de son esprit, l’envergure de
sa culture, puis sa compréhension aiguë de cette tradition du savoir scientifique et philosophique
platonicienne, il n’est pas étonnant qu’il ait figuré « inter omnes priscæ auctoritatis viros »
91
de cette
période. Boèce sera en effet jusqu’au milieu du IX
e
siècle la seule source pour l’enseignement
complet des deux premières artes des quattuor matheseos disciplinæ, en l’occurrence l’ars arithmetica et
l’ars musica.
NOTES :
(
*
)
[Cette note ne figure pas dans le Préliminaire VI des Actes | T. 1]
L’œuvre scientifique-philosophique de Boèce,
tributaire de l’œuvre de Nikómachos o Gerasinós, constitue la synthèse bien intégrée de trois « écoles »
complémentaires, notamment : celles de Pythagóras, de Pláton, d’Aristotélis. L’apport de l’école pythagoricienne fut
la philosophie des ἀριθμοί (les nombres) et des
συμϕονίαι (les consonances musicales), celui de Pláton la
théorie sur les propriétés numériques d’ψυχή, (l’âme) puis celui d’Aristotélis : pour son enseignement sur α
δέκα κατηγορίαι decem categoriae » | « decem praedicamenta » | les 10 catégories), enseignement emprunté, bien
sûr, aux pythagoriciens pré-socratiques : « et architas phitagoricus[sic] ante aristotilem• licet quibusdam sit ambiguum• decem
haec praedicamenta constituit » (Boethii De arithmetica II, 41 : Paris, B.n.F. latin 14064, f. 64 : 16-19, voir aussi les
glosses en marge inférieure). Cette synthèse, si parfaitement réussie chez Boèce, fut à la base de l’enseignement
scientifique-philosophique du monde pré-carolingien et carolingien. Boèce fut à la fois le récipient de la tradition du
savoir platonicienne vieille de mille ans, et le servoir qui alimenta la nouvelle branche de savoir platonicienne
pendant mille ans. L’œuvre scientifique de Boèce a fourni en effet une partie substantielle au programme scolaire de
base de la « correctio » carolingienne, programme qui fut conçu et dirigé par Alcuin, « vir undecumque doctissimus », chez
qui est attestée l’une des premières mentions de Boèce depuis Isidore (Etym. III, 2), cf. infra, n. 86, n. 90 ; cf. P.
Courcelle, Les lettres grecques…, Paris, 1943, p. 258-260 ; P. Riché, Éducation et culture…, Paris, 1962, p. 59-67 ; I. Hadot,
Arts libéraux et philosophie…, Paris, 1984, p. 248-250 ; J.-Y. Guillaumin, Boèce Institution Arithmétique, Paris, 1995, p.
LVI-LX.
1
Les thèmes traités dans l’œuvre scientifique de Boèce correspondent aux préoccupations des premières générations
de pythagoriciens (Pythagóras, Híppasos, Philólaos, Archýtas, Eúdoxos, Eukleídis, etc.), aux recherches de Pláton et
d’Aristotélis, ainsi qu’à celles des moyens-platoniciens (cf. infra, n. 9), savoir : la philosophie des nombres (unitas
dualitasmedietas proportionalitas • etc.), la philosophie des sons musicaux (la formation des intervalles : consonantiae
dissonantiae emmeleis), enfin, l’unité conceptuelle, i.e. la parfaite complémentarité entre les quatre disciplines basées sur le
raisonnement (i.e. ars arithmetica ars musica ars geometria ars astronomia) et la philosophie pure ; cf. Vitruvius, De
architectura, I, 1, 12 ; Cicero, Pro Archia Poeta, II, 2 ; I. Hadot, p. 68-69, 265.
2
Cf. Boethii Consolatio Philosophiæ, I, Prosa, 1, 4, Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 6639 (IX
e
siècle),
feuillet 3-verso : lignes 16 et 17 « harum in extremo margine • Π
ΠΠ
Π • grecum• in supremo uero • Θ
ΘΘ
Θ legebatur in
textum ; éd. R. Peiper, p. 4 ; Cassiodori Institutiones, II, III, 4, éd. R. Mynors, p. 110.
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 21 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
[Actes | T. 1 | p. 94]
3
En 507, Théodoric transmit à Boèce une commande de clepsydres (gr. ηʅ κλεψυδρα, ας
lat. clepsydra = horloge à eau pour orateurs) de la part du roi des Burgondes Gondebaud († 516), puis du roi Clovis
(† 511) la requête de trouver un joueur de lyre expérimenté ; cf. Cassiodorus, Variae, I, 45 et II, 40 ; P. Courcelle, p.
259-260 ; J. R. Martindale, Prosopography, t. II, p. 233.
4
Cf. Boethii De institutione arithmetica libri duo, I, 1 « Constat igitur quisquis haec praetermiserit • omnem
philosophiae perdidisse doctrinam ; Hoc igitur illud quadruvium est quo his uiandum sit quibus excellentior
animus a nobis. cum procreatis sensibus ad intelligentiae certiora perducit. » ; cf. éd. G.F., p. 9 : 26 ; J.-Y.G., p.
8 : 14, 15 ; Paris, B.n.F. latin 14064, f. 3 : 26 à 3v° : 4.
5
Cf. A. Boeckh, Philolaos des Pythagoreers Lehren, Berlin, 1819 ; H. Diels et W. Kranz, Die Fragmente der
Vorsokratiker, Berlin, 1964 ; András Kárpáti, The Pythagorean Tradition and the Beginnings of Greek Music
Theory, Ph.D. Dissertation, Budapest, 1989 ; Idem, « The musical Fragments of Philolaus and the Pythagorean
Tradition », dans Acta antiqua Acakemiae Scientiarum Hungaricae, 34, 1993, p. 55–67 ; « Greek Music Theory
in the IV Century B.C. », dans International Journal of Musicology 3, 1994, p. 57-88.
6
Cf. Thomas-Henri Martin, Études sur le Timée de Platon, (Texte grec, traduction française, notes
complémentaires en appendice), Paris, 1841, 2 vol., 1981(Vrin - reprise), 2 vol. en un, t. 1, p. 95-98 (§34 – 36),
p. 383- 401 (Note XXIII : Division arithmétique de l’âme – Musique ancienne – Harmonie du monde) ;
Πλατων,
ηʅ
Πολιτεια
, (Pláton, La République), §522c-526c : Arithmétique, §526d-527c : Geométrie, §527d-
528a : Astronomie, §528b-529a : Stéréometrie, §530c-531c : Harmonie (i.e.la théorie de la Musique).
7
Cf. Thomas-Henri Martin, Études sur le Timée de Platon, (Texte grec, traduction française, notes
complémentaires en appendice), Paris, 1841, 2 vol., 1981(Vrin - reprise), 2 vol. en un, t. 1, p. 95-98 (§34 – 36),
p. 383- 401 (Note XXIII : Division arithmétique de l’âme – Musique ancienne – Harmonie du monde) ;
Πλατων,
ηʅ
Πολιτεια
, (Pláton, La République), §522c-526c : Arithmétique, §526d-527c : Geométrie, §527d-
528a : Astronomie, §528b-529a : Stéréometrie, §530c-531c : Harmonie (i.e. la théorie de la Musique).
8
Cf. Vitruvius (Marcus Vitruvius Pollio) (Vitruve, avant l’an 31 a.J.), De architectura, I, 1, 12 : « encyclios enim
disciplina uti corpus unum ex his menbris est composita » ; à propos des proportions d’intervalles musicaux, voir
aussi De architectura, V, 4 et X, 8 ; éd. B. Munk-Olsen, L’étude des auteurs classiques latins aux XI
e
et XII
e
siècles, t. II,
Catalogue des manuscrits classiques latin copiés du IX
e
au XII
e
[Actes | T. 1 | p. 95]
siècle : Livius à Vitruvius, Paris, 1985 ; I.
Hadot, op. cit., p. 156, 157, 265.
9
L’expression « "εγκυκλιος παιδεια » se rencontre déjà chez le moyen-platonicien Ploútarchos (Moralia, II,1135d).
Le « moyen-platonisme », qui s’étend grosso-modo du I
er
siècle a. J. jusqu’au début III
e
siècle a. D., se caractérise par un
subtil mélange d’éléments pythagoriciens, platoniciens, aristotéliciens et stoïciens que l’on observe chez Cicéron,
puis chez Nikómachos, Alkínoos, etc. ; cf. I. Hadot, p. 63-69, 75, 96-99, 202-206 ; cf. J. Dillon, The Middle Platonists :
A Study of Platonism 80 BC to 220 AD, Ithaca, N. Y., 1996.
10
Cf. Faustino Gianani, « ‘In agro Calventiano’ : Il luogo del supplizio de Boezio », dans Atti. Congresso internazionale de
studi Boeziani, (Pavia, 5-8 ottobre 1980), a cura di Luca Obertello, Roma (Editrice Herder), 1981, p. 41-47 ; Catherine
Morton, « Boethius in Pavia : The Tradition and the Scholars », Atti…, p. 49-58 ; Luca Obertello, « La morte de
Boezio e la verità storica », Atti…, p. 59-70.
11
Boèce constitue le dernier rejeton greffé de la vieille souche pythagoricienne et platonicienne. Il avait projeté de
traduire tout Aristotélis et tout Pláton, mais ayant été fauché dans la force de l’âge à 44 ans, ne parvint pas à réaliser
ce projet ambitieux ; cf. Boethii περι ɈΕρµηνειας του Αριστοτελους (De interpretatione Aristotelis), éd.
2
C. Meiser,
Leipzig , 1880, p. 79 : 9 ; P. Courcelle, p. 260, 261.
12
Cf. Ennodius, Paraenesis Didascalica, éd. F. Vogel, M.G.H. Auct. ant., VII, p. 314: « est Boethius patricius, in quo vix
discendi annos respicis et intellegis peritiam sufficere iam docendi, de quo emendatorum iudicavit electio » ; cf. M.
Schanz, Geschichte der römischen Literatur, München, 1959, p. 149 ; J. R. Martindale, The Prosopgraphy of the later Roman
empire, t. II, Cambridge, 1980, p. 234.
13
Selon Cassiodore, Boèce aurait « édité » un troisème traité sur l’ars geometrica d’après Eukleídis, puis un quatrième
sur l’ars astronomica d’après Ptolemaîos ; cf. Cassiodori Institutiones, II, 6 : 3, éd. R. Mynors, Oxford, 1937
1
, (1963
3
), p.
152 ; éd. Migne, P. L., t. 63, col. 119 et 131 ; Cassiodori senatoris Variae, I, XLV : 4 ; éd. T. Mommsen, dans M.G.H.,
Auctores antiquissimi, t. XII, Berlin, 1894, p. 40 : 11 ; éd. Migne, P.L., t. 69, col. 539 ; voir infra, note 66.
[Actes | T. 1 | p. 96]
14
Cf. Νικοµαχος οʅ Γερασηνος
Αριθµητικη
εισαγωγη
, éd. R. Hoche, Leipzig (Teubner),
1864, p. VI, p. 9 : I (IV), 1.
15
En effet, c’est Boèce lui-même, dès le début de son traité De institutione arithmetica, qui emploie pour la première
fois au sens figuré le terme « quadruvium », s’inspirant du terme « bivium ». Le mot quadruvium désigne donc les
« quattuor matheseos disciplinae », i.e. : arithmetica, musica, geometria, astronomia, cf. Boethii De institutione arithmetica libri duo, I,
1 : Paris, B.n.F., latin 14 064, f. 3 v°: lignes 2-4 ; éd. Friedlein, p. 9 : ligne 28-29, p. 10 : ligne 1 ; éd. Guillaumin, p.
LV, p. 8, § 7 ; Paris, BnF, latin 14064, f. 3v° : 2-4. Il faut signaler que le terme « quadruvium » (ou bien « quadrivium »)
se rencontre, au sens propre, chez les écrivains latins : Caius Valerius Catullus,Verona (vers 54 a. J.), cf. Catulli
Carmina, LVIII, 4, « …in quadriuiis et angiportis. », éd. L. Müller, Leipzig, 1885, p. 28 ; et Decimus Iunius Iuvenalis
(Aquinum Latium, vers a.D. 60 - ?, vers 130), Satirae I, 63-64, « nonne libet medio ceras implere capaces quadruvio », cf. éd C.
F. Hermann, D. Iunii Iuvenalis Satirarum libri quinque accedit Suplicae Satira, Leipzig , 1888, p. 3.
16
Cf. Boethii De institutione arithmetica libri duo, I, 1 : « Hoc igitur illud quadruvium est• quo his uiandum sit•
quibus excellentior animus a nobis. cum procreatis sensibus ad intelligentiae certiora perducit. » ; cf. éd. G.F., p. 9 :
28-29, p. 10 : 1 ; J.-Y.G., p. 8 : 15-18 ; Paris, BnF, latin 14064, f. 3v° : 1-4 ; P. Ferrarino, « Quadruvium », dans Atti
Congr. Intern. di studi varroniani, II, Rieti , 1976, p. 359-364.
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 22 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
17
Cf. I. Hadot, op. cit., p. 249 ; P. Courcelle, op. cit., p. 258-264.
18
W. Burkert, Love and Science in ancient Pythagorism, Cambridge (Massachusetts), [trad. Angl. : E. Minar], 1972, p. 379-
399, 443.
19
Cf. Apuleius († a.D. 180), De Platone et eius dogmate, Liber I, 1-4, éd. P. Thomas, Leipzig (Teubner), 1908, p. 82-86
180-189). Dans sa biographie détaillée sur la vie de Pláton, Apuleius nous permet de mieux cerner l’évolution de
celui-ci. En effet, Après la mort de Socrátis, Apuleius nous apprend que Pláton, alors âgé d’environ 30 ans, s’est mis
à étudier, auprès des pythagoriciens, les diverses disciplines basées sur le raisonnement arithmétique ; cf. L. Robin, La
pensée grecque…, Paris, 1923, p. 210-287.
20
En l’occurrence : Aristotélis († -322), Speúsippos († -339), Xenocrátis († -314), Krántor († -270), etc., cf. L. Robin,
op. cit.,
[Actes | T. 1 | p. 97]
p. 284-287 (Disciples de Platon et l’ancienne Académie) p. 288-374 (Aristote et ses
disciples) ; E. McClain, The Pythagorean Plato…, York Beach (Maine), 1978, 138-140.
21
Parmi les principaux moyens-platoniciens figurent : Nikómachos o Gerasinós, Klaúdios Ptolemaîos, Théon o
Smyrnaîos, Alkínoos (ou Albinus), Apuleius « Afer » de Madaure, Máximos o Týrios, Ploútarchos de Chaironeús, (cf.
Bibl. I) ; cf. I. Hadot, op. cit., p. 63-100.
22
Tous ces termes voisins entrant en composition avec le mot « εγκυκλιος » finissent un aspect différent du
cycle d’études de l’enseignement de la culture générale dans l’Antiquité grecque.
23
Au début du IV
e
siècle, on associe le quadruvium aux trois matières : grammaire • rhétorique • dialectique (appelées
trivium à partir du IX
e
s.), ce qui devient chez s. Augustin (De ordine, II, 7, 8, 12), s’inspirant de Porphyre, les 7 artes
liberales; I. Hadot, p. 100, 187-188.
24
Il faut préciser que le De arithmetica et le De musica de Boèce sont des traductions de deux traités de Nikómachos.
25
Le tandem PlotînosPorphýrios donnera naissance aux
Εννεαδες
(« neuvaines »), l’enseignement oral du maître,
mis par écrit par l’élève ; il s’agit de 54 traités divisés en 6 parties, chacune composée de 9 traités, d’où «
Εννεαδες
»
; cf. Plotini Enneades…, éd. R. Volkmann, Leipzig (Teubner), 1884, vol. II, Enneades : IV, VII : 8 (p. 133 : 21-30), V, I :
8-10 (p. 173 : 3-13) ; L. Robin, op. cit., p. 440-453 ; Pierre Hadot, Plotin, Porphyre. Etudes néo-platoniciennes, Paris (Belles
Lettres : collection L’âne d’or), 1999, 425 pages.
26
Iámblichos, néo-pythagoricien, élève de Porphýrios à Rome, fut le fondateur de l’école dite « Syrienne » ; à
l’opposé de son maître, il fut un adepte fervent de la théurgie (ηʅ θεουργια : miracle divin et magique) et de la
mantique (ηʅ µαντεια : faculté de prédire, oracle ; ηʅ µαντικη τεχνη : l’art de prédire l’avenir), estimant que ces
deux pratiques faisaient partie de la philosophie. Il est l’auteur de plusieurs traités scientifiques importants, dont une
Vita Pythagorica et des Theologoumena arithmeticae contenant des extraits d’un ouvrage portant le même nom que l’on
attribue à Nikómachos ; L. Robin, op. cit., p. 450 ; I. Hadot, p. 63, 139-154, 255, 258.
[Actes | T. 1 | p. 98]
27
Cf. Porphýrios, Eisagogí, éd. A. Busse, p. 1 : 5-6 ; P. Rajna, « Le denominazioni Trivium e
Quadrivium con un singolare accessorio », dans Studi Medievali, 2
e
série, 1, 1928, p. 4-39, pour le terme trivium :
voir p. 8 ; H.-I. Marrou, Saint Augustin et la fin de la culture antique, 1958, réimpr. 1983), p. 212, 213 ; I. Hadot, p. 99,
100, 115-116, 156.
28
Cf. H.-I. Marrou, op. cit., p. 189 ; I. Hadot, Arts libéraux…, p. 101, 187-188.
29
Próklos fut le dernier des grands maîtres de l’« école » d’Athènes ; L. Robin, p. 451 ; I. Hadot, p. 117.
30
Boèce, orphelin vers l’âge de 7 ans, fut recueilli par Symmaque, platonicien et sénateur. Adulte, Boèce épousa la
fille de Symmaque : Rusticiana, laquelle lui donna deux fils, Symmachus et Boethius ; cf. Προκοπιος οʅ Καισαρευς,
(† vers 562),
περι των Πολεµων λογος πεµπτος,
Γ, κ, κζ[ Prókopios o Kaisareús, À propos des Guerres en 5 livres,
III, 20 : 27], éd H. Dewing, History of the Wars III, IV, V, VII, London / New York, 1916, vol. 3, p. 12-14 (cf.
R.I.S.M. grec, n° 52 : p. 114) ; H. Chadwick, Boethius…., p. 9 ; J. R. Martindale, op. cit., (n. 13), t. II, p. 233, 1322 ; J.-
Y. Guillaumin, Boèce.., p. IX.
31
Cf. Iohannis Scoti Eriugenæ (Jean Scot Erigène, † vers 870), Peri physeon, I, 162 : 27, « Praesertim magnifico Boetio
summo utriusque linguæ philosopho in libris suis de arithmetica talia asserente : Sapientia est.. ». Cette appréciation
élogieuse de Jean le Scot résume bien la place d’honneur réservée à l’œuvre scientifique de Boèce par l’ensemble des
maîtres carolingiens de la 1
ère
moitié du IX
e
siècle ; cf. G. Madec, Jean Scot et ses auteurs. Annotations érigéniennes, p. 32.
32
Dès la mort de Pláton (- 347), il y eut dans l’ancienne Académie des divergences entre la pensée du maître et celle
des disciples concernant la vraie nature des nombres « intelligibles » • nombres « sensibles » • nombres « mathématiques » ;
cf. E. G. McClain, The Pythagorean Plato, p. 138-139. Xenocrátis de Chalcidónios († -314), abusivement, voulut à tout
prix lire dans la théorie de la genèse arithmético-musicale de l’âme (Timée, 35, 36), la notion de l’éternité de l’âme,
cf. Th.-H. Martin, t. I, p. 377, 378. Par ailleurs, Aristóxenos o Tarantïnos († -318), affirmait que la diatessaron
(l’intervalle de quarte parfaite) était composée de 2 tons majeurs (ce qui est juste) plus la moitié parfaite d’un ton
[Actes | T. 1 | p. 99]
majeur (ce qui est eronné) ; cf. Aristóxenos, Harmonica, I, 25, II, 56, éd. H. Marcan, Oxford,
1902, p. 182-183, 256 ; Boethii De institutione musica, III, 1-3 ; G.F., p. 268 : 23 à p. 275 : 5 ; C.B., p. 88-94 ; I.H.,
Thèse de l’École Pratique Hautes Études (à paraître), t. II, p. 98 : glose 528. Ces deux erreurs savantes, bien que
tenaces, n’ont pas entamé l’intégrité de la tradition de savoir scientifique et philosophique ; A. Bélis, Aristoxène de Tarente
et Aristote : Le traité d’harmonique, Paris, 1986 ; M. Litchfield, « Aristoxenus and epiricism… », p. 54, dans Journal of
Music Theory, Spring 1988 : n° 32.1 ; A. Kárpáti, « Greek Music Theory in the IV Century B.C. », op. cit., p. 67-74.
33
Entre l’époque de Pythagóras (VI
e
s. a.J.) et celle de Próklos († a. D. 485) puis celle de Boèce († a. D. 524-525), il y
avait sur la rive nord et est du bassin méditerranéen plusieurs centres de diffusion de la tradition du savoir scientifique
et philosophique, dont les plus anciens ηʅ µεγαλη ɈΕλλας (lat. : Magna Graecia, fr. : la Grande-Grèce) et αι
Αθηναι (Athènes), mais il y avait aussi des centres très actifs en Palestine (Gérasa), en Phénicie (Tyr) et en Syrie
(Apamée et Chalcis) ; cf. Ilsetraut Hadot, op. cit., chapitre III, « Les étapes préparatoires à la formation du cycle des
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 23 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
sept arts libéraux dans le moyen-platonisme », p. 63-100. Dans ce chapitre, I. Hadot passe en revue six des
principaux moyen-platoniciens, dont Nikómachos de Gerasinós († vers a. D. 100), Théon o Smyrnaîos († vers a. D.
117), Máximos o Týrios († II
e
s. a. D.), voir aussi le néo-pythagoricien Iámblichos de Chalkideús en Coelésyrie (†
vers a. D. 330 ; L. Robin, p. 450 ; I. Hadot, p. 258, 259).
34
ɇΑλεξανδρεια, entre le IV
e
et le I
er
siècle a. J., devint un véritable « melting-pot » (creuset) de toutes les diverses
διασποραι(diasporas) grecque, juive, judéo-chrétienne et romaine, portant avec elles leurs richesses culturelles et
subissant en même temps la puissante tradition de savoir scientifique et philosophique pythagoricienne et platonicienne.
Parmi les principaux maîtres-philosophes hellénistiques (i.e. alexandrins) on compte le moyen-platonicien juif Phílon
(† vers –13 - a. D. 54, cf. I. Hadot, p. 282-287), le moyen-platonicien grec d’Égypte Ptolemaîos († vers a. D. 168), le
néoplatonicien grec d’Égypte Plotînos († vers a. D. 270), enfin, les néoplatoniciens Aílios Théon (IV
e
– V
e
s. a.D., cf.
I. Hadot, p. 259, 292) et sa fille Hypatía († vers 415, cf. L.
[Actes | T. 1 | p. 100]
Robin, La pensée grecque et les origines de
l’esprit scientifique, Paris 1923, p. 451 ; I. Hadot, p. 259, 260) ; P. Courcelle, Les lettres grecques…, (cf. supra, note 1), p.
268-278.
35
Cf. Ciceronis Pro Archia Poeta, II, 2 : « Etenim omnes artes quae ad humanitatem pertinent, habent quoddam
commune vinculum et quasi cognatione quadam inter se continentur » ; cf. Ciceronis De finibus I, 71 ; I. Hadot, op.
cit., p. 37, 44-52, 52-57, 265 ; ici, I. Hadot, bien qu’elle inclue l’œuvre philosophique du platonicien Cicéron dans la
lente évolution vers la formation fixe de l’"εγκυκλιος παιδεια, elle conteste l’hypothèse de Marrou comme quoi
Cicéron dans son De finibus III, 4 utilise l’expression « artes liberales » pour indiquer l’εγκυκλιος παιδεια ; H.-I.
Marrou, « Les arts libéraux dans l’Antiquité classique », dans Arts libéraux et philosophie au Moyen âge, Montréal, Paris,
1969, p. 5-27, voir p. 20.
36
Cf. M. Terentii Varronis Reatini Disciplinarum libri novem ; I. Hadot, op. cit., p. 57-58, 156-163 ; ici, I. Hadot remet
en question l’idée reçue comme quoi les 9 livres très fragmentaires de Varron aient été consacrés à
l’"εγκυκλιος παιδεια, et suggère que ce fut Porphýrios et non Varron, qui influença le Augustini De ordine II, 12, où
sont énumérés les 7 artes liberales ; cf. I. Hadot, p. 187-188.
37
Cf. Vitruvii De architectura I, 1, 12, éd F. Krohn, Leipzig (Teubner), 1912 : « Cum autem animadverterint omnes
disciplinas inter se coniunctionem rerum et communicatinem habere, fieri posse faciliter credent ; encyclios enim
disciplina uti corpus unum ex his membris est composita. » ; I. Hadot, op. cit., p. 265-266. Tout comme Cicéron,
Vitruve signale la conjonction conceptuelle entre les artes.
38
Cf. Louis Bréhier, Les institutions de l’empire byzantin, Paris (Albin Michel), 1949 et 1970, chapitre 1 : « La hiérarchie
et les fonctionnaires », p. 82-92. Ce remarquable ouvrage fournit de précieux renseignements sur la potestas romaine
et byzantine. En effet, pour la période qui concerne la vie de Boèce, c’est-à-dire le règne d’Anastase 1
er
(430 - emp.
491 – † 518), de Justin 1
er
(450 – emp. 518 - † 527), puis celui de son neuveu Justinien 1
er
(482 – emp. 527 - † 565),
Bréhier donne des éclaircissements sur tout le vocabulaire administratif, aussi bien en latin qu’en grec, e. g. : p. 89 :
clarissimi = classe des sénateurs et gouverneurs, etc., p. 83 :
[Actes | T. 1 | p. 101]
magister officiorum = sorte de premier
ministre, gérant des officia administratifs très variés (i.e. scrinia : différentes agences, ou différents bureaux, d’état
scholæ palatinæ : garde palatine cursus publicus : service postal agentes in rebus : police d’état curatores limitaneorum :
inspecteurs des armées frontalières etc.), p. 89 : patricius = titre nobiliaire, n’étant rattaché à aucune fonction
spécifique, mais attribué pour des services rendus, ou pour des mérites exceptionnels.
39
Prosopographie : c’est-à-dire la généalogie d’une personne et celle des personnages clés dans son entourage familial
et professionnel ; ce terme est tiré de deux mot grecs : i.e. το προσωπον, ου (face, proue d’un bateau,
personnage, rôle) et ηʅ γραϕη, ης (un écrit).
40
Cf. J. R. Martindale, op. cit., (supra, n. 12), t. II, p. 233.
41
Cf. F. Mourret, L’Église et le monde barbare, Paris (Bloud & Gay), 1921, p. 215-217 ; J. Matthews, « Anicius Manlius
Severinus Boethius », dans Boethius. His Life, Thought and Influence, éd. M. Gibson, Oxford (Basil Blakcwell), 1981, p.
15-43, p. 19.
42
Cf. J. R. Martindale, op. cit., (supra, n. 13), t. II, p. 232, 233.
43
Cf. A. F. Gori, Thesaurus veterum diptychorum conularium et ecclesiasticorum…, t. I, Florentinae, 1759, p.
200 (cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 9) : « M[eme]nto Domine omnium de[functo]rum
pontif[icum] me[orum præcessorum] uel omni[um] X[ristia]norum præcipu[e] [animorum nob]is [co]missarum
[et] [/////] commenda[tarum] [////] St[ephanus] [/////] [////////////] [ipsis] omnipotens [Deus et omnibus in Xristo
quiescentibus locum refrigerii • lucis et pacis • ut indulgeas • deprecamur] ».
44
Ce qui signifie que les proportions du volet gauche correspondent à un intervalle légèrement plus grand qu’un
demi-ton majeur, celles du volet droit à un intervalle légèrement plus petit qu’un demi-ton mineur : 2
8
÷ 3
5
= 256 ÷
243 = 1 1,053497942386831.
45
Cf. Jahann Gaspar Hagenbuch, De diptycho Brixiano Boethii consulis…, Turicensi (i.e. Zürich), 1748, p. LXXXXV,
LXXXXVII, CIII, CIIII, CXXII, CXXX (cf. Bibl. II, 10) ; A.F. Gori, op. cit., p. 162, 163 ; J. R. Martindale, op.
cit., (supra, n. 13), t. II, p. 232, 233.
[Actes | T. 1 | p. 102]
46
Cf. J. R. Martindale, op. cit., (supra, n. 13), t. II, p. 232, 233 ; A. F. Gori, op. cit., t. I, p. 182.
47
Cette proportion (1 1,38888...), soit une proportion dite « superpartiens » (gr. ηʅ επιµερης αναλογια),
correspond à un intervalle musical légèrement plus grand qu’une quarte parfaite, c’est-à-dire : 1 1,333333333333 ;
cf. Boethii De arithmetica I, 22 ; G.F., p. 46 : 8-9 ; J.-Y.G., p. 47 : 1-2 ; Paris, BnF, latin 14064, f. 22 : 7).
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 24 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
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48
Cette proportion (1 1,38888...), soit une proportion dite « superpartiens » (gr. ηʅ επιµερης αναλογια),
correspond à un intervalle musical légèrement plus grand qu’une quarte parfaite, c’est-à-dire : 1 1,333333333333 ;
cf. Boethii De arithmetica I, 22 ; G.F., p. 46 : 8-9 ; J.-Y.G., p. 47 : 1-2 ; Paris, BnF, latin 14064, f. 22 : 7).
49
Cf. Claude Gros de Boze, dans sa lettre du 29 mars 1743 adressée à A. M. Querini ; éd. J.G. Hagenbuch, (cf.
Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 2).
50
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 10.
51
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 9.
52
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 15.
53
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 23.
54
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 6.
55
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 13.
56
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 9 A. F. Gori, p. 201.
57
Cf. Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 9 A. F. Gori, p. 200, 201 ; n° 10 : J. G. Hagenbuch, p. VIII,
X, XXVI.
58
Cf. supra, Bibliographie II : Prosopographie de Boèce, n° 18.
59
Cf. H. K. Usener, Anecdoton Holderi, ein Beitrag zur Geschichte Roms in ostrogothischer Zeit, Leipzig, 1877, p. 4, 7 ; J.
Sundwall, Abhandlungen.., (Bibl. I, n° 392), p. 159, 160 ; P. Courcelle, Lettres grecques…, p. 304, 305 ; M. Schanz,
Geschichte der römischen Literatur…, München, 1959, t. IV
e
partie, t. 2, p. 84, et p. 148- 149 : § 1077 ; H. Chadwick,
Boethius…, Oxford, 1981, p. 6-16.
60
La conjoncture culturelle et politique à la fin du V
e
siècle fut à tous égards favorable au mouvement hellénique en
Italie, et par conséquent à l’épanouissement intellectuel du jeune Boèce. En effet, avec l’avènement au pouvoir de
Théodoric le Grand en 497, l’empire d’Occident allait connaître sa dernière brève période
[Actes | T. 1 | p. 103]
faste
pendant laquelle fleuriraient encore scientia, philosophia et philologia grâce aux efforts de petits réseaux de gentes romanæ,
hauts fonctionnaires, cultivées et bilingues (latin et grec) ; cf. P. Courcelle, « Boèce et l’école d’Alexandrie », dans
Mélanges d’archéologie et d’histoire de l’école française de Rome n°52, 1935, p. 185-223, p. 189, 190 ; Ennodius, Opera. Epistolae,
éd. F. Vogel, dans M.G.H., Auctores antiquissimi, t.VII, Berlin, 1885, Epistola CCCXVIII (7, 13), p. 236 : 19-36 (cf.
Migne, P.L., t. 63, col. 119-120), Epistola CCCLXX (8, 1), p. 268 : 16-19 (cf. Migne, P.L., t. 63, col. 131-133) ;
Ennodius, [
Παραινεσις διδασκαλικη
],éd. F. Vogel, p. 314 ; I. Hadot, Arts libéreaux…, p. 249, 250. ; J.-Y.
Guillaumin, Boèce.., p. VIII-IX.
61
Cf. P. Riché, Education et culture…, p. 62-69 ; I. Hadot, Arts libéreaux…, p. 247-249 ; J.-Y. Guillaumin, Boèce…, p.
X-XI.
62
Cf. P. Riché, Education et culture…, p. 82-90 ; Lellia Cracco Ruggini, « Nobilità romana e potere nell’età di Boezio »,
dans Atti. Congresso internazionale di studi boeziani, (Pavia, 5-8 ottobre 1980), a cura di L. Obertello, Roma (Editrice
Herder), 1981, p. 73-96 ; Emilienne Demougeot, « La carrière politique de Boèce », dans Atti. …boeziani, Ibid., p. 97
– 108 ; I. Hadot, Art libéraux…, p. 249.
63
Cf. P. Courcelle, Lettres grecques…, p., 258, 259 ; I. Hadot, Arts libéreaux…, p. 249.
64
Cf. P. Courcelle, « Boèce et l’école d’Alexandrie », (op. cit., supra : note 61), p. 186-190 ; Idem, Lettres grecques…, p.
258-264 ; E. Demougeot, « La carrière de Boèce », dans Atti. …boeziani, p. 99-101.
65
Cf. Cassiodori Senatoris Variae, I, 45, éd. T. Mommsen, M.G.H., Auctores antiquissimi, t. XII, Berlin, 1894, p. 39-41
(lignes 11-13) : Boethio, viro inlustre, patricio, Theodoricus rex : a. D. 507 : « Translationibus tuis Pythagoras
musicus, Ptolemaeus astronomus leguntur Itali, Nicomachus arithmeticus, geometricus euclides audiuntur Ausonii,
Plato theologus, Aristoteles logicus Quirinali voce disceptant, mechanicum etiam Archimedem Latialem Siculis
reddisti, et quascumque disciplinas vel artes facunda Graecia per singulos viros eddit, te uno autore patrio sermone
Roma suscepit… » ; Cassiodori Institutiones, II, 6 : 3, éd. R. Mynors, Oxford, 1937, p. 152.
[Actes | T. 1 | p. 104]
66
Les De geometria et De astronomia de Boèce, seraient des traductions basées sur les Elementa
d’Eukleídis et sur le Praeceptum Canonis de Ptolemaîos ; cf. D. Pingree, « Boethius’ Geometry and Astronomy », dans
Boethius. His Life,and Influence, Oxford, 1981, p. 155-161 ; Filippo Lucidi, « A proposito di Cons. I, II, 6-12 : Una nuova
testimonianza sul De institutione astronomica de Boezio », dans Attiboeziani, p. 337-342.
67
Cf. J. Matthews, « Anicius Manlius Severinus Boethius », dans Boethius. His Life, Thought and Influence, Oxford, 1981,
p. 30 (§2) ; J. R. Martindale, op. cit., (supra, n. 13), t. II, p. 234, 235 ; J.-Y. Guillaumin, Boèce…, p. XI.
68
Cf. Excerpta Valesiana II (v. a.D. 526), éd. J. Moreau • V. Velkov, Leipzig, 1968, p. 25 (§ 87). L’Opera omnia de
Boèce est comme suit :
1) De institutione arithmetica libri duo • (éd. G. F., Leipzig, 1867 ; M. Masi, Amsterdam, 1983 ; J.-Y.
Guillaumin, Paris, 1995 ; H. Oosthout et I. Schilling, Brepols, 1999 ; I. H.umphrey, Boethius De institutione
arithmetica libri duo. Édition proto-philologique intégrale princeps d’un manuscrit du IX
e
siècle (Paris, Bibliothèque
nationale de France, latin 14064), texte, gloses, notes tironiennes, signes de renvoi, planches hors-texte,
glossaires, Indices, Institute of Medieval Music (IMM), Musicological Studies Volume LXXXVII, IBSN :
978-1-896926-90-2, Ottawa, Canada, 2007)
2) De institutione musica libri quinque (éd. G. F., Leipzig, 1867 ; C. M. Bower [traduction anglaise], New
Haven, 1989 ; C. Meyer, Brepols, 2004) •
3) [De institutione geometrica (?)] • (perdu, cf. Cassiodorus : Institutiones, II, 6 et Variae, I, XLV, 4 ; D. Pingree,
supra, p. 53 : note 66) •
4) [De institutione astronomica (?)] • (perdu, cf. Cassiodorus : Institutiones, II, 6 et Variae, I, XLV, 4 ; D. Pingree,
supra, p. 53 : note 66) •
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Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
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5) De divisione • (éd. Migne, P. L., t. 64) •
6) In categorias Aristotelis libri IV • (Migne, Patrologiae cursus completus. Series latina [P.L.], t. 64) •
7) Commentaria in Ciceronis Topica • (Migne, P. L., t. 64 ; Orelli et Baiter, 1834: Ciceronis Opera V, 1) •
8)
περι
του
Αριστοτελους
ɈΕρµηνειας
(De interpretatione Aristotelis), (I) d’après M. Victorinus • (éd. K.
Meiser, 1880) •
[Actes | T. 1 | p. 105]
9)
περι
του
Αριστοτελους
ɈΕρµηνειας
(De interpretatione Aristotelis), (II) d’après
Porphýrios • (éd. K. Meiser, 1880) •
10) In Porphyrii eisagogen (I) • (éd. G. Schepss • S. Brandt, 1906 : CSEL) •
11) In Porphyrii eisagogen (II) • (éd. G. Schepss • S. Brandt, 1906 : CSEL) •
12) De syllogismis categoricis (?) • (éd. Migne, P. L, t. 64) •
13) Introductio ad syllogismos categoricos • (éd. Migne, P. L, t. 64) •
14) De syllogismis hypotheticis • (éd. Migne, P. L, t. 64) •
15) De differentiis topicis • (Migne, P. L, t. 64) •
16) Quomodo Trinitas unus deus ac non tres dii • (éd. R. Peiper, 1871 ; Stewart, Rand, Tester, 1973 : Collection
Loeb) •
17) Utrum Pater et Filius et Spiritus Sanctus de divinitate substantialiter (éd. R. Peiper, 1871 ; Stewart, Rand,
Tester, 1973) •
18) Hebdomades [i.e. Quomodo substantiae in eo quod sint bonae sint cum non sint substantialia sint] • (éd. R.
Peiper, 1871 ; Stewart, Rand, Tester, 1973 : Loeb) •
19) De fide catholica • (éd. R. Peiper, 1871 ; Stewart, Rand, Tester, 1973 : Loeb) •
20) Liber contra Eutychen et Nestorium • (éd. R. Peiper, 1871 ; Stewart, Rand, Tester, 1973 : Loeb) •
21) Consolatio Philosophiae, éd. R. Peiper, 1871 ; L. Bieler, 1984 ; J. J. O’Donnell, 1990 / 1994 •
Nota bene : Dans la littérature hagiographique sur Severinus Boethius, on relève des témoignages
divergents concernant les conditions dans lesquelles fut digé son opus ultimum, en l’occurrence Consolatio
Philosophiae. En effet, d’après le témoignage d’Otto episcopus Frisingensis (Otto évêque de Freising), XII
e
siècle, la Consolatio Philosophiae fut „écrite“ : « opus philosophicum scripsit » ; d’après le témoignage de
Theodoricus monachus Epternacensis (Thierry moine d’Echternach), XII
e
siècle, elle fut „dictée“ : « librum
de consolatione philosophiae dictauit » ; enfin, le Manuscrit Rubea Vallis (Rouge-Cloître), XVI
e
siècle,
rapporte qu’elle fut „éditée“ : « librum De consolatione philosophiae edidit », sans fournir d’autres précisions
Cf. Clavis patrum latinorum qua in novum Corpus Christianorum edendum optimas quasque scriptorum recensiones a
Tertulliano ad Bedam…, éd. E. Dekkers, Steenbrugge 1951, 2
e
édition 1961, p. 196-198
http://pld.chadwyck.com/help/bib_refs.htm •
[Actes | T. 1 | p. 106]
Cf. Boethii opera : bibliographie http://www.klassphil.uni-
muenchen.de/~gruber/boethius/b.html •
Cf. Boethii opera : éditions Bibliotheca Augustana http://www.fh-
augsburg.de/~harsch/boe_intr.html •
Cf. Boethii Musica : éditions TML http://www.music.indiana.edu/tml/6th-
8th/BOEMUS4_TEXT.html •
69
Cf. Anicii Manlii Severini Boetii Philosophiae Consolationis libri quinque, éd. R. Peiper, Leipzig (Teubner Verlag), 1871, p.
1-146 ; Migne, P. L., t. 63, Boetii De consolatione Philosophiae libri quinque, col. 547-1074.
70
Cf. Boethii Consolatio Philosophiae, éd. J. J. O’Donnell, Julia Haig Gaisser, Bryn Mawr, Pennsylvanie, (U.S.A.),
1990, 2
e
éd. texte intégral http://ccat.sas.upenn.edu/jod/boethius/boethius.html ; P. Courcelle, La consolation de
Philosophie dans la tradition littraire. Antécédents et postrité de Boèce, Paris (Études augustiniennes), 1967, p. 37-46, planches 1 –
6 ; A. M. Crabbe, « Literary Design in the De Consolatione Philosophiae », dans Boethius. His Life,Thought and
Influence, Oxford (Basil Blackwell), 1981, p. 237-277 ; A. M. Crabbe, « Anamnesis and Mythologie in the De
consolatione Philosophiae », dans Atti. Congresso internazionale di studi boeziani, (Pavia, 5-8 ottobre 1980), a cura di L.
Obertello, Roma (Editrice Herder), 1981p. 311-325 ; B. Guenée, Histoire et culture dans l’Occident médiéval,
Introduction : p. 9-17, Chapitre VI : « Le succès de l’œuvre », p. 248-258, Paris (Publications de la Sorbonne :
« Études », tome 13, Université de Paris I : Panthéon-Sorbonne), 1980, 2
e
édition 1991 ; Philosophiæ consolatio, éd. L.
Bieler, (Corpus Christianorum Series Latina, n° 94), Turnhout, 2
e
édition 1984 ; cf. Boethii Consolatio Philosophiae, éd.
James J. O'Donnell, University of Virginia E-Text Library, 1994 :
http://etext.lib.virginia.edu/latin/boethius/boecons.html Μαξιµος Πλανουδις (Maximos Planoudis, moine
byzantin : ca. 1255 ca. 1305) περι παραµυθιας της ϕιλοσοϕιας (i.e. la seule traduction grecque connue du
Boethii Consolatio Philosophiae), éd. C. F. Weber, Carmina Anicii Manlii Torquati Severini Boethii graece conversa per
Maximum Planudem, primus edidit C. F. Weber, Darmstadii, 1832 ; E.-A. Bétant, Boèce, De la consolation de la
philosophie, traduction grecque de Maxime Planude, Ge-
[Actes | T. 1 | p. 107]
nève, 1871 ; Anastasios Megas, Boethii
De Philosophiae Consolatione in Linguam Graecam Translati [bilingue : latin et grec], Thessalonicae, 1996 ; Manolis
Papathomopoulos, Anicii Manlii Severini Boethii De Consolatione Philosophiae, Traduction Grecque de Maxime Planude,
Athens : Academy of Athens (distributed by J. Vrin, Paris, et par les Editions Ousia, Bruxelles), 1999 ; cf. aussi : D.
Coeletta, « Planude traduttore de Boezio », dans i Scritti in onore di Caterina Vassalini, Verone, 1974, p. 157-164 ; B.
Kopanos, « Παραταχτιχα ζευγη στις µεταϕρασεις του Μαξιµου Πλανουδη », dans ΕΕΦΣΘ 13, 1974, p.
21-34 ; M. Galdi, Saggi boeziani, Pisa, 1938 ; Leslie Taylor, « Maximos Planudes and his
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 26 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
περι παραµυθιας της ϕιλοσοϕιας Boethius’s Consolation of Philosophy translated into Greek », dans Carmina
Philosophiae, éd. Philip E. Phillips et Noel Harald Kaylor, volume 13, 2004, p. 53-60.
Nota bene : Il faut préciser que le genre littéraire « consolatio » (gr. : ηʅ παραµυθια, ας το παραµυθιον, ου
ηʅ παραψυχη, ης) remonterait au platonicien Κραντωρ Krántor, vers -330 à -270 : élève de Xenocrátis, - 314),
dont le traité περι Πενθους [το Πενθος του Πενθους] à propos du Deuil) semble être à l’origine du genre, et
avoir inspiré toute une série de « consolationes » relativement homogènes ; cf. L. Robin, op. cit., p. 429 ;
http://www.kat.gr/kat/history/Greek/Id/Platonism.htm •
71
Cf. Excerpta Valesiana II (v. a.D. 526), éd. J. Moreau V. Velkov, Leipzig, 1968, p. 24-26 (§85-87, 92). Nota
bene : De cette chronique anonyme, on connaît dix-sept éditions différentes publiées entre 1636 et 1968.
72
Cf. Liber Pontificalis, éd. L. Duchesne, t. I, Paris, 1886, LV : Johannes [1
er
], a.D. 523-526, p. 275-278. À noter que
dès 523, l’empereur Justin 1
er
persécuta les ariens, ce qui déclencha des persécutions de chrétiens par Théodoric ; cf.
F. Mourret, (cf. supra, n. 42), p 219-221.
73
Cf. F. Gianani, « ‘In agro Calventiano’ : Il luogo del supplizio de Boezio », dans Atti. Congresso internazionale di studi
boeziani, (Pavia, 5-8 ottobre 1980), a cura di L. Obertello, Roma (Editrice Herder) 1981, p. 44, 45 ; C. Morton,
« Boethius in Pavia : The Tradition and the Scholars », Idid. p. 54-55.
[Actes | T. 1 | p. 108]
74
Cf. C. Morton, op. cit., p. 53 (n. 23) ; il s’agit d’une Vita Boethii consignée dans une glose
marginale datée du XIII
e
s., cf. Bibliotheca Rhedigeriana zu St.-Elizabeth = Bibliotheka Uniwersytecka (Wrocław
[Breslau]), Pologne), Rhedigerianus S IV 3 a. 48, f. 32v° ; cette vita fut reprise par Peiper et intitulée Vita VI dans
l’introduction de son édition : Philosophiae Consolationis…, p. XXXV.
75
Cf. C. Morton, op. cit., p. 53, 54.
76
Cf. éd. L. Duchesne, t. I, Paris, 1886, notice LV : Johannes [I
er
], 523-526, p. 275-278) ; éd. J. Moreau, Excerpta
Valesiana II, (Leipzig, Teubner Verlag, 1961), révisé par V. Velkov, Leipzig (Teubner Verlag), 1968, p. 15-26 : §53-
§92).
77
Cf. Saint Adon (né vers 800, élève de Loup de Ferrières, Archevêque de Vienne [in Gallia], mort à Vienne le
vendredi 16 décembre 875), Sancti Adonis archiepiscopi Viennensis Chronicon, in aetates sex divisum, éd. Migne, P.L., t. 123,
col. 107, Aetas sexta : [anno] 519 – « Quo temopre Symmachum atque Boethium consulares viros pro catholica
pietate idem Theodoicus occidit. quique anno sequente subita morte periit » ; Idem, Martyrologium, éd. J. Dubois et G.
Renaud, Matyrologe d’Adon : ses deux familles, ses trois recensions, Paris (CNRS), 1984, p. 172 ; éd. Migne, P. L., t. 123, col.
271, (2
e
récension d’après le Liber Pontificalis, notice LV) quinto kalendas Iunias, i.e. au 28 mai, [à la suite de l’éloge
du pape Jean 1
er
] : « Quo tempore Theodoricus rex duos senatores et præclaros exconsules Symmachum et
Boethium occidit ; qui nonagesimo octavo die, postquam papa Iohannes defunctus est, subito interiit et mortuus
est… ». Il faut préciser que dans le martyrologe de saint Adon (éd. Dubois-Renaud, p. 362 ; Migne, P. L., t. 123, col.
383), nul éloge n’est consacré à Severinus Boethius decimo kalendas novembres, i.e. au 23 octobre.
78
Faustino Gianani, Opicino de Canistris : ‘l’Anonimo Ticinese’ e la suo discrizione de Pavia (Codex Vaticano Palatino 1993),
Pavia, 1926, 2
e
éd. 1976, p. 193 ; Faustino Gianani, « ‘In agro Calventiano’ » : Il luogo del supplizio de Boezio », dans
Atti. Congresso internazionale di studi boeziani, (Pavia, 5-8 ottobre 1980), a cura di Luca Obertello, Roma (Editrice
Herder), 1981, p. 41-47 ; Catherine Morton, « Boethius in Pavia », dans Atti. Congresso internazionale di studi boeziani,
(Pavia, 5-8 ottobre 1980), a cura di Luca Obertello, Roma (Editrice Herder), 1981, p. 49-58, et en particulier p. 52-
55 ; Luca Obertello, « La morte di Boezio e la verità storica », dans Atti. Congresso internazionale di studi boeziani, (Pavia,
5-8 ottobre 1980), a cura di Luca Obertello, Roma (Editrice Herder), 1981, p. 59-70.
79
À propos des « saints céphalophores » (les saints aynat été décapités portent leurs propres têtes « inter ulnas » : sous
le bras), voir à bon escient : http://www.mythofrancaise.asso.fr/mythes/themes/cephalop.htm ;
http://www.kyberco.com/Rotasolis/cephalo.htm •
80
Cf. Giovanni Bosisio, Memoria intorno al luogo del supplizio de Severino Boezio, con un’appendice intorno alla sanità dello stesso
Boezio, Pavia, 1855, 2 planches.
81
Cf. Faustino Gianani, « Il disegno della ‘Torre di Boezio’ in Pavia nel ‘Libro di Giuliano da Sangallo’ (Codex
Barb. Vaticano, Biblioteca Apostolica, latinus 4424) », dans Archivio Storico Lombardo, (serie 6, 52), 1925, p. 130-148 ;
Idem, « In agro Calventiano », dans Bolletin della Società Pavese di Storia Patria, (n. s. 4), 1952, p. 51-68, Idem, « ‘In
agro Calventiano’ : Il luogo del supplizio Boezio », dans Atti. Congresso internazionale di studi boeziani, (Pavia, 5-8
ottobre 1980), a cura di Luca Obertello, Roma (Editrice Herder), 1981, p. 41-47.
82
Karolus Magnus, né vers 747 au château d’Ingelheim, associé au trone vers 754, couronné roi avec son frère
Carloman à Noyon die dominico septimo idus octobres anno domini septingentesimo sexagesimo octavo (i.e. le dimanche 9 octobre
l’année bissextile CB 768), roi seul dès 771 après le décès de son frère, sacré empereur à Rome par le pape Léon III
die veneris octavo kalendas ianuarias, anno domini octingentesimo (i.e. le vendredi 25 décembre, l’année bissextile CD 800),
marié cinq fois (sa 3
e
épouse fut Hildegarde, mère de Louis, morte à l’âge de 25 ans en 783) ; il mourut die sabbato
quinto kalendas februarias anno domini octingentesmo decimoquarto (i.e. le samedi 28 janvier 814) ; cf. K. F. Werner, « La date
de naissance de Charlemagne », dans Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, Paris, 1972, p. 116-143, cf. p.
137-141 : ici, Werner situe la naissance de Charlemagne vers l’an 747, basant son argument sur l’année du mariage de
ses parents Pépin le Bref et Bertrade, mariage qui eut lieu, d’après les Annales Prümiensis, en 744; cf. aussi Einhardi
[Actes | T. 1 | p. 110]
Vita Karoli Magni http://www.gmu.edu/departments/fld/CLASSICS/ein.html#1.
83
L’intérêt que portait la dynastie carolingienne, et Charlemagne en particulier, à la tradition du savoir scientifique,
philosophique et philologique se concrétisa d’abord par la création d’une Académie palatine platonicienne et
chrétienne destinée à élever le niveau culturel de la famille royale, puis par la création de l’École palatine, destinée à être
le fer de lance éducatif pour la restauration de la culture générale dans tout le royaume carolingien, dont Alcuin,
appelé « præceptor Galliæ », fut le tout premier maître. Enfin, l’œuvre poétique et la correspondance d’Alcuin nous
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 27 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
donnent une idée précise sur la politique culturelle de Charlemagne ; cf. M.G.H., Epistolae, IV, éd. E. Dümmler E.
Perels u. a., 1902-1925 ; Max Manitius, Geschichte der lateinischen Literatur des Mittelalters, t. I, München, 1911, p. 249-
250 ; A. Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, t. II, Leipzig, 4
e
éd., 1912, p. 126 ; cf. aussi, à bon escient, le célèbre
dialogue entre Alcuin et Charlemagne http://www.gmu.edu/departments/fld/CLASSICS/alcuin.rhetorica.html.
84
E.g. : Clemens • Witto (Candidus) • Frithugils (Fridugisius) • Joseph Scottus (d’origine irlandaise) • Dungal
(specialiste en astronomie) • Hibernicus Exul Dicuil (astronome) etc. ; cf. Mary Garrison, « The English and the
Irish at the Court of Charlemagne » dans Karl der Grosse…. 1200 Jahre Kultur und Wissenschaft in Europa, (Colloquium
Carolus Magnus : 1200 Jahre Kultur und Wissenschaft in Europa, Aachen, vom 19. bis 26. März 1995), éd. P. Butzer,
u. a., t. I, Brepols, 1997, p. 99-100, 108-115.
85
Éginhard (vers 770 - 840), dans sa Vita Karoli Magni, § XXV, qualifie Alcuin de « uir undecumque doctissimus » (i.e.
l’homme savant dans quelque domaine que ce soit) : cf. Einhardi Vita Karoli magni
http://www.gmu.edu/departments/fld/CLASSICS/ein.html#25 ; M.G.H. : Scriptores rerum germanicarum in usum
scholarum separatim editi 25, éd. Oswald Holder-Egger, Hannover–Leipzig, 1911, p. 30 ; cf. M. Manitius, t. I, p. 273-
288 ; J. Fleckenstein, « Alcuin im Kreis der Hofgelehrten Karls des Grossen », dans Science in Eastern and Western
Civilization in Carolingian Times, éd. P. Butzer • D. Lohrmann, Basel, 1993, p. 3-21, cf. p. 18 ; J. Fried, « Karl der
Grosse, die Artes liberales und die karolingische rennaissance »,
[Actes | T. 1 | p. 111]
dans Karl der Grosse…, 1997, t.
I, p. 25-42, (Summary : p. 42, 43), cf. p. 23, 31- 35 ; M. Garrison, op. cit., p. 99 ; G. Leff, « Alcuin of York », dans
Karl der Grosse…, (Aachen 1995), 1998, t. II, p. 3-9 ; http://www.mgh.de/gesamtverzeichnis/neuerscheinungen.html
Matthias M. Tischler, Einharts Vita Karoli Magni. Studien, überlieferung und Rezeption, LXX, VI und 1828 Seiten, 8
Abbildungen, in 2 Bänden, in-8°, M.G.H., Schriften : n° 48, 2001.
86
Cf. Alfred Boretius, Capitularia regum Francorum, t. I, M.G.H., Legum sectio II (t. I), Hannoverae, 1883, p. 52-62,
Capitularium n° 22 : Admonitio generalis [articles 1 – 82], cf. l’article 72 : (Sacerdotibus), p. 60 : « …et ut scolae legentium
puerorum fiant. Psalmos, notas, cantus, compotum [sic], grammaticam, per singula monasteria vel episcopia et libros
catholicos bene emendate… ».
87
Bien que les quattuor matheseos disciplinæ ne soient pas explicitées dans ce programme scolaire, ici, j’estime que l’on
doit considérer le mot « grammatica » non dans son sens restrictif habituel, mais dans son sens large qui inclut
l’enseignement des quattuor matheseos disciplinæ, à savoir : arithmetica • musica geometria • astronomia ; cf. Alcuini De
grammatica, éd. Migne, P. L., t. 101, col. 853-854, et Dialogus de rhetorica et virtutibus, éd. Migne, P.L., t. 101, col. 947
(§332, IV).
88
Epistola generalis : « … et ad pernoscenda studia liberalium artium nostro etiam quos possumus invitamus
exemplo. » ; cf. A. Boretius, Capitularia regum Francorum, (cf. note 85), p. 80 [ Epistola generalis] ; Luitpold Wallach,
Alcuin and Charlemagne, Cornell University Press, Ithica , New York, 1959, p. 198-230 ; L. Holtz, « Alcuin et la
renaissance des arts libéraux », dans Karl der Grosse…, (Aachen 1995), Brepols, Turnhout, t. I, 1997, p. 45-59, voir p.
53.
89
Cf. Rosamond McKitterick The Carolingians and the written Word, Cambridge, (G.B.), 1990, p. 175-178, 179-182, 198-
200 ; P. Godman, Alcuin. The Bishops, kings and Saints of York, (Oxford Mediaeval Texts), Oxford, 1983, p. 124-126 ;
L. Holtz, « Alcuin et les arts libéraux », dans Karl der Grosse…, t. I, 1997, p. 47-51; M. Garrison, (supra, n. 85), p. 108.
Il s’agit du poème d’Alcuin : Versus de patribus regibus et sanctis euboricensis ecclesiae, écrit vers 782-790, dans lequel il
dresse un inventaire important des auteurs figurant au programme d’étude à l’école de York, dont les ouvrages se
trouvaient dans la bibliothèque de York, parmi lesquels
[Actes | T. 1 | p. 112]
des œuvres d’Aristote, de Ciceron, de
Victorinus et de Boèce : éd. E. Dümmler : M.G.H., Poetæ latini aevi carolini, t. I (pars prior), Berlin, 1886, p. 201 ; les
quattuor matheseos disciplinæ se trouve aux vers 1436-1439 : musica 1440 : harmonia caeli 1442 : astrorum leges 1445 :
arithmetica et geometria. Il faut préciser que la bibliothèque de l’école de York appartenait à l’archevêque Ælberht, lequel
légua la totalité de son contenu à son élève Alcuin. Ce dernier étant venu à Aachen vers 782, il est donc tout à fait
plausible que cet inventaire corresponde en partie au contenu de l’hypothétique bibliothèque palatine de
Charlemagne.
90
Cf. Cassiodori Institutiones, éd. R. Mynors, Oxford, 1937 / 1963, p. 110-153 ; Isidori Hispalensis Episcopi
Etymologiarum III : De quattuor disciplinis mathematicis, caput I – LXXI, éd. Migne, P. L., t. 82, col. 153-184 ; puis
vers 850-860, introduit par Scot Erigène, Martiani Capellae De nuptii Philologiæ et Mercurii, éd. J. Willis, Leipzig, 1983,
cf. p. 201-258 (Livre VI : De geometria), p. 259-302 (Livre VII : De arithmetica), p. 302-337 (Livre VIII : De
astronomia), p. 337-386 (Livre VIIII : De harmonia).
91
Cette expression est tirée de la toute première phrase du Livre I, 1 du De institutione arithmetica de Boèce : « Inter
omnes priscae auctoritatis uiros qui Pythagora duce puriore mentis ratione uiguerunt constare manifestum est • haud
quemquam in philosophiae disciplinis ad cumulum perfectionis euadere nisi cui talis prudentiae nobilitas quodam
quasi quadruvio uestigatur • » ; cf. Boethii De institutione arithmetica libri duo I, I ; éd. G.Friedlein, p. 7 : 21-25 ; J.-
Y.Guillaumin, p. 6 : 3-7 ; Paris, BnF, latin 14604, f. 2: 19 • IH | ih •
• Explicit •
Actes des Colloquia Aquitana II – 2006 | Paris (Editions Le Manuscrit), 2009 – 28 –
Boèce [Boethius], l’homme, le philosophe, le scientifique, son œuvre et son rayonnement
Illo Humphrey, Ph. D. | HDR
Volume I : 535 pages
Livre imprimé : ISBN : 978-2-304-00564-6 | 13 : 9782304005646
Livre numérique : ISBN : 978-2-30400565-3 | 13 : 9782304005653
Volume II : 520 pages
Livre imprimé : ISBN : 978-2-304-00566-0 | 13 : 9782304005660
Livre numérique : ISBN : 978-2-30400567-7 | 13 : 9782304005677
• http://www.manuscrit.com/Book.aspx?id=9415 •
• http://www.colloquiaaquitana.com/?page_id=28 • | • http://www.colloquiaaquitana.com/?cat=9 •
http://catalog.loc.gov/cgi-bin/Pwebrecon.cgi?DB=local&Search_Arg=illo+humphrey&Search_Code=GKEY%5E*&CNT=100&hist=1&type=quick
http://sorbonne.academia.edu/IlloHumphrey/Books
http://www.iconea.org/?p=444
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GodmanPeter, editor. Alcuin: The Bishops, Kings, and Saints of York. (Oxford Medieval Texts.) New York: Oxford University Press. 1983. Pp. cxxxii, 201. $74.00. - Volume 15 Issue 4 - Colin Chase
homme, le philosophe, le scientifique, son oeuvre et son rayonnement @BULLET Illo Humphrey
  • Boèce
Boèce [Boethius], l'homme, le philosophe, le scientifique, son oeuvre et son rayonnement @BULLET Illo Humphrey, Ph. D. | HDR @BULLET [Actes | T. 1 | p. 94]
TURRE (Philippus a), (Brescia, 1742-1745 ?), cf
  • Xxvii Xxxiii-Xxxv
  • Lxxxviiii A F I Gori
  • P J G Hagenbuch
  • P Viii-Viiii
  • Xxvii-Xxxiii
  • Lxxxviiii A F Xxxiii-Xxxv
  • Gori
VIII-VIIII, XXVII, XXXIII-XXXV, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 135 ; TURRE (Philippus a), (Brescia, 1742-1745 ?), cf. J.G. Hagenbuch, p. VIII-VIIII, XXVII-XXXIII, XXXIII-XXXV, LXXXVIIII ; A.F. Gori, t. I, p. 135) ;
anno M°DCC°XL°III° (1743), cf. Sectio secunda : « De Brixiano Boetii consulis et de ecclesiasticis diptychis », I, p. XXV-XXVI ; cf
  • F Gleditschium
F. Gleditschium), anno M°DCC°XL°III° (1743), cf. Sectio secunda : « De Brixiano Boetii consulis et de ecclesiasticis diptychis », I, p. XXV-XXVI ; cf. J.G. Hagenbuch, p. LXXIII ; A.F.
(g) → 15-a. ANICIUS AURELIUS MANLIUS BOETHIUS VIR CLARISSIMUS ET INLUSTRIS (g) → 15-b
  • Anicius Aurelius
  • Manlius Boethius
  • Clarissimus
  • Inlustrissimus
  • Praetorio
  • Vrbi
  • Secundum
  • Ordinarius
  • Patricius
(g) → 15. BoEthii @BULLET Bonus Eventus [sit] @BULLET Bono Eventui [supplicamus] @BULLET Bonum Eventum [precamur] @BULLET Bene Eveniat @BULLET BEne [Fiat] @BULLET (g) → 15-a. ANICIUS AURELIUS MANLIUS BOETHIUS VIR CLARISSIMUS ET INLUSTRIS (g) → 15-b. ANICIUS AURELIUS MANLIUS BOETHIUS VIR CLARISSIMUS ET INLUSTRISSIMUS (d) → 15. BoEthii @BULLET Bonus Eventus [sit] @BULLET Bono Eventui [supplicamus] @BULLET Bonum Eventum [precamur] @BULLET Bene Eveniat @BULLET BEne [Fiat] @BULLET (d) → 15. EX PRAEFECTO PRAETORIO PRAEFECTUS VRBI SECUNDUM CONSUL ORDINARIUS ET PATRICIUS (cf. HAGENBUCH (Johann Gaspar), De diptycho Brixiano Boethii consulis epistola epigraphica, auspiciis iussu et sumtibus principis. Eminentissime Angeli Mariae tit. S. Marci Cardinalis Quirini, summi Bibliothecae Vaticanae praefecti episcopi Brixiani, cet edita a Iohanne Gasparo Hagenbuchio, – 21 –
1 « Constat igitur quisquis haec praetermiserit @BULLET omnem philosophiae perdidisse doctrinam ; Hoc igitur illud quadruvium est @BULLET quo his uiandum sit @BULLET quibus excellentior animus a nobis. cum procreatis sensibus ad intelligentiae certiora perducit. » ; cf. éd. G.F., p. 9 : 26
  • Boethii De Institutione Arithmetica Libri Duo
Boethii De institutione arithmetica libri duo, I, 1 « Constat igitur quisquis haec praetermiserit @BULLET omnem philosophiae perdidisse doctrinam ; Hoc igitur illud quadruvium est @BULLET quo his uiandum sit @BULLET quibus excellentior animus a nobis. cum procreatis sensibus ad intelligentiae certiora perducit. » ; cf. éd. G.F., p. 9 : 26 ; J.-Y.G., p. 8 : 14, 15 ; Paris, B.n.F. latin 14064, f. 3 : 26 à 3v° : 4.