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Les matières premières, la technologie lithique et les stratégies d'occupation dans le site du Pléistocène moyen de Covacha de los Zarpazos (gisement de Galería, Sierra de Atapuerca, Espagne)

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Abstract and Figures

Résumé La variabilité est l’un des sujets les plus débattus dans les études lithiques. En ce qui concerne la période du Pléistocène moyen, ce débat s’est centré spécifiquement autour de la signification des grands outils standardisés comme les bifaces et les hachereaux. Cet article présente l’assemblage lithique de Covacha de los Zarpazos qui fait partie du gisement de Galería à la Sierra de Atapuerca (Burgos, Espagne). Nous analysons ici la gestion des matières premières, les séquences de taille identifiées, et la variation morphologique des grands outils standardisés. Les résultats montrent que, bien qu’elles ne présentent aucune contrainte réelle, les matières premières jouent un rôle important dans la variabilité morphologique définitive. Nous démontrons également que la variabilité globale d’un ensemble lithique est déterminée par une stratégie d’occupation régulière et des activités spécifiques développées dans le site. Abstract Variability is one of the most debated topics in lithic technology studies. For the Middle Pleistocene period, this debate has specifically focused on the significance of large cutting tools such as handaxes and cleavers. This paper presents the stone tool assemblage from Covacha de los Zarpazos site, included in the Galería complex at Sierra de Atapuerca (Burgos, Spain). We analyse the management of lithic raw materials, the reduction sequences identified, and the morphological variation in the shape of large cutting tools. The results show that raw materials play an important role in the final variability of tool shape, although they do not represent any real constraint. However, what determines the main variability of a whole lithic assemblage is the occupation strategy and the specific activities carried out in a given site.
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Article
original
Les
matières
premières,
la
technologie
lithique
et
les
stratégies
d’occupation
dans
le
site
du
Pléistocène
moyen
de
Covacha
de
los
Zarpazos
(gisement
de
Galería,
Sierra
de
Atapuerca,
Espagne)
Raw
material,
lithic
technology
and
occupation
strategies
at
the
Middle
Pleistocene
site
of
Covacha
de
los
Zarpazos
(Galería
site,
Sierra
de
Atapuerca,
Spain)
Paula
García-Medrano
a,
*
,c
,
Andreu
Ollé
a,b
,
Carlos
Díez
c
,
Eudald
Carbonell
a,b,d
a
Institut
Català
de
Paleoecologia
Humana
i
Evolució
Social
(IPHES),
C/Marcel
Domingo
s/n
(Edifici
W3),
Campus
Sescelades,
43007
Tarragona,
Espagne
b
Àrea
de
Prehistòria,
Universitat
Rovira
i
Virgili
(URV),
avenue
Catalunya,
35,
43002
Tarragona,
Espagne
c
Laboratorio
de
Prehistoria,
I
+
D
+
I,
Universidad
de
Burgos,
Pl.
Misael
Bañuelos
s/n,
09001
Burgos,
Espagne
d
Institute
of
Vertebrate
Paleontology
and
Paleoanthropology,
Beijing
(IVPP),
Chine
Disponible
sur
Internet
le
20
novembre
2013
Résumé
La
variabilité
est
l’un
des
sujets
les
plus
débattus
dans
les
études
lithiques.
En
ce
qui
concerne
la
période
du
Pléistocène
moyen,
ce
débat
s’est
centré
spécifiquement
autour
de
la
signification
des
grands
outils
standardisés
comme
les
bifaces
et
les
hachereaux.
Cet
article
présente
l’assemblage
lithique
de
Covacha
de
los
Zarpazos
qui
fait
partie
du
gisement
de
Galería
à
la
Sierra
de
Atapuerca
(Burgos,
Espagne).
Nous
analysons
ici
la
gestion
des
matières
premières,
les
séquences
de
taille
identifiées,
et
la
variation
morphologique
des
grands
outils
standardisés.
Les
résultats
montrent
que,
bien
qu’elles
ne
présentent
aucune
contrainte
réelle,
les
matières
premières
jouent
un
rôle
important
dans
la
variabilité
morphologique
définitive.
Nous
démontrons
également
que
la
variabilité
globale
d’un
ensemble
lithique
est
déterminée
par
une
stratégie
d’occupation
régulière
et
des
activités
spécifiques
développées
dans
le
site.
#
2013
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Masson
SAS.
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droits
réservés.
Mots
clés
:
Atapuerca
;
Pléistocène
moyen
;
Acheuléen
;
Matières
premières
lithiques
;
Chaîne
opératoire
;
Stratégies
d’occupation
humaine
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L’anthropologie
117
(2013)
515540
*
Auteur
correspondant.
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:
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(P.
García-Medrano).
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Abstract
Variability
is
one
of
the
most
debated
topics
in
lithic
technology
studies.
For
the
Middle
Pleistocene
period,
this
debate
has
specifically
focused
on
the
significance
of
large
cutting
tools
such
as
handaxes
and
cleavers.
This
paper
presents
the
stone
tool
assemblage
from
Covacha
de
los
Zarpazos
site,
included
in
the
Galería
complex
at
Sierra
de
Atapuerca
(Burgos,
Spain).
We
analyse
the
management
of
lithic
raw
materials,
the
reduction
sequences
identified,
and
the
morphological
variation
in
the
shape
of
large
cutting
tools.
The
results
show
that
raw
materials
play
an
important
role
in
the
final
variability
of
tool
shape,
although
they
do
not
represent
any
real
constraint.
However,
what
determines
the
main
variability
of
a
whole
lithic
assemblage
is
the
occupation
strategy
and
the
specific
activities
carried
out
in
a
given
site.
#
2013
Elsevier
Masson
SAS.
All
rights
reserved.
Keywords:
Atapuerca;
Middle
Pleistocene;
Acheulean;
Lithic
raw
materials;
Chaîne
opératoire;
Human
occupation
strategies
1.
Introduction
Le
débat
sur
la
variabilité
de
l’Acheuléen
en
Europe
a
notamment
porté
sur
l’Acheuléen
versus
le
Clactonien,
question
qui
se
traduit
essentiellement
par
la
présence
ou
l’absence
des
bifaces
(Otte,
1996
;
Roe,
1981
;
White,
2000).
Aujourd’hui,
les
différences
technologiques
sont
considérées
comme
reflétant
la
variabilité
au
sein
de
la
même
tradition
technique,
appliquée
aux
différents
contextes
et
aux
diverses
nécessités.
De
nombreux
auteurs
pensent
que
les
caractéristiques
technologiques
et
typologiques
du
Mode
2
sont
dues
à
la
disponibilité
et
à
l’acquisition
matières
premières
(Petraglia
et
al.,
1999
;
Sampson,
2006
;
Villa,
2001).
Il
a
été
aussi
suggéré
que
ces
matières
premières
influencent
la
technologie
de
production
(Clark,
1980
;
Jones,
1979),
que
la
forme
originale
du
support
détermine
la
morphologie
finale
des
outils
(raw
material
model,
Ashton
et
White,
2003
;
White,
1995)
et
que
les
étapes
successives
de
réduction
expliquent
les
variations
morphologiques
des
outils
lithiques
au
cours
de
la
séquence
de
taille
(reduction
sequence
model)
(Dibble,
1995
;
McPherron,
2006).
Toutefois,
d’autres
auteurs
soutiennent
que
ces
différences
peuvent
s’expliquer
simplement
par
des
traditions
culturelles
(Boëda,
1995
;
Sharon,
2008).
Covacha
de
los
Zarpazos
(Sierra
de
Atapuerca,
Burgos,
Espagne)
fait
partie
du
gisement
de
Galería
nous
avons
trouvé
la
plus
importante
séquence
acheuléenne
d’Atapuerca.
En
étudiant
les
assemblages
lithiques
de
Covacha
de
los
Zarpazos
(TZ
ci-dessous)
nous
voudrions
contribuer
au
débat
actuel
sur
la
variabilité
technologique
du
Pléistocène
moyen.
En
premier
lieu,
nous
avons
pour
objectif
d’estimer
la
polyvalence
des
connaissances
technologiques
des
tailleurs
en
décrivant
les
caractéristiques
de
la
matière
première,
les
méthodes
de
taille
et
les
résultats.
Ensuite,
nous
cherchons
à
distinguer
quels
aspects
dépendent
du
support
originel,
en
identifiant
certains
des
aspects
morphologiques
du
support
sélectionné
pour
façonner
la
pièce
archéologique.
Enfin,
nous
voulons
définir
le
contexte
d’occupation
et
donc
évaluer
son
influence
sur
l’enregistrement
fossile.
2.
Le
site
La
Sierra
d’Atapuerca
est
localisée
au
nord
de
la
Meseta
Ibérica,
à
15
km
à
l’est
de
Burgos
(Fig.
1).
C’est
une
petite
élévation
calcaire
du
Cénozoïque
qui
renferme
plusieurs
cavités
creusées
par
les
changements
du
cours
de
la
rivière
Arlanzón
(Pérez-González
et
al.,
2001).
Les
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540516
Author's personal copy
fouilles
dans
les
nombreux
sites
de
cette
colline
ont
livré
des
archives
archéologiques
très
riches
couvrant
le
dernier
million
d’années,
y
compris
plusieurs
restes
qui
ont
fourni
des
informations
clés
concernant
notre
connaissance
anthropologique
des
populations
du
Pléistocène
inférieur
et
moyen
(Arsuaga
et
al.,
1997
;
Bermúdez
de
Castro
et
al.,
1999
;
Carbonell
et
al.,
1995,
2008).
Le
gisement
de
Galería
est
situé
sur
le
côté
ouest
de
la
Sierra.
La
cavité
est
d’environ
14
m
de
haut
et
18
m
de
large,
et
se
développe
vers
l’intérieur
sur
plus
de
12
m.
Le
nom
de
Galería
est
utilisé
pour
désigner
l’ensemble
du
système
karstique
composé
de
trois
zones
distinctes
:
une
galerie
subhorizontale
dans
la
zone
centrale
(TG),
rejoint
à
l’extrémité
nord
une
petite
salle
(TZ)
de
laquelle
part
un
conduit
vertical
qui
monte
à
la
surface
à
l’extrémité
sud
(TN)
(Fig.
2).
Six
phases
principales
successives
de
remplissage
ont
été
distinguées
à
Galería
(Pérez-González
et
al.,
1999,
2001
;
Vallverdú,
2002)
(Fig.
3)
:
GI
:
Unité
stérile
formée
par
les
sédiments
détritiques
caverneux
sous-jacents,
l’inversion
Matuyama-Brunhes
a
été
localisée
(Pérez-González
et
al.,
1999).
L’un
des
spéléothèmes
au
sommet
de
cette
unité
a
été
daté
à
>
350
Ka
(U/Th)
et
à
317
60
Ka
(ESR)
(Grün
et
Aguirre,
1987).
GII
:
Dépôt
divisé
en
deux
unités
par
une
couche
organique
continue.
La
première,
GIIa,
correspond
au
moment
la
grotte
a
été
ouverte
vers
l’extérieur.
Cette
phase
comprend
les
niveaux
archéologiques
plus
anciens
:
TG7
à
TG9,
TN2
à
TN4
et
TZ-GIId
(Tableau
1).
Bien
que
cette
unité
a
été
corrélée
avec
le
stade
isotopique
9
(Rosas
et
al.,
1998)
et
le
stade
isotopique
11
(Aguirre,
2001),
les
dernières
dates
TL
donnent
des
chronologies
plus
anciennes
:
503
95
Ka
pour
un
échantillon
juste
au-dessous
des
niveaux
TG7-TN2
et
422
55
Ka
pour
TG9
(Berger
et
al.,
2008).
Des
dates
récentes
ESR-US,
donnent
finalement
pour
GIIa
un
âge
de
350363
Ka
(Falguères
et
al.,
2013).
La
deuxième
unité,
GIIb,
comprend
les
niveaux
archéologiques
TG10D,
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
517
Fig.
1.
Localisation
géographique
de
la
Sierra
d’Atapuerca
dans
la
péninsule
Ibérique
et
vue
des
sites
et
du
système
karstique
(Groupe
Spéléologique
Edelweiss).
Geographical
location
of
the
Sierra
de
Atapuerca
in
the
Iberian
Peninsula
and
plan
view
of
the
sites
and
karst
system
(Grupo
Espeleológico
Edelweiss)
Author's personal copy
C
et
B,
TN5,
TN6,
TN6DA
et
TZ-GIIb/c,
et
dispose
d’une
datation
ESR-US
de
237269
Ka
(Falguères
et
al.,
2013).
GIII
:
Ce
dépôt
a
été
également
séparé
en
deux
unités.
La
première,
qui
correspond
à
la
partie
inférieure,
comprend
les
niveaux
archéologiques
TG10A,
TG11
(GSU12
à
7),
TN7
et
TZ-GIIa.
La
deuxième
unité
comprend
les
niveaux
archéologiques
TG11
(GSU
6
à
1),
TN8
et
TZ
GIII
(Tableau
1).
La
base
de
GIII
a
été
datée
par
TL
à
466
39
Ka
et
la
partie
supérieure
a
été
datée
par
TL
et
IRSL
à
255
26
Ka
(Berger
et
al.,
2008).
Des
datations
plus
récentes
par
ESR-US
situent
toute
la
unité
GIII
entre
220
et
280
Ka
(Falguères
et
al.,
2013).
GIV
à
GVI
:
Ces
unités
représentent
le
dernier
épisode
de
remplissage
et
la
couche
humique
relictuelle
qui
a
scellé
la
grotte.
Une
stalagmite
du
sommet
de
GIV
a
été
datée
à
177
23,
211
32
Ka
et
222
31
(ESR),
et
à
87
14
Ka,
118
+71/49
Ka,
135
13
Ka,
et
166
25
(U/Th)
(Falguères
et
al.,
2001,
2013
;
Grün
et
Aguirre,
1987
;
Pérez-González
et
al.,
1999).
Une
croûte
stalagmitique
au
sommet
de
la
séquence
TZ
a
également
été
datée
à
(U/Th).
Une
nouvelle
date
de
la
base
de
GIV
a
donné
une
datation
IRSL
de
185
26
Ka
(Berger
et
al.,
2008).
On
notera
en
particulier
dans
l’archive
archéologique
et
paléoanthropologique
de
Galería
deux
restes
humains,
tous
les
deux
mis
au
jour
en
TZ.
Le
premier
(de
l’unité
GII)
est
un
fragment
d’une
mandibule
droite
adulte
conservant
la
M2
et
la
M3
(Bermúdez
de
Castro
et
Rosas,
1992).
Le
deuxième
reste,
à
la
base
de
GIII,
est
un
fragment
neurocraniale
de
la
zone
lambdatique
d’un
individu
adulte
(Arsuaga
et
al.,
1999).
Les
deux
restes,
attribués
à
Homo
heidelbergensis,
sont
très
semblables
aux
individus
de
la
même
espèce
retrouvés
dans
le
site
contigu
de
Sima
de
los
Huesos
(Arsuaga
et
al.,
1997),
à
moins
de
2
km
de
Galería.
Les
restes
de
grands
mammifères
les
plus
abondants
sont
Dama
dama
clactoniana,
Cervus
elaphus,
Megaloceros
cf.
dawkinsi,
Caprini
indet,
Bison
sp,
Equus
caballus
et
Stephanorhinus
cf.
hemitoechus
(Van
der
Made,
2001).
Les
restes
de
carnivores
ont
été
attribués
à
Ursus
cf.
spelaeus,
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540518
Fig.
2.
Vue
frontale
du
complexe
de
Galería
(de
gauche
à
droite
:
TZ-TG-TN)
à
la
fin
des
années
1980.
Front
view
of
Galería
complex
(from
left
to
right:
TZ-TG-TN)
in
late
1980s.
Author's personal copy
Panthera
leo,
Lynx
pardinus
spelaeus,
Felis
sylvestris,
Cuon
alpinus
europaeus,
Canis
lupus,
Vulpes
vulpes,
Meles
meles,
Mustela
sp.
et
Martes
sp.
(García
et
Arsuaga,
1998).
Beaucoup
de
restes
fauniques
dans
la
zone
sud
(TN)
appartiennent
à
des
squelettes
assez
complets.
La
présence
abondante
des
marques
de
dents
de
canidés
a
été
attribuée
au
charognage
par
les
carnivores.
Dans
le
secteur
nord
(TZ),
les
restes
sont
très
fragmentés,
avec
beaucoup
de
marques
de
rongeurs.
Le
transport
sélectif
des
ongulés
est
probable
dans
cette
zone,
avec
des
os
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
519
Fig.
3.
Profil
stratigraphique
du
remplissage
de
Galería
(secteur
central)
et
synthèse
chronostratigraphique
(modifié
de
Falguères
et
al.,
2013
:
182).
Légende
:
1
:
calcaire
et
dolomite
du
Crétacé
supérieur
;
2
:
spéleothèmes
;
3
:
Terra
rossa
;
4
:
graviers
et
blocs
calcaires
;
5
:
alternance
de
graviers
fins
et
moyens
et
limon
argileux
;
6
:
lutites,
limon
argileux
;
7
:
graviers
et
limon
argileux
;
8
:
guano
de
chauve-souris
et
limon
argileux
;
9
:
limon
argileux
laminés
;
10
:
argiles
sableuses
laminées
;
11
:
principaux
disconformités
stratigraphiques
;
12
:
principales
unités
stratigraphiques
;
13
:
unités
arquéo-
paleontologiques.
Stratigraphic
profile
of
the
cave
deposits
at
Galería
(central
area)
and
chronostratigraphic
synthesis
(modified
from
Falguères
et
al.,
2013:
182).
Caption:
1:
Upper
Cretaceous
limestone
and
dolomite;
2:
speleothems;
3:
Terra
rossa;
4:
limestone
blocks,
cobbles
and
gravels;
5:
alternance
of
fine
and
medium
pebbles
and
clay
loam;
6:
lutites,
clay
loam;
7:
gravels
and
clay
loam;
8:
bat
guano
and
clay
loam;
9:
laminated
loamy
clay;
10:
laminated
sandy
clay;
11:
main
stratigraphical
unconformities;
12:
main
stratigraphic
units;
13:
archaeo-palaeontological
units.
Author's personal copy
secs
portant
les
preuves
d’une
exposition
prolongée.
Néanmoins,
beaucoup
de
restes
osseux
présentent
des
cut-marks
et
des
stigmates
de
percussion
qui
sont
le
résultat
des
activités
de
boucherie,
et
qui
montrent
aussi
comment
les
humains
avaient
un
accès
primaire
aux
carcasses
(Cáceres,
2002
;
Cáceres
et
al.,
2010
;
Díez
et
Moreno,
1994
;
Huguet
et
al.,
2001).
3.
Matériels
et
méthodes
L’objectif
principal
de
cette
étude
est
l’assemblage
lithique
de
Covacha
de
los
Zarpazos
(TZ).
Pour
fournir
un
contexte,
nous
avons
analysé
aussi
le
matériel
lithique
des
deux
autres
sites
du
gisement
de
Galería
(TG
et
TN).
Après
une
caractérisation
préliminaire
de
la
matière
première,
nous
nous
sommes
concentrés
sur
les
aspects
technologiques
et
sur
les
différentes
phases
de
la
séquence
de
réduction.
Ensuite,
après
avoir
décrit
l’assemblage
technologique
complet,
nous
avons
analysé
les
pièces
façonnées
(bifaces
et
hachereaux)
pour
déterminer
les
caractéristiques
de
leur
variabilité.
Le
Système
Logique
Analytique
utilisé
dans
cette
étude
(S.L.A.,
dans
Carbonell
et
al.,
1983,
1992)
définit
les
catégories
structurelles
que
permettent
situer
chaque
produit
dans
l’ensemble
du
processus
technologique.
Ainsi,
les
différentes
étapes
de
ce
processus
sont
représentées
par
des
catégories
structurelles
définies
(Tableau
2).
Cette
méthode
se
concentre
sur
les
caractéristiques
générales
de
la
séquence
de
réduction
plutôt
que
sur
les
questions
typologiques.
Quatre
formats
ont
été
considérés
pour
classifier
les
outils
lithiques,
en
fonction
des
capacités
humaines
de
préhension
(Napier,
1962)
:
micro
(moins
de
20
mm
de
longueur),
petit
(entre
21
et
60
mm),
moyen
(entre
61
et
100
mm)
et
grand
(plus
de
100
mm)
(Carbonell
et
al.,
1999a
;
Ollé,
2003).
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540520
Tableau
1
Corrélation
stratigraphique
entre
les
niveaux
des
trois
secteurs
fouillés
dans
le
gisement
de
Galería
(TZ,
TG
et
TN).
Stratigraphical
correlation
between
the
three
excavated
sectors
of
the
Galería
site
(TZ,
TG
and
TN).
Unité
Subunité
Covacha
De
Los
Zarpazos
(TZ)
Galería
(TG)
Tres
simas
boca
norte
(TN)
GIII
GIIIb
GIII
TG11
GSU
01
TN8
GSU
02
GSU
03
GSU
04
GSU
05
GSU
06
GIIIa
GSU
07
GSU
08
GSU
09
GSU
10
GSU
11
GSU
12
GIIa
TG10A
TN7
GII
GIIb
GIIb/c
TG10CC
TG10B
TN6/6DA
TG10C
TN5
TG10D
GIIa
GIId
TG9
TN2A/2B/3/4
TG8
TG7
Author's personal copy
Nous
avons
également
appliqué
sur
le
grand
outillage
plusieurs
mesures
spécifiques
et
indices
définis
par
Bordes
(1961)
et
Roe
(1981)
(Fig.
4).
L’analyse
de
Pearson
a
été
utilisée
pour
établir
les
relations
entre
ces
variables.
4.
Matières
premières
Sept
types
principaux
de
matières
premières
ont
été
identifiés
dans
l’enregistrement
archéologique
de
Galería,
chacun
d’entre
eux
disponibles
à
proximité
immédiate
de
la
Sierra
de
Atapuerca,
dans
un
rayon
de
2
à
5
km
autour
du
site
(García-Antón
et
al.,
2000
;
García-Antón
et
Mosquera,
2007).
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
521
Tableau
2
Catégories
structurales
du
Système
Logique
Analytique
(S.L.A.).
Structural
categories
from
the
Logical
Analytic
System
(L.A.S.).
S.L.A./L.A.S.
Subdivision
S.L.A./L.A.S.
Subdivision
Termes
communs/Common
terms
Base
naturelle
(Bn)
Natural
Base
(nB)
Bna
:
manuports
(sans
des
traces
de
percussion)
nBa:
manuports
(without
percussion
marks)
Galets
ou
blocs
sélectionnés
pour
la
taille
la
percussion
Cobbles,
pebbles
or
blocks
selected
in
order
to
flake
them
or
use
them
as
hammerstones
Bnb
:
percuteurs
(avec
des
traces
de
percussion)
nBb:
Hammerstones
(with
percussion
marks)
Bnc
:
galets
avec
des
traces
de
percussion
et
fractures
nBc:
pebbles
with
percussion
marks
and
fractures
Bnd
:
fragments
de
galet
nBd:
fragments
of
pebbles
Base
Négative
de
Première
Génération
(BN1G)
First
Generation
Negative
Base
(1GNB)
BN1GE
:
d’Exploitation
:
nucléus
1GNBE:
of
Exploitation:
cores
Galets
blocs
une
fois
taillés.
Ils
peuvent
être
outils
nucléus
Cobbles,
pebbles
or
blocks
once
flaked.
They
can
be
either
tools
or
cores
BN1GC
:
de
configuration
:
galets
taillés
1GNBC:
of
Configuration:
tools
on
pebble
Base
Négative
de
Seconde
Génération
(BN2G)
Second
Generation
Negative
Base
(2GNB)
BN2GE
:
d’Exploitation
:
nucléus
sur
éclat
2GNBE:
of
Exploitation:
cores
on
flake
Éclats
taillés.
Éclats
exploités
retouchés
Flaked
flakes.
That
is
flakes
that
have
been
exploited
or
retouched
BN2GC
:
de
Configuration
:
outils
sur
éclat
2GNBC:
of
Configuration:
tools
on
flake
Base
Positive
(BP)
Positive
Base
(PB)
BP
:
éclats
simples
PB:
simple
flakes
Éclats
simples
entiers
Complete
simple
flakes
BPF
:
BP
fracturés
(portant
le
talon
et
le
bulb)
FPB:
fractured
PB
(with
bulb
and
platform)
Éclats
fracturés
Fractured
flakes
FBP
:
fragments
de
BP(sans
talon
ni
bulb)
Frag
of
PB:
fragments
of
flake
(without
bulb
and
platform)
Fragments
d’éclat
Fragments
of
flake
Fragments
(FRAG)
Fragments
(FRAG)
Fragments
angulaires
Angular
fragments
Indéterminable
(INDET)
Indeterminable
(INDET)
Pièces
non
identifiables,
à
cause
des
problèmes
de
conservation
Unidentificable
lithic
items,
due
to
poor
preservation
Author's personal copy
Le
silex
du
Néogène
est
la
matière
première
la
plus
abondante
dans
l’archive
archéologique
d’Atapuerca.
Cette
roche
s’est
formée
pendant
l’Astaracien
(Miocène
moyen).
Il
est
extrêmement
abondant
dans
la
zone
d’Atapuerca
et
il
est
disponible
sous
forme
de
gros
blocs
autour
de
la
grotte.
Il
s’agit
d’une
roche
à
structure
cryptocristalline,
qui
se
taille
facilement
et
dont
la
couleur
varie
du
blanc
au
gris.
Le
silex
du
Crétacé,
du
Turonien
moyen
et
supérieur,
apparaît
en
deux
zones
à
moins
de
2
km
du
site,
dans
le
karst
et
dans
les
zones
plus
élevés
de
la
Sierra.
Ce
matériel,
aussi
cryptocristallin,
est
plus
homogène
et
donc
plus
facile
à
tailler,
mais
d’utilisation
plus
limité
à
cause
des
dimensions
réduites
de
ses
nodules
(normalement
inférieur
à
15
cm).
Dans
certains
cas,
nous
n’avons
pas
pu
définir
la
variété
des
silex
(Néogène
ou
Crétacé).
Ceci
est
le
résultat
de
deux
réalités
:
parfois
le
silex
est
légèrement
altéré,
tandis
que
dans
d’autres
cas
l’échantillon
ne
présente
pas
des
caractéristiques
suffisamment
claires
pour
les
définir.
Les
autres
matières
premières
principalement
utilisées,
tels
que
le
quartzite,
le
quartz,
le
grès
et
le
schiste
sont
d’origine
Paléozoïque
et
apparaissent
sous
forme
de
galets
de
petites
et
moyennes
dimensions.
Les
principales
sources
potentielles
de
ces
matières
premières
sont
les
terrasses
quaternaires
de
la
rivière
Arlanzon,
mais
des
qualités
spécifiques
de
quartzite
et
de
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540522
Fig.
4.
Mesures
appliquées
à
l’étude
de
la
variabilité
des
bifaces.
García-Medrano
(2011),
basé
sur
les
propositions
de
Bordes
(1961)
et
Roe
(1981).
Measurements
applied
to
the
study
of
biface
variability.
García-Medrano
(2011),
based
on
Bordes’
(1961)
and
Roe’s
(1981)
proposals.
Author's personal copy
Author's personal copy
Author's personal copy
quartz
peuvent
aussi
être
retrouvées
dans
les
formations
telles
que
le
faciès
d’Utrillas,
affleurant
à
quelques
kilomètres
des
sites.
Ce
matériel
se
taille
facilement
ou
assez
facilement,
en
fonction
de
l’homogénéité
et
des
dimensions
des
grains
de
chaque
variété.
Enfin,
le
calcaire
provient
du
substratum
du
Crétacé
de
la
Sierra.
Il
apparaît
sous
toutes
les
morphologies
(essentiellement
en
blocs
mais
aussi
en
galets),
avec
des
grains
fin
à
grossiers
et
des
propriétés
de
taille
limités.
5.
Étude
technologique
L’assemblage
lithique
de
TZ,
étudié
ici,
a
été
récolté
pendant
les
campagnes
de
fouilles
de
1981
à
1996
et
de
2002
à
2006
et
comprend
478
pièces.
Cet
échantillon
comprend
l’ensemble
de
l’assemblage
lithique,
et
inclus
les
petits
éclats
et
les
débris.
En
ce
qui
concerne
la
représentation
du
matériel
lithique,
TZ
suit
la
tendance
documenté
dans
les
sites
de
Galería
et
dans
la
plupart
des
dépôts
d’Atapuerca
(Carbonell
et
al.,
1999b
;
Mosquera,
1998
;
Ollé
et
al.,
2013)
(Tableau
3).
Les
roches
les
plus
abondantes
sont
le
silex
Néogène
(59,8
%),
le
quartzite
(20,7
%)
et
le
grès
(9,2
%).
Les
matériaux
les
moins
représentés
sont
le
calcaire,
le
silex
Crétacé,
le
quartz,
le
silex
indéterminé
et
le
schiste.
Cette
proportion
des
matières
premières
retrouvées
reste
à
peu
près
constante
tout
au
long
de
la
séquence.
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
525
Tableau
5
TZ
:
bases
naturelles
(Bn)
définies
par
matières
premières
et
sous-types.
TZ:
natural
bases
(nB)
defined
by
raw
materials
and
subtypes.
Quartzite
Grès
Calcaire
Quartz
Total
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
BN-
3
4,3
3
42,9
6
6,5
BNa
3
4,3
3
3,3
BNb
31
44,3
3
23,1
34
37,0
BNc
25
35,7
4
30,8
3
42,9
2
100,0
34
37,0
BNd
8
11,4
6
46,2
1
14,3
15
16,3
Total
70
76,1
13
14,1
7
7,6
2
2,2
92
Tableau
6
TZ
:
méthodes
d’exploitation
par
catégories
structurales
et
par
matières
premières.
Nucléus
sur
galet
(BN1GE)
et
nucléus
sur
éclats
(BN2GE).
TZ:
exploitation
methods
by
structural
categories
and
raw
materials.
Cores
on
pebble
(1GNBE)
and
cores
on
flake
(2NGBE).
Longitudinal
Centripète
Orthogonal
Bip.
opposé
Total
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
Silex
néog.
BN2GE
3
50,00
2
100,00
1
100,00
6
40,00
Quartzite
BN1GE
5
83,33
5
33,33
Grès
BN1GE
1
16,67
1
6,67
Calcaire
BN1GE
1
16,67
1
6,67
Schiste
BNE
1
16,67
1
6,67
Silex
indét.
BN2GE
1
16,67
1
6,67
Total
6
40,00
6
40,00
2
13,33
1
6,67
15
Author's personal copy
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540526
Fig.
5.
Quelques
nucléus
de
TZ
:
en
grès
(a,
ATA93
TZ
GIII
K6
n
o
22
;
b,
ATA93
TZ
GIII
O5
n
o
30)
;
en
silex
Néogène
(c,
ATA92
TZ
GIII
M4
n
o
11
;
d,
ATA TZ
GIII
S/C)
;
en
calcaire
(e,
ATA93
TZ
GIII
K6
n
o
24)
;
et
en
quartzite
(f,
ATA95
TZ
GIII
L3
n
o
64
;
g,
ATA96
TZ
GIII
L3
n
o
246).
De
a
à
c,
nucléus
centripètes
sur
éclats
;
d,
nucléus
bipolaire
opposé
sur
éclat
et
de
e
à
g,
nucléus
longitudinale
sur
galet.
Author's personal copy
Á
noter
en
particulier
dans
la
composition
de
l’assemblage
lithique
une
importante
présence
des
supports
non
modifiés
(galets
non
modifiés,
18,8
%),
des
outils
façonnés
(aménagés
et
taillés,
16,5
%)
et
des
éclats
bruts
de
taille
(15,5
%).
Inversement,
il
y
a
une
petite
représentation
des
nucléus
(2,7
%)
(Tableau
4)
(García-Medrano,
2011).
Ailleurs
dans
l’enregistrement
lithique
de
Galería,
les
supports
non
modifiés
sont
moins
fréquents,
spécialement
en
TN.
TG
contient
une
importante
représentation
des
outils
façonnés
(27,7
%),
tandis
que
TN
contient
une
large
représentation
d’éclats,
suggérant
que
cette
zone
de
la
grotte
ait
été
utilisée
comme
atelier
de
taille.
5.1.
Supports
non
modifiés
Les
supports
non
modifiés
sont
l’une
des
catégories
les
plus
abondantes.
Les
éléments
les
plus
fréquents
sont
ceux
qui
montrent
des
traces
d’impact
(Bnb),
associés
ou
non
à
des
fractures
(Bnc).
Certains
d’entre
eux
pourraient
en
effet
être
liés
au
processus
de
débitage
(percuteurs),
tandis
que
les
autres
auraient
pu
être
utilisés
pour
toute
autre
activité
indéfinie
de
percussion
telle
que
la
fracturation
des
ossements
pour
avoir
accès
à
la
cavité
médullaire.
Tous
les
supports
non
modifiés
sont
des
galets
des
terrasses
fluviales.
Le
quartzite
est
le
matériel
le
plus
abondant
(76,1
%,
Tableau
5).
Dans
le
cas
du
grès,
il
est
intéressant
de
noter
que
presque
la
moitié
des
galets
sont
des
fragments
de
supports
non
modifiés
(Bnd).
Ce
fait
pourrait
être
expliqué
simplement
par
le
fait
que
ce
matériel
est
plus
enclin
à
la
rupture
après
des
impacts
violents.
5.2.
La
chaîne
de
débitage
:
les
nucléus
Un
total
de
15
nucléus
est
présent
dans
l’assemblage
lithique
de
TZ
(4,6
%)
(Tableau
6).
Seuls
ceux
en
silex
Néogène
ont
été
réalisés
sur
des
grands
éclats
(BN2GE),
les
autres
ont
été
produits
sur
galets
(BN1GE).
Cette
situation
est
habituelle
dans
l’ensemble
lithique
d’Atapuerca,
et
dérive
du
fait
que
ce
type
de
silex
apparaît
sous
forme
de
gros
blocs
à
partir
desquels
des
grands
éclats
ou
des
fragments
ont
été
enlevés
et
utilisés
comme
support.
Plusieurs
types
de
débitage
ont
été
enregistrés
dans
l’assemblage
de
TZ,
y
compris
le
débitage
longitudinal,
le
débitage
centripète,
le
débitage
bipolaire
opposé
et
la
méthode
orthogonale
(Fig.
5)
(Rodríguez,
2004
;
Carbonell
et
al.,
1999b).
Nous
résumons
ici
les
plus
courantes.
La
méthode
longitudinale
est
habituellement
développée
utilisant
des
galets
(quartzite
et
grès)
en
raison
de
leur
morphologie
ovale.
La
stratégie
de
réduction
consiste
dans
la
création
de
plusieurs
enlèvements
longitudinaux
sur
toute
la
longueur
du
plan
de
débitage,
qui
est
disposé
perpendiculairement
à
l’axe
le
plus
court.
Les
produits
finaux
conservent
habituellement
une
quantité
importante
de
surface
corticale.
La
méthode
centripète
est
développée
en
utilisant
des
éclats
de
diverses
matières
premières
(silex
Néogène,
grès
et
schiste).
Tous
ces
nucléus
sont
bifaciaux,
avec
les
deux
faces
exploitées
en
alternance.
Les
deux
faces
ont
tendance
à
être
assez
similaires,
même
si
elles
ne
sont
pas
totalement
symétriques.
Les
méthodes
longitudinale
et
centripète
sont
les
systèmes
d’exploitation
les
plus
fréquents,
c’est-à-dire
les
méthodes
dont
les
supports
peuvent
produire
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
527
Some
cores
from
TZ:
on
sandstone
(a,
ATA93
TZ
GIII
K6
No.
22;
b,
ATA93
TZ
GIII
O5
No.
30);
on
Neogene
chert
(c,
ATA92
TZ
GIII
M4
No.
11;
d,
ATA
TZ
GIII
S/C);
on
limestone
(e,
ATA93
TZ
GIII
K6
No.
24);
and
on
quartzite
(f,
ATA95
TZ
GIII
L3
No.
64;
g,
ATA96
TZ
GIII
L3
No.
246).
From
a
to
c,
centripetal
cores
on
flake;
d,
bipolar
opposed
core
on
flake,
and
from
e
to
g,
longitudinal
cores
on
cobble.
Author's personal copy
un
grand
nombre
d’éclats.
En
outre,
ils
fournissent
un
exemple
clair
dans
cet
assemblage,
d’une
relation
étroite
entre
systèmes
d’exploitation
et
matières
premières
:
les
nucléus
longitudinaux
ont
tendance
à
être
en
quartzite
(71,42
%),
tandis
que
les
nucléus
centripètes
ont
tendance
à
être
en
silex
Néogène
(60
%).
Ce
fait
pourrait
être
simplement
expliqué
par
la
taille
et
la
morphologie
des
supports
d’origine
:
la
morphologie
ovalaire
du
quartzite
et
la
taille
plus
grande
des
nucléus
en
silex
Néogène
pourrait
déterminer
quel
système
a
été
appliqué.
Ces
différences
selon
les
matières
premières
se
reflètent
aussi
dans
l’intensité
du
processus
d’exploitation
:
les
nucleus
en
silex
Néogène
sont
fortement
exploités,
tandis
que
ceux
en
quartzite
conservent
encore
beaucoup
de
leur
volume
originaire.
Les
deux
autres
méthodes
considérées,
bipolaire
opposé
et
multipolaire
orthogonale,
sont
toujours
unifaciales
et
ont
été
individualisées
en
fonction
de
la
répartition
des
enlèvements
sur
le
plan
de
frappe.
En
tout
cas,
ces
deux
méthodes
sont
peu
présentes
et,
quand
elles
le
sont,
elles
sont
toujours
appliquées
au
silex
Néogène.
Les
produits
résultants
du
processus
de
taille
(éclats,
éclats
retouchés,
éclats
fracturés
et
fragments
d’éclats)
représentent
39,4
%
de
l’ensemble
de
l’assemblage.
Une
sélection
préférentielle
du
silex
Néogène
(79,38
%
des
éclats
et
52,86
%
parmi
les
éclats
retouchés)
est
présente
partout.
Néanmoins,
parmi
les
pièces
retouchées
d’autres
matières
premières
telles
que
le
quartzite
(16,41
%)
et
le
grès
(11,94
%)
sont
aussi
représentées
(Tableau
7).
Les
caractéristiques
techniques
des
éclats
simples
et
des
éclats
retouchés
sont
très
semblables.
Dans
les
deux
cas,
les
bulbes
sont
autant
diffus
que
prononcés.
La
face
ventrale
présente
des
surfaces
sinueuses
et
convexes.
Le
plan
de
frappe
est
de
préférence
non
cortical,
montre
une
seule
facette
et
présente
une
morphologie
trapézoïdale.
L’éclat
le
plus
courant
présente
des
contours
pentagonaux
et
rectangulaires.
Enfin,
les
deux
sections
sagittales
et
transversales
des
éclats
sont
principalement
trapézoïdales.
Ces
caractéristiques
des
éclats
semblent
indiquer
des
phases
d’exploitation
anticipées
et
effectuées
à
partir
de
la
préparation
initiale
du
support
(i.e.
enlèvement
du
cortex).
5.3.
Procès
de
façonnage
(aménagés
et
retouchés)
Les
pièces
façonnées
représentent
16,4
%
de
l’assemblage
et
sont
principalement
en
silex
Néogène,
quartzite
et
grès
(Tableau
8).
Dans
94,9
%
des
cas,
ce
façonnage
a
été
fait
sur
éclats.
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540528
Tableau
7
TZ
:
produits
de
débitage
montrés
par
catégories
structurales
et
par
matières
premières.
Éclats
entiers
(BP),
éclats
retouchés
(BN2GC),
éclats
fragmentés
(BPF),
esquilles
d’éclats
(FBP).
TZ:
knapping
products
shown
by
structural
categories
and
raw
materials.
Whole
flakes
(PB),
retouched
flakes
(2GNBC),
fragmented
flakes
(FPB),
flake
fragments
(Frag
of
PB).
Silex
néog.
Quartzite
Grès
Calcaire
Silex
cret.
Quartz
Schiste
Silex
indet.
Total
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
BP
58
78,4
4
5,4
3
4,1
5
6,8
4
5,4
74
BN2GC
37
52,9
12
17,1
8
11,4
4
5,7
3
4,3
3
4,3
2
2,9
1
1,4
70
BPF
28
75,7
1
2,7
5
13,5
1
2,7
1
2,7
1
2,7
37
FBP
5
62,5
2
25,0
1
12,5
8
Total
128
67,7
17
9,0
18
9,5
9
4,8
9
4,8
3
1,6
3
1,6
2
1,1
189
Author's personal copy
La
Fig.
6
montre
une
mise
en
forme
préférentielle
sur
le
plus
grand
des
produits
disponibles.
Les
éclats
simples
sont
prédominants
seulement
dans
la
catégorie
des
micros
formats,
alors
que
dans
le
reste
des
formats
il
y
a
toujours
plus
d’éclats
retouchés
que
d’éclats
simples.
Néanmoins,
61,8
%
des
pièces
retouchées
se
situent
entre
20
à
60
mm
de
longueur
maximale.
La
dominance
des
petits
formats
pourrait
être
due
à
la
réduction
de
la
taille
originelle
des
éclats
au
cours
du
processus
de
retouche.
Cependant,
une
comparaison
entre
les
éclats
à
retouche
marginale
et
le
reste
des
éclats
retouchés
révèle
que
les
petites
tailles
sont
les
plus
fréquentes
dans
les
deux
cas
(Fig.
7).
En
outre,
on
retrouve
plusieurs
outils
tels
que
les
racloirs
ou
les
denticulés
qui
sont
plus
grands
que
les
outils
à
mise
en
forme
marginale,
suggérant
qu’il
n’y
a
pas
eu
une
réduction
de
taille
significative
due
au
processus
de
ravivage.
Les
types
les
plus
fréquents
dans
les
petits
outils
sont
les
racloirs
(23,7
%),
les
denticulés
(21,1
%)
et
les
éclats
à
retouches
marginales
(21,1
%).
Les
macros
outils
représentent
seulement
2,9
%
de
l’assemblage
et
incluent
6
bifaces
(trois
en
quartzite,
deux
silex
Néogène
et
un
autre
en
grès)
(Fig.
8)
et
un
chopper
en
quartzite.
Ce
chopper
conserve
la
plupart
de
sa
surface
corticale
d’origine,
avec
des
retouches
en
siège
distale
qui
forment
un
tranchant
dièdre
convexe.
Cinq
de
ces
bifaces
sont
sur
éclat,
et
l’un
de
ceux
en
quartzite
est
sur
galet.
La
surface
corticale
est
totalement
absente
seulement
dans
le
cas
d’un
biface
en
quartzite
(C3,
Fig.
9
et
10).
Les
autres
conservent
une
partie
résiduelle
du
cortex
à
l’extrémité
proximale
ou
au
milieu
de
la
face
dorsale.
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
529
Tableau
8
Outils
configurés
décomposés
en
catégories
structurales
et
matières
premières.
Shaped
tools
broken
down
into
structural
categories
and
raw
materials.
Silex
néog.
Quartzite
Grès
Calcaire
Quartz
Silex
cret.
Schiste
Silex
indét.
Total
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
%
(n)
BN1GC
3
75,0
1
25,0
4
BN2GC
39
52,0
14
18,7
9
12,0
4
5,3
3
4,0
3
4,0
2
2,7
1
1,3
75
Total
39
49,4
17
21,5
9
11,4
5
6,3
3
3,8
3
3,8
2
2,5
1
1,3
79
Fig.
6.
TZ
:
taille
des
éclats
simples
et
des
outils
sur
éclat.
TZ:
formats
of
simple
flakes
and
tools
on
flake
Author's personal copy
Les
enlèvements
suivent
une
tendance
centripète,
avec
des
inclinaisons
semi
abruptes
sur
une
face
et
plates
sur
l’autre.
Par
conséquent,
aucun
d’entre
eux
n’est
complètement
symétrique.
Le
percuteur
tendre
n’a
pu
être
utilisé
que
pour
le
biface
en
silex
Néogène
(SN1,
Fig.
9
et
10).
Certains
auteurs
(Dibble,
1995
;
McPherron,
2006)
ont
suggéré
qu’il
existe
un
modèle
clair
de
réduction
de
la
taille
et
de
changement
de
la
morphologie
de
ces
bifaces
en
raison
du
processus
de
ravivage.
Selon
ces
auteurs,
le
plus
grand
outil
serait
moins
arrondi
et
de
morphologie
plus
irrégulière
parce
qu’il
représente
la
première
étape
dans
le
processus
de
façonnage.
En
même
temps,
les
plus
arrondies
et
ceux
de
morphologie
régulière
seraient
les
plus
petits,
représentant
l’étape
finale
de
ce
processus.
Mais
dans
l’assemblage
lithique
de
Covacha
de
los
Zarpazos,
nous
n’avons
pas
détecté
cette
tendance.
La
morphologie
des
plus
grands
bifaces
a
tendance
à
être
ovalaire,
à
bords
droits
avec
une
nette
tendance
à
la
symétrie.
Les
plus
petits
bifaces
ont
une
morphologie
plus
irrégulière,
avec
une
tendance
aux
contours
triangulaires
et
rhomboïdaux
et
des
formes
moins
arrondies
(Figs.
9
et
10).
L’analyse
de
Pearson
a
été
utilisée
pour
tester
la
corrélation
entre
les
dimensions
et
les
indices
décrits
dans
le
Tableau
9.
Il
convient
de
noter
l’étroite
corrélation
entre
la
largeur
maximale
(m),
la
largeur
moyenne
(n),
les
dimensions
de
la
pointe
et
la
longueur
totale
(L).
En
outre,
l’épaisseur
(e)
est
l’une
des
variables
que
l’on
peut
moins
mettre
en
corrélation
avec
le
reste
des
dimensions.
Il
existe
une
corrélation
remarquable
entre
l’indice
d’allongement
(L/m)
et
l’emplacement
de
la
largeur
maximale
(a).
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540530
Fig.
7.
Comparaison
entre
longueur
et
largeur
des
éclats
à
retouches
marginales
et
le
reste
des
outils
façonnés.
Comparison
between
the
length
and
the
width
of
the
marginal
retouched
flakes
and
the
rest
of
the
shaped
tools.
Author's personal copy
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540
531
Fig.
8.
Bifaces
de
TZ
:
en
quartzite
(a,
ATA95
TZ
GIII
K5
n
o
20
;
b,
ATA93
TZ
GIII
Q5
n
o
11)
et
en
silex
Néogène
(c,
ATA94
TZ
GIII
n
o
2
;
d,
ATA96
TZ
GIIc
L2
n
o
48).
Handaxes
from
TZ:
on
quartzite
(a,
ATA95
TZ
GIII
K5
No.
20;
b,
ATA93
TZ
GIII
Q5
No.
11)
and
on
Neogene
chert
(c,
ATA94
TZ
GIII
No.
2;
d,
ATA96
TZ
GIIc
L2
No.
48).
Author's personal copy
P.
García-Medrano
et
al.
/
L’anthropologie
117
(2013)
515540532
Fig.
9.
Caractéristiques
métriques
des
bifaces
selon
Bordes
(1961)
et
Roe
(1981)
:
longueur
de
la
pointe,
largeur,
longueur
et
épaisseur
totale.
A1
biface
en
grès,
C1-C3
bifaces
en
quartzite
;
SN1-SN2
bifaces
en
silex
Néogène.
Metrical
traits
of
handaxes
according
to
Bordes
(1961)
and
Roe
(1981):
tip
length,
width,
thick
and
total
length.
A1
sandstone
handaxe,
C1-C3
quartzite
handaxes;
SN1-SN2
Neogene
chert
handaxes.
Fig.
10.
Indices
métriques
selon
Bordes
(1961)
:
allongement,
finition
et
morphologie
de
la
pointe
d’après
Bordes.
A1
biface
en
grès,
C1-C3
bifaces
en
quartzite
;
SN1-SN2
bifaces
en
silex
Néogène.
Metrical
indexes
according
to
Bordes
(1961):
elongation,
refinement
and
Bordes’
edge
shape.
A1
sandstone
handaxe,
C1-
C3
quartzite
handaxes;
SN1-SN2
Neogene
chert
handaxes.
Author's personal copy
McPherron
(2006)
suggère
que
si
les
différentes
matières
premières
peuvent
présager
la
morphologie
et
le
degré
d’exploitation,
dans
un
type
de
matières
premières
ne
devrait
alors
subsister
aucune
relation
entre
les
mesures
du
degré
d’exploitation
(longueur
de
la
pointe
ou
longueur
globale)
et
de
la
forme
(allongement,
aplatissement
et
la
forme
des
bords
de
Bordes)
;
et
c’est
exactement
ce
que
les
résultats
de
l’analyse
de
Pearson
nous
disent.
Ainsi,
la
forme
et
la
taille
en
grande
partie
expliquent
les
variabilités
morphologiques
de
ces
bifaces,
ces
deux
variables
étant
entièrement
liées
non
seulement
à
la
taille
du
support
originelle
mais
aussi
à
sa
morphologie.
6.
Discussion
6.1.
L’activité
technologique
en
TZ
L’utilisation
des
différentes
matières
premières
permet
aux
groupes
humains
de
développer
leurs
compétences
technologiques
et
appliquer
des
méthodes
de
débitage
différentes.
Les
nucléus
en
quartzite
ont
donc
été
exploités
en
utilisant
la
méthode
longitudinale
tandis
que
la
méthode
centripète
a
été
utilisée
pour
les
nucléus
en
silex
Néogène.
En
plus,
la
morphologie
des
bifaces
ne
semblent
pas
suivre
un
schéma
de
réduction
de
taille
ou
des
changements
de
leur
forme
qui
peuvent
correspondre
à
un
processus
de
reconfiguration.
Les
différences
semblent