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Hypnodontie: intérêts de l'hypnose dans la prise en charge des douleurs oro-faciales

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Abstract

Le premier cas documenté d'utilisation de l'Hypnose en chirurgie orale pour induire une anesthésie et réduire l'anxiété a été rapporté en 1829 par Jean-Victor OUDET. Néanmoins, bien avant lui et tout au long de l'Histoire, dans de multiples civilisations, ont été retrouvées des preuves d'utilisation de l'hypnose, des transes et des états modifiés de conscience, jusqu'aux Sumériens 4000 ans avant notre ère, qui décrivent dans leurs tablettes des méthodes hypnotiques. Avec l'avènement des techniques d'imagerie cérébrale le discrédit porté sur l'Hypnose au XX e siècle a été progressi-vement levé. Aujourd'hui on ne peut nier l'efficacité de l'Hypnose pour la prise en charge de la douleur, preuve en est de son utilisation dans des services aussi variés que l'oncologie, la pédiatrie, l'obstétrique. Cependant elle reste encore méconnue par de nombreux professionnels, notamment les chirurgiens-dentistes.
ALPHA OMEGA NEWS - N° 161 - NOVEMBRE 2013
Le premier cas documenté d’utilisation de l’Hypnose en chirurgie orale pour induire une anesthésie et
réduire l’anxiété a été rapporté en 1829 par Jean-Victor OUDET. Néanmoins, bien avant lui et tout au long
de l’Histoire, dans de multiples civilisations, ont été retrouvées des preuves d’utilisation de l’hypnose, des
transes et des états modifiés de conscience, jusqu’aux Sumériens 4000 ans avant notre ère, qui décrivent
dans leurs tablettes des méthodes hypnotiques. Avec l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale le discrédit porté sur l’Hypnose au XX
e
siècle a été progressi-
vement levé. Aujourd’hui on ne peut nier l’efficacité de l’Hypnose pour la prise en charge de la douleur, preuve en est de son utilisation dans des services aussi variés
que l’oncologie, la pédiatrie, l’obstétrique. Cependant elle reste encore méconnue par de nombreux professionnels, notamment les chirurgiens-dentistes.
h Généralités
Le terme « hypnose » désigne à la fois
l’état d’hypnose et les techniques utili-
sées pour y parvenir. Afin de ne pas les
confondre, il est commun dans la litté-
rature de laisser le terme en minuscule
pour parler de l’état de conscience et de
mettre une majuscule à l’Hypnose pour
décrire l’ensemble des techniques qui
permettent d’y parvenir.
h L’état d’hypnose
L’état d’hypnose est un état modifié de
la conscience(1), différent de celui de la
simple relaxation(2). La réalité de l’état
hypnotique est maintenant un fait éta-
bli, et ce grâce aux découvertes de la
neuroimagerie fonctionnelle(3). Price &
Barell(4) et Price(5) ont décrit les caracté-
ristiques de cet état hypnotique :
> Un sentiment de détente et de relaxation
> Une attention soutenue et focalisée
sur une ou plusieurs cibles
> Une absence de jugement, de contrôle
et de censure
> Une suspension de l’orientation tempo-
ro-spatiale habituelle et du sens de soi
> Une expérience d’un accès à des
réponses automatiques (sans effort ni
délibération)(3)
> Les patients décrivent régulièrement
la transe comme plaisante, relaxante, un
état de conscience différent ou une sorte
de rêverie(2).
Les états hypnotiques ne sont pas seu-
lement accessibles via une procédure
standard d’induction, ils sont complète-
ment naturels et peuvent être atteints
spontanément, par exemple lorsque l’on
est plongé profondément dans nos pen-
sées, absorbé dans un livre, un film ou
un service religieux, voire après un trau-
matisme physique ou émotionnel(1, 6, 7).
L’hypnose peut être considérée comme
un continuum, allant de la simple rêve-
rie à des phénomènes extrêmes(1).
h Induction
de l’hypnose
Contrairement aux croyances qui ont
longtemps entaché la réputation de
l’Hypnose, personne ne peut être hyp-
notisé contre son gré, ou être amené à
faire des choses qu’il ne souhaite pas
faire(7). Daniel Araoz(1) considère même
que l’Hypnose n’est finalement qu’une
auto-hypnose, le praticien n’étant
que pour guider le patient et l’aider à
atteindre cet état hypnotique.
L’induction consiste en une incitation à
focaliser son attention par exemple sur
un point réel ou imaginaire, une par-
tie de son corps, une image intérieure,
la respiration. Elle a pour objectif de
réduire progressivement le nombre de
facteurs pouvant retenir l’attention du
sujet jusqu’à ce qu’il ne soit plus concen-
tré que sur la voix du praticien(8). Elle
est construite pour rendre le sujet plus
réceptif aux suggestions. Elle peut durer
de quelques secondes à une minute ou
plus selon les habitudes du praticien et
la réponse du patient(9).
h Les suggestions
hypnotiques
Les suggestions qui suivent l’induction
donnent au patient la possibilité de redi-
riger son attention et de transformer sa
perception pour, par exemple, réduire
la douleur, l’anxié ou la nausée(10). Les
suggestions peuvent être restrictives ou
permissives, directes ou indirectes, mais
il a été prouvé que les suggestions per-
missives et indirectes donnaient plus de
résultats car elles suscitent moins de résis-
tance de la part du patient. De plus elles
lui laissent plus d’autonomie et de contrôle
sur ses sensations ou sa douleur(3).
Les suggestions peuvent être faites
pendant la transe ou juste avant la
fin. On nomme ces dernières : sugges-
tions post-hypnotiques. Les suggestions
post-hypnotiques peuvent être très effi-
caces dans certains contextes cliniques :
« … et à chaque fois que vous aurez cette
douleur lancinante, vous pourrez vous
rappeler simplement de vous détendre,
vous pourrez demander à votre esprit
de vous ramener dans cet engourdisse-
ment que vous avez senti aujourd’hui,
simplement et paisiblement »(3).
Une relation interpersonnelle de qualité,
basée sur la confiance, est absolument
indispensable entre le praticien et son
patient pour que l’induction et les sug-
gestions soient efficaces(3).
h Notion de
suggestibilité
hypnotique
Les principales échelles de mesure de la
suggestibilité hypnotique ont été mises
au point dans les années 50, en Cali-
fornie à l’université de Stanford. Elles
représentent aujourd’hui le standard en
matière de mesure de la suggestibilité
hypnotique et sont beaucoup utilisées
dans les études cliniques. Elles ont été
mises au point sur des étudiants de
l’université en observant les suggestions
auxquelles ils répondaient après avoir
été placés en état d’hypnose(8).
Les données issues de certaines études
sont contradictoires sur la relation réelle
entre suggestibilité hypnotique et niveau
de réponse aux suggestions hypnotiques.
Cependant la méta-analyse de Mon-
gomery et al.(11) a mis en évidence une
relation directe entre suggestibilité hyp-
notique et diminution de la douleur dans
le cadre de l’hypnoanalgésie. Malgré cela
de nombreux auteurs s’accordent à dire
que même les patients peu suggestibles
peuvent voir leur douleur diminuer grâce
à l’hypnoanalgésie. Edward Mackey(12)
justifie cette position par le fait que cette
échelle mise aux points sur des étudiants
ne s’applique pas à des patients effrayés,
anxieux, très motivés, en attente d’une
chirurgie par exemple.
h Douleur et hypnose
Beaucoup des mécanismes sous-jacents
à l’analgésie hypnotique sont encore mal
compris(6), cependant l’hypnoanalgésie
ne résulterait ni d’une simulation de la
part des sujets(13) ni d’un effet placebo(14).
La définition de Price(15) nous per-
met néanmoins de mieux expliquer
les découvertes qui ont été faites ces
dernières années : Il décrit la douleur
comme « une perception somatique qui
comporte a/ une sensation corporelle
possédant les critères énoncés lorsqu’un
tissu est lésé, b/ un vécu de menace
associé à cette sensation, c/ un senti-
ment de déplaisir ou toute autre émo-
tion négative s’appuyant sur ce vécu de
menace » Les études ont démontré que
l’hypnose peut agir à la fois sur la com-
posante sensorielle et émotionnelle de
la douleur(16, 17). La composante émotion-
nelle est cependant plus affectée.
Des TEP scans réalisés sur des patients
sous hypnose ont révélé une diminu-
tion significative de l’activité du cortex
cingulaire antérieur, région du cerveau
impliquée dans le stress et les émo-
tions et pouvant influencer l’inhibition
de la douleur(16). L’Hypnose analgésique
pourrait également réduire la douleur
en activant les voies inhibitrices descen-
dantes, empêchant ainsi l’information
douloureuse d’atteindre le cerveau(3, 8).
Il semblerait néanmoins que différentes
stratégies de modulation sujet-dépen-
dantes interviennent également pen-
dant l’hypnose(3).
Trois types de suggestions sont possibles
pour gérer la douleur(3) :
> Des suggestions de dissociation : on
demande au patient de ne plus sentir
une partie de son corps, la partie dou-
loureuse, de laisser une partie de son
corps à un endroit et de partir ailleurs.
> Des suggestions d’analgésie centrées
sur la zone douloureuse ou des sugges-
tions remplaçant la sensation doulou-
reuse par une sensation cotonneuse, de
chaleur, ou d’analgésie complète.
> Des suggestions axées sur la réinter-
prétation de la douleur pour la rendre
moins intense.
h Contre-indications
et effets indésirables
Les contre-indications à l’hypnose médi-
cales sont : les manques de compliance
concernant l’hypnose ou l’intervention,
les problèmes de communication (pro-
blème de langage, trouble de l’audition,
etc.) et les troubles mentaux empêchant
de se concentrer et d’imaginer. Ce sont
des éléments qui rendent le bénéfice de
l’hypnose incertain. Les contre-indica-
tions fermes à l’hypnose médicale (mais
pas à l’hypnose à visée psychologique)
sont les troubles affectifs ou post-trau-
matiques, les troubles de la personna-
lité limite, les pathologies psychiatriques
manifestes et la toxicomanie(18).
La grande majorité des complications
surviennent lorsque l’hypnose a été
pratiquée par un praticien sans forma-
tion ou peu expérimenté, par exemple
suite à une suggestion trop directive ou
lorsqu’une suggestion post-hypnotique
a été faite involontairement. Les effets
indésirables sont globalement de courte
durée : fatigue, anxiété, confusion,
malaise, vertiges, nausées ; mais ils
peuvent comprendre des réactions rares
mais graves comme une stupeur, des
problèmes psychologiques chroniques,
des épisodes dissociatifs spontanés, des
résurgences de traumatismes précé-
dents et des crises convulsives (19, 20).
h Hypnose et chirurgie
orale : intérêts per
et post-opératoires
Les chirurgies orales et maxillo-faciales
sont exigeantes physiquement et men-
talement, tant pour le chirurgien que
pour le patient. De plus, elles nécessitent
une grande compliance de la part de ce
dernier et sont généralement sources
d’une grande anxiété. Pour ces raisons,
de nombreuses chirurgies sont réalisées
sous anesthésie générale ou sédation
alors qu’elles pourraient être pratiquées
sous anesthésie locale(21). Par ailleurs, les
méthodes pharmacologiques telles que
la prémédication sédative, l’anesthésie
générale ou la sédation, nécessitent un
plateau technique important, ont des
effets indésirables et engendrent des
coûts supplémentaires(18).
L’utilisation de l’hypnose en chirurgie
orale présente de multiples avantages et
permet de s’affranchir des effets indési-
rables des méthodes pharmacologiques.
h La facilité de mise
en œuvre
L’Hypnose est particulièrement aisée à
mettre en œuvre avant une chirurgie.
Les patients stressés ou anxieux sont
MARIE PETITPAS
Service d’odontologie,
Hôpital BRETONNEAU, Paris
NATHAN MOREAU
Service d’odontologie,
Hôpital BRETONNEAU, Paris
Hypnodontie : intérêts
de l’hypnose dans la prise en
charge des douleurs oro-faciales
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26 dossier spécial
particulièrement réceptifs à la
suggestion hypnotique(22). En
effet, leur attention est entiè-
rement focalisée sur les soins.
Cette conscience spontané-
ment restreinte et limitée de
leur environnement peut déjà
être considérée comme un état
de transe hypnotique12. De
plus une hypnose légère suf-
fit aux suggestions nécessaires
pour diminuer l’anxiété(16). Le
temps de préparation, compre-
nant l’information du patient,
la mise en conditions et l’in-
duction de l’hypnose, peut ne
prendre que 15 minutes envi-
ron. La complète réorientation
du patient à la fin de l’inter-
vention prend quant à elle
moins d’une minute(18).
Il n’est pas forcément nécessaire
qu’un praticien induise l’hypnose,
le patient peut porter des écou-
teurs diffusant un enregistre-
ment d’induction hypnotique et
de suggestions thérapeutiques.
Cette méthode a prouvé son
efficacité, même si elle est légè-
rement diminuée par rapport
à celle impliquant la présence
du praticien inducteur pendant
l’intervention. Elle a l’avantage
d’être pratique, facile à utiliser et
économique(12).
h L’optimisation
de l’analgésie et
des conditions
opératoires
Les soins dentaires sont une
source d’anxiété même chez les
personnes émotionnellement
équilibrées. Il a été estimé que
la gestion de l’anxiété du patient
fait perdre en moyenne 20% de
temps au fauteuil(5). Réduire
cette anxiété présente des
avantages à la fois au niveau
du confort opératoire mais
aussi sur le plan économique.
L’hypnose permet de réduire
de façon considérable l’anxiété
des patients avant, pendant et
après une intervention chirurgi-
cale(10, 23).
L’hypnose peut complémenter
ou remplacer complètement
l’analgésie nécessaire à l’inter-
vention(16). Si elle est utilisée en
complément d’une technique
d’anesthésie locale, elle permet
de réduire considérablement
les doses utilisées et fournit
un meilleur silence opératoire
(11). C’est d’autant plus vrai que
l’hypnose permet d’augmenter
de façon significative le seuil de
tolérance à la douleur(24).
En plus de cette optimisa-
tion de l’analgésie des études
montrent que l’hypnose per-
mettrait de réduire l’hémorra-
gie per et post-opératoire(16).
Ce fait présente un intérêt
majeur dans la prise en charge
des patients présentant des
troubles de l’hémostase. D’au-
tant qu’il a été montré le rôle
du stress dans le déclenche-
ment et le contrôle des crises
hémorragiques(16). Par ailleurs,
l’hypnose induit typiquement
une distorsion temporelle, ce
qui conduisait les patients à
estimer la durée de l’inter-
vention plus courte qu’elle ne
l’était en réalité(18).
De nombreuses études ont rap-
portés de multiples utilisations
possibles de l’hypnose au cours
des soins dentaires comme :
> diminuer ou stopper le flux
salivaire
> abolir le réflexe nauséeux
> traiter des habitudes néfastes
somme le bruxisme, l’onycho-
phagie, la succion du pouce
> motiver à l’hygiène orale
> augmenter la tolérance du
patient pour les longues périodes
d’ouverture buccale(16).
h De meilleures
suites opératoires
Les patients ayant bénéficié
des suggestions thérapeu-
tiques après induction d’un
état hypnotique au cours de
l’intervention présentent une
diminution significative de la
douleur en post-opératoire, un
rétablissement plus rapide et
moins de complications chirur-
gicales(11). On constate éga-
lement une consommation
moindre d’antalgiques dans les
groupes « hypnose » par rap-
port aux groupes « contrôle »
dans les études qui ont été
menées(11, 16, 23). Les sugges-
tions post-hypnotiques sont
donc un outil majeur dans la
gestion des suites opératoires.
h Suggestions
hypnotiques
et douleurs
chroniques
oro-faciales
La douleur chronique peut être
considérée comme résultant
d’interactions complexes entre
de multiples sites supra-spinaux
du système nerveux central.
Même si les mécanismes expli-
quant le soulagement de la
douleur chronique par l’hypnose
sont encore mal compris, l’ima-
gerie a démontré que l’hypnose
avait un effet direct sur de nom-
breux sites supra-spinaux asso-
ciés à la douleur(9).
h Les Dysfon c-
tion nements
Temporo-
mandibulaire
(DTM)
L’American Academy of Orofa-
cial Pain définit les DTM comme
« un terme qui englobe de mul-
tiples problèmes cliniques impli-
quant les muscles masticateurs,
l’articulation temporo-mandi-
bulaire et les structure asso-
ciées ». Pendant des années il a
été considéré comme admis que
les malocclusions étaient à l’ori-
gine des DTM. Aujourd’hui leur
rôle est considéré, au mieux,
comme faible(25). Les DTM sont
à présent considérés comme
des dysfonctionnements biopsy-
chosociaux(26). La littérature s’ac-
corde cependant sur le fait que
les parafonctions, liées au stress
psychologique, telles que le bru-
xisme, sont des facteurs majeurs
dans l’apparition et l’entretien
des DTM(25).
Ce caractère multiétiologique
des DTM les rend difficiles
à traiter, que ce soit pour le
spécialiste ou l’omnipraticien.
L’Hypnose représente un outil
tout à fait intéressant pour la
prise en charge de ces patho-
logies. De nombreuses études
ont conclu que l’Hypnose dans
le cadre des DTM diminuait de
façon significative la fréquence
et l’intensité de la douleur, la
détresse émotionnelle et l’au-
to-médication(17, 25, 27). Il est
d’ailleurs intéressant de noter
que l’Hypnose comparée à la
relaxation seule apportait une
réduction relative de 50.4%
des scores de douleur quoti-
dienne dans l’étude d’Abra-
hamsen et al. (2010). Ces
résultats démontre une nou-
velle fois que l’hypnoanal-
gésie ne consiste pas en une
simple relaxation, même s’il
est évident que la relaxation
proposée inévitablement par
l’hypnose profite à ces patients
souffrant de DTM. Les auteurs
attribuent cette supériorité
de l’Hypnose sur la relaxation
dans le cadre des DTM aux pos-
sibilités offertes par les sug-
gestions post-hypnotiques. En
effet ces suggestions post-hyp-
notiques sont le seul outil dont
nous disposons actuellement
pour contrôler les comporte-
ments inconscients (exemple :
bruxisme) qui entretiennent
la douleur, notamment durant
le sommeil. Les suggestions
post-hypnotiques permettent
de transformer les tensions,
la douleur et l’inconfort, en
signaux inducteurs d’un relâ-
chement musculaire, que le
patient soit éveillé ou endormi.
De bien des manières on peut
voir cela comme un modèle
de conditionnement classique
dans lequel le corps apprend à
réagir différemment à la ten-
sion musculaire(25).
h Le syndrome
de douleur
myofasciale
Le syndrome de douleur myo-
fasciale est défini comme une
douleur musculo-squelettique
locale et référée, profonde et
constante, accompagnée de
zones gâchettes caractéris-
tiques. La pathogénie de ce
syndrome n’est pas encore com-
plètement élucidée mais elle
certainement associée à des
facteurs psycho-sociaux. Actuel-
lement aucun traitement ne
représente le « gold standard »
pour la prise en charge de cette
pathologie complexe(28).
Sans représenter un remède à
ce syndrome, l’Hypnose per-
mettrait de diminuer significa-
tivement la douleur rapportée
par les patients(28) ainsi que
d’avoir, comme cité précé-
demment, une action sur la
relaxation musculaire, les para-
fonctions et la gestion du stress.
De plus, le patient peut être
entrainé par la suite à utiliser
l’auto-Hypnose chez lui, avec ou
sans enregistrement. Plusieurs
essais cliniques ont rapporté
l’efficacité de cette méthode
pour le soulagement des dou-
leurs chroniques(9). Intégrée
dans un traitement pluridisci-
plinaire, l’Hypnose représente
dans cette indication un atout
non négligeable.
h La douleur
faciale
idiopathique
persistante
La douleur faciale idiopathique
persistante, précédemment
nommée algie faciale atypique,
est une douleur faciale persis-
tante se manifestant quoti-
diennement et persistant tout
au long de la journée. Généra-
lement, elle est limitée à une
zone particulière sur un côté du
visage au moment de la décla-
ration de la maladie. Elle est
profonde et difficilement locali-
sable. Les examens cliniques et
radiologiques ne démontrent
aucune anomalie particulière.
La douleur peut être initiée
par une intervention chirurgi-
cale ou une blessure au visage,
aux dents ou aux gencives,
malgré l’absence de cause
locale retrouvée(29). L’hypnose
a montré des résultats tout à
fait probants dans la prise en
charge des patients souffrant
de douleur faciale idiopathique,
notamment au niveau de l’in-
tensité de la douleur et de la
consommation d’antalgique de
palier 1(30). Comme pour les
DTM et le syndrome de douleur
myofasciale, l’Hypnose repré-
sente un outil précieux pour
la prise en charge de la dou-
leur faciale idiopathique persis-
tante. Elle doit cependant être
intégrée à une prise en charge
globale qui prendra notam-
ment en compte les troubles
psychologiques retrouvés fré-
quemment chez ces patients.
h Particularités
de l’hypnose en
pédodontie
On estime que 60% des enfants
et 80 % des adolescents res-
sentent de l’anxiété avant une
intervention chirurgicale. Les
soins dentaires chez l’enfant,
en particulier chez l’enfant dou-
loureux, peuvent se révéler
pénibles, à la fois pour le pra-
ticien et pour le patient. L’Hyp-
nose représente une alternative
à l’anesthésie générale ou à
l’utilisation du mélange équi-
molaire oxygène-protoxyde
d’azote, plus aisée à mettre
en place dans le cadre d’une
urgence douloureuse. L’Hyp-
nose chez l’enfant, appelée
aussi pédohypnose, présente
quelques particularités.
h Une
suggestibilité
hypnotique
augmentée
Il a été découvert que les enfants
étaient tout à fait ouverts à
l’Hypnose et même très réceptifs
aux suggestions hypnotiques(22),
au point que certains considèrent
l’Hypnose comme étant plus
efficace chez les enfants et ado-
lescents que chez les adultes(31).
Ceci s’explique par le fait que,
contrairement aux adultes, les
enfants ne sont pas entravés par
les stéréotypes cognitifs et leurs
barrières entre l’imagination et
la réalité sont bien moins tan-
gibles (20). Leur imagination très
vivace combinée à une expé-
rience stressante les rend très
réceptifs à l’Hypnose. Ils sont
très à l’aise avec cette technique
et apprennent rapidement à
faire face à la douleur grâce à
des compétences apportées par
l’hypnose (3).
Morgan et Hilgard ont établi que
la suggestibilité hypnotique com-
mence à augmenter à l’âge de 3
ans, est à son maximum entre 8
et 12 ans, décline dans une cer-
taine mesure, puis reste relative-
ment stable avant de décroître à
nouveau en vieillissant (31).
h Une relation
thérapeutique
primordiale
La relation praticien-patient
est primordiale chez l’enfant,
encore plus que chez l’adulte.
Le facteur déterminant n’est
pas la suggestion mais la qua-
lité de la relation(3). Le praticien
doit être correctement formé,
expérimenté, et posséder une
bonne compréhension des phé-
nomènes psychologiques mis
en jeu, notamment dans la rela-
tion intersubjective qui l’unit à
son patient(3). Il est fondamental
de s’adapter au développement
cognitif de l’enfant, de prendre
en compte ce qu’il aime, son
expérience, ses capacité senso-
rielles. Le praticien doit, par un
effet miroir, intégrer le monde
intérieur de l’enfant pour le gui-
der(3). En conséquence il sem-
blerait que l’hypnose pratiquée
par un soignant présent dans
la pièce soit plus efficace que
l’auto-hypnose ou l’hypnose par
écoute d’un enregistrement(31).
h Des bénéfices
précieux
Abdeshahi et al.(16) ont étudié
l’efficacité de l’Hypnose sur la
réduction de l’anxiété chez les
enfants, au cours d’une interven-
tion chirurgicale, à savoir l’extrac-
tion d’une dent de sagesse. Les
enfants ayant bénéficié d’hyp-
nose présentaient des scores
d’anxiété (échelle de Yale)
significativement plus bas que
les enfants du groupe contrôlé.
De même dans l’étude de Huet
et al. les scores d’anxiété et de
douleurs, au moment de l’anes-
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Douleur
thésie au fauteuil, étaient signi-
ficativement plus bas chez les
enfants sous hypnose(32).
L’Hypnose en per-opératoire
permet de transformer la sen-
sation d’inconfort, de diminuer
la peur et d’améliorer la mai-
trise de soi et la coopération
de l’enfant(22). La technique du
« gant magique » est très utili-
sée en pédiatrie. C’est un stan-
dard des techniques d’Hypnose
enseignées depuis plus de 30
ans, dont l’application au fau-
teuil est très facile. On apprend
à l’enfant sous hypnose à placer
le gant imaginaire sur sa main.
Le gant anesthésie la main.
L’enfant peut ensuite toucher
avec le gant magique la zone
douloureuse ou à soigner pour
transmettre l’anesthésie.
h Conclusion
L’Hypnose présente encore de
nombreuses zones d’ombre,
notamment en ce qui concerne
les phénomènes physiologiques
à l’origine de son action analgé-
sique. Néanmoins il est main-
tenant clairement établi qu’elle
a une action réelle, distincte de
celle de la relaxation ou de l’effet
placebo, sur les structures neuro-
nales en cause dans la perception
et l’interprétation des douleurs
aigues et chroniques. Elle repré-
sente de fait un atout considé-
rable pour le chirurgien-dentiste
dans la prise en charge des dou-
leurs oro-faciales chez l’enfant
comme chez l’adulte.
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Article
Full-text available
Over the past two decades, hypnoanalgesia has been widely studied; however, no systematic attempts have been made to determine the average size of hypnoanalgesic effects or establish the generalizability of these effects from the laboratory to the clinic. This study examines the effectiveness of hypnosis in pain management, compares studies that evaluated hypnotic pain reduction in healthy volunteers vs. those using patient samples, compares hypnoanalgesic effects and participants' hypnotic suggestibility, and determines the effectiveness of hypnotic suggestion for pain relief relative to other nonhypnotic psychological interventions. Meta-analysis of 18 studies revealed a moderate to large hypnoanalgesic effect, supporting the efficacy of hypnotic techniques for pain management. The results also indicated that hypnotic suggestion was equally effective in reducing both clinical and experimental pain. The overall results suggest broader application of hypnoanalgesic techniques with pain patients.
Article
Full-text available
The aim of this study was to examine the effectiveness of a particular behavioral medicine treatment modality, medical hypnosis, on reducing the pain symptoms of temporomandibular disorders (TMD). Twenty-eight patients who were recalcitrant to conservative treatment for TMD participated in a medical hypnosis treatment program and completed measures of their pain symptoms on 4 separate occasions: during wait list, before treatment, after treatment, and at a 6-month follow-up. In addition, pretreatment and posttreatment medical use were examined. Statistical analysis of this open trial suggests that medical hypnosis is a potentially valuable treatment modality for TMD. Patients reported a significant decrease in pain frequency (F [3, 87] = 14.79, P<.001), pain duration (F [3, 87] = 9.56, P<.001), and pain intensity (F [3, 87] = 15.08, P<. 001), and an increase in daily functioning. Analysis suggests that their symptoms did not simply spontaneously improve, and that their treatment gains were maintained for 6 months after hypnosis treatment. Further, after hypnosis treatment, patients exhibited a significant reduction in medical use. Medical hypnosis appears to be an effective treatment modality for TMD, in terms of reducing both symptoms and medical use.
Article
Pediatric hypnosis has a useful role in pre-, peri-, and post-anesthesia to minimize anticipatory anxiety, and as adjunctive treatment to reduce and control pain. This article reviews the literature in the use of hypnosis in pediatric anesthesia to highlight its role and relevancy. Current research indicates there is an immediate and enduring impact, and long-term benefits of this child-centered intervention. Hypnosis can be included in presurgical consultations to establish cooperation and signals for increasing comfort and to address fears and provide suggestions for rapid recovery with changed expectations for the child's own benefit. Thus prepared, the child is in a heightened state of receptivity and statements and suggestions carry through to peri- and post-anesthesia, when hypnosis can help with extubation, reduce nausea, and ease recovery. The Magic Glove is one hypno-anesthesia technique that simultaneously addresses pain and anxiety. The process of hypnosis requires training and supervised practice. Patients in hypnosis treatment conditions have less anxiety and shorter hospital stays and experience less long-term pain and discomfort than do patients in control conditions. There appears little reason not to provide hypnosis as an adjunctive treatment for pediatric patients undergoing anesthesia.
Article
The effects of hypnosis/therapeutic suggestion in connection with intravenous sedation and surgery have been described in many clinical publications; however, few randomized, controlled, and blind studies have been performed in the outpatient area. This study aimed to evaluate the use of hypnosis/therapeutic suggestion as an adjunct to intravenous (IV) sedation in patients having 3rd molar removal in an outpatient setting. The patients were randomly assigned to a treatment (n = 46) or control (n = 54) group. The treatment group listened to a rapid conversational induction and therapeutic suggestions via headphones throughout the entire surgical procedure along with a standard sedation dose of intravenous anesthetic. The control group listened to only music without any hypnotic intervention. Intraoperative Propofol administration, patient postoperative pain ratings, and postoperative prescription pain reliever consumption were all significantly reduced in the treatment compared to the control group. Implications of these results are discussed.
Article
A recent resurgence of interest in hypnosis and hypnotic analgesia may be fueled, at least in part, by a confluence of three recent trends: (1) the clear evidence that the experience of chronic pain is closely related to supraspinal nervous system activity; (2) research demonstrating that hypnosis has direct effects on the supraspinal sites that are linked to the experience of pain; and (3) research demonstrating that self-hypnosis training is effective for reducing the severity of chronic pain. However, hypnotic analgesia does not help everyone, nor does it always provide complete pain relief. While enough may now be known of its efficacy to recommend that hypnotic treatments be made more available to those individuals with chronic pain who are interested in this approach, research is also needed to help identify and develop methods for enhancing its efficacy, so that more individuals can obtain the significant benefits that hypnosis has to offer.
Article
Temporomandibular dysfunction often is conceptualized as having a significant psychologic component. After clarifying the implications that follow differentiation between acute and chronic pain, clinical features most commonly associated with the chronic or potentially chronic pain patient are presented. An attempt is made to present biopsychosocial or multifactorial models of symptom formation in a context that moves away from issues of specific etiology toward a dynamic interactional process involving predisposers, triggers, and buffering factors. The clinical presentation in temporomandibular dysfunction then reflects the final common pathway for a complicated matrix of biopsychosocial factors that varies from patient to patient.
Article
The effects of hypnosis in connection with surgery have been described in many clinical publications, but few controlled studies have been published. The aim of the present study was to evaluate the effects of preoperative hypnotic techniques used by patients planned for surgical removal of third mandibular molars. The patients were randomly assigned to an experimental (hypnotic techniques) or a control (no hypnotic techniques) group. During the week before the surgery, the experimental group listened to an audiotape containing a hypnotic relaxation induction. Posthypnotic suggestions of healing and recovery were given on the tape together with advice regarding ways to achieve control over stress and pain. The control group received no hypnotic intervention. Only one surgeon who was not aware of patient group assignments performed all the operations. Thirty-six patients in the control group were compared to 33 patients in the experimental group. Anxiety before the operation increased significantly in the control group but remained at baseline level in the experimental group. Postoperative consumption of analgesics was significantly reduced in the experimental group compared to the control group.
Hypnosis and pain in children
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Use of Preoperative hypnosis to reduce postoperative pain and anesthesia-related side effects
  • W Michael
  • Kathy Lew
  • Carlos Kravits
  • Garberoglio
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