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Plans de mobilisation de la matière organique pour l’Amélioration de la Gestion de la Fertilité des Sols en Zone Soudanienne du Nord-Bénin.

Authors:
  • Direction Générale des Eaux Forêts et Chasse DGEFC

Figures

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Actes du 1
er
colloque de l’UAC des Sciences, Cultures et Technologies, Agronomie : p. 177-188 ; 2007
Plans de mobilisation de matières organiques pour l’amélioration de la gestion de la
Plans de mobilisation de matières organiques pour l’amélioration de la gestion de la Plans de mobilisation de matières organiques pour l’amélioration de la gestion de la
Plans de mobilisation de matières organiques pour l’amélioration de la gestion de la
fertilité des sols en zone soudanienne du Nord
fertilité des sols en zone soudanienne du Nordfertilité des sols en zone soudanienne du Nord
fertilité des sols en zone soudanienne du Nord-
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-Bénin
BéninBénin
Bénin
V. KINDOMIHOU
*
, J- P. AMBOUTA KARIMOU
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, J. NELEN
***
, J. KPETERE
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,
R.KAWA
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, Y. GUERO
**
, M. BANOIN
**
& B. SINSIN
**
*Laboratoire d’Ecologie Appliquée, Faculté des Sciences Agronomiques, Université d’Abomey Calavi,
01 BP 526 Cotonou, Bénin - vkindomihou@yahoo.fr
**Centre Régional d’Enseignement Spécialisé en Agriculture (CRESA de Niamey), Faculté
d’Agronomie, Université Abdou Moumouni, BP 10960 Niamey, Niger. E-mail : cresa@intnet.bj
***Service Néerlandais de Développement (PADEC-Kandi/SNV), BP 90 Kandi. Bénin
RESUME
RESUMERESUME
RESUME
Le paysage agraire en zone soudanienne du Bénin est remarquable par la diversité des exploitations
agricoles. L’intensification agricole inhérente à la croissance démographique exerce une forte
pression sur le foncier avec une baisse de la fertilité des sols. L’amélioration des pratiques de gestion
de la fertilité des sols repose sur la réorganisation des exploitations en ce qui concerne la gestion des
troupeaux et l’augmentation des productivités ou des superficies de parcelles de céréales. Le recours
à la transformation systématique des pailles de sorgho et de maïs par les techniques d’étables
fumières, d’enfouissement de résidus de maïs et du parc d’hivernage n’exige pour la grande majorité
des exploitations, qu’au maximum 1,5 bovin par hectare cultivé pour réaliser un plan de fumure
satisfaisant. Ce chiffre monte à 3,3 bovins par ha pour les exploitations qui se caractérisent par la
pratique de l’agriculture et de l’élevage. Ces possibilités sont à la portée de la quasi-totalité des types
d’exploitations de la zone d’étude.
M
MM
Mots Clés
ots Clésots Clés
ots Clés
:
::
: Fumure organique, plan, céréale, troupeau bovin, sol, soudanien.
Organic manure mobilization plans for the soil fertility management improvement
Organic manure mobilization plans for the soil fertility management improvement Organic manure mobilization plans for the soil fertility management improvement
Organic manure mobilization plans for the soil fertility management improvement
of sudanian zone in northern
of sudanian zone in northern of sudanian zone in northern
of sudanian zone in northern B
BB
Benin
eninenin
enin
ABSTRACT
ABSTRACTABSTRACT
ABSTRACT
The sudanian agrarian landscape of Benin is highlighted by various farming systems. Agricultural
intensification resulting from increasing demographic strongly pressured lands, and consequently
reduced the soil fertility potentialities. Improving the soil fertility management practices might focus
changes in farming systems, mostly the herds’ management and an increase in cereal plots yields.
The use of transformation of sorghum and corn straws by extending cowshed manure techniques,
corn wastes burying and animal parking require at least 1.5 TLU (Tropical Livestock Unit) per
hectare for most of smallholdings, to attend an optimal manure plan, rather than 3.3 TLU per
hectare for some others. These possibilities are well to the reach of many smallholdings in the
sudanian Benin.
Key Words
Key WordsKey Words
Key Words
:
::
: Organic manure, plan, cereal, bovine herd, soil, sudanian.
INTRODUCTION
INTRODUCTIONINTRODUCTION
INTRODUCTION
L’amélioration des pratiques de gestion de la fertilité des sols en zone soudanienne
pose la problématique des aspects quantitatif et qualitatif des restitutions
organiques. En effet, dans les systèmes de production soudaniens du Nord-Bénin, la
moitié des superficies agricoles est fertilisée aux engrais minéraux via la culture du
coton (Kindomihou
et al.,
2008). La pression démographique augmente par hectare
cultivé. Des réserves pastorales et des sols jadis incultes sont déjà en culture, et les
résidus post récoltes exportées comme combustibles et matériaux de construction.
On observe une part réduite des légumineuses dans les assolements et la striga
(
Striga hermontica
) croit sur les parcelles de céréales (Kindomihou, 1995). Les
arbres surexploités ne se renouvellent plus assez vite, liés à l’appauvrissement en
matière organique des sols et perceptible à leur compacité. Or, du fumier
V. KINDOMIHOU, J- P. AMBOUTA KARIMOU, J. NELEN, J. KPETERE, R.KAWA, Y. GUERO, M. BANOIN
& B. SINSIN
178
domestique et de parcage nocturne des troupeaux de village s’utilise mais à faible
échelle. Face à cette menace de la productivité de sols soudaniens, les ressources
biologiques potentielles devront être mises à profit en terme de gestion de la fumure
organique et déjà décrites (Kindomihou
et al.,
2008).
La conception et la réalisation
des plans de fumure organique nous amènent à : (i) Analyser les besoins, les
moyens et les contraintes de chaque type d’exploitation par rapport à la fumure
organique ; (ii) Définir des plans de fumure organique plausibles pour les
exploitations ; (iii) Choisir les techniques qui permettent la réalisation des plans
élaborés ; (iv) Etablir les investissements en matériel et en bétail pour leur
application.
MILIEU D’ETUDE
MILIEU D’ETUDEMILIEU D’ETUDE
MILIEU D’ETUDE
Milieu physique
L’étude a été menée dans la circonscription de Kandi (10°45’-11°27’ Latitude Nord ;
2°38’-3°16’ Longitude Est) dans le domaine phytogéographique soudanien du Nord
Bénin (Sinsin, 1993) couvre 3480 km² dont 76 % pour l’exploitation agricole (Figure
1). La température moyenne annuelle est de 28,8°C, l’amplitude thermique
excédant parfois 22°C. L’humidité relative de l’air varie de 70 à 100 %. L’insolation
annuelle de 2.900 heures, est favorable à une forte minéralisation de la matière
organique. L’évapotranspiration potentielle est de 1373,75 mm. Le régime
pluviométrique unimodal montre des précipitations moyennes annuelles de 900 à
1200 mm. Le relief, pénéplaine à successions de croupes surbaissées, est parfois
dominé par des inselbergs. La Sota et l’Alibori, affluents du Niger offrent des zones
de cultures assez convoitées. Les sols sont minéraux bruns sur les versants
collinaires, squelettiques sur les plateaux et replats de collines, plus ou moins
profonds sur les plaines, lessivés concrétionnés sur kaolinites, lessivés indurés sur
roches dures, hydromorphes dans les vallées et dépressions. La végétation est une
mosaïque de savanes arbustives suffrutescentes à
Combretum spp et Terminalia
avicennioides,
sur sol gravillonnaire
, Detarium microcarpum et Burkea africana
sur
sol caillouteux
, Crossopteryx febrifuga
et
Gardenia erubescens
sur sol damé, de
savanes herbeuses à
Andropogon pseudapricus
et
Hyparrhenia involucrata
, de
savanes arborées à
Daniella oliveri
et
Parkia biglobosa
, de forêts claires dominées
par
Isoberlinia doka et Afzelia africana,
et de formations postculturales dominées
par
Vitellaria paradoxa
et
Parkia biglobosa
et de galeries forestières marquées par
Daniellia oliveri
et
Elaeis guineensis
(FAO & CIRAD, 1994 ; Sinsin
et al
., 1995).
Matières organiques et gestion de la fertilité des sols en zone soudanienne du Nord-Bénin
179
Figure 1 . Circonscription administrative de Kandi
Contexte socio-économique
Quarante huit villages répartis en 10 arrondissements comptent 180.000 habitants
en 10 684 ménages et groupes socioculturels diversifiés (CARDER Borgou 1997).
Aux premiers occupants Mokolé, Dendi, Peuls et Gando se sont ajoutés les Bariba,
les Djerma, les Yoruba, les Boko et les Haoussa. L’agriculture est pratiquée par les
Mokolé, Bariba et Gando puis l’élevage, apanage des Peuls, et le petit commerce par
la majorité Dendi, Yoruba et Haoussa. La culture du coton offre de revenus
substantiels qui distinguent les agro-éleveurs et éleveurs agricoles (267 $US par an
et par ménage en moyenne) (Alohou 1996). L’accès au foncier se fait par héritage,
emprunts, dons et première occupation. Les jachères de 10 ans sont parsemées de
formations culturales avec des aires de parcages animaux sur 3 km autour des
agglomérations. Des zones latéritiques incultes succèdent aux champs vivriers. Des
groupements villageois s’investissent dans l’approvisionnement en intrants, la
commercialisation du coton et financement d’activités communautaires et servent
de liaison avec des structures de développement socio-économique. Des
groupements féminins s’adonnent aux activités de transformations
agroalimentaires, de commercialisation et d’alphabétisation ; ils sont les plus
réceptifs aux innovations technologiques mais ont une faible envergure financière.
DEMARCHE METHODOLOGIQUE
DEMARCHE METHODOLOGIQUEDEMARCHE METHODOLOGIQUE
DEMARCHE METHODOLOGIQUE
Choix des exploitations et analyse des potentialités
Cinq types d’exploitation agricoles existent à Kandi (Tableau 1 et 2) (Kindomihou
et
al.
, 2008). Trente et une exploitations choisies de façon raisonnée dans la zone
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V. KINDOMIHOU, J- P. AMBOUTA KARIMOU, J. NELEN, J. KPETERE, R.KAWA, Y. GUERO, M. BANOIN
& B. SINSIN
180
d’étude ont subi des enquêtes socio-économiques. Outre les données de
caractérisations (Kindomihou
et al
., 2008), une fiche d’analyse a permis de recenser
pour chacune des exploitations, des données nécessaires à la conception des plans
de fumure, notamment les cultures composant l’assolement, la taille de
l’équipement animal et de traction, la disponibilité en eau selon les saisons, la
pratique actuelle de la fumure organique (tonnage de fumure épandue, surface
fumée par an, dose de fumure organique par ha), le potentiel actuel des déjections
animales. Les calculs sont faits en tenant compte des déchets récupérables
comparés aux réalités actuelles. Le climat socioculturel est favorable aux échanges
de matériels et de services en période de pointe des transports de pailles et de
fumier.
Tableau 1 . Structures des types d’exploitation agricole en zone soudanienne du Bénin
Exploitations Type 1 Type 2 Type 3 Type 4 Type 5
Effectif (n) 3 4 7 10 7
Occupation du sol (%)
Cultures/terres
cultivables (%)
Jachères/terres
cultivables (%)
Réserves
foncières/terres
cultivables (%)
107.3±5.5a
34.9±28.1a
7.3±5.5a
74.6±38.7a
0
38,1±19,7a
71.2±34,1a
-
28.8±18,3a
86.9±16.4a
35,4±2,9a
15.1±9.5a
46,8±31,2a
-
25,9±14,5a
Système de production
Nombre d’ha/actif
Nombre d’ha
coton/actif
Nombre d’ha
céréales/actif
Total bovins/ha
cultivée
0.90±0.24a
0.58±0.04a
0.63±0.31a
0.27±0.13a
0.27±0.07a
0.13±0.10a
0.27±0.11a
1.33±0.33c
0.78±0.20a
0.45±0.10a
0.55±0.19a
0.44±0.28ace
0.63±0.26a
0.49±0.30a
0.52±0.35a
0.31±0.35ade
0.44±0.36a
0.20±0.10a
0.45±0.21a
1.31±0.73b
Système de culture
(Assolements)
Coton (% surface
cultivée)
Céréales (% S.
cultivée)
Légumineuse
(Arachide) (% S.
cultivée)
Divers (plantations)
(%SAU)
42
50
8
2
36
46
18
-
35
47
18
1 ha
45
41
14
-
40
45
8
0,5
Rendements
(tonnes/ha)
Céréales (Mais)
Coton
1,05±0,3
1,2±0,35
0,8±0,23
0,6*±0,17
1,1±0,32
1,48±0,43
2,15±0,62
1,5±0,43
2,9±0,84
1,25±0,36
Besoin de céréales
(tonne/ha/personne)
0,18 0,18 0,18 0,18 0,18
Surface minimale
vitale par personne
(ha)
Bonne année
Année moyenne
Mauvaise année
0,19
0,24
0,32
0,19
0,32
0,32
0,19
0,23
0,28
0,09
0,12
0,19
0,07
0,09
0,11
Source : Kindomihou
et al.
(2008)
;
; ;
; a, b, c, d, e : groupes homogènes selon Neumann et keuls au seuil de 5% ; * : rendements
exclusifs en coton biologique
Matières organiques et gestion de la fertilité des sols en zone soudanienne du Nord-Bénin
181
Calcul des quantités de fumure organique
La fumure minérale est constituée de NPK (14 23 14) et d’urée à 46 % de N, via la
culture cotonnière. La fumure organique est constituée des déjections de bovins, des
enfouissements de résidus post-récoltes de maïs et rarement le sorgho. La
réalisation d’un plan de restitution organique exige l’intégration d’un certain
nombre de bovins de 250 kg au sein de l’exploitation et une quantité suffisante de
résidus de culture à transformer (Berger, 1990). Les plans de fumure ont été
élaborés et raisonnés sur la base des hypothèses ci-après définies par Berger
(1990) : (i) L’enfouissement d’un hectare de résidus de maïs (
Zea mays
) se traduit
par un apport réel d’une tonne de fumure organique (FO); (ii) 1 ha de sorgho
(
Sorghum arundinaceum
) produit 4 t de tiges qui fournissent par la technique du
parc d’hivernage, 6 tonnes de fumier à 30 % de matière organique équivalent à 1,5
tonnes de résidus produits; (iii) Le broyage et l’enrichissement d’une tonne de
sorgho nécessitent 8 bovins de 250 kg disponibles pour 100 jours ; (iv) 1 bovin de
250 kg nourri et gardé près de l’exploitation (bœuf de trait) produit au moins 2
tonnes par an de fumier de qualité : la masse de fumier récupérable est de 2 à 3
kg/j/bovin ; (v) 1 bovin de 250 kg nourrit sur parcours fournit 0,6 tonne de fumier
par an. La minéralisation est supposé identique pour toutes les céréales (mais et
sorgho). Cette approche plus socio-économique que pédologique, ne tient pas compte
des besoins en nutriments des cultures de l’exploitation.
Tableau 2.Caractéristiques agro-socio-économiques des types d’exploitation agricole en zone
soudanienne du Bénin (Kandi)
Exploitations
Paramètres
Type 1
(n=3)
Type 2
(n=4)
Type 3
(n=7)
Type 4
(n=10)
Type 5
(n=7)
Nombre de bœufs de traits/ha
cultivé
0.27±0.13a 1.33±0.33c 0.44±0.28a
ce
0.31±0.35a
de
1.31±0.73b
Nombre de bovins par ha cultivé 0,34±0,04a 2,91±1,93c 0,69±0,29b 0,60±0,32b 14,95±5,10
d
Capacité alimentaire (nb de
personnes)
29.5±2.12b 10.75±4.03
a
21.43±8.72
ab
13.9±5.57a 14.71±6.4a
Age moyen du chef d’exploitation 33,5±7,8a 44,3±11,8a 40,1±10,1a 41,8±12,5a 49,9±11,6a
Chefs d’exploitation femme (%) 0 50 0 40 0
Surface cultivée (ha)
Surface par personne (ha)
Surface par actif (ha)
26,4±5,1
0.90±0.24a
2.17±0.50a
5.4±4.4
0.27±0.07b
0.52±0.18a
15.9±6.9
0.70±0.20a
1.46±0.34a
9.6±4.4
0.63±0.26a
1.32±0.53a
5.9±2.8
0.44±0.36a
0.75±0.63a
Actifs 12.75±5.3 5.9±2.4 9.26±4.84 6.58±2.19 8.5±3.93
Nombre de bovins
Nombre de bœufs de traits
9.0±2.83a
7.5±4.95b
9.0±6.78a
3.75±1.5ab
9.0±6.0a
5.29±2.43a
b
3.4±2.63a
2.3±1.64a
51.0±30.6b
6.14±3.13a
b
Exploitations en culture
manuelle (%)
Exploitations équipées de
charrues
Exploitations équipées de
charrettes
100
100
100
100
100
0
100
100
57,3
100
90
30
100
100
42,7
Exploitations utilisant des
engrais (%)
Surfaces fertilisées (ha)
100
16,4±10,8b
100
3,6±2,4a
100
11,5±5,8ab
100
6,6±2,4ab
100
5,4±1,9a
Exploitations utilisant des crédits
(%)
0 50 14,3 50 14,3
Exploitations cultivant du coton
(%)
100 75 100 100 90
Source : Kindomihou
et al.
(2008)
V. KINDOMIHOU, J- P. AMBOUTA KARIMOU, J. NELEN, J. KPETERE, R.KAWA, Y. GUERO, M. BANOIN
& B. SINSIN
182
RESULTATS
RESULTATSRESULTATS
RESULTATS
L’analyse des besoins calculés à partir des formules développés par Berger (1990),
celle des moyens et contraintes des exploitations a permis de définir des plans de
fumure pour chaque type d’exploitation (Tableaux 3, 4, 5, 6).
Pour les exploitations de type 1
Le plan de fumure selon Berger (1990) exige 34 t de fumure par an (Tableau 1). Le
bilan potentiel montre (Tableau 3) que : (i) les 9 bovins de traits assurent 5,4 t/ha de
fumure par an, soit 16% des besoins ; (ii) L’enfouissement des 6 ha de résidus de
maïs se traduit par l’apport de FO de 6 t soit 18% des besoins ; (iii) Les 9 bovins
peuvent transformer par le parc d’hivernage 4,5 t de résidus qui assurent 6,75 t de
FO, 20% des besoins. Au total, le potentiel autorise un amendement de 18 t de FO,
soit 53% de satisfaction. Un ajustement par accroissement du nombre de bovins
s’impose pour suppléer le besoin complémentaire (Tableau 4). Ce type
d’exploitations devra disposer 22 bovins, en vue de produire 34 t de FO composée
de 12 t de déchets animaux obtenus en parc pendant 364 jours, de 6 t issus des
résidus de maïs valorisés en étables fumières et de 16 t provenant de la
transformation de 11 t de résidus de sorgho transformés sous parc d’hivernage en
100 jours. Somme toute, pour réaliser le plan de fumure souhaité (Tableau 5),
chaque exploitation de type 1 devra mobiliser 1,3 UBT par ha cultivé et valoriser
une masse de résidus impliquant environ 90% de sa superficie en sorgho.
Pour les exploitations de type 2
Le plan de fumure exige 7,4 t/an de FO (Tableau 1) avec une disponibilité de 6,8 t
de FO, soit 92% de satisfaction. Chaque type 2 devra mobiliser 1,5 UBT par ha
cultivé et valoriser une masse de résidus impliquant toute sa superficie en sorgho.
Pour les exploitations de type 3
Le plan de fumure exige 19,2 t/an de FO dont 10,5 t disponibles, soit 54% des
besoins (Tableau 1). Chaque type 3 devra mobiliser 1,1 bovins par ha cultivé et la
valorisation d’une masse de résidus impliquant 81% de sa superficie en sorgho.
Pour les exploitations de type 4
Le plan de fumure exige 13,6 t de FO dont 5,5 t disponible et représentant 40,4% de
satisfaction. Deux alternatives se distinguent (Tableaux 3, 4) : (a) mobiliser 0,88
UBT par ha cultivé pour valoriser une masse de résidus impliquant 122% de la
superficie en sorgho. Autrement dit, chaque exploitation de type 4 va doubler le
nombre de bœufs de trait et augmenter de 25% sa superficie en sorgho. (b) mobiliser
1,2 bovins par ha cultivé pour valoriser une masse de résidus impliquant la toute la
superficie en sorgho.
Pour les exploitations de type 5
Le plan de fumure exige 12 t de FO. Le bilan indique une disponibilité de 13,3 t,
soit 111% des besoins. 3 alternatives se distinguent. Première alternative
Première alternativePremière alternative
Première alternative
:
::
: Disposer
20 têtes bovins représentant 39% de du cheptel pour produire les 12 t de déchets
animaux obtenus en parc en 365 jours; Ceci est compatible avec les possibilités de ce
type d’exploitation dominé par l’élevage et qui constitue la 2
ème
grande majorité à
Kandi (25,8% d’éleveurs et d’agro-éleveurs).
Matières organiques et gestion de la fertilité des sols en zone soudanienne du Nord-Bénin
183
Tableau 3. Superficies des principales cultures et besoins annuels en fumures organiques des
différents types d’exploitation agricole de Kandi
T
TT
Types d’exploitation
ypes d’exploitationypes d’exploitation
ypes d’exploitation
I
II
I
II
IIII
II
III
IIIIII
III
IV
IVIV
IV
V
VV
V
Superficie totale cultivée (ha) 18 4 12 8 6
Coton (tonnes) 8 1.6 4.1 3.5 2.3
Maïs (tonnes) 6 1.4 3.7 2.2 2.6
Sorgho (tonnes) 3 0.7 1.8 1.1 1.2
Superficie cultivée à fumer (ha) 17 3.7 9.6 6.8 6
Besoin total annuel en Fumure organique (tonnes) 34 7.4 19.2
13.6 12
Seconde alternative
Chaque exploitation de type 5 pourra affecter 6 bœufs de trait pour produire les 12
t/an de FO composée de 4,8 t de déchets animaux obtenus en parc en 365 jours, de
2,5 t issus des résidus du maïs et enfin de 4,7 t provenant de 3,1 t de résidus de
sorgho transformés en parc d’hivernage en 100 jours.
Au total, elle mobiliserait 1
bovin par ha cultivé et valoriserait une masse de résidus fournie par 65% de sa
superficie en sorgho.
Tableau 4. Bilan potentiel et contributions spécifiques des composantes du système au besoin annuel
de fumure organique
Bœufs de traits (en Parc de nuit) Maïs (paille à enfouir dans le sol) Sorgho (paille à transformer sous
parc d’hivernage)
Types
Besoin
total en
FO
(t/an)
Effectifs Quantité
FO (t)
%FO
Totale
Superficie
(ha)
Quantité
FO (t)
%FO
Totale
Superficie
(ha)
Quantité
FO (t)
%FO
Total
Total de FO
disponible
(% de
besoin total)
I 34 9 5.4 16 6 6 18 1.1 6.75 20 53
II 7.4 4 2.4 32 1.4 1.4 20 0.5 3 40 92
III 19.2 5 3 16 3.7 3.7 19.3 0.75 3.75 16.5 54
IV 13.6 3 1.8 13 2.2 2.2 16 0.37 5.5 40 69
V 12 8 4.8 40 2.5 2.5 10 1 6 50 111
FO : fumure organique
Troisième alternative
Disposer de 10 bovins de traits, soit 20 % du troupeau pour produire les 12 t de FO
composée de 4,8 t de déchets animaux obtenus en parc en 282 jours et de 7,2 t
provenant de 4,8 t de résidus de sorgho transformés en parc d’hivernage en 100
jours. Au total, chaque exploitation mobilisera 1,7 bovins par ha cultivé et
valoriserait la totalité des résidus fournie par sa superficie sorgho.
Tableau 5. Plans de fumure types et proportions de fumure organique des composantes du système
d’exploitation
IV V Types d’exploitation I II III
A B A B C
Superficie cultivée à fumer (ha) 17 3.7 9.6 6.8 6.8 6 6 6
Nombre de bovins de traits 22 6 11 6 8 20 6 10
Total Fumure organique (tonnes) 34 7.4 19.2 13.6 13.6 12 12 12
Quantité produite en Parc de Nuit
(tonnes) 12 1.8 6.75 3.3 4.8 12 4.8 4.8
Nombre de jours 364 200 365 366 365 365 365 282
Quantité produite par Maïs
enfouis (tonnes) 6 1.4 3.7 2.2 2.2 - 2.5 -
Quantité produite en Parc
d’Hivernage en 100 jours (tonnes) 16 4.2 8.75 8.1 6.6 - 4.7 7.2
A, B, C : Alternatives de plan de fumure pour les types IV et/ou V
V. KINDOMIHOU, J- P. AMBOUTA KARIMOU, J. NELEN, J. KPETERE, R.KAWA, Y. GUERO, M. BANOIN
& B. SINSIN
184
Les champs et agglomérations sont distants de 5 à 7 km en moyenne et parfois
même 10 km. En général, les charrettes, de faibles capacités (1 à 2,25 m
3
) et de
vitesses moyennes de 2 à 2,5 km/heure contraignent le transport des résidus.
Tableau 6. Investissements en matériels et animaux des 5 types d’exploitation à Kandi
IV V Types d’exploitation I II III
A B A B C
Superficie totale emblavée (ha) 18 4 12 8 8 6 6 6
Surface fumée à 2onnes t/ha/an (%) 94 93 80 85 85 100 100 100
Nombre de charrettes 2 1 2 1 1 1 1 1
Nombre de paires de bœufs de traits 4 2 2 1 1 4 4 4
Nombre de bœufs de traits 22 6 11 6 8 20 6 10
Total de bovins 22 7 11 6 8 51 51 51
Ratio nombre de bovins/surface fumée 1,3 1,5 1,1 0,88 1,2 3,3 1 1,7
Part requise de la superficie en sorgho (%) 90 100 81 122 100 0 65 100
DISCUSSION
DISCUSSIONDISCUSSION
DISCUSSION
Gestion de la fumure organique
En plus de la fumure minérale via la culture cotonnière, l’utilisation de la fumure
organique est aussi une alternative pour une grande majorité des exploitations. En
effet, l’association de l’agriculture et de l’élevage, évidente dans les terroirs traduit
et justifie selon Sebillotte (1989), la pratique traditionnelle de l’amélioration de la
fertilité des sols dans les systèmes de production tropicaux. D’un coté, la culture
cotonnière améliore notablement les revenus de la plupart des exploitations, avec
des arrières effets minéraux sur les céréales certes. Cependant cette promotion de
la monoculture pour l’exportation est une contrainte majeure à l’amélioration de la
fertilité des sols sous les tropiques (Piéri 1989). De l’autre coté, le potentiel
saisonnier de résidus céréaliers paraît une ressource encore mal gérée. Or, gérer la
fertilité des sols revient pratiquement à gérer leur stock de matière organique
(Landais & Lhoste 1993 ; Piéri 1989). Cette interdépendance des animaux et
végétaux corrobore la nécessité de l’association intime de l’agriculture et de
l’Elevage (de Haan, 1992a,b ; Sebillote, 1989). En outre, contrairement à la
contrainte générale d’insuffisance de substrats organiques en zone soudano-
sahélienne (Berger, 1996), la majorité des exploitations à Kandi dispose
suffisamment de résidus culturaux et déjections animales, ainsi que de charrettes et
une main d’œuvre non négligeable. Ceci justifie l’apport minimum de 2 tonnes par
ha et par année de fumure organique. Or, les effets, la durée d’action, le transport
de la fumure organique et le choix des cultures prioritaires à fumer, n’incitent qu’à
des apports de 6 tonnes tous les 3 ans (Berger 1990). Ces potentialités peuvent être
renforcées par des crédits d’équipement. La pâture libre des herbivores paraît une
alternative heureuse pour accroître les potentialités au maintien de la fertilité des
sols comme déjà suggérée par Boulier & Jouve (1990). La durée et la proportion des
jachères sont en régression, consécutives à la croissance démographique, la
réduction des légumineuses est évidente dans les assolements. Les rendements
culturaux généralement empiriques, résultant du déséquilibre entre apports et
besoins en minéraux compromettent le maintien de la fertilité des sols, et justifient
la réelle nécessité d’institutionnaliser la pratique de la fumure organique dans cette
région.
Matières organiques et gestion de la fertilité des sols en zone soudanienne du Nord-Bénin
185
Amélioration technique à la production de fumure organique à Kandi
Le plan de fumure organique consiste à apporter une fumure organique de 2 t de
matière sèche par hectare et par année de culture ; cette quantité peut être épandue
tous les ans (Berger, 1996 ; Evéquoz, 1997 ; Pallo, 1995). Le plan de fumure
proposé à l’instar des contraintes des exploitations (Berger 1996), est fondé sur les
potentialités spécifiques de cette région. En effet, la distance entre les lieux de
parcage du bétail et les parcelles, est longue mais les transports par charrettes
permettent un relatif fonctionnement du système de culture. Le nombre de bovins
est rarement moins d’une tête par hectare cultivé sauf chez une minorité
d’exploitations (types I et II). En outre, la grande majorité des exploitations
parquent déjà les bœufs à proximité des parcelles les plus éloignées des
agglomérations. Ceci est tout à fait contraire à l’organisation habituelle de la vie
rurale où le fumier ne se fabrique qu’à proximité des bâtiments (Berger, 1996;
Landais & Lhoste, 1993). Cette stratégie vient en appoint aux dispositions pour
juguler les problèmes de transport de fumier des agglomérations aux abords des
champs tout en assurant une disposition suffisante de nourriture à bon marché
pour le bétail en cause. Les potentialités et contraintes des exploitations de Kandi
s’accommodent mieux aux alternatives couplant la technique des étables fumières
intégrant l’enfouissement de résidus de maïs et les parcs d’hivernage. La pratique
de la production de compost reste encore peu usuelle pendant que le fonctionnement
des étables fumières s’appuie sur la proximité des parcelles de cultures du lit de la
Sota, affluent du fleuve Niger et qui tarit rarement dans la région. En outre, depuis
1994, les parcs bovins sédentaires sont émiettés en fonction des parcelles à fumer.
L’analyse des potentiels en étables fumières montre que les exploitations de Kandi
s’inscrivent dans toutes les gammes de plans de fumure identifiées par Berger
(1996). La grande majorité des exploitations (60 % de type I, III et IV) est en
dessous de la norme minimale, soit environ 3 UBT par hectare de sorgho. Les types
II et V sont respectivement dans les normes moyennes et maximales. Cette faible
représentation résulte des difficultés liées au transport, notamment le grand
nombre de kilomètres à parcourir i.e. 5 à 7 km par journée de main d’œuvre.
Parallèlement, les parcs d’hivernage sont privilégiés dans la région qui accueille
périodiquement les troupeaux transhumants transfrontaliers de provenances
diverses (Burkina Faso, Niger, Nigeria) et en partance pour le Togo et la région des
Monts Kouffe (Centre-Bénin). Cette situation qui renforce dans la zone, les contrats
de parcage saisonniers est également source de violents conflits entre agriculteurs
autochtones et éleveurs transhumants encore peu résorbés. En réalité, ces
techniques sont bien au nombre des pratiques traditionnelles et modernes de
gestion de la fertilité des sols en zones de savanes africaines (Landais & Lhoste,
1993).
Incidence sur les assolements
L’analyse des besoins, moyens et contraintes des exploitations étudiées montre que
les superficies emblavées en sorgho sont moins étendues et déterminent le plus la
faisabilité des plans de fumure. En général, elles ne représentent que 16 à 20 % des
assolements, valeurs proches de celles obtenues par Berger (1996) dans les savanes
d’Afrique l’Ouest et du Centre. Ainsi donc, les exploitations disposeraient de
quantités suffisantes de pailles pour fabriquer du fumier selon le plan de fumure
organique. L’analyse des superficies agricoles de Kandi période de 1990-1998
montre une forte progression de la culture du maïs et qui se traduit par une
diminution des superficies de sorgho (CARDER Borgou, 1997). De plus, nos calculs
V. KINDOMIHOU, J- P. AMBOUTA KARIMOU, J. NELEN, J. KPETERE, R.KAWA, Y. GUERO, M. BANOIN
& B. SINSIN
186
révèlent que le maïs produit deux fois moins de paille que le sorgho, et jusqu’à
présent, les résidus de maïs sont encore peu valorisés dans l’objectif des restitutions
organiques, notamment dans l’enfouissement direct. Pour l’instant, un
enfouissement à 10 cm de profondeur avec labour à la traction attelée ou bien un
pâturage avec restitution de déjections serait convenable. Toutefois, la forte
fréquentation des troupeaux transhumants appelle une augmentation des quantités
de résidus de récoltes, par un bon respect des densités de culture. Cette perception à
l’échelle de Kandi concorde assez bien avec celles de Pieri (1989) et de Sebillotte
(1989) selon lesquelles le meilleur système de culture produit ses propres engrais, et
la meilleure façon de protéger le sol est de le faire produire plus. Il s’agit en fait
d’améliorer la productivité en luttant efficacement contre l’érosion pluviale et
l’épuisement progressif du stock organique du sol.
Implications pour le développement
L’analyse des besoins, des moyens et contraintes du fonctionnement des
exploitations fait remarquer d’autres alternatives de production et d’utilisation de
la fumure organique. (i) Les contrats de parcage pour le piétinement et
l’enrichissement des parcs d’hivernage ; cette pratique réduira la dispersion du
transfert de fertilité surtout entre les exploitations d’éleveurs (type V) et celles
essentiellement agricoles (type I et III); (ii) les rentes de pâture post récolte pour les
troupeaux transhumants et semi sédentaires ; (iii) la pâture libre par les clauses qui
favorisent la restitution du fumier en stabulation; toutes ces alternatives
contribuent à d’atténuer les difficultés liées au transport des résidus de culture; (iv)
la culture du coton biologique contribue aussi à une valorisation efficiente de
l’agroforesterie et à la promotion des pratiques biologiques de fertilisation des sols;
(v) la gestion de la transhumance via la délimitation des zones de pâturages, le
recensement de troupeaux transhumants sur distribution de cartes de séjours et/ou
de transits, le contrôle de leurs mouvements par des brigades locales. Cette
alternative corrobore les constats de Sinsin
et al.
(1995) et Adjovi
et al.
(1997) quant
à une meilleure gestion du bassin versant de la Sota (Kandi) et celui de la Beffa en
terroir Kêmon (Ouesse), par le truchement d’une bonne gestion de la transhumance
bovine.
CONCLUSION
CONCLUSIONCONCLUSION
CONCLUSION
Le recours à la transformation des pailles de sorgho et de maïs par la pratique des
étables fumières, d’enfouissement de résidus de maïs et du parc d’hivernage n’exige
pour la grande majorité des exploitations, qu’au maximum 1,5 bovin par hectare
cultivé pour réaliser un plan de mobilisation de matières organiques conséquent.
Par contre, ce chiffre monte à 3,3 bovins par hectare pour les exploitations
d’éleveurs exclusifs. Remarquons toutefois que ces possibilités sont à la portée de la
quasi-totalité des exploitations de Kandi. L’intensification agricole nécessite une
amélioration des pratiques de gestion de fertilité du sol. Pour une durabilité des
systèmes de production, il faut une approche d’intervention systémique qui
privilégie à terme les amendements minéro-organiques. Des actions concertées
convenables peuvent être orientées vers (i) une combinaison judicieuse des
pratiques traditionnelles et techniques modernes de gestion de fertilité des sols à
Kandi; (ii) un contrôle de flux de résidus de récoltes; (iii) une gestion rationnelle des
zones de cultures et parcours pastoraux ; (iv) une amélioration des systèmes de
cultures par des associations de céréales et légumineuses dans de proportions
raisonnées. Déjà, la culture du coton offre une utilisation à grande échelle de la
Matières organiques et gestion de la fertilité des sols en zone soudanienne du Nord-Bénin
187
fumure minérale. Par ailleurs, l’intensification des cultures accroît les résidus de
récoltes, qui sont sollicités en vue d’accroître la production et l’utilisation de la
fumure organique.
REMERCIEMENTS
REMERCIEMENTSREMERCIEMENTS
REMERCIEMENTS
A la coordination du CRESA de Niamey, l’AUPELF-UREF, Projet d’Appui au
Développement de la Circonscription Administrative de Kandi (PADEC/SNV).
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