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Cartographie et caractérisation floristique de la forêt marécageuse de Lokoli (Bénin)

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Abstract

La présente étude s’inscrit dans le cadre de l’évaluation des ressources biologiques de la forêt marécageuse de Lokoli en république du Bénin en vue de définir les stratégies pour sa conservation durable. Le SIG a permis de réaliser la carte de végétation de la forêt qui a servi de base pour la collecte de données floristiques et dendrométriques. La surface d’inventaire des placeaux est de 30 x 30 m. Au total, 125 espèces végétales sont recensées dont 30 espèces menacées de disparition au Bénin. La densité spécifique totale est de 53 espèces/ha et celle des individus de dbh ³ 10 cm est d’environ 15 espèces/ha. L’indice de diversité de Shannon (H’ = 3,24 bits) est moyen alors que l’équitabilité de Pielou (Eq = 0,63) est faible. Les espèces les plus dominantes écologiquement sont: Alstonia congensis, Xylopia rubescens, Syzygium owariense et Raphia hookeri. Les principales formes de pressions sont: coupe de bois, collecte de plantes médicinales et l’exploitation du raphia. Cependant, la forêt apparaît bien préservée avec environ 78% de couverture forestière.Trois principaux groupements végétaux sont décrits et la densité de raphia est proportionnelle au degré de dégradation des divers faciès végétaux.Mots clés: Bénin, forêt marécageuse de Lokoli, SIG, diversité floristique, conservation, Dahomey Gap.
Available online at http://www.ajol.info
Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(3): 492-503, 2009
ISSN 1991-8631
© 2009 International Formulae Group. All rights reserved.
Original Paper
http://indexmedicus.afro.who.int
Cartographie et caractérisation floristique de la forêt marécageuse
de Lokoli (Bénin)
A.C. ADOMOU
1*
, A. MAMA
2
, R. MISSIKPODE
2
et B. SINSIN
2
1
Département de Biologie Végétale, Faculté des Sciences et Techniques, Université d’Abomey-Calavi,
01 BP 4521 Cotonou, Bénin.
2
Laboratoire d’Ecologie Appliquée, Faculté des Sciences Agronomiques, Université d’Abomey-Calavi,
01 BP 526 Cotonou, Bénin.
*
Auteur correspondant, Email: adomouaristide@yahoo.fr, adomou.a@gmail.com
RESUME
La présente étude s’inscrit dans le cadre de l’évaluation des ressources biologiques de la forêt
marécageuse de Lokoli en république du Bénin en vue de définir les stratégies pour sa conservation durable.
Le SIG a permis de réaliser la carte de végétation de la forêt qui a servi de base pour la collecte de données
floristiques et dendrométriques. La surface d’inventaire des placeaux est de 30 x 30 m. Au total, 125 espèces
végétales sont recensées dont 30 espèces menacées de disparition au Bénin. La densité spécifique totale est de
53 espèces/ha et celle des individus de dbh 10 cm est d’environ 15 espèces/ha. L’indice de diversité de
Shannon (H’ = 3,24 bits) est moyen alors que l’équitabilité de Pielou (Eq = 0,63) est faible. Les espèces les
plus dominantes écologiquement sont: Alstonia congensis, Xylopia rubescens, Syzygium owariense et Raphia
hookeri. Les principales formes de pressions sont: coupe de bois, collecte de plantes médicinales et
l’exploitation du raphia. Cependant, la forêt apparaît bien préservée avec environ 78% de couverture forestière.
Trois principaux groupements végétaux sont décrits et la densité de raphia est proportionnelle au degré de
dégradation des divers faciès végétaux.
© 2009 International Formulae Group. All rights reserved.
Mots clés: Bénin, forêt marécageuse de Lokoli, SIG, diversité floristique, conservation, Dahomey Gap.
INTRODUCTION
La végétation du Sud Bénin est
fortement influencée par le phénomène
énigmatique du "Dahomey Gap" qui est une
interruption de la ceinture forestière devant
relier les deux bastions forestiers de l’Afrique
centrale et de l’Afrique occidentale. Ainsi, la
forêt dense humide n’existe que sous forme de
petits îlots (moins de 0,50 à quelques milliers
d’hectares) et l’unité sempervirente de terre
ferme y est complètement absente. Dans ce
couloir de sécheresse, les zones humides
abritent une gamme variée d’écosystèmes
forestiers dont certains constitueraient des
micro-refuges pour les espèces animales et
végétales rares (PAZH, 1997). Malheureu-
sement, le couvert végétal des zones humides
a été considérablement modifié depuis le
début du processus du peuplement des zones
humides, suite à la croissance effrénée de la
population. Cependant, il subsiste de rares
lambeaux de forêt marécageuse et riveraine
qu’il faudra conserver car ils constituent des
réservoirs d’espèces rares. Dans le souci de
préserver ces écosystèmes fragiles, un pro-
gramme d’aménagement, de bio-monitoring et
de gestion durable des forêts reliques des
zones humides a été initié par le
PAZH (1997). La réussite d’un tel programme
nécessite une connaissance approfondie des
caractéristiques fauniques, floristiques et
structurales de ces écosystèmes.
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Plusieurs études floristiques ont été
menées sur la végétation des zones humides
du Sud Bénin parmi lesquelles celles de
Mondjannagni (1969), Paradis (1975), Sokpon
et al. (2001). La forêt communautaire de
Lokoli demeure l’unique écosystème
marécageux le mieux préservé au Bénin et
représente le seul témoin qui nous renseigne
sur la sylve ancienne. Elle est restée inconnue
du monde scientifique jusque dans les années
2000 et n’a pratiquement pas fait l’objet
d’inventaire botanique. La cartographie de la
végétation est aussi envisagée afin de doter les
différents acteurs (décideurs et gestionnaires)
des outils de base pouvant contribuer à une
gestion durable de cet écosystème.
La présente étude s’inscrit dans le cadre
du processus de l’aménagement de la forêt
marécageuse de Lokoli les inventaires
fauniques ont vélé l’existence d’espèces
endémiques, menacées ou rares (Sinsin et
Assogbadjo, 2002). Elle vise à : réaliser la
carte de végétation de la forêt, caractériser les
groupements gétaux et déterminer la
structure démographique des espèces
ligneuses les plus exploitées.
MATERIEL ET METHODES
Milieu d’étude
La forêt marécageuse de Lokoli est
située dans l’arrondissement de Koussoukpa,
commune de Zogbodomey, située dans le
département du Zou (Bénin) au point de
latitude 7°03’ N et longitude 2°15’ E (figure
1). D’une superficie d’environ 3000 ha, elle
est située dans la zone guinéenne. Elle est
localisée dans la partie nord de la basse vallée
de l’Ouémé. Le régime pluviométrique est
bimodal avec une pluviométrie annuelle de
1112 mm d’eau répartie sur deux saisons.
Figure 1: Carte de végétation de la forêt marécageuse de Lokoli montrant son état de conservation.
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La température moyenne annuelle est de 26-
28 °C. L’amplitude thermique est de 9,7 °C.
Le sol est argilo-limoneux et tourbeux
.
La forêt est entourée de trois villages
(Lokoli, Koussoukpa et Dèmè) avec une
population de 4810 habitants (INSAE, 2002).
Les principales activités sont l’agriculture,
l’artisanat, le ramassage d’escargots,
l’exploitation du vin et des feuilles de Raphia
hookeri.
Méthodes
La cartographie de la végétation sur la
base du SIG a consisté à: l’interprétation
visuelle des images Landsat ETM+ de 2000 et
décembre 2006, la classification "supervisée",
le "contrôle terrain" à partir de l’image
classifiée, l’exportation de la classification
dans ArcView GIS 3.3 suivie de la
digitalisation des différentes classes de
végétation. La classification "supervisée" est
réalisée par la logique floue et les objets sont
classifiés en utilisant les techniques de "plus
proches voisins" ainsi que des fonctions
statistiques d'appartenance (Ourab et al.,
2003 ; Palatucci et Mitchell, 2007).
Les points d’inventaire floristique sont
ceux dont le recouvrement arborescent est
d’au moins 70% c'est-à-dire les faciès de forêt
dense humide typique (figure 1). Les relevés
phytosociologiques sont effectués dans des
placeaux de 30 x 30 m selon la méthode
classique de Braun-Blanquet
(1932) ; 26
relevés floristiques sont réalisés. Le diamètre
à hauteur d’homme (dbh 10 cm) à 1,30 m du
sol ou à 30 cm au-dessus des contreforts des
ligneux est mesuré à l’aide d’un ruban pi. Les
coordonnées géographiques des placettes sont
prises à l’aide d’un GPS (Global Positioning
System). Les espèces sont identifiées à l’aide
de la Flore Analytique du Bénin (Akoègninou
et al., 2006) et le Guide de terrain des ligneux
des forêts denses humides de l’Afrique de
l’Ouest (Hawthorne et Jongkind, 2006).
Une enquête ethnobotanique rapide a
permis d’apprécier l’importance de la forêt
pour la population locale et de recenser les
diverses formes de pression sur elle.
La classification hiérarchique ascendante
utilisant "cluster analysis" (méthode de Ward)
a permis de faire la typologie des groupements
végétaux.
La diversité floristique a été appréciée
en utilisant un certain nombre d’indices et de
variables présentés ci-dessous.
L’indice de Shannon (Shannon,
1948),
H’ :
H’ = -
=
s
i
ii
pp
1
2log
avec p
i
= l’abondance relative de l’espèce i.
Cet indice intègre à la fois la richesse
spécifique et l’abondance relative des espèces.
Il est utile car sa valeur augmente non
seulement en fonction du nombre d’espèces,
mais aussi selon l’abondance relative de
chaque espèce dans la communauté. L’indice
est maximal quand tous les individus sont
répartis d’une façon égale sur toutes les
espèces (Frontier, 1983).
L’indice d’équitabilité de Pielou
J = H’/log
2
S
avec S = la richesse spécifique.
L’indice d’équitabilité ou de régularité
exprime, dans un échantillon donné, le rapport
de la diversité atteinte (H') et la diversité
maximale (log
2
S) pouvant être obtenue avec le
même nombre de taxons (Frontier et Pichod-
Viale, 1991). Cet indice varie de 0 à 1 ; il est
maximal quand les espèces ont des
abondances identiques dans le peuplement et
il est minimal quand une seule espèce domine
tout le peuplement.
La valeur d’importance d’une espèce
(IVI) est la somme de sa fréquence relative
(fr), de sa densité relative (dr) et de sa
dominance relative (domr). La fréquence
relative d’une espèce est exprimée en termes
de proportion de la somme des fréquences de
toutes les espèces. La densité d’une espèce
est le nombre d’individus par hectare (tige/
ha). La dominance est exprimée en termes
d’aire basale (Π/4 x D
2
, D = dbh et Π = 3,14).
La valeur d’importance d’une famille
(FIV) est la somme de sa densité relative (dr),
de sa dominance relative (domr) et de sa
diversité relative (divr). Les variables ‘dr’ et
‘domr’ sont calculées en considérant les
espèces appartenant à la même famille
botanique. La diversité est exprimée en termes
du nombre d’espèces par famille.
IVI et FVI sont des indices quantitatifs
permettant d’identifier les espèces et familles
écologiquement importantes dans une
communauté végétale (Curtis et Macintosh,
1950; Mori et Boom, 1987). IVI et FIV varie
de 0 (absence de dominance) à 300 (mono-
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dominance). Selon Reitsma (1988), les
espèces et familles écologiquement
importantes sont celles ayant une Valeur
d’Importance IV > 10.
Pour rendre compte de la structure
démographique du peuplement ligneux et de
quelques espèces ligneuses exploitées par la
population, la partition des individus par
classe de diamètre est effectuée.
RESULTATS
Cartographie et typologie des faciès de
végétation
La cartographie de la forêt marécageuse
de Lokoli a permis de délimiter la forêt et de
préciser sa superficie qui est estimée
à 2964,96 ha. Quatre faciès de végétation
peuvent être distingués (Figure 1) :
* La forêt dense typique: elle occupe 30, 8%
de la superficie totale, le recouvrement
arborescent est d’au moins 70%.
* La forêt dense peu dégradée: elle
représente 47,6% de la superficie totale, le
recouvrement arborescent est de 10-30%.
* La forêt dense dégradée: elle
représente 21,2% de la superficie totale, le
recouvrement arborescent reste inférieur à
5%.
* Les Mosaïques de champs et jachères: elles
ne représentent que 0,4% de la superficie
totale de la forêt.
Les relevés phytosociologiques
effectués dans les faciès de forêt dense
typique et peu dégradée ont permis de
caractériser floristiquement la végétation
naturelle de l’écosystème marécageux de
Lokoli.
Caractérisation des groupements végétaux
La classification hiérarchique
ascendante de 26 relevés floristiques et 126
espèces a permis de discriminer (à 60% de
dissimilarité) deux grands groupes de relevés
en fonction de l’état de dégradation (
F
igure 2):
(1) Groupe de relevés effectués dans les faciès
de forêt dense humide typique (G1) le
recouvrement arborescent est supérieur à
70%; deux sous-groupes se distinguent :
Figure 2: Dendrogramme montrant les différents groupements végétaux.
FPD: Forêt dense peu dégradée,
FDT1: Forêt dense typique avec 2% de raphia, FDT2: Forêt dense typique avec 10% de raphia; raph: densité relative de
Raphia hookeri, RecA: Recouvrement arborescent. Arbre de 26 variables, Méth. de Ward, Dist. Euclidiennes.
Arbre de 26 Variables
Méth. de Ward
Dist. Euclidiennes
(Dcla./Dmax)*100
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
110
R26
R25
R23
R21
R22
R20
R24
R19
R18
R16
R17
R15
R14
R13
R12
R11
R10
R9
R8
R6
R5
R3
R7
R4
R2
R1
G
2
G
1
FPD (raph = 50%)
RecA: 10-30%
FDT2 (raph = 10%)
RecA: 70-80%
FDT1 (raph = 2%)
RecA: > 80%
G2 G1
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le faciès à Alstonia congensis (FDT1) où la
densité relative de Raphia hookeri est de 2%
et le faciès à Hallea ledermannii (FDT2) où la
densité relative de R. hookeri est de 10%. Le
faciès FDT1 est caractérisé par un
recouvrement arborescent supérieur à 80%
avec de petites trouées qui sont colonisées par
Raphia hookeri. Le faciès FDT2 est
caractérisé par un recouvrement arborescent
de 70-80% avec des trouées plus larges.
(2) Groupe de relevés effectués dans les faciès
de forêt peu dégradée (G2) ayant un
recouvrement arborescent de 10-30%. Il est
caractérisé par une forte représentation de
Raphia hookeri dont la densité relative est de
50%. Les espèces comme Ficus congensis,
Ficus vogeliana, Anthocleista vogelii et
Macaranga heudelotii y sont abondantes. On
observe aussi une forte représentation des
espèces typiques de milieu marécageux dont
la diversité relative est estimée à 48% de la
richesse spécifique totale (125 espèces). On
note la présence des espèces comme Uapaca
paludosa, Anthostema aubryanum, Homalium
africanum et Rothmannia munsae qui sont des
espèces caractéristiques des milieux fortement
hydromorphes.
Structure forestière
Le profil structural de la forêt montre 4
strates. La strate arborescente supérieure, de
15 à 30 m, est dominée par Alstonia
congensis, Xylopia rubescens, Syzygium
owariense et Hallea ledermannii. La strate
arborescente inférieure, de 8-15 m, comprend
Spondianthus preussii, Anthocleista vogelii et
Nauclea diderrichii. La strate arbustive, de 3-
8 m, est dominée par Pterocarpus
santalinoides, Ficus vogeliana et Psychotria
articulata. Enfin, la strate herbacée, de 0-3 m
de hauteur, comporte les espèces telles que
Lasiomorpha senegalensis, Cyclosorus
striatus, Nephrolepis bisserata, Tacateza
pedicellata, Grewia barombiensis et
Lycopodium cernuum.
La densité des ligneux de dbh 10 cm
est de 620 tiges/ha ; les valeurs restent
similaires d’un groupement à un autre. Les
espèces les plus représentées en termes de
densité sont Alstonia congensis (24%) et
Xylopia rubescens (22%).
L’aire basale évaluée pour l’ensemble
de la forêt est de 44,9 m
2
/ha ; les espèces
telles que Alstonia congensis (35%) et Xylopia
rubescens (24%) y contribuent fortement.
L’estimation pour les groupements végétaux
pris séparément montre qu’elle décroît avec le
degré de dégradation : 43 m
2
/ha pour les forêts
denses typiques et 21 m
2
/ha pour la forêt
dense peu dégradée.
La structure diamétrique (Figure 3) du
peuplement ligneux des divers groupements
végétaux décrits montre une décroissance
régulière de la fréquence relative des faibles
classes de diamètre aux plus fortes. Deux
types de tendance sont observés :
* Ajustement linéaire (forêts typiques, figure
3ab) : l’importance des faibles classes de
diamètres (10-30 cm) est de 63% en
moyenne ; celle des fortes classes de diamètre
( 40 cm) est de 19%.
* Ajustement logarithmique (forêt dense peu
dégradée, figure 3c) : la proportion des faibles
classes de diamètres (10-30 cm) est de 89% en
moyenne ; celle des fortes classes (40-50 cm)
est très faible (2,35%) avec une absence totale
des individus de diamètre 50 cm.
Biodiversité végétale
Au total 125 espèces, appartenant à 106
genres et 55 familles, sont recensées. Les
familles les plus riches en espèces sont:
Rubiaceae (17 espèces soit 14%),
Leguminosae (10 espèces soit 8%) et
Moraceae (9 espèces, soit 9%).
La richesse spécifique des individus de
dbh 10 cm est de 35 espèces groupées en 28
genres et 18 familles. L’indice de Shannon
(H’ = 3,24 bits) est moyen alors que
l’équitabilité de Pielou (Eq = 0,63) est faible ;
les valeurs restent similaires d’un groupement
à un autre.
Les valeurs d’importance des espèces et
des familles montrent que 8 espèces végétales
et 7 familles botaniques sont écologiquement
dominantes (Tableaux 1 et 2). Les espèces les
plus importantes écologiquement dominantes
sont Alstonia congensis (IVI = 69,79) et
Xylopia rubescens (56,70; Tableau 1). Les
familles ayant les plus fortes valeurs
d’importance sont les Annonaceae et les
Apocynaceae (Tableau 2).
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Figure 3 : Structure diamétrique du peuplement arborescent des groupements végétaux de la forêt
marécageuse de Lokoli.
(a) : Forêt dense typique à 2% de raphia (FDT1, 344 individus de tiges recensés), (b) : Forêt
dense typique à 10% de raphia (FDT2, 243 tiges), (c) : Forêt dense peu dégradée (FPD, 255 tiges).
Tableau 1: Valeurs d’importance des espèces (IVI).
Espèces Dr (%) Fr (%) Domr (%) IVI
Alstonia congensis 24,16 10,0402 35,5929 69,7931
Xylopia rubescens 22,16 10,0401 24,5008 56,7009
Raphia hookeri 17,2 8,4337 8,5753 34,2090
Syzygium owariense 5,99 8,0321 13,4977 27,5198
Spondianthus preussii 8,67 9,6385 2,9178 21,2263
Hallea ledermannii 4,75 7,6305 4,4992 16,8797
Cleistopholis patens 3,85 7,2289 0,9132 11,9921
Nauclea diderrichii 1,31 5,6225 4,3879 11,3204
Autres 5,31 19,2773 2,6050 50,3587
Total 100 100 100 300
Dr = Densité relative; Fr = Fréquence relative; Domr = Dominance relative).
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Tableau 2: Valeurs d’importance des familles (FIV).
Famille Divr (%) Dr (%) Domr (%) FIV
Annonaceae 11,76 26,22 25,4648 63,4448
Apocynaceae 2,94 24,16 35,5929 62,6929
Rubiaceae 17,66 7,29 9,7969 34,7469
Arecaceae 5,89 17,27 8,6049 31,7649
Euphorbiaceae 11,76 9,71 3,3413 24,8113
Myrtaceae 2,94 5,99 13,4977 22,4277
Moraceae 11,76 4,81 2,3134 18,8834
Autres 23,52 1,38 0,7238 41,2281
Total 100 100 100 300
Divr = Diversité relative; Dr = Densité relative; Fr = Fréquence relative; Domr = Dominance relative.
Pression anthropique
Les espèces les plus fréquemment
prélevées et leurs usages sont récapitulés dans
le tableau 3. La forêt constitue pour la
population riveraine une source de produits
forestiers ligneux et non-ligneux. Les espèces
telles que Alstonia congensis et Hallea
ledermanii fournissent du bois d’œuvre et de
service très recherché par la population locale.
Mais, Raphia hookeri reste l’espèce la plus
prisée car fournissant une gamme variée de
matières premières dont le stipe et les feuilles.
L’écorce des espèces telles que Nauclea
diderrichii, Syzygium owariense et Ficus
trichopoda est médicinale, très exploitée et
commercialisée.
Les individus de dbh compris entre 10
et 20 cm sont très sollicités pour la réalisation
des charpentes, des plafonds et des greniers. Il
s’agit des espèces comme Psychotria
articulata qui est un arbuste et les jeunes
pieds d’arbres tels que Alstonia congensis,
Xylopia rubescens Syzygium owariense et
Spondianthus preussii. Il est à noter que les
espèces utiles comme Hallea ledermannii
(7,6%), Spondianthus preussii (9,6%) et
Psychotria articulata (11,54%) affichent de
faibles valeurs de fréquence. Sept espèces
végétales, soit 5,8% de la flore, sont
identifiées comme étant de grande valeur
médicinale pour la population locale (Tableau
3). La structure démographique des espèces
ligneuses prisées (Figure 4) montre une bonne
représentation des juvéniles (10 dbh < 20
cm) avec des fréquences relatives variant
entre 31 et 71%. Les différentes distributions
par classes de diamètre peuvent être
regroupées en trois types :
* Type 1 chez Ficus trichopoda et Syzygium
owariense: tendance vers la distribution en
"L" avec un bon recrutement des classes de
diamètre 20-40 cm chez S. owariense et 30 à
40 cm chez F. trichopoda.
* Type 2 chez Nauclea diderrichii et
Spondianthus preussii : tendance vers la
distribution en "L" avec une absence de
certaines classes de diamètre.
* Type 3 chez Alstonia congensis et Hallea
stipulosa : distribution erratique traduisant une
répartition diamétrique irrégulière des
individus.
DISCUSSION
Sur le plan phytosociologique, on note
une importance des espèces de l’ordre des
Mytragyno-Raphietalia (Lebrun et Gilbert,
1954), en occurrence Alstonia congensis,
Hallea ledermannii, Raphia hookeri,
Cyclosorus striatus et Ficus trichopoda.
Néanmoins, quelques espèces de nos relevés
figurent sur la liste des espèces
caractéristiques de l’ordre des Uapacetalia de
Mangenot (1956), il s’agit de: Funtumia
africana, Hallea ledermannii, Spondianthus
preussii et Uapaca paludosa. La présence de
Hallea ledermannii et Spondianthus preussii
détermine la variante paludosum de
l’association Diospyro-Mapanietum, caracté-
ristique des bas-fonds. La végétation de la
forêt de Lokoli correspond au groupement à
Alstonia congensis et Psychotria articulata de
Akoègninou (2004) qui est un faciès de
dégradation du groupement à Hallea
ledermannii et Lasiomorpha senegalensis de
Adomou et al. (2007).
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Tableau 3: Usages et importance de quelques espèces dans la forêt de Lokoli.
Espèces Familles G
(m
2
/ha) fr (%) Organes
utilisé Usage Pression
Aframomum sceptrum Zingiberaceae - 3,85 Rhizomes Alimentaire, épices +
Agelaea pentagyna Connaraceae - 42,31 Feuilles Médicinal: fragilité de la fontanelle chez le nouveau-né +
Alstonia congensis Apocynaceae 15,98 100 Bois Bois d’œuvre et de service (Pirogue, cercueil, plafond,
charpente) +++
Aphania senegalensis Sapindaceae 0,032 4 Tiges fabrication des entailles pour fixer les tam-tams +
Cleistopholis patens Annonaceae 0,41 69,23 Ecorces Aromatique pour embaumer le vin de Raphia gâté +
Culcasia scandens Araceae - 42,31 Fruits Toxique, utilisé pour piéger les voleurs de vin de Raphia
+
Ficus trichopoda Moraceae 0,75 35 Ecorces Médicinal: En association avec l’écorce de Syzygium
owariense: tisane pour nouveau-né +++
Hallea ledermanni Rubiaceae 0,32 7,6 Bois Bois d’œuvre et de service ++++
Laccosperma opacum Arecaceae - 7,70 Feuilles Fabrication de nasses et meubles ++
Mikania carteri Asteraceae - 58 Feuilles Médicinal: contre vomissements +
Nauclea diderrichii Rubiaceae 2 54 Ecorces Médicinal: écorce contre constipation, maux de ventre,
règles douloureuses, ulcère ++++
Psychotria articulata Rubiaceae 0,015 11,54 Tiges Bois résistant, charpente +++
Raphia hookeri Arecaceae 3,85 81 Feuilles,
Stipe Grenier, plafond, exploitation du vin, meubles, fibres,
nasses, cordes ++++
Smilax kraussiana Smilacaceae - 35 Tiges Corde pour divers usages +
Sorindeia warneckei Anacardiaceae -
15,40 Feuilles et
racines Médicinal: contre la dysenterie, ulcère +
Spondianthus preussii Euphorbiaceae 1,31 9,64 Tiges Charpente, plafond +++
Syzygium owariense Myrtaceae 6 77 Ecorces Médicinal: tisane pour nouveau-né +++
Xylopia aethiopica Annonaceae 0,0065 3,84 Fruits Médicinal: contre l’ulcère +
Xylopia rubescens Annonaceae 11 100 Bois Pirogues et plafond ++
Pression anthropique: ++++ = très forte; +++ = forte; ++ = moyenne; + = faible; G = surface terrière; fr = Fréquence relative.
A. C. Adomou et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(3): 492-503, 2009
500
Figure 4: Structure diamétrique des espèces d’arbre prisées par la population locale.
Selon White (1979, 1986), la forêt
marécageuse de Lokoli est située dans le
couloir sec dahoméen (ou Dahomey Gap),
plus précisément dans la zone régionale de
transition Guinéo-Congolaise/Soudanienne.
Mais, la présente étude montre que cette forêt
abrite beaucoup d’espèces caractéristiques des
forêts marécageuses Guinéo-Congolaises dont
Hallea ledermannii, Uapaca paludosa,
Syzygium owariense, Xylopia rubescens,
Anthostema aubryanum, Rothmannia munsae,
Spondianthus preussii et Carapa procera. La
nature guinéo-congolaise de la forêt
marécageuse de Lokoli est confirmée par
l’analyse phytogéographique qui montre que
plus de 70% des espèces recensées sont
Guinéo-Congolaises (Adomou et al., 2007).
Ainsi, bien que le Dahomey Gap crée une
discontinuité dans la "ceinture" forestière
ouest-africaine, elle ne constitue pas une
barrière infranchissable aux espèces gétales
(Jongkind et Hawthorne, 2005).
La présence des espèces de forêt dense
humide semi-décidue telles que Rothmannnia
longiflora, Diospyros abyssinica et Cola
gigantea est due à la présence de buttes sablo-
A. C. Adomou et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(3): 492-503, 2009
501
limoneuses qui jouent un le de micro-
stations contribuant ainsi à l’augmentation de
la diversité spécifique.
La richesse spécifique (125 espèces)
dans la forêt de Lokoli se situe dans la marge
de 100-150 espèces fixée par Sokpon et al.
(2001) pour les forêts marécageuses du Bénin.
La forêt marécageuse de Lokoli apparaît plus
riche que celles de Mondo-Tokpa (68 espèces)
et de Sèmè-Kpodji (67 espèces; Paradis, 1975)
qui sont très dégradées. Seulement 22 et 45
espèces végétales ont été recensées par
Akoègninou (2004) dans les forêts
marécageuses à Alstonia congensis et
Psychotria articulata de Sèmè (6
o
23’ N, 2
o
37’
E) et de Igolo (6
o
38’ N, 2
o
44’ E) à l’est du
Bénin, lesquelles se trouvent aujourd’hui dans
un état de dégradation poussée. Mais cette
valeur est inférieure à celle trouvée par
Dengueadhe Kolongo (1999) dans la forêt
marécageuse de Taï en Côte d’Ivoire (187
espèces) où plusieurs plantes endémiques au
bastion forestier occidental sont recensées
(Bongers et al., 2004).
Du fait de la forte sélectivité du milieu
marécageux, on y note une faible richesse
spécifique et une mauvaise distribution des
abondances. Ceci se traduit dans la forêt de
Lokoli par une faible équitabilité de Piélou
(0,63) lorsqu’on considère les individus de
dbh 10 cm. Aussi, les espèces
écologiquement dominantes par leur
dispersion, dbh et densité sont représentées
par huit espèces (tableau 1) qui occupent plus
de 80% de la valeur d’importance totale des
espèces ligneuses.
La valeur élevée de la densité (620
tiges/ha) s’explique par le fait que les troués
sont rapidement colonisées par Raphia
hookeri, dont la contribution est évaluée à
17% sur l’ensemble de la forêt.
La forêt de Lokoli abrite une trentaine
d’espèces végétales menacées de disparition
au Bénin (Adomou, 2005). Certaines espèces
répertoriées dans cet écosystème se révèlent
d’un grand intérêt pour la conservation de la
biodiversité végétale au Bénin. Trois
catégories d’espèces de plantes sont
distinguées (Hawthorne, 1996; Poorter et al.,
2004; Adomou, 2005):
* Espèces à large distribution en Afrique mais
rares au Bénin. Il s’agit de: Crudia
senegalense (Leguminosae), Cuviera
macroura (Rubiaceae), Ficus lyrata
(Moraceae), Rothmannia munsae (Rubiaceae)
et Syzygium owariense (Myrtaceae).
* Espèces endémiques Guinéo-Congolaises
rares en Afrique. Il s’agit des espèces telles
que: Xylopia rubescens (Annonaceae) et
Uapaca paludosa (Euphorbiaceae).
* Espèces menacées de disparition en Afrique,
parmi lesquelles on peut citer: Laccosperma
opacum (Arecaceae), Hallea ledermannii
(Rubiaceae), Nauclea diderrichii (Rubiaceae),
Pycnanthus angolensis (Myristicaceae) et
Xylopia aethiopica (Annonaceae).
La structure diamétrique du peuplement
ligneux montre que la dynamique de la forêt
serait influencée par la pression anthropique.
Les faciès dégradés sont caractérisés par une
très faible fréquence des grandes classes de
diamètre (> 40 cm) et une forte densité de
Raphia hookeri. Dans les années 2000, des
exploitants nigérians auraient abattus un
nombre important de gros sujets d’arbres dont
certains sont abandonnés suite à un
affrontement avec la population locale qui
aurait énergiquement répliqué. Ceci semble
affecter la structure démographique des
espèces comme Alstonia congensis et Hallea
stipulosa (figure 4) dont les bois d’œuvre sont
très recherchés.
La pression sur Spondianthus preussii
est sélective et porte sur les tiges de faible
diamètre (10-20 cm), les perches étant
utilisées pour confectionner la charpente des
toits. Cependant, l’ensemble du peuplement
ligneux tend à afficher une structure en "J"
(figure 3) caractéristique de la maturation et
de la stabilisation de la forêt. Ainsi,
l’abondance des tiges de faible diamètre (10-
20 cm) suppose l’existence de conditions
favorables à la régénération naturelle des
espèces.
La sensibilité des espèces à l’écorçage
différerait d’une espèce à une autre (Miller et
al., 2007). Ainsi, La structure diamétrique de
Nauclea diderrichii est plus affectée par
l’écorçage que celles de Ficus trichopoda et
Syzygium owariense, en supposant que ces
espèces ne sont pas exploitées à d’autres fins.
Les études récentes ont montré que l’écorçage
affecte négativement aussi bien la croissance
végétative que la performance reproductive
des arbres (Scogings et Macanda, 2005). La
population devra donc être sensibilisée aux
techniques appropriées de prélèvement des
écorces pour garantir une utilisation durable
des ressources.
Conclusion
La forêt de Lokoli apparaît comme un
des rares écosystèmes marécageux les mieux
conservés dans les zones humides du Bénin.
A. C. Adomou et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(3): 492-503, 2009
502
Avec son cortège floristique et faunique
unique dans le contexte béninois, cette forêt
est bien indiquée pour la conservation de la
biodiversité au Bénin. Environ 85% des
espèces végétales répertoriées se révèlent
génériquement distincts, ce qui traduit une
grande diversité taxonomique. La forêt est
d’une grande utilité pour la population locale
qui l’a préservée depuis des siècles. L’Etat
béninois a la responsabilité de les assister pour
garantir une conservation et une gestion
durables.
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... The tree Species Importance Value Index (SIVI) defined by Cottam & Curtis (1956) as the sum of its relative density, relative dominance, and relative frequency is The Families Importance Value Index (FIVI) is also calculated. The relative density and relative dominance of a family were obtained by summing up the values of its specific (species) components (Cottam & Curtis, 1956;Adomou, 2005;Adomou et al., 2009). The plant Family Importance Value Index (FIVI) is defined as the sum of its relative density, relative dominance, and relative diversity (Mori et al., 1983). ...
... Albuquerque & Oliveira (2007) have argued that people may effectively exploit only a subset of species within a larger group used for a given purpose, causing that species to suffer greater exploitation pressure (Lucena et al., 2012). Curtis & Macintosh (1950); Mori and Boom (1987), Adomou (2005) and Adomou et al., (2009) (Albuquerque, 2010;Lucena et al. 2012, Trindade et al., 2015. Through association of use value of plant species, establishing the difference between effective use and the local availability was possible and allowed for the identification of species requiring particular attention for conservation. ...
Thesis
Full-text available
Native plant species in general and fodder trees in particular contribute significantly to the daily needs of both human and animal especially in developing countries. During the dry season, fodder trees are an important source for the survival of ruminants because of herbaceous forage lack. They are multipurpose species exploited by various actors who are sometimes protagonists. In view of the pressure faced by these trees, and their consequent rarity noted in rangelands, a study was conducted in the Guineo-Congolese/Sudanian transition zone of Benin at the level of the local population surrounding the protected forests of Monts Kouffé, Wari-Maro and Ouémé Supérieur. This thesis contributes to the rational management of fodder trees’ resources. Specifically, it aims at (i) evaluate the diversity, the pastoral and conservation priority of fodder trees; (ii) assess the influence of age, sex and ethnicity on the perception of fodder species use values; (iii) describe the relationship between the availability and the use status of fodder species; (iv) develop models for estimating leaf biomass of three priority browse species; (v) contribute to the understanding of the socio-cultural dynamics of the study area in relation to the fodder trees’ exploitation and the associated conflicts. A total of 220 informants belonging to three sociolinguistic groups (Bariba, Nago and Peul) were interviewed through a semi-structured survey on the fodder trees that they use for different purposes. The citation rates of the fodder trees by the surveyed populations were used to establish pastoral priority, while their conservation priority was established using a combination of four methods and nine criteria. The use categories were defined in the study area and at an international level for the use rates calculation. The ethnoecological approaches were used to analyze the availability of fodder tree species in the study region. A total of 25 trees per species were sampled for biomass estimating. Carrying capacity was determined for the dry season in the study area. A total of 48 fodder trees belonging to 17 families dominated by Leguminosae (27.1%) and Moraceae (16.6%) were reported. These species were distributed among 37 genera, with the genus Ficus being the most represented (16.6%). Palatability, species availability and the impact of tree fodder on animal productivity were the criteria used by the surveyed sociolinguistic groups in their selection of fodder trees. The prioritization methods yielded ten top ranked species: Afzelia africana, Pterocarpus erinaceus, Khaya senegalensis, Vitellaria paradoxa, Mangifera indica, Ficus platyphylla, Balanites aegyptiaca, Annona senegalensis, Ficus umbellata and Daniellia oliveri. As a multipurpose species, the fodder trees are classified in six use categories: food, medicine, construction, fuel, veterinary and fodder. A. africana, K. senegalensis and P. erinaceus are the most widely used species by Peul and Bariba sociolingustic groups to feed animals, while the Nagos use M. indica comes first followed by F. umbellata, F. platyphylla and P. Erinaceus. Combining the different use categories, overharvested or underutilized species depend significantly on the sociolinguistic group. The forest inventory revealed 63 tree species of dbh ≥ 10 cm distributed in 24 families and 52 genera. The most represented families in genus and species are Leguminosae (28.57 %), Combretaceae (14.28 %). The Leguminosae family had the highest importance values (FIVI=83.42) followed at a distance by Combretaceae (21.68). The most important and ecologically dominant species are V paradoxa (SIVI = 42.76); I. doka (41,88); B. ferruginea (22.98); and D. oliveri (16,18). It is also noted that aerial fodder production significantly varied among species. The best models that estimated leaf biomass production of A. africana and P. erinaceus were obtained with diameter at breast height; a plant trait not directly affected by pruning as predictors. For D. oliveri the best model uses the crown height as estimator parameter. Globally, the carrying capacity of each species is about 0.05 to 0.09 TLU ha-1an-1 for A. africana; 0.03 to 0.08 TLU ha-1an-1 for P. erinaceus and 0.04 to 0.79 TLU ha-1an-1 for D. oliveri. The number of animal that can sustainably be fed in the study area was 38 497 TLU. Conflicts arise between sawyers and foresters, between foresters and Peul (herders), farmers and herders, farmers and sawyers, foresters and farmers. These conflicts are caused by the illegal exploitation of trees for their timber and fodder, and the breeders camp near the agricultural areas or sometimes in the forest reserves. Direct negotiations between those involved in conflicts or the arbitration of a local authority were the main strategies and ways of these conflicts managing. With the aim of establishing a sustainable management of pasture lands, we suggest that priority be given to the pastoral and conservation priority species witch are also overexploited species in the restoration, afforestation/reforestation and plantation activities. The introduction of these fodder tree species in afforestation/reforestation activities can improve the availability of leaf biomass to feed animals. Keywords: Availability, Benin, Biodiversity, Conservation priority, Ethnoecology, Fodder trees, Leaf biomass, Pastoralism.
... Cet indice a été choisi parce qu'il donne deux fois plus de poids à la présence conjointe de deux espèces au même endroit, aussi bien qu'en la présence de l'une des deux seulement. En outre, il ignore les relevés où les deux espèces sont absentes (Mahamane, 2005 (Adomou et al., 2009 ;Dossou et al., 2012). Il varie de 0 (absence de dominance) à 300 (mono-dominance). ...
Thesis
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La conservation de la biodiversité constitue une préoccupation majeure dans la zone intertropicale et dans le monde entier. Les domaines protégés abritent l’essentiel de la diversité biologique mais ils sont sujets à des pressions diverses ; des faits qui constituent de sérieuses menaces pour le succès de la conservation. C’est dans ce contexte que s’inscrit cette étude sur la forêt classée de Koulbi, située dans le Sud-ouest du Burkina Faso. L’objectif général de cette étude est de fournir des informations scientifiques détaillées pour une gestion durable de la forêt classée de Koulbi à travers l’analyse de sa dynamique et de sa structure spatiale, ainsi que leurs impacts sur la diversité floristique ligneuse. A ce titre, la dynamique spatio-temporelle a été analysée en utilisant la télédétection. Des images Landsat TM de 1986 et 1988 et OLI-TIRS de 2014 ont été classifiées en utilisant l’algorithme basé sur le Réseau de Neurones. Les matrices de transition des classées ont été calculées. Les métriques du paysage ont été utilisées pour rendre compte de la structure spatiale. Les actions anthropiques ont été appréhendées en se basant sur la distance moyenne qui sépare les villages et les taches de forêts claires et savanes arborées. L’impact du réseau routier à la dégradation a aussi été évalué dans une zone tampon de 500 m établi le long des routes traversant la forêt classée. Pour rendre compte de la diversité floristique et de la structure des peuplements, des relevés floristiques et un inventaire forestier ont été effectués. L’Analyse factorielle des correspondances redressées (DCA) et la classification hiérarchique ascendante sous PCORD 6 ont permis de regrouper les différents relevés floristiques. Les résultats montrent que les forêts claires et les savanes arborées ont perdu respectivement 7730,57 ha et 2320,17 ha au profit des savanes arbustives (10086,60 ha). Par ce gain, les savanes arbustives deviennent la matrice de la forêt classée. Les blocs de forêts claires ont subi une fragmentation (CA1998/CA1986 <0,5) et les fragments sont de plus en plus distants les uns des autres. La distance moyenne entre les villages et les taches de forêts claires s’est accrue de 1,502 km. La superficie de forêt claire a été ainsi fortement réduite le long des routes, passant de 1306,87 ha à 236,57 ha. La tendance pluviométrique est à l’aridité avec des années de déficits de plus en plus fréquentes. La flore est riche de 159 espèces ligneuses réparties dans 114 genres et 45 familles. Les familles les mieux représentées sont : les Rubiaceae (15 espèces), les Combretaceae (14 espèces), les Fabaceae-Caesalpinioideae (13 espèces), et les Fabaceae-Mimosoideae (13 espèces). Sept types de formations végétales ont été caractérisés dont les peuplements à Isoberlinia spp. et les peuplements à Anogeissus leiocarpa (DC.) Guill. et Perr. qui impriment une physionomie particulière à la forêt classée de Koulbi. Ces peuplements sont sous pressions diverses avec une distribution en cloche de Isoberlinia spp. Par contre Anogeissus leiocarpa présente une structure stable avec une distribution en « Jrenversé ». Toutefois, l’isolement des forêts claires et des savanes arborées dont les taches sont de plus en plus petites risque d’entraver le bon déroulement des processus écologiques propres à ces formations. Pour assurer une gestion durable, la prise de mesures afin de stopper l’impact de l’homme sur la forêt classée de Koulbi s’avère nécessaire. Aussi, un suivi régulier de la dynamique de l’occupation du sol ainsi que de la flore permettrait de disposer de plus de données pouvant aider dans la prise de décision. Mots clés : fragmentation, dégradation, structure spatiale, forêt claire, réseau de neurone
... This index was determined via the formula: IVI= ∑[(rf + rd +rdom)] rf is the relative frequency of the species, rd the relative density (number of trees/ha) of the species and rdom is relative dominance referring to the basal area of the species. The index value of importance is a quantitative index that helps identify the species that are ecologically important within the plant community (Adomou et al., 2009;Dossou et al., 2012). It varies from 0 (absence of dominance) to 300 (mono-dominance). ...
... This index was determined via the formula: IVI= ∑[(rf + rd +rdom)] rf is the relative frequency of the species, rd the relative density (number of trees/ha) of the species and rdom is relative dominance referring to the basal area of the species. The index value of importance is a quantitative index that helps identify the species that are ecologically important within the plant community (Adomou et al., 2009;Dossou et al., 2012). It varies from 0 (absence of dominance) to 300 (mono-dominance). ...
... Importance Value Index (IVI): IVI is an index quantitative identification of the species ecologically important in a community (Adomou et al. 2009). It varies from 0 (absence dominance) to 300 (mono-dominance). ...
Article
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Rached-Kanouni M, Kara K, Khammar H, Ababsa L. 2020. Floristic diversity and demographic structure of the Sidi R'Ghies forest, northeastern of Algeria. Biodiversitas 21: 875-881. In Algeria, the degradation of the ecosystems induces a loss of biodiversity and an increase in the adverse effects of climate change and anthropogenic actions, especially at the level of the ecosystems of semi-arid zones. This study aims to determine the floristic composition and demographic structures of different stands within the Sidi R'Ghies forest, northeast of Algeria. Data were collected using floristic surveys, diameter measurements at 1.30 m and total height for trees in four plots with size for each plot of 1000 m 2. The diversity indices have been calculated on the basis of specific frequencies. The analysis revealed a low floristic richness with 6 woody species belonging to 5 families with the most dominant are the Cupressaceae and Fagaceae (29%). The low density of woody trees (97.78 individuals/ha) was found in Plot 1 and the high density of 205.56 individuals/ha was found in Plot 4. The diametric structure adjusts to the Weibull distribution and shows a predominance of young individuals. The distribution of trees in height classes shows a single distribution with an asymmetric curve. This positive distribution reveals a predominance of individuals with a height between 2 and 8 m (sapling to mature stage). This work, which provides an overview of the state of the floristic diversity of the Sidi R'Ghies forest, allows taking appropriate measures to safeguard our plant resources.
... Cette Microphanérophytisation est la conséquence de la faiblesse de précipitation observée dans l'ensemble de la zone d'étude. En zone aride, les plantes de ce type [13,24,25]. L'analyse de la diversité permet de mettre en évidence, l'évolution de la richesse spécifique en fonction de gradient climatique. ...
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L'objectif de cette étude est de déterminer les indicateurs phytoécologiques et d'analyser la diversité floristique des espèces ligneuses suivant un gradient climatique. Ce travail a été conduit dans la région de Maradi. Dans l'ensemble 60 relevés ont été effectués dans des placettes de 2500 m 2 dans deux secteurs agroécologiques. Dans chaque placette, tous les individus ligneux ont fait l'objet d'observation. Les données collectées sont relatives au nom d'espèces observées, les paramètres écologiques et environnementaux. Les résultats montrent que sur le site de Birnin Lallé, situé en secteur sahélien strict, la végétation est dominée par 6 espèces xérophytes dont 5 espèces épineuses et 3 du genre Acacia. Dans le même secteur, la pratique de la régénération naturelle assistée à Dan Saga a permis de conserver une diversité semblable à celle observée dans le secteur sahélo-soudanien. Dans ce dernier secteur, 16 et 15 espèces ont été recensées respectivement sur les sites de Kegil et de Mai Guéro. La distribution de ces espèces se distingue en fonction des zones agroécologiques, des textures des sols et de l'unité géomorphologique. Il ressort des résultats que la pratique de la régénération naturelle assistée à Dan Saga est une pratique qui permet non seulement de maintenir un couvert ligneux important mais aussi et surtout la conservation de la diversité floristique. Dans toutes les zones investiguées, la végétation est dominée par les Microphanérophytes à plus de 80 %. Ce travail fournit des informations scientifiques pour un futur programme d'amélioration des espèces agroforestières. Mots-clés : diversité des espèces ligneuses, zone sahélienne strict, sahélo-soudanien, Maradi, Niger. Abstract Influence of the agroecological gradient on the diversity and distribution of wood resources in the Sahelian and Sudanian zones of Niger The objective of this study is to determine phytoecological indicators and to analyze the floristic diversity of woody species according to a climatic gradient. This work was conducted in the Maradi region. Overall 60 surveys were carried out in plots of 2500 m 2 in two agroecological sectors. In each plot, all woody individuals were observed. The collected data are related to the name of observed species, ecological and environmental parameters. The results show that at the Birnin Lallé site, located in the strict Sahelian zone, the vegetation is dominated by 6 xerophyte species, 5 of which are thorny species and 3 of which are of the Acacia genus. In 336 Afrique SCIENCE 15(6) (2019) 335-348 Tougiani ABASSE et al. the same sector, the practice of natural regeneration assisted by Dan Saga has made it possible to maintain a diversity similar to that observed in the Sahelo-Sudanian sector. In the latter sector, 16 and 15 species were recorded respectively on the Kegil and Mai Guero sites. The distribution of these species is differentiated according to agroecological zones, soil textures and geomorphological unit. The results show that the practice of natural regeneration assisted by Dan Saga is a practice that not only allows to maintain an important ligneous cover but also and especially the conservation of the floristic diversity. In all the areas investigated, the vegetation is dominated by Microphanerophytes at more than 80 %. This work provides scientific information for a future agroforestry species improvement program.
... Cette Microphanérophytisation est la conséquence de la faiblesse de précipitation observée dans l'ensemble de la zone d'étude. En zone aride, les plantes de ce type [13,24,25]. L'analyse de la diversité permet de mettre en évidence, l'évolution de la richesse spécifique en fonction de gradient climatique. ...
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L’objectif de cette étude est de déterminer les indicateurs phytoécologiques et d’analyser la diversité floristique des espèces ligneuses suivant un gradient climatique. Ce travail a été conduit dans la région de Maradi. Dans l’ensemble 60 relevés ont été effectués dans des placettes de 2500 m2 dans deux secteurs agroécologiques. Dans chaque placette, tous les individus ligneux ont fait l’objet d’observation. Les données collectées sont relatives au nom d’espèces observées, les paramètres écologiques et environnementaux. Les résultats montrent que sur le site de Birnin Lallé, situé en secteur sahélien strict, la végétation est dominée par 6 espèces xérophytes dont 5 espèces épineuses et 3 du genre Acacia. Dans le même secteur, la pratique de la régénération naturelle assistée à Dan Saga a permis de conserver une diversité semblable à celle observée dans le secteur sahélo-soudanien. Dans ce dernier secteur, 16 et 15 espèces ont été recensées respectivement sur les sites de Kegil et de Mai Guéro. La distribution de ces espèces se distingue en fonction des zones agroécologiques, des textures des sols et de l’unité géomorphologique. Il ressort des résultats que la pratique de la régénération naturelle assistée à Dan Saga est une pratique qui permet non seulement de maintenir un couvert ligneux important mais aussi et surtout la conservation de la diversité floristique. Dans toutes les zones investiguées, la végétation est dominée par les Microphanérophytes à plus de 80 %. Ce travail fournit des informations scientifiques pour un futur programme d’amélioration des espèces agroforestières. Mots-clés : diversité des espèces ligneuses, zone sahélienne strict, sahélo-soudanien, Maradi, Niger.
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Les espèces ligneuses jouent un rôle important dans la vie des populations locales. Parmi les espèces couramment utilisées au Niger figurent Balanites aegyptiaca et Ziziphus mauritiana. Ces deux espèces sont exploitées comme sources alimentaires et pour divers produits médicinaux, avec comme conséquence une réduction de leurs peuplements. La présente étude vise à analyser la structure des peuplements et les modes de régénération des deux espèces dans deux secteurs agro-écologiques contrastées de la région de Maradi au centre sud du Niger. Au total, 60 relevés ont été délimités, d’une part dans des formations naturelles dominées par ces espèces, et d’autre part dans les systèmes agrosylvopastoraux des secteurs sahélien et sahélo-soudanien. Dans chaque placette et sur chaque arbre, le diamètre à 1,30 m au rasdu sol , la hauteur totale et deux diamètres perpendiculaires de houppier ont été mesurés. L’inventaire de la régénération a été effectué dans 5 placeaux. La nature de la régénération (drageon, marcotte, semis naturel), la hauteur totale et le nombre de tiges de chaque plantule ont été notés. La densité de B. aegyptiaca ne varie significativement entre sites et entre secteurs. Par contre, la densité de Z. mauritiana varie significativement entre sites et entre secteurs. En effet, le site de Birni Lallé, situé dans le secteur sahélien strict, et le site de Kegil dans le secteur sahélo-soudanien ont les densités les plus élevées de Z. mauritiana avec respectivement 66,4 ± 52,5 et 77,5 ± 61,4 arbres/ha. L’analyse de la distribution des tiges par classe de diamètre montre que pour les deux espèces, les individus jeunes sont bien représentés. Cela suggère une bonne régénération de ces espèces. L’analyse de la densité et nature de régénération montre que les deux espèces se régénèrent essentiellement par drageonnage. En réponse au ramassage des fruits pour diverses utilisations, les espèces B. aegyptiaca et Z. mauritiana ont développé des stratégies alternatives de propagation en zone sahélienne. Cette aptitude à la propagation végétative permet aux deux espèces de s’adapter en zones arides caractérisées par la sécheresse et les hautes températures. MOTS CLÉS : DISTRIBUTION DES ESPÈCES LIGNEUSES, B. AEGYPTIACA, Z. MAURITIANA, MARADI, NIGER, SAHÉLO-SOUDANIEN [83] afrika focus — Volume 33, Nr. 1, 2020 — pp. 83-104 RABIOU HABOU, MOUSSA MASSAOUDOU, TOUGIANI ABASSE, MAHAMANE ALI, MAHAMANE LARWANOU & PATRICK VAN DAMME Wood species play an important role in the life of local communities. Among the species commonly used in Niger, are Balanites aegyptiaca and Ziziphus mauritiana. This species are exploited as food sources and as various medicinal products, with a consequent reduction in their populations. The present study aims to analyze the stand structure and the regeneration modes of the two species in two contrasting agro-ecological sectors of the Maradi region in south central Niger. A total of 60 surveys were delineated in natural formations dominated by these species and in agrosilvopastoral system in the Sahelian and Sahelo-Sudanian zones. On each tree, the diameter at 1.30 m from the ground, the total height and two perpendicular tree crown diameters were measured. The inventory of natural regeneration was carried out in 5 plots delineated in each plot. The mode of reproduction of the regeneration (suckers, marcots, natural seedlings) was recorded as well as the total height and the number of stems of each juvenile were. The density of B. aegyptiaca does not vary significantly between sites and between sectors. The Birni Lallé site, located in the strict Sahelian zone, and the Kegil site in the Sahelo-Sudanese sector stand out in terms of Z. mauritiana density with respectively 66.4 ± 52.5 and 77.5 ± 61.4 trees. /Ha. The analysis of the diameter class structure shows that for both species, young individuals are well represented. This suggests strong regeneration among these species. The analysis of the density and nature of regeneration shows that the two species regenerate mainly by suckering. In response to the collection of fruits for various uses by local populations, B. aegyptiaca and Z. mauritiana have developed alternative propagation strategies in the Sahelian zone. This ability to propagate vegetatively allows these two species to adapt to arid areas characterized by drought and high temperatures. KEY WORDS: DISTRIBUTION OF WOODY SPECIES, B. AEGYPTIACA, Z. MAURITIANA, MARADI, NIGER, SAHELO-SUDANESE
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Résumé Les espèces ligneuses jouent un rôle important dans la vie des populations locales. Parmi les espèces couramment utilisées au Niger figurent Balanites aegyptiaca et Ziziphus mauritiana. Ces deux espèces sont exploitées comme sources alimentaires et pour divers produits médicinaux, avec comme conséquence une réduction de leurs peuplements. La présente étude vise à analyser la structure des peuplements et les modes de régénération des deux espèces dans deux secteurs agro-écologiques contrastées de la région de Maradi au centre sud du Niger. Au total, 60 relevés ont été délimités, d'une part dans des formations naturelles dominées par ces espèces, et d'autre part dans les systèmes agrosylvopastoraux des secteurs sahélien et sahélo-soudanien. Dans chaque placette et sur chaque arbre, le diamètre à 1,30 m au rasdu sol , la hauteur totale et deux diamètres perpendiculaires de houppier ont été mesurés. L'inventaire de la régénération a été effectué dans 5 placeaux. La nature de la régénération (drageon, marcotte, semis naturel), la hauteur totale et le nombre de tiges de chaque plantule ont été notés. La densité de B. aegyptiaca ne varie significativement entre sites et entre secteurs. Par contre, la densité de Z. mauritiana varie significativement entre sites et entre secteurs. En effet, le site de Birni Lallé, situé dans le secteur sahélien strict, et le site de Kegil dans le secteur sahélo-soudanien ont les densités les plus élevées de Z. mauritiana avec respectivement 66,4 ± 52,5 et 77,5 ± 61,4 arbres/ha. L'analyse de la distribution des tiges par classe de diamètre montre que pour les deux espèces, les individus jeunes sont bien représentés. Cela suggère une bonne régénération de ces espèces. L'analyse de la densité et nature de régénération montre que les deux espèces se régénèrent essentiellement par drageonnage. En réponse au ramassage des fruits pour diverses utilisations, les espèces B. aegyptiaca et Z. mauritiana ont développé des stratégies alternatives de propagation en zone sahélienne. Cette aptitude à la propagation végétative permet aux deux espèces de s'adapter en zones arides caractérisées par la sécheresse et les hautes températures. MOTS CLÉS : DISTRIBUTION DES ESPÈCES LIGNEUSES, B. AEGYPTIACA, Z. MAURITIANA, MARADI, NIGER, SAHÉLO-SOUDANIEN Abstract Wood species play an important role in the life of local communities. Among the species commonly used in Niger, are Balanites aegyptiaca and Ziziphus mauritiana. This species are exploited as food sources and as various medicinal products, with a consequent reduction in their populations. The present study aims to analyze the stand structure and the regeneration modes of the two species in two contrasting agro-ecological sectors of the Maradi region in south central Niger. A total of 60 surveys were delineated in natural formations dominated by these species and in agrosilvopastoral system in the Sahelian and Sahelo-Sudanian zones. On each tree, the diameter at 1.30 m from the ground, the total height and two perpendicular tree crown diameters were measured. The inventory of natural regeneration was carried out in 5 plots delineated in each plot. The mode of reproduction of the regeneration (suckers, marcots, natural seedlings) was recorded as well as the total height and the number of stems of each juvenile were. The density of B. aegyptiaca does not vary significantly between sites and between sectors. The Birni Lallé site, located in the strict Sahelian zone, and the Kegil site in the Sahelo-Sudanese sector stand out in terms of Z. mauritiana density with respectively 66.4 ± 52.5 and 77.5 ± 61.4 trees. /Ha. The analysis of the diameter class structure shows that for both species, young individuals are well represented. This suggests strong regeneration among these species. The analysis of the density and nature of regeneration shows that the two species regenerate mainly by suckering. In response to the collection of fruits for various uses by local populations, B. aegyptiaca and Z. mauritiana have developed alternative propagation strategies in the Sahelian zone. This ability to propagate vegetatively allows these two species to adapt to arid areas characterized by drought and high temperatures.
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L'évaluation et le suivi des espèces forestières constituent une source fondamentale d'informations pour la mise en place des stratégies de conservation efficaces et adaptées de ces espèces. La présente étude a pour objectif de déterminer la caractérisation structurale des peuplements naturels de D. senegalense J.F. Gmel. au Bénin. Quarante-huit placeaux de 1 ha chacun ont été installés de façon aléatoire dans les formations végétales pour réaliser l'inventaire forestier et les mesures dendrométriques de D. senegalense. Les différents paramètres structuraux ont été calculés en fonction des formations végétales. La densité des individus adultes est de 2,07 ± 1,58 ; 2,48 ± 2,11 et 1 pieds/ha respectivement dans les forêts denses, forêts galeries et agrosystèmes avec une différence non significative (P = 0,506). La surface terrière au niveau des formations varie de 0,22 ± 0,06 à 0,67 ± 0,68 m²/ha et le diamètre moyen varie de 47,73 ± 18,91 à 52,5 ± 7,78 cm. Cette espèce se caractérise par des populations de gros diamètres et âgées, avec de très faible densité d'individus adultes et des régénérations. La survie des régénérations est confrontée à des difficultés liées à l'habitat de l'espèce et aussi sous l'emprise de plusieurs pressions humaines. La sensibilisation des populations locales et riveraines des forêts parcourues à la sauvegarde des populations éparses existantes, la protection des juvéniles et la plantation de plants ex-situ sont importantes pour la conservation et survie de cette espèce.
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Les forêts édaphiques liées aux sols hydromorphes du Bénin ont été étudiées sur la base des relevés phytosociologiques exécutés dans des placeaux rectangulaires de 500 ou de 1000 m² installés suivant des transects levés à pas réguliers dans le sens de la ligne de plus grande pente. L'individualisation des groupements végétaux sur la base de la partition des relevés par l'analyse factorielle des correspondances a donné quatre groupes qui sont: les forêts marécageuses, les forêts riveraines, les forêts périodiquement inondées et les forêts galeries. La variation du plan d'eau, le drainage ou le ressuyement, la période d'inondation ou d'exondaison constituent les facteurs qui discriminent au mieux les différentes formations. Les caractéristiques structurales (richesse spécifique, diversité, surface terrière et diamètre moyen) varient très peu d'une formation à l'autre mais elles varient très fort au sein des formations en fonction des zones climatiques surtout au niveau des forêts riveraines. Wetland forests of Benin were studied using phytosociological relevés done in rectangular plots of 500 m² or 1000 m². Factorial analysis of correspondance of the relevés shows four plant communities which are: swamp forests, riparian forests, gallery and periodically flooded forests. Latitude, drainage and flooding duration are the best wetland forests discriminant factors. Structural characteristics (species richness, species diversity, stand basal area and mean diameter) merely vary between these wetland forest types but greatly vary within them according to climatic zones, specially with riparian forests.
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Research was conducted to investigate responses of Acacia karroo to severe defoliation, with or without debarking, in a semi-arid, subtropical savanna. A herd of 250 goats reduced available foliage by 87% in a 10.5-ha area of Acacia woodland over 3weeks during the early dormant season (May). The goats debarked 37% of the trees. On average, bark was stripped less than halfway round a stem and 11% of the bark area was affected. Trees 1.6–2.5m tall and 11–30cm in basal circumference were most susceptible to debarking. A year later, there were no detectable effects of defoliation on the number of browseable shoots, internode length, shoot length, spine length, number of seed pods, neutral detergent fibre (NDF) or nitrogen (N). Defoliation tended to increase condensed tannin concentration (CT), but the effect was not significant (p>0.05). The absence of goats during the growth season following defoliation allowed the trees to recover. Debarking had greater impacts on the trees than defoliation had. Debarking reduced the number of browseable shoots, while ringing at the base reduced CT and increased N. Debarking tended to reduce shoot and spine length, and halve the number of pods, but the effects were not significant (p>0.05). Responses of basally ringed trees indicated rapid vertical growth when the trees were highly vulnerable to browsers and fires, suggesting strong selection for herbivore/fire tolerance. Among all treatments, excluding basal ringing, there were significant variations in NDF and CT between years. There was a positive relationship between N and NDF, and a negative relationship between N and CT, in 1year, but not in the other. Among basally ringed trees, CT was negatively related to N, but NDF was not. The strong trade-off between N and CT in basally ringed trees probably indicates that large changes in root:shoot ratio are required to effect definite changes in defence.
Physionomie, composition floristique, et dynamisme des formations de la basse vallée de l'Ouémé (Dahomey)
  • G Paradis
Paradis G. 1975. Physionomie, composition floristique, et dynamisme des formations de la basse vallée de l'Ouémé (Dahomey). Ann. Univ. Abidjan Série C., 11: 35-101.
Forest Vegetation in Gabon. Tropenbos Technical series 1. Tropenbos Foundation: The Netherlands
  • J M Reitsma
Reitsma JM. 1988. Forest Vegetation in Gabon. Tropenbos Technical series 1. Tropenbos Foundation: The Netherlands; 142 p.
La Végétation de l'Afrique. ORSTOM-UNESCO
  • F White
White F 1986. La Végétation de l'Afrique. ORSTOM-UNESCO; 87p.