ArticlePDF Available

Evaluation du potentiel ethnobotanique des populations rurales au Sud et au centre du Bénin

Authors:

Abstract and Figures

Les ressources vegetales constituant pour les ruraux, d’importantes sources de soins medicaux et d’aliments, sont mal gerees du fait de la forte emprise humaine. Cette etude diagnostique, evalue les connaissances ethnobotaniques des populations rurales au Benin, en vue d’analyser le niveau de conservation par rapport aux anciennes collections des annees 1935 et 1940 effectuees par Laffite. La methode de collecte de donnees est faite d’enquetes ethnobotaniques et de releves floristiques. Au total, 232 especes utiles ont ete collectees dont 25,86% recensees par Laffite. Parmi elles, 96% sont notamment utilisees en medecine traditionnelle, 20% en spiritualite, 13% dans l’alimentation et 3% en technologie. Certaines especes mentionnees par Laffite ont disparu ( Milletia thonningii, Premna hispida, Bryophyllum pinnatum, Spilanthes uliginosa, Caesalpinia bonduc, Tephrosia vogelii et Cissampelos mucronata ) des terroirs, tandis que d’autres sont vulnerables en declin ( Afraegle paniculata, Antiaris toxicaria, Carissa edulis, Commiphora africana, Crateva adansonii, Pseudocedrela kotschyi, Securidaca longipedunculata, Leptadenia hastata et Tylophora camerunica ). L’urbanisation, l’agriculture itinerante, les changements climatiques et l’introduction d’especes exotiques sont autant de facteurs expliquant cette vulnerabilite. La prise de mesure de protection, l’installation de jardins de case et l’adoption d’approche de gestion durable de cette phytodiversite sont urgentes. Keywords : Ethnobotanique, Laffite, phytodiversite, vulnerabilite, conservation, Benin
Content may be subject to copyright.
Available online at http://ajol.info/index.php/ijbcs
Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, August 2011
ISSN 1991-8631
© 2011 International Formulae Group. All rights reserved.
DOI : http://dx.doi.org/10.4314/ijbcs.v5i4.10
Original Paper
http://indexmedicus.afro.who.int
Evaluation du potentiel ethnobotanique des populations rurales au Sud et au
centre du Bénin
J. DJEGO, S. DJEGO-DJOSSOU
*
, Y. CAKPO, P. AGNANI et B. SINSIN
Laboratoire d’Ecologie Appliquée, Faculté des Sciences Agronomiques, Université d’Abomey-Calavi, 01 BP
526 Cotonou, Bénin.
*
Corresponding author, E-mail: gdjego@yahoo.fr
RESUME
Les ressources végétales constituant pour les ruraux, d’importantes sources de soins médicaux et
d’aliments, sont mal gérées du fait de la forte emprise humaine. Cette étude diagnostique, évalue les
connaissances ethnobotaniques des populations rurales au Bénin, en vue d’analyser le niveau de conservation
par rapport aux anciennes collections des années 1935 et 1940 effectuées par Laffite. La méthode de collecte de
données est faite d’enquêtes ethnobotaniques et de relevés floristiques. Au total, 232 espèces utiles ont été
collectées dont 25,86% recensées par Laffite. Parmi elles, 96% sont notamment utilisées en médecine
traditionnelle, 20% en spiritualité, 13% dans l’alimentation et 3% en technologie. Certaines espèces
mentionnées par Laffite ont disparu (Milletia thonningii, Premna hispida, Bryophyllum pinnatum, Spilanthes
uliginosa, Caesalpinia bonduc, Tephrosia vogelii et Cissampelos mucronata) des terroirs, tandis que d’autres
sont vulnérables en déclin (Afraegle paniculata, Antiaris toxicaria, Carissa edulis, Commiphora africana,
Crateva adansonii, Pseudocedrela kotschyi, Securidaca longipedunculata, Leptadenia hastata et Tylophora
camerunica). L’urbanisation, l’agriculture itinérante, les changements climatiques et l’introduction d’espèces
exotiques sont autant de facteurs expliquant cette vulnérabilité. La prise de mesure de protection, l’installation
de jardins de case et l’adoption d’approche de gestion durable de cette phytodiversité sont urgentes.
© 2011 International Formulae Group. All rights reserved.
Mots clés : Ethnobotanique, Laffite, phytodiversité, vulnérabilité, conservation, Bénin.
INTRODUCTION
Les formations forestières fournissent
de très nombreuses ressources animales et
végétales qui sont des sources d’alimentation,
de plantes médicinales, de fourniture en bois-
énergie, et bois d’œuvre pour les populations
locales (Sokpon et Lejoly, 1996 ; Ros-Tonen,
1999 ; Goussanou et al., 2011). Le milieu
tropical auquel appartient l'Afrique en grande
partie, dispose d’une diversité biologique très
élevée, à tel point que l'avenir de notre planète
dépend de sa survie. Mais cette survie se voit
menacée par des attaques catastrophiques dues
aux variations climatiques provoquées ou non
et aux interventions humaines contrôlées ou
non (Adjanohoun et al., 1999 ; Delvaux et al.,
2010). La perte de couverture forestière a
atteint dans la décennie 1990-2000, 14,2
millions ha/an et l’Afrique, avec seulement
16,8% du couvert mondial, a contribué pour
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1433
56% à cette réduction du couvert forestier
(Djègo, 2006). C’est le cas en Afrique au Sud
du Sahara et particulièrement au Bénin les
ressources génétiques, précisément les espèces
médicinales s’amenuisent progressivement à
cause de leur utilisation abusive.
Dans le monde, les couvertures
forestières s’amenuisent dangereusement
(Djègo and Oumorou, 2009) et très souvent,
leur existence est remise en question
(Yessoufou, 2005). Les menaces qui pèsent
sur ces formations végétales comprennent les
pratiques culturales, l’élevage, l’exploitation
du bois et des Produits Forestiers Non
Ligneux (Sokpon and Agbo, 2001 ; Sinsin et
al., 2009), la croissance démographique et
urbanisation (Yessoufou, 2005). L’Afrique de
l’Ouest perd chaque année 4% de forêt dense
(Harrison, 1991). Dans le cas particulier du
Bénin, la couverture forestière est passée de 4
923 000 ha en 1990 à 4 625 000 ha en 1995
soit une perte totale de 298 000 ha de forêts en
5 ans (FAO, 1999). Le Bénin perd 60 000 ha
de forêt par an soit un taux annuel de
déforestation évalué à 1,2%. Cette
déforestation n’est pas sans conséquences sur
la conservation des ressources biologiques et
notamment sur les plantes médicinales qui
demeurent encore une source de soins
médicaux dans les pays en voie de
développement, en l'absence d'un système
médical moderne (Tabuti et al., 2003 ; Deleke
et al., 2009). En effet, la destruction des forêts
tropicales est la cause essentielle de réduction
de la diversité biologique (Djègo and Sinsin,
2006) et présente des conséquences
économiques et écologiques graves. De
nombreuses espèces forestières utiles sont-
elles vulnérables de nos jours ou menacées
d’extinction ? Quand n’est-il de la
conservation de savoirs ethnobotaniques
traditionnels ? Une attention particulière devra
être accordée à la conservation et au maintien
de l’habitat, pour la sauvegarde des plantes
médicinales en ril. En effet, depuis la
récession économique touchant la plupart des
pays africains sub-sahariens, un nouveau type
de commerce a fait son apparition ; celui
d’inonder anarchiquement les marchés
nationaux et internationaux, de plantes
thérapeutiques. Pour qu'il y ait disponibilité
durable de ces plantes médicinales, il est
important de penser dès à présent à leur
conservation. D’où l’intérêt de la présente
étude effectuée dans neuf (09) communes au
Sud et au Centre du Bénin qui a pour objectif
d’évaluer les connaissances ethnobotaniques
des populations rurales et la flore utile en vue
d’analyser le niveau de conservation par
rapport aux anciennes collections des années
1935 et 1940 effectuées par Laffite. Il s’agira
entre autre d’identifier les espèces menacées
ainsi que les différentes stratégies de leur
conservation.
MATERIEL ET METHODES
Milieu d’étude
La présente étude a été effectuée dans
les départements du Littoral (Commune de
Cotonou), de l’Atlantique (Communes
d’Allada et de Ouidah), du Zou (Communes
d’Abomey et de Djidja), des Collines
(Communes de Dassa-Zoumè, de Glazoué, de
Savalou et de Bantè). Le Tableau 1 présente
les caractéristiques démographiques,
climatiques et édaphiques de ces sites de la
zone d’étude (Figure 1).
Méthodologie
La principale source de données
exploitée pour ce travail relève des enquêtes
sur l’exploitation des ressources végétales
dans les différentes localités ainsi que les
impacts des activités agricoles sur ces espèces.
Ces données ont été collectées en utilisant la
technique d’entretiens structurés basés sur des
questionnaires permettant aux enquêteurs de
mieux orienter leur discussion avec les
enquêtés. Les informations recueillies
concernent le profil de chaque enquêté (âge,
niveau d’études, situation familiale, revenu et
lieu de résidence) ; la plante (nom local
commun, usages, partie utilisée, mode de
préparation, période de collecte, type de
plante et prix). Toutes les espèces ont été
mentionnées par les enquêtés par leur nom
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1434
commun. L’identification taxonomique des
espèces a été réalisée sur place à l’aide de
flores ou ultérieurement à l’herbier national
du Bénin. A cet effet, des herbiers ont été
réalisés.
Des techniques d’analyse descriptive
simple ont été effectuées. La méthode Tramyl
IV a permis de dégager les espèces les plus
significatives pour traiter chaque maladie.
Les données inscrites sur des fiches de
données brutes ont été transférées dans une
base de données et traitées par le logiciel de
traitement statistique SPSS et STATISTICA.
RESULTATS
Profil des enquêtés
Six groupes ethniques ont été
rencontrés au cours de l’enquête. Il s’agit des
Aïzo (commune d’Allada) ; Fons (communes
d’Abomey, de Cotonou, de Ouidah et de
Djidja), Idaasha (Commune de Dassa-
Zoumé), Ifè (Commune de Savalou), Isha
(Commune de Bantè) ; Mahi (Communes de
Dassa-Zoumé et de Savalou).
Dans le Sud et au Centre du Bénin,
l’âge moyen des enquêtés tourne autour de 65
ans. Le ratio Homme/Femme enquêté est
largement favorable pour le sexe masculin
94% d’hommes pour 6% de femmes dans le
Centre tandis qu’il est de 54% pour le sexe
féminin et de 46% pour les hommes dans le
Sud. Cette tendance à la féminisation de
l’échantillon au sud du Bénin est due au fait
que dans la commune de Cotonou, seules les
vendeuses de plantes médicinales ont été
questionnées.
Dans la plupart des cas, les enquêtés
mènent des activités doubles (Agriculteur-
Phytothérapeute) ou multiples. En se fondant
sur les activités prioritaires, au Centre du
Bénin, 61,4% des enquêtés sont des
agriculteurs (Figure 2), 25,5% des
phytothérapeutes ou guérisseurs traditionnels,
3,4% sont des ménagères et 9,7% exercent des
métiers qui sont plus ou moins liés aux plantes
(maçon, forgeron, artiste, apiculteur, médecin
vétérinaire etc.).
Dans le Sud, l’échantillon est constitué
de 50% de vendeuses de plantes médicinales,
25% de tradipraticiens, 11% d’agriculteurs et
enfin 14% sont des tailleurs, coiffeuses et
autres.
Inventaire et exploitation des ressources
Dans la zone d’étude 232 espèces utiles
ont été recensées dont 190 au Sud et 42 au
Centre. Parmi ces espèces s’y retrouve la
majorité des espèces collectées par Laffite
entre les années 1935 et 1940. Ainsi, au Sud et
au Centre Bénin, respectivement 15,8% et
71,4% des espèces collectées ont été recensées
par Laffite.
La fréquence d’utilisation des plantes
médicinales selon les localités investiguées
présente une différence significative au Sud (p
< 5%) et non significative au Centre (p > 5%)
du Bénin. Ainsi, l’analyse de la répartition des
espèces par communes (Figure 3) révèle qu’au
Sud, le grand nombre d’espèces est observé à
Abomey (104 espèces) et à Ouidah (98
espèces) tandis qu’à Allada et Cotonou,
s’observent les plus faibles nombres
(respectivement 76 et 73 espèces). Toutefois,
les espèces mentionnées par Laffite sont
présentes dans toutes les communes en
effectifs presque semblables (Figure 3). Ceci
s’explique par le fait que les espèces de
Laffite sont presque toutes médicinales et
reconnues par les populations. A Abomey
(ville historique) et Ouidah (ancienne ville
portuaire), le grand nombre d’espèces
recensées signale l’attachement des
populations aux connaissances traditionnelles
liées à l’usage des plantes utiles ; tandis qu’à
Cotonou et Allada, le caractère cosmopolite
de ces villes influence négativement le
maintien et la transmission des connaissances
ethnobotaniques.
Représentations socio-anthropiques des
végétaux et leurs usages
Les connaissances ethnobotaniques des
populations du Sud et du Centre Bénin sont
traditionnellement riches à cause de la
diversité des groupes ethniques, des coutumes
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1435
et des traditions mais aussi de la diversité des
espèces végétales et de leur habitat. La flore
joue un rôle important dans la vie des
populations rurales. Elle est utilisée à
plusieurs fins. Dans l’ordre d’importance, on
distingue (Figure 4) les plantes utilisées en
médecine traditionnelle (73%), en spiritualité :
sorcellerie, mauvais sorts, conflits (15%), en
alimentation (10%) et en technologique (2%).
Il ressort que les populations rurales de la
zone d’étude sont fortement attachées aux
ressources naturelles végétales qui constituent
leur principale source d’approvisionnement en
médicaments, en aliments, et d’un tas
d’utilisations importantes de la vie
quotidienne.
Fréquence d’utilisation des plantes utiles
dans la zone d’étude
Sur les 232 espèces recensées au Sud et
au Centre du pays, 178 sont spontanées,
récoltées dans les formations végétales ; 24
espèces sont importées d’autres régions et une
trentaine cultivées dans les jardins de case. Au
sein des populations, 82,8% des enquêtés
utilisent les espèces végétales médicinales
prélevées dans les formations végétales
(Figure 5), 12,1% exploitent les espèces
cultivées autour des habitations et 5,2%
utilisent aussi des espèces issues d’autres
régions. Cette faible utilisation d’espèces
importées se justifie par leur prix élevé.
Parmi les espèces utilisées en médecine
traditionnelle, Carissa edulis, Clausena
anisata, Crateva adansonii, Anogeissus
leiocarpa et Pavetta crassipes, sont les plus
exploitées. En spiritualité, les espèces
fréquemment utilisées sont : Commiphora
africana, Clitoria ternatea, Vernonia
amygdalina, Vernonia cinerea et Philenoptera
cyanescens. En alimentation, il s’agit de
Boerhavia diffusa, Pterocarpus santalinoides
et Vernonia amygdalina. Antiaris toxicaria
bien qu’ayant des usages spirituel et médicinal
est également utilisée dans la fabrication des
pirogues. Les populations font recours au
Leptadenia hastata comme cure dent.
Au centre du Bénin, une quinzaine
d’espèces sont déclarées alimentaires. Elles
sont utilisées soit pour la cause alimentaire
sensus stricto (Vernonia spp, Prosopis
africana, Carissa edulis, Grewia mollis etc.),
soit pour le traitement des maladies (Afraegle
paniculata, Euphorbia convolvuloides,
Vernonia cinerea, etc.). En fonction des types
de maladies, ce sont les espèces qui ont des
vertus contre le paludisme, le traitement des
maladies infantiles et les aphrodisiaques qui
sont les plus utilisées. Les organes utilisés
sont identiques à celles énumérées pour
Laffite. En dehors des espèces de Laffite, il a
été recensé d’autres espèces dont les plus
fréquemment utilisées en médecine
traditionnelle sont : Caesalpinia bonduc,
Ocimum gratissimum, Uvaria chamea,
Phyllanthus amarus, Mangifera indica, etc.
Drogues utilisées, espèces significatives et
usages
Les populations de la zone d’étude ont
signalé huit drogues végétales (Figure 6) qui
entrent dans les préparations de recettes
thérapeutiques. Il s’agit de : feuille, racine,
écorce, fruit, fleur, sève, latex et bulbe. Parmi
ces drogues, les plus utilisées sont les feuilles
(41%), les racines (20%) et les écorces (15%).
Le latex et le bulbe étant les organes ayant les
plus faibles fréquences de citation (2%).
Parfois, la drogue végétale peut être constituée
par la plante entière. C’est le cas de
Euphorbia convolvuloides et de Vernonia
cinerea.
Le Tableau 2 indique l’utilité de
quelques plantes significatives ainsi que les
drogues et le nombre de pathologies indiqués
par les populations au Sud et au Centre du
Bénin.
La majorité de ces espèces sont
utilisées dans un nombre important de
maladies (paludisme, maladies infantiles,
infections virales et bactériennes, affections
cardio-vasculaires, dermatoses, troubles
gynécologiques, etc.). Elles sont souvent
utilisées comme aphrodisiaque (Carissa
edulis) ou contre le paludisme, soit après
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1436
accouchement et pour les nourrissons
(Caesalpinia bonduc). Leurs racines et
écorces sont prélevées en abondance ou
utilisées majoritairement par les
tradipraticiens dans les cérémonies de lutte
contre la sorcellerie. Ce sont des espèces
ayant des vertus spirituelles (chance, conflits).
Mais elles ne sont cultivées pour assurer la
disponibilité de la ressource. Chez
Caesalpinia bonduc par exemple, non
seulement l’espèce est sollicitée à des fins
thérapeutiques, ces graines sont aussi utilisées
pour le jeu de « Domino » ; ce qui constitue
une réelle menace pour la pérennité de
l’espèce. Une autre menace évoquée pèse sur
Carissa edulis ; du fait de l’exploitation
intense de ses racines et de sa régénération
difficile due à la toxicité de ses semences.
Prélèvement des organes et disponibilité
des espèces
Selon les enquêtés, les prélèvements se
font en fonction des besoins et ceci au
détriment de la survie des espèces. Il est
recommandé d’effectuer les prélèvements t
le matin, car ils estiment que les vœux
formulés au réveil avant de manger du sel ou
d’échanger des paroles avec quelqu’un sont
très souvent exhaussés. Toutefois, dans des
cas spécifiques des maladies complexes à
connotation de sorcellerie ou dans des cas
d’envoûtement ou de désenvoûtement, il est
nécessaire de prendre des dispositions
particulières pour prélever le matériel végétal.
Ainsi, avant de prélever des feuilles, des tiges
feuillées ou des écorces de Detarium
senegalense ou le Detarium microcarpum
pour un désenvoûtement ou pour la protection
contre la sorcellerie, il faudra prendre les
dispositions suivantes :
- Etre dans un état spirituel pur (éviter
un acte sexuel 24 h avant) ou bien en cas
d’urgence prendre un bain de purification
avec Ocimum canum, Ocimum basilicum,
Portulaca oleracea et Newbouldia laevis
avant d’aller vers le végétal.
- Prélever les écorces du côté Est et du
côté Ouest pour certains, dans les quatre
points cardinaux pour d’autres.
- Remercier le végétal et partir sans
regarder derrière pour assurer la réussite du
rituel.
L’aspect métaphysique apparaît dominant
dans les prélèvements des plantes. Le
caractère scientifique est absolument absent
des dispositions particulières de prélèvement
des espèces. Enfin, il faudra obtenir des
autorisations spéciales des gardiens des sites
sacrés lorsque l’on veut prélever des espèces
comme Commiphora africana.
En ce qui concerne la disponibilité des
ressources, plusieurs espèces végétales
recensées sont encore répandues dans le
milieu mais d’autres sont menacées. Une
comparaison faite avec la liste des espèces
recensées par Laffite au cours des années
1935 et 1940, a permis de se rendre compte de
la vulnérabilité de nos jours de certaines
d’entre elles. Ainsi, se distinguent :
- Des plantes disparues dans la nature
et qui n’existent plus qu’en culture ; il s’agit
de Milletia thonningii, Premna hispida,
Bryophyllum pinnatum, Spilanthes uliginosa,
Caesalpinia bonduc, Tephrosia vogelii et
Cissampelos mucronata.
- Des plantes vulnérables en déclin
dont le peuplement déjà limité est en
diminution. Il s’git de Afraegle paniculata,
Antiaris toxicaria, Carissa edulis,
Commiphora africana, Crateva adansonii,
Pseudocedrela kotschyi, Securidaca
longipedunculata, Leptadenia hastata,
Tylophora camerunica et Vernonia cinerea.
- Des plantes en déclin qui étaient
répandues précédemment et dont les
populations diminuent à cause de la
destruction des populations sauvages. Il s’agit
de Polygala arenaria, Pterocarpus
santalinoides, Morinda lucida, Uvaria
chamae, Phyllantus amarus, Ficus thonningii,
Pycnanthus angolensis, Portulaca meridiana,
Justicia flava et Uraria picta.
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1437
Tableau 1: Caractéristiques démographiques, climatiques et édaphiques des sites prospectés.
Communes
Variables Abomey Allada Ouidah Cotonou
Département Zou Atlantique Atlantique Littoral
Superficie 142 Km² 381 km² 364 km
2
79 km
2
Population (habitants)
(INSAE 2002) 78.341 habitants 91.778 habitants 76.551 habitants 761. 137 habitants
Activités principales - Agriculture
- Elevage
- commerce
- Agriculture
- Elevage
- Commerce
- Agriculture
- Pêche - Commerce
- Pêche
Climat Guinéen: 2 saisons
de pluie et 2 saisons
sèches
Guinéen: 2 saisons de
pluie et 2 saisons
sèches
Guinéen: 2 saisons de pluie et 2 saisons sèches Equatorial : 2 saisons de pluie et de 2
saisons sèches
Pluviométrie (mm/an) 1133 mm 800 et 1000 mm 950 et 1150 mm 800 à 1200 mm
Température (°C) 27,50 26,80 27 27
Sols Vertisols
(montmorillonite) Ferrallitique sans
concrétions sur roches
sédimentaires
Sablonneux
Ferralitiques Sablonneux
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1438
Tableau 2 : Drogues et usages de quelques espèces significatives.
Espèces Usages Drogues végétales Nombre de maladies traitées Zone
Afraegle paniculata (Schum. and Thonn.) Engl. Med Fel, R, Fr, Ec 4 Sud / Centre
Aneilema lanceolatum Benth. Sp, Med Fel, fr, Ec; R 5 Sud
Anogeissus leiocarpa (DC.) Guill. and Perr. Med Fel, R, tige, Ec 11 Sud
Antiaris toxicaria Lesch. subsp. welwitschii (Engler) C.C. Berg
Sp, Med Ec, sève, Fel R 10 Sud
Boerhavia diffusa L. Med, Al Fel, fr, Ec, graine; R
9 Sud / Centre
Carissa edulis (Forssk.) Vahl Med, Al R, Fel, Ec 15 Sud / Centre
Clausena anisata (Willd.) Benth. Sp, Med R; Fel 7 Sud
Clitoria ternatea L. Sp Fel 1 Sud
Commiphora africana (A. Rich.) Engl. Med, Sp Fel 4 Sud / Centre
Crateva adansonii DC. Med Fel, R 9 Sud / Centre
Detarium senegalense J.F. Gmel. Med R 1 Sud / Centre
Dichrostachys cinerea (L.) Wight and Arn. Med Fel 9 Sud
Euphorbia convolvuloides Hochst. ex Benth. Med Fel, Sève, R 3 Sud / Centre
Leptadenia hastata (Pers.) Decne Med Tige 1 Sud
Maranthes kerstingii (Engl.) Prance Med Ec, Fel, R, tige 4 Sud
Millettia thonningii (Schum. and Thonn.) Bak. Med Fel, tige 3 Sud
Morinda lucida Benth. Med Fel, R 7 Sud
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1439
Paullinia pinnata L. Med Fel, R 6 Sud / Centre
Pavetta crassipes K. Schum. Med, Sp Fel, R, tige, Ec 4 Sud
Pericopsis laxiflora (Benth. ex Bak.) van Meeuwen Med Fel 1 Sud / Centre
Polygala arenaria Willd. Med Fel 1 Sud
Prosopis africana (Guill. and Perr.) Taub. Med Fel, fr, R, Ec, Tige 3 Sud / Centre
Pseudocedrala kotschyi (Schweinf.) Harms Med tige, Ec, R 3 Sud
Pterocarpus santalinoides DC. Al, Med Fr, Fel, Ec 4 Sud / Centre
Schwenckia americana L. Med Fel 2 Sud
Securidaca longipedunculata Fres. Med Ec, R 2 Nord
Tephrosia vogelii Hook. f. Med Fel 3 Sud
Vernonia amygdalina Del. Al, Sp Fel 1 Sud / Centre
Vernonia cinerea (L.) Less. Med, Sp Fel, tige 3 Sud / Centre
Légende : Al = Alimentaire ; Med = Médicinal ; Sp = Spirituel ; Fel = Feuille ; Fl = Fleur ; Fr = Fruit ; R = Racine ; Ec = Ecorce
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1440
Figure 1 : Situation du milieu d’étude.
Figure 2 : Répartition de la population d’étude suivant les catégories professionnelles au Sud et au
Centre Bénin.
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1441
0
20
40
60
80
100
120
Abomey Allada Cotonou Ouidah
Communes
Nbre d'espèc es
Espèces LAFFITE
Autres espèces
Total
Figure 3 : Répartition du nombre d’espèces recensées par commune.
Figure 4 : Différentes utilisations des plantes médicinales par ordre d’importance au Sud et au
Centre du Bénin.
Figure 5 : Fréquence d’utilisation des plantes utiles selon leur provenance.
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1442
Figure 6 : Fréquence d’utilisation des drogues végétales au Sud et au Centre Bénin.
Figure 7: Causes de la vulnérabilité des espèces.
DISCUSSION
Impact des activités agricoles sur la
vulnérabilité de la phytodiversité
Les aires de distribution des espèces
végétales et plus particulièrement celles ayant
des vertus thérapeutiques s’amenuisent. Les
pratiques agricoles dévastatrices comme
l’agriculture itinérante sur brûlis demeure la
pratique culturale la plus dominante au Bénin
(Adégbola et al., 2002 ; Goussanou et al.,
2011) entraînant inévitablement l’utilisation
d’espace très important. Ce qui est confirmé
par Floquet and Mongbo (1998) qui affirment
que l’agriculture provoque à court ou moyen
terme une dégradation des terres et des
écosystèmes. L’installation d’un champ passe
par le défrichage et l’élimination des espèces
compétitives des cultures. Celles qui sont
épargnées dès le début de l’installation du
champ finissent toujours par être éliminées du
fait de l’isolement ou de l’exploitation.
Seules, les espèces comme Parkia biglobosa,
Vitellaria paradoxa et Securidaca
longepedunculata fournissant peu d’ombrage
sont parfois viables dans les champs et ceci
surtout dans le Centre du pays. Les espèces
comme Milletia thonningii, Afraegle
paniculata, Premna hispida, Detarium
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1443
senegalensis, Tephrosia vogelii, etc., sont
menacées de disparition du fait de l’extension
des surfaces agricoles suite à un
accroissement des populations et une demande
plus accrue des terres cultivables.
L’exploitation incontrôlée de certaines
espèces (Afraegle paniculata, Detarium
senegalense, Tephrosia vogelii, etc.) ainsi que
le mode de prélèvement des organes sensibles
(racines, fruits, graines, écorce) sont aussi des
causes de vulnérabilité des espèces. De pareils
résultats sont en accord avec ceux obtenus par
Sinsin et al. (2009) qui démontrent que les
ressources végétales sont soumises à de fortes
pressions humaines (agriculture,
transhumance, émondage, feux de brousse,
collecte des PFNL et occupation aux fins
d’habitation) qui à divers degrés influencent
négativement la conservation durable des
forêts. Autres raisons évoquées par les
enquêtés dans la régression des aires de
distribution des plantes médicinales surtout au
Sud Bénin, sont l’urbanisation, les
changements climatiques et l’introduction
d’espèces exotiques. La principale raison
évoquée par les tradithérapeutes, les
vendeuses ou les agriculteurs est
l’urbanisation. Cette urbanisation étant perçue
comme l’occupation des espaces par les
infrastructures (routes, bâtiments, etc.),
réduisant du coût les espaces occupés par les
espèces (Kateb, 2004).
En ce qui concerne l’introduction
d’espèces exotiques, ce facteur est
essentiellement évoqué par rapport aux
fruitiers où 10% des enquêtés ont affirmé que
l’introduction de Tectona grandis par exemple
a réduit considérablement la production des
fruitiers comme celle de Pterocarpus
santalinoides. L’introduction d’essences
exotiques étant déjà été signalée comme
nuisible au développement des espèces
endogènes du milieu (Djègo and Sinsin,
2006).
Impact des activités socio-économiques sur
la vulnérabilité de la phytodiversité
La valorisation des espèces passe par
les usages qu’en font les populations. Les
ligneux sont utilisés à diverses fins : bois de
service, bois énergie, charbonnage,
exploitation commerciale des racines et
écorces des espèces médicinales très
recherchées. Les espèces recensées sont
souvent commercialisées au niveau des
marchés. Les principales régions qui
pourvoient ces marchés en plantes
médicinales sont : Savalou, Dassa, Abomey et
Covè. Dans les marchés, la quantité de racines
et écorces vendues à 100 Francs CFA varie
entre 100.0 g et 300.0 g pour la plupart des
espèces sauf les racines de Carissa edulis dont
10.0 g sont vendues à 100 Francs CFA.
Concernant les feuilles, la botte de 5.0 g est
vendue à 25 Francs CFA. En moyenne la
recette mensuelle est de 24.000 F CFA soit
1.000 F CFA par jour dans les communes
d’Abomey, de Ouidah et d’Allada. Ce qui
correspond à 240 bottes de racines par mois,
soit 24.0 Kg de racines vendus par mois;
tandis qu’à Cotonou, 600 bottes de racines ou
60.0 Kg sont vendues mensuellement. Cet
écart peut s’expliquer par le fait qu’à Cotonou
la forte démographie et le faible pouvoir
d’achat amènent la majorité des populations à
recourir aux plantes médicinales. Les recettes
journalières de ces communes (Abomey,
Ouidah et Allada) confirment celles trouvées
par Bonou (2008) et Toyi (2005) dans le Nord
du Bénin. Cette commercialisation induit un
prélèvement abusif des espèces sans aucune
action de conservation. Ceci constitue la
principale menace évoquée par les populations
sur les plantes médicinales. Les raisons telles
que la fermeture des tunnels, l’agriculture, la
non culture de certaines espèces et autres
causes (toxicité des graines, rituels
destructeurs) sont également évoqués. Il est à
noter que c’est uniquement à Abomey qu’il a
été évoqué comme menace, la fermeture des
tunnels (creusés pour servir de refuge aux
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1444
populations durant les guerres ancestrales).
Ces tunnels constituent de véritables réserves
de ressources végétales et animales qui sont
actuellement détruites à cause de
l’urbanisation. Un autre cas évoqué dans la
commune d’Abomey est l’abattage
systématique de certaines espèces comme
Cassia tora après certains rituels par les
tradipraticiens. Bien que ce soit des pratiques
rares, il n’en demeure pas moins qu’elles
constituent une menace grave pour l’espèce.
Dans la commune d’Allada, ce sont surtout les
fruitiers (Spondias monbin, Uvaria chamae,
etc.) qui ont été évoqués comme espèces
menacées. A Ouidah, c’est plutôt Imperata
cylindrica qui a été reconnu vulnérable, car il
est systématiquement détruit des champs du
fait de son caractère invasif ; de plus, son
rhizome est utilisé contre l’hypertension
artérielle; le paludisme et l’ictère. Dans le
Centre du pays, certaines espèces (Tephrosia
vogelii et Premna hispida) sont très peu
connues des populations du fait de leur très
forte réduction dans le milieu.
En somme, les menaces qui pèsent sur
les espèces sont réelles et préoccupantes
(Figure 7). Elles sont liées principalement aux
mauvaises exploitations d’organes sensibles
(39%), à l’agriculture extensive (27%), à la
déforestation (11%) et à l’urbanisation (9%).
Elles sont dues aux prélèvements intenses, aux
mutilations, à la déforestation incontrôlée ou
mal gérée, aux pratiques agricoles
dévastatrices (Adomou et al., 2007 ; Deleke et
al., 2009 ; Delvaux et al., 2009).
Vue toutes ces pressions qui pèsent sur
les plantes médicinales, quelles sont alors les
mesures de conservation développées par la
population pour assurer leur pérennité ?
Mesure de protection
La principale mesure de protection
évoquée par les enquêtés est la mise en place
de jardin de proximité ou jardin de case. 58%
des enquêtés (tradithérapeutes et les
agriculteurs surtout) ont affirmé disposer de
jardin qu’ils ont aménagé pour cultiver
certaines espèces rares ou couramment
utilisées. La commune d’Allada a plus de
jardins (87% des enquêtés). Viennent ensuite
Abomey (60%) ; Ouidah (53%) et enfin
Cotonou (31%). Dans la commune d’Allada,
au-delà des jardins de case, il a été observé
dans l’arrondissement de Hinvi, un jardin
botanique bien aménagé et clôturé. Ce jardin a
été mis en place pour sauvegarder certaines
plantes menacées telles que: Afraegle
paniculata, Ficus exasperata; Milicia excelsa,
Terminalia superba, Tamarindus indica,
Cassia sieberiana, Tetrapleura tetraptera,
Annona senegalensis, Khaya senegalensis,
Zanthoxylum zanthoxyloides, etc. Les
différentes espèces cultivées dans les maisons
sont : Ocimum basilicum, Cymbopogon
citratus, Ocimum gratissimum, Vernonia
amygdalina, Carica papaya, etc. Les espèces
rares cultivées dans les jardins sont :
Pycnanthus angolensis, Uraria picta,
Gossypium arboreum L., etc. Dans la
commune d’Abomey, il a été également noté
une autre forme de mise en place de jardin qui
se fait comme un parterre les espèces
médicinales sont mélangées avec celles
ornementales pour embellir les maisons et leur
devanture.
Pour éviter la disparition d’espèces, la
substitution d’organes sensibles (utilisation
des feuilles par exemple à la place des
racines) peut être envisagée. D’autres
stratégies de prélèvement d’organes se
pratiquent à savoir : le prélèvement des
racines fasciculées à la place de la racine
pivotante. En ce qui concerne l’écorçage, il est
préférable qu’il se réalise d’un côté et non tout
autour afin de favoriser la reconstitution de la
partie manquante. De pareils constats ont été
faits par Delvaux (2009) dans la forêt classée
des Monts Kouffé.
Dans le centre du Bénin, outre
Vernonia amygdalina (souvent cultivé par les
femmes), Commiphora africana, et Crateva
adansonii (d’usages courants) plantées dans
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1445
les jardins de case, les populations préfèrent
récolter les espèces dans la nature, même si
elles sont dans des biotopes assez éloignés des
habitations. Ainsi, la culture des plantes
médicinales et la réglementation de la récolte
des plantes spontanées pourraient réduire la
pression sur les espèces végétales médicinales
les plus utilisées en pharmacopée
traditionnelle. Lorsqu'il s'agit de plantes rares,
menacées d'extinction ou surexploitées en vue
de leur commercialisation, la culture est la
seule façon d'obtenir les quantités végétales
nécessaires sans compromettre davantage la
survie de ces espèces (OMS, UICN, WWF,
1993). Certes, il existe au niveau communal
des jardins botaniques pour la conservation
des plantes médicinales et le développement
de la médicine traditionnelle. Mais au niveau
village, rien n’est fait pour protéger les
espèces menacées. La conception
traditionaliste de la gestion des ressources
naturelles est encore très présente dans les
esprits des enquêtés qui supposent que la
ressource est inépuisable bien qu’ils
reconnaissent que des espèces disparaissent et
que d’autres sont menacées de disparition. Il
apparaît indispensable d’organiser des séances
d’Information - d’Education - Communication
pour éveiller les consciences sur la gestion
durable des ressources naturelles et la
nécessité de la conservation des espèces
menacées de disparition.
Conclusion
La plupart des espèces recensées par
Laffite sont présentes et sont exploitées dans
le Sud et le Centre du Bénin (Abomey,
Allada, Cotonou, Ouidah, Djidja, Glazoué,
Dassa, Savalou et Bantè). Ces différentes
espèces sont utilisées en médecine
traditionnelle, dans l’alimentation, la
spiritualité et la technologie. Elles font aussi
objet de commercialisation et procurent des
ressources financières aux populations. Du
fait de leur utilité, les espèces recensées par
Laffite sont très sollicitées et certaines se
raréfient. En dehors des espèces recensées par
Laffite, d’autres ont été identifiées et sont
sujettes à de fortes exploitations. Mais, de plus
en plus, certaines franges de la population ont
commencé par prendre des dispositions en vue
de leur conservation à travers la mise en place
des jardins de case dans le Sud du Bénin.
Dans le Centre, bien qu’il existe des mesures
de conservation des ressources à travers les
jardins botaniques au niveau communal,
aucune stratégie de conservation pour
contourner les menaces qui pèsent sur les
espèces n’existe au niveau village. Ils utilisent
les organes dont ils ont besoin car leur suivie
en dépend ; l’espèce peut mourir pourvu que
l’homme soit sauvé.
Pour une réelle contribution à la
pérennisation des espèces médicinales, il va
falloir :
- Organiser des séances de
sensibilisation au sein des acteurs principaux
qui interviennent dans le domaine des plantes
médicinales ; il s’agit notamment des
tradithérapeutes et des vendeuses de plantes
médicinales ;
- Poursuivre l’inventaire des plantes
médicinales dans les quatre communes afin de
constituer une liste plus exhaustive des
principales espèces utilisées.
- Réaliser une base de données sur
toutes les espèces médicinales ainsi que les
différentes menaces qui pèsent sur ces espèces
afin de capitaliser les informations pour une
gestion plus efficace.
REMERCIEMENTS
Nous remercions, le projet Sud Expert
Plantes qui a financé cette étude et son
coordonnateur, le Docteur Mathieu Gueye de
l’Institut Fondamental d’Afrique Noire
(IFAN) de Dakar (Sénégal).
REFERENCES
Adégbola YP, Sodjinou E, Houssou N, Singbo
AG. 2002. Etude financière et socio-
économique des techniques de gestion de
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1446
la fertilité des sols au Sud-Bénin. INRAB,
Prog. Anal. De la Polit. Agri. Porto-Novo.
Bénin, P. 67.
Adjanohoun E, de Souza S, Eyog Matig O,
Sinsin, B. 1999. Programme de ressources
génétiques forestières en Afrique au sud
du Sahara (programme SAFORGEN).
Réseau Espèces Ligneuses Médicinales”
Compte rendu de la première réunion du
Réseau. IITA Cotonou, Bénin.
Adomou AC, Akoegninou A, Sinsin B,
Defoucault B, Van der Maesen LGJ.
2007. Biogeographical analysis of the
vegetation in Benin. Acta. Bot. Gall., 154:
221–233.
Bonou A. 2008. Estimation de la valeur
économique des produits forestiers non
ligneux (PFLN) d’origine végétale dans le
village de Sampéto (commune de
Banikoara). Mémoire de DEA, Faculté
des Sciences Agronomiques, Université
d’Abomey-Calavi, Bénin.
Deleke Koko IKE, Djègo J, Hounzangbe-
Adote MS, Sinsin B. 2009. Etude
ethnobotanique des plantes galactogènes
et emménagogues utilisées dans les
terroirs riverains à la Zone Cynégétique
de la Pendjari. Int. J. Biol. Chem. Sci.,
3(6): 1226-1237.
Delvaux C. 2009. Responses to bark
harvesting of medicinal tree species from
Forêt Classée des Monts Kouffé, Benin.
PhD Thesis, Université de Ghent,
Belgique, P.155.
Delvaux C, Sinsin B, Darchambeau F, Van
Damme P. 2009. Recovery from bark
harvesting of 12 medicinal tree species in
Benin, West Africa. J. Appl. Ecol., 46:
703–712.
Delvaux C, Sinsin B, Van Damme P,
Beeckman H, Van Damme P. 2010.
Wound reaction after bark harvesting:
microscopic and macroscopic phenomena
in ten medicinal tree species (Benin).
Trees, 24(5): 941–951.
Djègo JG. 2006. Phytosociologie de la
végétation de sous-bois et impact
écologique des plantations forestières sur
la diversité floristique au sud et au centre
Bénin. Thèse de Doctorat, Université
d’Abomey-Calavi, Bénin, P. 359.
Djègo J, Sinsin B. 2006. Impact des espèces
exotiques plantées sur la diversité des
phytocénoses de leur sous-bois. Syst.
Geogr. Pl., 76: 191 – 209.
Djègo J, Oumorou M. 2009. Phytosociologie
de sous-bois et impact des plantations
forestières sur la diversité floristique dans
la forêt classée de la Lama. Annales des
Sciences Agronomiques du Bénin, 12(1):
35-54.
Floquet A, Mongbo RL. 1998. Des Paysans
en Mal d’Alternatives. Dégradation des
Terres, Restructuration de l’Espace
Agraire et Urbanisation au bas Bénin.
Margraf Verlag: Weikersheim, P. 190.
FAO. 1999. The major significance of
« minor » forest product: local people’s
user and values of forests in the West
African humid forest zone. Community
Forest Note1, Rome.
Goussanou C, Tenté B, Djègo J, Agbani P,
Sinsin B. 2011. Inventaire, caractérisation
et mode de gestion de quelques produits
forestiers non ligneux du Bassin versant
de la Donga. Ann. Sc.Agro., 14(1): 77-99.
Harrison P. 1991. Une Afrique Verte. CTA:
Wageningen, Pays-Bas; P. 448.
Kateb K. 2004. Place et rôle des petites et
moyennes agglomérations dans les
nouvelles dynamiques urbaines en
Algérie. Réseau des chercheurs de l’AUF.
INED, France, P. 16.
OMS, UICN, WWF. 1993. Principes
directeurs pour la conservation des plantes
médicinales, Gland, Suisse, P. 35.
Ros-tonen M. 1999. NTFP research in
Tropenbos program. Tropenbos
Newsletter, 19: 3-4.
Sinsin B, Djègo J, Adomou A, Houéssou L.
2009. Etude ethnobotanique des forêts
J. DJEGO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 5(4): 1432-1447, 2011
1447
classées de Goungoun, de Sota et de la
rôneraie de Goroubi au Bénin. Rapport
d’étude Cerget-Ong/PGFTR, Bénin, P. 91.
Sokpon N, Lejoly J. 1996. Les plantes
alimentaires d’une forêt dense
caducifoliée, Pobè au sud du Bénin. In
L’Alimentation en Forêt Tropicale:
Interactions Bioculturelles et Perspectives
de Développement, Hladik CM, Hladik A,
Linares OF, Koppert GJA, Froment A
(eds). Editions UNESCO: Paris.
Sokpon N, Ago EE. 2001. Sacralisation et
niveau de maturation des forêts denses
semi-décidues du Plateau Adja au Sud-
Ouest du Bénin. J. Rech. Univ. Lomé,
5(2): 319-331.
Tabuti JRS, Lye KA, Dhillion SS. 2003.
Traditional herbal drugs of Bulamogi,
Uganda: plants, use and administration. J.
Ethnopharmacology, 88: 19-44.
Toyi MS. 2005. Les principales espèces
végétales utilisées dans la médecine
traditionnelle dans la commune de
Péhunco : mode d’exploitation,
abondance, et dynamique de régénération.
Mém. CPU/UAC, Bénin, P. 140.
Yessoufou K. 2005. Recherches
ethnobotaniques et écologiques sur deux
espèces fruitières dans le Département du
Plateau, Sud-Bénin: Irvingia gabonensis
(Aubry-Lecomte ex O’Rorke) Baill. et
Blighia sapida K. Konig. Th.
DESS.AGRN.FSA.UAC, Bénin, P. 67.
... It is therefore important to ensure their conservation for the next generations. This requires their knowledge and compliance with the rules of sustainable use [42]. ...
... The female predominance of market herbalists and male predominance of traditional healers observed in this study could be explained by the fact that in Benin, sales at the market is an activity mainly carried out by women. Surveys on the traditional use of plants against infections carried out in Benin in the same geographical area support our results [42,45,65]. Similar findings were obtained in research activities carried out in other African area highlighting the female-biased sales from the age group of 40 years and over [64,66]. ...
... These ones are: Allium sativum L. [55]; Catharanthus roseus (L.) G.Don [31]; Cymbopogon citratus (DC.) Stapf (79); Garcinia kola Heckel [55]; Hyptis suaveolens (L.) Poit [30].; Ocimum gratissimum L. [42], Parkia biglobosa (Jacq.) G Don [58]; Pteleopsis suberosa Engl. ...
Article
Full-text available
Background: Candidiasis, an opportunistic cosmopolitan disease is nowadays like bacterial infections which is a real public health problem. In view of the emergence of Candida strains resistant to existing antifungal agents, alternative solutions should be considered. This is the purpose of this ethnobotanical survey, which aims to identify the medicinal plant species traditionally used to treat candidiasis in traditional markets of southern Benin. Methods: The study was performed from October 2015 to January 2018 in the traditional markets of Southern-Benin. Data were collected by two complementary methods: triplet purchase of medicinal recipes (ATRM) from herbalists markets and semi-structured interview (ISS) from traditional healers. Results: A total of 109 species of medicinal plants belonging to 44 families have been listed and identified. The most frequently cited species were Pteleopsis suberosa Engl. & Diels, Lantana camara L., Cyanthillium cinereum (L.) H. Rob, Ocimum gratissimum L. and Lippia multiflora Moldenke with respectively 43.84, 39.73 and 34.25% citation frequencies for the last three species respectively. Leguminosae (20.18%), Euphorbiaceae (5.50%) and Apocynaceae (5.50%) were the most represented botanical families. Leafy stems were more used than other plant organs. The decoction and the oral route were the most appropriate methods of preparation and administration reported by traditional healers. Conclusion: Benin's plant cover is made up of a wide variety of medicinal plant species used in the traditionnal treatment of candidiasis and which may constitute new sources of medicines to be developed.
... Nombres d'études ethnobotaniques ont été entreprises pour recenser les utilisations locales de plusieurs espèces végétales (Wezel et Lykke, 2006;Ambe et al., 2015;Agbodeka et al., 2017;Koudokpon et al., 2017;Ahoyo et al., 2017). Au Bénin, ces études se sont plus attachées à identifier les espèces médicinales, les recettes ainsi que leurs formes d'utilisation par les populations béninoises (Adomou et al., 2012;Dossou et al., 2012;Guinnin et al., 2015;Dougnon et al., 2017;Houmenou et al., 2017) et des auteurs ont évalué la vulnérabilité de ces plantes médicinales au Sud Bénin (Ayena et al., 2016;Agbankpé et al., 2014;Dassou et al., 2014;Djègo et al., 2011;Ouinsavi et Sokpon, 2010;Assogbadjo et al., 2009;Sokpon et al., 2006). Par ailleurs, la disponibilité des espèces médicinales et les facteurs humains (sexe, âge, groupe ethnique et phytodistrict) pouvant influencer l'utilisation des espèces boisées médicinales n'ont quasiment pas été investiguées (Kouchade et al., 2017). ...
... Etant donc utilitaires, ces espèces sont objet de prélèvement intense par les riverains. Antiaris toxicaria et Afzelia africana sont des espèces déjà menacées d'extinction au Bénin (Agbahungba et al., 2001;Djègo et al., 2011). En effet la récolte intensive des fruits ou des graines peut entraîner une diminution progressive des ligneux. ...
Article
In Benin, rural populations depend heavily on woody plant resources to meet their daily needs. With a rapidly growing population, the woody species of the Guineo-Congolese zone of Benin are subjected to strong harvesting pressure. It is in this context that this study was conducted in this area to assess the vulnerability of woody species used in traditional medicine in order to preserve and sustainably manage these resources. Especially i) we estimate the effect of socio environmental factors such as ethnic group, sex, age, and phytodistrict on the ethno medicinal knowledge, ii) to estimate the availability of the woody species used in traditional medicine.It consisted of semi-structured individual interviews of 138 residents of the forests of Pahou, Lama, Loko li and Pobè-Sakété composed mainly of actors of the traditional medicine of Benin, traditional healers and wise. Forty five plots were installed to evaluate the availability of the woody species in the different forests. A total of 68 woody species with 14 illness were identified. The Inference Test and Principal Component Analysis (PCA) were applied to the Value (UV) and the Importance Value Index (IVI) were calculated. As result, we noticed that the utilization of medicinal woody species were influenced by the sex, the ethnic, the age and the phytodistrict. Nine of thirty six woody species were revealed available for usage in the area Guinean-congolese zone. Correlation between Use Value and Importance Value Index are significant for Lama Forest. Subsequent phytochemical studies will show the real potential of the listed woody species in the specific treatment of the most commonly reported human illness in this area. Résumé : Au Bénin, les populations rurales dépendent fortement des ressources ligneuses pour la satisfaction de leurs be-soins en santé humaine. Avec une démographie galopante, les espèces ligneuses de la zone guinéo-congolaise du Bénin, subissent une forte pression de prélèvement. La présente étude a été conduite dans cette zone pour (i) évaluer l'effet des facteurs socio environnementaux tels que le groupe ethnique, le sexe, l'âge et le phytodistrict sur les connaissances ethno médicinales, (ii) évaluer la disponibilité des espèces ligneuses utilisées en médecine traditionnelle. Elle a consisté à des interviews individuelles semi-structurées de 138 riverains des forêts de Pahou, Lama, Lokoli et Pobè-Sakété composés prin-cipalement des acteurs de la pharmacopée béninoise. Quarante-cinq placeaux ont été installés dans les forêts concernées pour évaluer la disponibilité des espèces dans la zone. La valeur d'usage médicinale (UV) et l'indice de disponibilité écologique (IVI) ont été calculés. Les tests d'inférence de Kruskal-Wallis et de Mann Whitney, l'analyse en composante principale et le Akpi et al. : Usages et disponibilité des ligneux medicinaux 16 test de corrélation ont été appliqués aux variables UV et IVI. L'utilisation de 68 espèces ligneuses appartenant à 57 genres et 26 familles ont été inventoriées avec un effet significatif du phytodistrict, de l'âge, du sexe et du groupe ethnique. L'indice de valeur d'importance (IVI) révèle que seules 9 espèces sur les 36 ligneuses utilitaires recensées sont encore disponibles à différent degrés dans la zone guinéo-congolaise du Bénin. Les corrélations entre les valeurs des UV et IVI sont positives et significatives seulement au niveau de la Lama. Les résultats obtenus sont des outils pour mieux orienter les recherches phy-tochimiques ultérieures et le développement de stratégies de gestion durable de ces ressources dans la zone d'étude.
... Highly toxic plants such as Carica papaya and Pentaclethra macrophylla, used in fishing practices, have been sources of medicines in the traditional pharmacopoeia (N'Guessan et al., 2009;Djego et al., 2011). Carica papaya, a native to tropical America and grown in several other tropical regions, is used to treat diseases such as malaria and cancer . ...
Article
Full-text available
This ethnobotanical and ethno-pharmacological study was conducted to know the plants used in fishing practices and to show their importance in traditional medicine in Gabon. For this study, 100 questionnaires were administered to individuals in the fishing and traditional medical domains. 701 plants belonging to 16 different floristic families, including Fabaceae (41%), Rubiaceae (13%), and Rutaceae (15%) were commonly used. Most of the plants were used for fishing and in traditional medicine. Shrubs and trees such as Tephrosia vogelii, Brenania brieyi, highly recognized by the respondents, were used to treat certain diseases such as the 'night gunshot' of witchcraft origin, which modern medicine sometimes comes up against. Diseases such as hemorrhoids, malaria, sinusitis and chicken pox were common. On the one hand, the results obtained constitute a source of essential information that could be used to assess the risks of intoxication in populations that consume fish caught from ichthyotoxic plants. On the other hand, this study would permit the understanding of the Gabonese medicinal flora, and could act as a database for subsequent research in pharmacology.
... Tableau 2 : Indice de similarité de Jaccard entre groupes socio-professionnels. Tableau 4 : Indice de similarité de Jaccard des espèces rares entre groupes socio-professionnels. Adomou et al. (2017) dans les villages riverains de la forêt Bahazoun au Sud-Bénin. Cependant, elle est inférieure à celle des 232 espèces mentionnées par Djego et al. (2011) au Centre et au Sud-Bénin. Cette différence peut s'expliquer par la superficie du milieu d'étude puisque la présente étude a seulement concerné une aire de deux communes sur les six communes du Centre-Bénin. ...
Article
In Africa, since several decades a rarefaction of many plant species because of their daily use by people can be observed. This study which was conducted in the subwatershed of the Kossi River aims to collect peasant perceptions about the state of phytodiversity. The data were collected through an individual survey in 10 villages with 492 households. The software CAP version 2.15. and R version 3.3.3. were used for the statistical analysis. In total, 94 species belonging to 83 genera and 38 families were identified. The dominant genera are Ficus, Ocimum, Acacia and Blighia. Forty-six (46) species of the listed species (48.94%) are currently rare and 9 species (19.57%) of those rare species are threatened in Benin. Value of importance (IV) of activity and the consensus value (UCs) of the choice of activity show that logging, agriculture and breeding have greatest influence on species loss. This study gives information on the most used species by the populations and those we can select for reforestation campaigns. As a perspective, a work on the temporal dynamics of the land use units of this sub-basin will be done to better appreciate their evolution over time. En Afrique, on assiste depuis plusieurs décennies à la raréfaction de plusieurs espèces végétales du fait de leur utilisation quotidienne par les populations. La présente étude conduite dans le sous-bassin versant de la rivière Kossi vise à recueillir les perceptions des populations locales sur l’état de la phytodiversité. Les données ont été collectées à travers une enquête individuelle dans 10 villages auprès de 492 ménages. Les logiciels CAP version 2.15. et R version 3.3.3. ont été utilisés pour les analyses statistiques. Au total, 94 espèces reparties en 83 genres et 38 familles ont été recensées. Les genres dominants sont Ficus, Ocimum, Acacia et Blighia et les familles les mieux représentées sont les Caesalpiniaceae, les Papilionaceae et les Combretaceae. Quarante-six des espèces recensées (48,94%) sont actuellement rares et 9 de ces espèces rares (19,57%) sont menacées au Bénin. La Valeur d’Importance (IV) de l’activité et la valeur consensuelle (UCs) du choix de l’activité ont révélé que l’exploitation forestière, l’agriculture et la transhumance sont les principaux facteurs responsables de cette raréfaction. Cette étude renseigne sur les espèces les plus utiles pour les populations et celles à apporter en cas d’enrichissement. Comme perspective, la dynamique temporelle des unités d’occupation du sol de ce sous-bassin sera abordée pour mieux apprécier leur évolution dans le temps.
... A powder prepared from the dried leaves is used to prepare sauce during the dry season [3,4]. This is the case of Adansonia digitata, Bombax brevicuspe, Ceiba pentandra and Grewia venusta all from the Malvaceae family (APG II) whose leaves and/or flowers are consumed in rural Benin [5][6][7][8][9]. In Nigeria, the flowers and young shoots are sometimes used as a soup or sauce vegetable [10]. ...
... Dans la préparation des remèdes contre ces différentes maladies, c'est la racine de C. edulis qui est sollicitée. Cette situation entraine la chereté de la racine de cet organe dans les marchés locaux des plantes médicinales et a été déplorée par Djego et al. (2011). Ces derniers ont rapporté que dans les marchés, la quantité de racines et écorces qui est vendue à 100 Francs CFA (1 € = 655 Francs CFA) varie entre 100 g et 300 g pour la plupart des espèces à l'exception de la racine de C. edulis dont 10 g sont vendus à 100 Francs CFA. ...
Article
Ethnopharmacological relevance In Benin, traditional recipes are used to improve livestock dairy performance, but they are not sufficient documented. The study aimed to inventory the galactogenic recipes used by herders to improve production in cow farming. Aim of the study The study aimed to inventory the galactogenic recipes used by herders to improve production in cow farming. Material and methods We conducted semi-structured interviews among 65 peuls camps, 4 bioclimatic zones, and 565 farmers dialogue partners, including agro-pastoralist, healers and pastoralists from the rainy season April and May 2019. Detailed information about homemade herbal remedies of galactogenic recipes (plant species, plant part, manufacturing process) and the corresponding use reports (dialogue partner, category of use and route of administration) was collected. Then other to classify the various recipes identified into homogeneneous groups according to their effectiveness in stimulating milk, a numerical classification was carried out on the recipes taking into account the milk gain. Results They showed that Peuls and Gandos sociocultural groups have a better knowledge of galactogenic recipes. Of the 295 recipes inventoried, 102 frequently cited recipes were divided into two groups. Group 2, consisting of 16 recipes, had a significantly (p < 0.001) higher milk yield than group 1. Vigna unguiculata (L.) Walp. and Arachis hypogaea L. were the main ingredients of the recipes (respectively 56 and 31% of incorporation rate). The composition of the recipes varied according to the agro-ecological zones. Herders in Northern Benin used more recipes based on Bobgunnia madagascariensis (Harms) J.H.Kirkbr. & Wiersema, Saba comorensis (Bojer ex A.DC.) Pichon and Euphorbia balsamifera Aiton. Those in Southern Benin mainly used recipes based on Gardenia aqualla associated with Vigna unguiculata (L.) Walp or Arachis hypogaea L.. To improve the effectiveness of galactogenic recipes, socio-cultural and magical-religious practices are used when procuring the plant material to be used, preparing the galactogen and administering the recipe to the animals. These include pronounced incantations or recited Koranic verses. The most commonly used route of administration is the oral route with an average treatment duration not exceeding 5 days. Conclusion The study reveals that the majority of breeders (90%) opt for the use of galactogenic plants rather than synthetic products to improve milk production.
Article
Ethnopharmacological relevance: Plant parts are often used by local people to treat their affections. This study addressed the classification of diseases treated with woody species in Benin and the dependence of medicinal use of woody species on climatic zones. Aim of the study: It reports (i) the main diseases categories treated with woody species in Benin and changes across climatic zones, and (ii) the woody species involved and their treatment according to climate conditions. Materials and methods: Ethnobotanical interviews were undertaken using a semi-structured questionnaire. Five hundred and ninety medicinal plant professionals (healers, traders…) were interviewed in the whole country. Frequency of citation and informant consensus factor were calculated to highlight the main human international diseases categories and woody species used for their treatment. A principal component analysis was performed to determine the occurrence of diseases categories in different climatic zones. Results: About 77.27% of international diseases categories were treated using woody species in Benin. One hundred diseases in 17 international diseases categories were identified. Among them, six diseases categories were highlighted as important. In the Guineo-Congolean zone, the highest rate of diseases categories was observed, and the lowest was found in the Sudanian zone. The epidemiological status of some phytodistricts was worrisome. In our study, 128 woody species belonging to 96 genera and 36 families were reported, and among them, 7 were the most used as treatments. Conclusions: There is a lack of consensus among traditional healers about which woody species to use. Many different species were used to treat a given diseases category. Also, information concerning their organ composition was not available in the literature, for the majority of species. Biological and chemical investigations are thus needed for a better valorization of the most frequently used plants in the future.
Article
Full-text available
This paper focuses on carrying out the biological variety of Acanthaceae and their ethnobotanical interest for the population around the Partial Nature Reserve of Dahliafleur (PNRDF). First, the main goal of this study i to contribute to the knowledge of species of Acanthaceae family and secondly to food, medicine, and ornament for the population around the PNRDF. A botanical inventory was conducted at the PNRDF, followed by an ethnobotanical investigation carried out around the reserve. The study of the flora recorded about 318 species of plants as a whole. A total of 7 species (2.50%) belonging to the family of Acanthaceae distributed in 5 genders were also recorded. The outcome of the investigation around the PNRDF revealed that from a total of 7 species, 4 out of them are essentially used by people in the ornamentation, pharmacopoeia, and in food. These species are Justicia flava, Justicia secunda, Thunbergia erecta, and Thunbergia grandiflora. The knowledge of the population on the use of each species changes from one group to another. The impartial index of the investigation revealed that the vegetal species are not evenly distributed (IE < 0.5). Women usually occupy the top place in regards to the knowledge of this plant. The most important in terms of the cultural value for the population are Justicia secunda (1.87) and Justicia flava (1.61). This study is therefore a sketch for the valorization of these plant species for their preservation or extension.
Article
Full-text available
Non Timber Forest Products (NTFPs) are exploited daily by rural populations in the watershed of "Donga" because of their socio-economic importance. The increasing level of exploitation of NTFPs is threatening the sustainability of those ecosystems. This study permitted to make an inventory of some NTFPs used by the different ethnic groups of the basin. Ethnobotanic surveys through focus group in households and individual interviews in the markets showed that, 248 plant species are used by people belonging to all ethnic groups in the watershed of Donga. The management and exploitation of NTFPs revealed a free access to resources with harvesting techniques not so respectful of the dynamics of species regeneration. Roots (24 %), leaves (68 %) and peels (18 %) are the more harvested organs. Almost 54 % of the species are harvested in savannas, 24 % in farms and fallows, 14 % in surroundings against 7 % in forests. Pteleopsis suberosa, Diospyros mespiliformis and Afzelia africana have been recognized by local population as rare due to overexploitation. Up to 95 % of the NTFPs are for domestic uses, 4 % for commercialization and 1 % are gift. Some specific products such as Pentadesma butyracea butter, the culture on farms and on fallows of NTFPs will permit to assure the valorization economic of the sustainability of theses resources.
Thesis
Full-text available
Conservation of park and forests has been a priority issue throughout the world for the past few decades (Byron & Arnold 1999). Earlier, the conservation issue was considered as a biological and ethno-botanical issue. Many efforts undertaken to conserve forests, based on a strictly natural science orientation and command-and-control approaches, have experienced failure in several parts of the world. Among the many reasons for such failures in developing countries, disregard for the needs and aspirations of adjoining communities who have been utilizing forest resources for centuries is the foremost (McDermott et al. 1990; Ganguli 1995). Non-Timber Forest Products (NTFP) provide substantial inputs into the livelihoods of very large numbers of people in developing countries. However, very few studies have addressed the contribution of wild products in the total revenue of rural households. To fill in this gap we assessed the economic importance of NTFP in Sampeto, a surrounding village of the W National Park in Banikoara district. The data were obtained from the households living in Sampéto village near the W National Park which is share by Benin, Burkina Faso and Niger. The part of Benin covers an area of 5632 km2 which represent 56.32 % of the total area. This village lies in the North-West of the country at 11°20’- 12°23’ North and 2°04’- 3°05’ Est. A survey was conducted in all (08) hamlet of Sampéto. A total of 320 households were residing in this village. The random number tables were then used to select 148 households among those who engage in NTFP extraction. All the households in the sample extract products such as fuelwood (Anogeissus leiocarpus and Crossopteryx febrifuga), (Vitellaria paradoxa), (Parkia biglobosa) and (Adansonia digitata). Data were analysed using indirect opportunity cost and row margin methods. In Sampéto, agriculture contributes the most to the income of the households. Particulary, Cotton constitutes 50 % of the annual income of this village. Results showed that 11.45 % of the total annual revenue per household, representing 255484F CFA, is provided by NTFP commercialization. When including self-consumption of marketed NTFP and the economic value of subsistence NTFP, this revenue reached 401497F CFA per year per household. Age and ethnic group are the principal determinants of NTFP use. Cultivating cotton and harvesting NTFP were found to be competitive activities as far as labour allocation is concerned. NTFPs are normal goods. Own-price elasticity is consistently inelastic. Repeating similar studies in the sample of households which sells most of 50 %.of NTFP extracted is encouraged. Then adequate alternative activity competitive with forest extraction activity will be identified. At lot of policy will be emphased on this activity in order to conserve the biodiversity of this Park.
Article
Full-text available
In Africa, little is known about how the vascular anatomy of medicinal tree species is influenced by bark harvesting, and the ability of species to react against debarking needs to be better understood. This study aims to evaluate the temporal and spatial impact of bark harvesting on wood anatomy and to determine the extent to which a tree’s ability to close the wound after bark harvesting is affected by anatomical changes in the wood. We harvested bark from ten medicinal tree species located in an Isoberlinia doka woodland in Central Benin. Two years after debarking, the wound closure was measured and one tree per species was cut at the wound level to collect a stem disc. On the cross section of each disc, vessel features (area, density and specific conductive area) were measured in the radial direction (before and after wounding) and on three locations around the disc surface. We found that during early wound healing, all species produced vessels with a smaller area than in unaffected wood and this significantly decreased the specific conductive area in eight of the investigated species. However, after 2years, only six trees had restored their specific conductive area. In addition, a significant positive correlation (r=0.64, P<0.005) confirmed the relationship between the specific conductive area and tissue production to close the wound and delineated the study group into two groups of trees. Therefore, we concluded that vessels appeared to be very good anatomical indicators of the tree’s reactions to debarking. KeywordsBark harvesting-Specific conductive area-Re-growth dynamics-Vessel features-Wood anatomy
Article
Dans le cadre d’un programme general de maintien de la biodiversite de la Reserve de Biosphere de la Pendjari, un inventaire des especes medicinales utilisees pour le traitement des troubles lies a l’allaitement et des troubles menstruels a ete effectue. A cet effet, une etude ethnobotanique sur les plantes galactogenes et emmenagogues a ete conduite dans les terroirs riverains a la Zone Cynegetique de la Pendjari aupres des traditherapeutes et personnes ressources de la zone d’etude. Les resultats de cette etude ont permis d’identifier, d’une part, 57 plantes medicinales intervenant dans le traitement des troubles menstruels et d’allaitement. Ces plantes sont reparties dans 31 familles dont les plus representees sont les Leguminoseae (17,9%), et les Combretaceae (8,6%). D’autre part, 157 recettes issues de differentes associations de ces plantes sont fournies par les populations pour traiter les troubles menstruels et ceux lies a l’allaitement. Differentes parties de ces plantes entrent dans la composition des recettes. Il s’agit surtout des feuilles (31%), des racines (31%) et des ecorces (18%). Les recettes sont administrees soit par voie orale, par inhalation ou application sur les parties du corps a traiter. Mots cles: Traditherapeutes, plantes medicinales, troubles menstruels, allaitement, Pendjari, Benin.
Article
Des études floristiques, écologiques et phytosociologiques du sous-bois des forêts et plantations ont été entreprises dans la forêt classée de la Lama. Elles abordent la diversité floristique, sa sociologie et l’impact des plantations exotiques. Les données de base collectées en 4 ans se composent de 71 relevés phytosociologiques, de 284 espèces et de 6 variables environnementales. La méthode Sigmatiste de Braun-Blanquet (1932) est utilisée pour la collecte des données floristiques. La sélection des variables environnementales significatives sur le sous-bois est faite à l’aide du test de Monte Carlo qui identifie le pH, l’humidité, le type de formation végétale, la masse de litière et le type de sol. Ces variables en interaction, créent un microclimat influençant la mise en place des associations végétales de sous-bois. La végétation de sous-bois constitue un bon indicateur des conditions écologiques. Le traitement des relevés par la Detrented Correspondence Analysis (DCA) associée au coefficient de similitude de Sorensen, a identifié 3 associations de sous-bois, répartis suivant la structure de la végétation et le degré d’anthropisation. Au point de vue des formes d’adaptation et phytogéographique, les phanérophytes prédominent dans les forêts denses naturelles et plantations exotiques tandis que dans les formations post-culturales très ouvertes, ce sont les herbacées qui l’emportent. Les espèces de l’élément base guinéo-congolais prédominent seulement dans les forêts tandis que celles à large dispersion géographique dominent les jachères herbeuses et les plantations à base d’essences exotiques. Considérant les groupes écosociologiques, les espèces des forêts primaires de la classe des Strombosio-Parinarietea (SP) prédominent dans les forêts naturelles. Celles de la classe des forêts secondaires abondent dans les plantations et celles de la classe des Soncho-Bidentetea pilosae et des Ruderali-Manihotetea, prédominent dans les jachères. Les formes de dissémination présentent une prédominance des sarcochores. L’homme par son intervention, modifie cette tendance de prédominance des sarcochores au profit des anémochores et même des autochores. Cette action humaine n’est pas sans influence sur la diversité biologique du milieu. Les plantations forestières de la zone d’étude affectent notamment le sol et la composition floristique du sous-bois. Les effets varient suivant l’essence de reboisement, le type de peuplement, l’âge, la densité et le recouvrement. Les plantations renferment une flore différente de celle de la végétation naturelle qu’elles remplacent. La forte dominance d’espèces à large répartition en leur sein, traduit un indice de dégradation et signale une perte progressive de l’identité floristique des stations d’afforestation. La gestion durable des Impact des plantations sur la flore locale plantations forestières devrait être envisagée pour assurer une conservation et une protection efficiente des ressources de sous-bois.Mots clés : Lama, sous-bois, biodiversité, plantations exotiques, impact.
Article
Dans le cadre d’un programme général de maintien de la biodiversité de la Réserve de Biosphère de la Pendjari, un inventaire des espèces médicinales utilisées pour le traitement des troubles liés à l’allaitement etdes troubles menstruels a été effectué. A cet effet, une étude ethnobotanique sur les plantes galactogènes et emménagogues a été conduite dans les terroirs riverains à la Zone Cynégétique de la Pendjari auprès des tradithérapeutes et personnes ressources de la zone d’étude. Les résultats de cette étude ont permis d’identifier, d’une part, 57 plantes médicinales intervenant dans le traitement des troubles menstruels et d’allaitement. Ces plantes sont réparties dans 31 familles dont les plus représentées sont les Leguminoseae (17,9%), et les Combretaceae (8,6%). D’autre part, 157 recettes issues de différentes associations de ces plantes sont fournies par les populations pour traiter les troubles menstruels et ceux liés à l’allaitement. Différentes parties de ces plantes entrent dans la composition des recettes. Il s’agit surtout des feuilles (31%), des racines (31%) et des écorces (18%). Les recettes sont administrées soit par voie orale, par inhalation ou application sur les parties du corps à traiter. Mots clés: Tradithérapeutes, plantes médicinales, troubles menstruels, allaitement, Pendjari, Bénin.
Article
The effect of exotic tree species on the flora of their undergrowth was investigated in an afforested site of Sèmè in Benin. The main vegetation in the area consists of timber tree plantation and fallow. Widely distributed species were in the majority (68.8% of spectrum) compared to guineo-congolian species (16.9% of spectrum). These plantations were poor in indigenous species and housed an undergrowth quite different from the native flora surrounding the plantations. This impoverishment of the original floristic diversity was related to ecological effects (shallows, litter amount, soil acidity, competition, allelopathy, etc.) induced by exotic trees (Acacia auriculiformis, Acacia mangium, Casuarina equisetifolia and Eucalyptus camaldulensis). In the Acacia plantation, undergrowth was covered by Acacia pods, stems, phyllodes and a litter amount of 21.05 t MS/ha. The Casuarina equisetifolia plantations presented also a high amount of litter and low plant species richness in the undergrowth. Eucalyptus camaldulensis plantations negatively influenced flora diversity through soil acidification and allelopathy. Casuarina equisetifolia alone or in association with Acacia auriculiformis increased the floristic diversity of the undergrowth.
Article
The growing interest in medicinal plants from both international industry and local markets requires management of tree bark harvesting from natural forests in order to prevent inappropriate exploitation of target species. This study was designed to determine the bark re-growth response of a selected number of medicinal tree species as a basis for the development of an optimal bark harvesting method. In 2004, bark was harvested from 925 trees belonging to 12 species in 38 sites in a dry forest in Benin, West Africa. Two years later, the response of trees to bark harvesting was examined with respect to re-growth (edge or sheet), development of vegetative growth around the wound, and the sensitivity of the wound to insect attack. Two species, Khaya senegalensis and Lannea kerstingii, showed complete wound recovery by edge growth. At the other extreme, Afzelia africana, Burkea africana and Maranthes polyandra had very poor edge growth. M. polyandra showed good sheet growth, whereas the other 11 species had none or poor sheet growth after total bark harvesting. In contrast, partial bark removal allowed better sheet growth in all 12 species studied. Insect sensitivity was species-specific. Insect attacks were negatively correlated with non-recovered wound area, but there was a marked species effect for the same rate of regeneration. L. kerstingii and K. senegalensis had very good and similar re-growth, but L. kerstingii was very susceptible to insect attack, whereas K. senegalensis appeared to be very resistant. Only a few individuals developed vegetative growth, and each tree usually developed only one or two agony shoots, but there was no significant difference between species. Synthesis and applications. This is the first study to provide data on the ability of trees to close wounds after bark harvesting in West Africa. We report large variability in the response of different species to our bark harvesting technique, and identify just two out of the 12 study species as suitable for sustainable bark harvesting. Based on our results, we developed a decisional step method to help forest managers select the best techniques for managing medicinal tree species as an alternative to bark harvesting, for example, coppice management, harvesting leaves instead of bark, stand establishment, and collaboration with timber companies.