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Ylang-ylang{Cananag odorata(Lam.)Hook.f.&Thomson}: A barely known essential oil plant in an industry at risk

Authors:
  • Gembloux Agro-Bio Tech, University of Liège, Liège, Belgium

Abstract and Figures

Cananga odorata is a tropical tree from the Annonaceae family, native of Indonesia. Only the forma genuina can be called ylang-ylang. Nowadays, it is mainly cultivated in the Indian Ocean Islands in order to extract the ylang-ylang essential oil for the cosmetic industry. Ylang-ylang develops on many types of soils, under high temperatures and average precipitations of 1,500 mm per year. The pollarding, the maintenance, the elimination of water sprouts and the weeding must be performed to insure a high flower yield and facilitate harvesting. Flower harvest takes place all year long but flowers and essential oils yields are higher during the dry season. Mature and fresh flowers are then distillated and fractionated to obtain essential oil. Generated incomes are important for the economy of the three main producers: Union of Comoros, Madagascar and Mayotte. However, this plant is still poorly known despite its great economic value. This lack of information is a bottleneck for solving the ylang-ylang industry problems which endanger it. Moreover, there is no improvement program of this plant despite the high added value of its essential oil, probably due to the fact that its reproduction biology is far from being known. A thorough study of the plant and its essential oil could generate information necessary to solve the aforementioned problems, maintain and develop the ylang-ylang industry.
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L’Ylang-Ylang (Cananga odorata (Lam.) Hook & Thoms.) : une
plante à huile essentielle méconnue dans une filière en danger
Titre abrégé : l’Ylang-Ylang : une plante méconnue
Céline Benini1*, Jean-Paul Danflous2, Jean-Paul Wathelet3, Patrick du Jardin1, Marie-Laure
Fauconnier1
1Unité de Biologie végétale
Passage des Déportés 2
5030 Gembloux
Tél. 081/622450
Fax 081/600727
E-Mail : benini.c@fsagx.ac.be, dujardin.p@fsagx.ac.be, fauconnier.ml@fsagx.ac.be
2Délégation du Cirad à Mayotte
BP 1304
97 600 Mamoudzou
Mayotte
E-Mail : jean-paul.danflous@cirad.fr
3Unité de Chimie générale et organique
Passage des Déportés 2
5030 Gembloux
E-Mail : wathelet.jp@fsagx.ac.be
Remerciements: Les extraits de normes figurant dans cet ouvrage sont reproduits avec
l’accord d’AFNOR. Seul le texte original et complet de la norme telle que diffusée par
AFNOR – accessible via le site internet www.afnor.org – a valeur normative.
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Titre:
L’Ylang-Ylang (Cananga odorata (Lam.) Hook & Thoms.) : une plante à huile essentielle méconnue
dans une filière en danger.
Résumé:
Cananga odorata (Lam.) Hook & Thoms. est un arbre tropical de la famille des Annonaceae. Seule la
forme genuina peut porter le nom d’Ylang-Ylang proprement dit. Cet arbre est originaire d’Indonésie.
Actuellement, il est principalement cultivé dans les îles de l’Océan Indien afin d’en extraire l’huile
essentielle d’ylang-ylang, destinée à l’industrie cosmétique. L’arbre, naturellement de grande taille, est
ramené à hauteur d’homme afin de faciliter la cueillette des fleurs. Ses feuilles sont longues et foncées,
ses fleurs sont vert clair à jaune sombre, très odoriférantes, ses fruits sont des baies vert-noir. L’Ylang-
Ylang se développe sur de nombreux types de sols, sous des températures élevées et des précipitations
moyennes de 1500 mm par an. En conditions culturales, l’écimage, la taille, l’égourmandage et le
désherbage des parcelles doivent être réalisés afin d’assurer un bon rendement en fleur. La cueillette
des fleurs a lieu toute l’année mais les rendements, en fleurs et en huile essentielle, sont plus élevés
durant la saison sèche. Ces fleurs, fraiches et matures, subissent alors une distillation fractionnée afin
d’obtenir l’huile essentielle d’ylang-ylang. Les revenus qu’elle génère sont indispensables à
l’économie de l’Union des Comores, Madagascar et Mayotte, ses trois principaux producteurs.
Toutefois, malgré sa grande importance économique, il s’agit d’une plante peu connue. Ce manque
d’informations représente des obstacles à la résolution des problèmes de la filière qui la mettent en
danger : l’hétérogénéité de la qualité de son huile essentielle, la mauvaise conjoncture économique, le
frelatage, le risque de disparition de la filière à Mayotte et la grande consommation de ressources
naturelles. De plus cette plante ne fait l’objet d’aucun programme d’amélioration alors qu’elle génère
un produit de très haute valeur ajoutée. Ceci est probablement dû au fait que sa biologie de la
reproduction est peu connue. Une étude approfondie de la plante et de son huile essentielle permettrait
d’obtenir les informations qui font défaut afin d’aider la filière à solutionner ses problèmes, à se
maintenir voire à se développer
Mots-clés: Ylang-Ylang, Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms., îles de l’Océan Indien, huile
essentielle, filière, qualité.
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Title:
Ylang-Ylang (Cananga odorata (Lam.) Hook & Thoms.): a barely known essential oil plant in a
network at risk.
Summary:
Cananga odorata is a tropical tree from the Annonaceae family. Only the forma genuina can be called
Ylang-Ylang. This tree comes from Indonesia. Nowadays, it is mainly cultivated in the Indian Ocean
Islands in order to extract the ylang-ylang essential oil for the cosmetic industry. This tree is normally
tall but it is maintained at human height to make flower harvest easier. Its leaves are long and dark, its
flowers are light green to dark yellow, very odoriferous, its fruits are green-black berries. Ylang-Ylang
develops on many types of soils, under high temperatures and average precipitations of 1500 mm per
year. The pollarding, the maintenance, the elimination of water sprouts and the weeding must be
performed to insure a high flower yield. Flower harvest takes place all year long but flowers and
essential oils yields are higher during the dry season. Mature and fresh flowers are then distillated and
fractionated to obtain ylang-ylang essential oil. Generated incomes are important for the economy of
the three main producers: Union of Comoros, Madagascar and Mayotte. However, this plant is still
poorly known despite its great economic value. This lack of information is a bottleneck for solving the
Ylang-Ylang industry problems which endanger it: the heterogeneity of essential oil quality, the bad
current economic conjuncture, the adulteration, the industry decline in Mayotte, the great use of
natural resources. Moreover, there is no improvement program of this plant despite the high added
value of its essential oil. This is probably due to the fact that its reproduction biology is far from being
known. A thorough study of the plant and its essential oil could generate information necessary to
solve the aforementioned problems, maintain and develop the Ylang-Ylang industry.
Key-words: Ylang-Ylang, Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms., Indian Ocean Islands, essential
oil, industry, quality
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1. Introduction
Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms., communément appelé Ylang-Ylang, est un arbre originaire
des Moluques. Cet archipel situé à l’est de l’Indonésie a attiré les Européens dès le XVIème siècle en
raison de sa production importante d’épices (Guenther, 1952 ; PAFR, 1998 ; Florence, 2004 ;
Raymond, 2009). Aujourd’hui, C. odorata est cultivé sur trois sites principaux dans l’Océan Indien :
l’Union des Comores, Madagascar et Mayotte. L’Union des Comores et Mayotte sont localisées dans
la partie septentrionale du canal de Mozambique, entre Madagascar et la côte orientale de l’Afrique.
L’Union des Comores est constituée de trois îles : Grande Comore, Anjouan et Mohéli. A l’origine
intégrée à la République fédérale islamique des Comores lorsque cette dernière était une colonie
française, Mayotte a refusé son indépendance vis-à-vis de la France lors d’un référendum en 1975. Les
trois autres îles, ayant obtenu leur indépendance, forment aujourd’hui l’Union des Comores. D’abord
collectivité territoriale, ensuite départementale, Mayotte devient officiellement le 101ème département
français en 2009 (Louette et al., 2004 ; Chalet, 2009).
Cananga odorata est cultivé afin d’obtenir l’huile essentielle d’ylang-ylang par la distillation
fractionnée de ses fleurs fraiches et matures. Cette huile, très importante pour l’économie des pays
producteurs, représente une source indispensable de revenus pour les îles de l’Océan Indien (High
Value Horticulture, 1998). Elle présente une grande richesse olfactive et est destinée à la parfumerie
de luxe, la parfumerie de masse, la fabrication de produits cosmétiques, de détergents, de déodorants et
à la savonnerie (Guenther, 1952 ; Stachenko et al., 1995, 1996 ; High Value Horticulture, 1998 ;
PAFR, 1998 ; AFNOR, 2000 ; Manner et al., 2006). Bien qu’il entre dans la composition de nombreux
produits de notre quotidien, l’Ylang-Ylang est à la fois une plante et une huile essentielle très peu
connue.
Dans un premier temps, nous aborderons l’histoire de l’introduction de l’Ylang-Ylang dans les îles de
l’Océan Indien. Ensuite, nous étudierons la plante dans ses aspects botanique et phytotechnique. Nous
nous attarderons sur son huile essentielle. Nous présenterons le marché international. Nous mettrons
en évidence les problèmes de la filière. Les différentes informations présentées seront finalement
discutées.
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2. Historique
Originaire des Moluques, Cananga odorata est considéré comme indigène de la Birmanie aux
Philippines ainsi qu’au nord de l’Australie (Guenther, 1952 ; PAFR, 1998 ; Florence, 2004). Avant
1990, il était largement cultivé à Manille. Manille possédait pratiquement le monopole mondial de la
production d’huile essentielle d’ylang-ylang où cette dernière était de très haute qualité. Depuis lors, le
centre industriel a progressivement migré vers l’Océan Indien. La première introduction de l’Ylang-
Ylang dans cette zone géographique remonte à 1770, lors d'une expédition française dans les îles du
Pacifique où le capitaine d'Etchevery emporta avec lui des épices et des plantes qu'il introduisit sur
l'Ile de la Réunion. Mais ce n'est qu’à partir de 1909 que la culture de l'Ylang-Ylang prit de
l’importance. C'est à ce moment que la plante fut introduite à Madagascar et bénéficia d’une
production plus intensive car l'altitude, le climat et les conditions édaphiques y étaient très favorables à
sa croissance. Quelques années plus tard, c'est aux Comores, et plus particulièrement à Anjouan et à
Mayotte, que l’Ylang-Ylang fut cultivé et où d’importantes quantités d'huiles furent produites. Suite à
la première guerre mondiale, la plupart des plantations de Manille furent éliminées pour laisser la
place à de nouvelles résidences. Les distilleries de cette ville, autrefois reconnues pour leur efficacité,
disparurent. C'est pourquoi, à l’heure actuelle, Manille ne représente même plus 1 % de la production
mondiale (Guenther, 1952 ; Ainoudine, 1983 ; Manner et al., 2006). De nos jours, on retrouve des
plantations d’Ylang-Ylang dans les îles de l’Océan Indien, principalement aux Comores, à
Madagascar et à Mayotte, mais également en Colombie, en Indochine, au Costa Rica, aux Philippines
et en Côte d’Ivoire. Le premier producteur mondial d’essence d’ylang-ylang est l’Union des Comores
(PAFR, 1998 ; Florence, 2004 ; Manner et al., 2006).
3. La plante
3.1. Systématique et morphologie
Cananga odorata est un arbre persistant appartenant à la division des Magnoliophytes, classe des
Magnoliopsida, sous-classe des Magnoliidae, ordre des Magnioliales, famille des Annonaceae
(Cronquist, 1981 ; PAFR, 1998 ; Judd et al., 2002 ; Spichiger et al., 2002 ). Il existe deux formes de
Cananga odorata (genuina et macrophylla) et une variété (fruticosa) (Guenther, 1952 ; AFNOR,
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2005 ; Manner et al., 2006 ; Council of Europe, 2007 ; Ziegler, 2007). La forme macrophylla se
distingue de la forme genuina par des branches possédant un port tombant. Elles sont perpendiculaires
au tronc dans le cas de genuina et fruticosa. Chez macrophylla, la taille des fleurs et des feuilles est
plus importante. Par ailleurs, ces deux arbres ne sont pas cultivés dans les mêmes régions. Fruticosa
est une variété naine. Elle est caractérisée par un arbre de petite taille portant beaucoup de petites
fleurs (Guenther, 1952 ; Florence, 2004 ; AFNOR, 2005 ; Manner et al., 2006 ; Council of Europe,
2007 ; Ziegler, 2007) .
A partir d’ici, il ne sera plus question que de Cananga odorata forma genuina, soit l’Ylang-Ylang
proprement dit, cultivé en vue de la production d’huile essentielle. D’un point de vue morphologique,
lorsqu’il n’est pas taillé, l’arbre (Figure 1) mesure de 10 à 40 m, bien qu’il dépasse rarement les 30 m.
Les branches sont perpendiculaires au tronc voire légèrement érigées, les rameaux et feuilles tombants.
L’arbre est constitué d’un tronc unique dont l’écorce est lisse et partiellement grise. Les feuilles vert
foncé mesurent plus de 20 cm de longueur, sont alternes, simples, entières, astipulées, elliptiques à
oblongues. Sur les branches, les feuilles s’organisent dans un même plan. Les fleurs sont organisées en
une cyme unipare hélicoïde axillaire de deux à vingt fleurs (Figure 2a). Celles-ci sont composées de
trois sépales et de six pétales disposés sur deux verticilles (Figure 2b). D’un vert clair à jaune clair
lorsqu’elles sont au stade bouton, les fleurs deviennent jaune foncé à jaune brun au stade mature. Elles
sont très odoriférantes. Les fleurs sont actinomorphes et hermaphrodites, composées de nombreuses
étamines aux anthères à déhiscence latérale ou introrse et d’un ovaire supère constitué de nombreux
carpelles libres oblongs contenant de nombreux ovules bisériés. Dans l’hémisphère sud, l’Ylang-
Ylang fleurit toute l’année mais principalement de mars à octobre. Les fleurs évoluent ensuite en une
infructescence composée de plusieurs fruits charnus de type baie (Figure 3) de couleur vert-noir
d’environ 4 cm de longueur, oblongs ou pyriformes, non comestibles. Ils sont groupés par six à douze.
Ils contiennent de une à douze graines ovoïdes aplaties de couleur brun clair. Ces graines germent
assez facilement après une période de dormance n’excédant pas les soixante jours (Chalot, 1928 ;
Guenther, 1952 ; Deroin, 1988 ; Brulé et al., 1998 ; Florence, 2004 ; Manner et al., 2006).
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3.2. Conditions pédoclimatiques de sa zone de production
L’Ylang-Ylang est très rustique. Il s’agit d’une espèce pionnière, s’adaptant à une large gamme de
sols, allant du sablonneux à l’argileux. Dans sa zone culturale, il se développe aussi bien dans les sols
alluvionnaires du Sambirano à Madagascar que dans les sols volcaniques de Nosy-Bé ou des Comores.
Il peut croitre sur des sols à texture légère, moyenne et lourde. Il supporte des variations de pH allant
de 4,5 à 8,0. Il exige des terrains bien drainés mais tolère des sols détrempés sur une courte période.
Son système racinaire bien développé et pivotant lui permet de se développer sur des sols pentus mais
nécessite cependant un sous-sol qui ne soit pas trop rocailleux (Brulé et al., 1998 ; Manner et al.,
2006).
L'Ylang-Ylang pousse aussi bien sous un climat équatorial que sous un climat subtropical maritime.
On le rencontre dans les forêts tropicales humides et les forêts semi-sèches. On le retrouve à des
altitudes variant du niveau de la mer à 800 m et parfois jusqu'à 1200 m près de l'équateur. Les besoins
annuels en eau sont de 1500 à 2000 mm, mais l’arbre supporte des précipitations moyennes annuelles
allant de 700 à 5000 mm bien qu’il tolère de courtes périodes de sécheresse (moins de deux mois)
(Chalot, 1928 ; Guenther, 1952 ; Manner et al., 2006).
L’Ylang-Ylang préfère des températures élevées, comprises entre 25 et 31°C mais ne supporte pas des
températures inférieures à 5°C. L'Ylang-Ylang se développe mieux en plein soleil mais il tolère
l'ombre. Les feuilles et le tronc sont assez fragiles. Cependant, il repousse très vigoureusement après
des dégâts dus au vent (Chalot, 1928 ; Guenther, 1952 ; Manner et al., 2006).
3.3. La culture dans sa zone de production
Dans la zone culturale de l’Océan Indien, les parcelles d’Ylang-Ylang sont, généralement, de petite
taille : environ un hectare. On compte approximativement 400 arbres par hectare de plantation, plantés
en quinconce 4 m x 6 m ou bien alignés 5 m x 5 m. Les producteurs reproduisent l’Ylang-Ylang
principalement par semis. Il se prête difficilement au bouturage car il montre une capacité végétative
faible (Association des Naturaliste de Mayotte, 2006). Les graines présentent une dormance de 25 à 60
jours en fonction de la période de l’année. Mais ce sont les graines âgées de 6 à 12 mois qui ont les
taux de germination les plus importants. Le semis s’effectue en pépinière sur un sol bien arrosé, pas
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trop ensoleillé. L’acclimatation au soleil doit être progressive. Les arbres sont transférés en champs
lorsqu’ils atteignent une taille de 20 à 30 cm. Le paillage devrait être pratiqué jusqu’à ce que l’arbre
soit suffisamment grand pour produire de l’ombre afin d’éviter une évaporation excessive de l’eau du
sol et lutter contre les adventices. Cette pratique est cependant peu respectée. Le jeune pied d’Ylang-
Ylang produit ses premières fleurs vers 18 mois. Sa croissance est rapide, plus de deux mètres par an
dans les premières années (Guenther, 1952 ; Ben Mohadji, 2004 ; Association des Naturalistes de
Mayotte, 2006 ; Manner et al., 2006).
L’entretien régulier de l’arbre est nécessaire afin d’obtenir un bon rendement en fleurs. La première
pratique culturale à réaliser est l’écimage. Le premier écimage est effectué lorsque l’arbre atteint l’âge
de trois ans. Il consiste à éliminer la cime afin de redistribuer la sève aux branches et aux bourgeons
latéraux. L’arbre croit alors en largeur et non plus en longueur. L’arbre est ainsi maintenu à une
hauteur de deux mètres afin de faciliter la cueillette des fleurs (Guenther, 1952 ; Ben Mohadji, 2004 ;
Association des Naturalistes de Mayotte, 2006 ; Manner et al., 2006). A Madagascar, les branches sont
lestées afin de donner à l’arbre un port tombant facilitant d’avantage la cueillette des fleurs (Brulé et
al., 1998).
La taille est également importante pour assurer de bons rendements. Elle permet de sélectionner les
branches tombantes et d’éliminer les autres ainsi que les gourmands. Elle doit être réalisée trois fois
par an. La taille éclaircit le feuillage, donnant ainsi aux cueilleurs un accès facilité aux rameaux
florifères (Guenther, 1952 ; Ben Mohadji, 2004 ; Association des Naturalistes de Mayotte, 2006 ;
Manner et al., 2006).
Lors du remplacement des pieds âgés, le recépage est dorénavant préféré en Union des Comores à
l’arrachement systématique des arbres et remplacement par un jeune plant. Cette pratique consiste à
rabattre le tronc à une hauteur d’environ un mètre. Celui-ci émettra alors des rejets qu’il faudra par la
suite tailler comme un arbre normal (Guenther, 1952 ; Chaisse et al., 1999, Ben Mohadji, 2004 ;
Manner et al., 2006). Cependant, l’arrachage et le remplacement par de jeunes plants provenant de
pépinières ou de la forêt reste préféré au recépage à Madagascar et à Mayotte (Association des
Naturalistes de Mayotte, 2006).
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Selon le terrain, le désherbage des interlignes est parfois nécessaire. Il doit alors être réalisé deux fois
par an. Outre le fait d’éviter une compétition entre les arbres et les adventices, il est surtout pratiqué
pour faciliter le déplacement des cueilleurs dans la plantation (Guenther, 1952 ; Ben Mohadji, 2004 ;
Association des Naturalistes de Mayotte, 2006 ; Manner et al., 2006).
Concernant la lutte contre les ravageurs et les maladies, aucune mesure particulière n'est prise. En
effet, bien que des ennemis lui soient connus, l’Ylang-Ylang est une espèce rustique qui est peu sujette
aux problèmes phytosanitaires (Guenther, 1952 ; Manner et al., 2006).
L’Ylang-Ylang n’est pas soumis à la saisonnalité. Pour cette raison, la cueillette des fleurs peut être
réalisée toute l’année. Il existe cependant des pics de récolte pendant la saison sèche durant les mois
de juin à octobre, période pendant laquelle les fleurs ne sont pas gorgées d’eau et donnent de meilleurs
rendements en huile essentielle. La cueillette est réalisée manuellement par les femmes et les fleurs
sont déposées dans des paniers en palmes de coco tressées afin d’éviter la fermentation. La cueillette a
lieu très tôt le matin car les composés aromatiques sont synthétisés durant la nuit et se volatilisent
durant la journée. C’est la raison pour laquelle, il est préférable d’implanter la culture sur des coteaux
orientés vers l’ouest (couchant). La fréquence de la cueillette est fonction de la saison et de la
superficie de la parcelle. Ainsi la cueillette peut avoir lieu de tous les jours à tous les dix jours en
saison sèche et tous les cinq à trente jours en saison humide. La production étant plus faible durant la
saison des pluies en raison du coulage (fleurs chargées d’humidité et teneur en huile essentielle
réduite). Il faut environ 20 jours pour que les fleurs atteignent la maturité. Elles sont alors jaunes avec
un cœur rouge, provoqué par la présence d’indole. C’est à ce moment là qu’il faut récolter car la
teneur en huile essentielle est maximale. Les arbres produisent environ 6 kg de fleurs par an quand les
arbres sont au sommet de leur production, c’est-à-dire lorsqu’ils ont entre 10 et 15 ans (Guenther,
1952 ; Ben Mohadji, 2004 ; Manner et al., 2006).
4. L’huile essentielle : définitions, extraction, composition chimique, qualité,
variabilité
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4.1. Définitions
Les huiles essentielles sont des mélanges de composés lipophiles, volatils et souvent liquides qui sont
stockés dans des tissus végétaux spécialisés et extraits des plantes grâce à des procédés physiques
(hydrodistillation, entraînement à la vapeur ou expression à froid pour les huiles essentielles
d’agrumes). Les produits obtenus par extraction avec d’autres procédés que ceux cités ci-dessus ne
sont pas repris dans la définition d’huile essentielle donnée par les normes de l’Association Française
de Normalisation (AFNOR). Ceux-ci portent alors les noms de: concrète, pommade florale, résinoïde
ou absolue en fonction du procédé utilisé (Bruneton, 1993 ; AFNOR, 2000 ; Antin et al., 2005) .
Les huiles essentielles sont responsables de l’odeur caractéristique des plantes. Les constituants
principaux d’une huile essentielle sont les terpènes (monoterpènes C10H16, diterpènes C20H32 et
sesquiterpènes C15H24). Ce sont des hydrocarbones qui contiennent une ou plusieurs double liaisons.
Ainsi, on peut également retrouver dans l’huile : des hydrocarbures monoterpéniques et
sesquiterpéniques mais également des alcools, des aldéhydes, des cétones, des époxydes ainsi que des
esters et autres dérivés phénylpropaniques. Dans les plantes, les huiles essentielles ont pour fonction
d’attirer les insectes pollinisateurs ou repousser les insectes hostiles. Un certain nombre d’entre elles
ont également des propriétés antiseptiques, insecticides, fongicides et bactéricides (Winckens, 2001 ;
Hopkins, 2003 ; Anton et al., 2005).
4.2. Extraction
L’huile essentielle d’ylang-ylang est obtenue par hydrodistillation ou entrainement à la vapeur des
fleurs matures de l’arbre (AFNOR, 2000).
L’alambic (Figure 4) est le matériel nécessaire à la distillation. Il est constitué d’une chaudière en
cuivre, d’une cucurbite dans laquelle on place les fleurs et l’eau nécessaire à la distillation. La
cucurbite se prolonge en un chapiteau se terminant par un col de cygne. Les vapeurs s’en échappent et
continuent leur trajet dans un serpentin qui plonge dans l’eau du réfrigérant. L’extrémité du serpentin
débouche à l’extérieur, dans le bas du réfrigérant. C’est là que l’on recueille les liquides de
condensation (Guenther, 1952 ; Winckens, 2001 ; Rolet, 2003).
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On peut cependant distinguer deux types de distillation : l’hydrodistillation et l’entraînement à la
vapeur (Figure 4). Dans le premier cas, la matière végétale est directement placée dans l’eau
bouillante de la cucurbite. Dans le second cas, le matériel végétal est placé sur une grille perforée dans
le fond de la cucurbite. Les composés volatils sont alors emportés par les aérosols de la vapeur d’eau
qui se dégage suite à l’ébullition de l’eau présente dans le fond de la cucurbite. L’entrainement à la
vapeur est la méthode qui permet d’obtenir l’huile de meilleure qualité. Le fait que les fleurs ne sont
pas en contact direct avec la cucurbite permet d’éviter que ces dernières ne collent et ne brulent dans le
fond de l’alambic. Actuellement, les distillateurs pratiquent le plus souvent l’entrainement à la vapeur
d’eau (Guenther, 1952 ; PAFR, 1998 ; Winckens, 2001 ; Manner et al., 2006).
L’huile essentielle d’ylang-ylang est fractionnée en cinq fractions (ou qualités) possédant des
propriétés physico-chimiques différentes : l’Extra Supérieure (ES), l’Extra (E), la Première (I), la
Deuxième (II) et la Troisième (III). Les fractions ES, E et I constituent les fractions « de tête » car
elles sont les premières à être obtenues lors de la distillation. La fraction II forme la fraction « de
corps » et la III constitue la fraction « de queue ». La technique utilisée pour obtenir ces fractions est
empirique. Elle dépend du temps de distillation écoulé, du volume d’huile obtenu et de la densité. Les
essences ES et E sont distillées dans les deux premières heures. De nouveaux deux à trois heures plus
tard, on obtient la I. La II est obtenue en une à deux heures. Il faut alors ouvrir la cucurbite afin de
rajouter de l’eau et laisser la distillation se poursuivre. L’essence alors recueillie est la III dite fraction
« de queue ». Généralement, une distillation d’ylang-ylang dure de 20 à 24 heures. Les fleurs fraiches
contiennent de 2 à 2,5% d’huile essentielle. Il faut donc distiller 4 à 5 kg de fleurs fraiches pour
obtenir 100 ml d’huile essentielle d’ylang-ylang (toutes fractions confondues). On considère de façon
très approximative que les fleurs fraiches contiennent 18 à 24% d’ES, 10 à 16% d’E, 10 à 16% de I, 7
à 10% de II et 50 à 65% de III (Guenther, 1952 ; Gaydou et al., 1988 ; PAFR, 1998 ; Manner et al.,
2006).
4.3. Composition chimique
Les constituants principaux de l’huile essentielle d’ylang-ylang, tels que présentés par l’AFNOR dans
la norme relative à l’huile essentielle d’ylang-ylang (Tableau 1), révèlent une grande richesse
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olfactive organisée en différentes classes de constituants chimiques. Les hydrocarbures
sesquiterpéniques (caryophyllène, cadinène, farnésène, …) sont les constituants les plus largement
présents (jusqu’à 40%). Ils créent la base des notes chaudes sur laquelle viennent « s’accrocher » les
autres molécules. Parmi les alcools (linalol, géraniol, farnésol, …), le principal est le linalol (alcool
monoterpénique). Il est responsable des notes fraiches et fleuries. Les esters (acétate de benzyle,
acétate de géranyle, salicylate de méthyle, …) sont l’un des groupes majeurs contribuant à l’odeur
d’ylang-ylang, dont l’acétate de benzyle est le plus significatif. L’acétate de benzyle et de géranyle
procurent le corps fruité-fleuri de l’ylang. Parmi les éthers, l’éther de méthyl para-crésyl est le
constituant majeur de cette classe. Il est caractéristique de l’odeur médicamenteuse diffuse et
pénétrante de l’ylang. Les phénols (p-crésol, eugénol, iso-eugénol, …) sont en général présents en
faible quantité, voire à l’état de trace, mais interviennent depuis les notes de tête à celles de queue. Ils
sont responsables des notes épicées, balsamiques chaudes si caractéristiques de l’odeur d’ylang. Les
aldéhydes (benzaldéhyde, furfural, …) ont des notes olfactives spécifiques, à caractère essentiellement
fruité et contribuent à donner à cette huile essentielle toute son intensité (Guenther, 1952 ; Brulé et al.,
1995 ; Stashenko et al. 1995 ; Stashenko et al., 1996 ; PAFR, 1998).
4.4. Qualité de l’huile essentielle d’ylang-ylang
L’huile essentielle d’ylang-ylang est fractionnée de telle façon que l’on obtienne cinq fractions
possédant des propriétés organoleptiques (apparence, couleur, odeur), des propriétés physico-
chimiques (densité relative à 20°C, pouvoir rotatoire à 20°C, indice de réfraction à 20°C, indice
d’acide et indice d’ester) et des profils chromatographiques (15 composés représentatifs et
caractéristiques) qui leur sont propres. C’est grâce à eux qu’il est possible de définir si une huile est de
qualité adéquate (Guenther, 1952 ; Brulé & Pecout, 1998 ; Ben Mohadji, 2004 ; AFNOR, 2005 ;
Manner & Elevitch, 2006).
Ainsi, une huile de bonne qualité générale sera liquide, de couleur jaune clair à jaune foncé et
possédera une odeur fleurie rappelant le jasmin (AFNOR, 2005). Selon les propriétés physico-
chimique, plus la qualité de l’huile est élevée plus sa densité et son indice d’ester sont élevés, plus son
13
indice de réfraction et son pouvoir rotatoire sont faibles. L’indice d’acide doit toujours être inférieur à
2 (AFNOR, 2005).
Par ailleurs, les normes AFNOR reconnaissent l’existence de deux types d’huile d’ylang-ylang en
fonction de leur origine : l’huile essentielle d’ylang-ylang des Comores et de Mayotte d’une part,
l’huile essentielle d’ylang-ylang de Madagascar d’autre part (AFNOR, 2005). La première
constatation relative à ces deux origines est que seules les Comores et Mayotte sont en mesure de
produire la fraction ES. En ce qui concerne les propriétés physico-chimiques, les différences sont
surtout notables au niveau de la densité relative et l’indice d’ester et s’amenuisent de la fraction ES à
la III (AFNOR, 2005). Lorsqu’on observe la composition de ces deux types d’huiles (Tableau 1),
d’autres différences apparaissent. L’huile malgache, toutes fractions confondues, est plus riche en
éther de P-méthyl crésyle, en linalol, en benzoate de méthyle, en géraniol, en acétate de géranyle, en β
caryophyllène, en (E, E) farnésol et en benzoate de benzyle (AFNOR, 2005).
5. Le marché international
5.1. Le prix d’une huile essentielle d’ylang-ylang
Le distillateur comorien et mahorais vend son huile aux exportateurs à un prix calculé selon le principe
suivant. Ce prix de vente au kilo dépend tout d’abord de la fraction de l’huile considérée. En effet, si
l’huile a une densité inférieure à 0,925 (limite fixée par les normes AFNOR en-dessous de laquelle
l’huile est considérée de qualité III), le prix de cette huile est d’environ 16,24 euro le kilo (à Mayotte).
Si l’huile a une densité supérieure ou égale à 0,925, son prix dépendra du nombre de « degré » de
densité supérieur à 0,900. En août 2009, le prix au « degré » était de 1,5 euro (à Mayotte). Ainsi, si
l’huile vendue a une densité de 0,965 et que le prix au « degré » est de 1,5 euro, le prix au kilo est
calculé de la façon suivante : (965-900)* 1,5= 97,5 euro/ kg (PAFR, 1998 ; Manner et al., 2006).
5.2. Les pays producteurs
La principale caractéristique du marché international de l’huile essentielle d’ylang-ylang est qu’il
s’agit d’un marché fermé. En effet, la production mondiale de cette huile essentielle est très faible (elle
ne dépasse pas les 70 tonnes par an) et est concentrée dans une zone géographie limitée : Mayotte,
14
Madagascar et l’Union des Comores, du plus petit producteur vers le plus important. C’est la
production comorienne (de 50 à 65 tonnes) qui domine largement le marché mondial. Elle représente
le triple de la production mahoraise (de 5 à 10 tonnes) et le double de la production malgache (de 20 à
25 tonnes). A l’intérieur de l’Union des Comores, la production est principalement centrée sur l’île
d’Anjouan avec seulement 5 tonnes en provenance de Grande Comores et 2 tonnes de Mohéli. A
Madagascar, c’est l’île de Nosy-Bé qui assure la plus grande part de la production malgache avec un
apport additionnel de 3 à 5 tonnes venant d’Ambanja, sur la « Grande Ile » face à Nosy-Bé (UNEP,
2002 ; UCCIA, 2005 ; Manner et al., 2006).
Ces trois producteurs possèdent chacun une place sur le marché international de l’huile essentielle
d’ylang-ylang qui lui est propre. Ils ne se concurrencent pas dans la vente de l’huile. En effet, comme
vu précédemment, l’AFNOR reconnait l’existence de deux types d’huiles (huile des Comores et de
Mayotte, l’huile de Madagascar) (AFNOR, 2005). Ceux-ci sont destinés à des marchés bien distincts.
Toutefois, l’huile comorienne et l’huile mahoraise sont très semblables en termes de qualité bien que
celle de Mayotte bénéficie d’une meilleure réputation. Cependant, le coût de la main d’œuvre et le
coût de production étant moins élevés aux Comores, le prix final de l’huile est également plus faible.
Ces deux origines ne sont pas de réelles concurrentes (Demarne, 1996 ; Association des Naturalistes
de Mayotte, 2006).
5.3. La concurrence
Dans la filière des huiles essentielles, les risques liés à la concurrence sont souvent de deux types : la
concurrence par des produits de synthèse et l’émergence de nouvelles origines capables de produire
des huiles à moindres coûts (PAFR, 1998 ; UNEP, 2002 ; UCCIA, 2005 ; Manner et al., 2006).
De façon générale, les huiles essentielles naturelles sont continuellement menacées par l’utilisation de
produits de synthèse sans cesse plus proches olfactivement. Cependant, cela n’est pas le cas de l’huile
essentielle d’ylang-ylang dont la composition olfactive semble d’une complexité difficile à approcher
(UNEP, 2002 ; UCCIA, 2005 ; Manner et al., 2006).
La culture de l’Ylang-Ylang comme culture de rente ne semble pas encore intéresser de nouveaux
pays producteurs bien que quelques-uns (Colombie, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Ouganda) s’y risquent
15
sans vraiment aboutir (PAFR, 1998 ; Florence, 2004 ; Manner et al., 2006). Cependant, la qualité III
de l’huile essentielle d’ylang-ylang est concurrencée par l’huile essentielle de Cananga obtenue par
distillation non fractionnée -appelée complète pour cette raison- de Cananga odorata (Lam.) Hook. et
Thoms. forma macrophylla. Elle est produite en Indonésie, à des coûts relativement faibles par rapport
aux coûts de production des îles de l’Océan Indien. Elle concurrence la qualité III dans la savonnerie
et les cosmétiques de masse. Son prix est plus avantageux et elle est produite en grande quantité.
L’Indonésie ne peut cependant pas satisfaire les besoins de la parfumerie haut de gamme dont la
demande en huiles de qualité E et ES reste insatisfaite, encore à l’heure actuelle. Seules l’Union des
Comores et Madagascar semblent encore en mesure de pouvoir palier leurs besoins puisque la
production mahoraise ne cesse de diminuer d’année en année en raison de coûts de production élevés
et de perte de savoir-faire. Les acheteurs européens sont par ailleurs disposés à augmenter le prix
d’achat de l’huile en échange de la garantie de qualité supérieure de l’huile achetée (High value
horticulture, 1998 ; UNEP, 2002 ; UCCIA, 2005 ; Manner et al., 2006).
6. Les problèmes de la filière
Les problèmes de la filière de l’huile essentielle d’ylang-ylang sont nombreux : la mauvaise
conjoncture économique, le frelatage, l’hétérogénéité de la qualité de l’huile essentielle, le risque de
disparition de la filière à Mayotte et la trop grande consommation de ressources naturelles.
Contrairement aux autres huiles essentielles, l’huile d’ylang-ylang bénéficiait d’un marché stable
depuis 1998. La demande variait peu et le marché était très peu sujet à la spéculation. Cependant, en
raison de la conjoncture économique actuelle et de la crise que traversent les entreprises et la société
de consommation, la demande en huile essentielle d’ylang-ylang a considérablement chuté. Des stocks
se sont constitués et les prix se sont effondrés. Sans la disponibilité en trésorerie que fournit la vente
des huiles, les distilleries aux Comores et à Mayotte tournent au ralenti et dans certains cas extrêmes,
ont arrêté de fonctionner (Perrot, 2009a ; Perrot, 2009b).
Malgré son statut de plus gros producteur mondial (qu’elle doit au fait d’assurer la plus grande partie
de l’approvisionnement du marché international en huiles comoriennes), l’île d’Anjouan souffre, de
16
plus en plus, de la méfiance des acheteurs. La raison en est que les huiles anjouanaises sont connues
pour être souvent frelatées (UNEP, 2002 ; UCCIA, 2005 ; Manner et al., 2006). Le but de frelatage est
d’augmenter la densité et le poids de l’huile puisque le prix de cette dernière est calculé en fonction de
ces deux paramètres comme vu précédemment. Il y a peu, le frelatage consistait en une adultération
par ajout d’huile végétale (ricin, coco, …) et d’huile de frein. Cependant, la fraude était facilement
mise en évidence : frelatage visible à l’œil nu par la présence de deux phases, modification du pH par
rapport à une huile non frelatée. Actuellement, la technique utilisée nécessite des analyses physico-
chimiques afin d’être mise en évidence. Ce frelatage consiste souvent en une augmentation de la
densité d’une huile de qualité III afin de la mélanger à une huile de qualité I rendant cette dernière plus
dense. Le prix d’une huile étant calculé sur base de la densité, le mélange se vend plus cher. Ces
pratiques entachent la réputation de l’Union des Comores en tant que producteur d’une huile de qualité
et les acheteurs se retirent peu à peu. Actuellement, on constate que le frelatage des huiles s’étend
également à Madagascar (Demarne, 1996 ; PAFR 1998 ; Association des Naturalistes de Mayotte,
2006 ; Perrot, 2009b).
L’hétérogénéité générale de l’huile obtenue pose également problème sur un marché où l’acheteur
recherche un produit de qualité constante et optimale. Ainsi un manque de rigueur dans la gestion des
plantations et de la distillation entraine une variabilité de l’huile essentielle obtenue. Le type
d’alambic, la qualité du nettoyage de l’alambic, la puissance de chauffe, la quantité et qualité du bois,
la température et la quantité d’eau de distillation et de refroidissement, mais également la taille des
arbres, l’orientation des parcelles, le désherbage des parcelles, le stade de maturité des fleurs, le
moment de la cueillette, la fraicheur des fleurs… sont autant de sources possibles de variabilité de la
qualité de l’huile. Bien que les producteurs aient conscience de ces facteurs influents, très peu d’entre
eux les respectent et tentent d’uniformiser leur mode de travail (Verlet, 1992 ; OTH International,
1993 ; Chaisse et al., 1999).
A Mayotte, la filière rencontre actuellement un problème supplémentaire : l’intégration de l’île de
Mayotte au système français qui met gravement en danger la pérennité de la filière. En effet, la hausse
régulière du coût de la main d’œuvre (intégration au système du SMIG français) amoindrit les marges
17
bénéficiaires. Il est donc impossible de compenser l’augmentation des coûts de production. Ce
problème n’était pas rencontré il y a quelques années de cela car les membres de la famille
participaient à la gestion des parcelles et à la distillation. A l’heure actuelle, les jeunes refusent de
reprendre les exploitations et de travailler dans le secteur de l’agriculture.(OTH International, 1993 ;
Perrot, 2009b). Les producteurs ont donc recours à la main d’œuvre clandestine en provenance
d’Anjouan, prenant alors de gros risques. Ensuite, la faiblesse des revenus que procure la culture de
l’Ylang-Ylang incite bien souvent les producteurs à arracher leurs pieds d’Ylang-Ylang et à les
remplacer par des cultures plus rentables (manioc, banane, maraîchage) (Manner et al., 2006;
Association des Naturalistes de Mayotte, 2006 ).
La pratique générale de la distillation a un impact écologique majeur qui, de plus en plus, menace
l’environnement et sa propre autosubsistance. En effet, l’obtention de toutes les fractions de l’huile
essentielle d’ylang-ylang nécessite une grande quantité de bois (environ 3 à 4 m3 par distillation, pour
un alambic d’une capacité de 200 litres). La diminution de la disponibilité en bois contraint les
producteurs à s’éloigner des sites de distillation en s’enfonçant toujours plus dans la forêt. Ceci
occasionne alors des coûts et des contraintes supplémentaires mais surtout occasionne une
déforestation qui, à terme, pourrait entrainer des déséquilibres environnementaux (ODEADOM, 1994 ;
High value horticulture, 1998 ; Manner et al., 2006). La disponibilité en eau pour les alambics est
également un problème qui se pose, surtout en saison sèche. Quand l’eau n’est pas directement rejetée
dans la nature, elle est récupérée dans des bassins collecteurs à ciel ouvert subissant directement une
forte évaporation (ODEADOM, 1994, High value horticulture, 1998 ).
7. Discussion
Bien qu’il s’agisse d’un arbre revêtant une grande importance économique dans sa zone de culture et
qui permet d’obtenir un produit de haute valeur ajoutée, l’Ylang-Ylang est une plante peu connue et
peu étudiée. Les informations relatives au mode de gestion de la plante et du verger existent mais sont
parcellaires et disséminées. Il n’existe pas, à proprement parler, de guide des pratiques culturales
concernant cet arbre dont on connait finalement peu de choses. Ceci entraine des difficultés quant à la
mise en place de conseils permettant une gestion menant à l’uniformisation de la qualité de l’huile
18
essentielle d’ylang-ylang. Cependant, le problème est plus complexe. En effet, de part l’expérience et
l’ancienneté, il existe une connaissance implicite d’un meilleur mode de gestion chez les producteurs.
Pourtant, rares sont ceux qui se servent de ces informations. Des facteurs limitants tels que le coût de
la main d’œuvre, le temps, le manque de qualification des ouvriers et la mauvaise gestion générale des
plantations empêchent l’exploitation la plus efficace des quelques connaissances existantes. Cela a des
répercutions sur l’huile essentielle obtenue qui présente une variabilité incessante de sa qualité. Ces
différences existent aussi bien entre les différentes îles productrices qu’entre les plantations d’une
même île.
Cependant, comme il a été expliqué précédemment, les trois producteurs principaux de l’huile
essentielle d’ylang-ylang occupent des places sur le marché qui sont relativement distinctes.
L’hétérogénéité entre les îles est donc intéressante à conserver et même nécessaire. En effet, l’AFNOR
reconnait qu’il existe deux types d’huile : l’huile des Comores et de Mayotte d’une part et l’huile de
Madagascar d’autre part. Il s’agit de deux niches de qualité différenciée qui ne sont pas comparables.
Nombreux paramètres peuvent être responsables de cette scission. La gestion des plantations, la
gestion de l’arbre, la pratique de la distillation, le matériel utilisé, mais également le terroir, … De
surcroit, il est possible que le génotype des arbres influence la qualité de leur huile. Aucune étude
scientifique, à l’heure actuelle, n’a été réalisée pour déterminer la véritable cause de cette qualité
différenciée. Toutefois, cette information serait d’une grande valeur afin de maintenir les positions
respectives de chaque île productrice sur le marché international, d’autant que la filière rencontre
actuellement de nombreuses difficultés.
En effet, outre la mauvaise conjoncture économique qui est un problème ponctuel contre lequel les
producteurs et les distillateurs sont impuissants, la filière souffre de nombreux autres problèmes
récurrents dont l’hétérogénéité de l’huile au sein d’une île n’est que le sommet de l’iceberg. Le
frelatage est bien étudié et compris. De nombreuses mesures ont été mises en place pour l’éviter mais
ne semblent pas concluantes. A Mayotte, l’huile essentielle d’ylang-ylang possède une grande valeur
patrimoniale et jouit d’une très bonne réputation. Une vente directe d’huile et de produits dérivés aux
touristes pourrait permettre à la filière de se maintenir. En effet, il existe une réelle volonté de maintien
19
de la production de cette huile à Mayotte. Sa protection est donc à la fois une urgence et une priorité.
Des mesures sont d’ailleurs actuellement prises afin de mettre en place une Appellation d’origine
protégée. En ce qui concerne l’impact écologique de la production de cette huile essentielle, des études
ont déjà été menées en vue de diversifier voire remplacer la source de combustible. Néanmoins, le bois
reste l’option à laquelle on a le plus souvent recours.
Malgré la volonté d’apporter une huile de qualité irréprochable et toujours plus élevée sur le marché
et, de surcroit, malgré la grande importance économique de l’huile essentielle d’ylang-ylang, il est
étonnant de constater qu’il n’existe aucun programme d’amélioration de la plante. Cependant, les
bases nécessaires à un tel programme ne sont pas connues. Ainsi, la biologie de la reproduction,
préalable nécessaire à tout programme d’amélioration variétale, reste peu connue. Une seule étude a
été menée sur le sujet (Deroin, 1988). Il est toujours difficile de savoir avec certitude quand a lieu la
pollinisation, quel est l’agent pollinisateur, s’il y en a un dans la zone de production, quel est le type de
fécondation, etc. En plus de ces lacunes, on constate que l’abscission des fleurs à chaque stade de leur
développement et y est importante et que cette plante produit très peu de fruits. Ce qui représente
également un obstacle en vue d’une amélioration variétale. Les capacités végétatives ne sont pas non
plus connues. Outre le recépage qui est largement pratiqué aux Comores, aucune étude n’a été menée
sur les possibilités de bouturage, de marcottage, de multiplication in vitro, etc. Toutes ces informations
sont pourtant indispensables en vue d’une amélioration variétale de la plante. Ce genre de programme
trouverait pourtant sa place dans les conditions précaires actuelles de la filière. Notamment à Mayotte
où les vergers d’Ylang-Ylang sont très âgés. Actuellement, les producteurs réalisent un remplacement
des sujets morts avec des jeunes plants non sélectionnés qu’ils se procurent en forêt, sous la cime des
Ylang-Ylang sauvages. A l’heure actuelle, que ce soit aux Comores, à Mayotte ou à Madagascar, les
jeunes individus nouvellement plantés ne font l’objet d’aucune sélection. Il faut attendre quatre ans,
quand l’arbre atteint une production de fleurs suffisante, pour savoir s’il est en mesure de produire une
huile de bonne qualité ou simplement de produire un rendement en fleurs acceptable. Le choix
judicieux d’individus d’élites produisant une huile essentielle de haute qualité permettrait de renforcer
l’image d’excellence des productions de chaque île et rationaliserait le renouvellement des plantations.
20
Une meilleure connaissance de la plante, de sa gestion et de son huile essentielle semble à présent
nécessaire afin d’aider à la pérennisation de cette filière dont les revenus sont indispensables à la
subsistance des pays producteurs. C’est pourquoi, une étude est actuellement en cours de réalisation.
Elle a pour objectif de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’huile essentielle d’ylang-ylang.
Pour y parvenir, une caractérisation structurée de la variabilité morphologique, génétique et chimique
sera réalisée, mais également une étude de la biologie de la reproduction et de la propagation
végétative de cette plante. Cette étude permettra d’obtenir des informations manquantes et pourtant
indispensables en vue d’une possible amélioration variétale.
21
Liste des abréviations
PAFR: projet d’appui aux filières de rentes
AFNOR: association française de normalisation
ES: fraction extra supérieure
E: fraction extra
I: fraction première
II: fraction deuxième
III: fraction troisième
UNEP: united nations environment programme
UCCIA: Union des Chambre de commerce d'industrie et d'agriculture
SMIG: salaire minimum interprofessionnel garanti
ODEADOM: office pour le développement de l’économie agricole des départements d’Outer-
Mer
22
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26
Tableaux
Fractions
Extra-
supérieure Extra Première Deuxième Troisième
Constituants (
en % d’aire) Comores et
Mayotte
Comores
et
Mayotte
Mada-
gascar
Comores
et
Mayotte
Mada-
gascar
Comores
et
Mayotte
Mada-
gascar
Comores
et
Mayotte
Mada-
gascar
Acétate de
prényle
Min. 1,5 1,0 0,6 0,3 0,2 0,2 0,1 0,1 traces
Max. 3,2 2,3 2,2 1,8 1,0 0,9 0,5 0,2 0,2
Ether de p-
crésyl méthyle
Min. 7,0 5,0 7,0 3,0 5,0 2,0 1,0 0,1 0,1
Max. 13,0 13,0 16,0 8,5 10,0 5,0 4,6 1,0 1,4
Benzoate de
méthyle
Min. 4,5 4,0 4,5 1,5 3,0 1,0 1,0 0,1 0,1
Max. 8,0 6,5 9,0 5,5 5,0 3,5 3,0 0,8 0,9
Linalol
Min. 8,0 7,0 15,0 3,0 12,0 2,0 4,0 0,1 0,6
Max. 13,0 12,0 24,0 10,0 190 6,0 9,5 2,0 4,0
Acétate de
méthyle
Min. 14,0 11,0 5,5 6,0 2,8 4,0 0,5 0,5 0,1
Max. 20,0 17,5 14,0 14,0 10,0 8,8 5,0 3,0 2,2
Géraniol
Min. 0,1 0,1 1,3 0,1 1,6 0,1 0,7 traces 0,2
Max. 0,7 0,5 3,0 0,3 2,6 0,3 2,4 0,1 0,8
Acétate de
géranyle
Min. 2,0 2,5 7,0 2,0 8,0 1,7 5,6 0,4 1,0
Max. 6,0 6,0 14,0 5,0 15,0 6,0 12,0 3,0 6,6
Acétate de E-
cinnamyle
Min. 4,0 3,0 0,5 2,2 0,5 2,0 0,4 0,5 0,1
Max. 6,0 6,5 3,0 5,0 2,0 4,8 2,2 2,5 2,0
β-
Caryophyllène
Min. 2,0 2,5 2,5 4,0 5,5 4,8 10,0 5,0 12,0
Max. 6,0 8,0 8,5 10,0 12,0 14,0 17,0 15,0 19,0
D-Germacrène
Min. 9,0 14,0 5,0 10,0 9,5 16,0 13,0 20,0 15,0
Max. 15,0 20,0 15,0 24,0 18,0 28,0 28,0 35,0 34,0
(E,E)-α-
Farnésène
Min. 2,0 6,5 1,0 7,0 3,0 14,0 5,0 12,0 9,0
Max. 6,0 15,0 5,0 18,0 8,0 21,0 11,5 29,0 25,0
(E,E)-Farnésol
Min. 0,8 0,8 0,5 0,8 0,1 0,8 1,2 0,8 1,2
Max. 1,5 1,6 3,0 2,0 2,5 3,0 3,5 3,0 4,0
Benzoate de
benzyle
Min. 3,0 4,0 3,5 4,2 4,5 4,5 6,0 4,0 4,8
Max. 6,0 6,0 8,0 9,2 8,0 7,8 10,0 8,0 8,5
Acétate de
(E,E)-
farnésyle
Min. 1,0 1,0 0,5 1,0 1,0 1,0 1,2 1,5 1,7
Max. 3,0 3,0 3,0 4,0 2,0 3,5 3,5 5,0 5,0
Salicylate de
Benzyle
Min. 1,5 2,0 1,2 2,0 1,6 2,0 1,8 2,5 2,0
Max. 3,5 3,8 4,0 4,0 4,0 4,0 4,0 4,8 5,0
27
Illustrations
Figure 1
Figure 2
a
b
28
Figure 3
Figure 4
29
Légende des tableaux
Tableau 1. Constituants représentatifs et caractéristiques de l’huile essentielle d’ylang-ylang
pour chaque fraction et chaque origine (crédits : AFNOR, 2005)
Légende des figures
Figure 1. Arbre de Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms.
Figure 2. (a) Inflorescence de Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms., (b) fleur de
Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms.
Figure 3. Infructescence de Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms.
Figure 4. Schéma d’un alambic au cours d’une distillation par entrainement à la vapeur
(crédits : CIRAD Mayotte).
Figures legend
Figure 1. Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms. tree.
Figure 2. (a) Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms. inflorescence, (b) Cananga odorata
(Lam.) Hook. & Thoms. flower.
Figure 3. Cananga odorata (Lam.) Hook. & Thoms. infructescence.
Figure 4. Alambic during Steam distillation (credits: CIRAD Mayotte).
Tables legend
Table 1. Representative and characteristic components of ylang-ylang essential oils for each
fraction of each origin (credits: AFNOR, 2005).
... It is thought that ylang-ylang was initially introduced into Reunion Island, from which the Malagasy plantations were established. Plantations in the Comorian archipelago are thought to originate from Madagascar (Benini et al., 2010;Guenther, 1952). The ylang-ylang tree is typically grown in a semi-managed system somewhere between natural populations and managed agroresource. ...
... Its essential oil, extracted from fresh and mature flowers, is one of the most important raw materials for the perfume industry, from high-grade perfume production to the soap industry. It also has applications in aromatherapy and is currently being studied as a food ingredient (Benini et al., 2010;Burdock and Carabin, 2007;Gaydou et al., 1988;Guenther, 1952;Manner and Elevitch, 2006). Ylangylang essential oil is the main export product from the Comoros Islands (in 2008, US$7 913 000 earned from ylang-ylang essential oil exports, compared with US$5 530 000 for clovers and US$2 489 000 for vanilla; FAOstat) and from the cultivated areas of Madagascar (Ambanja and Nossi Bé). ...
... These factors could lead to the disappearance of the production in the long-term. As an example, for the past 20 years, world production of ylangylang essential oils has fallen from 100 tons to 65 tons (Benini et al., 2010;Doyen, 2006;Manner and Elevitch, 2006), with a large decline in Mayotte, from 25 tons in 2006 to 7 tons in 2009. Madagascar, Mayotte and the Comoros Islands produce essential oils of different quality (AFNOR, 2005;Benini et al., 2010;Gaydou et al., 1986). ...
Article
To handle future economic, social, and environmental changes, the assessment, management, and conservation of the local genetic resources of cash crop species is a fundamental requirement. We investigated the pattern of genetic and morphological diversity of ylang-ylang [Cananga odorata (Lam.) Hook f. and Thomson forma genuina], an important essential oil tree in the introduction area of the western Indian Ocean islands. We sought to identify key elements for developing a conservation and management strategy for ylang-ylang genetic resources. Genetic and morphological variations were assessed using amplified fragment length polymorphism and morphometrics traits. Information about farmers' practices was collected. The existence of substantial total genetic diversity (H-T = 0.2599) and the grouping of plantations into different genetic groups suggest a series of introduction events in the area, with limited exchanges of genetic material within and between islands. The morphological study revealed high phenotypic variability despite similar agronomical practices. The morphological and genetic variability might have been created and maintained without any planned management. This has determined the genetic structuring in the area (11.74% genetic variation among islands and 20.68% among plantations). On-farm preservation and the maintenance of the current management practices are recommended. Ex situ conservation efforts should also be undertaken if economically affordable.
... It is thought that ylang-ylang was initially introduced into Reunion Island, from which the Malagasy plantations were established. Plantations in the Comorian archipelago are thought to originate from Madagascar (Benini et al., 2010;Guenther, 1952). The ylang-ylang tree is typically grown in a semi-managed system somewhere between natural populations and managed agroresource. ...
... Its essential oil, extracted from fresh and mature flowers, is one of the most important raw materials for the perfume industry, from high-grade perfume production to the soap industry. It also has applications in aromatherapy and is currently being studied as a food ingredient (Benini et al., 2010;Burdock and Carabin, 2007;Gaydou et al., 1988;Guenther, 1952;Manner and Elevitch, 2006). Ylangylang essential oil is the main export product from the Comoros Islands (in 2008, US$7 913 000 earned from ylang-ylang essential oil exports, compared with US$5 530 000 for clovers and US$2 489 000 for vanilla; FAOstat) and from the cultivated areas of Madagascar (Ambanja and Nossi Bé). ...
... These factors could lead to the disappearance of the production in the long-term. As an example, for the past 20 years, world production of ylangylang essential oils has fallen from 100 tons to 65 tons (Benini et al., 2010;Doyen, 2006;Manner and Elevitch, 2006), with a large decline in Mayotte, from 25 tons in 2006 to 7 tons in 2009. Madagascar, Mayotte and the Comoros Islands produce essential oils of different quality (AFNOR, 2005;Benini et al., 2010;Gaydou et al., 1986). ...
... Its essential oil is obtained by steam distillation from fresh matured ylang-ylang flowers and is used in the cosmetic and pharmaceutical industries as an active component of antibacterials and in aromatherapy. Its chemical composition is predominantly of volatile terpenes and benzenoid and phenylpropanoid components [18][19][20]. An odorant solution at 10% was obtained by diluting 0.5 ml of the essential oil (stored in 20-ml yellow glass bottles) in 4.5 ml of an odorless solvent (glycerine, paraffin, or mineral oil) immediately before use. ...
... In many instances, spike density would then return to baseline immediately after termination of the stimulation (Fig. 1A). This inhibition cannot unequivocally be ascribed to the OS as it can be fully explained by nonspecific arousal by the test procedure as such [20]. However, a nonspecific, arousal-related effect cannot explain the changes observed in the 15-min periods after the end of stimulation. ...
Article
Precipitation and inhibition of seizures and epileptic discharges by sensory stimuli are receiving increasing attention because they provide insight into natural seizure generation in human epilepsies and can identify potential nonpharmacological therapies. We aimed to investigate modulation (provocation or inhibition) of epileptiform discharges (EDs) in mesial temporal lobe epilepsy (MTLE) versus idiopathic generalized epilepsy (IGE) by olfactory stimulation (OS) compared with standard provocation methods. The underlying hypothesis was that any response would be more likely to occur in MTLE, considering the anatomical connections of the temporal lobe to the olfactory system. This multicenter, international study recruited patients with either MTLE or IGE who were systematically compared for responses to OS using an EEG/video-EEG protocol including a 30-min baseline, twice 3-min olfactory stimulation with ylang-ylang, hyperventilation, and intermittent photic stimulation. The 95% confidence interval (CI) for the baseline EDs in each patient was calculated, and modulation was assumed when the number of EDs during any 3-min test period was outside this CI. A total of 134 subjects (55 with MTLE, 53 with IGE, and 26 healthy controls) were included. Epileptiform discharges were inhibited during OS in about half the patients with both MTLE and IGE, whereas following OS, provocation was seen in 29.1% of patients with MTLE and inhibition in 28.3% of patients with IGE. Olfactory stimulation was less provocative than standard activation methods. The frequent subclinical modulation of epileptic activity in both MTLE and IGE is in striking contrast with the rarity of reports of olfactory seizure precipitation and arrest. Inhibition during OS can be explained by nonspecific arousal. The delayed responses seem to be related to processing of olfactory stimuli in the temporal lobe, thalamus, and frontal cortex.
... Numerous studies have already been conducted to detect the odoriferous molecules released by C. odorata [5][6][7]. As reported in the literature, the identified volatile compounds in ylang-ylang oil are largely grouped as monoterpenes, terpenic alcohols, sesquiterpenic alcohols, sesquiterpene hydrocarbons, acetates, benzoates, and phenols [8,9]. ...
Article
Full-text available
Headspace-solid phase microextraction-gas chromatography-mass spectrometry (HS-SPME-GC-MS) was used to identify the volatile organic compounds (VOCs) of the different flower development stages of Cananga odorata for the evaluation of floral volatile polymorphism as a basis to determine the best time of harvest. Electronic nose results, coupled with discriminant factor analysis, suggested that emitted odors varied in different C. odorata flower development stages, including the bud, display-petal, initial-flowering, full-flowering, end-flowering, wilted-flower, and dried flower stages. The first two discriminant factors explained 97.52% of total system variance. Ninety-two compounds were detected over the flower life, and the mean Bray-Curtis similarity value was 52.45% among different flower development stages. A high level of volatile polymorphism was observed during flower development. The VOCs were largely grouped as hydrocarbons, esters, alcohols, aldehydes, phenols, acids, ketones, and ethers, and the main compound was β-caryophyllene (15.05%-33.30%). Other identified compounds were β-cubebene, D-germacrene, benzyl benzoate, and α-cubebene. Moreover, large numbers of VOCs were detected at intermediate times of flower development, and more hydrocarbons, esters, and alcohols were identified in the full-flowering stage. The full-flowering stage may be the most suitable period for C. odorata flower harvest.
Article
Full-text available
The pleasant fragrance of ylang ylang varieties (Cananga odorata) is mainly due to volatile organic compounds (VOCs) produced by the flowers. Floral scents are a key factor in plant-insect interactions and are vital for successful pollination. C. odorata var. fruticosa, or dwarf ylang ylang, is a variety of ylang ylang that is popularly grown in Southeast Asia as a small shrub with aromatic flowers. Here, we describe the combined use of bioinformatics and chemical analysis to discover genes for the VOC biosynthesis pathways and related genes. The scented flowers of C. odorata var. fruticosa were analysed by gas chromatography/mass spectrometry and a total of 49 VOCs were identified at four different stages of flower development. The bulk of these VOCs were terpenes, mainly sesquiterpenes. To identify the various terpene synthases (TPSs) involved in the production of these essential oils, we performed RNA sequencing on mature flowers. From the RNA sequencing data, four full-length TPSs were functionally characterized. In vitro assays showed that two of these TPSs were mono-TPSs. CoTPS1 synthesized four products corresponding to β-thujene, sabinene, β-pinene, and α-terpinene from geranyl pyrophosphate and CoTPS4 produced geraniol from geranyl pyrophosphate. The other two TPSs were identified as sesqui-TPSs. CoTPS3 catalysed the conversion of farnesyl pyrophosphate to α-bergamotene, whereas CoTPS2 was found to be a multifunctional and novel TPS that could catalyse the synthesis of three sesquiterpenes, β-ylangene, β-copaene, and β-cubebene. Additionally, the activities of the two sesqui-TPSs were confirmed in planta by transient expression of these TPS genes in Nicotiana benthamiana leaves by Agrobacterium-mediated infiltration. © The Author 2015. Published by Oxford University Press on behalf of the Society for Experimental Biology.
Article
Ylang-ylang essential oil is an important raw material for the fragrance industry. Despite its economic importance, to the best of our knowledge, no study has yet been undertaken to assess the chemical polymorphism of the different production areas. This underestimated variability is an interesting source of raw material for perfumers. That is why the variation in the chemical composition of four fractions of the essential oils extracted from Cananga odorata, grown in four locations Grande Comore, Mayotte, Nossi Bé and Ambanja, was studied. A total of 119 compounds, representing 85.7–96.4% of the total essential oil composition, were identified using gas chromatography–mass spectrometry and quantified by gas chromatography with a flame ionization detector. Thirty-two compounds previously unreported in ylang-ylang essential oil were identified. The distinction between the Comoros and Madagascar groups was made on the basis of the chemical classes. It was possible to significantly distinguish the Grande Comore and Mayotte essential oil samples, as well as the Ambanja and Nossi Bé essential oil samples, on the basis of their main compounds. The aromatic compounds profile for the origin of each essential oil fraction was established. Regression trees were built, allowing the provenance of the essential oils prepared at the laboratory level to be easily differentiated on the basis of a limited number of major compounds. Copyright © 2012 John Wiley & Sons, Ltd.
Article
This paper reports on the occurrence, biosynthesis, metabolism, biological and toxicological profile, and assessment of the authenticity of linalool. The main biological properties of linalool – sedative, anxiolytic, analgesic, anticonvulsant, anti-inflammatory, local anaesthetic – are discussed in terms of the molecule's chirality influence, the mechanisms of activity and type of study (in vitro, in vivo, clinical studies). Also, there is a discussion of the recent data on the skin sensitizing potential of linalool based on numerous scientific studies which have been performed in the last few years. Comments of the authenticity assessment of linalool are made considering the limitations imposed by the chemical structure, vegetal matrix or processing methods, but also from the perspective of the powerful and sophisticated analytical techniques available today (GC-C-IRMS, enantio-MDGC coupled to GC-C-IRMS, SNIF-NMR). Copyright © 2014 John Wiley & Sons, Ltd.
Article
Full-text available
A single fraction of essential oil can often contain hundreds of compounds. Despite of the technical improvements and the enhanced selectivity currently offered by the state-of-the-art gas chromatography (GC) and mass spectrometry (MS) instruments, the complexity of essential oils is frequently underestimated. Comprehensive two-dimensional GC coupled to time-of-flight MS (GC×GC-TOFMS) was used to improve the chemical characterization of ylang-ylang essential oil fractions recently reported in a previous one-dimensional (1D) GC study. Based on both, the enhanced chromatographic separation and the mass spectral deconvolution, 161 individual compounds were identified and labeled as potentially characteristic analytes found in both low and high boiling fractions issued from distillation of mature ylang-ylang flowers. Compared to the most recent full GC-MS characterization, this represents 75 new compounds, essentially consisting of terpenes, terpenoid esters, and alcohols.
Article
Cananga odorata (Lam.) Hook.f. & Thomson forma genuina (Annonaceae) is a tropical tree, grown for the production of ylang-ylang essential oil, which is extracted from its fresh and mature flowers. Despite its economic and social importance, very little information is available on its variability and the possible factors causing it. Therefore, the relationship between the genetic structure, revealed by amplified fragment length polymorphism (AFLP), and the essential oil chemical composition, determined by GC/MS analysis, of ylang-ylang grown in semi-managed systems in three Indian Ocean islands (Grande Comore, Mayotte, and Madagascar) was investigated. Our results revealed a low genetic variation within plantations and contrasted situations between islands. Variations of the chemical composition could be observed within plantations and between islands. The genetic differentiation pattern did not match the observed pattern of chemical variability. Hence, the chemical variation could not be attributed to a genetic control. As Grande Comore, Madagascar, and Mayotte present different environmental and agronomic conditions, it can be concluded that the influence of these conditions on the ylang-ylang essential oil composition is consistent with the patterns observed. Finally, several strategies were proposed to valorize the chemical composition variations.
Chapter
The demand for flavourings has been constantly increasing over the last years as a result of the dramatic changes caused by a more and more industrialised life-style: The consumer is drawn to interesting, healthy, pleasurable, exciting or completely new taste experiences. This book draws on the expert knowledge of nearly 40 contributors with backgrounds in both industry and academia and provides a comprehensive insight into the production, processing and application of various food flavourings. Methods of quality control and quality management are discussed in detail. The authors also focus on conventional and innovative analytical methods employed in this field and, last but not least, on toxicological, legal, and ethical aspects. Up-to-date references to pertinent literature and an in-depth subject index complete the book.
Article
Chem. compns. of 44 essential oils of ylang-ylang (C. odorata) from Madagascar were analyzed by glass capillary gas chromatog. (GC). Classification of these essential oils according to their com. grades (1st, 2nd, 3rd) using phys. and chem. consts. was compared to classification achieved by applying multidimensional data anal. to the GC results. Thirty-two GC peaks were used for standardized principal-component anal. (PCA) and factorial discriminant anal. (FDA). The differentiation of the 3 groups was obtained by either PCA or FDA. By using stepwise FDA, we obsd. that only 10 compds. are needed for the correct classification of the learning set samples. [on SciFinder(R)]
Article
Ylang-ylang oil was fractionated by distn. and column chromatog., and 17 compds. were isolated in pure form and identified by using spectroscopic methods. The volatile, oxygenated, and hydrocarbon fractions were analyzed, and 52 compds. were identified. Among them α-cedrene [469-61-4], α-amorphene [20085-19-2], γ-bisabolene [495-62-5], α- [481-34-5], γ- [50895-55-1], and δ-cadinol [19435-97-3] were tentatively identified. γ-Muurolene [30021-74-0] and (E,E)-farnesyl acetate [4128-17-0] were conclusively identified for the first time in ylang-ylang. The biogenetic relations of the new sesquiterpene hydrocarbons identified are discussed. [on SciFinder(R)]
Article
Volatile secondary metabolites from Colombian ylang-ylang flowers were obtained by combined steam distillation - solvent extraction. The samples were analyzed by high resolution gas chromatography with flame ionization, nitrogen/phosphorus, or mass spectrometric detection. The chemical composition of the oils extracted from flowers at different stages of development differed both qualitatively and quantitatively. The generation of total volatile metabolites, light oxygenated compounds in particular, increased markedly during flower maturation. In this work the quality of the ylang-ylang essential oils was studied as a function of flower maturity.
Article
Steam distillation (SD), simultaneous distillation-solvent extraction (SDE), and supercritical (CO2) extraction (SFE) were used to isolate volatile secondary metabolites from fresh, totally mature flowers of Colombian ylang-ylang (Cananga odorata). The various extracts were analyzed by capillary chromatography (DB-1, DBWAX, 60 m columns) using FID, NPD or MSD (EI, 70 eV). Kováts indexes, mass spectra, or standard substances were employed for compound identification. 51, 70, and 73 compounds at concentrations above 100 ppb were detected in the SD, SDE, and SFE extracts, respectively. The main constituents of these extracts were linalool (20.7, 28.0, and 16.5%), germacrene-D (10.1, 3.1, and 20.3%) benzyl benzoate (14.1, 2.9, and 3.9%), benzyl acetate (9.6, 17.0, and 6.2%), caryophyllene (3.1, 2.9, and 3.9%), and p-methylanisole (6.8, 6.1, and 2.7%). 85% of the composition of SDE extracts was represented by oxygenated compounds. Heavy hydrocarbons (Cn >20) and fatty acids were found only in the SFE extracts, which also had a higher content of nitrogenated compounds (phenylacetonitrile, 4-methylbenzaldoxime, indole, 2-phenyl-nitroethane, and methyl anthranilate) and sesquiterpenes (43% vs 19.5% in SD and 8.1% in SDE) and 1.5 – 2 times lower concentration of monoterpenes and light oxygenated compounds than the SD (49.7%) and SDE (64.5%) extracts.
Recueil de normes : les huiles essentielles. Tome 1. Echantillonnage et méthodes d'analyse
AFNOR, 2000. Recueil de normes : les huiles essentielles. Tome 1. Echantillonnage et méthodes d'analyse. Paris, France : AFNOR.
Norme française NF ISO 3063 : Huile essentielle d'ylang-ylang [Cananga odorata (Lamarck) J.D. Hooker et Thomson forma genuina
AFNOR, 2005. Norme française NF ISO 3063 : Huile essentielle d'ylang-ylang [Cananga odorata (Lamarck) J.D. Hooker et Thomson forma genuina].