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Le bassin minier, bastion de la gauche

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Professeur de science politique à l'Université Lille 2 Résumer plus d'un siècle d'histoire inséparablement politique et syndicale du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais en quelques pages est une gageure. Face au foisonnement des événements et à la diversité des situations locales, le risque est grand de simplifier outrageusement. Un fait s'impose pourtant, massif : la domination politique, quasi sans partage, depuis la fin du XIXe siècle, des partis issus du mouvement ouvrier. Ainsi, depuis 1891, date de l'élection comme députés d'Emile Basly à Lens et d'Arthur Lamendin à Liévin, le coeur du bassin minier du Pas-de-Calais a toujours été représenté à l'Assemblée nationale par des élus de gauche. Le phénomène est un peu plus lent dans le Valenciennois et la région de Douai ; les socialistes de la SFIO y conquièrent leurs premiers mandats de députés en 1906 et deviennent prédominants en 1914. Autrement dit, depuis la veille de la première guerre mondiale, socialistes et communistes n'ont jamais vraiment été inquiétés. C'est sans doute l'implantation municipale qui donne la meilleure mesure de cette domination politique. Raismes, pour ne citer que les communes les plus importantes, sont dirigées par un maire socialiste ou communiste sans discontinuité depuis au moins 1919. Cette domination de la gauche ouvrière ne signifie pas vie politique pacifiée. Bien au contraire. La gauche n'a jamais cessé ici d'être " plurielle ". Avant 1914, socialistes indépendants, guesdistes et syndicalistes révolutionnaires (les fameux " broutchoutistes ") s'opposent souvent violemment. Après la scission du congrès de Tours en 1920, socialistes et communistes se livrent à des luttes virulentes qui perdurent encore aujourd'hui, par exemple à travers la position majoritairement oppositionnelle de la fédération communiste du Pas-de-Calais à l'égard de la participation des communistes au gouvernement de Lionel Jospin. A la différence d'autres bastions ouvriers ou même miniers, aucun des deux " frères ennemis ", n'a réussi à prendre durablement le dessus sur l'autre. Leur rivalité doit même être considérée, en particulier dans la partie du bassin située dans le Pas-de-Calais, comme la caractéristique majeure de la vie politique, mais aussi plus largement sociale. En effet, cette compétition a conduit les dirigeants et les militants des deux partis à créer et entretenir d'influents réseaux, notamment dans le monde du travail par le biais syndical, mais aussi sur le terrain associatif en lien avec le contrôle des municipalités. En conséquence, les identités partisanes socialiste et communiste, derrière un commun rejet des " capitalistes " et des partis bourgeois, sont ici très ancrées et les affiliations s'y transmettent souvent d'une génération à l'autre… bien après la fermeture des mines.
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Article
A la différence des traditionnelles interprétations spontanéistes des grèves de mai-juin 1936, certaines études récentes soulignent le rôle joué par les organisations. Pour nous, les militants locaux actifs, venus pour la plupart de la CGTU, ont eu une position -- clé dans l'articulation des revendications des ouvriers et finalement dans l'organisation des grèves du Front populaire. Les conditions de travail pour les mineurs de charbon du Nord durant les années 1930 ont permis aux militants ex-unitaires d'acquérir une grande influence dans les bassins houillers et même de supplanter le "vieux syndicat" créé par Emile Basly dans de nombreuses villes. La réunification syndicale, la campagne d'avril 1936 contre les compagnies minières (qui ne réussit qu'en partie), la victoire électorale de mai ont convaincu les ouvriers de suivre les ex-unitaires et de se joindre au mouvement de grève. Les militants communistes locaux furent tellement en pointe durant la grève que beaucoup refusèrent d'accepter l'accord signé par le syndicat. Il fallut toute l'autorité des principaux dirigeants communistes du Nord pour que l'ordre soit restauré dans les mines. /// Most interpretations of the May-June 1936 strikes stress their supposedly "spontaneous" character. However, many recent studies of these strikes suggest that an "organizational" interpretation is more appropriate. Far greater emphasis is placed in this study on the crucial role played by important local militants -- former CGTU militants for the most part -- in articulating the workers' grievances and eventually in organizing the May-June 1936 strikes. An examination of the working conditions of the Northern coal miners in the 1930's shows how it was possible for the ex-Unitaire militants to gain a large degree of influence in the Northern basins and indeed to supplant the "Old Syndicat" of Emile Basly in many locations. A combination of factors -- the syndical reunification achieved at the end of 1935, an only partially successful campaign against the mining companies in April 1936, and the May 1936 election victory for the united Left -- were instrumental in enabling the ex-Unitaires to persuade their workmates to join the strike movement. These local communist militants played such a crucial role during the strike that many militants refused to accept the agreement signed by the union. The full authority of the top local communist leaders had to be applied before industrial peace was restored in the Northern mines.
Article
Thesis (Ph.D.)--Université du droit et de la santé de Lille. Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales, 1997. Includes bibliographical references (p. 588-613).
Battu en 1958, il retrouva un siège en 1962, mais cette fois dans la 14e circonscription. Il se retira définitivement de la vie parlementaire en 1967
  • Réélu En
et réélu en 1956. Battu en 1958, il retrouva un siège en 1962, mais cette fois dans la 14e circonscription. Il se retira définitivement de la vie parlementaire en 1967. Il meurt le 27 novembre 1982 à Sin-le-Noble.
Ami, si tu tombes : révolutions, Arles, Actes Sud
PANNEQUIN (Roger), Ami, si tu tombes : révolutions, Arles, Actes Sud, " Babel ", 2000 (1 ère éd. 1976).
La population minière du Pas-de-Calais
  • Aries Bibliographie
  • Philippe
Bibliographie ARIES (Philippe), " La population minière du Pas-de-Calais ", in Histoire des populations françaises, Paris, Seuil, " Points ", 1971, p. 69-119 (1ère éd. 1949).
Archives départementales du Pas-de-Calais
  • Arras
Arras, Archives départementales du Pas-de-Calais, 1991.