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Les performances des petites exploitations irriguées
de la basse vallée de la Medjerda en Tunisie
doi: 10.1684/agr.2015.0754
Pour citer cet article : HanafiS, Frija A, Jamin JY, Zairi A, Hamdane A, Mailhol JC, 2015. Les
performances des petites exploitations irriguées de la basse vallée de la Medjerda en Tunisie. Cah
Agric 24 : 170-6. doi : 10.1684/agr.2015.0754
Tirés à part : S. Hanafi
Résumé
Malgre
´les efforts de la recherche et les multiples interventions des E
´tats, la productivite
´des
ressources en eau, terre et capital, reste souvent limite
´e, notamment en Tunisie. Cette e
´tude
pre
´sente un cadre d’analyse des performances des exploitations agricoles irrigue
´es. Elle vise
a
`e
´tudier le niveau et les de
´terminants effectifs de ces performances. Des informations
technico-e
´conomiques ont e
´te
´collecte
´es a
`travers des enque
ˆtes de
´taille
´es. Elles ont servi a
`
calculer l’efficience technique (ET) et l’efficience d’utilisation de l’eau d’irrigation (EUEI) par
une analyse par enveloppement des donne
´es (DEA). Ces efficiences ont e
´te
´soumises a
`une
analyse statistique pour les mettre en relation avec des variables de terrain. Les re
´sultats
montrent que l’ET est satisfaisante : 0,84 en moyenne. Par contre, l’EUEI est plus faible : 0,61
en moyenne. Il existe donc un potentiel important d’ame
´lioration de la valorisation de l’eau.
L’approche a permis de de
´gager les facteurs influant le plus sur ces efficiences ; ce sont
d’abord la facilite
´d’acce
`sa
`l’eau, puis la possibilite
´d’acce
`s aux cre
´dits. Ces deux facteurs
peuvent constituer des leviers d’ame
´lioration des ET et des EUEI. Ni les techniques
d’irrigation utilise
´es, ni les cultures pratique
´es, ni le mode de distribution de l’eau,
n’influencent les diffe
´rences des efficiences calcule
´es. La pratique de l’e
´levage joue de fac¸on
significative sur les diffe
´rences des EUEI, ce qui montre que l’eau est mieux valorise
´e que les
fourrages et l’e
´levage. Les projets de modernisation, qui visent la conversion des re
´seaux de
distribution gravitaires en re
´seaux sous pression, devraient tenir compte de ces re
´sultats : a
`
elle seule, la conversion ne suffit pas a
`ame
´liorer l’efficience. Des sce
´narios d’ame
´lioration
n’exigeant pas d’importants investissements pourraient donc e
ˆtre plus inte
´ressants que ces
conversions qui impliquent d’e
´normes financements.
Mots cle
´s:efficience d’utilisation de l’eau ; eau d’irrigation ; exploitation agricole ;
viabilite
´e
´conomique ; e
´conomie agricole ; performance.
The
`mes : eau ; e
´conomie et de
´veloppement rural ; me
´thodes et outils.
Abstract
Performance of small irrigated farms in Tunisia's Lower Medjerda Valley
Despite research efforts and the multiple interventions of States, the productivity of water,
land, and capital resources is often low, particularly in Tunisia. This study provides a
framework for analyzing the performance of irrigated farms and examines the level and the
effective determinants of this performance. Technical and economic data were collected
through detailed questionnaires and used to calculate technical efficiency (TE) and
irrigation water use efficiency (IWUE) for each farm, with the data envelopment analysis
(DEA) approach. These efficiencies were subjected to statistical analysis for a set of field
variables. The results show that TE is satisfactory at 0.84 on average. However, IWUE is
much lower, at 0.61 on average. There is therefore significant potential for improving it.
The most important determinants of the efficiencies are access to water and access to
credit, both of which are possible levers to improve TE and IWUE. Neither irrigation
techniques nor the choice of crops nor the water distribution method influence the
differences in the efficiencies. Livestock presence is significant for the differences in IWUE,
showing that water is used more efficiently with forage crops for livestock. Current
modernization projects in Tunisia to convert open canal systems to pressurized pipe
Salia Hanafi
1
Aymen Frija
2
Jean-Yves Jamin
3
Abdelaziz Zairi
1
Abdelkader Hamdane
4
Jean-Claude Mailhol
5
1
INRGREF, laboratoire de G
enie Rural
Rue H
edi El karray
El menzah IV
BP 10
Ariana 2080
Tunisie
<salia.hanafi@yahoo.fr>
<zairi.abdelaziz@iresa.agrinet.tn>
2
ICARDA
Bldg n
o
15
Khalid Abu Dalbouh St Abdoun
PO Box 950764
Amman
Jordan
<a.frija@cgiar.org>
3
Cirad, UMR G-Eau
73, rue Jean-Franc¸ois Breton
TA C-90/15
34398 Montpellier cedex 5
France
<jamin@cirad.fr>
4
INAT
Avenue Charles Nicolle
1082 Tunis Mahrajène
Tunisie
<abdelkader.hamdane69@uniagro.fr>
5
IRSTEA, UMR G-Eau
365, rue Jean-Franc¸ois Breton
BP 5095
34196 Montpellier cedex 5
France
<jean-claude.mailhol@irstea.fr>
170 Cah Agric, vol. 24, n83, mai-juin 2015
Étude originale
L'agriculture irrigue
´e est confron-
te
´ea
`de nombreux de
´fis en
termes de production et de
rentabilite
´(Jamin et al., 2011 ;
Kuper, 2011). Malgre
´les efforts de la
recherche et les multiples interven-
tions des pouvoirs publics, la pro-
ductivite
´des ressources en eau,
terre et capital, reste souvent limite
´e
et les rendements observe
´s restent
tre
`s infe
´rieurs aux potentiels identi-
fie
´s(Molden et al., 2007 ;Brauman
et al., 2013). Cette proble
´matique est
d’autant plus importante lorsqu’il
s’agit de pe
´rime
`tres irrigue
´s situe
´s
dans des pays aux ressources en eau
limite
´es. Il est donc ne
´cessaire d’e
´tu-
dier les facteurs limitant la productivite
´
des syste
`mes de production irrigue
´s,
ainsi que les moyens d’ame
´liorer la
productivite
´de l’eau et les autres
facteurs de production (Kuper et al.,
2009).
En Tunisie, depuis les anne
´es 1950,
l’E
´tat a investi dans la grande hydrau-
lique. Il a ame
´nage
´de nombreux
pe
´rime
`tres publics, dans le but de
de
´velopper l’agriculture irrigue
´e. Les
investissements dans la grande hydrau-
lique ont ainsi repre
´sente
´44 % des
investissements agricoles entre 1980
et 1989 (Boughanmi, 1995). Depuis
1995, dans le cadre d’une double
politique d’e
´conomie et de valorisation
de l’eau, l’E
´tat tunisien a re
´alise
´de
nouveaux investissements pour la
re
´habilitation et la modernisation des
infrastructures collectives, qui deve-
naient obsole
`tes, afin d’ame
´liorer l’effi-
cience hydraulique des re
´seaux. Des
subventions importantes ont e
´te
´accor-
de
´es aux agriculteurs pour qu’ils inves-
tissent dans les nouvelles technologies
d’e
´conomie d’eau. En de
´pit de ces
efforts, la valorisation des facteurs de
production (eau, terre, capital) reste
encore relativement faible et les per-
formances des exploitations familiales,
qui repre
´sentent 73 % des exploita-
tions tunisiennes (CEA, 2008), demeu-
rent modestes par rapport aux objectifs
de de
´veloppement, comme ceux
affiche
´s pour les grands pe
´rime
`tres
irrigue
´sdelavalle
´e de la Medjerda. En
conse
´quence, la contribution de l’agri-
culture au PIB a baisse
´a
`partir de
2005 et la question de la durabilite
´du
mode
`le base
´sur l’irrigation se pose
(Bachta, 2011 ;Liste et al., 2012).
L’objectif de cet article est d’analyser
les performances de l’agriculture irri-
gue
´e au niveau des exploitations
agricoles. Plusieurs facteurs interve-
nant dans le processus de production
ont e
´te
´analyse
´s afin d’identifier les
plus influents.
Matériel et méthode
Zone d'étude et enquête
La zone d’e
´tude est le pe
´rime
`tre de
Borj Toumi, ame
´nage
´en 1966 dans la
basse valle
´e de la Medjerda (figure 1).
La pluviome
´trie moyenne est de 400-
450 mm/an, alors que l’e
´vapotranspi-
ration potentielle (ETP) est de
1 400 mm/an. La superficie irrigue
´e
est de 785 ha, avec un secteur ou
`le
syste
`me de distribution de l’eau est
gravitaire (G) et un autre ou
`la
distribution est assure
´e par un re
´seau
sous pression (SP). Ce pe
´rime
`tre est
exploite
´par des petits agriculteurs
(7 ha en moyenne) et deux socie
´te
´s
de mise en valeur agricole (100 ha
chacune).
Les cultures pratique
´es sont l’olivier,
les arbres fruitiers, le maraı
ˆchage et
le ble
´. Les exploitations qui font de
l’e
´levage (2 a
`8 vaches laitie
`res)
ont aussi des cultures fourrage
`res.
L’intensification avec des cultures qui
n’e
´taient pas pre
´vues dans l’e
´tude de
base fait que le re
´seau de distribution
d’eau ne peut fournir que 65 % des
besoins en eau d’irrigation des cultu-
res durant la pe
´riode de pointe, au
mois de juillet (Hanafi, 2011).
Une premie
`re enque
ˆte a e
´te
´faite sur
l’ensemble des exploitations du pe
´ri-
me
`tre et a servi pour dresser une
typologie oriente
´e vers la diversite
´des
syste
`mes d’irrigation et des cultures
pratique
´es. Elle a permis de re
´partir
les exploitations en six types, dont
les caracte
´ristiques moyennes sont
pre
´sente
´es dans le tableau 1. Plus
de de
´tails sont pre
´sente
´s par Hanafi
et al. (2012). L’e
´levage, pre
´sent dans
tous les types (2-8 vaches/exploita-
tion) n’a pas e
´te
´introduit comme
variable dans la typologie, car il aurait
double
´le nombre de types. Une
deuxie
`me enque
ˆte a e
´te
´mene
´een
2009 sur un e
´chantillon de 26 exploi-
tations re
´parties dans ces six types
pour e
´valuer leurs re
´sultats e
´conomi-
ques, aussi bien pour leurs activite
´s
de production ve
´ge
´tale qu’animale
(campagne 2008/2009). L’enque
ˆte a
concerne
´les cou
ˆts de production
directs, les rendements et les prix de
vente des produits. Les consomma-
tions d’eau sont tire
´es des factures du
Groupement de de
´veloppement agri-
cole (GDA), charge
´de la gestion du
re
´seau. Elles sont base
´es sur le releve
´
des compteurs individuels.
Efficience économique
et efficience d'utilisation
de l'eau d'irrigation
L’analyse de la productivite
´partielle
des facteurs de production prend
en compte la contribution d’un facteur
a
`la production. Cependant, cette
analyse ne
´glige les interactions entre
facteurs. L’analyse de l’efficience e
´co-
nomique e
´vite cet e
´cueil. Le concept
d’efficience utilise
´ici est l’efficiency
de
´veloppe
´e par Charnes et al. (1978),
a
`partir des travaux pionniers de
Farrell (1957).
Toute activite
´de production met en
jeu des intrants, qui sont les ressources
utilise
´es, et des productions. L’e
´valua-
tion des performances repose sur
systems should take these results into account. But converting the irrigation system alone is
not enough to improve efficiency. Scenarios that do not require such large investment may
thus be more worthwhile.
Key words: water use efficiency; irrigation water; farm management; economic viability;
performance; agricultural economics.
Subjects: economy and rural development; tools and methods; water.
171Cah Agric, vol. 24, n83, mai-juin 2015
l’analyse de la valorisation des intrants
par des productions. L’efficience e
´co-
nomique permet d’e
´valuer le niveau
maximal de production possible pour
un niveau donne
´d’intrant. L’efficience
e
´conomique pre
´sente deux compo-
santes, l’efficience technique (ET) et
l’efficience allocative. L’ET permet de
mesurer comment une exploitation
valorise les intrants. L’appre
´ciation de
cette ET permet, en outre, de savoir si
le niveau de production peut augmen-
ter sans pour autant consommer plus
d’intrants. Quant a
`l’efficience alloca-
tive, elle refle
`te la manie
`re dont le chef
d’exploitation arbitre entre diffe
´rents
intrants en tenant compte de leur cou
ˆt
ou de leur facilite
´d’acce
`s (cre
´dit, de
´lais
de paiement, etc.).
L’efficience e
´conomique ou ‘‘efficience
totale’’ est de
´termine
´e par le produit de
Périmètre irrigué
de Borj-Toumi
Dar al Qabisi
EI Aroussia
Image © 2015 CNES / Astrium
Image © 2015 DigitalGlobe
© 2015 Google
Date des images satellite : 14/1/2015 36°46°46.80''N
200 km
2010
1544m
Ile de Djerba
Grand
erg
oriental
Sahara
Iles Kerkenna
Cap Bon
TUNIS
Mer Méditerranée
ALGERIE
Cap Blanc
Monts de Thessa
Tataouine
Médenine
Douz
KebiliGabès
Gafsa
Tozeur
Nefta
Houmet
Souk
Sfax
Sidi Bou Zid
Kasserine
Kairouan Mahdia
Monastir
Sousse
Siliana
El Kef
Jenbdouba
Beja
Nabeul
Hammamet
Gafthage
Bizerte
Tabarka L'Ariana
Figure 1. Localisation de la zone d'étude.
Figure 1. Location of the study area.
Tableau 1. Caractéristiques moyennes des différents types d'exploitations.
Table 1. Mean characteristics of different farm types.
Type S
u
(ha) S
in
%S
oli
(ha) S
af
(ha) S
cm
(ha) S
cer
(ha) S
f
(ha) S
G
(%) S
A
(%) S
L
(%)
1 6,9 16 4,5 0,8 0,5 0,8 1,0 90 2 8
2 6,8 19 2,9 0,6 2,1 1,1 0,8 48 16 36
3 5,3 67 4,0 0,0 3,9 0,0 0,6 63 3 34
4 6,2 3 3,4 0,1 0,1 0,2 0,1 100 0 0
5 6,6 2 1,8 1,9 1,4 0,1 0,2 12 3 85
6 7,6 13 1,8 0,4 1,1 2,9 1,3 24 55 21
Note : Superficie agricole utile (S
u
), pourcentage de la superficie en intercalaire (S
in
%), superficie en olivier (S
oli
), en arboriculture fruitière (S
af
), en cultures maraîchères
(S
cm
), en céréales (S
cer
) et en fourrage (S
f
), pourcentage de superficie irriguée en gravitaire (S
G
%), en aspersion (S
a
%), et en localisé (S
l%
).
172 Cah Agric, vol. 24, n83, mai-juin 2015
l’ET et de l’efficience allocative (Coelli
et al., 1998). Cependant, dans la
litte
´rature e
´conomique, la mesure de
l’efficience se limite souvent au calcul
de l’ET (Nyemeck et al., 2006).
Calcul de l'efficience technique
L’ET a e
´te
´calcule
´e ici par la me
´thode
d’analyse par enveloppement des
donne
´es (DEA) de Charnes et al.
(1978).Lafigure 2 montre deux
exploitations Aet Bqui ont la me
ˆme
production y: l’exploitation Autilise
moins d’intrant x
1
et plus de x
2
que
l’exploitation B, mais toutes les deux
se situent sur la frontie
`re de produc-
tion maximale. La mesure de l’ET
de l’exploitation C, qui utilise plus
d’intrants que les exploitations Aet B,
est base
´e sur la de
´viation de ses
vecteurs intrant et production par
rapport a
`la frontie
`re de production
trace
´e par les exploitations Aet B.
Pour l’estimation des scores d’effi-
cience par la me
´thode DEA, les
entre
´es suivantes ont e
´te
´conside
´re
´es :
la valeur de la production totale,
e
´value
´e en unite
´mone
´taire (Dinar
tunisien, 1 DT = 0,50 s), la superficie
cultive
´e (ha), le nombre de vaches et
les charges de production (charges
variables, en DT). L’option « maximi-
ser le niveau de production tout en
utilisant les me
ˆmes intrants »ae
´te
´
utilise
´e ; ce qui implique l’utilisation
d’un mode
`le DEA « output oriented ».
Principe de mesure de l'efficience
d'utilisation de l'eau d'irrigation
Le calcul de l’ET permet de voir
comment un producteur peut maxi-
miser sa production en utilisant au
mieux tous les intrants. Il est aussi
possible d’e
´tudier la maximisation de
la production en ge
´rant mieux un seul
des intrants, et en gardant identiques
les autres (Frija et al., 2009). Applique
´
a
`la possibilite
´de re
´duire le volume
d’eau d’irrigation, il s’agit alors de
l’efficience de l’utilisation de l’eau
d’irrigation (EUEI). Le principe de
son calcul est de
´crit sur la figure 3.
Sur cette figure, l’exploitation E, sur la
frontie
`re f(x), obtient plus de produc-
tion en utilisant le me
ˆme volume d’eau
que l’exploitation F. L’EUEI « output
oriented » est mesure
´e par le rapport
VF/VE. Ce principe de calcul permet
de surmonter la difficulte
´de combiner
les consommations en eau, la pro-
ductivite
´de l’hectare et celle des
vaches, exprime
´e par Srairi et al.
(2008). Le point Ddans la figure 3
est la projection du point Fsur la
courbe de frontie
`re de production. Il
montre que le me
ˆme niveau de
production (P) obtenu en ope
´rant au
point F, peut e
ˆtre obtenu en ope
´rant
au point D,ou
`le niveau de consom-
mation du facteur eau (projection
de Dsur l’axe «volume d’eau ») serait
largement infe
´rieur aux volumes
consomme
´s en ope
´rant au point F.
Analyse des déterminants
des niveaux de l'efficience
technique et de l'efficience
de l'utilisation de l'eau
d'irrigation
Les exploitations agricoles e
´tudie
´es se
trouvent sur un me
ˆme grand type de
sol (alluvial), pratiquent des cultures
similaires et sont dans une me
ˆme
situation de marche
´; les de
´terminants
A
B
C
ET = OC’/OC
x2/y
x1/y
O
X1, X2 : intrants
Y : production
A et B : exploitations définissant la frontière
de production maximale
C’: frontière d’efficience pour l’exploitation C
C´
Figure 2. Principe de mesure de l'efficience technique (ET) avec la méthode d'analyse par enveloppement
des données (Rodriguez-Diaz et al., 2004).
Figure 2. Technical efficiency (ET) measurement principle by Data Envelopment Analysis (Rodriguez-D iaz
et al., 2004).
Production
PF
E
D
VVolume d’eau
D et E, des exploitations sur la frontière de
production avec un minimum d’eau
EUEI de l’exploitation F = VF/VE
Figure 3. Principe de mesure de l'efficience d'utilisation de l'eau d'irrigation (EUEI) (d'après Coelli, 1996).
Figure 3. Irrigation water use efficiency (IWUE) measurement principle (adapted from Coelli, 1996).
173Cah Agric, vol. 24, n83, mai-juin 2015
de l’efficience sont donc suppose
´se
ˆtre
les me
ˆmes.
Une analyse de variance a
`un facteur
ae
´te
´effectue
´e en vue d’e
´tudier la
pertinence des variables teste
´s pour
l’ET et l’EUEI. Ces variables sont
l’acce
`s aux ressources financie
`res, le
type de re
´seau de distribution, l’acce
`s
a
`l’eau, le type d’exploitation et la
pratique de l’e
´levage. L’acce
`sa
`des
ressources financie
`res, renseigne
´
aupre
`s des agriculteurs, de
´pend sou-
vent de la contribution des membres
de la famille travaillant en dehors de
l’exploitation, ou de la possibilite
´
d’acce
`s au cre
´dit agricole, qui ne
´ces-
site que les agriculteurs aient un titre
foncier. L’acce
`sa
`l’eau de
´pend de
l’emplacement de l’exploitation qui,
dans certaines situations, peut lui
garantir une pression optimale sur le
re
´seau ou un acce
`sa
`des ressources
hydriques auxiliaires. L’analyse statis-
tique des donne
´es a e
´te
´faite avec le
logiciel SigmaStat qui teste la norma-
lite
´et l’e
´galite
´de la variance de
l’e
´chantillon.
Résultats
et discussions
Les rendements des oliviers, du ble
´,de
la tomate et des fruits sont respective-
ment de 2,6 t/ha, 2,6 t/ha, 69 t/ha et
5,9 t/ha et de
´gagent une marge brute
de respectivement 1 345 DT/ha,
1 167 DT/ha, 3 344 DT/ha, 1 954 DT/
ha. A
`l’e
´chelle de l’exploitation, le
revenu net moyen est de l’ordre de
6 600 DT pour deux actifs agricoles,
mais sans prendre en compte les
impo
ˆts et les pertes financie
`res et
exceptionnelles (le SMIG de l’ouvrier
agricole qualifie
´est de 9,4 DT/j).
Niveau d'efficience
technique et d'utilisation
de l'eau d'irrigation
Les re
´sultats re
´sume
´s dans le tableau 2
montrent que, a
`l’e
´chelle de l’exploita-
tion, l’ET est satisfaisante, avec une
moyenne de 0,84 ; cela veut aussi dire
que la production pourrait e
ˆtre aug-
mente
´e de 16 % en conservant les
me
ˆmes intrants. Les agriculteurs valo-
risent donc bien les ressources en terre
et en capital dans ce contexte. La
re
´forme agraire de 1958 a cre
´e
´un
grand pe
´rime
`tre irrigue
´ge
´re
´par l’E
´tat
(Office de mise en valeur de la valle
´e
de la Medjerda) et y a alloue
´7haen
moyenne par paysan (DGGTH, 2001).
Forts de 50 anne
´es d’expe
´rience en
agriculture irrigue
´e et de l’appui des
services de vulgarisation, les agricul-
teurs ont acquis un savoir-faire impor-
tant. Par contre, l’EUEI est nettement
plus faible, avec 0,61 en moyenne. De
plus, sa forte variabilite
´(de 0,2 a
`1
selon les exploitations) montre un
potentiel significatif d’ame
´lioration.
Les déterminants
des efficiences à l'échelle
de l'exploitation
L’analyse statistique montre que le
mode de distribution de l’eau, gravi-
taire ou sous pression, et le type
d’exploitation n’ont pas un effet signi-
ficatif sur les diffe
´rences de niveaux des
deux efficiences (tableau 3). E
´tant
donne
´que les types d’exploitations
sont caracte
´rise
´s par le syste
`me de
culture et les techniques d’irrigation,
cela veut dire que les variations
d’efficience ne sont syste
´matiquement
lie
´es ni au type de culture ni a
`la
technique d’irrigation. Le changement
de technique d’irrigation, du gravitaire
vers l’aspersion ou le goutte a
`goutte,
n’entraı
ˆne donc pas syste
´matiquement
une ame
´lioration des ET ou des EUEI.
Or, nous nous attendions a
`ce que
ce passage ame
´liore les performances
et permette d’e
´conomiser de l’eau,
puisque c’est la justification de cette
(cou
ˆteuse) conversion du syste
`me
d’irrigation. Or, en pratique, nous ne
notons pas de gain e
´vident. Hanafi
(2011) avait de
´ja
`signale
´que les
agriculteurs ont un bon savoir-faire
en irrigation de surface et que les
efficiences hydrauliques de l’irrigation
par aspersion ou de l’irrigation locali-
se
´e ne sont pas meilleures que celles de
l’irrigation de surface. Nous pouvions
aussi penser que le mode de distribu-
tion de l’eau sous pression et a
`la
demande ame
´liorerait les performan-
ces des exploitations. Mais ce n’est pas
le cas : les agriculteurs du secteur
gravitaire sont en effet plus satisfaits
de l’offre en eau (en termes de de
´bit)
que ceux du secteur sous pression, qui
pre
´sente des proble
`mes d’e
´quite
´de
distribution de l’eau entre les exploita-
tions a
`cause de l’absence de limiteurs
de de
´bit et de l’extension du nombre de
vannes. Quant aux cultures pratique
´es,
me
ˆme si l’une ou l’autre valorise mieux
l’un des facteurs de production, il n’y a
pas d’effet notable sur les performances
d’ensemble de l’exploitation.
Les diffe
´rences d’ET ne sont pas
significativement lie
´es a
`la pratique
de l’e
´levage ; par contre, c’est le cas
pour l’EUEI. L’e
´levage permet donc de
valoriser mieux l’eau que les cultures
seules. Les agriculteurs cultivent
0,43 ha de fourrage par vache, ce qui
ne ne
´cessite qu’une faible consomma-
tion d’eau d’irrigation pour de
´gager
une marge pouvant e
ˆtre significative
gra
ˆce au lait et a
`la vente des veaux.
Les exploitations ayant un acce
`s diffi-
cile a
`l’eau ont donc inte
´re
ˆta
`pratiquer
l’e
´levage, qui la valorise bien, me
ˆme s’il
ne valorise pas force
´ment l’ensemble
des facteurs de production.
Tableau 2. Efficience technique (ET) et d'utilisation de l'eau
d'irrigation (EUEI) à l'échelle de l'exploitation.
Table 2. Technical efficiency (ET) and irrigation water use efficiency (EUEI) at
farm level.
ET EUEI
Moyenne 0,84 0,61
Minimum 0,39 0,20
Maximum 1,00 1,00
Écart type 0,20 0,25
Coefficient de variation 0,23 0,42
174 Cah Agric, vol. 24, n83, mai-juin 2015
Cette e
´tude montre que les ET et les
EUEI sont significativement lie
´es a
`la
disponibilite
´de ressources financie
`res
externes, ainsi qu’a
`un bon acce
`sa
`
l’eau. En dehors du ble
´et de l’olivier,
les fruits et les cultures maraı
ˆche
`res
(ici surtout la tomate) sont des cultures
exigeantes en engrais et en traitements
phytosanitaires juge
´s tre
`s chers par les
agriculteurs. Des ressources financie
`res
externes permettent aux agriculteurs
d’acque
´rir les intrants ne
´cessaires, ce
qui me
`ne a
`une meilleure valorisation
de la terre et du capital. Les ressources
financie
`res externes permettent aussi
aux agriculteurs de renouveler leurs
mate
´riels d’irrigation, surtout les
conduites de distribution de la borne
d’alimentation vers les parcelles, qui
sont souvent ve
´tustes. Ceci limite les
pertes d’eau, et permet de la valoriser
par une meilleure intensification et une
meilleure satisfaction des besoins des
cultures, et ainsi d’obtenir un meilleur
rendement. Un bon emplacement sur
le re
´seau permet aussi un bon acce
`sen
termes de de
´bit et de pression, satisfai-
sant les besoins des cultures. En
revanche, un mauvais emplacement
sur le re
´seau se traduit par une faible
pression qui empe
ˆche l’agriculteur
d’irriguer au moment le plus opportun.
Pour les exploitations ayant un acce
`s
difficile a
`l’eau, l’examen du troisie
`me
quartile montre que l’EUEI est infe
´-
rieure a
`0,42 pour 75 % d’entre elles.
Il existe donc un potentiel significatif
d’ame
´lioration des performances
lorsque les agriculteurs ont un meil-
leur acce
`sa
`l’eau. Varghese et al.
(2013) ont aussi trouve
´une relation de
cause a
`effet entre la rarete
´de l’eau a
`
l’e
´chelle de l’exploitation et l’efficacite
´
de son usage. L’augmentation de la
superficie irrigue
´e par rapport a
`ce qui
e
´tait pre
´vu par le plan d’ame
´nagement
initial et la de
´te
´rioration des appareils
de re
´gulation du re
´seau sont autant de
facteurs qui rendent difficile l’acce
`sa
`
l’eau pour certaines exploitations, en
particulier celles situe
´es sur les extre
´-
mite
´s des re
´seaux sous pression.
Les re
´sultats montrent aussi que les ET
et les EUEI ne sont pas lie
´es significa-
tivement au type de re
´seau, gravitaire
ou sous pression. Le projet de moder-
nisation des pe
´rime
`tres de la basse
valle
´e de la Medjerda, qui n’a pour
l’instant touche
´qu’une faible super-
ficie, devrait en tenir compte: la conver-
sion du re
´seau ne suffit pas, a
`elle seule,
a
`ame
´liorer l’efficience. La modernisa-
tion doit aussi toucher d’autresfacteurs.
Un re
´seau sous pression qui n’assure
pas une e
´quite
´de distribution de l’eau
entre toutes les exploitations, et donc
qui n’assure pas un bon acce
`sa
`l’eau a
`
tous, ne va pas significativement contri-
buer a
`l’ame
´lioration des performances
d’ensemble.
Conclusion
Les indicateurs de performance des
exploitations irrigue
´es e
´tudie
´s ici sont
l’efficience technique (ET), qui e
´value
la valorisation de l’ensemble des
intrants pris ensemble, et l’efficience
de l’utilisation de l’eau d’irrigation
(EUEI). Ce focus sur l’eau est justifie
´
vu l’importance de cette ressourcepour
l’agriculture tunisienne. Les re
´sultats
obtenus sur un pe
´rime
`tre irrigue
´de la
basse valle
´e de la Medjerda en Tunisie,
montrent que l’ET est relativement
Tableau 3. Variations de l'efficience technique (ET) et de l'efficience d'utilisation de l'eau d'irrigation
(EUEI).
Table 3. Variability of technical efficiency (ET) and irrigation water use efficiency (EUEI).
Source de variance ET EUEI
M Q1 Q3 M Q1 Q3
Secteur de distribution
Secteur gravitaire NS NS
Secteur sous pression
Accès à l'eau * * * ** ** **
Accès facile 1,00 0,88 1,00 0,75 0,49 0,97
Accès difficile 0,65 0,51 0,70 0,40 0,30 0,42
Ressources financières ******
Disponibles 1,00 0,91 1,00 0,63 0,46 0,97
Non disponibles 0,73 0,63 0,85 0,41 0,38 0,76
Type d'exploitation NS NS
Pratique de l'
elevage
NS
*
0 vache 0,59
Moins de 4 vaches 0,43
4 vaches ou plus 0,80
Note : (M) Moyenne, (Q1) 1
er
quartile et (Q3) 3
e
quartile. (*): Significatif à 1 % (**): Significatif à 5 %.
Analyse de variance à un facteur utilisant (i) le test paramétrique arithmétique si les populations ont une distribution normale et les variances sont égales, et si non (ii) la
méthode de Kruskall-Wallis appliquée sur les rangs. Si la distribution est normale, Q1 et Q3 ne sont pas précisés.
175Cah Agric, vol. 24, n83, mai-juin 2015
satisfaisante : 0,84 en moyenne. Par
contre, l’EUEI est plus faible : 0,61 en
moyenne. Il existe donc un potentiel
important d’ame
´lioration de la valori-
sation de l’eau. Les re
´sultats montrent
aussi que le mode de distribution de
l’eau et le type d’exploitation, qui
inte
`gre le syste
`me de culture et les
techniques d’irrigation, ne sont pas
de
´terminants pour les performances
mesure
´es par l’ET et l’EUEI. Par contre,
la facilite
´d’acce
`sa
`l’eau et la disponi-
bilite
´de ressources financie
`res exter-
nes sont des facteurs essentiels, qui
peuvent favoriser ou handicaper les
performances des exploitations. En
conse
´quence, un acce
`s plus e
´quitable
a
`l’eau et un acce
`s facilite
´a
`des cre
´dits
pourraient e
ˆtre des leviers d’ame
´liora-
tion qui seraient efficaces. Par ailleurs,
notre analyse met en e
´vidence l’impor-
tance de l’e
´levage sur les diffe
´rences
d’EUEI. Les fourrages qui alimentent
l’e
´levage valorisent ainsi mieux l’eau
d’irrigation que les cultures non four-
rage
`res. Hormis l’objectif de la recher-
che d’e
´quilibre dans les rotations
culturales, l’association des produc-
tions animales aux cultures assure a
`
l’agriculteur, gra
ˆce a
`la production
laitie
`re qui est quotidienne, des res-
sources financie
`res re
´gulie
`res tout au
long de l’anne
´e. Le lait alimente la
tre
´sorerie quotidienne de l’exploita-
tion, alors que les recettes des cultures
constituent sa re
´serve de vivres et lui
permettent de faire face a
`des de
´penses
e
´leve
´es.
Le de
´fi serait de de
´finir des sce
´narios
fonde
´s sur l’ame
´lioration de l’acce
`sa
`
l’eau et aux cre
´dits agricoles et a
`voir
comment cela pourrait e
ˆtre mis a
`
disposition des exploitants agricoles
par les organismes professionnels ou
les structures compe
´tentes de l’E
´tat.
Cela pourrait reposer, d’une part, sur
l’ame
´lioration de la qualite
´du service
de l’eau rendu par les GDA (Groupe-
ments de de
´veloppement agricole)
(responsabilisation, tarification, orga-
nisation technique, etc.) et par des
de
´cisions efficaces quant aux projets
de re
´habilitation des syste
`mes de
distribution d’eau collectifs dans les
pe
´rime
`tres publics irrigue
´s ; et d’autre
part, sur une re
´forme conse
´quente du
syste
`me actuel de cre
´dit agricole, qui
impose des conditions de garantie peu
adapte
´es a
`la situation des exploita-
tions familiales (taille des exploita-
tions, garanties). La
`aussi, les GDA,
a
`travers des syste
`mes de caution
solidaire, et l’E
´tat, a
`travers les statuts
fonciers et la possibilite
´pour les
agriculteurs d’utiliser leurs terres
comme garantie, pourraient avoir un
ro
ˆle important a
`jouer. &
Remerciements
Les auteurs remercient le projet SIRMA
pour le soutien apporte
´a
`cette e
´tude.
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