Conference PaperPDF Available

Connaissances ethnobotaniques et valorisation du baobab (Adansonia digitata) pour la sécurité alimentaire des populations rurales au Bénin

Authors:

Abstract and Figures

Résumé La présente étude sur les connaissances ethnobotaniques des populations rurales sur la valorisation du baobab a été réalisée au niveau des groupes socio-culturels et ethniques répartis dans l'ensemble des 3 zones climatiques du Bénin. Au sein de chaque localité, des enquêtes ethnobotaniques sont effectuées non seulement avec différentes classes d'âge et de sexe mais aussi avec des personnes ressources (femmes utilisatrices de l'espèce, guérisseurs traditionnels, forestiers). Ces enquêtes ont permis de ressortir les modes traditionnels d'accès aux différents organes du baobab, les utilisations alimentaires, la transformation et la conservation des produits du baobab par les populations et enfin les aspects culturels et thérapeutiques de l'espèce. Il en ressort que tous les organes présents sur l'espèce (feuilles, graines, fleurs, pulpe, capsules, écorce) ont au moins une utilisation en milieu rural béninois. Ils interviennent dans l'alimentation, l'artisanat traditionnel et la médecine traditionnelle. Mieux, les populations disposent sur tous les organes du baobab des connaissances sur les technologies endogènes de transformations'à des fins de commercialisation et de conservation. Enfin, il est à noter que le baobab représente pour les groupes ethniques du Bénin une valeur culturelle et une divinité.
Content may be subject to copyright.
66 PLANT GENETIC RESOURCES AND FOOD SECURITY IN WEST AND CENTRAL AFRICA
Connaissances ethnobotaniques et valorisation du baobab
(Adansonia digitata) pour la sécurité alimentaire des populations
rurales au Bénin
A.E. Assogbadjo 1,2, J.T. C. Codjia 1, B. Sinsin1, P. Van Damme2
1 University of Abomey-Calavi, Faculty of Agronomic Sciences, Cotonou, Benin, Department of Management of
Natural Resources
2 University of Ghent, Faculty of Applied Biological Sciences, Ghent, Belgium
Résumé
La présente étude sur les connaissances ethnobotaniques des populations rurales sur la
valorisation du baobab a été réalisée au niveau des groupes socio-culturels et ethniques répartis
dans l’ensemble des 3 zones climatiques du Bénin. Au sein de chaque localité, des enquêtes
ethnobotaniques sont effectuées non seulement avec différentes classes d’âge et de sexe mais
aussi avec des personnes ressources (femmes utilisatrices de l’espèce, guérisseurs traditionnels,
forestiers). Ces enquêtes ont permis de ressortir les modes traditionnels d’accès aux différents
organes du baobab, les utilisations alimentaires, la transformation et la conservation des produits
du baobab par les populations et enfin les aspects culturels et thérapeutiques de l’espèce. Il en
ressort que tous les organes présents sur l’espèce (feuilles, graines, fleurs, pulpe, capsules,
écorce) ont au moins une utilisation en milieu rural béninois. Ils interviennent dans
l’alimentation, l’artisanat traditionnel et la médecine traditionnelle. Mieux, les populations
disposent sur tous les organes du baobab des connaissances sur les technologies endogènes de
transformations‘à des fins de commercialisation et de conservation. Enfin, il est à noter que le
baobab représente pour les groupes ethniques du Bénin une valeur culturelle et une divinité.
Introduction
La difficulté de l’agriculture africaine à résoudre ses problèmes fondamentaux constitue un défi de
taille au développement rural et par extension au développement de toute l’Afrique. Ce défi se
traduit actuellement par la nécessité d’une diversification de l’agriculture par la valorisation de
toutes les ressources, l’amélioration du niveau de vie des femmes rurales et le développement de
nouveaux systèmes de production qui permettra d’augmenter de façon durable la productivité
des ressources naturelles tout en sauvegardant le capital environnemental pour les générations
futures. Ceci nécessite une meilleure connaissance du potentiel des ressources naturelles disponibles
et déjà intégrées dans les normes culturelles des populations rurales. Au nombre de ces ressources
figure le baobab, une espèce à usage multiple très impliquée dans la vie des populations en Afrique
(Sidibé et Williams 2002). L’espèce contribue déjà à l’économie des populations (Obizoba et Amaechi
1993, Addy et al. 1995, Igboeli et al. 1997) et fait l’objet de diverses utilisations médicinales (Sidibe
et Williams, 2002) et alimentaires (Sidibe et al. 1996, Delisle et al. 1997, Barminas et al. 1998, Sena et
al. 1998, Yazzie et al. 1994). Les études proprement dites sur le baobab au Bénin sont très récentes
avec les travaux de Codjia et al. (2001). Ces travaux se sont surtout intéressés à la détermination de
la composition physico-chimique partielle de certains de ses organes (pulpe, feuilles, graines). Le
présent travail vise la capitalisation des connaissances endogènes des populations rurales du Bénin
sur les différentes utilisations au niveau local de l’espèce pour sa meilleure valorisation au profit
des paysans.
Milieu d’étude
L’étude s’est déroulée dans différentes localités situées dans l’ensemble des zones climatiques
et phytogéographique du Bénin (Figure 1). Il s’agit des localités de la zone guinéo-congolaise
située entre 6°25’N et 7°30’N, de la zone soudano-guinéenne située entre 7°30’N et 9°45’N et
de la zone soudanienne située entre 9°45’N et 12° N. Ces zones se distinguent les unes des
autres non seulement par des conditions environnementales particulières (le climat et ses
67
10
8
9
7
6
5
4
32
1
Porto-Novo
Bassila
Bohicon
Parakou
Djougou
Boukoumbé
Tanguiéta
Ségbana
Malanville
Pobè
Dogbo
Comè
TOGO
Savé
NIGERIA
Districtphytogéographiques
1 - Côtierguinéen
2 - Pobè
3 - L'Ouémé
4 - Kouffo
5 - Zou
6 - Borgou-sud
7 - Borgou-nord
8 - L'Atakora
9 - Pendjari
10-WduNiger
Cotonou
BURKINA-FASO
NIGER
N
EW
S
Localités et marchés
Limite de frontière
Limite de l'Océan Atlantique
Limite de district
phytogéographique
200000 300000 400000 500000 600000
1000000
1100000
900000
800000
700000
1200000
1300000
1400000
1000000
1100000
900000
800000
700000
1200000
1300000
1400000
200000 300000 400000 500000 600000
Figure 1: Zones phytogéographiques et climatiques du Bénin avec les localités d’étude
différents composants, les sols, la végétation et la faune) mais aussi par les traits humains et
groupes socio-culturels variés. Ces derniers ont donné naissance à un certain nombre d’entités
homogènes du point de vue linguistiques et possédant une assise territoriale. On peut citer en
zone guinéenne les Adja, Wachi, Fon, Xuéda, Mina, Xwla, Aïzo, Toli, Yoruba et Goun. Dans la
IN SITU CONSERVATION AND TRADITIONAL KNOWLEDGE—FOREST AND AGROFORESTRY SPECIES
68 PLANT GENETIC RESOURCES AND FOOD SECURITY IN WEST AND CENTRAL AFRICA
zone de transition soudano-guinéenne, on rencontre les ethnies Mahi et Nago. Enfin la zone
soudanienne est peuplées par les ethnies Bariba, Dendi, Monkolé, Fulbé, Senka, Hausa,
Betammaribè, Waaba, Bêlbêlbê, Natimba, Yowa et Lokpa. La variabilité des groupes socio-
culturels du pays induit une diversification au niveau alimentaire et au niveau des connaissances
endogènes vis-à-vis de la valorisation et de la transformation des produits forestiers non ligneux.
Dans ces milieux ruraux où se concentrent plus de 80% de la population béninoise, on distingue
plusieurs types d’activités dont l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse et l’artisanat.
Méthodes
Echantillonnage
Le choix des localités et des groupes ethniques est effectué à la suite d’une étude exploratoire
portant sur le recensement des savoirs locaux relatifs à la caractérisation, la gestion, la conservation
et l’utilisation durable des différents organes du baobab. Pour plus d’exhaustivité, les personnes
âgées, les guérisseurs et les agents forestiers sont ciblés pour des enquêtes. La transformation du
baobab étant principalement l’activité des femmes de même que la commercialisation, elles sont
fortement représentées au niveau des personnes échantillonnées pour des enquêtes.
Enquêtes ethnobotaniques
Au sein de chaque localité, des enquêtes ethnobotaniques sont effectuées avec différentes classes
d’âge et de sexe. Par ailleurs, les personnes âgées, les guérisseurs et les agents forestiers ontété
ciblés pour des enquêtes. Les entretiens de groupe mais aussi individuels sont effectués sur la
base d’un questionnaire structuré en combinant la méthode rétrospective avec des observations
directes. Ils ont permis de capitaliser les connaissances endogènes liées à l’espèce (forme
d’utilisation, importance socio-culturelle de l’espèce pour les populations locales, etc.).
Enquêtes de consommation alimentaire
Les enquêtes de consommations alimentaires ont été réalisées avec les populations locales à
l’aide d’un questionnaire semi-structuré. Elles ont permis de ressortir les différents organes de
l’arbre qui sont consommés par les populations au niveau local, les formes de consommations
et les modes de préparation de ces organes en milieu paysan béninois.
Résultats
Techniques endogènes de cueillette des feuilles et des fruits sur les individus de baobab
Le matériel utilisé pour la récolte des fruits de baobab est un long bâton de bambou de 3 à 4 m
environ au bout duquel est un petit morceau de bois long de 30 cm sous forme de crochet. Pour les
feuilles, l’instrument utilisé est un coupe-coupe tranchant. Les ménages propriétaires des pieds de
baobab dans les exploitations s’accordent d’abord sur le type de produit à privilégier avant la
cueillette. Dans le cas où le choix est porté sur les feuilles, toutes les branches munies de feuilles
sont élaguées. L’arbre est donc mis à nu, les fruits en ce moment sont rares. Si ce sont les fruits qui
intéressent le plus, seules les petites branches tertiaires sont élaguées. Là on récolte une grande
quantité de fruits et on perd évidemment beaucoup de feuilles. Dans la plupart des cas, ce sont les
feuilles qui sont privilégiées pour des raisons d’ordre économique et alimentaire. Ainsi pour se
procurer davantage de fruits, les populations se rabattent sur les peuplements naturels de baobab.
Il faut noter qu’avec le traitement sylvicole (élagage des branches) appliqué aux pieds de baobab
autour des habitations et dans les champs dans la partie septentrionale du Bénin, les individus
présentent un aspect végétatif beaucoup plus important que ceux du boisement naturel et ceux
observés dans le Sud-Bénin où les feuilles sont très peu utilisées à des fins alimentaires. Aussi la
quasi-totalité des femmes ont reconnu qu’elles récoltent beaucoup plus de feuilles de meilleure
qualité l’année qui suit l’élagage abusif des branches.
Utilisations des différents organes du baobab selon les différents groupes ethniques
Le baobab a une grande importance alimentaire au Bénin. Tous les organes de l’arbre ont au
moins un double usage notamment alimentaire et thérapeutique.
69
Les feuilles
Les jeunes feuilles servent à préparer une sauce dénommée « tutonakankounti » en milieu «
Otamari » puis « Kô Foy Tayo » en milieux Dendi et Djerma, trois groupes ethniques situés
dans le septentrion au Bénin. Ces dénominations linguistiques traduisent littéralement sauce
de feuilles fraîches de baobab qui accompagne la pâte de mil, de maïs ou de sorgho. Par ailleurs,
ces mêmes feuilles peuvent être cueillies en grande quantité, séchées et réduites en poudre et
utilisées pour préparer la sauce ordinaire de baobab. Le même procédé d’utilisation des feuilles
de baobab a été observé dans les ménages Haoussa (Tchanga venus du Nigeria et Maouri en
provenance du Niger) avec un intérêt beaucoup plus marqué pour la poudre verte des feuilles
dont la sauce dénommée « Miya Kouka » est régulièrement mangée pour assainir l’organisme.
En milieu Mokolé, on utilise aussi les feuilles comme sauce qui accompagne la pâte de maïs.
En revanche, chez les Fons, Adja, Mina, Dactcha et Mahi du Sud et Centre du Bénin, les
populations rurales utilisent très peu ou presque pas les feuilles de baobab pour assaisonner
les sauces. Les connaissances endogènes sur l’espèce sont très peu développées dans ces milieux,
l’espèce étant considérée le plus souvent dans ces milieux comme un abris pour les sorciers.
Les graines
Les graines de baobab sont diversement utilisées. Elles servent prioritairement à préparer une
sauce dénommée « mantofaman » en Otomari. Cette sauce est très indiquée chez les hypertendus
qui voient s’améliorer très rapidement leur état de santé. Une autre utilisation des graines consiste
à les décortiquer afin d’extraire l’amande qui est utilisée pour assaisonner les sauces ou pour
remplacer tout simplement la viande. Les graines entrent également dans la préparation de certains
produits culinaires comme ingrédients pour la sauce (moutarde ou galette) qui remplacent par
moment certains bouillons ou cubes aromatisés utilisés par les femmes. Le « Mougou-mougou »
en Dendi est une autre forme d’utilisation des graines sur le plan alimentaire. Les graines sont
grillées, pilées et tamisées. A la poudre obtenue on ajoute des épices (sel, piment et autres condiments)
ou du sucre. Ce mélange est surtout apprécié par les enfants.
La pulpe
C’est la partie du baobab qui présente des usages alimentaires et médicinaux multiples. Le «
mutchoyan » en Otomari est une pâte acide faite avec la pulpe de baobab et la farine de céréales.
L’avantage du « mutchoyan » est qu’il peut durer une semaine sans subir la putréfaction. La
pulpe est également utilisée comme du lait à l’état frais qu’on dilue dans de la bouillie ou la
boule de mil chez les Dendi, Haoussa et Djerma. En milieu Dendi, ce mélange est surtout servi
au cours des cérémonies de funérailles des vieillards d’un certain âge (70 à 80 ans); il sert à
désaltérer les gens à leur retour du cimetière. La pulpe est aussi utilisée dans le caillage de lait
au niveau des campements Peulh pour en augmenter la quantité et l’écouler par la suite dans
les marchés environnants. Ce lait dénommé « Houra » chez les Haoussa et « Donou » chez les
Djerma est très apprécié par ces groupes ethniques. Cette même pulpe mélangée à la farine de
mil, ou de sorgho sert à préparer une bouillie dénommée « K koumandi » qui est très consommée
en période de crise alimentaire. Ce procédé permet d’augmenter non seulement la qualité de la
bouillie grâce à la pulpe qui est riche en éléments nutritifs, mais aussi la quantité pour que cela
suffise à tous les membres de la famille. Le fruit de baobab débarrassé de son pédoncule, est
nettoyé et percé à sa partie supérieure au point d’attache du pédoncule, on introduit une quantité
appréciable d’eau et on agite fortement. On obtient ainsi un jus concentré très agréable à boire
appelé « Kô ba you » chez les ethnies Djerma et Dendi, que les jeunes gens consomment pendant
la récolte du coton. La pulpe est aussi utilisée dans le laitage; les petites entreprises traditionnelles
de fabrication de produits laitiers (à Malanville et Gaya au Niger) mettent sur les marchés et en
destination des villages périphériques une gamme de produits fabriqués à base de pulpe à
savoir: Solani (lait caillé sucré), yaourt, sucettes, etc. Dans la partie Sud du Bénin, la pulpe est
essentiellement utilisée par les enfants et jeunes comme collation. Il n’existe quasiment pas de
technologies endogènes développées pour valoriser cette partie noble de l’espèce.
IN SITU CONSERVATION AND TRADITIONAL KNOWLEDGE—FOREST AND AGROFORESTRY SPECIES
70 PLANT GENETIC RESOURCES AND FOOD SECURITY IN WEST AND CENTRAL AFRICA
Autres utilisations des graines et de feuilles
En plus de leur apport dans l’alimentation des populations, les feuilles et les graines jouent un
rôle important dans les usages technologiques notamment dans le domaine de l’architecture.
Ainsi les feuilles séchées et réduites en poudre sont mélangées à la gomme arabique et au
calcaire et le tout est utilisé pour crépir les chambres en remplacement du ciment. A titre
d’exemple 50 kg de poudre de feuilles sont utilisés pour le crépissage d’une chambre de 4 m2.
Les femmes en particulier celles de l’ethnie « Mokolé » utilisent les graines de baobab qu’elles
mélangent à de petites pierres et du banco pour damer les salons des chambres. Pour un salon
de 4 m2, 30 kg de graines sont utilisés. Ces différents types d’usages technologiques s’observent
surtout dans la partie Ouest de la Commune de Malanville au niveau des villages de Kantro et
Toumboutou dans le Nord-Bénin.
La capsule
Il faut noter que la capsule du baobab est utilisée pour fabriquer de la potasse de qualité qui est
utilisée pour traiter l’indigestion et la nausée. Mieux, en milieu Datcha (Centre-Bénin), les
capsules sont utilisées pour fabriquer du savon. La technologie consiste à écraser les capsules
et à les bouillir dans de l’eau. Au fur et à mesure de la cuisson, on ajoute de l’huile de palmiste
ou de l’huile rouge ce qui conduit à une saponification et par la suite à l’obtention du savon
noir mis en boule et commercialisé localement sur les marchés.
Technologies traditionnelles de conservation et de transformation des organes de
baobab
Les connaissances endogènes relatives à la transformation des ressources alimentaires
forestières, représentent un créneau porteur qu’il faut prendre en considération dans l’optique
de valoriser les produits et sous-produits offerts par ces ressources et d’assurer surtout une
gestion durable et soutenue de nos écosystèmes déjà fragiles. En effet, les femmes rurales
s’activent avec intérêt par la mise en œuvre d’une gamme de technologies de transformation
des organes de baobab en vue de leur consommation immédiate ou dans le but de les conserver
pour une utilisation dans le temps (Figures 2, 3, 4 et 5).
La moutarde et la galette à base des graines de baobab sont des produits utilisés dans la
consommation familiale. Pour un ménage de 6 à 8 personnes et pour trois préparations, on
utilise 2 kg de graines pour la fabrication de la moutarde. La figure 1 reprend les différentes
étapes de cette fabrication. Par ailleurs, pour la fabrication du « mougou-mougou », un concentré
des graines utilisés comme condiment pour assaisonner la sauce, il faut pour un ménage de 6
à 8 personnes et dans le cadre strict d’une consommation familiale, une quantité de 1 kg de
graines est utilisée. La figure 3 reprend les différentes étapes de cette fabrication. Enfin, les
figures 4 et 5 indiquent respectivement le processus d’extraction de la pulpe du baobab et des
feuilles en milieu paysan.
Figure 2: Diagramme de fabrication de la moutarde à partir des graines du baobab
71
Sucre
ou sel
Graines de
baobab
nettoyée et
vannées
Produit
final:
« Mougou-
mougou »
Grillade des
graines
pendant 1h
Refroidissement
des graines
pendant 10 à 15mn
Pilage et tamisage
des graines 2 à
3 fois
Figure 3: Diagramme de fabrication de « mougou-mougou »
Cassage des
capsules et
extraction des
graines enrobées
de pulpe
Séchage des
graines enrobées
de pulpes
Pilage des
graines enrobées
de pulpe
Tamisage
Cueillette des
capsules
Produit final:
Pulpe
Figure 4: Diagramme d’extraction de la pulpe de baobab à partir des capsules
Cueillette des
feuilles fraîches
Produit final:
Poudre verte de
feuilles
Séchage solaire
des feuilles Pilage des feuilles Tamisage
Figure 5: Diagramme de transformation des feuilles de baobab
Méthodes de conservation des feuilles et de la pulpe
Les procédés de conservation des produits de baobab sont du type traditionnel. Les feuilles et
les graines enrobées de pulpe sont correctement séchées au soleil et introduites dans des sacs
et entreposées dans un coin de la chambre à coucher où dans les greniers. Si la conservation
doit durer six mois à un an ou plus, des précautions sont à prendre: ouvrir les sacs pour contrôler
l’état du produit et laisser sécher pendant 24 h au soleil avant de le retourner dans le sac pour
être conservé à nouveau. Cette opération doit se répéter une à deux fois dans le mois si l’on
veut maintenir le produit régulièrement sec. La pulpe et la poudre des feuilles sont conservées
par le même procédé lorsque la quantité est importante. Sinon la conservation est faite dans les
tasses et les grosses boîtes de lait qui restent bien fermées sauf au cas où l’on voudrait utiliser
le produit.
IN SITU CONSERVATION AND TRADITIONAL KNOWLEDGE—FOREST AND AGROFORESTRY SPECIES
72 PLANT GENETIC RESOURCES AND FOOD SECURITY IN WEST AND CENTRAL AFRICA
Utilisation thérapeutique des organes de baobab
Le baobab est un arbre aux innombrables usages thérapeutiques et aux multiples vertus. Chaque
partie de l’arbre (racine, pulpe, écorce, feuille, fleurs et autres organes) est utilisée de façon
traditionnelle, seule ou en association avec d’autres espèces végétales, par les populations rurales
dans le traitement d’au moins une maladie (Tableaux 1 et 2). En effet, les populations locales
disposent des connaissances endogènes accumulées depuis des siècles sur les différentes
utilisations des organes du baobab dans la médecine traditionnelle africaine. Les informations
mentionnées dans les tableaux 1 et 2 sont exclusivement les données recueillies auprès des
populations locales.
Les valeurs symboliques et culturelles du baobab au Bénin
En dehors des utilisations thérapeutiques et alimentaires, le baobab est présenté comme un
arbre fétiche, sacré, déifié et plein de mystères qui fait l’objet de culte et qui est hautement
valorisé et respecté par les populations rurales. En effet, la représentation mythique et religieuse
ainsi que les différentes valeurs culturelles attribuées au baobab sont reconnues comme telles
par l’ensemble des groupes ethniques du Bénin, notamment les Fon du Sud qui entourent
l’espèce d’un grand mythe. Pour ces derniers, tous les pieds de baobab servent d’abris aux
mauvais esprits et par conséquent font le plus souvent l’objet d’une méfiance. Ceci explique
d’ailleurs l’insuffisance des connaissances endogènes par les populations de cette localité du
Bénin par rapport aux autres localités de la partie septentrionale où l’espèce est parfois liée à la
vie de certaines couches socio-culturelle. En milieu Otamari, le caractère divin ou non de l’arbre
n’est révélé que par la consultation du « fa » qui précise le sacrifice correspondant qui varie en
fonction des arbres. Parfois le caractère divin du baobab se révèle au propriétaire qui va consulter
le «fa» à la suite d’un malaise ou d’un événement fâcheux dans la maison. Tous les baobabs ne
sont donc pas des divinités. Ceux qui le sont se matérialisent par des morceaux de bois de
Diospyros mespiliformis ou de Gardenia erubescens et/ou des morceaux de pierres. Chez les Dendi
et Djerma (Nord-Bénin), les populations organisent chaque année un rituel autour des pieds
de baobab sacrés, en début de la compagne agricole pour invoquer les dieux de la pluie. En
milieu Otamari, au début de chaque saison de travaux champêtres, une partie des semences
est présentée à ces baobabs divins pour demander leur clémence afin que la saison soit bonne.
Ce même rituel est organisé lorsque les populations se trouvent dans des situations extrêmement
difficiles (épidémies de maladies, sécheresse ou un malheur quelconque). A la fin de la
cérémonie, un sacrifice est fait, en immolant à l’arbre un mouton blanc qu’on égorge ou un
chien noir ou encore une vache noire. Chez les Djerma, chaque guérisseur traditionnel a son
pied de baobab fétiche où il fait régulièrement ses consultations. Le baobab intervient également
dans les cérémonies de mariages et de baptêmes. Ainsi la pulpe et les feuilles de baobab sont
souvent utilisées pour la préparation des différents mets à servir aux invités lors des cérémonies.
En milieu Tchanga, après le décès des personnes très âgées c’est toute la grande famille qui
doit se laver pendant une semaine avec une décoction de l’écorce de baobab pour conjurer les
mauvais esprits. La culture Otamari accorde aussi une place de choix au baobab dans bon
nombre de cérémonies traditionnelles. Le « Dikou » est une cérémonie d’enlèvement de deuil
au cours de laquelle un morceau de branche de baobab bien emballé représente le défunt. Ce
morceau de branche qui sera enterré reçoit les mêmes honneurs que le corps du défunt. Aussi,
les cérémonies d’initiation du jeune Otamari (Difôni) et de la jeune Otamari (Dikountri) ont
aussi lieu au pied d’un baobab. Il faut préciser que ces deux cérémonies d’initiation sont des
fêtes très importantes dans la tradition Otamari.
Discussion
Les multiples utilisations des différents organes du baobab ne sont plus à démonter. En dehors
de celles signalées au Bénin, le baobab présente d’autres utilisations indiquées par d’autres
auteurs de par le monde. Très récemment, les diverses utilisations traditionnelles des organes
du baobab ont été récapitulées par Dweck (1997). Ainsi, la poudre des feuilles, la pulpe et les
graines sont utilisées par les populations rurales dans les traitements de l’asthme, la fatigue,
73
Tableau 1: Vertus et utilisations thérapeutiques des organes de baobab en milieux paysans au Bénin
Organes utilisés Vertus Posologie ou mode d’emploi Méthode de fabrication Remarque/contre indication
Feuille (poudre) Hémorroïdes 3 cuillerées à soupe dans un quart de litre Battre correctement le Le traitement est long, il peut durer
(internes) d’eau à consommer en un seule prise et à mélange jusqu’à obtention plusieurs semaines, voire plusieurs
répéter pendant 3 jours dans la semaine d’un mélange homogène, mois en fonction de l’ampleur de la
concentré et gluant qu’on maladie. Selles pâteuses,
donne’à boire au patient bourdonnements dans le ventre
pendant quelques heures.
Ecorce fraîche Plaie de Asperger chaque jour et pendant une Ecrasement dans une petite Au bout de 7 jours on obtient la
circoncision semaine la plaie avec le substrat obtenu quantité d’eau de l’écorce cicatrisation de la plaie. La plaie doit
après écrasement de l’écorce fraîche jusqu’à l’obtention d’un être laissée en contact de l’air.
substrat
Ecorce Développement 3 poignées du produit mélangé à Ecorce de baobab mélangée à Chez le bœuf on observe un
de l’organisme à l’alimentation de l’animal (régulièrement) celle du Poupartia birrea le tout développement extraordinaire du la
l’allure du Baobab réduit en poudre bosse
Poudre des feuilles Constipation des 1 litre de mélange administré à l’aide d’un
1
/
2
kg de poudre dans 2 litres Après deux utilisations l’animal
bœufs tuyau. A répéter le lendemain. d’eau, à battre fortement retrouve sa forme
jusqu’à l’obtention d’un
mélange homogène concentré.
Constipation chez 3 cuillerées à soupe dans un quart de litre Battre correctement la On est déconstipé dans les deux à
les personnes d’eau à consommer en une seule prise solution jusqu’à obtention d’un trois heures. Selles pâteuses et
mélange homogène, concentré bourdonnement dans le ventre
et gluant qu’on donne à boire pendant quelques heures.
au patient
Vieille coque du Traitement des Appliquer régulièrement le mélange sur 3 pincées de la poudre Au bout de quelques jours (variables)
fruit calcinée dermatoses toutes les parties couvertes par les mélangée au beurre de vache. on constate la disparition des
réduite en poudre dermatoses dermatoses
Vieille coque de Plaies incurables Laver soigneusement la plaie et la couvrir Calcinée la coque, l’écraser et Si la plaie n’est pas très profonde, la
fruit calcinée avec une à deux pincées de la poudre. la réduire en poudre cicatrisation est obtenue en quelques
réduite en poudre Chaque pansement doit durer 2 à 3 jours jours
avant d’être nettoyé.
IN SITU CONSERVATION AND TRADITIONAL KNOWLEDGE—FOREST AND AGROFORESTRY SPECIES
74 PLANT GENETIC RESOURCES AND FOOD SECURITY IN WEST AND CENTRAL AFRICA
Tableau 1: (cont.)
Organes utilisés Vertus Posologie ou mode d’emploi Méthode de fabrication Remarque/contre indication
Traitement de Le mélange obtenu dans le cadre de 3 pincées de la poudre de Après 7 applications les douleurs sont
panaris traitement des dermatoses est utilisé pour vieille coque calcinée à mélanger entièrement atténuées.
recouvrir le doigt atteint. Faire 7 à 10 avec du beurre de vache pour
applications à raison d’une application/jour. obtenir un mélange pâteux
Traitement de la Appliquer régulièrement le mélange jusqu’à Ecraser la coque calcinée pour Raser des poils et appliquer le
teigne et de disparition des boutons ou des parasites obtenir de la poudre qu’on mélange pâteux sur tout le corps de
déparasitage mélange avec du beurre de l’animal
externe des vache pour obtenir un
animaux mélange pâteux
Amande des Pour calmer le Une cuillerée à café du produit diluée dans Ecraser l’amande des graines et Utiliser surtout pour les enfants
graines Hoquet un verre de l’eau ou de lait servir dans un liquide (eau/lait)
Pulpe Aphrodisiaque 1 cuillérée à café dans un verre de lait ou Pulpe de baobab mélangée à la Augmente la quantité de sperme.
une tasse de bouillie à consommer à poudre et Euphorbia forskalii Conseiller seulement pour les
volonté adultes.
Racines Reconstitue la - - Vertu utilisée en milieu Tehanga pour
virginité d’une éviter à la famille la honte. En donnant
jeune fille en mariage une fille déviergée.
75
des otites, des plaies incurables et dans la régulation de la tension artérielle. Dans la médecine
traditionnelle indienne, les écorces sont utilisées comme antipyrétique et la pulpe contre la
diarrhée et la dysenterie (Sidibé et Williams 2002). Par ailleurs, Adesanya et al. (1988) ont
signalé l’utilisation de l’écorce contre l’anémie au Nigeria. En Afrique de l’Est, Wickens (1982)
a démontré la présence dans l’écorce, la pulpe et les graines des antidotes contre les poisons
occasionnés par Strophantus sp. Par ailleurs, Andrianaivo-rafehivola et al. (1995) ont démontré
l’efficacité de l’huile extraite des graines de baobab dans la lutte contre les maladies du foie.
(Baumer 1995) a signalé l’exportation de la pulpe du Soudan vers les industries pharmaceutiques
britanniques qui l’utilisent dans la fabrication de produits anti-inflammatoire. L’ensemble de
ces utilisations reconnues à l’espèce serait évidemment dû à la richesse de ses différents organes
en composantes nutritives et en antibiotiques. En effet, il a été noté dans les différents organes
de l’espèce la présence des alcaloïdes, des tannins, des flavonoïdes, des stérols, des coumarines,
et des saponoïdes (Ramadanet al. 1993, Codjia et al. 2001, Sidibé et Williams 2002). Il s’agit des
substances organiques azotées et basiques douées de propriétés physiologiques entretenant le
système nerveux et la moelle épinière (alcaloïdes) ou qui sont des toniques veineuses ayant
des propriétés antispasmodiques, anti-ulcéreux et anti-inflammatoire (flavonoïdes) ou encore
qui sont des substances poly-phénoliques qui se combinent aux protéines de la peau pour la
rendre imputrescible (tanins). La présence de l’adansonine (C48H36O33) dans l’écorce justifie
son utilisation contre la malaria et les autres fièvres (Sidibé et Williams 2002). La teneur très
élevée en fer aussi bien dans les feuilles que dans les graines, de l’ordre de 29,3% de la matière
sèche (Codjia et al. 2001), justifie les raisons pour lesquelles elles sont indiquées dans le traitement
de l’anémie car le fer a la propriété de fixer l’hémoglobine empêchant ainsi l’anémie. Les graines
quant à elles, contiennent non seulement des teneurs élevées en protéines de l’ordre de 33,88%
et en lipides de l’ordre de 28,28% (Codjia et al., 2001) mais aussi des acides aminés essentiels à
des taux qui supportent les recommandations établies pour les êtres humains par la FAO (Yazzie
et al. 1994). Ces fortes teneurs des graines en protéines et en acides-aminés essentiels justifient
leur utilisation pour la croissance des enfants et expliquent leur utilisation au niveau local
dans la fabrication des concentrés de protéines: le « mougou-mougou » en milieu Dendi au
Bénin par exemple. Aussi, les valeurs énergétiques très élevées de la pulpe de l’ordre de 1180-
1900 KJ/100g (Becker 1983), justifient les raisons pour lesquelles les populations locales l’utilisent
dans la fabrication des boissons énergétiques et rafraîchissantes.
Par ailleurs, les valeurs culturelles et mythologiques du baobab sont également signalées
au Sénégal, au Mali, au Burkina-Faso et au Niger (Sidibé et Williams 2002). Chez les Dogons au
Sénégal, le baobab s’intègre à la vie et à la mort. A Bandiagara, en pays Dogon, c’est un mode
Tableau 2: Autres utilisations thérapeutiques des organes de baobab signalées au niveau paysan sans
une posologie formelle
Parties Maladies traitées ou vertus
du baobab
Pulpe Maux de ventre, ulcère, perte de virilité, tonifiant et stimulant, convalescence, paludisme,
inappétence, diarrhée, rhume ou toux, grippe, purge, aphrodisiaque, hémorroïde
Graine Toux, maux de ventre, hypertension artérielle
Feuille Anémie, stimulant et tonifiant, perte de virilité, hémorroïde, aphrodisiaque, asthme,
dentition chez le nourrisson
Ecorce Diarrhée, plaies incurables et béantes, maux de dents, brûlure, vigueur chez le bébé
Racine Epilepsie (racine associée à d’autres feuilles) croissance normale et protection des bébés
Poils Maux de ventre intense fréquents chez les nourrissons
urticants de
la capsule
Fleurs Facilite l’expulsion rapide du fœtus lors de l’accouchement chez la femme
Capsule Indigestion, nausée, plaies
IN SITU CONSERVATION AND TRADITIONAL KNOWLEDGE—FOREST AND AGROFORESTRY SPECIES
76 PLANT GENETIC RESOURCES AND FOOD SECURITY IN WEST AND CENTRAL AFRICA
de sépulture réservé aux lépreux. On choisit le baobab creux, avec une ouverture de préférence
tournée vers le haut. La dépouille est fixée sur un brancard, glissée à l’intérieur et l’ouverture
scellée avec de l’argile et de la paille. En fait, l’utilisation de ce type de sépulture est bien une
conséquence de la peur de la maladie. Un cadavre de lépreux en terre risque d’amener une
pluviosité insuffisante, sans compter la souillure du sol pendant des années, et donc des céréales,
des fruits, des mares. Baumer (1995) indique que le baobab est très important dans la culture
sahélienne en général si bien qu’il existe encore des villages complètement enfouis dans des
peuplements denses de baobabs entourant défensivement ces villages. C’est le cas également
dans les régions septentrionales du Bénin qui partagent avec ces régions sahéliennes des
populations qui historiquement sont les mêmes. Mais d’après Sène (1985), dans les pays pauvres
d’Afrique où subsistent encore à l’état naturel ces ressources biologiques, aucun plan
d’aménagement n’est développé à l’endroit de ces ressources. Pire, il n’existe pratiquement
pas de politique adéquate de mise en filière de ces ressources. Depuis très longtemps, ces
ressources phytogénétiques d’une importance capitale pour les populations locales n’ont pas
bénéficié d’une attention de la part des décideurs politiques, des aménagistes, des gestionnaires
et des scientifiques. Souvent, les préjugés des décideurs politiques et des populations des villes
en général favorisent les produits de type occidental au détriment des produits locaux. Ces
derniers sont soit socialement inacceptables, soit considérés comme technologiquement
inférieures parce qu’ils ont été utilisés par les populations ancestrales non avancées (Sène 1985).
Or selon plusieurs études, la production de ces non-ligneux pourrait même, dans certaines
forêts être à terme plus rentable que la conversion de la forêt en pâturages ou en terres agricoles
(Hecht et Schwartzman 1988, Peters 1990). Mieux, les populations rurales africaines notamment
les femmes rurales disposent sur ces ressources des savoirs accumulés depuis des millénaires.
Ceci est mis en évidence par les technologies endogènes développées par les populations rurales
de la partie septentrionale du Bénin en ce qui concerne la transformation des organes du baobab.
Ce sont des preuves qui témoignent d’une parcelle du génie du peuple noir à valoriser ses ressources
naturelles à des fins d’usage multiple. Mais, ces technologies endogènes développées par les
populations rurales semblent être culturelles. Historiquement, les Otammari ou Betammaribè
constituent avec les Besorubè un grand groupe socio-culturel connu sous le nom de « Somba ».
Mercier (1968) rapporte de nombreuses sens étymologiques liés à ce groupe ethnique dont l’un
très révélateurs fait des « Somba » les « hommes du baobab » parce qu’ils en consomment la farine.
Conclusion
En définitive, le baobab est une ressource à usage multiple au Bénin sur laquelle les populations
rurales disposent d’énormes connaissances du point de vue alimentaire, médicinal et culturel.
Dans le contexte actuel de la diversification des filières agricoles pour l’amélioration des
conditions de vie des populations rurales et pour la résolution des problèmes d’insécurité
alimentaire, il urge de s’appuyer sur les connaissances endogènes des populations sur ces
ressources à potentialité économique afin de mieux les valoriser au profit des paysans. Ceci
passera nécessairement par une prise de conscience des gestionnaires, des décideurs politiques,
des scientifiques et des bailleurs de fonds sur les potentialités qu’offrent ces ressources pour
les populations rurales pauvres. Cette prise de conscience est déterminante pour la prise en
compte des ressources forestières alimentaires en général et le baobab en particulier dans les
grands programmes nationaux d’aménagement forestier. Ceci induira évidemment une
amélioration des conditions de vie des populations rurales pauvres n’ayant que comme richesse
ces ressources locales.
Références
Addy EOH, Salami LI, Igboeli LC, Remawa HS. 1995. Effect of processing on nutrient composition and
anti-nutritive substances of African locust bean (Parkia filicoidea) and baobab seed (Adansonia digitata).
Plant Foods for Human Nutrition, 48(2): 113-117.
Adesanya SA, Idowu TB, Elujoba AA. 1988. Antisickling activity of Adansonia digitata. Planta medica 54
(4): 374.
77
Andrianaivo-Rafehivola AA, Siess MH, Gaydou EM. 1995. Modifications of hepatic drug metabolizing
enzyme activities in rats fed baobab seed oil containing cyclopropenoid fatty acids. Food and Chemi-
cal Toxicology, 33(5): 377-382.
Barminas JT, Carles M, Emmanuel D. 1998. Mineral composition of non-conventional leafy vegetables.
Plant Foods for Human Nutrition, 53(1): 29-36.
Baumer M. 1995. Arbres, arbustes et arbrisseaux nourriciers en Afrique Occidentale. Ed. Enda. Dakar.
pp 13; 22-25. ISBN 92-9130-006-3
Becker B. 1983. The contribution of wild plants to human nutrition in the Ferlo (Northern Senegal).
Agroforestry Systems, 1: 257-267.
Codjia JTC, Fonton-Kiki B, Assogbadjo AE, Ekué MRM. 2000. Le baobab (Adansonia digitata), une espèce
à usage multiple au Bénin. CECODI /CBDD/ Veco/ SNV/ FSA. 47pp. ISBN 99919-953-0-7
Delisle H, Bakari S, Gevry G, Picard C, Ferland G. 1997. Provitamin A content of traditional green leaves
from Niger. Original Title: Teneur en provitamine A de feuilles vertes traditionnelles du Niger. Cahiers
Agricultures, 6(8): 553-560.
Dweck AC. 1997. Ethnobotanical use of plants. Part 2, Africa. Cosmetics and Toiletries, 112: 4.
Hecht S, Schwartzman S. 1988. The good, and the ugly: extraction colonist agriculture and livestock in
comparative economic perspective. These. Los Angeles, Calif. Graduate school of Architecture and
Urban Planning, UCLA.
Igboeli LC, Addy EOH, Salami LI. 1997. Effects of some processing techniques on the antinutrient con-
tents of baobab seeds (Adansonia digitata). Bioresource Technology, 59(1): 29-31.
Mercier. 1968. Tradition, changement, histoire. Les « Somba » du Dahomey Septentrional. Eds Anthropos,
Paris; 538 pp.
Obizoba IC, Amaechi NA. 1993. The effect of processing methods on the chemical composition of baobab
(Adansonia digitata L) pulp and seed. Ecology of Food and Nutrition, 29(3): 199-205.
Peters C. 1990. Valuation of an Amazonian rainforest. Nature, 339: 655-656.
Ramadan A, Harraz FM, El Mougy SA. 1994. Anti-inflammatory, analgesic and antipyretic effects of the
fruit pulp of Adansonia digitata. Fitoterapia, 65(5): 418-422.
Sena LP, Vanderjagt DJ, Rivera C, Tsin ATC, Muhamadu I, Mahamadou O, Millson M, Pastuszyn A,
Glew RH. 1998. Analysis of nutritional components of eight famine foods of the Republic of Niger.
Plant Foods for Human Nutrition, 52(1): 17-30.
Sène EH. 1985. Arbres, production alimentaire et lutte contre la désertification. Unasylva 37, 150: 19-26.
Sidibe M, Scheuring JF, Tembely D, Sidibe MM, Hofman P, Frigg M. 1996. Baobab - home-grown vitamin
C for Africa. Agroforestry Today, 8(2): 13-15.
Sidibe M, Williams JT. 2002. Baobab. Adansonia digitata. International Centre for Underutilised Crops,
Southampton, UK. P. 100. ISBN 0854327762.
Wickens GE. 1982. The baobab –Africa’s upside-down tree. Kew Bulletin, 37: 173-209.
Yazzie D, VanderJagt DJ, Pastuszyn A, Okolo A, Glew RHH. 1994. The amino acid and mineral content
of baobab (Adansonia digitata L.) leaves. Journal of Food Composition and Analysis, 7(3): 189-193.
IN SITU CONSERVATION AND TRADITIONAL KNOWLEDGE—FOREST AND AGROFORESTRY SPECIES
Article
The contribution of species providing non-timber forest products to the livelihoods of local communities is well established. However, this contribution may be limited by the existence of confusion while dealing with close relative species. This is particularly the case for Detarium microcarpum Guill & Perr. and D. senegalense J.F.Gmel. The objectives of this study were to (1) identify the criteria used by local communities to differentiate D. microcarpum and D. senegalense, (2) determine local communities’ perception of the past dynamics of the two species and (3) assess the diversity of uses of both species. Data on differentiation criteria, perceived variation in the species abundance, and the different uses were collected using individual semi-structured interviews (n = 914 informants). The relative frequency of citation and the use-value were calculated. The Chi-square test, correspondence analysis and generalized linear model were used for statistical analyses. Informants used fourteen criteria to differentiate the two species. The predominant criteria were the shape of the seed (87.86%) and the shape of the fruit (67.86%). Most of the informants reported that the populations of D. microcarpum (61.80%) and that of D. senegalense (60.12%) have regressed. In total, 168 use-reports were enumerated for the two species with 19 shared use-reports. We concluded that local communities use a variety of criteria to differentiate both species, the most popular being morphological traits of the fruits. Both species shared several use-reports (11.31%). However, their populations have declined. The documented uses for both species provide preliminary information for their future food uses and drug discovery.
Article
Full-text available
Exploitation of non-wood resources would provide profits while conserving Amazon forests. Yet little is done to promote their development.
Article
Full-text available
The effect of different processing techniques on the antinutritional factors inherent in the seeds of baobab (Adansonia digitata) was investigated. The processing methods, which included dehulling, cold-water, hot-water, hot-alkali and acid treatments, revealed that the concentration of tannic acid was reduced significantly by all the processing techniques except for dehulling. The activity of the amylase inhibitors in the seeds was also reduced significantly by dehulling, cold-water and hot-alkali treatments while the hot-water and hot-acid treatments increased the activity of the amylase inhibitors.
Article
The aqueous extract of A. digitata fruit pulp showed a LD50 in mice by i.p. route of 8000 mg/kg and induced a marked and long lasting anti-inflammatory and antipyretic effects at 400 and 800 mg/kg per os in rats. The extract showed also a marked analgesic activity in mice at 2 h after administration. Phytochemical screening of the fruit pulp of the plant indicated the presence of sterols and/or triterpenes, saponins, tannins, carbohydrates and glycosides.
Article
Sundrying, roasting and fermentation were the traditional processing techniques selected to use to improve the chemical composition of the baobab pulp and seed. The fruits were purchased from a retailer in Maiduguri. The pulp was scraped and kneaded in cold water to form an emulsion. The emulsion was passed through a fine sieve and frozen until used. The seeds were thoroughly cleaned, boiled, dehulled and divided into five portions. The first two portions were sun‐dried and roasted. The remaining three portions were fermented for 2, 4 and 6 days at 28°C. After this, they were dried to 96% dry matter, ground into fine powder and stored frozen as the pulp. Standard techniques were adopted for the analysis of the samples. Fermentation of the seeds for 6d offers much advantages over roasting as judged by crude protein, moisture and minerals. A 6‐day fermentation appears to be the promising method for producing nutritious food from baobab seed.
Article
The leaves of the baobab tree (Adansonia digitata L.) are a staple of populations in many parts of Africa, especially the central region of the continent. Among the people who comprise the Hausa ethnic group in particular, it serves as the main ingredient of a soup called "miyar kuka." However, the literature contains few studies of the nutritional quality of baobab leaf. In the present report, we show that baobab leaf contains 10.6% (dry weight) protein and an amino acid composition which compares favorably to that of an "ideal" protein: valine (5.9%), phenylalanine + tyrosine (9.6%), isoleucine (6.3%), lysine (5.7%), arginine (8.5%), threonine (3.9%), cysteine + methionine (4.8%), tryptophan (1.5%). In terms of mineral content, baobab leaf is an excellent source of calcium, iron, potassium, magnesium, manganese, molybdenum, phosphorus, and zinc. These data indicate that in terms of both quality and quantity, baobab leaf can serve as a significant protein and mineral source for those populations for whom it is a staple food.
Article
One aspect of agroforestry is the integration of indigenous species into appropriate land use systems. Some local trees and shrubs are particularly appreciated because of their value in human nutrition. The Ferlo is the most arid part of Senegal, covered by open woodland. The local population is using several indigenous plants for food. Most important are Adansonia digitata, Balanites aegyptiaca and Ziziphus mauritiana, as well as Boscia senegalensis and Cassia obtusifolia. Some 20 more species are consumed to a smaller extent. Their main function is to supply the vitamins A, B2 and C, for which seasonal shortages occur. About 50% of all plants growing in the Ferlo have edible parts, but only the most common ones are consumed. Further exploitation of these natural resources and their conscious integration into agroforestry systems is economically and ecologically recommendable.
Article
This is an attempt to pull together what is known about that extraordinary tree, the African baobab (Adansonia digitata L.-Bombacaceae). There are many surprising gaps in our knowledge, which are most likely to be reduced by closer collaboration between fieldworker, laboratory and herbarium botanist.