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Abstract

Background Complementary therapies such as relaxation and music therapy have demonstrated efficacy in the management of symptoms and improved quality of life for patients with advanced cancer. Art therapy allows patients to use the creative process to express their concerns and feelings. Objective We used a qualitative study to assess the impact of art therapy sessions on pain and other symptoms presented by patients with advanced cancer patients in a palliative care unit (PCU). Materials and methods Twelve consecutive inpatients were included in this prospective study. We conducted semi-structured interviews to assess patients’ perceptions of the impact and value of the intervention on their physical and psychological symptoms. Results Patients reported that the sessions were relaxing and allowed them to distance their concerns related to their disease. Art therapy allowed them not only to improve and sometimes to restore communication with their families and caregivers, but also had helped to restore a desire to do as well as to be involved in new projects. Conclusion Art therapy seems to act as a multimodal therapy on physical, cognitive, social and emotional symptoms experienced by palliative care inpatients.
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
of
Pages
7
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013)
xxx,
xxx—xxx
Disponible
en
ligne
sur
www.sciencedirect.com
ÉTUDE
ORIGINALE
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative
Art
therapy
in
palliative
care:
A
qualitative
study
Wadih
Rhondalia,,b,c,1,
Anne
Chiracd,
Marilène
Filbeta
aCentre
de
soins
palliatifs
Pavillon
1K,
centre
hospitalier
Lyon-Sud,
hospices
civils
de
Lyon,
165,
chemin
du
Grand-Revoyet,
69495
Pierre-Bénite
cedex,
France
bDepartment
of
Palliative
Care
and
Rehabilitation
Medicine,
The
University
of
Texas
MD
Anderson
Cancer
Center,
1515,
Holcombe
Boulevard,
Houston,
77030
TX,
États-Unis
cLaboratoire
de
l’EA
4129,
santé-individu-société,
université
Lyon
1,
69002
Lyon,
France
dUniversité
de
Lyon
2,
institut
de
psychologie,
69500
Bron,
France
Rec¸u
le
3
septembre
2012
;
rec¸u
sous
la
forme
révisée
le
30
octobre
2012;
accepté
le
27
novembre
2012
MOTS
CLÉS
Qualité
de
vie
;
Art-thérapie
;
Soins
palliatifs
Résumé
Contexte.
Les
thérapies
complémentaires
comme
la
relaxation,
la
musicothérapie
ont
démon-
tré
leur
efficacité
dans
la
prise
en
charge
des
symptômes
et
l’amélioration
de
leur
qualité
de
vie
des
patients
atteints
de
cancer
en
phase
avancée.
L’art-thérapie
permet
aux
patients
d’utiliser
le
processus
de
création
pour
exprimer
leurs
préoccupations
et
leur
émotions.
Objectif.
Évaluer
par
une
étude
qualitative
l’impact
d’une
séance
d’art-thérapie
sur
la
dou-
leur
et
les
symptômes
présentés
par
les
patients
atteints
de
cancer
avancé
pris
en
charge
en
unité
de
soins
palliatifs
(USP).
Méthodologie.
Douze
patients
consécutifs
pris
en
charge
en
USP
ont
été
inclus
dans
cette
étude
prospective.
Nous
avons
conduit
des
entretiens
semi-dirigés
pour
évaluer
les
perceptions
des
patients
de
l’impact
et
de
la
valeur
de
l’intervention
sur
leur
symptomatologie
physique
et
psychologique.
Résultats.
Les
patients
ont
rapporté
que
les
séances
étaient
relaxantes
et
leur
permettaient
de
mettre
à
distance
leurs
inquiétudes
en
lien
avec
leur
maladie.
L’art-thérapie
leur
a
permis
non
seulement
d’améliorer,
voire
parfois
de
restaurer
la
communication
avec
leur
famille
et
les
soignants,
mais
également
de
retrouver
une
envie
de
faire,
de
se
projeter.
Auteur
correspondant.
Adresse
e-mail
:
wadih.rhondali@chu-lyon.fr
(W.
Rhondali).
1Photo.
1636-6522/$
see
front
matter
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droits
réservés.
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
of
Pages
7
2
W.
Rhondali
et
al.
Conclusion.
L’art-thérapie
semble
agir
comme
une
thérapie
multimodale
sur
les
composantes
physiques,
cognitives,
sociales
et
affectives
des
symptômes
présentés
par
les
patients
en
USP.
©
2012
Elsevier
Masson
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droits
réservés.
KEYWORDS
Quality
of
life;
Art-therapy;
Palliative
care;
Cancer
Summary
Background.
Complementary
therapies
such
as
relaxation
and
music
therapy
have
demons-
trated
efficacy
in
the
management
of
symptoms
and
improved
quality
of
life
for
patients
with
advanced
cancer.
Art
therapy
allows
patients
to
use
the
creative
process
to
express
their
concerns
and
feelings.
Objective.
We
used
a
qualitative
study
to
assess
the
impact
of
art
therapy
sessions
on
pain
and
other
symptoms
presented
by
patients
with
advanced
cancer
patients
in
a
palliative
care
unit
(PCU).
Materials
and
methods.
Twelve
consecutive
inpatients
were
included
in
this
prospective
study.
We
conducted
semi-structured
interviews
to
assess
patients’
perceptions
of
the
impact
and
value
of
the
intervention
on
their
physical
and
psychological
symptoms.
Results.
Patients
reported
that
the
sessions
were
relaxing
and
allowed
them
to
distance
their
concerns
related
to
their
disease.
Art
therapy
allowed
them
not
only
to
improve
and
sometimes
to
restore
communication
with
their
families
and
caregivers,
but
also
had
helped
to
restore
a
desire
to
do
as
well
as
to
be
involved
in
new
projects.
Conclusion.
Art
therapy
seems
to
act
as
a
multimodal
therapy
on
physical,
cognitive,
social
and
emotional
symptoms
experienced
by
palliative
care
inpatients.
©
2012
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Masson
SAS.
All
rights
reserved.
Introduction
Face
aux
traitements
agressifs
préconisés
dans
la
prise
en
charge
des
cancers,
les
patients
sont
de
plus
en
plus
nombreux
à
se
tourner
vers
des
soins
complémentaires,
comme
la
gymnastique
douce,
la
sophrologie
ou
encore
l’art-thérapie.
Cette
augmentation
de
l’utilisation
des
thé-
rapies
alternatives
et/ou
complémentaires
reflète
le
besoin
grandissant
d’une
prise
en
charge
globale
des
symptômes
liés
au
cancer
[1,2],
avec
plus
de
50
%
des
patients
utili-
sant
ce
type
de
traitement,
en
plus
des
traitements
dits
«standards
»[3,4].
Ces
activités
mobilisent
les
ressources
psychiques
des
patients
et
permettraient
d’adoucir
ou
de
mieux
supporter
les
effets
secondaires
des
traitements
spé-
cifiques
(chimiothérapie,
radiothérapie,
etc.).
De
plus,
ces
techniques
ont
montré
une
efficacité
sur
la
diminution
de
l’intensité
des
symptômes
liés
au
cancer
[5—14].
Le
but
principal
de
ces
approches
complémentaires
est
avant
tout
d’améliorer
le
confort
du
patient,
et
de
préserver
au
maxi-
mum
sa
qualité
de
vie,
ce
qui
rejoint
un
des
objectifs
principaux
des
soins
palliatifs
[15,16].
Parmi
toutes
ces
thérapies
complémentaires,
une
s’est
beaucoup
développée
dans
le
champ
des
soins
palliatifs
ces
dix
dernières
années
avec
de
nombreuses
publications.
L’art-thérapie
est
une
intervention
clinique
fondée
sur
l’exploitation
du
potentiel
artistique
et
du
processus
créa-
tif
dans
l’objectif
d’une
amélioration
de
la
qualité
de
vie.
Le
but
premier
n’est
pas
l’apprentissage
d’une
technique
artistique
ni
la
réussite
esthétique
mais
plutôt
de
favori-
ser
l’expression
de
sentiments
douloureux,
voire
conflictuels
qui
sont
trop
difficiles
à
mettre
en
mots
[17].
À
cette
fonc-
tion
d’exutoire
s’associe
une
fonction
symbolique
de
la
production
qui
permet
un
espace
d’expression
libre
pour
les
expériences
parfois
violentes
auxquelles
le
patient
peut
être
exposé
[17,18].
L’art-thérapie
est
utilisée
pour
aider
les
patients
ou
leurs
familles
à
améliorer
la
conscience
de
soi,
à
faire
face
aux
symptômes,
et
à
pouvoir
s’adapter
à
des
expériences
difficiles
[5,13,19,20].
Les
séances
d’art-
thérapie
peuvent
être
réalisées
en
groupe
ou
en
session
individuelle.
L’art-thérapie
peut
impliquer
différentes
tech-
niques
comme
les
arts
plastiques,
la
musique,
le
théâtre,
la
danse
ou
encore
la
photographie.
Toutefois,
l’art-thérapie
est
une
intervention
complexe
et
son
évaluation
peut
être
difficile
en
raison
des
multiples
composantes
impliquées.
L’objectif
de
notre
recherche
est
d’évaluer
l’impact
d’ateliers
d’art-thérapie
sur
la
qualité
de
vie
et
les
symptômes
présentés
par
les
patients,
et
d’identifier
les
mécanismes
psychologiques
et
cognitifs
en
jeu.
Nous
faisons
l’hypothèse
qu’au-delà
du
soulagement
des
symptômes
et
du
plaisir
que
l’art-thérapie
apporte
aux
patients,
elle
leur
permet
d’être
pleinement
acteurs
de
leur
traitement
et
de
restaurer
ainsi
une
identité
et
une
estime
de
soi.
De
plus,
nous
faisons
l’hypothèse
que
l’art-thérapie
aide
à
réinté-
grer
les
patients
dans
une
temporalité
d’individu
et
dans
un
rapport
à
l’autre
en
tant
qu’être
social.
Méthodologie
Nous
avons
obtenu
un
accord
du
comité
de
protection
des
personnes
pour
la
conduite
de
cette
étude
ainsi
que
l’accord
de
la
direction
de
recherche
des
hospices
civils
de
Lyon
pour
la
conduite
de
cette
étude.
Tous
les
patients
ont
donné
leur
consentement
éclairé
écrit
avant
l’inclusion
à
l‘étude.
Participants
et
procédure
Les
entretiens
ont
été
menés
auprès
des
patients
admis
dans
une
unité
de
soins
palliatifs
proposant
des
ate-
liers
d’art-thérapie
avec
une
dominante
art-plastique.
Les
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
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Pages
7
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative
3
critères
d’éligibilité
pour
participer
à
cette
étude
étaient
les
suivants
:
les
patients
devaient
être
atteints
d’un
cancer
à
un
stade
avancé
(récidive
locale
et/ou
métastases),
avoir
la
capacité
de
communiquer
en
franc¸ais,
et
avoir
participé
à
une
séance
d’art-thérapie.
Les
ateliers
se
sont
déroulés
majoritairement
en
chambre
individuelle,
et
pour
quatre
d’entre
eux,
des
membres
de
leur
famille,
conjoint
ou
enfant,
étaient
présents
et
impliqués.
La
veille
de
l’atelier,
chaque
patient
est
invité
par
l’art
thérapeute
à
discuter
du
sujet
qu’il
voudrait
explorer.
La
date
de
la
séance
était
pro-
grammée
avec
le
patient
mais
aussi
avec
l’équipe
soignante
afin
de
ne
pas
interférer
sur
quelconque
intervention
ou
examen.
Les
participants
ont
bénéficié
d’une
séance
d’une
heure
par
un
art-thérapeute
professionnel
(WR).
Les
séances
d’art-thérapie
(peinture)
ont
lieu
dans
l’unité
de
soins
palliatifs
deux
fois
par
semaine.
Le
choix
de
la
peinture
permettait
aux
patients
d’exprimer
leurs
sentiments
à
travers
des
couleurs
et
des
dessins
et
éga-
lement
la
production
d’une
véritable
«
œuvre
d’art
»
qui
pourra
rester
(contrairement
à
de
la
musique
ou
du
théâtre).
Les
directives
de
l’art-thérapeute
étaient
principalement
en
lien
avec
les
aspects
techniques.
Les
séances
pouvaient
avoir
lieu
dans
la
chambre
du
patient
ou
dans
la
salle
familiale
en
fonction
des
préférences
du
patient.
Procédure
d’entretien
Les
renseignements
médicaux
nécessaires
ont
été
collectés
:
âge
du
patient,
sexe,
type
de
cancer,
statut
métastatique
et
temps
écoulé
entre
l’entretien
et
le
décès.
Le
lendemain
de
la
séance
d’art-thérapie,
l’art
thé-
rapeute
(WR)
rencontrait
les
patients
pour
réaliser
un
entretien
semi-directif.
Les
questions
étaient
articulées
de
manière
à
connaître
leur
point
de
vue
sur
la
séance,
et
comparer
leur
état
général
entre
le
moment
précédant
la
séance,
et
celui
d’après.
(Guide
d’entretien
en
annexe
;
Annexe
1)
Un
enregistrement
audio
puis
une
retranscription
de
ces
entretiens
a
été
réalisée.
Nous
avons
choisi
pour
ce
travail
que
les
entretiens
soient
conduits
par
l’art-thérapeute
pour
plusieurs
raisons.
La
pre-
mière
était
qu’il
nous
semblait
difficile
de
faire
intervenir
une
personne
extérieure
non
impliquée
dans
le
processus
de
soin
auprès
de
patients
si
fragiles.
En
effet,
il
était
indispensable
que
le
patient
puisse
se
sentir
en
confiance
pour
pouvoir
s’exprimer
aussi
bien
sur
les
aspects
positifs
que
négatifs
de
ce
type
de
prise
en
charge.
De
plus,
l’art-
thérapeute
bien
qu’impliqué
dans
«
l’objet
d’étude
»
a
pu
travailler
avec
les
autres
membres
de
l’équipe
de
recherche
sur
le
guide
d’entretien
pour
lui
permettre
de
conserver
une
certaine
distance
et
une
neutralité
pour
ne
pas
biaiser
les
résultats.
Les
entretiens
étaient
conduits
en
suivant
ce
guide
d’entretien
et
les
relances
étaient
prévues
permettant
une
standardisation
du
questionnement
du
patient.
Une
grande
attention
avait
été
portée
à
la
conduite
des
entretiens
avec
deux
entretiens-tests
qui
avaient
été
réalisés
et
qui
n’avait
pas
été
inclus
dans
l’analyse.
Le
nombre
de
patients
inclus
sera
fonction
du
nombre
de
patients
rencontrés
sur
la
période
de
l’étude
(soit
envi-
ron
16
patients
en
quatre
mois).
Cet
effectif
sera
adapté
en
utilisant
le
principe
de
saturation
des
données
[21].
La
saturation
des
données
apparaît
au
moment
le
chercheur
fait
le
constat
rigoureux
que
les
données
déjà
inventoriées
continuent
à
se
répéter
de
manière
systématique
et
qu’aucune
nouvelle
information
pertinente
pour
l’étude
n’émerge.
Dans
notre
étude,
la
saturation
des
données
a
été
atteinte
après
la
réalisation
de
12
entretiens.
Analyse
du
discours
Chaque
entretien
a
fait
l’objet
d’une
analyse
lexicale
et
qualitative
afin
de
trouver
des
similarités
qui
pourraient
être
les
preuves
des
mécanismes
qui
interviennent
dans
l’amélioration
de
la
qualité
de
vie
des
patients
pendant
et
après
la
séance
d’art-thérapie.
Nous
avons
effectué
une
analyse
manuelle
selon
une
méthode
socio-anthropologique
impliquant
une
procédure
inductive.
Une
première
étape
a
consisté
à
interpréter
chaque
entretien
de
manière
indépendante,
verticale,
afin
d’en
saisir
le
sens
général.
Cette
première
étape
néces-
site
en
général
plusieurs
lectures
attentives
du
sens
que
la
personne
interrogée
attribue
à
son
vécu.
Une
seconde
étape
procède
à
l’identification
plus
fine
d’«
unités
de
significations
»
permettant
de
saisir
les
processus
interpré-
tatifs
à
l’œuvre.
Il
s’agit
alors
de
diviser
l’entretien
en
«
unités
de
significations
»
afin
de
mettre
en
lumière,
lors
d’une
troisième
étape,
le
sens
sous-jacent
de
ce
que
le
participant
a
voulu
exprimer.
Enfin,
la
dernière
étape
de
l’approche
verticale
réside
dans
le
regroupement
de
ces
«
unités
de
significations
»
en
des
thèmes
centraux
permet-
tant
d’obtenir
une
description
organisée
des
items
de
sens.
Deux
auteurs
(WR,
MF)
ont
effectué
cette
première
étape
de
fac¸on
indépendante.
Ils
ont
ensuite
comparé
leurs
résul-
tats
lors
d’une
réunion
impliquant
d’autres
membres
de
l’équipe
de
recherche
et
discuter
tous
les
points
de
diver-
gence
concernant
les
thématiques
rencontrées
dans
chaque
entretien.
Cette
analyse
verticale
a
été
ensuite
complétée
par
une
analyse
plus
horizontale
qui
a
permis
de
mettre
en
relation
l’ensemble
des
entretiens
réalisés.
Lors
de
cette
dernière
étape,
l’ensemble
des
éléments
analysés
ont
été
regrou-
pés
en
fonction
de
leurs
similitudes
ou
divergences
afin
d’en
dégager
les
logiques
sémantiques
structurantes.
Présentation
des
résultats
Les
citations
extraites
du
discours
des
participants
sont
présentées
en
italique
pour
appuyer
nos
conclusions.
Un
minimum
d’édition
a
été
fait
pour
préserver
l’authenticité.
Nous
avons
utilisé
des
parenthèses
(...)
pour
indiquer
qu’une
partie
de
la
citation
avait
été
tronquée
en
cas
d’information
non
pertinente.
Lorsqu’il
était
nécessaire
de
clarifier
le
contexte,
nous
avons
ajouté
des
informations
à
des
mots
participant
entre
crochets
[.
.
.].
Résultats
Lors
de
la
période
de
recrutement,
12
patients
ont
été
inclus.
Tous
les
participants
étaient
des
femmes,
d’une
moyenne
d’âge
de
58
ans.
Le
temps
moyen
entre
l’entretien
et
le
décès
était
de
117
jours.
Elles
étaient
atteintes
majori-
tairement
de
cancer
gynécologique
(ovaire,
col),
de
cancer
du
sein
ou
de
cancer
digestif
à
un
stade
métastatique.
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
of
Pages
7
4
W.
Rhondali
et
al.
En
analysant
cette
série
d’entretien,
nous
pouvons
dis-
tinguer
cinq
paramètres
importants
sur
lesquels
les
ateliers
d’art-thérapie
semblent
intervenir.
Les
symptômes
:
bien-être
physique
et
psychologique
La
douleur
Une
des
préoccupations
les
plus
importantes
des
patients
en
phase
palliative
est
la
prise
en
charge
de
la
douleur.
Les
patients
nous
ont
rapporté
que
durant
les
ateliers,
l’attention
n’était
plus
fixée
sur
la
douleur
ressentie
mais
sur
l’action
en
cours
permettant
ainsi
une
réduction
de
l’intensité
douloureuse.
De
plus,
les
patients
nous
ont
confié
que
peindre
était
une
activité
faisant
appel
à
l’imagination,
la
créativité,
ce
qui
mobilisait
beaucoup
d’attention
per-
mettant
aussi
de
diminuer
la
perception
de
la
douleur.
«
C¸a
fait
oublier
les
douleurs
et
j’ai
eu
mal
nulle
part,
je
suis
détendue
»
;
«La
douleur
est
diminuée
parce
que
je
ne
pense
à
rien
d’autre
que
ce
que
je
fais
»
La
fatigue
Tous
les
patients
interrogés
affirment
que
les
ateliers
n’augmentent
pas
leur
fatigue
et
même,
les
stimulent.
Si
de
la
fatigue
est
ressentie,
elle
est
souvent
vue
de
manière
plutôt
positive,
pas
comme
un
poids.
Plusieurs
patients
ont
ainsi
rapporté
avoir
été
stimulés
par
la
participation
à
cette
activité
et
finalement
avoir
envie
à
nouveau
de
faire.
«
(.
.
.)
c’est
une
bonne
fatigue
(.
.
.)
due
à
l’accomplissement
de
quelque
chose,
(.
.
.)
c’est
pas
une
fatigue
d’avoir
rien
fait
»
Dimension
psychologique
Les
ateliers
d’art-thérapie
aident
à
diminuer
l’anxiété
et
certains
patients
arrivent
même,
par
l’activité
artistique,
à
apaiser
des
angoisses
inhérentes
à
la
fin
de
vie
:
«
C’est
une
angoisse
par
rapport
à
la
mort
(...)
j’y
pense
pas
[pendant
la
séance],
elle
disparaît
»
Dans
l’ensemble,
les
patients
reconnaissent
un
impact
global
positif
de
l’art-thérapie
sur
leur
état
psychologique
et
plus
particulièrement
au
niveau
de
leur
moral.
«
(.
.
.)
j’ai
retrouvé
l’appétit
»
;
«
le
moral
est
remonté
en
flèche
»
De
plus,
plusieurs
patients
ont
rapporté
avoir
ce
bénéfice
de
fac¸on
anticipé
mais
également
différé.
La
notion
de
«
plaisir
»
apparaît
souvent
dans
le
discours
des
patients
et
elle
est
mise
en
lien
spontanément
par
ces
derniers
avec
une
sensation
d’apaisement.
Ce
plaisir
l’emporte
ainsi
sur
les
réticences
que
les
patients
pouvaient
avoir,
compte
tenu
de
leur
état
de
santé
général
(fatigue,
douleur,
préoccupations,
etc.).
«
(.
.
.)
j’ai
commencé
à
imaginer
ce
que
j’avais
envie
de
faire
»
;
«
c¸a
m’apporte
du
plaisir
avant,
pendant
et
puis
après
oui
»
L’estime
de
soi
L’estime
de
soi
est
une
attitude
intérieure
qui
consiste
à
se
reconnaître
une
valeur,
un
caractère
unique
et
important.
C’est
aussi
se
connaître
et
s’aimer
comme
on
est
avec
ses
qualités,
ses
limites
et
aussi
son
corps
et
ce
dont
il
peut
être
le
porteur.
.
.
Les
patients
présentant
un
cancer
en
phase
avancée
ont
souvent
déjà
essuyer
pertes
et
déceptions
de
fac¸on
répé-
tées
(perte
de
la
position
sociale,
de
la
position
au
sein
de
la
famille,
perte
de
certains
éléments
corporels,
etc.),
ce
qui
résulte
en
une
altération
importante
de
l’image
qu’ils
peuvent
avoir
d’eux-mêmes.
Il
est
très
difficile
de
pouvoir
restaurer
cette
image
de
soi
dans
un
contexte
de
pathologie
évolutive,
d’autant
plus
lorsque
l’espoir
de
guérir
n’existe
plus.
Ces
ateliers
ont
permis
aux
patients
de
se
«
sentir
capable
de
»,
ne
plus
juste
être
des
«
patients
»
ou
un
malade
à
l’hôpital.
«(.
.
.)
voir
ce
que
j’étais
capable
de
faire
(...)
c’est
pas
parce
que
c¸a
me
fatigue
que
ce
sera
un
obstacle
»
;
Les
patients
peuvent
ainsi
retrouver
une
place
d’individu
et
montrer
par
leur
créativité
et
leurs
capaci-
tés
d’élaboration
d’un
projet,
qu’avant
une
issue
fatale
attendue,
ils
restent
pleinement
en
vie.
«
(.
.
.)
me
raccrocher
un
peu
à
la
vie
quoi
»
Les
relations
sociales
Plusieurs
patients
ont
souhaité
participer
à
l’atelier
avec
leur
famille.
Ils
ont
alors
décrit
les
séances
d’art-thérapie
comme
un
temps
de
partage
et
d’échanges.
«(.
.
.)
la
famille,
elle
est
aussi
contente
que
moi
que
je
sois
»
;
«
J’ai
bien
aimé
d’avoir
travaillé
avec
eux
[le
mari]
»
Les
patients,
s’ils
sont
seuls
lors
des
séances,
commu-
niquent
avec
leurs
proches
pour
leur
parler
de
l’atelier,
raconter
leur
journée
et
montrer
leur(s)
réalisation(s).
«C¸a
me
procure
alors
une
certaine
satisfaction,
parce
qu’après
j’en
parle
avec
mes
amis,
tu
en
es,
qu’est-ce
que
tu
fais,
enfin
voilà.
»
Enfin,
la
production
artistique
exposée
dans
la
chambre
du
patient
peut
être
pour
les
soignants
le
prétexte
d’une
nouvelle
relation
de
sujet
à
sujet
et
non
de
soignant
à
soigné
l’art
et
non
la
maladie
est
au
centre.
Les
ateliers
replacent
le
patient
dans
un
dialogue,
une
interaction
avec
la
famille,
le
personnel
soignant.
Ils
apportent
un
soutien
social
important.
L’équipe
soignante
encourage
le
patient
dans
son
projet,
il
se
sent
soutenu,
entouré
et
valorisé.
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
of
Pages
7
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative
5
«
C¸a
m’apporte,
alors
avant
parce
que
je
pense,
je
sais
que
j’aurai
ma
séance,
que
je
vais
passer.
.
.
c¸a
va
me
faire
passer
un
bon
moment,
et
puis
après
parce
que
j’en
parle
avec
ma
famille,
avec
mon
mari,
mes
amis
aussi,
puisqu’il
y
en
a
beaucoup
qui
savent
que
j’ai
participé
à
cette
activité
et.
.
.voilà.
»
La
spiritualité
La
spiritualité
est
une
démarche
cognitive
se
caractérisant
par
la
recherche
d’un
sens
et
d’un
but
pour
son
exis-
tence.
Cette
recherche
de
sens
peut
être
fondée
sur
des
croyances,
religieuses
ou
non,
ou
sur
une
attitude
philo-
sophique,
morale,
artistique
ou
scientifique.
La
spiritualité
émerge
souvent
dans
ces
situations
de
crises
existentielles
rencontrées
par
nos
patients.
Les
séances
d’art-thérapie
ont
permis
aux
patients
de
se
projeter
à
nouveau,
de
s’interroger
sur
le
sens
des
années
passées
et
de
ce
qu’ils
souhaiteraient
laisser.
«(.
.
.)
avec
la
douleur
je
me
projetais
plus
»;
«d’avoir
des
projets,
de
voir
que
je
peux
encore
faire
des
choses
malgré
le
fait
que
je
sois
à
l’hôpital.
Des
choses
qu’on
fait
chez
soi
d’habitude
»«(.
.
.)
c¸a
nous
soigne,
c¸a
nous
emmène
ailleurs
»
Ce
type
de
thérapie
complémentaire
permet
aux
patients
de
prendre
du
recul
sur
leur
maladie
et
de
tirer
des
aspects
positifs
de
leur
rencontre,
des
temps
de
soins,
avec
une
quête
du
sens
de
ces
moments
parfois
éprouvants
:
«
(.
.
.)
même
quand
on
n’est
pas
bien,
y
a
quelque
chose
qui
ressort
quoi
malgré
tout
»
Par
la
création
artistique,
il
est
possible
d’apposer
sur
la
toile,
ses
propres
émotions,
ses
ressentis,
une
palette
propre
à
chacun
et
qui
permet
de
se
recentrer,
d’être
face
à
soi.
«(.
.
.)
produire
quelque
chose.
J’ai
donc
produit
mon
émotion
vraiment
».
Enfin
une
fois
le
projet
terminé,
il
reste
une
trace
de
la
séance,
ce
qui
nous
amène
à
un
point
très
important
de
l’art-
thérapie
avec
une
dominante
art-plastique
dans
le
contexte
de
soins
palliatifs
:
le
legs.
En
effet,
les
œuvres
réalisées
sont
accrochées
dans
le
service
ou
restituées
à
la
famille
en
fonction
du
souhait
du
patient,
lui
permettant
d’accéder
à
une
immortalité
symbolique.
«
il
aura
(«
le
petit
»)
au
moins
le
souvenir
de
sa
grand-
mère
qui
a
peint
».
Le
rapport
à
la
maladie
La
plupart
des
patients
nous
ont
rapporté
que
participer
aux
ateliers
les
a
aidés
à
oublier,
même
brièvement,
leur
condition
de
malade
et
les
font
sortir
du
cadre
hospitalier
:
«être
toujours
en
chemise
de
nuit
(.
.
.)
c¸a
fait
malade
hein
[mais
grâce
à
l’atelier],
on
sort
de
son
statut
de
malade
»
;
«
j’oublie
que
je
suis
à
l’hôpital
»,
(.
.
.)
on
est
plus
dans
la
maladie,
on
peut
s’échapper
en
fait
du
cadre
de
l’hôpital
et
dans
notre
corps,
de
notre
propre
enveloppe.
En
effet,
les
patients
souffrent
de
l’uniforme
de
«
malade
».
Le
regard
de
leurs
proches
ou
des
soignants,
bien
que
la
plupart
du
temps
souhaitant
être
bienveillant,
peut
avoir
tendance
à
les
enfermer
dans
une
position
pas-
sive
la
maladie
est
vécue
comme
un
poids,
une
injustice.
Pouvoir
avoir
une
activité
le
patient
n’est
plus
qu’un
patient
mais
retrouve
sa
place
d’individu
avec
ses
pré-
férences
(thème
abordé,
technique
utilisée,
participation
d’autres
personnes,
etc.)
permet
au
patient
aussi
de
porter
un
autre
regard
sur
sa
maladie
et
les
temps
de
soins.
«j’ai
l’impression
d’être
moins
malade
finalement
»
Ce
type
de
prise
en
charge
leur
permet
également
de
montrer
aux
«
autres
»
(proches
et
soignants)
une
part
de
leur
personnalité
souvent
effacée
par
la
maladie.
«
Parce
que
je
vais
vous
expliquer,
quand
j’étais
gamine,
je
dessinais.
.
.
je
dessinais
très
bien.
Et.
.
.
bon,
puis
après,
ben
j’ai
plus
dessiné.
Mais
je
pense
que.
.
.
peut-
être
que
si
j’avais.
.
.
si
mes
parents
m’avaient
donné
des
cours
de
dessin
(.
.
.)
j’aurais
eu
beaucoup
de
plaisir
»
Enfin,
il
semble
que
ces
ateliers
aident
les
patients
à
s’adapter,
voire
même
accepter
leur
maladie.
«
(.
.
.)
je
me
penche
pour
dessiner
j’ai
un
peu
mal
au
dos
(.
.
.)
je
fais
l’effort
de
tenir
mon
dos
»
;
«
elle
ne
part
pas
la
maladie
mais
si
vous
voulez,
je
la
ressens
pas
comme
un
poids
»
Discussion
Les
patients
atteints
de
cancer
avancé
présentent
souvent
plusieurs
symptômes
physiques
et
psychologiques
[22].
La
plupart
des
patients
de
notre
étude
ont
rapporté
qu’une
séance
d’une
heure
d’art-thérapie
leur
a
permis
de
faire
l’expérience
d’une
importante
implication
cognitive,
ce
qui
a
pour
eux
certainement
participé
au
moins
en
partie
au
soulagement
de
leurs
symptômes.
La
plupart
des
patients
ont
également
qualifié
cette
activité
de
relaxante
et
même
si
certains
patients
ont
signalé
une
recrudescence
de
la
douleur
ou
de
la
fatigue
par
les
mobilisations,
ces
élé-
ments
étaient
toujours
contrebalancés
en
indiquant
que
ce
n’était
pas
leur
douleur
habituelle
mais
plutôt
une
dou-
leur
liée
au
«
faire
»
et
pas
au
cancer,
ou
que
c’était
une
«
bonne
»
fatigue.
Il
semble
également
que
cette
activité
leur
a
permis
d’éviter
de
penser
à
leurs
préoccupations
et
inquiétudes
habituelles
en
lien
avec
la
maladie.
Ces
résul-
tats
sont
consistants
avec
ceux
rapportés
dans
une
récente
revue
de
la
littérature
concernant
l’amélioration
des
symp-
tômes
chez
des
patients
atteints
de
cancer
par
l’utilisation
de
l’art-thérapie
(principalement
des
symptômes
psycholo-
giques,
mais
aussi
la
fatigue)
[23].
Cet
effet
distraction
ou
de
décentration
a
été
décrit
précédemment
dans
le
cadre
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
of
Pages
7
6
W.
Rhondali
et
al.
de
la
thérapie
cognitivo-comportementale
pour
la
gestion
de
la
douleur,
de
l’anxiété
et
de
la
dépression
[24—26].
Il
pourrait
expliquer
en
partie
ces
résultats
positifs
concernant
l’amélioration
des
symptômes
présentés
par
les
patients
inclus
dans
cette
étude.
Une
autre
explication
possible
de
l’efficacité
de
l’art-thérapie
sur
ces
symptômes
est
que
le
processus
de
création
permet
aux
patients
de
maintenir
une
identité
personnelle
et
ne
pas
se
définir
seulement
par
leur
cancer
[23].
L’art-thérapie
peut
être
considéré
comme
un
type
psy-
chothérapie
de
soutien
qui
fournit
aux
patients
un
espace
pour
exprimer
leurs
émotions
[27].
L’art-thérapie
semble
d’autant
plus
utile
pour
fournir
à
des
patients
hospitalisés
en
soins
palliatifs,
peu
à
l’aise
avec
l’expression
verbale,
un
autre
mode
d’expression
émotionnelle.
Cette
restauration
du
lien
social
est
d’autant
plus
importante
dans
ce
contexte
que
la
maladie
et/ou
la
fin
de
vie
peuvent
souvent
favoriser
l’isolement
;
un
isolement
qui
peut
être
causé
par
l’absence
de
l’entourage
ou/et
par
le
repli
sur
soi
du
patient.
Or,
l’art-
thérapie
permet
la
communication,
l’extériorisation
et
peut
aider
ainsi
le
patient
à
renouer
avec
ses
proches
sans
passer
par
des
mots
parfois
douloureux.
Un
des
avantages
de
l’art-thérapie
sur
d’autres
formes
d’expression
est
la
force
symbolique
que
revêtent
les
images
et
les
formes.
Ce
que
les
mots
ne
peuvent
parfois
dire,
l’image
peut
le
représenter
à
moindre
coût
pour
le
patient.
Ce
moyen
d’expression
permet
au
patient
d’apaiser
la
ten-
sion
qu’il
peut
exister
entre
son
ressenti,
des
émotions
et
une
réalité
extérieure
qui
souvent
lui
échappe
[28].
L’imagination
et
la
créativité
ouvrent
un
espace
qui
permet
au
patient
de
se
soulager
de
l’indicible.
L’objet
artistique
peut
alors
servir
d’amorce
à
un
discours
vers
l’autre.
Enfin,
il
semble
que
pour
certains
patients,
la
séance
d’art-thérapie
a
été
utilisée
comme
un
temps
pour
réaliser
un
objet
qui
sera
transmis
à
ceux
qui
restent.
Cet
héritage
ou
ce
dernier
cadeau
pourrait
non
seulement
aider
le
patient
à
retrouver
sa
position
sociale
au
sein
de
sa
famille,
mais
aussi
l’aider
à
exprimer
ce
qui
était
important
pour
lui
et
comment
il
voudrait
qu’on
se
souvienne
de
lui.
De
cette
fac¸on,
l’art-thérapie
pourrait
également
être
assimilé
à
la
dignity
therapy
développé
par
Chochinov,
et
qui
permet
au
patient
de
déplacer
le
focus
de
son
état
actuel
à
des
aspects
positifs
de
sa
personnalité
ainsi
que
de
trouver
un
sens
à
sa
propre
vie,
ses
choix,
même
en
fin
de
vie
[29].
Le
fait
que
les
composantes
physiques,
cognitives,
sociales
et
affectives
des
symptômes
présentés
par
les
patients
pris
en
charge
en
unité
de
soins
palliatifs
(comme
la
douleur
ou
la
fatigue)
semblent
être
améliorées
par
l’art-
thérapie
indique
qu’il
agit
comme
d’une
approche,
voire
d’une
thérapie
multimodale.
En
plus
des
traitements
habi-
tuels
comme
les
antalgiques
pour
la
douleur,
cette
approche
pourrait
dans
certaines
situations
apporter
une
réponse
plus
globale
à
la
«douleur
totale
»vécue
par
les
patients
en
soins
palliatifs
et
décrits
depuis
longtemps
par
Saunders
[30].
Notre
recherche
comporte
plusieurs
limites.
Notre
échantillon
de
population
était
hétérogène
avec
différents
types
de
cancer
et
une
survie
globale
variant
de
un
à
cinq
mois.
Notre
population
était
constituée
uniquement
de
femmes,
particularité
qui
a
déjà
été
décrites
pour
ce
type
d’approche
par
d’autres
équipes
[23,31].
En
effet,
il
semble
que
les
femmes
soient
plus
réceptives
à
ce
type
de
thérapie
complémentaire.
Cette
différence
de
sexe
retrouvée
dans
notre
étude
est
également
retrouvée
de
fac¸on
plus
générale
chez
les
participants
à
l’atelier
d’art
thérapie
dans
notre
unité,
avec
un
sex-ratio
femmes/hommes
de
dix
pour
un.
Pour
ces
raisons,
la
généralisation
de
nos
résultats
à
la
population
de
patients
en
soins
palliatifs
ne
peut
être
assu-
mée
et
nécessite
une
confirmation
à
plus
grande
échelle.
Une
autre
limitation
est
que
les
patients
ont
pu
répondre
dans
l’objectif
d’être
agréable
avec
l’équipe
et
plus
spéci-
fiquement
l’art-thérapeute
en
fournissant
un
retour
positif
sur
les
séances.
Cependant,
lors
des
entretiens,
les
patients
ont
rapporté
des
effets
à
la
fois
positifs
et
négatifs
des
séances
d’art-thérapie,
ce
qui
peut
nous
permettre
de
pen-
ser
que
ces
résultats
sont
pertinents.
De
plus,
les
entretiens
étaient
conduits
en
suivant
un
guide
d’entretien
et
les
relances
étaient
prévues
permettant
une
standardisation
du
questionnement
du
patient.
L’analyse
qualitative
a
été
effectuée
de
fac¸on
indépendante
par
deux
des
auteurs
et
comparées
aux
données
obtenues
par
l’évaluation
quanti-
tative
(ESAS).
Ces
sources
et
regards
multiples
ont
permis
une
triangulation
des
résultats
limitant
les
possibles
biais
d’interprétation.
Les
résultats
de
cette
étude
nous
permettent
de
confir-
mer
un
impact
positif
d’une
seule
séance
d’art-thérapie
même
à
des
phases
avancées
de
la
pathologie
cancéreuse.
Ce
point
nous
permet
d’encourager
la
proposition
de
ce
type
d’approche
aux
patients
en
phase
palliative
même
avec
une
autonomie
très
diminuée.
De
plus,
il
nous
semble
néces-
saire
d’évaluer
l’impact
de
ce
type
de
prise
en
charge
sur
les
familles
de
patients
ayant
pu
bénéficier
de
ce
type
de
thérapie,
à
court
terme
mais
également
à
plus
long
terme.
Il
serait
important
de
pouvoir
confirmer
ces
résultats
par
des
études
prospectives
sur
des
échantillons
plus
importants
mais
également
avec
une
réévaluation
à
distance
pour
éva-
luer
la
rémanence
de
cet
effet.
Comme
proposé
par
Wood
et
al.,
les
recherches
à
venir
devraient
être
multicentriques
utilisant
des
méthodes
mixtes
(quantitatives
et
qualitatives)
de
type
essai
contrôlé
randomisé
avec
un
suivi
à
long
terme
[23].
Déclaration
d’intérêts
Les
auteurs
déclarent
ne
pas
avoir
de
conflits
d’intérêts
en
relation
avec
cet
article.
Remerciements
À
Cedric
Lefèvre
et
Isabelle
Decouches
pour
leur
relecture
attentive
et
Evelyne
Lasserre
pour
ces
conseils
au
regard
de
la
méthodologie
qualitative.
Financement
:
cette
recherche
a
été
en
partie
financée
par
une
subvention
de
la
fondation
APICIL.
Annexe
1.
Le
guide
d’entretien
1.
Cadre
de
l’entretien
précisé
:
2.
Question
générale
ouverte
:
Comment
vous
sentez-vous
?
(10
min)
Pour
citer
cet
article
:
Rhondali
W,
et
al.
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative.
Médecine
palliative
Soins
de
support
Accompagnement
Éthique
(2013),
http://dx.doi.org/10.1016/j.medpal.2012.11.002
ARTICLE IN PRESS
Modele +
MEDPAL-383;
No.
of
Pages
7
L’art-thérapie
en
soins
palliatifs
:
une
étude
qualitative
7
Présentation
libre
du
patient
sur
sa
qualité
de
vie
et
son
ressenti
global
permettant
ainsi
au
patient
de
s’auto
évaluer
et
d’estimer
un
changement
d’état
subjectif
(Relance
à
type
d’écho
possible
mais
avec
modération).
3.
Questions
ouvertes
sur
l’atelier
:
étiez-vous
content
que
l’on
vous
propose
ce
type
de
thé-
rapie
?
Pourquoi
?
étiez-vous
surpris
que
l’on
vous
propose
ce
type
de
thé-
rapie
?
Pourquoi
?
connaissiez-vous
l’art
thérapie
?
en
attendiez-vous
quelque
chose
de
particulier
?
qu’est-ce
que
cela
vous
a
apporté
?
4.
Guide
thématique
:
Série
de
thèmes
à
explorer
:
Fatigue
— Douleur
— Anxiété
Dépression
Une
relance
pour
chaque
symptôme
si
non
abordé
suffi-
samment
(spontanément)
après
la
première
question.
et
au
niveau
de
et
pour
ce
qui
est
de
pourriez-vous
me
parler
de
pourriez-vous
me
préciser.
.
.
j’aimerais
que
l’on
revienne
(dernier
sujet
abordé)
Ex.
selon
les
thèmes
non
abordés
par
le
patient
et
au
niveau
de
la
douleur
?
et
pour
ce
qui
est
de
l’anxiété
?
pourriez-vous
me
parler
de
votre
moral,
de
votre
som-
meil
?
j’aimerais
que
l’on
revienne
à
vos
douleurs
pourriez-vous
me
préciser
votre
type
de
fatigue
?
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therapy
in
psycho-oncology
recruitment
of
participants
and
gender
differences
in
usage.
Support
Care
Cancer
2012;20:679—86.
... Fourteen studies [15][16][17][18][19][20][21][22][23][24][25][26][27][28] met the inclusion criteria, among which 9 presented results exclusively in patients, 3 in patients and relatives, 1 exclusively in relatives, and 1 in relatives and health care professionals. The study designs were 1 RCT (in patients), 9 quasi-experimental studies (among which were 1 non-randomized controlled study, 3 pre-post studies, and 5 pre-post studies combined with observational studies), and qualitative designs (3 in patients and 1 in relatives/professionals). ...
... [28] were the most mentioned benefits in patients. These results could relate to the calming, relaxing, mindful, and expressive effects of the art therapy sessions described in the observational part of some of these studies and in qualitative designs [16,17]. ...
... Family caregivers in the context of incurable cancer seem to experience more pronounced anxiety, while patients report greater depressive symptoms [34]. The included studies reported that expressing and communicating feelings after the intervention strengthened relationships with family members during illness, anchored the patient in life [20], and facilitated memory making [17,[21][22][23]. In bereavement, reported benefits included an improvement in psychological symptoms of prolonged grief, perceived good support after art therapy [19], and that the remaining artworks allowed relatives to remember and feel themself linked with their deceased loved ones [19,20,22]. ...
Article
Full-text available
Purpose of Review The benefits of arts in improving well-being in end-of-life patients have been stated by the WHO. To inspire clinical practice and future research, we performed a mapping review of the current evidence on the effectiveness of art therapy interventions in stage III and IV cancer patients and their relatives. Recent Findings We identified 14 studies. Benefits reported by the authors were grouped as improved emotional and spiritual condition, symptom relief, perception of well-being, satisfaction, and helpfulness. As a body of evidence, notable limitations were observed: Only 1 study was a randomized controlled trial (RCT), and there was heterogeneity in the interventions and outcome measures. Summary This mapping review highlights the evidence available on the effectiveness of art therapy in advanced cancer, which remains limited and presents specific challenges. It also provides a visual representation of the reported benefits, encouraging further and more rigorous investigation.
... Afin d'accompagner au mieux les patients dans une dé marche de mé decine inté grative, certains professionnels proposent de nouvelles mé diations thé rapeutiques [24,26] et notamment dans la prise en charge des patientes atteintes de cancer du sein [39]. Le dé veloppement de certaines pratiques non conventionnelles telles que le conseil en image, la socio-esthé tique ou l'activité physique adapté e té moignent de l'importance d'un (ré )investissement du corps par les patientes pendant la maladie [12]. ...
... La prise en charge par PMP favorise l'investissement du corps et permet d'accé der à une IC positive. Les frontiè res corporelles sont ré affirmé es sous les prises photographiques et la fé minité semble pré servé e. La ré alité exté rieure qui é chappe souvent aux patientes [26] est ré introduite grâce aux temps de visionnage (entre T2 et T3, . Le corps n'est plus ré duit aux zones manquantes ou dé truites [5] mais vu dans son ensemble. ...
... Les patientes de notre é tude rapportent que les sé ances de PMP leur ont permis de faire l'expé rience d'une importante implication, à la fois psychologique mais aussi cognitive, leur permettant de mettre à distance leurs symptô mes (fatigue, mauvaise estime de soi, etc.) et d'é viter de penser à leurs pré occupations et inquié tudes habituelles en lien avec la maladie. Ces ré sultats sont retrouvé s dans les é tudes ré alisé es sur l'art-thé rapie, notamment en contexte de soins palliatifs : « Ce moyen d'expression (l'art-thé rapie) permet au patient d'apaiser la tension qu'il peut exister entre son ressenti, des é motions et une ré alité exté rieure » [26]. Il semblerait é galement que les sé ances leur aient permis de se relaxer, d'obtenir un temps à elle, un temps en dehors des traitements. ...
Article
Full-text available
Les thérapies complémentaires à médiation artistique ont démontré leur efficacité dans l’amélioration des symptômes (fatigue, diminution de l’estime de soi, altération de l’image corporelle, etc.) chez les patients atteints de cancers, en proposant des prises en charge adaptées et personnalisées. L’objectif de cet article est d’évaluer l’impact de séances de psychothérapie par médiation photographique (PMP) sur l’image corporelle (IC) de cinq patientes atteintes d’un cancer du sein. Des photographies des patientes ainsi que des entretiens semi-directifs ont été réalisés à plusieurs temps de leur prise en charge. Grâce au dispositif mis en place, l’IC des patientes évolue de manière positive au cours des séances : la féminité semble préservée et le corps est appréhendé dans son ensemble. La PMP, en travaillant sur l’IC, intervient directement sur les relations sociales, le rapport à la maladie et l’estime de soi. Ce dispositif encourage les patientes à conserver le contact avec un corps qui change sous l’effet des traitements. Il semble alors agir comme une thérapie de soutien sur l’IC ainsi que sur les dimensions psychologique, physique et sociale des symptômes présentés par les patientes atteintes d’un cancer du sein.
... In addition, the intervention of artistic creation can relieve the symptoms of cancer [154]; and is also beneficial to the stressful caregivers of cancer patients [18]. For cancer patients, AT is often associated with palliative care to reduce pain and symptoms [155], which improves the quality of life of the cancer patients [22]. ...
Article
Full-text available
Considering the physical, and psychological impacts and challenges brought about the coronavirus disease 2019 (COVID-19), art therapy (AT) provides opportunities to promote human health and well-being. There are few systematic analysis studies in the fields of AT, which can provide content and direction for the potential value and impact of AT. Therefore, this paper aims to critically analyze the published work in the field of AT from the perspective of promoting health and well-being, and provides insights into current research status, hotspots, limitations, and future development trends of AT. This paper adopts a mixed method of quantitative and qualitative analysis including bibliometric analysis and keyword co-occurrence analysis. The results indicate that: (1) the current studies on AT are mostly related to research and therapeutic methods, types of AT, research populations and diseases, and evaluation of therapeutic effect of AT. The research method of AT mainly adopts qualitative research, among which creative arts therapy and group AT are common types of AT, and its main research populations are children, veterans, and adolescents. AT-aided diseases are trauma, depression, psychosis, dementia, and cancer. In addition, the therapeutic methods are mainly related to psychotherapy, drama, music, and dance/movement. Further, computer systems are an important evaluation tool in the research of AT; (2) the future development trend of AT-aided health and well-being based on research hotspots, could be focused on children, schizophrenia, well-being, mental health, palliative care, veterans, and the elderly within the context of addressing COVID-19 challenges; and (3) future AT-aided health and well-being could pay more attention to innovate and integrate the therapeutic methods of behavior, movement, and technology, such as virtual reality and remote supervision.
Article
Résumé Objectif Montrer que les unités de soins palliatifs (USP) s’intègrent dans une prise en charge globale du patient en proposant l’accès à de nombreuses techniques non médicamenteuses. Introduction Les USP sont des structures spécialisées en soins palliatifs, destinées aux patients les plus complexes. Ces unités proposent l’intervention d’équipes pluridisciplinaires afin de prendre en charge de façon globale le patient. À cette fin, nous pouvons penser que les USP proposent l’accès à des techniques non médicamenteuses. À ce jour, il n’existe pas d’état des lieux de ces pratiques. Le but de notre étude est de faire un état des lieux des pratiques non médicamenteuses dans les USP en France en 2019. Matériel et méthodes Nous avons réalisé une analyse descriptive, non exhaustive, proposée à l’ensemble des USP de France. Nous avons analysé le nombre de techniques non médicamenteuses proposées par chaque USP, en fonction du personnel réalisant le soin (intervention d’un personnel extérieur ou membre de l’équipe soignante médicale ou paramédicale). Résultats La totalité des 57 USP répondantes propose l’accès à au-moins une technique non médicamenteuse. En moyenne, 8,58 techniques non médicamenteuses sont proposées par USP. Certaines techniques non médicamenteuses sont pratiquées majoritairement par des intervenants extérieurs à l’USP, d’autres techniques par le personnel médical ou paramédical de l’USP, ou sont réalisées de façon mixte. Discussion Toutes les USP répondantes proposent l’accès à au-moins une technique non médicamenteuse, de façon multidisciplinaire. La prise en charge des patients est globale car elle prend en compte les symptômes physiques, psychologiques, sociaux et spirituels.