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La présente étude s’est déroulée dans les formations végétales du Bénin échantillonnées dans les aires d’occurrence probables du colobe de Geoffroy (Colobus vellerosus). Des données de chorologie spatiale etd’identification des pratiques endogènes de conservation ont été collectées aux moyens des entretiens avec les populations, puis des prospections pédestres dans les aires protégées et forêts villageoises. Le colobe deGeoffroy est une espèce sociable de moeurs diurnes, inféodé aux formations forestières. Au Bénin, l’aire de répartition de l’espèce, évaluée à 9.000 km² s’étend de la forêt classée de la Lama (6° 50’ - 7° 05’ N et 2° - 2°15 E) jusqu’à celle de l’Ouémé Supérieur (9°15- 9° 45’N et 2° - 2° 30 E). La dynamique de cette répartition montre une régression de l’espèce corrélativement à une diminution et à une fragmentation de son aire dont la superficie est passée de 56.000 km² en 1953 à 9.000 km² de nos jours. Heureusement, certaines populations riveraines observent des pratiques ancestrales liées à la culture et à la religion en faveur de la conservation du colobe de Geoffroy. Mots clés : Colobe de Geoffroy, distribution, conservation, régression, Bénin.
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Available online at http://www.ajol.info
Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(6): 1386-1397, December 2009
ISSN 1991-8631
© 2009 International Formulae Group. All rights reserved.
Original Paper
http://indexmedicus.afro.who.int
Distribution et statut de conservation du colobe de Geoffroy (Colobus
vellerosus) au Bénin
S. DJEGO-DJOSSOU
1*
et B. SINSIN
1
Laboratoire d’Ecologie Appliquée, FSA /UAC, Bénin.
*
Auteur correspondant, E-mail : djegosyl@yahoo.fr, Tél et Fax: +229 30 30 84 01 BP 526.
RÉSUMÉ
La présente étude s’est déroulée dans les formations végétales du Bénin échantillonnées dans les aires
d’occurrence probables du colobe de Geoffroy (Colobus vellerosus). Des données de chorologie spatiale et
d’identification des pratiques endogènes de conservation ont été collectées aux moyens des entretiens avec les
populations, puis des prospections pédestres dans les aires protégées et forêts villageoises. Le colobe de
Geoffroy est une espèce sociable de mœurs diurnes, inféodé aux formations forestières. Au Bénin, l’aire de
répartition de l’espèce, évaluée à 9.000 km² s’étend de la forêt classée de la Lama (6° 50’ - 7° 05’ N et 2° -
2°15 E) jusqu’à celle de l’Ouémé Supérieur (9°15- 9° 45’N et 2° - 2° 30 E). La dynamique de cette répartition
montre une régression de l’espèce corrélativement à une diminution et à une fragmentation de son aire dont la
superficie est passée de 56.000 km² en 1953 à 9.000 km² de nos jours. Heureusement, certaines populations
riveraines observent des pratiques ancestrales liées à la culture et à la religion en faveur de la conservation du
colobe de Geoffroy.
© 2009 International Formulae Group. All rights reserved.
Mots clés : Colobe de Geoffroy, distribution, conservation, régression, Bénin.
INTRODUCTION
Les primates non-humains constituent
une composante importante de la biodiversité
grâce à leur rôle dans le maintien des
écosystèmes forestiers. De par ce rôle
écologique, ils contribuent largement à la
dispersion des graines et à la régénération des
arbres par zoochorie (Lambert, 2001 ; Koné et
al., 2008 ). Appartenant à la famille des
Cercopithecidés et la sous-famille des
Colobinés, les colobes sont des singes
africains apparus il y a 9 millions d’années
(Karen, 1999). Au Bénin, parmi la dizaine de
taxa de primates non-humains rencontrés, se
trouvent deux espèces de colobe : le colobe
olive et le colobe de Geoffroy, objet de la
présente étude.
Au plan international, nombreuses sont
les études réalisées sur les colobes au nombre
desquelles on peut citer les multiples travaux
de Oates (1985, 1994, 1996), Galat et Galat-
Luong (1982, 1983), Gautier et Gautier-Hion
(1983, 1988, 1997), Oates et Trocco (1983),
Karen (1999), Koné (2004), Bitty (2000),
Korstenjs (2001) et Galat et Galat-Luong
(2006). Toutes ces études ont abordé plusieurs
aspects de la biologie, de l’écologie et de
l’éthologie des colobes sans toutefois insister
sur leur distribution géographique. D’un autre
côté, les travaux de Kingdon (1980), Colyn
(1988, 1991, 1993), Grubb (1990) et Colyn et
al. (1991) ayant abor l’aspect de
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distribution, restent encore focalisés sur
l’importance des barrières géographiques puis
des refuges dans la répartition des primates
forestiers en général.
Au plan national (Bénin), les travaux
réalisés sur les primates sont ceux de Sayer et
Green (1984), Kafichoni (1987), Hanon
(2001), Nobimè (2002), Teichroeb et al.
(2001), Assogbadjo et Sinsin (2002), Sinsin et
al. (2002), Campbell et al. (2007) et Nobimè
et al. (2008). La plupart de ces études sont
réalisées sur l’ensemble des primates et les
différents résultats ont toujours montré que le
colobe de Geoffroy est très peu fréquent dans
les formations végétales avec des effectifs
faibles. Ces paramètres inquiétants obligent à
identifier tous les sites pouvant abriter
l’espèce pour des études ultérieures en faveur
de sa conservation. Heureusement, des
croyances traditionnelles ont perduré dans
certaines localités en faveur de la
conservation locale du colobe de Geoffroy.
La présente étude qui aborde de façon
spécifique le colobe de Geoffroy (Colobus
vellerosus), a pour objectif principal d’établir
les distributions ancienne et actuelle de
l’espèce et d’identifier les mesures endogènes
en faveur de sa conservation.
MATERIEL ET METHODES
Milieu d’étude
La présente étude s’est déroulée dans
plusieurs aires protégées et zones libres
appartenant aux aires d’occurrence probables
du colobe de Geoffroy (Colobus vellerosus)
au Bénin et réparties en zones guinéo-
congolaise, soudano-guinéenne puis
soudanienne. Les aires protégées sont des
milieux soumis à des mesures de protection
juridique ou autres contrairement aux zones
libres qui ne sont soumises à aucune forme de
protection. La carte ci-dessous fait le point des
zones étudiées (Figure 1).
Méthodologie
Les données ont été collectées grâce à
des enquêtes exploratoires et rétrospectives,
puis à des prospections pédestres dans les
forêts végétales la présence de l’espèce a
été préalablement signalée par les enquêtés.
En effet, les enquêtes ont été surtout
orientées vers les chasseurs, les gardes
forestiers, les forestiers et toute personne
ressource (ayant une bonne connaissance des
primates et/ou capable d’imiter les cris des
singes) retenus dans 41 villages. Un
échantillonnage de 410 personnes au total à
raison de 10 par village a été soumis à un
questionnaire. Des planches portant diverses
images de primates rencontrées au Bénin
furent exploitées pour faciliter l’identification.
Les prospections ont lieu très tôt les
matins lorsque la présence de l’espèce est
préalablement signalée par les enquêtés. Au
total, les forêts classées de la Lama, de
l’Ouémé Boukou, de l’Ouémé Supérieur, de
Wari- Maro, des Monts Kouffé, de Dogo-
Kétou, de Pénéssoulou, la forêt marécageuse
de Lokoli, la forêt communautaire de
Gnahouizoumê et la forêt sacrée de Kikélé ont
fait l’objet de prospections. Dans la forêt de la
Lama et de Pénéssoulou, les layons étaient
suivis alors que dans la forêt marécageuse de
Lokoli et à Gnanhouizoumê, les prospections
ont été faites à pirogue et les groupes étaient
identifiés selon les itinéraires favorables aux
déplacements. Par contre, dans les forêts
classées de l’Ouémé Boukou, de l’Ouémé
Supérieur, des Monts Kouffé et de Wari-
Maro, les données ont été collectées le long
des transects. Par ailleurs, la forêt sacrée de
Kikélé est un îlot forestier de 13 ha qui s’est
retrouvé à l’intérieur du village de Kikélé et
qui abrite une petite population de colobe de
Geoffroy confiné dans la forêt dense sèche.
C’est le seul endroit l’espèce est observée
facilement en milieu naturel.
Au cours des différentes prospections,
les coordonnées géographiques des points de
contacts étaient prises au GPS, de même que
la taille des différents groupes. Les données
géographiques ainsi collectées ont servi à la
réalisation des cartes délimitant les aires de
distribution passées et actuelle du colobe de
Geoffroy. Dans les modèles de distribution
réalisés, les contacts auditifs basés sur des
vocalisations ont été considérés au même titre
que les contacts visuels. Enfin, une approche
ethnozoologique fondée sur l’identification et
le respect de certaines pratiques ancestrales
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Bagou
Boké
Saoré
Ouénou
Sonoumon
Téktibayou
Kossoukouingou
Pénélan Parakou
Toui
Mani
Agbassa
Koko
Prékè
Manigri
Bétérou
Whanou
Kikélé
Sakété
Ichédé
Ewé
Gbananmè
Samiondji
Vodjou
Monkpa
Bétécoucou
Atomè
Balimè
Lokoli
Lama Po
Adjaha
DjaglanmèSazué
Natitingou
Kandi
Savè
Abomey
Lokossa
Cotonou
Porto-Novo
BURKINA FASO
TOGO
NIGERIA
NIGER
OCEAN ATLANTIQUE
Idadjo
200000
200000
300000
300000
400000
400000
500000
500000
600000
600000
700000
700000
800000
800000
900000
900000
1000000
1000000
1100000
1100000
1200000
1200000
1300000
1300000
1400000
1400000
Limite d'Etat
Zone cynégétique
Parcs nation aux
Forêt clas sée
%U
Localité d'enquête
0 10 20 30 40 Kilomètres
N
Source: Feuilles topogr aphiques
du Bénin a u 1/2000 00 et enqu êtes de terra in
Figure 1: Situation géographique des villages enquêtés et des formations prospectées.
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s’est effectuée à partir des entretiens ouverts
avec les populations riveraines et surtout les
personnes âgées (au moins 30 ans).
RESULTATS
Distributions ancienne et actuelle du colobe
de Geoffroy (Colobus vellerosus)
Sur l’ensemble des forêts prospectées,
c’est seulement dans la forêt classée de Dogo-
Kétou que la présence du colobe de Geoffroy
signalée par les populations n’a pas été
confirmée. Dans toutes les autres formations,
l’espèce était présente (contacts visuels et/ou
auditifs). Les informations recueillies et les
données collectées lors des enquêtes et
prospections ont permis de réaliser les cartes
et de dire qu’au cours de la période 1953-
1983, l’aire de répartition du colobe de
Geoffroy était continue et s’étendait entre les
latitudes 6°55’N-11°15’N regroupant
plusieurs forêts classées et plusieurs zones
libres avec une superficie totale estimée à
56.000 km² (Figure 2).
Entre 1984 et 1999, on assiste à une
fragmentation du bloc en trois sous-unités
(Figure 3).
L’ensemble de trois sous-unités forme
l’aire de répartition du colobe de Geoffroy
avec une superficie estimée à 15.000 km².
A présent, le colobe de Geoffroy est
réparti entre les latitudes 6°55’ N et 9°45’N
avec trois sous-unités (Figure 4) et couvrant
une superficie totale de 9.000 km².
- La sous-unité située au nord regroupe
les forêts classées des Monts Kouffé, de Wari-
maro, de Pénéssoulou, de l’Ouémé Supérieur,
la région de Bassila avec la forêt sacrée de
Kikélé ;
- la sous-unité médiane, réduite à la
forêt classée de l’Ouémé Boukou ;
- la sous-unité inférieure qui comprend
la forêt classée de la Lama, la vallée de
l’Ouémé et la forêt marécageuse de Lokoli.
L’aire de distribution du colobe de Geoffroy a
donc énormément régressé dans le temps
comme en témoigne l’évolution des
superficies qui passe de 56.000 à 9.000 km²
(Figure 4).
En une cinquantaine d’années, on assiste à
une diminution de plus de 80%. L’espèce
subit une forte régression corrélativement à
une réduction hyperbolique de son aire
(Figure 5). La forte valeur du coefficient de
corrélation (-0,995) explique l’évolution en
sens inverse des variables superficie et temps.
Le Tableau 1 fait le point des données
collectées dans les différentes formations et
les périodes où ces prospections ont eu lieu.
Statut de conservation
Dans le centre Bénin et en particulier
dans la région de Bassila, le colobe de
Geoffroy, à l’instar des autres singes,
représente un tabou pour les populations
locales qui ne doivent, ni consommer la
viande, ni les pourchasser. La forêt sacrée de
Kikélé située à 7 km de Bassila abrite, une
petite population de colobe de Geoffroy dont
l’effectif est estimé à 18 individus. Selon les
investigations (Toko et Nobimè, 1997) et
(Djègo-Djossou, 2003), les colobes seraient
ramenés d’une grande forêt par les aïeux
Tchabi Ota venus du Togo s’installer à
Kikélé. Ayant bénéficié très tôt de l’assistance
des hôtes protecteurs, des relations pacifiques
se sont vite établies entre colobes et
populations villageoises. Ces considérations
sociologiques ont gagné très tôt tout le village
qui considère le colobe comme une espèce
sacrée. En plus de son caractère sacré, le
colobe de Geoffroy bénéficie aussi d’un rôle
cultuel. En effet, l’espèce incarne la pureté
pour les populations musulmanes grâce à son
corps noir et son visage entouré d’une
crinière blanche à l’instar des responsables de
culte musulman. De plus, il occupe la canopée
des grands arbres et adopte une position
tranquille comme dans une méditation
profonde. Ces croyances traditionnelles ont
sans doute contribué à la survie de l’espèce.
En effet, les populations locales attachent plus
du prix aux valeurs sacrées qu’aux valeurs
juridiques. Enfin, nombreuses sont les
populations qui ont souhaité la réintroduction
de l’espèce là où elle a disparu grâce à son
caractère sacré, son rôle cultuel mais aussi
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Figure 2: Répartition probable entre 1953 et 1983.
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Figure 3: Répartition probable entre 1984 et 1999.
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Figure 4: Répartition actuelle du colobe de Geoffroy.
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grâce à son rôle dans les processus de
maintien de la biodiversité forestier.
DISCUSSION
Distribution du colobe de Geoffroy
A l'origine, la distribution du colobe de
Geoffroy était continue et les différentes
populations pouvaient facilement échanger
des flux de gènes. Une telle distribution avait
caractérisé la plupart des espèces car la
dégradation des forêts était moins alarmante.
Actuellement, le colobe de Geoffroy présente
une distribution plus ou moins large car celle-
ci recouvre les zones guinéeo-congoloaise et
guinéo-soudanienne. Toutefois, cette distribu-
tion reste discontinue à cause de la
fragmentation de son habitat. Celle-ci a pour
conséquence, la diminution spectaculaire de la
superficie de l'aire de répartition qui passe de
56.000 à 9.000 km². Face à ce résultat, le
colobe de Geoffroy pourrait disparaître dans
un proche avenir si aucune action n’est
entreprise. Cela justifie le besoin grandissant
de conservation de l’espèce et l’intérêt qu’il
faut lui accorder dans le contexte de la
conservation de la biodiversité. Campbell en
2005 avait obtenu une distribution similaire
lors de ses prospections. Dans cette
fragmentation de l'habitat, on assiste à une
concentration des tâches dans la partie
méridionale. L'espèce a trouvé refuge dans les
zones se superposent un ensemble de
facteurs favorables à sa survie.
Cette distribution discontinue qui
caractérise la population du colobe de
Geoffroy, s’observe aussi avec le singe à
ventre roux Cercopithecus e. erythrogaster au
Bénin (Sinsin et al., 2002), tout comme
Erythrocebus patas, Papio anubis. Par contre
Cercopithecus mona et Chlorocebus aethiops
présentent une large distribution (Sayer et
Green, 1984). Pendant longtemps, le colobe
de Geoffroy a payé un lourd tribut à la chasse
(Gautier-Hion et al., 1999) grâce à la valeur
marchande de sa fourrure, utilisée dans la
confection des chaussures locales et des
tambours. De plus, le braconnage pour la
recherche de sa viande a perturbé les
différentes populations. Ces facteurs ont
probablement conduit à une diminution
drastique des effectifs du colobe de Geoffroy
dans les diverses formations.
Par ailleurs, les paramètres d'inventaire
sont faibles car la période d’étude
relativement courte, correspond à la saison
pluvieuse où les contacts sont faibles à cause
de la densité de la végétation et du fait que les
animaux se déplacent peu. De plus, loin d’être
un inventaire exhaustif, l’étude a pour but
principal de savoir si les formations végétales
abritant ou non le colobe de Geoffroy. Les
effectifs ont été donc obtenus en faisant une
y = 53835x
-1.6895
R
2
= 0.9902
0
10000
20000
30000
40000
50000
60000
1953 1983 2003 Période
(Km²)
Figure 5 : Evolution de la superficie en fonction du temps.
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Tableau 1 : Différentes forêts prospectées et résultats des prospections.
Forêts prospectées Superficie
(ha) Présence ou absence
de l’espèce Période de
prospections Nombre de
contacts visuels Nombre de
contacts auditifs Fréquence
(%) Effectif
total
Forêt classée de Lama
16 250 Présence (vu et entendu) mai 6 3 7 27
Forêt classée de Pénéssoulou 5 470 Présence (vu et entendu) juillet 4 5 5 21
Forêt classée des Monts Kouffé 180 300 Présence (entendu) août 0 3 5 indéterminé
Forêt classée de Wari-Maro 107 500 Présence (entendu) août 0 2 6 indéterminé
Forêt marécageuse de Lokoli 500 Présence (vu et entendu) mai 3 3 4 17
Forêt communautaire de
Gnanhouizounmê (vallée de
l’ouémé)
190 Présence (vu et entendu) mi-avril 2 2 6 9
Forêt classée de l’Ouémé
Supérieur 107 542 Présence (entendu) juillet 0 2 4 indéterminé
Forêt classée de Dogo-Kétou 50 000 Absence juin 0 0 0 0
Forêt classée de l’Ouémé Boukou 20 500 Présence (entendu) juin 0 3 4 indéterminé
Forêt sacrée de Kikélé
13 Présence (vu et entendu) juillet Population
territoriale Population
territoriale 100 18
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simple sommation des effectifs des différents
groupes. Ces effectifs obtenus sont tous sous-
estimés car seuls les contacts visuels étaient
pris en compte. Les observations ont montré
le colobe en groupes monospécifiques mais
aussi en groupes plurispécifiques. Dans la
forêt classée de la Lama, le colobe de
Geoffroy s’associe facilement avec le Mone
Cercopithecus mona (Nobimè, 2002). Dans la
plupart des formations, le Mone était l'espèce
la plus fréquente, ce qui justifie son caractère
commun. Le colobe de Geoffroy quant à lui
reste confiné en nombre très réduit sur une
petite superficie, il se déplace peu et est
beaucoup plus discret (Assogbadjo et Sinsin,
2002). La superficie actuelle de l’aire de
répartition discontinue liée aux effectifs
faibles restent préjudiciables à la survie à long
terme du colobe et accentue la vulnérabilité
de l'espèce. En effet, l’isolement des
différentes populations pourrait occasionner
des risques de consanguinité et
d’appauvrissement génétique.
Pratiques ancestrales liées à la conservation
de l’espèce
Le colobe de Geoffroy, tel qu’il est
conservé localement à kikélé, est aussi vénéré
au Ghana. De telles pratiques ancestrales de
conservation sont connues dans la région de
Brong Ahafo au Ghana (Fiema et Boabeng)
où le colobe de Geoffroy, le cercopithèque
mone ainsi que leurs habitats dans la forêt
décidue sont depuis longtemps protégées par
des croyances et les traditions locales (Saj et
al. 2006, Campbell et al., 2008). Dans cette
région, quand un singe meurt, il est pleuré et
enterré comme un être humain (Akowuah,
1975). Ces mesures de conservation
endogènes du colobe de Geoffroy développées
à Kikélé sont donc à promouvoir car elles
assurent la sécurité des lieux et la quiétude,
facteurs de retour de la faune. Déjà à Kikélé,
des groupes de Cercopithecus mona
fréquentent l’habitat du colobe de Geoffroy.
Conclusion
Le Bénin abrite une population de
colobe de Geoffroy (Colobus vellerosus) dont
l’aire actuelle est fragmentée et s’étend entre
les latitudes 6°55’N et 9°45’N avec une
concentration des groupes dans la région
méridionale (région des Monts Kouffé). Dans
cette région, des pratiques ancestrales liées
aux caractères sacré et cultuel de l’espèce
constituent de véritables mesures de
conservation endogènes. Malgré leur
efficacité, ces mesures ne permettent pas à
elles seules d’assurer la survie à long terme de
la population qui d’ailleurs est isolée sur une
île écologique. Elles doivent être renforcées
par l’élaboration d’un véritable plan de
conservation pour la protection à long terme
de l’espèce. Il est donc nécessaire de
poursuivre les prospections pour préciser non
seulement l’aire d’occupation de l’espèce
mais aussi d’effectuer des inventaires pour
apprécier les populations de colobe.
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... Classé comme « espèce vulnérable » sur la liste rouge de l'UICN depuis 2000 (IUCN, 2011), le colobe de Geoffroy est essentiellement réparti en Afrique de l'Ouest dans le couloir sec du Dahomey Gap, depuis le fleuve Bandama en Côte d'Ivoire jusqu'à l' ouest du Nigéria (Oates & Trocco, 1983) en passant par le Ghana, le Togo et le Bénin. Plusieurs études ont été réalisées sur le colobe de Geoffroy au sein de son aire de répartition (Kankam, 1997;Korstjens, 2001;Teichroeb et al., 2003;Djègo-Djossou, 2003;Saj & Sicotte, 2005;Djègo-Djossou & Sinsin, 2009;Gonedelé et al., 2010), mais seuls les travaux de Saj ont abordé la conservation locale du colobe de Geoffroy sur base de croyances traditionnelles au Ghana. Au Bénin, cet aspect n'a jamais été étudié en ce qui concerne les primates, et encore moins le colobe de Geoffroy qui bénéficie pourtant d'une protection locale remarquable dans le village de Kikélé. ...
... Son régime, dominé par les feuilles, comprend aussi des fleurs, des graines et des fruits (Teichroeb et al., 2003). La forêt de Kikélé abrite une petite population de 13 à 18 individus habitués à l'homme et comprenant 6 à 7 adultes, dont 3 mâles et 3 à 4 femelles, 4 sub-adultes et 3-7 jeunes et enfants (Djègo-Djossou, 2003& 2009. ...
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In Africa, traditional beliefs play a vital role in biodiversity conservation. We studied the attitudes and perceptions of Kikele villagers towards the Geoffroy's pied colobus in the sacred forest of Kikele, Republic of Benin, using an ethnographic approach based on personal interviews. Our results suggest that the population of colobus has been protected by the Kikele population's traditional beliefs for several decades. This ethnozoological consideration could contribute to the conservation of Geoffroy's pied colobus, Colobus vellerosus, especially at this present moment where the status of the species is degraded throughout its area of distribution. Résumé: Les croyances traditionnelles jouent un rôle capital dans la conservation de la biodiversité en Afrique. Les attitudes et les perceptions des populations villageoises concernant le colobe de Geoffroy Colobus vellerosus ont été étudiées dans la forêt sacrée de Kikélé au Bénin, à partir d'une approche ethnographique basée sur des interviews personnalisées. Nos résultats suggèrent que la population de colobe est protégée par des croyances traditionnelles des villageois de Kikélé depuis plusieurs décennies. Cette considération ethnozoologique pourrait contribuer à la conservation du colobe de Geoffroy, surtout à l'heure actuelle où le statut de l' espèce se dégrade dans son aire de répartition.
... The semi-structured interview has been widely used as a preferred method to obtain local knowledge regarding presence or absence of some primate species to find potential survey sites (Campbell & Hadley 2005;Urbani 2006;Campbell et al. 2008;Parker et al. 2008;Starr et al. 2011;Chi et al. 2014;Ginn & Nekaris 2014) or even to map distribution ranges of some taxa (Sinsin et al. 2002;Djègo-Djossou & Sinsin 2009;Nobimè et al. 2009;Djègo-Djossou et al. 2014). Often, however, primate field studies that use semi-structured interviews do not provide detailed descriptions of the method. ...
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To better understand the status and distribution patterns of threatened anthropoids, we conducted walking surveys and interviews on the western edge of southwestern Nigeria. As we surveyed, we recorded all sightings of the monkeys and evidence of anthropogenic disturbance. We also examined the extent of forest in the southern part of our study area, in particular, Eggua Forest Reserve and Ohumbe Forest Reserve, using Landsat 8 band images. The number of anthropoid species encountered during the surveys varied from zero to four. We sighted C. erythrogaster at Atola community forest (Encounter rate = 0.27 group/km), Royal Forest (private forest) (Encounter rate = 0.08 group/km), and Bola Camp community forest. These are seasonally inundated or riverine forests. The bellies of the C. erythrogaster individuals we saw at the two latter localities indicate that they are C. erythrogaster erythrogaster. No other threatened anthropoids were sighted. At Igboju community forest (part of Eggua FR), where an interviewee stated that C. e. erythrogaster occurs, we only saw mona monkeys (Cercopithecus mona). Bola Camp and adjacent communities, where about 9 km2 of riverine forest still remains and hunting is limited, have a potential to develop a conservation program. Creating corridors to connect Igboju, Royal Forest, and southern forest fragments in Eggua FR for the conservation of C. e. erythrogaster is also recommended. With our new information, the distribution range of C. e. erythrogaster has now been expanded to east of Benin, but it is still uncertain how widespread this subspecies is. The future of this taxon in this region, however, does not look bright considering the levels of hunting, logging, farming, cattle herding, and fire set by cattle herders that we witnessed. Thorough surveys along Yewa River including Igboju, and fragmented forests in two forest reserves are necessary in the near future
... The semi-structured interview has been widely used as a preferred method to obtain local knowledge regarding presence or absence of some primate species to find potential survey sites (Campbell & Hadley 2005;Urbani 2006;Campbell et al. 2008;Parker et al. 2008;Starr et al. 2011;Chi et al. 2014;Ginn & Nekaris 2014) or even to map distribution ranges of some taxa (Sinsin et al. 2002;Djègo-Djossou & Sinsin 2009;Nobimè et al. 2009;Djègo-Djossou et al. 2014). Often, however, primate field studies that use semi-structured interviews do not provide detailed descriptions of the method. ...
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To better understand the status and distribution patterns of threatened anthropoids, we conducted walking surveys and interviews on the western edge of southwestern Nigeria. As we surveyed, we recorded all sightings of the monkeys and evidence of anthropogenic disturbance. We also examined the extent of forest in the southern part of our study area, in particular, Eggua Forest Reserve and Ohumbe Forest Reserve, using Landsat 8 band images. The number of anthropoid species encountered during the surveys varied from zero to four. We sighted C. erythrogaster at Atola community forest (Encounter rate = 0.27 group/km), Royal Forest (private forest) (Encounter rate = 0.08 group/km), and Bola Camp community forest. These are seasonally inundated or riverine forests. The bellies of the C. erythrogaster individuals we saw at the two latter localities indicate that they are C. erythrogaster erythrogaster. No other threatened anthropoids were sighted. At Igboju community forest (part of Eggua FR), where an interviewee stated that C. e. erythrogaster occurs, we only saw mona monkeys (Cercopithecus mona). Bola Camp and adjacent communities, where about 9 km 2 of riverine forest still remains and hunting is limited, have a potential to develop a conservation program. Creating corridors to connect Igboju, Royal Forest, and southern forest fragments in Eggua FR for the conservation of C. e. erythrogaster is also recommended. With our new information, the distribution range of C. e. erythrogaster has now been expanded to east of Benin, but it is still uncertain how widespread this subspecies is. The future of this taxon in this region, however, does not look bright considering the levels of hunting, logging, farming, cattle herding, and fire set by cattle herders that we witnessed. Thorough surveys along Yewa River including Igboju, and fragmented forests in two forest reserves are necessary in the near future. Résume: Dans une visant à mieux comprendre le statut et la répartition des espèces de singes menacés, en se concentrant sur Cercopithecus erythrogaster, nous avons réalisé des randonnées de 49,5 km et des entretiens sur le bord ouest du sud-ouest du Nigeria. Au cours des prospections pédestres, nous avons enregistré toutes les observations et vocalisations de singes et les signes de perturbation anthropique. Nous avons par la suite examiné la superficie de la forêt dans la partie sud de notre zone d' étude, en particulier la Réserve Forestière d'Eggua et la Réserve Forestière d'Ohumbe, sur des images de Landsat 8. Le nombre d' espèces des singe anthropoïde rencontrées lors des prospections pédestres varie de zéro à quatre (moyenne = 1,6). Nous avons observé C. erythrogaster dans la forêt communautaire d'Atola (0,27 groupe/km), dans la Forêt Royale (forêt privée)(0,08 groupe/km) et. 38 / Matsuda Goodwin et al. dans la forêt communautaire de Bola Camp. Ce sont des forêts galeries ou saisonnièrement inondées. Les ventres des individus de C. erythrogaster que nous avons vus dans les deux dernières localités indiquent qu'il sagit de C. erythrogaster erythrogaster. Aucun autre anthropoïde menacé n' a été aperçu. Dans la forêt communautaire d'Igboju (partie de la Réserve Forestière d'Eggua), où un interviewé a déclaré que C. e. erythrogaster se trouve, nous avons seulement vu le singe mona (Cercopithecus mona). Bola Camp et ses communautés avoisinantes, où il reste environ 9 km 2 de forêt fluviale et où la chasse est limitée, ont un potentiel pour un programme de conservation et d' écotourisme. Créer des couloirs pour relier Igboju, Forêt Royale et les ilôts foretiers fragmentés à la Réserve Forestière d'Eggua pour la conservation de C. e. erythrogaster est également recommandé. Avec nos nouvelles informations, l' aire de distribution de C. e. erythrogaster a maintenant été élargie, mais il reste encore à préciser l' étendue exacte de cette sous-espèce. L' avenir de ce taxon dans cette région, cependant, ne semble pas brillant compte tenu des niveaux de la chasse, l' exploitation forestière, l' élevage, l' élevage du bétail, et le feu allumé par les éleveurs de bétail que nous avons vu. Des études approfondies le long du Fleuve Yewa, y compris Igboju, et d' autres zones forestières fragmentées des deux Réserves Forestières sont nécessaires dans un proche avenir.
... The semi-structured interview has been widely used as a preferred method to obtain local knowledge regarding presence or absence of some primate species to find potential survey sites (Campbell & Hadley 2005;Urbani 2006;Campbell et al. 2008;Parker et al. 2008;Starr et al. 2011;Chi et al. 2014;Ginn & Nekaris 2014) or even to map distribution ranges of some taxa (Sinsin et al. 2002;Djègo-Djossou & Sinsin 2009;Nobimè et al. 2009;Djègo-Djossou et al. 2014). Often, however, primate field studies that use semi-structured interviews do not provide detailed descriptions of the method. ...
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To better understand the status and distribution patterns of threatened anthropoids, we conducted walking surveys and interviews on the western edge of southwestern Nigeria. As we surveyed, we recorded all sightings of the monkeys and evidence of anthropogenic disturbance. We also examined the extent of forest in the southern part of our study area, in particular, Eggua Forest Reserve and Ohumbe Forest Reserve, using Landsat 8 band images. The number of anthropoid species encountered during the surveys varied from zero to four. We sighted C. erythrogaster at Atola community forest (Encounter rate = 0.27 group/km), Royal Forest (private forest) (Encounter rate = 0.08 group/km), and Bola Camp community forest. These are seasonally inundated or riverine forests. The bellies of the C. erythrogaster individuals we saw at the two latter localities indicate that they are C. erythrogaster erythrogaster. No other threatened anthropoids were sighted. At Igboju community forest (part of Eggua FR), where an interviewee stated that C. e. erythrogaster occurs, we only saw mona monkeys (Cercopithecus mona). Bola Camp and adjacent communities, where about 9 km 2 of riverine forest still remains and hunting is limited, have a potential to develop a conservation program. Creating corridors to connect Igboju, Royal Forest, and southern forest fragments in Eggua FR for the conservation of C. e. erythrogaster is also recommended. With our new information, the distribution range of C. e. erythrogaster has now been expanded to east of Benin, but it is still uncertain how widespread this subspecies is. The future of this taxon in this region, however, does not look bright considering the levels of hunting, logging, farming, cattle herding, and fire set by cattle herders that we witnessed. Thorough surveys along Yewa River including Igboju, and fragmented forests in two forest reserves are necessary in the near future. Résume: Dans une visant à mieux comprendre le statut et la répartition des espèces de singes menacés, en se concentrant sur Cercopithecus erythrogaster, nous avons réalisé des randonnées de 49,5 km et des entretiens sur le bord ouest du sud-ouest du Nigeria. Au cours des prospections pédestres, nous avons enregistré toutes les observations et vocalisations de singes et les signes de perturbation anthropique. Nous avons par la suite examiné la superficie de la forêt dans la partie sud de notre zone d' étude, en particulier la Réserve Forestière d'Eggua et la Réserve Forestière d'Ohumbe, sur des images de Landsat 8. Le nombre d' espèces des singe anthropoïde rencontrées lors des prospections pédestres varie de zéro à quatre (moyenne = 1,6). Nous avons observé C. erythrogaster dans la forêt communautaire d'Atola (0,27 groupe/km), dans la Forêt Royale (forêt privée)(0,08 groupe/km) et. 38 / Matsuda Goodwin et al. dans la forêt communautaire de Bola Camp. Ce sont des forêts galeries ou saisonnièrement inondées. Les ventres des individus de C. erythrogaster que nous avons vus dans les deux dernières localités indiquent qu'il sagit de C. erythrogaster erythrogaster. Aucun autre anthropoïde menacé n' a été aperçu. Dans la forêt communautaire d'Igboju (partie de la Réserve Forestière d'Eggua), où un interviewé a déclaré que C. e. erythrogaster se trouve, nous avons seulement vu le singe mona (Cercopithecus mona). Bola Camp et ses communautés avoisinantes, où il reste environ 9 km 2 de forêt fluviale et où la chasse est limitée, ont un potentiel pour un programme de conservation et d' écotourisme. Créer des couloirs pour relier Igboju, Forêt Royale et les ilôts foretiers fragmentés à la Réserve Forestière d'Eggua pour la conservation de C. e. erythrogaster est également recommandé. Avec nos nouvelles informations, l' aire de distribution de C. e. erythrogaster a maintenant été élargie, mais il reste encore à préciser l' étendue exacte de cette sous-espèce. L' avenir de ce taxon dans cette région, cependant, ne semble pas brillant compte tenu des niveaux de la chasse, l' exploitation forestière, l' élevage, l' élevage du bétail, et le feu allumé par les éleveurs de bétail que nous avons vu. Des études approfondies le long du Fleuve Yewa, y compris Igboju, et d' autres zones forestières fragmentées des deux Réserves Forestières sont nécessaires dans un proche avenir.
... Ce braconnage touche aussi bien les aires non protégées que les aires protégées. Cependant, partout dans le monde dont le Bénin, des peuples tiennent des aires naturelles et des espèces pour sacrées (Kpéra et al., 2004;Mensah et al., 2006 ;Bio Ouré, 2011 ;Djego-Djossou et al., 2012 ;Djègo-Djossou et Sinsin, 2009). Dudley et al. (2005) ont trouvé des liens entre des croyances et la conservation. ...
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Les sites naturels sacrés regorgent d’espèces traditionnellement protégées. Cette étude menée de juin 2013 à décembre 2013 à Kandi (milieu soudanien) a permis de décrire les espèces de varans et d’analyser la structure morpho-métrique des varans sacrés. Les observations directes, les enquêtes ethnozoologiques semistructurées sur 74 chefs de ménage et chasseurs et, les mesures corporelles des varans capturés ont signalé la présence de Varanus exanthematicus et Varanus niloticus différenciés à partir de la taille (87% des enquêtés), forme (61%), couleur (59%) et tempérament (52%). V. niloticus était sacré pour l’ethnie dominante "Batonu". 84% des captures étaient mâtures, pesaient en moyenne 1484 g pour 111,3 cm de long. La longueur moyenne du museau-cloaque était de 44,7 cm et la queue 65,3 cm. Ils étaient plus courts et moins lourds que V. niloticus du Lac Tchad (milieu sahélien) pouvant traduire une adaptation phénotypique. La longueur de la queue (LQ) et du museau-cloaque (LMC) s’ajustent dans le modèle LQ=1,19LMC + 11,74 (R²=0,73 ; N=37). La longueur totale (L) et la masse corporelle (MC) s’ajustent dans l’équation MC=0,03L - 1,42 (R²=0,81 ; N=37). Toutefois, leur statut écologique doit être analysé en incluant la symbiose hommes-varans.© 2015 International Formulae Group. All rights reserved.Mots clés: Varans, richesse spécifique, données biométriques, KandiEnglish Title: Inventory, morpho-metric structure and importance of sacred monitor lizard of Kandi (Northeastern Benin)English AbstractSacred natural sites abound in traditionally protected species. This study led from June 2013 to July 2013 at Kandi (Sudanese area) has enabled to describe the species of monitor lizards and to analyze the morpho-metric structure of sacred monitor lizards. Direct observations, semi-structure and ethnozoological surveys on 74 heads of household and hunters, and body measurements of monitor lizards captured have indicated the presence of Varanus exanthematicus and Varanus niloticus differentiated from size (87% of investigated), form (61%), color (59%) and temperament (52%). V. niloticus was sacred for “batonu” the dominant ethnic. 84% of the captures were matures, weighed on the average 1484 g and 111.3 cm long. The average of snout-vent-length (SVL) was 44.7 cm and the tail (TL) 65.3 cm. They were more shorts and less heavy than V. niloticus of Lake Chad (sahelian environment). It can express phenotype adaptation. Tail length and snout-vent-length fit in the model TL=1.19SVL + 11.74 (R²=0.73; N=37). Total length (L) and body mass (BM) fit in the equation BM =0.03L – 1.42(R²=0.81; N=37). Therefore, their status must been analyzed including the symbiosis human-monitor lizards.© 2015 International Formulae Group. All rights reserved.
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Le singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster erythrogaster Gray) qui est une sous espèce en danger et endémique du Dahomey Gap est très peu documenté au Togo. Pour connaître sa distribution spatiale, les formes et l’ampleur des menaces auxquelles il est soumis dans le complexe d’aires protégées Togodo, des investigations et prospections pédestres ont été menées dans six zones correspondant aux six villages riverains et dans la forêt sacrée de Godjinmé située à 9 km environ au Sud du complexe. Les effectifs des singes identifiés ainsi que, leurs coordonnées géographiques, leurs activités au moment de l’observation, la distance d’observation et autres informations utiles sont portés sur une fiche technique. Les données collectées ont été traitées grâce à Ms Excel 2013, au logiciel R version 3.1.3. Le logiciel libre Qgis 2.10 a été exploité pour la représentation de la distribution de la sous espèce dans le complexe. Il a été dénombré, 99 individus dans le complexe et 5 dans la forêt sacrée de Godjinmé. Cependant, de nombreuses pressions menacent la survie des populations de ces primates non humains. On note le braconnage, la destruction et les perturbations de leurs habitats par l’agriculture, la transhumance et l’exploitation forestière.
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Le colobe vert olive (Procolobus verus), le plus petit de tous les colobes, est peu documenté au Bénin. De 2008 à 2010, des investigations ont été menées dans le but de déterminer la distribution actuelle de ce singe au Bénin ainsi que les formes et la gravité des menaces pesant sur l'espèce. Pour y parvenir, des enquêtes ont été menées auprès des populations riveraines de 88 villages et de vendeurs de parties et produits d'animaux. Par ailleurs, des prospections ont été menées dans 16 forêts. Les résultats indiquent que le colobe vert olive n'est pas aussi rare qu'on le pensait : sa présence a été confirmée sur des sites où elle n'était pas confirmée auparavant. Son aire d'occurrence actuelle s'étend du sud au nord du Bénin entre 6°30 et 9°45 latitude nord et couvre une superficie de 25 403 km2. Les formes de pression qui pèsent sur la survie du colobe vert olive au Bénin sont les perturbations diverses sur les habitats créées par les activités humaines notamment la chasse de subsistance et l'agriculture extensive. Au regard de ces menaces et du fait du manque de protection du colobe vert olive, une priorité doit être accordée à la conservation de l'espèce.
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Habitat loss and fragmentation are significant threats for primate species worldwide. However, few attempts have been made to look for general patterns in primate responses to habitat loss and fragmentation, or whether these may be associated with species’ traits. We conducted a review of published literature on effects of patch size to quantify the effect of a reduction in this predictor on primates, and to determine whether these effects depend on species’ traits. The effects of patch size on seven response variables (density, parasite prevalence and diversity, presence, genetic diversity, time spent feeding, resting and movement), were extracted from 135 papers and compared across six species traits (diet specialisation, social structure, body size, home range size, group size and dispersal ability). We found that density, parasitic prevalence and diversity and time spent feeding were positively associated with a reduction in patch size, while species’ presence and genetic diversity were negatively associated. Time spent resting and moving did not show clear patterns. We found little evidence that the effect of patch size varies consistently with traits. This study provides important evidence for the consistent effect of patch size on a range of factors that influence the dynamics of primate populations. However, there is a need to move beyond quantifying patch size effects alone and to quantify the effects of changes occurring at broader landscape scales. This would allow more holistic primate conservation strategies to be developed across whole landscapes rather than being focussed on the management of individual patches.
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Understanding habitat preference and use is an important aspect of primate ecology, and is essential for setting conservation strategies. This study examined the activity budget, feeding ecology and selection of sleeping trees of a population of white-thighed colobus (Colobus vellerosus). A group of 18 was followed during 72 days over a full annual cycle in the Kikélé Sacred Forest of the Bassila administrative region in central Benin (West Africa). Activity budget and diet were determined using scan sampling. The structure of the habitat and the physical characteristics of sleeping trees were determined using plot surveys. Resting, feeding, moving, social interactions and other activities accounted for 56.6%, 26.3%, 13.0%, 3.3%, and 0.7% of the activity budget, respectively. The group spent more time feeding and less time moving in the dry season compared to the rainy season. The diet was composed of 35 plant species belonging to 16 families, with items including leaves, fruits, seeds, buds, bark, flowers, gum, and inflorescences. Only three tree species were used as sleeping trees: Celtis integrifolia, Cola cordifolia, and Holoptelea grandis. Our findings suggest that the monkeys prefer tall (22.53 ± SD 3.76 m) and large-trunked (112.07 ± SD 14.23 cm) sleeping trees. The results of this study can be used for sound management of the white-thighed colobus in the study area and elsewhere.
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Englilish The Boabeng-Fiema Monkey Sanctuary in central Ghana has been called a classic example of successful ‘‘traditional’’ conservation. Local hunting taboos on two species of primates (the ursine black and white colobus and the Campbell's monkey) are thought to date back to the 1830s when a local oracle instructed the villagers to ‘‘care for the monkeys’’. However, the same level of protection is not given to the surrounding forest or other animals in the forest. In light of this situation, we examine the extent to which the traditional taboos on the monkeys complement the biological/ environmental conservation agenda. We come to the conclusion that the monkeys embody the history and foundation myths of the villages and serve as a totemic mechanism to preserve the villagers' social world. French Le "Boabeng-Fiema Monkey Sanctuary'' au centre du Ghana est considéré comme un exemple classique de conservation "traditionnelle'' réussie. Les tabous locaux sur la chasse de deux espèces de primates (le colobus oursin noir et blanc et le singe de Campbell) datent, pense-t-on, des années 1830, lorsqu'un oracle local avait fait savoir aux villageois qu'ils devaient "prendre soin des singes''. Cependant, la protection accordée aux singes ne l'est pas à la forêt environnante ou aux autres espèces animales de la forêt. C'est pourquoi l'article cherche à établir dans quelle mesure les tabous traditionnels à l'égard des singes convergent avec l'agenda de conservation biologique/environnementale. L'article en arrive à la conclusion que les singes incarnent l'histoire et les mythes fondateurs de ces villages et servent de mécanismes totémiques pour préserver l'espace social des villageois.
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As a result of forest modification, primates are increasingly having to rely on fragments; so too are the human populations that have historically relied on continuous forest for critical resources. The role of primates in seed dispersal is increasingly understood to have significant unique effects on plant demography and forest regeneration. Our aim in this paper is to explore the potential for monkey seed dispersers to maintain the utility of forest fragments for humans through seed dispersal in the Taï region, western Côte-d'Ivoire. We established a list of fruit species whose seeds are dispersed by seven of eight monkey species occurring in the Taï National Park by using primary data and published accounts of their fruit diet, and determined the abundance of human-used and monkey-dispersed tree species in forest fragments in the broader Taï region. The monkeys of the Taï National Park consumed 75 tree species. Of this total set of 75 species, 52 (69%) were dispersed almost exclusively by monkeys and were found in neighboring forest fragments. Of the 52 fruiting forest tree species that are dispersed by Taï monkeys, 25 (48%) have some utility to local inhabitants suggesting that maintaining populations of primates is important not only for forest regeneration, but also for human populations that rely on forest resources. The conservation of primate species is a critically important goal in itself, but by working to ensure their protection in forest fragments, we certainly protect indirectly the seed dispersal of important human resources in these fragments as well.
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Study of the high level of polymorphism described for Colobus badius, of E Zaire shows that within the two forms ellioti and foai, which are generally accepted for this region, four population aggregates present stable coloration characters. Three are distributed in the lowland forests of the Zaire River (langi and lulindicus) and of the Upper Nile (semlikiensis), the fourth inhabits the montane forests of the western hills of the Central Rift (foai). Between these four population aggregates there is a large hybridization zone characterized by hybrid populations (ellioti and kabambarei) of variable colour and size. This zone of secondary intergradation shows that the red colobus is derived from two different evolutionary lines: the first from the Zaire/Lualaba Basin (lowland forests), the second from the Central Rift (montane forests and the Upper Nile Basin). This shows the importance of the lowland forests for speciation during the final arid period of the Upper Pleistocene. -Author
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The red-bellied guenon (Cercopithecus e. erythrogaster) is an endangered subspecies of primate endemic to the Dahomey Gap. To better understand its distribution pattern, interviews with local people in 180 localities in south Benin and southeast Togo and ground surveys were conducted from 2000 to 2007. The species was found inhabiting eight localities in swamp forests, gallery forests and seasonally-flooded semideciduous forests. Two of these are protected areas: the Lama Forest of Benin and the Togodo Reserve ofTogo. Appropriate conservation actions are necessary for the red-bellied guenon, including improved law enforcement and regular monitoring.
Seed-eating in the African colobines varies according to species and site. Because seeds are more palatable than leaves, seed-eating is considered to result from a positive choice by colobines. A year-long study of the diet of Colobus satanas in Central Gabon confirmed that this species eats a significant amount of seeds. Furthermore, despite large variations in fruit availability, this amount consistently increases when colobines feed in mixed-species troops including frugivorous cercopithecines and mangabeys. Our results show that colobines benefit when feeding in mixed troops and suggest that polyspecific associations are an adaptive strategy that could have positive effects on colobine populations, especially during the period of fruit shortage.
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Field recordings of male loud calls (or roars) from each major form of black-and-white colobus monkey have been analyzed spectrographically, and features of tempo and pitch measured. Considered together with data on cranial dimensions, coat pattern, and geographical distribution, the results of this analysis suggest that there are five species of black-and-white colobus: Colobus angolensis, C. guereza, C. polykomos, C. satanas, and C. vellerosus. C. guereza and C. vellerosus may have differentiated most recently during a major arid event prior to the last Pleistocene glacial maximum; they have an identical low-pitched roar which we consider to be a shared, derived character. The other species, of which C. satanas has the most distinct roar, may belong to older lineages.Copyright © 1983 S. Karger AG, Basel
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Pleistocene refuge theory has been strengthened in the Neotropics by much prominent and recent work. In contrast, models developed in the 1960s for Central African tropics are still retained to-day. Because these were based on knowledge of highland palaeoenvironments and biogeography, and on an almost blank page for lowland forests of the Central Zaire Basin, the discrimination between lowland and montane faunas remained imprecise, and their relative histories somewhat confused. Results of a 5-year study on primate distribution and systematics in the Zaire Basin do not support the previously proposed diversity gradients, and show that the so-called East Central major refuge was drawn from the addition of allopatric faunas. We point out the high specific richness and endemism of lowland forests on both sides of the Zaire River, and suggest the existence of a quaternary Major Fluvial Refuge. The validity of the palaeoenvironmental history currently proposed for Central Africa, especially the extent of lowering of montane forest and the degree of persistence of lowland forest, is questioned.
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Records of the occurrence of larger mammals in Benin for the period 1974—79 are summarized. Quarter degree square distribution maps are given for the more conspicuous species. Abundant populations of savanna mammals exist in the Pendjari and ‘W’ National Parks and adjoining hunting reserves in the north. Programmes to eradicate trypanosomiasis and onchocerciasis will lead to increased agricultural development and a consequent loss of savanna wildlife outside these parks and reserves. There are no effectively protected areas in the forested south and uncontrolled logging followed by agricultural development threatens all forest mammals.