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Jeune et vieux syndicat chez les mineurs du Pas-de-Calais (a travers les papiers de Pierre Monatte)

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‘Assez curieuse année que 1909’, Pierre Monatte wrote1. The election of Léon Jouhaux, the candidate of the revolutionaries and Griffuelhes’ friend, as Louis Niel’s successor in July 1909 could not hide the fact that the CGT was isolated, factionalised and uncertain about what direction to take. Only three years after the success of Amiens membership was stagnating and élan and given way to reflective introspection and increased caution. Jouhaux, in the words of his biographers, ‘was completely unknown to the majority of workers’2. The ‘heroic days of syndicalism’ appeared to be at an end3: the ‘crisis’ of syndicalism had begun.
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Professeur de science politique à l'Université Lille 2 Résumer plus d'un siècle d'histoire inséparablement politique et syndicale du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais en quelques pages est une gageure. Face au foisonnement des événements et à la diversité des situations locales, le risque est grand de simplifier outrageusement. Un fait s'impose pourtant, massif : la domination politique, quasi sans partage, depuis la fin du XIXe siècle, des partis issus du mouvement ouvrier. Ainsi, depuis 1891, date de l'élection comme députés d'Emile Basly à Lens et d'Arthur Lamendin à Liévin, le coeur du bassin minier du Pas-de-Calais a toujours été représenté à l'Assemblée nationale par des élus de gauche. Le phénomène est un peu plus lent dans le Valenciennois et la région de Douai ; les socialistes de la SFIO y conquièrent leurs premiers mandats de députés en 1906 et deviennent prédominants en 1914. Autrement dit, depuis la veille de la première guerre mondiale, socialistes et communistes n'ont jamais vraiment été inquiétés. C'est sans doute l'implantation municipale qui donne la meilleure mesure de cette domination politique. Raismes, pour ne citer que les communes les plus importantes, sont dirigées par un maire socialiste ou communiste sans discontinuité depuis au moins 1919. Cette domination de la gauche ouvrière ne signifie pas vie politique pacifiée. Bien au contraire. La gauche n'a jamais cessé ici d'être " plurielle ". Avant 1914, socialistes indépendants, guesdistes et syndicalistes révolutionnaires (les fameux " broutchoutistes ") s'opposent souvent violemment. Après la scission du congrès de Tours en 1920, socialistes et communistes se livrent à des luttes virulentes qui perdurent encore aujourd'hui, par exemple à travers la position majoritairement oppositionnelle de la fédération communiste du Pas-de-Calais à l'égard de la participation des communistes au gouvernement de Lionel Jospin. A la différence d'autres bastions ouvriers ou même miniers, aucun des deux " frères ennemis ", n'a réussi à prendre durablement le dessus sur l'autre. Leur rivalité doit même être considérée, en particulier dans la partie du bassin située dans le Pas-de-Calais, comme la caractéristique majeure de la vie politique, mais aussi plus largement sociale. En effet, cette compétition a conduit les dirigeants et les militants des deux partis à créer et entretenir d'influents réseaux, notamment dans le monde du travail par le biais syndical, mais aussi sur le terrain associatif en lien avec le contrôle des municipalités. En conséquence, les identités partisanes socialiste et communiste, derrière un commun rejet des " capitalistes " et des partis bourgeois, sont ici très ancrées et les affiliations s'y transmettent souvent d'une génération à l'autre… bien après la fermeture des mines.
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