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Pour une approche géographique de la convergence - Les inégalités régionales dans l’Union européenne et leur évolution

Abstract

L’objectif de cet article est de poser les fondements conceptuels et méthodologiques pour une théorie de la convergence économique. La prise en compte de la dimension spatiale dans l’évaluation de la convergence constitue de ce point de vue une perspective intéressante dans le champ de la géographie. L’indice de convergence économique locale proposé permet de mesurer les processus simultanés de convergence et de divergence économique qui s’opèrent dans l’Union européenne. En comparant les deux périodes 1995-2000 et 2000-2006 sur l’ensemble des régions européennes au niveau NUTS 2-3, il apparaît des situations de régions qui ont évolué de manière favorable ou défavorable d’un point de vue économique. La structuration spatiale de ces phénomènes de convergence et de divergence économique locale est très marquée et traduit une véritable géographie de l’évolution des inégalités régionales dans l’Union européenne. For a geographical approach of convergence. Regional disparities in the European Union and their evolution. The aim of this paper is to lay the conceptual and methodological foundations for a theory of economic convergence. Taking into account the spatial dimension when evaluating convergence is from this point of view an interesting perspective in the field of the geography. The index of local economic convergence proposed makes it possible to measure the simultaneous processes of economic convergence and divergence occurring in the European Union. By comparing the two periods 1995-2000 and 2000-2006 for all the European regions at the NUTS 23 level, it can be seen that there are situations of regions that have evolved in a favorable or unfavorable manner from the economic point of view. The spatial structure of these local economic convergence or divergence phenomena is very clear and reflects a true geography of the evolution of regional nequalities in the European Union
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POUR UNE APPROCHE GÉOGRAPHIQUE DE LA CONVERGENCE ÉCONOMIQUE
L’EXEMPLE DES INÉGALITÉS RÉGIONALES ET LEURS ÉVOLUTIONS DANS L’UNION EUROPÉENNE
FOR A GEOGRAPHICAL APPROACH OF THE ECONOMIC CONVERGENCE
THE EXAMPLE OF THE REGIONAL DISPARITIES AND THEIR EVOLUTIONS IN THE EUROPEAN UNION
BOURDIN Sébastien
Institut du Développement Territorial
9 Rue Claude Bloch 14052 Caen
bourdin.sebastien@gmail.com
Résumé
L’objectif de cet article est de poser les fondements théoriques et méthodologiques sur la convergence
économique. La prise en compte de la dimension spatiale de la mesure de la convergence constitue de ce
point de vue une perspective intéressante dans le champ de la géographie. L’indice de convergence
économique locale proposé permet de mesurer les processus simultanés de convergence et de divergence
économique qui s’opèrent dans l’Union européenne. En comparant les deux périodes 1995-2000 et 2000-
2006 sur l’ensemble des régions européennes au niveau NUTS 2-3, il apparaît des situations de régions qui
ont évolué de manière favorable ou défavorable d’un point de vue économique. La structuration spatiale de
ces phénomènes de convergence et de divergence économique locale est très marquée et traduit une
véritable géographie de l’évolution des inégalités régionales dans l’Union européenne.
Mots-clés : convergence analyse spatiale croissance régionale disparités régionales Union
européenne
Summary
The aim of this paper is to lay the theoretical and methodological foundations on the convergence. Taking
into account the spatial dimension of the measure of convergence is from this point of view an interesting
perspective in the field of the geography. The index of local convergence proposed enable to measure the
simultaneous processes of economic convergence and divergence occurring in the European Union.
Key-words : convergence spatial analysis regional disparities regional growth European Union
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Introduction
En 2010, une étude d’Eurostat montre que la région Inner London (ville centre de Londres) est la plus
prospère de l’Union européenne (UE) et est sept fois plus riche que la région la moins développée à savoir la
région Severozapaden située en Bulgarie. Des études antérieures (EUROSTAT, 2007 et 2009) insistent sur le
caractère très prononcé des inégalités économiques régionales entre l’ex-Europe de Quinze et les régions des
pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Alors que l’élargissement de l’UE aux dix nouveaux membres
des PECO est désormais acquis, la question de la convergence économique1 des régions et du devenir de la
politique de cohésion est posée.
La réduction des disparités régionales est une condition de la réussite du marché non plus commun mais
unique. La convergence des niveaux de vie doit permettre de garantir une concurrence loyale à l’intérieur de
l’espace européen. Ainsi, il n’est pas étonnant de constater que la grande réforme de la politique régionale de
1988 correspond précisément avec la volonté d’achèvement du marc unique (Acte unique, 1986). Les
grands Objectifs de la politique de cohésion ont connu des évolutions, mais le principe n’a pas changé. On
cherche surtout aujourd’hui à ne plus saupoudrer les aides mais, au contraire, à les concentrer sur les régions
les plus en retard. Certains ont même prôné une suppression de « l’interventionnisme » européen et une
renationalisation des aides (Sapir, 2003).
Aujourd’hui, les douze nouveaux États-membres disposent de 53% des Fonds structurels mais des aides
transitoires sont accordées aux régions brusquement enrichies en moyenne par l’arrivée de régions en grande
difficulté. L’élargissement à dix pays – dont le PIB moyen par habitant est inférieur à 43% de celui de
l’Europe des Quinze remet en cause les équilibres budgétaires sur lesquels repose le financement de la
politique régionale européenne. Les vifs débats actuels sur le futur budget de l’Union européenne pour la
période 2014-2020 montrent que l’enjeu est aussi bien économique que politique. Il réside dans le maintien
même de la politique de cohésion ou sa révision.
De nombreuses publications (rapports européens, articles scientifiques) traitent de la question de
l’évaluation du processus de convergence économique dans l’UE. Pourtant, dans le cas d'une grande partie
des rapports européens, la prise en compte de l’espace géographique dans l’explication de la convergence est
rarement prise en compte. En revanche, on observe de plus en plus dans la littérature scientifique en
économie une mise en évidence des « effets de débordement géographique » (autrement dit des effets de
voisinage en géographie) dans l’explication de la croissance régionale et la convergence économique.
1 Catherine Fuss (1999) estime qu’il y a « convergence lorsque la différence entre des séries ou leur dispersion se réduit dans le temps ».
3
L’objectif de cet article est donc d'appréhender la convergence économique d’un point de vue géographique.
Nous verrons donc dans quelle mesure l’approche spatiale du processus de convergence permet d’avoir une
nouvelle lecture des disparités économiques régionales et de l’intégration régionale.
Dans un premier temps, nous synthétiserons le cadre théorique et méthodologique sur la convergence
économique puis nous présenterons dans la lignée de ce contexte une mesure locale de la convergence
prenant en compte l’espace géographique. La seconde partie quant à elle consistera à analyser et expliquer
les trajectoires régionales de convergence identifiées.
1. Vers une approche spatiale de la convergence économique
L’objectif de cette partie est de présenter comment les travaux sur la convergence économique sont passés
d’une approche purement économique globale (via notamment les tests de bêta et de sigma convergence) à
une approche locale prenant en compte l’espace géographique. C’est dans ce contexte qu’un indice original
de convergence locale est proposé pour évaluer l’évolution des disparités régionales par une approche
géographique.
1.1. De la convergence « globale » à la convergence locale : fondements théoriques et méthodologiques
A l’origine des travaux sur la convergence économique on retrouve la théorie néo-classique de la croissance
développée par Robert Solow (1956) selon laquelle la convergence économique entre pays inégalement
développés est possible. Il part du principe qu’il existe des disparités régionales initiales et qu’elles tendent à
se résorber avec le temps. Pour cela, chaque région converge vers un taux de croissance du revenu par tête
de long terme appelé le « taux d’état stationnaire »2. Ainsi, une économie aura tendance à converger plus
rapidement si elle se situe en dessous de son état stationnaire.
Durant cette dernière décennie, les études empiriques sur la convergence économique ont connu un essor
important et présentent souvent des résultats contradictoires (Henin, Le Pen, 1995 ; Quah, Durlauf, 1998 ;
Islam, 2003 ; Abreu et al., 2005 ; Dall’erba, Le Gallo, 2008 ; Le Pen, 2011). L’origine de la sensibilité de
ces résultats peut être recherchée dans les différences de conceptions de la convergence et donc des
méthodologies inhérentes à chacune de ces approches.
Parmi elles, on retrouve les tests de convergence en coupe transversale introduits par William Baumol
(1986), puis développés par Robert J. Barro, Xavier Sala-i-Martin (1991 et 1992). Ils se décomposent en
deux tests (bêta et sigma convergence). La β-convergence s’attache à mettre en évidence un éventuel
rattrapage des pays riches par les pays pauvres (relation négative entre le taux de variation et le niveau
initial) tandis que la σ-convergence cherche à mesurer l’évolution des disparités économiques (réduction des
écarts de PIB/hab. entre deux dates).
2 L’état stationnaire est un phénomène important à deux égards : une économie qui l’a atteint ne bouge plus et une économie qui ne l’a pas
atteint tend vers lui. L’état stationnaire représente l’équilibre de longue période de l’économie.
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D’une part, il existe l’approche par la β-convergence. Dans cette situation, l’hypothèse de convergence
implique que le pays/la région qui initialement a un PIB/hab. plus faible devrait connaître un taux de
croissance plus rapide durant la période de rattrapage. Elle peut être absolue (inconditionnelle) ou
conditionnelle. Elle est absolue lorsqu’elle est indépendante des conditions initiales. Elle cherche alors à
évaluer si les niveaux de vie des économies développées tendent à être rattrapés par les niveaux de vie des
économies moins développées. Elle est conditionnelle lorsque les variables d’état des économies régionales
considérées sont supposées similaires en termes de capital humain, physique ou encore de taux de croissance
de la population (Mankiw et al., 1992). Ces facteurs dits « endogènes » déterminent les conditions initiales
et la convergence des économies vers un état stationnaire dépend de celles-ci.
D’autre part, la σ-convergence s’attache à observer si la dispersion de la richesse se réduit au cours du
temps. L’idée est de vérifier si les PIB/hab. se rapprochent du niveau moyen des pays ou régions observés.
Si les écarts à la moyenne se réduisent au cours de la période étudiée, on dit alors qu’il y a σ-convergence. Il
s’agit donc de comparer un indicateur de dispersion, calculé pour la fin de la période, à cet indicateur calculé
pour le début de la période. Il existe plusieurs indicateurs de mesure de la dispersion (coefficient de
variation, écart-type, coefficient de Gini, d’indice d’Atkinson ou de Theil, écarts à la moyenne
logarithmique) avec chacun des propriétés spécifiques de focalisation sur des niveaux particuliers
d’inégalités économiques (Montfort, 2008).
Les tests économétriques et statistiques de bêta et sigma convergence réalisés sur un large échantillon de
pays et sur près de trente ans conduisent à rejeter l’hypothèse de rattrapage. En d’autres termes, la croissance
des pays initialement les moins développés n’a pas été systématiquement plus rapide que celle des pays
développés. A la suite de ces études, de nouveaux travaux sur la convergence économique ont émergé avec
le courant de la Nouvelle Économie Géographique (NEG) qui s’est développé dans les années 90 avec Paul
Krugman (1991). Il part du constat suivant : les activités économiques sont concentrées autour de pôles
(appelés aussi « clusters ») et cette polarisation modifie la répartition spatiale des richesses entre les régions.
Les travaux précurseurs de Jeffrey G. Williamson (1965) sont à l’origine de la naissance de ce courant
économique puisque déjà, à l’époque, il mettait en évidence le rôle de l’espace pour expliquer la croissance
régionale. Le rôle de l’espace dans cette théorie économique est majeur car il contribue à expliquer les
phénomènes de croissance économique. La répartition géographique des phénomènes de croissance à
l’échelle régionale est donc rarement aléatoire: les performances économiques de régions voisines sont, au
contraire, souvent similaires (Getis, 1991).
Les études sur la convergence issues de la NEG montrent que certains pays arrivent davantage à tirer partie
de la croissance tandis que d’autres échouent dans cette tentative d’en profiter. On observe alors à la fois la
convergence économique de certains et la divergence d’autres dans un mouvement synchrone. Le résultat de
ce processus n’est pas déterminé à l’avance et les nouveaux modèles théoriques mettant en avant le rôle de
l’espace géographique montrent que l’on peut produire à la fois de la convergence et de la divergence
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économique. Par conséquent, les effets de la convergence économique sur l’intégration régionale peuvent
être à la fois positifs et négatifs. Cela dépend donc beaucoup de la situation initiale, de la capacité des
régions à s’adapter et des effets de voisinage. C’est dans ce cadre que cet article propose une mesure de la
convergence locale pour évaluer ces phénomènes simultanés de convergence et de divergence économique.
1.2. La convergence locale : émergence d’un concept et nouvelles méthodes de mesure
L'intérêt d'une mesure de la convergence économique au niveau local réside dans le fait qu'elle permettra de
comprendre l'origine de la persistance ou au contraire de la réduction des disparités régionales dans certaines
parties de l'UE. Il est possible de définir la convergence locale comme étant une situation où une
convergence s’observe entre des territoires proches localisés dans l’espace. L’intérêt est donc de prendre en
compte non plus seulement les conditions économiques mais aussi les proximités géographiques comme
pouvant potentiellement influencer la convergence économique. Par exemple, l’absence de rattrapage (voire
la divergence) d’une région en retard s’expliquerait par le fait qu’elle soit entourée d’autres régions en
retard.
La convergence locale mesure ici la réduction (ou l’augmentation) des disparités économiques au sein d’un
groupe de régions voisines. Autrement dit, il y a convergence locale quand les PIB/hab. des régions
comprises dans la zone délimitée se rapprochent du niveau moyen des PIB/hab. de la zone considérée.
Encadré 1 : Le PIB/hab. : un indicateur possible pour mesurer la convergence économique
Nous avons formalisé cet indice de convergence locale comme suit :
mesure l’évolution de la dispersion du PIB/hab. sur n années pour une région i et ses voisines j. On
calcule l’écart annuel du coefficient de variation entre deux périodes et pour V(i).
Dans les études menées sur la convergence économique des régions et des pays, le PIB/hab. (sous ses
différentes formes) est l’indicateur le plus souvent utilisé. Bien qu’il existe des aspects qui limitent la portée de
cet indicateur pour des raisons de mesure (du fait de la production domestique, de l’économie souterraine, des
migrations) ou d’interprétation (en raison des inégalités) le PIB reste l’indicateur privilégié quand il s’agit de
mener des comparaisons entre pays et entre régions. Depuis 2007, un groupe d’experts de la Commission
européenne « Beyond GDP » tente cependant de dépasser cet indicateur en proposant des mesures alternatives.
En économie de marché, le PIB/hab. constitue l’outil principal de mesure des performances économiques. Il est
aussi l’indicateur utilisé par l’UE pour l’attribution des Fonds structurels : un seuil de 75 % du PIB/hab.
communautaire moyen définit les régions défavorisées éligibles à l’Objectif 1. De fait, lorsque l’on souhaite à la
fois étudier le processus de convergence économique et le rôle joué par les Fonds structurels, il semble
incontournable de prendre le PIB/hab. comme variable d’analyse. En outre, disposer d’une mesure des valeurs
ajoutées régionales est utile dans le cadre d’une analyse de la différenciation économique et spatiale régionale :
elle permet d’effectuer des comparaisons quantitatives entre les régions de l’UE. Aussi, afin de corriger les
distorsions monétaires des PIB nationaux, une évaluation en parité de pouvoir d’achat (PPA) est utilisée. Elle
reflète de façon plus exacte les pouvoirs d’achat intérieurs et les niveaux de développement.
6
est le PIB/hab moyen de l’année n de V(i) et son écart-type.
V(i) est composé de la région i et de l’ensemble des régions à moins de δ de la région i
δ est la distance maximale (en km) définissant le périmètre V(i) entre une région i et ses voisines j. Il s’agit
d’une fonction de distance à seuil fixe
est la différence de temps entre l'année 0 et l'année
Arthur Getis (2009) et Richard Rogerson (2010) ont tous les deux récemment montré qu'il n'existait pas en
l'état de solution pour définir une méthode de voisinage optimale. Nous gardons une préférence pour la prise
en compte de la distance à vol d’oiseau comme mode de définition du voisinage car la distance euclidienne
simule une situation théorique d’homogénéité des réseaux de transports et d’égalité face à l’accessibilité.
Une des limites de ce choix réside dans le fait que tous les voisins sont égaux, quelque soit leur éloignement
réel. Une approche gaussienne de la distance permettrait de corriger cette limite. Une autre méthode
envisageable consisterait à prendre en compte la topologie des limites régionales (méthode des «plus
proches voisins»). Même si elle permet de maîtriser le nombre de voisins, elle ne prend cependant pas en
compte l’éloignement des territoires. Des matrices prenant en compte la distance-temps (Virol, 2006) ou
l’accessibilité par la route (Toral, 2002 ; Dall’Erba, 2004) auraient été idéales mais la disponibilité des
données ne nous permettait pas de les utiliser pour toute l’Union européenne.
Afin d'évaluer le niveau de significativité de l’indice de convergence locale, une inférence statistique sur les
résultats obtenus a été effectuée avec le test non-paramétrique de Kolmogorov-Smirnov. Il apparaît que les
valeurs pour chaque région de l’indice de convergence locale sont significativement différentes de zéro
(avec une valeur critique de p=0,05 tableau 1).
La mesure de la σ-convergence au niveau local proposée ici permet d’identifier un éventuel phénomène de
convergence ou de divergence économique d’une région vis-à-vis de ses voisines. D’autres contributions
récentes sur la convergence locale ont été publiées cette dernière décennie. Elles introduisent également la
localisation dans l’analyse de la convergence économique (Le Gallo, 2004) et permettent ainsi d’évaluer
l’hétérogénéité spatiale et l’autocorrélation spatiale locale de ce processus. Ces méthodes utilisent des
modèles de β-convergence (conditionnelle) localisée afin d’étudier un éventuel rattrapage des régions vers
un état-stationnaire.
Les approches proposées par les économistes évaluent la β-convergence au niveau local en intégrant soit la
dimension spatiale des données (Fingleton, Lopez-Bazo, 2006 ; Ertur, Koch, 2007 ; Dall’Erba, Le Gallo,
2008) soit les interdépendances spatiales (Abreu et al., 2005 ; Janikas, Rey, 2005 et 2008 ; Arbia, 2006 ;
Rey, Le Gallo, 2009 ; Ertur, Le Gallo, 2009). Une première méthode consiste à utiliser la Régression
Géographiquement Pondérée (GWR Geographically Weighted Regression) afin d’estimer localement la
qualité de la régression et les paramètres du modèle de β-convergence (Bivand, Brunstad, 2003 et 2005 ;
Yu, 2006 ; Eckey et al., 2007 ; Yildrim et al., 2009). Il s’agit alors d’estimer un modèle de convergence
conditionnelle prenant en compte le décalage spatial. La seconde méthode permet également d’évaluer la
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variation spatiale des taux de croissance. Elle est basée sur une approche de type bayésienne spatiale (B-
SALE Bayesian Spatial Autoregressive Local Estimation). Elle permet de prendre en compte à la fois
l’hétérogénéité spatiale et l’autocorrélation spatiale du coefficient de β-convergence et donc d’intégrer la
distance comme facteur explicatif des trajectoires de croissance (Ertur et al., 2007 ; Le Gallo et al., 2011).
Ainsi, ces travaux sur la β-convergence localisée s’attachent à mesurer l’éventuel rattrapage de régions
riches par des régions en retard en introduisant un décalage spatial tandis que la σ-convergence locale
proposée dans cet article cherche à mesurer l’éventuelle réduction des disparités entre deux dates pour des
régions voisines dans un périmètre défini. Ces deux approches sont donc complémentaires en mesurant des
phénomènes différents de la convergence économique.
2. De la convergence locale aux transitions locales
Une analyse diachronique a été menée (carte 1) et permet de mettre en lumière des transitions locales de la
convergence et de la divergence économique (carte 3). L’idée consiste à identifier les régions dont les
trajectoires ont évolué (ou non) entre les deux périodes (et dont les indices sont significatifs). Il apparaît
alors des situations de régions qui ont évolué de manière favorable ou défavorable en comparant les deux
périodes 1995-2000 et 2000-2006. Il est ainsi possible de montrer au moins en partie les réussites ou échecs
de la politique de convergence sur l'ensemble de l'Union européenne.
Dans le cadre de l’étude, le choix a été fait de prendre une portée spatiale de 300km. Cette dernière
correspond à une distance moyenne à l’échelle de l’Union européenne nécessitant moins de 5 heures de
voyage en voiture, sur la base des travaux réalisés sur l’accessibilité dans le rapport du Parlement européen
(2007). Le rapport précise que le rayon de 5 heures soit 300km utilisé pour la mesure des situations
régionales au niveau local est intéressant lorsqu’il s’agit d’obtenir un aperçu global de la configuration des
disparités régionales. Par ailleurs, cette portée permet de mieux appréhender et identifier des zones de
convergence et de divergence économique locale que si elle était plus faible (exemple 100km).
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Carte 1: Convergences et divergences locales dans l’UE (voisinage de 300km)
Carte 2 : Les inégalités économiques régionales dans l’Union européenne
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Carte 3 : Les transitions locales de la convergence Carte 4 : Les discontinuités économiques régionales
Dans le cas de l'UE, la variabilité des maillages3 est un obstacle à la comparabilité des territoires
inégalement subdivisés. Une solution pour résoudre cette difficulté consiste à redistribuer les informations
dans un carroyage régulier avant de les analyser ou de les visualiser (voir définition de «maillage», Pumain
Hypergéo). On passe ainsi de représentations discontinues à des représentations continues de l’information.
La différence de taille des mailles au niveau NUTS 2 est un problème. Claude Grasland et Malika Madelin
(2006) préconisent, parmi les multiples solutions, d'utiliser un maillage intermédiaire entre le niveau NUTS
2 et le niveau NUTS 3 : le niveau NUTS 2/3. Les résultats de l’analyse sont donc présentés au niveau NUTS
2/3. Ce dernier permet d’avoir des unités territoriales de taille similaire et donc de dépasser, au moins en
partie, le MAUP.
3 Concernant l’adéquation entre les différents niveaux administratifs existant dans les États membres et les trois niveaux NUTS ainsi défini, il
règne une importante hétérogénéité. En général, au sein de chaque pays, la structure régionale est composée de deux niveaux prépondérants
(Länder et kreise en Allemagne, regioni et provincie en Italie, communidades autonomas et provencias en Espagne, régions et départements en
France, etc.). A ces deux niveaux institutionnels nationaux correspondent des niveaux de NUTS différents : 1 et 3 pour l’Allemagne, 2 et 3 pour
la France, 1 et 2 pour la Belgique. Enfin, en raison d’une aire ou d’une population trop réduite, certains pays ne disposent pas de tous les niveaux
régionaux, c’est notamment le cas du Luxembourg ou du Danemark qui ne possèdent pas de régions NUTS 1 ou NUTS 2 et sont définis c omme
pouvant être de niveau 0, 1 ou 2.
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2.1. Une convergence économique différenciée dans le temps et l’espace
L’étude de la cartographie des indices locaux de convergence (carte 1) met en lumière une multipolarisation
de la convergence. D’abord, le fait d’avoir retenu une portée de 300 km a permis de mettre en lumière les
oppositions générales du territoire européen et d’éliminer les contrastes locaux. Il en résulte de grandes
plages homogènes de convergence ou de divergence et ce, indépendamment des frontières. Ceci conforte
l’hypothèse selon laquelle les inégalités économiques régionales sont par nature spatialement concentrées.
De nombreuses régions de l’UE semblent former des « macro-clusters » de rattrapage économique ou au
contraire de divergence. L'ouverture croissante des frontières liée à l'intégration des PECO dans l'UE a
introduit des différenciations spatiales nouvelles qui ont profité en particulier aux régions occidentales des
PECO. La carte 4 révèle la présence de fortes discontinuités spatiales dans les PECO et d’une manière plus
générale entre les régions métropolitaines et leur hinterland. Les discontinuités observées ont un impact
significatif sur le processus d’intégration régionale. Comme le soulignent Philippe De Boe, Claude Grasland
et Adrian Healy (1999), les discontinuités peuvent être perçues de différentes façons. Soit elles peuvent être
perçues comme génératrices de difficultés à l’intégration dans le sens les différences de niveau
économique peuvent réduire les possibilités de relations et d’interactions (cf. 2.2.). Soit elles peuvent être
vues comme un potentiel pour accroître l’intégration dans le sens le « différentiel » qu’elles apportent
peut générer des flux entre les régions qui tendent à participer à la convergence locale et à
l’homogénéisation interrégionale (cf. 2.3.).
Parmi les régions qui sont passées d'une situation de divergence à une situation de convergence locale, on
distingue très nettement un groupe de régions s’étendant le long de la frontière hongro-roumaine (carte 1 et
carte 3). Cette bande territoriale est marquée par une absence de discontinuités (carte 4) montrant ainsi
l’intégration régionale à l’œuvre. Ces judete4 abritent quatre grandes villes que sont Satu Mare, Oradea,
Arad et Timişoara. Ces dernières entretiennent des relations particulièrement étroites entre elles via un
trafic ferroviaire et routier dense mais également avec la Hongrie. Cette zone étroite qui s'étend de la
Yougoslavie à l'Ukraine est particulièrement attirée par l'Europe occidentale la remettant ainsi dans l'orbite
de l'Europe centrale et germanique, dont elle fut un élément jusqu'en 1920 (Rey, 1996). Ce retour
d'appartenance à la Mittleuropa a créé une situation de convergence économique locale. Cette zone s’est plus
facilement ouverte au capitalisme occidental que d’autres gions roumaines (Cristescu, 2004). Les
équipements commerciaux, les entreprises privées locales, étrangères et mixtes soulignent cette dynamique
nouvelle. En outre, la présence d'une forte minorité hongroise et allemande dans cette zone facilite les
relations que cette région de la Roumanie peut entretenir avec le reste de l'Europe. Le chômage y est moins
fort que dans le reste de la Roumanie car d'autres activités sont venues se substituer très rapidement à la
désindustrialisation engagée dans les années 1990. En outre, le secteur agricole y est plus performant
qu'ailleurs en raison de la mise en place d'un système intensif combinant cultures céréalières et élevages
bovins et en raison également d'une grande qualité du terroir du Banat. En revanche, la démographie est
4 Unité administrative roumaine correspondant en France au département (NUTS 3).
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caractérisée par une stagnation de la population liée en partie à une baisse de la fécondité et à un
vieillissement de la population particulièrement prononcés en Banat. Enfin, Timişoara connait depuis ces dix
dernières années un dynamisme remarquable lié en partie à son éloignement à Bucarest mais aussi à son
dynamisme universitaire avec les activités qui y sont liées (industrie électrotechnique et agro-alimentaire).
Ainsi, les récentes mutations de cet espace frontalier concourent à la mise en place d'une convergence locale
et d’une forme de cohésion territoriale localisée.
Parmi les questions que l'on peut se poser à la lecture des cartes 1 et 3, il en est une qui mérite toute notre
attention : est-ce que les régions qui étaient en situation de divergence locale sur la période 1995-2000 ont
convergé à la fin de la période d'étude (2006) ? D'autres questions peuvent en découler : existe-t-il des
régions ou un phénomène de divergence est toujours observable ?
2.2. Des « poches » de persistance de divergence locale...
De nombreuses régions sont caractérisées par une persistance du phénomène de divergence locale entre les
deux périodes d'analyse comme en Irlande et en Grande-Bretagne. Le « tigre celtique » des années
1990/2000 a enregistré des taux de croissance spectaculaires liés à la fois à une politique nationale de
relance, un environnement fiscal et administratif favorable et à l’importance des Fonds de cohésion perçus
(Murphy, 2000 ; Cornu et al., 2006). Or, les régions périphériques de Dublin ont enregistré un
développement économique important mais sans commune mesure avec la région capitale. En outre, le
phénomène de divergence locale observé en Angleterre s’explique par le poids écrasant de la région
londonienne (région la plus prospère de toute l’UE). L’effet de diffusion de la croissance régionale des pôles
dynamiques (ici la région de Dublin et de Londres) vers les régions périphériques en retard (voire en déclin
pour les plus septentrionales d'entre elles) ne s’est pas ou peu opéré ; ou tout du moins, il n’a pas été
suffisant pour permettre une convergence économique locale des régions de la zone considérée. Ceci se
conforme à la théorie de Gunnar Myrdal (1957) qui considérait la croissance comme un processus spatial
cumulatif susceptible d’accroître les disparités régionales et conduisant à une polarisation spatiale de
l’économie (concentration de la richesse dans quelques pôles). Selon lui, les effets des économies
d’agglomération conduisent à un processus cumulatif de croissance créant des différences entre régions et
engendrant un cercle vicieux. Ainsi, il note qu’il existe une « causation circulaire cumulative » de la
pauvreté : nulle force équilibrante ne vient corriger les déséquilibres économiques et sociaux. Ce processus
de renforcement de la richesse ou de la pauvreté donne lieu à des effets de lessivage « backward effect »
(les régions attractives drainent vers elles les ressources aux dépens des autres régions) mais aussi à des
effets de diffusion « spillover effect » de la croissance qui, eux, profitent aux régions périphériques.
C’est l’observation empirique de la polarisation de l’économie qui pousse Myrdal à conclure que les effets
de remous (forces centripètes) dominent finalement les effets de propagation (forces centrifuges). La poche
de divergence locale identifiée dans les îles britanniques constitue un élément de validité de sa théorie.
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Dans le cas de la Roumanie, on observe une autre poche de divergence locale en périphérie de la capitale.
Cela s’explique en partie par le poids écrasant de Bucarest vis-à-vis de ses régions voisines. En effet, alors
que les IDE ont connu un décollage spectaculaire5, ces derniers se sont essentiellement concentrés dans la
capitale. Bucarest possède ainsi 85 % du PIB national, elle détient plus de 20 % du volume de l’exportation
nationale et presque 40 % de l’importation, elle accumule 55 % du PIB national des dépenses en R&D et
elle enregistre un taux de chômage inférieur de moitié à la moyenne nationale (3,4 % contre 7,2 % pour la
Roumanie en 2011). Bucarest concentre ainsi une part très importante des IDE créant des relations
asymétriques entre la capitale et ses régions voisines (cf. carte 4). En outre, cette région possède un solde
migratoire positif et attire particulièrement la population jeune (Rey et al., 2007). Tout ceci amène Octavian
Groza et Violette Rey (2008) à dire que Bucarest est un des espaces dEurope orientale « qui gagne ».
L’augmentation des disparités économiques interrégionales caractérisée par la persistance de poches locales
de divergence peut s’expliquer par le fait qu’un nombre limité de pôles de croissance concentrent une grande
partie des capitaux, de la main d’œuvre et des investissements publics (notamment en termes
d’infrastructures). Le fait que Bucarest ait un poids considérable vis-à-vis de son environnement régional
fournit un exemple concret de la théorie de Paul Krugman (1996) sur l’effet « d’ombre d’agglomération ».
Ce cas est observé lorsqu'il existe une domination importante d'un centre économique sur le reste de son
territoire. Compte tenu des forces centripètes, les activités et les individus sont attirés par les grandes
métropoles au détriment des régions alentours, suivant les prédictions du modèle gravitationnel. Dès lors,
des pôles secondaires ne peuvent apparaître qu’à une distance suffisante pour échapper à ce phénomène
d’attraction, laissant les espaces intermédiaires relativement vides.
2.3. ... et la formation d’un club de convergence économique en Europe centrale
Un nombre important de régions situées de part et d’autre de l’ex rideau de fer sont caractérisées par une
situation de convergence économique locale malgré des niveaux de PIB/hab. très différents le long des
frontières (cf. carte 2 et 4). De fait, le « mur de l’argent » (Grasland, 2004) qui avait succédé au « rideau de
fer » semble progressivement se fissurer à son tour. Ces régions enregistrent, entre les deux périodes
d’analyse, une forte convergence et peuvent constituer, de part leur regroupement géographique, un club de
convergence économique.
Si les régions de Bohême et de Moravie de la République tchèque convergent avec leurs voisines, c'est parce
que les deux provinces partagent un niveau de développement similaire issu de la première révolution
industrielle6 mais aussi parce que le réseau de petites villes et villes moyennes est dense sur tout le
territoire7. La République tchèque et la partie occidentale de la Slovaquie enregistrent des taux de chômage
5 Augmentation de 41 % en 2006 par rapport à 2005, soit en 2006 l'équivalent de 8,6 milliards d'IDE.
6 Notons que ces provinces étaient, au début du XXème siècle, le centre économique de l'empire des Habsbourg.
7 La densité moyenne est élevée (130 hab./km²) et peu contrastée dans le pays. De ce point de vue, les pays tchèques ont offert à l'idéologie
communiste de l'égalitarisation spatiale et de la suppression des oppositions ville-campagne une trame prête.
13
bas du fait des IDE effectués en particulier par le marché allemand. Le principal facteur explicatif de
l’arrivée de ces IDE est sans conteste l’émergence d’un marché de consommateurs (Bourdin et al., 2009 ;
Lepesant, 2010). La présence d’une main-d’œuvre qualifiée8 et à bas coût explique également cela.
Cependant, il faut noter que l'intensité de ces investissements n'est pas la même partout. En effet, l'ouverture
croissante des frontières liée à l'intégration des PECO dans l'UE a introduit des différenciations spatiales
nouvelles qui ont profité en particulier à la capitale tchèque. Le processus de privatisation des grandes
entreprises est important à Prague, en Bohême occidentale et au contact de la Bavière alors qu'il est
davantage boudé prêt des frontières polonaises et slovaques. Néanmoins, la région silésienne tchèque crée
une sorte de contrepoids à la capitale avec la ville d'Ostrava (320 000 hab.) permettant de faciliter les
synergies de conversion économique et de développement d'innovations avec les régions slovaques situées
de l'autre côté de la frontière.
La convergence économique locale observée dans la partie Sud-Ouest de la Slovaquie s'explique par le
dynamisme incontesté de Bratislava qui a su mettre en avant sa position géographique comme une ville de
passage et de transit en valorisant le contact danubien. Sur ce cinquième de territoire sont réunies les
agricultures et les industries les plus performantes du pays. La métropole échappe au chômage et concentre
près de 60% du total des IDE reçu par la Slovaquie. Ce décrochement de la capitale vis-à-vis du reste du
pays s'explique également par son histoire. Bratislava a dû se construire une identité de capitale politique de
plein exercice depuis 1993 en mettant en avant la nécessité d'une métropole avec une véritable personnalité
slovaque. Elle a dû relever le défi postindustriel et postsoviétique tout en retrouvant sa tradition danubienne
cosmopolite. Cette convergence économique locale entre la région de Bratislava et les régions voisines plus
à l'Ouest ne doit pas faire oublier le risque de l'isolement des quatre autres cinquièmes du territoire slovaque.
S'agissant de la situation de la Hongrie, on observe une légère dissymétrie entre l'Ouest compris dans la
large poche de convergence locale et l'Est situé en partie à l'écart de ce phénomène de rattrapage (carte 3 et
4). En termes d'IDE, la Hongrie occidentale est la référence de par son attractivité liée en partie à sa position
géographique mais aussi due à son choix de miser sur une privatisation ouverte au capital international. Ces
IDE ont été effectués pour une grande part dans le domaine des télécommunications, dans les branches
commerciales et de service participant à la tertiarisation et à la reconversion rapide de son économie. La
Hongrie inspire une relative stabilité politique et la main d'œuvre qualifiée et flexible sont des facteurs
supplémentaires ayant favorisé les IDE.
Nous l'avons vu, les phénomènes de convergence économique globale peuvent masquer des divergences
locales. Les situations sont multiples et trouvent souvent leurs origines dans un passé plus ou moins lointain
mais s'expliquent aussi de par leur localisation géographique. Ainsi, la proximité géographique des régions
8 Un quart du salaire moyen allemand et 13 à 40 % de moins qu'en Hongrie ou en Pologne.
14
centre-orientales à l’Europe des Quinze constitue un facteur de percolations financières, techniques,
touristiques, d'emplois et de commerce.
Conclusion
La prise en compte de l’importance de la dimension spatiale dans l’étude de la convergence économique
permet d’appréhender différemment les inégalités économiques régionales dans l’Union européenne. La
cartographie des résultats de l’indice proposé montre la présence simultanée d'un processus de convergence
et de divergence économique locale reposant souvent sur des avantages dits « initiaux » que possèdent
certaines régions. Leur croissance plus rapide s’explique en partie par leur localisation (dissymétrie
Ouest/Est), leur passé (histoire récente et plus longue) et leur dotation en équipements (liés essentiellement à
des investissements nationaux et européens). L’hétérogénéité de l’espace géographique apparaît alors
comme un élément explicatif et constitutif des disparités régionales de développement mis en évidence
notamment par l’ouverture du pays à l’Ouest et le démantèlement du CAEM (Bourdin, 2011). Les deux
derniers élargissements de l’UE à l'Est ont à la fois encouragé la croissance dans ces nouveaux États-
membres mais ont créé également un décalage croissant au niveau régional. Les régions les plus éloignées
du « coeur de l'Europe » voient leur retard s'accentuer, y compris par rapport à des régions plus à l’ouest au
sein d'un même pays. Comme le souligne Michel Sollogoub (2006), le rattrapage économique des nouveaux
membres de l'Union risque donc d'être inégal en fonction des pays et des régions et même assez
problématique pour les pays et régions les plus à l'Est et les plus éloignées du cœur européen, qui auront
beaucoup de difficultés à accélérer leur croissance et leur compétitivité.
La persistance de divergences locales ou au contraire l’apparition de clubs de convergence appellent des
réponses politiques différenciées. Ces dernières doivent tenir compte des différents facteurs à l'origine de la
convergence économique des régions parmi lesquels on retrouve les Fonds structurels européens, les effets
d’héritages et de contexte ainsi que les effets de proximité. Devant l’incapacité de la politique de cohésion à
réduire les disparités interrégionales au sein de chaque pays, notre étude sur la convergence économique
locale permet d'apporter des éléments de réflexion sur la manière de repenser la future politique régionale
européenne après 2013 afin de la rendre plus efficace. La prise en compte de la localisation géographique et
de la structure du voisinage de chacune des régions européennes dans la manière de concevoir la politique
de cohésion peut constituer une piste à explorer. Nos travaux confirment ainsi ceux de Philippe Montfort,
Sandy Dall’Erba, Julie Le Gallo ou encore Cem Ertur et Wilfried Koch sur la nécessité de prendre en
compte les effets de voisinage dans la politique régionale de convergence. Certaines régions considérées
comme des périphéries marginalisées du fait de leur localisation géographique et du fait qu’elles sont
caractérisées par une situation de divergence locale mériteraient dès lors un traitement spécifique en termes
d’aides européennes. A ce sujet, parmi les extensions futures de ces travaux, il serait intéressant d’ajouter les
15
régions des pays voisins de l’UE (Turquie, Ukraine, Moldavie, Belarus, Russie) pour analyser valablement
les phénomènes de convergence/divergence aux limites orientales de l’UE.
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... Les débats autour de la mise en place de la politique de cohésion ont toujours suscité une demande des connaissances empiriques sur l'état des disparités régionales, ce qui a engendré un nombre croissant d'études -menées par des géographes, économistes ou spécialistes en aménagement du territoire. Ainsi, les deux dernières décennies ont vu émerger des études traitant l'évolution des disparités interrégionales à plusieurs échelles, tel que l'ensemble des régions de l'UE (Monfort, 2008(Monfort, , 2020Bourdin, 2013aBourdin, , 2013bEzcurra et Pascual, 2005;Ertur, Le Gallo et Baumont, 2006;Petrakos, Rodríguez-Pose et Anagnostou, 2005), de l'Europe centrale et orientale (Bourdin, 2015;Ezcurra, Pascual et Rapún, 2007;Petrakos, 2001), ou des régions faisant partie d'un même pays (Carrascal-Incera et al., 2020). Cependant, la plupart de ces approches privilégient la dimension économique des disparités régionales, en négligeant ainsi leur dimension sociale. ...
... Il est égal à A / (A + B). Suivant les travaux de Bourdin (2013a), nous utilisons l'indice de Gini pour calculer la sigma convergence en comparant l'évolution de l'indice à différentes dates. ...
Article
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REVUE ROUMAINE DE GEOGRAPHIE - A multi-criteria analysis of regional disparities in Romania (2000-2016). The analysis of regional disparities has been the subject of many articles of researche, in particular in relation to the EU Cohesion Policy. However, many studies analyse disparities only from the perspective of Gross Domestic Product (GDP). The objective of this article is to report the evolution of regional disparities from a multidimensional approach, by comparing the evolution of economic disparities with the evolution of socio-demographic ones. We take as case study the evolution of Romanian counties (42 NUTS3 units) between 2000-2016. The TOPSIS multi-criteria decision-making method was employed for the calculation of two synthetic indices related to the economic and social development of NUTS3 units. The results show growing economic disparities. On the other hand, statistical analyses show a lack of correlation between economic performance and social development for the first part of the 2000s, followed by a gradual emergence of dependence between the two dimensions of development. Thus, during the period analysed, social development is becoming more and more associated with economic development, to the point that today this relationship is quite strong and significant.
... The divergence hypothesis was tested using sigma convergence (Bourdin 2013). Sigma convergence (reduction in dispersion measures such as variation coefficient, interdecile length) was measured between cities, between groups of cities of different population sizes, as well as different administrative statuses independently for each country. ...
Article
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Since the 1990s, many countries have implemented healthcare reforms underlined by New Public Management principles and technological transformations. Although studies have examined these reforms from different viewpoints, the spatial implications of healthcare reforms have received limited attention. Scholarship focused predominantly on regional variations of healthcare provision overlooking the sharp contrasts between cities where most healthcare facilities are de facto located. Addressing this research gap, we investigate the long-term dynamics of healthcare provision on the urban level, tracing the differences (if any) between cities of different sizes and administrative statuses. The study adopts a comparative approach. We draw our data from two countries: France and Russia (mainland France and European Russia). Findings indicate that, despite some variations, healthcare reforms in both countries follow similar paths, resulting in fewer hospital beds that have been partially replaced by places in day hospitals. At the same time, we also observe diverging country-specific trends in terms of redistribution of healthcare provision. In France, some cities completely lost their hospital equipment but those cities that remained equipped tend to a uniform distribution. In European Russia, on the contrary, all cities remain equipped but there is a drastic polarization depending on size and administrative status.
... Divers auteurs se sont intéressés à la notion de convergence et à sa vérification empirique (Barro & Sala-i-Martin, 1992 ;Lee & Coulombe, 1995 ;Lefebvre, 1994 ;Persson, 1994Persson, , 1997Carluer & Shapirova, 2001 ;Baumont, Ertur, & Le Gallo, 2002 ;De la Fuente, 2002 ;Bourdin, 2013 ;Zotti, 2014 ;Goecke & Hüther, 2016), mais leurs analyses concernent essentiellement la convergence en termes de production par tête. A l ' instar des études sur la convergence qui proposent de nouveaux indicateurs comme le chômage ou la structure de l ' emploi (Houard & Marfouk, 2000) et en prolongement de travaux précédents (Canals, Diebolt, Jaoul, & San Martino, 2003-2007, nous avons appliqué la démarche de recherche en termes de convergence à l ' évolution des filières universitaires de l ' enseignement supérieur français entre 1980 et 2000 (Encadré 1). ...
Article
The aim of this article is to examine the distribution of university training supply in France. Has there been regional university specialisation or, on the contrary, has there been a diversification of regions? After studying the evolution of regional differences for each university discipline between 1980 and 2000, we attempt to identify the specific features of each region in the supply of training. The results obtained show that there is a certain attenuation of regional differences, mainly for economically profitable disciplines. On the other hand, if we do not really identify regional specialisations, we highlight a type of specialisation that could be called "historical specialisation".
... The process has been accompanied, and followed by an ever-deepening integration into the EU and the global markets, with capital and large cities being the most resilient places, both economically and demographically. The largest cities have significantly performed in economic terms and thus became the icon of their regions [42,43], with some of them performing well above the EU average. However, they constitute only a fraction of the urban world of post-socialist countries. ...
Article
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EU post-socialist countries are nowadays the epicenter of urban shrinkage, despite economic growth trajectories reported during the last decades. However, systematic assessments of urban shrinkage patterns for this part of the continent are surprisingly insufficiently addressed in the literature, and the relationship between urban demographic decline/growth and economic decline/growth is still to be understood. This paper first delivers a state-of-the-art of the peculiarities of urban shrinkage in East-Central EU countries. Secondly, it employs an analysis grid to assess severity, prevalence, persistence, speed and regional incidence of urban decline in Romania—one of the most affected post-socialist countries within the European Union. Thirdly, it explores the statistical association between urban shrinkage severity and economic growth, on one hand, and between urban shrinkage severity and municipality revenues, on the other. Results show that urban shrinkage is currently increasing in prevalence and severity among Romanian cities, thus continuing an alarming trend that started in 1990. Secondly, the results pinpoint a statistically significant association between demographic shrinkage, local economic output and municipalities’ own-source revenues. However, the size effects are rather weak, suggesting a more nuanced relationship between economic and demographic urban growth than that predicted by some theories of urban change.
... Elle a frappé les territoires de l'UE au cours d'une phase de convergence régionale progressive (Cuadrado-Roura et Parellada, 2013 ;Bourdin, 2013 ;Borsi et Metiu, 2015). Entre 2000 et 2008, les disparités régionales du PIB par habitant ont diminué, en grande partie en raison de la dynamique positive des régions dans les nouveaux États membres de l'Union. ...
Article
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Cette étude analyse la géographie de la résilience des régions européennes durant la crise de 2008-2013. Plus précisément, nous mettons en évidence la concentration spatiale de régions ayant mieux résisté à la crise ou au contraire qui l'ont largement subi. Puis, nous identifiions des déterminants potentiels de la résilience des régions européennes en prenant en compte des facteurs institutionnels, d'innovation, sociodémographiques et du marché du travail qui pourraient affecter les modèles de résilience. Les résultats suggèrent que les disparités régionales de la résilience régionale sont principalement déterminées par des facteurs tels que la qualité de l'administration régionale, le niveau d'innovation ou encore le niveau d'éducation. En revanche, il semblerait que, contrairement à ce qui est évoqué par la doxa, une stratégie consistant à axer le développement national principalement sur les régions métropolitaines (et en particulier les régions capitales) pourrait accroître la vulnérabilité aux booms économiques.
Article
Income growth and convergence also known as the catch-up effect has been studied extensively in the literature and become a topic of considerable interest in both developing and developed economies. The purpose of this paper is to study empirically the evolution of the disparities between Indian districts considering the spatial dependence and to explore a non-parametric approach for characterizing convergence of literacy rate. This study utilizes growth theory as the theoretical foundation to explore the convergence hypothesis. The methodology consists in identifying the shape of the long run spatial associations through the use of Markov chains which make it possible to derive a unique stationary distribution. The results of the analysis indicate the persistence of regional disparities and the importance of geography to explain the global convergence process with positive spatial spillover effects. The proportion of high-income districts surrounded by similar districts has significantly increased detrimentally to the other spatial associations. This non-parametric approach complements the standard parametric method (absolute and conditional Beta-convergence) which shows that convergence process can be accelerated by beneficial spatial interaction effects. These results have strong policy implications with regard to national and territorial policies in these districts.
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This paper investigates spatial variability of regional convergence for the 2004‐2017 period in Turkey. Results from neoclassical convergence model which are robust to inclusion of a spatial battery points out the existence of convergence. However, additional results highlight that regional convergence is spatially heterogeneous. While underdeveloped regions exhibit higher convergence, convergence speed is not distributed evenly among these underdeveloped eastern regions. These findings point out that, last epoch of Turkish transformation fails to have equity enhancing effects at local level, rather there are winners and losers of the rapid growth of 2000s.
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A tanulmány a négy visegrádi ország (Csehország, Lengyelország, Magyarország és Szlovákia) térségeinek konvergenciafolyamatait vizsgálja a 2000 és 2014 kö-zötti időszakban. A szerzők a NUTS 3 területi egysége-ket veszik alapul, mert azok pontosabban tükrözik a gazdaság valós térszerkezetét, mint a hasonló elemzé-sekben szokásos NUTS 2 régiók; a térszerkezet jelleg-zetességei miatt azonban összevonásokat is alkalmaz-nak. Kutatási céljuknak megfelelően termelési oldalról közelítenek a problémához, azaz az előállított értékben mért közeledést elemzik, kiszűrve a vásárlóerő-paritás országos szintű méréséből adódó torzítást. A teljes időszakot alapul véve, az eredmények a konvergencia hiányát mutatják, csak a 2008-as válságot követő időszakban figyelhető meg az egyenlőtlenségek érdemi mérséklődése. A régiók növekedése szempont-jából kulcsfontosságúnak tűnik, hogy melyik országhoz tartoznak, mivel az országos folyamatok és intézmények erősebben hatnak a növekedésre, mint a térségek kezdeti fejlettsége vagy a nagyvárosok agglomerációs előnyei.
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European regional policy and growth An assessment by field of intervention This article examines the effects of the European regional policy on the Gdp and employment growth rates for the period 2000-2006 by field of intervention. We estimate response functions to the intensity of transfers by field of intervention (productive environment, infrastructure, human resources) using a generalized propensity score framework. We show that the total amounts of funds have positive and significant effects on the average annual Gdp growth rate but are not significant on the growth rate of employment. We show a significant and positive effect of transfers in the infrastructure sector on both the Gdp growth rate and to a lesser extent on the employment rate. The amounts used to develop the productive environment of enterprises affect the growth rate of Gdp but not employment, while the amounts allocated to improving human capital have no significant effect.
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This essay suggests that the convergence controversy may reflect, in part, differences in perception regarding the viable set of competing testable hypotheses generated by existing growth theories. It argues that in contrast to the prevailing wisdom, the traditional neo-classical growth paradigm generates the club convergence hypothesis as well as the conditional convergence hypothesis. Furthermore, the inclusion of empirically significant variables such as human capital, income distribution, and fertility in conventional growth models, along with capital market imperfections, externalities, and non-convexities, strengthens the viability of club convergence as a competing hypothesis with conditional convergence.
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This chapter reviews some of the major econometric models, approaches and issues related to the spatial dimensions of economic convergence and inequality. Key themes concern the implications of spatial dependence (autocorrelation) and heterogeneity for the specification, estimation, and interpretation of convergence models on the one hand and, on the other, the treatment of these spatial effects in the analysis of distributional dynamics and the application of related exploratory data analysis methods. We draw linkages between recent contributions in the mainstream econometric literature and developments in spatial econometrics and regional science We identify a number of areas where cross-fertilization between these fields would be beneficial.
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Par quelles dialectiques entre innovations et héritages se traduit la mise en conformité institutionnelle qui a permis l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union européenne ? La transition postcommuniste dépassée, les inégalités du présent alimentent les mobilités, sur fond de fluctuations caractéristiques des espaces d'entre-deux. L'européanisation opère en différence : cartes inédites à l'appui, six articles analysent certains aspects essentiels de l'intégration et de sa différenciation géographique. Version disponible sur Internet : [ http://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2008-4-p-289.htm ]
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ISBN en cours d'attribution Document available at http://www.espon.eu/mmp/online/website/content/projects/261/431/index_EN.html
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I. Introduction, 65. — II. A model of long-run growth, 66. — III. Possible growth patterns, 68. — IV. Examples, 73. — V. Behavior of interest and wage rates, 78. — VI. Extensions, 85. — VII. Qualifications, 91.
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The dynamics of regional disparities in the European Union, 1980-1995 The aim of this paper is to study the dynamics of regional disparities in the European Union over the period from 1980-1995, based on a sample of 138 regions. First, the evolution of the form of the per capita GDP distribution is characterized by a test of σ-convergence and by means of non-parametric estimations of density functions. Second, the growth process is modeled as a first-order stationary Markov chain. Third, the influence of the geographical environment is analysed by estimating a spatial Markov chain. The results of the analysis indicate the persistence of regional disparities, a progressive bias towards a poverty trap, and the importance of geography in the convergence process. Classification JEL : C14, O52, R11, R15.