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LES CROYANCES DÉLÉTÈRES DES PATIENTS LOMBALGIQUES: Revue narrative de la littérature

Authors:
40 Rev Med Liège 2016; 71 : 1 : 40-46
R
ésumé
: Objectif : synthétiser les connaissances relatives
aux croyances délétères des patients souffrant de lombalgie
commune.
Matériel et méthode : une revue narrative de la littérature
relative à ces croyances a été réalisée par un groupe interna-
tional multidisciplinaire de 9 experts dans le domaine.
Résultats : les croyances délétères, qui peuvent avoir de nom-
breuses conséquences sur le fonctionnement et le pronostic
du patient, ont diverses origines : entourage, médias, expé-
riences préalables, attitude et/ou discours du thérapeute. Ces
derniers, dont l’influence est très forte et très durable, ont la
possibilité de les modifier et de les corriger, mais ils peuvent
également les renforcer en cas de discours et/ou de compor-
tements inadéquats. L’information et l’éducation du patient
constituent les bases de la prise en charge. Compte tenu des
répercussions que peuvent avoir la mauvaise interprétation
de certains mots, les résultats de l’imagerie médicale devront
être commentés judicieusement. L’éducation à la neurophy-
siologie de la douleur et les thérapies cognitivo-comportemen-
tales (comportant notamment les techniques d’«exposition
graduelle in vivo») constituent des prises en charge complé-
mentaires efficaces.
Conclusion : les croyances délétères sont fréquentes chez
les patients lombalgiques. Elles doivent impérativement être
recherchées et corrigées.
m
ots
-
clés
: Lombalgie - Représentation - Peurs - Connais-
sance - Douleur
t
he
maladaptive
beliefs
of
patients
with
low
back
pain
.
a
naRRative
Review
s
ummaRy
: Objective : to summarize the knowledge regarding
the maladaptive beliefs of patients with non-specific low back
pain.
Methods : a narrative literature review on these beliefs was
conducted by an international and multidisciplinary team of
experts in the field.
Results : these beliefs, which can result in negative
consequences on functioning and on patient prognosis, have
various origins : family and friends, media, previous expe-
rience and/or health care professionals’ messages. The lat-
ter, who have a considerable and enduring influence, have
the potential to change and correct the patients’ misbeliefs;
however, they can also reinforce them in case of inappropriate
messages and attitudes. Informing and educating the patient
(by means of reassurance, explanations of the non-systematic
association pain-injury, encouragement to get and stay phy-
sically active) are the basis of treatment. Taking into account
the consequences of some words which may be misinterpre-
ted, the results of imaging should be wisely discussed with the
patient. Pain neurophysiology education and cognitive beha-
vioral therapy (i.a., in vivo graded exposure techniques) are
effective additional treatments.
Conclusions : Misbeliefs are frequent in patient with low back
pain. They do need to be looked for and corrected.
k
eywoRds
: Low back pain - Representation - Fear - Kinesio-
phobia - Knowledge
C. Demoulin (1, 2, 3, 4), n. Roussel (3, 5, 6), m. maRty (4, 7), C. mathy (3, 4, 8), s. Genevay (4, 9),
y. henRotin (1, 3, 4, 8), m. tomasella (1, 2, 3), G. mahieu (3, 4, 10), m. vanDeRthommen (1, 2, 3)
LES CROYANCES DÉLÉTÈRES DES PATIENTS
LOMBALGIQUES
Revue narrative de la littérature
i
ntR odu c ti o n
La lombalgie constitue une des affections
musculo-squelettiques les plus fréquentes et les
plus invalidantes. Si l’évolution des lombalgies
non spécifiques est favorable dans la majorité
des cas, une incapacité fonctionnelle peut per-
sister chez certains individus. Les répercussions
considérables des douleurs chroniques, tant sur
les plans individuel que socio-économique,
ont conduit de nombreux chercheurs à tenter
d’identifier les facteurs de risque de passage à
la chronicité et du maintien de celle-ci (1). La
littérature souligne actuellement la nécessité
d’évaluer et de prendre en charge les patients
selon le modèle bio-psycho-social (2). Elle
décrit ainsi des facteurs de risque individuels,
psychologiques ou comportementaux (tradi-
tionnellement dénommés «drapeaux jaunes»),
des facteurs de risque liés à l’activité profes-
sionnelle («drapeaux bleus») et des facteurs
environnementaux («drapeaux noirs»). Parmi
les «drapeaux jaunes» figurent les croyances
qui sont délétères (appelées parfois «fausses»
croyances). Elles constituent un des facteurs
de risque individuels les plus importants, sus-
ceptible d’amplifier la perception douloureuse,
(1) Département des Sciences de la Motricité, Univer-
sité de Liège.
(2) Département de Médecine Physique et Kinésithéra-
pie-Réadaptation, CHU de Liège.
(3) Belgian Back Society (BBS).
(4) Section Rachis de la Société Française de Rhu-
matologie.
(5) Rehabilitation Sciences and Physiotherapy
(REVAKI), Faculty of Medicine and Health Sciences,
University of Antwerp, Anvers.
(6) Pain in Motion Research Group (www.paininmotion.
be), Faculty of Physical Education and Physiotherapy,
Vrije Universiteit Brussel.
(7) Service de Rhumatologie - Hôpital Henri Mondor,
Créteil, France.
(8) Service de Kinésithérapie et de Réadaptation
Fonctionnelle, Vivalia, Marche-en-Famenne.
(9) Service de Rhumatologie, Hôpitaux Universitaires
de Genève, Suisse.
(10) Unité du Dos du CHU Dinant Godinne, UCL
Namur, Dinant.
Les croyances déLétères des patients LombaLgiques
41
Rev Med Liège 2016; 71 : 1 : 40-46
- Les conséquences («consequences») : les
croyances peuvent concerner tant les consé-
quences médicales (certains patients pensent
qu’ils termineront en chaise roulante (10, 11)),
sociales que professionnelles de l’épisode dou-
loureux.
- Le lien entre divers symptômes et l’affec-
tion primaire («identity») : plusieurs symp-
tômes tels que céphalées, asthénie, troubles du
sommeil sont parfois attribués aux douleurs
lombaires.
- Les facteurs favorisant l’exacerbation des
symptômes («provoking factors»): la réalisa-
tion/poursuite d’une activité douloureuse peut
être considérée comme un risque d’accentua-
tion des dommages tissulaires, de l’expérience
douloureuse et de l’incapacité; des patients
pensent ainsi qu’il serait préférable de réduire
leurs activités jusqu’à ce que la douleur dispa-
raisse (12).
- Les traitements («treatment control») : cer-
tains patients sont convaincus de la non-effica-
cité de techniques préconisées par le soignant
(ex : les exercices); d’autres sont persuadés
qu’ils nécessitent une prise en charge spéci-
fique (ex : une intervention chirurgicale car
ils ont une hernie discale, ou un repos au lit
compte tenu de l’intensité de leur douleur) (12);
ces croyances peuvent avoir un impact sur l’ad-
hérence thérapeutique et l’efficacité des traite-
ments (13). Par ailleurs, des attentes irréalistes
relatives aux bénéfices du traitement existent
parfois. Il est donc important d’identifier les
attentes du patient quant à sa prise en charge
et de définir des objectifs concrets, réalistes et
quantifiables dès le départ.
- Le sentiment de contrôle personnel et
d’auto-efficacité («personal control») : celui-
ci peut être très limité et caractérisé par la
croyance que le soulagement des symptômes
et la guérison dépendent essentiellement, voire
exclusivement, du thérapeute, et par l’absence
de prise de conscience par le patient qu’il est un
acteur de sa prise en charge. Une telle croyance,
qui constitue inévitablement un frein/obstacle à
une évolution positive, pourrait même, d’après
certains auteurs, contribuer davantage à l’inca-
pacité fonctionnelle que d’autres facteurs déter-
minant la chronicité, comme l’évitement, la
kinésiophobie ou encore le déconditionnement
physique décrits dans le modèle peur-évitement
de Leeuw et coll. (14).
Certaines de ces croyances peuvent ainsi
conduire au catastrophisme.
d’accentuer l’incapacité fonctionnelle, de favo-
riser la kinésiophobie (3) de même que l’évo-
lution défavorable du patient (4). D’après le
modèle de l’autorégulation de Leventhal (5), le
patient développe des croyances et des émo-
tions relatives à son affection. La représenta-
tion qu’il se fait de celle-ci et son sentiment
d’efficacité personnelle vont conditionner son
comportement.
Si les professionnels de la santé ont la pos-
sibilité de modifier et de corriger les croyances
délétères des patients, ils peuvent également les
renforcer en cas de discours et/ou de comporte-
ments inadéquats (6).
L’objectif de cette revue narrative de la litté-
rature est de synthétiser les connaissances sur
les croyances délétères des patients souffrant de
lombalgies et, notamment, sur la manière de les
identifier et de les prendre en charge.
m
éth ode s
Les articles concernant les croyances délé-
tères relatives aux douleurs lombaires qui ont
été considérés comme pertinents par un groupe
international (France, Belgique et Suisse)
multidisciplinaire (médecins spécialistes en
médecine physique et en rhumatologie, kiné-
sithérapeutes, psychologue) composé de 9
experts dans le domaine (membres de la Sec-
tion Rachis de la Société Française de Rhuma-
tologie et/ou de la Belgian Back Society) ont
été cités et commentés dans ce document.
R
ésu ltat s
C
lassifiCation
Les croyances délétères liées aux douleurs
lombaires peuvent concerner plusieurs dimen-
sions du modèle de Leventhal (5, 7, 8).
- L’origine des symptômes («cause») : cer-
tains patients imaginent que leurs douleurs
résultent d’une pathologie grave telle qu’un
cancer ou une fracture ou qu’elles s’expliquent
par la fragilité de leur dos (9, 10). D’autres attri-
buent erronément leurs douleurs à une lésion,
un port de charge ou des activités physiques et/
ou professionnelles. Une correction de telles
croyances sera indispensable si une reprise de
l’activité est envisagée.
- L’évolution de la symptomatologie («time-
line») : certains patients sont convaincus que
leurs douleurs s’aggraveront ou persisteront
(10).
C. Demoulin et Coll.
42 Rev Med Liège 2016; 71 : 1 : 40-46
des contraintes physiques sur les anomalies
dégénératives (principalement, d’origine géné-
tique (21)), et du fait que la douleur ne signifie
pas qu’il y a un dommage tissulaire, même en
cas de lombalgie aiguë (22). En résumé, les
croyances que le thérapeute a sur la lombalgie
peuvent moduler l’information qu’il délivre
au malade, et, par conséquence, influencer le
comportement du patient lombalgique.
Outre les croyances du thérapeute et le com-
portement qui en résulte (approche biomédicale
versus bio-psycho-sociale), la façon dont il va
rassurer le patient, l’informer, le conseiller et
même les mots qu’il va utiliser peuvent influen-
cer les croyances du patient. Plusieurs études (6,
10) ont en effet démontré que certains patients
avaient une mauvaise compréhension et inter-
prétation des mots utilisés par le thérapeute. A
titre d’exemple, l’étude de Barker et coll. (10)
révèle que le mot «chronique» est interprété
par certains comme signifiant «incurable»; le
mot «instabilité» suggère pour certains que le
dos est fragile et qu’il peut se bloquer à tout
moment; le mot «lombalgie non spécifique»
semble parfois suggérer que le médecin ne
comprend pas l’origine des douleurs et la façon
de les traiter, que le thérapeute pense que cela
n’existe pas, ou que des examens complémen-
taires sont nécessaires; le mot «arthrose» peut
également être à l’origine d’inquiétudes, car
interprété comme une atteinte incurable et dont
les symptômes ne vont que s’aggraver avec le
temps.
La réalisation d’examens complémentaires et
les résultats obtenus, ainsi que la façon dont ils
sont commentés par le thérapeute, constituent
également une source fréquente de croyances
délétères (23). La description des éventuelles
anomalies observées à l’imagerie (arthrose, dis-
copathie, protrusion, fissure, etc.), sans évoquer
D’autres types de croyances existent éga-
lement. Certaines concernent le diagnostic
et sont relatives à l’utilité des examens com-
plémentaires. Parmi les 7 fausses croyances
(considérées parfois comme des «mythes») fré-
quemment retrouvées dans la population géné-
rale au sujet des douleurs lombaires (12, 15)
(Tableau I), figure ainsi l’idée que «les radios et
les nouvelles techniques d’imagerie médicale
(CT-Scan, IRM) permettent toujours d’identi-
fier la cause de la douleur» et que «toutes les
personnes souffrant de lombalgies doivent pas-
ser une radio».
o
rigine
et
ConstruCtion
des
CroyanCes
délétères
Les croyances délétères relatives à la lom-
balgie ont plusieurs origines. L’entourage
(famille, amis), les médias (internet, etc.) et
les expériences préalables de douleurs lom-
baires (personnelles et de ses proches) consti-
tuent les facteurs primaires influençant les
croyances (6). Cependant, lorsque les indivi-
dus souhaitent des informations complémen-
taires, ils se tournent vers des professionnels
de la santé en qui ils ont confiance; les infor-
mations prodiguées par ces derniers ont géné-
ralement un impact beaucoup plus fort et plus
durable que celles issues des autres sources
(6). Si cet impact peut être favorable, il peut
également être délétère si le comportement et
les messages véhiculés par le professionnel de
la santé ne sont pas appropriés (6), ce qui est
malheureusement encore trop souvent le cas
à l’heure actuelle (16). En effet, bien que la
prise en compte des facteurs psychosociaux et
la nécessité d’une approche bio-psycho-sociale
soient maintenant unanimement reconnues (2),
certains thérapeutes conservent une approche
beaucoup trop biomédicale/biomécanique
pour les patients souffrant tant d’une lom-
balgie aiguë que chronique (17, 18). Ce type
de comportement véhicule implicitement un
message suggérant que le dos est vulnérable
et qu’il doit être protégé (6) avec, pour consé-
quences pour le patient, un retour aux activi-
tés physiques retardé (6, 19), un recours accru
et prolongé aux incapacités de travail (17) et,
donc, une évolution moins favorable. Les thé-
rapeutes adoptant ce schéma semblent oublier
le caractère multidimensionnel de la douleur et
l’influence considérable de nombreux facteurs
psychosociaux sur la perception de la douleur.
Ils semblent ne pas tenir compte de l’absence
de corrélation radio-clinique dans la lombal-
gie non spécifique (20), de la faible influence
• Lorsqu’on a une protrusion/hernie discale, il faut se faire opérer.
• Les radios et les nouvelles techniques d’imagerie médicale (CT-Scan,
IRM) permettent toujours d’identifier la cause de la douleur.
• Lorsqu’on a mal au dos, il faut y aller en douceur jusqu’à ce que la
douleur disparaisse.
• La plupart des lombalgies sont causées par des lésions ou un port de
charge lourde.
• Les lombalgies sont souvent invalidantes.
• Toutes les personnes souffrant de lombalgies doivent passer une
radio.
• Le repos au lit est le pilier de la thérapie.
T
ableau
1. l
es
7
fausses
croyances
myThes
»)
décriTes
par
d
eyo
(12)
Les croyances déLétères des patients LombaLgiques
43
Rev Med Liège 2016; 71 : 1 : 40-46
bonne connaissance des croyances des patients
lombalgiques de la part du soignant (médecin,
kinésithérapeute, psychologue, etc.), des quali-
tés d’écoute et de communication ainsi qu’une
durée de consultation suffisante pour évoquer
plusieurs thèmes avec le patient.
A côté des différentes approches qualitatives,
sous forme d’interview, qui ont été décrites
dans la littérature pour mettre en évidence
la présence de croyances délétères chez les
patients lombalgiques (6, 29), existent divers
questionnaires auto-administrés (29). Malheu-
reusement, aucun des questionnaires n’évalue
l’ensemble des croyances des patients. Ainsi,
même une utilisation exhaustive de ceux-ci
(qui serait difficile à réaliser, même dans un
contexte de recherche), ne permettrait pas d’ex-
clure la présence totale de croyances délétères.
Actuellement, l’entretien clinique reste donc la
ressource de choix pour pouvoir analyser les
croyances de façon approfondie.
la prévalence (élevée) de ces anomalies dans
des populations asymptomatiques (20), peut
avoir un réel effet nocebo, qui favorise le catas-
trophisme, mais aussi la douleur et le recours
aux soins médicaux (23). Ces observations jus-
tifient les recommandations actuelles qui pré-
conisent de limiter au maximum le recours à
l’imagerie en cas de lombalgie non spécifique
(24).
Ainsi, compte tenu de l’impact considérable
du discours des thérapeutes, des messages
à proscrire absolument ont été diffusés (25)
(Tableau II) et des lignes de conduite ont été
formulées dans la littérature (18).
Enfin, le traitement proposé par le thérapeute
peut également influencer les croyances. Par
exemple, un kinésithérapeute qui se limiterait
à effectuer des techniques passives (massage,
électrothérapie, mobilisations, manipulations),
particulièrement chez un patient lombalgique
chronique, favorisera la croyance que seul le
thérapeute peut avoir une action sur le pro-
blème (favorisant ainsi un sentiment d’auto-
efficacité limité) ou qu’il existe une lésion, ou
encore que le dos est fragile et à ménager (26),
tout en le privant de l’effet favorable des exer-
cices.
C
onséquenCes
des
CroyanCes
délétères
Les croyances délétères ont de nombreuses
conséquences (4). Elles contribuent au passage
à la chronicité (14), mais semblent aussi favori-
ser la persistance des douleurs chroniques (27).
Elles ont ainsi été intégrées dans de nombreux
modèles destinés à expliquer la chronicisation
des douleurs (14, 27) où elles sont à l’origine
du catastrophisme et de l’évitement. Elles
semblent même constituer un meilleur prédic-
teur de l’incapacité fonctionnelle au suivi à 6
mois que ces deux dernières composantes (7).
Certaines croyances délétères peuvent égale-
ment favoriser l’amplification de l’expérience
douloureuse, l’incapacité fonctionnelle, aug-
menter la durée de l’incapacité de travail (4),
et même favoriser l’apparition d’un épisode
de lombalgie (28). Ces conséquences justifient
l’intérêt de l’éducation à la neurophysiologie
de la douleur.
e
valuation
et
identifiCation
En clinique, l’identification des croyances
délétères est fréquemment négligée (8, 13). Elle
n’est pas toujours aisée, car elle nécessite une
Exemples de messages à proscrire
«Vous avez le dos d’une personne de 70 ans».
«Vous devriez éviter de vous pencher et de porter».
«Arrêtez-vous dès que vous sentez une douleur».
«Cela sera présent jusqu’à la fin de votre vie»
Exemples de messages à utiliser
- Pour encourager le patient à reprendre ses activités normales et à
bouger :
«Le dos est fait pour bouger».
«Le repos au lit est déconseillé et retarde la guérison»
«Maintenir ses activités est un bon moyen de guérir»
«Retourner à son travail dès que c’est possible, même à temps partiel,
favorisera la récupération».
- Pour rassurer le patient sur le caractère bénin de la lombalgie et
intégrer l’approche bio-psycho-sociale :
«Une lombalgie ne signifie pas que le dos est abîmé, cela signifie qu’il
est sensibilisé».
« Le cerveau fonctionne comme un amplificateur : plus vous vous
inquiétez et vous pensez à vos douleurs, plus la douleur sera
importante»
- Pour expliquer l’inutilité des examens complémentaires :
«La dégénérescence discale constitue une étape normale du vieillisse-
ment, avec sa survenue et son évolution qui sont largement déterminées
par les facteurs génétiques».
«Les modifications observées sur votre scan sont normales, comme le
sont les cheveux gris».
T
ableau
ii. e
xemples
de
messages
à
proscrire
/
uTiliser
avec
les
paTienTs
souffranT
de
lombalgie
non
spécifique
C. Demoulin et Coll.
44 Rev Med Liège 2016; 71 : 1 : 40-46
le modèle peur-évitement (14), l’origine et
les conséquences du stress, etc.) peut s’avérer
utile. L’intégration des techniques d’entretien
motivationnel dans le cadre de l’éducation du
patient lombalgique aura un intérêt évident
pour aider le patient à gérer son ambivalence
par rapport à l’activité et aux mouvements, à
amorcer un changement, et à valoriser et soute-
nir ses efforts (36).
L’éducation à la neurophysiologie de la
douleur semble, par ailleurs, constituer une
composante éducative complémentaire oppor-
tune chez certains patients douloureux chro-
niques; d’après Louw et coll., elle permet de
réduire l’intensité de la douleur, l’incapacité
fonctionnelle et le catastrophisme, mais aussi
d’améliorer les performances physiques et les
connaissances de patients douloureux chro-
niques (37). Ce concept permet, notamment,
de faire prendre conscience au patient que des
systèmes naturels de modulation de la douleur
existent, mais qu’ils peuvent être altérés dans le
cadre de douleurs chroniques et qu’une sensibi-
lisation du système nerveux contribue de façon
importante aux douleurs (37-39). Si l’explica-
tion de la neurophysiologie de la douleur peut
sembler peu adaptée pour des patients, la lit-
térature a démontré qu’elle pouvait être expli-
quée de façon simple et compréhensible pour
tous, notamment à l’aide de brochures telles
que «Explain Pain» (39).
La prise en charge cognitivo-comportementale
L’information et l’éducation ne sont par-
fois pas suffisantes pour corriger/modifier les
croyances délétères. Dans ce cas, un traitement
cognitif spécifique peut être efficace (11). Cette
prise en charge individuelle peut se baser sur
les résultats du questionnaire Illness Percep-
tion Questionnaire (IPQ) (11). En présence de
croyances (risques potentiels de mouvements/
activités spécifiques) étant à l’origine d’un
comportement d’évitement et de kinésiopho-
bie, une prise en charge cognitivo-compor-
tementale spécifique telle que la thérapie par
exposition graduelle in vivo («Graded exposure
in vivo») peut s’avérer utile (40). Ce type de
traitement, destiné principalement aux patients
présentant un niveau élevé de peur-évitement,
comporte différentes étapes. Après avoir édu-
qué le patient et hiérarchisé différentes activités
quotidiennes en fonction des peurs qui y sont
liées au moyen d’un outil spécifique dénommé
le PHODA (Photograph Series of Daily Acti-
vities), le patient et le thérapeute discutent des
P
rise
en
Charge
Différents types de prise en charge peuvent
être proposés pour modifier/corriger les
croyances délétères des patients lombalgiques
et les sensibiliser sur l’importance d’une
approche bio-psycho-sociale (30).
L’information
Elle constitue un élément clé de la prise en
charge de tout patient lombalgique, tant en
phase aiguë que chronique (31, 32). Idéalement
proposée de façon individuelle et interactive,
elle est destinée, d’une part, à rassurer le patient
en dédramatisant la situation (en insistant, par
exemple, sur l’absence d’une maladie grave)
et, d’autre part, à lui expliquer le comporte-
ment adéquat à adopter et l’intérêt des activi-
tés physiques. Les différentes dimensions du
modèle de Leventhal devraient idéalement être
abordées. Pour aider les cliniciens dans cette
démarche, des auteurs (4, 25, 33) ont établi une
liste de messages qui peuvent être utilisés pour
rassurer les patients lombalgiques (Tableau II).
A côté du discours tenu par les thérapeutes,
des brochures peuvent également être utili-
sées. Bien que de nombreux documents, tels
que le «Back Book», aient été développés et
qu’ils soient généralement très appréciés par
les patients, leur efficacité demeure limitée
(34), particulièrement lorsqu’ils sont utilisés de
façon isolée.
Des campagnes médiatiques de santé
publique au sujet de la lombalgie ont, quant
à elles, montré une certaine efficacité pour
réduire les conséquences de la lombalgie au
niveau sociétal (35), mais elles ne suffisent pas.
L’éducation thérapeutique
En cas de croyances délétères, l’éducation
thérapeutique sera particulièrement néces-
saire et efficace. Elle consiste généralement à
reprendre les messages véhiculés lors de l’in-
formation du patient, mais en les abordant de
façon plus approfondie et individuelle. L’édu-
cation thérapeutique peut ainsi porter sur divers
aspects tels que les activités physiques et leur
importance, les facteurs influençant l’intensité
de la douleur, les facteurs de risque de la lom-
balgie et du passage ou maintien à la chronicité,
mais également l’hygiène de vie, la gestion du
stress et de la douleur ainsi que les stratégies
d’adaptation actives («coping», «pacing»).
Pour ce faire, l’explication des cercles vicieux
fréquemment décrits dans la littérature (ex :
Les croyances déLétères des patients LombaLgiques
45
Rev Med Liège 2016; 71 : 1 : 40-46
cale constitue un objectif thérapeutique qui
implique les praticiens, le patient, mais aussi
les systèmes d’assurance et les décideurs poli-
tiques.
R
eme Rci e me n ts
Nous adressons nos remerciements à
Madame Annie Depaifve pour son assistance
technique.
b
ibl i og R ap h ie
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risques perçus et des peurs liées aux activités
les plus appréhendées par le patient; les tâches
sont alors effectuées, puis discutées de façon à
faire prendre conscience au patient du carac-
tère non fondé de ses craintes. Chez les patients
douloureux chroniques présentant des niveaux
élevés de peur-évitement, ce type d’approche
a démontré son efficacité pour diminuer ces
craintes, le catastrophisme, la douleur et l’in-
capacité fonctionnelle (40). Si cette prise en
charge améliore également certainement le sen-
timent d’auto-efficacité, elle n’est pas toujours
suffisante et n’est pas adaptée en l’absence de
peur-évitement.
Les programmes d’activités graduées et de
réentraînement à l’effort
Ce type de programme peut également per-
mettre une réduction des peurs, une correction
de certaines croyances et une amélioration du
sentiment d’auto-efficacité. Ces effets semblent,
d’ailleurs, faire partie des facteurs prédictifs de
succès d’un programme de revalidation multi-
disciplinaire (41). Néanmoins, ils ne permettent
pas souvent de corriger toutes les croyances
délétères du patient, limitant ainsi potentielle-
ment l’efficacité du traitement. L’association
aux techniques précédemment décrites est ainsi
recommandée (38).
c
onc l us i on
Face à l’importance des croyances des
patients dans le processus de chronicisation de
la lombalgie, chaque thérapeute joue un rôle
déterminant. S’il exprime des croyances ina-
daptées, il peut induire des croyances délétères
chez son patient ou les renforcer (notamment,
lors de l’interprétation des examens radiolo-
giques ou des conseils prodigués relatifs aux
activités à réaliser ou à éviter). A contrario,
le thérapeute bien informé et attentif dispose
de nombreux outils, messages et techniques
de communication lui permettant d’inves-
tiguer puis, le cas échéant, de modifier les
croyances délétères de son malade. Ce faisant,
il détiendra des clés susceptibles de potentiali-
ser fortement l’efficacité de toute intervention
thérapeutique.
Les piliers de la lutte contre les croyances
délétères sont donc l’information basée sur
un modèle bio-psycho-social, l’éducation à la
santé, les méthodes cognitivo-comportemen-
tales et la reprise d’activités physiques. La mise
en place de ces outils dans la pratique médi-
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Les demandes de tirés à part doivent être adressées à
Mr C. Demoulin, Département des Sciences de la
Motricité, ISEPK – B21 – Allée des Sports 4, Sart-
Tilman, B-4000 Liège, Belgique.
Mail: christophe.demoulin@ulg.ac.be
... De plus, le modèle biomédical est susceptible d'augmenter la peur et le développement d'invalidité (13) en transmettant l'idée que la colonne vertébrale est fragile, vulnérable et dommageable (14) . Cela conduit à renforcer les comportements d'évitement et de protection et entraîne le recours à des traitements plus invasifs (15) associé à une évolution défavorable (16) . ...
... Ce modèle revendique la multifactorialité des lombalgies et soutient que des facteurs psychologiques tels que les croyances des patients, le catastrophisme et l'auto-efficacité sont des prédicteurs de l'évolution de celles-ci (1,15) . Les croyances des patients tiennent une place essentielle (16) . De nombreuses études ont mis en évidence que les croyances biomédicales sont encore très fortement présentes dans la population générale et chez les professionnels de santé (18,19) . ...
... Par exemple, le fait de penser que le dos est fragile et doit être protégé va conduire à une diminution des activités physiques, à un déconditionnement et à une augmentation des symptômes (20) . Ces croyances sont donc susceptibles d'être à l'origine de la chronicité et à l'établissement de l'incapacité fonctionnelle (16) . ...
Article
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Introduction : Des croyances inappropriées concernant la lombalgie font parties des facteurs de risque de chronici-sation. L'éducation thérapeutique est un élément clé favo-risant un meilleur pronostic. Un site internet permettrait de transmettre les connaissances actuelles, cependant peu de sites francophones exposent la vision biopsychosociale des lombalgies. Objectif : Développer et faire une évaluation préliminaire d'un site internet d'information en français sur la lombalgie. Méthode : Le contenu du site a été élaboré en lien avec la littérature actuelle et la consultation d'experts. Puis, un questionnaire d'évaluation de la qualité du site a été créé et diffusé auprès d'experts, de physiothérapeutes et de la population générale. Les données quantitatives ont été présentées sous forme de pourcentages et les commen-taires ajoutés par les participants ont été synthétisés afin d'apporter des précisions et des pistes d'amélioration. Résultats : 7 experts, 22 physiothérapeutes, 9 personnes lombalgiques et 24 personnes asymptomatiques ont parti-cipé à l'évaluation du site. Six thèmes sur sept ont obtenu des réponses positives dans 87 à 99 % des cas. Les avis liés à la crédibilité ont été plus mitigés. Les participants ont spontanément relevé l'utilité du site et la transmission d'un message rassurant sur les lombalgies. Discussion/conclusion : Les diverses étapes constituant ce travail ont permis la création du site "www.infomaldedos.ch" qui a été perçu de manière très positive. Des sites internet basés sur le modèle biopsychosocial sont requis afin de transmettre les connaissances actuelles au plus grand nombre et d'uniformiser le discours des professionnels. De futures recherches sont nécessaires afin d'approfondir le rôle des sites internet d'informations sur le mal de dos. Introduction: Inaccurate beliefs about low back pain are an additional risk factor for chronicization. Thus, therapeutic education is a key component for better outcomes. A website would offer the possibility to communicate current knowledge ; however, few websites in French depict the biopsychosocial vision of low back pain. Objective: The present study aimed to develop a website in French about low back pain and perform a preliminary assessment. Method: The content of the website was developed using the current literature and in consultation with experts. Then, we assessed its quality through a survey with experts, physical therapists, and general population. The quantitative data were presented as percentages. Next, the comments provided by the participants were synthetized and incorporated to provide clarifications and further improvements. Results: In total, 7 experts, 22 physical therapists, and 9 and 24 individuals with and without low back pain, respectively, participated in this study. Six themes out of seven received positive responses from 87–99 % of the participants. Credibility was more nuanced. The participants spontaneously noted the utility of the website and the transmission of a reassuring message about low back pain. Discussion/conclusion: The various stages constituting this work allowed the creation of the website “www.infomaldedos.ch” which was positively reviewed by the survey participants. Websites based on the biopsychosocial model are necessary to share current knowledge with a wide audience and to standardize the discourse of professionals. Additional research is needed to further explore the use of websites in imparting information about low back pain.
... However, they are less affected than people in the chronic phase. The additional difficulties reported by the patients interviewed and by the experts interviewed are in line with certain elements of the literature [9,[12][13][14][15][16][17]. ...
... The use of cognitive behavioral therapies (CBT) is often mentioned in the literature [3,13,11,[16][17][18][23][24][25][26]. CBT has been shown to help patients change the cognitive processes that cause their beliefs and inappropriate health behaviors. ...
Article
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Introduction: Low back pain is a major public health concern. Institutions now advocate physical activity and the use of a multidisciplinary approach without specifying its modalities. The aim of this study was to identify the difficulties encountered by patients with chronic, subacute, or recurrent low back pain, in order to define the therapeutic actions to be taken accordingly. Methods:This is a mixed methods study composed of two quantitative surveys elaborated in France with 117 patients and a qualitative survey based on semi-directed interviews with 4 expertsin the field. Results: Numerous problems inherent to low back painwere identified: pain, functional disabilities, anxiety, feelings of stigmatization, work-related difficulties, sleep disturbance, perplexity with the health care system, de-socialization,disruption of sexual life, and decreased self-esteem. Conclusions: In response to the multiple domains affected by this pathology, numerous therapeutic actions can be proposed jointly by an interdisciplinary team focused on the patient, such as physical activity, cognitive-behavioral therapies, psychological and socio-professional support, and an adapted pharmacological treatment. Some approaches, such as diet and sleep, are showing interesting results but need to be studied further. Patients should be offered an early adapted support to avoid the passage to chronicity
... De plus, bien que ces moyens de prévention soient assez bien maîtrisés, nous nous posons la question de savoir comment ils sont transmis aux patientes. En effet, la manière avec laquelle vont être expliqué ces informations, le ton employé, la conviction du professionnel, conditionnent la réception des conseils [44]. ...
... Les réponses ont été satisfaisantes puisque cet item a été coché seulement cinq fois.Il est important que les professionnels sachent expliquer simplement l'origine, les mécanismes et l'évolution de la lombalgie pendant et après la grossesse. Il a été démontré dans la littérature que de fausses croyances concernant la lombalgie sont des facteurs de risque d'amplifier voire de chroniciser les douleurs[44]. ...
Thesis
La lombalgie commune, un des « petits maux de la grossesse », est souvent considérée comme inévitable. En effet, les modifications physiologiques de la grossesse peuvent favoriser leurs survenues. À cela s'ajoutent des facteurs de risques bien identifiés dans la littérature. De plus, les thérapeutiques sont limitées dans leur efficacité. Ainsi, la patiente et le corps médical peuvent se sentir démunis. De cette manière, nous nous sommes intéressés au versant de la prévention et au rôle de la sage-femme dans celui-ci. Les consultations prénatales et l'entretien prénatal précoce sont les moments les plus propices pour la mettre en place. Notre enquête par questionnaire, auprès des sages-femmes libérales et hospitalières, de trois maternités de Haute-Normandie, nous a permis dans un premier temps, de sensibiliser ces professionnels, puis de répondre à notre questionnement. Leurs connaissances sur la lombalgie et ses conséquences indiquent que les sages-femmes ne sous-estiment pas les répercussions engendrées par ces douleurs. De plus, elles ont conscience de leur rôle dans la prévention. Néanmoins, celle-ci n'étant pas réalisée systématiquement et face à une importante demande de la part des patientes, nous pensons que la prévention pourrait être un thème à approfondir. Il semblerait que le manque de temps en prénatal et l'absence d'approfondissement de ce sujet dans la formation initiale de sage-femme influencent ces résultats. La sage-femme a une place privilégiée dans la prévention de la lombalgie des femmes enceintes.
Article
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Over the last decade, Physical and Rehabilitation Medicine (PRM) is a medical specialty that has evolved considerably in the various fields that concern it : from the management of low back pain and lumbosciatalgia or osteoporosis in a multidisciplinary manner, through the use of new technologies in neuro-locomotor rehabilitation and robotisation in amputee patients for example, the development of regenerative medicine and prevention in sports traumatology and, finally, the progress of electrophysiology techniques for the diagnosis of small-fibre neuropathies. These various advances will be discussed in this article.
Article
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IMPORTANCE Reassurance is a core aspect of daily medical practice, yet little is known on how it can be achieved. OBJECTIVE To determine whether patient education in primary care increases reassurance in patients with acute or subacute low back pain (LBP). DATA SOURCES Medline, EMBASE, Cochrane Central Register for Controlled Trials, and PsychINFO databases were searched to June 2014. DESIGN Systematic review and meta-analysis of randomized and nonrandomized clinical trials. STUDY SELECTION To be eligible, studies needed to be controlled trials of patient education for LBP that were delivered in primary care and measured reassurance after the intervention. Eligibility criteria were applied, and studies were selected by 2 independent authors. MAIN OUTCOMES AND MEASURES The primary outcomes were reassurance in the short and long term and health care utilization at 12 months. DATA EXTRACTION AND SYNTHESIS Data were extracted by 2 independent authors and entered into a standardized form. A random-effects meta-analysis tested the effects of patient education compared with usual care on measures of reassurance. To investigate the effect of study characteristics, we performed a preplanned subgroup analysis. Studies were stratified according to duration, content, and provider of patient education. RESULTS We included 14 trials (n = 4872) of patient education interventions. Trials assessed reassurance with questionnaires of fear, worry, anxiety, catastrophization, and health care utilization. There is moderate-to high-quality evidence that patient education increases reassurance more than usual care/control education in the short term (standardized mean difference [SMD], −0.21; 95% CI, −0.35 to −0.06) and long term (SMD, −0.15; 95% CI, −0.27 to −0.03). Interventions delivered by physicians were significantly more reassuring than those delivered by other primary care practitioners (eg, physiotherapist or nurse). There is moderate-quality evidence that patient education reduces LBP-related primary care visits more than usual care/control education (SMD, −0.14; 95% CI, −0.28 to −0.00 at a 12-month follow-up). The number needed to treat to prevent 1 LBP-related visit to primary care was 17. CONCLUSIONS AND RELEVANCE There is moderate-to high-quality evidence that patient education in primary care can provide long-term reassurance for patients with acute or subacute LBP.
Article
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Degenerative changes are commonly found in spine imaging but often occur in pain-free individuals as well as those with back pain. We sought to estimate the prevalence, by age, of common degenerative spine conditions by performing a systematic review studying the prevalence of spine degeneration on imaging in asymptomatic individuals. We performed a systematic review of articles reporting the prevalence of imaging findings (CT or MR imaging) in asymptomatic individuals from published English literature through April 2014. Two reviewers evaluated each manuscript. We selected age groupings by decade (20, 30, 40, 50, 60, 70, 80 years), determining age-specific prevalence estimates. For each imaging finding, we fit a generalized linear mixed-effects model for the age-specific prevalence estimate clustering in the study, adjusting for the midpoint of the reported age interval. Thirty-three articles reporting imaging findings for 3110 asymptomatic individuals met our study inclusion criteria. The prevalence of disk degeneration in asymptomatic individuals increased from 37% of 20-year-old individuals to 96% of 80-year-old individuals. Disk bulge prevalence increased from 30% of those 20 years of age to 84% of those 80 years of age. Disk protrusion prevalence increased from 29% of those 20 years of age to 43% of those 80 years of age. The prevalence of annular fissure increased from 19% of those 20 years of age to 29% of those 80 years of age. Imaging findings of spine degeneration are present in high proportions of asymptomatic individuals, increasing with age. Many imaging-based degenerative features are likely part of normal aging and unassociated with pain. These imaging findings must be interpreted in the context of the patient's clinical condition. © 2015 American Society of Neuroradiology.
Article
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An approach to low back pain should involve an initial triage to screen for serious pathology, assessment for psychosocial risk, clear explanations to reduce the sense of threat, active rehabilitation and discouragement of unwarranted radiological investigation.
Article
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Chronic spinal pain (CSP) is a severely disabling disorder, including non-traumatic chronic low back and neck pain, failed back surgery and chronic whiplash associated disorders. Much of the current therapy is focused on input mechanisms (treating peripheral elements like muscles and joints) and output mechanisms (addressing motor control), while there is less attention to processing (central) mechanisms. In addition to the compelling evidence for impaired motor control of spinal muscles in patients with CSP, there is increasing evidence that central mechanisms, i.e. hyperexcitability of the central nervous system and brain abnormalities play a role in CSP. Hence, treatments for CSP should not only address peripheral dysfunctions, but also the brain. Therefore, a modern neuroscience approach, comprising of therapeutic pain neuroscience education followed by cognition-targeted motor control training, is proposed. This perspective paper explains why and how such an approach to CSP can be applied in physical therapy practice.
Article
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Background The effectiveness of multidisciplinary treatment in chronic widespread pain (CWP) is limited. The considerable heterogeneity among patients is a likely explanation. Knowledge on predictors of the outcome of multidisciplinary treatment can help to optimize treatment effectiveness. The purpose of this study was to identify predictors of multidisciplinary treatment outcome in patients with CWP. Methods Data were used from baseline and 6 months follow-up measurements of a prospective cohort study of 120 CWP. Regression models were used to assess whether baseline variables predicted treatment outcome. Outcome domains included: pain, pain interference, depression, and global perceived effect (GPE). Potential predictors included: psychological distress, illness and self-efficacy beliefs, fear-avoidance beliefs and behaviour, symptoms, disability, and socio-demographic factors. Results Greater improvement in pain was predicted by more pain at baseline and male gender. Greater improvement in interference of pain in daily life was predicted by more interference of pain in daily life at baseline, lower levels of anxiety, a stronger belief in personal control, less belief in consequences, male gender, and a higher level of education. Greater improvement in depression was predicted by higher baseline values of depression, stronger beliefs in personal control, and a higher level of education. Better outcome on GPE was predicted by less pain, less fatigue, and a higher level of education. Conclusion Less anxiety, stronger beliefs in personal control, less belief in consequences, less pain, less fatigue, higher level of education, and male gender are predictors of better outcome of multidisciplinary treatment in CWP. Tailoring treatment to these specific patient characteristics or selecting eligible patients for multidisciplinary treatment may further improve treatment outcome.
Article
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It is well established that the biomedical model falls short in explaining chronic musculoskeletal pain. Although many musculoskeletal therapists have moved on in their thinking and apply a broad biopsychosocial view with regard to chronic pain disorders, the majority of clinicians have received a biomedical-focused training/education. Such a biomedical training is likely to influence the therapists' attitudes and core beliefs toward chronic musculoskeletal pain. Therapists should be aware of the impact of their own attitudes and beliefs on the patient's attitudes and beliefs. As patient's attitudes and beliefs influence treatment adherence, musculoskeletal therapists should be aware that focusing on the biomedical model for chronic musculoskeletal pain is likely to result in poor compliance with evidence based treatment guidelines, less treatment adherence and a poorer treatment outcome. Here, we provide clinicians with a 5-step approach toward effective and evidence-based care for patients with chronic musculoskeletal pain. The starting point entails self-reflection: musculoskeletal therapists can easily self-assess their attitudes and beliefs regarding chronic musculoskeletal pain. Once the therapist holds evidence-based attitudes and beliefs regarding chronic musculoskeletal pain, assessing patients' attitudes and beliefs will be the natural next step. Such information can be integrated in the clinical reasoning process, which in turn results in individually-tailored treatment programs that specifically address the patients' attitudes and beliefs in order to improve treatment adherence and outcome.
Article
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Abstract Fear-avoidance beliefs and catastrophizing have been implicated in chronic pain and theoretical models have been developed that feature these factor in the transition from acute to chronic pain. However, little has been done to determine whether these factors occur in the general population or whether they arc associated with the inception of an episode of neck or back pain. The aim of this study was to evaluate prospectively the effects of fear-avoidance beliefs and catastrophizing on the development of an episode of self-reported pain and associated physical functioning. To achieve this, we selected a sample of 415 people from the general population who reported no spinal pain during the past year. At the pretest a battery of questionnaires was administered to assess beliefs about pain and activity and it featured the Pain Catastrophizing Scale and a modified version of the Fear-Avoidance Beliefs Questionnaire. One year later outcome was evaluated by self-reports of the occurrence of a pain episode as well as a self-administered physical function test. The results showed that scores on both fear-avoidme and cabstrophizing were quite low. During the one year follow-up, 19% of the sample suffered an episode of back pain. Those with scores above the median on fear-avoidance beliefs at the pretest had twice the risk of suffering an episode of back pain and a 1.7 times higher risk of lowered physical function at the follow-up. Catastrophizing was somewhat less salient, increasing the risk of pain or lowered function by 1.5. but with confidence intervals falling below unity. These data indicate that fear-avoidance beliefs may be involved at a very early pint in the development of pain and associated activity problems in people with back pain. Theoretically. our results support the idea that fear-avoidance beliefs may develop in an interaction with the experience of pain. Clinically, the results suggest that catastrophizing and particularly fear-avoidance beliefs are important in the development of a pain problem and might be of use in screening procedures.
Article
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To evaluate the evidence for the effectiveness of neuroscience education (NE) for pain, disability, anxiety, and stress in chronic musculoskeletal (MSK) pain. Systematic searches were conducted on Biomed Central, BMJ.com, CINAHL, the Cochrane Library, NLM Central Gateway, OVID, ProQuest (Digital Dissertations), PsycInfo, PubMed/Medline, ScienceDirect, and Web of Science. Secondary searching (PEARLing) was undertaken, whereby reference lists of the selected articles were reviewed for additional references not identified in the primary search. All experimental studies including randomized controlled trials (RCTs), nonrandomized clinical trials, and case series evaluating the effect of NE on pain, disability, anxiety, and stress for chronic MSK pain were considered for inclusion. Additional limitations: studies published in English, published within the last 10 years, and patients older than 18 years. No limitations were set on specific outcome measures of pain, disability, anxiety, and stress. Data were extracted using the participants, interventions, comparison, and outcomes (PICO) approach. Methodological quality was assessed by 2 reviewers using the Critical Review Form-Quantitative Studies. This review includes 8 studies comprising 6 high-quality RCTs, 1 pseudo-RCT, and 1 comparative study involving 401 subjects. Most articles were of good quality, with no studies rated as poor or fair. Heterogeneity across the studies with respect to participants, interventions evaluated, and outcome measures used prevented meta-analyses. Narrative synthesis of results, based on effect size, established compelling evidence that NE may be effective in reducing pain ratings, increasing function, addressing catastrophization, and improving movement in chronic MSK pain. For chronic MSK pain disorders, there is compelling evidence that an educational strategy addressing neurophysiology and neurobiology of pain can have a positive effect on pain, disability, catastrophization, and physical performance.
Article
Recommendation 1: Clinicians should conduct a focused history and physical examination to help place patients with low back pain into 1 of 3 broad categories: nonspecific low back pain, back pain potentially associated with radiculopathy or spinal stenosis, or back pain potentially associated with another specific spinal cause. The history should include assessment of psychosocial risk factors, which predict risk for chronic disabling back pain (strong recommendation, moderate-quality evidence). Recommendation 2: Clinicians should not routinely obtain imaging or other diagnostic tests in patients with nonspecific low back pain (strong recommendation, moderate-quality evidence). Recommendation 3: Clinicians should perform diagnostic imaging and testing for patients with low back pain when severe or progressive neurologic deficits are present or when serious underlying conditions are suspected on the basis of history and physical examination (strong recommendation, moderate-quality evidence). Recommendation 4: Clinicians should evaluate patients with persistent low back pain and signs or symptoms of radiculopathy or spinal stenosis with magnetic resonance imaging (preferred) or computed tomography only if they are potential candidates for surgery or epidural steroid injection (for suspected radiculopathy) (strong recommendation, moderate-quality evidence). Recommendation 5: Clinicians should provide patients with evidence-based information on low back pain with regard to their expected course, advise patients to remain active, and provide information about effective self-care options (strong recommendation, moderate-quality evidence). Recommendation 6: For patients with low back pain, clinicians should consider the use of medications with proven benefits in conjunction with back care information and self-care. Clinicians should assess severity of baseline pain and functional deficits, potential benefits, risks, and relative lack of long-term efficacy and safety data before initiating therapy (strong recommendation, moderate-quality evidence). For most patients, first-line medication options are acetaminophen or nonsteroidal anti-inflammatory drugs. Recommendation 7: For patients who do not improve with self-care options, clinicians should consider the addition of nonpharmacologic therapy with proven benefits-for acute low back pain, spinal manipulation; for chronic or subacute low back pain, intensive interdisciplinary rehabilitation, exercise therapy, acupuncture, massage therapy, spinal manipulation, yoga, cognitive-behavioral therapy, or progressive relaxation (weak recommendation, moderate-quality evidence).
Article
This article has no abstract; the first 100 words appear below. Visual evidence is compelling. Unlike an abstract measure of plasma glucose or blood pressure, a herniated disk — or a picture of one, thanks to the wonders of modern imaging — can be seen by doctors and patients. Furthermore, conventional wisdom would have it that knowing imaging results can only be good. Most people are uncomfortable with uncertainty, especially regarding medical diagnosis. To reduce anxiety, patients, family members, and physicians alike often request imaging tests “just to be sure.” Spine imaging plays an essential role in confirming diagnoses and planning surgery. However, with ever-improving resolution, modern imaging uncovers ever more . . . Disclosure forms provided by the author are available with the full text of this article at NEJM.org. Source Information From the Departments of Family Medicine, Medicine, and Public Health and Preventive Medicine and the Center for Research on Occupational and Environmental Toxicology, Oregon Health and Science University, and the Center for Health Research, Kaiser Permanente Northwest — both in Portland.