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L’essor des blés nus en France septentrionale : systèmes de culture et commerce céréalier autour de la conquête césarienne et dans les siècles qui suivent

Authors:
CONSOMMER DANS LES CAMPAGNES
DE LA GAULE ROMAINE
Actes du Xe congrès de l’Association AGER
Sous la direction de
Xavier Deru et Ricardo González Villaescusa
REVUE DU NORD
Hors série. Collection Art et Archéologie N° 21. 2014. Université Charles-de-Gaulle - Lille 3
1. INTRODUCTION
Les blés dits « à grains nus» regroupent plusieurs
espèces ayant en commun un rachis solide et des
enveloppes légères qui libèrent le grain dès le premier
battage. Des blés nus (Triticum turgidum L., T. durum
Desf., T. aestivum L.) sont cultivés localement au nord
des Alpes depuis les débuts de l’agriculture (culture
rubanée). L’évidence la plus ancienne de leur culture
dans l’est de la France provient du site néolithique
ancien de Marainville-sur-Madon (88) en Lorraine,
appartenant à la culture du Rubané récent/final1. Dans
ce site la morphologie des entre-nœuds de rachis a
indiqué la présence de la forme hexaploïde, le blé ten-
dre (Triticum aestivum L.). Des formes hexaploïdes
ont été également reconnues en Suisse depuis le
Néolithique moyen au moins, sur base de la morpho-
logie des entre-nœuds de rachis2. Au Néolithique
récent et final, dans les stations palafittes de Suisse et
du sud de l’Allemagne, deux types de blés nus sont
identifiés3. Les formes tétraploïdes sont fréquemment
prépondérantes4, mais les hexaploïdes sont également
attestées5. En France septentrionale dans les régions
de Picardie et d’Île-de-France, les blés nus sont pré-
sents depuis le Néolithique et parfois abondants dans
certains ensembles6. Cependant, l’essor des blés nus
constitue un trait marquant de la fin de l’Âge du Fer et
du début de la période romaine7. Ils vont rapidement
supplanter les autres espèces, notamment l’amidon-
nier, et ils maintiendront leur position durant l’époque
médiévale et jusqu’à l’époque actuelle8. Cette évolu-
tion caractérise l’adoption de nouveaux modes de
consommation, basés sur le pain, l’amidonnier et
l’orge privilégiés n’étant pas panifiables jusqu’au IIes.
D’autres régions en France connaissent une évolu-
tion similaire, pour des périodes antérieures. Ainsi, en
région Centre, le mouvement s’amorce de manière
plus précoce, durant La Tène moyenne9, et dans le
Midi méditerranéen (bassin du Rhône) il s’observe à
la transition Fer 1/Fer 210.
Quelles sont les espèces botaniques impliquées
sous le vocable «blés nus» ? Comment justifier leur
succès ? Qui en sont les promoteurs ? Comment leur
répartition évolue-t-elle au cours de la période
romaine ? Pour tenter de répondre au moins partielle-
ment à quelques-unes de ces questions, les auteurs ont
rassemblé les données carpologiques de cent soixante-
dix occupations ayant livré plus de cent restes d’es-
pèces domestiques, totalisant quelque deux mille deux
cents contextes, afin de mieux cerner l’histoire des
blés nus en France septentrionale.
2. CORPUS ET MÉTHODES
Les données sont issues d’analyses effectuées par
les signataires, et de sites pour lesquels des données
brutes ont été publiées11. Ces études ont été réalisées
dans les régions du Nord-Pas-de-Calais, Haute et
Basse Normandie, Picardie, Île-de-France, Champagne-
*. Véronique ZECH-MATTERNE, CNRS/MNHN, UMR 7209
AASPE ; Julian WIETHOLD, Laboratoire d’archéobotanique, Inrap
Grand Est Nord, UMR 6298 ARTeHIS ; Bénédicte PRADAT, Inrap
Centre, UMR 7209 AASPE ; Françoise TOULEMONDE, UMR 7209
AASPE.
1. — BERRIO 2012.
2. — JACOMET 2007.
3. — SCHLUMBAUM et al. 1998.
4. — MAIER 1996.
5. — JACOMET 2004.
6. — MARINVAL 1990.
7. — L’ambition de cet article n’étant pas de reconstituer l’histoire des
blés nus depuis les débuts de leur culture, nous n’évoquons pas les
Âges du Bronze et le premier Âge du Fer. LEPETZ et MATTERNE 2003.
8. — BONNAIRE et WIETHOLD 2010.
9. — PRADAT 2010.
10. — BOUBY 2010, vol. 1, p. 325 sv.
11. — BAKELS 1984, 1986 ; LECAL2004.
VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE, JULIAN WIETHOLD ET
BÉNÉDICTE PRADAT, avec la coll. de FRANÇOISE TOULEMONDE*
L’essor des blés nus en France septentrionale :
systèmes de culture et commerce céréalier autour de
la conquête césarienne et dans les siècles qui suivent
REVUE DU NORD - N° 21 HORS SÉRIE COLLECTION ART ET ARCHÉOLOGIE - 2014, P. 23-49
Ardenne, Lorraine, Alsace, Pays-de-Loire, Centre,
Bourgogne, Franche-Comté, Poitou-Charentes et
Limousin. Plusieurs sites peuvent être localisés sur le
territoire d’une même commune et un même site peut
comporter plusieurs occupations, définies comme une
suite de structures présentant ou non une cohérence
spatiale mais dont la position stratigraphique ou les
mobiliers associés suggèrent une contemporanéité ou
subcontemporanéité. Les proportions des différentes
espèces ou regroupements d’espèces ont été calculées
par occupations, considérées comme des entités chro-
nologiques distinctes.
Afin de suivre l’évolution des proportions de blés
nus dans la longue durée, leurs pourcentages ont été
calculés en NMI-Nombre Minimum d’Individus pro-
portionnellement aux autres espèces cultivées, en
additionnant aux individus complets (les deux tiers du
caryopse au moins) le nombre de fragments divisé par
deux. Lorsque le nombre de vannes excédait celui de
grains, les vannes ont été privilégiées, en considérant
qu’une base de glume équivalait à un grain et une
furca ou base d’épillet à un ou deux grains en fonction
des espèces et du nombre de grains habituellement
décomptés pour chaque épillet (un grain pour T.
monococcum et deux pour T. dicoccum et T. spelta).
Pour les blés nus, un entre-nœud de rachis a été
décompté comme équivalant à un grain. Ces modes de
comptage ne sont pas uniformes au sein de la disci-
pline, comme l’a montré une récente enquête12. Au
moins ont-ils été respectés par tous les auteurs dans le
cadre de cet article.
L’évolution des pourcentages de blés nus est obser-
vée depuis le IVes. avant J.-C. et jusqu’à la fin de
l’époque romaine, de manière à fixer le point de
départ de cet essor, et à en comprendre les prémices,
sachant que l’on observe localement des ensembles
riches en blés nus et que c’est davantage l’émergence
d’une zone cohérente à forts pourcentages de blés nus
et l’extension de cette zone qui doivent être considé-
rées comme des faits significatifs. Il faut d’autre part
garder à l’esprit que ces ensembles de grains ne repré-
sentent pas des résidus agricoles primaires. Le maté-
riel étudié est issu d’environ deux mille deux cents
contextes dépotoirs, soit autant d’enregistrements
lents des déchets de la vie quotidienne et des plantes
les plus souvent sollicitées. Afin de permettre des
comparaisons inter-sites, seuls les ensembles préser-
vés par carbonisation ont été retenus (tab. 1).
Si le nombre de sites mobilisés est relativement
élevé au total, il se réduit à une vingtaine d’occupa-
tions pour illustrer chaque phase. Les résultats devront
donc être confirmés et les interprétations proposées
restent à ce stade des hypothèses.Un bon équilibre
des effectifs est néanmoins observé d’une phase à
l’autre, puisqu’ils comportent respectivement 21, 22,
19, 16, 24, 23, 23 et 22 occupations pour les huit
phases envisagées, assurant de la sorte une continuité
d’observation.
3. DÉTERMINATION DES BLÉS NUS ET BLÉS VÊTUS ET
CARACTÉRISTIQUES AGRONOMIQUES RESPECTIVES
Le terme de «blés nus» regroupe dans l’usage trois
espèces ou sous-espèces de blés13 (genre Triticum)
dont les caryopses sont morphologiquement très
proches : le type hexaploïde aestivum S. S. (froment,
blé tendre) ou sa forme à épis compacts fo. compac-
tum (blé compact, blé hérisson) et deux types tétra-
ploïdes : Triticum durum (blé dur ou blé macaroni) et
Triticum turgidum (poulard, gros blé) (fig. 1, A-C).
Les dénominations scientifiques et synonymes accep-
tés dans la Multilingual Multiscript Plant Name
Database figurent en annexe.
La distinction entre ces espèces ou sous-espèces
s’effectue sur des bases génétiques ou à l’examen des
déchets de battage, les articles de rachis, qui consti-
tuent l’axe central de l’épi chez les Poacées, famille à
laquelle se rattachent toutes les céréales cultivées. Les
entre-nœuds de rachis présentent en effet des carac-
tères morphologiques qui permettent de les distinguer
au niveau ploïdique, à savoir principalement la cour-
bure/rectitude des flancs et la robustesse des départs
de glumes14. Tous les blés nus sont néanmoins faciles
à nettoyer après la récolte car les glumelles n’adhèrent
pas aux grains et l’axe central de l’épi ou rachis ne se
désarticule pas au battage. Les enveloppes et sous-
produits des traitements post-culturaux figurent rare-
ment parmi les restes carpologiques carbonisés asso-
ciés aux structures de stockages ou aux dépotoirs
domestiques. Ils sont d’une part plus fragiles au feu
que les caryopses ou grains, au moins en atmosphère
oxydante, et la facilité avec laquelle le grain est séparé
de la balle fait que les déchets de battage ne sont pas
forcément rapportés dans l’habitat si cette opération
est conduite à proximité du lieu de récolte, en pleine
campagne. Dans les quelques sites d’époque romaine
des rachis ont été préservés, c’est la forme hexa-
ploïde (blé tendre ou blé compact) qui a été mise en
24 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
12. PRADAT, communication orale lors des rencontres
d’Archéobotaniques 2012, Douai.
13. — Selon la taxinomie utilisée
14. — HILLMAN 2001 ; JACOMET et al. 2006.
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 25
Commune Gisement Département RO Auteur étude Référence
Ablaincourt-Pressoir Le Chemin Blanc de Bovent Somme F. Lemaire, Inrap VZM
Acy-Romance La Warde Ardennes B. Lambot, bénévole VZM Matterne 2001
Allonne Les Bornes Oise M. Derbois, Inrap VZM
Amiens ZAC Cathédrale Somme D. Gemehl, Inrap VZM Matterne et al. 1998
Amiens Boulevard de Belfort Somme E. Binet, Inrap VZM Lepetz et Matterne 2003
Amilly Terres des Châtelains et Loiret E. Segain, Inrap BP Pradat 2010
de Pisseux
Aschères-Le-Marché Le Marjolet A19 C8 Loiret S. Gilotte, Inrap BP Pradat 2010
Attichy L’Avenue Oise D. Maréchal, Inrap VZM
Attilly La Pâture des Grands Aisne A. Dubois, Inrap VZM Matterne 2001
Valuzeaux
Auve La Vigne Marne Ph. Feray, Inrap VZM
Barcy Marais de Narcy Seine-et-Marne P. Ciezar, Inrap VZM
Batilly-en-Gâtinais Les Pierrières A19 I1 1-2 Loiret S. Liégard, Inrap BP Pradat 2010
Bazoches-sur-Vesles Les Chantraines Aisne C. Pommepuy, SRA VZM Matterne 2001
Behen Les Grands Riots Somme D. Bayard, SRA JPP
Bétheny Les Equiernoles Marne Ph. Rollet, Inrap VZM Matterne 2001
Bezannes ZA de la gare, zone D1 Marne N. Achard-Corompt, Inrap JW
Bohain-en-Vermandois Le Moulin Mayeux Aisne P. Lemaire, Inrap VZM
Bouranton La Louvière Aube N. Achard-Corompt, Inrap VZM
Bourges Lazenay Cher O. Buchsenschutz (CNRS) BP Pradat 2001
Boviolles Oppidum Mont-Châtel Meuse B. Bonaventure JW
Bussy-le-Château Le Bout des Forces Marne C. Moreau, Inrap VZM
Cagny Ferme de l’Epinette Somme P. Barbet, Inrap VZM Matterne 2001
Cairon Eléazar Calvados Guy San Juan, SRA VZM San Juan et al. 1999
Chambly La Marnière Oise J.-M. Fémolant, collectiv. PM
Champfleury La Bascule Marne H. Bocquillon, Inrap VZM
Champfleury La Fosse aux Fromages Marne H. Bocquillon, Inrap VZM
Charny Les Champs de Choisy Seine-et-Marne F. Mallet, Inrap VZM
Chevilly Les Herbeauts et Loiret E. Frénée, Inrap BP Pradat 2010
La Croix Rouge A19 A1
Chevilly Pièces Chameul Loiret D. Josset, Inrap BP Pradat 2010
Ciry-Salsogne Le Bruy Aisne R. Cottiaux, Inrap VZM Matterne 2001
Cizancourt-Licourt La Sole des Galets Somme Ph. Lefèvre, Inrap VZM Matterne 2001
Compans Le Poteau du Mesnil Seine-et-Marne J.-M. Séguier, Inrap VZM
Conchil-le-Temple Le Fond de la Commanderie Pas-de-Calais F. Lemaire, Inrap VZM Matterne 2001, Lemaire 2012
Courdimanche Le Fief à Cavan Val d’Oise C. Marcille, Inrap VZM Matterne 2001
Croixrault L’Aérodrome Somme S. Gaudefroy, Inrap VZM
Croixrault La Dériole Somme L. Duvette, Inrap VZM
Cuperly La Perte Marne R. Gestreau, Inrap VZM
Deols Les Bapaumes et les Cornilles Indre J.-P. Baguenier, Inrap BP
Eaucourt-sur-Somme Les Monts Bergeron Somme R. Haurillon, Afan VZM Matterne 2001
Ecuelles Charmoy, Carrière Piketty Seine-et-Marne D. Couturier, Inrap VZM
Ennemain L’Orme Somme H. Petitot, Inrap VZM Matterne 2001
Epieds-en-Beauce Zac de Chantaupiaux Loiret C. Puyeo, Inrap BP
Estrées-Deniécourt Derrière le Jardin du Berger Somme D. Bayard/G. Prilaux VZM Lepetz et Matterne 2003
Estrées-Saint-Denis Les Sablons Oise P. Querel, Inrap VZM Querel et al. 2002
Faulquemont Nahtetzel Moselle L. Vermard, Inrap JW
Florange ZAC Sainte Agathe, sites 5 et 6 Moselle S. Galland, Inrap JW
Forest-Montiers Le Fond de Bernay Somme P. Querel, Inrap VZM Matterne 2001
Fresnes-lès-Montauban Le Motel Pas-de-Calais Y. Desfossés/B. Masson VZM
Fricamps Les Epasses Somme N. Soupart, Inrap VZM
Gauville Le Bout de la Rue du Bois Somme N. Soupart, Inrap VZM
Gonesse Zac Tulipe Val d’Oise E. du Bouëtiez, Inrap VZM
Gonesse Zac Tulipe Nord Val d’Oise A. Mondoloni, Inrap VZM
Gournay-sur-Marne Av. Roger Ballu Seine-st-Denis V. Gonzalez, Inrap VZM
Goussancourt La Fontaine des Grèves Aisne Ch. Hosdez, Inrap VZM
Ham Le Bois aux Cailloux Somme D. Gaillard, Inrap VZM Matterne 2001
Hérange Weihermattfeld Moselle E. Billaudeau, Inrap JW
26 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
Commune Gisement Département RO Auteur étude Référence
Houdan Les Brosses Yvelines M. Philippe VZM Matterne 2001
Huppy Entre Trinquies et Somme V. Harnay, Inrap VZM
Au Petit Moulin
Ifs Object’ifs sud Calvados E. Le Goff, Inrap MFDS
Isigny-sur-Mer La Tuillry Calvados V. Carpentier, Inrap MFDS
Jaux La Camp du Roy Oise F. Malrain, Inrap VZM Matterne-Zech 1996
Jouars-Ponchartrin La Ferme d’Ithe Yvelines O. Blin, Inrap VZM Matterne 2001
Kuntzig ZAC Les Passeraux Moselle A. Lefebvre, Inrap JW
Le Mesnil Amelot Le Noyer au Chat Seine-et-Marne A. Navect, Inrap VZM
Le Mesnil Amelot Le Chapitre Nord Seine-et-Marne N. Ginoux, Inrap VZM
Le Plessis-Gassot Le Bois Bouchard Val d’Oise N. Ginoux, Inrap VZM
Epieds-en-Beauce Les Chantaupiaux Loiret J.-P. Gay, Inrap BP
Le Poinconnet Le Forum Indre F. Porcell BP
Liehon Larry Moselle J.-D. Laffite, Inrap VZM Wiethold, Matterne à paraître
Loisy-sur-Marne ZAC de la Haute Voie Marne R. Issenmann, Eveha FT
Longjumeau Le Champtier-des-Cerisiers Essone F. Mallet, Inrap VZM
Longueil-Sainte-Marie La Queue de Rivecourt et Oise D. Maréchal, Inrap VZM
Le Bois Harlé
Longueil-Sainte-Marie Le Vivier des Grès Oise F. Malrain, Inrap VZM Matterne 2001
Louvres Le Vieux Moulin Val d’Oise D. Casadei, Inrap VZM Matterne 2001
Marcelcave Le Chemin d’Ignaucourt Somme L. Blondiau, Inrap VZM Matterne 2001
Mareuil-lès-Meaux Déviation RN Seine-et-Marne P. Bet, Inrap VZM
Marolles-sur-Seine Le Chemin de Sens Seine-et-Marne J.-M. Seguier, Inrap VZM Matterne 2001
Mer La Gueule 2 Loir-et-Cher F. Couvin, Inrap BP
Mer Beaudisson Loir-et-Cher F. Couvin, Inrap BP
Messy La Mare au Roi Seine-et-Marne P. Bertin, Inrap VZM
Metz ZAC Amphithéâtre Moselle F. Gama, Inrap JW
Mignières Le Petit Courtin Eure-et-Loir D. Lusson, Inrap BP
Mirebeau-sur-Bèze Pont Charon Côte d’Or S. Venault, Inrap JW et FD
Mitry-Mory Villette aux Aulnes/ Seine-et-Marne G. Bruley-Chabot, Inrap VZM
sites est et ouest
Monchy-Lagache Le Fond de Guizancourt Somme L. Blondiau, Inrap VZM Blondiau et al. 2006
Mondeville L’Etoile Calvados C.-C. Besnard, Inrap VZM Besnard-Vautrin et al. 2009
Montierchaume Le Travoir Indre J.-P. Chimier, Inrap BP
Mortvillers-Saint-Saturnin La Mare à Jonc et Somme N. Soupart, Inrap VZM
Chaude Vallée
Mosles La Pièce du Pressoir Calvados C. Marcigny, Inrap VZM Marcigny et al. 1999
Neuvy-Pailloux La Cormaillerie et Indre G. Roy, Inrap BP
Les Grivaudines
Nogent-le-Roi Le Perrier Eure-et-Loir E. Fencke, CG 28 BP
Onnaing Toyotomi Nord R. Clotuche, Inrap VZM
Oroër Sous le Bois Saint Martin Oise D. Gaillard, Inrap VZM Matterne 2001
Palaiseau Les Trois Mares Essone O. Blin, Inrap VZM
Parçay-sur-Vienne La Blissière Indre-et-Loire J.-P. Baguenier, Inrap BP Baguenier et al. 2006
Paris Place de la Sorbonne Paris S. Robin, CVP VZM
Paris Rue Pierre et Marie Curie Paris S. Robin, CVP VZM Matterne 2001
Peltre Les Rouaux Moselle M. Feller, Inrap JW Wiethold, Matterne à paraître
Pierrefitte-sur-Seine Les Tartres Seine-st-Denis F. Lafage, Inrap VZM
Ploisy Le Bras de Fer Aisne F. Gransar, Inrap VZM
Pont-Sainte-Maxence Le Jonquoire Oise F. Malrain, Inrap VZM Matterne, 2001
Prasville Vers Chenay Eure-et-Loir G. Bailleux, Inrap BP
Prasville Les Grandes Canettes Eure-et-Loir D. Lusson, Inrap BP
Revelles Le Verduret Somme V. Harnay, Inrap VZM
Roissy-en-France Le Dessus de la Rayonnette Val d’Oise D. Casadei, Inrap VZM
Roissy-en-France Zac Demi Lune Val d’Oise L. Leconte, Inrap VZM Zech-Matterne et Leconte 2010
Roye Le Puits à Marne Somme J.-L. Collart, SRA VZM Matterne 2001
Rurange-lès-Thionville sur Iwerbusch, tr. 2 Moselle M. Mondy, Inrap JW
Ruvigny Les Demeures du Bois Aube A. Rémy, Inrap JW
Saint-Désir Le Castellier Calvados P. Giraud, SDAC VZM
évidence. Ces ensembles proviennent notamment
d’un bâtiment de stockage de la villa des Brosses à
Houdan dans les Yvelines, de stocks découverts en
place dans un cellier à Mareuil-lès-Meaux en Seine-
et-Marne, d’un grenier de la ferme du Fief à Cavan à
Courdimanche dans le Val d’Oise, et d’un fossé du site
de Marcelcave dans la Somme.
Le blé tendre ou froment est un blé panifiable, qui
donne une farine blanche et produit de très bons ren-
dements dans une terre bien fumée et bien préparée.
Les besoins moyens en azote sont estimés entre 115 et
205 uN, de un et demi à deux fois ceux des blés vêtus,
pour des rendements de 70 à 100 quintaux/ha (source
CARAH-Centre pour l’agronomie et l’agro-industrie
de la province de Hainaut-Belgique). Dans l’Antiquité
romaine, le froment est perçu comme un blé exigeant ;
Pline l’Ancien y fait référence dans son livre 18
consacré aux céréales en affirmant qu’« aucun blé
n’est plus avide que le froment et n’absorbe plus de
nourriture» (Nat. Hist., 18, XX.1.), mais que «rien
n’est plus productif que le froment ; la nature lui a
attribué cette qualité, parce que c’est la substance
qu’elle destinait à l’alimentation de l’homme » (18,
XXI. 1.).
La catégorie des «blés vêtus» regroupe principale-
ment trois espèces qui possèdent des niveaux de ploï-
die distincts et qui peuvent être en théorie déterminées
à partir de critères morphologiques observables aussi
bien sur les grains que sur les bases de glumes et
d’épillets. Ce sont les blés engrain (Triticum mono-
coccum L.), amidonnier (T. dicoccum Schrank) et
épeautre (T. spelta L.) (fig. 1, D-F).
Par contraste avec les blés nus, les blés dits «à grains
vêtus» présentent de fortes contraintes de nettoyage
après la récolte, en raison de leurs enveloppes coriaces
et adhérentes. Pour cette raison, les traitements post-
culturaux tendent à être étalés dans le temps et le
stockage intervient après le premier battage, de sorte
que les réserves sont constituées d’épillets qui devront
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 27
Commune Gisement Département RO Auteur étude Référence
Saint-Etienne-au-Mont Rue des Ecoles Pas-de-Calais R. Clotuche, Inrap VZM
Saint-Martin-des-Entrées Le Parc sur l’Herbage Calvados C. Marcigny, Inrap VZM Marcigny et al. 2004
Saint-Martin-du-Vivier La Plaine de la Ronce Seine-maritime Y.-M. Adrian, Inrap VZM
Saint-Memmie Rue du Pont-Alips Marne N. Achard-Corompt, Inrap VZM Achard-Corompt et al. à paraître
Saint-Quentin Bois de Cambronne Aisne P. Lemaire, Inrap VZM
Saint Quentin Le Bassin Aisne P. Lemaire, Inrap VZM
Sainte-Maure-de-Touraine Les Chauffeaux Indre-et-Loire H. Froquet, Inrap BP Di Napoli, Lusson et al. 2011
Saran Zac du Champ rouge Loiret D. Lusson, Inrap BP
Sermoise Les Prés du Bout de la Ville Aisne F. Gransar, Inrap VZM Matterne 2001
Sézanne L’Ormelot Marne J. Grisard, Inrap VZM
Sillery Le Clos Harlogne Marne N. Achard-Corompt, Inrap EB et JW
Souppes-sur-Loing À l’Est de Beaumoulin Seine-et-Marne J.-M. Séguier, Inrap VZM
Sublaines Le Grand Ormeau Indre-et-Loire E. Frénée, Inrap BP
Tarquimpol Le Vieux Château Moselle J. Henning, univ. de Francfort JW
Thaon Le Bissonet, Le Clos, Calvados G. San Juan, SRA VZM San Juan et al. 1999
La Haute Pérelle, Eleazar
Thillois La Croix Rouge Marne V. Riquier, Inrap VZM
Tremblay-en-France Le Nouret Seine-st-Denis A. Navect, Inrap VZM Matterne 2001
Tremblay-en-France Echelle Haute Seine-et-Marne V. Gonzalez, Inrap VZM Matterne 2001
Tremblay-en-France La Fossette Seine-et-Marne A. Navect, Inrap VZM Matterne 2001
Varennes-sur-Seine La Justice Seine-et-Marne J.-M. Séguier, Inrap VZM
Venette Le Bois de Plaisance Oise D. Maréchal, Inrap VZM
Verberie La Plaine d’Herneuse II Oise F. Malrain, Inrap VZM
Vignely La Noue Fenard Seine-et-Marne P. Bertin, Inrap OD
Villeneuve-d’Ascq La Haute Borne (tranche 1) Nord P. Querel, Inrap VZM
Villers-aux-Nœuds La Pâture Nord Marne H. Bocquillon, Inrap VZM
Villers-Vicomte La Rosière Oise G. Prilaux, Inrap VZM Matterne 2001
Villiers-le-Sec La Place de la Ville Val d’Oise F. Gentili, Inrap VZM Matterne 2001
Zouafques Hameau de Wolphus Pas-de-Calais J.-C. Routier GLC Le Calvé 2004
Tableau 1. — Liste des 170 sites mobilisés pour cette étude.
VZM : V. Zech-Matterne, JW : J. Wiethold, BP : B. Pradat, PM : P. Marinval, JPP : J. P. Pals, EB : E. Bonnaire, FT : F. Toulemonde, GLC : G. Le Calvé, MFDS :
M.-F. Dietsch-Sellami, OD : O. Dalnoki.
être ensuite décortiqués pour en extraire les grains. En
France septentrionale, l’étude d’une trentaine d’en-
sembles de l’Âge du Fer et de l’époque romaine cor-
respondant à des stocks carbonisés ou à des rejets
directs issus de stocks montre que cette pratique est
courante15.
Parmi les divers blés vêtus, seul l’épeautre est pani-
fiable, à l’exception de quelques variétés d’engrain
qui donnent un pain compact et lourd. Il existe néan-
moins à toutes périodes des modes de consommation
qui valorisent des préparations alimentaires de type
galette ou pain plat, dont plusieurs exemplaires sont
connus pour la période gauloise. Ces fragments de
matière organique présentent une structure fine et
régulière attestant une pâte dense élaborée à partir de
farine. Deux exemplaires entiers ont été découverts à
Liniez « Le Grand Jaunet » (Indre, fouilles J.-P.
Bouvet, SRA)16 et à Chevilly « Pièces Chameul »
28 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
15. — ZECH-MATTERNE et al. 2009. 16. — MARINVAL, PRADAT 2004.
Triticum aestivum T. durum T. turgidum
T. monococcum T. dicoccum T. spelta
ABC
DEF
FIG. 1. — Morphologie actuelle des épis de blés nus (en haut) et de blés vêtus (en bas) cités dans le texte.
Cultures Arvalis, plateau de Saclay, France, juillet 2008. Cl. V. Zech.
A. Blé tendre ; B. Blé dur ; C. Blé poulard ; D. Engrain ; E. Amidonnier ; F. Épeautre.
(Loiret, fouilles D. Josset, Inrap)17. D’après leur taille
(3,6 x 2,8 et 2,4 x 2 cm) et leur forme aplatie (1,7 cm
maximum et 0,9 cm d’épaisseur), il s’agit de biscuits
ou de petites galettes mais pas de pain véritable.
L’épeautre produit de bons rendements, mais qui
restent de moitié inférieurs à ceux du froment,
compte-tenu des enveloppes qui représentent 30% du
volume des grains pour des pesées équivalentes ; les
rendements moyens sont estimés autour de 25 à
30 q/ha. L’épeautre exige un apport limité en azote
(100 à 125 uN) car il est très sensible à la verse et a
tendance à se coucher s’il produit trop de végétation.
La désarticulation des épillets étant spontanée à matu-
rité, la récolte tombée au sol est alors perdue (source :
Arvalis-Institut du Végétal).
4. ÉVOLUTION DE LA PLACE DES BLÉS NUS DANS LES
SYSTÈMES AGRICOLES DE GAULE DU NORD (LA TÈNE
MOYENNE À L’ÉPOQUE ROMAINE)
Afin d’observer la montée des blés nus, nous avons
examiné leur place dans les productions agricoles à
partir du IVes. avant J.-C., date à laquelle des sites pré-
sentent une prédominance marquée de ces espèces, du
moins en région Centre18. Sur les cartes, les blés nus
sont figurés en bleu. Pour chacun des sites et par
phases les proportions relatives de grandes catégories
de plantes ont été établies : orge vêtue, blés vêtus, blés
nus, millets, avoines, oléagineux, légumineuses.
Chaque graphe sectoriel représente une occupation
pour laquelle les résultats issus de tous les contextes
bien datés ont été regroupés. Ces cartes figent cepen-
dant en un état unique des évolutions continues : elles
ne donnent pas à voir un mouvement mais représen-
tent le constat d’une évolution qui a eu lieu.
Pendant La Tène moyenne et jusqu’au IIes. avant J.-
C., l’importance des blés nus est très sporadique pour
les périodes comprises entre 400 et 150 av. J.-C. On
observe localement des concentrations de blés nus en
région Centre, mais ces ensembles ne présentent pas
de continuité dans le temps. Ce sont les orges (en vert)
et les amidonniers (en jaune) qui prédominent large-
ment (fig. 2 et 3).
C’est à partir du Ier s. avant J.-C. (La Tène D1) que
l’essor des blés nus s’amorce et que leur distribution
acquiert une cohérence géographique, durant les
périodes comprises entre 150 av. J.-C. et 15 ap. J.-C.
(fig. 4 et 5). Les premiers sites présentant des pour-
centages de blés nus supérieurs à 75% se regroupent
en Île-de-France et région Centre. Il s’agit des établis-
sements de Palaiseau «Les Trois Mares » (fouilles
O. Blin, Inrap) dont l’occupation est datée de La Tène
D (98 % de blés nus ; NMI espèces domestiques
= 902), de Batilly-en-Gâtinais « Les Pierrières »
(fouilles S. Liégard, Inrap) daté de La Tène finale
(82 % de blés nus ; NMI esp. dom. = 7 054), et de
Varennes-sur-Seine « La Justice » (fouilles J.-M.
Séguier, Inrap) pour la phase de La Tène D1b/D2a
(94% de blés nus ; NMI esp. dom. = 877). Après la
conquête césarienne, le mouvement s’accélère et dans
bon nombre d’établissements de la fin de la période
gauloise et du début de la période romaine les blés nus
deviennent prédominants comme à Roissy « Le
Dessus de la Rayonnette» (fouilles D. Casadei, Inrap)
attribué à La Tène D2b (79 % blés nus ; NMI esp.
dom. = 239). Si quelques établissements anticipent le
changement, le basculement semble s’opérer réelle-
ment avec la période augustéenne, la stabilisation de
la situation politique, la redistribution des alliances et
la relance des échanges commerciaux. La zone de dis-
tribution des blés nus s’étend progressivement dans
les vallées de la Seine et de l’Aisne. Nous manquons
malheureusement de données de La Tène D2 au sud
de la Seine pour juger de la situation en région Centre,
des concentrations de blés nus étaient précédem-
ment notées. Dans le Nord-Est, l’orge reste la céréale
de prédilection, sans doute en raison de contrainte
édaphiques19 et dans le Nord, les blés vêtus conservent
leur importance20.
Au Ier s. de notre ère, l’extension des blés nus (en
bleu) est manifeste (fig. 6). L’importance de l’orge
vêtue (en turquoise) reste significative dans le quart
nord-est et les blés vêtus (en jaune) se cantonnent au
nord de la Somme.
Au IIes. (sites du Ier-IIeet IIes. ap. J.-C.), ce mouve-
ment d’expansion connaît un ralentissement voire
même un arrêt (fig. 7). On relève encore l’importance
de l’orge vêtue dans les ensembles de l’Est. Les blés
vêtus constituent dans la Somme, et au-delà vers le
nord, la base des productions agricoles, mais ils réap-
paraissent aussi en région parisienne, où l’on note
désormais de forts pourcentages de légumineuses (en
vert clair).
La coexistence de systèmes de culture où sont réin-
troduits des blés vêtus, en théorie moins gourmands
que les blés nus, et la probabilité d’alternances ou de
rotations incluant des légumineuses émergent donc
dans les régions à l’origine du développement des blés
nus. Le remplacement des jachères travaillées par des
cultures de légumineuses peut certes avoir pour but de
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 29
17. — PRADAT 2010.
18. — PRADAT 2010.
19. — BOULEN et al. 2012.
20. — Cet article et DERREUMAUX 2012.
30 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
FIG. 2. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant La Tène B. Détail des catégories et
nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
FIG. 3. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant La Tène C. Détail des catégories et
nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 31
FIG. 4. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant La Tène D1-D2a. Détail des catégo-
ries et nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
FIG. 5. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant La Tène D2b-augustéen. Détail des
catégories et nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
32 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
FIG. 6. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant le Ier s. Détail des catégories et nom-
bres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
FIG. 7. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant le IIeS. Détail des catégories et
nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
raccourcir les cycles de culture, mais l’émergence de
telles alternances est dans le cas présent interprétée
différemment, du fait du recul des blés tendres au pro-
fit de l’épeautre, blé rustique et peu avide de fumure.
Le développement de systèmes agricoles fondés sur
les blés les plus exigeants, enregistré au Ier s., connaît-
il ses limites du fait d’une érosion et d’un appauvrisse-
ment progressifs des sols ? Ces systèmes à légumi-
neuses (famille des Fabacées) auraient alors pour
objectif de compenser un épuisement sélectif des
nutriments, car elles exploitent indirectement l’azote
aérien N2 via une association symbiotique racinaire
avec des bactéries de leur rhizosphère, fixatrices
d’azote.
Les bénéfices d’une telle association étaient connus
empiriquement des agronomes antiques, qui en com-
mentent les avantages. Ainsi Columelle, au début
du Ier s. et décédé vers 60/70 ap. J.-C., se référant à
Saserna, auteur d’un traité sur l’agriculture publié
entre -146 et -57, considère-t-il que les lupins, les
fèves, la vesce, la lentille, l’ers, la cicerole et le pois –
toutes espèces de légumineuses – peuvent servir d’en-
grais (livre II, XIII). Il relève que la fève et d’autres
légumes paraissent engraisser la terre, mais qu’il faut
avoir soin de labourer après la récolte. Pline l’ancien
accorde la même valeur à la fève et considère qu’elle
fertilise, comme de l’engrais, le sol où elle a été semée
(Nat. Hist., 18, XXX.4). On retrouve à propos des
légumineuses, les préceptes de Columelle chez
Palladius, dont le De re rustica serait publié vers 460-
480 de notre ère, lorsqu’il préconise de couper le lupin
et la vesce comme fourrage lorsqu’ils sont encore
verts, puis d’enfouir leurs résidus dans la terre qu’ils
féconderont à l’instar du fumier (livre I, V). Il consi-
dère toutefois que l’opinion commune qui voudrait
que les semis de fèves engraissent la terre est inexacte
(livre 12, I).
De fait, les types de légumineuses impliqués dans
les alternances culturales, dans les régions étudiées du
nord de la Gaule, sont principalement la lentille (Lens
culinaris), la féverole (Vicia faba var. minor) et la
vesce cultivée (Vicia sativa). Les mentions de vesce
cultivée sont plus fréquentes dans les sites datés de la
période romaine en remplacement de l’ers qui sem-
blait jouer un rôle équivalent dans les sites protohisto-
riques21.
En l’absence de tels systèmes de culture, l’azote
indispensable à la croissance des végétaux est apporté
par la fumure qui désigne l’enfouissement dans le sol
de fumiers d’étables ou de déchets organiques ou les
engrais verts tels que chaumes, fanes et cultures spéci-
fiques. Toutes ces ressources sont connues et exploi-
tées dans l’Antiquité et Columelle compare la valeur
respective des fumiers en fonction de leur destination
dans les chapitres XIII et surtout XIV du livre II du De
re rustica, rédigé vers 60-65 de notre ère.
Le recours au fumier est donc reconnu comme
bonifiant la terre mais cette ressource s’épuise vite car
l’azote ne s’accumule pas dans le sol, contrairement à
d’autres minéraux. La pratique de brûler les chaumes
et les labours accélère le processus de minéralisation
et l’élimination de l’azote par lessivage ; les apports
doivent donc être répétés tout au long de la croissance.
Les pratiques d’élevage conditionnent de fait le stock
de fumier disponible et la capacité des paysans à
maintenir un bon équilibre biologique et la fertilité de
leurs terres. Ce stock est limité.
Parallèlement aux légumineuses, des blés vêtus
réapparaissent. Mais quelles sont les espèces impli-
quées dans ce nouveau dispositif ? Sur la carte établie
pour les ensembles du IIes., le détail des blés identifia-
bles a été mentionné, désignant l’amidonnier et
l’épeautre comme les deux espèces principales
(fig. 8). Les blés vêtus qui regagnent de l’importance
au IIes. ne sont plus des amidonniers, encore très pré-
sents au Ier s., mais principalement des épeautres. Il
semble donc que la volonté soit de maintenir des blés
panifiables, mais moins exigeants et moins avides
d’engrais que les froments. L’épeautre constitue en
somme une option de conciliation. Il se passe de
fumure, mais ses rendements sont moindres que ceux
du froment. De plus, s’il est panifiable, ses enveloppes
imposent de fortes contraintes de nettoyage après la
récolte et donc un surcroît de main-d’œuvre. Le cri-
blage des épillets non décortiqués élimine cependant
la plupart des semences de «mauvaises herbes», de
calibre inférieur, avantage considérable lorsque celles-
ci sont toxiques, comme dans le cas de la nielle des
blés.
Au IIIes. (ensembles des IIe-IIIeet IIIes. ap. J.-C.), les
légumineuses interviennent encore largement dans les
systèmes de culture et la pratique aurait tendance à se
généraliser, preuve de son efficacité (?) ou de sa
nécessité (?). Conséquence probable, mais la relation
de cause à effet est difficile à démontrer, les blés nus
reviennent en force et gagnent la Somme (fig. 9). Une
coexistence de blés nus et de légumineuses est décela-
ble sur plusieurs sites.
Au IVes. (ensembles des IIIe-IVeet IVes.), un effet de
balancier est à nouveau enregistré, comme au IIes.
(fig. 10). Les systèmes à légumineuses se raréfient, les
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 33
21. — FERDIÈRE et al. 2006, cartes p. 23 et 103.
34 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
FIG. 8. — Représentation relative des types de blés et orges durant le IIeS.
Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
FIG. 9. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant le IIIeS. Détail des catégories et
nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
blés vêtus et l’orge vêtue regagnent du terrain. La pré-
sence de l’orge est encore et toujours très marquée
dans l’Est.
Comme précédemment au IIes., ces blés vêtus sont
en majeure partie des blés panifiables, de type épeau-
tre (fig. 11).
5. DISCUSSION
L’évolution diachronique des productions végétales
en Gaule du nord et plus particulièrement celle des
blés à grains nus pourrait se résumer de la façon sui-
vante :
Après la conquête césarienne, émerge une forte
demande en produits céréaliers, qui semble spécifi-
quement axée sur les blés panifiables, comme le fro-
ment et l’épeautre. Il est difficile de savoir si elle est
suscitée par un pouvoir central ou si elle découle d’op-
portunités commerciales, et qui organise cette distri-
bution. Nous manquons de documents écrits pour le
préciser. Mais il semble difficile d’imputer la cohé-
rence du mouvement à des volontés individuelles jux-
taposées. D’autant plus que l’observation de la situa-
tion en Picardie a montré qu’il existe une relation
entre la prédominance des blés nus dans les établisse-
ments et leur proximité avec les axes principaux de
circulation, support du réseau commercial22. Du reste,
la carte des villae établie par P. Ouzoulias23 montre
que les concentrations de ces établissements sont rela-
tivement tributaires des voies de circulation, notam-
ment fluviales.
Quoi qu’il en soit, lorsque les conditions locales le
permettent, les blés panifiables dont la production est
encouragée sont préférentiellement des blés de type
blés nus dont les traitements post-culturaux sont sim-
plifiés et rapides. D’après les quelques établissements
où une identification précise de l’espèce a été rendue
possible par la présence concomitante des grains et
des résidus de battage consistant en segments de
rachis, l’espèce privilégiée est le froment ou blé ten-
dre, le blé le plus exigeant en termes de nutriments.
Ces agricultures basées sur les blés tendres ont vrai-
semblablement conduit à épuiser les sols sur la longue
durée. Au IIes., des systèmes de rotations à légumi-
neuses se mettent en place, sans doute pour y remé-
dier, tandis que l’on remplace un blé panifiable exi-
geant (froment) par un autre blé panifiable moins
exigeant (épeautre), qui possède par contre des
contraintes de nettoyage fortes. Ces systèmes à légu-
mineuses semblent efficaces et permettent au IIIes.
l’avancée du froment dans la Somme, au détriment de
l’épeautre. Au IVes., le froment régresse à nouveau,
avec le retour de l’orge et de l’épeautre.
Le fait que cet effet de balancier concerne deux blés
ayant les mêmes propriétés alimentaires montre qu’il
ne s’agit pas de choix culturels liés aux modes de
consommation mais de choix de culture dictés par la
capacité des systèmes agricoles à se maintenir ou à se
régénérer.
Des cycles d’épuisement des sols et de régénération
des nutriments ont-ils toutefois un sens à l’échelle du
siècle ? Nous manquons d’études comparatives pour
en débattre, mais un constat similaire a néanmoins été
suggéré pour la Belgique24.
Pourquoi les blés panifiables sont-ils désormais
recherchés ? Au sein du monde romain, des change-
ments importants se font jour dans les modes de
consommation à peu près à la même époque. Ainsi,
Pline l’Ancien affirme qu’il n’y eu pas de boulangers
à Rome jusqu’à la guerre de Persée (172 av. J.-C.)
(Nat. Hist. 18, XXXVIII.1.), mais il explique que pré-
cédemment, le pain était préparé et cuit à la maison, se
référant à Plaute (vers 254-184 av. J.-C.), comme le
souligne N. Monteix25. P. Garnsey insiste pour sa part
sur les progrès intervenus, au sein du monde gréco-
romain, dans les procédés culturaux, durant les siècles
qui séparent Théophraste (vers 370-285 av. J.-C.) de
Galien (vers 129-199 ap. J.-C.) et il met notamment en
exergue l’avancée des blés nus, et notamment du blé
panifiable (T. aestivum) aux dépens de variétés de blés
et d’orge vêtus. L’amidonnier (far =T. dicoccum)
conserverait toutefois sa popularité, notamment en
Campanie26.
Mais l’essor des blés nus peut être envisagé de
manière bien plus précoce, cinq siècles avant la
conquête césarienne, dans certaines régions des
Gaules et notamment la vallée du Rhône27. Il n’est
donc pas du tout établi que cette évolution découle
d’un processus de « romanisation» consécutif à la
conquête, plutôt que d’un processus interne plus
ancien. De la même manière, il faut souligner la
découverte d’une grande quantité de blé nu hexa-
ploïde (froment) à Therwil «Fichtenrain » au sud-
ouest de Bâle (Suisse), qui atteste la culture de l’es-
pèce dans la vallée de Leimen, dès la fin de l’Âge du
Fer28.
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 35
22. — ZECH-MATTERNE à paraître.
23. — OUZOULIAS 2013.
24. — LANGOHR 1991.
25. — MONTEIX 2010.
26. — GARNSEY 1996, p. 85.
27. — BOUBY 2010.
28. — JACOMET et VANDORPE 2011.
36 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
FIG. 10. — Représentation relative des grandes catégories de plantes alimentaires durant le IVeS. Détail des catégories et
nombres de restes dans les annexes 1-8. Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
FIG. 11. — Représentation relative des types de blés et orges durant le IVeS.
Données J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
Un facteur important a pu toutefois encourager
l’émergence de ces nouvelles demandes en Gaule du
Nord et faire en sorte que des régions entières se
consacrent à la production de blés panifiables : la
présence de garnisons militaires permanentes et
l’orga nisation globale de leur approvisionnement.
P. Garnsey29remarque que, d’emblée, César fait appel
aux cités gauloises pour assurer son ravitaillement et
que sous le règne d’Auguste, l’approvisionnement se
maintient grâce à un système complexe de taxes,
réquisitions ou achats réguliers auprès des popula-
tions. L’idée que les légions cantonnées aient systéma-
tiquement vécu sur l’arrière-pays a cependant été bat-
tue en brèche à propos de certaines zones inadaptées
aux grandes cultures céréalières, notamment aux
Pays-Bas pour le delta du Rhin30. M. Reddé aboutit à
des conclusions similaires à propos du limes de la
Germanie supérieure, soupçonnant un approvisionne-
ment à partir de régions éloignées, les forces mili-
taires, équivalant à huit légions et 40 000 hommes
plus les auxiliaires sous Tibère, ne disposant pas sur
place des ressources agronomiques et des forces de
travail suffisantes31. Si la Picardie a pu jouer le rôle de
pôle nourricier, on ne comprend pas bien dans ce cas
pourquoi la pression de production semble se prolon-
ger durant toute la période romaine, y compris après le
retrait des armées. Une hypothèse alternative réside
dans l’émergence de grands centres urbains, et pour
les régions qui nous intéresse, la proximité de la ville
de Reims/Durocortorum, chef-lieu de cité et capitale
de province, localisée dans une région non productrice
de blé tendre, d’après les observations carpologiques,
et pour laquelle P. Ouzoulias souligne la quasi absence
d’établissements ruraux assimilables à des villae32.La
mention de cultures de blés nus chez les Rèmes, rele-
vée par cet auteur dans les écrits de Pline l’ancien
(Nat. hist., XVIII, 85), ne semble pas pouvoir être
généralisée en l’état des recherches carpologiques
ayant trait à cette région. La prédominance des blés
nus au sein des occupations du IIIes. du site de
Bezanes, proche de Reims, demeure isolée33, mais il
faut souligner que le nombre d’études carpologiques
systématiques ayant trait à la période antique est
moins représentatif pour cette zone que pour les
régions Picardie et Île-de-France.
Si l’évaluation de la population de Reims sous
Auguste n’est pas chose aisée – le nombre de 200 000
habitants a néanmoins été avancé – les travaux de
suivi archéologique menés sur la ville depuis une tren-
taine d’année ont montré que les 600ha enclos dans la
nouvelle enceinte, édifiée dans la seconde moitié du
règne d’Auguste et longue de 7 000 m, semblent
entièrement occupés, et que cette cité est d’emblée
organisée selon une trame orthonormée34.
6. LES VILLES : ENTITÉS PROMOTRICES ET
DESTINATAIRES DES BLÉS NUS ?
Ayant fait le constat d’un essor des denrées céréa-
lières panifiables et faciles à nettoyer, on peut s’inter-
roger sur les destinataires de ces productions et tenter
de voir comment leur circulation s’organise et quels
sont les centres qui tendent à être approvisionnés en
priorité. Il semblait logique d’imaginer que les grands
établissements de production, communément dénom-
més «villae», pouvaient être, sinon à l’origine de la
promotion des blés nus, du moins à l’origine de leur
production massive et en avoir assuré la diffusion.
Répondant à un souci d’inventaire, destiné à en analy-
ser leur répartition et leur rôle, P. Ouzoulias35a établi
une liste de ces établissements qu’il caractérise, selon
la définition classique36, par « la présence de bâti-
ments résidentiels dotés d’installations de confort et
d’infrastructures importantes destinées à l’exploita-
tion agricole du domaine ». Nous avons avec son
accord utilisé cette liste pour effectuer un tri dans les
établissements ruraux étudiés. Une AFC a été effec-
tuée sur cent occupations datées du LT D2 à la fin de
la période romaine, et huit variables, l’axe 1 séparant
les blés nus à gauche et les blés vêtus à droite ; l’axe 2
l’orge et les blés (fig. 12). Les villas sont figurées par
des triangles rouges. D’emblée, on constate qu’il
existe des villas qui cultivent de l’amidonnier ou de
l’orge et des petits établissements qui sont spécialisés
dans les blés nus, de sorte que les principaux produc-
teurs de blés nus ne sont pas spécifiquement des éta-
blissements dont l’architecture et les dispositifs d’ex-
ploitation pourraient dénoter une influence romaine
ou copier des modèles méditerranéens. Il existe néan-
moins une concordance globale entre les régions où
l’on enregistre des «essaims» de villas et la distribu-
tion globale des blés nus (fig. 13). Dans l’est de la
Gaule, en Lorraine, les grands villae cultivent l’orge et
l’épeautre, cette dernière espèce pouvant facilement
être récoltée avec le vallus, la moissonneuse gallo-
romaine. Plusieurs stocks de céréales se composent
principalement d’épeautre37.
Les villes ont probablement joué un rôle détermi-
nant dans l’avènement des blés nus38. Au Ier s., à
Amiens, en pleine zone de culture des blés vêtus, on
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 37
29. — GARNSEY 1994.
30. — CAVALLO, KOOISTRA et DÜTTING 2008.
31. — REDDÉ 2011.
32. — OUZOULIAS 2011.
33. — WIETHOLD 2010a.
34. — NEISS et BERTHELOT 2007.
35. — OUZOULIAS 2013.
36. — FERDIÈRE 1988, p. 158.
37. — MATTERNE 2005 ; WIETHOLD 1998, 2000, 2010b.
38. — Voir également CUPPERS 1974 ; KÖNIG 2007.
trouve des concentrations de blé tendre dans certains
quartiers, comme celles mises en évidence lors de
l’opération archéologique du boulevard de Belfort
(fouilles C. Binet, Inrap). À Reims, au cœur d’un ter-
ritoire voué à l’orge, des lots de blé tendre ont été
découverts à l’occasion de fouilles menées sur de
grandes propriétés urbaines de type domus, rue Saint-
Symphorien (dir. S. Sindonino, Inrap), ou encore rue
Rockfeller (A. Balmelle, Inrap). Ces villes apparais-
sent donc approvisionnées à partir d’un circuit exté-
rieur, plutôt que ravitaillées par leurs campagnes.
La provenance des lots céréaliers est toutefois diffi-
cile à suivre. Il est probable que des régions telles que
la Picardie et l’Île-de-France aient joué un rôle dans
les réponses apportées aux besoins suscités par des
villes importantes comme Amiens/Samarobriva ou
Reims/Durocortorum, dont la population était nom-
breuse. Mais elles ne constituent pas les seuls centres
pourvoyeurs de blés nus. Des régions où le bascule-
ment blés vêtus/blés nus s’est effectué de manière pré-
coce, comme celles étudiées par L. Bouby dans sa
thèse39, sont également candidates, d’autant plus que
le couloir rhodanien permettait d’acheminer ces mar-
chandises vers le nord, certaines villes comme Troyes
ou Reims pouvant jouer, de part leur statut, le rôle de
«plaque tournante» et redistribuer le commerce issu
de l’axe Rhône-Saône. Au carrefour de grands axes
filant vers Lyon, Trèves, Cologne, Boulogne (itiné-
raire d’Agrippa), Reims bénéficie aussi de la proxi-
mité de la Vesle, sous-affluent de l’Oise, qui se jette à
son tour dans la Seine, lui assurant un transport fluvial
des marchandises les plus encombrantes, la rivière
étant navigable jusqu’à l’Aisne, au moins pour des
barges à fond plat.
38 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
39. — BOUBY 2010.
FIG. 12. — AFC-Analyse factorielle des correspondances sur 100 sites et 8 variables (taxons), montrant la dispersion des villas
(triangles rouges) dans toutes les catégories d’espèces. Certaines villas sont dominées par des cultures d’orge ou d’amidonnier
tandis que des fermes modestes se spécialisent dans la culture des blés nus.
L’importance du transport fluvial, principalement
sur le Rhin, a aussi été soulignée par H.Küster pour
les provinces de Germanie40.
Nous possédons de fait un indice botanique de ces
«arrivages» de grains, qui constituent un deuxième
moyen de se procurer des blés panifiables, en complé-
ment du développement local de leur culture. En effet,
les circulations répétées de stocks céréaliers, suscitées
par les nécessités de l’approvisionnement, entraînent
dans les flores locales l’apparition d’adventices exo-
gènes qui témoignent d’importations de grains à partir
de zones plus méridionales. C’est le cas du Myagre
(Myagrum perfoliatum L., famille des Brassicacées),
espèce liée aux champs cultivés41. D’autres espèces
allochtones se sont naturalisées dans les flores locales
depuis la Protohistoire. Ce n’est pas le cas du Myagre,
originaire du sud de l’Europe et du Moyen-Orient, qui
n’a pas la capacité de se maintenir au nord de la Loire
et dont la présence résulte de réintroductions succes-
sives (voir sa carte de répartition en France ; source :
telabotanica). Sa distribution, depuis le couloir
Rhône-Saône, est fortement calquée sur le réseau flu-
vial dans la zone prédomine l’orge et où les blés
nus demeurent en retrait (fig. 14).
Les découvertes de Myagre sont probablement
sous-évaluées car la forme des graines est peu spéci-
fique une fois celles-ci carbonisées et ce sont le plus
souvent de petits fragments de silicules (fruits) qui
sont conservés. Les milieux humides sont également
plus propices à la représentation de ces flores adven-
tices (fig. 15). Ces découvertes ne sont pas toutes
associées à des lots de blés tendres. Ainsi sur le site de
l’opulente villa de Larry à Liéhon en Moselle (fouillée
par J.-D. Lafitte, Inrap), vingt-huit graines, trois sili-
cules entières et onze fragments proviennent de
réserves de grains enfermées dans un coffre de
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 39
40. — KÜSTER 1993. 41. — JAUZEIN 1995.
FIG. 13. — Carte de répartition des établissements de type villa et projection des mentions de sites où les blés nus prédominent.
Carte P. Ouzoulias. Données carpologiques J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
40 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
FIG. 15. — Vues de plants et silicules (fruits) de Myagre (Myagrum perfoliatum). Clichés J. Wiethold et V. Zech-Matterne.
À gauche et au centre en haut : plante entière et détail des silicules en formation. Au centre, en bas, silicules actuels. À droite, silicule
imbibé découvert dans un niveau augustéen du site de Troyes « Place de la Libération » fouillé par Ph. Kuchler, Inrap.
FIG. 14. — Localisation des mentions de Myagrum perfoliatum (étoiles rouges) pour les 170 occupations étudiées.
En encart, la répartition actuelle de l’espèce. Source : telabotanica http://www.tela-botanica.org.
stockage, placé à l’intérieur d’une des pièces de la
villa42. Ce coffre contenait un stock important
d’épeautre et un lot de pois, et pourrait avoir été «fos-
silisé» lors de l’incendie qui a ravagé la villa vers le
milieu du IIIes. ap. J.-C.
Il apparaît donc clairement que non seulement le
territoire des Rèmes bénéficiait du grand commerce
transitant par les vallées du Rhône et de la Saône, mais
aussi tout le quart nord-est de la Gaule et que ce com-
merce impliquait entre autres des denrées alimentaires
de base telles que les céréales. L’idée que Reims était
approvisionnée en produits « exotiques » issus du
commerce de très longue distance, avec la
Méditerranée mais aussi l’Orient, est renforcée par la
découverte de restes carpologiques de fruits et
d’épices importés de ces régions, dans les niveaux
humides d’un secteur proche de la Vesle au lieu-dit
«le Vieux Port» (opération archéologique du boule-
vard Henri Henrot, sous la direction de Ph. Rollet,
Inrap ; études carpologiques de C. Pagnoux et V.
Zech-Matterne)43.
Si un effort est donc apparemment consenti pour
approvisionner en blés nus les zones « à orge »,
comme en témoigne les mentions de Myagre, cela ne
semble pas être le cas pour les zones «à amidonnier»,
qui dépendent peut-être des cultures locales de blés
nus, ou qui ne consomment pas régulièrement de blés
nus (fig. 16). Ces régions restent fidèles aux céréales
«protohistoriques», alors qu’elles se montrent récep-
tives à l’importation d’autres denrées. Il s’agit ici d’un
choix spécifique qui reste à expliquer et que l’on ne
peut pas traduire en termes de résistance à l’influence
romaine, l’assimilation au Ier s. étant complète et
contrôlée.
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 41
42. — ZECH-MATTERNE 2010. 43. — PAGNOUX 2011.
FIG. 16. — Carte de répartition des établissements de type villa et projection des mentions de sites où les blés nus (carrés bleus),
les amidonniers (carrés jaunes) et les orges (carrés turquoises) prédominent. Les mentions de Myagre sont figuées par
les étoiles rouges. Carte P. Ouzoulias. Données carpologiques J. Wiethold, B. Pradat, F. Toulemonde et V. Zech-Matterne.
Les datations des découvertes de Myagre s’éche-
lonnent durant toute la période romaine, et on peut se
demander pourquoi l’approvisionnement a continué
de se faire via le couloir Rhône-Saône, plutôt qu’à
partir des régions productrices en blés tendres, comme
la Picardie ou les plaines d’Île-de-France. Les deux
sources pouvaient cohabiter mais du fait de l’absence
d’adventices «exotiques» dans les ensembles picards
et franciliens, l’origine de ces lots de blés ne transpa-
raît pas aussi clairement que celle de stocks manifeste-
ment exogènes car pollués par le Myagre. Il faudrait
avoir recours à d’autres méthodes qu’aux seules ana-
lyses carpologiques pour arriver à préciser la prove-
nance des récoltes. La piste isotopique pourrait sans
doute être exploitée.
7. CONCLUSION
Cette première enquête ouvre des perspectives pour
la compréhension du système d’approvisionnement
des villes ou des armées en stocks céréaliers et le
fonctionnement des campagnes chargées de ce ravi-
taillement. Elle se heurte toutefois à la rareté des
sources pour bien saisir le cadre administratif de ce
dispositif, son étendue et sa gestion globale. Il
conviendrait par exemple de mieux comprendre l’arti-
culation entre un approvisionnement à courte et
moyenne distance, à partir des zones de production
locales, avec les importations lointaines révélées par
les mentions de Myagre. Ces circuits ont-ils des desti-
nataires séparés et leur gestion dépend-t-elle des
mêmes entités ? Pourquoi perdurent-ils en parallèle ?
Il serait sans doute intéressant de combiner l’ap-
proche carpologique avec les études archéozoolo-
giques pour avoir une vue d’ensemble des produc-
tions. La question de l’épuisement et de la restauration
de la fertilité des sols mériterait d’être approfondie en
s’appuyant sur les approches développées par les
sciences des sols. Néanmoins, le fait d’avoir pu com-
biner les données de cent soixante-dix sites montre
tout l’intérêt de considérer les données carpologiques
et archéologiques à une échelle supra-régionale. Cette
approche révèle que des régions entières ont pu axer
leur production sur des demandes spécifiques, ce qui
oblige à repenser l’ensemble des systèmes de culture
dans une nouvelle perspective. La multiplication des
interventions rendue possible par l’archéologie pré-
ventive a déjà enclenché ce processus.
Mots-clés : carpologie, blés, systèmes culturaux,
période laténienne, époque romaine, approvisionne-
ment, Gaule du Nord.
Nomenclature des blés cités dans le texte44
Blé tendre = Triticum aestivum L. subsp. aestivum syn.
Triticum cereale Schrank, Triticum sativum Lam., Triticum
vulgare Vill.
Blé compact = Triticum aestivum L. subsp. compactum
(Host) Mackey syn. Triticum compactum Host.
Blé dur = Triticum turgidum L. subsp. durum (Desf.) Husn.
syn. Triticum durum Desf., Triticum aestivum L. subsp.
durum (Desf.) Thell., Triticum turgidum L. var. durum
(Desf.) Bowden.
Blé poulard = Triticum turgidum L. subsp. turgidum syn.
Triticum aestivum subsp. turgidum (L.) Domin, Triticum
durum subsp. turgidum (L.) V. Dorof., Triticum vulgare Vill.
subsp. turgidum Körn., Triticum vulgare Lam. var.
turgidum L.
Engrain = Triticum monococcum L.
Amidonnier = Triticum dicoccum Schrank syn. Triticum
turgidum L. subsp. dicoccon (Schrank) Thell.
Épeautre = Triticum spelta L. syn. Triticum aestivum L.
subsp. spelta (L.) Thell.
42 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
44. — http://www.plantnames.unimelb.edu.au/Sorting/Triticum.html.
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 43
Annexes 1-8
Ensembles retenus, par phases d’occupation et importance relative des grandes cultures dans
les assemblages carpologiques. Sites de plus de 100 restes d’espèces domestiques.
Ensembles carbonisés uniquement
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1 LT moyenne 3071 163 523 2303 9 39 30 4
2 LT moyenne 203 2 195 024 0 0
3 LT moyenne 1885 954 814 00110 07
4 LT B 1760 19 1646 0 20 74 10
5 LT B 1913 224 341 152 72 19 1 1104
6 LT B 1151 1135 7009 0 0
7 LT B (IV s. av) 653 3 528 8 77 9 11 17
8 LT B 929 780 6 23 7 43 21 49
9 LT B 1125 13 769 178 44 63 6 52
10 LT B1 124 51 15 5 30 15 17
11 LT B1 7454 6864 45 10430 16 98
12 LT B1 5355 4144 283 0 349 76 20 483
13 LT B1/2 5942 957 4937 11 40 4 0
14 LT B (C1) 40753 34884 845 25 0 4999 00
15 LT B (C1) 6262 5961 104 22 0 175 00
16 La Tène B et B2/C1 190 1 42 6 25 4 96 16
17 La Tène B2/C1 899 37 461 345 26 5 10 15
18 LT B2/C1 711 700 9000 0 2
19 LT B2/C1 fin IVe-1re moitié IIIeav. 1270 36 1012 9 97 82 23 11
20 LT B2-C1 743 39 523 19 19 40 6 97
21 LT B2-C1 116 64 23 0115 0 13
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1 LT C-D1 110426 2063 68 1766 103037 88 0 3404
2 LT C 100 42 22 1134 00
3 LT C 1936 1463 428 1026 0 18
4 LT C 784 645 112 1022 04
5 LT C 1485 8 1465 0 10 20 0
6 LT C 409 42 338 0029 00
7 LT C 684 480 121 0060 0 23
8 LT C1 10331 1495 42 8694 0 99 01
9 LT C2 1147 750 331 0059 16
10 LT C2 5088 14 5003 13 0 56 02
11 LT C2 ou D? 11263 8413 2713 1055 0 81
12 LT C2 1203 523 577 0 103 00 0
13 LT C2 23646 23552 92 101 0 0
14 LT C2 205 179 17 500 0 4
15 LT C2 294 49 231 063 0 5
16 LT C2 2181 6 2170 005 0 0
17 LT C2 936 6 34 001 0 895
18 LT C2 3309 1084 1404 00662 0 159
19 LT C2-D 1145 01000 0 1144
20 LT C2-D 12239 2 973 00505 0 10759
21 LT C2-D 1501 6 1493 000 0 2
22 LT C2-D 242 67 161 0011 03
44 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1 LT C2-D1 217 201 4731 1 0
2 LT C2-D1 830 1 812 0017 00
3 LT C/D 145 1 134 501 0 4
4 LT C/D 2869 1164 1262 0017 0 426
5 LT finale 7054 909 145 5801 43 56 0 100
6 LT finale 1276 1239 13 0018 06
7 LT finale 87 25 12 26 12 40 8
8 LT finale 7465 408 5573 1339 1 140 13
9 LT finale 331 294 33 001 1 2
10 LT finale 1302 87 1127 0054 0 34
11 LT D 1097 100 850 00146 01
12 LT D 902 10 0 888 01 0 3
13 LT D1 564 2 470 1091 00
14 LT D1 146 118 6 10 21 0 9
15 LT D2 1065 1042 8820 0 0
16 LT D1a 546 200 254 83 07 0 2
17 LT D1a 13115 829 12282 010 0 3
18 LT D1a 14620 13417 974 149 0 78 02
19 LT D1b-D2a 877 20 0 830 1 24 02
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1 LT D2b 5490 4630 447 388 0 11 0 14
2 LT D2b 239 28 3 190 00 0 18
3 LT D2 378 0 375 000 0 3
4 LT D2 8646 692 3855 3468 0 99 31 501
5 LT D2-aug 196 68 96 0720 05
6 LT D2-aug 205 93 1000 0 0
7 GR précoce 4292 4 4287 001 0 0
8 GR précoce 729 05705 16 00 3
9 déb. augustéen 3041 2153 212 174 00 0 8
10 augustéen 331 81 183 45 01 0 21
11 augustéen 899 238 11 630 0 16 02
12 augustéen 116 17 1 79 23 0 14
13 augustéen 89 10 29 6 42 01 1
14 augustéen 184 00182 00 1 1
15 augustéen 1843 5 18 1749 02 0 3
16 augustéen 1582 704 795 3522 0 53
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 45
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1Ier siècle 2025 58 0 1957 07 0 2
2Iersiècle 2292 94 4 2171 00 1 20
3Ier siècle 773 1 762 601 0 3
4Ier siècle 983 549 2 329 00 89 13
5Ier siècle 3110 2878 171 201 0 58
6Ier siècle 4038 2 3886 65 10 0 84
7Ier siècle 918 67 4 829 03 0 14
8Ier siècle 429 263 28 1 12 78 0 47
9Ier siècle 353 68 0 271 00 0 14
10 Ier siècle 1018 66 5 839 00 0 108
11 Iersiècle 1047 37 0 986 2 20 02
12 Ier siècle 218 30 2 142 29 0 33
13 Ier siècle 871 624 214 0026 06
14 Ier siècle 217 50 0 161 06 0 0
15 Ier siècle 328 94304 03 0 8
16 Ier siècle 135 5 111 000 0 19
17 Ier siècle 15074 53 15 14866 0 47 0 55
18 Ier siècle 207 10124 00 0 82
19 Iersiècle 128 56 19 219 14 27
20 Iersiècle 543 0 542 000 0 1
21 Ier siècle 877 609 253 004 0 11
22 Ier siècle 4630 4258 6 18 05 0 343
23 Ier siècle 370 82330 36 1 20
24 Ier siècle 189 00107 00 0 0
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1Ier-IIesiècles 450 2 22 415 00 0 11
2Ier-IIesiècles 601 2 553 16 0 19 0 11
3Ier-IIesiècles 745 6 728 500 0 6
4Ier-IIesiècles 1005 124 0 221 00 1 653
5Ier-IIesiècles 5760 44 1528 4006 0 42 1 139
6Ier-IIesiècles 448 5 17 231 03 0 191
7 Haut-Empire 159 40142 00 0 13
8Ier-IIesiècles 1911 10002 0 1907
92
em. Ier-IIIesiècles 4824 2079 1149 118 12 00 144
10 IIesiècle 102 4 15 50 00 0 33
11 IIesiècle 13571 1120 11996 235 06 0 214
12 IIesiècle 328 2 26 221 01 0 78
13 IIesiècle 701 28 480 502 0 186
14 IIesiècle 171 38 2 116 00 0 15
15 IIesiècle 723 2 721 000 0 0
16 IIesiècle 864 115 689 107 1 51
17 IIesiècle 409 70392 43 0 3
18 IIesiècle 2536 632523 00 0 4
19 Haut-Empire 1175 0 1166 108 0 0
20 Haut-Empire 696 0 36 646 01 0 13
21 Haut-Empire 865 4 848 500 0 8
22 Haut-Empire 479 21 292 122 28 13 03
23 Haut-Empire 159 40142 00 0 13
46 VÉRONIQUE ZECH-MATTERNE,JULIAN WIETHOLD ET BÉNÉDICTE PRADAT
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1IIe-IIIesiècles 198 50104 00 0 89
2IIe-IIIesiècles 876 395 0900 0 472
3IIe-IIIesiècles 1244 12 1097 86 01 0 48
4IIe-IIIesiècles 209 1061 00 0 146
5IIe-IIIesiècles 498 8 51 394 03 0 42
6IIe-IIIesiècles 649 5 618 200 0 24
7IIe-IIIesiècles 719 5 37 491 00 1 185
8IIe-IIIesiècles 682 19 1 44 10 0 616
9IIe-IIIesiècles 872 3 22 725 00 0 122
10 IIe-IIIesiècles 213 00213 00 0 0
11 IIe-IIIesiècles 177 10123 00 0 53
12 IIe-IIIesiècles 673 8 625 200 0 19
13 IIe-IIIesiècles 2120 1075 0 771 00 0 274
14 IIIesiècle 148 134 0 14 00 0 0
15 IIIesiècle 1068 102 2 922 02 0 40
16 IIIesiècle 346 21286 02 0 55
17 IIIesiècle 50921 4384 10 46250 0 66 0 211
18 IIIesiècle 1584 811574 00 0 1
19 IIIesiècle 8236 1139 0 6937 11 27 0 122
20 IIIesiècle 778 1 125 82 00 0 570
21 IIIesiècle 1899 26 22 1407 00 0 1
22 IIe-IVesiècles 368 180 26 000 0 12
23 IIe-IVesiècles et IIIesiècle 32645 29352 2532 277 0 454 0 30
n° site phase NMI esp Orges Blés vêtus Blés nus Millets Avoines Oléagineux Légumineuses
domestiques
1IIIe-IVesiècles 713 4 707 000 0 2
2IIIe-IVesiècles 765 677 1 21 0 20 0 46
3IIIe-IVesiècles 438 29134 00 36 257
4IIIe-IVesiècles 10103 3 10 10081 00 2 7
5IIIe-IVesiècles 8289 0 8048 000 0 241
6IIIe-IVesiècles 5493 114 5121 236 04 0 18
7IIIe-IVesiècles 536 40 0 428 08 0 56
8IIIe-IVesiècles 147 122 0000 0 0
9IVesiècle 257 10 125 114 02 0 6
10 IVesiècle 316 63 148 82 01 0 22
11 IVesiècle 97 17 0 80 00 0 0
12 IVesiècle 195 26 0 165 00 0 4
13 IVesiècle 216 0 190 19 12 0 4
14 IVesiècle 1215 16 564 000 0 635
15 IVesiècle 623 0 503 000 0 120
16 IVe-Vesiècles 107 52 13 13 22 1 24
17 IVe-Vesiècles 180 00174 00 0 6
18 IVe-Vesiècles 128 5 104 3012 00
19 IVe-Vesiècles 2242 161 1953 7 25 15 0 78
20 IVe-Vesiècles 2230 553 179 244 181 0 12 21
21 IVe-Vesiècles 504 52 2000 0 0
22 IVe-Vesiècles 433 86 12 144 60 01 7
Bibliographie
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Chauvigny 2009, p. 383-416. (Association des Publications
Chauvinoises, Mémoire XXXV)
LESSOR DES BLÉS NUS EN FRANCE SEPTENTRIONALE... 49
Sommaire
Préface Michel Reddé 9
Xavier Deru,
Discussion préalable autour du concept de consommation. Ricardo González Villaescusa 13
Se nourrir
L’essor des blés nus en France septentrionale : Véronique Zech-Matterne,
systèmes de culture et commerce céréalier autour de Julian Wiethold et Bénédicte Pradat
la conquête césarienne et dans les siècles qui suivent. avec la coll. de Françoise Toulemonde 23
Mouture de subsistance, d’appoint et artisanat alimentaire
de rendement. Les meules gallo-romaines entre villes
et campagnes dans le nord de la Gaule. Paul Picavet 51
Le matériel de mouture des habitats du Pôle d’activités Alexandre Audebert,
du Griffon, à Barenton-Bugny et Laon (Aisne). Vincent Le Quellec 67
Les meules rotatives en territoire carnute :
provenances et consommation. Boris Robin 85
La consommation des poissons en France du nord à
la période romaine. Marqueur socio-culturel et Benoît Clavel et
artefacts taphonomiques. Sébastien Lepetz 93
Coquillages des villes et coquillages des champs :
une enquête en cours. Anne Bardot-Cambot 109
La consommation des ressources animales en milieu rural :
quels indices pour quelle caractérisation de cet espace
socio-économique ? Tarek Oueslati 121
Caractérisation de la consommation d’origine animale et Sophie Lefebvre,
végétale dans une exploitation agropastorale du début de Emmanuelle Bonnaire, Samuel Lacroix
l’Antiquité à Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais). et Oscar Reverter-Gil 129
La diversité morphologique du porc en tant qu’indicateur
des mécanismes de gestion de l’élevage porcin et de
l’approvisionnement des villes romaines. Apport de l’analyse Tarek Oueslati,
du contour des troisièmes molaires inférieures du porc. Catherine Cronier 151
Une économie de marché entre la ville de Tongres et
son arrière-pays ? Les exemples de la gestion des
ressources animales et de l’approvisionnement en Fabienne Pigière et
céramique. Annick Lepot 155
De la viande et des pots dans la proche campagne David Germinet,
d’Avaricum (Bourges-Cher) : exemple de la villa Emmanuel Marot,
de Lazenay et mise en perspective. Marilyne Salin 171
La céramique des quatre habitats du IIIesiècle du
« Pôle d’activité du Griffon » à Barenton-Bugny et
Laon (Aisne). Amélie Corsiez 181
La consommation alimentaire d’après la céramique en
Champagne : comparaisons raisonnées entre la capitale Anne Delor-Ahü,
des Rèmes et son territoire. Pierre Mathelart 193
La consommation de denrées méditerranéennes dans les
milieux ruraux de la Cité des Tongres : le témoignage des
amphores. Noémie Nicolas 219
Se loger
La circulation des terres cuites architecturales dans le
sud-est de l’Entre-Sambre-et-Meuse et zones contiguës, Laurent Luppens et
d’après la répartition des estampilles. Pierre Cattelain 227
Diffusion des tuiles dans le nord de la Gaule : Guillaume Lebrun,
le cas de la région d’Orchies (Nord). Gilles Fronteau 249
Échanger
La monétarisation des grands domaines ruraux de
Gaule septentrionale : une problématique nouvelle. Jean-Marc Doyen 267
La circulation monétaire dans les campagnes du
Languedoc à l’époque gallo-romaine : une
première approche. Marie-Laure Berdeaux-Le Brazidec 277
Guillaume Varennes,
Cécile Batigne-Vallet, Christine Bonnet,
François Dumoulin, Karine Giry,
Colette Laroche, Odile Leblanc,
Guillaume Maza, Tony Silvino et
Apports de l’ACR Céramiques de cuisine d’époque l’ensemble des collaborateurs de
romaine en région Rhône-Alpes et Sud-Bourgogne à l’ACR Céramiques de cuisine d’époque
la question des faciès céramiques urbains et ruraux : romaine en région Rhône-Alpes et
bilan, limites et perspectives. Sud-Bourgogne 291
Consommer à l’échelle du site et de la région
Matthieu Poux avec la coll. de
Benjamin Clément, Thierry Argant,
Fanny Blanc, Laurent Bouby,
Aline Colombier, Thibaut Debize,
Arnaud Galliegue, Amaury Gilles,
Lucas Guillaud, Cindy Lemaistre,
Marjorie Leperlier, Gaëlle Morillon,
Produire et consommer dans l’arrière-pays colonial de Margaux Tillier, Yves-Marie Toutin
Lugdunum et de Vienne : étude de cas. Aurélie Tripier 323
La Vulkaneifel occidentale comme lieu de consommation
et de production du Ier au IVesiècle. Peter Henrich 357
Résumés (français, anglais). 365
... Son aire de répartition actuelle couvre les deux tiers sud du pays (source INPN). Les découvertes récurrentes de semences et silicules de myagre dans le nord de la Gaule, tout au long de la période romaine, permettent donc d'envisager un commerce des céréales à longue distance (Zech- Matterne et al. 2014 ;Wiethold & Zech-Matterne 2016). ...
... La transition qui conduit à la promotion des blés nus s'opère en parallèle du phénomène d'urbanisation. Elle apparaît dès la transition Fer 1-Fer 2 dans le sud de la Gaule (Bouby 2014) et au ii e siècle a.C. dans le nord (Zech- Matterne et al. 2014 ; ici chap. 6). ...
... notes: 13.1 cf. Roman Britain, where two studies relying on big botanical datasets are transforming our knowledge of agricultural practice in that province (Rippon, Smart, and Pears 2015;Smith et al. 2016); and Roman Gaul, where massive datasets on plant landscapes have likewise revealed a highly intensive, regionally differentiated agrarian regime (Matterne 2003;Zech-Matterne, Wiethold, and Pradat 2014). 13.2 Additionally, similar maps have been made for the archaeological areas in Italy of Castel di Pietra (GR), Miranduolo (SI), S 'Urachi (OR), Selvena (GR), and Sassoforte (GR), with publications in preparation. ...
... Quelles que soient les périodes, les restes de céréales sont majoritaires, ce qui s'accorde à une mise en valeur du territoire à des fins agricoles, même si on relève simultanément l'absence quasi généralisée de résidus de traitement des récoltes dans les sites. Le Griffon appartient à une région bien documentée du point de vue carpologique, grâce à une étude sur un ensemble de 170 sites totalisant près de 2 200 contextes (Zech-Matterne et al. 2014). Les céréales qui dominent les exploitations protohistoriques sont essentiellement représentées par l'orge vêtue et le blé amidonnier. ...
... Ces pourcentages sont difficilement compatibles avec une culture des légumineuses en plein champ, en alternance avec les céréales afin de mettre à profit leur capacité à fixer l'azote aérien et réenrichir le sol. Cette pratique est pourtant connue des agronomes latins et probablement mise en oeuvre dans le nord de la Gaule, et plus précisément, au ii e s. p.C. dans la région parisienne (Zech- Matterne et al. 2014). À défaut, l'épandage de fumier permet d'améliorer, à court terme, le taux d'azote du sol. ...
... This change starts in the Seine, Oise and Aisne river valleys and the area of naked wheat cultivation then expands to a much larger area, while maintaining its coherence. In the area where naked wheat cultivation increased, all types of settlements, from small family farms to wealthy villas, show this change (Zech-Matterne et al. 2014). The cultivation of naked wheat expanded in parallel with the urbanization process, as was previously found Fig. 6 Occurrences of rye brome and oats through time, in waste contexts as a percentage of the total MNI of cultivated and wild plants. ...
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Several hundred archaeobotanical studies now provide a broad overview of plant husbandry practices in northern France from the Bronze Age to the medieval period. Some unknowns nevertheless remain concerning the species considered as possible minor crops. They often have an ambiguous status, which deserves a closer examination in order to specify their possible cultivation and uses. This is the case of Bromus secalinus (rye brome), a wild member of the Poaceae, which was potentially used as food and fodder, and whose consumption has been suggested by several authors based on the regular discovery of mass finds of its seeds in domestic contexts and assemblages including cultivated plants. Rye brome has then been considered as a “near-crop”. Could the re-examination of brome grass rich assemblages and processed crops of cereal grains help us to clarify the status of the plant? On the basis of the macrofossil results from 338 occupations in northern France dated from 1325 bc to ad 1500 and the comparison of archaeological finds with ancient texts, we try to discover what the uses of this plant may have been and how its perception may have evolved over time. The discovery of possible seed cake fragments made of brome grass in two rural settlements represents a hint for its potential consumption during the Iron Age. However a careful examination of the frequencies of rye brome over the time span shows that abundant finds are ultimately rather few and mainly clustered before the 2nd century bc, when a major change in crop choices happened. This led to a change in the processing of cereals and the form in which they were brought back to the sites. Abundant rye brome finds appear to be linked to the persistence of hulled cereals and the processing techniques that were specifically applied to them.
... southern Russia, the northern Balkans, northern Italy, Gaul and Britain: Garnsey 1999: 120), also seems to increase in popularity without ever supplanting all the alternatives (e.g. Zech-Matterne, Wiethold and Pradat 2014). Clean grains of free-threshing durum and bread wheat could be obtained without the dehusking (extra pounding-and-sieving steps) otherwise needed for barley or glume wheats such as emmer and einkorn. ...
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Keeping plants and animals beyond their natural shelf life is a central human challenge, both as a matter of immediate survival and for the social and economic opportunities that stored foods offer. Understanding different food storage and preservation strategies in the past is key to a whole series of other research agendas, but remains challenging, not least because the evidence is patchy and hard to interpret. The paper below joins growing efforts to address this long-established challenge and surveys a host of changes in preservative treatments and food storage facilities across the Mediterranean and temperate Europe during the 1st millennium BC. While in most cases, the observed changes have a deeper prehistoric pedigree, nevertheless their mutually-reinforcing intensification at this time constitutes a real revolution, with far-reaching consequences.
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The studied area on the Beauce plateau (France) was densely inhabited during the Iron Age and several archaeological excavations have enriched our knowledge of agrarian systems during this period. This study investigates fertilisation management between 400 and 80 BCE focusing on numerous crop storage remains from three neighbouring farms. We sampled 18 cereal groups with 50 grains to conduct stable carbon and nitrogen isotope analyses commonly used for reconstructing past agricultural practices, in particular δ¹⁵N as a proxy for manuring. The δ¹⁵N values range between 1.3‰ and 7.6‰, with an increase over time from 3.2‰ to 5.6‰ (mean by occupation phase), reflecting a continuous use of manure, consistent with the dynamism of agricultural activities during the Second Iron Age. All three farms seem to have applied the same manuring strategies. Barley and emmer may have been manured more often than free-threshing wheats, even when free-threshing wheats are the dominant crop. This contrasts with the neighbouring Ile-de-France region and indicates diversity in agropastoral systems between regions. The analysis of several grain groups from the same silo shows diversified δ¹⁵N values between crops, reflecting various manuring rates: some fields were fertilised while others were less so. This is consistent with the description of a large-scale farming system, with a large cultivated area and a mosaic landscape.
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The amount and strength of archaeobotanical and archaeological data available for the territory of the Plain of Troyes, in Champagne (north-eastern France), make it possible to write a local history of domestic plants. The story begins with the arrival of the early Neolithic farmers (5200 bc), introducing agriculture with the first staple crops, the hulled wheats emmer and einkorn, pea, lentil, and possibly opium poppy. Their descendants left few traces, but from the very beginning of the Late Bronze Age (14th century bc), human expansion quickly resumed, supported by a completely remodelled farming system. Many new plants (spelt, millets, pulses…), introduced from far-off countries were cultivated, securing production, and decreasing gathering. This apparently successful agriculture lasted for one millennium till the middle of the Late Iron Age (2nd century bc). Technical innovations in agricultural tools then triggered new changes in production systems, evidenced by a sharp decline in millets and a more modest rise in naked wheats. This trend continued during the Roman era, a time where many agricultural innovations took place, especially concerning fruticulture and possibly viticulture. The true development of the latter occurred during Early Middle Ages. At that time hulled six-row barley and naked wheats were well established as the main crops, while two more species, cultivated oat and rye, were added to the already large panel of cereals. Our investigations do not go further than the 10th century ad, but despite the large gap till today, some legacies of the past are still perceptible in the contemporary agricultural heritage.
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Forschungsinstitut für Archäologie in Verbindung mit der Römisch-Germanischen Kommission des Deutschen Archäologischen Instituts und der Association Française pour l'Étude de l'âge du Fer L'ÂGE DU FER ENTRE LA CHAMPAGNE ET LA VALLÉE DU RHIN 34 e colloque international de l'Association Française pour l'Étude de l'âge du Fer du 13 au 16 mai 2010 à Aschaffenburg DIE EISENZEIT ZWISCHEN CHAMPAGNE UND RHEINTAL 34. internationales Kolloquium der Association Française pour l'Étude de l'âge du Fer vom 13. bis zum 16. Mai 2010 in Aschaffenburg
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La synthèse des données carpologiques sur le Loiret a permis de mieux appréhender les modifications agricoles et alimentaires durant le second âge du Fer. Globalement, la variété taxonomique des espèces cultivées mais aussi cueillies est élevée sur toute la période étudiée. Entre la fi n du Hallstatt/La Tène A et La Tène finale, les changements ne s’opèrent pas tant par l’abandon ou l’adoption d’espèces mais plutôt dans la place qu’elles occupent (cultures majoritaires, secondaires ou minoritaires). La découverte de deux plantes rares, la gesse et le pastel des teinturiers, suggère par ailleurs des échanges commerciaux avec des zones plus méridionales. Les activités agricoles sont non seulement attestées par le biais des cultures, céréalières notamment, mais aussi de l’élevage de bétail (plantes indicatrices d’exploitation de prairies et mise en évidence de résidus de fourrage). Par ailleurs, la présence d’un milieu boisé anthropisé assez constante a pu être favorisée pour les apports des petits fruits qu’il procure ou encore pour servir de haies. Faute de stockage en place, les données sur les pratiques culturales sont limitées. Néanmoins, le passage d’une agriculture intensive à une agriculture extensive mise en évidence dans le nord de la France par V. Matterne (2001) ne semble pas être aussi évident dans le Loiret. Un résidu d’ers a permis de mettre en évidence une pratique de récolte par arrachage de cette légumineuse. À La Tène moyenne, une modification est perceptible par la croissance du nombre d’espèces consommées et une représentation plus forte des espaces de prairie. Peut-être est-ce lié à une augmentation de la population et à une intensification de l’élevage.A synthesis of carpological data on the Loiret has enabled a better understanding of food and agricultural changes in the second Iron Age. Overall, the taxonomic variety of crops both grown and harvested is high throughout the study period. Between the late Hallstatt/La Tene A and La Tene final, the changes do not take place so much in the abandonment or adoption of species, but rather in the position they occupy in terms of main, secondary or minority crop. The discovery of two rare plants, vetch and woad, also suggests trade with areas further south. Agricultural activities are not only attested through the crops, notably grain, but also the rearing of livestock (plants indicating the exploitation of meadows and evidence of fodder residues.In addition, the presence of a rather constant anthropic wooded medium could be favouredfor the contributions of the berries which it provides or to serve as hedges. Through lack of storage on site, the data on the cultivation methods are limited. Nevertheless, the passage from intensive agriculture to extensive agriculture highlighted in the north of France by V. Matterne (2001) does not seem to be as obvious in Loiret. Residues of ers have made it possible to show a practice of harvesting in the picking of this leguminous plant. In middle La Tene, a change is perceptible in the growth in the number of consumed species and a greater showing of meadow spaces. Perhaps this is related to an increase in the popu­lation and an intensification of animal husbandry.
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Online: https://ipna.unibas.ch/archbot/pdf/Getreidebestimmung_D.pdf
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Aspects of continuity and change in agricultural production and plant food alimentation from the late iron age to Gallo-Roman times Selected archaeobotanical data from the late iron age settlement and the Gallo-Roman villa at Borg (Kreis Merzig-Wadern, Saarland) are used to discuss developments and changes of agriculture and vegetal alimentation from the late iron age to the end of Roman period. The results only prove minor changes in the range and importance of cultivated crops and pulses. The dominance of winter-cultivated spelt in conjunction with infestation by big-seeded weeds like Agrostemma githago, Knautia arvensis and Centaurea cf. jacea is significant for Roman agriculture in south-western Germany. Cultivation of fruit-trees and grape as well as the importation or introduction of exotic or Mediterranean used plants, for example calebasse, melon, pepper and cumin, characterise new alimentation customs in the Roman provinces. These new species give evidence of the relatively slow development of Roman fashioned alimentation and cooking in the Roman provinces. Early Roman records of cultivated fruits-trees and imported spices are rare and in most cases observed only in military contexts. From archaeobotanical point of view both continuity and change can be recorded. During Roman times cultivation of well established cereals and pulses, adapted to the climate conditions of the region, is continued. Additionally, the established range of cultivated plants was enlarged by importation or introduction of Mediterranean or exotic plants and the establishment of fruit tree cultivation. The archaeobotanical results stress that these innovations of alimentation customs were performed slowly, parallel to the development of Roman infrastructure and administration. The new introduced plant species were appreciated additionally, but they did not displace the well established major crops of the iron age. Quelques aspects des changements et de la continuité dans la production agricole et l’alimentation végétale lors du passage de l’âge du Fer à l’époque romaine. On utilise certaines des données archéobotaniques collectées sur le site de Borg (Kreis Merzig-Wadern, Saarland), où se sont succédés un habitat de la fin de l’âge du Fer et une villa gallo-romaine, pour étudier l’évolution des pratiques agraires et de l’alimentation végétale survenues au cours de cette période (jusqu’à la fin de l’Antiquité). Les résultats montrent de faibles changements en ce qui concerne la variété et l’importance relative des différentes céréales et légumineuses cultivées. La prépondérance de l’épeautre, céréale d’hiver, en conjonction avec de fortes pollutions par des mauvaises herbes à grosses graines comme Agrostemma githago, Knautia arvensis et Centaurea cf. jacea est typique des pratiques agraires romaines relevées en Allemagne du Sud-Ouest. La culture d’arbres fruitiers et de la vigne, tout comme l’importation (voire la production) de plantes méditerranéennes et exotiques, comme le melon, la calebasse, le poivre ou le cumin, caractérisent les nouveaux usages alimentaires dans les provinces romaines. La répartition de ces espèces nouvelles montre en fait que la diffusion des traditions culinaires romaines s’est effectuée relativement lentement. Les arbres fruitiers et les épices importées sont en effet très rarement attestés sur les sites du début de l’époque romaine, et la plupart du temps en contexte militaire. Les céréales et les légumineuses bien établies régionalement et adaptées aux conditions climatiques continuent à être cultivées à l’époque romaine. Si la gamme de plantes cultivées s’élargit par l’introduction de plantes étrangères et le démarrage des cultures fruitières, les résultats archéobotaniques montrent en fait que ces innovations en matière agricole et alimentaire n’apparaissent que progressivement, parallèlement au développement de l’infrastructure et de l’administration romaines. Les nouvelles plantes étaient appréciées comme complément alimentaire, mais elles ne détrônèrent jamais les cultures traditionnelles.
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Les résultats carpologiques des sites ruraux du haut Moyen Âge, Marnay/Pont-sur-Seine « La Gravière » et Vitry-sur-Orne « ZAC de la Plaine », présentent un spectre varié de plantes cultivées composé de céréales, de légumineuses, d’oléagineux et d’arbres fruitiers. En Champagne et en Lorraine, la culture d’un blé nu, très probablement le blé tendre, est prédominante. Contrairement à la Champagne, le seigle ne semble jouer qu’un rôle secondaire en Lorraine. Le spectre de légumineuses cultivées est particulièrement riche et bien diversifié. L’existence d’adventices des champs indique les conditions écologiques des surfaces cultivées. La fructiculture se manifeste dans les sites du haut Moyen Âge du nord-est de la France. La pratique de la cueillette est également renseignée par les fruits sauvages. La qualité des divers modes de conservation des deux sites présentés (carbonisation, minéralisation et imbibition) permet de donner un aperçu de l’agriculture et de l’alimentation des habitants durant une période chronologique allant de la fin du vie jusqu’au début du xiie (Marnay/Pont-sur-Seine) ou du xve siècle (Vitry-sur-Orne) et permet une reconstitution archéoenvironnemen-tale de la végétation des occupations et de leurs environs. Mots-clés. Carpologie, Champagne, Lorraine, haut Moyen Âge, blé nu, seigle.
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Mots clefs : culture, élevage, période romaine, Gaule Belgique. Les données carpologiques et archéozoologiques issues de plus de 60 établissements ruraux du Nord de la Gaule ont été mises en perspective. La répartition des espèces cultivées et des animaux domestiques montrent qu'il existe des concordances très nettes entre les choix d'élevage et de culture et que se dessinent des spécificités régionales. Dans la partie septentrionale de la zone d'étude (Nord/Pas-de-Calais et Nord de la Picardie) la prédominance des blés à grains vêtus (amidonnier et épeautre) s'accompagne d'une pré sence forte du boeuf. Dans la partie méridionale (Sud de la Picardie et Ile-de-France) l'association se carac térise par la présence beaucoup plus marquée des blés nus de type froment et du mouton. Nous discutons des facteurs susceptibles d'expliquer ces particularismes (contraintes liées au sol, traditions agropastorales, prescriptions ou choix économiques) Abstract Key words : farming, Roman period, Belgic Gaul. Palaeoethnobotanical and archaeozoological data from over 60 rural settlements in northern Gaul are examined. The distribution of cultivated plants and domestic animals shows that there are clear relationships between the two, as well as regional particularities. In the northernmost part of the study area (Nord /Pas-de-Calais and North Picardy) the prevalence of hulled wheat (emmer and spelt) is linked to a marked presence of cattle. In the southern part (southern Picardy and Ile de France) the characteristic association is sheep with a much more marked presence of naked wheat of the bread wheat variety. Possible factors explaining these particularities (environmental factors, agropastoral traditions, economic rules or choices) Traduction Thérèse Matterne et Mike Ilett.