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Utilisation de produits forestiers non ligneux à Gbadolite (R.D. Congo) : cas de Cola acuminata (P. Beauv.) Schott & Endl. (Malvaceae) et de Piper guineense Schumach. & Thonn. (Piperaceae)

Authors:

Abstract and Figures

The use of no timber forest products in Gbadolite (D.R. Congo): Cola acuminate (P. Beauv.) Published online: Schott & Endl. (Malvaceae) and Piper Guineense (Schumach. & Thonn. (Piperaceae) 27 July, 2014 The goal of the present study, carried out in Gbadolite, was to evaluate population’s knowledge of two no timber forest products (NTFP) (Cola acuminata and Piper guineense) in order to establish a database of public utility with the aim of agro-biodiversity. The results obtained indicate that the use and the sale of these two NTFP is a typically male activity. The forest Keywords: constitutes the principal habitat of these NTFP; the income from these products is mainly no-timber forest affected for children schooling and communities’ survival. The fact that harvest is the products (NTFP), Cola prerogative of the men, the collected quantity of these two phytogenetic resources and their acuminata, Piper guineense, Gbadolite, management constitutes a challenge in terms of environmental protection in a context of Nord-Ubangi, climatic change. Hence, the in situ and/or ex situ conservation of plant species generators of Democratic Republic of such NTFP through agro-forestry micro-projects would allow protecting the environment by the Congo creating carbon dioxide sequestration wells and would also be used as ecological plug between the Sahel and the equatorial forest while providing additional incomes and seasonal employment for local community.
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Congo Sciences
Journal en Ligne de l’ACASTI et du CEDESURK
ACASTI and CEDESURK Online Journal
An International Journal
Utilisation de produits forestiers non ligneux à
Gbadolite (R.D. Congo) : cas de Cola acuminata (P.
Beauv.) Schott & Endl. (Malvaceae) et de Piper
guineense Schumach. & Thonn. (Piperaceae)
Ngbolua K.N.1,4*, Ngemale G.M.2,4, Konzi N.F., Masengo C. Ashande, Gbolo Z.B.1, Bangata
B.M.3,4, Yangba T.S.4, Gbiangbada N.5
Abstract
Received:
Revised:
Published online:
27 July, 2014
The use of no timber forest products in Gbadolite (D.R. Congo):
Cola acuminate
(P. Beauv.)
Schott & Endl. (Malvaceae) and
Piper Guineense
(Schumach. & Thonn. (Piperaceae)
The goal of the present study, carried out in Gbadolite, was to evaluate population’s knowledge
of two no timber forest products (NTFP) (
Cola acuminata
and
Piper guineense
) in order to
establish a database of public utility with the aim of agro-biodiversity. The results obtained
indicate that the use and the sale of these two NTFP is a typically male activity. The forest
constitutes the principal habitat of these NTFP; the income from these products is mainly
affected for children schooling and communities’ survival. The fact that harvest is the
prerogative of the men, the collected quantity of these two phytogenetic resources and their
management constitutes a challenge in terms of environmental protection in a context of
climatic change. Hence, the
in situ
and/or
ex situ
conservation of plant species generators of
such NTFP through agro-forestry micro-projects would allow protecting the environment by
creating carbon dioxide sequestration wells and would also be used as ecological plug between
the Sahel and the equatorial forest while providing additional incomes and seasonal
employment for local community.
Keywords:
no-timber forest
products (NTFP), Cola
acuminata, Piper
guineense, Gbadolite,
Nord-Ubangi,
Democratic Republic of
the Congo
1 Environmental Chemistry, 1Departement de Biologie, Faculté des Sciences, Université de Kinshasa, BP 190 Kinshasa XI, République Démocratique du Congo
2 Faculté des Sciences Agronomiques, Université de Gbadolite, Gbadolite, République Démocratique du Congo
3 Faculté des Sciences Agronomiques, Université de Kinshasa, Kinshasa XI, République Démocratique du Congo
4 Conseil Scientifique pour la Biodiversité d’Abumombazi-ONGD, République Démocratique du Congo
5 Institut Supérieur des Techniques Médicales de Yakoma, Nord-Ubangi, République Démocratique du Congo Faculty of Sciences, Université de Kinshasa, B.P. 190 KIN XI,
Kinshasa, Democratic Republic of Congo.
* To whom correspondence should be address. E-mail address: jpngbolua@unikin.ac.cd
INTRODUCTION
es forêts tropicales en général et celles du Bassin
du Congo en particulier sont des écosystèmes
extrêmement utiles et précieux pour l’humanité. En
effet, elles jouent un rôle capital dans la régulation des
équilibres climatiques et constituent le plus grand
réservoir de biodiversité de la planète. Le bassin du
Congo, avec environ 20% de forêts tropicales, est le
deuxième plus grand massif forestier tropical du monde,
derrière celui de l’Amazonie et bien avant celui du Sud-
Est asiatique [Tchatat et al., 1999 ; NShimba, 2008].
Cette forêt regorge de nombreuses ressources
telles que le bois d’œuvre et des produits forestiers non
ligneux (PFNL). Ces derniers peuvent être d’origine
L
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animale ou végétale et constituent une source
importante de substances indispensables pour la survie
des populations en milieux tant ruraux qu’urbains. Ce
sont essentiellement des produits de cueillette destinés
à l’autoconsommation ou à la vente tels quels ou après
avoir subis une transformation. Ils génèrent ainsi des
revenus pour les populations locales. A ce titre, les PFNL
constituent un moyen efficace de lutte contre la
pauvreté [Debroux et Dethier, 1993].
Malgré le nombre important d’études
ethnobotaniques réalisées à ce jour en République
Démocratique du Congo, il existe très peu
d’informations sur l’exploitation et les marchés des PFNL
dans la province de l’Equateur et en particulier dans le
Nord-Ubangi. Ces produits sont pourtant utiles dans la
sécurité alimentaire. En effet, la consommation et le
commerce des PFNL tels que les plantes comestibles, les
plantes médicinales et le gibier sont susceptibles de
contribuer à la sécurité alimentaire de la population
[Biloso & Lejoly, 2006; WWF et FRM, 2005; Kahindo,
2007]. En outre, la Conférence des Nations Unies sur
l’Environnement et le Développement tenue à Rio en
1992 a aussi reconnu l’intérêt écologique et socio-
économique des PFNL dans l’aménagement durable des
écosystèmes forestiers. Il a également été reconnu que
la dégradation des écosystèmes actuelle est la
conséquence des activités humaines et risque de mettre
en péril l’avenir des populations qui dépendent de ces
forêts. A cet effet, bien que tous les Etats du Bassin du
Congo aient ratifié la déclaration de Rio sur
l’Environnement et le Développement, l’intérêt qu’ils
portent aux PFNL demeure négligeable [Ndong, 1994].
Pourtant la valeur économique réelle de ces produits a
été démontrée [Tchatat et al. 1999].
Le district du Nord Ubangi est un réservoir des
plantes médicinale et de la biodiversité, cependant, il
est parmi les régions les moins étudiées en République
Démocratique du Congo, notamment, en ce qui concerne
la valeur socio-économique de sa forêt. En outre, les
PFNL n’ont jamais fait l’objet d’études scientifiques
dans cette partie du pays. La valorisation de ces
ressources naturelles permettrait pourtant d’assurer la
sécurité alimentaire dans cette région confrontée à la
pauvreté. La présente étude se propose d’évaluer la
proportion de population de Gbadolite (homme et
femme) qui s’intéresse à l’utilisation de
Cola acuminata
et
Piper guineense
; d’évaluer l’apport du revenu de
Cola
acuminata
(Noms vernaculaires: Makasu en lingala ou
Liyo en Kingbandi) et
Piper guineense
(Nom vernaculaire
Ngbongboli en Kingbandi) dans le panier de la ménagère
de population de la zone d’étude. Et enfin, évaluer le
niveau de connaissance de la population d’autres PFNL
tels que
Gnetum africanum, Dacryodes edulis
, les
champignons, les chenilles et le miel. L’objectif de cette
étude est de contribuer à l’élaboration d’une base de
données sur ces PFNL en vue de voir ces produits
domestiqués et intégrés dans les champs des
agriculteurs afin d’améliorer l’alimentation et la santé
des populations locales. Cette base de données est
également nécessaire pour le développement des
stratégies d’organisation des marchés de ces produits
au profit de la population dans un contexte de
développement durable.
MATERIEL ET METHODES
Situation géographique du site d’étude
La ville de Gbadolite est limitée au Nord par la
rivière Ubangi, depuis le confluent de la rivière Bimbi
jusqu’au confluent de la rivière Boyi. Elle est limitée à
l’Ouest par l’embouchure de la rivière Bimbi; au sud par
la source de la rivière Loba, jusqu’à l’intersection avec
la rivière Wakamba et à l’Est par la route de Mobayi
Mbongo jusqu’ à la rivière Sokoro. Sa superficie est
d’environ 278 km2 avec une densité de population
d’environ 464 habitants par km2 sur 128.969 habitants
recensés. La Figure I donne la localisation du site
d’étude.
Figure I. Ville de Gbadolite (© Ngemale)
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La végétation est caractérisée par la forêt
ombrophile équatoriale sempervirente. Mais sous
l’action anthropique, elle est remplacée sur des grandes
étendues par des savanes à
Imperata cyindrica,
Penisetum purpereum, Chromoleuna odorata
et autres
graminées. Le relief est composé des plateaux, collines
et savanes boisées. Le sol est du type argilo-
sablonneux.
La ville de Gbadolite est entièrement située dans la
zone équatoriale. Son climat est chaud et humide. La
température annuelle du mois le plus froid ne descend
pas en dessous de 18°C et la hauteur moyenne des pluies
est supérieure à 1600 mm [Zonamo, 2009]. L’insolation
est faible, soit 45% de radiation totale de l’énergie
tropicale, l’intensité des radiations solaires directes est
de 180 gcal/cm2/minute. La durée du jour est presque
égale à la durée de la nuit. L’humidité atmosphérique y
est fort élevée et le déficit de saturation est
relativement faible [Tuka, 2007].
Enquête
L’enquête de terrain est réalisée à l’aide d’un
questionnaire qui a permis de caractériser les différents
utilisateurs et vendeurs, leur connaissance sur le
produit forestier non ligneux et de vérifier si la vente de
ces produits leur permet de gagner l’argent qui satisfait
leur besoins inhérents à la vie quotidienne.
L’étude a été menée dans la ville de Gbadolite et
ses environs (Axes Molegbe, Mobayi Mbongo, Kambo en
fin Mangundu). La ville de Gbadolite et ces quatre axes
ont été choisis en raison de la présence de
Cola
acuminata
et de
Piper guineense
qui étaient récoltés et
vendus devant les ménages, le long de la route dans les
différents axes et sur des étalages au marché.
Les enquêtes ont été menées au marché de
Gbadolite et auprès des ménages: personne utilisatrice
ou vendeuse (communauté riveraine, femme et homme
qui subviennent à leurs propres besoins). Au total, 50
personnes ont été enquêtées.
La connaissance des PFNL sélectionnés a été
utilisée comme critère de sélection des répondants. Le
questionnaire d’enquête était basé sur l’identification
des axes de production de PFNL, leur habitat, leur mode
d’utilisation, la quantité produite, le mode
d’évacuation, la connaissance sur le PFNL, etc. Le
dépouillement des données récoltées a consisté à
relever les fréquences relatives aux différentes
questions formulées aux enquêtés et à les prélever sous
forme des tableaux dont la plus grande partie a été
analysée et traitée statistiquement à partir du logiciel
Excel 2010.
RESULTATS ET DISCUSSION
Identification des utilisateurs : le genre
Les données en rapport avec le genre d’utilisateur
et vendeur pour les deux produits sont reprises dans la
Figure II.
Figure II. Le genre
Il ressort de la Figure II que la quasi-totalité
d’utilisateurs et vendeurs de ces deux ressources
phytogénétiques sont des hommes. Ce résultat montre
qu’en sus des activités liées au champ, la récolte et la
vente des PFNL sont considérées comme principales car
elles aident à couvrir leurs besoins inhérents. En outre,
on peut aussi noter que
Piper guineense
occupe plus
d’hommes que
Cola acuminata
ne mobilise les femmes.
Cette différence s’expliquerait par le fait que
Cola
acuminata
procure beaucoup plus d’argent que ne le
fait
Piper guineense
et sa récolte est plus ou moins
aisée. Par contre, la récolte de
Piper guineense
nécessite parfois l’abattage d’arbres pour y accéder et
sa valeur marchande exige de grandes quantités. Ceci
constitue de ce fait un facteur limitant pour l’intérêt
que les femmes portent à ce denier.
Direction de production et de vente
Les proportions des PFNL sélectionnés en fonction
des axes de production et de vente sont données dans la
Figure III.
Il ressort de cette figure que
Piper guineense
est
beaucoup plus récolté et vendu sur l’axe Mangundu et
Kambo avec un taux respectif de 40 et 22%. Les Axes
Mobayi et Molegbe récoltent et vendent moins. Par
contre, la récolte et la vente de
Cola acuminata
sont
plus remarquées sur les axes Kambo et Molegbe, soit
respectivement 16% et 12%.
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Cola acuminata
Peper guineense
20
60
18
Produits Forstiers Non-Ligneux
Homme
Femme
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Figure III. Proportions des PFNL sélectionnés en fonction des
axes de production et de vente
Types d’habitat
La Figure IV donne la proportion de ces deux
produits en fonction des types d’habitat dans la sous-
région.
Figure IV. Types d’habitat
Au regard de la Figure IV, il sied de constater que la
forêt vient en tête avec 50% pour le
Pieper guineense
et
32% pour le
Cola acuminata
. La jachère occupe la
seconde place avec une proportion de 10% pour
Piper
guineense
et 8% pour
Cola acuminata
. Ces résultats
montrent clairement que ces deux produits sont récoltés
principalement dans la forêt.
3.4. Destination des PFNL
L’usage de deux produits considérés sont repris
dans la Figure V.
Figure V. Destination des PFNL selectionnés
D’après les opinions de nos enquêtés, comme
indiqué sur la Figure V, les deux produits notamment,
Piper guineense
et
Cola acuminata
sont utilisés en
grande partie comme plantes médicinales.
Quantité récoltée
La quantité moyenne de deux PFNL estimée durant
la période d’étude est reprise dans la Figure VI.
Figure VI. Quantité moyenne de deux PFNL estimée durant la
période d’étude
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
40%
45%
50%
Kambo
Mangundu
Mobayi
Molegbe
Axes Routiers de Production et de Vente
22
40
16
12
Peper guineense
Cola acuminata
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
P. guineense
C. acuminata
50
32
10
Proportion
en Forêt
en Jachère
8,9
3,6
12,5
3,6
5,4
1,8
3,6
5,4
16,1
8,9
3,6
1,8
12,5
7,1
5,4
0 5 10 15 20
Alicament ( c )
Hypotenseur (P & c )
Epice ( p )
Fabrication de boissons (P & c )
Insomnie ( c )
Irritations ( c )
Libido ( c )
Mariage ( c )
Médicaments (P & c )
Résolution de conflits ( c )
Procure de l'argent ( c & p )
Traitement des reins ( p )
Stimulant ( c & p )
Traitements des douleurs ( c & p )
Traitement des maux de ventre (c )
Tendance de réponses des enquêtés (%)
Légende: c = cola acuminata et P = Peper guineense
1085,34
99,5
-300 200 700 1200
C. acuminata
P. guineense
Produits Forestiers Non-Ligneux
Quantité moyenne (Kg)
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Il ressort de cette figure que la quantité moyenne
de
Piper guineense
est estimée à 1085,34 kg pendant la
période d’étude, tandis que celle de
Cola acuminata
correspond à 98,5 kg. Ceci montre que le revenu de
Piper
guineense
est fonction de la quantité vendue. En effet,
son unité de mesure est le kilogramme contrairement à
Cola acuminata
qui se vend par pièces.
Affectation de revenu
La Figure VII donne, par ordre, les besoins
inhérents pour lequel le revenu généré par ces produits
est affecté dans la zone enquêtée.
Figure VII. Affectation de revenu
Il ressort de cette figure que la contribution de
Piper guineense
et de
Cola acuminata
au revenu des
ménages est à priori affectée en grande partie dans la
scolarité et la subsistance soit respectivement 20% et
10%. Par contre, celle allouée aux soins de santé est de
7% suivi de l’habillement 4%.
Connaissance des autres produits forestiers
La Figure VIII donne les différents autres types de
produits forestiers non ligneux répertoriés dans la zone
d’étude.
L’analyse de la Figure VIII montre que parmi les
autres produits forestiers non ligneux connus par les
enquêtés,
Dacryodes edulis, Gnetum africanum
et les
chenilles viennent en tête avec une proportion
respective de 23% (
Dacryodes edulis
); 17,1% (
Gnetum
africanum
et les chenilles). Les autres PFNL notamment
les champignons, le miel, etc. sont également connus
mais à une faible proportion.
Moyens d’évacuation
La Figure IX donne les différents moyens
d’évacuation de PFNL.
Figure VIII. Connaissance des autres produits forestiers
Figure IX. Moyens d’évacuation
Le principal moyen d’évacuation utilisé par la
plupart des producteurs et vendeurs est le vélo suivi du
transport sur la tête et véhicule.
Destination du produit
La Figure X donne la destination pour les deux
produits dans la région.
Figure X. Destination du produit
Les deux produits,
Piper guineense
et
Cola
acuminata,
sont destinés en grande partie pour la
0 5 10 15 20 25
Autres
Achat articles divers
Scholarité
Mobilier de la maison
Soin de santé
Tendance de réponse des enquêtés
Proportion (%)
4,9
2,4
4,9
17,1
23
17,1
14,6
9,8
0 10 20 30 40
Rotin
Miel
Liane
Gnetum africanum
Dacryodes edulis
Chenilles
Champignon
Aframomum
Tendance de réponses des enquêtés (%)
Autres PFNL
76%
8% 16%
Personne
Véhicule
Vélo
0%
10%
20%
30%
40%
50%
P. guineense
C. acuminata
Proportion
Destination Marché
étranger
Destination Marché local
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consommation locale, soit 40%. En revanche, le
Piper
guineensis
est par moment vendu à l’étranger en
particulier en République Centrafricaine, au Nigéria et
au Cameroun.
Les tribus utilisatrices et vendeuses
La Figure XI reprend, en fonction d’usage et de
vente, les différentes tribus qui utilisent et vendent ces
PFNL à Gbadolite.
Figure XI. Les tribus utilisatrices et vendeuses des PFNL
sélectionnés
Comme on peut bien le constater à la lecture de la
Figure XI, la récolte de ces deux produits est une
spécialité de la tribu Ngbandi dans la sous-région soit
48% pour
Pieper guineesis
et 20% pour
Cola
accuminata
. Les tribus Ngombe et Ngbaka sont sont
aussi utilisatrices de ces PFNL mais en faible proportion
soit respectivement 2% pour
Piper guineesis
et 2% pour
Cola accuminata
.
DISCUSSION
L’agro-biodiversité et sa capacité à engendrer la
croissance économique, la sécurité alimentaire et la
protection des ressources naturelles est une nouvelle
approche du développement durable. Malgré la méga-
biodiversité de la République Démocratique du Congo,
plus de 70% de Congolais sont pauvres et la plupart
d’entre eux vivent en milieu rural et dépendent
directement de la forêt pour subvenir à leurs besoins
journaliers. Une valorisation des produits forestiers
non-ligneux (PFNL), permettrait de contribuer à la lutte
contre la pauvreté (Termote, 2012).
Les PFNL sont des produits d'origine biologique,
autres que le bois, dérivés des forêts. Les PFNL peuvent
être récoltés dans la nature, ou produits dans des
plantations forestières ou des périmètres
d'agroforesterie, ou par des arbres hors forêt. Des
exemples de PFNL comprennent des produits utilisés
comme nourriture et additifs alimentaires (noix
comestibles, champignons, fruits, herbes, épices et
condiments, plantes aromatiques, viande de gibier),
fibres utilisées dans la construction, l'habillement ou
les ustensiles, résines, gommes, et produits végétaux et
animaux utilisés pour des buts médicinaux, cosmétiques
ou culturels (Biloso, 2008).
Selon la FAO [2001], les PFNL constituent un
ensemble de biens et services pouvant être vendus,
autoconsommés ou être utilisés par l’industrie comme
source de matières premières et qui proviennent des
ressources renouvelables et de la biomasse forestière.
Ces produits sont susceptibles de permettre une
augmentation des revenus réels et des emplois des
ménages ruraux.
Plusieurs millions de ménages dans le monde
entier sont fortement tributaires de ces produits pour
leur subsistance et/ou leurs revenus. Environ 80 % de la
population des pays en voie de développement utilisent
les PFNL pour se soigner et se nourrir [FAO, 2005]. Les
femmes des ménages à faibles revenus sont
généralement celles qui comptent davantage sur les
PFNL. A l'échelon local, les PFNL fournissent également
la matière première pour des opérations de
transformation industrielle : caoutchouc, café, fruits à
usage médicinal, etc.
Quelques PFNL sont également commercialisés à
l'échelle internationale. A l'heure actuelle, il existe au
moins 150 PFNL importants sur le plan du commerce
international, notamment le miel, la gomme arabique,
le rotin et le bambou, le liège, les noix et les
champignons, les résines, les huiles essentielles et
certaines parties des végétaux et des animaux entrant
dans la fabrication de produits pharmaceutiques. Ces
produits ont été pendant longtemps négligés par les
politiques et c’est seulement depuis quelques années
qu’ils retiennent l’attention des scientifiques [Tchatat
et al, 1999] et suscitent un intérêt considérable au
niveau mondial. Ceci s'explique par la prise de
conscience accrue de leur contribution à certains
objectifs environnementaux, tel que la conservation de
la diversité biologique, etc. En République
Démocratique du Congo,
Cola acuminata
dont les noix
activent la fermentation alcoolique du vin de palme,
sont prises surtout pour leurs propriétés stimulantes.
Par contre, les fruits de
Piper guineense
sont exploités
et consommés crus en raison de leur goût épicé. On peut
également les sécher et piler; la poudre ainsi obtenue
est utilisée pour l'assaisonnement des plats ou des mets
locaux. Ceci montre que les PFNL constituent l’épicentre
de la survie des populations riveraines et servent des
ressources alimentaires, médicinales, etc. Ces PFNL sont
récoltés dans les zones forestières et proches
0% 10% 20% 30% 40% 50%
Ngombe
Ngbandi
Ngbaka
Budja
Destination
Tendance de réponses des enquêtés
C. acuminata
P. guineense
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d’habitation (champs, plantations, jachères)
[Toirambe, 2002].
D’après les études menées au Cameroun par
Tchatat et al. [1999], la récolte, le transport et la
commercialisation de produits forestiers non ligneux
sont des activités exclusivement masculines. Le fait que
ces filières soient l’apanage des hommes, spécialisés
dans le secteur pour la plupart, influence énormément
les quantités récoltées et la gestion de ces diverses
espèces. Par contre la vente des fruits de
Cola
sp. est
effectuée indifféremment par les femmes et les
hommes. Ce qui corrobore nos résultats notamment en
ce qui concerne la vente de
Piper guineense
qui est une
activité exclusivement masculine et celle de
Cola
acuminata
qui est réalisé par les deux sexes. En effet, la
tendance de la courbe du genre montre bien que ce sont
les hommes qui se spécialisent dans l’utilisation et la
vente de ces deux produits. Termote [2012] a montré
que les plantes sauvages comestibles font partie du
patrimoine culturel immatériel des populations locales.
Ce qui ressort également dans la tendance de réponse
de nos enquêtés dans le mode d’utilisation. Les
enquêtés ont montré par exemple que ces produits sont
utilisé lors de la cérémonie de mariage ou pour régler de
conflit.
D’autres auteurs soulignent également que si une
partie de produits forestiers non lignés récoltés est
destinée à l’autoconsommation, une autre est
commercialisée sur les marchés locaux, nationaux,
régionaux et internationaux. De ce fait, ils constituent
une source importante de subsistance et de revenus
pour de nombreux paysans [Tabuna, 1993; Schneemann,
1994; Schneemann et Dijkstra, 1994; Ndoye, 1995]. Les
résultats de la présente étude ont montré que la
majorité de nos enquêtés ont souscrit au fait que la plus
grande partie de ces produits sont consommés
localement, une petite partie sont vendus à l’étranger.
D’autres études ont aussi montré que les fruits
frais de
Piper guineense
sont utilisés comme
condiments. Ils sont souvent consommés crus en raison
de leur goût épicé [Biloso & Lejoly, 2005]. Neuwinger
[2000] a indiqué que
Cola acuminata
et
Piper
guineense
sont doués des propriétés
pharmacodynamiques remarquables en médecine
traditionnelle africaine, notamment contre la diarrhée,
la blennorragie, les vers intestinaux et comme stimulant
(
C. acuminate
) et contre les hémorroïdes, les
bronchites, les caries dentaires, les tumeurs, les maux
de tête, la faiblesse sexuelle et les maladies
respiratoires (
P. guineense
).
CONCLUSION
Le but de ce travail a été d’évaluer la contribution
socioéconomique des PFNL dans le revenu de la
population de la ville de Gbadolite et ses environs
notamment en ce qui concerne l’utilisation de
Piper
guineense
et
Cola acuminata
.
L’enquête sur le terrain à l’aide d’un questionnaire
nous a permis de caractériser les différents utilisateurs
et vendeurs, leurs connaissance sur le produit forestier
non ligneux et de vérifier si la vente de ce produit leur
permet de gagner l’argent qui satisfait leur besoins
inhérents à la vie quotidienne.
Les résultats obtenus après analyse montrent que:
l’utilisation et la vente de ces produits sont
une activité typiquement masculine ;
Piper guineense
est beaucoup plus produit et
vendu sur l’axe Mangundu et Kambo tandis que
la récolte et la vente de
Cola acuminata
se
remarquent sur les axes Kambo et Molegbe;
Ces deux PFNL sont récoltés plus dans la forêt
que dans la jachère ;
le revenu de ces produits est à priori affecté
dans la scolarité et la subsistance ;
Dacryodes edulis, Gnetum africanum
et les
chenilles sont les autres PFNL connus de la
population de la sous-région
le vélo et le transport à pied sont les moyens
les plus utilisés pour l’évacuation de PFNL;
80% de produits sont destinés à la
consommation locale;
la récolte et la vente de ces produits sont une
spécialité de la tribu Ngbandi (68%) ; viennent
les tribus Budja et Ngaka (14%) enfin Ngombe
(4%).
A notre connaissance, c’est pour la première fois
qu’une telle étude est réalisée dans le district du Nord
Ubangi. Ainsi il est donc souhaitable que des nouvelles
recherches sur les autres produits forestiers non ligneux
de la sous-région soient initiées en vue de la
valorisation de ces derniers et qu’une stratégie de leur
gestion soit mise au point en vue d’exploiter
durablement ces ressources. En effet, la conservation
in
situ
ou
ex situ
de taxons végétaux générateurs de ces
PFNL à travers des microprojets d’agroforesterie
permettrait de protéger l’environnement en créant des
puits de séquestration du dioxyde de carbone et
servirait aussi de tampon écologique entre le sahel et la
forêt équatoriale congolaise tout en procurant des
revenus supplémentaires et des emplois saisonniers à la
collectivité.
RESUME
La présente étude réalisée à Gbadolite avait pour
but d’évaluer la connaissance de deux PFNL (
Cola
acuminata
et
Piper guineense
) en vue d’élaborer une
base de données d’utilité publique dans un but d’agro-
ARTICLE CONGO SCIENCES VOLUME 2 | NUMERO 2 | JUILLET 2014
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biodiversité. Les résultats obtenus indiquent que
l’utilisation et la vente de ces deux PFNL constituent une
activité typiquement masculine. La forêt constitue le
principal habitat de ces PFNL; le revenu de ces produits
est à priori affecté dans la scolarisation des enfants et
permet aux communautés de survivre. Le fait que la
récolte soit l’apanage des hommes, la quantité récoltée
de ces deux ressources phytogénétiques et leur gestion
suscitent des inquiétudes en termes de protection de
l’environnement dans un contexte de changement
climatique. A cet effet, la conservation
in situ
et/ou
ex
situ
de taxons végétaux générateurs de ces PFNL à
travers des microprojets d’agroforesterie permettrait de
protéger l’environnement en créant des puits de
séquestration du dioxyde de carbone et servirait aussi
de tampon écologique entre le Sahel et la forêt
équatoriale tout en procurant des revenus
supplémentaires et des emplois saisonniers à la
collectivité.
Mots clés :
Produits forestiers non ligneux (PFNL), Cola
acuminata, Piper guineense, Gbadolite,
Nord-Ubangi, République Démocratique du
Congo
Remerciements
Les auteurs remercient l’Honorable Marie Thérèse GERENGBO YAZALO
et le Professeur NZEGE ALAZIAMBINA (Sénateur) pour leur soutien
financier ayant permis la réalisation de cette étude.
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Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFAB) sont particulièrement importants pour les populations des pays de l’Afrique centrale, du fait du rapport étroit qu’entretiennent les Etats et les populations locales avec la forêt, et dans le fonctionnement global de l’écosystème. Or, ces PFAB n’ont été jusqu’à présent que peu pris en compte dans le calcul des indicateurs macro-économiques des Etats et dans les initiatives en faveur de la gestion durable des écosystèmes forestiers. Cette étude présente une synthèse des connaissances actuelles sur les PFAB : rôles socioéconomiques, modes d’utilisation, durables ou non durables, permet d’identifier les problèmes spécifiques liés à leur utilisation et d’esquisser des propositions en vue d’une meilleure gestion, à la fois plus rationnelle sur le plan économique et plus respectueuse de l’environnement. Le présent document est le fruit d’enquêtes auprès des principaux détenteurs de l’information sur les PFAB (chercheurs, décideurs…), et auprès des principaux utilisateurs sur le terrain, assorties d’une étude bibliographique aussi exhaustive que possible. Le premier point qui ressort de l’étude est l’extrême diversité des PFAB, liée à la richesse biologique qui caractérise les forêts tropicales humides du Bassin du Congo. Cette diversité s’organise selon des relations complexes qui structurent l’écosystème, de sorte que celui ci constitue un tout. Quelques-uns unes de ces relations sont évoquées pour illustrer l’interdépendance des différents membres de la communauté biologique de l’écosystème forestier (pollinisation, dispersion de diaspores). La conséquence immédiate de ce constat est que toute problématique de gestion durable des forêts doit être appréhendée de manière globale et ne pas simplement privilégier le bois d’oeuvre. Les populations locales montrent une connaissance approfondie des PFAB, étant utilisatrices depuis souvent fort longtemps. Nous nous sommes intéressés plus spécialement à l’organisation sociale qui découlait de cette utilisation. Les sociétés se sont souvent structurées par rapport à l’exploitation des PFAB (place des femmes…), et ont élaboré des modes spécifiques d’appropriation des PFAB. Le mode d’accès à la ressource généralement défini par les droits coutumiers se trouve souvent en contradiction avec la législation des Etats. Ce phénomène est général à l’échelle de la sous région, et l’on retrouve des exemples de telles incompatibilités entre le légal et le légitime dans chacun des pays. Par ailleurs, la situation est aggravée par le fait que l’Etat est rarement en mesure d’assurer la bonne application des lois. Il en découle une situation d’accès libre de fait et des pratiques illégales à la fois nombreuses et destructrices.
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Study of Non Woody Forest Products Exploitation and Market in Kinshasa. In spite of the considerable number of ethnobotanic studies carried out in many regions of the Democratic Republic of Congo, almost no information is available on the exploitation and commerce of the wild products (non woody forest products, "produits forestiers non ligneux" – PFNL) of the Congolese provinces in general and the urban province of Kinshasa in particular. Nevertheless, these products are largely used and marketed. Therefore, direct observations in situ, and socio-economic and ethnoecologic investigations (including interviews) were organized in the urban province of Kinshasa to analyse various aspects of consumption of these wild products. The purpose of these investigations was to collect information regarding the use and the marketing of PFNL products by the populations living in the zones surrounding the urban area. The analysis of the various types of exploitation and use of the PFNL has shown twelve categories of PFNL use: energy, food, construction of music instruments, saw mill applications, drink, drugs, dye, packing, construction of baskets, textile fabrication, construction and ornamentation. The majority of these PFNL originate not only from the secondary forests and from forest galleries, but from shrubby savannas and the marshes as well. The exploitations and uses of the PFNL vary rather largely with the level of income, the purchasing power, the attachment with food practices and with local traditions. The various levels of semi-monthly income by owner of the PFNL are estimated for the following plants which were used as vegetables: Gnetum africanum Welw., (275.0 $); Pteridium aquilinium Hieron. (166.7 $); Dracaena camerooniana Baker. (75.5 $); Dioscorea praehensilis (Benth.) (71.0 $); Psophocarpus scandens (Endl.) Verdc. (58.7 $). The average income resulting from the firewood sale was estimated at 80 $ per month and per person, for a group of 25 owners in Dumi. Supplementary information concerning the use of the PFNL and the organization of its processing chain is included.
Valorisation des produits secondaires de la forêt dense humide tropicale, travail de fin d'études, Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux
  • L Debroux
  • M Dethier
Debroux L., Dethier M. (1993). Valorisation des produits secondaires de la forêt dense humide tropicale, travail de fin d'études, Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux, Belgique.
Inventaire des produits forestiers végétaux non ligneux et leur commercialisation dans la ville de Kisangani
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La place de l'économie forestière dans l'économie Nationale. Actes du Séminaire sur l'Environnement, Cap-Esterias
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The market for non-timber forest products in the humid forest zone of Cameroon and its borders structure, conduct, performance and policy implications
  • O Ndoye
Ndoye O. (1995). The market for non-timber forest products in the humid forest zone of Cameroon and its borders structure, conduct, performance and policy implications. CIFOR, Jakarta, Indonesia.