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L'histoire d'un cours d'eau étouffé par un aménagement d'urgence : le cas du Bonhomme-Morency au Bas-Saint-Laurent.

Authors:
Résumé
Depuis la période agro-
forestière, plusieurs cours d’eau
du Québec ont été transformés,
pour favoriser leur utilisation et
celle des terres environnantes,
pour diminuer les risques fluviaux
ou encore pour répondre à une
crise environnementale. Cet article
présente ainsi l’histoire d’un petit
cours d’eau, nommé Bonhomme-
Morency, ayant subi d’imposants
aménagements depuis la fin des
années 1970. Ce ruisseau, situé
dans la municipalide Notre-Dame-
des-Neiges, au Bas-Saint-Laurent,
est un affluent de la rivière Trois-
Pistoles. Afin d’évaluer l’impact
d’interventions aussi imposantes,
une étude sur le cours d’eau
Bonhomme-Morency a été réalisée.
Elle avait notamment pour objectif
de reconstituer l’historique des
interventions humaines ainsi que
des décisions et actions des
instances, au cours des dernières
décennies, ayant mené à des
perturbations importantes et à des
changements morphologiques
majeurs. L’histoire du ruisseau
Bonhomme-Morency illustre l’impor-
tance d’un changement dans les
perceptions environnementales et
dans les processus de gestion du
gouvernement, ces derniers étant
peu adaptatifs et proactifs. Il
importe d’assurer la cohésion
entre les valeurs locales, poli-
tiques, sociales, culturelles, esthé-
tiques et écologiques, ainsi que
de respecter l’évolution et la
complexité d’un cours d’eau.
1. Introduction
Cet article présente l’his-
toire du cours d’eau Bonhomme-
Morency de 1968 à nos jours.
Le ruisseau Bonhomme-Morency,
surnommé ainsi en mémoire de
Basile Baucher, dit Morency, et
surnommé « Bonhomme » (vers
1769-1865)2, est situé dans la
L’Estuaire
L’histoire d'un cours d'eau étouf
par un aménagement d’urgence :
le cas du Bonhomme-Morency
au Bas-Saint-Laurent
Véronic PARENT, Thomas BUFFIN-BÉLANGER et Christian NOZAIS1
Légende
École secondaire l’Arc-en-ciel
Cours d’eau Renouf
Cours d’eau Bonhomme-Morency
Estuaire et rivière Trois-Pistoles
Bassin versant cours d’eau Bonhomme-Morency
Bassin versant cours d’eau Renouf
Figure 1 - Bassins versants des cours d’eau Renouf (partie hachurée) et
Bonhomme-Morency (partie rayée) situés dans la municipalité de
Notre-Dame-des-Neiges (avant le détournement).
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municipalité de Notre-Dame-des-
Neiges. Il est un affluent de la
rivière Trois-Pistoles (Figure 1). Il a
fait l’objet d’un enrochement de
grande envergure en 2009 (Figure2).
Cet aménagement faisait suite au
détournement des eaux de ruissel-
lement de plus de 40 % de la super-
ficie du bassin versant naturel du
ruisseau Renouf vers la rivière
Trois-Pistoles via le ruisseau
Bonhomme-Morency (Figure 3).
Cette intervention, menée par le
gouvernement du Québec en 1977,
faisait suite à une augmentation de
la fréquence des inondations du
ruisseau Renouf au centre-ville de
Trois-Pistoles (Figure 4). Le cours
d’eau Bonhomme-Morency rece-
vait initialement les eaux d’un
bassin versant d’une superficie
d’environ trois kilomètres carrés.
Le détournement a multiplié par
trois la superficie drainante, ce
qui a rehaussé le débit de pointe
du ruisseau Bonhomme-Morency
de manière sastreuse : selon
la MRC des Basques, les réper-
cussions de l’augmentation des
débits constituent l’un des pires
désastres environnementaux du
Bas-Saint-Laurent3.
Les systèmes fluviaux sont
sensibles aux changements de
débits liquides (eau) et solides
(sédiments)4, 5. L’augmentation des
débits dans le ruisseau Bonhomme-
Morency a provoqué un ajuste-
ment morphologique majeur sur
deux kilomètres du cours d’eau. Le
fort dénivelé entre la confluence
du canal de dérivation et l’embou-
chure du ruisseau Bonhomme-
Morency avec la rivière Trois-
Pistoles a provoqué une forte inci-
sion, ce qui a eu pour conséquence
d’entraîner un élargissement
marqué du cours d’eau par des
décrochements de berges et un
L’Estuaire
Légende
Digue du tronçon principal
Digue du tronçon secondaire
École secondaire l’Arc-en-ciel
Canal de détournement
Cours d’eau Renouf
Cours d’eau Bonhomme-Morency
Estuaire et rivière Trois-Pistoles
Nouveau bassin versant cours d’eau Bonhomme-Morency
Nouveau bassin versant cours d’eau Renouf
Figure 3 - Nouveaux bassins versants du ruisseau Renouf (partie hachurée) et
du Bonhomme-Morency (partie rayée) situés dans la municipalité de
Notre-Dame-des-Neiges (après le détournement).
Figure 2 - Photo illustrant l’enrochement du cours d’eau Bonhomme-Morency.
Source : V. Parent 2010.
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transport spectaculaire de sédi-
ments dans la rivière Trois-Pistoles
(Figure 5). Une dégradation rapide
des habitats aquatiques s’est
produite dans le cours d’eau. En
effet, la dynamique d’un écosys-
tème est très sensible aux change-
ments hydromorphologiques6, 7.
Des craintes pour les habitats
aquatiques de la rivière Trois-
Pistoles ont aussi été soulevées.
Durant les vingt dernières
années, la municipalité de Notre-
Dame-des-Neiges et la MRC des
Basques ont fait de nombreuses
pressions sur le gouvernement du
Québec pour que des actions
soient entreprises afin de contrer
l’incision du lit et l’érosion des
berges du cours d’eau Bonhomme-
Morency. Des travaux majeurs
d’enrochement ont finalement été
financés par le Centre d’expertise
hydrique du Québec (CEHQ) à
l’hiver 2009 et dirigés par une firme
d’ingénierie. Cet enrochement d’en-
vergure n’a pas d’équivalent dans
les rivières du Bas-Saint-Laurent.
Les travaux de stabilisation ont
nécessité un investissement de
plus de trois millions de dollars.
L’eau circule aujourd’hui sous
l’enrochement (Figure 2), à l’excep-
tion des périodes de crues, où
l’eau est visible à la surface du lit.
L’objectif de cet aménagement
était de répondre rapidement au
problème de l’apport élevé en
sédiments fins dans la rivière
Trois-Pistoles à la suite du
détournement des eaux vers le
ruisseau Bonhomme-Morency8.
Aucun objectif de restauration du
cours d’eau n’était envisagé.
De l’augmentation des
débits à l’enrochement majeur, le
ruisseau Bonhomme-Morency a
subi des perturbations intenses au
L’Estuaire
Figure 4 - Photos datant des années 1970 et illustrant les dommages causés
par les crues dans le ruisseau Renouf près de l’école de secondaire
(avant le détournement). Source : archives de la ville de Trois-Pistoles.
Figure 5 - Photos illustrant la forte incision (A), l’érosion des berges et les coulées
boueuses (B), les arbres accumulés dans le lit (C, D) du cours d’eau
Bonhomme-Morency à l’année 2008. Source : MRC des Basques.
A
B C
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M. André Leblond
M. Benoît Rheault
M. Christian Lavoie
M. Simon Goyette
Mme Claudine Forget
Maire de la
municipalité de
Notre-Dame-des-
Neiges et ancien
préfet de la MRC des
Basques
Aménagiste à la
MRC des Basques
Chargé de projets
à la Direction des
barrages publics
du CEHQ
Ingénieur civil à la
firme AECOM
Analyste du secteur
hydrique et humide
au MDDEFP
• Connaît le cours d’eau depuis son jeune âge
• A observé l’évolution rapide du ruisseau
depuis le détournement en 1977
• A fait de nombreuses pressions auprès du
gouvernement afin que des actions soient
entreprises pour stabiliser le ruisseau
Bonhomme-Morency
• A été impliqué dans les pressions
faites au gouvernement
• A rédigé un communiqué de presse en
2007 et a échangé à quelques reprises avec
les médias pour faire connaître la
problématique du ruisseau
• A pris en charge le dossier du cours
d’eau Bonhomme-Morency en 2008
• A été mandaté à la réalisation
de l’aménagement
• A travaillé sur les plans et devis des
travaux de stabilisation du cours d’eau
Bonhomme-Morency
• A assisté à quelques reprises aux travaux
d’enrochement à l’hiver 2009
• A analysé et accepté la demande de
certificat d’autorisation permettant les
travaux de stabilisation du cours d’eau
• A visité le site de la Bonhomme-Morency
avant et après l’intervention de 2009
Tableau 1 : Noms, professions et organismes représentés par
les cinq personnes interviewées selon leur implication
dans l’histoire du cours d’eau Bonhomme-Morency.
Nom des personnes Profession et organisme Implication
interviewées représenté dans le projet
cours des trente dernières années.
C’est pour examiner les réponses
morphologiques et écologiques du
ruisseau à ces perturbations qu’un
suivi et une analyse hydrogéomor-
phologiques ont été réalisés, dans
le cadre d’un projet de maîtrise
à l’Université du Québec à
Rimouski9. L’histoire présentée
dans cet article se concentre sur
les décisions et les actions qui ont
provoqué des changements mor-
phologiques du cours d’eau. Elle
permet de mieux saisir la succes-
sion de décisions ayant mené à
l’apparition d’un cours d’eau
rocheux qui marquera les paysages
fluviaux du Bas-Saint-Laurent
pendant plusieurs décennies.
L’histoire du ruisseau
Bonhomme-Morency a été reconsti-
tuée à partir de trois sources
d’information. D’abord, les archives
de la MRC des Basques, de la ville
de Trois-Pistoles et de la munici-
palité de Notre-Dame-des-Neiges
ont été consultées au cours
de l’année 2012. Ces documents
contenaient des renseignements
datant des premières inondations
au centre-ville de Trois-Pistoles.
Plusieurs lettres entre le gouver-
nement du Québec, la MRC des
Basques, la municipalité de Notre-
Dame-des-Neiges et la ville de
Trois-Pistoles ont été récupérées
dans les archives et sont citées en
référence à la fin de cet article.
Ensuite, cinq personnes (Tableau
1) étant intervenues dans l’histoire
du ruisseau Bonhomme-Morency
ont été interviewées afin de
connaître leur rôle et leurs percep-
tions en regard de la probléma-
tique du cours d’eau. Finalement,
une photo-interprétation histo-
rique a permis de reconstituer
l’évolution des changements
morphologiques survenus après le
L’Estuaire
D
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:03 Page 31
À l’automne 1973, le minis-
tère des Richesses naturelles du
Québec (MRN) contacte la ville de
Trois-Pistoles et la Commission
scolaire régionale du Grand-Portage.
Il leur annonce que le Ministère
interviendra financièrement pour
régler les problèmes d’inondation13.
Le Ministère prévoit implanter des
ouvrages de rétention et de dériva-
tion de 430 000 $ dans le bassin
versant du ruisseau Bonhomme-
Morency, appelé Ruisseau sans
nom à cette époque14. Cet aména-
gement a pour objectif de dimi-
nuer, en ville, le débit de pointe du
ruisseau Renouf et de permettre le
redimensionnement de la canali-
sation sur le terrain de l’école
secondaire.
En 1977, deux digues sont
érigées à la hauteur du 2eRang
Ouest pour contrôler la quantité
d’eau des tronçons principal et
secondaire coulant vers le centre-
ville15, 16. Une canalisation d’une
longueur de sept cents mètres est
aussi construite pour détourner
les eaux en surplus vers la rivière
Trois-Pistoles. Chez la majorité des
propriétaires riverains au centre-
ville de Trois-Pistoles, le lit majeur
du ruisseau Renouf est remblayé et
des murets de protection sont érigés.
Finalement, le MRN exproprie
environ quinze mètres de bandes
riveraines de part et d’autre du
cours d’eau Bonhomme-Morency17.
Les coûts finaux engendrés par les
travaux de détournement ne sont
présentés dans aucun document
retrouvé dans les archives.
En 1986, une entente a lieu
entre la ville de Trois-Pistoles et le
ministère de l’Environnement du
Québec pour assurer l’entretien et
l’efficacité des ouvrages de réten-
tion et de dérivation18. En résumé,
le ministère de l’Environnement
s’engage à entretenir les ouvrages
de contrôle et de dérivation et à
assumer les coûts de déneigement
des chemins d’accès aux ouvrages.
Pourtant, depuis le milieu des
années 1990, plus aucune gulation
des débits dans les digues n’est
effectuée19. Une grande quantité
d’eau s’écoule en permanence vers
le ruisseau Bonhomme-Morency.
2.2 Les impacts sur le ruisseau
Bonhomme-Morency et
la rivière Trois-Pistoles
La superficie initiale du
bassin versant du cours d’eau
Bonhomme-Morency est de 3,1 km2
et se compose de 41 % de zones
forestières et de 59 % de zones
agricoles. Avant le détournement,
le ruisseau se traversait d’une
seule enjambée et l’omble de
fontaine (Salvelinus fontinalis)
y était pêché20. La portion du
bassin versant du ruisseau Renouf
détournée a augmenté la superficie
de drainage du ruisseau Bonhomme-
Morency à 8,8 km2, soit presque
trois fois sa superficie initiale
(Figure 3). C’est en 2006 que la
Commission de toponymie du
Québec officialise le nom du cours
d’eau du Bonhomme-Morency,
communément appelé le ruisseau
Bonhomme-Morency21.
Le détournement d’une
partie des eaux du cours d’eau
Renouf dans celui du Bonhomme-
Morency a les effets escomptés
pour la ville de Trois-Pistoles. Le
peu d’eau coulant dans la rivière
Renouf ne provoque plus d’inonda-
tions dans les secteurs à risque
près de l’école secondaire. Toute-
fois, le problème est déplacé en
amont du cours d’eau Bonhomme-
Morency. Les eaux détournées
entraînent une série d’ajustements
L’Estuaire
détournement d’une partie des
eaux du ruisseau Renouf. Des
photos aériennes (1 : 15 000 de
1985, 1990 et 1995 et 1 : 10 000 de
1976) et des orthophotographies
(1 : 40 000 de 2001) du ministère
des Ressources naturelles du
Québec ont été utilisées. Le minis-
tère des Transports du Québec
(MTQ) a accor au projet deux
photos aériennes 1 : 60 000 de
l’année 2004.
2. Historique des interventions
2.1 Le détournement du
ruisseau Renouf
L’histoire commence avec
la construction de l’école secon-
daire L’Arc-en-ciel, en 1968, dans
la ville de Trois-Pistoles. L’école
est construite au centre d’une
zone de laminage naturel10 dans la
partie aval du ruisseau Renouf11.
L’implantation de l’école nécessite
l’aménagement d’un canal de
dérivation à ciel ouvert à l’est de
l’école ainsi qu’une canalisation
fermée sous le stationnement du
côté ouest. La taille des canali-
sations est toutefois mal évaluée et
s’avère insuffisante pour assurer
tout le passage de l’eau lors des
crues du ruisseau Renouf. Annuel-
lement, des inondations dans le
secteur de l’école surviennent lors
des crues printanières et autom-
nales. Les inondations créent des
dommages aux rues avoisinantes
et aux propriétés riveraines, et
empêchent tout développement
résidentiel dans les secteurs
environnants12 (Figure 4). De
nombreuses plaintes, formulées
par la Commission scolaire ré-
gionale du Grand-Portage et par
des résidents du secteur inondé,
sont adressées au conseil munici-
pal de la ville de Trois-Pistoles.
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La morphologie du
cours d’eau Bonhomme-
Morency est manifestement
différente depuis le détour-
nement. Les changements
provoqués se traduisent par
une interrelation entre les
processus (incision et érosion)
et les formes (augmentation
de la largeur, de la profon-
deur, de la pente et de la
migration latérale). Sans
détournement, l’aspect mor-
phologique du cours d’eau
Bonhomme-Morency serait
très différent.
Au niveau de la
rivre Trois-Pistoles, les con-
quences de l’eau turbide du
Bonhomme-Morency restent
inconnues. Aucune étude n’a
montré les impacts de la
forte concentration en sédi-
L’Estuaire
causés par une forte érosion et une
incision du lit du ruisseau (Figure
5A). Ces processus provoquent de
nombreux glissements de terrain
et des décrochements de berges
argileuses (Figure 5B). Le décro-
chement des berges cause une
forte accumulation de bois mort
dans le chenal22 (Figure 5C). Les
débris ligneux accumulés créent
des seuils qui modifient la dyna-
mique d’écoulement, et entraînent
une migration latérale du chenal,
accentuant ainsi la problématique
d’érosion et de décrochement des
berges23. À la figure 6, il est possi-
ble d’apercevoir l’élargissement et
la migration latérale du chenal sur
les photos aériennes de 1976 à
2004. C’est durant les premières
années après le détournement que
les ajustements sont plus marqués
(photos 1976 et 1985). Durant les
années suivantes, l’élargissement
et la migration latérale continuent
de façon plus graduelle. En 2008, la
pente est élevée, l’eau s’écoule sur
une largeur variant entre un et
quatre mètres et la profondeur de
l’eau varie entre deux et quarante
centimètres24. Le secteur le plus
actif (Figures 5A-B-D) possède des
berges dont la hauteur varie entre
vingt et trente mètres et la largeur
du chenal excède les trente mètres.
À certains endroits, la totalité de la
bande riveraine expropriée avant le
détournement s’est érodée25. La
qualité d’habitat pour le poisson du
ruisseau Bonhomme-Morency passe
de moyenne à nulle26. La grande
quantité de seuils constitués de
débris organiques rendent le milieu
inaccessible pour le poisson. De
plus, une forte concentration de
sédiments en suspension entraîne
des stress physiologiques chez les
poissons, unegradation des aires
d’alimentation et de reproduction et
même la mortalité des individus27.
Figure 6 - Photo-interprétation
de la migration latérale du cours
d’eau Bonhomme-Morency à
partir des photos aériennes de
1976, 1985, 1990, 1995, 2001
et 2004.
A
B
C
A
B
C
Légende
1976 1995
1985 2001
1990 2004
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Pistoles. Par la suite, une usine de
transformation laitière a remplacé
le moulin, de 1965 à 1993. Les eaux
usées de cette usine étaient direc-
tement rejetées dans la rivière.
Tembec a ensuite racheté l’usine
laitière pour la fabrication de
résines phénoliques et aminiques
utilisées dans la fabrication de
produits forestiers (dont le contre-
plaqué)36. Même si l’entreprise a
adopté différentes stratégies pour
réduire la pollution qu’elle engen-
drerait, le rejet des matières en
suspension et des eaux usées dans
l’environnement peuvent avoir un
impact pour la rivière Trois-
Pistoles37.
Le déclin de l’éperlan arc-
en-ciel dans la rivière Trois-Pistoles
pourrait être lié à un événement
survenu en 1990. Mandatée par le
Canadien National, l’entreprise
Entrepreneurs Clarke & compagnie
a utilisé des jets abrasifs pour
nettoyer le pont ferroviaire traver-
sant la rivière Trois-Pistoles, direc-
tement au-dessus de la frayère à
éperlans38. L’abrasion a entraîné
de fortes concentrations de pous-
sières et de résidus de peinture
dans la rivière. Une autre activité
ayant pu engendrer d’importantes
conséquences sur la reproduction
de l’éperlan est la forte pression de
pêche qui avait lieu durant la
période de fraie de 1930 à 195039.
Depuis les années 1990, aucune
activité de reproduction n’a été
recensée dans la rivière Trois-
Pistoles. Cette baisse des popu-
L’Estuaire
ments fins provenant du ruisseau.
Or, selon la MRC des Basques, la
baisse des populations d’ombles
de fontaine et d’éperlans arc-en-
ciel (Osmerus mordax) est directe-
ment liée au détournement28. La
grande quantité de sédiments
coulant jusque dans la rivière
Trois-Pistoles (Figure 7) aurait
influencé le succès reproducteur
de ces deux espèces de poissons
en colmatant les frayères29, 30. Une
forte concentration de gravier
transporté par le Bonhomme-
Morency aurait aussi causé le
comblement de fosses dans la
rivière Trois-Pistoles31. En outre,
les salmonidés et l’éperlan arc-en-
ciel sont vulnérables à la dégra-
dation des habitats32.
Cependant, de nombreuses
perturbations survenues dans la
rivière Trois-Pistoles pourraient
aussi expliquer le déclin de ces
populations, notamment le rejet
des eaux usées de sources agri-
cole, municipale et industrielle33.
L’agriculture s’est intensifiée dans
le bassin versant de la rivière
Trois-Pistoles au cours du dernier
siècle. De plus, les municipalités
rejetaient leurs eaux usées non
traitées dans les cours d’eau avant
l’implantation des normes environ-
nementales sur l’assainissement
des eaux. Ces deux sources d’eaux
usées peuvent accentuer la proli-
fération d’algues par le surenché-
rissement des eaux, contenir des
contaminants toxiques et causer
une dégradation de la qualité de
l’eau et des habitats34. Du côté
industriel, les trois usines ayant
été actives en bordure de la rivière
Trois-Pistoles ont probablement eu
une incidence sur la qualité de
l’eau35. De 1888 à 1950, un impor-
tant moulin à scie transformait le
bois en bordure de la rivière Trois-
Figure 7 - Photos illustrant l’eau
fortement chargée en sédiments du
ruisseau Bonhomme-Morency coulant
dans la rivière Trois-Pistoles (A) en
avril 2007 et (B) en septembre 2004.
Source : MRC des Basques.
A
B
Rivière
Trois-Pistoles
Apport du ruisseau
Bonhomme-Morency
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2.3 Vers une stabilisation
du cours d’eau
Bonhomme-Morency
Plusieurs années passent
avant que des travaux de nettoyage
et de stabilisation soient entrepris
dans le cours d’eau Bonhomme-
Morency. C’est en 1994 que les
premières interventions ont lieu,
lorsque le ministère de l’Environ-
nement et de la Faune du Québec
(MEF) autorise la municipalité de
Notre-Dame-des-Neiges à extraire
les arbres morts accumulés dans le
chenal. En 1998, avec l’appui de
la municipalité de Notre-Dame-
des-Neiges et de la ville de Trois-
Pistoles, les propriétaires de
terrain en périphérie du cours
d’eau Bonhomme-Morency portent
plainte auprès du MEF43. L’année
suivante, la direction régionale du
ministère de l’Environnement
inspecte le secteur du Bonhomme-
Morency44 et entreprend des
travaux de redressement sur une
longueur de cinquante mètres à
l’amont du ponceau de la route du
Sault (route longeant la rivière
Trois-Pistoles, comme le montrent
les figures 1 et 3)45. Dans ce même
secteur, un enrochement de la
berge droite est réalisé. De plus, un
pont en béton armé, pour la circu-
lation des véhicules tout-terrain et
des motoneiges, est construit à
environ cinq cents mètres en
amont du ponceau de la route du
Sault, dans le secteur de la
conduite d’eau potable de Trois-
Pistoles. À l’été 2001, le Ministère
s’engage à étudier davantage la
problématique des cours d’eau
Renouf et Bonhomme-Morency afin
de trouver une solution durable
pour contrer les problèmes
d’érosion46. Il procède aussi à un
second nettoyage de tous les
débris ligneux pouvant nuire au
libre écoulement de l’eau dans le
ruisseau. Le nettoyage s’effectue
sur une distance de 850 mètres et
entraîne des coûts de 116 487 $.
Il importe de mentionner que le
retrait de ces débris ligneux du
lit a possiblement contribué à
l’incision du chenal. En effet, une
accumulation d’arbres au lit ralen-
tit l’écoulement et crée des zones
d’accumulation locale47.
Au début des années 2000,
M. Benoît Rheault, aménagiste à
la MRC des Basques, constate
l’ampleur des effets du détourne-
ment sur le Bonhomme-Morency48.
Il qualifie le cours d’eau de « dange-
reux, inimaginable et démesuré ».
M. Rheault se joint à la munici-
palité de Notre-Dame-des-Neiges
pour augmenter les pressions
auprès du gouvernement. Au
printemps 2004, cette municipalité
demande une fois de plus au
ministère de l’Environnement
qu’une nouvelle inspection du
cours d’eau Bonhomme-Morency
soit réalisée rapidement49. À
l’automne 2004, le CEHQ procède à
de nouveaux travaux de nettoyage
et de stabilisation des berges dans
trois zones, engendrant des coûts
de 141 000 $50. Au printemps 2005,
le CEHQ communique avec la MRC
des Basques et la ville de Trois-
Pistoles pour leur présenter
deux solutions potentielles aux
problèmes d’érosion dans le cours
d’eau Bonhomme-Morency : la
réalisation de travaux dans le
cours d’eau Bonhomme-Morency
et la gestion révisée des ouvrages
de dérivation ou le retour à
un régime d’écoulement naturel
dans les ruisseaux Renouf et
Bonhomme-Morency.
La MRC des Basques et la
ville de Trois-Pistoles privilégient
la première option, visant à
L’Estuaire
lations d’éperlans est toutefois
répandue sur toute la rive sud de
l’estuaire depuis les années 1960.
Les lois environnemen-
tales sont aujourd’hui beaucoup
plus sévères et permettent de
diminuer les sources de pollution
anthropiques. Or, certaines sources
de dégradation de la qualité de
l’eau sont plus difficiles à prévoir
et à contrôler. Par exemple, lors de
la crue printanière de 1983, un
glissement de terrain s’est produit
sur la berge gauche de la rivière
Trois-Pistoles, à la hauteur du
2eRang. Le glissement, évalué à
1 557 m3de sédiments, a entraîné
une quantité élevée d’argile et de
sable dans la rivière et a dévié
l’écoulement dans un terrain
agricole sur la rive droite40. Depuis,
les versants de ce secteur sont
toujours instables et contribuent à
l’apport de sédiments dans la
rivière, d’autant plus qu’un second
glissement de terrain s’est produit
en 2011 dans ce même secteur.
Subséquemment, ces sources de
sédiments ont peut-être contribué
au colmatage des frayères de la
rivière Trois-Pistoles et entraîné la
baisse des populations des poissons
moins tolérants à une mauvaise
qualité de l’eau. Néanmoins, il faut
savoir que les fortes crues quin-
quennales ont pour effet de retirer
les sédiments fins accumulés sur
les lits des rivières graveleuses41 et
d’améliorer la qualité des habitats
aquatiques42. En raison du manque
d’études et de suivis sur la rivière
Trois-Pistoles, il est impossible
de déterminer spécifiquement la
ou les causes de déclin des
espèces aquatiques. Cependant, il
est possible que la combinaison de
tous les évènements présentés
ci-haut ait eu un impact sur les
populations.
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:03 Page 35
des formes et transport de la
glace) et les apports sédimen-
taires, entre autres, ne sont pas
étudiés dans l’expertise hydrau-
lique. Le MTQ utilise plutôt un
facteur de sécurité ayant pour
objectif de compenser l’absence
de ces variables dans ses calculs
tout en assurant la stabilité de
l’enrochement55.
En juin 2008, le CEHQ lance
un appel d’offres pour la con-
ception des plans et devis de
l’aménagement auprès des firmes
d’ingénierie. La firme AECOM
(anciennement connue sous le
nom de Tescult) reçoit le contrat et
conçoit les plans et devis à partir
des documents émis par le MTQ56.
AECOM lance par la suite un appel
d’offres pour embaucher une firme
d’entrepreneurs s’engageant à
effectuer les travaux de consoli-
dation du cours d’eau57. L’entre-
prise Gervais Dubé inc., située à
Trois-Pistoles, obtient le contrat.
C’est en janvier 2009 que
les travaux de consolidation du
cours d’eau Bonhomme-Morency
débutent58. Le déboisement des
berges, la collecte des débris
ligneux le long du chenal, l’exca-
L’Estuaire
consolider seulement les berges et
le lit du cours d’eau Bonhomme-
Morency51. Selon eux, la seconde
option risque d’engendrer de
nouvelles inondations au centre-
ville et suppose des dépenses très
élevées.
Le CEHQ mandate en 2007
le service de la géotechnique et de
la géologie, section mouvements
de terrain du MTQ, pour réaliser
une étude préliminaire des travaux
de stabilisation du cours d’eau
Bonhomme-Morency52. L’étude préli-
minaire vise à formuler les direc-
tives techniques des différentes
étapes menant à l’enrochement
complet du cours d’eau et à la
régulation de la pente du cours
d’eau pour ralentir la vitesse
d’écoulement. Les travaux consis-
tent à consolider les berges et le lit
du cours d’eau par un enroche-
ment, sur une distance de 2,2 kilo-
mètres, à la hauteur du 2eRang
Ouest jusqu’à la confluence avec la
rivière Trois-Pistoles. L’enroche-
ment inclut aussi un petit affluent
du ruisseau Bonhomme-Morency
et le canal de dérivation.
Le MTQ est aussi mandaté
en 2008 pour évaluer la taille de
l’enrochement par une expertise
hydraulique. Ce Ministère, couram-
ment appelé à diriger des travaux
similaires dans les cours d’eau
longeant les axes routiers, possède
les qualifications nécessaires
pour remplir cette fonction sur le
ruisseau Bonhomme-Morency. La
procédure consiste à évaluer la
compétence maximale du cours
d’eau53, soit la taille maximale
d’une particule que l’écoulement
peut mobiliser54. Les caractéris-
tiques du bassin versant, la morpho-
logie du chenal, la dynamique
glacielle (apparition, développement
Figure 8 - Photos des différentes étapes des travaux d’enrochement du cours d’eau
Bonhomme-Morency : nettoyage du lit et des berges (A), couche de tout-venant (B),
excavation du lit (C) et couche de protection (D). Source : Tescult, 2009.
C D
A B
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:03 Page 36
L’Estuaire
vation et le remblayage ont lieu
(Figure 8). La mise en place des
pierres se fait de façon à ce
qu’elles soient enchâssées et
serrées les unes contre les autres
pour assurer une meilleure stabili-
sation59. Les travaux se déroulent
sans contraintes environnemen-
tales majeures et se terminent en
mars 2009, avant les crues prin-
tanières. L’enrochement du cours
d’eau Bonhomme-Morency néces-
site dix mille voyages de camion et
entraîne des dépenses totales de
3 200 000 $. La renaturalisation des
accès se fait au printemps 2009.
La figure 9 présente une
ligne du temps résumant les
différentes étapes qui ont mené à
l’état actuel du cours d’eau. Elle
expose les décisions prises dans
l’aménagement des cours d’eau et
la longueur du processus de mise
en œuvre des actions (du constat
à l’action sur le terrain). La ligne du
temps fait aussi référence à l’évo-
lution morphologique. Elle montre
les conséquences des décisions
sociopolitiques et des réactions
des instances sur la dynamique du
cours d’eau (ajustements, formes
et processus).
2.4 Réflexions sur l’évolution
du cours d’eau par les
personnes interviewées
L’enrochement et la rena-
turalisation des voies d’accès
terminés, les gestionnaires ne
prévoient plus intervenir dans le
ruisseau Bonhomme-Morency. Le
cours d’eau, transformé en un
canal de pierres, transporte beau-
coup moins de sédiments (Figure
10). Il doit se redonner lui-même
une apparence plus naturelle par
l’action des processus géomor-
phologiques60. Dans les plans
d’aménagement, la morphologie
Figure 9 - Ligne du temps résumant l’historique des cours Bonhomme-Morency et
Renouf depuis 1968. Les consultations, les décisions et les pressions politiques
concernant les cours d’eau sont inscrites dans les encadrés orangés, les inter-
ventions sont présentées dans les encerclés verts et les processus morphologiques
provoqués par les interventions sont illustrés dans les encadrés bleus.
2008 : AECOM reçoit le contrat
de réalisation des plans et devis
• La MRC des Basques consulte
et accepte les plans et devis
• Gervais Dubé inc. reçoit le contrat
des travaux d’enrochement
2005 : Le CEHQ, la MRC des
Basques et la ville de Trois-Pistoles
décident de stabiliser tout le cours
d’eau Bonhomme-Morency
2004 : La municipalité demande au
gouvernement une inspection du
cours d’eau Bonhomme-Morency
parce qu’un ponceau s’affaisse
1999 : Travaux de redressement
et de stabilisation en aval
et construction d’un pont
en béton armé
Dans les années 1990 :
Arrêt de la régulation des débits
dans les digues
2010
1995
1985
1980
1975
1970
1965
1990
2000
2005
Incision,
érosion,
décrochements
de berges
débit solide
débit solide
Quelle sera
la réponse
morphologique
du cours d’eau
suite à cet
enrochement?
débit liquide
1994 :
Nettoyage des
arbres morts
2001 :
Nettoyage des
arbres morts
2004 :
Nettoyage des
arbres morts et
travaux de
stabilisation des
berges d’eau
2007-2008 :
Réalisation d’une
étude préliminaire
et d’une expertise
hydraulique
par le MTQ
2008 : Relevés
stratigraphiques
de la plaine et
topographiques
du chenal
2009 : Exécution
des travaux
d’enrochement
1977 :
Détournement
de près de 6 km2
du bassin versant
du cours d’eau
Renouf
1968 :
Détournement
de près de 6 km2
du bassin versant
du cours d’eau
Renouf
Début des années 1970 : Plainte
de la Commission scolaire
régionale du Grand-Portage et
des résidents du secteur inondé
près de l’école secondaire
1973 : Le MRN décide d’intervenir
financièrement pour régler
les problèmes d’inondations
du ruisseau Renouf
1986 : Entente entre la ville
de Trois-Pistoles et le ministère
de l’Environnement pour l’entretien
et l’efficacité des ouvrages de
rétention et de dérivation
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 37
du CEHQ, est du même avis61.
L’aménagement a permis de limiter
l’érosion, de renforcer les talus et
de diminuer la perte de superficie
cultivable. M. Lavoie n’a formulé
aucune prédiction sur l’évolution
du cours d’eau. Mme Claudine
Forget, antérieurement analyste
des secteurs hydriques et humides
au ministère du Développement
durable, de l’Environnement, de
la Faune et des Parcs (MDDEFP),
n’a pas d’appréhension face
à l’aménagement. Elle s’attend
toutefois à ce que les versants
s’équilibrent durant la prochaine
décennie62. M. Rheault, aménagiste
à la MRC des Basques, est satisfait
de l’intervention de 2009 puisque
l’eau de la rivière Trois-Pistoles
reçoit beaucoup moins de sédi-
ments et que la qualité de ses
habitats est susceptible de s’amé-
liorer63. Quant au maire de la
municipalité de Notre-Dame-des-
Neiges et ancien préfet de la MRC
des Basques, M. André Leblond, il
aurait souhaité qu’un approvision-
nement en gravier soit effectué
pour augmenter le colmatage et
favoriser la réhabilitation du cours
d’eau64. Ni la réhabilitation du
cours d’eau, ni le caractère esthé-
tique de l’aménagement n’ont
été des critères envisagés pour
stabiliser le ruisseau Bonhomme-
Morency65. M. Goyette décrit même
l’aménagement comme une « cica-
trice dans la nature ».
Selon les personnes inter-
viewées, la restauration du cours
d’eau n’aurait pu se faire qu’en
ramenant les eaux détournées
dans le ruisseau Renouf. Cette
solution aurait été plus écologique,
mais elle aurait nécessité de
grandes modifications en zone
urbaine et entraîné des dépenses
élevées. Ainsi, Messieurs Goyette et
Lavoie croient que l’enrochement
majeur était la seule option pour
stabiliser le cours d’eau. Selon
M. Rheault, il aurait été trop coûteux
d’étudier les composantes géomor-
phologiques du cours d’eau et de
choisir des méthodes d’aména-
gement de moindre ampleur.
Mme Forget, de son côté,
envisage les aménagements en
rivière d’un regard différent de
celui des autres intervenants
puisqu’elle a acquis depuis les
dernières années de nouvelles
connaissances en géomorphologie
fluviale66. Mme Forget souhaite que
L’Estuaire
des berges enrochées a été prévue
pour favoriser la chute des cailloux
dans le lit du cours d’eau et ainsi
augmenter les chances de colma-
tage du lit et l’écoulement perma-
nent en surface. Selon M. Simon
Goyette, de la firme AECOM, le
cours d’eau aurait subi quelques
changements depuis 2009. L’enro-
chement se serait affaissé et les
pierres se seraient imbriquées
davantage les unes dans les autres.
M. Goyette ne croit cependant pas
au risque d’instabilité de l’enroche-
ment puisque l’aménagement a été
conçu pour résister aux crues
centennales. M. Christian Lavoie,
Figure 10 - Photos du canal enroché à l’été 2010 (A) et de la confluence avec la
rivière Trois-Pistoles au printemps 2011 (B). Source : V. Parent 2010.
B
A
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 38
ment les effets négatifs des
détournements de cours d’eau sur
la biodiversité et les écosystèmes
à l’échelle des bassins versants67.
Après un détournement, la diver-
sité de la flore et celle de la
faune aquatique, semi-aquatique
et terrestre (macroinvertébrés,
poissons, oiseaux et mammifères)
décroissent très rapidement pour
le cours d’eau. Cette intervention,
en modifiant la quantité d’eau dans
le cours d’eau, altère les débits
liquides et solides ainsi que l’ampli-
tude des crues68. Par conséquent,
ces processus agissent sur les
formes : ils modifient la topogra-
phie du lit, la taille des sédiments
et celle de la pente, comme le
révèle de manière extraordinaire
le cas du ruisseau Bonhomme-
Morency. Aucune information
n’existe sur l’ordre des changements
morphologiques et biologiques
apparus depuis 1977 dans le cours
d’eau Renouf. Néanmoins, il est
évident que ce cours d’eau a subi
une perturbation liée au détourne-
ment d’une partie de ses eaux et
qu’il s’est ajusté à de nouveaux
débits. Avec les connaissances et
la conscience environnementale
actuelles, tout porte à croire que
les décisions seraient très diffé-
rentes aujourd’hui et que le détour-
nement des eaux du ruisseau
Renouf serait évité. Les sommes
d’argent investies dans les deux
cours d’eau depuis 1977 auraient
pu être moindres si les canaux, les
ponts et les ponceaux au centre-
ville avaient plutôt été réaménagés.
Quant aux décisions prises
pour l’enrochement de 2009, elles
ne différeraient probablement pas
aujourd’hui. M. Lavoie, respon-
sable du projet de consolidation
du cours d’eau Bonhomme-
Morency au CEHQ, maintient que
l’enrochement total du cours d’eau
en 2009 était l’option la plus
valable pour répondre à l’objectif
de stabilisation69. Or, aucun aména-
gement de cette envergure n’a
d’équivalent dans les rivières de
l’Est-du-Québec et aucun suivi
d’enrochement ne semble avoir été
réalisé pour ce type d’aména-
gement70. Ainsi, l’information sur
l’impact et le succès de ces amé-
nagements est très rare. De plus, à
l’échelle internationale, la connais-
sance sur les trajectoires morpho-
logiques des cours d’eau fortement
aménagés et sur leurs répercus-
sions en régions froides et dans un
contexte de changements globaux
est faible71. Conséquemment, seul
le temps nous permettra d’évaluer
si le type d’enrochement choisi
était l’option la plus recevable.
Les instances municipales
ont fait de nombreuses pressions
pendant plusieurs années auprès
du gouvernement afin que des
solutions soient proposées pour
stabiliser le cours d’eau Bonhomme-
Morency. Selon M. Rheault, le
gouvernement se devait d’agir
rapidement pour limiter l’impact
des apports de sédiments fins
dans la rivière Trois-Pistoles72. Or,
quel impact cette charge sédimen-
taire du Bonhomme-Morency avait-
elle sur la rivière Trois-Pistoles?
Plusieurs perturbations de sources
différentes semblent avoir parti-
cipé à la dégradation de la Trois-
Pistoles, mais aucune étude n’a
été réalisée pour évaluer l’effet de
ces diverses perturbations. Le
seul effet connu des ajustements
morphologiques du Bonhomme-
Morency sur cette rivière était
l’écoulement d’eau turbide. Le
cours d’eau Bonhomme-Morency
avait, à l’origine, l’allure d’un ruis-
seau agricole et n’apportait aucune
L’Estuaire
la gestion des cours d’eau au
Québec s’améliore avec la sensibi-
lisation à cette nouvelle science, et
que la société ait une vision plus
large de l’impact des interventions
sur la dynamique fluviale. Elle croit
aussi à l’importance de laisser
évoluer les cours d’eau dans leur
espace de liberté. La société a
toujours favorisé les choix écono-
miques, la protection des riverains
et la gestion de crise, ce qui est
parfaitement compréhensible selon
Mme Forget. Il est en effet facile
de critiquer les interventions
majeures. Or, elles sont souvent
intimement liées aux mauvaises
décisions du passé, comme dans le
cas du cours d’eau Bonhomme-
Morency.
3. Enseignements et réflexions
sur le cas du ruisseau
Bonhomme-Morency
L’histoire des nombreuses
décisions et interventions concer-
nant le cours d’eau Bonhomme-
Morency depuis 1977 fournit
plusieurs enseignements sur
l’ajustement des cours d’eau, mais
elle permet surtout d’établir
quatre constats sur l’analyse et la
gestion des services de sécurité
publique et écosystémiques des
systèmes fluviaux.
3.1 Une prise de décision
inadéquate
Le premier constat
provient de la décision prise en
1977 de détourner ne portion des
eaux du ruisseau Renouf dans
celles du Bonhomme-Morency. À
l’unanimité, les personnes inter-
viewées considèrent que ce
détournement est à l’origine du
problème. À cette époque, l’impact
des détournements était moins
documenté qu’aujourd’hui. Actuel-
lement, plusieurs études confir-
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 39
la rétention d’eau dans le bassin
versant et ainsi diminuer la
puissance de l’érosion. Avec une
telle gestion, la restauration est
toutefois plus lente à paraître74.
Néanmoins, les traces laissées
dans la nature sont moindres
et la probabilité de succès est
meilleure.
Dans le cadre d’une gestion
adaptative, un comité multidis-
ciplinaire aurait été créé afin de
dresser un plan et de mener
une étude en profondeur de la
problématique. Le comité, formé
d’intervenants divers (aména-
gistes, ingénieurs, biologistes,
environnementalistes, conseillers
municipaux, agriculteurs, riverains),
aurait pu proposer des mesures de
moindre ampleur ou simplement
donner son point de vue sur la
stabilisation et la restauration du
cours d’eau Bonhomme-Morency.
Les intervenants se seraient
engagés dans un processus d’amé-
nagement étudié, résultant d’une
consultation et approuvé. Une
gestion adaptative aurait amoindri
les coûts d’aménagement, amélioré
l’aspect esthétique du cours d’eau,
sensibilisé la population, créé une
valeur ajoutée (création d’un parc,
de sentiers et de sites d’interpré-
tation) et amélioré les connais-
sances scientifiques. Un tel type de
gestion nécessite un engagement
significatif du milieu en temps et en
ressources, mais elle rehausse les
sentiments d’appartenance et de
fierté du milieu.
3.3 Absence de
considérations hydro-
géomorphologiques
Le troisième constat tient
compte du manque de considé-
rations géomorphologiques dans
les décisions et les interventions.
Effectivement, au Québec, l’hydro-
géomorphologie tarde à se faire
intégrer dans les processus
d’aménagement des cours d’eau75.
Pourtant, cette discipline est
maintenant reconnue en France76,
en Italie77, en Australie78, 79, et aux
États-Unis80. Dans ces pays, la
crédibilité de cette discipline
provient des hauts taux de succès
des aménagements ayant adopté
ses concepts dans leur planifi-
cation. L’intégration des connais-
sances en hydrogéomorphologie
dans les pratiques d’aménagement
vise à travailler selon le fonction-
nement de la rivière, selon les
processus qui conditionnent les
problèmes (inondation, érosion,
glissement de terrain), et à créer
des solutions durables81. Selon
Mme Forget, il importe de conti-
nuer la sensibilisation et l’éduca-
tion à cette nouvelle discipline au
Québec pour qu’au fil du temps,
les Ministères et les firmes d’ingé-
nierie assimilent les connaissances
sur la dynamique fluviale et
puissent les intégrer dans leurs
plans d’aménagement82.
3.4 Absence de suivi
Le quatrième constat
concerne l’absence de suivi après
les aménagements. Comme le
souligne Mme Forget, un manque
de soutien public et financier
perdure et limite les possibilités
d’implantation de programmes de
suivi83. Au Québec, le promoteur a
un rôle de suivi si le Ministère
l’exige dans son certificat d’auto-
risation. Le Ministère encadre le
suivi en définissant sa durée
précise et ses composantes. Ainsi,
le ministère demande au promo-
teur de s’autoévaluer, de faire ses
propres échantillons et ses ana-
lyses. Finalement, les résultats du
suivi ne s’avèrent guère pertinents
L’Estuaire
0
retombée économique pour la
région73. L’expropriation des quinze
mètres de bandes riveraines de
chaque côté du cours d’eau a eu
pour effet de prévenir la perte
directe de superficies agricoles.
Dans ce contexte
plusieurs données scientifiques
étaient absentes, il est possible
que l’aspect esthétique de l’eau
brune fortement chargée en sédi-
ments ait été l’argument principal
pour agir rapidement en situation
de crise. L’eau dite « sale » aurait
pu choquer les gens et inciter le
gouvernement à agir aussi rapide-
ment sans étude approfondie.
3.2 Des décisions en chaîne
Le deuxième constat fait
référence aux décisions prises en
réaction aux décisions précé-
dentes. En effet, l’enchaînement de
décisions et d’interventions pour
contrer l’érosion du cours d’eau
Bonhomme-Morency montre une
gestion du système axée sur une
approche réactive : un détourne-
ment pour éviter les inondations,
des enrochements localisés pour
stabiliser les berges, des netto-
yages de débris ligneux pour
assurer l’écoulement normal, une
reconstruction d’un pont et d’un
ponceau pour éviter leur effon-
drement et, finalement, l’enroche-
ment majeur de 2009 pour arrêter
l’incision et l’apport en sédiments
fins. Or, d’autres types de gestion
auraient pu être employés. D’abord,
dans une gestion proactive, les
décisions et les aménagements
auraient été faits en considérant la
source du problème : la hausse de
débit causée par le détournement.
Des interventions auraient eu lieu
dans le bassin versant pour favo-
riser la recharge en sédiments plus
grossiers (sable, gravier, galets) et
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 40
des eaux du ruisseau Renouf dans
celles du Bonhomme-Morency a
entraîné des réponses morpholo-
giques majeures : une forte inci-
sion, un élargissement et des taux
de transport de sédiments fins
élevés. Ces changements sont
à l’origine d’une détérioration
des habitats dans le ruisseau
Bonhomme-Morency. Il est toute-
fois difficile d’attribuer la dimi-
nution de la qualité des habitats
aquatiques de la rivière Trois-
Pistoles au fort apport sédimen-
taire du cours d’eau Bonhomme-
Morency. Aucune étude n’y a été
réalisée avant et après le détour-
nement. Le cumul de plusieurs
perturbations ayant eu lieu au
XXesiècle pourrait aussi expliquer
la baisse des populations d’espèces
aquatiques à valeur économique
dans la rivière Trois-Pistoles.
L’analyse souligne aussi
que l’histoire du cours d’eau
Bonhomme-Morency est parsemée
de décisions qui n’ont pas ou
ont peu pris en compte la dyna-
mique morphologique du système
fluvial. Avec les connaissances
d’aujourd’hui, la problématique
des inondations au centre-ville de
Trois-Pistoles serait sans aucun
doute gérée de façon différente.
L’histoire du cours d’eau Bonhomme-
Morency illustre l’importance
d’une meilleure intégration des
connaissances en hydrogéo-
morphologie pour évaluer les
impacts des aménagements sur
les habitats fauniques et sur les
risques naturels. L’intégration et
le développement des connais-
sances, la mise en œuvre d’une
gestion adaptative et proactive et
l’implantation de programmes
de suivi permettront de mieux
prévenir les répercussions néga-
tives des aménagements sur
l’humain et sur les écosystèmes.
Pour y arriver, il faudra mettre à
profit les nouvelles connaissances
telles que celles apportées par
cette étude de cas et développer
une nouvelle philosophie de l’amé-
nagement, qui saura respecter
l’évolution et la complexité des
cours d’eau tout en intégrant
les valeurs locales, politiques,
sociales, culturelles, esthétiques et
écologiques.
L’Estuaire
ni utilisables. Mme Forget croit que
le ministère devrait plutôt imposer
une démarche de suivi au promo-
teur. Cette méthode permettrait
d’obtenir des données probable-
ment plus pertinentes et compara-
bles d’un aménagement à l’autre.
Dans le cas de l’enro-
chement majeur du ruisseau
Bonhomme-Morency, le MMDEFP
n’a pas imposé de suivi aux promo-
teurs. L’enrochement devait être
stable et durable, c’est-à-dire ne
demander aucun autre investis-
sement, ni intervention ni suivi
ultérieurs84. Le Ministère a tenu
pour acquis que les promoteurs
se responsabilisent et s’assurent
de réaliser des aménagements
efficaces et durables.
4. Conclusion
Cet article raconte l’histoire
du cours d’eau Bonhomme-Morency
dans le Bas-Saint-Laurent. Cette
histoire traite de procédures et de
décisions politiques et sociales
associées aux changements
morphologiques observés dans le
cours d’eau. L’analyse souligne
que le détournement d’une portion
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 41
du cours d'eau Bonhomme-Morency
au Bas-Saint-Laurent, Québec. Mémoire
(M.A.).
Sous la dir. de T. Buffin-
Bélanger et codir. par C. Nozais,
Université du Québec à Rimouski,
2013, 106 p.
10 Zone de laminage naturel : zone
d’accumulation temporaire d’une
partie du volume de la crue dans le
lit d'un cours d'eau. S’apparente à un
bassin de rétention.
11 A. R. Tremblay, O. Tremblay et J. J.
Perron. Ruisseau Renouf à Trois-
Pistoles. Étude préliminaire pour
solutionner les problèmes hydrauliques
de ce cours d’eau, ENVIRODOC
010071, 1974, 16 p.
12 Réal Lajoie et Associés. Canalisation
du ruisseau Renouf, Rivière-du-Loup,
Québec, 1973, 11 p.
13 Lettre rédigée par le ministère des
Richesses Naturelles du Québec
(Direction générale des eaux) et
adressée au directeur du Service de
l’équipement de la Commission
scolaire régionale du Grand-Portage,
26 septembre 1973 et lettre rédigée
par le ministère des Richesses
Naturelles du Québec (Direction
générale des eaux) et adressée au
secrétaire-trésorier de la ville de
Trois-Pistoles, 26 septembre 1973.
14 A. R. Tremblay, O. Tremblay et J. J.
Perron, op. cit.
15 Plan des digues et du canal de déri-
vation du cours d’eau Renouf conçu
par le MRN, 1975.
16 CEHQ. Réflexion sur les solutions
durables aux problèmes d’érosion
observés le long du ruisseau sans
nom (Bonhomme-Morency), 2005,
p. 8. Centre d’expertise hydrique
du Québec, Québec, 8 p.
17 Plan de terres expropriées le long du
cours d’eau Bonhomme-Morency.
18 Lettre rédigée par le ministère
de l’Environnement du Québec
(Direction générale des ressources
hydriques) et adressée au directeur
général de la ville de Trois-Pistoles,
et entente entre le ministère de
l’Environnement et la ville de Trois-
Pistoles, 26 janvier 1987.
19 Benoît Rheault, op. cit.
20 André Leblond. Entrevue avec
M. André Leblond, maire de la muni-
cipalité de Notre-Dame-des-Neiges et
ancien préfet de la MRC des Basques,
2012.
21 Commission de la toponymie du
Québec, op. cit.
22 André Leblond, op. cit.
23 M. Bouffard. Demande d’autorisation
et de certificat d’autorisation,
AECOM, 2008.
24Ibid.
25 André Leblond, op. cit.
26 M. Bouffard, op. cit.
27 Charles P. Newcombe et Jorgen O.
Jensen. « Channel suspended sedi-
ment and fisheries: a synthesis for
quantitative assessment of risk and
impact ». North American Journal of
Fisheries Management, no16, 1996,
p. 693-727.
28 MRC des Basques, op. cit.
29 Colmatage de frayères : envasement
des lieux de reproduction des pois-
sons, des batraciens, des mollusques
et des crustacés.
30 MRC des Basques, op. cit.
31 André Leblond, op. cit.
32 Charles P. Newcombe et Jorgen O.
Jensen, op. cit.
33 Marie-Noëlle Bourassa. Caractéri-
sation de la frayère et du bassin
versant de la rivière Trois-Pistoles.
Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire,
Rimouski, Québec, 2005, 81 p.
34 David R. Lenat. « Water quality
assessment of streams using a quali-
tative collection method for benthic
macroinvertebrates ». Journal of
the North American Benthological
Society, 7, 1988, p. 222-233.
35 Marie-Noëlle Bourassa, op. cit.
36 OBVNEBSL. Portrait préliminaire de
la zone. Organisme des bassins
versants du nord-est du Bas-Saint-
Laurent, Rimouski, Québec, 2011,
110 p.
37 Marie-Noëlle Bourassa, op. cit.
38 André Leblond, op. cit.
39 Marie-Noëlle Bourassa, op. cit.
40 « La rivière Trois-Pistoles : La crue fait
des ravages ». Le Courrier de Trois-
Pistoles, Hebdomadaire d’infor-
mation régionale, no50, 1983.
41 Robert T. Milhous. « Modelling of
instream flow needs: the link between
sediment and aquatic habitat ».
Regulated Rivers: Research and
Management, 1988, no14, p. 79-94.
L’Estuaire
Notes
1 Véronic Parent est titulaire d’une
maîtrise en géographie de l’Univer-
sité du Québec à Rimouski (UQAR).
Ses travaux actuels portent sur les
interrelations entre l’écologie aqua-
tique et la géomorphologie fluviale.
Thomas Buffin-Bélanger est profes-
seur en géographie à l’UQAR et
spécialiste en géomorphologie
fluviale. Christian Nozais est profes-
seur en biologie à l’UQAR et spécia-
liste de l’écologie benthique et des
écosystèmes marins.
2 Commission de la toponymie du
Québec. « Cours d'eau du Bonhomme-
Morency » [En ligne], 2015. [www.
toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/
fiche.aspx?no_seq=38800].
3 MRC des Basques. Communiqué de
presse
-
Bonhomme-Morency, 2007.
2 p.
4 Andrew Simon et Massimo Rinaldi.
« Disturbance, stream incision, and
channel evolution: The roles of
excess transport capacity and
boundary materials in controlling
channel response ». Geomorphology,
no79, 2006, p. 361-383.
5 Angela Gurnell, Nicola Surian et Luca
Zanoni. « Multi-thread river channels:
A perspective on changing European
alpine river systems ». Aquatic
Sciences, no71, 2009, p. 253-265.
6 Hydrogéomorphologie : Approche
interdisciplinaire fondée sur le fonc-
tionnement naturel des cours d’eau
et l'interdépendance entre le chenal,
la plaine inondable et les formes
spatiales associées au mouvement
de l'eau. Elle se base sur l’obser-
vation et l’interprétation du terrain
naturel et de ses interactions entre
les processus hydrologiques et
géomorphologique selon différentes
échelles temporelles et spatiales.
7 Gary J. Brierley et Kirstie A. Fryirs.
Geomorphology and River Manage-
ment: Applications of the River Styles
Framework. Wiley-Blackwell, Malden,
Mass, 2005, 398 p.
8 Benoît Rheault. Entrevue avec
M. Benoît Rheault, aménagiste à la
MRC des Basques, 2012.
9 ronic Parent. Suivi hydrogéomor-
phologique d'un cours d'eau étouffé
par un aménagement d'urgence : cas
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 42
de la géologie, Section mouvements
de terrain, ministère des Transports
du Québec, Québec, 2007, 8 p.
53 Daniel Lavallée. Expertise hydrau-
lique : enrochement de protection
pour la stabilisation du ruisseau
Bonhomme-Morency. Direction des
structures, ministère des Transports
du Québec, Québec, 2008, 11 p.
54 Michael Church «Bed material trans-
port and the morphology of alluvial
river channels ». Annual Review of
Earth and Planetary Sciences, no34,
2006, p. 325.
55 Daniel Lavallée, op. cit.
56 Simon Goyette. Entrevue avec
M. Simon Goyette, ingénieur civil
chez AECOM, 2011.
57 Jean-François Mercier et Simon
Goyette. Stabilisation du ruisseau
Bonhomme-Morency, Municipalité
de Notre-Dame-des-Neiges, Rivière-
du-Loup, Québec, 2008, 42 p.
58 Simon Goyette, op. cit.
59 Daniel Lavallée, op. cit.
60 Simon Goyette, op. cit.
61 Christian Lavoie. Entrevue avec
M. Christian Lavoie, chargé de projets
à la Direction des barrages publics
du Centre d’expertise hydrique du
Québec, 2013.
62 Claudine Forget. Entrevue avec
Mme Claudine Forget, antérieu-
rement biologiste au ministère du
Développement durable, de l’Envi-
ronnement, de la Faune et des Parcs,
2012.
63 Benoît Rheault, op. cit.
64 André Leblond, op. cit.
65 Simon Goyette, op. cit.
66 Claudine Forget, op. cit.
67 Richard T. Kingsford. « Ecological
impacts of dams, water diversions
and river management on floodplain
wetlands in Australia ». Austral
Ecology, no25, 2000, p. 109-127.
68 Zhengbing Wang, Zhaoyin Wang et
Huib J. de Vriend. « Impact of water
diversion on the morphological
development of the Lower Yellow
River », International Journal of Sedi-
ment Research, no23, 2008, p. 13-27.
69 Christian Lavoie, op. cit.
70 Ibid.
71 Margaret A. Palmer, Catherine Reidy
Liermann, Christer Nilsson, Martina
Flörke, Joseph Alcamo, P. Sam Lake
et Nick Bond. « Climate change and
the world’s river basins: anticipating
management options ». Frontiers in
Ecology and the Environment, 2008,
no6, p. 81-89.
72 Benoît Rheault, op. cit.
73 André Leblond, op. cit.
74 Gary J. Brierley et Kirstie A. Fryirs,
op. cit.
75 Claudine Forget, op. cit.
76 Jean-Paul Bravard, Norbert Landon,
Jean-Luc Peiry et Hervé Piegay.
« Principles of engineering geomor-
phology for managing channel
erosion and bedload transport, exam-
ples from French rivers », Geomor-
phology, no31, 1999, p. 291-311.
77 Marc Rinaldi, Cristina Simoncini et
Hervé Piégay. « Scientific design
strategy for promoting sustainable
sediment management: the case of
the Magra River (Central-Northern
Italy) », River Research and Appli-
cations, no25, 2009, p. 607-625.
78 Gary J. Brierley, Kirstie A. Fryirs,
David Outhet et C. Massey. « Applica-
tion of the River Styles framework as
a basis for river management in New
South Wales, Australia », Applied
Geography, no22, 2002, p. 91-122.
79 Alexandra Spink, Kirstie A. Fryirs et
Gary J. Brierley. « The relationship
between geomorphic river adjust-
ment and management actions over
the last 50 years in the Upper Hunter
Catchment, NSW, Australia », River
Research and Applications, no25,
2009, p. 904-928.
80 David J. Gilvear. « Fluvial geomor-
phology and river engineering: future
roles utilizing a fluvial hydrosystems
framework », Geomorphology, no31,
1999, p. 229-245.
81 Gary J. Brierley, Kirstie A. Fryirs,
David Outhet et C. Massey, op. cit.
Spink, A., K. Fryirs et G. Brierley,
op. cit.
82 Claudine Forget, op. cit.
83 Ibid.
84 Simon Goyette, op. cit.
L’Estuaire
42 Doug B. Osmundson, Ronald J. Ryel,
Vincent L. Lamarra et John
Pitlick.
« Flow-sediment-biota relations:
impli-
cations for river regulation effects
on native fish abundance », Ecolo-
gical Applications, no12, 2002,
p. 1719-1739.
43 Lettre rédigée par les propriétaires
riverains longeant le cours d’eau
Bonhomme-Morency et adressée au
ministère de l’Environnement et de la
Faune du Québec, 26 octobre 1998, et
extrait du procès-verbal du conseil
de la Corporation municipale de la
ville de Trois-Pistoles présentant la
résolution numéro 8716, 9 novembre
1998.
44 Lettre rédigée par la direction
régionale du ministère de l’Environ-
nement du Québec et adressée à la
Direction de l’hydraulique de ce
même ministère, 10 décembre 1999.
45 Devis technique. Direction de
l’hydraulique et de l’hydrique,
Service de la surveillance et de
l’entretien des barrages, ministère de
l’Environnement du Québec, 2000, 8 p.
46 Lettre rédigée par le ministère
de l’Environnement du Québec et
adressée à la secrétaire-trésorière de
la Municipalité de Notre-Dame-des-
Neiges, 24 août 2000.
47 David A. Sear, Catherine E. Millington,
Danielle R. Kitts et Richard Jeffries.
« Logjam controls on channel: flood-
plain interactions in wooded catch-
ments and their role in the formation
of multi-channel patterns ». Geomor-
phology, no116, 2010, p. 305-319.
48 Benoît Rheault, op. cit. André
Leblond, op. cit.
49 Extrait du livre des délibérations de
l’assemblée régulière du conseil
municipal de la municipalité de
Notre-Dame-des-Neiges présentant
la résolution numéro 07.2004.92,
7 juillet 2004.
50 CEHQ, op. cit.
51 Lettre rédigée par le Centre d’exper-
tise hydrique du Québec et adressée
au préfet de la MRC des Basques,
28 septembre 2005.
52 Serge Bélanger, Denis Robitaille et
Catherine Thibault. Stabilisation
du ruisseau Bonhomme-Morency,
Informations et considérations tech-
niques, Service de la géotechnique et
227252_L'Estuaire_Mai2015_Layout 1 15-05-13 13:04 Page 43
Thesis
Considérés comme des fleurons technologiques depuis l’avènement de l’hydroélectricité, les barrages apportent une réponse aux irrégularités spatio-temporelles de l’eau à l’échelle d’un territoire. Mais la construction de ces ouvrages hydrauliques en rivière ne s’effectue jamais sans dommages environnementaux. Les dommages principaux sont d’ordres écologiques et sociétaux. Les barrages réduisent en effet la richesse écologique des hydrosystèmes fluviaux ; ils constituent des obstacles au continuum fluvial. Toutefois, les effets des barrages en rivières dépendent de la taille, du type et du mode de gestion de chaque ouvrage. Sur le bassin du Congo, en l’occurrence sur l’Oubangui, la connaissance des effets des barrages est encore sommaire. Ainsi, cette thèse aborde de manière inédite les barrages de l’Oubangui à travers leurs impacts négatifs sur la continuité hydrosédimentaire. Il aborde aussi bien les barrages fonctionnels que les barrages planifiés. Des analyses hydrostatistiques, sédimentologiques et géomatiques, couplées aux investigations de terrains, ont permis d’évaluer les effets hydrosédimentaires des barrages fonctionnels sur l’Oubangui. Par ailleurs, une « extrapolation hydrologique » a été conduite en vue de prospecter les effets potentiels prévisibles des barrages projetés.
Thesis
Full-text available
Le bassin de l’Oubangui est l’un des bassins fluviaux les moins aménagés du globe malgré ses potentialités hydrauliques remarquables. Seulement deux aménagements hydrauliques majeurs sont répertoriés sur cet immense bassin, il s’agit du barrage de Mobaye sur la rivière Oubangui et du complexe hydraulique de Boali sur la rivière Mbali. Ce n’est que très récemment qu’un mégaprojet d’aménagement hydraulique a été proposé en vue de mettre en valeur les ressources en eau de l’Oubangui, il s’agit du projet PTEIB (Projet de Transfert d’Eau Interbassin) qui consiste à ériger deux gigantesques barrages-réservoirs sur le bassin de l’Oubangui afin de transférer de l’eau vers le lac Tchad qui serait en phase de « récession » hydrologique. Nombreux sont les travaux scientifiques qui démontrent que l’établissement des barrages sur un cours d’eau ne s’effectue rarement sans dommages environnementaux. À ce titre, les dommages principaux sont d’ordres écologiques et sociétaux. Cependant, on ignore encore les impacts potentiels de cette mégastructure hydraulique sur notre bassin d’étude, car la dimension environnementale n’a pas vraiment été prise en compte dans les « études de faisabilités techniques » dudit projet. De même, on ignore encore les impacts potentiels des barrages fonctionnels (barrages de Mobaye et de Boali) sur le bassin de l’Oubangui. Ainsi, cette thèse aborde de manière inédite les barrages de l’Oubangui à travers leurs impacts négatifs sur la continuité hydrosédimentaire et écologique. La thèse aborde aussi bien les barrages fonctionnels que les barrages planifiés. Des analyses hydrostatistiques, sédimentologiques et géomatiques, couplées aux investigations de terrains, ont permis d’évaluer les effets hydro-écologiques des barrages fonctionnels sur l’Oubangui. Par ailleurs, une « extrapolation hydrologique » a été conduite en vue de prospecter les effets potentiels prévisibles des barrages projetés sur l’hydrosystème de l’Oubangui. Excepté le barrage « au fil de l’eau » à Mobaye, nos résultats soulignent l’influence significative de l’ensemble de ces ouvrages hydrauliques sur le « régime hydro-sédimentaire » de l’Oubangui. Mots-clés : Oubangui, demi-barrage, barrage-réservoir, continuum hydrosédimentaire, régime hydrologique, ajustement fluviaux.
Article
Full-text available
Major rivers worldwide have experienced dramatic changes in flow, reducing their natural ability to adjust to and absorb disturbances. Given expected changes in global climate and water needs, this may create serious problems; including loss of native biodiversity and risks to ecosystems and humans from increased flooding or water shortages. Here, we project river discharge under different climate and water withdrawal scenarios and combine this with data on the impact of dams on large river basins to create global maps illustrating potential changes in discharge and water stress for dam-impacted and free-flowing basins. The projections indicate that every populated basin in the world will experience changes in river discharge and many will experience water stress. The magnitude of these impacts is used to identify basins likely and almost certain to require proactive or reactive management intervention. Our analysis indicates that the area in need of management action to mitigate the impacts of climate change is much greater for basins impacted by dams than for basins with free-flowing rivers. Nearly one billion people live in areas likely to require action and approximately 365 million people live in basins almost certain to require action. Proactive management efforts will minimize risks to ecosystems and people and may be less costly than reactive efforts taken only once problems have arisen.
Article
Full-text available
A standardized qualitative sampling technique was developed and tested for shallow streams in North Carolina. This method emphasizes multihabitat collections and the use of both coarse- and fine-mesh samplers. All samples are picked in the field, a process facilitated by fieldpreservation of some samples. The qualitative method was found to be more rapid than a semiquantitative technique (kick nets), yet produced a greater number of taxa per site. Different taxa richness criteria were developed for each ecoregion to assign water quality classifications, and these values were shown to be related to more conventional physical/chemical measurements. This method has potential as a rapid, inexpensive biomonitoring tool.
Article
The role of wood in the formation and maintenance of complex dynamic floodplain surfaces is important and to date has received relatively limited attention compared to in-channel habitat processes. This paper explores the role of logjams as important agents of channel:floodplain interaction. We draw on a specific case study as well as examples from the literature to show that although the processes of interaction differ, the resulting dynamic floodplain patchwork is a common feature of rivers with logjams. In addition, we contend that the presence of logjams is an important factor in the evolution and maintenance of multiple channel patterns in both montane and lowland river environments. These observations have important implications for the definition of reference targets for river restoration.The specific results of this research show:1)The presence of a range of types of multiple channel network dissecting the floodplains of low order channels that are strongly associated with the presence of logjams.2)The relatively rapid formation of floodplain channels following logjam formation.3)The dynamic nature of logjams within headwater channels on both seasonal and annual timescales that lead to a highly dynamic habitat mosaic on the floodplain surface.4)An increased frequency of overbank flooding and high rates of floodplain sediment accumulation upstream of logjams and along floodplain channel networks that create the complex topography observed in the case study forested floodplains.
Article
Instream flows are needed to remove undesirable accumulations of sediment. Fines and sand accumulate on and in gravels during periods of low flow and must be removed (flushed) periodically in order for the gravel to continue as suitable habitat for aquatic animals. Sediment of all sizes can also fill pools in the river and must be removed in order to maintain pool habitat. A new technique relates the sizes of sediment important in the biological process to the size transported as wash, suspended and bed loads. The technique has a biological component, a hydraulic component and a selection component that links the two. The technique was used to determine the instream flows needed to maintain habitat for Colorado squawfish in the Gunnison River in western Colorado. Flows included a flushing flow to remove course sand form the riffles where Colorado squawfish spawn, to remove fines and sand from the river in general, to remove gravel from pools, and to scour side channels. The Gunnison River has a mean discharge of 73 m3/s and the flows of both sediment and water in the river have been modified by the construction of reservoirs and by major diversions for irrigation. The flows needed to maintain the spawning habitat for the Colorado squawfish by removing fines and sand from the riffles is 355 m3/s, to remove sand and fines from the river is 354 m3/s, to remove gravel from pools is 484 m3/s and to scour side channels is 210 m3/s. The flow required to maintain the riffles during spawning is 210 m3/s. These flushing flows are not required each year but they are required periodically (usually not less than once in every 3 years); and the maintenance flow is needed every year. © 1998 John Wiley & Sons, Ltd.
Article
In this paper we carry out a theoretical analysis based on the general one-dimensional morphodynamic model for rivers in order to show how the morphological equilibrium of a river is influenced by water and sediment diversion/supply along the river. The results of the analysis show that large scale water diversions, like those along the Lower Yellow River, can cause the development of a convex riverbed profile in the long-term. Deposition will take place along the whole reach of the river, with an increasing deposition depth from downstream to upstream. The slope of the river bed increases from upstream to downstream. Furthermore, an analysis on the morphological time scale shows that this development in the Lower Yellow River will take a time period on the order of decades to centuries. The results of the analysis have been compared with observations in the Lower Yellow River. Since the second half of the 1980's large scale water diversions from the Yellow River have been taking place. The observations show that this has indeed led to significant sedimentation along the river.
Article
If strategies in natural resource management are to `work with nature', reliable biophysical baseline data on ecosystem structure and function are required. The River Styles framework provides a geomorphic template upon which spatial and temporal linkages of biophysical processes are assessed within a catchment context. River Styles record river character and behaviour. As the capacity for a river reach to adjust varies for each style, so too do management issues and associated rehabilitation programmes. The framework also provides a basis for assessing geomorphic river condition and recovery potential, framed in terms of the evolutionary pathways of differing River Styles in the period since the European settlement of Australia. Within a catchment context, the River Styles framework provides a unified baseline upon which an array of additional information can be applied, thereby providing a consistent framework for management decision-making. The framework was developed as a research tool by geomorphologists working in collaboration with the New South Wales Department of Land and Water Conservation, which has used it for a range of river management applications. Target conditions for rehabilitation programmes are framed within a catchment vision that integrates understanding of the character, behaviour, condition and recovery potential of each reach. A prioritization procedure determines the most cost-effective and efficient strategies that should be implemented to work towards the catchment vision. In addition, the River Styles framework is being used to identify rare or unusual geomorphic features that should be preserved, assess riparian vegetation patterns and habitat availability along river courses, and derive water licensing, environmental flow and water quality policies that are relevant to river needs in each valley. Based on these principles, representative biomonitoring, benchmarking and auditing procedures are being developed to evaluate river health.
Article
The morphology of an alluvial river channel is the consequence of sediment transport and sedimentation in the river. Morphological style is determined chiefly by the caliber and quantity of sediment delivered to the channel, although modulated by channel scale. Yet the relations between sediment transport and river morphology have received only limited, qualitative attention. In this review, the problem is studied by defining sediment transport regimes on the basis of the Shields number, a nondimensional measure of the capacity of the channel to move sediment of a given caliber. The problem is also approached from an inverse perspective by which the quantity and character of sediment deposits are used to infer details about the variation of sediment transport and sedimentation along a channel. Coupling the two approaches establishes a basis to gain new insights into the origins of alluvial channel morphology.
Article
Our meta-analysis of 80 published and adequately documented reports on fish responses to suspended sediment in streams and estuaries has yielded six empirical equations that relate biological response to duration of exposure and suspended sediment concentration. These equations answer an important need in fisheries management: quantifying the response of fishes to suspended sediment pollution of streams and estuaries has been difficult historically, and the lack of a reliable metric has hindered assessment for risk and impact for fishes subjected to excess sedimentation. The six equations address various taxonomic groups of lotic, lentic, and estuarine fishes, life stages of species within those groups, and particle sizes of suspended sediments. The equations all have the form z = a + b (log ex) + c(log ey); z is severity of ill effect, x is duration of exposure (h), y is concentration of suspended sediment (mg SS/L), a is the intercept, and b and c are slope coefficients. The severity of ill effect (z) is delineated semiquantitatively along a 15-point scale on which is superimposed four “decision” categories ranging from no effect through behavioral and sublethal effects to lethal consequences (a category that also includes a range of paralethal effects such as reduced growth rate, reduced fish density, reduced fish population size, and habitat damage). The study also provided best available estimates of the onset of sublethal and lethal effects, and it supported the hypothesis that susceptible individuals are affected by sediment doses (concentration × exposure duration) lower than those at which population responses can be detected. Some species and life stages show “ultrasensitivity” to suspended sediment. When tested against data not included in the analysis, the equations were robust. They demonstrate that meta-analysis can be an important tool in habitat impact assessment.
Article
The Magra River (Central-Northern Italy) and its main tributary, the Vara River, have been heavily affected by sediment mining and other human disturbances that have caused channel incision and a series of associated negative environmental effects. As a consequence, the Basin Authority of Magra River has recently implemented a new river management policy based on an understanding and analysis of geomorphic processes. This paper describes and illustrates a methodology that defines a scientifically-based strategy for promoting future sustainable management of sediment and channel processes within this catchment. The methodology is based on a diagnosis which incorporates retrospective analyses of channel geometry, causes of changes and hydraulic sediment budgets to evaluate potential sediment transport. All these data are summarized using a multi-criteria approach to develop an overall design strategy for medium-term (i.e. some decades) bed sediment management. A practical methodology to identify potential sources of sediment at the catchment scale and to promote sediment delivery is also described. Finally, a ‘map of strategies for sediment management’ is presented, which synthesises all the aspects studied (morphological evolution, sediment budgets and considerations of potential sediment recharge). Copyright © 2009 John Wiley & Sons, Ltd.
Article
The installation of 517 river works in the upper Hunter catchment, New South Wales over the last 50 years is linked to geomorphic river adjustment and flood history at catchment and reach scales. Nineteen types of works are classified into three categories consisting of engineering, heavy machinery and vegetation works. Since 1952, a transition in techniques has been detected from engineering-based approaches, to river training/maintenance, to more ecosystem-based approaches. From the 1950s to the mid-1980s extensive river engineering was undertaken. Projects were concentrated along laterally unconfined rivers and were generally implemented after major phases of geomorphic river adjustment. Neither the type of river nor the type of river adjustment guided the implementation of differing management techniques or their distribution in the catchment. A blanket approach was adopted, applying the same types of works across all types of river. Emphasis was placed upon concerns for bank instability rather than bed instability. Hence in many cases, river works addressed the symptoms (i.e. bank erosion) rather than the underlying causes of river change (i.e. bed incision). Since the mid 1980s, techniques have evolved towards vegetation-based procedures. The development of more effective river rehabilitation programmes requires that greater consideration is given to proactive strategies which build upon an understanding of geomorphic river adjustments at the catchment scale. Copyright © 2008 John Wiley & Sons, Ltd.