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Le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) en Camargue : évolution des populations depuis 20 ans et conséquences biologiques

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Abstract

Espèce autrefois très abondante en Camargue, le Lapin de garenne a récemment vu ses populations fortement diminuer. Les suivis initiés par différents organismes permettent de quantifier cette baisse qui a des répercussions importantes et de différentes natures sur l'ensemble du delta. Le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) en Camargue : évolution des populations depuis 20 ans et conséquences biologiques Quatre espaces protégés offrant une bonne représentativité des milieux fréquentés par le lapin de garenne font l'objet d'un suivi régulier depuis au moins 20 ans. Des comptages nocturnes au phare sont réalisés en fin d'hiver. Un Indice Kilométrique d'Abondance (IKA) est calculé à partir de l'effectif maximal compté sur neuf circuits parcourus plusieurs soirs de suite. Des conséquences sur les écosystèmes La raréfaction du lapin de garenne engendre des effets sur les écosystèmes. Ainsi, une étude menée sur les prairies xéro-halophyles méditerranéennes a montré l'impact favorable de la présence du lapin. Celui-ci limite le développement des espèces ligneuses comme la Filaire à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia) qui a tendance à coloniser ces milieux ouverts présentant une forte diversité floristique (Mesléard et al., Ecoscience 2011). De nombreux prédateurs ont vu également leur proie principale diminuer et ont probablement dû s'adapter à cette situation. Cela concerne principalement le Putois d'Europe (Mustela putorius) et dans une moindre mesure le Renard roux (Vulpes vulpes) et l'Aigle de Bonelli (Aquila fasciata), en hiver. D'autres vertébrés utilisant les terriers comme gîtes pourraient également être concernés. Il s'agit notamment du Lézard ocellé (Timon lepidus) espèce au seuil de l'extinction en Camargue.
Espèce autrefois très abondante en Camargue, le Lapin de garenne a récemment vu ses populations fortement diminuer. Les suivis initiés
par différents organismes permettent de quantifier cette baisse qui a des répercussions importantes et de différentes natures sur l’ensemble
du delta.
Le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) en Camargue :
évolution des populations depuis 20 ans et conséquences biologiques
Grégoire Massez
1
, Jean Yves Mondain-Monval
2
, Anthony Olivier
3
, Olivier Pineau
3
, Claire Tétrel
4
& Philippe Vandewalle
5
Contact : gregoire.massez@espaces-naturels.fr
Le suivi sur les espaces protégés
Quatre espaces protégés offrant une bonne représentativité des milieux
fréquentés par le lapin de garenne font l’objet d’un suivi régulier depuis au
moins 20 ans. Des comptages nocturnes au phare sont réalisés en fin
d’hiver. Un Indice Kilométrique d’Abondance (IKA) est calculé à partir de
l’effectif maximal compté sur neuf circuits parcourus plusieurs soirs de suite.
Des conséquences sur les écosystèmes
La raréfaction du lapin de garenne engendre des effets sur les écosystèmes.
Ainsi, une étude menée sur les prairies xéro-halophyles méditerranéennes a
montré l’impact favorable de la présence du lapin. Celui-ci limite le
développement des espèces ligneuses comme la Filaire à feuilles étroites
(Phillyrea angustifolia) qui a tendance à coloniser ces milieux ouverts
présentant une forte diversité floristique (Mesléard et al., Ecoscience 2011).
De nombreux prédateurs ont vu également leur proie principale diminuer et
ont probablement s’adapter à cette situation. Cela concerne
principalement le Putois d’Europe (Mustela putorius) et dans une moindre
mesure le Renard roux (Vulpes vulpes) et l’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata),
en hiver. D’autres vertébrés utilisant les terriers comme gîtes pourraient
également être concernés. Il s’agit notamment du zard ocellé (Timon
lepidus) espèce au seuil de l’extinction en Camargue.
1
Les Amis des Marais du Vigueirat, 13104 Mas Thibert
2
ONCFS CNERA Avifaune Migratrice, La Tour du Valat, Le Sambuc, 13200 Arles
3
Tour du Valat, Le Sambuc, 13200 Arles
4
Syndicat Mixte pour la Gestion du Domaine de la Palissade, Domaine de la Palissade, 13129 Salin de Giraud
5
SNPN/Réserve Nationale de Camargue, La Capelière, 13200 Arles
Un déclin rapide et général
Les comptages montrent une très nette baisse des effectifs au cours de la
dernière décennie. Selon les secteurs, des différences parfois importantes
existent, mais l’ensemble des populations s’effondre pour atteindre en 2011
des niveaux extrêmement bas (de 0 à 4 lapins comptés au kilomètre). Dans
le même temps, l’analyse des tableaux de chasse collectés par l’Office
National de la Chasse et de la Faune Sauvage sur différents territoires de
chasse montre une tendance similaire avec une quasi disparition du lapin de
garenne dans les prélèvements réalisés par les chasseurs. Cela s’est
d’ailleurs traduit par un report vers d’autres gibiers (anatidés, sangliers).
Quel avenir pour l’espèce en Camargue?
Actuellement, la situation de l’espèce est très préoccupante dans le delta du
Rhône. Alors que le lapin avait réussi à retrouver des densités importantes
après l’arrivée de la myxomatose en 1953, il semble que l’apparition du RHD
(Rabbit Haemorrhagic Disease) à la fin des années 1980 soit à l’origine de la
situation actuelle. Bien que l’espèce soit connue pour sa prolificité, il
apparaît qu’elle ne parvient pas à enrayer la tendance au point que le lapin
de garenne ait déjà disparu des milieux les moins favorables. Des tentatives
de repeuplement (souvent avec des individus provenant d’Espagne) sont
parfois tentées par des gestionnaires de territoires de chasse mais les
résultats ne semblent pas concluants. A l’heure qu’il est, il est difficile de
savoir si l’espèce retrouvera des niveaux de densité élevés ou s’il faudra
classer le lapin de garenne comme au bord de l’extinction en Camargue.
Crédit photo : JF. Hellio & N. Van Ingen
0
50
100
150
200
250
1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010
Nombre de lapins au kilomètre
Evolution de l‘Indice Kilométrique d‘Abondance sur neuf
circuits réalisés sur des espaces protégés
Comtesse-Douanes (RNC) Douanes-Rousty (RNC)
Amphise (RNC) Petit Badon (TdV)
Ligagneau (MdV) Etourneau (MdV)
Etourneau Nord (MdV) Palissade
Tour du Valat
RNC : Réserve Nationale de Camargue TdV : Domaine de la Tour du Valat MdV : Marais du Vigueirat
0
0,2
0,4
0,6
0,8
1
1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010
Evolution de l'indice des prélèvements de lapins depuis
1992 sur un échantillon d'une trentaine de territoires de
chasse
en 1992 le prélèvement concernait environ 2700 individus
Localisation des sites faisant l’objet d’un suivi de population
... small carnivorous species such as the common genet Genetta genetta, the beech marten Martes foina or the pine marten Martes martes [54][55][56][57], populations of many mammalian species have declined sharply in the last decades, probably due to changes in agricultural practices [56,57]. However, one of the most spectacular and dramatic declines, that of the European rabbit Oryctolagus cuniculus, is attributed to the appearance of new epizootic diseases [58]. For the ocellated lizard Timon lepidus, the disappearance of rabbit warrens has driven the species to the brink of extinction due to the lack of suitable sites [59]. ...
Article
Full-text available
Mediterranean wetlands are critical strongholds for biodiversity and the provision of ecosystem functions and services; yet, they are being severely degraded by a number of socio-economic drivers and pressures, including climate change. Moreover, we still lack comprehensive understanding of the extent to which biodiversity loss in Mediterranean wetlands will accelerate change in ecosystem processes. Here, we evaluate how changes in biodiversity can alter the ecosystem of the Camargue (southern France). We collected data on species presence/absence, trends and abundance over a 40-year period by combining observations from the scholarly literature with insights derived from expert knowledge. In total, we gathered more than 1500 estimates of presence/absence, over 1400 estimates of species abundance, and about 1400 estimates of species trends for eight taxonomic groups, i.e. amphibians, reptiles, breeding birds, fish, mammals, dragonflies (odonates), orthopterans and vascular plants. Furthermore, we used information on recently arrived species and invasive species to identify compositional changes across multiple taxa. Complementing targeted literature searches with expert knowledge allowed filling important gaps regarding the status and trends of biodiversity in the Camargue. Species trend data revealed sharp population declines in amphibians, odonates and orthopterans, while birds and plants experienced an average increase in abundance between the 1970s and the 2010s. The general increasing trends of novel and invasive species is suggested as an explanation for the changing abundance of birds and plants. While the observed declines in certain taxa reflect the relative failure of the protection measures established in the Camargue, the increasing exposure to novel and invasive species reveal major changes in the community structure of the different taxonomic groups. This study is the first attempt to assess changes in biodiversity in the Camargue using an expert knowledge approach, and can help manage the uncertainties and complexities associated with rapid social-ecological change in other Mediterranean wetlands.
... small carnivorous species such as the common genet Genetta genetta, the beech marten Martes foina or the pine marten Martes martes [54][55][56][57], populations of many mammalian species have declined sharply in the last decades, probably due to changes in agricultural practices [56,57]. However, one of the most spectacular and dramatic declines, that of the European rabbit Oryctolagus cuniculus, is attributed to the appearance of new epizootic diseases [58]. For the ocellated lizard Timon lepidus, the disappearance of rabbit warrens has driven the species to the brink of extinction due to the lack of suitable sites [59]. ...
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