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Triplet P., Fagot C., Sueur F. (2001) Caractéristiques des mares utilisées par les anatidés au cours de la migration prénuptiale, acte du séminaire Séminaire Life Oiseaux d’eau de la Façade Atlantique : Conserver et Gérer les marais endigués littoraux pour les oiseaux d’eaux, organisé par Bretagne vivante/SEPNB : 34-41.

Authors:
  • Syndicat Mixte Baie de Somme, grand littoral picard
Garactéristiques des mares utilisées par les anatidés
en période de migration prénuptiale
Garacteristics of ponds used by ducks during spring migration
Garacteristicas de las charcas usadas por las anâtidas durante la migraci6n prenupcial
Pstrick Triplet
SMACOPI (Station biologique
de Blanquetaque), Réserve Naturelle de la Baie de Somme, l, place
de I'Amiral-Courbet, 80100
Abbevif f e, tél.
03 22 3l 79 30, courriel : patricktriplet@baie-de-somme.org
Ardres auteurs : Cédric Fagot, Olivier Coupe, Amaud Lengignon, François Swur, Michel Urban, Franck Montel, Frédeic Lepiliez.
Lors de la migration prénuptiale, les anatidés doivent
effectuer des escales
pendant lesquelles
ils récupèrent
l'énergie consommée au
cours de l'étape
précédente.
Cette
énergie leur servira à poursuivre
leur migration vers le nord
et ensuite à réaliser toutes les
phases
de leur reproduction.
Au cours de cette
période, qui s'étend
globalement
entre le
début du mois de mars et la troisième
semaine
d'avril, les
oiseaux recherchent
les sites les plus adéquats
qui leur
permettront
d'acquérir et de conserver l'énergie
souhaitée.
Cette
phase
du cycle annuel semble aussi importante
que
la
succession de phases
hivernales décrites
par Tamisier et
Dehorter
(
I999).
La basse vallée de la Somme s'avère être une zone
particulièrement
importante pour remplir cette fonction
(Mouronval
et Triplet, l99l ; Triplet, 1993
; Triplet et
Sueur, 1996).
Ces diverses
publications
mettent en évidence
les stationnements
mais ne foumissent aucune donnée
permettant de caractériser les différentes variables
intervenant dans I'occupation de I'espace. Pourtant, la
connaissance du terrain
confirme le caractère non aléatoire
de la répartition
des anatidés
et des foulques au cours de
cette
période.
Un programme
de
déterminer :
- les facteurs régissant la distribution des différentes
espèces sur le
site
;
- le rôle des activités humaines dans les
d'occupation
du
site.
Cet article
vise
à fournir des éléments
pouvant
être utilisés
dans
des
perspectives
de création
de plans
d'eau à des fins
ornithologiques.
I Nlatériels
et méthodes
La basse vallée
de
la Somme
Située
dans
le nord-ouest
de la France, la basse
vallée
de la
Somme
est
I'arrière-pays
littoral de la baie de Somme. Elle
résulte
de
conquêtes
successives
sur la baie
de Somme dont
elle
a été
isolée
complètement
en l9l I par
l'édification de
la digue de chemin de fer oui relie Novelles-sur-Mer
à
a donc été mis en Guvre afin de
Saint-Valery-sur-Somme.
Les plans d'eau de la basse vallée ont deux origines.
La
première est naturelle. Il s'agit de portions d'anciens
chenaux
de la baie,
voire même
de fragments
d'un ancien
lit de la Somme.
La seconde origine
provient
du creusement
de mares à des fins cynégétiques. Au total, sur les 1200
ha
de la zone d'étude, 5l installations
cynégétiques
ont été
dénombrées,
qui sont potentiellement
autant de mares
pouvant
être utilisées comme
zones d'escales migratoires,
voire,
pour les
plus favorables d'entre elles, comme site de
nidification.
Sur
le
plan
climatologique,
la basse vallée de la Somme est
sous I'influence du climat océanique, caractérisé
par une
faible amplitude thermique (13,4 oC) avec des étés
tempérés et des hivers relativement doux. Le mois de
janvier
est le plus
froid
(3,3
'C), alors
que
les mois les
plus
chauds
sontjuillet
et août
(16,7'C).
Les
précipitations
sont de 73 1,5 mm par
an en
moyenne et
sont généralement
bien réparties dans le temps. L'écart
entre le mois le moins
pluvieux
(avril)
et le mois le plus
arrosé
(octobre)
n'est
que
de 33,1 mm.
Le choix des mares
Figure 2 : cartographie des
mares retenues
pour
la
présente
étude
m
Le choix des
mares
a été
guidé
par les différences entre
leurs
caractéristiques
et leur accessibilité
par
des
chemins,
routes
et renclôtures (polders
locaux),
évitant ainsi le
dérangement des
espèces de Ia faune
qu'aurait
occasionné
une
traversée quotidienne
de leurs
zones de stationnement
ou de cantonnement.
Il allie de plus une répartition
géographique
relativement
homogène
sur I'ensemble
de
la
basse vallée
de la Somme
(figure
2).
La dénomination
des mares
a été
standardisée, les
numéros
des
mares
utilisés
pour
cette
étude
sont les mêmes
que
ceux
utilisés
pour les mesures de qualité physico-chimique
de
I'eau et l'échantillonnage
de la faune
benthique,
ce qui
facilite la lecture
des résultats des différents
suivis.
Un relevé des caractéristiques morphologiques et
écologiques
propres
à chaque
mare a été effectué.
Cinq variables
ont été retenues
:
- la superficie est estimée à partir d'une carte (échelle
l/10 000) du secteur et par I'emploi d'un logiciel de
cartographie. Les superficies
des 20 mares
sont
comprises
entre 1300
et
3l 750 m' (fig.
3) ;
Figure
3 , ,"prOa"nt"tion'des
20'mar"" etrOie",
un'ton"tion
de leur superficie
- la longueur
maximale
est mesurée sur la
carte à
l'échelle
du l/10
000
;
- la profondeur moyenne
du plan d'eau
déterminée
par
observation
directe
ou par
enquête
auprès
des
propriétaires.
La
profondeur
moyenne est
de I'ordre de 1,2
+ 0,5 m ;
- I'indice de sinuosité évalue la sinuosité
de
la surface en
eau
matérialisée
par
les
berges
(lorsqu'il
était
possible
de
l'évaluer)
et à défaut
par la végétation.
La sinuosité des
berges
a pour conséquence d'augmenter
le périmètre
de la
mare
et
joue un rôle dans la protection
au
vent
;
- l'indice de protection
face aux vents dominants est
caractérisé par Ia surface de la mare divisée
par la surface
protégée
des vents
dominants
par la végétation des
abords
de cette mare. La protection face au vent d'un couvert
végétal
se répercute
sur
25 fois la hauteur
de
ce
couvert.
Les dénombrements
Les comptages
ont été réalisés
chaque
jour du 5 au 28 mars
1998,
hormis les 14 et 15 mars, sur toutes les espèces
d'anatidés
présentes,
ainsi
que
sur la foulque, soit 22
jours
d'observation.
La fiche de comptage rend compte des conditions
météorologiques,
du nombre et la nature
des dérangements
observés.
Le circuit emprunté est d'environ seize
kilomètres,
effectués
à
pied
ou
en
véhicule.
Pour éviter une
régularité
de passage
sur les mêmes mares
aux mêmes
heures,
I'itinéraire
est emprunté chaque
jour
dans un sens différent, en variant le point et I'heure de
départ.
I Résultats
Onze espèces
d'anatidés et une espèce de rallidé ont été
dénombrées
: le cygne
tuberculé
(Cvgnus
olor), le tadorne
de Belon (Tadorna tadorna), la sarcelle d'hiver (lnas
crecca), le canard
chipeau
(Anas
strepera), le canard
pilet
(Anas acuta), le canard colvert (Anas
platyrhynchos),
le
canard siffleur (Anas penelope), la sarcelle d'été (Anas
querquedula),
le canard souchet
(Anas
clypeata), le fuligule
mifouin (Aythya ferina), le fuligule morillon (Aythya
fuligula) et la foulque (Fulica atra).
Seules
deux espèces, le cygne
muet et la foulque macroule
ont été observées sur pratiquement
I'ensemble des mares.
Le tadorne de Belon, la sarcelle d'hiver, le canard
colvert,
la sarcelle
d'été et le canard souchet ont été observés
sur
plus
de la moitié des mares
utilisées.
Les deux fuligules ne sont observées
que de façon
accidentelle
(tableau
I et figure
4).
Tableau
| : effectifs cumulés des 't2 espèces
recensées
sur
les 20 mares étudiées au cours de la période
s'étendant
entre le 5 et le 28 mars
Espèces Nombre
cte mares Effectif
cumulé
Cvqne tuberculé
(Cyonus
o/or) 20 874
Tadome de Belon ( Tadoma ladornal 371
Canard siffleur
(Anas
oenelooe\ 422
Sarcefle d'hiver (Anas crecca\ 10 274
Canard colvert (Anas olatvrhvnchos\ tz 'l
16
Canard chioeau
(Anas
streoeral 225
Canard oilet
(A
nas
acuta\ o336
Sarcelfe d'été {Anas ouerouedula\ 10 177
Canard souchel
(Anas
clvpeata) 12 'r
509
Fulioufe milouin (Avlhva ferinal
Fulioufe morillon
(
Avthva fulioula\ 46
Fouloue macroule (Fulica atra\ 20 1570
5535
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ECype lubdculé trTdom. de Belon
lceùd prlet lcâmrd colvd
tcmd swher lFuligdc milouh
D Sm€ll. d'hivs oCilùd chipsu
acanârdsimer lSa.ccll.dtté
OFuligd€ millon tFoùlqu€ rûsoulc
Figure 4: pourcentage
de chaque espèce dans la
35
population
totale
étudiée
Chronologie des
stationnements
Les figures 5 à l0 fournissent une bonne image des
stationnements,
ou de la migration des différentes
espèces
étudiées ici. De plus amples renseignements
sur les
stationnements
printaniers
des différentes espèces
ont été
publiés
récemment
(Triplet
et Sueur,
1996;
Sueur
et
Triplet,
t99e).
Le cygne
muet
(figure 5) est
présent
durant toute la période,
excepté
pendant
les deux derniersjours. Il s'agit de
groupes
d'individus
non reproducteurs
qui exploitent
les
différentes
mares non occupées par des reproducteurs. Leurs
déplacements dans
la basse
vallée
de la Somme et entre Ia
basse vallée
et d'autres sites
littoraux
(Hâble
d'Ault. marais
du Crotoy, réserve naturelle de la baie de Somme) sont
reguliers
(Triplet
et Robert, 1984).
Le tadorne de Belon (figure 5) trouve
en basse
vallée de la
Somme une surface propice à sa reproduction et ses
effectifs nicheurs
sont développés. Les
oiseaux occupent
les
différentes mares
dès la fin du mois de novembre et les
parades
sont les plus développées
sur les plans
d'eau au
cours des mois de
mars et avril (Triplet
et al., 1997).
La sarcelle d'hiver (figure 6) présente
un pic d'abondance
à
partir du 20 mars, mais ses effectifs sont très variables
d'une
journée
à I'autre.
Le canard colvert (figure 6) a ici un statut mal défini en
raison de la présence
de nombreux oiseaux
au phénotype
sauvage,
généralement
issus de lâchers (Mouronval et
Triplet, l99l).
Le canard chipeau
(figure 7) n'apparaît
pas avant le l0
mars et ses effectifs vont croissant
jusqu'au
25, tout en
restant modestes, puisqu'ils ne concernent, à leur
Figure
5 : évolution
des effectifs
de cygne
muet
et tadorne
de Belon
maximum,
que
moins
de
30
oiseaux.
Le canard
pilet (figure 8) apparaît
irrégulièrement
au cours
de l'étude.
Les mares
analysées
ne rendent
pas forcément
compte des stationnements
qui concernent
des sites très
déterminés
ou des
pâtures
inondées.
Par
ailleurs,
le facteur
année
n'est
pas
à négliger,
les
effectifs
restant
très variables
d'une
année
à I'autre.
Le canard
siffleur (figure 8) n'est noté qu'à trois reprises,
ce
qui est insuffisant pour déterminer son
statut.
Toutefois,
à cette époque de I'année, les effectifs de cet oiseau
faiblissent
très nettement
dans la plaine maritime
Picarde
(Sueur
et Triplet,
1999).
La sarcelle d'été (figure 9) reste
très discrète
jusqu'au 20
mars; le 21, ses effectifs
sont les plus élevés,
puis ils
diminuent très vite, en liaison probable avec le
cantonnement
des couples reproducteurs.
Le canard souchet (figure 9) reste I'espèce la plus
abondante en période de migration prénuptiale quand la
basse vallée de la Somme et I'ensemble
de la plaine
maritime
picarde
peuvent
accueillir en une
journée
près
de
1200 oiseaux
(Triplet, 1993). Ses effectifs sont les plus
importants
entre
Ie
2l etle 25 mars.
Les fuligules milouin et morillon (figure l0) sont très
faiblement représentés en basse vallée de la Somme,
probablement
en
Iiaison avec la faible
profondeur
des
plans
d'eau.
La foulque
macroule
(figure 7), enfin, est
présente
chaque
jour avec
un effectif compris entre
55 et 90 oiseaux. Selon
les mares, elle est présente
dès I'hiver ou apparaît au tout
début du mois de mars. De nombreux
oiseaux restent sur
place
pour
mener
à
bien leur reproduction.
D Sarcelle d'hiver
a Canard colverl
30l
a
(.)
40
OJ
;
10,
l
"l fl
.
rlt I 11
Figure 6: évolution des effectifs de sarcelle
d'hiver
et de
canard colvert
l.lil
Figure
7 : évolution
des effectifs
de canard
chipeau et de
foulque macroule
120
100
80
60
Figure
9 : évolution
des effectifs de sarcelle
d'été et de
canard
souchet
Caractéristiques
des
mares
Richesse spécifique, effectifs tolaux et superficie des
mares
La richesse
spécifique,
le nombre d'espèces
observées en
fonction
de la taille de la mare,
augmente
jusqu'à 12 à
25 800 m2
1figure
ll). La richesse commence
à s'élever
à
partir d^e
I 000 m' et atteint son point d'inflexion à
5 000 m'.
Le nombre total d'anatidés est fortement corrélé à la
superficie
(r : 0,825,
n = 20, P < 0,001 ; figure l2). La
superficie
des mares
représente donc le facteur essentiel
conditionnant
les effectifs
d'anatidés. La superficie
d'une
mare peut avoir une influence sur les stationnements
d'oiseaux en atténuant d'autres facteurs défavorables.
Ainsi, une
grande
mare
associe une
diversité de végétation
plus importante,
pouvant
créer
des
zones refuges
propices
Figure
8 : évolution
des effectifs
de canard
pilet
et de
canard siffleur
Figure
10
: évolution
des
effectifs de
fuligule milouin
et
de
fuligule morillon
au cantonnement
des
oiseaux.
'"i
Surfâce
(en
m'?)
Figure
11
: valeurs de la richesse spécifique en fonction
de
la
taille
des mares.
180
a
I
r ::*':1n",
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ill
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rnaçroule
lliltilil
' 5 7 I .11 1
I
,9
ra.)
JI
Superficie
(en
m2)
Figure 12: représentation
de I'importance
des effectifs
d'analidés en fonction
de la suoerficie
de la mare
Critères de séIection des mares par les anatidés et les
foulques
Les effectifs
de
chaque espèce
ont été considérés
comme la
variable
dépendante
dans une
régression
pas
à pas
intégrant
co^mme variables
explicatives
la superficie
de la mare en
m', la longueur de la mare, la profondeur,
I'indice de
sinuosité.
Pour chaque
espèce, les marçs sur lesquelles
aucun
oiseau n'a été observé sont
créditées d'un 0 et donc
incluses dans
I'analyse.
Le canard
siffleur
et le fuligule
morillon
ont été exclus
de I'analyse
en raison du trop faible
nombre de données.
Les résultats
(tableau
II) indiquent
qu'aucune
de ces variables ne peut
expliquer
I'utilisation
des mares
sélectionnées
par la sarcelle
d'hiver, le canard
pilet, la sarcelle
d'été et le fuligule milouin. Pour
I'ensemble
des autres
espèces,
saufpour le canard chipeau,
la variable commune est la superficie de la mare. Le
chipeau réagit positivement
à la longueur
de la mare et
négativement à sa sinuosité. Cette dernière variable
intervient également
négativement
dans I'explication des
stationnements
de foulques.
Ceci tend à montrer que ces
deux
espèces évitent les
plans
d'eau trop
découpés
au cours
des
stationnements
printaniers.
Tableau
ll : résultats de la régression < pas
à pas
>,
utilisée
dans la recherche
des
variables
explicatives
des
stationnementsd'anatidés et de
R' PVariable
Cvqne muet o.22 0.054 Slrôerficie
ïadome de Belon 0.40 0.006 Suôêrficie
Canard chioeau 0,38 0,009 Longueur
- Sinr roqilé
Canard colvert 0,73 0,0006 Superficie
Profondeur
Canard souchet 0.75 0,0001 Suoerficie
Foulque 0.81 0,0001 Superficie
Longueur
- Sinr rôcilé
Les figures 13 à 17 visualisent le lien existant entre les
effectifs cumulés de chaque espèce
pour laquelle une
relation significative entre les effectifs
et la surface de la
mare avait été obtenue dans I'analyse
statistique.
120
TADORNE DE BELON '
_l
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
Figure
14
: représentation
de l'importance des
effectifs
de
tadorne
de Belon en fonction de la
suoerficie de la mare
o
ît
G
Ë
.q)
lIJ
.g)
0)
350- -
CYGNE MUET
I
_ _l
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
Figure
13: représentation
de I'importance
des effectifs
de
cygne
muet
en
fonction
de
la superficie
de
la mare
38
,!)
()
n
15
l0
5
o 5000 1m00 15000 æ00 250co 3m00 350æ
Figure 15 : représentation
de I'importance des effectifs
de
canard colvert en
fonction
de la superficie de la mare
0 5000 10@ 15000 æ0æ 25m0 30000 35000
,50 '
Figure 17 : représentation
de l'importance
des effectifs de
foulque en fonction
de la superficie
de la mare
L'importance de
la protection
des
plans
d'eau face au vent
a également été analysée
pour
I'ensemble des espèces
(fig.
l8).
CAiIARD SOUCHET
5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
,q 300
Fq)
0 f .-
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I
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ol_-_ _
t>25l/. '/o e h er6@ Fotégâ ps l€ô végâ*
Figure 18 : répartition
des effectifs cumulés en fonction
du
pourcentage
de la surface du plan
d'eau
protégée par la
végétation
Figure 1ô; représentation de I'importance des
effectifs de
canard souchel en fonction
de la superficie
de la mare
L'analyse
de I'indice de
protection
aux vents
révèle
un
effet
bilatéral dans le sens où lorsqu'une
mare n'est pas
suffisamment
protégée par les végétaux,
ou au contraire
lorsqu'elle
se
trouve
dans un milieu
fermé,
elle n'attire
pas
ou
peu
d'anatidés.
Dérangements
Les dérangements sont un facteur Iimitant pour le
stationnement des oiseaux
d'eau.
L'étude a été réalisée
au
cours d'une période sensible
pour les anatidés,
ce qui
augmente
cet effet. La période de migration prénuptiale
représente une étape difficile d'un point de vue
énergétique
pour ces derniers.
Cette dépense
rend tout dérangement
fortement perturbant pour l'équilibre énergétique et
I'acquisition de ressources. Le choix d'un site tranquille
devient alors
primordial.
Différentes causes de dérangements ont été
répertoriées sur
un€ mare suivie de façon assidue
(fig. l9). En l6 jours de
suivi, 42 envols des oiseaux sont liés à des
dérangements
I
_l_i
__r _-, i
39
ïI
identifiés, ce
qui
représente
2,6 dérangements
parjour pour
une mare. Tous les types de dérangements n'ont pas la
même importance
pour
les oiseaux. Ainsi, les anatidés ont
ils une distance
d'envol importante
au passage
du train
touristique de la baie de Somme et, de façon assez
surprenante, une
distance d'envol beaucoup
plus
faible
vis-
à-vis
des
piétons.
Par contre,
la distance
d'envol augmente
au fil des
jours au cours
du mois de mars, ce qui pourrait
correspondre à une
sensibilité
allant croissant.
Fig. 19 :évolution
de la distance d'envol des anatidés
au
cours du mois
de mars
I Discussion
et conclusion
Les mares
de la basse vallée
de la Somme
ne sont ni très
grandes
ni très
profondes,
mais sont
nombreuses et peuvent
accueillir des effectifs non négligeables d'anatidés de
surface au
cours de
la période
de migration
prénuptiale.
La richesse
spécifique augmente à partir de 1000
m', qui
constitue la taille minimale
nécessaire au
stationnement
de
différentes
espèces.
À tO OOO m2, une mare peut déjà
accueillir pratiquement
toutes les espèces
d'anatidés
visibles à cette période de I'année en basse vallée.
L'effectif cumulé d'anatidés
est lié à la taille de la mare.
Celles-ci
jouent
d'ailleurs un rôle
non négligeable dans
la
relation taille
de la mare
- effectifs
présents.
Par
ailleurs,
des
mares
de petite
taille peuvent
s'avérer
au moins aussi
importantes
que
les
plus grandes.
Ces
observations tendent
à montrer que Ia superficie
n'est pas l'élément
unique
déterminant le choix des oiseaux. Parmi les autres
variables,
il semble
que la protection face au vent
joue un
rôle dès lors qu'elle ne conduit pas
à un encerclement du
plan
d'eau
avec de la végétation
haute
qui cacherait la vue
vis-à-vis
d'éventuels
prédateurs.
Enfin, le rôle des dérangements n'est sûrement
pas à
négliger. Il faut remarquer que toutes les mares pour
lesquelles
les propriétaires
veillent à ne pas apporter de
dérangements
sont bien fréquentées
par les différentes
espèces,
quelle que
soit la superficie.
Aussi, pour conclure, il ressort de cette étude que la
superficie, la protection
face
au vent
et la quiétude
sont les
facteurs
essentiels
à mettre en ceuvre
afin d'assurer les
conditions
de stationnements
les plus appropriées
pour les
anatidés en migration.
Si la surface de la mare, voire sa
physionomie,
ne peuvent
être
changées facilement, il est
aisé
de mettre
en place
des
mesures
assurant
la quiétude des oiseaux
pendant
cette
phase
de leur cycle annuel.
La plus grande
discrétion autour
de la mare et le report des
travaux d'entretien à une période moins cruciale (été)
permettrait
aux oiseaux de profiter pleinement
de leur
escale, voire conduirait un plus grand nombre à se
reproduire
localement.
Références
bibliographiques
en
fin d'ouvrage
Patrick
Triplet', Ced.i" Fagotr, François Sueuf, Michel Urban3,
Frédéric Lepilliezr, Francis Montell, Arnaud Lengignonl
'sMRcoPI
2
Groupe
Ornithologique
Picard
(Grupo
Omitolôgico
Picard), Le
Bout des
Crocs, 80
I 20 Saint-Quentin-en-Tourmont
t Office National
de la Chasse
(Oficio Nacional
de la Caza),
Station Biologique
(Estaciôn
Biolôgica) de Blanquetaque,
80132
Port-le-Grand
Abstract
During prenuptial
migration, waterfowl
has
to gain the energy, that they consumed
during their travel. This energy will be
issued to continue their migration and
breeding.
During this period
which ends in
the third week of April, birds have to use
the optimal ponds they {ind during their
stopover.
The objective
of this study is to
define the variables
which explain birds
numbers
on ponds,
so that these
one could
be improved or, in certain
cases, optimal
ponds
could
be created.
The main tested variables re surface,
maximum length, slope,
sinuosity indices,
protection
against
wind,
disturbance.
The most important variable is surface.
Specific richness increase
to 12 between
I 000 rn2 and 25 800 m2. There is a
correlation between
surface ofthe pond
and
total number of birds using the ponds
during the spring migration. Pond surflace
may have incidence
on bird frequentation
in reduce incidence of an unfavourable
variable. For example, a large pond
associate
with high diversity
of vegetation,
which can create refuge areas
for birds
has
potentialities.
Geometry
of a pond can be
limiting if the pond is very elongated.
In
this case, bird do not feel safety.
Ifthe pond
is too deep for feeding
but large, it can
be
used
as roost.
40
Resumen
Durante el periodo prenupcial,
las anâtidas
deben efectuar
escalas
durante
las cuales
recuperan la energfa
consumida
durante el
viaje. Estr energia
les permite
seguir su
migraciôn
hacia el norte
y después
realizar
todas
las fases
de su reproducci6n. Durante
este periodo, que se extiende hasta la
tercera semana de Abril, las aves buscan
lugares que les permitirân adquirir y
conservar Ia energia
que necesitan
en las
rnejores condiciones posibles. Esta
comunicaciôn lleva a proveer elemenlos
que permitan explicar la elecciôn de los
lugares y asi orientar su gestiôn o, en
algunos casos, la creaciôn de nuevas
charcas.
Las variables
principales probadas
son:
la
superficie, la longitud mâxima, la
pendiente,
el indice
de
sinuosidad,
el indice
de protecciôn de cara a los vientos
dominantes
y el indice
de
perturbaciôn.
La superficie es el factor principal que
explica los resultados. El nûmero de
especies observadas en flunciôn
del tamaio
de la charca asciende hasta l2 entre
I 000 m2 y 25
800rn'. El n,irn".o total de
anâtidas observadas durante el pa-iodo
prenupcial
estâ fuert€mente correlacionado
a la superficie
(r : 0,825, n : 20, P <
0,001). La superficie de una charca
puede
influir sobre los estacionamientos de aves,
disminuyendo
otros factores desfavorables.
Asi, una gran charca lleva asociada una
diversidad de vegetaciôn importante,
creando zonas refugios propicias al
estacionamiento de las aves.
La geonretria
de una charca
puede
representar
un factor
limitante cuando este tiene la forma de
estânque alargado.
En este contexto, las
aves se encuentran en un clima de
inseguridad porque su campo de
observaciôn
se ve reducido
La profundidad
de la charca condicionarâ
las actividades
de las anâtidas sobre este
mismo. Asi, cuando es demasiado
importante
para permitir
adquirir comida,
la
charca, si es suficientemente
grande, se
utilizarâ rinicamente como
descanso.
4l
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