Migration, pauvreté et environnement urbain à Hanoi et Hô Chi Minh Ville (Viêt-nam) [Migration, poverty and urban environment in Hanoi and Ho Chi Minh City]

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Conference: Chaire Quételet 2011 « Urbanisation, migrations internes et comportements démographiques » [Chaire Quetelet 2011 "Urbanization, internal migrations and demographic behaviours"], Volume: 13 p.
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Abstract
To study the interrelationships between migration, poverty and urban environment, a random sample survey was conducted in 2007 among 1,000 households in Hanoi and 1,500 households in Ho Chi Minh City. By implementing linear model analyzes (such as 'regression on qualitative variables'), we show a strong global effect of the education and wealth level on the sensitivity to the environment, especially vis-à-vis the presence of neighbourhood nuisances brought by major transportation routes, factories or garbage depots. But the analyzes also reveal that this effect is not reflected concretely by a segregation of social classes based on the environmental quality of neighbourhoods. This situation could however change, since a movement of avoidance of poor environmental conditions seems to emerge among young and well-off migrant households, at least in Ho Chi Minh City./ Pour étudier les interrelations entre migration, pauvreté et environnement urbain, une enquête par sondage aléatoire a été menée en 2007 auprès de 1000 ménages à Hanoi et 1500 ménages à Hô Chi Minh Ville. En mettant en œuvre des analyses par modèle linéaire (de type ‘régression sur variables qualitatives’), on montre un fort effet global du niveau d’éducation et de richesse sur la sensibilité à l’environnement, notamment vis-à-vis de la présence de nuisances de quartier apportées par les grandes voies de transport, les usines ou les dépôts d’ordure. Mais les analyses révèlent aussi que cet effet ne se traduit pas concrètement par une ségrégation des classes sociales en fonction de la qualité environnementale des quartiers. Cette situation pourrait toutefois évoluer, puisqu’un mouvement d’évitement des mauvaises conditions environnementales semble se dessiner chez les ménages migrants jeunes et aisés, du moins à Hô Chi Minh Ville.
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1
ChaireQuételet2011
Urbanisation,migrationsinternesetcomportementsdémographiques
Louvain‐la‐Neuve,16‐18novembre2011
Centrederechercheendémographieetsociété,UniversitécatholiquedeLouvain,
Louvain‐la‐Neuve,Belgique
Migration,pauvretéetenvironnementurbain
àHanoietChiMinhVille(Viêtnam)
NGUYÊN THI Thiêng1, Pierre MORAND2 et Patrick GUBRY3
Résumé
Pour étudier les interrelations entre migration, pauvreté et environnement urbain, une enquête par
sondage aléatoire a été menée en 2007 auprès de 1000 ménages à Hanoi et 1500 ménages à Hô Chi
Minh Ville. En mettant en œuvre des analyses par modèle linéaire (de type ‘régression sur variables
qualitatives’), on montre un fort effet global du niveau d’éducation et de richesse sur la sensibilité à
l’environnement, notamment vis-à-vis de la présence de nuisances de quartier apportées par les
grandes voies de transport, les usines ou les dépôts d’ordure. Mais les analyses révèlent aussi que cet
effet ne se traduit pas concrètement par une ségrégation des classes sociales en fonction de la qualité
environnementale des quartiers. Cette situation pourrait toutefois évoluer, puisqu’un mouvement
d’évitement des mauvaises conditions environnementales semble se dessiner chez les ménages
migrants jeunes et aisés, du moins à Hô Chi Minh Ville.
Abstract
To study the interrelationships between migration, poverty and urban environment, a random sample
survey was conducted in 2007 among 1000 households in Hanoi and 1500 households in Ho Chi Minh
City. By implementing analysis by linear model (as 'regression variables'), we show a strong global
effect of education and wealth level on the sensitivity to the environment, especially towards the
presence of neighbourhood nuisances produced by the major transportation routes, factories and
rubbish dumps. But the analysis also reveals that this effect is not reflected in practice by a segregation
of social classes according to the environmental quality of neighbourhoods. However, this could
change since a movement of avoidance of bad environmental conditions seems to be emerging among
young and affluent migrant households, at least in Ho Chi Minh City.
1. Institute for Population and Social Studies (IPSS), 207 Giai Phong, Arrondissement Hai Ba Trung,
Hanoi (Viêt-nam), thiengnt@gmail.com, Tél. : [84] (0)4 38 69 44 52
2. Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UMI « Résiliences », 32 avenue Henri
Varagnat, 93143 Bondy Cedex (France), pierre.morand@ird.fr, Tél. : [33] (0)1 48 02 59 92
3. Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UMR « Développement et sociétés »,
Université Paris 1-IRD, 32 avenue Henri Varagnat, 93143 Bondy Cedex (France),
patrick.gubry@ird.fr, Tél. : [33] (0)1 48 02 59 96
2
1.Introduction
Le phénomène de ségrégation résidentielle des classes sociales selon la qualité
environnementale des quartiers (Bullar, 1995) a été illustré par de nombreuses études
(Pedlowski & al., 2003). L’un des mécanismes possibles de cette forme de ségrégation est la
migration intra-urbaine des ménages. En effet, pour décrire le déterminisme de cette
migration, Brown et Moore (1970) avaient développé un cadre conceptuel qui, déjà, posait
l’hypothèse d’un rôle possible des critères environnementaux (tels que « le calme » ou « la
beauté ») dans la recherche et la décision d’habiter un nouveau quartier. On peut penser que,
depuis 40 ans, la dégradation des conditions environnementales dans nombre de grandes villes
du monde n’a fait que rendre plus pertinente cette hypothèse, avec l’idée générale que les
habitants qui en ont le désir et les moyens changent de résidence pour fuir les quartiers les
plus exposés aux nuisances. Cependant, il nous semble que la réalité d’un tel mouvement doit
être vérifiée et que son ampleur doit être réévaluée dans chaque contexte culturel et socio-
économique, c’est-à-dire dans chaque pays.
En amont des phénomènes de ségrégation spatiale, et pour mieux en comprendre les éventuels
ressorts, il importe d’examiner le degré de conscience et de connaissance des populations
urbaines par rapport à la notion d’environnement, ainsi que la perception qu’elles ont de leurs
propres conditions environnementales de résidence. La mise en évidence d’une éventuelle
corrélation du degré de sensibilité environnementale avec le niveau d’éducation ou de
richesse des répondants peut permettre d’expliquer les différences dans le comportement
exhibé par les groupes sociaux en matière de choix d’habitat et de mobilité.
Sur toutes ces questions, le Viêt-nam et ses deux métropoles, Hanoi la capitale politique et Hô
Chi Minh Ville la « capitale économique », fournit un cas d’étude très intéressant, compte
tenu de la phase d’urbanisation rapide qu’il traverse suite à la libéralisation progressive de
l’économie mise en œuvre à partir de 1986 (politique du Doi moi ou Renouveau). En 2009,
soit après l’élargissement de ses limites géographiques décidé par l’administration en 2008,
Hanoi comptait 6,5 millions d’habitants, dont 2,6 millions d’urbains (41,0 %). La même
année, Hô Chi Minh Ville comptait 7,2 millions d’habitants dont 6,0 millions d’urbains
(83,3 %) (Central Population and Housing Census Steering Committee, 2010) 1.
Cependant, l’accroissement naturel de la population est devenu très faible en ville, par suite
de la transition démographique, avec la baisse de la fécondité impulsée par une stricte
politique de planification familiale. Dans ces conditions, le phénomène migratoire est devenu
le facteur essentiel de la croissance urbaine. La migration rurale-urbaine est impulsée par la
concentration des investissements et l’accroissement des disparités économiques entre la ville
et la campagne, au bénéfice de la première ; par la diminution également du rôle de
« l’enregistrement résidentiel », bien que celui-ci soit légalement toujours en vigueur. Enfin,
elle est facilitée par la rémanence d’une forte proportion de population rurale (70,4 % dans
l’ensemble du pays), réservoir important de migrants potentiels.
1 Au Viêt-nam, les limites administratives des grandes agglomérations incluent une vaste zone rurale.
On distingue ainsi les « arrondissements urbains » des « arrondissements ruraux ». Une étude précise
de la population urbaine de ces agglomérations demanderait en outre de retirer du total la population
urbaine des petites localités disjointes du centre (Cu Chi et Cân Gio à Hô Chi Minh Ville, Son Tây à
Hanoi) et à l’inverse d’ajouter à l’agglomération de Hô Chi Minh Ville les zones urbaines contiguës
des provinces de Binh Duong et de Dông Nai (ville de Biên Hoa).
3
Cette nouvelle croissance urbaine n’est pas sans générer des problèmes majeurs
d’environnement. Ceux-ci sont généralement plus aigus en milieu urbain du simple fait de la
concentration de la population et des activités économiques. Les autorités sont en permanence
confrontées entre, d’une part, la nécessité d’impulser la croissance économique en facilitant
les investissements pour accroître l’emploi et réduire la pauvreté et, d’autre part, la nécessité
de protéger l’environnement en déployant de plus en plus de contraintes réglementaires et
légales (Gubry, 2000).
Les recherches sur l’environnement, en particulier sur l’environnement urbain, se sont
considérablement développées au Viêt-nam depuis une vingtaine d’années : maladies
parasitaires, pollution de l’air, pollution des sols, maladies générées par la pollution,
inondations, trafic routier, bruit, plus récemment changement climatique, etc. Cependant, ces
études peuvent être toutes qualifiées de purement « techniques » ; elles se focalisent sur la
description de l’évolution des facteurs physiques ou biologiques de l’environnement en
cherchant parfois à montrer l’incidence potentielle de ces évolutions sur la santé ou la vie
humaine. Très peu d’études ont cherché à prendre en compte le vécu réel de la population en
relevant les perceptions et les comportements qu’elle développe vis-à-vis des problèmes
environnementaux (NIURP, 1996 ; Gubry & al., 1997 ; Dang Nguyen Anh & al., 2002). Or, la
population est de plus en plus préoccupée par la dégradation de l’environnement et la
pollution, comme en témoignent les nombreux articles de presse, les émissions radio-
télévisées et les discours officiels.
La présente étude vise à prendre la mesure de cette nouvelle sensibilité et le cas échéant à en
cerner les premières conséquences en termes de faits et comportements dans les deux
métropoles que sont Hanoi et Hô Chi Minh Ville. Pour ce faire, nous analysons ici quelques
uns des résultats du projet « Migration, pauvreté et environnement urbain : Hanoi et Hô Chi
Minh Ville »2.
2.Méthodologieetdonnées
2.1. L’enquête
L’approche mise en œuvre consiste à comparer systématiquement Hanoi et Hô Chi Minh
Ville, principalement à partir d’une enquête ménage portant sur tous les problèmes
d’environnement urbain, qui sont mis en relation avec le statut migratoire et le niveau de vie3.
Les travaux préliminaires ont conduit à élaborer un plan de sondage à deux degrés. Au
premier degré, on a tiré un échantillon d’îlots ou tô dân phô4, profitant du fait que l’espace est
2 Le projet « Migration, pauvreté et environnement urbain : Hanoi et Hô Chi Minh Ville » était l’un
des dix projets de recherche en sciences sociales financés par l’ambassade de France au Viêt-nam
dans le cadre du Fonds de solidarité prioritaire FSP2S, pendant la période 2005-2009, avec la
contribution de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), qui s’est poursuivie.
L’exécution du projet a été réalisée en partenariat entre trois institutions : l’Institut de recherche pour
le développement (IRD) de Paris (UMR 201, « Développement et sociétés », Université Paris 1-
IRD), l’Institut d’études sur la population et la société (IPSS) à l’Université nationale d’économie de
Hanoi (ex-Centre de population) et l’Institut d’études pour le développement de Hô Chi Minh Ville
(HIDS) (ex-Institut de recherches économiques).
3 CP, IER, IRD, 2005, Migration, pauvreté et environnement urbain : Hanoi et Hô Chi Minh Ville.
Projet FSP AId16. Hanoi, 35 p.
4
« îloté » à un niveau très fin et que le responsable d’îlot connaît en principe les chefs de
ménage de son îlot. Au second degré, on a tiré un échantillon de ménages sur la liste des chefs
de ménage préalablement établie dans les îlots sélectionnés. Un taux d’échantillonnage plus
élevé a été appliqué aux ménages migrants afin de disposer d’un échantillon de migrants de
taille suffisante ; un redressement pour corriger cette surreprésentation a été réalisé a
posteriori pour certaines analyses5. À chacun des degrés, l’échantillon est en pratique
géographiquement stratifié dans la mesure où les îlots d’un côté, les ménages de l’autre se
suivent sensiblement sur les listes selon l’ordre de proximité géographique. Le but était
d’arriver à un échantillon de 1 000 ménages à Hanoi et 1 500 ménages à Hô Chi Minh Ville.
Ce plan de sondage est novateur, dans la mesure où jusqu’à présent on tirait généralement au
premier degré les unités immédiatement inférieures aux arrondissements : phuong (dans les
arrondissements urbains) ou xa (dans les arrondissements ruraux), ce qui génère un effet de
grappe considérable (ces unités ont de 3 000 à 4 000 ménages chacun), ce qui n’est pas le cas
des îlots (de l’ordre de 40 à 150 ménages). Au second degré, on prenait les listes disponibles
au niveau de l’administration. L’exhaustivité est ici meilleure dans la mesure où les listes des
ménages sont établies indépendamment des listes existantes auprès du responsable d’îlot qui
ne comprennent, quand elles sont bien tenues, que les personnes ayant fait une démarche pour
régulariser leur situation en ville.
Un programme informatique spécifique a été élaboré par un spécialiste de l’INSEE pour
d’une part tirer les îlots sur la liste des îlots de chaque ville simplement à partir du nombre
d’îlots par phuong/xa, d’autre part les ménages sur la liste des ménages établie lors de la
première étape dans les îlots sélectionnés, à partir du nombre de ménages par îlot6.
L’enquête ménage a été réalisée en juin-juillet 2007 dans les deux villes. Finalement,
l’échantillon comprend 1 000 ménages avec 3 983 individus à Hanoi, 1 500 ménages avec
6 592 individus à Hô Chi Minh Ville.
Un volet du questionnaire a porté sur les problèmes d’environnement : connaissance de la
notion d’environnement, caractéristiques objectives de l’environnement immédiat du ménage
et de l’environnement du quartier, perception de la situation de dégradation de
l’environnement...7
2.2. Unitésstatistiquesetvariablescollectées
Si l’on examine le protocole d’échantillonnage et d’enquête qui a été déployé, on voit que
l’échantillon de personnes répondant à ces questions sur l’environnement ne constitue pas un
échantillon aléatoire de la population adulte des villes considérées, puisque les répondants
sont, dans 94,8% des cas, l’une des personnes positionnées au premier ou deuxième rang de la
4 En zone périphérique, les îlots portent les noms de tô nhân dân à Hô Chi Minh Ville et thôn ou xom à
Hanoi.
5 L’analyse porte finalement sur les « migrants récents », ceux qui se sont installés dans leur lieu de
résidence actuelle depuis le 1er janvier 2002 (c’est-à-dire depuis moins de 5 ans et demi).
6 La méthodologie détaillée de cette enquête est identique à celle mise en œuvre pour l’enquête sur les
les mobilités intra-urbaines de 2003 ; elle est exposée dans Gubry & al., 2008, chapitre 1, p. 19-50.
7 Le questionnaire complet est téléchargeable sur le site de l’UMR 201 :
http://recherche-iedes.univ-paris1.fr/membres/membres-permanents/gubry-patrick/article/recherches-350
5
liste des membres dressée pour chaque ménage de l’échantillon. C’est pourquoi certaines
catégories de personnes, telles que les personnes malades, déficientes ou bien occupant des
rangs secondaires dans les ménages, n’ont que très rarement été répondants de l’enquête, se
trouvant par conséquent sous-représentés dans l’échantillon et dans les résultats des analyses,
au contraire des hommes et des femmes d’âge adulte ayant statut de ‘chef de ménage’, de
‘conjoint(e) de chef de ménage’. Cependant, un tel biais d’échantillonnage s’exerce à
l’échelle infra-groupe. Il n’affecte pas la représentation des groupes sociaux ni des groupes
professionnels et n’empêche pas la participation à l’échantillon de tous les groupes d’âges
adultes, extrema exclus (quasi-absence de très vieilles personnes). C’est pourquoi on peut
raisonnablement admettre que ce biais ne gêne pas l’interprétation des résultats, compte tenu
de la manière avec laquelle les analyses ont été conduites, s’attachant davantage, pour chaque
analyse, aux différences inter-groupes plutôt qu’aux valeurs absolues estimées pour chaque
groupe social ou économique.
L’unité statistique considérée ici est donc le « répondant » (la personne répondant au
questionnaire), c’est-à-dire un adulte (très généralement le chef de ménage ou bien son
conjoint) qui était l’interlocuteur de l’enquêteur au moment du passage de ce dernier. Parmi
les variables qui sont traitées ici, certaines sont relatives à la personne répondante, ce sont par
exemple : le sexe, l’âge, le revenu salarié, le niveau d’éducation et tout ce qui décrit le niveau
de connaissance et la perception de l’environnement. Mais d’autres variables sont relatives à
des objets plus larges qui entourent la personne répondante : son ménage, son habitation dans
son ensemble, ou encore son quartier. Par exemple, des informations ont été collectées sur les
biens durables du ménage de la personne, d’autres sont relatives à l’équipement de l’habitat,
d’autres encore aux caractéristiques environnementales du quartier. Cependant, dans tous les
cas, les variables sont considérées comme descripteurs de la personne répondante – c’est-à-
dire d’un seul individu par ménage enquêté – et ce sont les caractéristiques de cette personne,
de son ménage, de son habitat et de son environnement qui font l’objet des analyses.
2.3. Prétraitement:constructiond’indicessynthétiques
Il est difficile de traiter les réponses libres formulées par le répondant face à des questions
générales portant sur la conscience ou la connaissance de l’environnement. L’approche
choisie a donc été de construire des indices synthétiques (ou indices composites) représentant
de telles dimensions à partir des réponses binaires apportées à des questions plus
élémentaires. Pour cette construction, nous avons utilisé différents sous-ensembles de
réponses tirées du questionnaire, ces réponses pouvant être tantôt des réponses à choix
binaire, tantôt des réponses sur des échelles qualitatives ordonnées. Par exemple, pour
construire un ‘indice de connaissance et conscience par rapport à l'environnement’, nous
avons évoqué 20 notions et une question d’implication personnelle des intéressés (annexe 1).
Chaque indice composite a ainsi été calculé par combinaison linéaire de valeurs 1 ou 0
appliquées aux modalités des réponses obtenues. Les indices synthétiques produits sont au
nombre de quatre :
Indice de connaissance et conscience par rapport à l'environnement (IEK pour ‘Index
of Environmental Knowledge’)
Indice de perception de la dégradation de l'environnement (IPED pour ‘Index of
Perception of the Environment Degradation’)
Indice de mauvaises conditions environnementales d'habitation (IBHEC pour ‘Index of
Bad Housing Environmental Conditions’)
6
Indice de mauvaises conditions environnementales de quartier (IBSEC pour ‘Index of
Bad Surroundings Environmental Conditions’)
Ces quatre indices se présentent sous forme de scores quantitatifs qui vont jouer, tout à tour,
le rôle de variable dépendante (c’est-à-dire de variable ‘à expliquer’) pour les analyses
menées à l’aide du modèle linéaire.
2.4. Analysesstatistiques
Des corrélations de Pearson entre les indices composites ont été calculées et testées, dans tous
les cas où cela pouvait faire sens. Des comparaisons de moyennes d’indices en regard des
deux modalités de la variable ville (Hanoi vs Hô Chi Minh Ville) ont également été
effectuées.
Chacun des quatre indices composites (IBHEC, IBSEC, IEK, IPED) a ensuite fait l’objet
d’une analyse par modèle linéaire. Pour les deux indices de conditions environnementales
objectives (IBHEC et IBSEC), neuf variables sont utilisées (V1 à V9, cf. tab. 1) alors que pour
les indices de connaissance de l’environnement et de perception de dégradation
l’environnement (IEK et IPED), la totalité des 15 variables sont utilisées, incluant les
variables V10 à V15 qui décrivent la présence d’éléments de l’environnement à proximité de la
résidence du répondant (tab. 1).
Tableau1:Variablesetmodalitésutiliséescommefacteursexplicatifs
NomdelavariableModalitésconsidérées
V1GenreHomme;Femme
V2Grouped’âgeMoinsde35ans;36à45;46à59;60ansetplus
V3MigrantInstallédepuismoinsdeans;Installédepuisplusde….ans
V4Niveaud’éducationscolaire04ansdescolarité;5à9ansdescolarité;9à11ansdescolarité;
12ansetplus(étudessupérieures)
V5Niveaudequalification
professionnelle
Nonqualifié;Technicien;Hautesétudes
V6ActivitéActif;Nonactif
V7Niveauderichesse*Pauvre;Moyen;Riche
V8Localisationdans
l’agglomération
DansleCentre;Enpériphérie
V9VilleHanoi;ChiMinhVille
V10ProximitéusineOui;Non
V11Proximitédépôtsd’ordure Oui;Non
V12Proximitéd’unegrandevoie
ferroviaire
Oui;Non
V13ProximitéétangourivièreOui;Non
V14ProximitéchampouboisOui;Non
V15ProximitéparcaménagéOui;Non
*Leniveauderichesseestluimêmeunindicesemiquantitatifcompositecrééàpartirdeplusieursréponsessur
desélémentsobjectifs.
7
Précisons qu’aucune variable prise en compte dans la construction d’un indice composite
n’est réutilisée comme facteur explicatif du même indice, ce qui prévient tout risque de boucle
dans l’interprétation des résultats.
Pour chaque série d’analyse, le score d’indice composite (c’est-à-dire la variable dépendante
Y) est traité comme une variable continue alors que les modalités des variables V1, .., Vn. sont
considérées comme les facteurs explicatifs. Les coefficients du modèle Y= f(V1, V2, … Vn)
sont estimés à l’aide de la procédure de régression linéaire sur variables qualitatives (logiciel
SPSS, cf. exemple annexe 2). Seuls les effets significatifs au seuil de 5 % (p<0,05) sont
retenus et commentés. La valeur du coefficient n’est utilisée que pour repérer l’orientation de
l’effet (positif ou négatif) sur l’évolution de l’indice.
3.Résultats
3.1. Facteursassociésàunmauvaisétatobjectifdel’environnementde
l’habitation(indiceIBHEC)
L’analyse par le modèle linéaire montre qu’un faible niveau d’éducation, un état de pauvreté
ainsi que, dans une moindre mesure, un âge élevé du répondant (> 60 ans) et une localisation
dans la partie périphérique de la ville, sont des facteurs qui sont associés de manière
significative à une situation « mauvaise » concernant l’environnement immédiat et la qualité
d’habitation. Un niveau professionnel élevé chez le répondant constitue au contraire un
facteur qui est associé à de meilleures conditions environnementales d’habitation. Enfin, il
existe un effet significatif « Hô Chi Minh Ville » vs « Hanoi », qui montre que, de façon
globale, l’habitation est de moins bonne qualité à Hô Chi Minh Ville.
3.2. Facteursassociésàunmauvaisétatobjectifdel’environnementde
quartier(indiceIBSEC)
L’analyse par le modèle linéaire montre que le fait d’avoir un niveau d’éducation élevé (plus
de 12 années de scolarisation), d’être assez jeune (36-45 ans), de résider dans la partie
centrale de la ville (surtout dans le cas de Hô Chi Minh Ville) et enfin d’être migrant (installé
depuis moins de 5 ans et demi sur son lieu actuel de résidence) sont des facteurs qui sont
associés à de bonnes conditions d’environnement de quartier. Globalement, le fait d’être
résident à Hô Chi Minh Ville (vs Hanoi) est également associé à de meilleures conditions
objectives d’environnement de quartier.
3.3. Facteursassociésàunfort/faibleniveaudeconnaissanceetde
conscienceparrapportàl’environnement(indiceIEK)
Le facteur qui apparaît le plus fortement associé à de fortes valeurs d’IEK (indice de
connaissance et de conscience par rapport à l’environnement) est le niveau d’éducation. Sur
l’ensemble de l’échantillon, cet effet positif du niveau d’éducation apparaît pour toutes les
modalités correspondant à « 5-9 ans de scolarisation » et il va croissant avec les niveaux
supérieurs d’éducation (« 9-11 ans » et « 12 ans et + » de scolarisation).
Mais l’analyse distinguant les deux villes montre que cette relation est surtout marquée à Hô
Chi Minh Ville alors qu’elle est moins bien détectée à Hanoi. Dans cette dernière ville,
l’impact positif du niveau d’éducation sur l’indice IEK n’apparaît que pour le niveau de
8
scolarité le plus élevé (« 12 ans et + »). On peut relier cela au fait que l’IEK est, de façon
générale, plus élevé à Hanoi, avec de moindres contrastes entre les groupes sociaux.
Réciproquement, le modèle identifie des modalités de facteurs qui sont associées à de faibles
valeurs de l’indice IEK. Il s’agit en premier lieu de l’état de « pauvreté » (une modalité de la
variable « niveau de richesse »), qui est associé à un faible IEK, ce qui apparaît distinctement
à Hanoi et de façon encore plus nette à Hô Chi Minh Ville. Enfin, on notera que le fait de
déclarer l’environnement de quartier comme étant « sans élément particulier » est associé
dans les deux villes à un faible IEK, mais il pourrait s’agir dans ce cas d’une simple
confirmation de la faible capacité de la personne à se représenter la notion d’environnement.
3.4. Facteursassociésàuneforte/faibleperceptiondel’étatde
dégradationdel’environnement(indiceIPED)
L’indice IPED est particulièrement intéressant lorsqu’on l’analyse en creux, c'est-à-dire dans
le sens des anomalies négatives qui correspondent à un faible ressenti de la dégradation
environnementale. En adoptant ce point de vue, on remarque que trois types de facteurs
contribuent à ce faible ressenti :
- Les facteurs de l’environnement eux-mêmes, particulièrement ceux relatifs à
l’environnement de quartier et des environs, quant ils traduisent une absence de
nuisance (pas d’usine, pas de grande route ou voie ferrée, pas de dépôt d’ordures
proche du lieu de résidence) ou au contraire la présence d’éléments de qualité
environnementale (bois, champs, parc aménagés).
- Le fait de résider à Hô Chi Minh Ville plutôt qu’à Hanoi. La persistance de la
signification de ce facteur de localité en tant que telle, alors que les variables qui lui
sont liées et qui pourraient être plus directement actives (niveau d’éducation par
exemple) sont prises en compte par ailleurs dans le modèle, suggère qu’il existe une
véritable différence géographique dans la relation à l’environnement.
- Le fait d’être en statut de « migrant » est un facteur qui joue significativement
(p < 0,0002) en faveur d’une appréciation moins négative de l’état de dégradation de
l’environnement.
3.5. Analysesdescorrélationsentrelesindices
L’indice IPED (indice de perception des dégradations de l’environnement) apparaît corrélé de
façon faible mais significative (r=0,18 ; p<0,001) à l’indice IEK (connaissance et conscience
par rapport à la notion d’environnement), ce qui peut être expliqué par une condition logique
de nécessité : on ne peut pas ressentir une dégradation de l’environnement si on n’a pas
conscience et connaissance de ce qu’est l’environnement.
Par ailleurs, l’indice IPED est fortement corrélé (r=0,52 ; p<0,001) à l’indice IBSEC sur les
mauvaises conditions environnementales de quartier, ce qui tend à confirmer une part
importante d’objectivité dans le ressenti de l’environnement. Au contraire, l’indice IPED ne
montre pas de corrélation claire avec l’indice de mauvaises conditions environnementales
d’habitat (IBHEC).
9
4.Discussion
À travers l’examen des corrélations observées entre les différents indices (notamment IPED,
IBSEC et IBHEC), il apparaît que la notion d’environnement, telle que perçue par les
répondants, se réfère en premier lieu à l’environnement de quartier et très peu à
l’environnement d’habitat, ce qui méritait d’être vérifié.
En second lieu, l’étude confirme le fait majeur, déjà admis par la littérature scientifique, selon
lequel la sensibilité à l’environnement est très dépendante du niveau d’éducation, et que cette
sensibilité peut être au contraire fortement atténuée en cas de statut de pauvreté.
Il est plus remarquable de constater que l’étude fait apparaître assez peu d’association entre la
qualité d’environnement de quartier (valeur « en creux » de IBSEC) et les critères habituels de
description des classes sociales (richesse/pauvreté, niveau d’emploi, niveau de scolarisation),
si l’on excepte le cas du niveau d’étude le plus élevé qui montre effectivement un évitement
des mauvaises conditions environnementales de quartier. Ceci tendrait à montrer que la
ségrégation sociale spatiale sur la base des facteurs de qualité d’environnement de quartier
n’est pas un phénomène « en place » dans les métropoles du Viêt-nam.
De façon qui pourrait sembler un peu (mais pas totalement) contradictoire avec le constat fait
ci-dessus, il semble exister, au moins à Hô Chi Minh Ville, une association entre la condition
de « migrant », c’est-à-dire de résident récemment installé, et le fait de disposer d’une bonne
qualité d’environnement de quartier. Ceci est corroboré par le fait que les personnes de statut
« migrant » ont en moyenne un avis plus favorable sur l’état de leur environnement
(p < 0,0002). Or cela n’est pas, dans le présent cas, lié à une moindre sensibilité à la question
environnementale puisque les migrants ont un indice de conscience de l’environnement qui
est comparable à celui des non migrants.
S’il peut paraître paradoxal de constater que les migrants bénéficient plutôt d’un
environnement meilleur, le paradoxe n’est en réalité qu’apparent : les migrants dont il est
question ici constituent en quelque sorte une population « sélectionnée » dans la mesure où il
s’agit de personnes ayant changé de résidence selon les définitions internationales utilisées au
Viêt-nam (séjour de plus de 6 mois sur place ou souhait de rester pour plus de 6 mois) ; il
s’agit des migrants du secteur formel, des anciens étudiants restés en ville après leurs études,
des conjoints de résidents en ville ayant migré depuis la campagne… toutes catégories dont il
y a tout lieu de penser qu’elles sont en moyenne plus aisées que le reste de la population
urbaine. Il existe d’ailleurs, sur l’ensemble des données de l’enquête, une association positive,
certes ténue (phi = 0,087) mais significative (p < 0,001), entre le statut de migrant et le niveau
de richesse. Les migrants du secteur informel, les gens en déplacement temporaire même
répété et les plus pauvres ont sans doute échappé très largement à l’enquête, comme ils ont
toujours échappé à toutes les opérations de collecte représentatives au Viêt-nam dans la
mesure où ils constituent la « population flottante », encore largement inconnue (Gubry & al.,
2011).
Comme d’autres résultats semblent montrer l’existence, dans les deux villes, d’une tendance à
l’évitement des quartiers à mauvaise qualité environnementale chez les répondants assez
jeunes (36-45 ans) et/ou ayant un niveau d’étude élevé, on est amené à conclure qu’un
processus de mobilité résidentielle tenant compte de critères environnementaux,
conformément au modèle de Brown et Moore (1970), est effectivement en train de se dessiner
dans les villes du Viêt-nam.
10
Référencesbibliographiques
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Assessment in Hanoi and Ho Chi Minh City. Hanoi, 345 p.
12
Annexe 1
Partie du questionnaire utilisée pour construire l’indice de connaissance et conscience par
rapport à l’environnement
13
Variables (facteurs) Beta P Value Beta P Value Beta P Value
V1 Homme Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Femme -0,0029 0,888 0,0853 0,0222 -0,0477 0,0827
V2 Group g'age4: 60 et plus Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Group g'age1 < 35 -0,0394 0,181 -0,1030 0,1139 0,0014 0,9711
Group g'age2: 36-45 -0,0152 0,605 -0,0803 0,1596 0,0156 0,6935
Group g'age3:46-59 -0,0168 0,558 -0,0921 0,0846 0,0110 0,7795
V3 Non-migrants Ref Ref Ref Ref Ref Ref
migrants 0,0170 0,410 0,0357 0,3718 0,0165 0,5456
V4 V13edul1: 0-4 Ref Ref Ref Ref Ref Ref
v13edul2: 5-9 0,1021 0,001 0,0418 0,5714 0,1169 0,0024
v13edul3: 9-11 0,1388 0,000 0,1220 0,1511 0,1524 0,0001
v13edul3: 12 0,2156 0,000 0,1413 0,0903 0,2365 0,0000
V5 v14qualification: Non qualifie Ref Ref Ref Ref Ref Ref
v14profe: groupe: technicien 0,0583 0,007 0,1383 0,0006 0,0016 0,9562
v14profe: groupe: haute d'etude 0,0838 0,001 0,0648 0,1785 0,1226 0,0003
V6 v15acti0: Groupe Non d'active Ref Ref Ref Ref Ref Ref
v15acti1: Groupe d'active -0,0086 0,717 0,0106 0,8236 -0,0202 0,5200
V7 wealth2: Moyen Ref Ref Ref Ref Ref Ref
wealth3: pauvre -0,1374 0,000 -0,0840 0,0351 -0,1794 0,0000
wealth1: Riche Exclu de model
V8 Centre Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Periph 0,0360 0,094 0,0835 0,0306 0,0212 0,4774
V9 Ha noi Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Hcm_vil -0,3509 0,000
V10 Proximative usine+fabrication: Non Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Proximative usine+fabrication: oui -0,0323 0,136 -0,0703 0,0806 -0,0302 0,3178
V11 Depot ordure: Non Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Depot ordure: Oui -0,0505 0,011 -0,0526 0,1573 -0,0488 0,0676
V12 Voie grande circulation, chemin de fer: Non Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Voie grande circulation, chemin de fer: Oui -0,0730 0,004 -0,0338 0,4504 -0,1045 0,0030
V13 Etang, riviere: Non Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Etang, riviere: Oui 0,0076 0,737 -0,0191 0,6491 0,0223 0,4652
V14 Champs et bois: Non Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Champs et bois: Oui -0,0320 0,141 0,0308 0,4174 -0,0688 0,0267
V15 Parc amenage: Non Ref Ref Ref Ref Ref Ref
Parc amenage: Oui -0,0367 0,068 0,0096 0,7986 -0,0878 0,0012
R square 0,240 0,085 0,129
IEK: indice of environmental knowledge
Global Ha Noi Ho Chi Minh Ville
Annexe 2 : Exemple de résultats issus de l’analyse par modèle linéaire
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  • Conference Paper
    Full-text available
    In emerging countries with strong economic growth, but where the potentials of urban growth remain strong, authorities are continuously confronted with the need to support economic growth in order to develop employment, which enters into conflict with the other imperative that is to protect environment. It is in urban areas where people and activities focus, that the evolution of environment is of greatest concern. Based on a specific household sample survey, the actual conditions of the population, their concerns and opinions on the environment have been identified in both Vietnamese metropolises, Hanoi and Ho Chi Minh City. The analyses, which systematically compare rich and poor, and the two cities together, enable to support the formulation of effective public policies in the direction of improving the quality of life and a sustainable urban development./ Dans les pays émergents à forte croissance économique, mais où les potentialités de croissance urbaine restent très fortes, les autorités sont confrontées en permanence à l’impératif de soutenir la croissance économique afin de développer les emplois, qui entre en conflit avec l’autre impératif qui est de préserver l’environnement. C’est en ville, où se concentrent hommes et activités, que l’évolution de l’environnement est la plus préoccupante. À partir d’une enquête par sondage spécifique auprès des ménages, les conditions concrètes de la population, ses préoccupations et ses opinions en matière d’environnement ont été relevées dans les deux métropoles vietnamiennes, Hanoi et Hô Chi Minh Ville. Les analyses, qui comparent systématiquement riches et pauvres, ainsi que les deux villes entre elles, permettent d’appuyer la formulation de politiques publiques efficaces, dans le sens d’une amélioration du cadre de vie et d’un développement urbain durable.
  • Book
    Full-text available
    Since the Doi Moi policy of economic renovation was introduced in 1986, Vietnam has undergone deep transformations as a result of the transition to a socialist-oriented market economy. Social and urban transition has taken place in parallel, as urban dynamics were spurred on by Vietnamese public and private stakeholders, and by external agents such as international organisations and international solidarity organisations, experts, consultants and bilateral aid organisations. Here are the results of previously unpublished research carried out in association by French, Canadian and Vietnamese teams from the North and South of the country on the overarching theme of Vietnamese cities in transition. Some of this research deals with urban dynamics, some with the issues at stake within such dynamics, or with the strategies of the most significant stakeholders in urban transition: civil society, donors within the framework of official aid for development, consultants and international consultancy firms. These projects were carried out between 2001 and 2004 as part of the Urban Research Programme for Development (PRUD), and mainly focus on Hanoi and Ho Chi Minh City, or both in the case of comparative studies. Is there such a thing as a Vietnamese model of Asian city? It seems that urban transition in Vietnam is not taking place in as radical and abrupt a manner as in China. The country’s capacity for absorbing external models, the quest for a third way between State intervention and economic liberalism, and the fact that the country’s architectural heritage is taken into account in urban planning, are just some of the reasons for its particularity. The issues addressed in each chapter, as well as the proposals for further research suggested by the authors, should act as a catalyst for urban research in Vietnam. This book can be bought at http://www.karthala.com/1646-la-ville-vietnamienne-en-transition-9782845867512.html (31/08/2013)./ Résultats de la recherche menée en association par des équipes françaises, canadiennes et vietnamiennes du Nord et du Sud du pays sur le thème général des villes vietnamiennes en transition. Certaines de ces recherches portent sur les dynamiques urbaines, certaines sur les enjeux au sein de cette dynamique, ou sur les stratégies des acteurs les plus importants dans la transition urbaine: la société civile, les bailleurs de fonds dans le cadre de l'aide publique pour le développement, les consultants et bureaux d'études internationaux . Ces projets ont été réalisés entre 2001 et 2004 dans le cadre du Programme de Recherche Urbaine pour le Développement (PRUD), et se concentrent principalement sur Hanoi et Hô Chi Minh-Ville, ou les deux, dans le cas d'études comparatives. Y a-t-il un modèle vietnamien de la ville asiatique ? Il semble que la transition urbaine au Viêt-nam ne se déroule pas de manière radicale et brutale comme en Chine. La capacité du pays à absorber des modèles externes, la recherche d'une troisième voie entre intervention de l'État et libéralisme économique, et le fait que le patrimoine architectural du pays soit prise en compte dans la planification urbaine, sont quelques-unes des raisons de cette particularité. Les questions abordées dans chaque chapitre, ainsi que les propositions pour de futures recherches suggérées par les auteurs, devraient agir comme un catalyseur pour la recherche urbaine au Viêt-nam. Ce livre peut être acheté à http://www.karthala.com/1646-la-ville-vietnamienne-en-transition-9782845867512.html (31/08/2013).
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    Full-text available
    The present work was undertaken as part of two cooperation programmes between French and Vietnamese local governments: one involving the Ile-de-France Region and Hanoi People’s Committee, the other the Rhone- Alpes Region and Ho Chi Minh City People’s Committee. It was published with financial support from the Cooperation and Cultural Action Office (SCAC) of the French Embassy in Vietnam. Gathered here are the main results obtained by the Franco-Vietnamese research teams involved in the Urban Research Programme for Development (PRUD) funded by the French Ministry of Foreign Affairs. As the outcome of joint concertation, it illustrates the coherence between the various French cooperation programmes in Vietnam.
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    Full-text available
    Social and spatial inequality regarding environmental resources and services is one of most complex issues affecting contemporary urban life. The objective of this research is to study the spatial distribution of trees in public areas in Campos dos Goytacazes, Rio de Janeiro, Brazil. This research presents data gathered in ten neighborhoods in Campos. These neighborhoods were split into three distinct groups using wealth levels. Data obtained include the number of trees and private gardens and tree species diversity per neighborhood street. Our results demonstrate that the wealthier neighborhoods have both the highest tree biodiversity and number of trees. In contrast, the poorer neighborhoods present a low biodiversity level and fewer tree species. Our results also showed that age of the neighborhoods was not a factor in explaining the number of trees in public spaces. Socioeconomic and education levels of the population seem to play a more causal on tree quantity and species diversity. This inequality stresses a problem with environmental justice, a characteristic of Brazilian cities intrinsically connected to urban sustainability.
  • Article
    Résultats d'une enquête socio-démographique menée par l'Institut National de Planification Urbaine et Rurale. L'environnement urbain (habitat, pollution, insécurité...) est déjà une préoccupation majeure de la population à l'aube d'une croissance urbaine rapide.