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PREMIÈRES DONNÉES BIOLOGIQUES SUR LES GOÉLANDS D’AUDOUIN Larus audouinii DE LA COLONIE D’ASPRETTO/AJACCIO (CORSE)

Authors:

Abstract and Figures

A u d o u i n ’s Gull (Larus audouinii) breed in the gulf of Ajaccio (Corsica, France) since 1990. From 2000, 293 chicks have been ringed over 9 years (with a letters/color code). Considering the facility to observe the birds in the colony and monitoring of marked individuals movements, many birds have been controlled. These controls allowed a map of their migrations and dispersal and estimating their survival and their philopatry. In addition, the controls in Ajaccio of birds ringed in Italy gave us information about the exchanges between colonies. We also estimated the age of the first reproduction, the breeding success rate according to the age of individuals and the sex-ratio within a colony.
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INTRODUCTION
L’aire de nidification du Goéland d’Audouin
est limitée pour l’essentiel au Bassin méditerra-
néen. Suite à la colonisation du delta de l’Ebre en
1981, l’effectif total de cette espèce a fortement
augmenté avec 19 000 couples recensés en 1998
(ORO et al., 2000). L’Espagne héberge actuel-
lement à elle seule, 82 % de l’effectif mondial
(ORO et al., 1999). La colonie du delta de l’Ebre,
favorisée par la pêche industrielle (RUIZ et al.,
1996)et celle des îles Chaffarines y représentent
quant à elles, 65 % de l’effectif espagnol. Les
colonies de Corse et de Capraia (îles toscanes)
Alauda 79 (3), 2011: 187-198
4010
PREMIÈRES DONNÉES BIOLOGIQUES SUR LES GOÉLANDS
D’AUDOUIN Larus audouinii DE LA COLONIE
D’ASPRETTO/AJACCIO (CORSE)
Bernard RECORBET (1), Arnaud LEDRU(2), Ségolène TRAVICHON(3), Cécile JOLIN(4),
Gilles FAGGIO (4), Nicola BACCETTI (5) et Aurélien BESNARD(6).
( 1 ) DREAL de Corse, BP 334, F-20180 Ajaccio Cedex (bern a r d . r e c o r b e t @ d e v e l o p p e m e n t - d u r a b l e . g o u v. f r ) .
(2) 12 rue Jacquard, F-69740 Saint-Genis Laval (portableledru@free.fr).
3) Ligue pour la Protection des Oiseaux, Fonderies royales, BP 90263, F-173005 Rochefort-sur-Mer.
4) AAPNRC, Maison Andreani, RN 193, F-20290 Borgo (gilles.faggio@espaces-naturels.fr) et (cecile.jolin@
espaces-naturels.fr).
5) Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale (ISPRA), Sede amministrativa ex-INFS via Ca'
Fornacetta 9, I-40064 Ozzano Emilia, Bologna. nicola.baccetti@ isprambiente.it.
6) CEFE-CNRS, UMR 5175, 1919 route de Mende, F-34293 Montpellier Cedex 5 (aurelien.besnard@ cefe.cnrs.fr).
Early biological resu lts from Audouin’s Gulls
L a rus audouinii of the colony of Aspretto/Ajaccio
(Corsica). A u d o u i n ’s Gull (Larus audouinii) breed
in the gulf of Ajaccio (Corsica, France) since
1990. From 2000, 293 chicks have been ringed
ov er 9 ye a rs, (with a lette rs/color co de).
Considering the facility to observe the birds in the
colony and monitoring of marked individuals
movements, many birds have been controlled.
These controls allowed a map of their migrations
and dispersal and estimating their survival and
their philopatry. In addition, the controls in Ajaccio
of birds ringed in Italy gave us information about
the excha n g es betw een colon ies. We als o
estimated the age of the first reproduction, the
breeding success rate according to the age of
individuals and the sex-ratio within a colony.
Mots clés: Larus audouinii, Reproduction, Baguage, Survie, Migration, Corse, Sardaigne, , Maroc.
Key words: Larus audouinii, Breeding, Ringing, Survival, Migration, Corsica, Sardinian, Morocco.
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constituent la limite nord de l’aire de répartition
du goéland. La Corse accueille la totalité de la
population française, avec un faible effectif (80 à
100 couples annuellement en moyenne durant la
dernière décennie) représentant à peine environ
0,5 % de la population mondiale. Cinq colonies,
dont certaines occasionnelles, situées sur des îlots
sont installées sur des zones plates ou peu escar-
pées, couvertes ou non de végétation, au Cap
Corse. Une colonie est implantée sur les côtes
rocheuses du golfe de Porto (PATRIMONIO et al.,
1990; DOMINICI, 2006,) et la dernière est établie
sur une jetée portuaire à Ajaccio depuis 1990
(RECORBET & BONACCORSI, 1995 ; RECORBET et
al., 1 9 9 9 : RE C O R B E T & LEDR U, 2 0 0 2 :
TRAVICHON, 2004). À noter qu’une certaine simili-
tude de structures de végétation existe sur les sites
des colonies corses et celles de Sardaigne
(BACCETTI et al., 2000).
Les premiers individus nicheurs insulaires
s’installent mi-avril, les pontes sont déposées de
fin avril à mi-mai. Les éclosions ont lieu en
moyenne après 28 jours d’incubation et l’envol à
38 jours (RUIZ et al., 1994 in CRAMP & ORO in
OGILVIE 1998 M.A. Éd.). Dès fin juillet-début
août, les sites de reproduction sont désertés.
En hiver, le Goéland d’Audouin est présent
en très petit nombre autour de la Corse (THIBAULT
& GU Y O T i n YE AT M A N - B E R T H E L O T , 1991 ;
THIBAULT & BONACCORSI, 1999). Les oiseaux
espagnols se dispersent sur le littoral atlantique,
du Maroc (BEAUBRUN, 1983) au Sénégal et dans le
Sud de l’Espagne en milieu marin et lagunaire
(ORO & MARTINEZ, 1994a ; CRAMP & ORO,loc.
cit.).
Le baguage de l’espèce, important en
Espagne depuis 1988 et débuté à la fin des années
90 en Italie (Sardaigne), nous a incités à initier un
programme de baguage des poussins sur la colonie
d’Aspretto à Ajaccio avec les encouragements de
nos collègues italiens et l’accord du Centre de
Recherches sur la Biologie des Populations
d’Oiseaux au M. N. N. H. Ce programme initié en
2000, a consisté en un marquage par bagues
métalliques auxquelles étaient adjointes des
bagues en matière plastique (Darvic) codées (jeu
de 4 lettres noires sur fond blanc).
Le programme ainsi que les efforts de contrô-
les associés, avaient pour but de pouvoir caracté-
riser de très nombreux paramètres chez cette es-
pèce qui n’avait jusqu’alors, jamais été baguée en
France: dispersion des juvéniles, zones d’hiver-
nage, escales migratoires, sex-ratio, philopatrie
des mâles et des femelles reproducteurs, retours
sur le site de naissance, âge de première reproduc-
tion et du premier succès de reproduction, échan-
ges avec d’autres colonies et survie des oiseaux en
fonction de leur âge. Aux données issues du suivi
des oiseaux marqués à Aspretto, nous ajouterons
celles collectées concernant des oiseaux d’origine
étrangère venus sur ce site.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Site d’étude
La colonie de reproduction d’Aspretto est
installée sur la jetée d’un terrain militaire à
Ajaccio (côte ouest de la Corse, 41°55’ N, 08°47’
E). Depuis 2000, la colonie abrite entre 50 et 70 %
de la population nationale (toute en Corse) de
Goéland d’Audouin. Les effectifs ont suivi une
croissance régulière, passant de 4 couples en
1993, à 38 couples en 2000 et 59 couples en 2009.
De par sa situation, le site, inscrit au réseau
Natura 2000 tout comme le golfe d’Ajaccio (ZPS
FR9412001 et FR9410096), présente des qualités
exceptionnelles pour le suivi et la gestion de ce
goéland, généralement cantonné aux îlots marins
(régulation du Goéland leucophée, Larus michael -
lis, mise en place d’abris à poussins, règlementa-
tion des accès…). La colonie est observable, dans
d’excellentes conditions, en permanence à une
distance de moins de 80 mètres, accessible à pied
sec à tout moment en moins de 5 minutes et les
oiseaux sont relativement peu sensibles à la proxi-
mité de certaines activités humaines (navigation,
aéronefs, proximité des observateurs…). Toutes
ces caractéristiques très favorables, nous ont inci-
tés à entreprendre le programme de baguage mal-
gré les faibles effectifs concernés.
Marquage des oiseaux
De 2000 à 2009 toutes les cohortes nées sur le
site ont été baguées, à l’exception de celle de l’an-
née 2007 du fait d’un risque de prédation important
des poussins par des Goélands leucophées L a ru s
m i c h a h e l l i s installés à proximité immédiate de la
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colonie. Au cours des 9 années de baguage, 293
poussins ont été bagués et 284 ont quitté la colonie
( 9 7 %), les 3 % restants étant morts in situ avant la
dispersion. Seuls les oiseaux ayant eff e c t i v e m e n t
quitté la colonie seront pris en compte dans les ana-
lyses. Les cohortes 2009 et 2010 seront absentes de
notre étude sauf précision contraire concernant les
mouvements migratoires de 3 oiseaux nés en 2009
et 2010, qu’il nous a paru utile d’intégrer.
Tous les oiseaux ont été munis d’une bague
métallique (MNHN /CRBPO) et d’une bague
codée d’un jeu de 4 lettres (noires sur fond blanc)
qui nous a été attribué par nos collègues ornitho-
logues italiens. Ce dernier marquage est similaire
à celui utilisé en Italie, tout comme en Espagne. Un
âge minimal de 20 jours, pour la quasi-totalité des
poussins, a été fixé avant d’entreprendre le ba-
guage qui s’est déroulé annuellement entre le 17 et
le 28 juin. L’ensemble de l’opération durait envi-
ron 75 à 90 minutes, les adultes regagnant alors
très rapidement leur nichée, environ 10 minutes
plus tard. Pour limiter le stress et les risques de
mortalité, les poussins n’ont fait l’objet d’aucune
mesure (ailes, tarses…). Il est à noter que chaque
année quelques rares d’entre eux ont pu échapper
au baguage (cachettes inaccessibles). Cependant
en 2000, la moitié de la cohorte n’a pas été baguée
en l’absence d’embarcation disponible pour captu-
rer les oiseaux dispersés sur l’eau. Au total, seuls
1 0 , 6 % des effectifs de l’ensemble des cohortes
nées sur place (N = 328) n’ont pas été bagués dont
près de la moitié pour la seule année 2000.
Contrôle des oiseaux
Les données récoltées proviennent d’oiseaux
marqués observés à l’aide d’une longue-vue :
• In situ, sur la colonie d’Aspretto; depuis
2001, 59 séances d’observations en moyenne ont
été effectuées chaque année (N = 9 ans) de fin mars
Données biologiques sur les Goélands d’Audouin de la colonie d’Aspretto 189
Fig. 1.– Évolution des
effectifs de Goélands
d’Audouin Larus
audouinii et du succès
de leur reproduction
sur la colonie
d’Aspretto à Ajaccio
de 1993 à 2009
Fig. 2.– Nombre de poussins de Goélands
d’Audouin Larus audouinii bagués chaque
année à Aspretto de 2000 à 2009.
2007
pas de
baguage
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à mi-juillet avec plus des 3/4 des séances en avril,
mai et juin (minimum 38 séances en 2006 et maxi-
mum 70 en 2001 et 2004). Sur la base de 120 jours
de présence continue des oiseaux sur la colonie, il
y a donc eu une séance d’observation tous les deux
jours. Chaque séance a duré environ une heure, ce
qui représente 63 heures d’observation chaque
année (minimum 32 heures en 2006 et maximum
1 8 9 heures en 2003 suite à un suivi continu par S.
TR AV I C H O N dans le cadre d’un stage de diplôme de
troisième cycle [TR AV I C H O N, 2004]).
• sur des colonies de reproduction, en Italie et
Espagne où il est très difficile d’évaluer la pres-
sion d’observation, compte tenu des difficultés
d’accès aux colonies essentiellement insulaires,
tout comme dans le delta de l’Ebre où les oiseaux
sont très nombreux,
durant leur migration et en zone d’hiver-
nage en Espagne, en Italie et au Maroc sur les
marais salants, les plages qui sont utilisés en repo-
soirs, Il est difficile d’y quantifier la pression
d’observation à cette période de l’année mais la
lecture des bagues y est beaucoup plus aisée du
fait du moindre risque de dérangement. A u x
oiseaux marqués à Aspretto doivent être ajoutés,
d’autres oiseaux nés ailleurs (Italie dont Sardaigne
Alauda 79 (3), 2011190
Photos 1 et 2.– Adulte avec poussins et baguage
d’un poussin.
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et Toscane, Espagne…) et observés durant la
reproduction sur notre colonie corse. Ces oiseaux
seront pris en compte dans les résultats (N = 43).
Estimation des taux de contrôle et de survie
Une estimation des taux de contrôles et de
survie a été réalisée en utilisant le logiciel M -
S u rg e (CH O Q U E T et al., 2004 et 2005 ; LE B R E T O N
et al. 1992). Pour les oiseaux de la colonie
d’Aspretto, deux analyses successi ves ont été
réalisées, une avec toutes les données de contrô-
les (et reprises) entre 2000 et 2009 (taux de cap-
ture et de survie global des oiseaux marqués à
Aspretto), une autre avec uniquement les contrô-
les réalisés à Aspretto (taux de capture et de sur-
vie locaux). Étant donné le fort impact de l’âge à
la fois sur les probabilités de relecture et les pro-
babilités de survie annuelle chez les Laridés nous
avons construit plusieurs modèles avec des struc-
tures d’âges différentes (1, 2 ou 3 classes). Nous
avons aussi exploré des possibilités de variabili-
interannuelle des taux de contrôles (supposés
du fait de la pression d’observation variable) et
des probabilités de survie. Ainsi 8 modèles ont
été testés. Leur comparaison a été effectuée à
l’aide du critère d’A k a i k e AIC (BU R N H A M &
AN D E R S O N , 1998). Seul les résultats du modèle
avec le plus petit AIC ont été retenus et sont
détaillés par la suite.
RÉSULTATS
Estimation des taux de contrôle et de survie des
oiseaux nés à Aspretto
Parmi les 251 oiseaux ayant quitté la colonie
et en excluant la cohorte 2009 pour laquelle il était
prématuré d’avoir des résultats, 43 % des indivi-
dus ont fait l’objet d’au moins un contrôle ou
reprise (les reprises d’oiseaux blessés ou morts ne
concernent que 3 individus). Les taux de recaptu-
re estimés par les méthodes de CMR à partir du
meilleur, augmentent avec l’âge des oiseaux, pas-
sant de 7,0 % pour les oiseaux de première année
à 26,0 % pour les oiseaux de deuxième année et
atteignant 64,0 % pour les oiseaux de plus de deux
ans. Cette augmentation classique chez les Laridés
est due au recrutement progressif avec l’âge, des
Goélands d’Audouin sur leur site de nidification.
Si l’on ne tient compte que des observations des
oiseaux bagués sur le site d’Aspretto, le taux de
contrôle est nul pour les oiseaux de première
année, est fortement variable pour les oiseaux de
deuxième année (entre 0 et 84,0 %), et se stabilise
à 64,0 % pour les oiseaux de plus de deux ans.
Classes d’âge Taux de Taux de
recapture recapture
global local
Première année 7,0 % 0 %
Deuxième année 26,0 % Entre 0 % et 84 %
Plus de deux ans 64,0 % 64,0 %
La probabilité de contrôle des oiseaux sur la
base d’Aspretto augmente avec l’âge des goélands,
elle traduit d’une part la quasi-absence des jeunes
oiseaux sur la colonie de reproduction (“matura-
tion” hors site de naissance) classique chez les
Laridés et la relative forte philopatrie de cette es-
pèce. Notons que le taux de contrôle après 2 ans est
important et permet d’obtenir une vision relati-
vement précise de ce qui se déroule sur la colonie
en termes de recrutement et de survie notamment.
Pour ce qui concerne la survie, elle a été cal-
culée dans un premier temps, uniquement à partir
des contrôles sur la colonie (survie locale), puis
tous les contrôles ont été pris en compte pour une
survie globale des oiseaux marqués sur place. La
survie locale présente un biais par rapport à la sur-
vie réelle car elle ne tient pas compte de la
Données biologiques sur les Goélands d’Audouin de la colonie d’Aspretto 191
FIG. 3.– Pression d’observation sur la colonie
d’Aspretto de fin mars à mi-juillet.
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dispersion (un oiseau qui sort définitivement de la
zone est considéré comme mort), la survie globale
peut, elle, être biaisée par le fait que la pression
d’observation est hétérogène d’un site à l’autre.
Classes d’âge
Première Deuxième
année année
Survie globale 0,64 0,87
Intervalle de 0,52-0,74 0,81-0,92
confiance
Survie locale 0,46 0,90
Intervalle de 0,36-0,56 0,83-0,95
confiance
Le meilleur modèle retenu concernant les
classes d’âge a été celui d’une structure à 2 clas-
ses avec une survie de première année relati-
vement faible puis une survie après un an cons-
tante et très élevée. Comme attendu, la survie lo-
cale est inférieure à la survie globale lors de la
première année de vie du fait qu’un nombre moin-
dre d’oiseaux est pris en compte pour les calculs.
En revanche, les années suivantes, les deux indi-
ces de survie sont très proches ce qu’accentue une
très forte philopatrie de reproduction des oiseaux
après une première reproduction sur la colonie.
Migration et sites d’hivernage, mouvements
des oiseaux nés à Aspretto (carte I)
Au total, 69 individus marqués à Aspretto ont
été contrôlés au moins une fois à l’étranger: 27
oiseaux ont été vus en Italie, dont la moitié en
Sardaigne et 97 % des contrôles concernent la
période de reproduction ou d’installation sur les
colonies. Pour l’Espagne, on comptabilise 20 indi-
vidus, dont 3 aux Baléares avec une répartition
mensuelle des contacts plus étendue et 22 % obser-
vés d’août à novembre. Aucun contrôle hivernal
n’y a été réalisé. Sur les côtes marocaines, 19 indi-
vidus différents ont été observés, dont une grande
majorité au Sud d’Agadir. Il s’agit uniquement
d’observations pré-hivernales ou hivernales. On
note encore une donnée en Gambie (44 0 0 k m )
concernant un oiseau de premier hiver vu en février
et un juvénile trouvé mourant en Algérie début
a o û t 2002, peu de temps après son départ
d’Ajaccio. Enfin, deux oiseaux ont été notés sur les
côtes portugaises, un juvénile né en 2009, en août,
au Sud de Lisbonne (2 0 0 0 km) et un autre en oc-
tobre plus au Sud. On notera l’absence de contrôles
provenant de France continentale et de l’Est de la
Méditerranée. Les observations en Corse, en dehors
d’Ajaccio, sont peu nombreuses (18). Six pro-
viennent de l’étang de Biguglia, et aucune ne
concerne les autres sites de reproduction connus du
Cap Corse et du golfe de Porto (peut-être du fait de
l’absence de suivi des oiseaux bagués sur ces sites
en raison des difficultés d’observation).
Certains oiseaux ont été contrôlés plusieurs
fois ce qui a permis de suivre leurs mouvements.
Ainsi, un individu corse âgé de 4 ans a été noté le
12 juin 2005 en Sardaigne et le lendemain à
Aspretto (175 km). On a pu noter parfois l’insta-
bilité d’individus non reproducteurs tel cet oiseau
de 2 ans présent à Ajaccio le 25 mai 2005, vu sur
le delta de l’Ebre (Espagne), 3 jours plus tard puis
revenu à Ajaccio le 31 mai (distance entre le delta
et Ajaccio = 680 km)!
Quarante-sept Goélands d’Audouin contrôlés
(41,7 %) n’ont été vus qu’à Aspretto. Ce pourcen-
tage traduit d’une part une forte philopatrie des
individus, et d’autre part la facilité d’observation
Alauda 79 (3), 2011192
FIG. 4.– Localisation des contrôles et/ou reprises
des oiseaux nés à Aspretto: chaque individu n’est
comptabilisé qu’une fois dans le pays où il a été
vu (n = 72).
4) îles Baléares - 3) Archipel toscan - 2) Portugal
1) Algérie - 1) Gambie
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de la colonie et la forte pression du suivi. 30 % des
oiseaux seulement ont été contrôlés uniquement
en dehors de la colonie.
On notera que la dispersion des juvéniles de
premiers hivers est très peu documentée avec seu-
lement 6 contrôles d’oiseaux dont 1 en juillet :
oiseau bagué poussin le 26 juin 2010 et contrôlé
aux Iles Baléares le 27 juillet 2010 (dispersion
rapide); 3 en août: 2 à Huelva/Espagne côtes
atlantiques, Sud de Lisbonne, soit 2 000 km, 1 en
Algérie dès le 8 août, 1 en octobre (Huelva) et 1
enfin en Gambie en février.
Age de retour sur la colonie et sex-ratio
Parmi les 60 oiseaux contrôlés à leur premier
retour sur la colonie, aucun n’a été noté dans sa
première année. Dès la deuxième année on note
l’apparition d’individus encore en plumage imma-
ture en petit nombre (23 % pour N = 60 contrôles
sur les cohortes 2001 à 2004, cf. taux de capture).
Ces oiseaux apparaissent tardivement sur la
Données biologiques sur les Goélands d’Audouin de la colonie d’Aspretto 193
FIG. 5.– Localisation des contrôles et/ou reprises
par grande unités géographiques en fonction des
mois (n = 120).
ALGÉRIE
ESPAGNE
PORTUGAL
ITALIE
MAROC
SÉNÉGAL
CARTE I.– Localisation des sites de contrôle
des Goélands d’Audouin bagués en Corse
(2001-2009).
Ajaccio
Sites de contrôle entre
mars et septembre
Sites de contrôle entre
octobre et février
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colonie (date moyenne = 28 mai plus ou moins 25
jours pour N = 15) avec des dates extrêmes
6 mai/22 juillet. En général ces individus sont
chassés hors de la colonie par les reproducteurs et
leur stationnement est très bref. Les oiseaux de
troisième année sont plus nombreux (46,6 %) et
arrivent plus tôt en moyenne (19 mai, dates ex-
trêmes 14 mars-5 juillet N = 36) mais une majo-
rité arrive encore après les installations. Les
oiseaux de quatrième année revenant pour la pre-
mière fois sur la colonie arrivent en moyenne le
11 mai plus ou moins 31 jours (N = 13) avec des
dates très tardives pour certains (16 juillet) qui
peuvent correspondre à des oiseaux ayant tenté de
nicher ailleurs et effectuant une reconnaissance
pour l’année suivante (parades et pré-cantonne-
ments en fin juin-début juillet chaque année).
Origine des oiseaux étrangers vus à Aspretto
(carte II)
Quarante-trois oiseaux marqués, non natifs
d’Aspretto, ont été notés sur la colonie depuis
2000. La majorité était originaire de Sardaigne
le baguage s’est déroulé entre 1998 et 2001
puis a repris depuis 2008. Trois individus étaient
Alauda 79 (3), 2011194
FI G . 6.– Effectifs concernés selon l’âge de
premier retour sur la colonie de 2001 à 2009
(n = 60) ; cohortes 2001 à 2003 pour toutes les
classes et 1 à 5+ pour 2004).
Delta de
l’Ebre
Pianosa
Isola
Sant’Andrea
Isola Cavoli
Origine des
oiseaux
Isola Niboni
1-3 (n = 8)
4-11 (n = 19)
12-16 (n = 16)
Isola Piana
500 kilomètres
Isola La Fresa
Colonie
d’Aspretto
CARTE II.– Localités de naissance des Goélands
d’Audouin étrangers vus en période de reproduction à
Aspretto (nicheurs ou non) de 2001 à 2009 (n = 43).
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originaires de Toscane où le baguage a débuté plus
tardivement. Deux oiseaux étaient originaires de
la côte est de l’Italie (Pouilles). Enfin, et malgré
une très forte pression de baguage en Espagne,
seulement deux oiseaux originaires du delta de
l’Ebre, ont été vus. À noter que six oiseaux sardes
et un oiseau de la mer ionienne ont tenté ou réus-
si à se reproduire.
Suivi de la reproduction des oiseaux bagués et
succès de reproduction (oiseaux nés à Aspretto
ou ailleurs)
Sur 125 oiseaux bagués différents (2
Espagnols, 41 Italiens et 83 Corses) qui ont sta-
tionné au moins une fois à Aspretto en période de
reproduction, nous n’avons pu déterminer avec
certitude que 58 cas avec des indices de reproduc-
tion fiables jusqu’à l’envol des jeunes (indice
allant de parades à l’élevage des jeunes en passant
par des accouplements). Globalement, 71 % des
tentatives ont été suivies d’échecs. Seulement
13 % des tentatives ont concerné des oiseaux de
troisième année, mais aucun n’a réussi alors sa
reproduction. Un tiers (32,8 %) des tentatives
constatées concernaient des oiseaux de quatrième
année mais les succès ont été peu nombreux (3 cas
sur 19). Au-delà (4 ans et plus), les succès ont aug-
menté mais le nombre d’oiseaux en échec est resté
conséquent (66 % pour N = 50) . Le cas de l’oi-
seau marqué “IBTS”, né en 2000 à Aspretto il-
lustre les aléas de la reproduction; ce mâle, très
fidèle à son site de naissance a été noté reproduc-
teur chaque année à partir de 2003 et en 7 années,
a connu 4 échecs dont 2 consécutifs en 2007 et
2008. Un autre individu, de la même cohorte, a
connu 3 échecs et 1 seul succès.
Sex-ratio des oiseaux contrôlés sur le site
(oiseaux nés à Aspretto ou ailleurs)
Devant l’impossibilité de déterminer le sexe
au moment du baguage (par prélèvement sanguin
ou de plumes), la seule possibilité de connaître le
sexe des oiseaux s’est trouvée au moment de la
formation et du suivi des couples lors des accou-
plements. À noter également une plus forte corpu-
lence des mâles. En fait le sexe n’a pu être déter-
miné avec certitude que pour seulement 31 indivi-
dus dont 26 oiseaux nés à Aspretto.
On constate que la grande majorité des
oiseaux nés à Ajaccio/Aspretto et qui s’installent
pour nicher sont des mâles (84,6 %), alors que la
proportion serait plutôt inversée pour les oiseaux
nés en Italie/Sardaigne.
Données biologiques sur les Goélands d’Audouin de la colonie d’Aspretto 195
FI G . 7.– Succès de la reproduction en fonction
de l’âge des oiseaux marqués nés à Aspretto ou
en Italie (n = 58 cas).
FIG. 8.– Sex-ratio des reproducteurs à Aspretto
selon leur lieu de naissance de 2001 à 2009 (n =
31).
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DISCUSSION
Concernant les mouvements des oiseaux nés
àAspretto/Ajaccio, les premiers résultats concor-
dent avec ce qui est connu pour l’ensemble des
oiseaux bagués et répertoriés dans la base EURING,
ainsi que pour ceux d’Espagne, principalement
dans le delta de l’Ebre (ORO & MARTINEZ, 1994;
GO V E R N D E L E S BA L E A R S , 2003) et d’Italie
(Baccetti & Zenatello, non publié). Dans le golfe
d’Ajaccio, la présence de juvéniles n’a pas été
relevée chaque année (BONACCORSI,2009, 2010)
ce qui suggère une dispersion hâtive comme le
montre d’ailleurs des contrôles de juillet/août loin
de Corse. Les oiseaux hivernent principalement en
Afrique, les données provenant pour l’essentiel du
Maroc où l’hivernage a été constaté depuis long-
temps (BEAUBRUN, 1983 ; THÉVENOT et al., 2003).
L’oiseau contrôlé en Gambie répond bien au
déplacement attendu pour un oiseau de premier
hiver. La Sénégambie était mentionnée dès les
années 1960 comme site d’hivernage de l’espèce
(MOREL & ROUX in DELAPORTE & DUBOIS, 1990 ;
BAILLON, 1989) montrant le rôle de cette région
d’Afrique pour l’espèce, renforcé par la suite par
l’obtention de contrôles hivernaux de la majorité
des oiseaux de premier hiver nés dans le delta de
l’Ebre (ORO & MARTINEZ-VILLATA, 1994). Le
patron de présence en Italie est conforme à celui
connu en Corse. Pour ce dernier pays, quelques
contrôles d’oiseaux corses ont été effectués sur
des colonies de reproduction (BACCETTI,com.
pers., CORBI et al., 2008) attestant, a minima, des
tentatives de reproduction. Les observations
hivernales sont régulières en petit nombre autour
de la Corse (obs. pers., Comptages We t l a n d s
International et THIBAULT & GUYOT,1991). Il
reste cependant à vérifier s’il s’agit au moins pour
partie d’oiseaux autochtones.
L’âge de premier retour des oiseaux à la colo-
nie après leur dispersion est conforme à ce qui a
été constaté dans le delta de l’Ebre, très peu
d’oiseaux de première année reviennent sur la
colonie ou aux abords (OR O & MA RT I N E Z -
VILLATA,loc. cit.).
Pour ce qui est des oiseaux étrangers en
simple visite ou nichant sur la colonie, on notera
que la colonie s’est, au moins en partie, constituée
à partir d’oiseaux sardes dont certaines colonies
sont très proches (moins de 100 km). Des indivi-
dus sardes sont maintenant bien installés à
Aspretto. Deux d’entre eux s’y sont reproduits
avec succès en 2009 et en 2008, avec une présence
régulière depuis leur troisième année (oiseaux nés
en 1999 et 2000). Des oiseaux toscans bagués ont
été notés aussi mais le baguage est trop récent
dans cette zone pour que des oiseaux contrôlés à
Aspretto aient connu un succès de reproduction
(un deuxième année, un troisième année et un
quatrième année).
La survie globale peut être comparée avec
celle notée pour les oiseaux du delta de l’Ebre
(ORO,1998). Pour les oiseaux de première année,
elle est nettement inférieure (0.64 à Aspretto vs
0,79 dans le delta de l’Ebre) mais l’estimation
obtenue ici est probablement sous-estimée du fait
d’une plus faible pression d’observation en dehors
de la Corse. Pour les deuxièmes années et plus, la
survie des oiseaux marqués à Aspretto (0,90 vs)
est difficile à comparer aux estimations espa-
gnoles qui séparent les premières et deuxièmes
années des adultes. Les intervalles de confiance
étant relativement grands dans nos estimations du
fait du faible nombre d’oiseaux, il est peu pro-
bable que les différences observées soient signifi-
catives et encore nos estimations peuvent être
légèrement sous-estimées de par l’hétérogénéité
spatiale des pressions d’observation.
La survie locale résulte à la fois de la survie
réelle des oiseaux mais aussi de leur philopatrie.
En effet une dispersion permanente est considérée
comme la disparition des oiseaux de la colonie.
Les estimations de première année montrent que
cette philopatrie de naissance est relativement
faible (différence importante entre survie globale
et survie locale) ce qui est connu chez les Laridés
(COULSON & COULSON, 2008; SPEAR et al., 1998).
La bonne adéquation entre les survies locales et
globales pour les oiseaux de plus de 2 ans dé-
montre, elle, que la philopatrie de reproduction est
forte chez cette espèce, ce qui est également
connu chez les Laridés (SPEAR et al., 1998)
Lorsqu’il y aura un plus grand nombre de
données, il sera intéressant de comparer les survies
locales selon le sexe des oiseaux, ce qui pourrait
traduire l’éventuelle différence de philopatrie entre
les mâles et femelles qui semble se dessiner. En
e f fet, le constat fait sur le sex-ratio est intéressant
Alauda 79 (3), 2011196
ALAUDA(3)2011 15/07/11 16:09 Page 196
si nous partons de l’hypothèse (non vérifiée) que
celle-ci est équilibrée sur l’ensemble des cohortes
baguées. Le constat s’appuie sur un faible eff e c t i f
(31 individus au sexe déterminé avec certitude)
mais tous concernant les oiseaux nés à Aspretto, la
d i f férence importante mâles/femelles laissant à
penser qu’il correspond à une tendance observée
chez d’autres espèces (GR E E N W O O D & HA RV E Y,
1 9 8 2 ) : par exemple le Goéland argenté L a r u s
a rg e n t a t u s (CH A B R Z Y K & CO U L S O N, 1976) ou le
Cormoran huppé P h a l a c r ocorax aristotelis
(AE B I S C H E R, 1995) ou le Goéland d’Audubon
L a r us occidentalis (SP E A R et al., 1998). Ce constat
s’il se confirmait montre la nécessité d’un réseau
de sites de reproduction relativement proches, afin
que les échanges puissent permettre de rééquilibrer
les sex-ratios au sein des colonies et ainsi assurer
la pérennité des petites colonies. Dans le cas
d’Aspretto, l’apport de femelles venues de
Sardaigne paraît conforter cette hypothèse.
Pour ce qui concerne l’âge de première repro-
duction, on note, comme en Espagne des tenta-
tives dès l’âge de 3 ans (ORO & MARTINEZ-
VILLATA, 1994; ORO, 1998). Le succès semble,
logiquement, augmenter avec l’âge mais nous
manquons encore de données pour en tirer des
conclusions, d’autant que des paramètres, indé-
pendants de l’âge des oiseaux et de leur expé-
rience, peuvent intervenir. De même, lorsque les
effectifs étudiés seront plus conséquents sera-t-il
important de différencier les succès de reproduc-
tion selon le sexe, à âge égal. Concernant le retour
sur la colonie après un échec de reproduction (17
cas), à 10 reprises l’oiseau est revenu l’année sui-
vante et à 4 reprises seulement 2 ans plus tard.
Néanmoins sur les 10 cas de retour l’année sui-
vante, 5 concernaient le même oiseau, un mâle
d’une grande fidélité au site. Là encore nous man-
quons de recul pour déduire quoique ce soit sur la
conséquence des échecs.
CONCLUSION
Les opérations de baguage et de contrôle de
la population vont se poursuivre dans les pro-
chaines années car elles nous apportent beaucoup
d’informations. La lecture de bagues sur l’étang
de Biguglia, dans le Cap Corse ou le golfe de
Porto et les colonies italiennes, nous apporterait
des informations intéressantes sur la métapopula-
tion de Sardaigne-Corse-Toscane mais elles se
heurtent à des difficultés d’accès in situ ou un
manque de moyens. Ainsi, nous n’avons aucune
preuve certaine de reproduction d’oiseaux nés à
Aspretto sur ces sites. De même, il nous semble-
rait utile de pouvoir prospecter en hiver les côtes
atlantiques, de la Mauritanie à la Sénégambie,
zones peu prospectées actuellement.
La survie des individus est aussi un élément
important qui sera affiné au fil du temps (d’autant
que la situation particulière de la colonie semble
générer une forte mortalité accidentelle par la
pêche “amateur’), comme également le constat
sur le différentiel de philopatrie mâles/femelles.
Le régime alimentaire de l’espèce et ses zones
d’alimentation en période de reproduction nous
sont pour le moment très peu connus, bien que
BONACCORSI (2003 et 2009) et quelques observa-
tions personnelles aient pu nous donner quelques
éléments fragmentaires. Cela nécessiterait des
investigations plus poussées d’autant que le golfe
d’Ajaccio (site Natura 2000) fait l’objet de fortes
pressions anthropiques et de grands projets
d’aménagements.
REMERCIEMENTS
Nous remercions en premier lieu les autorités
militaires en charge de la base d’Aspretto qui nous
ont toujours favorisé la gestion de la colonie, malgré
quelques contraintes générées par la présence de ces
laridés. Nous remercions en particulier le capitaine
de vaisseau LA I G N E L O T qui commanda la base
d’Aspretto en 1990-1991 et signala l’installation
d’oiseaux au Parc régional ainsi que Toussaint POGGI,
vice-président du club Sportif et Artistique de la
Marine, toujours très réceptif à la protection et au
patrimoine naturel. Nous remercions également les
aides bagueurs bénévoles, nombreux, qui se sont suc-
cédés depuis 2000 pour conduire les opérations de
baguage, Nicolas RECORBET, Erwan et Meven LE
DRU, Claire LEDRU (nous lui dédions cet article),
Pasquale MONEGLIA, Gilles BONACCORSI, le person-
nel de la DIREN qui a donné un coup de main au
suivi et à la pose des abris (H. PARIS, C. FÉRAL, J.-F.
JOLY) et B. LEFEUVRE (très investi durant son premier
poste au CROSS Corse dans les années 1995). Jean-
Claude THIBAULT enfin a bien voulu relire le manus-
crit, qu’il en soit vivement remercié.
Données biologiques sur les Goélands d’Audouin de la colonie d’Aspretto 197
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Article
Shag Phalacrocorax aristotelis colonies from the Firth of Forth south to the Fame Islands (SE Scotland and NE England) were surveyed in 1982 and 1983 for nesting Shags ringed as chicks or adults in the previous 20 years. On average, 5% of 863 Shags ringed as chicks were breeding away from their natal colony, and only 1% of 401 marked adults had left their breeding colony. The proportion p of chicks that settled at or beyond distance D from the natal colony followed the relationship p= 0.263D-0.771, implying that more Shags moved 10 km or beyond to breed than expected from diffusion models or a constant-rate dispersal model; adjusted for birds that settled outside the study area, the relationship was p = 0.314D-0771. There was no effect of colony size on emigration rate, but females showed a greater tendency to settle away from the natal colony than did males. At the natal colony, more males (69%) than females (47%) nested within 300 m of their birthplace. Two mechanisms appear to determine where a Shag settles to breed: a navigational one governing the return to the natal colony, plus the competitive process of nest-site establishment.
Article
1. Local recruitment of Audouin's gull (Larus audouinii Payraudeau) was studied between 1988 and 1997 at the Ebro Delta colony (north-western Mediterranean). Since its establishment in 1981, the colony has dramatically grown to include, in 1997, 65% of the total world population. Several hypotheses were tested, involving the effects of a badger predatory event in 1994, and sex, age and cohort (year of birth) on recruitment. 2. Results supported the prediction that colony size influenced recruitment: the probability for any individual to have previously bred increased throughout the study, together with colony size. At the end of the study, 90% of breeders aged 4 years had already been recruited at age 3, the age of first reproduction by Audouin's gulls. As expected by the dramatic increase of breeding numbers, most local recruitment occurred at very young ages, especially when compared with other Laridae. 3. Neither food availability nor reproductive success affected recruitment. Recruitment was not affected by high nest predation by the badger, although after the event, the proportion of Ebro Delta birds nesting on the nearby Columbretes Islands tripled. 4. Probability of first reproduction depended on age: it was the highest at ages 3 and 4, and then decreased sharply with age to stabilize beyond age 6 to a value depending on the year and cohort but always very low (< 5%). Cohort and sex did not influence local recruitment. 5. Annual resighting rates ranged between 35% and 82%, and were higher for females. This may represent a sex-dependent suspension of breeding, probably as a trade-off between early recruitment and future survival.
– P i a n o d'azione nazionale per il Gabiano corso (L a r u s a u d o u i n i i) Ministero dell'Ambiente e della tutella del terrtorio/Istituto nazionale per la fauna selvetica) 1998.– Natal dispersal in the Western Gull : proximal factors and fitness consequence
@BULLET SE R R A (G.), ME L E G A (N.) & BA C C E T T I (N.) 2001.– P i a n o d'azione nazionale per il Gabiano corso (L a r u s a u d o u i n i i). Ministero dell'Ambiente e della tutella del terrtorio/Istituto nazionale per la fauna selvetica. 46 p @BULLET SPEAR (L.B.), PYLE (P.), & NUR (N.) 1998.– Natal dispersal in the Western Gull : proximal factors and fitness consequence. Journal of animal Ecology, 65 : 165-179 @BULLET THÉVENOT (M.), VERNON (J.D.R.) & BERGIER (P.), 2003.– The Birds of Morocco. BOU Checklist series.
– Le Goéland d'Audouin (Larus audouinii) à Aspretto/Ajaccio ; gestion pour une pérennisation de l'espèce sur un site artificiel
@BULLET RECORBET (B.) & LE DRU (A.) 2002.– Le Goéland d'Audouin (Larus audouinii) à Aspretto/Ajaccio ; gestion pour une pérennisation de l'espèce sur un site artificiel. Alauda, 70 : 483-488.
– M- SURGE : new sofware specifically designed for multistate capture-recapture models
@BULLET CH O Q U E T (R.), RE B O U L E T (A.-M.), PR A D E L ( R. ), GI M E N E Z (O.) & LE B R E TO N (J.-D.) 2004.– M- SURGE : new sofware specifically designed for multistate capture-recapture models. Animal Biodiversity and Conservation, 27 : 207-215.
-Offspring sex ratio in subcolonies of Audouin's gull, Larus audouinii, withs deferential breeding performance
• GENOVART (M.), JOVER (L.), RUIZ (X.) & ORO (D.) 2003.-Offspring sex ratio in subcolonies of Audouin's gull, Larus audouinii, withs deferential breeding performance. Canadian Journal of zoology, 81 : 905-910
-Premier cas de reproduction du Goéland d'Audouin (L a ru s audouinii) sur un site artificiel en Corse
• RECORBET (B.) & BONACCORSI (G.) 1995.-Premier cas de reproduction du Goéland d'Audouin (L a ru s audouinii) sur un site artificiel en Corse. Alauda, 63: 237-241